Roupsard These Tome1
Roupsard These Tome1
A Madame et Messieurs les membres du jury, pour avoir planche sur le manuscrit anime la discussion, et t5cIah-e
ce sujet de leurs propres tiflexions :
Pierre Dizengremel,
André Ferhi,
François Tardieu,
Erwin Dreyer,
Hélène Joly,
Bernard Mallet,
Marcel De Raissac.
Aux trois instituts, et à leurs responsables qui m’ont ouvert leurs portes :
-l’INERA-Productions Forestières (ex-IRBET) de Ouagadougou, qui m’a offert un accueil
extrêmement chaleureux et des conditions de travail idéales : je remercie tout particulièrement Messieurs
Michel Sedogo, Sibiri Jean Ouedraogo, Jean-Marie Ouadba, et Jean-Noël Poda,
-Le CIRAD-Forêt, qui a mis en oeuvre tous les moyens scientifiques et logistiques souhaitables :
Messieurs Jean-Marc Dubois, Jacques Valeix, Jean-Claude Bergonzini, et Jacques
Dubernard,
-L’INRA-Nancy, où j’ai bW3cié d’un tri% solide encadrement scientifique : Messieurs François Le
Tacon et Gilbert Aussenac.
A mes deux directeur et directtice scientifiques, dont l’utopie fut de mêler gérktique et écophysiologie, qui surent
en convaincre leurs pairs, et aussi me pewader de les suivre. Je devine combien il est subtil de diriger
sans dirigisme, et de laisser faire sans laisser-aller, aussi je leur tkmoigne toute mon admiration :
Erwin Dreyer, pour m’avoir distillé sa passion du metier, jour apres jour,
Hélène Joly, pour avoir dcfmi et dynamise la partie « diversite gen&ique », et ceci maigre ma « derive
générique ».
Aux scieatzjlques des laboratoires pour leur disponibilité, et leurs judicieux conseils :
Jean-Marc Guehl, qui a insufflé un vent isotopique au laboratoire; son expkrience dans le domaine des
isotopes naturels du carbone et de leur application a l’estimation de l’effrcience de l’eau a et6 d&rmmante
pour mon travail;
Bernard Mallet, pour m’avoir accueilli et soutenu dans son équipe d’agmforestiers, m’avoir offert une écoute
attentive, des moyens de travailler, et aussi une tribune;
André Ferhi, qui m’a initié dans son laboratoire de-Thonon-les-Bains aux techniques du 6”0, et rktlise avec
Agnès Noir toutes les mesures;
Denis Depommier. dont l’expkience du terrain fut d&erminante, et dont j’ai lu et soupesé la thbse avec
admiration. Merci egalement pour son chaleureux accueil au Burkina Faso;
André Granier, qui m’a prodigue des conseils en or dans des moments critiques, et m’a fourni en outils de
mesure des flux de skve;
Patrick Gross, qui m’a approvisionné et dépanne en direct sur une infinité de dispositifs techniques;
Étienne Dambrine, pour s’être investi dans ce sujet, et bien sûr pour son humour;
François Pallo, pour m’avoir soutenu dans sa discipline, la P&.lologie;
Anne-Marie Domenach, qui m’a invite dans son laboratoire pour établir un protocole expérimental de &“N;
Catherine Picon-Cochard, pour ses conseils inspires sur l’efficience de l’eau et 6’3C;
Mahamadi Dianda, pour ses lumieres sur la fixation de l’azote et les stats;
Ousmane Boukary Diallo, pour m’avoir fait visiter ses essais de terrain;
Didier Lesueur, pour avoir alimente bibliographie et discussions sur la fixation de l’azote;
Amadou Bâ et Salawu Assimi pour m’avoir ouvert les portes du laboratoire de microbiologie de 1’IRBET;
Jack Dainty, pour s’être penché pour le moins sur la réthorique anglaise de mes manuscrits.
Je remercie aussi chaleureusement Nathalie Bréda, Hervé Cochard, Pierre Monpied, Jean-Luc
Dupouey, Yves Nouvellet, Neya Beli, Wétian Bognounou, Pierre Détienne, François
Besse, Louis Houde.
A ceux qui ont donné courageusement de leur personne, dans des exp&imentations ingrates, pour égrener des
r&.ultats au compte-goutte :
Laurent Zongo, qui a été responsable des mesures en pépiniere à l’IRBET et a endure deux années de pesées en
plein soleil. 11 s’est veritablement surpasse. Merci aussi a ses nombreux collègues, notamment Jean
Yaméogo;
Jean-Marie Desjeunes et Jean-Marie Gioria, qui étaient responsables des essais en serre à I’INRA, qui
ont fourni un travail extrêmement soigne, dont je n’ai même pas eu le courage d’exploiter la totalité. Je
dois aussi les remercier a titre personnel de m’avoir hebergé dans leur bureau, rendu mille menus services,
et supporté mes états d’âme;
Aboudramane Dao, qui a réalisé la plupart des suivis de terrain à Dossi, très souvent seul, et qui a travaillé
très consciencieusement;
Agnès Noir, qui a r6alisé toutes les mesures de 6’*0 a Thonon;
Laurent Gall, qui a fait respirer Faidherbia albidu;
Zunoué et Paul Kobié, qui ont assuré d’interminables veilles, au cours de nuits parfois très humides auprès
du mat&iel de flux de sève a Dossi;
Pierre Kobié, qui a suivi la phenologie des arbres et a souvent demarche pour moi auprès des gens du village
de Dossi;
Les frères N’kambi et Kobié, qui ont creuse des puits vertigineux a Dossi pour collecter des racines, au
p&il de leur vie quelquefois;
Georges Monne, qui a fait des journées de saisie d’une qualite irreprochable à I’IRBET;
Les chauffeurs de l’IRBET, Gnanou Yaya, Ouedraogo Rasmane, Tiendrebeogo Karim, Ali,
Boukary, qui m’ont trimbale avec tout mon barda;
Édouard Bohin, pour les capteurs de flux de sève et les mesures foliaires;
José Berthier, Sébastien Remy, pour leur precieux coup de main.
A ceux qui m’ont poussé et soutenu depuis longtemps dms cette voie improbable :
René Delépine, Clotilde Boisvert, Jean-Pierre Chaumont, et tous mes professeurs d’autrefois.
Cette thèse de l’Université Henri Poincaré de Nancy 1 est rédigée sous la forme d’une synthèse
générale en français, suivie de quatre publications en anglais. La synthèse est conçue pour être
lue indépendamment des articles. Toutes les figures et tableaux utilisés dans la synthèse sont
donc reproduits en face du texte, sauf exception. Les variables utilisées dans le texte français de
la synthèse ont été abrégées selon les conventions anglaises, pour faciliter les recoupements
avec les articles.
Article 1-Roupsard 0, Ferhi A, Pallo F, Granier A, Depommier D, Mallet B, Joly HI, Dreyer
E. Water relations of the multi-purpose tree Fuidherbia albidu (Del.) in a Parkland of
semi-Arid Western Africa: seasonal time-course of water potential, sapflow, and depth
of soi1 water uptake. En préparation.
Article 2-Roupsard 0, Ferhi A, Pallo F, Depommier D, Joly HI, Dreyer E. Spatial variability
of water relations, 6°C and N-fixation Q”N) of adult Faidherbia albida (Del.), in a
parkland of semi-arid western Africa. En préparation.
Article 3-Roupsard 0, Joly HI, Dreyer E. Initial growth, water-use efficiency and carbon
isotope discrimination in seedlings of Faidherbia albida (Del.) A. Chev. (syn. Acacia
albida, Del.), a multipurpose-tree of semi-arid Africa. Provenance and drought effects.
Annales des Sciences Forestières, sous presse.
Article 4-Roupsard 0, Joly HI, Dreyer E. Rock phosphate and drought effects on
transpiration efficiency, AY and N-fixation (615N) in provenances of Faidherbia albida
(Del), a leguminous tree of semi-arid Africa. En préparation.
Liste des Abréviations
1. INTRODUCTION GENERALE
Faidherbia albida (Del). A. Chev. (syn. Acacia albidu, Del) est un arbre Africain de la famille des
Leguminoseae, sous-famille des Mimosoideae. II est très proche de la tribu des Acacieae, avec néanmoins
quelques différences, qui en font un genre à part des acacias(Chevalier 1934; CTFT, 1988 ; Joly 1991). L’arbre
est vigoureux, atteignant courammentune hauteur de 15 à 20 m (Photo 1) avec une circonférencede tronc de
l’ordre du mètre. C’est un arbre à usagesmultiples (feuilles et fruits fourragers,bois, propriétés médicinales),
potentiellement fixateur d’azote et présentant un très grand intérêt dans les parcs agroforestiers aménagés
traditionnellement par l’homme. Il a fait l’objet de nombreusesétudesscientifiques,de projets de développement,
de campagnespour la conservation et l’utilisation rationnelle de sesressourcesgénétiques.
Son aire de répartition est remarquablementvaste (figure 1) : au Nord, elle forme un bandeaudes côtes
occidentalesaux côtes orientales de la zone subsaharienne,remonte égalementdans le Sahara,maisuniquementà
la faveur des cours d’eau. Elle contourne la zone centrale guinéenne (humide), trouve sa limite australe au
Lesotho, remonte le long de la côte atlantique Sud en Namibie et en Angola. Cette distribution s’accompagne
d’une très importante amplitude écologique, en termes de pluviométrie (de 50 à 1500 mm ; Fagg et Bames,
1990), de distribution des pluies (une ou deux saisonshumides), d’hygrométrie, d’altitude, de sols, etc. L’espèce
est représentéele plus fréquemment dans des formations ouvertes, depuis des peuplementsripicoles (en Ati-ique
australe,en Afrique sahélienne),jusqu’àdessystémesagricoles(parcsagroforestiers,principalementen Afrique de
l’Ouest). Il sembleque les faidherbiasaffectionnent les sols profonds, légers, et pourvus dune nappephréatique,
même profonde (CTFT, 1988).
Outre son amplitude écologique, la caractéristique la plus remarquable de Fuidherbiu ulbidu est sa
“phénologie inversée”. Sa phasede végétation est centréesur la saisonsèche: lesfaidherbiasdébourrenten fin de
saison des pluies, fleurissent et huctifient en cours de saison sèche, et la chute des feuilles suit généralement
l’arrivée des nouvelles pluies (Photos 2 et 3). L’espèceest donc caducifoliée, et sa croissanceest indéfinie durant
la phasefeuillée.
Cette productivité de contre-saison présente des avantages évidents pour l’économie des populations des
zones sèches. En Afrique de l’Ouest principalement, Faidherbiu ufbidu a été intégré à l’économie rurale de
longue date, et constitue la composantearborée principale de systèmes agro-sylvo-pastoraux appelés“parcs à
faidherbia” (Pélissier, 1980 ; Ouedraogo 1994 ; Depommier, 1996 ; CIRAD-Forêt, 1996). Dans ces systèmes
agroforestiers, les arbres sont disséminés dans les champs, avec une faible densité, de l’ordre dune dizaine
d’arbres à l’hectare. Émondé par les pasteurs, Fuidherbia afbidu fournit du fourrage de grande qualité
nutritionnelle aux troupeaux en période de soudure. En outre, les cultivateurs lui reconnaissentcommunémentun
effet améliorant du rendementde certainescultures, en particulier céréalières.On parle des “effets faidherbia”, dont
l’origine est certainement complexe : comme la plupart des arbres, Fuidherbiu albidu pourrait beiner l’érosion et
la perte des d’élémentsnutritifs, améliorer les propriétés physiques du sol, la fraction organique et la fertilité au
sens large (Charreau et Vidal, 1965). Plus spécifiquement, il faut envisager un effet de concentration des
déjections des troupeaux et de I’avifaune en saison sèche(faune attirée par l’ombrage, les insectes, etc.), et la
Niger Cameroun
0 race A
I race B
. race inconnyc
x fossile
0 1000 km
lixation symbiotique de l’azote. En saison humide, Faidherbia afbida est défeuillé complétement ou presque, et
la compétition avec les cultures pour la lumière, l’eau, les éléments nutritifs devient minimale. Aux intersaisons
(levée des cultures, récolte), cette compétition reste possible, mais elle est peu étudiée. En définitive, on a
coutume de classer Fz.idherbia albida parmi les essences à usages multiples, à fort potentiel, et donc à caractère
prioritaire dans les programmes de développement agroforestier de nombreux pays semi-arides d’Afrique.
L’adoption d’une phénologie inversée est inattendue pour une essence de région sèche. Les faidherbias adultes
transpirent probablement beaucoup, à en juger par leur vigueur. 11 se peut donc qu’ils subissent des contraintes
hydriques majeures au cours de la saison sèche, et/ou au cours de leur vie. S’agit-il d’une espècetrès tolérante à
la sécheresse,capable de continuer à croître en situation de contrainte hydrique sévère, ou au contraire d’une
espèceévitant les contraintes, et mettant à profit saprofondeur d’enracinement?
La chute des feuilles qui intervient à l’arrivée des pluies est très surprenante.Les arbressont-ils stressésau
cours de la saison sèche? Pourquoi alors refeuillent-ils aussi tardivement, en fin de saison humide ? Cette
phénologie inversée a suscitéde très nombreuseshypothèses,s’appuyantpar exemple sur l’origine géographique,
sur la faible tolérance à I’ennoyage saisonnierdes sols, ou sur un déterminisme endogènesoumis à un contrôle
externe (revue dans CTFT, 1988).
En raison de son enracinementprofond et de sa prédilection pour les formations ripicoles à l’état naturel, de
nombreux auteurs ont supposéque Faidherbia albida était phréatophyte. Sa stratégie làceà la sécheresse
est en
réalité très’ peu connue. Que devient-elle dans les parcs agroforestiers, c’est-à-dire dans des écosystèmes
transformésoù elle a été introduite ? Pour mieux comprendrele fonctionnement écophysiologique de Faidherbia
albida. et ses conséquencespour la gestion des parcs agroforestiers, nous avons entrepris des suivis d’arbres
adultesen parc, complétéespar des mesuressur desjuvéniles en conditions semi-contrôlées.
Nous avons choisi le parc sud-soudaniende Dossi, Burkina Faso, pour réaliser des suivis saisonniersdu
fonctionnement hydtique et de la nutrition (carbonéeet azotée) de faidherbiasadultes.Un transecta égalementété
opéré pour en estimer la variabilité spatiale.
Les variations de pluviométrie et de taux feuillaison ont été enregistréespour caler la période végétative par
rapport aux saisons.
L’intensité de la contrainte hydrique édaphique ressentiepar les arbres a été estimée par des suivis de
potentiels hydriques foliaires, et comparéeaux teneursen eau du sol sur l’ensembledu profil vertical colonisé par
les racines. Parallèlement, on a mesuré les variables climatiques pour préciser l’intensité de la contrainte
hydrique atmosphérique.
Les évolutions saisonnièresde croissanceradiale, de transpiration totale par arbre (fluxmètre Granier, 1987)et
de conductancehydraulique totale sol-feuilles ont été comparéesà celles des contraintes hydriques édaphiqueet
atmosphérique.On a déduit les variations de la conductance stomatiqueà la vapeur d’eau, g, de celles du rapport
transpiration/évapotranspiration potentielle, et de surface foliaire. La consommation annuelle des faidherbias
d’une parcelle a été estimée,et mise en rapport avec les précipitations.
Svnthèse : Intro,duction P&&ale 3
Les niveaux de prélèvement de l’eau dans le sol ont été étudiés par la distribution verticale des racines, par la
teneur en eau du sol, et par traçage isotopique (méthode de l’oxygène 18, 6’“O). Le système racinaire de
Faidherbia albida est essentiellement pivotant (Cazet, 1989), voir aussi Photo 4. Mais une grande variabilité
architecturale du syst&ne racinaire a été décrite, et mise en relation avec la profondeur des sols notamment
(Alexandre et Ouedraogo, 1992 ; Depommier, 1996). Des racines de Faidherbia albida ont été observées à des
profondeurs supérieures à 30 m (Lemaitre, 1954 ; Dupuy et Dreyfus, 1992), atteignant le vbisinage de la nappe
phréatique. On considère généralement que Faidherbia albida utilise des réservoirs hydriques profonds, et/ou
qu’il est phréatophyte. Le comportement phréatophyte, bien que souvent admis n’a pas été démontré de manière
expérimentale. En particulier, la contribution relative de la nappe et des horizons intermédiaires à l’alimentation
en eau des arbres, ainsi que les variations saisonnières des niveaux de prélèvement étaient inconnus. Dans le
présent travail, des gradients verticaux de 6180 ont d’abord été recherchés dans l’eau du sol. On a ensuite
comparé 6180 de la sève brute avec ces gradients du sol et avec la composition de la nappe pour estimer les
niveaux de prélèvement de l’eau par les faidherbias, ainsi que leurs variations saisonnières (Ehleringer et
Dawson, 1992).
L’installation d’un stress hydrique édaphique etiou atmosphérique est susceptible de provoquer rapidement la
fermeture des stomates. En contrepartie, la fermeture des stomates affecte la disponibilité du CO? à l’intérieur des
feuilles, on parle de limitation diffusionnelle de l’assimilation nette, A. Dans la plupart des cas, la .fermeture des
stomates s’accompagne d’une augmentation du rapport A/g, appelé efficience intrinsèque d’utilisation de l’eau
(Ehleringer, 1993), g désignant la conductance stomatique. A/g est relié étroitement à la concentration de CO?
dans les espaces intercellulaires des feuilles, Ci. Les variations de Ci influencent la composition isotopique en
carbone (613C) des assimilats, et peuvent également dans de nombreux cas être intégrées par 6°C de la matière
sèche. La théorie présentée par Farquhar et a1 (1982) a été appuyée par de nombreuses preuves expérimentales.
Nous mesuré 613C des feuilles, et discuté de sa pertinence comme estimateur des variations de Ci et de A/g chez
Faidherbia albida.
Nous avons également envisagé que la sécheresse puisse réduire la photosynthése en affectant la nutrition,
azotée notamment. L’assimilation de l’azote (absorption + fixation) peut devenir critique en cours de sécheresse,
et induire une limitation biochimique de l’activité photosynthétique des feuilles. Celle-ci s’ajoute à la limitation
diffùsionnelle décrite plus haut. On a donc suivi la teneur en azote foliaire, comme variable esplicative
complémentaire du fonctionnement hydrique et de l’efficience d’utilisation de l’eau.
En résumé, pour les arbres adultes en parc, nous avons tenté de répondre aux questions suivantes, déclinées
dans le temps d’une saison de végétation et dans l’espace d’un transect dans un parc agroforestier : fi) comment se
cale le cycle vkgétatifpar rapport aux saisons : (ii) quelle est l’évolution saisonnière de la contrainte hydriqtre
ressentie par les arbres : (iii) quelles sont les variations de transpiration et de croissance radiale. tkpendent-
elles de la contrainte hydrique, comment la transpiration est-elle régulée : (iv) combien consomme annrrellement
un hectare de faidherbia ; (v) quels sont les réservoirs hydriques exploités I (vi) quels sont les dt;terminants des
variations de l’eficience d’utilisation de l‘eau ?
Les expérimentations mises en place pour répondre à ces questions sont décrites dans la Partie 1 de la présente
synthèse, ainsi que dans les articles 1 et 2.
1.3 Diversité génétique de la croissance initiale et de I’efJicience de l’eau
S’il se vérifie que les adultes de Fuidherbiu afbidu absorbent l’eau majoritairement dans les nappes, ce qui
leur confere une certaine autonomie à l’égard des pluies, et autorise en particulier l’adoption d’une phénologie
inversée, qu’en est-il des juvéniles ? Les semis adopteraient au départ une phénologie normale. Cela semble
incontournable, mais peu d’études l’ont réellement montré (Nongonierma, 1979). Le succès de l’installation, la
survie et l’acquisition de la phénologie inversée devraient dépendre de l’accès effectif à ces réserves hydriques
profondes. Cette phase d’installation apparait cruciale pour la survie, et pourrait être soumise à une forte pression
de sélection naturelle.
La large distribution de Fuidherbiu ulbidu (figure 1) et la diversité de ses habitats auraient favorisé
l’émergence d’une diversité génétique importante. Compte-tenu de I’intérèt économique de l’espèce, de nombreux
programmes de sélection lui ont été consacrés. Des essais multi-locaux de comparaison de provenances
panafricaines ont distingué des génotypes à croissance initiale plus rapide (Sneizko et Stewart 1989, Vandenbeldt
1992, Torrekens et a1 1992, Harmand et Njiti 1992, Billand et De Framond 1991). A titre d’exemple, les essais
de comparaison de provenances menés au Burkina Faso ont montré que les provenances d’Afrique australe et
orientale, principalement, présentaient une croissance aérienne plus rapide que les provenances occidentales
(Billand et Diallo, 1991). Mais leur taux de mortalité était plus élevé, surtout dans les sites les plus ‘arides
(Billand et De Framond 1991). En outre, leur avantage de croissance s’estompait au bout de quelques années
dans les sites où elles avaient pu se maintenir (Billand et De Framond 1991 ; Bastide et Dia110 1996). Enfin, les
résultats différaient selon le site d’implantation choisi (notamment selon son indice d’aridité). Des interactions
génotype x environnement afrectaient les classements pour la croissance initiale et pour la survie. Les figures 2 et
3 résument ces résultats de terrain.
Nous avons cherché à aborder ces résultats complexes de terrain sous un angle écophysiologique. Lambers et
Poorter (1992) ont suggéré qu’il existait un antagonisme entre la vigueur et la l’aptitude à résister aux conditions
environnementales difficiles. Nous sommes partis de l’hypothèse que la disponibilité en eau du sol pouvait Stre
un facteur environnemental majeur susceptible d’expliquer ces interactions génotype x environnement. Tester cette
hypothèse nécessitait d’expérimenter l’effet de la sécheresse sur la croissance et le fonctionnement hydrique. Nous
avons testé sept provenances panafricaines. qui avaient déjà démontré une croissance initiale contrastée dans les
essais de terrain du Burkina Faso. De nombreuses variables écophysiologiques (croissance, allocation vers les
différents compartiments, surface foliaire, transpiration, échanges gazeux, etc.) ont été mesurées en serre ou en
, ..
pepnnere.
En outre, nous avons recherché si les provenances exprimaient une certaine variabilité pour l’t‘ticience de
l’utilisation de l’eau, W (le rapport entre la quantité de biomasse accumulée et I’(évapo)-transpiration). Ce
caractère est depuis très longtemps surveillé dans le cadre des programmes de sélection, en particulier pour les
cultures destinées aux zones soumises à sécheresse (Briggs et Shantz, 1914 ; Farquhar et Richards. 1984). Selon
Passioura (1977) l’intérêt d’améliorer W est d’augmenter le rendement des cultures, Y, quand on ne peut pas
jouer sur l’apport hydrique, ou la transpiration, T :
Dindérbsso (Zone humide Sud-soudanienne)
350 [ 1
300 -
250 -
200 -
150 6 +
100 - m&? +
50 - a
ot I XCuctalc (Cam)
0 20 40 60 80
Diamètre au collet (cm) ~Doukouh (Crm)
Cons6 (zone s&che Nord-soudanienne)
;zj jl
150
100 0+
50 i
Figure 2 : Croissance initiale de provenances panafricaines de Faidherbia albidu en essai au champ,agies au B-a Fao en 1986,
et mesurées en 1990.
8/-e (Dindérésso). les provenances exotiques du Burundi se comportent aussi bien, voire mieux que les provenances
locales du Burkina.
.
bl dans une zone alus sec& (Go&) : les provenances exotiques du Burundi se comportent moins bien que celles d’AC-ique de l’Ouest. Il
apparaît donc une interaction génotype x environnement pour la vigueur initiale.
On remarque que la vigueur est plus grande dans la zone sèche, à Gonsé, peut-être à cause de la saison sèche plus longue, profitant à cet arbre
à phénologie inversée.
Nota : dans la figure a/, la provenance du Burkina Faso était en fait “Banfora”. que nous assimilons ici par simplification à “Kongoussi”. testée
dans le site suivant.
Abréviations : BkF (Burkina Faso) ; Bur (&uundi) ; Cam (Cameroun) ; Sén (Sénégal).
D’après Billand et Diallo, 1991.
re 3 : Taux de survie de provenances panafricaines de Fuidherbia albida en essai au champ, en zone Nord-soudanienne (Gansé,
Burkina Faso). Les provenances exotiques (Kenya et Zimbabwè) survivent mal.
Abréviations : BkF (Burkina Faso) ; Ken (Kenya) ; Sen (Sénégal) ; Zim (Zimbabwè).
D’après Billand et Diallo, 199 1.
Svnthèse : Introduction Pénérale 5
Y=W.T
Dans le cas de Faidherbia albida, l’amélioration de la productivité n’est pas une fin en soi, surtout qu’elle
semble s’accompagner dune survie médiocre dans les zones les plus arides. II convient donc de préciser d’entrée
l’intérêt que nous accordons à W : il vient compléter notre compréhension globale du fonctionnement
écophysiologique de l’espèce. Par définition, W intègre à l’échelle de la plante et dans le temps la croissance et
la transpiration, et donc implicitement les conditions climatiques, le fonctionnement stomatique, la
photosynthèse, l’allocation des assimilats, le statut nutritionnel, la respiration, la fixation de L’azote, etc. W
intègre donc un grand nombre de variables, et c’est à notre sens son principal intérêt. Nous nous adressons à des
juvéniles dont la probabilité de survie va probablement dépendre de la faculté à atteindre une nappe, en
s’installant dans un sol dont la surface peut être soumiseà des sécheresses
drastiques. On conçoit que la vitesse
de croissanceracinaire initiale, le rapport de croissanceracinaire sur caulinaire et la surfacefoliaire soient des
caractèresde première importance. Notre démarcheconsiste d’abord à décrire ces variables cruciales, puis (i)
chercher s’il existe une variabilité intraspécifïque importante.pour W ; (ii) préciser les relations unissant W à ces
variables (iii) vérifier si ces relations sont stables,par l’étude desinteractions génorypex environnement.
W, dont l’un des déterminants principaux est A/g (l’efficience intrinsèque d’utilisation de l’eau), peut être
corrélé à la composition isotopique en carbone, 6°C (Farquhar et Richards, 1984). La discrimination isotopique
du carbone, A’jC, ou A, exprime 6°C corrigé par les variations de la composition de l’air. Estimer W par
l’intermédiaire de A présenteun très grand intérêt car cela permet d’éviter de très lourds dispositifs de mesurede
la transpiration desplants. Des différences génotypiquesimportantes, à la fois pour A et pour W ont été misesen
évidence pour de nombreusesespécescultivées, ou pour des espècesligneuses. Les interactions génoh/pe x
environnement pour A sont généralement faibles ou inexistantes, sauf exception (Ehdaie et al, 1993).
L’héritabilité au senslarge pour A est relativement grande(Ehleringer et al, 1988 ; Hubick et al, 1988 ; Hall et
al, 1990 ; Ehdaie et al, 1991). Tous ces résultatssuggèrentque la sélection pour A pourrait permettre d’améliorer
W, à condition qu’il existe une certaine variabilité génétiquepour cesdeux caractères.
Nous avons décrit plus haut l’application de 6°C à l’estimation des variations saisonnièresde A/g sur des
arbresadultes. L’étude sur jeunes plants doit nous permettre de vérifier que W, A/g et A sont effectivement
corréléschez Fuidherbia albidu, et d’apprécier la stabilité des relations avec les conditions environnementales.
Nous avons donc tenté d’obtenir ces relations dansdescondtions expérimentalesdiverses.
NOS objectifs étaient : (i) obtenir en pots une gammede provenances à croissance initiale contrastée, et
mesurer les effets Provenance. Environnement et Interaction ; (ii) tester la variabilité inter et intra-provenances
d’un large éventail de variables écophysiologiques, dont l’allocation de matière par compartiment, la
consommation d’eau, les échangesgazeux. W. A, et la fucation de l’azote ; (iii) décrire les relations unissant W
à ces variables. et tester leur stabilité dans les dtfférentes conditions expérimentales.
Ouagadougou (Burkina Faso), ce qui par regroupement d’expériences nous a permis de tester certaines
interactions géno@pe x environnement.
Les travaux correspondants sont présentés dans la Partie II de la présente synthèse, ainsi que dans les articles
3 et 4. -.
En conditions controlées, le pouvoir fu<ateur d’azote de juvéniles de Faidherbia albida serait &+$e~ 0~
égal à 40 % (Sanginga et al, 1990a,b ; Ndoye et al, 1995, Gueye et al, 1997). La fixation d’azote par des adultes
en conditions naturelles et en zone semi-aride semble encore plus faible : Schulze et a1 (1991) obtiennent 2 oh
d’azote fixé en Namibie, estimés par la méthode de l’abondance naturelle du “N (6”N). On admet généralement
que “l’effet faidherbia” sur les cultures serait plutôt lié à d’autres facteurs que la fixation de l’azote : effet général de
tous les arbres sur la réserve an eau du sol (Jol?ie et Rambal, 1988), sur la fertilité, effet concentration
d’excréments des troupeaux sous les houppiers en saison sèche (troupeaux attirés par l’ombrage), etc.
Toutefois, il faut relativiser ces premiers constats : dans des sites plus ‘humides (Casamance, Sud-Sénégal,
1000-1500 mm de pluies), la nodulation de Faidherbia albida est apparue plus abondante, et pourrait donc
s’accompagner d’une fixation plus importante (Dupuy et Dreyfus, 1992) ; de plus, il existe encore trés peu
d’informations sur la présence ou l’absence de nodules en profondeur, au voisinage des nappes en particulier. Des
cas de nodulation profonde ont été rapportés pour une autre Mimosoideae phréatophyte, Prosopis, indiquant que
la fixation pouvait continuer même lorsque le sol desséchait en surface (Felker et Clark, 1982 ; Shearer et Kohl,
1988 ; Jenkins et al, 1988): De telles nodulations profondes n’ont pas été rapportées pour Faidherbia albida,
bien que Dupuy et Dreyfus (1,992) aient mis en évidence de fortes densités de Bradyrhizobiae en profondeur (-34
m en zone sahélierme), surtout au voisinage de la nappe. Enfin, la variabilité inter-Provenances de la fixation
pourrait être assez importante, et elle est pour le moment peu étudiée.
La fixation symbiotique de l’azote peut affècter la croissance, et l’efficience d’utilisation de l’eau. En effet la
fixation nécessite l’allocation d’une partie des assimilats carbonés vers les nodules. En retour, elle peut augmenter
la teneur foliaire en azote, et donc accélérer la croissance. Bien que le rapport entre le carbone investi et récupéré
soit inconnu, on peut supposer que la fixation de l’azote al%cte positivement ou négativement la croissance, et
l’efficience de l’eau. Elle méritait donc d’être prise en compte dans nos mesures écophysiologiques :
l En parc agroforestier, sur arbres adultes, nous avons décrit le profil vertical de distribution des nodules. La
démographie des nodules a été suivie pendant une saison de végétation, pour préciser l’extension de la (( fenètre
de nodulation H. La composition en “N des feuilles (6”N) a été suivie simultanément, pour savoir si elle variait
dans le temps, et si les nodules pouvaient être présumés actifs. 61SN a également été mesuré sur des arbres
voisins non-fixateurs, procédure nécessaire à l’estimation du taux de fixation de Faidherbia albida. Trois sites
du parc ont été suivis et comparés.
(i) Où et quand les nodules sont-ils présents : (ii) quelle est la variation saisonnière et stationnelie de 6”iv
; (iii) existe-t-il une relation entre présence des nodules et 6”N ; (iv) la m&thode de l’abondance naturelle du
“N permet-elle d’estimer le pourcentage d’azote f% dans ce contexte ?
Svnthèse : Cadre théoriaue 8
2. CADRE THEORIQUE
Cette partie a pour objet de présenter le cadre théorique de l’ensemble des expérimentations. L’échelle de
travail est celle de la plante ou de l’organe. Une présentation théorique du fonctionnement hydrique, de la
photosynthèse, de l’efficience d’utilisation de l’eau et de la fixation symbiotique de l’azote est proposée. Les
techniques proprement dites, ainsi que les mises au point méthodologiques seront présentées au début des
Parties 1 et II.
Le transfert de l’eau dans la plante est un phénomène initié par la demande évaporative de l’air : suivent en
cascade la transpiration foliaire, le déficit hydrique foliaire (potentiel hydrique foliaire), les tensions dans la sève
brute du xylème, le flux de sève brute, l’absorption racinaire (figure 4). Le flux d’eau en phase vapeur, appelé
transpiration est compensé par un flux d’eau liquide en provenance du sol, si l’on admet qu’il n’y a pas stockage
ou déstockage dans l’arbre (régime conservatif). L’eau se déplace le long d’un gradient de potentiels hydriques,
depuis de faibles potentiels (dans le sol), jusqu’à de forts potentiels (dans la feuille), et enfin très forts (dans l’air).
2.1.1.1 Transpiration
Seuls les stomates sont capables d’assurer une régulation de la transpiration. Le degré d’ouverture des
stomates varie à l’échelle instantanée, et détermine la conductance stomatique.
La transpiration foliaire (E) est généralement décrite en utilisant un formalisme simplifié de la loi de Fick
relative aux échanges par diBùsion :
E=10-3.g. v
E : transpiration foliaire (mmolmo rnsre2 se’) avec SF = surface foliaire ; E a la dimension d’une densité de fIux
g : conductance foliaire à la vapeur d’eau (mmolmo rns<’ se’),
v = Oi-W, (mmol mol-‘) : v est la différence de fraction molaire de vapeur d’eau entre les sites d’évaporation
sous-stomatiques supposés ètre à saturation (w;) et l’air mesuré hors de la couche limite (w). v peut être aussi
exprimé en mbar bai , et le produit v . P, P étant la pression atmosphérique, correspond au “déficit de saturanon
de vapeur d’eau” (VPD).
Les mécanismes provoquant la fermeture des stomates sont complexes, incomplètement connus, et ne seront
pas détaillés ici (voir synthése dans -Zeiger et al, 1987). L’approche suivie par de nombreux auteurs pour
modéliser la conductance stomatique consiste à construire des relations empiriques avec différents paramètres
internes ou externes à la feuille (Jarvis, 1976 ; Farquhar et Wong, 1984) en prenant en compte ou non leurs effets
cumulatifs et leurs interactions : parmi ceux-ci, nous noterons le déficit de saturation de l’air, l’éclairement, la
température foliaire, le potentiel hydrique foliaire et la pression partielle de CO2 dans les espaces inter-
mésophylliens.
Transpiration foliaire, E
ETP
=-50MPa
yair
1
-----------
gb Couche
gs Stomates
limite
1g Phase
gazeuse
yfeuille gL Feuilles 1
= - 0,7 MPa
P nase
lit uide IdF = g, . AY 1
Ti _---
yracine
= - 0,2 MPa
i
gL Tige
------
gL Racines
----
t
Absorption racinaire
Chez les angiospermes, les vaisseaux assurent le transport de la sève brute. Ils sont disposés bout à bout,
sans parois transversales en général, mais avec une ou plusieurs perforations. Les communications sont verticales
et latérales (Zimmermann, 1983).
Il existe une continuité hydraulique depuis les particules de sol entourant les racines jusqu’aux parois des
cellules foliaires où a lieu l’évaporation. La sève brute est conduite sous tension par les éléments conducteurs du
bois, selon la théorie de la tension-cohésion (Dixon et Joly, 1895).
y= w-Pu”) (3)
L
Y : potentiel hydrique (MPa),
p : potentiel thermodynamique de l’eau, ou quantité d’énergie disponible par mole pour effectuer un travail,
p* : potentiel thermodynamique de l’eau pure à la pression atmosphérique et à la température ambiante,
V, : volume molaire de l’eau (18 cm’ mol-‘).
La circulation de l’eau liquide dans la plante est régie par les composantes de Y, que sont le potentiel de
tension, le potentiel de gravité, le potentiel osmotique. En ce qui concerne la sève brute, les potentiels
osmotique et gravitaire sont le plus souvent négligés (pas de membranes semi-perméables, hauteurs faibles), au
profit de la composante de tension.
On distingue les conductances à l’interface sol-racines, qui varient beaucoup avec l’état hydrique du sol et les
surfaces de contact sol-racines, les conductances racinaires, caulinaires, foliaires. La conductance hydraulique
(inverse de la résistance au passage de l’eau) des éléments conducteurs est théoriquement une fonction d’ordre 4
de leur rayon (loi de Hagen-Poiseuille), mais elle est moindre dans la réalité (Tyree et Zimmermann, 1971).
Les conductances hydrauliques sont représentées en série. La résultante est appelée conductance hydraulique
sol-feuille totale.
On parle de conductance hydraulique totale spécifique, notée gr quand la conductance est rapportée à la surface
foliaire (indice SF), ou d’aubier (indice SA), en considérant qu’il existe une proportionnalité entre les deux
surfaces.
La transpiration est égale à la somme du flux absorbé par les racines (F,) et du flux cédé par les organes
“réservoirs” de la plante (F,) (Weatherly, 1970). F, est généralement positif aux premières heures du jour, négatif
le soir. A l’échelle journalière, on considère qu’on est en régime conservatif (CF, = 0) Cruiziat (1978). C’est
également le cas à pleine transpiration (Schulze et al, 1985). La participation des réserves de l’arbre est
généralement négligeable par rapport à la transpiration.
Svnthèse : Cadre théoriaue 10
L’expression de Van den Honert (1948) décrit le flux en phase liquide et en régime conservatif :
On en déduit que si F, et F, sont nuls (donc F = 0), le potentiel hydrique de la plante s’équilibre avec celui
du sol (AY = 0). Cette valeur de potentiel est appelée potentiel de base, et notée ‘PL,. En pratique on considère
que la condition F = 0 peut être vérifiée en fin de nuit, et on mesure Y, sur une feuille avant l’aube, ce qui
permet d’estimer le potentiel du sol là où l’arbre s’équilibre (Aussenac et al, 1984). Y,, renseigne sur la
composante édaphique de la contrainte hydrique subie par les plantes. Une diminution de la disponibilité en eau
dans les horizons où la plante s’équilibre se traduit généralement par une chute de Y, vers des valeurs plus
négatives. Yy, peut bien refléter le potentiel du sol dans les horizons les plus profonds et les plus humides
accessibles aux racines (figure 5a). Mais la réponse de Y, n’est pas linéaire avec la fraction de réserve utile
disponible, REW (figure 5b). En d’autres termes, ‘yp est un indicateur peu précis des variations de stock d’eau du
sol au début du dessèchement.
REW =
R- RpF4.2
Ru
Ru= RPF3
- qJF4.2 (6)
REW : fraction de réserve utile disponible,
R : réserve totale du profil (mm),
R, : réserve utile (mm), calculée entre la capacité au champ (estimée à pF3 = 1 bar), et le point de
flétrissement permanent (estimé à pF4,2 = 16 bar).
En régime-conservatif, on obtient une relation linéaire entre F et Y passant par Y, et dont la pente permet
d’estimer gL (Granier et Claustres, 1989 ; Lu, 1992 ; Bréda et al, 1993, Aussenac et al, 1993).
Y est le potentiel foliaire courant, variant au cours de la journée, et Y, le potentiel minimum journalier,
mesuré à pleine transpiration. Y dépend de la tension de l’eau dans le sol, de l’intensité de la transpiration (v,
Le fonctionnement des stomates permet à la plante de réguler Y autour d’une valeur de consigne à ne pas
dépasser, appelée potentiel de cavitation, sous peine d’induire la cavitation des vaisseaux (Jones et Sutherland,
1991 ; Tyree et Ewers, 1991). dF serait limité à tout moment par cette valeur de potentiel de cavitation, soit à
Jours Julieo (1992)
REW
b -
+
7
1990
l 1991
A 1992
0 1993
FiPure 5 : Comparaison de méthodes d’estimation de la contrainte hydrique ressentie par les arbres.
Relations entre le potentiel hydrique de base, Y’,, la fraction disponible de la réserve utile du sol (REW), et la conductance stomatique, g.
Mesures réalisées dans une parcelle de chênes sessile et pédonculé a Chempenoux, France.
a/ Relation entre le.potentiel hydrique de base et le potentiel du sol à différentes profondeurs. Le potentiel hydrique de base reflète bien le
potentiel du sol dans les horizons les plus profonds.
b/ Relation entre le potentiel hydrique de base et la fraction disponible de la réserve utile du sol (REW). Tous les traitements (humide,
témoin, éclairci, sec) ont été reportes. Le potentiel hydrique de l’arbre (ou ce qui revient au même celui du sol dans les horizons
profonds) varie peu tant que la réserve facilement utilisable (REW > 0,4) n’est pas épuisée (macroporosité non vidangée). Y, est donc un
estimateur imprécis de REW pour les faibles intensités de sécheresse.
cl Relation entre la conductance stomatique et la fraction disponible de la réserve utile du sol (REW).
Extraits de Bréda, 1994 et Bréda et al, 1995.
Svnthèse : Cadre théoriaue 11
une valeur imposée par v quand le sol est bien alimenté en eau, soit à une valeur imposée par gt, quand le sol est
desséché.
La sécheresse édaphique est susceptible d’augmenter considérablement les résistances de l’interface sol-racine
(Passioura, 1982 ; Barataud et al, 1995), et de provoquer la réduction de gL (Cohen et al, 1987 ; Granier et al,
1989 ; Aussenac et al, 1993). Les phénomènes de cavitation, c’est-à-dire de rupture de la cohésion de la colonne
d’eau dans un élément conducteur ne seraient impliqués qu’aux très forts niveaux de dessèchement, par exemple
chez le chêne (Bréda et al, 1993), puisqu’ils seraient prévenus par la fermeture des stomates (Tyree et Ewers,
1991).
Les stomates régulent le fhrx transpiratoire, leur fermeture diminue la conductance foliaire à la vapeur d’eau (g)
et augmente le potentiel hydrique foliaire (Y). La réponse des stomates ne varie pas de façon linéaire avec le
potentiel de base, mais elle peut être bien corrélé à la chute de la fraction disponible de la réserve utile du sol,
REW (figure 5~). Des travaux récents ont également montré l’importance des signaux métaboliques dans la
régulation de g : ces signaux sont notamment hormonaux, et d’origine racinaire tels que l’acide abscissique,
ABA (Davies et al, 1994). Pour certaines espèces, g montre une corrélation positive avec gL (Küppers, 1984 ;
Meinzer et Grantz, 199 1 ; Fort, 1997).
En outre, la sécheresse édaphique est bien sûr susceptible d’affecter la photosynthèse (Dreyer et al, 1995 ;
Dreyer, 1997).
Fiywre 6 : Echelles de composition et de discrimination isotopique du carbone.
En haut : échelle de composition isotopique, 6tsC, qui est exprink par rapport au standard, la Pee Dec
Belemnite, PDB .
En bas : échelle de discrimination isotopique, AIY, ou A, qui est exprimk par rapport à la source des
plantes, le CO2 atmosphérique.
PIANTES c3
eA . .. ... .. .. .. . .. . .
. .. ... .. .. .. . .. . .
UFFUSION : :: ::: :: :: :: : :: : :
L’effkience intégrée d’utilisation de l’eau, W, est le rapport entre la quantité de biomasse accumulée par la
plante et la consommation totale d’eau. Quand elle est calculée à l’échelle foliaire et instantanée elle correspond
au rapport entre l’assimilation nette, A, et la transpiration, E. On utilise aussi le rapport A sur conductance
stomatique, g, quand on ne s’intéresse qu’aux différences biologiques, à l’exclusion des différences de v
On appelle isotopes d’un même élément chimique, deux formes de cet élément, présentant une masse
atomique différente. On oppose les isotopes stables aux isotopes radioactifs. Les isotopes stables a et b d’un
même élément sont répartis naturellement en proportions variable dans les corps physiques, leurs proportions
respectives sont définies par le rapport isotopique (R = moles de a /moles de b).
Les compositions isotopiques sont calculées par rapport à des standards prédéfinis, selon l’expression générale
du 6. Ces nombres comprennent beaucoup de décimales, on les simplifie grâce à une notation en %o. On notera
que nous n’avons pas fait apparaître de facteurs 1O3 correctifs, ainsi que recommandé par Farquhar et a1 (1989).
Notre notation (%o) équivaut donc à 10” :
Rstd
-pour les isotopes stables du carbone : Ré. std = rapport isotopique (‘3C/‘2C) de l’échantillon, et de son
standard, la Pee Dee Belemnite (PDB), respectivement,
- pour les isotopes stables de l’azote : Ré. std = rapport isotopi.que (%/‘%) de l’échantillon, et de son
standard, l’air, respectivement,
- pour les isotopes stables de l’oxygène : Ré, SLd= rapport isotopique (‘80/‘60) de l’échantillon, et de son
standard, le SMOW (Standard Mean Ocean Water), respectivement.
Les aspects historiques-de l’utilisation des isotopes stables ont été synthétisés par Ehleringer et Vogel(1993).
La connexion entre deux types de métabolisme (les plantes en C3, et les plantes en Cd) et deux distribution de
613C a été mise en évidence pour la première fois par Bender (1968). L’échelle des valeurs prises par 613C chez les
plantes en C3 (par exemple les arbres) et en C4 (par exemple le maïs) est donnée dans la figure 6.
Svnthèse : Cadre théoriaue 13
Les bases biochimiques de la discrimination isotopique du carbone sont explicitées par O’Leary (1993) et
Farquhar et Lloyd (1993). Au cours d’une réaction, la répartition des isotopes entre la source et le produit est
appelée fractionnement isotopique (a = R,,,, / K&“it). a est proche de la valeur 1. On définit la discrimination
isotopique, A, par A = a - 1.
La discrimination isotopique du carbone des plantes exprime leur écart de composition isotopique par rapport
à celle de la source, l’air :
(9)
A permet donc de comparer des compositions de plantes issues de milieux diffémnt par aair. &i, est
généralement voisin de -8 %o, mais il peut présenter des variations, notamment à proximité des sources
d’hydrocarbures (villes par exemple), plus appauvries en 13C. Nous avons utilisé du maïs (une plante en Ca) pour
estimer la variation de la composition isotopique de l’air en carbone sur la période de croissance de Faidherbia
albida. En effet, selon Marino et Mac Elroy (1991), 6 du’ maïs serait relativement stable avec les conditions
environnementales (lumière, eau, azote), et varie linéairement avec la composition de l’air :
Une autre solution, plus rigoureuse mais beaucoup plus difficile à mettre en oeuvre aurait été de mesurer
directement les variations de &ir*
A l’échelle foliaire, le flux net de CO2 assimilé, A, est limité d’abord par la diffusion du CO2 à l’intérieur de la
feuille (synthèse dans Farquhar et al, 1989) :
On a en première approximation gcoz = gH2o / 1,6. Comme les flux de Hz0 et de CO2 empruntent les mêmes
voies, on peut associer les équations 2 et 11 :
l Ci/C, est donc une fonction linéaire négative de l’efficience instantanée d’utilisation de l’eau, AIE. La
relation entre A et g est curvilinéaire (figure 8). Quand les stomates se ferment, par exemple en réponse à la
sécheresse, A/g augmente, et Ci diminue.
Courbe de
‘a
Conductance stomatique, g Concentration en carbone
intercellulaire, Ci
l Ci/C, influence A des assimila&. Chez les plantes en C,, deux étapes principales discriminant le i3C ont été
identifiées : au cours de la diffusion stomatique et au cours de la carboxylation par la RUBISCO et la PEPc. Un
modèle simple de discrimination isotopique relie positivement A et C/C, (Farquhar et al, 1989).
(1 3)
a, b : coefficients de discrimination de “COZ, lors de la diffusion stomatique du CO2 (a = 4,4 %o), et lors de
la fixation (b = 27 %o) chez les plantes CJ (Farquhar et al, 1982).
d : autres discriminations du carbone, souvent négligeables.
l Ci/C, (< influence » A de la matière organique, et ses variations peuvent être intégrées par A à condition
que d’autres pools de carbone (réserves préexistantes, translocations) ou que des discriminations post-
photosynthétiques (métabolisme secondaire) n’interfèrent pas trop dans la mesure. La corrélation entre Ci et A est
généralement bonne dans le cas de mesures sur la biomasse totale de semis. Par contre, la mesure sur des feuilles
d’arbres adultes, des feuilles à forte composante structurale notamment, ou des feuilles à exportation rapide des
assimila& peut être largement entachée de ces effets mémoire, traduits par facteur d (Terwilliger, 1997). La
résistance mésophyllierme au CO* peut également induire une forte diminution de la concentration
chloroplastique de carbone, C,, et affecter A indépendamment de Ci.
La figure 7 montre le modèle de fractionnement isotopique du carbone chez les plantes en Cj. Pour mémoire,
un modèle plus complexe de discrimination du carbone a été proposé par Farquhar et a1 (1989), il différencie Ci
et C, (la fraction molaire de CO2 intra-chloroplastique), et tient compte d’autres étapes discriminantes, comme la
dissolution du CO2, la diffusion en phase dissoute, la respiration, la photorespiration.
En résumé, A/g est fortement corrélé à Ci/C,, qui inthtence A. A intègre les variations de Cr/C, dans la
biomasse, c’est-à-dire de manière pondérée par l’assimilation de carbone, ce qui n’est pas le cas de A/g. Des
variations de A/g peuvent donc échapper à A si elles ont lieu à un moment où la quantité de carbone assimilé est
faible, par exemple en début de journée ou en Iin de saison de croissance. La relation entre A/g et A chez les
plantes CJ a d’autant plus de chances d’être vérifiée que les mesures de Alg sont représentatives des périodes où
l’assimilation a été importante, et que A est majoritairement influencé par Ci :
A
-= 10-35 (b-A)
(1 4)
g 1.6 (b-a)
En définitive, A peut donc être corrélé négativement à W selon l’expression générale de Farquhar et Richards
(1984), et Farquhar et a1(1989) :
b-A (1-&) 2
wt = ca
1.6ib-a -(1+@,)‘3k
(15)
W, : efficience de transpiration intégrée, exprimée en rapport de matière sèche produite sur eau consommée
(gMS kgwo-‘),
C, : fraction molaire de CO* atmosphérique #mol mol’)
v : différence de fraction molaire de vapeur d’eau entre les sites sous-stomatiques (à saturation) et l’atmosphère
(mm01 mol’)
ac : proportion de carbone assimilé perdu par respiration, allocation aux symbiontes, exsudation, tumover
des racines, etc.,
a,: proportion de vapeur d’eau perdue indépendamment de la photosynthèse,
k : teneur en carbone de la biomasse (gc ~M;I),
213 : rapport des masses moléculaires C (gc) sur I!I20 (gmo).
Dans la partie droite de l’équation 15, on voit apparaître clairement un premier terme environnemental, et
trois termes physiologiques, dont le premier est lié aux échanges gazeux.
Un exemple de relation entre W et A est présenté dans la figure 9, pour Vigna sp.
La relation entre W et sa composante photosynthétique, Alg, intégrée dans A est théoriquement bonne si :
- v, CD,, a, et k ne perturbent pas la relation,
- la respiration ne discrimine pas, ce qui est généralement supposé.
Dans notre étude, nous allons aborder la question des classements pour W entre provenances de Faidherbia
aibida. 11nous paraît important de rappeler ici les conditions de passage d’un classement pour A à un classemeni
pour W : (i) v doit être connu et/ou équivalent entre les traitements (génotypes ou environnements), et cela es1
rarement vérifié, car lestempératuresfoliaires pour le moinspeuvent largement diflëmr entre les traitements ; (ii)
ac, a,., et k doivent être équivalents entre les traitements (Farquhar et Richards, 1984). Ces conditions sont
rarement vérifiées, aussi,A ne permet-il pas une estimation quantitative de W, et ne peut être utilisé que comme
indicateur de classement.11est donc très important-de mesurereffectivement W et A et de tenter de calibrer les
relations, de préférencedansdesenvironnementsvariés. Ceci justifie notre approche descriptive de la variabilité
desrelations entre W et A, selon les génotypes et les environnements.
Svnthèse : Cadre théoriaue 16
2.3.1 Principes
Deux groupes de plantes ont la propriété de fixer l’azote atmosphérique à l’aide de symbiontes, les
légumineuses et les plantes actinorhiziennes. Les bactéries du genre Rhizobia sont symbiotiques des
Papilionaceae et des Mimosaceae (auxquelles appartiennent les acacias), ou beaucoup plus rarement des
Cesalpiniaceae. Faidherbia albida est le plus souvent associé à des bactéries à croissance lente, les
Bradyrhizobiae.
La fixation est catalysée par un complexe enzymatique (nitrogénase), présent dans les nodules des
légumineuses. Les trois caractéristiques majeures de la réaction de fixation sont sa sensibilité à l’oxygène, son
coût énergétique élevé (c’est-à-dire sa dépendance à l’égard des assimilats de la photosynthèse) et son inhibition
par l’azote minéral du sol.
Le rendement de la symbiose est en premier lieu déterminé par l’effectivité de la souche rhizobienne vis-à-vis
de l’hôte, effectivité conditionnée par leur génotype respectif. On définit pour chaque association un potentiel
fixateur d’azote (PFN), qui représente la valeur maximale possible de ce rendement. On oppose à la notion de
potentiel fixateur d’azote (PFN), celle de fixation réelle d’azote (PFR), qui est soumise aux contraintes diverses
affectant le phénotype. On citera la limitation de l’efficience de fixation par la carence en P, l’acidité et l’alcalinité
du sol, l’excès d’azote, l’âge de I’écosystème s’il est fermé (accumulation d’azote dans le sol). Les arbres ne
nodulent pas toute l’année en général, et le cycle est à mettre en relation avec la phénologie et le climat. La
nodulation de surface est très probablement annulée lors des forts dessèchements saisonniers de ces horizons.
La quantité de nodules (nombre, masse sèche) est un premier et précieux indicateur de l’intensité de la
fixation. Cependant, il est fréquent que des plantes nodulées ne fixent pas. L’utilisation de méthodes indirectes
d’estimation de la fixation est donc indispensable.
Nous rappelons pour mémoire quelques méthodes d’estimation de la fixation, la méthode des bilans d’azote,
de la différence sur milieu avec azote, de la différence sur milieu sans azote, de la réduction d’acétylène, du dosage
des uréides et amides de la sève xylémienne (Danso et al, 1992). Deux méthodes utilisant les isotopes stables de
l’azote sont couramment employées, la dilution isotopique et l’abondance naturelle de l’azote 15 (S”N),
détaillées ci-dessous.
L’azote atmosphérique est constitué essentiellement de ‘?$ (99,6336 % d’atomes), le reste (0,3662 %) étant
sous la forme de 15N2. En revanche, beaucoup de sols sont enrichis naturellement en “N. Les végétaux non-
fixateurs montrent en principe une valeur de 6”N proche de la composition isotopique du sol, aux endroits où
(%Ndfa=a/bI
8 -
6 - t
b
4 -
2-
O- - - air
-2 1 I I fixation
Fixatrice Non-
fixatrice
ils prélèvent. Les plantes fixatrices présentent en revanche un taux plus faible car elles fixent pour partie dans
l’air, dont le 6”N est nul par définition.
W-3
La sélection de la plante de réf- reste extrêmement critique (moins toutefois que pour la méthode de la
dilution, Shearer et Kohl, 1988). On ne dispose pas en général de lignées non-fixatrices pour les espèces d’arbres.
Les plantes fixatrices non-inoculées subissent très souvent une contamination croisée par les souches
microbiennes (Sanginga et al, 1989 et 1990 ; Gauthier et al, 1985) et se révèlent inappropriées. Les autres
plantes de réfkence peuvent se révéler à maints égards inadéquates. En conditions naturelles, les systèmes
racinaires des deux plantes peuvent être très dissemblables, occuper des volumes de sols non comparables, et
assimiler l’azote dans des horizons distincts, présentant des gradients de 6”N. Ce facteur peut paraître
rédhibitoire quand on recherche sur le terrain une plante de référence convenant à une espèce phréatophyte, et au
système racinaire principalement pivotant comme Faidherbia albida. Cependant, l’azote du sol est d’ordinaire
très rare en-dessous du premier mètre de sol. Aussi, il est peu vraisemblable que l’arbre phréatophyte en prélève
significativement au-delà (sauf si la nappe est chargée en azote) et le problème s’en trouve simplifié (Virginia et
al, 1988). En pots, on peut espérer que ce biais du prélèvement dans des pools d’azote différenciés soit
minimisé. II faut enfin que le fixateur et l’arbre de référence montrent une cinétique comparable d’absorption de
l’azote, puisque la composition de l’azote du sol est susceptible de varier, et que le dessèchement du sol jouant,
certains pools deviennent inaccessibles. C’est pourquoi, il faut tenter de comparer des espèces à phénologie
similaire, ce qui est pratiquement irréalisable avec Faidherbia albida, ou collecter un grand nombre de plantes
de référence à défaut.
Svnthèse : Partie I, Adultes en Parc 18
Nous avons choisi de travailler dans un parc agroforestier, dans l’espoir de dégager quelques applications
pratiques de nos résultats, pour la gestion des parcs notamment. Faidherbia albida vit a l’état naturel dans des
écosystèmes ripicoles, il développe des pivots profonds et de nombreux auteurs ont suggéré que cette espèce était
phréatophyte. Cette partie est consacrée à l’étude du fonctionnement écophysiologiques des faidherbias adultes en
parc. Nous avons choisi le parc de Dossi car la pression des villageois sur ces arbres à usages multiples y était
modérée. Le milieu et les conditions humaines étaient très favorables et nous avons pu poursuivre des études sur
deux saisons de végétation. Un certain nombre d’essais et de choix méthodologiques (fiabilité des méthodes,
sites d’étude) ont été pratiqués durant la première armée, et la seconde a permis de faire des suivis de phénologie,
de transpiration des arbres, de profondeur de prélèvement de l’eau, d’efficience d’utilisation de l’eau, de
nodulation, et de fixation symbiotique de l’azote.
Le fonctionnement hydrique des faidherbias adultes dans le parc est présenté dans les articles 1 et 2. Le
premier article est consacre la variabilité saisonnière du fonctionnement hydrique (phénologie, croissance,
potentiels hydriques, flux de sève, 6’*0), dans le site de “fond de vallon”, un site présumé très favorable du point
de vue de la ressource en eau (nappe peu profonde, pas d’engorgement). Les mesures ont été réalisées en priorité
sur ce site.
Le second article tente de rendre compte de la variabilité intra-parc, telle qu’elle a été appréhendée sur trois
sites situés le long de la toposéquence du parc, le site de “fond de vallon” (nappe battant entre -7 et -11 m), le
site de “pente” (nappe à -18,5 m) et le site de “cuirasse” (nappe probablement encore plus profonde). Les sites
étaient distants de moins de 2 km, et la différence d’altitude n’excédait pas 50 m.
L’oscillation latitudinale annuelle du Front Inter-Tropical (FIT) explique l’alternance des saisons des pluies et
sèches au Burkina Faso, et la zonation Nord-Sud du climat et de la végétation (figure 11). Le régime des pluies
est unimodal (une saison sèche et une saison humide par an). La saison des pluies démarre en Avril, avec
l’arrivée du FIT par le Sud. Juillet et Août sont les mois les plus pluvieux. Les dernières pluies finissent en
Octobre, quand le FIT redescend.
Au Burkina Faso, on rencontre Faidherbia albida entre les isohyètes 300 et 1100 mm. Le parc agroforestier
de Dossi (Lat. : 11” 26’N ; Long. : 3’ 24’0 ; Alt. : q~50-450 m) a été choisi initialement car il a fait l’objet
d’études très détaillées (Depommier, 1996) et que la pression exercée sur les arbres par les habitants (écorçage et
émondage) y est modérée, permettant donc de poursuivre des mesures écophysiologiques. II se situe dans une
zone relativement humide du pays.
L’évolution moyenne des variables climatiques entre 1984 et 1993 est indiquée dans la figure 12, mesurée à
la station météorologique la plus proche (Boromo, à 50 km de Dossi). Dossi a présenté une pluviométrie
moyenne, P, de 924 mm, avec 7 mois de sécheresse (c’est-à-dire des mois dont P < 50 mm et P < 2T, avec T =
B
température moyenne, “C). Le climat correspond a la zone sud-soudanienne (Guinko, 1984). L’évapotranspiration
potentielle (ETPPishr) annuelle moyenne atteignait environ 2900 ?I 230 mm, soit 3 fois la pluviométrie, ce qui
correspond à la détïnition des conditions semi-arides (ICRAF, 1989). La course du déficit de saturation de vapeur
(VPD) montre un pic de plus de 50 hPa pendant la période la plus chaude entre Mars et Avril.
Le parc couvre 340 ha. Le socle est volcano-sédimentaire, birrimien, fissuré et altéré sur plusieurs métres. Les
sols sont riches en argiles et limons. Leur épaisseur varie de zéro a environ 3,5 m. Une carte des unités morpho-
pédologiques du parc (figure 13) a été dressée par Depommier (1996). Nos sites expérimentaux et les puits sont
figurés sur cette carte. Les caractéristiques des arbres et des sols de ces trois sites sont présentées dans les
tableaux 1 et 3.
La strate arborée est principalement composée de 2500 faidherbias, dont l’âge moyen avoisine 40 ans
(Depommier et Détienne, 1996).
Les puits utilisés traditionnellement montrent des nappes entre 3 et 20 m de profondeur environ,
généralement g la base des altérites. Partant de l’hypothése que Faidherbia albida est phréatophyte, il semblait
important d’estimer si la profondeur des nappes provoquait des contraintes hydriques différentes entre les sites
étudiés dans le parc. L’évolution saisonnière du toit de la nappe est indiquée dans la figure 14, pour différents
puits. Le toit atteignait partout sa profondeur minimale en fin de saison des pluies (vers Octobre).
11s’est avéré difficile de réaliser des mesures en continu, ti cause de l’éloignement par rapport au laboratoire
(250 km) et des difficultés matérielles (autonomie en énergie, lézards dévorant les gaines des fils électriques, feux
de brousse, enfants jouant avec les dendromètres, etc). Nous avons donc opté pour des campagnes de mesures
courtes ( 10 jours), et étalées sur la saison de végétation. Les dendromètres ont été abandonnés au profit du fil de
nylon.
Penman ( 1948) a proposé un modèle physique qui calcule l’évapotranspiration potentielle (ETP) à partir du
bilan d’énergie de la surface transpirante, c’est-i-dire en première approximation la différence entre I’inergie
absorbée (terme radiatif) et l’énergie restituée, par échauffement (flux de chaleur sensible), ou par transpiration
(flux de chaleur latente). L’équation de Penman s’applique à une nappe d’eau, ou à une culture qui n’opposerait
aucun fiein à la transpiration (pas de régulation stomatique, pas de résistance hydraulique). En ce sens, elle
surestime l’offre par rapport ê la demande climatique. Des modèles plus complets ont été développés de manière à
prédire la transpiration des couverts, mais ils ne conviennent pas aux couverts agroforestiers ouverts (Monteith
1965 ; Shuttleworth et Wallace, 1985). Nous avons pour notre part résolu de nous en tenir 3 la formulation de
Penman, en tant qu’index climatique pour l’évaporation, et non comme modèle de transpiration.
L’approche la plus répandue pour la mesure de I’évapotranspiration réelle (ETR) d’un peuplement consiste à
réaliser le bilan hydrique du sol.
Tableau 11 Caractéristiques principales des faidherbias sur les trois sites expérimentaux, et sur le parc
entier de Dossi. 9- 11 arbres par site. La surface des sites expérimentaux a été assimilé à un disque placé sur le
centre de gravité des arbres dispersés, et les valeurs notées (*) sont donc indicatives. Parc agroforestier de Dossi,
Burkina Faso.
Tableau 2iCaractéristiques principales des sols et des puits des sites de fond de vallon, de pente et de
cuirasse. Nous n’avons pas creusé de puits dans le site de cuirasse. Parc agroforestier de Dossi, Burkina Faso.
Chromic Cambisol
Française
PluvlomCtrie (mm) &
Evaporation putentielle mensuelle
(ETP Piche. mm) Temphture moyenne I 2 (OC)
g g
0 0 ff E
Mai. 5
% Juin e
t
JUII
Aoil
SeP
oct
NOV
n
Dlc 32--- -
i \ /
Puits du camp
~ PI& du village
En l’absence de précipitations. ce qui est le cas le plus fréquent au cours de la phase végétative de Faidherbia
albida, les variations de la réserve hydrique du sol peuvent être calculées comme suit, d’après Aussenac (1975) :
AR=-E-T-D-F
hR : variation de la réserve hydrique (R) du soi, en l’absence de précipitations (mm),
E : t%aporation (mm),
T : transpiration (mm),
D : drainage profond (mm),
F : drainage latéral superficiel (mm).
Nous conservons ici les termes de drainage qui sont réels après les dernières pluies.
Bien que cette méthode ait déjà été appliquée sur des couverts agroforestiers à phénologie normale, une bonne
précision est illusoire en saison sèche (Do et al, 1997). Nous avons constaté que les faidherbias adultes
présentaient un enracinement mixte, traçant et pivotant. Certaines racines traçantes couraient sous la surface du
sol à plus de 20 m de distance des troncs. II était donc exclu de circonscrire la variabilité horizontale des
prélèvements d’eau. En profondeur, nous avons creusé et rencontré des racines fines jusqu’à une profondeur de -
15,5 m : nous avons jugé impossible d’équiper les sites de tubes pour sonde à neutrons ou de réaliser des
prélèvements manuels à la tarière aussi profondément. II était donc exclu d’appliquer correctement la méthode du
bilan hydrique pour estimer la consommation d’eau des arbres. Les variations de teneur en eau incluaient de façon
indifférenciée le drainage, l’évaporation, et l’absorption racinaires. De plus, la texture du sol était fine et autorisait
très probablement des remontées capillaires depuis les nappes.
A l’évidence s’imposait la nécessité d’utiliser une méthode directe de mesure des flux dans l’arbre.
Différentes revues bibliographiques ont été consacrées aux méthodes de mesure des flux de sève (Pearcy et ai,
1989 ; Bobay, 1990 ; ‘Dugas, 1990 ; Smith et Allen, 1996), parmi lesquelles des méthodes d’impulsion de
chaleur, de bilan thermique, de fluxmètre radial.
La méthode des Huxmètres radiaux (Granier, 1985. 1987), apparaissait assez adaptée à nos conditions. Cette
méthode convient bien aux tiges dont la largeur de l’aubier fonctionnel excède 2 cm, elle a l’avantage d’assembler
la source de chaleur et le thermocouple, et de ne nécessiter que deux trous d’insertion des capteurs. La mesure
peut être réalisée en continu, la sensibilité en conditions de flux faibles reste acceptable, l’impact sur l’arbre est
minime (Smith et Allen, 1996).
Les densités de flux de sève (dF : 1 dm” h’) sont mesurées à l’aide de capteurs thermoélectriques longs de 7
cm (figure 16), insérés dans l’aubier (conducteur de sève brute), chauffés, et connectés à une centrale d’acquisition
de données. La méthode est différentielle. On mesure une différence de température entre un thermocouple chat&
par effet Joule à puissance constante (O.-7 W), et un thermocouple de référence. non chauffé (fi-we 151. Lorsque le
tlux est nul, ce qui est généralement le cas en tïn de nuit, la différence de température mesurée cnlrc 1~s deus
capteurs est maximale (ATM). Quand la skve circule, elle refroidit le capteur chauffé par convection. et 1;1diffkrence
de température (AT”) chute d’autant plus vite que le flux est rapide. Une relation empirique a & &blie entre la
densité de tlux réelle traversant une branche et la réponse du couple de capteurs.
+ Déversoir
- Village
A +Fond Vallon
*Camp
2
; -15 - Q -a- Route
E
EI L. A.
a A h ’ b-Site Pente
-20 ’
17/12/95 1512196 1514196 1416196 1318196 L2lLOl96 11/12/96 912197
Date
Cette relation s’est avérée Stre une caractéristique du couple de capteurs, et très peu sensible à la nature des
bois utilisés (Granier, 1985 ; Valancogne et Granier, 1991) :
, [ ATw-~AT~ 1””
dF=4,28 (18)
On peut passer de la densité de flux au flux en intégrant la surface d’aubier conducteur (SA):
F=dF-SA (19)
F : flux de sève (I h”),
dF : densité de flux de sève (1 drne2h-l),
SA : surface d’aubier conducteur (dm’).
faidherbia albida est très fréquemment écorcé, car son liber a des propriétés médicinales (antitussives). Des
cicatrices enfouies peuvent perturber la mesure des flux de sève. Les arbres sont aussi émondés par les pasteurs.
L’émondage perturbe bien sùr l’intensité de la transpiration, mais de plus il décale le cycle phénologique
(Depommier, 1996). II est donc très important au départ de contrbler l’état sanitaire des arbres avant les mesures,
et d’obtenir des accords de la population villageoise pour prévenir toute intervention durant les mesures. Diverses
adaptations méthodologiques ont été apportées pour optimiser la précision des mesures :
L’existence de gradients thermiques entre les deux thermocouples d’un capteur est un aspect délicat de cette
méthode. Ces gradients, qui varient à l’échelle horaire (figure 17), peuvent introduire des erreurs considérables
dans la mesure des densités de flux, dF (figure 18a). On a tout d’abord cherché à les minimiser, à l’aide de
protections thermiques (paillage des troncs jusqu’à 1,s m pour éviter l’insolation directe de la partie basse des
troncs ; isolation thermique autour de la zone des capteurs). Puis on a enregistré ces gradients thermiques en
l’absence de chauffage. Quand les conditions météorologiques sont assez stables d’un jour à l’autre, les cinétiques
de gradients thermiques sont relativement comparables. Cette condition se vérifiant en saison sèche Cjout-nées très
souvent sans nuages), les gradients ont été mesurés durant 24 h à la veille de chaque série de mesures, et
soustraits aux valeurs obtenues pendant chauffage. On a observé que cette opération avait pour efkt de lisser les
courbes journalières de dF, même dans le cas d’une journée avec quelques passages nuageux (figure I Sb).
Transpiration nocturne
En cours de la saison sèche, le déficit de saturation de l’air est élevé pendant la nuit. iI peut induire une
transpiration nocturne, réduire AT, w, et donc conduire à sous-estimer les flux diurnes. De la mcme manitke, la
transpiration nocturne peut conduire à mesurer des potentiels de base erronés, plus faibles que dans k WI si les
arbres ne peuvent s’équilibrer durant la nuit. Pour les flux de sève, on a vérifié qu’il n’existait aucune relation
entre AT>, (exprimé en tension électrique, soit AUS,) et le déficit de saturation de vapeur d’eau à i’&&lle d’une
saison de végétation (figure 19). Par ailleurs les potentiels de base indiquaient que les arbres pouvaient
probablement s’équilibrer correctement avec le sol en toute saison (voir partie résultats).
Fieure 15 Dispositif thermique à deux sondes pour la mesure du flux de sève dans Taubier d’un tronc ou d’une
branche (Granier, 1985). CU : lïl de cuivre. Cst : fil dc constantan
Fimre 16: Coupe lon$hdinale d’une sonde chaude de tlusmètre (Gtunier, 1985).
Svnthèse : Partie 1. Adultes en Parc 22
Variabilité azimutale de dF
Les faidherbias isolés adoptent un port étalé, et dissymétrique, avec une couronne généralement orientée vers
le plan de l’écliptique solaire (Depommier, 1996). Les branches principales démarrent généralement à moins de j
m de hauteur sur le tronc. Ces caractéristiques sont préjudiciables à une bonne homogénéité azimutale des flux
du tronc. Malgré le choix d’arbres droits et peu écorcés, une forte variabilité intra-arbre des dF a été constatée lors
de mesures préliminaires (le coefftcient de variation de la transpiration journalière était de 18 %, moyenné sur une
armée de mesures). Compte-tenu des impératifs techniques (autonomie des batteries, 10 capteurs disponibles
seulement), on a résolu de réduire le nombre d’arbres mesurés, et de prendre en compte en priorité la variabilité
intra-arbre. Parmi les arbres retenus pour l’ensemble des mesures écophysiologiques (10 par site), deux individus
voisins, pourvus de troncs longs et droits ont été choisis. Chacun des deux arbres a été équipé de 5 capteurs.
Un exemple de cinétique journalière de densité de flux de sève (dF) est présenté dans la figure 18b, telle que
mesurée à l’aide de cinq capteurs distribués autour du tronc de l’arbre 1, au début de la saison sèche. L’isolement
des couronnes conditionnait la réponse de la transpiration par rapport à la demande évaporative. On remarque que
les dF démarrent très tôt le matin, comparés à l’évapotranspiration potentielle Penman (ETP). Le soir à l’inverse,
ils sont retardés. il faut rappeler que les couronnes de ces arbres isolés interceptent le rayonnement latéralement
aux extrémités du jour, alors que la mesure de rayonnement global est réalisée par un capteur horizontal. Cette
journée d’octobre présentait les flux annuels (F,,,) les plus importants que nous ayons enregistrés, et sert donc
de référence. Le coefficient de variation n’était que de 5 % ce jour là. Le maximum de dF est de 2,5 l dm” h”,
une valeur très comparable à celles obtenues sur des arbres en zone tempérée sur des arbres non stressés, par
exemple chez le chêne (1,5 à 3 I dmm2h-’ à Champenoux pour des arbres témoins ou éclaircis Bréda et al, 1994)
ou chez l’épicéa (1 à 1,8 I dm-’ h“ à Aubure, Haut-Rhin;- Lu, 1992). En zone sahéhenne, Acacia tortilis montre
des densités de flux très inférieures : les maxima sont obtenus en saison sèche fi-aîche (Janvier à Mars), avec des
valeurs de l’ordre de 0,6 I dm-’ h’ (Do et al, 1997).
Faidherbia albida présente un bois à pores diffus (vaisseaux disséminés dans le cerne), avec des vaisseaux de
grande taille, dont le diamètre avoisine 150 um (Robbertse et al, 1980). Le bois de coeur est fréquemment
absent, même sur de gros arbres. Les prélèvements à la tarière que nous avons pratiqués étaient humides jusqu’au
coeur, et les vaisseaux apparaissaient non-obstrués. Par coloration à la safïanine de l’eau absorbee par de gros
rameaux feuillés, on mettait en évidence une conduction très profonde dans le bois (Photo 5). L’ensemble de ces
observations préliminaires laissait supposer que la surface d’aubier fonctionnel de Faidherbia nlbidtr itait très
large. II fallait donc établir un modèle empirique de distribution de dF en profondeur dans l’aubier pour pouvoir
calculer correctement F à partir des mesures de dF de surface (équation 19). Pour décrire le protil radial de
distribution des dF dans l’aubier, des capteurs ont été insérés radialement. dans des encoches (Photo 6 ), jusqu’à
15 cm de profondeur, dans 6 arbres adultes (diam. = 54 cm en moyenne). Cette méthode des encoches est
apparue la plus efficace. D’autres essais d’insertion des capteurs le long d’une spirale logarithmique OU
tangentiellement se sont avérés infructueux, a cause d’une trop grande variabilité des mesures.
Une relation expérimentale a été construite par la méthode des encoches, reliant les dF relatives I KdF : en
pourcentage de la valeur de dF de surface), à la profondeur de l’aubier (p : cm). RdF correspondant i p = 15 cm
équivalait à 30 % de la valeur de surface. La relation expérimentale est présentée dans la figure 20. Cn aubier
w correction des gradicnts thermiques naturels
0 Jour
6
H Nuit
-1
-1
4
--- 3
-4
2 -5
=
à
2
0
i 2
j -1
I -2
c --- 3
13 1 20 oct. 95 -4
I
Tieure 17 ; Enregistrement de la tension électrique aux bornes de 5 c;
La mesure précise de la transpiration dans une parcelle représentative est techniquement diffkile. En effet, il
faudrait utiliser un échantillon d’arbres représentatif de la structure diamétrale de la population, ce qui est
irréalisable en pratique (longueurs de càbles insuffisantes, variabilité des sols entre parcelles, etc.). Nos valeurs de
transpiration de la composante arbre des parcelles (T en mm) sont donc des estimations à partir des flu~ mesurés
assez précisément à l’échelle de l’arbre, mais sur deux arbres seulement, et tenant compte de la densité moyenne
des arbres.
Les profondeurs de prélévement de l’eau par les arbres peuvent ètre étudiées en mesurant les variations
saisonnières de teneur en eau du sol dans les horizons explorés par les racines. Nous avons effectué des
prélèvements de sol (carottages) à la tarière (méthode gravimétrique). Comme les racines descendaient à -7 m
dans le site de fond de vallon et à -15,5 m dans le site de pente, il était exclu de carotter verticalement. Nous
avons résolu de creuser un puits dans ces deux sites, entre les deux arbres suivis pour le flux de skve, de mesurer
les densités d’impacts tacinaires sur les parois tangentielles, et de carotter horizontalement les parois radiales. La
méthode est décrite en détail dans l’article 1. Ces carottages ont permis de décrire le profil hydrique du sol assez
précisément à l’ouverture des puits, de le comparer à la distribution verticale des racines, et de prélever des
échantillons pour mesure isotopique. En revanche, cette méthode n’a pas permis d’estimer avec précision les
niveaux et les quantités d’eau prélevée par les racines au cours de la saison, à cause du biais introduit par
l’évaporation du sol au-travers des parois du puits. Cette évaporation s’est produite malgré les précautions
apportées : bâche appliquée sur la paroi carottée, opercule sur le puits, carottage horizontal à 40 cm de la paroi.
Princioes
Une autre méthode pour estimer les profondeurs de prélèvement de l’eau consiste à tirer parti des gradients
naturels de composition isotopique en oxygène, 6”0, de l’eau dans les horizons de sol colonisés par les racines.
La figure 31 (Ehleringer 1993) montre L’intérèt des techniques isotopiques sur l’eau (ici 6D) pour mettre en
évidence des prélèvements dans des horizons plus ou moins profonds, selon le morphotype des plantes.
Les principes de cette méthode sont les suivants. L’ivaporation et la condensation de l’eau sont deux étapes
fortement fractionnantes. La molécule lourde (H:O”) rtant moins volatile que la molécule Iégére (H:O’“), elle se
concentre plus rapidement dans la phase liquide : cette phase est dite “enrichie”.
35 1 OS
1 I
1: 1 1u’4
+AU max “33
20
, P \ -VPD 1
b
15 -.
- 0,2
10 -
/ - 091
5 -
u L I l l J u
14/8 3/10 22/11 ll/l 113 2014 916.‘. 2917
Date
b‘ïmre IY : Vérification de l’absence de relation entre l’évolution saisonnihre du déficit de safuration de vapeur nocturne et
de la tension électrique nocturne (AUmax) aux bornes des capteurs.
Les valeurs de AUmax correspondent à la moyenne f SD de 10 capteurs dans deux arbres.
Parc agroforestier de Dossi. Burkina Faso. 19951996.
1. 1. 1. I I. I. I I .
-60,9 LOG(DJ + 103,2
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18
Profondeur dans l’aubier (D, : cm)
Fimre 20 : Profil des densités de flux de she (dF) dans I;aubier profond.
IJne relation expérimentale a été construite par la méthode des encoches,
reliant les dF relatives (R,, : en pourcentage de la valeur de dF de surface), à la
profondeur de l’aubier, D, .
R,, correspondant CID, = 15 cm dquivalait à 30 8 de la valeur de surface.
Parc agroforestier de Dossi, Burkina Faso. 199.5-1996.
c 24
Dans les SOIS, ce sont les gradients verticaux qui sont mis à profit habituellement (Ehlecnger et Dawson,
1992). Ces gradients proviennent le plus souvent :
-de l’évaporation plus intense en surface. conduisant à son enrichissement relatif.
d’infiltrations de pluies dont la composition isotopique varie au cours de la saison. Dans les masses d’air, les
premiéres fractions de pluie obtenues après condensation sont enrichies, laissant donc le reste s’appauvrir. Plus la
température de condensation est élevée, moins la fraction condensée est importante, et plus elle est enrichie. il
existe donc une corrélation positive entre la température de condensation de la masse d’air (ou la température du
sol) et la charge en isotope lourd des précipitations : les pluies d’été sont plus enrichies que les pluies d’hiver. Il
existe ainsi une relation négative entre la quantité de précipitation et sa teneur globale en isotope lourd
(Dansgaard, 1964). Les compositions isotopiques en hydrogène et en oxygène sont très bien corrtSes dans les
pluies (Taylor, 1974). La droite reliant 6’*0 des pluies à la température moyenne du sol à différentes latitudes
(figure 22) montre que sous un climat tropical on peut s’attendre à mesurer des valeurs de S’*O des pluies
relativement peu inférieures à zéro (Fontes, 1980). La variation saisonnière de 6’*0 des pluies que nous avons
mesurée est donnée dans la figure 23, en regard de leur abondance. Les fortes précipitations d’Aoùt sont
appauvries en “0, au contraire, les pluies de début et de fin de saison humide sont enrichies : nous attribuons
donc cette variabilité saisonnière au volume précipité. La moyenne annuelle des pluies, pondérée par leur
abondance était de -4,3 % 4 Dossi en 1996, calculée sur environ 60 % des pluies annuelles effectivement
collectées. Mathieu et Bariac (1996) ont obtenu à Barogo (Burkina Faso, a 300 km environ au Nord-Est de
Dossi) la valeur de -55 YWen 1988 et -4.4 %Oen 1989.
-de la présence de nappes phréatiques présentant une composition distincte de celle du sol. La composition de
la nappe reflète généralement une moyenne pondérée de la composition des précipitations qui l’ont effectivement
rechargée. On conçoit que le régime des pluies soit déterminant : des pluies éparses auront tendance à ètre
évaporées avant de toucher la nappe, des pluies plus importantes, dans un contexte drainant (fissures)
rechargeront la nappe sans modification de la composition isotopique. La composition de la nappe est souvent
assez stable au cours de l’année (Flanagan et Ehleringer. 1991 ; Mathieu et Bariac, 1996). A Dossi, 6’*0 des
nappes variait peu entre les puits, et restait stable tout au long de l’année (figure 24). La moyenne était de -4,37
%O avec un intervalle de confiance de f 0,42 (n = 19 mesures, réalisées dans deux puits du parc). Ceci indiquait
que les pluies pouvaient réalimenter la nappe rapidement, sans subir d’évaporation dans le sol, peut-ètre à la
faveur de fissures. On remarque que la moyenne pondérée des pluies était comprise dans cet intervalle de
confiance (figure 24).
L’absorption de l’eau par les racines ne modifie pas 6’*0 (White et ai, 1985 ; Dawson et Ehleringer, 1991).
Par conséquent, la composition de la sève brute reflète fidèlement la composition de la (des) source(s). II est
nécessaire de prélever la sève sans qu’elle ait été évaporée. On collecte donc la sève très en amont des feuilles ou
des rameaux, de préférence dans le tronc. Nous avons toujours prélevé des échantillons d’aubier dans le tronc à
l,3 m, le soir après le coucher du soleil, au moment de la recharge des tissus. Nous avons fait l’hypothèse que la
composition de la sève ne variait pas à l’échelle horaire.
On peut ensuite formuler des hypothèses sur le (ou les) niveaux de prélèvements, et sur les mélanges réalisés.
Il est possible de connaître les proportions d’un mélange utilisant plusieurs sources du sol (White et ai, 1985).
Les modèles à deux sources (exemple pluie et nappe) nécessitent simplement de connaitre leurs compositions
respectives,
L’aptitude des plantes à basculer d’un résenoir à l’autre, en prenant rapidement la composition de surface
après une pluie, puis en prélevant progressivement v-ers des réservoirs profonds en cours de sécheresse a été bien
mise en évidence à l’aide de techniques de bilan hydrique (chez Qzrerczrs coccifera, Rambal, 1984) ou
isotopiques (chez Pinus srrobzrs, White et al. 1985).
Échantillonnage
Nous avons échantillonné la pluie, les nappes, la séve brute des troncs et réalisé des protïls verticaux dans le
sol. L’aspect le plus limitant de cette technique est probablement l’extraction de l’eau de l’échantillon, par
distillation cryogénique sous vide (figure 75). En effet, il faut compter 24 h d’extraction par échantillon. En
accord avec Jusserand (communication personnelle) nous recommandons de construire des lignes d’extraction en
pluies d’&é
-pluie.~ d’hivx
eau du puits
tl SMOW 1
-SO-
èl!
O-a-
%
-30_
-7S-
I)tlte
- Puits de Fond de V~~I~II -3 Puits de Pente
Fieure 24 : Variation saisonniGre tle 0130 (les u:1ppes dans les puits exph%nentaux.
LSites
cle t‘ond de vnllw et de pwtc.
Pour la position des sites et des puits. voir t’igiirc 13.
Parc agroforestier de Dossi. Burkilu I’;NJ.
$vnthèse : Partie 1. Adultes en Parc 25
parallèle. Notre protocole expérimental est décrit en détails dans l’article 1. Nous préciserons seulement ici
quelques détails pratiques, permettant de réduire l’évaporation des échantillons :
-un porte-échantillon en verre muni d’un robinet a été utilisé. Un tel dispositif permet de sceller l’échantillon
sur le terrain, et de ne l’ouvrir qu’une fois connecté à la ligne d’extraction, ce qui réduit les risques d’évaporation.
-le carottage horizontal du sol est fiable au moment de l’ouverture du puits, mais il est très difficile
d’empècher l’évaporation par les parois latérales ensuite. Nous avons donc carotté le plus loin possible de la paroi
du puits (à 40 cm) à l’aide de deux tarières, de calibre large pour l’avant trou, puis étroit pour l’échantillon.
-l’eau de nappe a été prélevée par un tuyau immergé au fond du puits, de manière à éviter la surface qui
évapore.
-pour l’eau de la sève, nous avons d’abord essayé la méthode par déplacement sur des branches, consistant à
pousser la sève par un liquide coloré en surpression. La technique ne convenait pas, probablement pour des
raisons anatomiques. Le carottage du tronc à la tarière de Presler prenait lui trop de temps, avec un très grand
risque d’évaporation (plusieurs carottes nécessaires pour remplir un porte-échantillon). Finalement, nous avons
prélevé avec une herminette, ce qui en 2 minutes donnait un échantillon de bois parfait. Pour l’avenir nous nous
proposons d’utiliser une scie-cloche, adaptée sur une perceuse.
3.1.5
----- 6°C et 6”N
Pour la double mesure de 6°C et 6”N sur les mêmes feuilles, les méthodes d’échantillonnage sont
susceptibles dal%cter très significativement les résultats. On a échantillonné systématiquement des feuilles de
pleine lumière (haut de couronne) et mannes pour minimiser les biais sur le fonctionnement photosynthétique et
sur 6°C. Conformément aux recommandations d’échantillonnage détaillées par Shearer et Kohl (1988), nous
avons enregistré l’évolution saisonnière de 6”N. Un maximum d’espèces d’arbres non-fixateurs voisins ont été
échantillonnés afin d’estimer l’importance de la variabilité spatiale de 6”N des sols.
Date
Les faidherbias adultes expriment une “phénologie inversée” qui souléve de nombreuses questions relatives a
l’intensité de la contrainte hydrique ressentie, et à la stratégie d’utilisation de l’eau par les arbres :
Nous avons tenté de répondre aux questions suivantes, déclinées dans le temps d’une saison de végétation et
dans l’espace d’un transect dans un parc agroforestier : (i) comment se cale le cycle végetattfpar rapport aux
saisons : (ii) quelle est l’évolution saisonnière de la contrainte hydrique ressentie par les arbres : (iii) quelles
sont les variations de transpiration et de croissance radiale, dépendent-elfes de la contrainte hydrique,
comm,ent la transpiration est-elle régulée ; (iv) combien consomme annuellement un hectare de faidherbia : (v)
quels sont les réservoirs hydriques exploités ; (vi) quels sont les déterminants des variations de l’eficience
d’utilisation de l’eau?
Le fonctionnement hydrique des adultes de Faidherbia albida dans un parc agroforestier est présenté dans les
articles 1 (variabilité saisonnière du fonctionnement hydrique, phénologie, croissance, potentiels hydriques, flux
de sève, 6”0, dans un site présumé très favorable du point de vue de la ressource en eau, le site de “fond de
vallon”) et 2 (variabilité intra-parc, appréhendée sur trois sites situés le long d’une toposéquence, le site dit de
“fond de vallon”, le site de “pente” et le site de “cuirasse”). Des données sur 6°C et 61SN des feuilles de ces
arbres sont présentées dans ce deuxième article.
Les cinétiques de pluviométrie et de feuillaison correspondant aux mesures réalisées dans le site de “fond de
vallon” sont présentées dans la figure 26.
On observe à Dossi un régime pluviométrique unimodal, d’Avril à Octobre sensu lato. Au cours des deux
années de mesure sont apparues des diff&ences de quantité de pluies (919 et 1065 mm en 1995 et 1996,
respectivement), de date de démarrage (un mois plus tôt la seconde année), et de pic d’intensité (fin juin la
première année, et fin août la seconde).
La phénologie des faidherbias était typiquement “inversée”, c’est-à-dire que les taux de feuillaison maximum
et minimum sont apparus vers le milieu des saisons sèche et humide, respectivement.
l Le phénomène le plus étonnant est sans doute la feuillaison tardive des faidherbias. Le déboursement a eu
lieu fin Août la première armée, alors que les pluies déclinaient fortement, et début Juillet la seconde annie, (les
pluies de Juin avaient été très faibles). Ce style de feuillaison relativement plus précoce a été attribué aux
interruptions des pluies en cours de saison humide, appelées aussi mini-saisons sèches (Bonkoungou. 1987 ;
Dunham, 1991 ; Depommier, 1996). Pourquoi les faidherbias ne profitent-ils pas des conditions o priori plus
favorables de la saison humide ? S’agirait-il d’un problème de faible tolérance à l’engorgement des sols, assez
fréquent chez les espèces phréatophytes, ou de faible compétitivité avec les cultures pour l’alimentation minérale
en surface ?
l La chute des feuilles, quant-à-elle, n’a commencé qu’un mois environ apr& les premières pluies. Nous
avons observé par ailleurs qu’un faidherbia adulte situé sur une pelouse arrosée dans un jardin dcfeuillait
normalement à cette même période. Ces observations corroborent les conclusions de Depommier ( 19%) : la
100
80
60
40
20
0 +Fond de vallon
-4l3/95 12/6/95 20/9/95 29112195 7/4/96 16/7/$6 24ilOl96 112197
Date + Pente
80
Date
. 27 ;Variabilité stationnelle du taux de feuillaison (a) et de l’indice de croissance radiale @) des faidherbias adultes.
Le pourcentage de bnnches feuillées a été estimé visuellement (méthode Gmuzis et Sicot, 1980). L’indice de croissance radiale a été
calculé pour pouvoir comparer la cinétique de croissance d’arbres de circonférence différente : GI = 100. (C, - C,) / (C, -C,). Avec C, =
circonférence courante ; C,,, = circonférences initale et maximale respectivement, lors de la première période de croisscmce (11195 -
8/96).
On observe assez peu de différences entre sites du parc.
Moyennes de 10 arbres.
Parc agroforestier de Dossi. 1995- 1996.
$vnthèse : Partie 1. Adultes en Parc 27
précocité, l’abondance et la durée des pluies paraissent déterminer la durée et l’intensité de la défeuillaison de
Faidherbia albida. II semble donc a priori que la défeuillaison soit indépendante de la sécheresse, au moins
dans les, zones les moins arides. Le mécanisme déclenchant la chute des feuilles est inconnu, et n’est pas
forcément lié aux pluies elles-mêmes, mais peut-être a une variable climatique corrélée aux pluies, comme le
déficit de saturation de l’air, le rayonnement, le vent. Nous n’avons pas cherché à élucider le stimulus extérieur,
qui mériterait des essais en chambre climatisée. Par contre nous proposerons plus loin un déterminisme
endogéne, prédisposant à la chute des feuilles.
l La feuillaison était très semblable sur les trois sites étudiés (figure 27). On peut toutefois remarquer que le
débourrement fut plus tardif sur le site de pente, qui présentait des caractères d’hydromorphie temporaire en fin de
saison des pluies (voir plus ‘loin).
Le cumul annuel de I’ETP était environ 3 fois supérieur à la pluviométrie (figure 12d). La course du déficit de
saturation de vapeur (VPD) montrait un pic de plus de 50 hPa pendant la période la plus chaude, entre Mars et
Avril (figure 34).
Malgré la durée de la saison sèche et le dessèchement drastique du sol de surface, le potentiel hydrique
foliaire de base des arbres, Y’,,_ est resté assez stable pendant toute la saison. de végétation et a présenté des
valeurs relativement élevées, toujours supérieures à -0,7 MPa sur le site de fond de vallon (figure 26a). Ceci
indiquait que les arbres pouvaient s’équilibrer en toute saison avec des horizons de sol correctement pourvus en
eau, donc nécessairement profonds. Au vu de ces valeurs peu négatives, on peut penser les arbres s’équilibraient
assez bien en cours de nuit avec le sol, et que les valeurs de densité de flux restent assez fiables, même au cours
des périodes à fort VPD. La valeur minimale de Y, fut mesurée vers Mars-Avril (fin de la saison sèche), et les
potentiels sont remontés aprés les premières pluies, suggérant que dans ces conditions les arbres pouvaient
exploiter les eaux de surface. La chute des feuilles s’est opérée durant cette remontée des Yp, nous pensons
qu’elle est un phénomène indépendant de tout stress hydrique.
Les différences entre sites pour ‘Pp sont restées très modérées (figure 28). La valeur moyenne la plus négative
a été obtenue sur le site de cuirasse en Mars 96 (-0,9 MPa). Les différences entre sites étaient significatives, et
nous confirmons l’hypothèse selon laquelle le site de fond de vallon était plus favorable du point de vue de la
disponibilité en eau, au moins en fin de saison sèche.
Nous avons recherché quels horizons de sol présentaient des potentiels aussi favorables tout au long de la
saison sèche, le long du profil effectivement colonisé par les racines, soit de 0 à -7.5 m sur le site de fond de
vallon, et 0 à -15,s m sur le site de pente (figures 29 et 30). Sur le site de fond de vallon, le réservoir le plus
important était situé entre - l,.5 et -3,j m (figure 29d). La réserve utile (R,,) calculée entre 0 et -4.5 m en début de
saison sèche était de 782 mm, soit 174 mm me’. Cette valeur correspondait bien à un sol à texture trtts fine, avec
oct.95 Déc.95 Mars96 Mai 96 Juil. 96
0
-0,l
.0,2 - Fond de Vallon (FV)
-03 -+-- Pente (PE)
.0,4 V Cuirasse (CU)
-0,s
-0,6
.0,7 P 12 cv
-0,S 0,OOOl 0,46 37,Ol
.......... .................................
-0,9 Date=***: a=juil,oct,mai,déc; b=mars
-1 Site=***: a=FV; ab=PE; b=CU
0 DxS = **
-0,s
-1
.1,5
-2 P 3 cv
0,0001 0,54 19,33
-2,s ,..........................................
Date=***: a=juil; b=oct,mai,déc; c=mars
Site=***: a=FV; ab=CU; c=PE
-3 DxS = ***
-i
-3,s I 1 I I 1
Fiwre 28 : Variabilité stationnelle des potcnticls hydriques de base (Y,,) et minimum (Y,,,).
La sécheresse édaphique reste modéree sur les trois sites en cours de saison sèche, surtout dans le fond de vallon,
où la nappe est la plus accessible. Les valeurs de Ym peu négatives mesurées en juillet sur deux des sites ont été
réalisées sur des feuilles nouvelles transpirant peu.
Moyennes de 10 arbres f SE.
Parc agroforestier de Dossi. 1995- 1996.
Tableau 31 Réserve en eau du sol et horizons possibles d’équilibration des arbres en potentiels. Mesures
entre réserve hydrique du sol entre 0 et -4.5 m uniquement. Sites de fond de vallon et de pente Parc agroforestier
de Dossi, Burkina Faso.
0 0, F: m z d 0 z: 5 5 5 5
0 0 0
-1 -1 -1
-2 -2
-4 -4
-5 -5
-6 -6 -6’
-8 -8
q o,l<<o~nun
E -c 0,l mm
-4
Niveau de la
nappe au site
de fond de
vallon
-16
Niveau de la
-18 nappe au site
de pente
Figure 30 : Profondeur d’cnrncincmcot des f;lidhrrbins adultes dans deux sites. Nombre d’impacts de racines par m2.
comptés sur les parois verticales des puits expérimenraux. parois dirigées vers les faidherbias. Seules les racines les plus
fines ont été représentées ici (diamètre < 0. I mm).
Les racines des faidherbias atteignaient le voisinage de la nappe dans les deux sites. Voir les caractéristiques des puits dans
le tableau 2.
Parc agoforestier de Dossi. Octobre 1995.
:‘:‘:‘:‘:::‘:i::::::::;~.:.~:,;,:.:.:.:.:.:.~: Moyenne
:i:i:~~~:~:::::::::::::::::~:~~:~~:~:~:~:~:::
:.:.:.:..
....:.:.:.:,-:
‘.~,~.~.:.:.
~:.:,:
Saison sèche ~S’llil~~~~,~,~~.~
A:.:
..
.:.:::,:.:.:.:.:,:::A...........
. ....:.:.:.:::::::
:.:.;.:.
_.......<.<...<..
::.::~:::::.:.:.:.:.~:.,:
.i,.,.,.i........<,..<..<....,....
:.:.:‘:::...:‘g::
0
-1
ô -2
èR
g -3
5La -4
Fipure 31 : Evolution saisonni& de 6180 des pluies, tics m~ppcs ct dc la S~VC bru& ~CS hidhcrbias.
de bonnes propriétés de réservoir. La comparaison des potentiels des arbres et du sol est présentée dans le
tableau 3, et dans la tïgure 29e (site fond de vallon). Elle montre qu’en toute saison les arbres pouvaient
effectivement s’équilibrer avec le sol dans les sites de fond de vallon et de pente.
Sur le site de pente, la densité racinaire était plus faible que sur le site de fond de vallon aprés l’horizon de
surface. Nous l’expliquons par la texture plus argileuse du sol, et par I’hydromorphie temporaire affectant ce site
en fin de saison des pluies. En conséquence il est peu étonnant qu’après drainage, les arbres du site de pente
aient été soumis à une sécheresse plus poussée.
L’ensemble de ces résultats permet d’envisager des prélèvements d’eau dans le réservoir principal et/ou au
voisinage de la nappe. Une approche isotopique va nous permettre d’affiner ces hypothèses.
La composition isotopique, S’*O. des eaux de nappe, pluie sol et sève brute a été comparée. SuO de la nappe
offrait un signal très stable dans le temps (figure 3 1). La composition des pluies était plus négative au maximum
des précipitations (Août). La composition de la sève brute était le plus souvent proche de celle de la nappe, mais
tendait vers celle des nouvelles pluies en début de saison humide. Etait-il possible de séparer clairement la
composition du sol de celle de la nappe dans ces conditions expérimentales ?
Les profils de SI80 du sol ont été établis en début et en fin de saison sèche sur le site de fond de vallon
(figure 32) :
-Au début de la saison sèche (figure 32a), les valeurs de composition de sol mesurées entre 0 et -5 m (entre -
5 et -7 %o) étaient proches de la composition des pluies abondantes d’Août, lesquelles ont effectivement rechargé
le profil. Le SI80 moyen de la sève était de -3,91 + 0,53 %O (n = 6), semblable à la nappe. Cette valeur est plus
positive que le sol, mis à part les horizons compris entre -6 et -7 m, où les racines étaient plutôt rares, et
l’humidité du sol réduite (figuré 29c,d). Nous en déduisons que les arbres absorbaient une grande partie de leur
eau dans les remontées capillaires de la nappe, et non pas dans le réservoir majeur du sol identifié plus haut (-
1,5 à-3,5 m), dont la composition était plus négative. La méthode du S”O semblait donc appropriée au moins
pour cette période.
-Le profil de S’*O à la fin de la saison sèche (figure 32b) est montré à titre indicatif, car il a subi
probablement de l’évaporation, à cause du biais introduit par les parois latérales du puits. Le profil général reste
comparable à celui d’octobre, mais il est enrichi en isotope lourd, surtout dans l’horizon superficiel (0 à -0,2 m),
conséquence normale de l’évaporation. Le profil entre -1 et -2 m de profondeur est comparable à celui rapporté
par Mathieu et Bariac (1996) à Barogo, Burkina Faso : ces deux gradients montrent un enrichissement en
isotope lourd en surface, suite à l’évaporation, et des valeurs autour de -5 %O en-dessous de -0,5 m. SIRO de la
sève n’a pas bougé en fin de saison sèche (-4.17 + 0,25 %o), et Les arbres devaient encore absorber
majoritairement dans la nappe. Nous ne pouvons pas toutefois exclure le réservoir majeur du sol. Ceci mériterait
d’être confirmé, en creusant par exemple un puits en tïn de saison sèche. Ce réservoir du sol est peut-ètre d’une
importance secondaire pour les adultes. En revanche, il pourrait être crucial pour le succès de l’installation des
juvéniles. Dans le site de pente, la composition de la sève des arbres, qui fut mesurée en Avril, était également
très proche de celle de la nappe (-4,54 + 0.3 1 %o, n = 5 contre -4,4 f 0,25 YOO, n = IO), mais aussi des horizons
-6 à - 18 m. Pour ce site également, nous concluons à des prélévements profonds.
-Au début de la saison humide 96 (figure 32c), S’*O de la sève était nettement plus élevé (-2,58 + 0,69 %o, n
= 10). Les sols étaient humides en surface, en raison de pluies récentes, avec des valeurs typiquement peu
négatives en début de saison humide. La valeur moyenne de S’*O de la sève était proche de celle des horizons
superficiels. Les arbres mélangeaient probablement les deux sources, nappe et surface. Le prélèvement en surface
était rendu possible par un développement racinaire important dans cette zone, ce qui est coherent avec la
remontée des potentiels hydriques de base après les premières pluies, et aussi de la transpiration (voir ci-après).
II est vraisemblable que les arbres prélevaient à ce moment dans les mèmes horizons que les cultures qui
levaient. Cependant, la compétition devait etre modérée, du fait de la faible transpiration des arbres fortement
défeuillés à cette période.
Cette approche mériterait d’être complétée par une étude sur la variabilité de S”O du sol. latérale, SOUS ct
hors couvert, entre sites. Un deuxième puits pourrait être creusé en fin de saison sèche pour s’atiianchir du biais
Po (%o)
-8 -7 -6 -5 -4 -3 -2I . -11 0 1I . 2
1
ai
0
-2
-4
-6
-8
-10
-12
A Sève
-a- Sol
Intervalle dé
la Nappe
-6 -_, , ,
-8 -7’ -6 -5 -4 -3 -2 -1 0 1 2
6180 (%o)
J+ure 32 : Estimation de profondeurs de prélèvement de l’eau par les faidherbias adultes.
Composition isotopique en oxygène (&*O), de la seve, du sol, et de la nappe a trois periodes de la phase feuillée des
faidherhias adultes.
a/ D&ut de la saison seche.
b/ Fin de la saison sbche.
c/ Début de la saison humide.
La composition de la seve est restee proche de celle de la nappe tout au long de la saison skche, puis a pris la composition
des horizons humides de surface en début de saison des pluies. Le profil de 6180 du sol est fiable en début de saison seche
(a), mais indicatif seulement en fin de saison sèche (b), enrichi prohahlement en raison de l’évaporation par les parois
laterales du puits.
Chaque symbole correspond a une mesure.
Parc agroforestier de Dossi, Burkina Faso. 1995-1996.
Svnthèse : Partie 1. Adultes en Parc 29
lié à l’évaporation des parois latérales. La variabilité de 6”O de la séve brute à l’échelle horaire devrait aussi être
testée.
Par ces approches isotopiques, nous avons mis en évidence des prélèvements essentiellement profonds, mais
présentant quelques variations saisonnières. Il est vraisemblable que les faidherbias prélèvent en surface en
début et fin de la saison des pluies, et que cela permet d’équilibrer les besoins minéraux en particulier. De
nombreux acacias sont phréatophytes (Meinzer, 1927). Nous confirmons ce fait, mais ajoutons que la
profondeur des prélèvements doit varier au cours du cycle, mais aussi au cours de la vie des plantes, bien slîr.
La stratégie de prélèvement de l’eau par Faidherbia albida mérite d’être discutée sous un angle écologique.
La stratégie tendant à coloniser des nappes même profondes, aurait pour les plantes des zones sèches l’énorme
avantage de favoriser leur survie, en particulier pour les plantes pérennes. En effet, les nappes constituent des
réservoirs durables, convenant particulièrement bien aux plantes pérennes, qui peuvent même être préférés à des
cours d’eau plus accessibles. Ainsi, dans des écosystèmes ripicoles, Dawson et Ehleringer (199 1) ont montré que
les arbres proches de la rivière adultes ne l’exploitaient pas, mais qu’ils prélevaient dans la nappe, probablement
à cause du caractère de stabilité de celle-ci, contrairement au régime variable des eaux de rivière. Certaines
plantes n’utilisent même pas les précipitations quand elies surviennent, par absence totale de systéme racinaire
de surface. Entretenir un double système racinaire est un coùt énergétique pour les plantes. Le systéme de surface
peut être sacrifié si les pluies d’été sont trop aléatoires. Ehleringer et Dawson (1992) considèrent que si les pluies
de saison chaude sont rares (par exemple sous climat méditerranéen), les plantes développent presque
exclusivement un enracinement profond, et dans le cas contraire, un enracinement mixte. Sur un même site,
différentes espèces peuvent utiliser ou non les pluies d’été (Valentini et al, 1992). Le partage des réservoirs peut
se faire également entre catégories végétales (annuelles vs pérennes) : au printemps, elles sont en compétition, et
en été les annuelles utilisent ëxclusivement l’eau des précipitations, alors que les pérennes utilisent la nappe
(Ehleringer et al, 1991). Les plantes prélevant dans la nappe ont généralement des potentiels hydriques de base
moins négatifs que les plantes prélevant en surface.
II faut garder à l’esprit que la plante doit aussi pouvoir optimiser son alimentation minérale. Les horizons de
surface sont souvent les plus riches de ce point de vue. II peut donc être vital d’entretenir des systèmes racinaires
mixtes pour cette raison.
Les profils de consommation brute des arbres (densités de flux) ont peu varié en cours de saison sèche tant
que les feuilles étaient présentes (figure 33). ,Mais il faut distinguer plusieurs facteurs susceptibles d’affecter ces
valeurs brutes, climatiques et foliaires. A cette fin. trois phases ont été distinguées durant la saison skche sur le
site de fond de vallon (figure 34) :
* d’octobre à Avril 95-96 (début et fin de la saison séche). Le rayonnement global et le déficit de saturation
de vapeur (VPD) ont augmenté fortement à la fin de la saison sèche. Le taux de feuillaison des liidherbias
adultes est resté proche du maximum. Néanmoins, le rapport entre le flux de sève journalier et
I’évapotranspiration potentielle Penman, F/ETP, a fortement diminué en fin de saison sèche. Trois h) pothèses
sont permises :
-Soit les stomates ont compensé une diminution du potentiel hydrique foliaire. Celle-ci serait la conskquence
de la baisse du potentiel hydrique du sol et de celle de la conductance hydraulique totale spécifique rapportée ê
Saison sèche Saison des pluies
2 2.5
f
c;’
a
3 2.0
=
$ -Arbre 1
‘% 1.5
4 +Arbre 2
5
c 1.0
4
1000 1
b
800
600
400
200
0 I I
Transpiration
annuelle des Précipitations
faidherbias annuelles
(8 arbres à l’hectare )
Figure 33 : Evolution saisonnière des densités de flux de sève, et consommation en eau de la composante Jaidherbia des
parcelles
a/ Densités de flux de sève, dF : cinq cinétiques journalières sur deux arbres. Valeurs mesurées durant cinq sessions pendant la
période feuillée des faidherbias adultes. dF diminue peu en saison sèche, et ne montre pas de dépression de midi.
bl Consommation en eau de la composante -faidherbia des parcelles, 8 arbres par hectare. Elle est de l’ordre de 5% des pluies
seulement.
Site de fond de vallon. Parc agroforestier de Dossi. Burkina Faso. 1995- 1996.
la surface d’aubier, gL. Chez le chène, Breda et al. (1994) ont montré que durant la sécheresse, g diminuait de
façon linéaire avec la Fraction de réserve utile disponible, REW, et que g/g maxchutait environ de moitié quand
REW atteignait 40 % (figure 5c), ou que ‘Pp atteignait -0,5 MPa (figure 5b). Nous avons mesuré une réduction
de gL de 50 %. Bréda et al. (1993) ont également rapporté une réduction de gL de 50 % pour des valeurs de Y,
de -0,3 à -0,5 MPa dans des placettes de chênes. Ils ont attribué cette baisse à une augmentation des résistances
hydrauliques dans le sol lui-même, et à l’interface sol-racines (Passioura, 1982).
-Soit les stomates ont réagi à l’augmentation de VPD. Par comparaison, une valeur de VPD de 50 hPa
(observée en Avril sur Faidherbia albida) induit chez Coffea arabica (espèce de tropiques humides) une
fermeture totale des stomates (Rapidel, 1995). Bréda et al (1993) ont montré sur le chêne sessile (conditions
tempérées) que la conductance de couvert à 20 hPa ne représentait déja plus que 20 % environ de la valeur
optimale enregistrée à VPD = 2 hPa, avec $ = 800 W m”. Nous avons aussi trouvé cette bonne tolérance au
VPD chez des juvéniles de Faidherbia albida en pépinière (voir Partie II). Cette tolérance au fort VPD est peut-
être permise par le fonctionnement phréatophyte, et liée avec la nécessité de minimiser l’échauffement foliaire
intense, consécutif à la phénologie inversée. En effet, pour un arbre isolé au couvert rugueux, la conductance de
couche limite est relativement forte ; une forte conductance de couvert (conductance globale de l’arbre, incluant la
résultante des conductances stomatiques, Monteith, 1965) permet de maintenir la température foliaire proche de
celle de l’air.
-Soit une partie des feuilles, fonctionnelles en apparence, auraient réduit leur transpiration en cours de saison
sèche. Des feuilles dans plusieurs états physiologiques auraient peuplé la canopée (Tardieu, communication
personnelle). La transpiration globale aurait donc été affectée.
Seules des mesures directes d’échanges gazeux permettraient de valider une de ces hypothèses.
3 Durant la seconde période (Avril-Mai 96), le taux de feuillaison a diminué. Un potentiel de base moins
négatif, et un VPD plus faible sont apparus avec les premières pluies. La conductance hydraulique totale est
restée inchangée mais F/ETP a augmenté. Cette observation laisse plutôt penser que la baisse de F/ETP décrite
plus haut est d’origine stomatique, puisque partiellement réversible.
* Durant la dernière période (Mai-Juillet 96), presque toutes les feuilles sont tombées, et la transpiration est
devenue négligeable.
Le potentiel hydrique minimum, Y m, a montré une course similaire durant les deux années. Il a été
maintenu essentiellement entre -2.0 et -2,7 MPa. Ceci pourrait correspondre à une régulation du potentiel
hydrique foliaire, permettant de le maintenir au-dessus d’un seuil de cavitation (Jones et Sutherland, 1991 ;
Tyree et Ewers, 199 1).
Quel pouvait être l’effet d’un potentiel hydt-ique de base de -0,5 MPa sur le fonctionnement écophysiologique
des faidherbias ?
Nous avons tenté de l’estimer à partir de la réponse de juvéniles à une sécheresse édaphique controlée en
pots. En chambre climatisée, nous avons enregistré la régulation stomatique de la photosynthèse, A, après arrèt
d’arrosage, sur des juvéniles de 18 mois en pot de 5 litres (voir figure 35 pour le protocole expérimental). A est
représenté plutôt que g sur cette figure car la sensibilité de la mesure de photosynthèse est meilleure aux faibles
valeurs d’échanges gazeux foliaires. A est tombé à presque zéro pour un potentiel de base voisin de -1 MPa.
Nous en avons déduit que la régulation stomatique était très rapide, comparable à celle d’espèces sensibles
comme le peuplier, Ridolfï (1995). ou le bouleau, Fort ( 1997).
En faisant l’hypothèse que ces caractéristiques juvéniles sont semblables chez des arbres adultes,
Faidherbia albida présenterait donc plutôt une strategie d’évitement de la sécheresse édaphique. Il est donc
possible que la réduction précoce de la croissance s’explique en partie par un effet de la sécheresse.
T
2 60 E
ü
ç
& 40 v t
w
3 3E
E 2o a
--... Rameaux
(3
Feuillés (arbre 1)
..a.. Rameaux
Feuillés (arbre 2)
192
l,O (arbre 1)
- F/ETP (arbre 1) : :0,8
- F/ETP (arbre 2) : .!0,6 (arbre 2)
i : 0,4
.,....,.6 ! 0,2
..--..... *..j (),o
Date
4
00 f l
. .’
1
: 8
1
O0 0
Croissance arrêtée 5
* 00 0
-1.,6 -1,4 -1,2 -1 -0,S -0,6 -0,4 -0,2 0
Potentiel de base ( y,, : MPa)
Le flux journalier maximum, F,,,, enregistré en Octobre indiquait que les arbres transpiraient beaucoup,
environ JO0 litres par jour pour des arbres dont le diamètre était de 70 cm. Le flux a diminué de 29 % en cours
de saison sèche (10/95-Y96 : tableau 4). La chute des feuilles a ensuite très fortement affecte la transpiration.
Compte-tenu de la faible densité des arbres dans le parc, la transpiration annuelle de la composante faidherbia des
parcelles ne représentait qu’environ 4 % du cumul annuel des pluies.
Ce ch@-e n’est qu’une estimation, mais il renforce l’idée d’une faible compétition pour l’eau entre
Faidherbia albida et les cultures : la composante faidherbia des parcelles consomme peu. en opposition de
phase par rapport aux cultures, et dans des réservoirs qui sont inaccessibles à celles-ci.
Au vu des valeurs relativement modérées de contrainte hydrique édaphique subie par les faidherbias, se posait
la question de l’impact de la sécheresse sur la croissance. Nous avons enregistré l’accroissement en circonfërence
et avons comparé sa cinétique avec la feuillaison, sur le site de fond de vallon (figure 26), et sur l’ensemble des
trois sites (figure 27). Les cinétiques de croissance étaient très semblables sur les trois sites. La date de
démarrage de la croissance est inconnue la première armée. La seconde année, la croissance radiale a démarré
environ trois mois après le débourrement. Mais nous ne pouvons généraliser ce résultat, car cette année-là, la
feuillaison avait été particulièrement précoce, en raison de la mini-saison sèche de Juin. La croissance était rapide
jusqu’a mi-Février, et elle a ralenti plus d’un mois avant le début de la chute des feuilles. Parmi les raisons
pouvant expliquer ce ralentissement précoce de la croissance, figurent les hypothèse d’une phase de stockage des
assimilats dans le bois, et/ou d’un effet de la sécheresse sur la photosynthèse (par fermeture des stomates, ou
réduction de la capacité photosynthétique).
La composition isotopique du carbone (6°C) de la matière sèche totale des feuilles de lumiére a été suivie au
cours du temps dans les trois sites. Dans de telles conditions, plusieurs paramètres sont susceptibles d’affecter
6°C:
-le déficit de saturation de l’air, VPD,
-la conductance stomatique, g, soumise notamment aux variations climatiques et de ressource hydrique,
-la photosynthèse, A, soumise aux limitations diffusionnelles et non-diffusionnelles.
-la mise en place des éléments structuraux durant la phase de croissance des feuilles : ces éléments .peuvent
provenir au moins en partie des tissus de réserve, qui ont pu ètre constitués pendant des périodes de stress, ou
connaître certaines étapes discriminantes pour le carbone,
-la proportion et la composition isotopique des éléments structuraux des feuilles,
-l’exportation des assimilats.
Les variations de 6°C mesurées sur Faidherbia albida ont été comparées à quelques cas de cinétiques
saisonnières rapportées dans la littérature, et nous dégageons quelques hypothèses.
La tigure 36 donne l’évolution saisonnière de 6°C et de %N et sur les trois sites expérimentaux.
Faidherbia albida Arbres non-fixateurS
Pluies Pluies Pluies Pluies
a b
-31 -31
2019195 29112195 714196 i6/7/96 24110196 112197 1215191 20/8/97 2019195 29112195 714196 L6/7/96 2ULOl96 112191 1215197 2018/97
Date Date
-+ Fond de Vallon -Pente +Cuirasse . Fond de vallon O Pente A Cuirasse
02019195 29112195 l4l96 1611196 24110196 112191 1215197 2Ol8l91 02019195 29112195 114196 L6/7/96 24110196 lltl91 1215197 20/8/91
Date Date
* Fond de Vallorr” Pente-Cuirasse . Fond de vallon o Pente A Cuirasse
Fipure 36 : Evolution saisonnière des compositions foliaires des faidherbias adultes et des arbres voisins non-tïxateurs sur les
trois sites expérimentaux.
a/ et bl Composition isotopique en carbone, 6°C.
cl et dl Teneur en azote, %N.
e/ et f/ Abondance naturelle du ISN, 61jN.
Mesures réalisées sur un échantillonnage de quelques grammes de matiére sèche de feuilles de lumière matures.
Un point =Moyenne de 7-10 faidherbias ou 4-6 arbres non-tïxateurs ? SE.
Parc agroforestier de Dossi, Burkina Faso. 1995-1997.
Svnthèse : Partie 1, Adultes en Parc 32
Une comparaison de 6°C entre dates est toujours délicate, car VPD peut affizcter la conduct~ce stomatique
indépendamment de la sécheresse édaphique. Cependant, dans la situation qui nous occupe, VPD et sécheresse
édaphique évoluent approximativement dans le même sens, et affectent donc concouramment g. Nous avons
déduit de l’évolution saisonnière de F/ETP que les stomates s’étaient fermes entre Octobre et Avril (début et &r
de saison sèche), période où VPD avait augmenté, de même que la sécheresse édaphique. Si la conductance
stomatique, g, a effectivement diminué en cours de saison sèche, on pouvait s’attendre a une augmentation de
I’effïcience intrinsèque d’utilisation de l’eau, AJg, d’après la figure 8a (toutes choses égales par ailleurs), ou a une
diminution (si la capacité photosynthétique avait elle-même diminué plus rapidement (changement de courbe de
demande, figure 8b).
l Au cours de la mise en place et de la croissance des feuilles (7/96 à 10/96), 6% a augmenté sur deux sites
pour Faidherbia albida. Damesin (1996) a observé au contraire une forte valeur de 6°C au tout début de
l’installation des feuilles de Quercus pubescens, suivie d’une rapide diminution. Un résultat concordant a été
rapporté sur plusieurs espèces tropicales humides par Tetwilliger (1997). Ces auteurs ont suggéré que les
éléments structuraux qui s’installent au cours de la croissance des feuilles proviennent de tissus de réserve
présentant des compositions isotopiques moins négatives. Nous ne l’observons pas sur Faidherbia albida :
-Soit la constitution des réserves, et leur participation à la mise en place des feuilles suit un schéma très
différent chez Faidherbia albida
-Soit 613C reflète l’évolution de Ci durant cette phase. Soulignons deux points en faveur de cette dernière
hypothèse : les foliolules de Fuidherbiu albidasont de très faible épaisseur, et la contribution des structures des
feuilles à 613C est vraisemblablement plus faible que chez le chêne par exemple ; la période de mise en place des
feuilles est certainement très favorable d’un point de vue hydrique et nutritionnel à une bonne photosynthèse,
donc pourrait influencer 6°C.
11est peu vraisemblable que g ait diminué durant cette période (bonnes ressources en eau, VPD modéré). Par
contre, la capacité photosynthétique, A wK a pu suivre I’augmentatjon de la teneur foliaire en azote (figure ~OC).
l Après la croissance des feuilles : de façon inattendue, 6°C diminue d’octobre à Février. Nous faisons
l’hypothèse que cela s’explique par une réduction rapide de la capacité photosynthétique. L’argument majeur en
est l’évolution très parallèle de la teneur foliaire en azote. Ng peut diminuer en situation de déficit azoté, comme
chez Ulmus americana (Reich et al, 1989), chez Pinws taedu (Green et Mitchell, 1992), ou chez Querczrs robur
(Guehl et al, 1995). A l’inverse, il peut aussi se maintenir, comme chez des eucalyptus (Stark, 1992) ou chez
Pseutsugu menziesii (Mitchell et Hinckley, 1993).
l En fin de saison sèche, 6°C remonte. Vraisemblablement, l’effet (( fermeture des stomates » et
augmentation de 6°C attendus ne se seraient fait sentir qu’à cette période.
Les arbres non-fixateurs ont montré une cinétique saisonnière de 6°C radicalement différentes des faidherbias
(figure 36b). Seul le site de fond de vallon présente sufftsamment de points pour être interprétable. Sur ce site,
S13C augmente les deux années à la transition saison sèche-saison des pluies, et diminue la première année durant
la saison des pluies. Ce schéma ressemble beaucoup à une effet classique de la disponibilité en eau sur g et A/g.
En d.$nitive, nolis avons obtenu des variations significatives et réversibles de 6°C au cours. d’une saison
de végétation, ce qui contraste avec la stabilité (débowrement excepté) des valeurs mesurées sur Quercus
Svnthèse : Partie 1. Adultes en Pzrc 33
pubescens et Quercus ilex en conditions de stress hydrique sévère (Damesin et al, 1996a. 6). Nous o.DIuns donc
pour un déterminisme photosynthétique. plutôt que structural, des variations de 6°C chez Faidher$ albida.
Nous serions tentés d’expliquer 1‘essentiel des variations saisonnières de 6”Cpar A chez Faidherbia zlbida, et
par g chez les autres espèces (schéma plus classique}. On peut se demander s ‘il existe une relation entre le
comportement phréatophyte de Faidherbia albida, et l’effet étonnamment faible de la sécheresse sur 6°C. Ces
analyses de 61JC ne confortent pas 1‘hypothèse d’une fermeture des stomates en cours de saison sèck mais ne
l’excluent pas toutefois.
6°C était plus faible sur les site de pente et de cuirasse, ceci pour la plupart des dates. Ceci va l’=contre de
l’hypothèse stomatique du contrôle de Alg. En effet nous nous attendions à ce que la conductance storr&ique soit
supérieure sur le site de fond de vallon (c’est-à-dire que A/g soit inférieur) puisque le statut hydrique >Yitait plus
favorable.
-Des différences de VPD pourraient expliquer ce résultat, bien que les sites aient été peu éloignes et les que
différences d’altitude n’aient pas excédé 50 m. Mais nous n’avons pas de mesures de VPD permettant dr comparer
les sites.
-Nous n’avons pas pu trouver une origine nutritionnelle aux différences de A/g entre sites. 11semble d’une part
que les teneurs en azote foliaire aient été très similaires entre sites (figure 36~). Nous avons d’autre ~ZT comparé
la fertilité des sols entre les sites de fond de vallon et de pente (tableau 5), à partir d’une mesure uniFe réaliss
en début de saison des pluies (Juillet 1996). La fertilité pour NPK est apparue supérieure sur le site & pente. ce
qui pourrait s’expliquer par une plus forte densité d’animaux d’élevage sur ce site. Seul le taux de, station du
complexe absorbant était plus avantageux sur le site de fond de vallon. Nous n’avons pas malhe~usement
d’informations sur la variabilité saisonnière de la fertilité des différents sites, et sommes contrairs de t2ire
l’hypothèse de stabilité du classement des sites au cours de l’année pour la fertilité.
En définitive, nous ne pouvons expliquer ces différences de 613C entre sites. II faudrait réaliser 12s mrswes
directes de conductance stomatique, de A/g, de VPD, et faire des analyses foliaires complètes. On ceut aussi
invoquer une limitation de la photosynthèse par de moindres puits de carbone, qui pourraient Favenir par
exemple de différences de fructification. On peut enfin envisager que les individus des trois sires aient des
génotypes dissemblables pour l’efftcience de l’eau.
La teneur en azote des feuilles a été mesurée pour comprendre l’origine de la réduction de x g ZI cours de
saison sèche (figure 36~).
Elle a montré des cinétiques remarquablement similaires entre sites. Elle était maximale en fin de saison des
pluies, avec 3,5 %N, mais avait diminué de 50 % en fin de saison des pluies. Nous pensons que csx réduction
de %N pourrait expliquer en partie l’évolution inattendue de A/g. Le déclin de %N occasionne proba?iement une
limitation métabolique de la photosynthèse, A, comme c’est fréquemment observé (Field et bloorcy, 19S6 ;
Mitchell et Hinckley, 1993). Il peut aussi influer sur la conductance stomatique, g. En général, g dimJue a\‘sc le
%N, mais les mécanismes sont mal élucidés, et l’effet inverse peut se produire, comme chez le pin -Jritime par
exemple (Guehl et al, 1995).
Svnthèse : Partie 1. Adultes en Parc 34
Comment expliquer cette évolution rapide de %N des faidherbias ? Une diminution de %N en cours de
saison de vegétation est un phénomène très tiéquent, et on peut l’imputer à une remobilisation d’azote pour la
fructification, pour le stockage, A une dilution dans les organes en croissance, etc. Mais cette perte de 50 % est
relativement plus élevée que ce qui est couramment rapporté sur d’autres espèces à feuilles caduques, avec par
exemple 30 % chez le chêne sessile (Bonnot, 1995). Durant la saison suivante, la teneur en azote des feuilles des
faidherbias a cru rapidement, ce qui correspondait vraisemblablement à une phase d’assimilation, pour atteindre
un plateau en Octobre. Ces résultats sur Faidherbia albida nous paraissent originaux. Nous n’avons pas
connaissance de rapports antérieurs analogues. La teneur foliaire en azote des espèces voisines a également montré
(sur le site de fond de vallon) une augmentation en saison humide, et une diminution en saison sèche.
Quelles sont les sources d’azote pour les faidherbias ? Nous avons dosé l’azote dans la nappe au puits du
“Camp” en mai 1997 : les quantités d’azote étaient insignifiantes (0,Ol mg 1“ de NO,. ; 0,2 mg 1-l de NI$‘),
dosées par calorimétrie (Bran+Luebbe 2000, Norderstedt, Germany). L’azote n’est donc vraisemblablement
disponible que dans les premières dizaines de cm du sol, d’après nos mesures (tableau 5). c’est-à-dire là où les
racines fines de faidherbia sont particulièrement bien représentées. Mais ces horizons de surface dessèchent très
rapidement à la fin des pluies, ce qui empêche vraisemblablement l’assimilation minérale. Nous pensons que la
nutrition azotée s’effectue essentiellement en saison humide et quand les arbres sont feuillés, soit en règle
générale en fin de saison des pluies. L’absorption est théoriquement possible aussi quand les arbres sont
défeuillés car les racines restent actives, mais sur le hêtre, l’absorption de NO,’ et de NI$’ en période hivernale
serait inférieure à 20 % de la valeur annuelle (Jussy et Colin-Belgrand, communication personnelle).
La phénologie inversée de Faidherbia albida aurait donc pour conséquence que la ‘yenêtre” d’absorption de
l’azote du sol soit particulièrement étroite. Faidherbia albida pourrait donc connaitre un déJcit d’absorption
minérale, conséquence de sa féuillaison tardive.
Nous pensons aussi que l’ensemble de la saison de croissance est tributaire de cette courte phase
d’assimilation de l’azote. La teneur foliaire décline ensuite rapidement, soit parce que l’absorption ne supplée plus
à l’effet dilution de l’azote dans les feuilles en croissance, soit parce que l’azote est remobilisé vers des tissus de
réserve et/ou vers des organes en croissance (fruits, racines, etc.). En effet, la fructification démarre en début de
saison sèche, et finit en janvier environ. Dans un tel contexte, nous pensons que les feuilles entament leur
sénescence précocement, et que cela peut avoir des conséquences très importantes sur le rythme phénologique.
On peut supposer que la chute des feuilles soit la conséquence ultime de cette baisse de la teneur foliaire en azote.
Il serait particulièrement indiqué de faire des analyses minérales foliaires complètes.
Site Prof. Ntot. C.Org UN ptot. Ktot. Na+ K+ Cat+ Mg2+ Somme
cm wm % % mm % meq/ meql meq/ meq/ meqt
1oog 1ooa 1oog 1oon 1oog’
Fond val. 10 307 0,69 22,57 191 0,024 0,12 0.18 20.80 6.09 27.19
Fond val 30 142 0,51 35,63 150 0,025 0114 0127 25130 8127 33,98
Fond val 55 55 0,16 29,27 71 0,015 0,13 0,19 3 1,80 15,00 47,12
Fond val 105 56 0,17 31,07 66 0,014 0,21 0,18 42,80 19,30 62,49
tFond val 150 65 0,14 21,85 66 0,014 0,28 0,20 49.80 22.60 72,88
Fond val 1 225 38 0,lO 25.53 311 0,02 0,34 0,ll 47,80 20;90 69.15
Moyenne 111 0,30 27,65 142,5 0,019 0,20 0,19 36,38 15,36 52,14
SD 103 0,24 5,33 97,6 0,005 0,09 0,05 12,fS 6,86 19,oo
Pente I x10 449 1,03 23,Ol 474 0,078 0,06 0,61 15.60 3,67 19,94
-L
Pente 35 195 0,64 33,03 396 0,046 0,05 0,37 18,OO 4,46 22,88
Pente 75 147 0,19 13,06 252 0,02 0,04 0,13 8,35 2.02 10.54
Pente 95 104 0,19 18,65 114 0,033 0,09 0,37 31.80 8,81 41,07
Pente 170 62 0,lO 15,65 85 0,146 0,14 0,37 50,OO 16,30 66,81
Pente 225 21 0,06 26,67 72 0,179 0,17 0,63 50.00 30,70 71so
Moyenne 163 0,37 21,68 232,2 0,084 0,09 0,41 28,96 9,33 38,79
SD 153 0,39 7,4.2 171,s 0,065 0,05 0,19 Z7,98 7,58 25,56
Svnthèse : Partie I. Adultes en Parc 35
Une autre source d’azote pour Faidherbia albida est bien sûr représentée par la fixation.
l Quel est le rythme de la nodulation ? Sur les profils verticaux des puits expérimentaux des site de fond de
vallon et de pente, les nodules n’étaient présents que dans les 20 premiers centimètres de sol. Nous n’en avons
pas rencontré au voisinage de la nappe, conformément aux observations de Dupuy et Dreyfus (1992). Les nodules
avaient un diamètre de 1 à 3 mm à maturité. Leur coloration intérieure était jaune le plus souvent, rosâtre
rarement, ou noire en fin de cycle. A notre connaissance, des suivis de nodules sous Faidherbia albida n’avaient
pas encore été publiés. Leur densité (nombre par m’ de sol de surface retourné) a été suivie au cours d’une année,
avec un échantillonnage aléatoire sous les couronnes de 10 arbres de fond de vallon. Ils sont apparus aprés le
débourrement, ont montré un pic de fréquence en fin de saison des pluies, puis ont dégénéré, et leur disparition
était complète en milieu de saison sèche environ (figure 37). Nous considérons donc que tout comme pour
l’absorption de l’azote minéral du sol, la nodulation a lieu en surface, et qu’elle est restreinte à la fm de la saison
des pluies. Il est vraisemblable que la phénologie inversée de Faidherbia afbida soit préjudiciable au
fonctionnement des nodules. En effet, la fixation symbiotique de l’azote est SOUS dépendance des assimilats
d’origine foliaire, et de conditions édaphiques favorables, notamment d’une humidité suffisante au voisinage des
nodules. On peut donc présumer que la “fenêtre saisonnière” d’efficience des nodules soit étroite pour Faidherbia
albida. Ceci expliquerait pourquoi la plupart des campagnes de recherche de nodules sous Faidherbia albida
menées en cours de saison sèche se sont soldées par des échecs.
l Peut-on estimer l’intensité de la fixation par les faidherbias ? Nous avons utilisé la méthode de l’abondance
naturelle du “N, 615N. En moyenne, 6”N des. faidherbias était supérieur ou égal à celui des arbres de référence
dans chaque site (figure 36e,f), ce qui empêche tout calcul de taux de fixation (voir principe figure 10). La
précision des mesures ne serait pas en cause puisque nous avons obtenu des corrélations positives significatives
des valeurs de 6”N entre dates, ce qui confirme la reproductibilité de nos échantillonnages et analyses à l’échelle
individuelle. Nous pensons que IeS faidherbias avaient peut-être accès à des pools d’azote très différents des arbres
non-fixateurs, ou que ces pools changeaient de composition au cours du temps, et n’étaient pas exploités en
phase par les faidherbias et les autres arbres. Chez les non-fixateurs, la cinétique de %N montre une augmentation
de la teneur en azote foliaire en cours de.saison des pluies (figure 36d). qui serait donc leur période d’absorption
majoritaire. Handley et a1 (1994) ont montré que dans des peuplements de savane incluant de nombreux acacias,
la variabilité de 6”N était très grande, mais que des regroupements étaient possibles indiquant diverses sources
d’azote. Dans le travail de Handley et al(l994), l’azote du sol ne pouvait pas être assimilé à une source unique,
et aucun modèle d’estimation de la fixation in situ n’a pu être appliqué. Les acacias n’ont pas pu Etre distingués
des plantes non-fïxatrices sur la base de 6”N.
100
30
60
leFixation ?+ 1
Od 0
417196 3/8/96 219196 2llQl96 1/11/96 1112196 31/12/96 301‘1197
Date
-=-Rameaux feuillés -A- Nodules mm2
%N, voire corrélé ositivement, ce qui ne plaide pas en faveur d’un signal de fixation expliquant la v&abilité
saisonniére de de S”N.
-Soit il existe une variation saisonnière de 6”N du SOI. Mais les arbres témoins non-fixateurs montrent ,un
signal très stable au moins dans le site de fond de vallon (figure 36f), ce qui ne plaide pas dans ce sens.
-Soit il existe une discrimination de l’azote foliaire au cours du temps, avec un enrichissement en “N.
Nasholm ( 1994) a montré que S”N augmentait pendant la sénescence dans des aiguilles de pin sylvestre, et J’a
attribué à des pertes de NH, gazeux.
Comparaison entre sites
615N foliaire augmente vers le bas de la toposéquence. Ce résultat est valable autant pour les faidherbias que
pour les non-fixateurs. Nous pensons donc que cela reflète desécarts de composition des sourcesazotéesdu sol.
Généralement, dans les sites les plus humides (fond de vallon ici), le tumover de la matière est plus rapide, la
minéralisation et la nitrifïcation sont plus intenses.La fraction légèrede l’azote est donc évacuéeplus vite, ce qui
peut augmenter 6”N (Dambrine, communication personnelle). II se peut aussi que les sols aient été fumes
davantage, car la composition de la fumure animaleest fréquemmentvoisine de 20 %o.
l II est extrêmement instructif de comparer la situation présenteà celle de Prosopis glandulosa, une autre
espècede légumineuse phréatophyte, décrite en détails par Virginia et a1 (1988) dans le désert du Sonoran
(Californie, USA). La grande diEérenceentre les deux situations provient du fait que Prosopis nodule au
voisinage de la nappe. CommeFaidherbia albida, Prosopis prélève l’azote du soi en surface en fin de saisondes
pluies (et 6”N foliaire est alors positif, environ +1,5 ?&I),puis, suite au dessèchementde cet horizon en cours de
saisonsèche,fixe en profondeur, et 6”N descendvers -1.5 Y&, une valeur très proche de celle de sa valeur bc,
(discrimination mesurée sur milieu sans azote). Cette nodulation profonde permet à Prosopis de fixer
effectivement d’importantes quantités d’azote. Le sol sous les houppiers de Prosopis renferme 10 kg N ha”,
valeur très élevée pour un milieu désertique(Virginia et Jarrell, 1983), et les arbresfixent entre 40 et 60 % de
leur azote. Ces différences entre Prosopis et Faidherbia seront discutéesdansla partie (( Perspectives)).
En définitive, il est possible que les faidherbias aient futé enfin de saison humide, car il estfrappant de
constater que le pic de nodulation correspond au moment où 6”N desfaidherbias était le plus bas. Mais la
quantité totale d’azote futé a dû être faible, en raison de la fenêtre étroite de nodulation.
NOUSavons observé une relation positive entre 6°C et 6”N sur le site de fond de vallon, une relation
négative sur le site de pente, et pas de relation sur le site de cuirasse(non illustré). Une telle variabilité de
résultats est difficile à interpréter: Il faut rappelerque nous avons fortement soupçonnéque les sourcesd’azote
aient été multiples, pour les fixateurs et les non-fixateurs, mais aussi peut-être entre les faidherbias. Raven et
Farquhar (1990) ont postulé que 6°C était intluencé par la source d’azote. De façon théorique, on considère
parfois que les légumineusesprésententune ethcience de l’eau moindre en raison d’une importante allocation
d’assimilats pour la fixation (Hubick, 1990 : Knight et al, 1995 ; Schulze et al, 1991). Mais les corrélations
entre fixation d’azote et efftcience de l’eausont +alement très variables :
-Schulze et al (1991) ont obtenu une corrélation positive .entre 6°C et 6”N pour différents arbres
(Mimosaceae) échantillonnés le long d’un transect en Namibie. Ils considèrentque la fixation d’azote est un coût
en carbone qui diminue I’efficience d’utilisation de l’eau intégrée, W.
-Handley et al, 1994 suggèrentque cette corrélation traduirait plutôt le fait que dans les environnementsles
plus humides, la fixation est meilleure, ce qui est totalement indépendantbien que concomitant dune moindre
effcience de l’eau. Au cours de collectes sur desacaciasafricains, ils ont obtenu quelquesrelationspositives entre
6°C et 6”N.
Svnthèse : Partie 1. Adultes en Parc 37
-Knight et a1 (1993) ont abouti à la mème conclusion que Schulze et a1 (1991), à partir d’une relation positive
entre A et la quantité d’azote fixé (Ndfa) chez Lens culinaris, mais ils ne donnent pas de résultat concernant le
%Ndfa, qui n’est pas forcément corrélé à la quantité d’azote fixé.
-Kumarasinghe et a1 (1992) obtiennent un résultat opposé, mais il semble fort que leur corrélation négative
entre %Ndfa et A soit due essentiellement à un effet du traitement “salinité” car il n’existe pas de relation intra-
traitement entre les deux variables. Handley (1982) obtient également un résultat opposé sur une herbe en CJ avec
apport d’azote extérieur.
Il est trés délicat de conclure sur nos résultats de terrain. En revanche, nos résultats en conditions contrôlée en
pot apportent quelques éléments en faveur de l’hypothése de pertes de carbone accrue pour les plantes fixant
beaucoup, et d’une relation positive entre 615N et 6°C (voir Partie II).
i5
es en Parc; 38
NOUS avons mené des suivis saisonniers du fonctionnement hydrique d’arbres adultes en parc agroforatier
(Burkina Faso, Ajkique de l’Ouest ; 920 mm de pluies).
Le potentiel hydrique de base est resté élevé tout au long de la saison sèche, indiquant que tes arbres
accédaient en permanence à des horizons de sol très bien pourvus en eau. Les racines destxndaientj~qu’au
voisinage de la nappe (-7 à -15 m selon les sites). La teneur isotopique en oxvgéne ($“O) de l’eau du sot, de la
nappe et de la sève brute indiquait que les arbres absorbaient essentiellement au voisinage de la nappe, sauf au
moment des pluies, où ils opéraient un basculement vers la su$ace.
Les arbres transpiraient intensément. notamment au début de la saison sèche (environ 400 litres par jour
pour un arbre de 65 cm de diamètre, mesuré par une méthode de flux de sève). Mais la densité des tiges était
faible, et la transpiration annuelle de la composante arbre des parcelles est restée inférieure à 5 % des pluies.
Nous avons peu rencontré de variabilité du fonctionnement hydrique des arbres à l’intétieur du parc, bien que
la profondeur des nappes ait été très d@knte.
En cours de saison sèche, la contrainte hydrique édaphique a augmenté modérément (légère diminution des
potentiels hydriques de base, réduction de 50 % de la conductance hydraulique totale spécijique sol-feuilles).
Les composantes édaphique et atmosphérique de la contrainte hydrique ont probablement contribué à la
fermeture des stomates en cours de saison sèche.
Nous avons suivi les variations de la composition isotopique en carbone des feuilles, s”C. s”C a augmente
pendant la phase d’installation et de croissance des feuilles, et diminué de 1 %o en cours de saison sèche. Les
van’ations saisonnières de l’eflcience intrinsèque d’utilisation de I’eau. A/g ont pu influencer 6°C. La
fenneture des stomates ne peut expliquer l’évolution de s”C en cours de saison sèche, mais la capacité
photosynthétique a pu être aflectée, et nous en proposons un détennintsme nutritionnel : la teneur foliaire en
azote a chuté de 50 % au cours de la diminution de 6°C. s”C n’était pas supérieur dans les sites présumt%
plus secs.
Les ressources en azote et la nutrition azotée ont été abordées. s”N des feuilles était plus faible de 6 unités
6’ au moment du pic de nodulation c/in de saison des pluies) qu’enfin de saison sèche, indiquant une possible
jïucation temporaire. Faidherbia albida n’absorbait et ne fEait probablement l’azote que dans une étroite «
fenêtre » correspondant à l’initiation foliaire. lorsque les horizons de surface sont encore humectés. que l’azote
de surface reste mobilisable, et que les nodules sont abondants.
La croissance radiale s’est arrêtée précocement en cours de saison sèche, avant la chute des feuilles. La
chute des feuilles a commencé après les nouvelles pluies, elle serait donc indépendante de la sécheresse
édaphique : en revanche, l’étroite «fenêtre » annuelle d’assimilation et de fiition de l’azote accentuerait la
sénescence des feuilles en cours de saison sèche. et pourrait contribuer à leur abscission.
Svnthèse : Partie II. Comuaraison de orovenances de iuveniles 39
Au stade juvénile, quand les racines n’ont pas encore atteint la nappe, la sécheresse édaphique pourrait
fortement compromettre la survie des faidherbias.
Dans les essais menés sur le terrain, Faidherbia afbida montre une importante variabilité inter-provenances
pour la croissance initiale (figure 2). Mais la survie des provenances à croissance rapide est critique dans les
zones sèches (figure 3). Lambers et Poorter (1992) ont suggéré qu’il existait un antagonisme entre la vigueur et
l’aptitude à résister aux conditions environnementales difficiles. Nous partons de l’hypothèse qu’il existe des
stratégies d’utilisation de l’eau contrastées entre provenances de Faidherbia albida. Nous proposons quelques
expérimentations en conditions semi-contrôlées pour identifier ces differences écophysiologiques entre
provenances, et interpréter leurs effets sur la résistance à la sécheresse.
Les juvéniles étudiés étaient issus de provenances panafricaines, qui, d’après les résultats obtenus sur le
terrain et en pépinière, montraient une croissance initiale et un taux de swie contrastés (Sneizko et Stewart 1989
; Vandenbeldt 1992 ; Torrekens et a1 1992 ; Harmand et Njiti 1992 ; Billand et De Framond 1991 ; Marunda
1993).
Les plants ont été cultivées six mois en pot dans deux environnements très contrastés, à Nancy sous serre et à
Ouagadougou en pépinière. Nous avons mesuré de nombreuses variables écophysiologiques, incluant l’efficience
d’utilisation de l’eau, W (rapport de la biomasse accumulée à l’eau consommée).
NOS objectifs étaient : (i) obtenir en pots une gamme de provenances à croissance initiale contrastée, et
mesurer les eflets Provenance, Environnement et Interaction ; (ii) tester la variabilité inter et infra-provenances
d’un large éventail de variables écophysiologiques, dont l’allocation de matière par compartiment, la
consommation d’eau, les échanges gazeux, W. A, et la fucation de l’azote ; (iii) décrire les relations unissant W
à ces variables, et tester leur stabilité dans les dtjërentes conditions expérimentales.
Les provenances utilisées et les caractéristiques de leur milieu d’origine sont presentées dans le tableau 6. Les
caractéristiques de nos deux dispositifs expérimentaux de Nancy et Ouagadougou sont résumées dans le tableau
7. II faut surtout retenir que le déficit de saturation de l’air était de l’ordre de trois fois supérieur à Ouaga qu’à
Nancy, et que le substrat n’était favorable à la nodulation qu’à Ouaga.
-la première expérimentation (article 3) concernait sept provenances panaf?icaines, et s’est déroulée dans des
conditions de croissance volontairement idéales, afin de lever au maximum les limitations (climatique,
nutritive), et de laisser s’exprimer à plein la variabilité génétique. Cette expérimentation a été menée sous serre,
en conditions climatiques tempérées, à Nancy-MRA, France.
-la seconde expérimentation (article 4) s’est déroulée dans des conditions aussi proches que possible de la
réalité de terrain. Elle était à ciel ouvert, en pépinière, à l’INERA-Productions Forestières de Ouagadougou,
Burkina Faso (Photos 7 et 8). Elle a porté sur trois des sept provenances précédentes, la plus vigoureuse (Bur :
Gihanga, Burundi), la moins vigoureuse (BkF : Dossi, Burkina Faso), et une provenance intermédiaire (Nig :
Matameye, Niger).
Les méthodes de mesure ont été décrites en détails dans les articles 3 et 4. En bref, elles consistaient à élever
différentes provenances en pot, et à mesurer la transpiration par pesées successives. Un traitement (( sec )) a été
+Bur, hum.
+ Bur, sec
+BkF, hum.
+ BkF, sec
Tém. sans
-plant
19/8 819 2819 18llO ‘7111 27111 l-7112 611 2611 1512
Date
Figure 38 : Cinétique de I’évapotranspiration journalière de pots portant des juvéniles de Faidherbia albida, ou un sol nu
(témoins).
Tous les plants appartiennent au traitement fertilisé. Bur (provenance Gihanga du Burundi, à croissance rapide). BkF
(Provenance Dossi du Burkina Faso, croissance lente).
Symboles blancs = plants bien arrosés ; symboles noirs = plants du traitement sec.
Les pots avec plant consommaient nettement plus que les pots témoins, ce qui montre la validité de notre dispositif de mesure
de la transpiration des plants (voir photo 8). Les plants secs consommaient moins, la contrainte hydrique imposée était donc
effectivement ressentie. Les “accidents” d’évaporation dans les pots témoins s’expliqueraient soit par des aléas climatiques
.(nuages, vent), soit par des variations de délai entre deux pesées successives.
INERA-Productions Forestières, Ouagadougou, 19951996.
Tableau 6 : Caractéristiques des provenances de Fuidherbia afbida (d’après Bastide et Diallo, 1996). a/
CIRAD-Fozt, Montpellier, France; b/ INERA-Productions Forestières, Ouagadougou, Burkina Faso; c/ CNSF,
Ouagadougou, Burkina Faso. Pour visualiser ces origines, voir carte de répartition (figure 1).
Nom/Pays
Gihanga (Gih)/Burundi
Mana-Pools (Man)/Zimbabwè a 15O45 s 29’20 E 360 730
Matameye (Mat)/Niger a 13”25 N OS”28 E 450 560
Kag-nabon (Kag)/Sénégal a 13”36 N 16’40 W 48 1000
Mora (Mor)/Cameroun
Dossi (Dos)/Burkina Faso b” 110’58
l”30 N 03’25
14’12 W
E 450
300 900
780
Kongoussi (Kon)/Burkina Faso C I3*30 N Ol”50 w 338 600 I
Tableau 71 Comparaison des conditions d’élevage des jeunes plants de Faidherbia afbida entre Nancy
(France) et Ouagadougou (Burkina Faso).
mesures d’écbanges
gazeux)
appliqué en abaissant modérément le contenu en eau du sol de mfërence durant les derniers mois de
l’expérimentation, et en le maintenant à ce niveau. Les mesures d’échanges gazeux ont été réalisées en fin
d’expérience. Les analyses isotopiques ont été faites sur un échantillon de la matière sèche totale.
Un dispositif particulier a été consacré à la maîtrise de l’évaporation du sol en conditions de fort déficit de
saturation de l’air (VPD) à Ouagadougou. Au cours d’expérimentations préliminaires sur les plants élevés dans
des seaux de 17 litres nous avions observé que l’évaporation du sol correspondait au minimum à 50 % de la
consommation en eau totale, rendant la mesure de transpiration trop imprécise. Le sol des ces seaux avait
pourtant été couvert de diverses façons, sans succès. Dans l’essai définitif, nous avons construit des pots
cylindriques, présentant une faible surface évaporante, et couverts d’un capuchon destiné à augmenter la résistance
de couche limite au-dessus-du sol (Photo 8). Les pots ont été disposés en “tortue” pour réduire l’insolation
latérale, et ceints d’un paillage. Ils ont été randomisés. et redistribués à chaque arrosage (Photo 7). Compte-tenu
de la forte transpiration journalière des plants, qui était susceptible de les amener rapidement en situation de
stress hydrique, les arrosages ont été adaptés à chaque plant, par apports quotidiens de doses ajustées à leur
consommation courante (code de couleurs sur l’ensemble de l’expérience), et pesés tous les trois jours pour
ajustement à leur humidité de consigne et calcul de la consommation. Des pots sans plante permettaient
d’estimer l’évaporation du sol. Sur six mois de mesures, la consommation des plantes fut environ quatre fois
plus élevée que l’évaporation du sol (figure 38), ce qui est d’une précision acceptable.
Pour l’estimation du pourcentage d’azote fixé intervient la question de la nature des organes à échantillonner.
11.est souvent recommandé, lorsque c’est possible, d’effectuer les mesures sur la plante entière. En effet, des
différences entre compartiments peuvent conduire à des estimations biaisées. Gueye et a1 (1997) n’ont pas
rapporté de différences de pourcentage d’azote fixé (%Ndfa) entre feuilles, tiges et racines chez des provenances de
Faidherbia albida ; ceci suggékt que les feuilles pouvaient donner une bonne estimation de la valeur générale
de la plante, ce qui est rassurant pour les mesures en conditions naturelles. Cependant, la quantité d’azote était
importante dans les racines. Ignorer les racines les aurait conduit a sous-estimer l’azote fké de 50 %. Des
conclusions similaires ont été rapportées par Sanginga et a1 (1992) et Ndoye et a1 (1995). Pour les faidherbias en
pépinière, nous avons donc réalisé la mesure de %N et de %Ndfa sur la plante entière.
NOS essais en pot ont montré une variabilité importante chez Faidherbia albida, non seulement pour la
croissance initiale, mais aussi pour l’ensemble des caractères écophysiologiques testés. II faut souligner d’entrée
que la variabilité intra-provenances était très souvent supérieure ou égale (valeurs élevées de l-r’) à la variabilité
inter-provenances. Une analyse de variante de ces caractères est présentée :
-dans le tableau 8 pour Nancy
-dans le tableau 9 pour Ouaga
-dans le tableau 10 pour le regroupement de ces expériences, destiné à mettre en valeur les interactions
Génotype x Environnement. Le facteur Environnement regroupe donc l’ensemble des différences expérimentales
entre Nancy et Ouaga (climat, sol, pot, etc., voir tableau 7). Pour cette analyse, nous avons étudié les
provenances communes aux deux sites (les graines étaient issues du même lot) et le traitement (( 1 bienirrigué et
fertifisé~~».Nous n’avons pas étudié le facteur Disponibilité en eau du sol, car on ne peut atkmer que la
contrainte ait été équivalente entre les deux sites. Les facteurs contrôlés étaient donc ((5 ProvenanceZ(Bur, Nig,
BkF). et «c EnvironnementC)) (Nancy, Ouaga).
a
I
Effet Effet Interactions I cv
CV Max/Min
Surface foliÿire tolale TLA (m*) *** 0.209 *** 0.160 n.s. 33.22 0.48 2.09
*** ***
Consommulion en eüu lolnle ‘R+U (W 12.19 10.03 n.s.
n.s. 27.35 0.54 2.24
I
Comorrlnrtrlion en CU,‘ rorule (cor) TWlJcor *** 11.33 *** 9.17 n.s.
n.s. 29.64 0.54 2.39
Eflïcience d’utilisation de l’eau W (gDM kgH,O“) *** 4.18 n.s. 4.24 ns.
ns. II.72 0.50 1.36
.!$icitwe tl’rtrilisurio~~ de l’eurr (cor) Wcor (gm4 kgH,O’) *** 4s4 ,,.S. 4.73 n.s.
n.s. Il.84 0.39 1.29
Discrimimnion isotopique du cwbone A (5%~) *** 21.34 *** 20.87 n.s. 2.90 0.31 1.05
Ruppon rÿcines:biomüsse tolale RMR ** 0.387 * 0.421 n.s. 20.27 0.22 1.50
Rapport feuilles:biomnssr ~olale LMR *** 0.267 n.s. 0.272 11,s. 17.65 0.45 1.62
Biomusse rncinaire RDM (19 *** 20.45 ** 18.04 ll.S. 32.14 0.63 3.68
Biomasse des tiges SDM (g) *** 18.98 *** 14.66 n.s. 43.33 0.56 3.16
Diamètre au colle1 DIA (mm) *** 9.89 *** 8.39 n.s. 19.19 0.49 1.60
Su&ce foliuire sp&ilique SLA (m* kg-‘) *** 15.78 *** 14.44 ns. 13.65 0.29 1.33
Concenwtion en carbone k (a) I1.S. 42.47 I1.S. 42.34 ns. 2.56 0.09 / 1.01
Lum. F.)
Cunduçlÿnce slomÿlique ?I Ii,0 g (mmol 111.’ s.‘) ** 530.45 *** 385.49 543.19 *** 388.32 n.s. l1.S. n.s. n.s. 33.1 I 0.49 1.60
Assimil;llion ncne de CO? r\ (pd III.~ s.1) *** 15.70 *** 13.56 16.15 *** 13.38 n.s. n.s. ns. n.s. 24.14 0.43 1.65
El‘liricl~~~ inlnns. J’uiil. C:IL~~ A/g lpnlul 111111 ‘) II.\. 33.82 ** 31.27 33.06 * 36.65 n.s. I1.S. n.s. I1.S. 22.79 0.27 1.36
‘ïablew 8 : Analyse de vwitince pour I’cxl>~rilllrlltatioli de Naecy. Mcsurcs cn serre ; 7 provenances x 2 niveaux de disponibilitC en eau du sol ; âge = 6 mois.
a/ Variables intL:gr&cs. Indice “cor” : 860 g rctirks aux moyennes dc consommation cn eau, correspondant à l’évaporation maximale du sol estimée. N = 7-10 répétitions.
b/ Echanges ~XX~X. 7 ~I’OVCIXIIK~S x 2 nivewx de disponibilité en CZIU du SOI x deux niveaux de lumière (fort et faible). N = 3-8 répétitions par traitement. Une répétition = moyenne de
2-4 mesures pur plant.
SAS, ANOVA + test de Bonfcrronni, a = 0,05. CV = coefficient de variation. Niveaux de signihcation : *** : p < 0,001 ; ** : p < 0,OI ; ** : p < 0,OS ; n.s. : non significatif. INKA-
Nancy, sous serre. Eté 1994.
Nig BkF PO
.
DIA “A ms. n.,.
69 69 74 108 104 In4 108
Il.93 Il.49 1085 II.12 11.50 10.69 12.10
A AB 8 A A 8 A
Ii .. . “A “.,. “3.
ms. “A 19.74 0.63
69 69 74 108 104 104 108
7921 70.16 56.28 68.06 68.48 67.13 69.36
A B C A A A A
LDM .. . n.,. .. . “3. “3. . 40.95 0.72
69 69 14 108 IDI In4 108
~.llO 2.978 2.776 J-245 1.455 3.037 1.647
A B FI A A B A
TLA
TDM
69
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In4
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1.0254
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0.51
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69 69 74 108 104 104 108
37.94 36.52 30.19 JJ.27 364 32.30 36.20
A A ll B A B A
Tt . . . . **. a.,. na. “A 25.37 0.69
69 69 74 108 104 104 108
27.62 22.97 20.98 23.18 24.42 21.33 26.16
A B B B A 6 A
LAR .. . PA .II ... . . . .
29.7s 0.45
69 69 74 108 104 104 108
1.104 0.613 0.670 0.832 0.752 0.754 0.830
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36.96 0.78
69 69 74 108 In4 104 108
I .264 136 1.549 1.483 1.427 I .668 1.250
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69 69 ?4 108 In4 104 108
5.776 6.388 7.211 6.290 6.6ÏO 6.880 6.372
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69 69 74 108 104 104 108
0.542 1.733 1.117 0.948 1320 1.358 0.911
B A AB A A A A
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4.56 J.67 J.Jd
A B n
..f
Tableau 10 : Interactions Gno@pex Environnement pour trois provenances de Faidherbia albida dans deux sites expérimentaux.
Analyse de variante (SAS. ANOVA + test de Bonferronni. u = 0.05) de variables écophysiologiques mesurées sur trois provenances de
Foidherbio albido , aprés six mois de croissance dans deux sites. EffetProvenance [Bur (Gihanga, Burundij, Nip (Matameye, Niger)
et BkF (Dossi. Burkina Faso)] et effet Site (Nancy et Ouagadougou).
CV = coefficient de variation. (I-r2) : variabilité intra-traitement + erreur. Niveaux de signification : *** : p < 0.001 ; ** : P < 0.01 ; * l : p -z 0.05 : *.s. : no7 3enificar:i
%rur~ouwu = 14 -‘20 répétitions par traitement pour les variables de croissance et les échanges gazeux. et 9-10 r+titions pour les variables isotopiques et 1~ !UXU~ ea s 2: z.
Nu,,, = 7 - 10 répétitions par traitement pour les variables de croissance et les variables isotopiques et 3 - 8 répétitions pour les échanges gazeux.
Svnthèse : Partie II. Comoaraison de orovenances de iuvéniles 41
Nous présenterons les effets principaux (Provenance, Environnement, Disponibilité en eau du sol,
Fertilisation par phosphates naturels) et les interactions par groupes fonctionnels de variables.
Les provenances d’Afrique australe et orientale montraient une croissance initiale plus rapide que les
provenances d’Afrique occidentale (figure 39a). L’amplitude de variation inter-provenances de la biomasse
(amplitude calculée entre moyennes pour le traitement « bien irrigué D) était de 2,8 à Nancy. A Ouaga,
l’amplitude de trois provenances pour la biomasse était de 1,3 (entre provenances du traitement (< bien irrigué et
fertilisé par phosphates naturels »). La consommation en eau (figure 39b) avait une amplitude de 2.2 à Nancy et
de 1,3 à Ouaga. Le classement des provenances pour la surface foliaire était tout-à-fait cohérent avec celui pour la
vigueur (figure 39~).
En résumé, le classement des trois provenances pour les variables croissance, hauteur, diamètre, biomasse
totale, biomasse foliaire, biomasse des tiges, biomasse racinaire, surface foliaire et surface foliaire spécifique était
le suivant :
Ces classements pour la vigueur initiale étaient très comparables aux résultats du terrain, ce qui confirme
l’importance du déterminisme génétique de la croissance initiale, et conforte la pertinence de nos
expérimentations en conditions semi-contrôlées.
Les variables de vigueur, hauteur, diamètre, biomasse des compartiments, biomasse totale, surface foliaire et
consommation en eau étaient corrélées positivement entre elles dans les deux sites. Les provenances à croissance
initiale rapide présentaient à la fois une biomasse foliaire plus importante, et une surface spécifique foliaire plus
élevée. La surface foliaire (mesurée en fin d’expérience) expliquait très bien les différences de biomasse et de
consommation en eau entre provenances (par exemple à Nancy, figure 40). On remarque sur cette figure que tous
les traitements étaient alignés sur une même relation, ce qui signifie que l’efficience de croissance (donnée par la
pente) était assez similaire entre provenances, tout au moins calculée comme ici de façon intégrée.
La consommation en eau est certainement un caractère de tout premièr ordre pour expliquer les faibles taux
de survie de certaines provenances : en effet. lesj’uvéniles de Faidherbia albida sont confrontés à des réservoirs
hydriques de capacité limitée tant qu ‘ils n ‘ont pas atteint la nappe. La période de sécheresse sera
vraisemblablement d’autant plus longue que le réservoir aura été épuisé rapidement. La consommation en eau
est bien expliquée par la mise en place de la surface foliaire. Il serait donc très judicieux de prévoir des suivis
de transpiration et de surfacefoliaire ou de LAI (leaf area index) dans les essais de terrain.
A Nancy et Ouaga, les provenances ont montré des stratégies d’allocation de matière par compartiments
radicalement opposées. L’allocation vers les feuilles (LMR) et le rapport surface foliaire:biomasse totale (LAR)
étaient corrélés négativement à la vigueur à Nancy (figure 41a), et positivement à Ouaga. D’après Poorter et
Remkes (1990), une forte vigueur initiale (qui se traduit généralement par un taux de croissance plus élevé,
RGR) s’explique souvent par une allocation supérieure vers les feuilles (LMR) avec une croissance foliaire plus
Nancy Ouagadougou
I II I
22 100 Bur Nig Bkf
za 80 a
5 60
% **JC **JC *Je*
2 40
0
.H 20
cp
0
E 0.5
04
. C
L
.rl
ca 0.3
z
e 0.2 **Je JC** JC**
0
et 0.1
z
WI 0.0
Bur Nig Bkf Bur Nig Bkf
Provenances (MO~. & éc. type)
N=lO N=20
Figure 39 : Comparaison des performances de provenances de Fuidherbia albidu en pots, dans deux sites
expérimentaux, INRA-Nancy, France & INERA-Productions Forestières-Ouagadougou, Burkina Faso.
a/ Croissance.
b/ Consommation en eau.
cf Surface foliaire.
La provenance Burundi avait une croissance initiale plus rapide. Le classement pour la vigueur (biomasse, consommation)
était comparable dans les deux sites. Mais les différences entre provenances étaient beaucoup moins marquées dans le site à
forte contrainte (Ouaga). La forte consommation en eau est le premier critère pouvant expliquer la moindre résistance a la
sécheresse des provenances vigoureuses. A Ouaga. la consommation en eau était forte malgré la faible surface foliaire, à
cause du déficit de saturation de l’air élevé.
100 ‘““““I”“I”“I”“I”“I’“’
TDM = 297,99 TLA - 7.04
t n =14 moy.; 9 = 0,92; p < 0,001 A
80
i
60
40
20
TWU = 53,51 TU + 1,198
n = 14 moy; r2 = 0,93; p c 0,001
Figure 30 : Relation entre la surface foliaire, la biomasse totale et la consommation en eau de faidherbias
juvéniles en pot.
Elevage en serre ; 7 provenances x 2 niveaux de disponibilité en eau du sol ; âge = 6 mois.
TDM= triangles ; TWU = ronds ; bien irrigués : symboles blancs ; secs : symboles noirs.
La surface foliaire apparait comme un dtterminant majeur de la vigueur et de la transpiration, tout au moins dans ces
conditions expérimentales où le stress hydrique était modéré. Les relations étaient semblables pour les deux traitements
hydt-iques.
Un point = moyenne de 7- 10 répétitions. Les barres représentent l’écart-type moyen.
INRA-Nancy. Eté 1994.
1 A : assimilation nette de CO2
a. Alg : efficience
ti discrimination
intrinsèque
isotopique
d’utilisation
du carbone
de l’eau
6 .,.,.,. I , I
1,
4 c Kon
Cih
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00s \o Mat 0 Témoins
-6’ ’ “. ‘. ’ . ” ” ’ ’
-8 -6 -4 -2 0 2 4 6 8
- Axe 1: Vigeur F
rapide, une surface spécifique plus élevée et donc un LAR plus élevé. C’est effectivement le scénario rencontré à
Ouaga. Le résultat contradictoire que nous avons obtenu à Nancy dans la relation entre vigueur et LMR est assez
surprenant. Les variations de la photosynthèse ne permettent pas d’expliquer ce trait. Par élimination, nous
pourrions donc l’interpréter par des différences de pertes de carbone non-photosynthétique.
Le rapport racinaire:caulinaire (R:S) présentait une amplitude de l’ordre de I .5 entre provenances à Nancy et
de 1,2 à Ouaga. Les et’fets provenance Ctaient significatifs.
A Ouaga, nous avons obtenu une plus forte allocation vers les feuilles chez les provenances à croissance
rapide, et une plus forte allocation racinaire chez les provenances à croissance lente. Ce dernier resultat
confirme des résultats de terrain (Vandenbeldt, 1991). II est très important pour expliquer les d@érences de
résistance à la sécheresse. Les provenances peu vigoureuses auraient une meilleure eficience hydraulique : les
variables qui décrivent l’eficience hydraulique, incluant les rapports racines:biomasse totale, racines.parties
aériennes, racines:surface foliaire, longueur spécifique des racines montraient effectivement des valeurs
supérieures. Toutefois, nous n ‘avons pas obtenu les mêmes résultats à Nancy, et il nous faut en relativiser la
portée.
La conductance stomatique et l’assimilation nette ont montré une amplitude de l’ordre de 1,6 à Nancy et de
i,2 à Ouaga. La provenance à croissance lente (Dossi, BkF) montrait des échanges plus importants. Un avantage
en termes d’efficience hydraulique contribue peut-être à expliquer pourquoi BkF présente une conductance
stomatique supérieure.
Le classement des provenances pour A correspondait bien à celui pour g, indiquant que les différences de
photosynthèse étaient pour grande partie d’origine diffusionnelle. Mais le regroupement des deux expériences
indiquait l’absence de différences d’échanges gazeux entre provenances (grande variabilité intra-traitement).
Nous n’avons pas observé de corrélations entre les échanges gazeux et les variables de vigueur. Ce résultat ne
conforte donc pas l’hypothèse selon laquelle les plantes à croissance foliaire rapide peuvent aussi montrer des
conductances stomatiques plus élevées (Condon et Richards, 1993). L’illustration apparaît nettement dans
l’analyse en composantes principales (ACP) de la figure 4 1, montrant deux axes principaux non corrélés, vigueur
(axe 1) et échanges gazeux (axe 2). Ce type de résultat est fréquent dans la littérature, et pourrait s’expliquer par
les changements d’échelle, par le fan que la conductance stomatique n’acquiert un rôle prépondérant qu’en
situation de déficit hydrique, ou par l’effet des pertes de carbone.
Les échanges gazeux apparaissent donc peu prometteurs pour expliquer les différences de performance et de
résistance à la sécheresse des provenances.
l Les différences d’A/g entre provenances etaient significatives à Ouaga, mais pas à Nancy, ni dans le
regroupement des deux sites (figure 42a). Les différences de A étaient toujours significatives. La différence
maximale de A à Nancy était de 1.1 %O pour sept provenances (0,72 %Opour trois). Cet écart est relativement
important, et mérite donc d’être analysé en termes écologiques. A Ouaga, elle n’était plus que de 0,45 %o.
Nancy Ouagadougou
I II I
0 Bur Nig Bkf Bur Nig Bkf
rl,î 40
E 30
1 20 n.s. *** ns. .
s 10
3 0
23
22
2 21
* *** n.s.
; 20
19
18
‘0 5 C
a 4
2
3 *** *** ***
E 2
F ;
Bur Nig Bkf Bur Nig Bkf
Provenances (MO~. + éc. type)
&UQ&L Comparaison de Alg, A et W de provenances de Faidherbia a&ida en pots, dans deux sites expérimentaux,
INRA-Nancy, France & INERA-Productions Forestières-Ouagadougou, Burkina Faso.
a/ Efficience intrinsèque d’utilisation de I’eau,A/g.
b/ Discrimination isotopique du carbone, A.
c/ Effïcience intégrée d’utilisation de l’eau. W.
Les différences de A/g et de A sont faibles, mais les classements sont cohérents dans les deux sites. Les différences de W
sont plus importantes, mais Bur présente la valeur de W la plus élevée dans le site de Nancy, et la plus faible dans le site de
Ouaga.
Svnthèse : Partie II. Comoaraison de Drovenances de juv&i[q 43
Le classement des provenances pour I’efficience intrinsèque d’utilisation de l’eau, A/g, et pour la
discrimination isotopique du carbone, A, était concordant entre les sites (figure 42b). Le classement des
provenances pour A/g était contraire à celui pour A, conformément à la théorie. Cependant, face à des amplitudes
de A et de A/g aussi faibles, on se doit de penser que les écarts entre provenances sont très ténus, et qu’elles
fonctionnent à un C; voisin.
l Corrélations entre W et croissance : Pour Faidherbia albida nous avons obtenu les résultats suivants :
-A Nancy, W était carrelé positivement aux variables de vigueur. 11 n’existait pas dans ces conditions
expérimentales d’antagonisme entre ces deux caractères. Cette particularité est rare et est très recherchée,
notamment pour l’amélioration génétique des cultures des zones sèches (Condon et Richards, 1993 ; van den
Boogard, 1996). En effet, c’est en général l’inverse qui est observé. Ehleringer (1993) considère qu’une forte
vigueur initiale est souvent liée à une faible efficience d’utilisation de l’eau, en particulier chez des plantes qui
ont pour stratégie d’accomplir leur cycle rapidement, avant l’installation du stress hydrique. Par conséquent, W
est généralement corrélé négativement à LAR, comme sur le tournesol (Virgona et al, 1990) et SLA, comme sur
l’arachide (Nageswara et Wright, 1994 ; Wright et al, 1993). Nous avons effectivement obtenu une corrélation
négative entre W et LAR, mais le fait le plus inattendu était que LAR fut corrélé négativement à la croissance
(voir discussion plus haut).
-A Ouaga, W n’était pas corrélé aux variables de vigueur, ni à LAR.
-Dans les deux sites, W n’était pas corrélé à g.
Les classementspour W semblenttrès liés aux conditions expérimentales.La variabilité les relations entre
W et les variables de vigueur, ou leurs descripteurs classiques(LMR, LAR, SLA) limite considérablementles
potentialités de W commecritère sélection associé.
Les provenances ont montré des différences importantes de nodulation, de 6”N et de pourcentage d’azote tïxé
(%Ndfa) (figure 43). La méthode 61SN (Faidherbia vs Eucalyptus) a donné des résultats acceptables en pots,
excepté pour l’un des traitements (PO, sec), pour lequel 6”N des eucalyptus apparaissait anormalement bas. Les
pourcentages d’azote tïxé (%Ndfa) estimés par 6”N étaient de 9% pour Dossi (Burkina Faso), 13 % pour
Matameye (Niger) et 45 % pour Gihanga (Burundi) dans le traitement optimal (fertilisé par P, témoin). Gueye et
a1 (1997) ont rapporté une variabilité importante de %Ndlà entre sept provenances de Faidherbia afbida (5 du
Sénégal, et deux du Burkina Faso), élevées durant six mois en conteneurs et en serre : elle était comprise entre 0
et 38 %, voisine des 6-37 % rapportés par Sanginga et al, 1990b. Il est clair que tous ces chi!Tres ne doivent pas
etre comparés sans tenir compte des différences méthodologiques (matériel génétique hote et souche microbienne,
conditions environnementales, durée de croissance, etc.). En serre, Sanginga et a1 (1990a) ont trouvé une
augmentation de %Ndfa dans le temps, avec 24 % à 12 semaines, 28 % à 24 semaines, et 45 % à 45 semaines,
sur faidherbias d’origine non-précisée. Ndoye et a1 (1995) ont obtenu une valeur de 37 % après 5 mois, également
sur des faidherbias d’origine non-précisée. Gueye et a1 (1997) ont obtenu un maximum de 38 % après’6 mois SUT
la provenance Kabrousse (Sénégal). Quand cette même provenance a été transplantée en champ sur un sable,
P 100 PO
sec Témoin sec Témoin
120
a
% 100_
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ca z m m z g P z 3 m 2 P
%Ndfa est resté stable entre 3 et 15 mois de croissance à la valeur record de 55 %, tandis que la quantité totale
d’azote fixé augmentait. Les auteurs ont souligné l’intérêt de prolonger ce type d’expérience.
En deftnitive, nous pensons que la méthode S”N choisie ici est pertinente, et qu ‘elle confirme bien les
résultats de ces auteurs, obtenus par la méthode de la dilution,
Les provenances les plus vigoureuses étaient mieux nodulées. Ceci confirmait d’autres travaux sur Ia
nodulation de provenances pana&aines de Faidherbia afbida (Sneizko, 1987). Ces provenances avaient une
plus grande biomasse foliaire, assimilaient et fixaient davantage d’azote, mais leur concentration en azote était
moindre. Outre de probables differences génétiques pour l’efficience de la fixation, nous pensons que la
disponibilité en azote était plus limitante pour ces provenances à croissance rapide, et que cela a pu stimuler leur
fixation. A n’était pas corrélé au pourcentage d’azote mesuré ici sur la plante totale, il serait judicieux de mesurer
cette valeur pour les feuilles.
Il apparaît que les provenances vigoureuses présentaient une surface foliaire plus importante et assimilaient
davantage d’azote (absorption + jîiation). Ces résultats sont cohérents avec l’hypothèse de besoins en azote
accrus chez des provenances à fort développementfoliaire. Ces mêmes provenances seraient par ailleurs moins
résistantes à la sécheresse. Sélectionner directement sur le critère de la quantité totale d’azote futé nous paraît
donc assez risqué pour une essence destinée aux zones sèches.
La croissance était supérieure à Nancy, sauf pour le diamétre. Nous en déduisons que les conditions
environnementales étaient moins contraignantes à Nancy. Nous pensons que le fort VPD et la moindre fertilité du
substrat à Ouaga sont de nature à expliquer les moindres performances des plants dans ce site.
On remarquera surtout que les variables foliaires ont été très affectéesà Ouaga, d’un facteur 3,6 pour la
biomasse foliaire, 1,8 pour la surface foliaire spécifique et en définitive presque 7 pour la surface foliaire totale. La
biomasse totale n’a pas été diminuée en proportions de la surface foliaire, le facteur n’étant que de l,5. L’eftïcience
de ‘croissance (rapport croissance:biomasse foliaire) était donc supérieure à Ouaga : il faut rappeler que le
j rayonnement y était beaucoup plus important. en intensité et en valeur cumulée.
11est remarquable que les plants de Faidherbia afbida aient montré une sensibilité stomatique au VPD aussi
faible. En effet, la plupart des espéces tempérées ou tropicales humides ont les stomates entièrement fermés à
partir de 20-30 hPa, alors que la valeur de Ouaga était de 70 hPa.
A était supérieur (presque de manière significative, p = 0.08) à Nancy. Ceci serait à mettre en relation pour Le
moins avec la conductance stomatique, g, plus forte à Nancy, et la meilleure fertilité du substrat.
Svnthèse : Partie II. ComDaraison de orovenances de iuvBniles 45
A/g était supérieur à Ouaga (d’un facteur 1,37), et A infërieur (avec une différence importante de 2,27 x0).
L’écart de A entre les deux sites est le plus fort que celui que nous ayons jamais enregistré entre des provenances
de Faidherbia albida ou entre des traitements sur le même site. A/E était supérieur à Nancy (d’un facteur 2,19),
de même que W (d’un facteur 2,9). A/E et W ont évolué entre sites dans un sens opposé à A/g, à cause des
différences de v entre sites.
-Biomasse totale et surface foliaire ont montré des interactions Provenance x Environnement (figure 44). Le
classement des provenances n’a pas été modifié, mais l’écart a été considérablement amoindri à Ouaga. Il est
remarquable que BkF ait pu conserver la méme biomasse à Ouaga qu’à Nancy, alors que Nig en avait perdu un
tiers, et Bur la moitié.
- Les provenances à croissance initiale lente réduisaient davantage leur LMR (presque 3 fois pour BkF et Nig,
contre 1,7 fois pour Bur).
-L’allocation vers les racines a augmenté en moyenne d’un facteur 1,3 à Ouaga par rapport à Nancy. Dans la
situation la plus contraignante (Ouaga), Bur a réduit tous ses compartiments, dont le compartiment racinaire,
Nig a maintenu son compartiment racinaire, et BkF l’a augmenté.
-On a observé une interaction Provenance x Environnement pour W, et ‘non pour A. Ceci souligne que les
différences de W entre provenances n’étaient pas seulement d’origine photosynthétique.
En situation peu contraignante (Nancy), certaines provenances expriment à plein leurs potentialités de
croissance, alors qu ‘elles sontfortement restreintes en situation plus contraignante (Ouaga). Au contraire, les
provenances à croissance lente maintiennent les mêmesperformancesdans les deux situations,faisant preuve de
rusticité (exemple, la provenance Dossi, BkF). Le comportetient contrasté des provenances Burundi et BkF
(allocation vers les parties aérienneset racinaires, rusticité) pourrait contribuer à élucider leur aptitude à
résister aux contraintes de l’environnement.
La sécheresse a réduit significativement la croissance initiale, la surface foliaire et la consommation en eau sur
les deux sites (figure 39), bien qu’elle fùt modérée et appliquée en fin d’expérience. Les plants ont détourné les
assimilats depuis la tige vers l’appareil racinaire (tableaux 8 et 9). A Nancy, la surfaçe foliaire spkitïque a
diminué, signifiant que les feuilles sont devenues plus épaisses en réponse au traitement sec, mais pas à Ouaga.
La conductance stomatique a été réduite ainsi que l’assimilation nette, et A/g a augmenté sur les deux sites,
conformément à la relation illustrée dans la figure 8. On a également enregistré une diminution de A. W a
augmenté avec la sécheresse à Ouaga, conformément à la théorie et à l’exemple de la figure 9. Contre toute
attente, W n’a pas été affkcté par la sécheresse à Nancy. La sécheressea réduit la nodulation et la tisation de
l’azote.
Ces effets de la sécheresseédaphiquesur les plantes sont assez classiques,et confirment que le truitement
sécheressea été correctement appliqué. On a rencontré assezpeu d’interactions Provenance x Disponlbilitt; en
$nthèse : Partie II. Comuaraison de orovenances de iuvénilex 46
eau du sol. Nous n’avons donc pas mis en évidence de d@érences marquantes dans les stratégies des
provenances face à la sécheresse.
Ce facteur n’a été étudié qu’g Ouaga. L’effet fertilité était relativement faible (moins de 10 % en général), bien
que significatif et positif sur la biomasse totale et la consommation en eau. Une variable clé comme la suhce
foliaire n’a pas été modifiée. A a été réduit par la fertilisation, comme escompté, mais seulement de 0,2 %o. W et
A/g ont augmenté, mais pas de manière significative.
Par contre, la fertilisation par P a nettement augmenté la fixation en accord avec l’effet généralement observé
sur les nodules (Sanginga, 1992. Sa et Israel, 1995, Ribet et Drevon, 1996), sur l’apport de composés azotés aux
partie aériennes et sur l’utilisation des sucres par les nodules (Sa et Israel, 1995), ou sur l’augmentation de
l’activité de la nitrogénase (Ribet et Drevon, 1996).
L’effet de cette fertilisation par phosphates naturels a donc essentiellement porté sur les variables liées à la
fuation de l’azote.
2 60
rn Effets
%
8 40
E
=
[II rl I Prov. Envir. Px E
*** *** **
**JC *** **
a
za -40
E
% -60
t I
Bur Nig
Traitement (MO~)
Firmre 44 ; Allocation de matière pa’ compartiments pour trois provenances de Fuidherbiu albidu, élevées en
pot, dans deux sites contrastés.
Traitements maintenus à la capacité au champ et fertilisés.
Les écarts entre provenances étaient plus faibles sur le site le plus contraignant de Ouagadougou. La provenance la
plus vigoureuse (Burundi) a le plus fortement réduit sa croissance à Ouagadougou. Toutes les provenances ont réduit
leur biomasse foliaire à Ouagadougou, mais les provenances plus rustiques (Niger, Burkina Faso) ont conservé leur
biomasse racinaire, contrairement à Burundi.
Pour les conditions de croissance, voir tableau 6. Pour les statistiques, voir tableau 9.
INRA-Nancy. été 1994 & INEXA-Productions Forestières, Ouagadougou. 1995- 1996.
Svnthèse : Partie II. Comvaraison de vrovenances de iuvéniles 47
Quelle est [‘influence des facteurs Environnement, Disponibilité en eau, Fertilisation, sur [a relation entre
efficience de 1‘eau (W, A/’ et A ?
l Bien que A/g et A pris séparément aient été afkctés par l’environnement (figure 45a). leurs deux relations
sont presque colinéaires. La relation A/g = f(A) est théoriquement indépendante de v.
Les relations sont d’assez bonne qualité malgré les changements d’échelle. A de la plante totale reflète donc
correctement A/g. Peut-on en penser pour autant que 6°C des feuilles va réellement estimer A/g en conditions
naturelles ? La condition de passage serait que la composition des feuilles ne soit pas trop influencée par la
composante structurale et par les exportations de carbone assimilé.
La relation A/g = f(A) était de meilleure qualité B Ouaga. Les variations de A/g qui s’opèrent en conditions
de faible assimilation ne sont pas retranscrites par A : A est pondéré par la quantité de carbone assimilé, mais pas
A/g. Nous pensons que les conditions climatiques qui régnaient lors des mesures d’échanges gazeux à Ouaga
correspondaient bien à la moyenne des conditions sur l’ensemble de la période de croissance (conditions
climatiques très stables à Ouaga, avec majorité de journées de très beau temps). A Nancy par contre, les
conditions climatiques étaient beaucoup plus variables, et leur moyenne (affectant A) pouvait di&er de fàçon
notable des conditions observées durant les mesures d’échanges gazeux (A/g).
Ces bonnes relations entre A/g et A nous conduisent à penser que les variations de 61JC mesurées en parc
peuvent être représentatives des échanges gazeux (à condition que la composante structurale des feuilles ne
perturbe pas la mesure) et qu ‘elles peuvent raisonnablement être interprétées dans le sens des modifications
saisonnières ou stationnelles de Ci.
l W était con-élé négativement à A dans les deux sites, que ce soit entre moyennes des traitements (figure
45b), ou le plus souvent aussi à l’échelle individuelle (données non illustrées). Ce résultat indique que les
processus photosynthétiques ont un poids assez important dans le déterminisme de W.
11faut insister sur le fait que la relation était très susceptible aux conditions environnementales. En effet, des
relations différentes sont apparues entre niveaux de disponibilité en eau du sol à Nancy, et les relations étaient
très éloignées à Nancy et à Ouaga. Nous venons de montrer que la qualité de la relation entre A/g et b n’était
pas en cause.
Considérons l’équation 15 reliant W à A, que nous simplifions sous la forme linéaire suivante :
W = -[cx/(b-a)] . A + [ab/(b-a)]
Y$%
b
0 I 1 I I I I I 1
18 19 20 21 22
A (%o)
Figure 45: Relations entre W, A, et Aig dans deux sites expérimentaux contrastés, Nancy, (serre) et Ouagadougou,
(pépinière).
3 provenances, Bur (Gihanga, Burundi), Ni,g (Matameye, Niger) et BkF (Dossi, Burkina Faso). Tous les plants étaient
arrosés à la capacité au champ et fertilisés.
a/ Relations entre Alg et A.
b/ Relations entre W et A.
A Nancy, A était plus élevé, car la conductance stomatique était supérieure. W était plus élevé également, car le déficit
de saturation était moindre. L’essentiel des différences entre les deux relations peut s’expliquer par des différences de
déficit de saturation de l’air. Les relations entre A/g et A sont assez proches.
Voir les différences expérimentales entre les deux sites dans le tableau 7.
INRA-Nancy, été 1994 & INERA-Productions Forestières, Ouagadougou, 19951996.
Svnthèse : Partie II. Comvaraison de orovenances de iuvénilq 48
La pente (P = cr/(b-a)) était plus négative, et l’ordonnée g l’origine (0 = crb/(b-a)) supérieure à Nancy. si l’on
fait l’hypothèse (en première approximation) que les diff&-ences de c( entre les deux sites sont dues uniquement
aux différences de déficit de saturation, v, peut écrire :
Par ce calcul, on trouve que PN,,,/P~ = 2,71 et que ON~~~,JOO~~ = 2,95. Ces deux valeurs sont
effectivement très similaires. vOuag$vNmcYcalculé d’après les valeurs instantanées obtenues au cours des mesures
d’échanges gazeux était de 3,0 également (tableau 7). Nous formulons donc l’hypothèse qu’une forte part des :
différences de pente et d’ordonnée à l’origine des relations W = f(A) entre les deux sites puisse s’expliquer par
des différences de v.
L’effet Provenance sur la relation W = f(A) différait sur les deux sites. A Nancy, la relation était unique pour
toutes les provenances (figure 45). A Ouaga, la relation englobant tous les traitements était très faible. Nous
avons redécoupé cette relation par provenances (figure 46), pour obtenir des relations de bien meilleure qualité.
Le (ou les) mécanisme(s) responsable(s) seraient à rechercher dans le paramètre a. incluant v (tiuencé
potentiellement par les difErences inter-provenances de température foliaire, liées 51la transpiration), 0,. @, ou
encore k. On a fait l’hypothèse que v ne variait pas beaucoup dans un mème environnement : la fixation d’azote a
alors pu a&cter Qf : en effèt, Burundi, la provenance qui fixait le plus d’azote présentait à Ouaga un W
relativement plus faible pour un même A, et un W plus fort en conditions non-nodulantes à Nancy. Ceci pourrait
s’expliquer au moins en partie par de l’allocation de carbone vers la symbiose.
La disponibilité en eau n’a pas modifié la relation W = f(A) à Ouaga. A l’inverse, à Nancy, nous avons
obtenu deux relations distinctes entre les sept provenances pour les deux traitements hydriques (figure 45), de
même que Hubick et Gibson (1993) sur des cultivan de coton, ou Virgona et al (1990) sur Helianthus. W
n’avait pas été affécté durant la sécheresse à Nancy, contrairement à A et à A/g. Pour l’expliquer, nous avons
envisagé :
-que la sécheresse ait augmenté v (fermeture des stomates, augmentation de la température foliaire, voir
Condon et Richards 1993), un mécanisme susceptible de contrecarrer l’accroissement de W.
-que ae ait diminué : l’ordonnée à l’origine de la relation était supérieure, et la pente plus négative signifiant
que a avait augmenté. Ceci pourrait provenir d’une diminution de @, ou de @, dans le traitement sec, car k
restait inchangé, et il est très peu probable que v ait diminué.
4.2.6.4 Effet Fertilisation par le KRP (phosphate naturel)
Cette fertilisation, appliquée seulement à Ouaga, n’a pas modifié les relations entre W et A.
18.
16.
14.
12.
10. I 1 I I 1 I I
.
Bur N% Bkf
Provenances (MO~. * éc. type)
A l’échelle individuelle, nous n’avons pas détecté de relation entre S”N (ou %Ndfa) et A (ou ivg OU W) sur
des juvéniles de Faidherbia albida.
En revanche, nous avons obtenu une relation positive significative entre 6”N et A calculée sur les moyennes
(figure 46). II n’y avait pas de relation entre 6”N et W. Il semblerait donc que les traitements qui fixent
davantage d’azote ont une meilleure eflïcience intrinsèque d’utilisation de l’eau. Il serait judicieux de vérifier si
la teneur en azote foliaire a été augmentée par la fucation d’azote. Burundi, qui fixe le mieux l’azote, présente :
effectivement des valeurs d’A/g plus élevées, et de A plus faibles. Mais ce gain de carbone a vraisemblablement
un coût. Il serait intéressant de tenter de modéliser ces budgets de carbone.
En dépnitive, l’intérêt de suivre W dans l’étude de la tolérance à la sécheresse de Faidherbia albida doit
être discuté. W a présenté une variabilité modérée. Les relations entre W et les caractères de croissance
apparaissent sensibles aux modifications de l’environnement, ce qui restreint le domaine de validité de chaque
résultat à l’environnement correspondant. Enfin, on ne peut prédire W simplement par A. Pour l’ensemble de
ces raisons, W apparaît peu prometteur comme critère de sélection. En revanche. W est une variable
intégratrice qui permet de pousser assez loin certaines investigations écophysiologiques, par exemple pour
estimer les pertes de carbone à partir de la relation W = f (A).
18,2 18,4 18,6 18,s 19 19,2 19,4 19,6
Discrimination isotopique du carbone (A : %o)
6 I I I
?= 0,015
0
B
0 A
A
H 0
A
n
b
11 I I 1 1
1 1,25 1,s 1,75 2
Effïcience d’utilisation de l’eau (W : gMs kgHzO-l)
Des dtflérences génétiques importantes pour la croissance initiale ont ete observées entre provenances de
Faidherbia albida. La surface foliaire était le déterminant majeur de la croissance initiale et de la
consommation en eau. NOUS avons confirmé au moins dans un site que les provenances a croissance tente
investissaient davantage dans l’appareil racinaire. Il n’existait que de faibles dJ&!t-mces& conductance
stomatique et d’assimilation nette entre provenances, et ceci sans corrélation avec la vigueur. Les d@erences
d’effcience d’utilisation de l’eau étaient réelles, mais leur corrélation avec la vigueur variait suivant les
conditions expérimentales. En définitive, les différences de surface foliaire et d’allocation racinaire
apparaissent de toute première importance pour expliquer la stratégie des provenances, et pour interpréter
leurs performances inégales au champ pour la croissance initiale et la résistance à la sécheresse.
La sécheresse édaphique a affecté les échanges gazeux, la surface foliaire, la vigueur et la transpiration.
Elle a augmenté A/g et réduit A, et W a été augmenté au moins dans un site. Nous avons observé peu
d’interactions Provenance x Disponibilité en eau du sol, et donc ce traitement n’a pas permis de montrer des
stratégies contrastées des provenances face à la sécheresse.
Dans le site le plus favorable (Nancy, humidité de l’air et températures moyennes, bonne fertilité du sol),
les d@rences de vigueur étaient très marquées entre les provenances pour l’ensemble des variables. Dans Je
site le plus contraignant (Ouaga, sécheresse de l’air, rayonnement fort et températures élevées), elles étaient
beaucoup plus faibles. La croissance a été réduite a Ouaga, sauf pour la provenance locale. qui montre ici une
très forte rusticité. A Ouaga, les plants ont considérablement réduit leur surface foliaire. L’eficience de
croissance a été fortement augmentée. Le déficit de saturation de l’air expliquerait l’essentiel de la forte
transpiration mesurée à Ouaga. La conductance stomatique y était ,plus faible, En conséquence, A/g était
supérieur, et A inférieur. Mais W était fortement affecté à cause du déficit de saturation.
Les provenances les plus vigoureuses nodulaient mieux, assimilaient et fiaient davantage d’azote. jusqu’à
45 % de leur azote tata1 environ. La sécheresse édaphique réduisait la faation, et l’apport de P la stimulait.
Burundi, une provenance à croissance initiale rapide, fucait davantage d’azote. Elle présentait des valeurs de
A/g plus élevées, de A plus faibles, mais des valeurs de W étonnamment faibles. Nous faisons donc 1‘hypothèse
que Burundi dérivait une part importante de son carbone assimilé vers la symbiose.
Nous avons obtenu entre W, A et A/g les relations prévues par les modèles. mais le classement pour W,
l’effet de la sécheresse sur W et les relations entre W et A variaient avec l’environnement. La prédictibilité de W
par A est donc à décliner selon les environnements, à cause peut-être de dtflérences dans les processus non-
photosynthétiques. En revanche, la relation entre A et A/g était assez bien conservée entre environnements.‘ce
qui accrédite l’usage que nous avons fait de 6°C sur le terrain pour l’estimation des variations saisonnières et
stationneiles de Ci.
Svnthèse : Conclusion Pénérale 51
5. CONCLUSION GENERALE
Nos travaux sont partis du paradoxe de Faidherbia albida, une espèce des zones semi-arides, mais à
phénologie inversée.
Au stade adulte, il s’agissait de vérifier que le comportement phréatophyte soupçonné par de nombreux
auteurs pour les faidherbias en peuplement naturel (bord de rivière) était également la règle en parc agroforestier.
Une description globale de l’écophysiologie de ces arbres, des variations saisonnières et stationnelles a
également été tentée.
Au stade juvénile, il s’agissait de proposer des caractères pertinents pour interpréter la moindre résistance à la
sécheresse des provenances à croissance rapide. La variabilité génétique d’un grand nombre de caractères
écophysiologiques a été explorée dans des environnements variés.
Nous avons étudié les potentialités de I’effkience d’utilisation de l’eau, comme critère des sélection au stade
juvénile, et comme indicateur de l’état physiologique des arbres en parc agroforestier.
Nous avons aussi recueilli quelques informations de base sur la nutrition azotée, incluant la fixation de
l’azote.
5.1.1 Adultes
Les mesures ont été réalisées dans un parc agroforestier correspondant à une zone assez humide pour
Faidherbia albida. Les arbres étaient grands, avec des taux de croissance sur le rayon importants, et des rejets
vigoureux en saison sèche.
Sachant que sols dessèchent rapidement en surface, il est nécessaire que les arbres puissent prélever l’eau à
grande profondeur. Leur système racinaire était effectivement profond, et atteignait le voisinage de la nappe
phréatique. Mais il était aussi développé en surface, et dans les horizons intermédiaires, indiquant des
prélèvements multiples. Les sols à texture fme présentaient des réservoirs hydriques importants en profondeur,
dont les potentiels hydriques baissaient modérément en cours de saison sèche. Le traçage isotopique de l’eau
dans le profil du sol et dans la sève brute indiquait que les arbres prélevaient majoritairement dans la nappe tout
au long de la saison sèche. Mais les niveaux de prélèvements variaient au cours du cycle annuel : au retour des
pluies, ils basculaient vers les horizons de surface, et il est vraisemblable que ce phénomène se produisait
également en fin de saison des pluies. La stratégie tendant à coloniser des nappes même profondes, aurait pour
les plantes des zones sèches l’énorme avantage de favoriser leur survie. En effet, les nappes constituent des
réservoirs durables, convenant particulièrement bien aux plantes pérennes.
Pour cette espèce phréatophyte, la contrainte hydrique édaphique restait modérée tout au long de la saison
sèche, malgré sa phénologie inversée. En revanche, la sécheresse de l’air devenait extrêmement intense en fin de
saison sèche. Nous avons pu établir que la transpiration était également très intense, surtout en début de saison
sèche. Mais compte-tenu de la faible densité des arbres, leur transpiration relative à la parcelle ne représentait que
Svnthèse : Conclusion pénérale 52
quelques pour-cent du cumul annuel des pluies. Les cinétiques journalières ne montraient pas de dépression de
midi, même au plus fort de la saison sèche.
Au cours de la saison sèche, le déficit de saturation augmentait mais pas la transpiration des arbres. Comme
la surface foliaire était conservée, nous faisons deux hypothèses : soit la conductance stomatique diminuait
globalement, soit certaines feuilles de la canopée réduisaient leur transpiration. L’estimation des variation
saisonnières de l’efficience intrinsèque d’utilisation de l’eau, A/g, par la composition isotopique du carbone,
6’k, ne confirmait pas que les stomates se soient fermés.
La sécheresse édaphique ne provoquerait pas la chute des feuilles, mais affecterait peut-être la croissance. Ce
fonctionnement semblait peu varier à l’échelle du parc, même dans des sites où la nappe était très profonde.
En raison de leur phénologie inversée, de leur comportement phréatophyte et de leur faible densité, il apparaît
que les faidherbias exercent une compétition très faible avec les cultures pour l’eau.
5.1.2 Juvéniles
Les provenances élevées en pot montraient des différences très importantes de croissance initiale. Ceci
confirmait l’existence d’une variabilité génétique inter-provenances, avec une vigueur initiale plus élevée des
provenances d’Afrique australe et orientale, relativement aux provenances d’Afrique occidentale.
Les provenances plus vigoureuses présentaient une plus grande surface foliaire, et transpiraient davantage. Les
provenances à croissance lente investissaient davantage dans L’appareil racinaire, au moins dans l’une dé nos deux
expériences. Ces deux résultats nous paraissent être d’une importance primordiale pour expliquer les diiérences
de stratégie des provenances en termes de croissance et d’utilisation de l’eau, et pour interpréter les résultats de
terrain. Nous faisons l’hypothèse que les provenances à croissance aérienne plus lente épuisent moins vite le
réservoir d’eau à leur disposition, peuvent continuer de transpirer plus longtemps après la saison des pluies, et
ainsi prolonger leurs réserves. En outre, leur chance d’atteindre une nappe, de pouvoir renverser leur phénologie
et démarrer plus activement leur croissance aérienne serait augmentée du fait de leur croissance racinaire plus
rapide.
La sécheresse édaphique a aflkté la croissance, la surface foliaire, la surface foliaire spécifique, les échanges
gazeux, et les plants ont alloué davantage de biomasse à l’appareil racinaire. Mais peu d’interactions provenance x
sécheresse du sol ont été détectées.
En revanche, la conduite des essais dans deux environnements radicalement différents, notamment pour le
‘déficit de saturation de l’air et la fertilité du sol a montré que les écarts entre provenances se sont
considérablement réduits dans le site le plus chaud et sec (Ouagadougou). Les provenances ont considérablement
réduit leur surface foliaire à Ouagadougou, leur conductance stomatique était plus faible, mais leur transpiration
était plus grande, en raison du fort déficit de saturation. L’effïcience de croissance était bien meilleure dans ce site
probablement en raison du fort rayonnement global. La provenance locale, plus rustique, n’a pas perdu en
biomasse, contrairement aux autres. Si le classement final pour la biomasse totale a été peu modifié,
d’importantes interactions sont apparues, surtout pour l’allocation de matière par compartiment. Les provenances
Svnthèse : Conclusion pénérale 53
a croissance plus lente ont largement investi dans la croissance racinaire, contrairement à la provenance à
croissance rapide. Ces interactions corroborent très bien les résultats des essais multi-locaux de provenances, qui
indiquaient que les provenances à croissance rapide étaient surtout avantagées dans les sites relativement
humides.
En conditions contrôlées, des juvéniles en pot ferment très rapidement leurs stomates en réponse à une
sécheresse édaphique modérée. Cette stratégie, à mettre en rapport avec le comportement phréatophyte,
s’apparenterait à un évitement de la sécheresse édaphique.
En revanche, le fonctionnement stomatique apparaît particulièrement peu sensible aux forts déficits de
saturation de l’air, à la fois pour des arbres adultes et des juvéniles en pot. fl se pourrait que les faidherbias
transpirent beaucoup en conditions naturelles pour prévenir un trop grand échauffement foliaire.
On note la cohérence générale de cette stratégie : l’espèce évite la sécheresse édaphique à l’état juvénile en
fermant rapidement ses stomates, en croissant en saison humide, et en fouissant vers une nappe, puis sa
phénologie inversée est rendue possible par l’accès à une ressource en eau durable, qui est un avantage
écologique en soi, et permet de garder les stomates ouverts, donc de croître en saison sèche.
Nous avons montré l’existence d’une variabilité inter-provenances réelle mais modérée pour l’efficience
d’utilisation de l’eau, W. Elle était faible pour Alg et A.
Les classements pour A de la biomasse totale des juvéniles étaient cohérents dans différents environnements,
de même que ceux pour A/g. Les corrélations entre ces variables indiquaient que les modèles théoriques
s’appliquaient effectivement à Faidherbia albida. Nous pensons donc que,I’usage que nous avons fait de 6°C sur
les arbres adultes en parc était justifié pour intégrer les variations de A/g, à une condition près : que 6°C des
feuilles soit aussi représentatif de A/g que 6°C de la biomasse totale.
La composante photosynthétique de W serait donc bien prise en compte dans A. Pourtant, il faut insister sur
trois points délicats :
-les relations entre W et les variables de vigueur variaient en fonction des conditions environnementales,
-nous avons montré une interaction génoQpe x environnement pour W,
-dans l’environnement le plus sec, les corrélations entre W et A étaient surtout valables à l’intérieur des
provenances, et non entre elles. Après l’étape des échanges gazeux, des mécanismes pouvaient donc altérer la
relation entre W et A. Des différences de pertes de carbone (respiration nocturne, tumover des racines, exsudats
racinaires, allocations aux symbiontes, etc.) pourraient en être à l’origine. La fixation d’azote a été soupçonnée.
W n’apparaît pas comme un critère recommandable pour les programmes de sélection de Faidherbia albida.
La variabilité de W est modérée, et les relations entre W et la vigueur varient selon les environnements. La
relation entre W et la tolérance à la sécheresse est très controversée : à Nancy, les provenances qui présentaient
les valeurs de W les plus fortes étaient aussi les plus vigoureuses, mais on sait aussi qu’elles survivent mal dans
les zones sèches. De plus, W est très difficile à mesurer au champ, et ne semble pas pouvoir être estimé de façon
univoque par A. En revanche, W est une variable intégratrice de choix, qui permet de pousser les investigations
écophysiologiques, en particulier pour l’estimation des différences de pertes de carbone.
Svnthèse : Conclusion générale 54
En parc, nous avons proposé une hypothèse pour expliquer les variations saisonnières de Alg : il semble que
la baisse de la teneur en azote foliaire ait fortement influencé les variations de la capacité photosynthétique, tout
au moins durant ta première phase de la saison sèche ; dans la seconde phase, les teneurs en azote foliaire n’ont
plus évolué, et A/g a effectivement augmenté, vraisemblablement en réponse à la fermeture des stomates. Par
contre, nous n’avons pas pu cerner l’origine de la variabilité spatiale de Alg car la cause ne semblait être ni
stomatique, ni nutritionnelle.
La phénologie inversée aurait des conséquences très importantes sur la nutrition azotée. L’azote n’est
disponible qu’en surface des sols, et n’est assimilable qu’en cours de saison des pluies. Les arbres sont alors
défeuillés, et il est vraisemblable que l’absorption racinaire est faible en phase de repos végétatif. En début de
feuillaison, quand ces horizons sont encore humides, l’absorption est vraisemblablement la plus intense. La
fixation quant-à-elle est probablement limité à une (( étroite fenêtre )) de quelques semaines seulement, survenant
après le débourrement, en fin de saison des pluies, moment où les nodules sont abondants. Les taux d’azote fixés
par les arbres adultes sont probablement très faibles, à la fois pour des raisons de faible efficience de la symbiose,
et pour des raisons phénologiques. En outre, en raison de l’existence de pools d’azote nombreux dans le sol, et
des différences entre espèces pour l’absorption azotée, l’usage de &15N pour l’estimation du pourcentage d’azote
fixé nous paraît être très peu prometteur. Les teneurs foliaires en azote déclinent rapidement en cours de. saison
sèche, et pourraient expliquer que les feuilles soient prêtes à chuter.en fin de saison des pluies.
En pot, les juvéniles de diverse provenances montrent des fortes différences de nodulation et de fixation
d’azote. Les provenances à croissance rapide assimilent davantage d’azote, tout. en fixant davantage. Les
conséquences écophysiologiques d’une sélection directe sur l’effcience de la fixation vont être discutées plus loin.
Nous concluons que la phénologie inversée de Faidherbia albida a autant, sinon plus, de conséquences sur la
nutrition minérale que sur le fonctionnement hydrique. Nous proposons un déterminisme endogène nouveau pour
expliquer la défeuillaison en début de saison humide : elle serait la conséquence normale de la sénescence foliaire,
accentuée par un déficit d’assimilation minérale (en azote en particulier, mais vraisemblablement plus général).
Ce déficit d’absorption serait la conséquence d’une feuillaison très tardive, qui limite l’extension de la période où
l’azote du sol de surface est réellement mobilisable.
En définitive, nous pouvons distinguer deux stades physiologiques contrastés pour Faidherbia albida,
juvénile OFacteur limitant = ressource en eau) et adulte @acteur limitant = ressource minérale) (voir planche ci-
contre).
CONCLUSIONS GENERALES
Phase d’installation
. Croissance aérienne lente
. Limitation de la surface foliaire
. Mise en place des pivots
. Rusticité
. Exploitation des eaux de surface et des réservoirs intermédiaires ?
. Forte sensibilité stomatique à la sécheresse édaphique
*Probablement phénologie normale, centrée sur la saison humide
*Stratégie d’évitement de la sécheresse édaphique
-Facteur limitant principal = ressource en eau
Phase adulte
. Phénologie inversée
. Autonomie pour l’eau
. Forte productivité
. Multiplication végétative (drageonnement sur racines latérales)
*Stratégie de contournement de la sécheresse édaphique
*Facteur limitant principal = nutrition ?
*Pourquoi feuillaison aussi tardive ?
-non tolérance à l’engorgement des sols en saison humide ?
-faible compétitivité par rapport aux annuelles pour la nutrition
minérale ?
Phase de transition
. Très peu d’informations disponibles
-Acquisition de la phénologie inversée ?
-Bouleversement physiologique ?
6. PERSPECTIVES ET APPLICATIONS
6.1 En écophysiologie
Les caractèresdu fonctionnement hydrique de Faidherbia albida que nous avons décrits dans une zone
relativement humide de son aire de répartition mériteraient d’être déclinés dans d’autres environnements,pour en
estimer la variabilité géographique.On pourrait mettre à profit des gradients pluviométriques, nutritionnels, des
différences génétiques entre peuplements, ou d’intervention humaine (densité des peuplements d’arbres,
exploitation).
Nous avons très peu d’information sur le fonctionnement des juvéniles en milieu naturel. L’étape de
l’installation serait la plus délicate, et soumiseà une forte pressionde sélection. II est vraisemblable que les
juvéniles adoptent une phénologie normale, utilisant les eaux de pluies tant qu’ils n’ont pas atteint un réservoir
profond. Ainsi, ces réservoirs hydriques que nous avons observé, intermédiaires entre la surfaceet la nappe,
pourraient favoriser leur survie pendant les quelquesannéesnécessairesà leur installation. Le fonctionnement
hydrique au cours de l’installation mériterait d’être étudié dans le cadre des questions de régénération.Il faudrait
inclure des suivis phénologiquesà pas de temps court, estimer les variations de surface foliaire, mesurer les
consommations d’eau (par exemple par des capteurs adaptés à des tiges de faible diamètre, connaître les
profondeurs de prélèvement (méthodes isotopiques). Il serait particulièrement bienvenu de monter si le
renversementde phénologie correspondeffectivement à l’accèsà la nappe, et s’accompagnede bouleversements
physiologiques : allocation par compartiments, conductances stomatiques, discrimination du carbone,
phénologie de l’assimilationminérale, fixation d’azote, etc.
Il serait recommandablede procéder aussi à des mesuresen conditions semi-contrôlées, en simulant une
nappe dans des rhizotrons. La vitesse de croissanceracinaire, et sa variabilité entre provenancespourrait être
étudiée.
De ce point de vue, Faidherbia afbida nous semble être un modèle végétal tout-à-fait prometteur pour
illustrer deux stratégiesphysiologiques contrastéesau sein d’une mêmeespèce,et leur transition.
Faidherbia albida montre une très forte aptitude au drageonnement, le plus souvent favorisée par les
pratiques agricoles. Les drageons ont souvent une productivité annuelle très importante, et sont extrémement
Svnthèse : Persuectives et Apolications 56
envahissants, vraisemblablement parcequ’ils restent connectés à un système racinaire central leur permettant
d’accéder à la nappe. II serait particulièrement intéressant de comparer la physiologie des drageons à celle des
semis d’une part, celle des semis ayant inversé leur phénoiogie, et enfin celle des jeunes arbres. Une des
questions que nous nous posons est de savoir si ces drageons développent un pivot qui leur est propre, et
finissent par s’affranchir. Une telle étude mériterait d’être menée conjointement avec celle de la diversité génétique
associée.
Nous avons suggéré que le fait d’atteindre une nappe était nécessaire à l’adoption de la phénologie inversée, et
confirmé le lien entre l’intensité de la défeuillaison et le régime des pluies. D’autres facteurs semblent influencer la
feuillaison.
Si des feuilles sénescentes ne peuvent se recharger en azote à la saison des pluies suivantes, il semble logique
qu’elles soient éliminées. C’est pourquoi nous suggérons que la baisse de la teneur en azote des feuilles au cours
de la saison sèche soit un facteur prédisposant à leur chute.
Pourquoi les arbres perdent-ils ou remobilisent-ils aussi rapidement leur azote, sachant qu’ils pourraient a
priori continuer leur croissance plus longtemps dans la saison sèche ? Est-ce l’impossibilité d’assimiler en cours
de saison sèche qui explique cette chute de teneur foliaire en azote ? Au contraire, la remobilisation précoce est-
elle responsable ? Il est tippant de constater que cette baisse rapide de la teneur en azote foliaire s’opère
précisément dans un contexte où l’arbre risque d’être émondé par l’homm& Se pourrait-il que les arbres aient
développé une réaction de défense face à l’émondage ?
Le fait le plus surprenant serait que Faidherbia albida refeuille si tardivement, en fm de saison des pluies.
Faidherbia afbida est généralement absent dans les savanes où sévit une forte compétition entre les arbustes et
les herbacées pour l’alimentation hydrique et minérale. A titre d’hypothèse, nous suggérons que Faidherbia
albida est peut-être un piètre compétiteur pour l’assimilation minérale, ce qui pourrait le forcer à débourrer et
assimiler massivement au moment où les cultures déclinent. Cette stratégie ne serait bien sûr permise que grâce à
son alimentation hydrique profonde. Cette hypothèse mériterait d’être testée, par exemple en éliminant tout
compétiteur au voisinage de l’arbre, et en irriguant le sol en surface à la fin de la saison sèche, après la chute des
feuilles.
Depommier (1996) a rapporté que les pratiques d’émondage avaient pour effet remarquable de décaler la
phénologie : les arbres émondés en saison sèche rejettent très rapidement et avec vigueur, puis restent feuillés
généralement en cours de saison humide. On ne sait pas si ces arbres assimilent ou non l’azote pendant la phase
de compétition avec les cultures. Se peut-il que l’émondage, qui doit affecter le pool d’azote total de l’arbre
stimule la reprise de végétation à cause d’une “faim” en azote ? II serait extrêmement bienvenu de suivre les
pourcentages d’azote foliaire avant et après un émondage des arbres, éventuellement en marquant l’azote du sol,
de façon à comprendre la stratégie d’assimilation et de remobilisation de l’azote.
Svnthèse : Permectives et ADDkcations 57
Nous avons discuté plus haut les avantages et les limites de A comme estimateur de W pour Faidherbia
albida. La source de la variabilité affectant leur relation doit être expliquée pour pouvoir généraliser l’utilisation
de A. A ces fins il est nécessaire d’illustrer encore davantage la variabilité de leur relation :
-Pour l’avenir, il reste à explorer l’effet d’autres facteurs de l’environnement sur W, et sur la relation unissant
W à A, nous pensons en particulier à l’effet de la fertilisation.
-Il serait également envisageable de procéder à des échantillonnages (feuilles, rondelles) dans les essais de
comparaison de provenance en champ
Enfin, l’héritabilité de l’efficience de l’eau doit être appréhendée, dans le cadre d’un test de descendance.
Nous proposons un certain nombre de &lexions sur l’intérêt d’inclure la diversité des caractères
écophysiologiques dans les programmes de sélection pour la fixation d’azote.
Nous avons suggéré qu’en raison de sa nodulation superficielle, et de sa phénologie inversée, Faidherbia
albida est limité à quelques semaines favorables de fixation en fin de saison humide, dans le meilleur des cas.
11 nous semble envisageable de tester l’incidence d’un décalage de la phénologie vers la saison humide sur
l’extension de cette fenêtre de nodulation. Ce décalage se produit naturellement lorsque les pluies sont moins
abondantes en saison humide (mini saisons-sèches), et nous avons pu observer une refeuillaison précoce en juin
1996. Mais ce décalage peut aussi être provoqué artificiellement par l’émondage des arbres en cours de saison
sèche (pratique traditionnelle des pasteurs). Depommier (1996) a décrit l’influence de la date et de l’intensité de
l’émondage sur la période et l’intensité de la refeuillaison. II a constaté que les arbres émondés en saison sèche
pouvaient refeuiller abondamment en cours de saison humide.
Il reste au demeurant que décaler le cycle phénologique de Faidherbia albida aurait des conséquences
incertaines sur l’agriculture, et n’aurait d’intérêt que si les nodules fixaient réellement. Néanmoins, cela
présenterait un intérêt fondamental réel, et pourrait s’accompagner de mesures écophysiologiques sur les arbres.
Le cas de Prosopis est extrêmement intéressant en termes de potentialités de fixation par une espèce
phréatophyte. Se pourrait-il que le facteur limitant de la fixation profonde soit la nature des souches ? Dans ce
cas, pourrait-on tester I’effectivité des souches nodulant naturellement en profondeur avec Prosopis sur une espéce
comme Faidherbia albida, ou les souches sont-elles trop spécifiques ? Dans ce cas, quels sont les facteurs qui
limitent la nodulation profonde chez Faidherbia afbida ?
L’existence d’une assez large variabilité inter-provenance de la fixation rendrait possible la sélection de
génotypes de Faidherbia albida. Les valeurs les plus élevées de pourcentage d’azote fixé par Faidherbia albida
Svnthèse : Persoectives et Amlications 58
(Gueye et al, 1997) apportent un éclairage nouveau sur ce que seraient les potentialités de l’espèce, après
sélection. II nous semble essentiel de prendre en compte la variabilité génétique de Fuidherbiu albida à l’échelle
panalîicaine.
6.2.1.2 Risques liés h une tentative de sélection directe sur la quantité d’azote fixé
Nous avons rencontré une relation positive entre la quantité totale d’azote fixé, la quantité d’azote totale, et le
pourcentage d’azote fixé. Mais ce résultat n’est pas général (Sanginga et a1 ; 1990b). Sélectionner les génotypes ;
sur le pourcentage d’azote fixé nous paraît louable en toutes situations. En revanche la tentation est grande de
sélectionner aussi sur la quantité totale d’azote assimilé, pour augmenter in fine la quantité totale d’azote fixé.
Cette dernière démarche présente de notre point de vue certains risques, compte-tenu de ce que nous percevons du
fonctionnement de Faidherbia albida.
Il existe très vraisemblablement des liens fonctionnels entre la vitesse de croissance initiale des plantes
tïxatrices, et leur pouvoir d’assimilation. Les provenances à haut rendement investissent préférentiellement dans
l’appareil aérien, avec un développement foliaire supérieur, une quantité d’azote totale plus élevée. Nous avons
rappelé les moindres survies de ces provenances quand elles sont implantées dans les zones les plus sèches, en
raison pensons-nous de leur consommation en eau plus importante, et de leur croissance racinaire plus faible. Il
nous paraît donc risqué de sélectionner directement des provenances de Faidherbiu albida sur le critère de
quantité d’azote assimilé pour les zones sèches. Pour les zones humides, nous ne voyons pas d’inconvénient.
En outre, sélectionner des provenances à forte croissance foliaire dans les jeunes stades ne présente un
avantage en termes de quantité totale fixation d’azote fixé qu’au début de l’implantation. Nous pensons que les
génotypes à croissance aérienne initiale plus lente sont potentiellement. de bons producteurs de fourrage dès lors
qu’ils ont atteint une nappe. Il se pourrait que dans leur phase adulte, ils rattrapent le développement foliaire des
génotypes à stratégie opposée, et présentent des quantités d’azote fixé semblables.
En définitive, nous proposons de centrer la sélection sur le pourcentage d’azote fixé dans tous les cas, et de
réserver le critère de la quantité d’azote fixé aux génotypes destinés aux secteurs les plus humides.
Les isotopes, stables notamment sont des outils puissant pour comprendrede fonctionnement hydrique et
photosynthétique des plantes, soit par desmesuresen abondancenaturelle, soit après marquage.Il est clair que
s’offrent desperspectivesnouvelles sur l’analysedu fonctionnement desplantes dans leur environnement naturel,
en particulier dansles parcsagroforestiers.Les informations peuvent porter sur :
-l’assimilation carbonée, minérale, hydrique,
-la fixation symbiotique de l’azote,
4efficience d’utilisation de l’eau, ses relations avec le climat actuel ou passé(composition isotopique des
cernes),avec la structure descouverts, avec l’écologie, avec la nutrition,
-l’allocation du carbone et de l’azote par compartiments,
-les productions secondaires,fructification, gommes,mucilages,
Svnthèse : Persoectives et ADDlications 59
Il nous paraît clair tout d’abord que le choix de Faidherbia albida ne peut être recommandé que dans des
sites où une nappe est effectivement présente, et que le temps mis pour obtenir des croissances aériennes
importantes va dépendre de la profondeur de celle-ci.
En outre, il existe un réel besoin de connaissances sur la participation des arbres et des autres composantes
des agrosystèmes, biologiques, humaines, climatiques à des phénomènes tels que la baisse du niveau des
nappes, ou la réduction de la fertilité. Estimer la consommation d’eau des arbres des parcelles, en intégrant la
variabilité liée à la dimension ou à l’âge des arbres, les interventions humaines, fournirait une donnée d’entrée
pour les bilans hydriques des parcelles, incluant arbres et cultures. Ceci permettrait éventuellement de proposer
des solutions d’Aménagement (densité à l’hectare, sylviculture, etc.) pour la gestion durable des eaux de
profondeur. Cette remarque est également valable pour les aspects fertilité des sols.
Les modèles de compétition pour l’eau entre arbres et herbes supposent généralement qu’il existe une
homogénéité spatiale des propriétés hydrodynamiques du sol, ce qui n’est pas nécessairement vérifié dans les
écosystèmes agroforestiers, la présence des arbres pouvant augmenter la réserve du sol par modification de la
structure (par exemple parcs à chêne-pâturage ou dehesas ibériques : Jofh-e et Rambal, 1988 ; Jofhe, 1993). Les
interactions arbres-cultures pour la consommation d’eau et la nutrition, notamment aux périodes ou les deux
couverts se chevauchent (fin de saison sèche, et fin de saison des pluies) est très peu connue. La combinaison de
méthodes de bilan hydrique, de suivi de dynamique des éléments minéraux et d’outils isotopiques permettrait de
décrire par exemple la proportion des racines de la plante CJ et Cd dans un sol, de mettre en évidence des
échanges d’azote fixé entre une légumineuse et une plante non-fïxatrice, d’indiquer les niveaux de prélèvement de
l’eau, d’étudier les phénomènes de remontée d’eau profonde par les racines des arbres, et le relargage dans les
horizons de surface. Au-dessus du couvert, on peut également envisager de mesurer le bilan d’énergie et le flux
de chaleur latente (évapotranspiration des parcelles mesurée par la méthode des fluctuations ou eddy covariance),
d’en retrancher la transpiration de la composante-arbre (mesurée par flux de sève), pour estimer la part de
I’évapotranspiration des cultures.
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Nom : ROUPSARD
Prénom : Olivier
en ECOPHYSIOLOGIE FORESTIERE
3C-F9
MOTS-CLES :
Afkique / Agroforesterie / Faidherbia albida l Sécheresse i Fonctionnement hydrique / Transpiration /
Flux de sève / Profondeur de prélèvement de l’eau par les racines / Efficience d’utilisation de l’eau /
Interactions Génotype x Environnement J Fixation symbiotique de l’azote J Discrimination isotopique du
carbone. A / Abondtince naturelle du 15N. 615N / Composition isotopique en oxygène de l’eau, 6”O.
LES PARCS À FAIDHERBIA
F
aidherbia
à répartition particulièrement vaste, propagée et favorisée princi-
palement par les pratiques humaines, prospère sous des climats,
et notamment sous des régimes pluviométriques assez contrastés. Une
importante variabilité génétique a été révélée grâce aux essais compara-
tifs. Certaines provenances témoignent notamment d’une forte croissan-
ce initiale, ce qui pourrait faire l’objet d’une sélection.
86
ÉCOPHYSIOLOGIE
Faidherbia albida est souvent présenté comme tions particulières, subissent ou non une phase
une espèce résistante à la sécheresse, en raison de de contrainte hydrique au cours de leur cycle
sa phénologie inverse au stade adulte (feuillaison, annuel de croissance et s’il existe des différences
croissance, fructification en saison sèche, chute des d’intensité de cette contrainte selon le type de
feuilles à l’arrivée des pluies pour la majorité des terrain.
individus). Nous avons donc axé nos travaux sur
l’étude du fonctionnement hydrique de Faidherbia Nous cherchons à relier des facteurs environnemen-
albida, afin de préciser ses exigences réelles en taux (disponibilité en eau du sol, ETP) à leurs effets
termes de ressource hydrique, à l’aide de méthodes physiologiques (transpiration, régulation stomatique,
écophysiologiques. croissance).
Idéalement, il faudrait pouvoir à terme décliner les
exigences de Faidherbia albida selon au moins trois fac- l Croissance initiale et consommation en eau de
teurs : semis de diverses provenances, soumis à un stress
hydrique modéré, en conditions semi-contrôlées
l la provenance, (sous serre). L’objectif principal est d’apprécier la
l la « ressource en eau du sol », susceptible de varier variabilité intraspécifique dans la réponse à la
selon les stations, à la fois en termes de ressource totale contrainte hydrique de variables écophysiologiques
annuelle et d’accessibilité dans le profil pédologique, et de rechercher les interactions provenance x conte-
nu en eau du sol. Le second objectif est de tester la
l l’âge, le stade de développement et la phénologie pertinence de variables, comme I’efficience d’utilisa-
associée (phénologie normale caractéristique des juvé- tion de l’eau (W) et la discrimination isotopique du
niles, phénologie inverse caractéristique des adultes). carbone A (variables qui intègrent en particulier le
fonctionnement stomatique dans le temps), pour
Dans un premier temps, nous nous sommes limités à
décrire la tolérance à la sécheresse des diverses pro-
l’étude de deux situations tranchées :
venances.
l Fonctionnement hydrique d’adultes dans un parc
typique à Faidherbia albida. L’objectif est ici d’ap- Nous présentons ici les premiers résultats obtenus
précier si des individus adultes, dans ces condi- dans le cadre de ce programme de recherche.
1. FONCTIONNEMENT HYDRIQUE
DE FAIDHERBIA ALBIDA ADULTES
Les études ont été menées dans le parc agrofores- groupes d’arbres adultes, situés sur des sols de pro-
tier de Dossi (province du Houet, Burkina Faso, en fondeur inégale, en mesurant :
zone soudanienne). II s’agit d’un parc de 350 ha, avec
une large dépression centrale aux sols profonds, bor- l les potentiels hydriques foliaires,
dée de collines sur sols colluvionnaires ou cuirassés
l la transpiration des arbres par la méthode des flux
qui reçoit environ 900 mm de pluies par an. Les sols
de sève (GRANIER, 1985) sur le groupe d’arbres situé
sont dans l’ensemble chimiquement riches, issus de
dans la dépression centrale.
l’altération de roches basiques birimiennes. Le peuple-
ment de Faidherbia albida est assez homogène dans la
dépression centrale, avec une densité pouvant
atteindre localement 30 arbres/ha et une abondance THÉORIE
spécifique relative de 80 % (DEPOMMIER, DETIENNE
1996). n Suivi saisonnier des potentiels hydriques
Une campagne de mesures a été menée au cours Le modèle qui sous-tend l’interprétation des
de la saison sèche 1994-95, durant laquelle nous mesures de potentiel hydrique veut que l’eau circule
avons évalué la contrainte hydrique subie par trois en suivant le continuum sol-plante-atmosphère ; le
87
LES PARCS À FAIDHERBIA
moteur de ce transfert est l’évaporation par les rique (entre 0 et 2 cm sous le cambium) des troncs
feuilles. L’évaporation est conditionnée principale- d’une dizaine d’arbres adultes. Cette méthode qui a été
ment par : calibrée en laboratoire permet de relier une densité de
flux (1 dm-* h-l) à une différence de température entre
l le déficit de pression de vapeur d’eau ou Aw (c’est-à- un capteur chauffé (effet Joule, puissance constante)
dire par une fonction de la température et de I’humidi- et un capteur froid (non chauffé) sur le trajet de la sève.
té relative) ; Lorsque le flux est nul (avant le lever du jour), la diffé-
rence de température entre les deux capteurs est
l le rayonnement au niveau du couvert ; maximale (10 à 12 “C) ; le capteur chaud dissipe uni-
quement par diffusion dans l’aubier. Plus le flux est
C le degré d’ouverture des stomates.
important, plus la température du capteur chaud tend
vers celle du capteur froid ; le capteur chaud dissipe
L’eau circule sous tension selon un gradient de
alors à la fois par diffusion et par convection. On enre-
potentiel décroissant du sol (potentiels peu négatifs)
gistre une mesure toutes les 10 secondes.
vers l’atmosphère (potentiels très négatifs). On utilise
un modèle inspiré de la loi d’ohm (U = R.I.) pour relier
le gradient de potentiel hydrique entre deux points de n Sensibilité de semis en pot
l’arbre au flux d’eau (JARVIS, 1975) : à une sécheresse poussée
F = g, (Y,-y;) (éq. 1)
F : flux (1 h-Il) L’objectif de cette expérience, qui complétait l’étude
du fonctionnement hydrique en situation naturelle,
g, : conductance hydraulique (1 h-l MPa-l)
était de définir un seuil de sécheresse déterminant I’ar-
Y, : potentiel hydrique du sol (MPa) rêt de la croissance (arrêt de la photosynthèse, lié à la
Y, : potentiel hydrique foliaire (MPa) fermeture des stomates, mesuré par échanges gazeux)
sur de jeunes plants en conditions contrôlées.
Les potentiels hydriques peuvent être mesurés à
l’aide d’une chambre à pression de Scholander. On
déduit de l’équation (1) que si le flux est nul, alors:
Ys-Yf = 0, c’est-à-dire Y, = Yv II est donc possible d’es-
timer le potentiel du sol à l’aide d’une mesure de MATÉRIELS ET MÉTHODES
potentiel dans la feuille lorsque le flux est nul. Cette
condition se rencontre idéalement le matin avant le
lever du soleil, si la transpiration est nulle (déficit de Trois sites ont été choisis dans le parc, selon un gra-
saturation de l’air très faible, stomates fermés) et que dient de profondeur du sol
la plante s’est équilibrée avec le sol. On estime alors le
potentiel du sol dans l’horizon où la plante puise l’eau l Site 1 (U site des flux»), sur sol profond dans la
préférentiellement (potentiel le plus favorable pour dépression centrale : le sol meuble a une profondeur
elle, c’est-à-dire le moins négatif) par un potentiel de 6 m environ et repose sur une roche mère schisteu-
hydrique de fin de nuit ou potentiel de base (Y,). Le se. Une nappe permanente apparaît à la faveur de
potentiel de feuille varie au cours de la journée avec le puits alentours, entre 6 et 15 m de profondeur selon
flux pour une conductance hydraulique (9,) et un les endroits et les saisons. Les arbres choisis ont des
potentiel de sol donnés. Une différence de potentiel diamètres compris entre 30 et 60cm et une hauteur
entre le sol et la feuille témoigne à elle seule de I’exis- entre 15 et 22 m. Sur ces arbres sont également enre-
tente d’un flux de sève, donc d’une transpiration. gistrés des flux de sève.
n Suivi des densités de flux de sève l Site 2 (« site des drageons ~a) : ce site sur sol moins
dans le tronc profond et faiblement pentu regorge de drageons de
La mesure de la variable F de l’équation (1) peut être Faidherbia albida consécutifs à l’abattage récent d’un
réalisée à l’échelle de l’arbre à l’aide de méthodes ther- gros arbre. On compare ici également l’évolution de la
miques. Différentes méthodes sont utilisées ; elles par- contrainte hydrique entre les drageons (jusqu’à 5 cm
tent toutes du postulat que le flux mesuré à la base du de diamètre et 2 m de haut) et les adultes (diamètre
tronc à l’échelle horaire est le reflet fidèle de la transpi- jusqu’à 30 cm, hauteur jusqu’à 15 m).
ration foliaire totale (aux erreurs minimes près du stoc-
kage et déstockage transitoires et quotidiens de l’eau l Site 3 (CCsite de la cuirasse a)) : le sol meuble y est
dans les tissus). très superficiel (quelques centimètres) et la cuirasse
affleure en tous points. Les arbres sont assez chétifs
Des capteurs radiaux de flux de sève (GRANIER, (houppier peu étalé, diamètre entre 10 et 30 cm, hau-
1985) sont placés dans l’aubier conducteur périphé- teur jusqu’à 10 m).
88
LES PARCS À FAIDHERBIA
FIGURE 1 FIGURE 1 BIS
Evolution saisonnière du potentiel hydrique Comparaison d’adultes et de drageons sur un même site
de base, du potentiel minimal et des densités pour les potentiels hydriques de base. Mise en évidence
de flux intégrées sur une journée, d’une remontée des potentiels avant les pluies.
en trois sites, dans un parc agroforestier
à Dossi, Burkina Faso.
w
Dates
2 -0,5
Ey: -1,o
21/11/94 2811195 913195 261419.5 6/6/95
s
0 -1,5
‘CI
1 -2,0
Figure Ibis
g -2,5 Effet site : w
Effet date : ***
Figure la -3,0 Effet site x date : *
Effet site : :iip+ 21/11/94 913195 2614195
Effet date : ee:li 28l1195 22M65 6/6/95
- O’Ol E&t site x date : :I;**
90
ÉCOPHYSIOLOG IE
FIGURE 2
Faidherbia albida : suivi au cours de la phase feuillée des densités de flux de sève
sur 3 arbres adultes en site de fond de vallon.
Un pic = une journée
premières
pluies
k I
t Arbre4
+Arbre5
-A-Arbre7
-ETPx5
Heure T.U.
Les différences d’évolution saisonnière de albida en parc. Les arbres du lsite « flux )) n’ont
potentiel hydrique de base (Y,) entre sites illus- sans doute pas subi de contrainte hydrique signi-
trent bien plusieurs caractéristiques de Faidherbia ficative au cours de la saison sèche. Cette absen-
91
LES PARCS À FAIDHERBIA
ce de contrainte est confirmée par le fait que les geons avoisinants, confirmant ainsi la validité de
densités de flux de sève n’ont diminué que très nos mesures.
légèrement au cours de la saison. La ressource en
eau était vraisemblablement suffisante pendant Une légère remontée de potentiel de base a été
toute la saison sèche. Cette ressource est essen- observée avant l’arrivée des premières pluies,
tiellement localisée dans la nappe (horizons confirmée par une mesure supplémentaire fin
superficiels très secs). De plus, ces observations mars. Pour expliquer ce phénomène, on peut invo-
démontrent clairement que la défoliation interve- quer des remontées d’eaux capillaires d’un réser-
nant en fin de saison sèche est totalement indé- voir profond ou une reprise de croissance racinai-
pendante d’un effet de sécheresse et contrôlée re, avec colonisation de couches plus profondes ;
par des facteurs indépendants de la disponibilité ces hypothèses paraissent malheureusement déli-
en eau. cates à vérifier. Signalons ici une observation faite
lors des mesures de fin mars : un certain nombre
d’autres espèces très fortement décidues (Lannea
l Sur sol superficiel, le stress hydrique s’atténue
aux premières pluies microcarpa, Ceiba pentandra), qui étaient jus-
qu’alors défeuillées, ont débourré et étalé leurs
Sur le site (( cuirasse )), la baisse plus accusée de Yr, feuilles. Quelques mesures de Y, ont révélé des
indique une baisse significative de la disponibilité en valeurs très voisines de ceux des drageons de
eau. De plus, la baisse importante de la différence Y,- Faidherbia albida, ce qui signifierait que ces arbres
Yy,i, implique vraisemblablement une réduction n’ont pas défeuillé précédemment pour des rai-
importante de la transpiration par fermeture des sto- sons de sécheresse ou ont bénéficié avant les
mates. On remarque aussi des inégalités plus pronon- pluies d’un apport d’eau souterrain.
cées entre arbres que dans le site «flux ». Ces der-
nières pourraient s’expliquer :
n Densités de flux de sève brute
l par des différences de surface foliaire entre arbres, dans les troncs
conduisant à un épuisement plus rapide de la réserve
localement chez certains d’entre eux, l Le retard de transpiration relativement à I’ETP,
visible le matin et le soir, est un phénomène classique
l ou, plus probablement, par des différences de pro- qui s’interprète généralement comme la conséquence
fondeur d’enracinement et de réserve en eau dispo- d’un déstockage de l’eau, venant des tissus et partant
nible. dans le flux transpiratoire sans être enregistré (le
matin, l’arbre se (( dessèche ))), et de stockage le soir
Par contre une rapide réponse aux pluies a été (l’arbre (( regonfle ))). Un tel décalage a été observé
constatée, suggérant le maintien d’une capacité maintes fois dans le cas des arbres tempérés (LU et a/.,
d’absorption d’eau importante par des racines pré- 1995).
sentes en surface.
l La variabilité dans le profil des courbes de densité de
l Le site « drageons » est plus difficile à interpréter flux de sève pourrait s’expliquer en partie par I’hétéro-
généité du fonctionnement stomatique, limitant la
Le sol est plus profond que sur le site cuirassé ; transpiration à certaines heures et provoquant un
cependant, la décroissance de potentiel est plus découplage relativement à I’ETP Une forte dispersion
accusée et les différences interarbres plus mar- des résultats entre arbres a souvent été mise en rap-
quées mais, en l’absence d’une analyse de la natu- port avec l’augmentation de la contrainte hydrique
re des sols réservoirs et de la relation entre la caractérisée par le potentiel de base, mais cet argu-
teneur en eau des sols et leur potentiel (courbes ment ne semble pas concorder avec nos résultats. La
pF/humidité) pour les différents sites, il paraît mal- plupart des arbres ferment ici leurs stomates I’après-
aisé de conclure. La mesure de Y,, peut être affec- midi et sont suffisamment éloignés pour ne pas se
tée par, l’existence d’une transpiration nocturne faire d’ombre mutuellement. Ces différences de profil
due aux faibles humidités de l’air, tendant à faire au cours de la journée peuvent aussi s’expliquer par
baisser les valeurs mesurées et les éloignant de la les différentes formes du houppier qui, selon les
situation d’équilibre avec le sol recherchée. heures du jour, interceptent plus ou moins de lumière,
Cependant, un tel effet aurait dû être détecté sur donc transpirent en conséquence. Pourtant, force est
tous les sites, ce qui n’était pas le cas. Nous avons, de constater que le même arbre ne montre pas le
de plus, couvert la partie aérienne des drageons même profil à différentes dates bien que la trajectoire
entiers, pendant la nuit, avec un sac plastique du soleil sous ces latitudes varie assez peu. Reste la
pour réduire leur évaporation : au matin, les possibilité d’un biais introduit par la position des cap-
valeurs de Y,, étaient identiques à celles des dra- teurs, qui a été décalée d’une mesure à l’autre.
92
S’agissant d’une méthode par mesures ponctuelles, supérieures à - 1 MPa, arrêt de croissance, chute des
elle est assez sensible à des hétérogénéités dans le feuilles).
bois (cicatrices fréquentes dans l’aubier des faidherbia
albida), ainsi qu’à des hétérogénéités azimutales de la II apparaît assez probable que Faidherbia albida soit
conduction des flux ; s‘agissant en outre d’une métho- une espèce sensible à la sécheresse, même sous
de thermique, elle est assez sensible à des gradients contrainte assez modérée.
thermiques dans le bois et à leurs variations journa-
lières.
93
LES PARCS À FAIDHERBIA
94
LES PARCS À FAIDHERBIA
H Corrélations entre variables et validation efficience de l’eau. La sécheresse a réduit la crois-
du modèle sance et la consommation en eau de chacune des
provenances, comme l’indiquent les flèches, mais
Nous présentons une ACP pour 17 variables de les provenances à faible croissance initiale semblent
croissance et de consommation en eau (fig. 4 et 4 bis) : les plus sensibles.
l La variabilité est expliquée par le plan principal pour 0 L’axe 2 est représenté principalement par le rapport
77 %. de la biomasse racinaire à la surface foliaire. La séche-
resse a induit globalement une augmentation de ce
l L’axe 1 a pu être assimilé à un axe de «vigueur )),
rapport, et ceci de manière assez spectaculaire pour la
étant fortement corrélé avec la biomasse totale, la
provenance du Niger.
consommation en eau totale, la biomasse de chaque
compartiment. Ces variables sont fortement intercor-
rélées (0,75 < r < 0,961. W est corrélé positivement avec
cet axe de vigueur et A négativement. Quatre groupes H Corrélations entre W et A
homogènes (définis en accord avec les résultats de
I’ANOVA) se reconnaissent le long de l’axe 1, ce qui Conformément au modèle décrit par l’équation 3,
donne dans l’ordre de vigueur décroissant : Burundi, nous avons trouvé une corrélation négative signifi-
Zimbabwe > Niger, Sénégal > Cameroun > Burkina 1, cative entre W et A (fig. 5), les régressions passant
Burkina 2 (fig. 4 bis). entre les moyennes des sept provenances pour les
deux traitements hydriques. Les corrélations sont
Les provenances ouest-africaines montrent donc également significatives à l’intérieur de chaque pro-
une croissance initiale plus lente et une plus faible venance.
FIGURE 4
Cercle des corrélations de 17 variables mesurées sur des olantules (essai comoaratif de orovenances).
Les deux axes principaux expliquent 77 % de ia variabilik. .
VARIABLES :
bfe : biomasse foliaire rmr q
96
FIGURE 4 bis
Semis de provenance : répartition des moyennes des 14 traitements. La flèche montre l’effet de la sécheresse :
réduction de la croissance et augmentation du rapport racinekurface foliaire.
-/ ;.-‘..,,
3+ ;Bur.s.‘,
PROVENANCES :
Bur. : Burundi (Gihanga)
Zim. : Zimbabwe (Mana-Pools)
Nig. : Niger (Matameye)
Seri. : Sénégal (Kagnabon)
Cam. : Cameroun (Mora)
BF1 : Burkina Faso 1 (Dossi) Axe 1 : Vigueur,
BF2. : Burkina Faso 2 (Kongoussi) consommation,
2 surface foliaire, W
- secs
1 témoins
FIGURE 5
Corrélations entre I’efficience d’utilisation de l’eau (W) et la composition isotopique en carbone (A)
de semis soumis à deux traitements hydriques.
97
TABLEAU II
ANOVA + test de Bonferroni sur les variables de croissance et de consommation d’eau de semis de 7 provenances de Faidherbia albida à 6 mois
Contenus en eau du sol (s : sécheresse, t : témoin)
Nombred'observations 11 8 9 9 10 10 8 10 9 10 10 10 10 10
Consommation totale d'eau (1) 12,2 16,18 13,74 15,96 10,51 13,58 10,62 10,96 9,96 10,Sl 6,16 9,82 6,54 8,08 *** XX n.s. 0,43
km) 5,23 6,09 3,87 2,9 1,7 2,s 3,68 4‘49 3,27 2,5 2,16 2,24 2‘38 2,13 b a
ab a abc bcd cde de e
4
Biomassetotale (g) 60,23 76,2 66,5 75,98 46,27 58,05 46,15 49,7 3861 43,9 22,91 34,55 24,31 31 *** XX n.s. 0,5
Mo) 24,5 29,32 19,21 21‘71 9,59 Il,92 13,33 2328 1467 126'6 9,18 8,78 12,08 9,19 b a
ab a bc C cd d d
Efficience d'utilisation de l'eau 5,ll 4,56 4,82 4,69 4,39 4,28 4,43 4,41 3,86 4,02 3,68 3,51 3,6 3,82 *** ns. ns. 0,43
(mg de mat. sèchelg d'eau) 0,74 0,66 0,42 0,54 0,42 0,35 0,42 0,64 0,66 0,39 0,56 0,49 0,57 0,32 I I
w a ab bc abc cd d d
Discrimination isotopique 20,68 21,17 20,5 20,67 20,75 21.35 20,73 21,46 21,12 21,52 20.98 21,85 21,ll 21,46 XX *** n.s. 0,23
ducarbone(p.1000) 0,61 0,5 &63 6,55 666 0,81 0,62 467 0,51 0‘58 1,36 0,76 65 0,56 b a
(A) ab b ab ab ab a a
Longueurdetigefcm) 94,14 103,94 110,56 119,22 86.7 100,5 82,25 90,6 35,56 86,4 63,l 70 66,l 74,8 xxx ** ns. 0,53
(Ion) 23,72 18‘49 18‘27 13,99 13,7 13,43 14,06 23‘7 19,04 10,5 9,57 13,41 15,46 12,13 b a
b a b b bc d cd
39 Il,29 9,47 Il,8 8.33 10,46 10,36 9,61 7,76 9.55 66 8,76 6,46 7,66 *** *** n.s. 0,32
2,74 2,78 1,74 1,52 1,32 1,41 2,04 2‘71 7,94 2,02 1,19 1,55 1,74 1,72 b a
a a ab a abc bc C
xx*
Biomasse foliaire/biomasse 02 0,22 0,25 0,22 0,26 0,26 0,25 0,27 0.29 0,27 0,33 0,32 0,31 0,32 ns. n.s. 0,4
totale (Imr) 0,04 0,05 0,04 0,03 0‘03 0,03 0,04 0,06 0,08 0,07 0,OS 0,03 0,05 0,05 I I
C bc b b ab a a
Sutfacefoliaire (m2) 0,18 0,29 0,27 0,27 0,17 0,22 0,16 0,2 0,15 0,16 0,ll 0,16 0,ll 0,16 *** ** n.s. 0,36
(sfc) 0,08 0,12 O,l 0,07 0,04 605 0,04 0,os 0,08 0,05 0,04 0,06 0,06 606 b a
ab a bc bc C C C
xx*
Effrciencedecroissance 149,65 109,3E 104,58 120,lE 117,28 113,77 122,74 100,9 120,06 120,Oï 89,02 92,93 99,29 88,63 n.s. * 02
(g de carbone/m2feuilles) 39,44 22,19 14,6 19,71 17,94 21,09 26,81 22,9 33‘25 37,17 23,02 23 25,32 16,43 l l
(efc) a ab b ab ab C b
Biomasse racinairel 0,43 0,49 0,39 0,38 0,42 0,33 0,37 0,35 0,42 0,4 0,42 0,38 0,46 0,4 ** * n.s. 0,27
biomassetotale 0,07 0,05 0,03 0,05 0,05 607 0,07 a,07 0,14 0,l 81 0,07 61 0,ll a b
(rmr) a ab ab b ab ab ab
Biomasse racinaire/ 150,51 126,97 97,7 109,9E 116,12 90,14 110,83 82,05 123,99 120,4t 88,86 84,94 112,51 86,Ol ** * n.s. 0,18
sutfacefoliaire (g/m? 40,51 30,04 16,77 22,8 31,58 32,51 37‘27 24,73 6332 62,42 34,88 36,81 46,89 38,49 a b
(rsf) a ab ab b ab b b
ns.: différence non significative;* :Significative (p < 0.05) ; ** : hautement significative (p < 0.01) ; ***:très hautement significative (p < 0,001).
LES PARCS À FAIDHERBIA
de la consommation en eau, ou plus exactement celle l en recherchant des corrélations entre A et les poten-
de la limitation de cette consommation par la disponi- tiels (sur les feuilles) ou entre A et la pluviométrie
bilité en eau, est cruciale et doit s’envisager au cas par annuelle (sur les cernes).
cas selon la nature du réservoir :
l Si l’on dispose d’un site d’implantation dont on sait
que la ressource est illimitée et rapidement accessible n Autres perspectives
(présence d’une nappe à une profondeur modérée),
par exemple le site des ((flux )) à Dossi, il semble Pour Faidherbia albida, la discrimination isotopique
logique de choisir les génotypes à forte croissance du carbone est un estimateur indirect, mais intégré dans
et, de préférence, ceux qui consomment peu (afin de le temps, de I’efficience d’utilisation de l’eau. Elle consti-
ne pas assécher le site). Un moyen simple et rapide de tue un outil puissant d’estimation de W à moindre frais.
découvrir la bonne provenance serait de semer en pot Cette technique peut maintenant être employée à une
un vaste éventail de provenances, de mesurer leur plus grande échelle pour la comparaison de nom-
croissance et de choisir, parmi les plus vigoureuses, breuses provenances et être étendue à l’analyse des
celles dont le A est le plus faible ou encore le meilleur situations de terrains, avec deux applications poten-
compromis des deux caractères. On fera alors I’hypo- tielles : l’analyse de la variabilité interannuelle d’efficien-
thèse que la croissance initiale est un bon indicateur ce, à partir des variations de composition de cernes, et
de la productivité des adultes, de même pour A. On celle de la variabilité stationnelle. Les travaux à venir
supposera aussi (ou mieux on établira) qu’il n’existe porteront sur l’application de cette technique à des
pas d’interaction entre provenance et disponibilité en arbres en parcs. Par ailleurs, l’estimation de la consom-
eau pour A, même pour des niveaux de sécheresse mation totale d’eau par les adultes ouvre d’intéres-
plus prononcés que ceux déjà testés ou pour des santes perspectives ; le caractère quasi phréatophyte de
durées de sécheresse plus longues. Faidherbia albida a été confirmé; des analyses plus
poussées des profondeurs de prélèvement de l’eau res-
l Si le réservoir d’eau n’est pas limité, mais difficile- tent à mettre en place. Cependant, nous devons recon-
ment accessible, il faudra privilégier des génotypes à naître que l’épineuse question du déterminisme de I’in-
fort pouvoir d’enracinement. Nous n’avons pour I’ins- version de phénologie des adultes n’est pas résolue.
tant aucune information à ce sujet. Ces génotypes ris- L’hypothèse selon la quelle la défeuillaison en fin de sai-
quent de présenter une faible croissance aérienne ini- son sèche serait reliée à une contrainte hydrique impor-
tiale, ce qui contribuera à une économie d’eau. II est tante n’a pas été confirmée.
assez probable que les provenances ouest-africaines
remplissent assez bien ces conditions. II serait sans De telles analyses écophysiologiques permettront
doute souhaitable de se pencher sur la variabilité de la d’apporter des informations complémentaires à la fois
croissance racinaire et sa sensibilité à la sécheresse en sur la biologie de cette espèce si particulière et sur la
rhizotrons. Une autre opportunité serait d’ouvrir la variabilité génétique de ces caractères.
voie aux greffages, sur des souches issues de prove-
nances à développement racinaire efficace.
l Si le réservoir d’eau est limité, on choisira plutôt des
Remerciements : Les auteurs remercient tout particulière-
provenances à faible développement foliaire et à faible
ment D. DEPOMMIER pour les avoir aidés à mettre en place
A ou, mieux, on renoncera à implanter une espèce sen-
des dispositifs à Dossi et pour les avoir fait profiter de son
sible à la sécheresse comme Faidherbia albida, au pro-
expérience de terrain, ainsi que J.-M. DESJEUNES,
fit d’espèces résistantes.
J.-M. GIORIA et J. BERTHIER pour leur collaboration durant la
longue expérimentation sur plantes en pots à Nancy.
100
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ABRÉVIATIONS
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4
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the chloroplasts of Oak leaves from different species
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potentiel minimal (MPa)
ymin VON CAEMMERER (S.), FARQUHAR (G.D.), 1981. - Some
1 MPa = 10 bars relationships between the biochemistry of photosynthesis
and the gas exchanges of leaves. Planta., 153 : 376-387.
101
.
RÉSUMÉ
L’étude du comportement de Faidherbia albida face à la sécheres- Notre seconde question est d’un intérêt plus appliqué :
se se justifie d’emblée à l’examen de son aire de répartition et de son
renversement de phénologie entre le stade juvénile et le stade adulte. - pourquoi des provenances panafricaines placées en planta-
tions comparatives de provenances dans des zones soudaniennes ou
Notre première question est d’un intérêt plutôt fondamental et
soudano-sahéliennes montrent-elles selon les sites choisis de fortes
cherche à élucider la stratégie des adultes qui leur permet de franchir
variations de classement pour la croissance et le taux de survie ? La
la saison sèche à l’état feuillé :
sécheresse édaphique est-elle un bon candidat à l’explication de ces
l Les arbres sont-ils soumis, en fin de saison sèche, à une interactions apparentes entre génotype et environnement?
contrainte hydrique édaphique ?
En étudiant la croissance initiale et la consommation d’eau en pot
l Celle-ci se traduit-elle par une réponse physiologique (fermeture d’un lot de provenances panafricaines, nous avons pu montrer que
des stomates, réduction ou arrêt de croissance, chute des feuilles...) ? les provenances à forte vigueur initiale consommaient davantage.
l L’espèce fait-elle preuve d’une certaine plasticité dans son com- Ceci peut s’expliquer en grande partie par une surface foliaire transpi-
portement, lorsque les conditions de disponibilité en eau varient, et rante plus élevée. Une plus forte transpiration, associée à un réservoir
quelles sont ses limites ? limité (cas des juvéniles qui n’auraient pas encore rencontré la
nappe), pourrait être un désavantage puisque la durée de la période
En comparant plusieurs sites d’un même parc, nous avons décou- de sécheresse édaphique s’en trouverait prolongée.
vert que ceux où une nappe est accessible en permanence permettent
aux arbres une transpiration et une croissance quasi optimales pen- Nous montrons aussi que la vigueur initiale est corrélée positive-
dant toute la durée de la saison sèche, avec peu de changement dans ment avec I’efficience d’utilisation de l’eau, tbiomasse/eau consom-
les potentiels de base et dans le flux de sève ; d’autres au contraire, au
mée). Ce critère est potentiellement intéressant pour l’étude de la tolé-
réservoir hydrique probablement plus limité, induisent une régulation
rance à la sécheresse, et pourrait servir de variable complémentaire
stomatique de la transpiration et vraisemblablement une réduction dans le cadre de programmes d’amélioration génétique, d’autant qu’il
associée de la croissance.
peut être estimé par une simple mesure de la discrimination isoto-
La relation entre la contrainte hydrique du sol et la croissance a été pique du carbone, A, ainsi que l’indiquent nos résultats.
décrite en pots sur des juvéniles de 18 mois. Elle a montré que les
plants régulaient leur transpiration et leur croissance pour des En définitive, il apparaît dans cette étude que l’effet de la sécheres-
niveaux de sécheresse très modérés. Carrêt de croissance est décelé se sur la croissance doit se décliner au minimum en fonction de l’âge,
pour un potentiel de base de - 1,0 MPa, ce qui est un comportement de la phénologie, de la réserve hydrique du sol (et de son accessibili-
caractéristique d’espèces dites (( évitantes )> de la sécheresse, et qui té), de la morphologie racinaire, de la surface foliaire et de la prove-
laisse penser que les adultes eux-mêmes en conditions naturelles nance.
n’ont pas développé de stratégies de résistance, et ne poussent cor-
rectement que s’ils sont capables d’accéder à des réserves en eau Mots-clés : Croissance. Sève. Relation plante-eau. Métabolisme
importantes. hydrique. Besoin en eau. Isotope. Carbone.
ABSTRACT
Study of the behaviour of Faidherbia albida in drought conditions Our second question has a more applied aspect :
Wil straight away involve an examination of its climatic zone, and its
phenological reversa1 between the juvenile stage and the adult stage. . Why, depending on the sites chosen, do seeds of pan-African ori-
gin, placed in provenance comparative plantations in Sudanian or
Our first question is a somewhat fundamental one, which attempts
Sudano-Sahelian zones, show marked differences for growth and sur-
to shed light on the strategy adopted by adult specimens, that helps
vival rates. Does soil-related drought represent a valuable factor when
them to withstand the dry season while in leaf :
it cornes to explaining these interactions between genotype and envi-
l At the end of the dry season, are the trees subject to any soil- ronment ?
related water restriction ?
By examining initial growth rates and water consumption in pots
l Is this expressed by a physiological response (stomatal closure,
in a batch of seedlings of pan-African origin, we have managed to
reduction or cessation of growth, leaf-shedding...) ? show that seedlings with high initial vigour consumed more water.
. Does the species show a certain plasticity in its behaviour when This may largely be explained by a greater transpiring leaf surface.
water availability varies, and what are its limits ? Higher transpiration, associated with a limited water reservoir (this
applies to juvenile trees which have not yet found the groundwater)
By comparing several sites in the same parkland, we discovered might well be a disadvantage, because the length of the period of soil-
that those where groundwater is consistently accessible enable the related drought would thus be extended.
trees to display almost optimum transpiration and growth throughout
the dry season, with little change in the predawn water potentials and We also show that initial vigour is positively correlated with water
in the sap flow. Others, on the contrary, with a probably more limited use efficiency (biomass/water consumed). This criterion is potentially
water reservoir, give rise to a stomatal regulation of transpiration, and interesting for the study of drought tolerance, and might serve as a
probably an associated growth reduction. complementary variable in genetic improvement programmes, all the
The connection between groundwater restriction and growth has more SO because it cari be estimated by a simple measurement of car-
been described for potted 18.month-old juvenile specimens. It has bon isotope discrimination, A, as is indicated by our findings.
shown that seedlings regulated their transpiration and their growth
for very moderate levels of drought. Growth cessation is revealed for Finally, it appears in this study that the effect of drought on growth
a predawn water potential of -1.0 MPa, which is a characteristic beha- is a function of age, phenology, groundwater reserves (and ground-
vioural pattern for so-called (( drought-avoiding )) species. This would water accessibility), root morphology, leaf surface, and origins.
suggest that, in natural conditions, adult specimens themselves have
not developed resistance strategies, and only grow properly if they Key words : Growth. Sap. Plant water relations. Water metabolism.
are able to have access to substantial water reserves. Water requirements. Isotopes. Carbon.
102
Orstom-lsra
3-5 décembre 1996 - Dakar (Sénégal) I
Cacacia
au
Sénégal
Éditeurs scientifiques
Claudine Campa, Claude Grignon,
Mamadou Gueye et Serge Hamon
Éditions de I’Orstom
INSTITUT FRANÇAIS DE RECHERCHE SCIENTIFIQUE
POUR LE DÉVELOPPEMENT EN COOPÉRATION
Paris, 1998
A5 mep 16/05/01 17:45 Page 81
Fonctionnement hydrique
et profondeur de prélèvement
de l’eau de Faidherbia albida
dans un parc agroforestier
soudanien
Olivier ROUPSARD, Denis DEPOMMIER,
Ecophysiologiste Géographe et agroforestier
André FERHI, Bernard MALLET,
Géologue Agroforestier
André GRANIER, Hélène Isabelle JOLY,
Ecophysiologiste Généticienne
François PALLO, Erwin DREYER,
Pédologue Ecophysiologiste
Introduction
82 ▼ L’acacia au Sénégal
Matériels et méthodes
Site et climat
84 ▼ L’acacia au Sénégal
Surface projetée de la 310,3 154,5 186,1 100,5 88,0 73,9 77,3 71,9
couronne (m2.arbre -1)
❙ Tableau 1
Caractéristiques principales des faidherbias adultes étudiés :
arbres mesurés pour le flux de sève (n = 2), arbres du site
expérimental (n = 11), arbres de l’unité morphopédologique
correspondante, et arbres de l’ensemble du parc.La surface du
site expérimental a été assimilée à celle d’un disque (centré sur
le centre de gravité des onze arbres) : les valeurs (*) sont donc
indicatives. Parc agroforestier de Dossi, Burkina Faso, Afrique
de l’Ouest sud-soudanienne.
86 ▼ L’acacia au Sénégal
Horizons A-B-BC-CB-C
Classification
– FAO-Unesco, 1982 Chromic Cambisoil
– Française « Brun Eutrophe Tropical Peu Évolué »
Distance puits-troncs 11 m
❙ Tableau 2
Caractéristiques principales du sol et du puits
du site expérimental.
A5 mep 16/05/01 17:45 Page 87
88 ▼ L’acacia au Sénégal
Résultats
* 1995 1996 *
C!/l1 ll/l 12/3 11/5 loi7 819 7/11 fi/1 613 515 4fl WY 1111 31/12
0.0
Ee
FellilkS
Matum
NOUVellCS
Feuilles
Wll 1111 1213’ 1115 1on 819 7111 6/1 6/3 5/5 4/7 UY 1111 31/12
Date
1 Figure 1
Évolution saisonnière des pluies, du potentiel hydrique foliaire (v),
du taux de feuillaison et de l’indice d’accroissement en circonférence
(enregistrements durant deux années sur des FaidheBhia albida
adultes, n = 11 arbres).
a) Évolution saisonnière des pluies décadaires. du potentiel hydrique
foliaire de base (vw,), et minimum (v,) (moyennes f SD).
b) Évolution saisonnière du taux de feuillaison (pourcentage de
branches portant des feuilles nouvelles ou matures), et de l’indice
d’accroissement en circonférence (rapporté à l’accroissement
maximum de la période 1995-96) (moyenne f SE).
A5 mep 16/05/01 17:45 Page 90
90 ▼ L’acacia au Sénégal
Régulation de la transpiration
Exemple
I Figure 2
de cinétique
3,5
r- ,.* /.J 1
’
/“,
.I.1.I.I.
I
038
3,0 i
’ \ 21/10/1995
journalière de densité de ç3 ' \ Arbre1 0,7
' I
flux de sève (dF) p!
et d’évapotranspiration ‘A6 ;
potentielle (ETP Penman)
2 2s I
1 Tableau 3
Évolution saisonnière de la transpiration de Faidherbia albida.
Flux de sève (F: calculée à partir des densités de flux, dF,
dans les deux arbres expérimentaux, et du profil de distribution
des dF dans l’aubier; valeurs moyennes pour 2 arbres,
avec 5 capteurs par arbre); estimation de la transpiration
de la composante F: albida des parcelles (T : on a considéré
que les densités de flux de sève variaient pas avec le diamètre
des arbres, on a utilisé une densité de 8 arbres. ha-‘,
et une surface terrière de 1,7 m2. ha-‘) ; estimation de la
transpiration annuelle de la composante 15 abida des parcelles,
en pourcentage des pluies (considérant une pluviométrie
annuelle de 924 mm).
T 92 v L’acacia au Sénégal
- -
1 Figure 3
Évolution saisonnière de variables climatiques, du Flux de
sève/Evapotranspiration Potentielle Penman (F/ETP), et de la
conductance hydraulique totale sol-feuille rapportée à la surface
d’aubier (gL). Valeurs mesurées durant cinq sessions pendant la
période feuillée des Faidberbia albida adultes (n = 2). a) Déficit de
saturation en vapeur d’eau (VPD : moyenne diurne), et rayonnement
global journalier cumulé. b) Taux de feuillaison, F/ETP, et gL (une
valeur correspond à un arbre).
0 C:NZ8 a 0 5: 8535
0
i Y z
zt” g+ rl 5
0 0 0
-1 -1 -1
:I
-2 3 -2
-3 -3
-4 -4
-5 -5
-6 -6
-6
-7 -7
c
va -8 -8 -8
- -Y
CJ -Y e -Y
Niveau Clasws de Diamètre Racinaire
-Argiles
ii Maximum H>5mm QO.5-zclmm
de la Nappe + Limons H 1 -z < 5 mm CI O,l<d~,Smm
-_ A-- Sables q < 0,l mm RoupsardcroL, 1YY7
1 Figure 4
Caractéristiques du sol de la parcelle expérimentale. Mesures établies dans un puits creusé eriY$ctobre 1995 entre deux adultes
suivis pour les flux de sève (distance aux troncs : 11 m; longueur : 2 m; largeur : 03 m; profor’kkui i 9,5 m). Chaque valeur
correspond à une mesure, et D,, à la moyenne de deux mesures. a) Horizons. b) Texture (argiles, limons et sables cumulés
en pourcentage du sol total). c) Densité racinaire sur les parois latérales. ci) Humidité pondérale~(H.,$au début et à la fin
de la saison sèche. e) Densité apparente sèche. f) Potentiel hydrique du sol (YJ au début et à Ià’frn de la saison sèche.
A5 mep 16/05/01 17:45 Page 95
Isotopes de l’oxygène
Les profils de #*O du sol ont été établis en début et en fin de sai-
son sèche (fig. 5a,b). Les profils étaient sinueux, et probablement
explicables par la variabilité intra et inter-annuelle des pluies.
l Au début de la saison sèche (frg.‘5a), le 6180 moyen était de
-3,91 + 053 %O(n = 6) dans la sève, non significativement diffé-
rent de la moyenne annuelle des nappes. Le 6180 était plus néga-
tif sur tout le profil, excepté vers -6 à -7 m, où les racines étaient
plutôt rares, et l’humidité du sol réduite. Nous en déduisons que
g
2
0
-8 -7 -6 -5 -4 -3
“, .:.
,.,.
2; .”
-2 -1 0
I 1 2
2 -2
B
‘*& -4
El
a
-6
I Figure 5
Composition
isotopique en
oxygène (&lsO),
de la sève, du sol,
et de la nappe à
trois périodes de
la phase feuillée
de Faidherbias
adultes.
-10 Chaque valeur
Fin de la Saison Sèche correspond à
-12 une mesure.
I a) Début de la
t I C
saison sèche.
0 b) Fin de la saison
sèche.
-2
c) Début de
-4 la saison humide.
Parc agroforestier
-6
de Dossi, Burkina
-8 -7 -6 -5 -4 -3 -2 -1 0 1 2 Faso, Afrique
A Sève d80 (%a) de l’Ouest sud-
soudanienne.
t Sol Intervalle de Confiance pour le dl80
1995-l 996.
A5 mep 16/05/01 17:45 Page 97
Discussion
98 ▼ L’acacia au Sénégal
La chute des feuilles a commencé après les premières pluies, alors que
le potentiel hydrique de base commençait à remonter, après avoir
accusé une très légère diminution en cours de saison sèche : ceci sug-
gère que la défoliation n’était pas la conséquence de la sécheresse.
Pour illustrer ce point par une observation isolée, nous avons noté
qu’un F. albida, placé dans un parc urbain sur une pelouse arrosée
quotidiennement, perdait ses feuilles en début de saison pluvieuse, en
même temps que les faidherbias témoins. Considérant la variabilité
interannuelle des pluies et de la feuillaison, nous avons conclu, en
accord avec Depommier (1996a), que la précocité, l’intensité et la
durée des pluies étaient inversement corrélées au taux de feuillaison.
Le rythme phénologique de F. albida apparaît relativement indépen-
dant de la disponibilité en eau du sol, du moins dans une gamme de
sécheresse édaphique modérée. Cependant, le contrôle de cette phé-
nologie inversée reste très mal compris.
Conclusion
Remerciements
Les auteurs remercient vivement A. Dao, les familles Kobié et N’Kambi pour
leur aimable assistance technique, ainsi que tous les habitants du village de
Dossi pour leur accueil. Ils remercient également MmeAgnès Noir qui a réa-
lisé les mesures isotopiques. Ils sont très reconnaissants à l’INERA-
Productions Forestières (ex-IRBET-Ouagadougou, Burkina Faso) d’avoir
accueilli O. Roupsard deux années durant. O. Roupsard était allocataire
de recherches du CIRAD-Forêt.
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Caractérisation et incidence des Variation in 18 O content of waters
facteurs biophysiques from natural sources. Geochim.
et anthropiques sur l’aménagement Cosmochim. Acta, 4:213-224.
et le devenir des parcs de Dossi
et de Watinoma, Burkina Faso. FAGG (C. W.), BARNES (R. D.), 1990 -
Thèse de doctorat.Université African acacias: study and acquisition
Paris VI.2 tomes. of the genetic resources . Final Report
A5 mep 16/05/01 17:45 Page 103
Original article
Abstract - The panafrican provenances of Faidherbia albida display contrasting growth and
survival rates in semi-arid zones of western Africa, when they are compared in multi-local fïeld
mals. In order to identify some potential causes for such differences, we recorded the genetic vari-
ability of ecophysiological traits (including water-use efficiency, W, and carbon isotope dis-
crimination, A) in seven provenances from contrasting habitats of western and south-eastem
Africa. Provenance and drought effects were tested on potted seedlings in a greenhouse. After
6 months, the total dry mass of the well-irrigated seedlings ranged from 3 1 to 86 g, and the total
water-use from 8 to 18 kg. Both initial growth and water consumption were strongly correlated
with leaf area. W displayed a signifïcant inter-provenance variability, and exhibited the highest
values in the south-east African provenances, which were the most vigourous, but also presented
the poorest survival rates in field trials. It was negatively correlated with the leaf-to-total dry
mass ratio, LMR, and to A. The mild drought signiflcantly reduced gas-exchange rates, leaf area,
growth, water-use, specific leaf area, and A, in all provenances. It also increased the intrinsic
water-use efficiency, Alg, and the mot-to-total dry mass ratio, but did not affect W or LMR. No
provenance x drought interaction was found in any variable. The initial rate of leaf area estab-
lishment probably plays a major role in explaining the contrasting water-use strategies of the
provenances. (0 Inra/Elsevier, Paris.)
performance. We tested the potential use were grown for 6 months in a greenhouse at
of carbon isotope discrimination as a tool Inra-Nancy (France), under natural daylight.
for investigating intraspecific variability Each provenance comprised 20 seedlings in
of W in this species. Our objectives were: individual pots which were distributed accord-
ing to a completely randomized design and
to assess tbe variability of growth, water redistributed after every watering.
consumption,and of a large rangeof eco-
physiological variables among F. albidu
provenances,including W,
to check for drought effects, andprove- 2.2. Evapotranspiration
nance x drought interactions;
to derive some interpretations of the Planted pots, and control (plant-free) pots
field trials results, and to propose some were maintained at field capacity (water con-
prospects for future selection. tent = 0.25 gHaOgsoil-‘) by weighing and adjust-
ing every 3rd day. Direct soi1 evaporation was
limited with a waxy cardboard caver. Maxi-
mal soi1 evaporation was estimated from the
2. MATERIALS AND METHODS
water losses of five control pots (during the
same period of the following year, at the same
2.1. Experimental set-up
place, within a similar F. albido trial). The total
6-month evaporation of the control pots was
Seven panafrican Faidherbia albida prove-
nances were selected (table 0. They displayed 860 f 88 g (meanf SD) ascomparedto the
range 6 160-18 100 g recorded with seedlings.
contrasting initial growth and survival rates
during fïeld triais in dry zones in Burkina-Faso Sinceplant-freepotsremainedcloserto field
[ 11. Each provenance was prepared from capacity than the planted ones and were not
bulked seed-lots including a minimum of 20 shaded by canopies, this value certainly over-
progenies, and provided by various institutes. estimated the actual soi1 evaporation from
planted pots. We checked that subtracting this
In April 1994, seeds were soaked in H,S04
maximal evaporation value from the measured
98 % for 20 min, bubbled for 24 h, and then
sown in individual.5 L containers, fïlled with a evapotranspiration values (TWU) did not
1/2 v/v non-sterile peat/sand mixture. Pots were change the ranking and the provenance and
fertilized with oligo-elements (Kenieltra, drought effects for W (water-use effïciency).
France), and Nutricote 100 (slow release gran- We therefore computed W using non-corrected
ules, N/P/K 13/10/10, Fertil, France). Seedlings estimates of transpiration.
Table1.Main characteristics of the seven provenances of Faidherbia albida tested (from Bastide
and Dia110 [ 11).
Provenances were ranked in decreasing order of total dry mass, after 6 months of growth in a greenhouse. a,
CIRAD-Forêt, Montpellier, France: b, INJZRA-Productions Forestières, Ouagadougou, Burkina-Faso: c,
CNSF, Ouagadougou, Burkina-Faso.
Water-use efficiency of Fuidherbin albida seedlings 333
sample of 30 randomly selected leaves per and CO,; 4 is the carbon isotope discrimina-
plant. tion: and a, b: t3C0, discrimination coeffi-
cients for diffusion through stomata (a = 4.4),
Plants were then ground to a fine powder.
Samples of total dry mass were burned in a and fixation (b = 27) in C, plants [9].
pure O2 atmosphere, for the quantitative con- 4 in the accumulated biomass, therefore,
version of C into CO,. The determination of provides a time-integration of Ci/C,, and A/g.
the t3C/t2C isotope ratio (R) was made by mass Alg is also expected to influence W, the time-
334 0. Roupsard et al.
integrated water-use efficiency. A cari thus be formed into logarithm (In) or square-root (root)
correlated with W during short periods of time. to match these conditions. Homogeneous
provided that V, QC, and ow are non-disrup- groups were defined using Bonferroni’s test.
tive elements, according to the general mode1
developed by Farquhar and Richards [SI, and
Farquhar et al. [ 101:
3. RESULTS
6-A (l-4,) 2
(4)
3.1. Height growth
where W, is the transpiration efficiency; v is
the water vapour mole fraction difference
between substomatal evaporation sites and Germination time and growth kinetics
atmosphere; Q>, is the proportion of net assim- were similar among provenances.Plants
ilated carbon lest through respiration, allocation showed typical sigmoid-shaped height
to symbionts or exudation; QW is the proportion
of water lost independently of photosynthesis; growth curves during the 6-month exper-
k is the carbon content relatively to total iment cfigure 1). The differencesin initial
biomass and 2/3 is the molecular mass ratio of growth expected between provenances
C to H,O. were achieved: the most vigorous ones,
Man and Gih (south-eastern Africa)
reached more than 100 cm, i.e. nearly
2.7. Statistical analysis twice the height of the smallest(Dos and
Kon; westernAfrica). The slow-down of
The inter-provenance variability was anal- growth was synchronized in a11prove-
ysed using the following two methods. nances, irrespective of the height and
Al1 measured variables were described glob biomassaccumulated,and was therefore
ally for their structure (correlations, main probably not pot-bound or nutritionally
sources of variation). A principal component induced. Nevertheless, it could not be
analysis (PCA) was performed on 17 time-inte- unequivocally attributed to environmen-
grated growth and six instantaneous gas-
exchange variables, using centred-reduced val- tal (temperature,photoperiod)or genetical
ues, corresponding to the means of the 14 (7 effects. Drought reduced height growth
provenances x 2 watering regimes) treatments. of all provenancesby around6-14 %, with
The reliability of this PCA was assessed as fol- the exception of Mor (only 1 %).
10~s: even distribution of individuals on the
principal component plots; axes characterized
by a homogeneous set of individuals; Zr2 and
Ccos2 larger than 0.5 (for the correlations 3.2. Provenance effects
betweenvariablesand individuals with the
main axes, respectively).
The most relevant variables were analysed A large inter-provenance variability
separately (ANOVA) to test the significance .was found for most variables (table Ila,
of provenance and drought effects. The whole b). Provenanceeffects were a11significant
statistical display was completely randomized
andbivariate(provenancex 7; water-supply (P < 0.05) to highly significant
x 2), with 7-10 replicationsfor the whole (P < O.OOl), with a few exceptions, i.e.
experiment.It wastrivariatefor gas-exchange the carbon fraction in dry matter (k) and
analysis,sincea third factor (irradiantex 2) the. intrinsic water-use efficiency (A/g).
was tested, with 3 to 8 replications. The Intra-provenance variability cumulated
ANOVA wascomputedfor eachvariablewith with error (1-r”) remainedquite high for
the SAS statisticalpackage(SASInstituteInc.,
1988)usingthe GeneralLinearModel. Vari- most variables, e.g. 39 % for TDM, 69 %
ancehomogeneityanddistributionof residues for A, and 50 % for W. Severalrankingsof
werechecked,andvariableseventuallytrans- provenancescould be established.
Water-use efficiency of Fnidherbin ulbida seedlinps 335
7 Provenances
Zh Man Mat Kag Mor Dos Km
SO a a
z.z
Pz 60
5”
5 40
20
1
0
0 50 100 110 200
a
ab
Figure 1. Height growth kinetics of potted
seedlings of Faidherbia albida frorn three
provenances (Man, Zimbabwe: Kag, Senegal:
Dos, Burkina-Faso) during 6 months in a green-
house. Open symbols: well-watered plants;
closed symbols: droughted plants. Drought was
imposed during the last period. Vertical bars
represent SD for each provenance at harvest.
N = 7-10 replicates per treatment.
3
ab
3.2.1. Vigour
a)
Provenance Watering PW cv Magnitude
Variables Abbreviations effect Wet effect Dry interaction % l2 (for Wet)
Total dry mass TDM (8) *** 52.5 1 *** 43.86 ns. 31.07 0.61 2.71
Total leaf area TLA (m ) *** 0.209 *** 0.160 n.s. 33.22 0.48 2.OY
Total water use ‘Twuu~f’ *** 12.19 *** 10.03 ns. 27.35 0.54 2.24
Total water use(cor) *** 11.33 *** 9.17 ns. 29.64 0.54 2.3Y
Water-use efficiency ***
W (gDM kgH,O-‘) 4.18 ns. 4.24 n.s. II.72 0.50 I .36
Water-use e#iciency(cor) Ww,. (gDM W-W’) *** 4.54 ILS. 4.73 I1.S. II.84 0.34, 1.29
Plant carbon isotope discrimination A (W,,) *** 21.34 *** 20.87 ns. 2.90 0.31 1.05
Root mass ratio RMR ** 0.387 * 0.42 I n.s. 20.27 0.22 1.50
Leaf mass ratio(ln*) LMR *** 0.267 n.s. 0.272 n.s. 17.65 0.45 I .67 P
Root dry mass(root*) RDM k) *** 20.45 ** 18.04 n.s. 32.14 0.63 3.6X ?
Leaf dry mass LDM (id *** 13.09 ** II.16 n.s. 30.46 0.40 1.74 a
Shoot dry mass(root*) SDM Cg) *** 18.98 *** 14.66 ns. 43.33 0.56 3.16 E
Height H (cm) *** 92. I 1 ** 84.37 n.s. 17.34 0.56 I.hY 2
Diameter at collar DIA (mm) *** 9.89 *** 8.39 ns. lY.lY 0.49 1.60 2
Specific leaf area SLA (m2 kg-‘) *** 15.78 *** 14.44 I1.S. 13.65 0.29 1.33 E
Plant carbon content k (%) ILS. 42.47 n.s. 42.34 I1.S. 2.56 0.09
b)
Provenance Watering Irradiante cv Magnitude
Variables Abbreviations effect Wet effect Dry High effect Low P*W P*L w”‘L P*D* W % r’ (for Wet,)
Stomatal conductance
to H,O g (mm01 mm2s-‘) ** 530.45 *** 385.49 543.19 *** 388.32 ns. 11,s. 11,s. n.s. 33.1 I 0.49 l .hO
Net CO,
assimilation A (pmol mm2s-‘) *** 15.70 *** 13.56 16.15 +** 13.38 ms. n.s. I1.S. 1l.S. 24.14 0.63 I .hS
Intrinsic water-use
Efficiency A/g @mol mol-‘) n.s. 32.82 ** 37.27 33.06 + 36.65 11.s. I1.S. 11,s. 11.s. 22.7Y 0.21 I.36
Water-use sfficiency of Faidherbin nlbidn seedlings 337
neous gas-exchange variables are shown in bon content), AH (net assimilation in high
the correlation matrix. computed for the light) and AlgL (intrinsic water-use effi-
means of the 14 treatments (7 provenances ciency, in low light), were poorly repre-
x 2 watering regimes, table M). The main sented, and displayed E? values ranging
components of variability were defined from 0.25 to 0.5. Three corresponding
by the variables best correlated with axis groups of intercorrelated variables are
1, 2 and 3 of the PCA (figure 3~). The detailed below: [vigour] and [gas-
reliability of the procedure was attested exchange rates], corresponding to axis 1
as follows: 75.1 % of the total variability and axis 2, respectively, and [root biomass
was accounted for by the first two axes, fraction] (third axis, not illustrated). These
and 8.3 % by axis 3. Al1 variables were three groups of variables were not corre-
well represented (X? > 0.5). RMR, k (car- lated together, by definition.
i
0.5
LN 01 variables and unies Abbmv H DIA KDM LDM SDM TDM RMK LMR SLA TLA RLA LAK k TWU FWU W A cH 41 @II :I AI QI
3.4.1. Vigour group (Axis 1; 52.4 % variables, and A poorly and negatively
qftotal variability explained) (n = 14;0.1 < ; < 0.42; 0.0 12< P < 0.28).
The 14provenancesX wateringregimes
Variables best correlated with axis 1 clearly segregatedalong the vigour axis
(with ? > 0.80) were, in decreasingorder: of the PCA presented in figure 3b, and
TDM, TWU, LMR (negatively corre- most of them were well representedon
lated), RDM, H, SDM, LDM, TLA and the principal component axisl/axis2 plot
DIA (diameter at collar). As a result, this pcos* > 0.5).
axis was consideredto representglobally
the vigour of the seedlings.Al1 thesevari- 3.4.2. Gas-exchange rate group
ables were also strongly correlated (axis 2; 22.7 % of total variability
together (n = 14; 0.64 < r2 < 0.97; explained)
P < 0.001). Figure 4 illustrates this point
with correlationsbetweenTLA, TDM and Gas-exchangevariables,bestcorrelated
TWIJ, andclearly showsthe strongimpact with axis 2 (3 > 0.7) were, in decreasing
of TLA in explaining vigour differences order: A, (net assimilationunder low irra-
betweenprovenances.Fast growing plants diance), gL and gH (stomatalconductance
displayed larger, but also thinner leaves, to water vapour underboth irradiante lev-
sinceSLA was positively correlated with els). They were independentof the vigour
these vigour variables (n = 14; axis. Stomatalconductancewaspositively
0.32 < 13 c 0.70; 0.001 < P < 0.03). kV’ correlated with A, and both were nega-
was positively correlated (n = 14; tively correlated with Alg. A was posi-
0.57 < $ < 0.86; P < 0.002) with vigour tively correlated with g under both irradi-
ances, positively with A, (n = 14; leaf area ratio, which is potentially an esti-
0.18 < 6 < 0.72; P < 0.0 l), and negatively mator of the total soil-to-leaf hydraulic
with Alg, (n = 14; r’ = 0.38; P = 0.02). conductance), and g, Alg or W.
The two watering regimes clearly seg-
regated along the gas-exchange axis of the
4. DISCUSSION
PCA presented infigllre 3b. The drought
effect was indicated by the direction of 4.1. Provenance effects
the arrows, resulting in a reduction of
vigour, of gas-exchange rates and of A, 4.1.1. Variability in vigour
and in an increase of Alg. and allocation patterns
Figure 5. Correlations between mean water-use efficiency (W) and a) leaf-to-total dry mass
ratio LMR, b) plant carbon isotope discrimination (A), as recorded on the seedlings from seven
provenances of Faidherbiu albidu, that were either well-watered (open symbols) or droughted (dark
symbols), after 6 months of growth in a greenhouse. Errer bars indicate a mean value of SD.
For the list of provenances, see table Z.N = 7-10 replicates per treatment.
correlated to k, nor to A. Fast growing TLA was thus the key determinant of
provenances displayed higher LDM and water-useby the different provenances.
SLA (specific leaf area).As a result, 95 %
of the variability of TDM was explained Gas-exchangerates(A and g) were not
correlatedto vigour. Inter-provenancedif-
by TLA. However, higher LDM was not
ferences in the intrinsic water-use effi-
due to a higher biomassallocation to the
ciency Alg, tbat is in Ci/C,, were detected,
leaves, since LDM wasnegatively corre-
but remainedunsignificant, due mainly to
lated to LMR and LAR (leaf-to-total
a high intra-provenance variability
biomassratio, and leaf area-to-total dry
(1-G = 63 %).
massratio, respectively). Therefore, the
differencesin TDM could not be explained
by differences in LMR and A. A negative 4.1.2. Variubility in water-use
correlationbetweenbiomassand LAR was efficiency (W) and carbon
similarly evidencedby Virgona et al. [33], isotope discrimination (A)
with sunflower. Thesefïndings opposeto
thoseobtained for 24 herbaceousspecies Recordedvalues of W were within the
by Poorter and Remkes [28]. A current range of values published for diverse
hypotbesisunder investigation is that they plants grown in pots. Under very similar
fïnd their origin in differences of <P,,and conditions(adjacentgreenhouse),Guehl et
that thesecarbon lossesarelarger in slow- al. [ 121obtained values of W ranging
growing provenances. between4 and 7 g kg-* with seedlingsof
Pinuspinaster and Quercusrobur. Ismail
The magnitude of variation in TWU and Hall [ 191 reported similar levels
(total water-use) was 2.2 among prove- (424.5) for cowpea(Vigna unguiculata).
nances.TWU and FWU (final water-use) A numberof reportspresentedmuchlower
were positively correlated to TDM and values for potted plants in the field (from
TLA, but not to stomatalconductance(g). 1.5 up to 2 with three provenances of
Water-use efficiency of Faidherbin albidu seedlings 343
Figure 6. Relationship
between mean values of
intrinsic water-use efficiency
(Alg measured under high
irradiante, on the well-
watered plants), and carbon
isotope discrimination (A),
recorded on seedlings from . A/s = 4.10 A + 159.69
seven provenances of Faid- n=7: z = 0.35: p = 0.0s
herbin albida in a greenhouse.
Mean SD indicated by bars. 25 ,,,,‘...,‘,,.’
20.5 21 215 22
For the list of provenances,
see table I. N = 7-10 repli- Carbon Isotope Discrimination (A )
cates per treatment. (W
of growth, representative of the whole life- prevalent over that of g, but in F. albida,
span of the seedlings? ii) measurements A was correlated with both A and g. On
during the beginning of the aftemoon may the contrary. many positive correlations
differ from those in the moming, particu- were reported between A and vigour: in
larly under stress conditions; iii) gas Lycopersicon sp. by Martin and Thorsten-
exchange was measured on lateral son [23], in wheatgrass by Johnson et al.
branches, under direct irradiante, whereas [20], and in beans by White et al. [36]. As
the whole leaf area of the largest prove- a matter of fact, the relationship between
nances could have been more shadowed: A and vigour cari be completely reversed
since Alg was larger under low irradiante, by changes in environment, and should
whole-plant Alg could have been under- therefore be used with tare [3,5].
estimated in these vigorous provenances,
with respect to the smaller ones. More- It would be meaningful to look for pos-
over, according to equation (4), W is itive correlations between W, Alg and the
expected to be less closely related to Alg soil-to-leaf hydraulic conductance (gL):
than A: W cari also be influenced by time- we found no positive correlation between
variations of v, or by differences of QC W and RLA (root mass-to-leaf area ratio),
and aw. The lack of correlation between but the latter is not always a good estima-
W and Alg was therefore not a surprise. tor of gL.
Table IV. Main traits opposing Fuidherbin albidu provenances (south-eastern versus western
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*CIRAD-Forêt, Campus Infernntional de Baillarguet, BP 5035, F-34032 Montpellier Cedex OI, France,
tINER.4.Productions Forestières, 03 BP 7047 03, Ouagadougou, Burkina Faso, $Centre de Recherches
Géodynamiques, Université de Paris VI, F-74203 Thonon-les-Bains, France and $lNRA-Nancy, UR
Ecophysiologie Forestière, Equipe Bioclimatologie eiEcophysiologie Forestière, F-54280 Champenoux, FI
Tbe tree layer vas mostly composed of 2500 August 1995 to July 1996. Sap flux density (Fa,
crown-isolated F albida (Table 1). Their mean age kg dm? h-‘) was measured according to Granier
was about 40 yean (Depommier & Détienne 1996). (1987) with 2 cm long radial flowmeters, continu-
They were maintained and favoured by the cultivators ously heated (0.2 W), and connected to a Data Logger
and moderately pruned or debarked by pasmralists (21X, Campbell Scientifïc, Shepshed. UK). The
during the dry season. A 0.46 ha circular experimental gauges were insated in the extemal sapwood. Fm
plot was selected wthin a homogeneous soi1 unit that each series of measurements, the devices were kept m
covered 26% of the total parkland area. This plot place dunng four successive days.
included 11 healtby trees submitted to low pmmng Special tare was provlded to minimize passive ther-
pressure, that were monitored for growth, phenology mal gradients between the reference and the heated
and leaf water potential. Two neighbouring trees dis- gauge. Gages were protected from direct sunlight
playing long and straight tanks were selected for sea- and air movements with a foarwaluminium foil. and
sonal water relation studies. Measurements were the tnmk covered by a woven straw cylinder from the
conducted during the dry seasons of 199411995 and base up to 1.8 m. During the fust day of each session.
1995/1996. Maize was grown by local farmers the time-course of passive thermal gradients was mea-
between the trees sud harvested at the end of sured in the absence of heating. These gradients
September. reached up to 1 “C (occasionally 2 “C) in the sun-
h exposed gauges. A given gauge displayed similar pat-
tans from day to day in similar weather conditions.
GROWT”
We therefore subtracted these passive gradients from
Trees of the plot were kept unpmned during the exper- active gradients before computing Fe Preliminary
iment. Leaf phenology was described vlsually every rueasurerueuts had revealed an impasant inna-trce
10-30 days, by estimatmg the fraction of branches azimuthal vtiability of Fe Five gauges were thus
st1ll leafless, newly leafed or fully leafed. insened into each trunk, at regular intervals around
Circumference under bark was measured manually the circumference. As no species-related difference in
every 1&30 days, on a line drawn at breast height calibration factors of the Granier-sensors bave yet
(three repeated measurements per tree and per date). been reported (Kdstner, Garnier & Cermak 1998) we
In order to compare time-courses of radial growth used the original values of Granier (1987):
among trees with dit%ent yigour, a standardized
radial growth index (GI) w-as computed as:
Fig. 2. Relationships between sapflaw denxty inregrated over tbe whole canducting sapwood (F/SA) and leafwater ptentul
(y1 recorded du& diumal courses on an ad& F: olbida at the begmning (20 October 1995, black) and the end (23 March
1996, white) of the dry season. ywas lower in tix moming than in the aftemwn af a given sapflow densny. Slope? of Imear
sdjustments mtercepted in predawn leatwater potential estimate tbe soil-to-leaf sapwaod-specdïc hydraulic conductance (gL).
were filled with dry Sand, the wall covered with a isotope composition (F1*O) were measured in well 1
plast~ sheet, and the well closed with a cava during the experiments: about 200 ml of soi1 was
Gravimeuic soi1 water content (HC, kg kg-‘) was cored honzontally, 40 cm beyond the wall and every
measured down to the bottom of the well. Values of SO cm down to the bottom. During October 1996, a
HG corresponding to pF 2-5, 3.0 and 4-2 were mea- new well was dug (well 3), at 50 m distance, in an
sured (Bunasols, Ouagadougou), and used to derive open field wthout trees. Water-table samples were
sail water potential ( Ys) from HG. Dry bulk densey collected deeply below the surface in well 2 with a
@Jdb &O,l ml?) was measured using repbcated steel hosepipe. Rain water was sampled on a daily bais
rings with a volume of 100 ml. D,, and pF were net with a raingauge: 62% of rainfall events were sampled
measured below 4.25 m, owing to rock resistance. during 1996, and 86% during 1997. AI1 trees sampled
Volumetric sol1 water content (H,. m3 m?), soi1 for sapwater were located in the 0.46 ha experimental
water storage (R. mm), extractable soi1 water (EW, plot. About 100 ml sapwood were rapidly collected at
mm) and relative extractable roi1 water (REW, %) breast height with a hatchet a 20.00 h.
were derived as follows for each layer and summed Sapwood and soi1 samples were sealed immediately
over the profile: in glass vials and frozen (- 20 “C). The vials were
equipped \rith a tap, directly connectable to the water
K = H, x D,,, eqn 5
extraction line. Sample water was totally extraclcd
R=H,xr. eqn 6 dunng a 24 h cryogenic vacuum distillation, and
shlpped fo the ‘Centre de Recherches
EW = R,, -R,, 1, eqn 7
Géodynamiques’ (Thonon-les-Bans, France) in
senled V~IS. Tlm ‘“0 content of water samples w-as
measured using the equilibration method with CO,
(Epstein & Mayeda 1953). The relative abundances of
where z is the thickness of soi1 layer
‘“0 and 160 were detemlined using a mass spectrom-
Root impacts were counted on each transverse wall
etzr (FINIGAN MAT CH7) and results expressed
by layer and grouped by dmmeter classes. Seasonal
using 6, as pei mil @):
changes in the level of the water-table were monitored
m the expetimental well (neIl 1) and in a deeper one
(well 2. at a dirtance of 200 m) aber the first one had
dtied out during Iatr March.
wher: R, and R, refer to the [LaO]/l’hO] ratio in rhe
sample and the SMOW standard (Standard Man
OXYGEN ISOTOPE COMPOSITLON OF WATER
Ocean Water), respectlvely. The method has a prew
During L995-1996. profiles of sod water oxygen s,on of + O.I%,.
465 Monthly or armual means of min water were appeared inversely related to the distribution of min
Phenology and weighted, that is each individual rain isotopic mea- events.
waw relations surernent was multiplied by the amount of the carre- Radial growth started on 15 October 1996, i-e. after
of Faidherhia sponding rain volume, and tbeir sum divided by the leaf initiation (Fig. 3b). The mean annual radial incre-
albida total min amount. ment was 0.71 f 0.25 cm (n = 11 trees). Aslow-down
of growth occurred during mid-February 1996, which
was about 2 months before the beginning of leaf shed-
RMdtS ding. Radial growth was ni1 during the defoliated
period, as expected, and trunk shrinkage was even
observed.
Annual rainfall in 1995 and 1996 was 919 and’
1065 mm, respectively (Fig. 3a). The maximum levels
of leafiness and defoliation of the F: albida trees
occurred during the middle of the dry and wet season,
respectively. as expected from the the reverse phenol- Predawn leaf water potential (YwJ was hardly
ogy of tbis species (Fig. 3b). The variability between affected during the severe dry pexiod (Fig. 3a). Ywp
trees was larger during the transient periods. was close to optimal on 10 October 1996 (- 0.25 MPa)
Leaf growtb started during the last tains. Leaf shed- and diminished slowly to - 0.5 MPa (3 March 1996).
ding never started during the dry season, but always Thus the trees experienced only moderate water
about 1 month after the first rains. During 1996, rain stress. After the tïrst rains, ylwp rccovered to
events began 1 monrh carlier than during 1995, and - 0.3 MPa (S July). Leaf shedding occurred during
leaf shedding also started earlier. However, first rains this recovery phase and was thus independent of water
of 1996 were scarce and laves were shed far more stress. Accordingly, the midday leaf water potential
gradually than during 1995. On the contrary, the (Y,) remained quite stable over the entire dry season,
unportant tains of September 1996 resulted in a delay witbin the range - 2.0 to - 2.7 MPa. The high value
and a slow-down of leaf initiation. Leafiness therefore recorded during 5 July 1996, was obtained on trees
1995 ,996
1
466 displaying newly formed leaves, which transpired less vapour pressure deficit in the atmosphere. No midday
0. Roupsani than the older ones (based on sapflow data), and there- decrease of F,, occurred.
et al. fore maintained high values of Y. Table 2 presents daily cumulative whole tree
Transpiration was moderately affected by drought, sapflow (Fz4 J values on a daily and ammal basis.
at the daily and seasonal scales. A” example of a daily Maximum levels of sapflow were recorded dming
time-course of sapflow density (Fd, kg dm? h-l) is October 1995. Fz4 h thereafter decreased moderately,
presented in Fig. 4. It was measured during tbe pxiod reaching 75%. 71% and 62% of tbis maximum, during
of high predawn water potential (October 1995). the masurement days of December, Mach and May,
Minimum sapflow was recorded before dawn and respectively. Fz4 h then displayed a drastic reduction
maximum was observed after noon. Fd increased wxy during leaf shedding in July. The annual transpiration
early in the moming, as compared to the course of of the F albida layer of the stand was coarsely com-
Penman Evapouanspiration (PET). This was owing to puted from these dala: it represented only ca. 4% of
the lateral interception of irradiance by the Isolated the annual min input.
tree crown in the moming. Fd was still signifïcant Global radiation, vapour pressure detïcit (VPD) and
after sunset, revealing â very slow interna1 re-equili- Penman evapotmnspiration (PET) increased during
bration behveen crown and soil, and possibly the the dry season and were highest during the hottest
maintenance of some transpiration, owing to a high paiod (21 Mach 1996, Fig. 5a). Meanwhile, the per-
centage branches in leaf was stable, and total leaf area
still increasing as a result of twig growth (Fig. 5b).
However, the ratio F,, h PET’ decreased from 80 to
35 kg “UC’ treeë’ during the dv season. After the
first rams, VPD diminished and Fz4 h PET’ partially
recovered, despite a 50% reduction in leafmess. Leaf
shedding then resulted in a complete cessation of tran-
spiration.
The soil-ta-leaf, sapwood-specific hydraulic con-
ductance (gJ was computed from diumal changes in
Y and m Fd (Fig. 2). The relatmnship between the two
parameters was almost linear, with a hysteresls
between moming and aftemoon Lalues (lower
sapflow at a given leaf water potential in the moming
than in the aftemoon). In addition, gL was lower dur-
ing the late dry season. Thc seasonal changes of g, are
repoaed in Fig. 5b, showing a decrease from 1 to
0.62 mol mm* SC’ MPC’ between October and
December, and a more gradua1 one down to
0.46 mol me2 SC’ MPC’ till the end of May. During
July, therc were not enough leaves left for water
patential measurements.
Fig. 4. Example of d,umd trme-course of saptlow denaity (F*I measured at breast Soi/ moisfure and roofing deprh
heigbr in the supertkial sapwwd of an adult E ~lbi&r tree [d.b.h = 64 cm) and of
Penman Evaptranspmmn (PET) Rve gauges inserted at breast haght in five diï- The soi1 profile was described from the surface down
ferent azimuths (orientation in the insert). to 4.25 m (Fig. 6). The texture was clayey-Sand from
Table 2. Seasond changes of rhe daily u~hale tree sapflaw (Fzi h) of aduh F albida (mea” value for two trces, whh 5 repeti-
tmns per tree); estimated transpiration of the @es from the parkland bottom (T, sec eq” 4); eatimated Iractm” of annual min
input transplred by the trees Agmforesq parlrland of Dossi, Burkina Faso, WCS~Africa. 1995-1996
Fig. 5. Seasonal time-course of chmatc variables and regulation of transpimtmn in F nlbido. (a) Diumal mean vapaurpressure
deficlt WPD, ahite), daily cumulated global radntian (R,. black) and potenhal-evapotranspiratlon (PET, Penman). (b)
Fraction of branches in leaf, sapflaw-ta-potential evapotrmspmation ratio (F,, h PET’), and mil-to-leaf sapwood-specifïc
hydrauhc conductance (go). In Fig. Sb, values from cwo adult F nlbida trees (black and white) measured dunng five sessions.
Fig. 6. SO~I water availability m wcll 1, dug among tbe tracs. (a) Soil layers; (b) tenue (cumulat~re percentage of clay, ~111 and sand m tbe fraction of
mil < 2 mm); (C)~%X density at the beginmng of the dry SC~SOO on thî late& walls: (6, gravimettic soi1 u-ater content (H,) at the begmning (bluck) and
at the end (white) of rhe dry seaso~; (e) dry bulk denaty, D,; (0 soit eatcr potcntial (YJ at the beginmng and tbe end of the dry season.Wcll dug dunng
October 1995 bctween the two adult F albida trees momtored for sapflaw (distance to mmks, 1 I m: length. 2 m; width. 0 8 m; depth. 9.5 m). Exh value
corresponds to one single measurement, mot densities and Dbd CO dx mean afrwo measurcmen~*.
468 zero ta 0.4 m, clayey-silt down to 1.7 m, and silt a,,,ount, duting a period where annual crops were
0. Roupsard below this limit. This indicates a high water storage absent. However, the seasonal variations of soi1
et d. capacity. However, the fraction of coarse elements humidity could net be solely attributed to extraction
(> 2 mm) was large and mcreased downwards. by F albida mots. The superfïcial soi1 layers (0 to
The vertical distribution of mots was described at - 1.5 m) dried severely after October; a11 annual plants
opening of the well during October 1995 (Fig. 6~). dried mt and mots of F: albida degenerated. In these
Roots were recorded down to 7.25 m. Fine roots were layers, water loss during late dry season may be
numerous in the A-layer (0 to - 0.20 m). Only a few attnbuted mainly to direct soi1 evaporation. In the
mots were obsewed in the 0.61-7 m clayeyailt layer. major soi1 water reservoir (1.5-3.5 m), water deple-
They were very numerous again from 2 to 3-75 m, and tien may bave originated from mot extraction.
scarce below, mainly located in cracks of the weath- Nevenheless, occurrence of drainage probably
ered rock. Rooring stopped m the vicinity of the explains the observed water gain in the layers between
water-table, the level of which fluctuated from 7.5 m 3.5 and 5.75 m during April, and depleted the
(November, end of wet season) to ca. 11 m (end of dry 1.5-3.5 m layers concurrently with extraction by F:
SCSO”) albido xms.
The venical distribution of gravimetric soi1 water Throughout the dry season, predawn leaf water
content (Efo) and of dry bulk density (Ddb) is illus- potential ( Ywu,,) of the trees declined from - 0.28 to
trated in Fig. 6d.e Samplmg for D,, was abandoned at - 0.46 MPa, indicating that they equilibrated
a depth of 4.25 m, owing to low accuracy induced by ovemight with soi1 layers ranging from 2 to 4.25 m
the large fractmn of coarse elements below thls limit. (curve of 3 Apnl1996, Fig. 60. Rooting densities and
Protïles of soi1 water potential ( Ys, Fig. 60 were com- soi1 water features suggest that I? albida could bave
puted from soi1 water retention curves. From 1.5 to absorbed water from the reservoirs between 1.5 and
3.5 m, the soi1 layers presented the largesr values of 4.25 m during a large pti of the dry season. However,
HF throughout the dry season and conrrituted a major sol1 water potential was not recorded below 4.25 m,
watcr reservoir. The extractable water computed from and trees were likely to bave equilibrated as weU with
0 ta 4-5 m was close to 780 mm (174 mm mm’ of soil) deeper layers. closer to the water-table.
during October. Roots were very abundant around
3 0 m. The relative extractable water (REW) of the
sol1 loyers between 0 and 4.5 m was estimated to be
93% in Octobrr and 36% m April. Cumulatcd watcr Isotopic composition of oxygen (S”O) of min water
losses were ca 450 mm, Le. about half the annual mm displayed seasonal variations during the 1996 and
1997 wet seasons, with similar pattems during the
2 years (Fig. 7b). SIa0 of rains was high at the begin-
nmg of the rainy season, decreased during the period
of heaviest tains and increased again. In contrat. the
ground-water composition was very steady, averaging
- 4.4 + 0.3%0 (n = 31). Interestingly, the annual
weighted average of tain S”O was - 4.2%0 during
1996 and - 3.4%0 during 1997, that is very similar to
ground-water F”O of xylem sap extracted from the
trunks WBF generally close to-4%, (Fig. 7c), i.e. to the
values recorded in ground-water. Significant devla-
tiens of xylem sap to higher values were recorded
only during the beginning of the rainy season
(June-July 19961, corresponding to a transiently
higher value in min water.
Soi1 wtcr 6l”O profiles measured at the beginning
and the end of the dry season 199Y1996 in a well
close to the trees (well 1: Fig. 8a) andin a second one
(199611997: well3, Fig. 8b) under a tree-free areadis-
played dissimilar profiles, indicating a probably large
lateral and annunl variability of S”O profiles in thz
soils Each profile eshlblted a rather complex pattern.
In the superficx~l soi1 layel-s. 6’“O was generally less
negativc, or even positive. A decrease of 6”O was
measured frnm the surface to - 1 m (well 1) and to
2.25 m (well 3). Suc11 a steep superficial gradient cari
be attributed mamly to direct soil evaporation. The
gradient teversed below and this cari correspond to thr
469 signature of transitions behveen dry and wet season majority of roots between 2 and 4 m depth; (3) an
Phenology and when incoming ran-water displayed lower S’8O val- appreciable number down to the zone of capillary rises
wa*er relations ues. Another peak was recorded in the deeper layers. from the water-table (7-5 m). The soi1 water content
of Faidherbia These vertical fluctuations in soi1 water 6”O values measurements revealed a large water reservoir from 2
albida were probably the signature of seasonal changes in to 4 m, the water potential of which was stilI above
min water composition, the traces of which cari be - 0.5 MPa at the end of the dry season. Consistently,
kept several years back in these deep soils. predawn leaf water potential, which is usually the
During October 1995, values from the whole soi1 equilibrium potential of trees with the deepest and
profile recorded in well 1 were lower than those of the wettest soi1 layers in the profile (Améglio et al. I999),
xylem sap. except in the deepest layers. This evi- decreased ooly very slightly, to a level which could
daces that the trees were extracting water mainly correspond to the soi1 water potential either in the
nearby the water-table. During March, xylem sap was water reservoir located between 2 and 4 m deptb, or in
close to that of SO~Iwater at 3 m and at 7 m depth. and the capillary rises in vicinity of the water-table. It was
the depth of water upwke remains ambiguous. much higher Rohanthe value of - 1.1 MPa repated by
Ward & Breen (1983) along the Kulseb river
(Namibia), where E albida was distributed in its natu-
Discussion
ml npaian habitat. Doring late dry season, soil-to-leaf
sapwood-spxitïc hydraulic conductance nevertheless
decreased by half, revealing probably a slight water
stress. In a temperate sessile oak stand, on a soi1 with
Despite the long-Listing dry season, F: albida tracs
fine texture, Bréda et al. (1993) found a sirmlar reduc-
avoided severe drought stress in these Sudanese condl-
tion which they attributed to changes in the hydraulic
tions. This lack of drought stress was probably related
conductance between soi1 and roots.
to the complex rooting system of the trees. Roors were
Sapflow denslty displayed maximum values of
distributed among three main sol1 cornptimenrs: (1)
ca. 2.5 kg dm-* h-‘, which is similar to values
abundant fine mots in thc superficial layers: (2) the
recorded on the temperate. ring porous, sessile oak for
instance (uéda Or al. 1993) and much more than for
Acacia mtiilis in Sahel (0.7 kg dm? h-’ in March: Do
et a[. 1997). Daily whole-tree sapflow (Fz4 J
decreased by one-third dunng fhe dry season, despite
the increased Penman PotentA Evapotranspiration
(PET). Because Fz4 h PET’ decreased by 50% in the
meantime and before reduction in leaf area index, it is
likely that canopy conductance diminished during the
course of the dry season as a result of stomatal clo-
sure. F olbida seems to display a rather high stomatal
sensitivity to sol1 water depletion. Roupsard, Joly, 8;
Dreyer (1996) showed. for instance, that a complete
stomatal closure was recorded in potted juveniles for a
predawn waterpotential of- 1 MPa. In addition to soi1
water depletion, increased vapour pressure deficit
could bave induced decreases in stomatal conduc-
tance. Owing to low me density, the E albida canopy
is closely coupled to the atmosphcre. Negative effects
of vapour pressure deficit on canopy were observed in
oak stands in the absence of soi1 drought (Bréda et al.
1993). Similarly, a small reduction of the ratio tianspl-
ration/PET wa ohserved in the phreatophytic species
Prompis and Salir growing in the Mojave desert
flcadplain with a water-table at 3 in, when Penmao
evapotranspiration increased (Sala et al. 1996). The
phreatophyte Prosopis glnnd&xa displayed no sensiL
tivity to high vapour pressure deficits as long as the
soi1 remained wet and a severe one during drought
(Dugaz, Heuer & Mayeux 1992). Fmdhherbia nlbida in
the tïeld probably reduced stomatal conductance in
response to a combinatlon of moderate soi1 water
depletmn and of increased vapour pressure deficit
duriq rhe course of the dry season.
470 Altogether, these observations suggest that only a profiles of S”O we measured in the soi1 were proba-
0. Roupsani rather moderate drought stress affected f: nlbida dur- bly induced by the seasonal vanability in 6”O of
et al. ing the dry season, which was unexpected, consider- rains, by evaporation and by water dynamics in soil.
ing the local climate and the reverse phenology of this The deep profile accumulated signatures from several
species, but cari be explained by the rooting pattem (at least two) rainy seasons witb a large seasonal va%
and depth of water uptake. ability visible in successive soi1 layers. The annual
weighted average of rainfall almost corresponded to
the composition of ground-water measured in this
parkland, indicating that a large proportion of rainfall
reached the water-table without significant evapora-
Leaf shedding staried on F albidn trees after the first tion
rains, when predawn leaf water potential had already The composition of the water-table displayed a
recovered from the moderate dv-season decline. It remarkable stabibty, similar to what had been
was therefore net induced by an increased late dry observed by Mathieu & Bariac (1996) and Flanagan
season water stress. Duration and magnitude of leafi- & Ehleringer (1991); its composition was very close
ness were inversely relaled to precocity, amount and to the one reported in Niger during 1993 (Smith er al.
duration of rains, as shown by their interannual vari- 1997). S”O of xylem sap collected from the trees
abllity. This confirms earlier observations by remained very close to this composition dming the
Depommier (1996). The mechanisms of leaf shedding ~whole dry season, except during early rainy events,
induction still remain to be understood in this species. when it increased significantly and revealed absorp-
Our results provide evldence that leaf sbeddmg and tion of water by superfïcial roots.
drought are independent in this parkland. but this con- The complexity of Sr80 profiles in the soil made
clusion should net be extended to more arid zones or any attempt to quantlfy the relative contibution of
to juveniles during establishment growth. The ques- given soi1 layers vs that of the water-table, to transpi-
tion of why leaves are initiated only at the end of the ration flow in tbe tree almost impossible. Absorption
wet season remains open. from the vay superiicial soi1 layers down to 1 m was
Radial growth resumed when two-thirds of the probably almost nil, as attested by the severe water
branches were already fully leafed. It displayed two depletion and the mot decay that was recorded in
phases, one of rapld expansion from October to mid- these layers. An impatarit contribution of the deep
February, and a second one of slow-down. and even water-table is highly probable during a large fraction
stop from February to June. Interestingly. the slow- ol the dry season, but deep soi1 layers between 2 and
down occurred during the cnd of the dry penod. II 4 m may bave also significantly contributed to tran-
could be ptily the result of drought-induced stomatal spiration flux of the trees. The first rains were never-
closure limiting asslmilate supply. The annual dlame- theless readily absorbed by superficial Ioots during
ter incremem was nevertheless within the range of the beginning of the rainy season.
0.4-1.3 cm reported for adult *E nfbidn mes by Faidherbia nlbida thus behaves like a facultative
Gourlay (1995) and Depommier (1996). Such an phrearophyte, likc Tamarti sp. (Busch et al. 1992).
important growth rate confirms that rhe water and Eucnl~ptus camaidulensis, a species grown in the
nutrient availability were favourable durmg a large sermarid tropics, also bave the ability to use deep
fraction of the dry season in these Sudanese condi- water (Thorbum & Walker 1994: Dawson & Pate
tions. These results should be assessed in more arid 1996). Windbreaks of Azadirachta indico used
conditions or during the juvenile stqes. ground-water during the rainy season provided the
water-table was at a moderate depth in the soi1
(6-X m), while the associated trop relied solely on the
superfïcial (2-3 m) soi1 layers (Smith, Jarvis &
The ability of F albidn to wtbdraw water from deep Odongo 1997). In Aarrksin primotes, Dawson & Pate
soi1 layers was frequcntly inferred from indrrect (1996) observed that deep-water uptake by the sinker
observations (Ward Sr Brçen 1983) bu1 net assessed mot was largest when min input was lowest. Dunng
experimentally. OUI measurements in min, sap. the dry penod. shallow roots remained well hydrated
ground-water and sod support the feasibility of thc and plants were able to take profit of the early ramy
Isotopic mcthod in suc11 an environment. and points rvents. similarly to wbat we observed in F nlbidrz.
out some hmitations as well. The superfiaal root.s of F nlbida were probably kept
Rains that occurred duting the middle of the ramy âlive during the dry season. wlth exception to the
season were drplered in heavy isotopes, as compared fmest ones that dccayed. Tbis would bave unportant
to early lains. This searonal pattern was also observed implications m terms of carbon budget. Thougb these
by Mathieu & Bariac (1996) m Barogo. Burkina Faso, roots have a 10%. contribution to annual water uptake.
and by Smith et al. (1997) in Niger, and provides a they could bave a major importance for superficinl
useful signal. In addition. the upper soil laycrs wece mmeral uptake. Minera1 nuuients are generally cow
enriched in ‘“0 during the dry season. The smuons centrated superficially and available when these lay-
471 ers are wet, thar is dwing the wet period. The l&ral scasonal evolution and effects of a severe drought.
Phenoiogy and mots of dimorphic plants aïe commonly dedicated to Conodian Joumnl ojFmsrReseerch 23, 113~1143.
warer relatiorzs nutrient acquisition, notably for several phreatophytic Busch, D.E., Ingraham. N.L. & Smith. S.D. (1992) Water
uptake in woody riparian phreatophytes of the souhvest-
of Faidberbia woody plants in Mediterranean type ecosystems of em Uni& States: a stable isotope study, Ecological
albida south-west Austmlia (Jeschke & Pate 1995). Applicmonsf 450-459.
In conclusion, F: albida displayed efficient growth Commission de Pedologie et de Cato5aphie des Sols
during the dry season. ‘l%e trees were tapping ground- (1967) Classifrcntron J%a@se &s sols. Laboratoire dc
water at large depths in the soil. The root system was géologie-pédologie, RNSA, Grignon.
Dawson, T.E. & Ehkringer, J.R. (1991) Streamside wees
complex, and colonized several soi1 compamnents, that do net use stream-water: evidence fmm hydrogen
with different water dynamics. Trees were likely to isotopes ratios. NO~UE 3X1,33.%337.
exploit ail compartments at different periods of the Dawson. T.E. & Pate, J.S. (1996) Seasonal wateruptake and
year. As a result, drought had only a moderate impact movement in mot systems of Austmlian pbracatophytic
on the transpiration of this drought-avoidiig species. plants of dimorphic mot morphology: a stable isotope
investigation. Occologio lOi,13-20.
Annual transpiration was high, like in many other
Depommier, D. (1996) Strucrure, dymiqrre et foncriow
phreatophytes. However, owing to the low tree den- nement des porcs ir Faidherhia alhida (Del) A. Cheu
sity in the parkland, stand transpiration represented Coracrérrso~ion er incidence des facteurs biophysiques et
only about 5% of the annual rainfall. This confmed nnfhmpiqres SUT I’nménagemenl et le devenir des pans
de Dossi d de Wadnonq Burkina Faso. PhD ihesis,
the suitability of this species for agroforestry pur-
University of Paris, France.
poses, with respect to water use. The lack of water
Depommier, D. & Détienne. R (1996) Croissance de
consumption dwing the cropping season (reverse phe- Faidherbia olbidn dans les Pans du Butina Paso. Etude
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and the use of deep-water reserves make this tree a Parcs ù Fmdherbm (cd. R. Peltier), PP. 23-53. Cahiers
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African parklands. The present results are mamly dans le Nord Ferla. L’Acacia au Sénégal D&z (eds C.
valid for Sudanese conditions, and it would be worth Campa, C. Gngnon, M. Gueyc & S. Hamon), pp. 63-80.
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Acknowledgements Dupuy. N.C. & Dreyfus, B.L. (1992) Bmdyrhizobium popu-
lations ocau in deep soi1 under the leguminous tree
The authors express their deep gratitude to A. Dao, the Acacia olbrdn. Applied nnd Envimnmental Micmbiology
Kobié and N’Kambi families for their technical help, 58,2415-2419.
Ehlennger, J.R. & Dawson. T.E. (1992) Water uptake by
and the cultivators of Dossi for their kind welcome. plants: perspective from stable isotope composition.
We are also thankful to Etienne Dambrine and Jean Plant, Cellond Environment 15,1073-1082.
Marc Guehl for isotopic advice and to Jack Dainty for Ehlennger, J.R., Phillips, S.L., Schuster, W.S.F. &
having reviewed an earlier draft of the manuscript. Sandquist, D.R. (1991) Diffcrential utilization of summer
Patrick Cross was very helpful for electronics, and mins hy desert plants Oecofogia 88,43&434.
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