Thermodynamique Et Cinetique Chimique 2022-23
Thermodynamique Et Cinetique Chimique 2022-23
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Avant-propos
La thermodynamique ne dit rien sur les mécanismes des transformations ni de la durée qui
sera nécessaire à leur réalisation. Mais il est important de pouvoir distinguer ce qui est
possible de ce qui ne l’est pas et c’est là ce que la thermodynamique permet de faire de façon
certaine.
Toute réaction chimique implique une conversion d’énergie ; actuellement près de 90% de
l’énergie utile produite dans notre société provient de réactions chimiques, principalement de
combustion de produits pétroliers et de gaz naturel. Ainsi, la thermodynamique n’est pas
importante pour la seule chimie, elle touche à notre vie quotidienne puisqu’elle intervient
dans des domaines aussi diversifiés que le métabolisme des aliments, les procédés de
fabrication, les transports ou les communications.
Ces notes constituent un outil de travail qui sera localement remanié et/ou complété
lors de l'exposé.
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Partie I : la thermodynamique chimique
1. NOTIONS DE SYSTEME
Un système est l’espace qui fait l’objet de l’étude. Ce qui ne fait pas partie de l’étude est
l’extérieur ou l’environnement.
- système fermé : système qui peut échanger avec l’extérieur de l’énergie mais pas
de la matière.
- Système isolé : système qui ne peut échanger avec l’extérieur ni énergie ni matière
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2. NOTIONS DE VARIABLE D’ETAT ET FONCTION D’ETAT
Un état est défini par l’ensemble des valeurs d’un certain nombre de variables
macroscopiques appelées variables d’état (masse, quantité de matière, T, P, V,….)
Certaines de ces variables peuvent être liées entre elles par une relation appelée équation
d’état.
Une fonction d’état est toute grandeur dont la valeur est fixée par des variables d’état du
système, et dont la variation, due à la transformation de ce dernier, ne dépend que de l’état
initial et de l’état final et non pas de la façon dont a été effectuée cette transformation.
Ex :
A B
Considérons 2 états, A et B, la différence d’énergie interne entre les deux états dépend
uniquement de la nature de ces états et non du chemin suivi pour passer de l’un à l’autre.
U=UB-UA
Un système est à l’état d’équilibre s’il n’est le siège d’aucune modification apparente à
l’échelle macroscopique : P, T, composition fixe.
(variables d’état sont constantes dans le temps).
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conditions, les deux transformations opposées passent par les mêmes états d’équilibre, mais
dans un ordre inversé.
Une transformation inversible est une transformation qui peut se faire dans les deux sens.
Convention :
énergie interne : U d’un système = somme des énergies cinétiques des mouvements
de translation, rotation, vibration des molécules + somme des énergies potentielles
associées aux interactions intra- et intermoléculaires.
Q = n . Cp,m . T
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attention : Cp,m =fct(T) donc si T alors
T2
Q n C p, m (T)dT
T1
1 cal = 4,184 J
Les échanges d’énergie mécanique résultent le plus souvent d’une variation de volume du
système (travail d’expansion ou de compression). Cas d’un gaz contenu dans un réacteur
fermé par un piston mobile.
Le travail mécanique est le produit de la force exercée sur le piston par la distance dz du
déplacement du point d’application :
W= - F . z
F
P
S
W = - P . S . z
W= - P . V
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4.3.1 Détente irréversible
Supposons que le gaz, initialement maintenu à la pression Pi par un piston, soit soumis à une
pression inférieure Pf, égale à la pression extérieure. On enlève subitement le poids :
Le piston est subitement retiré p = pext
W p
ext
.V V
f i
Entre les deux états d’équilibre, i et f, le travail échangé par le gaz doit être calculé en
intégrant l’équation différentielle précédente :
W VVif P .dV
i
dV
W n.R.T VVif.
V
V
W n.R.T.ln f
V
i
Si Vf Vi : expansion, W0
Si Vf Vi : compression, W0
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Rq : W n’est pas une fonction d’état sa valeur dépend du chemin parcouru pour aller de l’état
initial à l’état final.
Le travail récupérable par le milieu extérieur est maximum pour une transformation
réversible.
Un travail électrique est produit par un système si une quantité de charge électrique est
transportée d’un pôle à l’autre. Le travail électrique est le produit de la différence de
potentiel (V) existant entre les 2 pôles et la quantité de courant transportée (q).
Wéléc = - q.V
L’énergie se conserve. Elle ne peut ni être créée, ni détruite, elle s’échange (se
transforme)
La variation d’énergie interne U d’un système passant d’un état 1 à un état 2 est
égale à la somme algébrique de toutes les énergies échangées avec le milieu
extérieur au cours de cette transformation.
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Transformation cyclique :
Bilan :
dU 0
1
Etat 1
1
W Q O
W Q
Etat 3 Etat 2
1°) isochore:
V =cste W = -PV = 0 et U = Qv
2°) isobare:
P = cste U = Qp-PV
Dans ces conditions, la quantité de chaleur échangée est donc égale à la variation d’une
nouvelle fonction d’état, que l’on appelle ENTHALPIE (H)
H = U + PV et H= H2-H1=Qp
Relation entre U et H :
si ng = 0 H = U
Dans la pratique, les réactions chimiques sont souvent réalisées à P cste, de ce fait les H sont
plus souvent utilisées que les U.
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5.2 Chaleurs de réaction
• H°AB = - H°BA
Réaction de combustion :
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Réaction de combustion
Q=Ctot(T2-T1)
L’enthalpie standard d’une réaction globale est la somme des enthalpies standard des
réactions individuelles suivant lesquelles une réaction peut être décomposée
A B
H°AB = H°AC + H°CB
= H°AC - H°BC
C
Soit directement :
11
H0
(kJ)
C + O2
H0=-110,5
C + ½ O2
H0=-283 H0=-393,5
CO2
L’enthalpie de formation d’un corps pur composé est définie comme l’enthalpie de la
réaction de formation d’une mole de ce corps dans l’état standard et à partir des corps simples
à l’état standard.
Rq: On fixe arbitrairement un niveau d’enthalpie standard égal à zéro aux ELEMENTS dans
leur état le plus stable.
H°(H2(q))=O, H°(O2(q))=O, H°(C(s))=O
Les valeurs des fH° de différents corps pur composé sont reprises en annexe 1.
Soit la réaction :
n A n B n P n Q rH0 ?
A B P Q
L’enthalpie de réaction standard, rH0 est la variation d’enthalpie d’une réaction où les
réactifs dans leur état standard se transforment en produit dans leur état standard.
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rH0
Réactifs Produits
fH0(produits)
fH0(réactifs)
Eléments
Donc : Δ H 0 Σ n Δ H 0 Σ n Δ H 0
r produits f réactifs f
Exemples :
1) déterminer rH0 de la réaction de l’hydrogénation de l’éthylène en éthane :
On sait:
Cette équation correspond à une réaction impossible qui intervient dans le bilan
thermochimique.
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5.4.2 Effet de la température
Beaucoup de réactions n’ont pas lieu à la température de référence (298K). Il est donc utile de
pouvoir déterminer les H à d’autres températures.
rH(T) ?
T Réactifs produits
Qp1 Qp2
298K Réactifs produits
rH°
nA mol de A nC mol de C
nB mol de B nD mol de D
par définition
Δ C n C p, m n C p, m
r p, m
produits réactifs
On a
rH(T) = rH° + rCp,m. (T-298)
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5.5 Enthalpie (énergie) de liaison
L’énergie d’une liaison covalente El0 est l’énergie libérée lors de la formation d’une
liaison covalente entre deux atomes pris à l’état gazeux, effectuée dans les conditions
standard
A( g ) B( g ) A B
El0 = HAB est toujours négative (favorable)
(attention tables donnent + voir annexes)
Exemple :
2. E0l
2 H(g) + 2 Cl(g) 2 H – Cl(g)
(1’)
(1) 2. fH°
H2(g) + Cl2(g)
Cependant, il est possible de prévoir l’ordre de grandeur de rH° d’une réaction quelconque à
l’aide d’une table des valeurs moyennes des énergies de liaisons.
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Exemple :
rH°(NH3)= - 42 kJmol-1
L’enthalpie dégagée par les réactions de combustion est la principale source d’énergie à
notre disposition. L’oxydation du glucose fournit l’énergie à notre corps et la combustion des
carburants fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel) fournit l’énergie à nos maisons et à nos
véhicules. Comme les réserves de carburants fossiles sont limitées, on cherche des
alternatives, mais ces nouveaux carburants seront eux aussi brûlés. L’étude de la combustion
est donc d’une importance cruciale pour notre survie.
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Le charbon : réserves énormes sur notre planète mais :
- très polluant
- extraction difficile
- manutention peu aisée
Les dérivés du pétrole : jusqu’à ce jour, idéaux à presque tous les points de vue :
- faciles à extraire
- fluides
- pouvoir calorifique massique très élevé
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Chapitre 2 : deuxième principe de la thermodynamique :
l’entropie S
1. TRANSFORMATION SPONTANEE
Une transformation spontanée est une transformation qui peut se produire d’elle-même,
sans aucune intervention de l’extérieur (aucun apport d’énergie), elle s’effectue en sens
unique (pas inversible).
(attention, aucune relation avec la vitesse de réaction)
Exemples :
1) l’expansion d’un gaz parfait contre le vide (expérience de Joule)
2) L’échange de chaleur entre un corps chaud et un corps froid ; la chaleur passe toujours
du corps chaud vers le corps froid jusqu’à égalité des températures.
Le retour à l’état initial n’est jamais possible spontanément même par un chemin différent
(besoin d’apport d’E).
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Berthelot: « une transformation chimique accomplie sans intervention extérieure tend
vers la production des corps s’accompagnant du plus grand dégagement de chaleur »
a b a b a b a b
d c b a
d c c d d c d c
a b a d a d a b
c d a b
d c b c b c c d
b a a b b a a b a b
d c d c d c c d d c
a b
d c
16 situations sont possibles et ont la même probabilité d’être réalisées à un moment donné.
Mais puisque toutes les molécules sont identiques, il ne reste que 5 combinaisons différentes
dont une a une probabilité supérieure.
Rq : la probabilité de trouver toutes les molécules dans le même compartiment est égale à
1/2N, N étant le nombre total de molécules. Si le système contient 1 mole de gaz, N=6,02.1023,
cette probabilité est quasi nulle. Par contre, celle de trouver les molécules en équipartition est
immensément grande.
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« Le système évolue vers l’état de plus grand désordre, de plus grande probabilité »
Ainsi, ces deux critères (énergie et désordre) vont donner lieu à 3 situations possibles :
Cas 3 : les 2 critères vont en sens inverse, rH°<0 et ng<0 ou rH°>0 et ng>0
réaction d’équilibre
N2 (g) + 3 H2 (g) 2 NH3 (g)
3. NOTION D’ENTROPIE
dQrev
S S B S A
B
(J/K)
A T
C'est-à-dire que pour calculer la différence d’entropie entre 2 états d’un système, on
détermine un trajet réversible entre ces 2 états, on intègre la quantité de chaleur fournie à
chaque étape du trajet divisée par la température à laquelle la chaleur est fournie.
S est une grandeur extensive, elle dépend de la quantité de matière présente dans le système.
Pour une transformation isotherme (T cst) :
1 B Q
S
T A
dQrév
T
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Au niveau microscopique
Nous avons vu que l’état d’un système pouvait être décrit au niveau macroscopique par des
variables d’état (P, T, V, concentration,..) et au niveau microscopique par la position, la
vitesse et l’énergie à un instant donné de toutes les particules constituant le système.
Il existe en règle générale un très grand nombre, appelé , d’états microscopiques permettant
de réaliser une configuration d’un état macroscopique donné.
Nous avons observé qu’un état macroscopique donné (ex : équipartition) est d’autant plus
probable qu’il correspond à un plus grand nombre d’états microscopiques.
Ainsi, à partir de ces considérations, nous pouvons donner une définition statistique à la
fonction d’entropie :
« L’entropie S d’un système dans un état macroscopique donné est fonction du nombre
de configurations d’états microscopiques dans lesquels le système peut se trouver »
S = k . ln
La valeur de l’entropie donne une mesure du désordre du système. Le désordre d’un système
est d’autant plus grand que les états microscopiques sont plus nombreux.
Les transformations spontanées vont dans le sens d’une augmentation du désordre.
Les transformations naturelles spontanées ne se réalisent en fait jamais dans des conditions
réversibles et dès lors :
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4.1 Application à une transformation réversible
On a montré que :
V
W nRTln F Q
rev V rev
I
Q V
ΔS rév nRln F
syst T V
I
ΔS ΔS ΔS O (réversible)
univ syst ext
V
ΔS ΔS nRln F
ext syt V
I
5. L’ENTROPIE ABSOLUE
Pour élever la température d’un corps de T1 à T2, il faut lui fournir une quantité de chaleur :
Soit à P cste,
22
T2
Q n C (T)dT
p p
T1
T2 dT
Or ΔS n C (T)
p T
T1
T2 dT
ΔS nC p
T1 T
T
ΔS nC ln 2
p T
1
Si T2T1 S0 S
T2T1 S0 S
solideliquidegaz
-fusion : solideliquide
-solidification : liquidesolide
-vaporisation : liquidegazeux
-condensation : gazeuxliquide (ou solide)
-sublimation : solidegazeux
La chaleur reçue par un système peut aussi le faire changer d’état physique. Cette énergie
transférée est alors utilisée pour vaincre les forces de cohésion et séparer les molécules (ex :
fusion). La chaleur reçue est directement proportionnelle à la variation d’énergie caractérisant
le changement d’état d’une mole de substance.
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Pour tout changement d’état, on associe donc des chaleurs de changement d’état :
ΔH
Chaleur latente de fusion =Hfus ainsi ΔS fus
fus T
fus
ΔH
vap
Chaleur latente de vaporisation=Hvap ainsi ΔS
vap T
vap
Calcul de l’entropie d’une espèce B pure solide à une température TTvap
En admettant que S= 0 à T= 0 K, on peut calculer la valeur de l’entropie d’une substance pure
à une température quelconque, en additionnant les différents termes entropiques rencontrés
lors des apports de chaleur reçus :
Tfus
dT H fus Téb
dT H vap T
dT
S (T )
0K
nC p ( solide)
T
n
T fus
nC p (liquide)
Tfus
T
n
Tvap
nC p ( gaz )
Téb
T
L’entropie étant une fonction d’état, elle s’obtient par différence entre les entropies du
système à l’état final et à l’état initial. A l’aide des tables de valeurs entropique dans les
conditions standard, on peut dès lors calculer une entropie de réaction rS0 standard.
Δ S0 0
n pSp n R SR
0
r
produits réactifs
Exemples :
CO(g) + 3H2 (g) CH4(g) + H2O(g) à 25°C
rS° = S°(CH4) +S° (H2O) - S°(CO) - 3S°(H2) = -214,61 Jmol-1K-1 <0 création d’ordre
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Chapitre 3 : L’enthalpie libre de Gibbs G
On se limitera ici aux réactions se déroulant à pression constante pour lesquelles on utilise G.
1. DEFINITION
On souhaite pouvoir faire des prévisions d’évolution en ne considérant que le seul système.
Hext = - Hsyst
Soit à P et T cst :
ΔH ΔH
ext syt
ΔS
ext T T
ΔH
syst
ΔS ( ΔS ) 0
univ syst T
C'est-à-dire :
Hsyst – T . Ssyst 0 Critère de spontanéité
On pose
Gsyst = Hsyst – T . Ssyst
G=H–T.S GIBBS
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2. CRITERE SIMPLE D’EVOLUTION SPONTANEE D’UN SYSTEME
G 0 : transformation SPONTANEE
G = 0 : Système à L’ETAT D’EQUILIBRE
G 0 : transformation NON SPONTANEE
G = H – T . S
Type H S G
1 0 0 0 Réaction toujours spontanée
Exemples :
Type 1 : 2 H2O2 2 H2O + O2
Type 2 : 3 O3 2 O3 (ozone)
On peut cependant considérer des enthalpies libres standard de formation des composés rG0
analogues aux rH0 et utiliser les méthodes de calcul de la thermochimie. Les rG0 des corps
simples sont nuls, par définition.
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Et Δ G0 0
n G n G
0
r
produits réactifs
- Transformation physique : calculs de G pour la vaporisation de l’eau :
ΔH
vap, m 40660 Jmol 1
ΔS 109Jmol 1K 1
vap, m T 373,15 K
vap
Les transformations isobares envisagées ne sont pas toujours effectuées sous la pression de
référence. Il faut donc pouvoir évaluer la variation d’enthalpie libre due à une variation de
pression.
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P p
2 2 dp
dG nRT
p p p
1 1
P
G(p ) G(p ) nRTln 2
2 1 P
1
Si P1=PO G(p1) = G°
P
L’enthalpie libre molaire d’un gaz : G(p ) G 0 RTln 2
2
P0
La pression à prendre en compte est la pression totale du mélange = moyenne pondérée des
pressions partielles (pi) de chaque constituant
pi
Pour chaque constituant : Gi Gio RT ln
pio
a γ χ
i i i
Où est une variable intensive qui dépend de l’état physique
du système.
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<1 dans tous les autres cas.
L’enthalpie libre molaire joue un rôle important dans toutes les transformations de la matière.
5. POTENTIEL CHIMIQUE
Lorsque le système est ouvert avec ou sans réaction chimique ou bien fermé avec réaction
chimique, le nombre de moles des différents constituants, ni, peut varier. Le calcul des
variations de U, H, G,… en fonction des ni, fait intervenir une nouvelle grandeur, , le
potentiel chimique.
G
B(T,P)= ( ) T , P n = Gm
n B , a
Gm est l’enthalpie libre molaire
a
μ (T , P) μ 0 (T ) RTln i
i i
a0
i
Avec ni i
i
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Partie II : L’Equilibre chimique
Les principaux sujets de cette partie II sont :
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Chapitre 1 : La thermodynamique et l’équilibre chimique
Les réactions chimiques évoluent vers un état d’équilibre dynamique où les produits et les
réactifs sont présents mais n’ont aucune tendance à subir une modification nette. En
simplifiant quelque peu, on peut considérer trois cas pour la composition du système
réactionnel à l’équilibre.
Elle présente de ce fait un grand intérêt industriel pour le choix des voies réactionnelles et
pour l’optimisation des rendements.
nA A + nB B nC C + nD D
n (B) n (B)
ξ f i
ν
B
est une variable qui caractérise l’état d’avancement de la réaction, c’est donc une variable
d’état. Sa valeur varie entre le début et la fin de la réaction, elle dépend donc du
temps.(unité :mole)
= 0 au début de la réaction
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n (L)
ξ max i L = réactif limitant, le réactif minoritaire.
νL
Toutes les espèces chimiques (réactifs et produits) sont ainsi mises à égalité.
Pour un avancement infinitésimal de réaction, on a :
dni
d
i
L’approche la plus simple de cette question est d’étudier une réaction d’isomérisation, à
stoechiométrie particulièrement simple :
A B
Genre de réaction assez courant en chimie organique. Des isomères ont la même formule
moléculaire brute.
dnA = - d
dnB = + d
Choisissons de manière à ce que, dans le cas étudié, la valeur de = 1 signifie qu’une mole
de A est convertie en une mole de B.
dG = A . dnA + B . dnB
dG = - A . d + B . d
dG
= B - A
dξ T, P
Si A B : la réaction A B l’emporte
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Ainsi, la prévision du sens spontané de la réaction chimique se fait à partir du signe de la
dG
différentielle . Nous dirons alors qu’une réaction chimique se fait d’autant plus
dξ T, P
dG
spontanément que la dérivée est négative. Lorsque cette dérivée partielle s’annule,
dξ T, P
le système est en équilibre chimique
dG
Attention représente la variation de G par mole de réaction pour une composition
dξ T, P
donnée du mélange réactionnel c'est-à-dire rG ; cette quantité ne peut pas être confondue
avec rG0 qui est la différentielle par mole de réaction entre les produits et les réactifs dans
leur état standard.
La condition d’équilibre s’écrit dès lors :
rG = 0 condition d’équilibre
Les réactions exergoniques sont spontanées et elles peuvent être utilisées pour entraîner
des processus tels des réactions chimiques ou pour effectuer des travaux mécaniques.
Cette distinction sera très utile en biochimie (2è bac). On verra qu’une réaction
exergonique peut être couplée à une réaction endergonique, laquelle pourra ainsi se
dérouler.
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1.3 Variation de G au cours de la réaction
Soit la réaction :
nA A + nB B nC C + nD D
Δ G n G n G
r
produits réactifs
n
y
Πa
y y
Ou encore : Δ G ΔG 0 RTln
r n
Πa x
x x
ν
Δ G ΔG 0 RTln Π a i
r i i
Q
Expression de rG à un stade quelconque de la réaction.
ΔG 0
Ou K e RT loi de Guldberg et Waage
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Caractéristiques de K:
- différent d’une réaction à l’autre
- ne dépend que de T
- identique quel que soit l’état initial du système
- sans dimension
A l’équilibre,
rG0= - RTlnKp/p0
ν
p i
Avec K Π i
p/p 0
i p
0
éq
Constantes dimensionnelles Kp
ν
K ΠPi éqi
p i
Constantes dimensionnelles kc
ν
K ΠB i éqi
c i
35
Rq : souvent, pour des raisons de commodité, on utilise des constantes Kp et Kc où les
références à la pression et concentration standard sont omises.
Pi . V = ni .R .T
Pi = ni/V . R . T = [B]i . R .T
ν Δn ν
g
K Π([B] RT) i (RT) Π[B] i
p i i i i
Kp = Kc . (R.T)ng
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2. AVANCEMENT DE REACTION ET TAUX DE CONVERSION
A P
Lorsque la réaction est terminée t= , ne varie plus et atteint une valeur qui caractérise
l’équilibre chimique : éq
n (B) n (B)
Avec ξ f i
ν
B
Le taux d’avancement de réaction s’exprime:
X
max
0X1
( L)
ou X
n I ( L)
Rappels :
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3. ETUDE DE QUELQUES EXEMPLES D'EQUILIBRE ENTRE GAZ.
A( g ) + B( g ) 2 Q( g )
A = -1 B = -1 Q = + 2
X A B Q Total
éq 2 P
. 0
4 . éq
2
K = K p/ p 0 = = P
1 - éq ( 1 - éq )
2 2 2
P
. 0
2 p
Dans ce cas (Δng = 0) , est indépendant de la pression totale P.
Exemple :
H2 (g) + I2 (g) 2 HI (g)
38
3.2 Réaction du type A 2 Q.
A(g) 2 Q(g)
A = -1 Q = + 2
2
( pQ / p0 )2 2,0. éq .P 1,0 + éq p0
K p/ p 0 = K = = 0
. .
(1,0 + éq ). p 1,0 - éq p
0
PA / p
4,0. éq P 4 . éq P
2 2
K = . 0= .
(1 + éq ).(1 - éq ) p 1 - éq 2 p0
P
K - éq . K = 4 . éq .
2 2
0
p
P
éq 2 . 4 . 0
+ K = K
p
0,5
éq = K
P
4. 0 + K
p
39
A une température donnée, Kp/p0 est constante et on peut calculer à différentes pressions, à
l'aide de cette dernière relation.
Le traitement de ces équilibres est similaire, en partie, à celui des équilibres homogènes gazeux.
Rappelons que les ACTIVITES des PHASES SOLIDES PURES sont égales à 1.
Exemple :
A(s) + 2 B(g) Q( g )
aq
Ici aA ( s )= 1 K = 2
a A . aB
pi
Si les gaz sont parfaits, i = 1 et ai = 0
p
0
pq / p
K p/ p = 0
( p B / p0 )2
Equation chimique :
N2 ( g ) + 3 H2 ( g ) 2 NH3 ( g )
N2 = -1 H2 = -3 NH3 = +2
N2 ( g ) H2 ( g ) NH3 ( g )
ΔfH0 ( kJ mol-1 ) 0 0 - 46,11
S0m ( J mol-1 K-1 ) 191,61 130,68 192,45
40
ΔrH0 = 2 . ΔfH0 ( NH3 ) - ΔfH0 ( N2 ) - 3 . ΔfH0 ( H2 )
ΔrH0 = - 92,22 kJ mol-1 réaction EXOTHERMIQUE
Calcul de K à T = 298,15 K
A T =T0
ΔrG0 = - 92,22 - [ 298,15 . ( - 198,76 . 10-3 ) ]
ΔrG0 = - 32,9 kJ mol-1 réaction EXERGONIQUE
2 -1 -3
p p p
K p/ p 0 = NH0 3
. N02
. H02
p p p
2
2
p NH 3 . p0
K p/ p 0 = 3
= K ( par la suite )
pN 2 . pH 2
ΔrG0 =- R .T0 . ln K
K = 5,8 . 105
On peut estimer K en admettant que ΔrH0 et ΔrS0 sont constants pour l'intervalle de température
considéré.
ΔrG0 ( 500 K ) = ΔrH0 - 500 . ΔrS0
= - 92,22 - [ 500 . ( - 198,76 . 10-3 ) ]
= 7,16 kJ mol-1
- 7160 J mol -1
ln K = = - 1,72
8,314 J mol -1 K -1 .500 K
K = 0,18
K chute notablement, suite à l'élévation de température.
Ceci constitue une illustration du principe de Le CHATELIER.
41
Chapitre 2 : Les moyens d’action sur l’équilibre
Objectif :
Etudier la manière dont les constantes d’équilibre et les compositions d’équilibre des
systèmes dépendent des conditions expérimentales.
Par exemple, on peut prévoir si une augmentation de pression favorise ou non la formation du
produit recherché.
1. PRINCIPE DE LE CHATELIER
L’influence des variables intensives (P,T, concentrations) est discuté par la suite.
Une modification de l’une des variables intensives caractérisant l’état d’un système en
équilibre provoque une évolution du système qui tend à minimiser l’effet de la perturbation.
Exemple : intuitifs
42
2. EFFET DE LA PRESSION TOTALE SUR L’EQUILIBRE
pi = yi.P
ν p ν
alors K Π y i Π( ) i
p/p 0 i i équ i p 0
p Δn g
K K ( )
p/p 0 y 0
p
Revenons à l’exemple de la synthèse de NH3, quantitativement, Ky est multiplié par 104 quand
P est multiplié par 102.
43
3. EFFET DE LA TEMPERATURE SUR L’EQUILIBRE
Il est possible de voir l’effet de la température de manière plus quantitative avec la loi de
Van’t Hoff :
0
dlnK Δ r H
dT RT 2
T T Δ H0
2 2 r
dlnK dT
RT 2
T T
1 1
K(T2 ) Δ r H 1 1
ln ( )
K(T1 ) R T1 T2
On a défini :
ν ν
Q Πa i K (Π a i ) éq
i i i i
-On a Q < K ; le système évoluera de manière à faire augmenter Q : une partie des
réactifs seront transformés en produits (évolution )
En général, si on augmente l’activité de l’un des constituants, on provoque une évolution qui
en consomme une partie. La variable influente sur l’équilibre peut donc être pi , [E]i, yi.
44
5. UTILISATION D’UN CATALYSEUR
45
Partie III : les équilibres physiques
Rappels :
Le terme corps pur est semblable à celui de constituant chimique. A tout corps pur correspond
une formule chimique bien définie. Selon les conditions de température et de pression, un corps
pur peut apparaître sous différents états physiques ou différentes phases : solide, liquide, gaz.
L'état physique est déterminé par la balance entre :
L'énergie thermique microscopique Eth résulte du mouvement continuel des atomes, est
proportionnelle à la température absolue T ( K ).
k . T
Eth
R
où k est la constante de BOLTZMANN : k = = 1,381. 10-23 J K -1
NA
L’énergie de cohesion est l'énergie à fournir au système pour le dissocier en ses éléments
constitutifs à l'état de vapeur. L'énergie de cohésion est beaucoup plus élevée pour les corps dont
les éléments sont des atomes reliés entre eux par des liaisons fortes omnidirectionnelles (métaux)
ou pluridirectionnelles ( Cdiamant , SiO2 , SiC ...) que dans le cas où les éléments constitutifs sont
des atomes (gaz rares) ou des molécules ( N2 , CH4 ...) reliés entre eux par des forces de liaison
faibles. On admet, en première approximation, que l'énergie de cohésion est indépendante de T.
Un corps pur dans un état d’équilibre thermodynamique ou état homogène constitue une
phase uniforme solide, liquide ou gaz. Dans ces conditions, les valeurs des variables
intensives du système fermé que constitue le corps pur sont alors identiques en tout point du
système et restent invariables au cours du temps.
La transformation faisant passer un corps pur d’un état homogène dans un autre est appelée
changement d’état ou transition de phase.
46
Chapitre 1 : La règle des phases - règle de Gibbs
1. NOTION DE VARIANCE
La variance,v d’un système en équilibre est égale au nombre de variables déterminant l’état du
système dont on peut fixer librement la valeur, sans modifier la nature du système.
La notion de variance, surtout intéressante dans le cas des systèmes polyphasés est applicable à
des équilibres physiques ou chimiques.
Gibbs (1839-1903) a établi la règle des phases, qui est une relation générale entre la variance v,
le nombre de constituants indépendants c, et le nombre de phases à l’équilibre . Elle est
applicable à tout système, quelle que soit sa composition :
Cette règle permet de déterminer la variance d'un système (le degré de liberté)
V=c-+n
Quelques définitions :
Phase : état de la matière en tout point uniforme par sa composition chimique mais
aussi par son état physique. (phase solide, liquide, gazeuse).
C=k-r
Où k = nombre total de constituants
r = nombre d’équilibres chimiques
C : nombre de constituants indépendants
n : nombre de variables intensives qui décrivent le système (en générale n =2,
T et P)
: nombre de phases
47
P (CO 2 )
Avec K (T )
P0
V=1
Ce qui veut dire qu’à une température donnée, l’équilibre ne peut exister que sous une seule
valeur de la pression.
Signification de la variance
variance (v) système Signification de la variance
Plusieurs opérations de l'industrie chimique, basées sur des transferts de manière entre différentes
phases, ont pour but la séparation des divers constituants d'un mélange. Dans ce cas, il n'y a pas
de réaction chimique ; la force motrice du phénomène de transfert est un gradient de
concentration.
Le transfert de matière cesse lorsque l'équilibre entre les phases concernées est atteint.
Citons les opérations les plus importantes basées sur ces transferts de matière :
48
l'EXTRACTION LIQUIDE - LIQUIDE (éq. l , l) cf. le LABO
1) agitation
[ A ]o + VS S V [A]S
V 2) décantation
eau V [A]
sol aq de A solvant org S
[ A] s
K = coefficient de partage
[ A]
[ A ]o . V = [ A ] . V + [ A ]S . VS = [A].V + K . [ A ] . VS
[ A] V
=
[ A ]o V + K .V S
49
Chapitre 2 : Diagramme d’états des corps purs
Les équilibres d'un corps pur A ("système unaire") entre ses trois états physiques
gazeux (v) , liquide (l) et solide (s) peuvent être représentés par les équations suivantes :
congélation ou
solidification
A(l) A(s)
fusion
vaporisation
A(l) A(g)
Condensation
sublimation
A(s) A(v)
sublimation
La variance du système à un constituant indépendant tel que l’eau pure se calcule simplement,
par application de la règle de GIBBS
avec c=1 et n =2
piston
liquide liquide
50
équilibre
La pression de vapeur saturante est la pression exercée par sa vapeur lorsque celle-ci est
en équilibre dynamique avec la phase condensée.
51
3. L’EQUILIBRE ENTRE DEUX PHASES – EQUATION DE CLAPEYRON
L'objectif poursuivi est l'établissement, grâce aux lois thermodynamiques, d'une relation entre la
pression et la température pour les différents états d'équilibre d'un corps pur.
Aα Aβ
Par suite de la coexistence de ces deux phases, le système est monovariant v=1.
A une température T et une pression P, la condition d'équilibre est l'égalité des potentiels
chimiques (enthalpies libres molaires) du corps pur dans chaque phase :
Gα , m = Gβ , m
Ou μα = μβ
Si, par exemple, la température varie de manière infinitésimale et passe de T à (T + dT), comme
le système est monovariant, la pression à l'équilibre varie de P à (P + dP).
Gα + dGα = Gβ + dGβ
d'où
dGα = dGβ
dG = V . dP - S . dT
Dans chacun des différents états d'équilibre, les deux phases sont caractérisées par la même T et
la même P ; dès lors :
Vα . dP - Sα . dT = Vβ . dP - Sβ . dT
(S-S). dT=(V-V) . dP
dP S -S S
= =
dT V -V V
QP α β Δ Hα β
Δ Sα β = =
T T
52
On arrive à l'équation de CLAPEYRON, applicable aux trois types d'équilibre :
dP H
= équation de CLAPEYRON
dT TV
Al Ag
*
P
vap G 0 (T ) RT ln
p0
Dans le cas de l'équilibre liq-vap, le traitement se produit en admettant les trois hypothèses
simplificatrices suivantes :
dP Δ H vap P . Δ H vap
= =
dT T . V vap, m R . T2
ou
dP Δ H vap, m l
= . . dT
P R T2
53
ΔH
dlnP vap, m
CLAPEYRON-CLAUSIUS.
dT RT 2
P*(T ) ΔH T
2 vap, m 2 dT
dlnP
R 2
P*(T ) T T
1 1
P*
(T ) ΔH vap, m 1 1
ln 2
*
P (T ) R T1 T2
1
ΔH
vap, m 1
dlnP* d( )
R T
pente= -hvap/R
ln Pvs
ΔH
vap, m 1
lnP* cste
R T
1/T
Le point d’ébullition normal T* éb d’un liquide est la température à laquelle le liquide bout
lorsque la pression atmosphérique est 1 atm. En d’autres termes, le point d’ébullition normal
est la température à laquelle la tension de vapeur saturante du liquide est 1 atm.
Le point de fusion normal T* f d’un solide est la température à laquelle il se solidifie sous 1
atm.
54
Le point de fusion de la plupart des liquides augmente avec la pression. Mais pour l’eau, les
liaisons hydrogène de la glace la rende anormale : son point de fusion diminue lorsque la
pression augmente.
Interprétation graphique :
dP H
=
dT TV
Vaporisation :
dP
relativement faible
dT
fusion :
55
4. DIAGRAMME DE PHASE D’UNE SUBSTANCE PURE
L’ensemble des courbes P = f(T) correspondant aux transformations affectant les états
homogènes d’un corps pur constitue le diagramme des changements d’état du corps pur
considéré. Le diagramme général d'équilibre des phases d'un corps pur a souvent l'allure
suivante :
fusion
vaporisation
sublimation
Diagramme d’équilibre de phase d’un corps pur.
Interprétation du diagramme :
3 zones correspondant au domaine de stabilité du solide, du liquide et de la vapeur.
Domaines limités par des courbes représentant les couples de valeurs (P,T) correspondant à la
coexistence de deux phases en équilibre.
La pression n'influence que très peu les équilibres entre les phases condensées :
-la température de fusion Tfus augmente très faiblement avec la pression, dans la plupart des
cas d T fus
> 0 et très faible .
dP
d T fus
- pour quelques substances ( H2O) : <0
dP
T: point triple, point où trois frontières de phase se rencontrent dans le diagramme de phase.
56
4.1 Interprétation thermodynamique
Rappelons que
Gm H m TS m
Le potentiel chimique d’un corps pur décroit avec la température et ce d’autant plus
rapidement que la phase est désordonnée.
Nous venons de voir qu’une transition de phase (changement d’état) se produit à une
température caractéristique pour une pression donnée. Ainsi, sous 1 atm, la glace est l’état
stable de l’eau au-dessous de 0°C, tandis qu’au-dessus, c’est l’eau liquide qui est la plus
stable. Cette différence signifie qu’en dessous de 0°C, le potentiel chimique de la glace est
inférieur à celui de l’eau liquide, et au-dessus de cette température, c’est l’inverse qui est vrai.
La température de transition est la température à laquelle les deux potentiels chimiques sont
égaux et les deux phases sont en équilibre à la pression considérée.
La phase la plus stable se caractérise toujours par le potentiel chimique le plus petit.
57
5. UTILISATION DU DIAGRAMME DE PHASE
Exemple : l’eau
0,5
0,006
58
Chapitre 3 : Les mélanges
On constate que bien souvent, la dissolution d’un soluté dans un solvant s’accompagne
d’une variation d’enthalpie qui se marque surtout dans le cas de solutés ioniques.
1- dissociation du solide avec séparation des ions pour former un gaz d’ions
enthalpie de dissociation = H dissociation = - H coh
exemples:
NaCl dans H2O :
H dissolution = H dissociation + H hydr =787 + (-784) = 3 kJ/mol
endothermique (T de la solution diminue)
59
NaOH dans H2O :
H dissolution = H dissociation + H hydr = - 44.5 kJ/mol
exothermique (T de la solution augmente)
2. PROPRIETES COLLIGATIVES
Pi = k xi
Pi xi Pi*
60
Loi de RAOULT P xi Pi *
i
La loi de Raoult est applicable si la solution est suffisamment diluée (solution idéale).
La pression partielle Pi du constituant i dans la vapeur mixte en équilibre avec le liquide est
égale au produit de la tension de vapeur Pi* à la température considérée du corps pur i par la
fraction molaire xi de ce constituant dans la phase liquide.
A (sol) A(vapeur)
Lorsque le corps pur A(l) est seul dans sa phase, la pression de vapeur PA correspond alors à la
pression de vapeur saturante PA*, soit pour xA = 1 :
La tension de vapeur d’un solvant est abaissée par la présence d’un soluté non volatil.
61
Dans une solution idéale, la tension de vapeur du solvant est proportionnelle à la
fraction molaire du solvant.
Deux mesures de concentration utiles pour l’étude des propriétés colligatives sont la fraction
molaire et la molalité.
La molalité d’un soluté est la quantité de l’espèce du soluté (en mole) dans une solution
divisé par la masse du solvant (en kg).
Comme la présence d’un soluté non volatil abaisse la tension de vapeur du solvant, le point
d’ébullition du solvant augmente.
De même, sous une pression donnée, la température de fusion de la solution est abaissée par
rapport à celle du solvant pur :
T fus k fus .i.m
62
2.3 OSMOSE
L’osmose est le flux d’un solvant vers une solution plus concentrée à travers une membrane
semi-perméable (membrane qui ne peut être traversée que par certains types de molécules ou
d’ions).
Soit une cuve à 2 compartiments séparés par une membrane semi-perméable dans lesquels ont
été placés une solution et du solvant pur.
Solvant
pur solution
Le phénomène d’osmose à lieu jusqu’à ce que la différence de niveau entre les deux
compartiments crée une surpression hydrostatique suffisante pour s’opposé à l’entrée du
solvant dans le compartiment de la solution. On appelle cette pression pression osmotique .
Elle est proportionnelle à la concentration molaire.
iRT [S ]
On utilise cette équation pour déterminer la masse molaire à partir de mesures de pression
osmotique. Cette technique est appelée osmométrie.
63
Partie IV : la cinétique chimique
Chapitre 1 : introduction
1. OBJET DE LA CINETIQUE
Cinétique chimique est l’étude approfondie de la vitesse des réactions chimiques et des
facteurs contrôlables qui agissent sur celle-ci :
- température
- concentrations des espèces présentes
- solvant
- catalyseurs
Rappels :
La thermodynamique ne considère que les états initial et final d’un système, elle ne fournit
aucune information sur les conditions de la transformation. Elle renseigne sur les possibilités
d’évolution de systèmes chimiques.
Dès lors, une étude thermodynamique permet de prévoir un insuccès complet pour la
réalisation par la voie chimique, de réactions visiblement défavorisées : H°0 , S°<<0 et
G°0.
Par ailleurs, des réactions équilibrées ou complètes peuvent se dérouler avec une lenteur
extrême aux conditions habituelles ; une étude cinétique peut alors présenter un grand intérêt.
Ex : l’oxydation du SO2 en SO3 (synthèse industrielle de H2SO4)
2 SO2(g) + O2(g) 2 SO3(g)
H°=-197 kJ/mol
S° = -190 j/mol.K T=298,15 K
G°= - 140 kJ/mol
La réaction, thermodynamiquement favorisée est extrêmement lente à température standard.
Dans le procédé de contact, appliqué dans l’industrie, on la réalise à une température de 350-
400°C en catalyse hétérogène (V2O5 ou Pt). La réaction s’effectue alors avec un moins bon
rendement (thermodynamique) mais dans des conditions industriellement acceptables.
64
2. INTERET DE LA CINETIQUE
Reliée au mécanisme de réaction c'est-à-dire à ce qui se passe entre l’état initial et l’état final.
* Optimisation économique des réactions, par exemple
- en recherchant les conditions pour un déroulement rapide de celle-ci tout en évitant
l’excès (entraînant des explosions dans le cas de réactions radicalaires)
dn dn
v R P
dt dt
d[R] d[P]
v
dt dt
65
3.2 Réaction plus complexe
aA + bB + cC xX + yY + zZ
d
v où est l’avancement de la réaction
dt
n n
it i0
ξ ni = ni0 + i (t)
ν
i
Les techniques utilisées pour étudier les réactions rapides suivent la concentration par
spectroscopie.
- colorimétrie
- pH-métrie
- volumétrie…
66
Chapitre 2 : Relation entre vitesse et concentration
1. ORDRE D’UNE REACTION
Sauf indication contraire, les réactions considérées par la suite se déroulent en milieu
homogène à volume constant.
On constate expérimentalement que la vitesse des réactions chimiques dépend des
concentrations en réactifs affectées d’exposants.
A T cste :
v = kn[A][B][C]…
Les ordres partiels (et par conséquent l’ordre global) sont purement expérimentaux : ils ne
peuvent être identifiés automatiquement aux coefficients stoechiométriques des différentes
espèces concernées.
Les ordres (partiels et global) sont positifs et entiers dans les cas simples ; ils peuvent être
nuls, fractionnaires, négatifs.
67
2.1.1 Cinétique d’ordre zéro
Equations cinétiques intégrées :
Certaines réactions obéissent à une loi de vitesse d’ordre zéro, leur vitesse est indépendante de
la concentration du réactif tant qu’une certaine quantité est présente.
Soit AP
à t = 0, [A] = [A]0
d[A]
v k
dt 0
[A] t
d[A] k 0 dt
[A] 0
0
[A] [A] k t
0 0
Temps de demi réaction (ou demi-vie) : t1/2 d’une substance est défini comme le temps
nécessaire pour que sa concentration tombe à la moitié de sa valeur initiale.
[A]
t 0
1/2 2k
0
Exemple : halogénation des cétones (voir cours chimie organique)
CH3COCH3 + Br2 CH3COCH2Br + HBr
68
2.1.2. Cinétique d’ordre 1
Equations cinétiques intégrées :
Soit A P
ou A+BP
d[A]
v k [A]1
dt 1
d[A]
k dt
[A] 1
[A] d[A] t
1
k dt
[A] [A] 0
0
[A]
ln k t
[A] 1
0
Disparition du réactif A :
k t
[A] [A] e 1
0
Equation exponentielle décroissante
Formation du produit P :
P A0 A
Temps de demi-vie :
Pour t=t1/2, on a [A]=[A]0/2
Alors :
[A] k t
0 [A] e 1 1/2
2 0
ln2 k t[A]0/8
1 1/2
ln2 0,693
t
1/2 k k
1 1
69
Donc, pour une réaction d’ordre 1, le temps de demi-vie d’un réactif est indépendant de sa
concentration initiale. Il en découle que si la concentration de A en un instant donné de la
réaction est [A], elle est réduite à [A]/2 après un autre intervalle de temps de ln2/k. C’est une
caractéristique exclusive de l’ordre 1. On peut la déceler facilement en examinant le graphe
concentration-temps.
Relation vitesse-temps :
v k 1 .[A]0 .e k1t
Equation d’une exponentielle décroissante également.
Exemples :
Désintégrations radioactives
Croissance microbienne pendant la phase exponentielle
Substitution aliphatique en chimie organique
70
71
2.1.3 Cinétique d’ordre n différent de un
Equations cinétiques intégrées :
Soit A P
d[A]
v k [A]n
dt n
[A] t
n
[A] d[A] k n dt
[A] 0
0
1 (1 n) [A]
[A] k t
n 1
[A] n
0
1 (1 n) (1 n)
[A] [A] knt
n 1 0
1 1
(n 1)k t
(n 1) (n 1) n
[A] [A]
0
1 1
(n -1)
( n 1)
(n 1).k n .t
[A] [ A]0
Temps de demi-réaction :
Pour t=t1/2, on a [A]=[A]0/2
(n 1)
2 1
(n 1)
( n 1)
(n 1)k t
[A]0 [A]0 n 1/2
(n 1)
2 1
t n 1
(n 1)k [A]n 1
1/2
n 0
v k [A]2
2
1 1
k t
[A] [A] 2
0
72
[A]
[A] 0
1 [A] k t
0 2
Equation d’une hyperbole équilatère.
Temps de demi-réaction :
1
t
1/2 k [A]
2 0
Relation vitesse-temps :
2
[ A]0
v k 2 .
1 k 2 .[ A]0 .t
[A]
1/[A] [A]0
[A]0/2
1/[A]0
[A]0/4
[A]0/8
73
3. DETERMINATION EXPERIMENTALE DE L’ORDRE DE REACTION
On se limitera à des réactions dont la cinétique formelle est simple, obéissant de manière
réelle ou apparente à des lois de vitesse du type :
V=kn [A]n
On déterminera ainsi l’ordre partiel par rapport à A. L’étude cinétique doit être poursuivie
en vue de déterminer notamment l’ordre par rapport à B et l’ordre global n. Différentes
expériences sont donc réalisées, où chaque réactif est engagé à son tour en concentration très
faible par rapport aux autres de manière à déterminer progressivement les ordres partiels.
74
Méthode « volontariste » (n déterminé logiquement) mais longue ; intéressante pour déceler
un ordre inhabituel (1,5 par exemple).
75
Chapitre 3 : Mécanisme réactionnel
Ainsi, la réaction élémentaire montre comment la réaction se déroule. Par conséquent nous
pouvons écrire la loi de vitesse d’une réaction élémentaire à partir de son équation chimique.
- exemple : schéma réactionnel
étape 1 : A + B C v1=k1[A][B]
étape 2 : C + D E + F v2=k2[C][D]
étape 3 : F G + H v3=k3[F]
A+B+DE+G+H vtot= ??
Si le mécanisme d’une réaction est connu, l’équation de vitesse peut être déterminée en tenant
compte de la formation du complexe activé et de l’existence des différentes étapes MAIS si
l’équation de vitesse est connue, on ne connaît pas toujours le mécanisme.
76
1.VITESSE ET EQUILIBRE
Trouvons la relation entre les constantes de vitesse et les constantes d’équilibre :
A+B C+D
[C ].[D]
K
[ A].[B]
En supposant que la réaction directe et inverse soient toutes deux des réactions élémentaires
d’ordre 2 :
A+BC+D v=k[A][B]
C + D A+ B v= k’[C][D]
A l’équilibre ces 2 vitesses sont égales et on peut écrire :
k[A][B]= k’[C][D]
Il en résulte qu’à l’équilibre :
[C ].[D] k
[ A].[B] k '
Et donc,
k
K
k'
Si la réaction fait intervenir des espèces en phase gazeuse, utiliser l’expression de Kp.
A2 + B2 2 AB
77
A2 B2
Complexe activé 2 AB
A2B2*
Diagramme énergétique :
complexe activé
G
G*
réactifs
G°
produits
Un complexe activé représente l’état qui possède l’énergie additionnelle minimale qui lui est
nécessaire pour passer des réactifs aux produits
3. EQUATION D’ARRHENIUS
A+B C+D
A+B AB* C + D
v α [AB*]
=coefficient de proportionnalité
[AB*]
AB* K*
G A B AB * [A][B]
78
ΔG * ΔG *
v α.e RT .A B k n A B où k n α.e RT
L’expérience montre, dans bien des cas, que le tracé graphique de ln k en fonction de 1/T est
linéaire.
ΔG *
lnk n lnα loi d’ARRHENIUS
RT
79
Chapitre 4 : Principaux modes d’activation de la réaction
chimique
1. L’ACTIVATION THERMIQUE
Une élévation de la température entraîne souvent une augmentation de la vitesse de la réaction
et influence généralement la position de l’équilibre ; K=f(T).
2. REACTIONS CATALYSEES
Un catalyseur est une substance qui facilite une réaction en donnant accès à un mécanisme
réactionnel différent et plus rapide que celui qui se présente en l’absence de catalyseur. Mais
qui ne modifie pas la constante d’équilibre.
AB*
G G*-1=G*1-G°
*
G 1
G*1
G*-1 k1 e RT
A
G *1 G
G° k1 e RT
B
80
G 0
k1
e RT K
k 1
D’après la réaction précédente, dans une réaction équilibrée, un catalyseur accélère dans
les mêmes proportions la réaction directe et inverse.
En conséquence, le catalyseur ne peut pas déplacer l’équilibre d’une réaction équilibrée.
Résumé de l’influence des variables physico-chimiques sur l’équilibre chimique et
sur la vitesse de réaction
3. L’ACTIVATION PHOTOCHIMIQUE
L’apport d’énergie lumineuse active certaines réactions ; Un choix judicieux de la longueur
d’onde du rayonnement permet l’activation sélective d’un réactif ou même d’une liaison
donnée dans un réactif.
h
.
Cl-Cl 2Cl
81
EXERCICES P. I
E.1. LE PREMIER PRINCIPE ET LA THERMOCHIMIE
Objectifs et notions-clés
• Utilisation des fonctions d'état U (énergie interne) et H enthalpie, ainsi que des
chaleurs molaires isobare (Cp) et isochore (CV).
Exercices
82
1.03 Chaleurs de réaction QP et QV
H2O( l ) H2O ( g )
(P = 1 bar, T = 25 oC)
Pour chacune des réactions suivantes, on demande :
a) de déterminer les coefficients stoechiométriques des éq. chimiques
REACTIONS INDUSTRIELLES
1. Etape de la synthèse de HNO3
4 NH3 ( g ) + ? O2 ( g ) ? NO( g ) + H2O( 1 )
83
COMBUSTION TOTALE de DERIVES ORGANIQUES
Cx Hy ? ? ?
+ nB O2 nP CO2 + nQ H2O
\ Cx Hy Oz (g) (g) (1)
4. 1 C2H6 ( g ) (éthane)
5. 1 C2H4 ( g ) (éthylène ou éthène)
6. 1 C2H2 ( g ) (acétylène ou éthyne)
7. 1 C6H6 ( l ) (benzène)
8. 1 C2H5OH( l ) (éthanol)
9. 1 C6H12O6 ( s ) (glucose-α)
L'enthalpie standard de combustion du propane C3H8 ( g ) ΔrH0 vaut (eau à l’état liquide)
ΔrH0 = - 2 220 kJ mol-1.
Calculez ensuite le ΔfH0 de NH3 ( g ) et comparez la valeur obtenue à celle trouvée dans
l'annexe 1.
Il est difficile de mesurer la variation d’enthalpie de cette réaction. Mais les enthalpies
standard de combustion sont faciles à mesurer. Nous disposons des données expérimentales
suivantes :
(a) C3H8 (g) + 5 O2(g) 3CO2 (g) + 4 H2O(l) ΔcH0= -2220 kJ/mol
(b) C(s) + O2(g) CO2 (g) ΔcH0= -394 kJ/mol
(c) H2(g) + 1/2 O2(g) H2O(l) ΔcH0= -286 kJ/mol
84
1.09 pouvoirs calorifiques supérieurs de combustibles
Le Pouvoir Calorifique Supérieur (P.C.S) d’un combustible est l’énergie libérée lors de la
combustion parfaite d’un kg de ce combustible, l’eau produite étant à l’état liquide.
b) des trois combustibles précités, quel est le plus intéressant pour lutter contre l’effet de
serre, c'est-à-dire quel est celui qui produit le plus d’énergie pour une quantité donnée de
CO2 ?
85
E. 2. LE DEUXIEME PRINCIPE ET L'ENTROPIE
Objectifs
• Calculs de variation d'entropie ou cours de transformations physiques réversibles et
irréversibles.
Exercices
(P = 1,013 bar)
Calculez les ΔSm molaires de vaporisation et de condensation de l'éthanol C2H5OH
pour lequel Téb = 78,5 oC et ΔHvap,m = 43,5 kJ mol-1.
86
EXERCICES P. II
E.1.L'ENTHALPIE LIBRE ET L'EQUILIBRE CHIMIQUE
Objectifs
• Etude de la spontanéité de réactions.
• Calculs des valeurs de ΔrG0 et des constantes d'équilibre K à partir de tables
thermodynamiques ou de résultats d'analyse de systèmes à l'équilibre.
• Détermination de la composition de systèmes chimiques à l'équilibre.
• Discussion de l'action de facteurs sur l'évolution du système.
Exercices
1
2 SO2 ( g ) + O2 ( g ) 2 SO3 ( g )
2
P= p0 = 1 bar
T =T,c= 298,15 K
SO3 est supposé être à l'état gazeux.
On dispose des données thermodynamiques de l'annexe 1 :
SO2 ( g ) O2 ( g ) SO3 ( g )
4) augmentation de T.
87
1.02 Obtention du SO3 à 700 K
Calculez la constante K p de la réaction étudiée à l'ex. 1.01 pour T = 700 K.
p0
On admet que les valeurs de ΔrH0 et ΔrS0 trouvées pour T = 298,15 K peuvent être
utilisées à 700 K.
1
CH4 ( g ) + H2O( g ) CO( g ) + 3 H2 ( g )
2
a) à T1 = 500 K b) à T2 = 1000 K
Discutez l'action de T et de P sur cet équilibre.
88
1.05 Détermination de constantes d'équilibre de dissociation de PCl5
Le pentachlorure de phosphore se décompose par chauffage :
1
PCl5 ( g ) PCl3 ( g ) + Cl2 ( g )
2
On introduit du PCl5 pur dans un réacteur indéformable de volume V = 5 dm3 , que l'on porte
à la température T = 250 oC
On détermine les concentrations à l'équilibre :
[ PCl5 ]éq = 0,015 mol dm-3
[ PCl3 ]éq = 0,025 mol dm-3
[ Cl2 ]éq = 0,025 mol dm-3
Calculez
a) Kc b) Kp c) le nombre initial no de moles de PCl5
d) la pression totale P
PNO
2 = 6,132 . 10-2 bar
a) synthèse de HI
1
H2 ( g ) + I2 ( g ) 2 HI( g )
2
o
T = 443 C
89
K p = 50
0
p
b) Réaction de Boudouard
Le charbon ou son dérivé, le coke, est le plus important combustible utilisé en métallurgie.
Etudions la réaction qui a lieu dans les hauts-fourneaux, (le CO produit est le réducteur de
l’oxyde de Fe.)
C(s) + CO2 (g) 2 CO(g)
Soit K(1090K) = 10
Quelle sera la teneur en CO du mélange CO/CO2 à 1090K sous une pression de 1,5 bar ?
90
1.09 Réaction d'isomérisation entre gaz parfaits
A( g ) B( g )
T = 298,15 K et P = p0 = 1 bar
Calculez ΔrG0 et pour K p une réaction d'isomérisation, où à l'équilibre, la fraction molaire
p0
yA vaut 0,01.
CO H2O CO2 H2
a) 1 1 0 0
b) 1 4 0 0
c) 1 1 2 0
91
EXERCICES P. III
E.1. LA REGLE DES PHASES.
Le calcul de la variance v d'un système à l'aide de la formule de GIBBS permet la
prévision et la discussion d'équilibres entre phases de tous types.
APPLICATION à des EQUILIBRES PHYSIQUES
Ex. 1.01. Etude du diagramme des phases d'un corps pur
Déterminez et interprétez la variance v du système dans les différents états
représentés au sein d’un diagramme de phase.
T (oC) P* (kPa)
7,7 13,33
39,5 53,33
56,5 101,33
92
E.3. LES MELANGES
93
EXERCICES P.IV
Objectif
Les applications suivantes concernent des réactions dont la loi de vitesse est de type :
d [ A]
V=- = kn . [A]n avec un ordre n = 0,1,2 ou 3
dt
L’utilisation d’une méthode exposée au cours permettra de déterminer l’ordre n et la constante
de vitesse kn dont on précisera les unités.
On conservera dans les calculs les unités de temps utilisées dans les énoncés.
E.1 LOIS DE VITESSE INTEGREES
Ex. 1.01 Hydrolyse du bromure et tert-butyle.
Données expérimentales.
Réaction étudiée:
(CH3)3 C Br + H2O → (CH3)3 COH + H Br
(A) (B) (P) (Q)
A : bromure de tert-butyle
P : tert-butanol
Solvant : 90 % propanone + 10 % eau (réactif également)
Température : T = 25 °C
Méthode utilisée pour suivre le déroulement de la reaction :
Détermination titrimétrique du H Br formé
Symboles utilisés : i : indice de la mesure ; t : temps [A] : molarité
Variation de [A] en fonction du temps.
i (s.d.) t (h) [A] (mol dm-3)
0 0 0,1039
1 3,15 0,0896
2 6,20 0,0776
3 10,0 0,0639
4 13,5 0,0529
5 18,3 0,0353
6 26,0 0,0270
7 30,8 0,0207
8 37,3 0,0142
9 43,8 0,0101
Référence : BATEMAN (L.C.), HUGUE (E.D.) et INGOLD (C.K.), J. Chem. Soc., p. 960.
But de l’exercice.
94
Vérifier par différentes méthodes que la réaction admet un ordre un et déterminer la constante
de vitesse k1. On conservera l’heure comme unité de temps.
Ex.1.02. quaternation d’amines (réactifs engagés en concentrations stoechiométriques).
Equation de la réaction :
CH3I + N(C2H5)3 → H3CN+(C2H5)3I-
(A) (B) (P)
(A) : iodure de méthyle
(B) : triéthylamine
(P) : iodure de triéthylméthylammonium
Données expérimentales :
Solvant : 98% CCl4 et 2 % CH3CN ( % volumiques)
Température : 20 °C
Concentrations initiales :
[CH3I]0 = [A]0 = 0,224 mol dm-3
[N(C2H5)3]0 = [B]0 = 0,224 mol dm-3
Méthode utilisée pour suivre le déroulement de la reaction :
On suit la consommation de l’amine en fonction du temps
i t (min) [A] = [B] (mol dm-3)
0 0 0,224
1 10 0,212
2 20 0,201
3 40 0,183
4 90 0,149
5 150 0,122
6 200 0,106
7 300 0,0840
Vérifier que la réaction admet un ordre global égal à 2 et déterminer la constante de vitesse k2.
On conservera la minute comme unité de temps.
Références :
LABRIDD (M.) Thèse. Laboratoire de Cinétique Chimique. Louvain
LASSAU (Chr.) Thèse. Laboratoire de Cinétique Chimique. Louvain
95
DETERMINATION DE L’ORDRE n ET DE LA CONSTANTE DE VITESSE kn
Ex.1.03 Utilisation du temps de demi-réaction
Soit la réaction complète
A → P
Se déroulant à 55 °C
Lorsque la concentration initiale en A tombe de 0,210 à 0,104 mol dm-3, le temps de
demi-réaction passe de 581 à 1173 s.
Déterminer n et kn à partir de ces informations
96
Ex.1.05. Ioduration du m-xylène par le chlorure d’iode
Soit ArH le m-xylène ; on a la réaction
ArH + ICl → ArI + HCl
Données expérimentales :
T : 20°C Solvant : le m-xylène
Méthode utilisée pour suivre le déroulement de la réaction :
Dosage pH-métrique du HCl formé.
Variation de la concentration en ICl en fonction du temps :
97
Ex. 1.06. Chloration du TOLUENE CATALYSEE selon FRIEDEL-CRAFTS
SnCl4
ΦCH3 + Cl2 ClϕCH3 + HCl
Suivi de la réaction par dosage iodométrique du chlore résiduel.
Conditions expérimentales :
Solvant : le toluène T : 20°C [SnCl4] = 3,6.10-4 mol dm-3
Résultats
i t (min) 10² . [Cl2] (mol dm-3)
0 0,0 11,35
1 4,50 10,05
2 9,75 8,75
3 15,0 7,50
4 20,0 6,60
5 27,5 5,40
6 35,25 4,40
7 50,0 2,95
Conditions expérimentales
I t (min) 10² . [NBrS] (mol dm-3)
0 0,0 7,72 [A]0 : 1,36 mol dm-3
1 5,0 7,11 [H2SO4] : 1,05 . 10 mol dm-3
-3
98
Ex. 1.08 Pyrolyse (décomposition thermique) de l’éthylamine
C2H5NH2(g) → C2H4(g) + NH3(g)
i t (min) P (kPa)
0 0 7,33
1 1 8,00
2 2 8,53
3 4 9,60
4 8 11,20
5 20 13,60
6 60 (t∞) 14,67
99
E.2 LOI DE VITESSE ET ORDRE DE REACTION
Ex. 2.01
Quelle est la vitesse initiale de décomposition de N2O5 lorsque 3,45 g de N2O5 sont confinés
dans un récipient de 750 mL et chauffés à 65°C. Pour cette réaction, k=5,2.10-3 s-1.
Ex. 2.02
Lorsque l’on place 0,52 g de H2 et 0,19 g de I2 dans un réacteur de 750 mL chauffé à 700K,
ils réagissent selon un processus d’ordre 2 (d’ordre un par rapport à chaque réactif), avec k=
6,3.10-2 dm3.mol-1.s-1.
a) Quelle est la vitesse initiale de la réaction
b) Par quel facteur la vitesse de réaction sera-t-elle multipliée si on double la
concentration de H2 dans le mélange.
Ex. 2.03
On a obtenu les données ci-dessous pour la réaction A+B+C→produits
Concentrations initiales (mmol/dm3)
Expérience [A]0 [B]0 [C]0 V0 (mmol/dm3s)
1 1,25 1,25 1,25 8,7
2 2,25 1,25 1,25 17,4
3 1,25 3,02 1,25 50,8
4 1,25 3,02 3,75 457
5 3,01 1,00 1,15 ?
100
E.3 L’ACTIVATION THERMIQUE DES REACTIONS ISOLEES
OBJECTIFS
La loi d’ARRHENIUS sera appliquée en vue de déterminer des énergies d’activation EA
(exprimées en kJ mol-1)
EXERCICES
Ex. 3.01. EA ? (ou G*) d’une réaction d’ordre 2 caractérisée par les constantes de vitesse
suivantes :
T (°C) k2 (mol-1 dm+3 min-1)
10 2,5
20 5,5
Ex. 3.02. EA ? pour une réaction dont la constante de vitesse est 12 fois plus élevée
à 60 °C qu’à 30 °C
101
SOLUTIONS des EXERCICES
PARTIE I : THERMODYNAMIQUE CHIMIQUE
102
1.09 pouvoirs calorifiques supérieurs de combustibles
Substance Mi (g mol-1) P.C.S (MJ kg-1)
Graphite 12 - 32,8
Méthane 16 - 55,7
Dodécane 170 - 47,6
Le méthane.
KP = 0,123 bar
ΔrG0 = 5,2 kJ mol-1
103
1.07 a)
1) yHI = 0,78 y I 2 = 0,11 y H 2 = 0,11 α = 0,78
2) α = 0,964
b)
nCO = 1,60 mol
1.08 Sens favorisé :
a) T : (1)
b) P : (2)
c) addition de CH4 à V constant : (1)
1.09 K = 99
ΔrG0 = - 11,4 kJ mol-1
1.10 a) X = 0,545
b) X = 0,843
c) X = 0,302
T : favorise (1)
P : pas d'effet
3.01. : m = 3,3 kg
3.02. : Mr = 2,6.102g.mol-1
S8
3.03. : Mr = 4,89.104 g.mol-1
104
SOLUTIONS des EXERCICES (P. IV)
N° exercice n kn
1.01 1 k1 = 0,052 h-1
1.02 2 k2 = 2,5 . 10-2 mol-1 dm3 min-1
1.03 2 k2 = 8,2 . 10-3 mol-1 dm3 s-1
1.04 2 k2 = 0,65 . mol-1 dm3 min-1
1.05 3 k3 = 1,52 . mol-2 dm6 min-1
1.06 1 k1 = 2,7 . 10-2 min-1
1.07 0 k0 = 1,2 . 10-3 mol dm-3 min-1
1.08 1 k1 = 9,3 . 10-2 min-1
105
ANNEXES
ANNEXE 1 : DONNEES THERMODYNAMIQUES (T =T,c = 298,15 K)
106
ANNEXE 2 : LES ENERGIES (enthalpies) MOYENNES de LIAISON
- E10 (298,15 k) en kJ mol-1
Référence :HUEEY (J.E.). 1978. Inorganic Chemistry, 2d ed., Harper & Row, NEW YORK.
107
Références
108