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L'Espérance dans le désert de nos vies par le Diacre Aimé LASME
Premier dimanche de Carême - Année C
Chers frères et sœurs,
Notre voyage de Carême commence aujourd'hui dans le désert. Ce désert
où Jésus lui-même, « rempli de l’'Esprit Saint », est conduit pour y
être tenté. Ce lieu aride devient, paradoxalement, un terrain fertile où
notre espérance de chrétiens peut prendre racine.
Dans la première lecture, nous entendons la profession de foi du peuple
élu devant l'autel : Tu prononceras ces paroles devant le Seigneur
ton Dieu : « Mon père était un Araméen nomade, qui descendit
en Égypte : il y vécut en immigré avec son petit clan. » Cette
profession de foi résume à elle toute seule, le récit de ce peuple qui a
traversé l'esclavage, la souffrance, et l'oppression. Mais c'est aussi et
surtout le récit d'un Dieu qui est proche, un Dieu qui a entendu les cris de
son peuple, qui a vu sa misère, et qui l'a conduit « dans un pays
ruisselant de lait et de miel ».
Mais si on y prête attention, cette histoire est- qu’elle ne
ressemble pas aussi la nôtre ? Tous ici rassemblés, bien sûr que nous
connaissons chacun et chacune nos propres déserts : nos moments de
doute, de souffrance, de solitude, de tentation. Mais comme le dit si bien
le psaume que nous venons d’écouter : « Quand je me tiens sous l'abri
du Très-Haut et repose à l'ombre du Puissant, je dis au
Seigneur : 'Mon refuge, mon rempart, mon Dieu, dont je suis
sûr !' »
Voilà l'espérance dont nous parle les textes de ce jour ! ce n'est pas un
optimisme naïf, mais c’est une certitude totalement ancrée dans cette
expérience vécue d’un Dieu qui est nous est proche, d’un Dieu fidèle !
Et dans l'Évangile de ce jour, Jésus lui-même nous montre le chemin face
aux tentations : La tentation souvent du gagne-pain facile, la tentation du
pouvoir, celle de la mise à l'épreuve de Dieu – A tout cela, Jésus répond
par la Parole. Il nous enseigne que notre espérance ne peut pas être fondée
sur le confort matériel, sur la domination des autres, ou sur une foi
magique qui chercherait à faire plier Dieu à nos propres volontés.
En tant que Chrétiens, Notre espérance doit être plus profonde que cela !
D’ailleurs, Saint Paul nous le rappelle : « Si de ta bouche, tu affirmes
que Jésus est Seigneur, si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l'a
ressuscité d'entre les morts, alors tu seras sauvé. » Notre
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espérance chrétienne est intimement liée à la résurrection de notre
Seigneur Jésus-Christ. Mais elle ne nie pas la réalité de la croix, de la
souffrance, du désert, mais elle affirme tout simplement que ce ne sont pas
toutes ces choses difficiles que nous portons dans nos vies qui doivent
avoir le dernier dans notre relation avec Dieu.
Notre espérance de Chrétiens, c'est cette lumière qui persiste même dans
les ténèbres les plus profondes. C'est cette conviction que, comme Dieu a
fait sortir son peuple d'Égypte, comme il a ressuscité son Fils d'entre les
morts, il nous conduira nous aussi à travers nos déserts personnels vers
une terre promise.
Pendant ce temps de Carême, j’aimerais vous inviter, moi y compris à
chercher les signes d'espérance dans nos vies. Ils sont là, parfois discrets
comme une goutte d'eau dans le désert, mais toujours présents. Peut-être
est-ce dans un geste de pardon reçu ou donné, peut-être, est-ce dans une
main tendue envers les plus pauvres, dans une prière ou une parole de
bénédiction que nous adressons à Dieu pour quelqu’un, ou simplement
dans cette recherche d’une paix intérieure qui vient quand nous nous
abandonnons véritablement dans les mains de Dieu ?
Et le psaume de ce matin nous le rappelle : « Puisqu'il s'attache à moi,
je le délivre ; je le défends, car il connaît mon nom. Il m'appelle,
et moi, je lui réponds ; je suis avec lui dans son épreuve. ».
Voilà ce que Dieu est capable de faire pour nous, en plus de tout
l’amour gratuit qu’il nous donne, lorsque nous lui faisons
confiance !
Bien-aimés dans le Seigneur, gardons donc cette promesse dans nos cœurs
pendant ce temps de Carême. Laissons-nous conduire par l'Esprit à travers
le désert, non pas dans la crainte, mais dans la joie, l’amour et l'espérance.
Car, gardons toujours à l’esprit qu’au-delà du désert se trouve toujours la
terre promise, au-delà de la Sainte passion de notre Seigneur Jésus-Christ
se trouve toujours le matin de Pâques.
Demandons donc à Dieu, au cours de cette eucharistie de venir bénir notre
chemin de Carême et qu'il fasse grandir en nous cette vertu d'espérance
qui, contre toute attente, nous fait dire avec confiance comme le Psalmiste
: « Sois avec moi, Seigneur, dans mon épreuve. » Amen