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Cours de Géologie Générale par le Professeur Ordinaire Gabriel MAKABU K.
UNIVERSITE DE LUBUMBASHI
ECOLE SUPERIEURE DES INGENIEURS INDUSTRIELS
B.P.1825
LUBUMBASHI
COURS DE GEOLOGIE GENERALE ET
MINERALOGIE
Cours destiné aux étudiants de deuxième BAC Génie civil
Par : Professeur Ordinaire Gabriel
MAKABU KAYEMBE
Année Académique 2021 – 2022
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Cours de Géologie Générale par le Professeur Ordinaire Gabriel MAKABU K.
INTRODUCTION
1. Définition de la Géologie
Selon Foucault et Raoult (2000), « le mot géologie vient de deux termes grecs Gê
(terre) et logos (discours, logos). Il s’agit d’une science qui étudie les parties de la Terre
directement accessibles à l’observation, et l’élaboration des hypothèses qui permettent de
reconstituer leur histoire et d’expliquer leur agencement ».
Sur le plan fondamental, la géologie traitera de l’origine de la Terre, de sa
structure, de son histoire.
Sur le plan appliqué, elle s’intéressera aux ressources (matières premières) utiles
pour les usines et les travaux d’équipement du territoire (génie civil). L’exploration minière et
la géotechnique se rattachent à ce volet.
2. Insertion du cours
Avec comme prérequis, les notions de physique, chimie, mathématique, géométrie,
le présent cours de géologie apportera des éléments aux cours suivants : RDM et stabilité.
3. Finalité du cours
Le présent cours s’adresse aux étudiants désireux de connaître la planète Terre, sa
place dans le Système Solaire, ses origines, son histoire postérieure, ses ressources, son apport
pour l’homme et ses exigences par rapport à sa stabilité, à sa préservation, de manière à la
léguer « pure » aux générations futures.
Spécifiquement, chaque étudiant aura à retenir et à se servir des connaissances se
rapportant aux points clés suivants : l’histoire et la structure interne de la Terre, les matériaux
constitutifs de la Terre en l’occurrence les minéraux et les roches, les processus se déroulant ou
bouleversant la Terre et élaborant entre autres les matériaux de construction naturels,
l’échantillonnage et la recherche des matériaux de construction naturels.
Chapitre I : Géologie, Origine et Structure de la Terre 3
Cours de Géologie Générale par le Professeur Ordinaire Gabriel MAKABU K.
Iè r e PARTIE : GEOLOGIE FONDAMENTALE ET MATERIAUX DE
CONSTRUCTION NATURELS
CHAPITRE I. GEOLOGIE, ORIGINE ET STRUCTURE DE LA TERRE
Dans ce chapitre, on examinera les notions de base de l’étude de la Terre.
I.1. LA GEOLOGIE
I.1.1 LES SCIENCES GEOLOGIQUES ET LEUR OBJET
La Terre est constituée de corps minéraux et organiques ; ces derniers, cantonnés à
la surface du globe, étant quantitativement peu importants, mais qualitativement
fondamentaux, puisqu’il s’agit de la vie.
1. Les corps minéraux formant les briques à partir desquelles la Terre est constituée sont
les minéraux. La science qui étudie les minéraux est la minéralogie.
Un minéral est une espèce chimique naturelle se présentant le plus souvent sous
forme solide cristalline (objet de la cristallographie). La classification des minéraux est basée
sur leurs caractères chimiques et cristallographiques. On a regroupé les formes en 7 systèmes
cristallins (figure 1). Un même corps composé peut former des minéraux voisins qui se
distinguent par leur forme cristalline (CaCo3 : calcite rhomboédrique et aragonite
orthorhombique ; c’est le polymorphisme).
C’est la forme initiale des parallélépipèdes qui conditionne la classification en 7
systèmes cristallins définis en 1815 et 1824 :
Système cubique : cube ;
Système quadratique : prisme droit à 4 faces latérales rectangulaires
égales, et à 2 bases carrées ;
Système orthorhombique : prisme droit à 4 faces latérales rectangulaires
égales 2 à 2, et à 2 bases rectangulaires ;
Système monoclinique (ou clinorhombique) : prisme oblique à 4 faces
latérales parallélogrammatiques égales 2 à 2, et à 2 bases rectangulaires ;
Système triclinique : prisme oblique à 4 faces latérales et à bases
parallélogrammatiques ;
Système rhomboédrique : 6 faces losangiques égales ;
Système hexagonal : prisme droit à 6 faces latérales rectangulaires égales.
4 Chapitre I : Géologie, Origine et Structure de la Terre
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Figure 1. - Les 7 systèmes cristallins
2. La plupart du temps, les minéraux ne se rencontrent pas isolés. Ils s’associent pour
constituer des roches qui sont les matériaux de base de la Terre, en tout cas des parties solides
observables directement ou indirectement. Les roches sont variées et nombreuses. Les sciences
qui étudient les roches sont la pétrographie (description et classification) et la
pétrologie (description, classification et genèse
3. Les formations rocheuses, qu’elles soient sédimentaires ou magmatiques, peuvent être
déformées par les forces qui s’exercent au sein de la Terre et qui président, par exemple, à la
formation des chaînes de montagnes. L’étude de ces déformations, des tenseurs de contraintes,
des morphologies résultantes (failles, diaclases, plis, charriages, chevauchements, etc.) fait
partie de la tectonique ou géologie structurale. Tous ces phénomènes ne sont en fait que la
manifestation de mouvements qui se déroulent à l’échelle du Globe, comme le déplacement
des continents ou la formation des océans. C’est une science globale dans le sens où elle traite,
en principe, de la plupart des phénomènes géologiques se déroulant sur la Terre.
Chapitre I : Géologie, Origine et Structure de la Terre 5
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4. D’autres domaines se rapportent encore à l’étude de notre globe. La géophysique regroupe
les applications de principes physiques à l’étude du sous – sol. On y trouve ainsi la gravimétrie,
la sismique, la géoélectrique, le magnétisme, etc. (voir chapitre IX).
En fait, deux grands types d’application peuvent être distingués : d’une part, la
géophysique profonde (interne) étudie la Terre dans son ensemble, comme son champ de
gravité, ses subdivisions (écorce, manteau, noyau), son champ magnétique ; d’autre part, la
géophysique de subsurface s’intéresse à l’utilisation des mêmes méthodes mais destinées à
investiguer les quelques mètres à dizaines de mètres sous la surface du sol. C’est donc une
science qui concerne très fortement l’ingénieur.
5. La géochimie, comme son nom l’indique, est la chimie de la Terre. Elle étudie les processus
qui fractionnent, transportent, déposent les divers éléments (en fait, quasiment tout le tableau
de Mendeleïev !). Elle se rapporte donc à tous les domaines de la géologie, depuis les
profondeurs jusqu’à la surface et l’atmosphère, ainsi que la vie. Elle s’intéresse au
comportement des éléments majeurs et en traces dans le sol, les végétaux, l’eau, les alluvions
et les roches. Elle permet de mettre en évidence des gisements métallifères cachés.
6. La géologie stratigraphique
Elle étudie la succession des événements géologiques au cours des temps géologiques qui sont
subdivisés en 5 grandes périodes :
a. Le Précambrien (4.5 milliards à 600 millions d’années) c’est la période la plus longue ;
b. Le Paléozoïque ou Primaire (570 millions à 225 millions d’années) ;
c. Le Mésozoïque ou le Secondaire (225 à 65 millions d’années) ;
d. Le Cénozoïque ou Tertiaire (65 à 2 millions d’années) ;
e. Le Quaternaire < 2 millions d’années (apparition de l’homme).
Il faut noter que de toutes ces périodes géologiques, c’est la première qui est la
plus importante parce qu’elle regorge des tonnages très élevés en métaux.
7. La paléontologie
Elle étudie les fossiles qui sont des restes des traces de la vie animale et végétale ; elle se
subdivise en
La paléobotanique ;
La palynologie ;
La micropaléontologie (importante en recherche pétrolière).
La paléontologie permet de dater les terrains sédimentaires.
8. La géodynamique
On distingue :
- La géodynamique externe : qui se consacre aux phénomènes géologiques se déroulant
à la surface du globe (continents et océans) : altération, érosion des roches, transport
des sédiments (eau, vent glaciers), sédimentation.
- La géodynamique interne : qui étudie la structure physique du globe en passant par la
connaissance approfondie des volcans, séismes, venues magmatiques, tectoniques,
mécanique et résistance des roches, etc.
9. La géologie appliquée
C’est une science en pleine expansion qui couvre de nombreux domaines :
a) La géotechnique : géologie du génie civil, étudie la stabilité des tunnels des galeries de
mines, des pistes d’aéroport, des barrages ; … bref, la stabilité des ouvrages d’art.
b) La métallogénie : recherche et étude des gisements minéraux.
c) L’hydrogéologie : étude des eaux souterraines contenues dans différents terrains, les
méthodes de les capter et de les exploiter.
d) La géologie des combustibles minéraux : pétrole, charbon, gaz méthane, …
e) La pédologie : étude des sols.
6 Chapitre I : Géologie, Origine et Structure de la Terre
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I.1.2. LE TEMPS EN GEOLOGIE
Nous rependrons plus tard l’histoire de la Terre en détail. Il est bon cependant
d’examiner les grandes divisions de cette histoire pour posséder un schéma temporel.
a. Le temps de la stratigraphie
Les couches sédimentaires se déposent les unes au-dessus des autres dans le bassin
de sédimentation (figure 7). Elles constituent ainsi un empilement de strates séparées par des
joints de stratification. Cette disposition nous donne une première clé chronologique : les
couches les plus anciennes sont les couches les plus profondes (à moins que toute la série n’ait
été retournée par les phénomènes tectoniques, ce que nous verrons plus loin).
L’étude de l’évolution des êtres vivants fournit des outils pour diviser la durée des
temps géologiques, du moins, bien – sûr, depuis que la vie a laissé des traces dans les roches
sédimentaires. On recourt à certaines espèces vivantes ayant une grande dispersion spatiale (ils
vivent par exemple dans toutes les mers du globe) mais n’ayant vécu sur terre que pendant une
courte période (quelques millions d’années). Ce sont de bons fossiles guides.
Figure 7. - Le principe de stratigraphie est
ici illustré schématiquement par la
formation de trois couches successives de
roches sédimentaires : une couche de
sable (1), une couche d’argile (2) et une
couche de calcaires résultant du dépôt de
coquilles d’organismes (3). On voit bien
que la SUCCESSION TEMPORELLE A – B
– C – D est inscrite dans les roches par la
SUCCESSION VERTICALE 1 – 2 – 3.
b. Le temps des fossiles
De cette manière, on a défini l’échelle des temps fossilifères (tableau 2). On
trouve d’abord de grandes subdivisions : les ères. On a l’Ere Primaire ou Paléozoïque, l’Ere
Secondaire ou Mésozoïque et l’Ere Tertiaire ou Cénozoïque, dont le Quaternaire en constitue
la fin. Avant l’Ere Primaire dont le début est marqué par l’explosion très diversifiée de la vie
dans les océans, on trouve le Précambrien, en fait la plus grande partie de l’histoire de la
Terre !!
c. Le temps de la radioactivité
La radioactivité fournit le temps dont le géologue a besoin. En effet, la loi de
décroissance radioactive [I - 1] est une loi immuable, qui ne dépend pas des conditions physico
– chimiques. Elle nous permet donc, dans des systèmes naturels bien choisis, de déterminer un
âge qui est, par exemple, l’âge de solidification d’un magma.
t
N Noe [I - 1]
De cette manière, une échelle chronologique absolue a pu être surimposée à
l’échelle des fossiles.
Chapitre I : Géologie, Origine et Structure de la Terre 7
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Tableau 2. - Echelle des temps géologiques
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I.2. ORIGINE ET STRUCTURE INTERNE DE LA TERRE
I.2.1. La place de la Terre dans l’Univers
La terre fait partie de l’univers constitué du système solaire et de galaxies. Elle
est l’une des 9 planètes principales du système solaire : Mercure, Venus, Terre, Mars, Jupiter,
Saturne, Uranus, Neptune et Pluton (fig. 8). Actuellement Pluton n’est plus considéré comme
une planète, mais plutôt comme une étoile naine. Les quatre premières sont des petites planètes
internes, et les autres sont dites grosses planètes ou planètes externes.
Elles tournent autour du soleil dans le même sens et pratiquement dans le même
plan. La rotation des planètes se produit dans le même sens que leur mouvement, sauf pour le
pluton.
Figure 8. Le système solaire
Le soleil
Masse : 99,8% de la masse du système solaire
Composition interne : H (80%), He (18%), gaz divers (2%).
Une partie interne à densité estimée à 110, et pression à 150.106 tonnes.
La photosphère ou atmosphère solaire à environ 300 km d’épaisseur
La chromosphère : 8.000km d’épaisseur, avec une température de 5 à 20.000°c.
La couronne, faite de gaz extérieurs au soleil, avec une température de 500.000°c.
I.2.2. Origine du système solaire
a. Théories émises
Plusieurs hypothèses ont été émises sur l’origine du système solaire. On
distingue entre autre :
Hypothèse de LAPLACE
Le système solaire serait issu de la condensation d’une Nébuleuse étant encore
froide, formée de gaz H et He atomiques. Cette condensation se serait faite par un
échauffement progressif de gaz dû à des passages d’astéroïdes. La nébuleuse aurait ainsi donné
des noyaux incandescents destinés à devenir des étoiles et du soleil. Par action de la force
centrifuge les anneaux équatoriaux préexistants autour de ces noyaux incandescents auraient pu
se détacher périodiquement et donné les planètes.
Hypothèse de UREY
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Le soleil serait né d’un globule formé par condensation de matière à basse
température. Ce globule va s’échauffer en se contractant jusqu’à une température permettant
aux réactions thermonucléaires de s’amorcer en son centre. Une partie très faible de matières,
environ 1/10 va échapper à la condensation de l’ensemble et va former autour de ce globule un
disque aplati de diamètre égal à celui du système solaire actuel. La rotation du disque va
provoquer une agglomération de particules de ce disque d’autant plus grosse que celle-ci se
trouve à l’extérieur. Une formation des planètes externes d’autant plus grosses et des planètes
internes d’autant plus petites que celles-ci se trouvent à l’intérieur.
b. La Terre
La Terre est une planète du système solaire. Le Soleil est une étoile de la galaxie voie Lactée,
proche de celle d’Andromède. La galaxie Voie Lactée constituée de deux bras spiralés a un
diamètre d’environ 70000 année – lumière (1 année – lumière vaut environ 1013km) (fig. 9).
Une galaxie comprend une centaine de milliards d’étoiles, et l’Univers observable compte une
centaine de milliards de galaxies. Son diamètre est de l’ordre de milliards d’année-lumière.
L’âge de l’Univers est d’environ 20.106d’années, celui d’une galaxie 15.106d’années ; pour le
Soleil et la Terre, on l’évalue respectivement à 4.7.106 et 4.6.106années.
Figure 9. Galaxie Voie Lactée
- Age de la terre
Différentes méthodes de datation effectuée sur les roches de la terre et sur les
météorites ont permis d’estimer l’âge de la terre à au moins 4,5 milliards d’années.
- Forme de la Terre
La forme de la terre, voisine d’un ellipsoïde de révolution, en est différente, à
cause de l’inégale répartition des masses en surface.
Sur 510 millions de km2 (surface de la terre), 361 soit 70,8% sont occupées par
les océans, contre 149 soit 29,2% sont occupés par les continents ; et à cause également de la
localisation (les 2/3 des continents sont situés dans l’hémisphère Nord.
La forme de la terre la plus probable est donc celle d’un ellipsoïde présentant
des creux et des bosses au niveau des continents (creux de l’antarctique) et des océans (la
saillie arctique).
D’autres caractéristiques :
Rayon vertical ou polaire : 6.356,912km ;
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Rayon équatorial ou horizontal : 6.378,388km ; la terre est donc aplatie aux pôles
(l’aplatissement est de 1/297).
Densité de la terre
Masse : 5,976.1027g = 5,976.1021 tonnes ;
Volume : 1,803.1027 cm3
Densité : 5,5 (la plus forte de toutes les planètes).
I.2.3. La naissance de la Terre
L’énergie gravitationnelle libérée lors de l’accrétion provoque la fusion quasi –
totale de la Terre. C’est à ce moment que commence la phase de différenciation : les divers
constituants de la Terre primitive se séparent suivant leurs propriétés physico – chimiques. La
pression lithostatique et la radioactivité interne auraient joué un rôle dans la fusion et la
différenciation de la Terre.
Les éléments réfractaires, les silicates, plus légers, montent vers les zones
extérieures de la planète et forment ainsi le manteau solide. Par contre, le fer plus fusible et
plus lourd descend vers le cœur pour former le noyau. Liquide, ce noyau, au fur et à mesure du
refroidissement de la Terre, commence à se solidifier. Ainsi se forme une graine, résultant de
la cristallisation du liquide du noyau en son centre. Cette solidification continue toujours.
I.2.4. Structure physique et chimique du globe
I.2.4.1. Méthodes d’études
La constitution interne du globe terrestre a été établie à la suite des méthodes
directes et indirectes.
A. Méthodes directes : approche géologique
La géologie a permis d’obtenir des informations concernant les parties
superficielles du globe terrestre, jusqu’à 7000-8000m de profondeur, atteinte par les sondages
pétroliers. Elle s’est servie également des matériaux rejetés par les volcans en forme des laves.
C’est ainsi que, considérant la constitution des couches superficielles du globe
terrestre, on a constaté que :
95% des roches ont une composition granitique et sont constituées principalement de
silicium et aluminium d’où le nom de SIAL donné à cette couche (SUESS) ;
98% des laves émises ont une composition de basaltes, formés à prédominance de
silicium et magnésium, d’où le nom de SIMA (SUESS).
Ainsi, les continents sont constitués de SIAL, et sous les continents se trouve la
couche de SIMA (Fig. 10).
Figure 10. – Composition chimique de la croûte et du manteau de la Terre
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L’épaisseur des roches du SIAL varie entre 30-40km (voire 80 km dans des
régions montagneuses) et leur densité est de 2,7. La densité des roches du SIMA est d’environ
3.
Les observations indirectes permettent d’aller plus loin sans beaucoup dépasser
la dizaine de km. :
Soit en considérant la nature des matériaux rejetés par les volcans (laves) ;
Soit en supposant que certaines régions du globe ont été relevées et mises à jour par
l’érosion.
B. Méthodes indirectes
La géophysique est la mieux placée pour donner une idée sur la constitution
interne du globe. Les principales méthodes utilisées sont les suivantes :
1. La géothermie
Le gradient ou degré géothermique d’un lieu est la longueur en mètre dont il
faut descendre sous la terre pour augmenter la température de 1°c. Cette augmentation est
variable suivant les régions et la nature des roches. En moyenne, elle est de 1°/33m.
Exemple de la mine de Kipushi 1250m, température 40°C d’où nécessité
d’aérer.
Toutefois, il faut retenir que cette augmentation est de :
1°/10m : région volcanique (Kivu) ;
1°/27m : bassins pétrolifères (Moanda) ;
1°/60m : régions granitiques (centre du Katanga)
Si l’on admet que le gradient géothermique continue à augmenter au-delà des
régions explorées par l’homme, on atteindrait des zones dans lesquelles toutes les roches
seraient en fusion (déjà à 45km, la température est d’environ 1350°C).
Ainsi donc, le globe terrestre serait constitué d’une enveloppe superficielle
caractérisée par sa rigidité et son élasticité (la lithosphère) et dont l’épaisseur moyenne est
d’une centaine de km. Cette lithosphère entoure une zone formée de matériaux plus ou moins
fondus, plastiques, qui se déforment lorsqu’ils sont soumis à des contraintes, même faibles
(l’asthénosphère). Cette dernière peut être considérée comme un milieu visqueux qui permet à
la lithosphère de se déplacer à la surface de notre planète et même de s’enfoncer jusqu’à
plusieurs centaines de km de cette surface.
2. Données gravimétriques
La densité moyenne de la terre est de 5,5 et celle de la lithosphère varie entre 2.7
et 3.3. Ces différentes données permettent de supposer l’existence au sein du globe des roches
de densité plus élevée. L’étude de météorites a permis de confirmer les données
gravimétriques. Les météorites sont des fragments de planètes appartenant au système solaire
et aujourd’hui pulvérisés. La plupart d’entre elles se volatilisent car portées à très haute
température par frottement dans l’air, tandis que quelques-unes arrivent au sol, généralement
petites mais exceptionnellement de grande taille. Elles ont des compositions comparables à
celles des alliages et appartiennent à 3 grandes catégories :
Les sidérites : Fe (90%), Ni (8.5%) ; Co (0,5%) ; P, S, C, en faible quantité Il existe une
grande variété de météorites, parmi lesquelles on distingue trois groupes :
les météorites métalliques ou sidérites forment 4,5% des météorites ;
les météorites métallo-pierreuses ou lithosidérites sont rares (1,2%) ;
les météorites pierreuses sont très abondantes (94,3% du total).
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1. Les sidérites : 4,5%
Elles sont constituées d’un alliage de Fe et de Ni sous deux formes principales :
la kamacite (Ni < 8%) cristallise dans le système cubique centré ;
la taenite (Ni > 20%) cristallise dans le système cubique à faces centrées.
2. Les lithosidérolites (1,2%) : Si, O, Fe, Mg Sont constituées des phases métalliques
et des phases silicatées étroitement imbriquées. Elles contiennent des plagioclases et
des pyroxènes dominants avec du métal en inclusion dans les silicates
3. Les aérolites : Si, O, Fe, Mg, Al, Ca, Na Les météorites pierreuses (94,3%)
Ce sont les corps les moins différenciés qui comprennent :
Les chondrites (85,4%)
Elles contiennent des sphérules nommées chondrules. Celles-ci ont la taille voisine de
mm et représentent des gouttes de liquides formés lors des premières collisions. Les chondrites
sont considérées comme des météorites les plus primitives (les moins évoluées).
Parmi elles, on distingue :
Les chondrites carbonées (4,7% des météorites) formées d’un matériau ayant subi un
réchauffement si léger que plus de 20% d’eau, le carbone ainsi que d’autres éléments
et composés volatiles y sont présents. Ce sont les seules météorites contenant des
phyllosilicates (argiles) ; leur densité est faible (2,2). Dans leur matrice fine, on a de
la magnétite, du graphite mal cristallisé, des argiles, des polymères organiques (acides
aminés) et de la troïlite (FeS). Elles contiennent accessoirement des cristaux d’olivine
et de pyroxène, du verre et des inclusions métalliques. On y observe des éléments à
point de fusion bas : Hg, Tl, In, Bi, etc.
Les chondrites ordinaires (80,6%) se répartissent en chondrites E (à
enstatite : 1,5%), H (à bronzite ou teneur élevée en Fe), L (à
hypersthène : faible teneur en Fe).
Les Achondrites (8,9%)
Ne contiennent pas de chondrules. Leur structure est grenue. La taille de leurs cristaux
généralement plus gros que dans les chondrites est due à un refroidissement lent à partir du
matériel fondu. Ces météorites sont moins fréquentes. Elles sont bréchiques, pauvres en
métaux, composées d’olivine et de divers pyroxènes.
Les diverses datations radiométriques obtenue sur les météorites donnent un âge
de 4 à 5 milliards d’année, comparable à celui de la terre, d’où l’idée que les planètes, dont les
fragments sont des météorites devraient être formées d’un noyau métallique sur lequel flottait
une scorie silicatée de plus en plus pauvre en Fe vers la surface .Il en serait de même pour la
terre où la zone Ferro –nickel correspondrait au noyau et celle des aérolites à l‘enveloppe
3. Données magnétiques
On admet actuellement que le soleil possède une charge électrique énorme et
développe en tournant autour de lui–même un champ magnétique qui s’étend au- delà des
planètes externes.
C’est en accomplissant sa rotation autour de ce champ magnétique que la terre
s’électrise ; mais pour expliquer ce magnétisme terrestre il faut envisager que le globe contient
une quantité suffisantes de métaux et plus particulièrement du Fe et du Ni pour qu’elle puisse
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jouer un rôle d’aimant et ces métaux n’existant pas en grande quantité à la surface de la terre, il
faut les situer dans les zones internes du globe terrestre étant entendu qu’a la température
d’environ 790 degrés (point de Curie) les roches perdent leur aimantation.
4. Données séismologiques
Un séisme est un ébranlement de la croûte lithosphérique en un point quelconque
provoquant des vibrations qui vont se transmettre à travers une partie du globe. Le passage de
ces vibrations constitue un séisme ou tremblement de terre.
Ces vibrations sont des ondes élastiques engendrées à l’intérieur du globe par des ruptures de
couches lorsque la déformation tectonique dépasse la limite d’élasticité ou de tension
maximale.
A la surface de la terre, ces ruptures se traduisent par des cassures nettes souvent très étendues
le long desquelles des blocs situés de part et d’autre se sont visiblement séparés
horizontalement ou verticalement .Ces cassures s’appelant failles
La portion du globe terrestre à partir de laquelle est issu le choc (séisme) est
nommé hypocentre ou foyer. L’épicentre se trouve à la verticale de l’endroit où a lieu la
cassure profonde.
On peut donc dessiner des lignes isoséistes d’égal degré séismique enveloppant un épicentre de
degré séismique maximal, ponctuel en certains cas, allongé dans d’autres cas, et correspondant
alors à une faille.
L’aire pleistoséiste est la surface limitée par l’isoséiste d’intensité maximale (Fig. 11).
Figure 11. Hypocentre et épicentre d’un séisme
L’intensité maximale d’un séisme s’exprime en magnitude qui est fonction de l’amplitude
maximale du mouvement au sol à une distance donnée ; cette dernière est lue sur les
enregistrements du séismographe. La magnitude d’un séisme est le logarithme décimal de son
amplitude maximale mesurée en microns à une distance épicentrale de 100 Km par un
sismographe étalon. Elle est liée à l’échelle internationale d’intensité par la relation suivante :
M = 1 + 2/3 I. M = Magnitude, I = Intensité.
La magnitude est liée à l’énergie E engendrée par un séisme par la relation suivante :
log E=11,4+1.5M (En ergs)
Pour M = 6,4, on a log E = 11,44 + (1,5x6,4) = 21 ; d’où E = 1021 Ergs et comme 1 Cal = 4,18
x 107 Ergs, E = 1021 / 4,18 x 107 Calories soit E = 2,4 x 1013 Calories.
La magnitude la plus élevée enregistrée jusqu'à maintenant est de 8.6 (Chili,
1960). Les tableaux 3 et 4 donnent les correspondances entre les échelles de caractérisation de
l’intensité des séismes.
Les hypocentres des séismes sont généralement superficiels et se situent notamment à moins
de 50 Km de profondeur.
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Tableau 3. Correspondance entre la description, la magnitude, les effets et la fréquence d'un
type de séisme
Description Magnitude Effets Fréquence
Moins de
Micro Micro tremblement de terre, non ressenti. 8 000 par jour
1,9
Très mineur 2,0 à 2,9 Généralement non ressenti mais détecté/enregistré. 1 000 par jour
Mineur 3,0 à 3,9 Souvent ressenti mais causant rarement des dommages. 49 000 par an
Secousses notables d'objets à l'intérieur des maisons,
Léger 4,0 à 4,9 bruits d'entrechoquement. Dommages importants peu 6 200 par an
communs.
Peut causer des dommages majeurs à des édifices mal
Modéré 5,0 à 5,9 conçus dans des zones restreintes. Cause de légers 800 par an
dommages aux édifices bien construits.
Peut être destructeur dans des zones allant jusqu'à 180
Fort 6,0 à 6,9 120 par an
kilomètres à la ronde si elles sont peuplées.
Peut provoquer des dommages modérés à sévères dans
Majeur 7,0 à 7,9 18 par an
des zones plus vastes.
Peut causer des dommages sérieux dans des zones à des
Important 8,0 à 8,9 1 par an
centaines de kilomètres à la ronde.
1 tous les 6 ans
Dévaste des zones de plusieurs milliers de kilomètres à
Dévastateur 9,0 et plus
la ronde.
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Tableau 4. Explication de l'échelle de Mercalli et comparaison à l'échelle de Richter
D’une façon générale, les séismes intermédiaires et profonds se rencontrent à la bordure péri-
Pacifique (Japon, Indonésie, Amérique du Sud) où ils coexistent avec des séismes superficiels
plus nombreux.
Les séismes superficiels sont plus proches de côtes et deviennent intermédiaires
et profonds au fur et à mesure que l’on s’éloigne de côtes vers l’intérieur de continents.
Exemple Amérique du sud : foyers superficiels : ou cordillère des Andes ;
foyers profonds : ou plateaux anciens du Brésil et de l’Argentine.
On a pu ainsi déterminer que l’ensemble de foyers superficiels intermédiaires et
profonds se distribuaient sur des surfaces qui plongeaient d’environ 50° à la périphérie du
pacifique, sous les continents qui les bordent. Une telle surface dite plan de Bénioff recoupe les
différentes couches du globe.
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C. Méthodes quantitatives indirectes
Elles sont basées sur l’enregistrement des séismes par des appareils
(séismographes) implantés en divers points plus ou moins éloignés de l’épicentre.
L’étude des séismes exige des stations d’enregistrement à l’échelle du globe,
distribuées dans différents pays, exemple en RDC il existe des centres d’enregistrement à
Bukavu (LWIRO) ;
Kinshasa (Binza) ;
Lubumbashi (Karavia, Département de Géologie UNILU)
a) Les séismographes (Fig. 12)
Figure 12. Les sismographes à aimant (flux gate) à gauche et à torsion du ressort (à
droite)
Les sismographes permettent d’enregistrer les ébranlements ou ondes
sismiques provoqués par les séismes : Ondes P (ondes longitudinales ou de compression),
ondes S (ondes transversales) et ondes L (ondes de Rayleigh ou circulaires et ondes de Love ou
de torsion). Chaque tremblement de terre se caractérise par trois trains d’ondes d’amplitude
croissante : Les ondes premières (P), les ondes secondes (S) et les ondes longues (L). Les
ondes L se propagent tout près de la surface du globe avec une vitesse uniforme. Les ondes P et
S, plus rapides que les ondes L se propagent dans les couches profondes du globe avec une
vitesse non uniforme. L’onde P accroît son avance sur l’onde S et dans une station donnée,
l’écart entre le moment d’arrivée de la première onde P et celui de la première onde S ne
dépend que de la distance à l’épicentre. La mesure de cet écart sur les sismogrammes permet
donc de calculer la distance épicentrale.
Après chaque séisme enregistré, l’appareil nous donnera un graphique appelé
séismogramme ou sismogramme qui ne sera utilisable que lorsque les séismes sont éloignés.
Pour les séismes proches, le proche séismographe n’enregistrera que des oscillations brutales et
qui sont indéchiffrables.
I.2.4.2. Composition de la croûte
Elle représente 1,5% volume de la terre. On distingue :
la croûte continentale, épaisse en moyenne de 35km ;
la croûte océanique, très mince (8km).
I.2.4.3. Composition du manteau
Le manteau représente 82,5% en volume de la terre. Son épaisseur est de 2900km, on
distingue : le manteau supérieur jusqu’à 670km ; le manteau inférieur de 670 à 2900km.
17
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I.2.4.4. Composition du noyau (16%)
Le noyau représente 16% du globe terrestre. Il est séparé du manteau par une
discontinuité dite de Gutenberg. Cette discontinuité se manifeste par un ralentissement des
vitesses des ondes sismiques traduisant un changement de composition par rapport au manteau.
Contrairement au manteau et à la croûte, le noyau n’est pas silicaté ou est très peu
silicaté. On distingue :
le noyau externe, jusqu’à 5150km. Il a un comportement liquide, et est
composé principalement de fer, sulfures et un peu de silicium ;
le noyau interne ou graine. Il a un comportement solide (alliage Ni-Fe).
Le noyau pourrait être formé d’un alliage Fe-Ni correspondant à la densité qui qu’on peut
atteindre pour rétablir une moyenne avec les couches superficielles de densité plus faible.
Vers 5000 Km de profondeur une autre discontinuité sur laquelle les ondes se
réfléchissent, délimite la graine (discontinuité de Lehman) (Fig. 14 a et b).
Figures 14. – Structure interne du globe terrestre (a) et types de
discontinuités (b)
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CHAPITRE II. LE CYCLE GEOLOGIQUE ET LES MATERIAUX DE
L’ECORCE TERRESTRE
II.1. LE CYCLE GEOLOGIQUE
La notion de cycle peut porter à confusion. Il ne s’agit pas ici d’un phénomène
purement périodique, régulier, mais d’une mouvance dans laquelle des phénomènes apparentés
se succèdent dans le temps.
Tout part de la stabilité du minéral, l’un des matériaux constitutifs de l’écorce
terrestre et qui génère par assemblage le second matériau appelé roche.
Les conceptions thermodynamiques (pression et température) président à la
transformation des minéraux et donc des roches, par voie de conséquence à la formation de
nouveaux type de roches. Les roches magmatiques formées par la solidification des magmas
se transforment à la surface de la lithosphère (que ce soit à l’air libre ou au fond de l’océan, ou
encore dans les domaines envahis par les nappes d’eau souterraines de quelques dizaines de
mètres à quelques kilomètres de profondeur) pour donner des composants différents qui, après
bien des épisodes évolutifs (réactions chimiques, effets mécaniques, transports, dépôts, …),
donneront naissance à des sédiments qui, consolidés, aboutiront à la constitution des roches
sédimentaires. L’enfouissement de ces dernières provoquera une nouvelle transformation sous
l’effet de la pression, de la température, des fluides : c’est le métamorphisme. Allant parfois
jusqu’à la fusion totale ou partielle. On retrouve là les conditions du magmatisme (figures 15
et 16).
19
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Figure 26. Cycle évolutif des roches (Schumann, 1989)
II.2. LES MINERAUX
II.2.1. Les éléments : les familles et leur distribution
Les minéraux les plus fréquents sont les aluminosilicates de Fe , Ca , Na , K et
les oxydes de Mg et de Fe .
En fonction de leurs propriétés chimiques, les éléments se répartissent en 4 grandes
familles.
1. La famille sidérophile comprend les éléments se trouvant à l’état
métallique : Les éléments fortement sidérophiles comprennent les métaux
nobles ( Au , Pt , Pd , Os , Ir , Ru , Rh ) et les éléments à tendance
sidérophile : Fe , Mn , Co , Ni , Mo , Tc , Ag , Cd , In , Sn ,
Sb , W , R e , Hg , Pb
2. La famille chalcophile groupe les éléments se trouvant surtout à l’état de
sulfures. On y trouve surtout Cu et Ag , ainsi que V , Cr, Mn , Fe
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, Co , Ni , Mo , Tc , Ru , Rh , Pd , Cd , In , Sb , Te , I ,
W , R e , Os , Ir , Pt , Au , Hg , Pb , Bi .
3. La famille hydrophile comprend les éléments ayant une forte affinité avec
les fluides hydratés : Li , Be , Cl , Nb , Mo , Sn , Au .
4. Les éléments biophiles : sont ceux qui participent activement à la
structure de la matière vivante et dans son cycle. On citera ainsi :
O, H, C, N, et en plus P, S, Cl. Pour les non-métaux, ce sont
surtout Na, K et Ca. En partie I et B peuvent être reliés à ce
groupe.
5. La famille atmophile : N, C, S.
Enfin, notons que des éléments pondéralement moins bien représentés jouent un
rôle considérable dans les phénomènes géologiques. Le carbone est de ceux – là puisqu’il est à
l’origine du développement de la vie dont le rôle géologique est énorme (matières organiques,
carbonates). Citons aussi le phosphore, le soufre et le chlore.
II.2.2. Les grandes familles minéralogiques
II.2.2.1. Les silicates
Ils constituent la majeure partie du manteau terrestre et de la croûte. Cette
« universalité terrestre » provient de deux facteurs : l’abondance de l’oxygène et du silicium et
de l’oxygène qui peuvent constituer un grand nombre de composés. L’architecture des silicates
repose sur les propriétés de cette liaison Si O dont de très nombreuses dispositions
stéréochimiques existent. C’est sur ces dernières que repose la classification des silicates.
Celle – ci se base donc sur le mode d’assemblage des tétraèdres Si O4 4 (figure
17). Les tectosilicates ont leurs tétraèdres unis les uns aux autres par leurs sommets, comme le
quartz. Dans les nésosilicates, les tétraèdres sont isolés, unis par des cations bivalents. Les
sorosilicates sont formés de deux tétraèdres unis par un seul sommet. Les inosilicates
montrent des chaînes ou des rubans de tétraèdres. Les cyclosilicates se présentent en anneaux.
Enfin, les phyllosilicates sont formés de couches de tétraèdres unis par leurs trois sommets et
formant un réseau plan à mailles hexagonales. Chaque disposition structurale diffère par le
nombre d’atomes d’oxygène mis en commun. Signalons que plus le nombre d’atomes
d’oxygène mis en commun est grand, plus la température de fusion est faible. C’est ainsi que
ce sont les nésosilicates qui cristallisent à plus haute température (1.800°C pour une olivine,
1.300°C pour un plagioclase). Cela a une importance fondamentale lors des phénomènes
magmatiques, notamment la cristallisation fractionnée des différents minéraux à partir d’un
liquide magmatique.
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Figure 17. Différentes structures des silicates
On peut également voir la situation des silicates comme une polymérisation
croissante, depuis les nésosilicates avec leurs tétraèdres isolés, jusqu’aux tectosilicates où tous
les tétraèdres sont liés le plus intimement.
a. Nésosilicates
Les tétraèdres isolés sont réunis par des cations bivalents. La formule globale est
donc :
Si O4 4 ou encore Si4 O16 16
Les cations sont, par exemple Mg et Fe, ce qui donne :
Mg 2 Si O4 : forstérite,
Fe2 Si O4 : fayalite
On retrouve aussi : topaze, sphène, zircon, ainsi que des minéraux de
métamorphisme : andalousite, sillimanite, disthène, silicates d’alumine, de formule
Al 2 Si O5 la staurodite. Les silicates d’alumine sont intéressants, comme les olivines surtout
magnésiennes, dans la fabrication des briques réfractaires grâce à leur température de fusion
élevée et leur expansion (dilatation) faible.
b. Inosilicates
Dans les cas des inosilicates en chaîne, un oxygène est commun à 2 tétraèdres
voisins et il reste deux valences libres. On a donc la formule générale :
Si O3 2 ou encore Si4 O11 8
Les pyroxènes font partie de cette famille. Ce sont également de très importants
minéraux du magmatisme basique et ultrabasique. On y distingue deux classes : les
orthopyroxènes ferro – magnésiens et les clinopyroxènes essentiellement calco – magnésiens
mais riches aussi de divers cations. Ces deux familles constituent chacune une famille
isomorphe comme pour l’olivine. On a :
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Orthopyroxènes : EnstatiteMg Si O3 ---------- Hypersthène Mg, FeSi O3
Clinopyroxènes : Diopside Ca MgSi O3 --- Augite CaMg, Fe, Al, Ti A, Si2O6
2
Les amphiboles sont les inosilicates en ruban les plus abondants et les plus
importants en pétrographie. Par rapport aux pyroxènes dont elles se rapprochent, les
amphiboles sont hydroxylées et ne comptent pas un pôle ferro – magnésien. Elles se regroupent
autour de quelques séries au sein desquelles s’opèrent des substitutions entre ions de tailles
voisines. On les rencontre dans les roches magmatiques et métamorphiques où les amphiboles
jouent un rôle important.
c. Phyllosilicates
Les tétraèdres s’associent pour former un feuillet infiniment grand. Le minéral est
alors constitué d’une suite de feuillets accolés. Le réseau plan à mailles hexagonales donne la
formule globale suivante : Si4 O10
4
De plus, entre les plans de tétraèdres, on a des plans intermédiaires formés de
radicaux O H et de divers cations. Cette structure aboutit à des minéraux lamellaires comme
les micas, le talc, les minéraux des argiles. Dans cette catégorie de silicates, on trouve des
minéraux à la fois typiques des roches magmatiques ou métamorphiques (les micas, le talc) et
des minéraux courants dans les roches sédimentaires (les argiles, intermédiaires fondamentaux
dans les phénomènes d’altération).
Par exemple, le talc a comme formule :
Mg3 Si4 O10 OH 2
Les six charges négatives sont saturées par 3 atomes de magnésium.
La kaolinite, minéral très important dans le monde des argiles, a pour formule :
Al4 Si4 O10 OH 8
Ici, c’est l’aluminium, non intégré dans le réseau des tétraèdres, qui sature les
charges négatives. Il peut aussi y avoir remplacement d’un Si par un Al avec libération d’une
valence. On obtient ainsi des formules de base comme :
Al Si3 O10 5 ou Al2 Si2 O10 6
Dans cette catégorie, on trouve les micas : muscovite (mica blanc), biotite (mica
noir).
d. Tectosilicates
Puisque les tétraèdres sont unis par leurs quatre sommets, il n’y a aucune valence
libre. La formule générale est :
Si O2 0 ou, d’une manière équivalente Si4 O8 0
1. Le quartz
C’est le quartz qui répond à cette formule. C’est un réseau tridimensionnel de
tétraèdres, ce qui confère à ce minéral une grande durée et stabilité. Il existe une grande variété
de Si O2 , qui dépendent essentiellement de la température et de la pression (figure 21).
Le quartz est relativement peu altérable (il se dissout dans des conditions extrêmes
de type sols équatoriaux humides). Il se rencontre dans de nombreuses roches magmatiques,
métamorphiques et sédimentaires.
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2. Les feldspaths
Les différents minéraux dans les tectosilicates viennent de la substitution d’atomes
de silicium par des atomes d’aluminium. La substitution d’un atome de silicium par un atome
d’aluminium laisse une valence d’oxygène non saturée, ce qui nous donne le radical suivant :
Si3 Al O8
Cette charge négative peut être saturée par un atome alcalin. On obtient :
K Si3 Al O8 ou, en termes d’oxydes, 6 Si O2 . Al 2 . K 2 O
C’est l’orthose (monoclinique) et le microcline (triclinique). Vers 1.000°C,
l’orthose donne naissance à la sanidine, forme craquelée et limpide que l’on rencontre dans
certaines roches volcaniques.
Les tailles semblables des ions Na+ et Ca++provoquent une série isomorphe appelée
plagioclases. Les deux pôles sont :
- Na Si3 Al O8 ou, en termes d’oxydes, 6 Si O2 . Al 2 O3 . Na 2 O
C’est l’albite.
- Si deux aluminiums substituent 2 siliciums, on obtient : Si2 Al 2 O8
2
On obtient un feldspath calcique :
Ca Si2 Al 2 O8 ou, en termes d’oxydes, 2 Si O2 . Al 2 O3 . Ca O
C’est l’anorthite.
La série des plagioclases est caractérisée par une variable : le titre en anorthite, que
l’on peut déterminer par microscopie.
Nom Albite Oligoclase Andésine Labrador Bytowinite Anorthite
An (%) 0 10 10 30 30 50 50 70 70 90 90 100
e. Les cyclosilicates
Comme les tétraèdres sont unis par un atome d’oxygène, la formule générale est
aussi : Si O3 ou, pour un cycle hexagonal : Si6 O18
2 12
Les minéraux de cette variété sont peu fréquents : le béryl : Be3 Al 2 Si6 O18
possède une variété précieuse : l’émeraude (verte), mais également aigue-marine (bleue),
morganite (rose), héliodore (jaune).
f. Les sorosilicates
Deux tétraèdres ont en commun un atome d’oxygène. Six valences sont à saturer, la
formule de base est donc : Si2 O7
6
Les minéraux de cette classe sont aussi rares. Citons la mélilite, minéral des roches
volcaniques dont le pôle calco – magnésien est : Ca 2 Mg Si2 O7 . Des radicaux OH peuvent
s’unir à la charpente silicatée. On trouve ainsi la lawsonite, minéral important du
métamorphisme haute pression basse température Ca 2 Al 2 Si2 O7 OH 2 . H 2 O .
II.2.2.2. Les carbonates
Ils jouent un rôle fondamental dans les roches sédimentaires. L’éléments structural
fondamental est l’anion (CO3) triangulaire, qui se combine facilement avec un cation bivalent
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comme Ca et Mg . Le carbonate de calcium est le constituant essentiel des calcaires. Il se
présente sous deux formes minéralogiques principales : la calcite rhomboédrique et
l’aragonite orthorhombique.
Thermodynamiquement, c’est la calcite qui constitue la forme stable du carbonate
de calcium aux conditions de la surface mais l’aragonite est métastable. La calcite se trouve
également dans certaines roches volcaniques, les carbonatites. La calcite est aussi très
abondante dans des filons minéralisés en tant que gangue.
La dolomite est un carbonate double de calcium et de magnésium Ca Mg Co3 2 .
Elle est orthorhombique et, à l’encontre de la calcite, elle ne réagit pas à l’ H Cl sauf s’il est
chaud. Elle forme certaines roches sédimentaires : les dolomies, les calcaires dolomitiques, des
évaporites (roches résultant de la précipitation à partir de solutions marines très concentrées).
II.2.2.3. Autres minéraux (Voir la partie Minéralogie)
II.3. LES ROCHES
II.3.1. Roches magmatiques
Sur le plan génétique, les roches magmatiques représentent des roches d’origine
interne dont l’élaboration a été accompagnée par une mobilisation chimique assez complète
pour qu’elles ne montrent de traces de l’architecture du matériel ancien dont elles ont tiré leur
substance.
A. Origine du magma
A l’échelle du globe, 2 principaux types de magmas sont à retenir : la quasi-
totalité des roches plutoniques sont de composition granitique, les autres roches plutoniques
étant rares, voire exceptionnelles. Quant aux roches volcaniques, les plus nombreuses accusent
une composition basaltique.
A.1. Le magma granitique
Fusion partielle de la croûte continentale : anatexie granitique
Le liquide obtenu précédemment a une composition d’un granite. Ce liquide
granitique conserve une composition quasi-constante qui estompe les différences chimiques
des roches de départ.
Origine mantellique
Si la plupart de granites proviennent de la fusion partielle de la croûte
continentale, certains granites particuliers (granites alcalins à hyperalcalins proviennent d’une
fusion partielle du manteau supérieur.
A.2. Le Magma basaltique
Fusion de la croûte océanique et du manteau.
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Ainsi les 2 magmas fondamentaux sont différents à tous points de vue ainsi
qu’on peut le voir dans le tableau ci-dessous :
Chimisme Magma basaltique Magma granitique
Basique, trace d’eau Acide, quelques % d’eau :
dissoute saturation fréquente
Lieu d’origine 50-100km <20km, en liaison génétique
avec le métamorphisme
Température 1200-1500°c 650 à 800°c, rarement plus
Expression Basalte très fréquent gabbro Rhyolite très rare granite très
très rare fréquent
B. Différents types des roches éruptives leur classification
1er critère de classification grain de la roche
On distingue
a) Des roches phanéritiques
Il s’agit des roches possédant des cristaux suffisamment grands pour qu’ils
soient aisément identifiables à l’œil nu. Ce sont des roches grenues ou microgrenues.
Lorsqu’elles sont constituées des grains que trop petits pour pouvoir être individuellement
déterminés, confère à la roche un aspect grumeleux.
On obtiendra en général les coupures suivantes :
Très gros grains >3cm de diamètre
Gros grains 3-1cm de diamètre
Grains moyens 1cm-1mm de diamètre
Grains fins <1mm de diamètre
b) Des roches aphanitiques, elles possèdent quelques grands cristaux
reconnaissables (macrocristaux ou phénocristaux) emballés dans une pâte fine cristallisée ou
non (microlitique, vitreuse…).
La distinction entre roches microgrenues et microlitiques rend parfaitement
compte des conditions de refroidissement.
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2ème critère de classification : les minéraux cardinaux
Classer une roche magmatique revient à classer une population faite de
nombreux individus relevant des catégories différentes ; d’où la nécessité de faire jouer un rôle
prédominant à certains des catégories constituantes.
Un rôle privilégié est ainsi accordé aux minéraux cardinaux qui sont le quartz,
les feldspaths et les feldspathoïdes.
Pour donner un nom à une roche, il suffit donc de rechercher systématiquement
la présence de 3 minéraux cardinaux.
C. VOLCANISME
1. Cadre structural
Les volcans se manifestent surtout aux frontières des plaques qui sont :
Rides médio-océaniques (zone d’accrétion de la matière) où se forme continuellement
une lithosphère nouvelle ;
Zones de subduction où les plaques s’enfoncent dans le manteau ;
Failles transformantes le long desquelles il n’y a ni destruction ni création de la matière.
Le volcanisme intra-plaque est moins fréquent et la nature des roches
magmatiques va donc différer selon leur situation structurale.
2. L’activité volcanique
Elle comporte les différents phénomènes liés directement ou indirectement à la
mise en place à la surface des magmas. Cette activité peut être spectaculaire ou modeste en
fonction de la nature et de l’énergie mise en jeu et qui est généralement en rapport avec le
volume des produits émis.
Les produits sont généralement éjectés à partir d’importantes cassures affectant
la croûte lithosphérique. L’émission des matériaux peut se faire sur une certaine longueur de la
cassure (jusqu’à plusieurs centaines de km) et dans ce cas, on parle d’éruption linéaire. Elle
peut en outre être ponctuelle et dans ce cas on parle d’émission centralisée donnant lieu à la
construction d’édifices dénommés volcans.
Le volcan représente donc l’appareil par lequel arrive à la surface le magma
généré selon les processus déjà vus. L’ouverture de cet appareil s’appelle le cratère et le
conduit le long duquel monte le magma est la cheminée (fig. 28).
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Figure 28. Le volcan et ses produits
Le volcan admet une activité intermittente avec une succession des phases
d’activités (brèves) et des phases passives (repos). Ensuite on assiste à la sortie des laves du
cratère qui vont couler sur les flancs du volcan suivant les lignes de plus grande pente. Leurs
vitesses varient selon leurs fluidités et leurs compositions chimiques.
En général, ces coulées par refroidissement rapide se recouvrent d’une croûte
solide tout en continuant à couler dans la partie inférieure d’où la forme chaotique, crevassée
de certaines coulées.
Enfin, l’éruption volcanique se termine par des venues gazeuses qui peuvent
persister pendant plusieurs siècles. Ces venues gazeuses sont appelées fumerolles.
3. Les produits volcaniques
3.1. Les gaz (plus importants)
Les vapeurs d’eau sont de loin plus représentées.
A côté de l’eau on trouve N, CO2, SO2, vapeur de S, Cl, H, …ces gaz peuvent
intervenir de 2 manières différentes :
1. Dans la composition chimique des laves ou de fumerolles
2. D’une façon mécanique dans le dynamisme éruptif.
Dans la composition chimique
Au niveau des laves, on remarque une forte proportion des gaz dissous qui
provoquent une augmentation de leur fluidité et une diminution de leur température de
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solidification. C’est ainsi qu’une lave basaltique riche en gaz dissous continue à couler jusqu’à
800°c, alors qu’il faudra chauffer la même lave basaltique à 1200°c pour la rendre fluide
(liquidus). Ceci est en fait dû aux réactions exothermiques dues à la combinaison des gaz
entrant en réaction avec l’O2 de l’air.
Du point de vue mécanique
Ces gaz sont responsables des explosions volcaniques qui ne sont que des signes
extérieurs de leur pression. Une forte proportion des gaz dissous dans une lave permet la baisse
de la densité de la lave et permet une ascension rapide de ce matériel dans la cheminée.
3.2. Les fumerolles
Émanation gazeuse, assez calme et régulière, issue de fissures ou de trous (évents) souvent
groupés en champs, dans les zones volcaniques. Ces émissions de gaz sont produites avant le
paroxysme éruptif. Leur nature est surtout fonction de la température qui décroît lorsqu’on
s’éloigne du foyer éruptif ou de la phase paroxysmale.
3.3. Les laves
Elles forment des coulées et en fonction de leur nature elles auront des
compositions différentes. Les laves acides sont caractérisées la teneur élevée en SiO2. Elles
sont pâteuses et forment des petites coulées (pauvres en gaz dissous). Les laves basiques sont
pauvres en SiO2 et riches en gaz dissous, d’où elles forment de longues coulées sur plusieurs
milliers de km2.
3.4. Les projections
Ce sont des fragments projetés par la détente des gaz et dont la taille peut aller
de 1/10mm jusqu’à quelques mètres de diamètre. Ces fragments représentent soit des débris de
cône volcaniques arrachés lors de la remontée de la lave, soit des laves visqueuses pulvérisées.
On distingue parmi ces fragments :
Des blocs et bombes (diamètre >32mm).
1. Les blocs : fragments angulaires projetés à l’état solide, il s’agit de débris de cône
volcanique ou de lave anciennes bouchant la cheminée ;
2. Les bombes : elles sont projetées dans l’atmosphère à l’état visqueux et vont acquérir
leur forme caractéristique en tournoyant dans l’atmosphère ou en s’écrasant au sol. On
aura des bombes fusiformes, hélicoïdes, globuleuses et aplaties.
Lapillis et cendres
- Lapillis : entre 4 et 32mm ; sont des fragments de forme irrégulière souvent bulleux et
vitreux ;
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- Cendres : <4mm, ce sont des formations fines et meubles.
D. Classification des roches magmatiques basée sur la composition chimique des roches
Les analyses chimiques des roches permettent d’avoir les teneurs en pourcentages
d’oxydes. Les éléments majeurs analysés sont : SiO2, TiO2, Al2O3, FeO, Fe2O3, MgO, MnO,
Na2O, K2O, CaO, P2O5, H2O.
Cas de la teneur en SiO2 :
Le critère géochimique est fondamental et se base sur la teneur en silice (quartz).
Ainsi en associant la chimie et la minéralogie, on a (tableau I et figure 36).
Les Roches sursaturées en quartz (roches acides) avec Si O2 65 % ont du
quartz exprimé. C’est typiquement le granite et son équivalent volcanique la rhyolite. On
trouve des feldspaths, des micas et parfois des amphiboles.
Les roches saturées présentent des teneurs en quartz allant de 52 à 65 %. Il n’y a
pas de feldspathoïdes mais bien des feldspaths. Quand une composante basique apparaît, on
trouve la catégorie des basaltes et leurs équivalents grenus : les gabbros.
Les roches sous – saturées (ou basiques) 52 % Si O2 45% n’expriment plus
de quartz ni de feldspath.
Les roches ultrabasiques, enfin ne montrent que des olivines, pyroxènes et
éventuellement des amphiboles Si O2 45 % . Ce sont les roches du manteau comme les
péridotites.
E. Classification chimico-minéralogique des roches magmatiques
ROCHES SATURÉES ROCHES SOUS – SATURÉES
Avec feldspaths Avec
Quartz et Avec feldspaths
et feldspathoïdes
feldspaths sans quartz
feldspathoïdes sans feldspath
SYENITE IJOLITE
Feldspaths alcalins seuls GRANITE SYENITE NEPHELINIQ (avec
ou dominants Rhyolite Trachyte UE néphéline)
Phonolite Néphélinite
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MONZOGRAN
ITE
Feldspaths alcalines et Rhyolite ESSEXITE
plagioclases latitique Téphrite (sans
MONZONITE
(Roches calco – GRANODIORI olivine)
Trachyandésite
alcalines) TE
rhyodacite
Diorite THERALITE
DIORITE
AN 50 quartzique Basanite
Andésite
dacite (avec olivine) Missourite
GABBRO (avec leucite)
Plagioclases QUARTZIQUE GABBRO leucite
seuls Basalte Basalte
AN 50
tholéiique
PERIDOTITE,
AMPHIBOLOLITE,
PYROXENOLITE
F. De quelques roches magmatiques
a. Le granite
Le nom granite provient du latin granum (grain). Les granites sont des roches
magmatiques grenues formées de minéraux bien cristallisés, avec des grains de la taille d’un
grain de riz : quartz, feldspaths potassiques, plagioclases, parfois des micas et quelques
minéraux ferromagnésiens (figures 29 et 30). Ils sont plus riches en silice que les magmas
basaltiques. Leur apparence est claire.
LE GRANITE
Aspect général
Roche magmatique de profondeur, grenue, grisâtre, dure et rugueuse, de densité voisine de
2,7. Les cristaux ont généralement la même taille.
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Figure 29 : Granite
(échantillon de 3 cm).
Figure 30 : Granite en lame mince
(pl : plagioclase, q : quartz, mi :
mica, fp : feldspath K).
a. Le basalte
Roche volcanique à structure microlitique sombre, très fertilisant le sol.
b. Famille des pyroclastites)
Les pyroclastites sont des roches magmatiques volcaniques provenant du matériel
éjecté dans les airs lors des éruptions (laves, débris de roche encaissante, restes de remplissage
des cheminées) qui, en s’accumulant, peuvent former des bancs rocheux. On peut citer les
poussières et les cendres (pouzzolanes), très fertilisantes pour le sol.
c. Famille des roches volcaniques vitreuses
On regroupe sous cette famille toutes les roches volcaniques qui présentent une
structure pétrographique quasi amorphe, seuls quelques petits cristaux microscopiques y sont
inclus. Les roches volcaniques vitreuses les plus couramment présentées sont la pierre ponce et
l’obsidienne.
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II.3.2. ROCHES SEDIMENTAIRES
Le cycle géologique a montré que les roches sédimentaires découlent des processus
exogènes se déroulant à la surface de la Terre. L’altération et l’érosion s’avèrent être les
agents principaux contribuant à leur genèse.
II.3.2.1. L’altération superficielles : les sols
A. Les facteurs
Le sol résulte des processus bio – physico – chimiques qui agissent sur les roches
en place. Les facteurs dynamiques sont les suivants :
A.1. La nature de la roche en place
Suivant la constitution minéralogique de la roche, sa texture, sa fracturation, bref
toutes ses propriétés physico – chimiques, les produits de l’érosion seront différents : un
granite ne s’altère pas comme un grès..
A.2. Le climat
Le climat conditionne les principaux paramètres physico – chimiques des vecteurs
de l’érosion et de l’altération.
A.3. La végétation
Suivant le type d’association végétale (nous groupons dans ce terme les
microorganismes, la vie animale, etc.), l’altération de la roche sera différente. Une végétation
très active de type tropical aura une action plus grande sur les processus chimiques qu’une
toundra arctique.
A.4. Le relief
Une forte pente permet aux eaux superficielles de transiter vite, provoquant
l’évacuation des solutions résiduelles, des solutés, accélérant les réactions et favorisant un
milieu oxydant. Un milieu confiné, comme un marécage, est favorable au développement d’un
potentiel très réducteur. Le relief de montagne provoque une plus grande importance des
processus mécaniques : glacier, éboulement, torrent, etc. tout en conditionnant un autre climat.
B. Les types d’altération chimique
Le vecteur d’altération est l’eau. Cette eau est rarement exempte de substances qui
ont une action corrosive importante, en particulier le dioxyde de carbone CO 2 . L’action de
l’eau, liquide fortement dipolaire, se passe sous la forme de dissolution physique simple et
d’hydrolyse.
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La dissolution physique simple est, par exemple, la dissolution de la halite Na Cl
avec formation des ions correspondants : Na et Cl .
L’oxydation résulte essentiellement de l’action de l’oxygène gazeux, libre ou
dissous dans l’eau. Par exemple, la pyrite est oxydée d’abord en sulfate ferreux, ensuite en
sulfate ferrique, avec formation d’acide sulfurique
2 Fe S 2 7 O2 2 H 2 O 2 H 2 S O4 2 Fe S O4
2 Fe S O4 H 2 S O4 O2 2 Fe S O4 3 H 2 O
1
2
Fe S O4 3 6 H 2 O Fe O H 3 3 H 2 S O4
1
2
Fe O H 3 est la limonite.
L’hydratation est la fixation chimique de molécules d’eau. Le meilleur exemple est
la transformation de l’anhydrite en gypse :
Ca S O4 2 H 2 O Ca S O4 . 2 H 2 O
Cette réaction aboutit à une forte augmentation de volume avec la formation d’un
minéral fils bien plus soluble que le minéral primitif.
Un autre exemple est la transformation de l’hématite en limonite :
Fe2 O3 3 H 2 O 2 Fe O H 3
L’hydrolyse est l’action chimique la plus répandue. Elle affecte essentiellement les
silicates. Etudions un exemple – type d’altération, celui du feldspath potassique orthose.
Rappelons qu’il s’agit d’un tectosilicate de formule globale K Al Si3 O8 . La réaction globale
s’écrit :
K 2 O . Al 2 O3 . 6 Si O2 2 H 2 O C O2 2 H 2 O . Al 2 O3 . 2 Si O2 4 Si O2 K 2 C O3
Le nouveau silicate formé est une argile : la kaolinite. Les plagioclases et les
silicates ferromagnésiens se transforment essentiellement de la même manière, en abandonnant
bien – sûr en plus le magnésium, le fer, le calcium. Il faut ainsi retenir de ce type d’altération
quelques grands caractères :
Elimination des ions Na et K d’abord, Ca ensuite, Mg et, enfin aluminium. Ce
classement correspond en gros à l’ordre d’élimination, fonction du potentiel ionique des
éléments chimiques (figure 31) ;
La silice passe progressivement en solution et surtout à l’état colloïdal (opale) ;
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Les minéraux argileux apparaîtront successivement, dépendant des conditions du milieu
(type de climat, milieu bien ou mal drainé, végétation, voir ci – après).
La finalité de ces processus est un manteau résiduel appelé sol.
Figure 31. Diagramme des potentiels ioniques des éléments chimiques de Goldschmidt
C. Les Sols
Les mécanismes d’altération que nous venons d’esquisser agissent sur la roche –
mère pour produire, avec l’apport de la végétation, un sol. Ce sol est composé, d’une façon
générale, des produits insolubles de dégradation, de morceaux de roche – mère non encore
décomposée, des produits de l’activité biologique et de substances formées lors de la
pédogenèse. Ces différentes substances se structurent dans l’espace et dans le temps. La coupe
verticale d’un sol, appelée profil, montre différentes zones appelées horizons (figure 32).
De haut en bas, on distingue un horizon A d’illuviation dont le sommet est enrichi
en matières organiques, un horizon B d’accumulation et un horizon C de lessivage où la
structure de la roche – mère (parfois appelée horizon R) est encore visible.
En pays tropicaux, l’intensité et la vitesse des réactions sont telles que l’hydrolyse
et l’oxydation sont poussées à l’extrême : grande quantité de C O2 grâce au développement de
la vie, abondance d’eau, température élevée. On a affaire à des sols ferralitiques. C’est la
monosiallitisation et l’allitisation qui jouent le rôle dominant. Les argiles résultantes sont des
kaolinites et, dans le stade extrême, des oxydes et hydroxydes de fer et enfin d’aluminium. A
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ce moment, la totalité de la silice est exportée. Des cuirasses se forment par agglomération des
oxydes et hydroxydes de fer et d’aluminium, notamment dans les climats à saisons humides et
sèches alternées. On donne le nom de latérite à cet ensemble d’altérites.
Figure 32. Profil général d’un sol avec ses différents horizons. Ce profil pédologique
peut s’interpréter en termes thermodynamiques. A partir de la roche – mère qui est à
l’équilibre thermodynamique avec les conditions de pression et de température de sa
formation, c’est – à – dire, s’il s’agit d’un granite par exemple, de hautes pression et
température, le gradient de bas en haut du profil exprime la tendance vers l’équilibre
avec les conditions thermodynamiques de la surface de la Terre. Minéralogiquement,
cela se traduit par les transformations vues dans ce chapitre, notamment la genèse
des minéraux argileux, l’élimination des cations alcalins et alcalino – terreux, etc.
II.3.2.3. L’érosion mécanique
L’érosion mécanique agit sur deux types de roches superficielles : les roches en
place, saines, et les sols superficiels et altérites. Les conséquences en seront différentes,
importantes pour l’ingénieur qui doit tenir compte des caractéristiques mécaniques du sol et du
sous-sol.
A. Les facteurs
Le Gel est le facteur prépondérant dans les régions froides. L’eau contenue dans les
pores et les fissures gèle et gonfle en fragmentant les roches les plus dures (cryoclastie).
La pluie n’a d’effet que si la roche n’est pas protégée par le couvert végétal
(biostasie). Par contre, une phase de rhexistasie, mettant les formations de couverture à nu, les
livre à l’érosion mécanique (splash, érosion accélérée ou ravinante) qui emporte ces sols vers
les bassins de sédimentation, avant de s’attaquer à la roche en place.
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La gravité seule n’intervient que sur des objets libres. En fait, elle quantifie les
effets des mouvements. En pays de forts reliefs, l’eau, les descentes de blocs sont plus
énergétiques et ont donc plus de conséquences. Les éboulements, glissements de terrains,
écoulements en masse constituent des notions très importantes pour l’ingénieur en génie civil
(figure 33).
B. Les modes de transport
Les éléments arrachés au continent, soit sous forme de solution, soit sous forme de
colloïdes, soit sous forme solide (détritique), sont pris en charge par des vecteurs. Le principal
est bien – sûr l’eau liquide. Les cours d’eau creusent des vallées en fonction du potentiel
hydrodynamique existant (différences d’altitude), transportent les éléments de diverses tailles,
depuis les blocs géants de plusieurs dizaines de mètres jusqu’aux cailloux. Les glaciers en font
de même et les accumulent sous forme de moraines. Pour le prospecteur canadien, par
exemple, l’existence de ces moraines dues à l’islandsis de la dernière glaciation, moraines qui
couvrent une grande partie du pays, est un guide de première importance. Les gisements sont
en dessous.
Le vent est un dernier mode de transport. Son action est limitée aux zones sèches
sinon arides.
Figure 33. Formation d’un éboulement rocheux à partir d’un massif fissuré,
en roches cohérentes.
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II.3.2.4. Le transport et le dépôt
Les agents de transport sont l’eau, le vent et les glaciers.
Le plus grand est l’eau ; son action dépend de sa force et de la taille des particules ; ce qui
favorise aussi le dépôt des sédiments qui formeront la roche meuble (figure).
Figure. Le cycle de l’eau
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Fig, : Diagramme érosion – transport – sédimentation (d’après Hjulström).
II.3.2.5. La diagenèse des roches sédimentaires
Les divers sédiments que nous venons d’examiner sont généralement meubles
après leur dépôt. Ils ont une porosité élevée (plusieurs dizaines de %), sont imbibés d’eau. Ils
connaissant une évolution qui les transforme en roches sédimentaires. Les différents
sédiments donnent différentes roches. Le processus s’appelle la diagenèse. C’est l’ensemble
des phénomènes physiques et chimiques qui transforment un sédiment non consolidé en roche
cohérente.
La compaction est la réduction du volume interstitiel par expulsion de l’eau sous
l’effet de la pression. Ce sont surtout les minéraux argileux qui subissent l’effet de la
compaction en ordonnant les feuillets des phyllosilicates (fig. 34).
La cimentation est le processus chimique qui consiste au colmatage des vides
intergranulaires par précipitation d’un ciment.
Des transformations chimiques peuvent affecter des molécules qui deviennent
instables sous l’effet de l’augmentation de la pression et de la température. La matière
organique se décompose soit en molécules élémentaires CO 2 , H 2 O, N H 4 O H , soit en
macromolécules : le kérogène, les gaz et les huiles (pétroles).
Des substitutions cationiques conduisent à la métasomatose comme la
dolomitisation des calcaires.
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Figure 34. Compaction et cimentation des sables (Bourque, 2000)
II.3.2.6. Principaux minéraux constitutifs des roches sédimentaires
Les minéraux essentiels des roches sédimentaires sont: quartz, feldspaths, minéraux
argileux, micas, calcite, dolomite et accessoirement les minéraux des évaporites (gypse, halite),
la pyrite, les oxydes de fer (hématite, magnétite), d’aluminium (la gibbsite), et les « roches »
carbonées (gaz, charbon et pétrole).
II.3.2.7. Structure des roches sédimentaires
La notion de structure englobe implicitement des caractéristiques propres à la
genèse du dépôt (strates, présence de fossiles, aspect massif…), d’autres propres à leur forme
(couches, lentilles), des caractéristiques internes (schistosité, concrétions, …), etc.
II.3.2.8. Classification des roches sédimentaires
Elle peut se baser sur divers paramètres : la nature chimique des divers éléments de
la roche (grains, ciment), la taille des grains qui la constituent et la cristallinité du ciment.
A. Les roches sédimentaires détritiques
Les principales catégories proviennent de la dimension des éléments du sédiment
qui constituent la roche. On distingue les rudites (éléments supérieurs à 2 mm de diamètre), les
arénites (éléments compris entre 62 µm et 2mm) et les lutites (éléments inférieurs à 62µm).
En gros, on peut dire que les rudites correspondent aux galets et graviers, les arénites aux
sables et les lutites aux limons et argiles.
A.1. Les rudites
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Les conglomérats résultent de la cimentation d’éléments grossiers, comme des
galets roulés des rivières (on parle de poudingues) ou de cailloux anguleux (on parle de
brèches). On distingue les conglomérats monogéniques lorsque tous les éléments sont de
même nature, des conglomérats polygéniques lorsque les éléments sont de nature différente.
Les brèches proviennent de la désagrégation de falaises, de massifs rocheux. Elles
sont continentales (brèches de pente par exemple), marines (mouvement en masse dans la
mer).
Les poudingues sont à éléments arrondis. Cela suppose que, à l’encontre des
brèches, il y a érosion, usure, un long transport des éléments par les eaux courantes ou les
vagues.
A.2. Les arénites
Les arénites sont les roches détritiques dont les grains sont compris entre 62 µm et
2 mm. Ces roches proviennent donc de sédiments sableux.
Les grès proviennent de la diagenèse des sables. Les grès à ciment siliceux ont les
grains de quartz soudés par un ciment siliceux qui ne les moule pas parfaitement. Il y a donc
une porosité importante, propriété importante lorsque l’on recherche des aquifères. Le toucher
est rugueux. Par contre, les quartzites diffèrent des grès en ce que le quartz du ciment fait
corps avec le quartz des grains. La roche est plus dure, moins poreuse que le grès. On trouve
encore des grès à ciment calcaire, argileux, ferrugineux.
A.3. Les lutites
Les lutites sont les roches détritiques dont les grains sont inférieurs à 62µm.
Ces roches proviennent donc de sédiments argileux. On distingue aussi parfois les siltites dans
lesquelles les minéraux argileux sont associés de quartz parfois de feldspaths.
Les argiles sont très variées. Il convient de rappeler que l’altération pédochimique
des roches donne naissance à toute une filiation de divers minéraux argileux, suivant le climat,
la nature de la roche mère, la durée de l’altération. La diagenèse affecte les argiles en les
compactant et en les transformant en pélites.
B. Les roches sédimentaires carbonatées
Elles sont constituées de carbonates de calcium (les calcaires) ou des carbonates
mixtes de calcium et de magnésium (les dolomies). Elles sont souvent formées soit de la
diagenèse de tests, soit d’organismes constructeurs comme les récifs coralliens. Elles se
présentent sur le terrain souvent bien stratifiées sauf dans le cas d’anciens récifs en place que
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l’on appelle biohermes. Suivant leur charge en impuretés, on peut avoir affaire à des calcaires
argileux, gréseux, etc.
Les calcaires fertilisent les sols grâce à leur chaux.
Les craies sont des anciennes boues calcaires faiblement consolidées, poreuses,
blanches et fines, faites de fossiles foraminifères.
C. Les roches sédimentaires salines
Ce sont des sulfates et des chlorures. Elles proviennent de la précipitation par
évaporation des sels des eaux marines ou lagunaires. Le gypse est du sulfate de calcium
hydraté. Il est exploité pour le plâtre. Le sel gemme est du chlorure de sodium. Il est exploité
pour lui-même et est pressenti comme milieu de stockage des hydrocarbures (voir piège
structural appelé « dôme de sel »).
D. Les roches sédimentaires carbonées
Elles contiennent du carbone, de l’hydrogène, souvent aussi de l’oxygène et de
l’azote. La tourbe (55% de C) provient de l’enfouissement peu profond de végétaux dont on
reconnaît des tiges, des feuilles, etc. Le lignite (70 à 75% de C) est plus transformé que la
tourbe. Les charbons (85% de C) sont formés à partir d’une ancienne gelée de matière végétale
sans structure provenant d’anciennes forêts marécageuses. Suivant la teneur en matières
volatiles (distillant à partir de 960°C), on trouve les charbons flambants gras (plus de 33%), les
charbons gras (20% à 33%), les charbons demi – gras (12 à 20%), les charbons maigres (8 à
12%). La houille s.s. n’en contient que 5% et est riche en goudrons. L’anthracite contient 92 à
95% de C et de 0 à 8% de matières volatiles. C’est une roche noire et brillante qui ne tache pas
les doigts. Enfin, le graphite est du carbone pur qui résulte d’un métamorphisme.
Le pétrole, liquide, résulte de la transformation d’algues et de petits animaux
marins. Il est associé à une phase gazeuse, le gaz méthane surtout. Il est formé d’hydrocarbures
saturés Cn H 2n2 , cycliques naphténiques Cn H , parfois aromatiques Cn H
2n 3 2n6 .
C’est un liquide huileux, jaune à brun foncé, moins dense que l’eau. Le pétrole résulte de
matière organique qui est constituée essentiellement des kérogènes et secondairement du
bitume (voir cycle de carbone à la figure 39). Grâce à un caractère réducteur du milieu
sédimentaire, la matière organique se transforme d’abord en boues sapropéliques (vases à
matière organique abondante), ensuite en kérogènes (kérogène de type I lacustre, type II marin
et III continental et, par craquage, en huiles grâce à une maturation dans des conditions de
pression et de température bien définies.
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Figure 35. Le cycle du carbone organique
E. Les roches phosphatées
Les roches phosphatées sont constituées essentiellement d’apatite
Ca 5 P O4 3 OH , F , Cl et de fluoroapatite Ca 5 P O4 3 F , OH , ainsi que des minéraux
plus mineurs comme la turquoise CuAl6(PO4)4(OH)8.4H2O. Les phosphates fertilisent le sol via
les engrais.
II.3.3. ROCHES METAMORPHIQUES
1. Introduction
Le métamorphisme est la somme des transformations et des réactions que subit
une roche initialement solide lorsqu’elle est portée à des conditions de pression et de
température différentes de celles ayant présidé à sa genèse.
Si le métamorphisme affecte :
Des roches sédimentaires, on obtient des roches para-métamorphiques ;
Des roches magmatiques, on obtient des roches orthométamorphiques.
Exemple : granite⟶ gneiss (orthogneiss)
Des roches métamorphiques, on obtient des roches polymétamorphiques
Exemple : micaschite ⟶ gneiss
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La transformation du matériel, c'est-à-dire son métamorphisme, procède par
étape, chacune d’elle étant marquée par la disparition d’une phase minérale et par l’apparition
d’une phase nouvelle qui est décelable dans les conditions ordinaires.
2. Facteurs du métamorphisme
Les principaux facteurs du métamorphisme sont : la température, la pression
lithostatique , la pression tectonique et la pression des fluides.
Ce sont les facteurs (T et P) qui causent, lorsqu’ils augmentent les
transformations métamorphiques.
L’accroissement de la température est lié à:
L’enfouissement des roches dans l’écorce terrestre
Cet accroissement de la température avec la profondeur qui est appelé gradient
géothermique ; GG = 1°/30m, 1°/100m, …
Au mouvement des compartiments rocheux
Le mouvement de deux masses rocheuses l’une contre l’autre produit un
dégagement de chaleur dans la zone de contact (friction) et au voisinage immédiat.
A l’intrusion d’un corps chaud venant de la profondeur (voir la suite)
b) L’accroissement de la pression est lié à :
A l’enfouissement
Les masses rocheuses exercent une pression lithostatique sur les sédiments qui
sont en profondeur.
Au plissement
Les plissements entraînent des transformations dans les roches qu’ils affectent et
la composition minéralogique.
A la phase gazeuse
La pression exercée par les fluides peut équivaloir à la pression lithostatique.
Elle peut occasionner la déshydratation des silicates et la décarboxylation des carbonates.
Les types de métamorphisme
- Le métamorphisme de contact
Il est lié généralement à l’accroissement de la température occasionné par :
L’intrusion d’un corps magmatique venant de la profondeur ;
L’épanchement d’une coulée de lave sur une formation autochtone.
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Il affecte des masses beaucoup plus petites que le métamorphisme régional (de la
dizaine de m² au km²) pour lesquelles il y a eu transfert de chaleur du magma chaud
vers les roches froides encaissantes (fig. 36).
Figure 36. Métamorphisme de contact (Bourque, 2000)
Figure. Les auréoles de métamorphisme
-Le métamorphisme général
Il est lié à une généralisation des conditions de pression et de la température, il
affecte des terrains très étendus sur des vastes régions. Il est lié à l’orogenèse (ensemble des
facteurs qui sont à la base de la formation des chaînes de montagnes plissées).
En particulier, l’anisotropie des contraintes provoque une déformation de la roche originelle,
telle qu’illustrée par la figure suivante et l’augmentation de la pression moyenne combinée à
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celle de la température mènent à la formation de nouveaux minéraux (grenats, serpentine,
staurotide, ...) (fig. 37).
Figure 37. Métamorphisme régional, déformation de la roche (Bourque, 2000)
La figure 38 ci-après illustre sommairement l’évolution des principales roches de la croûte
terrestre.
Figure 38. Métamorphisme, évolution des principales roches (Bourque, 2000)
Cette figure permet notamment de mettre en évidence qu’un métamorphisme intense d’un
schiste peut donner un gneiss, de composition minéralogique semblable à celle d’un granite.
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CHAPITRE III. LA STRATIGRAPHIE
III.1. Concept
Le mot stratigraphie vient du grec stratos (strate). La stratigraphie est donc par
définition l’étude des strates, c’est-à-dire des couches de terrains, de leur disposition relative,
de leur âge. Elle concerne donc la succession des dépôts sédimentaires, généralement arrangés
en couches (ou strates). Son but est, d’une part d’aider à la compréhension de la géologie
locale par la datation des terrains (chronologie relative), et, d’autre part, de reconstituer le
milieu de formation des couches sédimentaires et, par-là, la paléogéographie au sens large. La
chronologie stratigraphique se base sur les trois principes que nous verrons au point III.3.
III.2. Autres notions
Une strate : dépôt sédimentaire continu, homogène, séparé des dépôts supérieurs
et inférieurs par un changement marqué de composition ou par un une surface d’érosion ;
Une couche : entité lithologique composée d’une ou de plusieurs strates ;
Un banc : une couche d’une roche dure se traduisant en affleurement par un
relief particulier ;
Un lit ou une passée est une couche mince ;
Mur : base d’une couche ;
Toit : sommet d’une couche ;
Puissance : épaisseur ;
Un joint de stratification : intervalle de faible épaisseur entre deux couches ; il
correspond soit à un arrêt, soit un changement dans la sédimentation. Sa surface est souvent
irrégulière.
Un faciès d’une unité sédimentaire : catégorie dans laquelle on peut ranger une
roche ou un terrain, et qui est déterminée par un ou plusieurs caractères lithologiques
(lithofaciès, exemple faciès argileux, faciès gréseux) ou paélontologiques (biofaciès, exemple
faciès à ammonites, faciès à mollusques) ou les deux (biolithofaciès, exemple faciès calcaire à
radiolaires). Lorsqu’un faciès ne peut être déterminé qu’au microscope optique, on parle de
microfaciès, qu’au microscope électronique, nanofaciès.
Discordance : les couches sont irrégulièrement réparties les unes sur les autres ;
c’est le contraire de la concordance ; la discordance peut être angulaire ou de ravinement ;
Lacune : absence d’une assise dans une série sédimentaire ;
Transgression ou régression marine : avancée ou recul du milieu marin sur ou
du continent ;
Coupe géologique : dessin reprenant la suite des couches à partir des obsrvations
faites in situ ; les couches sont orientées par rapport aux points cardinaux (rose des vents) et
caractérisées par leur inclinaison (pendage) par rapport à l’horizontale ; ici le problème est
d’étudier les diverses couches de roches qui constituent un ensemble géologique (figure 30).
Pour cela, le géologue doit pouvoir dessiner la suite de ces couches en les observant sur le
terrain (ou en sondage, mais cela revient en principe au même). Le concept pratique de base du
stratigraphe est la coupe qui débouche sur le log stratigraphique corrélable à d’autres logs
(figure 31).
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Figure 30. Illustration d’une coupe géologique exécutée dans le gisement de Dianda au
Katanga (gisement situé à environ 80km au sud-est de la ville de Kolwezi).
Figure 31. Corrélation des logs stratigraphiques établis sur base des coupes géologiques
exécutées sur le gisement de Dianda
III.3. Principes généraux de la stratigraphie
III.3.1. Le principe de superposition
Une couche sédimentaire est plus récente que celle qu’elle recouvre.
III.3.2. Le principe de continuité
Une couche sédimentaire limitée par un plancher et par un toit et définie par un
faciès donné est de même âge en tous ses points.
III.3.3. Le principe d’identité paléontologique
Deux mêmes couches contenant les fossiles stratigraphiques ont le même âge.
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CHAPITRE IV. LA TECTONIQUE
IV.1. Définition
La surface de la terre, avons-nous vu, est partagée en grandes plaques
lithosphériques qui se déplacent les unes par rapport aux autres. A certains endroits, elles
s’affrontent en créant des chaînes de montagnes. A d’autres, elles prennent naissance, d’abord
par un rift dans la croûte continentale, ensuite sous forme de mer puis d’océan par création de
croûte océanique à partir d’une dorsale médio – océanique. Ces mouvements provoquent des
contraintes desquelles il résulte des déformations de roches. C’est le domaine de la tectonique
ou de la structurale.
IV.2. Contraintes et Déformation
IV.2.1. Contrainte
Géologie et mécanique des roches sont deux disciplines liées. Les déformations de
l’écorce terrestre affectent des roches dont le comportement mécanique est du domaine de la
physique des corps solides.
IV.2.2. Relations entre contrainte et déformation
Imaginons un échantillon de roche soumis à une contrainte hydrostatique i et à
une contrainte supplémentaire P appliquée à l’extrémité du cylindre (figure 32). Cet
échantillons représenté par une éprouvette subit des déformations jusque parfois à la rupture
attestée par l’apparition des fissures (figure 33).
La représentation de la déformation passe par la courbe contrainte – déformation
(figure 34). Les courbes varient considérablement suivant la nature de la roche.
Si la déformation de la roche avant la rupture est faible, on dit que la roche est
cassante ou compétente. Si la déformation est importante avant la rupture, on parle de roche
incompétente.
La courbe temps – déformation tient compte du fait qu’à l’échelle géologique, les
phénomènes se passent infiniment lentement par rapport aux expériences habituelles de
laboratoire. Or, ce phénomène joue un rôle considérable. Une roche cassante à une sollicitation
instantanée devient plastique et est susceptible de fluer à une sollicitation continue très lente.
On distingue ainsi un fluage élastique et un fluage plastique.
Figure 32.
Schéma de
principe d’une
presse triaxiale.
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Figure 33.
Déformation d’une
éprouvette lors
d’essais en
compression (1) et
en extension (2). a :
déformation
discontinue. b :
déformation
continue.
Figure 34. Courbe contrainte- déformation. La courbe commence par une partie linéaire
de forte pente appartenant au domaine élastique : si on supprime la contrainte, le corps
repend sa forme initiale. Si la roche se brise dans ce domaine, on parle de rupture fragile.
Ensuite, la pente de la courbe diminue : on est dans le domaine plastique. Si on supprime
la contrainte, le corps ne reprend pas sa forme initiale. En 1 – 2, on a l’allure de la
IV.3. LES
déformation TERMES
quand TECTONIQUES
on supprime la contrainteDE
(1) BASE
et qu’on le remet ensuite (2). En R, on a
IV.3.1. Les plis la rupture.
A. Eléments d’un pli
Les plis sont des déformations continues plastiques. A partir d’une surface de
référence généralement plane, on obtient une surface gauche. Il est donc important de bien
définir la surface de référence. Dans le cas de roches sédimentaires, il s’agit de la stratification.
Le pli est défini par une série de grandeurs : charnière, flanc, surface axiale,
direction, pendage des couches, etc. (figure 35). On peut définir, pour chaque surface de
référence (les joints de stratification par exemple) un axe de pli. Le lieu géométrique de tous
les axes de pli est la surface axiale qui se réduit, dans le cas le plus simple, à un plan axial
(figure 36). Le pendage de l’axe du pli définit son plongement axial (figure 37).
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Figure 35. Eléments d’un pli, pli anticlinal et synclinal.
Figure 36.
Bloc diagramme
illustrant le plan
axial.
Figure 37.
Définition du
pendage.
B. Types de plis
Si on considère une suite de couches sédimentaires dans le sens stratigraphique
normal, l’anticlinal est le pli qui a une forme de tandis que le synclinal a une forme en .
Lorsque l’érosion a érodé le pli, l’anticlinal est celui où apparaissent dans le cœur les couches
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les plus vieilles et le synclinal les couches les plus jeunes. Il y a différents types de plis suivant
leur géométrie (figure 38). Pour que des couches se déforment en plis, il faut qu’elles soient
suffisamment plastiques pour des couches se déforment en plis, il faut qu’elles soient
suffisamment plastiques pour ne pas se briser.
Figure 38. Principaux types de plis.
IV.3.2. Les failles
A. Les éléments d’une faille
Les failles sont des cassures, des déformations discontinues. Si la fracture ne fait
que briser les couches sans les déplacer, on parle de diaclases. Si, au contraire, les deux
panneaux de part et d’autre de la cassure se déplacent, on a affaire à une faille. La faille est
donc définie par le plan de faille, plan de rupture entre les deux panneaux, et par le vecteur
joignant deux points de chaque compartiment, points qui étaient jointifs avant le déplacement
(figure 39).
Le mouvement des deux plans rocheux qui glissent l’un sur l’autre fait apparaître
des stries dont l’orientation permet de connaître la direction du mouvement de la faille.
L’angle que font les stries avec l’horizontale déterminée dans le plan de cassure est le pitch.
Figure 39. Eléments
d’une faille. P : plan de
faille ; AB : rejet ; AD :
rejet – pente (qui se
décompose lui – même
en rejet vertical AE et
rejet transversal ED ;
AC : rejet – direction.
B. Types de failles
Suivant les contraintes mécaniques qui agissent sur le massif rocheux, différents
types de failles en résultent. Un régime en compression provoque la formation d’une faille
inverse qui absorbe le raccourcissement des terrains. Une extension aboutit à une faille
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normale. Un mécanisme de cisaillement donnera une faille de décrochement. De multiples
combinaisons de contraintes existent, aboutissant à diverses structures.
C. Ensemble de failles
Les failles sont assez rarement isolées mais elles appartiennent à des réseaux
conjugués. Dans le cas le plus simple, on a deux failles conjuguées par rapport à un plan
vertical.
IV.4. Impact environnemental et sociétal des plis et des failles
- Inconvénients : Perturbation de la stabilité, volcanisme et séisme ;
- Avantages : Mise en place des gisements miniers et pétroliers. Fertilisation des sols suite
aux éruptions volcaniques.
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CHAPITRE V. LES MATERIAUX DE CONSTRUCTION NATURELS.
V.1. Génie géologique et génie civil
Le génie géologique ou géologie de l’ingénieur comprend trois volets principaux :
l’analyse des risques géologiques ;
la mécanique des milieux fissurés (massifs granitiques, calcaires,
formations houillères) dans un but d’exploitation ou de stockage ;
la géotechnique minière qui étudie le comportement des massifs rocheux
excavés et des carrières souterraines abandonnées.
On voit que la connaissance de la mécanique des roches est indispensable en
ingénierie géologique. D’autre part le génie géologique s’ouvre vers le génie civil qui concerne
plus particulièrement les grands travaux, et même la construction d’immeubles : établissement
des fondations, qualité des matériaux, choix des emplacements (risque de séismes,
d’inondations…).
L’étude du site d’un barrage comporte non seulement l’expertise des roches qui
supporteront le barrage lui-même (un verrou glaciaire constitue en général un site favorable)
mais aussi celle du bassin de retenue pour éviter les pertes d’eau et celle du bassin versant pour
connaître les possibilités d’alimentation, les taux d’alluvionnement et les risques de glissement.
V.2. Matériaux de construction
Les matériaux de construction entrant en ligne de compte en géologie appliquée
sont les produits naturels utilisés dans les maçonneries, les fondations, les terrassements, etc.
Ils ne comprennent pas les produits industriels, tels que les produits céramiques, dénommés
souvent aussi matériaux de construction.
V.2.1. Propriétés pratiques des matériaux en rapport avec leur constitution géologique
a. Dureté. Résistance à l’usure
La dureté ou résistance à l’usure des matériaux dépend de la dureté minéralogique
des éléments constitutifs de la roche et de l’état d’agrégation de ces éléments.
b. Résistance à l’écrasement
C’est la qualité essentielle demandée aux roches destinées à la construction. On
peut admettre les ordres de grandeurs suivantes (en Kg par cm2) : Grès : 100 à 1800 ;
Calcaires : 500 à 1200 ; Granite : 500 à 3000 ; Basalte : 1000 à 5000.
Cette résistance peut aussi diminuer à l’état humide.
c. Porosité. Résistance à la gélivité
La porosité (rapport du volume des vides de la roche au volume total) tend à
affaiblir non seulement la résistance mécanique de la roche, mais encore sa résistance chimique
aux altérations. Par contre, elle peut être utile dans l’élaboration de certains matériaux
artificiels (cimentations, silicatages).
d. Coloration des roches
Dans les constructions, la couleur des roches importe au point de vue ornemental.
Elle peut être très sujette à altération et faire perdre à la longue aux édifices quelque chose de
leur beauté.
e. Résistance aux agents atmosphériques
L’altération atmosphérique est accélérée dans les matériaux de construction bien
plus exposés, et beaucoup de monuments se dégradent rapidement : les sculptures des
cathédrales se rongent ; des surfaces architecturales se tachent, se couvrent d’efflorescences,
s’effritent.
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V.2.2. DE QUELQUES MATERIAUX
La plupart des espèces pétrographiques, sauf le cas des roches à faible cohésion,
sont susceptibles d’être employées pour les maçonneries courantes.
a. Granites
Le granite a une résistance à l’écrasement de 1.500 kg/cm2 en moyenne. Elle peut
monter jusqu’à 3.000, mais aussi descendre jusqu’à 500 si le granite est altéré.
Ailleurs, on construit seulement en granite certaines parties des édifices, telles que
soubassements, escaliers monumentaux et, d’une manière générale les parties devant subir des
chocs et frottements constants : digues maritimes, murs de quais, pavés, bordures de trottoirs.
L’empierrement des routes est souvent fait en granite.
b. Gabbro et basalte
Le gabbro est peu utilisé, car il manque de joints réguliers facilitant la taille, à
l’inverse du granite. Cependant il se polit bien et est utilisé pour des monuments.
Le basalte possède une remarquable résistance à l’écrasement : de 1000 à 3500
kg/cm2.
c. Sables et grès
Le sable est utilisé surtout pour les ciments, puis pour les fondations et le pavage. Il
est avantageux à ce dernier point de vue par son incompressibilité, à moins qu’il ne contienne
de la matière terreuse.
Les grès à ciment siliceux et les quartzites sont les plus durs. Ils fournissent
d’excellents pavés.
d. Argiles, marnes, ardoises
Les argiles ont des propriétés particulières (gonflement et plasticité par absorption
d’eau) qui sont très nuisibles pour l’équilibre des travaux de tranchées, tunnels, fondations, etc.
Au point de vue des matériaux de construction, elles n’interviennent qu’après cuisson à l’état
ou de briques ou de tuiles.
La marne est un mélange de calcaire et d’argile très intime et par particules
microscopiques. Elle sert en agriculture à améliorer les terres en leur fournissant de la chaux et
en les rendant plus meubles.
Les ardoises proviennent d’argiles ou de grès argileux d’une extrême finesse. On
les utilise dans la toiture.
e. Calcaires
Les calcaires sont les matériaux de construction par excellence. C’est dans ces roches qu’on
trouve au plus haut degré cet ensemble de propriétés que recherche le constructeur : la finesse
du grain, l’homogénéité, la facilité de travail, le prix modique de la matière. Tantôt elles sont
assez tendres pour se prêter à la sculpture la plus délicate ; tantôt elles sont assez dures pour
servir de soubassement, de dallage, ou pour l’empierrement des chaussées.
Par calcination modérée des calcaires argileux, on peut obtenir des chaux ou ciments. Aussi les
ciments « naturels » ont-ils été remplacés par des ciments « artificiels » ou portlands, obtenus
en cuisant des mélanges convenables de calcaire et d’argile. Les ciments « métallurgiques »
comportent l’addition des substances spéciales (bauxite, glaise, scories artificielles,
pouzzolane, etc.)
f. Marbres
Les marbres sont les calcaires suffisamment purs et homogènes pour pouvoir
prendre un beau poli. Outre l’usage à la sculpture, les marbres servent à décorer les
architectures.
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g. Meulières
Ces roches résultent de la décalcification de calcaire lacustre à trame siliceuse. On
en fait des moellons utilisés dans les maçonneries quelconques, mais aussi dans les fondations,
les travaux d’égouts, les ponts, aqueducs, à cause de l’inaltérabilité et (dans les voûtes) à cause
de la légèreté. Les variétés suffisamment compactes continuent à être utilisées pour les meules
de meunerie.
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IIème PARTIE : GEOLOGIE DU GENIE CIVIL
CHAPITRE VI. AFFAISSEMENT, EROSION ET MOUVEMENT DES
VERSANTS
Lorsqu’on choisit l’emplacement d’une construction ou d’un ouvrage d’art, on
doit tenir compte entre autres facteurs des transformations possibles de sa topographie que
permettent d’imaginer les caractères actuels de l’érosion ou de la sédimentation. Il peut donc se
poser le problème de la stabilité de la surface du sol. Celle-ci peut subir en effet :
Les affaissements qui affectent seulement les surfaces horizontales ;
Les mouvements des versants naturels où le déplacement latéral est
toujours important.
L’affaissement constitue l’un des mouvements du sol, lequel mouvement peut
déstabiliser des ouvrages d’art (maison, routes, voies ferrées,…). Pour les ériger une étude
géotechnique et la consultation d’une carte géotechnique du milieu sont conseillées. Dans ces
études préliminaires le comportement de certains matériaux comme l’argile et le sable doit être
élucidé.
VI.1. Propriétés des roches solides
VI.1.1. Résistance à l’écrasement
La résistance à la compression est mesurée en plaçant une éprouvette de roche de
forme cubique ou cylindrique, entre les plateaux d’une presse hydraulique et en la soumettant à
des contraintes croissantes jusqu’à rupture (voir chapitre IV).
La résistance d’une roche dépend de sa teneur en eau (si la roche est humide, sa
résistance diminue).
VI.1.2. Hétérométrie, uniformité et perméabilité
Les indices sont calculés sur base des courbes granulométriques (fig. 40).
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Figure 40. –Illustration de quelques courbes granulométriques
𝑑85
Hétérométrie des particules =𝑑15 : elle nous permet de déterminer l’étalement
du classement.
Perméabilité de l’échantillon du sol
2
K = 104 . 𝑑10 avec d10 appelé « diamètre efficace ».
𝑑60
Coefficient d’uniformité 𝑢 = 𝑑10
1. Le coefficient d’uniformité : appelé encore coefficient de Hazen, il nous permet de voir si la
répartition de diamètre de grains est serrée ou étalée.
d60 = diamètre de grains constituant 60pourcent en poids du sol.
d10 = diamètre de grains constituant 10pourcent en poids du sol.il est encore appelé
diamètre efficace.
Lorsque U≤4 [norme anglo-saxon] ou ≤2 [norme française], la granulométrie du sol est
dite serrée ;
Lorsqu’U≥4 ou U≥2 le sol est dit à granulométrie étalée.
Un sol dit uniforme, c’est à dire qui comprend des particules ayant une faible étendue
de répartition de diamètre ou qui a une granulométrie serrée, peut présenter un angle de
frottement interne faible. Par contre un sol à granulométrie étalée tend à être dense et peut
même être rendu compact par action mécanique.
1. l’hétérométrie : définie par le quotient 𝑑85⁄𝑑15 ; plus le matériau est
hétérogranulaire, plus d85 et d15 diffèrent. Ainsi le LE TOURNEUR [1971]
classe le sol par le rapport de d85 et d15 de la manière suivante (tableau 8) :
Tableau 8 : Classement de sol sur base du rapport de d85 et d15 (Le Tourneur, 1971)
Granulométrie d85/d15
Très serrée <2
serrée 02-5
Semi étalée 5-20
étalée 20-200
Très étalée ˃200
VI.1.3. Résistance au cisaillement
Elle se mesure dans la boite de Casagrande. Cette boite est constituée de deux
demi-coquilles dont l’une est fixe et l’autre mobile. L’échantillon de sol est placé dans la boite
et on lui fait subir à la fois une pression normale au plan de cisaillement et une traction
parallèlement à la surface de rupture entre les deux coquilles.
Cette boite comprend deux plaques poreuses au travers desquelles s’échappe l’eau
contenue dans l’échantillon (fig. 41).
Par des essais successifs en augmentant la pression, on peut tracer les courbes
intrinsèques qui permettent de déterminer la cohésion de l’échantillon du sol analysé. Un sol
non cohérent voit sa courbe passer par l’origine.
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Figures 41 a et b. - Boites de Casagrande pour l’essai de cisaillement
VI.2. Matériaux naturels ou concassés destinés aux remblais
VI.2.1. Argiles
a. Comportement
De prime abord, il convient de souligner qu’un matériau peut présenter
successivement les états suivants avec la diminution de la teneur en eau :
Etat fluide : la cohésion du matériau est faible. Celui-ci a tendance à
couler, à glisser ;
Etat plastique : la cohésion est relativement plus importante ; le
matériau se déforme sans se rompre quand il est soumis à des faibles
charges ;
Etat solide avec retrait : la déformabilité des matériaux est faible, la
dessiccation s’accompagne d’une diminution de volume ;
59
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Etat solide sans retrait : le matériau ne se déforme plus que très
difficilement. L’assèchement ne provoque plus de retrait, l’air pénétrant
au sein du matériau.
L’argile est un matériau plastique. Cet état plastique s’explique par le fait que
l’argile est formé des minéraux phylliteux appelés ‘’phyllites’’ qui glissent les uns sur les
autres.
Lorsque l’eau diminue dans l’argile, elle passe de l’état plastique à l’état solide
avec retrait. Il va alors apparaitre les fissures de retrait.
Ces fissures, une fois envahies par l’eau, favorisent le gonflement de l’argile ; d’où
l’ameublissement de l’argile et la déstabilisation ou le déplacement de l’ensemble.
L’argile est un matériau thixotrope, ce qui veut dire qu’elle devient liquide
lorsqu’on la frappe.
b. Classement dimensionnel :
On se réfère à la granulométrie des échantillons.
c. Limites d’Atterberg
Ces mesures sont fondées sur le fait que si l’on provoque une diminution de la
quantité d’eau d’un sol saturé et passe successivement par les états évoqués ci-haut.
Les essais sont réalisés sur la fraction granulométrique < 0,42 mm.
La limite de liquidité (Lq ou WL) est obtenue par l’emploi de la coupelle
d’Atterberg (fig. 42). Ce petit appareil consiste en un plateau concave sur lequel on dispose le
matériau que l’on veut étudier. Une entaille de dimension bien déterminée a, au départ, séparé
en deux la couche de boue qui est disposée. La mesure consiste à compter le nombre de chocs
nécessaires pour que les deux lèvres de boue se réunissent. La limite de liquidité est le
pourcentage d’eau que contient l’échantillon lorsque les lèvres se réunissent après 15 chocs.
La limite de plasticité est le pourcentage d’eau que contient l’échantillon quand,
par manque d’eau, la formation d’un fuseau de 3mm de diamètre n’est plus possible (fig. 43).
Indice de plasticité : 𝐼𝑝 = 𝑊𝐿 − 𝑊𝑝
𝑊𝐿−𝑊
Indice de consistance : 𝐼𝑐 = 𝐼𝑝
Où W : teneur en eau d’un échantillon à un instant donné.
Figure 42. La coupelle de Casagrande et illustration de son utilisation dans la mesure de WL
60
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Figure 43. –Formation du fuseau de 3 mm servant à déterminer Wp
La limite de retrait (WR) donne le dernier pourcentage en eau atteint lorsque
l’échantillon possède son dernier volume suite à la déshydratation.
D’après Vérdeyen et al (1966), on peut définir les sables, les limons et les argiles en se basant
sur la limite de liquidité (wl) :
-Sables: wl < 35;
- Argile : wl > 30;
-Limons : 20< 𝑤𝑙 < 60.
On classe aussi les sols entre autres selon leur indice de gonflement sur base de Ip (tableau 9).
Tableau 9. Potentiel de gonflement d’après Le BRE (1980).
IP %˂2µm Potentiel de
gonflement
˃ 35 ˃95 Très élevé
22-35 60-95 Elevé
18-22 30-60 Moyen
˂12 ˂30 Faible
VI.2.2. Sable
a. Comportement
En ajoutant une quantité faible de l’eau dans le sable, celui-ci se tasse. Lorsque le
sable se tasse, le frottement entre les grains augmente, la cohésion des matériaux devient aussi
plus forte. Un sable sursaturé devient boulant pendant un certain temps. Le phénomène de
boulance signifie que l’eau s’oppose au contact entre les grains ; la cohésion du sable diminue
si l’eau en excès est éliminée, la cohésion augmente.
b. Essais
On considère surtout le sable quartzeux, mais aussi le calcaire ou les roches
volcaniques. Les essais effectués portent sur la granulométrie et conduisent à la définition de
l’hétérométrie, de la porosité totale et de la perméabilité
L’essai d’ « équivalent de sable » visera à déterminer la propreté d’un sable ou la
teneur en particules fines d’un matériau.
61
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ℎ2
ES = x100, h2 : fins ; h1 : grossiers.
ℎ1
VI.2.3. Graviers
On s’intéresse à la granulométrie, la porosité et la résistance.
VI.2.4. Autres : Pierres concassées, granulats, matériaux alluvionnaires
Ils sont solides.
VI.3. Les procédés de traitement du sous-sol
Les différents procédés de traitement du sous-sol ont pour objectif d’obtenir un ou
plusieurs résultats :
-Rendre étanches des terrains qui ne le sont pas naturellement (imperméabilisation) ;
-Evacuer de ces terrains l’eau qu’ils contiennent (drainage ou rabattement) ;
-Renforcer la cohésion ou améliorer les qualités mécaniques des formations superficielles par
compactage. En effet, le compactage diminue la porosité et la perméabilité d’un terrain ; et en
conséquence augmente sa densité et son angle de frottement interne.
De cette manière, le sol et le sous-sol seront stabilisés et leur résistance au
cisaillement sera augmentée, de même que leur capacité portante.
Les techniques suivantes sont utilisées dans le compactage :
a. Battage des pieux
Un pieu est une pièce, cylindrique ou prismatique, en bois ou en béton armé, que
l’on enfonce ou que l’on confectionne.
Cette méthode est très efficace pour le compactage des limons sableux et des sables
saturés en eau. Elle consiste à battre des pieux courts, des bétons ou des bois, plus ou moins
rapprochés les uns des autres (fig. 44).
Figure 44. Une ceinture de pieux
b. Vibrations
Concernent les sols sableux ou limoneux, saturés d’eau. Ici un vibreur est descendu
par lançage jusqu’à la profondeur où l’on désire obtenir une compaction. Il est remonté
progressivement en vibration. On peut améliorer le rendement du procédé en accompagnant la
remontée de l’appareil par l’injection d’eau sous pression (vibroflottation).
c. Explosions
Une explosion de petite charge, à des profondeurs déterminées, dans les sables bien
classés, saturés d’eau, mais non argileux, augmente la capacité et réduit la perméabilité
horizontale.
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d. Injections
La pénétration, dans un milieu qui comporte des vides ± nombreux et de
dimensions variables, d’un coulis visqueux (coulis mortier fluide que l’on fait pénétrer dans les
joints d’un ouvrage en maçonnerie) qui va durcir après un temps, entraine une diminution de la
perméabilité de ce milieu et une augmentation de sa cohésion. Dans un rocher on peut forer et
ensuite injecter en commençant par le fond (rocher peu fissuré)
Les produits d’injection sont :
-Les coulis normaux à base de ciment : réalisés au moyen de ciment et souvent d’argile mis en
suspension dans l’eau au moyen de mélangeur. Pour obturer des vides importants, on peut les
charger de sable ou des sciures de bois.
-Les solutions silicatées qui en réagissant les unes sur les autres libèrent les produits obstruant
les pores fins (ex : solution de silicate de Na, silicate de calcium, CaCl2) qui oblitèrent les pores
lors du retrait du tube de forage.
-Les produits spéciaux : le bitume, asphalte + sable.
e. Compartimentage des terrains aquifères
Il est souvent nécessaire d’interrompre, au moins temporairement, les circulations
d’eau dans un sol de type alluvial :
-Ceinture de palplanches : grandes planches de bois ou plus souvent de métal, assemblées
verticalement et constituant un écran continu que l’on peut pousser jusqu’à un substratum
imperméable (fig. 45); Une palplanche (composé de pal et planche) était une planche servant à
consolider une galerie de mine afin d'éviter les éboulements. Le mot désigne généralement
aujourd'hui un pieu profilé conçu pour être battu en terre ou dans le sédiment et s'enclenchant
aux pieux voisins par l'intermédiaire de nervures latérales.
Figure 45. Une ceinture de palplanches métalliques
-Enceinte de pieux jointifs ;
-Ecran d’injection (voile d’étanchéité) ;
-Paroi moulée dans le sol : creuser une tranchée profonde, puis bétonner.
63
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f. Rabattement des nappes
-Si la nappe a une faible dimension ou une circulation lente, des rigoles implantées au fond de
la fouille canalisent les venues vers un ou plusieurs puisards équipés d’une pompe pour
évacuer l’eau et la jeter dans le sens de la pente ;
-Dans le sol cohérent, on peut procéder à des forages subhorizontaux pour évacuer l’eau ;
-Drainage par pierrées : tranchées tracées selon la ligne de plus grande pente pénétrant
profondément dans un talus ou un versant naturel et remblayées en pierres sèches. Doivent être
rapprochées pour un rabattement efficace de la nappe car elles sont utilisées en terrain peu
perméable.
Dans une mine, on parle de l’exhaure (fig. ).
Figure . Schéma général de l’exhaure dans une mine souterraine et l’avenir de l’eau de mine
exhaurée
VI.4. Les affaissements
VI.4.1. Caractérisation des affaissements
Un affaissement est enfoncement localisé de la surface du sol. On distingue deux
types d’affaissements :
-Affaissement S.S. (sensu stricto, au sens strict): il caractérisé par un enfoncement vertical,
l’inclinaison de l’axe de l’édifice et à la limite la destruction de l’édifice par le basculement,
l’écroulement. Les conséquences hydrogéologiques de cet affaissement sont : la remontée de la
nappe qu’on peut remédier par pompage, drainage ou par création des puits et puisards.
- Les distensions : elles provoquent des véritables crevasses et des fendards apparaissent au
niveau des mêmes des édifices. La distension peut détruire des infrastructures (routes,
canalisations, édifices, égouts) (figures 46).
64
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Figure 46. Affaissements et conséquences
VI.4.2. Causes des affaissements
A. Causes internes (géologiques) :
-La suffosion : c’est l’érosion souterraine ;
-La dissolution chimique : c’est le cas de la karstification des calcaires, gypses,…
B. Causes externes (anthropiques)
Les excavations souterraines minières ;
Pompage d’eau.
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VI.4.3. Remèdes
Il faut les prévisions des affaissements, c'est-à-dire éviter les activités qui peuvent
les provoquer.
Prévisions :
-Il faut se documenter par rapport à l’emplacement des anciennes carrières et des puits de
pompage ;
-Faire une étude des séries stratigraphiques et relever là où les roches et les minéraux sont
susceptibles de subir une dissolution chimique : Ex : calcaires, dolomies, gypse ;
-Cartographier les événements quaternaires d’altération superficielle ;
-Inventorier les proximités des vallées ;
-Procéder à la prospection des sous-sols par des sondages verticaux et obliques pour voir s’ils
recoupent les niveaux douteux, sujets éventuellement des crevasses ou de dissolution;
-Procéder aux mesures géophysiques (électriques et sismiques).
VI.5. Erosion
L’érosion est due aux effets ou au phénomène de ruissellement.
VI.5.1. Introduction
Le ruissellement est favorisé par la pente et le manque de végétation. Si la pente est
forte, l’érosion domine (car l’eau coule à grande vitesse), mais si la pente est faible il y a
prépondérance de l’altération chimique (vitesse de l’eau est faible).
Rappelons que l’érosion est un phénomène plus physique, mécanique que chimique
alors que l’altération est plus chimique dont les facteurs et agents ont été explicités dans la Ière
partie du cours.
VI.5.2. Types de ruissellement
-Ruissellement en nappe ou diffus : il est pelliculaire et couvre une grande surface de petite
épaisseur ;
- Ruissellement ravinant : il se concentre dans les rigoles et ces dernières vont commencer à
s’agrandir, à s’approfondir, à s’élargir, se rejoindre formant ainsi des ravins en forme de V.
C’est le ruissellement ravinant qui est à la base de l’érosion accélérée qui se
développe par exemple dans les terres cultivables.
VI.5.3. Erosion accélérée
Ce sont les activités anthropiques qui sont à la base de l’érosion accélérée, surtout
l’agriculture.
Les facteurs qui influent sur l’érosion accélérée sont les suivants :
.a) L’indice d’érosivité
L’indice d’érosivité de pluie tient au phénomène appelé splash ; celui-ci s’explique
par l’impact des gouttes de pluie sur le sol avec comme résultat l’arrachement des particules du
sol qui seront donc évacuées par l’eau de ruissellement. Cet indice R sera important pour les
pluies à grosses gouttes que pour les pluies fines.
b) Indice d’érodibilité du sol
Les propriétés des sols qui influencent leur résistance à l’érosion sont celles qui
affectent la vitesse d’infiltration et celles qui provoquent la résistance à la dispersion, au splash
et aux actions de l’érosion. Une granulométrie grossière et une forte perméabilité favorisent
l’érosion tandis que la matière organique la réduit.
c) La longueur et l’inclinaison de la pente
d) Le couvert végétal et la pratique culturale
e) Pratique anti-érosion
Trois pratiques sont efficaces dans la lutte anti-érosive :
66
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-Orienter le champ parallèlement aux courbes de niveau ;
-Créer les plates-bandes ;
-Intercaler les bandes des prairies entre les champs cultivés afin que la vitesse de l’eau de
ruissellement soit ralentie.
VI.6. Mouvement des versants
Ici nous passons en revue toute modification de la surface du sol quel que soit son
échelle d’apparition, qu’elle soit lente ou brutale mais due à la pesanteur.
VI.6.1. Chutes de pierres, Eboulement, Ecroulement
Toute paroi rocheuse a tendance à se détruire par la chute des cailloux, de gros
blocs appelés « éboulis ». Il va se former au bas de la pente un cône d’éboulis où les gros blocs
sont à la base et les plus fins au sommet (figure 47).
Les mécanismes génétiques sont :
-La desquamation : c’est l’arrachement des petits éclats rocheux à la masse rocheuse compacte
suite aux variations de température et d’humidité superficielle ;
-Les éboulis : chutes de pierres résultant de l’agrandissement des fissures et des joints au sein
de la masse rocheuse ;
-L’éboulement : il correspond à l’effondrement d’une masse rocheuse plus volumineuse. C’est
un effondrement vertical (figure 48);
-L’écroulement : c’est un effondrement rotatif.
Figure 47. Eboulis et cône d’éboulis
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Figure 48. Un éboulement, processus soudain, brutal et rapide
VI.6.2. Ecoulements lents
Ils sont appelés la solifluxion, le creep, la reptation ou le rampement.
Il s’agit des déplacements très lents des masses rocheuses friables et gorgées d’eau et qu’il est
parfois difficile de s’en apercevoir si ce n’est par l’inclinaison des pieux initialement implantés
verticalement, mais aussi par la présence des morceaux ou des débris d’un banc repère au sein
de la masse qui a coulé.
VI.6.3. Glissement de terrain
a. Définition et principaux types
Le glissement est le processus dont le démarrage est assez brutal et qui affecte une
masse terreuse et/ ou rocheuse relativement peu mouillée.
Si la surface de glissement est plane, on dit que le glissement est translationnel. Par contre si la
surface de glissement est courbe, on a un glissement rotationnel
b. Cas du glissement translationnel
La surface de glissement qui est plane peut correspondre à :
-La surface de contact entre les matériaux de recouvrement et la roche en place ;
-Une surface structurale prédéterminée ou une combinaison des surfaces élémentaires
correspondant à une rupture stratigraphique (décollement) ou à des joints de rupture (exemple :
au niveau de la tête anticlinale faillée ou diaclasée).
c. Cas du glissement rotationnel
Le glissement rotationnel affecte les masses plus épaisses et est le mieux étudié. Ce
phénomène se déclenche dans un matériau sensiblement homogène et isotrope (argile ou argile
sableuse), gorgé d’eau (figure 49). Ici la surface de glissement est courbe et permet une
rotation de l’ensemble.
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Cours de Géologie Générale par le Professeur Ordinaire Gabriel MAKABU K.
Figure 49. Niche d’arrachement du glissement de terrain de l’Harmalière sur la
Commune de Sinard (région du Trièves). 250 000 m3 de matériaux ont glissé en
1981. Le glissement est toujours actif aujourd’hui
c.1 Genèse et calcul du coefficient de sécurité
Considérons une masse de terrain sur un versant et étudions les conditions de son
équilibre. Soit P le poids de la portion de terrain concerné et appliqué à son centre de gravité G.
On peut remplacer P par ses deux composantes P1 et P2 prises de part et d’autre du plan vertical
passant par G.
Ce plan divise la masse de terrain en deux sous masses : la masse amont qui a
tendance à se dilater à son sommet où se forment en conséquence les fissures de tension
susceptibles d’absorber l’eau. Cette masse amont constitue la zone de poussée.
A l’aval, la sous – masse constitue la zone de butée. Ainsi donc, l’ensemble de la masse de
terrain étudiée est soumis à un couple moteur p1l1 qui tend à le faire basculer vers le bas et
l’extérieur, et à un couple résistant p2l2. A ce couple résistant s’ajoute la résistance au
cisaillement (S) multipliée par la longueur de la surface potentielle de rupture (r.AZ)
𝑆 = 𝐶 + 𝑁. 𝑡𝑔𝜑
Il y aura équilibre si 𝑝1 𝑙1 = 𝑃2 𝑙2 + 𝑆. 𝑟. 𝐴𝑍
Le coefficient de sécurité Cs sera donc égal à :
𝑃2𝑙2+𝑆.𝑟.𝐴𝑍
𝐶𝑠 = 𝑃1𝑙1
c.2 Prévision, prévention et traitement des glissements de terrain
Prévision
-Examiner les structures défavorables du rocher : les bancs massifs reposants sur des
formations plus meubles ou plus tendres ou calés (retenus) par elles ;
-Alternance des bancs rigides et des bancs plastiques ;
-Les pendages des couches (bancs) mal orientés ;
-La présence des discontinuités comme la foliation, la schistosité, les joints, les plans de faille,
les cassures conjuguées ;
-Répertorier les éléments défavorables : le surcroit ou la surcharge provoquée par le dépôt de
remblais sur des emplacements mal choisis ; les excavations aux pieds des talus, des versants ;
les dragages dans les lits d’une rivière aux pieds des berges (rives) ; les obstacles contrariant
l’écoulement souterrain dans une nappe ; le déboisement favorisant les infiltrations ;
-Tenir compte des propriétés mécaniques des talus ou du versant et déterminer le coefficient de
sécurité du versant.
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Cours de Géologie Générale par le Professeur Ordinaire Gabriel MAKABU K.
A partir de là, connaissant la pente, on peut déterminer la hauteur maximale du
talus h par la relation.
1 𝐶
ℎ = 𝐶1 . 𝑑 C1 : coefficient de sécurité déterminé à partir des abaques en servant
de la pente et de l’angle de frottement interne des matériaux qui constituent le site ; c :
cohésion des matériaux ; d : densité du matériau
Considérer l’infiltration et de la pression interstitielle de l’eau. Pour cela le
géologue environnemental devra recourir à un réseau dense des piézomètres.
Mesures préventives
Elles vont de pair avec les mesures de prévision :
-Ne pas surcharger les versants et s’il y a de surcharges, il faut les déplacer ;
-Eviter les infiltrations (il faut donc boiser) et créer un réseau de drainage ;
-Compacter le sable qui a tendance à bouler. Si une argile présente des fissures de retrait, on
peut mettre le gazon ou combler les vides par des couches d’autres matériaux ;
-Eviter l’encrage d’un versant argileux par des pieux battus (car l’argile est thixotrope).
Traitement
Un meilleur traitement est précédé par le diagnostic approprié. En ce qui
concerne le glissement de terrain, on doit procéder aux levés topographiques et géologiques, à
l’exécution de certains sondages de manière à déterminer la nature des couches, la pente du
terrain, la profondeur à laquelle se trouve la surface de glissement, sa forme. Des essais
mécaniques et hydrogéologiques du site doivent être entrepris. Quant au traitement S.S. des
glissements de terrains, il peut se résumer ainsi :
- Procéder à la consolidation des matériaux instables: par cuisson des argiles, congélation
des boues argileuses, l’injection de ciment ou des coulis ;
- Traitement de l’ensemble des pentes instables : on peut soit réduire la pente ou la
hauteur du talus. Charger le bas des versants par des terres compactées, construire des
contre forts (ou murs de soutènement) au bas des versants.
- Modification du régime des eaux souterraines en limitant les infiltrations par les
gazons, les drainages des aquifères, par le compartimentage des aquifères par
palplanches.
70
IIIème PARTIE : LEVE GEOLOGIQUE ET TOPOGRAPHIQUE ET
TECHNIQUES DE RECHERCHE DES MATERIAUX DE
CONSTRUCTION NATURELS IN SITU
CHAPITRE VII. LEVE GEOLOGIQUE ET TOPOGRAPHIQUE
VII.1. INTRODUCTION
La géologie est, avant tout une science de terrain : observations et prélèvements y sont les moyens
de base de toute recherche.
VII.2. LE MATERIEL DE TERRAIN
Suivant divers facteurs de variabilité des conditions du secteur, le matériel diffère selon
l’accessibilité du terrain et des objectifs fixés par l’opérateur.
Il est recommandé de tenir : des vêtements solides et étanches (surtout les chaussures), une gourde,
un marteau, des porte-mines, des crayons, des gommes, une règle, un mètre pliant ou roulant pour
évaluer les épaisseurs lors du levé de coupes, un carnet de terrain, des sacs à échantillons, des
marqueurs, un casque, un altimètre pour se localiser par rapport aux courbes de niveau de la carte,
une échelle de teinte convenable, un appareil photo, un GPS (Global Positioning System : un
système de positionnement par satellites qui est utilisé pour le prélèvement des coordonnées
géographiques), une boussole qui doit disposer d’une nivelle à bulle pour s’assurer de
l’horizontalité et d’un système de visée par effectuer les relèvements (figure 50). Toujours s’assurer
de l’unité (degré, grade, millimètre) et du sens de la graduation (du Nord vers l’Est ou vers l’Ouest).
Le clinomètre s’il n’est pas inclus dans la boussole, il est toujours possible d’en fabriquer au moyen
d’un rapporteur et d’un fil à plomb.
71
72
73
74
Figure 50. Petit matériel minimal du cartographe ayant un porte-doc
ument, une boussole (avec nivelle et clinomètre), crayon, rapporteur, carnet de terrain.
VII.3. TENUE DU CARNET DE TERRAIN
Le carnet doit être solide, inusable, à l’épreuve du climat (pluie). Les observations faites sur les
affleurements occuperont la plus grande place sur le carnet : description générale des affleurements,
mesures, description des roches, des fractures significatives et les minéralisations, notation du mode
d’échantillonnage (figure 51).
75
Figure 51. Extrait d’un carnet de terrain montrant les différents éléments à prendre en
considération et la séparation entre localisation, description et interprétation.
VII.4. SIGNES CONVENTIONNELS SUR LE TERRAIN
Il est souhaitable de représenter tous les faits nécessaires observés sur le terrain par des figurés ainsi
que des dimensions proportionnelles. La figure 52 présente quelques symboles lithologiques (roches
sédimentaires) et d’organismes fossiles.
Figure 52. Signes conventionnels pour la représentation sur terrain
VII.5. LEVER OU PROSPECTION AU MARTEAU
VII.5.1. Levé topographique des itinéraires
Dans le cas favorable, le report des itinéraires peut s’effectuer directement sur une carte
topographique.
76
VII.5.2. Localisation des affleurements
L’observation des affleurements constitue l’étape principale de la prospection au marteau. On doit :
-Casser en plusieurs endroits et de préférence à la masse.
-Déterminer succinctement la roche : c’est sur une roche mouillée que la structure apparaît
beaucoup mieux visible.
-Mesurer le pendage et la direction de la stratification sur une roche stratifiée (figure 53).
-Mesurer l’épaisseur apparente à partir de laquelle on peut calculer la puissance de la couche.
Figure 53. La direction et le pendage réel d’une roche, aussi une difficulté de mesurage
suite au fauchage de la partie d’une roche.
VII.5.3. TECHNIQUE DE MESURE DE DIRECTION ET PENDAGE
La direction d’un plan
- Placer le talon de la boussole sur la surface ou sur le porte-carte pour niveler de petites
irrégularités
- En maintenant le contact, amener la boussole à l’horizontal à l’aide de la nivelle
- Faire la lecture.
Pendage d’un plan
- Placer le clinomètre perpendiculairement à la direction que vous venez de mesurer ;
- Faire la lecture.
Direction d’un linéament
- Déposer votre porte-carte sur le linéament en le maintenant vertical ;
- Placer la boussole contre le porte-carte et amenez-la à l’horizontal ;
- Faire la lecture
Plongement d’un linéament
- Placer votre clinomètre sur le linéament avec la ligne de foi parallèle à la ligne à
mesurer ;
- Faire la lecture (figure 54).
77
Figure 54. Eléments géométriques d'un plan géologique et d'une linéation.
VII.6. CARTOGRAPHIE TOPOGRAPHIQUE
La carte topographique est à la base de la carte géologique. Elle permet la localisation précise d’un
lieu ou un objet, la définition de directions et renseigne sur l’évolution du relief d’une zone
déterminée.
La carte topographique est un document comportant :
- Un titre : généralement le nom d’une localité située sur la carte ; par exemple : carte
topographique de Kimwehulu (figure 55 a et b) ;
- Un cadre comprenant la surface cartographiée (dessin) et les coordonnées en X et Y ;
- L’échelle et la légende comprenant l’explication de tous les symboles de la carte.
Sur la surface cartographiée, sont représentés :
- La toponymie c.à.d. les noms de lieux ;
- Les données de l’urbanisme telles que constructions, voies de communication, etc.
- L’hydrographie (vallées, rivières, lacs, étangs, puits,…) ;
- L’orographie ou le relief : courbes de niveaux et points cotés.
Figure 55 a. Carte topographique en 2D de Kingamyambo Nord-Est
78
Figure 55b : carte topographique en 3D de Kingamyambo Nord-Est
L’échelle permet alors de transformer les distances mesurées sur carte en distances horizontales
réelles. Par exemple, une échelle au 1/25.000 signifie que 1 cm sur la carte équivaut à 25.000 cm
sur le terrain (soit 1 cm = 250 m). Si le terrain n’est pas plat, il faut tenir compte de la pente (donc
du relief) et faire une construction géométrique pour obtenir la distance « absolue ».
Les informations relatives au relief (variations d’altitude du sol) sont représentées en plan par
les courbes de niveau. Ces courbes correspondent à l’intersection entre une succession des plans
horizons équidistants les uns des autres et le relief. Toutes ces courbes sont ensuite projetées sur le
fond de la carte (projection orthogonale). Les courbes de niveaux sont donc contenues dans les
plans horizontaux.
L’altitude étant indiquée sur certaines courbes de niveau et compte tenu de l’équidistance (notée e)
entre les courbes (indiquée dans la légende de la carte), un simple décompte des courbes
successives permet d’avoir une estimation de l’altitude en un point donné de la carte. De plus,
l’altitude de certains points remarquables (sommets) est indiquée : ce sont les points côtés.
Une succession de courbes de niveau resserrées traduit un relief escarpé. Inversement, quand elles
sont espacées, les variations d’altitudes sont plus progressives.
VII.7. Carte géologique
La carte géologique se présente, comme la carte topographique, sous la forme d’un document à plat
mais se distingue au premier regard par la présence de nombreuses couleurs et figurés
correspondants aux données géologiques (fig. 56). Parmi les données géologiques, on distingue :
79
Figure 56. Carte géologique de l’écaille Ruashi 1
Les données stratigraphiques et lithologiques
Les couleurs correspondent aux âges des formations géologiques rencontrées sur la zone
cartographiée. Par convention, chaque période ou étage géologique correspond à une couleur et leur
subdivision à des dégradés de ces couleurs.
Les données de la tectonique
Les failles sont représentées par des traits noirs épais.
Les plis sont mis en évidence par la répétition de couleurs de façon symétrique par rapport à l’axe
du pli. Si la formation axiale est plus ancienne que les couches périphériques alors le pli est
anticlinal ; inversement une formation axiale plus jeune traduira la présence d’un pli synclinal.
VII.8. Coupe géologique
L’ensemble des informations portées sur la carte géologique permet de réaliser des coupes
géologiques (exemple coupe 3 de la carte ci-dessus ; fig. 57). Elles consistent à réaliser un profil
en profondeur des structures rencontrées. Pour cela, on choisit deux points sur la carte entre lesquels
80
on tracera un trait, généralement perpendiculaire aux principales structures. On réalise entre ces
points le profil topographique (ponts d’intersection entre le trait de coupe et les courbes de
niveau), c’est-à-dire un tracé de la surface tenant compte du relief. La géométrie des structures
géologiques en profondeur est déduite des différentes informations (figurés, symbole, pendage…)
représentées sur la carte aux abords du trait de coupe.
Figure 57. Coupe géologique GG’ de l’écaille Ruashi 1
81
CHAPITRE VIII. METHODE D’ECHANTILLONNAGE ET DE COLLECTE
DES DONNEES
VIII.1. La prospection au marteau
La prospection au marteau consiste s’effectue sur l’observation des affleurements et des
éboulis ou " pierres volantes". Elle requiert un petit matériel pour la recherche (boussole, clisimètre,
topofil, planchette topographique Chaix, réactifs HCl 10% et HNO3), et, ultérieurement, un matériel
plus important (mototarières, sondeuses légères, engins de terrassement) pour l'étude des indices ou
des anomalies découverts.
Sur affleurements, on doit:
casser le rocher en plusieurs endroits et de préférence à la masse,
déterminer succinctement la roche, en retenant que sur une roche mouillée la
structure apparaît beaucoup mieux; donc rafraîchir la paroi;
mesurer la direction et le pendage de la stratification, la schistosité et les
fractures significatives,
rechercher des minéralisations à l'œil nu et éventuellement à la loupe (analyse
macroscopique) pour mettre en évidence le degré d'altération et les produits
oxydés,…
VIII.2. Les tranchées:
Ce sont de travaux miniers de subsurface auxquels on recourt lorsque la couche
d'altération est peu épaisse (< 2m). Les tranchées sont rectangulaires et atteignent la formation
recherchée.
Leur creusement peut être effectué manuellement (pelles, pioches, éventuellement
marteaux perforateurs et explosifs), mais on tend de plus en plus à utiliser des engins de
terrassement. Elles permettent en les échantillonnant de découvrir la lithostratigraphie de l'assise
concernée par la prospection ainsi que la minéralisation qu'elle contient.
L'échantillonnage se fait sur les parois et le fond de la tranchée par rainurage et tranches
successives selon les différentes assises géologiques traversées.
VIII.3 Les puits
Lorsque les altérites ont une puissance comprise entre 3 et 10 m, les tranchées
présentent des déficiences. On recourt alors aux puits.
Le plus souvent ces puits sont foncés à la main et leur ouverture est circulaire d'un
diamètre de 0.70 à 0.80m.
L'échantillonnage de ces puits peut se faire soit par rainurage sur les parois, soit par
prélèvement sur les terres extraites par mètre d'approfondissement.
Chaque échantillon doit porter les indications suivantes:
numéro de l'échantillon,
nom du secteur ou du lieu,
localisation aussi précise que possible de l'échantillon,
la nature de l'échantillon éventuellement.
VIII.4 Echantillonnage en sondage
Le sondage est un moyen de prélever des échantillons à des profondeurs plus ou moins
importantes. Les appareils utilisés sont de deux types:
les appareils dits destructifs (wagons–drills par exemple) fournissent les
cuttings;
les sondeuses carottières (machines à couronne diamantée qui, par rotation et
pression, découpe la carotte).
En sondage destructif, les roches sont réduites en une masse finement moulue (cuttings)
qui ne permettra pas de déterminer la lithologie des roches, leur pendage ainsi que leur direction. Le
forage destructif est le mode exclusif de forage pétrolier. Il est souvent utilisé pour la prospection et
l’exploration des eaux souterraines.
82
Un bon sondage carottant est celui qui permet de récupérer le plus de carottes possibles
c'est-à-dire la carotte la plus longue possible (RQD ou Rock Quality Designation élevé). Pour éviter
pendant le forage le fractionnement de la carotte par les fluides, on emploie le tube carottier doux de
la sorte que la circulation des fluides de forage se fasse entre l’espace annulaire des deux tubes et ne
touche pas la carotte se trouvant à l’intérieur (figure 67).
Figure 67. Train de tiges
On décrit la lithologie, la granulométrie, la structurale, le RQD.
VIII.5 Echantillonnage en galerie
Dans une galerie comme dans un puits en cours de creusement, le levé géologique et
éventuellement topographique, est effectué en même temps que l'échantillonnage. Chaque front de
taille, caractérisé par sa position par rapport à l'entrée de la galerie et par la date à laquelle il est
atteint, fera l'objet d'un croquis comportant les observations géologiques et minéralogiques
principales.
83
DEUXIEME PARTIE : MINERALOGIE
INTRODUCTION
Si la minéralogie est l’une des disciplines de base des sciences de la Terre,
elle intervient également dans bon nombre de différentes disciplines comme la
chimie, les sciences des matériaux (céramiques, produits réfractaires, cimenteries,
verreries,….), l’agronomie, la bijouterie, les produits de synthèse, l’environnement.
Un autre domaine dans lequel la minéralogie intervient concerne
l’environnement : identification des poussières de l’atmosphère, diagnose de l’asbeste
et de ses différentes variétés, dégradation des pierres de bâtiment, réaction alcalis-
granulats…
A la notion de minéral est attachée une notion de chimisme, de structure et
de conditions naturelles de cristallisation. On définit généralement le minéral comme
une phase solide cristalline qui s’individualise dans un système physicochimique
naturel par variation d’un ou de plusieurs facteurs thermodynamiques commandant
l’équilibre de ce système :
La minéralogie est née au XVIIIème siècle avec la cristallographie
géométrique. Elle était basée sur les propriétés de symétrie du monde minéral et
mettait en œuvre quelques lois simples déduites des mesures effectuées au
goniomètre (voir les travaux de R.J. Havy).
Un peu plus tard, les développements de la chimie analytique furent
appliqués à l’étude du minéral et dès lors, on s’évertua à classer les minéraux en
fonction des constituants élémentaires formant leur édifice. C’est ainsi que les
silicates étaient considérés comme des sels d’acides siliciques hypothétiques.
Avec la découverte des rayons X, une étape essentielle fut franchie. Le
minéral fut alors regardé comme un édifice structural caractérisé par la répétition
d’un motif atomique, chaque atome occupant une position bien déterminée,
parfaitement définie dans l’espace, conférant à l’édifice ses propriétés de périodicité
et d’homogénéité. Un tel milieu est caractérisé par toute une série de propriétés
physiques spécifiques, utilisables pour sa diagnose.
La minéralogie couvre un large éventail de méthodes allant de
l’observation macroscopique aux techniques les plus pointues de la physique du
solide. On peut citer :
L’observation macroscopique ;
La diffraction des rayons X ;
La microscopie optique ;
Les microscopies électroniques (MET : microscopie électronique
par transmission, MEB : microscopie par balayage) ;
L’analyse d’image couplée avec la microscopie classique ou
électronique ;
Les spectroscopies d’émission (luminescence).
Joint aux propriétés structurales, le chimisme du minéral interprété à la
lumière des liaisons interatomiques permit de bâtir la Cristallochimie, et de donner
aux remplacements isomorphiques toute leur signification.
84
Au minéral défini par son chimisme et sa structure est attaché un nom qui
lui a été attribué lors de sa première description. Le nombre d’espèces minérales est
considérable (± 3500 à l’heure actuelle) et ne cesse de croitre avec les techniques
d’observation de plus en plus fines comme la microsonde électronique.
Cette nomenclature peut évoquer certaines propriétés du minéral comme
son chimisme (chromite, magnésite, calcite,…), sa coloration (albite vient du latin
« albus » - blanc), sa densité (barytine vient du grec « barys » - lourd), ses propriétés
mécaniques (oligoclase, orthoclase, plagioclase, … (viennent du grec « klasis » -
fractures), etc.
Dans bien d’autres cas il s’agit tout simplement d’un nom de lieu
(aragonite, ardennite, …) ou de personne (cornetite, curite, beckerelite).
Un des aspects de la minéralogie concerne ainsi l’étude des pierres
précieuses naturelles ou de synthèse. C’est la gemmologie.
Avant de décrire les différents minéraux, nous présentons les 9 classes dans
lesquelles ils se répartissent.
1. Éléments natifs
Ce groupe contient une cinquantaine de membres dont la plupart sont très
rares et possèdent une très grande valeur commerciale. Ce sont des corps chimiques
qui ne peuvent se décomposer en corps plus simples. Ils représentent 3 à 4 % des
espèces. Les métaux existent sous forme d'éléments natifs (constituant pur) ou, plus
généralement, d'alliages.
On les divise en trois sous-classes:
Les métaux : Argent Ag cubique, Cuivre Cu cubique, Or Au cubique, Platine
Pt cubique, Plomb Pb cubique
Les métalloïdes : Arsenic As trigonal à réseau rhomboédrique, Antimoine Sb
rhomboédrique, Bismuth (Bi)
85
Les non-métaux : Diamant C cubique, Graphite C hexagonal, Soufre S
orthorhombique
Argent Diamant Or Graphite
2. Sulfures – sulfosels
Ce groupe comporte plus de 300 minéraux qui se forment lorsque des atomes
de soufre se combinent avec d'autres éléments, surtout des métaux.
Cinabre Pyrite Chalcopyrite
Molybdénite
Sulfures : Acanthite Ag2S monoclinique, Argentite Ag2S cubique, Bornite
(Érubescite) Cu5FeS4, Chalcopyrite CuFeS2 quadratique, Chalcosine Cu2S,
Cinabre HgS trigonal à réseau hexagonal, Cobaltite CoAsS cubique,
Covelline CuS, cubanite CuFe2S3 quadratique, Énargite Cu3AsS4, Djurleite
Cu31S16, Freibergite (Ag,Cu,Fe)12(Sb,As)4S13, Galène PbS cubique,
Marcassite (ou Marcasite) FeS2 orthorhombique, Orpiment As2S3
monoclinique, Pyrite FeS2 cubique, Pyrrhotite Fe1-xS hexagonal, Réalgar AsS
monoclinique, Semseyite Pb9Sb8S21, Sphalérite ZnS cubique, Stibine Sb2S3
orthorhombique, Sulvanite Cu3VS4.
Arséniures : Skuttérudite – Smaltite - Chloantite [(Co, Ni) As3] et [(Ni, Co)
As3] cubique
Séléniures : Clausthalite PbSe cubique
Tellurures : Sylvanite AgAuTe4 monoclinique
Sulfosels : Bournonite (2PbS. Cu2S. Sb2S3) orthorhombique, Énargite
Cu3AsS4 orthorhombique, Proustite Ag3AsS3 trigonal à réseau
rhomboédrique, Pyrargyrite Ag3SbS3 trigonal à réseau rhomboédrique,
Tennantite Cu3AsS3,25 cubique, Tétraédrite Cu3SbS3,25 cubique
3. Oxydes et Hydroxydes
Les oxydes sont des minéraux qui ont de l'oxygène dans leur structure chimique et les
hydroxydes contiennent de l'oxygène et de l'hydrogène (ion hydroxyle) et forment un
groupe de plus de 250 minéraux.
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Cuprite Hématite Rubis Saphir
Les oxydes : Anatase TiO2 quadratique, Brookite TiO2 orthorhombique,
Cassitérite SnO2 quadratique, Chrysobéryl Al2BeO4 orthorhombique,
Corindon Al2O3 trigonal à réseau rhomboédrique, Hématite Fe2O3 trigonal à
réseau rhomboédrique, , Ilménite FeTiO3 trigonal à réseau rhomboédrique,
Manganite MnO(OH) monoclinique, Niobite (Fe,Mn) (Nb,Ta)2O6
orthorhombique, Périclase MgO cubique, Rutile TiO2 quadratique, Chromite
Cr2O3FeO cubique, Magnétite Fe3O4 cubique, Spinelle Al2 Mg O4 cubique,
Tantalite (Fe,Mn) (Ta,Nb)2O6 orthorhombique.
Les Hydroxydes : Gibbsite Al(OH)3 monoclinique, Goethite HFeO2
orthorhombique.
4. Halogénures ou Haloïdes
C’est un petit groupe d'environ 100 membres qui contiennent au moins un halogène
(fluor, chlore, brome, iode) qui se combine avec des atomes métalliques.
Fluorite Halite Silvite Chlorargyrite
Atacamite Cu2Cl(OH)3 orthorhombique, Boléite K Pb26Ag9Cu24Cl62(OH)48 cubique,
Cryolithe Na3AlF6 monoclinique, Fluorine CaF2 cubique, Halite NaCl cubique,
Mitscherlichite K2CuCl4.2H2O quadratique, Sylvine KCl cubique
5. Carbonates, Nitrates
C’est un groupe de 200 minéraux qui se forment lorsque le carbone et l'oxygène se
lient à d'autres atomes.
Calcite Dolomite Malachite Rhodochrosite
Carbonates : Ankérite Ca(Fe,Mg,Mn)(CO3)2 trigonal à réseau rhomboédrique,
Aragonite CaCO3 orthorhombique, Aurichalcite (Zn,Cu)5(OH)6(CO3)2
orthorhombique, Azurite Cu3(CO3)2 (OH)2 monoclinique, Calcite CaCO3
trigonal à réseau rhomboédrique, Cérusite PbCO3 orthorhombique, Dolomite
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MgCa(CO3)2 trigonal à réseau rhomboédrique, Kutnohorite
Ca(Fe,Mg,Mn)(CO3)2, Malachite Cu2CO3 (OH2) monoclinique, Magnésite
MgCO3 trigonal à réseau rhomboédrique, Phosgénite Pb2Cl2 (CO3) quadratique,
Rhodochrosite MnCO3 trigonal à réseau rhomboédrique, Sidérite FeCO3 trigonal
à réseau rhomboédrique, Smithsonite ZnCO3 trigonal à réseau rhomboédrique
Les nitrates : le groupement anionique est l'ion nitrate [NO3]-. Exemple : la
Nitratine (NaNO3).
6. Sulfates, Chromates, Molybdates, Tungstates
Ce sont des minéraux faits de soufre et d'oxygène combinés dans un rapport atomique
1 : 4 (1 soufre pour 4 oxygènes, par exemple SO4). Le sulfate le plus connu est sans
aucun doute le Gypse ou pierre à plâtre (CaSO4·2H2O).
Gypse Barite Crocoïte Cyanotrichite
Sulfates : Anglésite PbSO4 orthorhombique, Anhydrite CaSO4
orthorhombique, Barite BaSO4 orthorhombique, Célestine SrSO4
orthorhombique, Chalcantite CuSO4·5H2O triclinique, Gypse CaSO4·2H2O
monoclinique, Linarite PbCuSO4(OH)2 monoclinique.
Chromates : Crocoïte PbCrO4 monoclinique.
Molybdates : Powellite CaMoO4 quadratique, Wulfénite PbMoO4
quadratique.
Tungstates : Wolframite (Mn, Fe)WO4 monoclinique, Scheelite CaWO4
monoclinique
7. Phosphates, Arséniates, Vanadates, Antimonates
Ces minéraux contiennent un rapport atomique 1 : 4 de phosphore et d'oxygène qui se
combinent avec des atomes d'autres éléments.
Lazulite Torbernite Herdérite Mimétite
Phosphates : Apatite Ca5(PO4)3(OH,F,Cl) hexagonal, Autunite Ca [UO2 |
PO4]2·10H2O quadratique, Brazilianite Na Al3 [(OH)2 | PO4]2 monoclinique,
Monazite (Ce,La,Th) PO4 monoclinique, Pyromorphite Pb5 [Cl | (PO4)3]
hexagonal, Torbernite Cu [UO2 | PO4]2·10H2O quadratique, Turquoise CuAl6
[(OH)2 | PO4]4·4H2O triclinique, Variscite Al(PO4)·2H2O quadratique,
Vivianite Fe3(PO4)2·8H2O monoclinique, Wavellite Al3 [(OH)3 | (PO4)2]·5H2O
orthorhombique, Xénotime YPO4 orthorhombique.
88
Antimonates : Shakhovite Hg4SbO3(OH)3 monoclinique.
Arséniates : Adamite Zn2 (OH | AsO4) orthorhombique, Érythrite Co3
(AsO4)2·8H2O monoclinique, Olivénite Cu2(AsO4)(OH) orthorhombique,
Conicalcite CaCu(AsO4)(OH), Euchroïte Cu2(AsO4)(OH) . 3H2O, Krautite
Mn2+(AsO3OH).H2O
Vanadates, Vanadinite Pb5[Cl | (VO4)3] hexagonal, Descloizite Pb(Zn,Cu)[OH
| (VO4)] orthorhombique.
8. Silicates
C’est le plus important des groupes ; il compte plus de 500 membres qui sont issus
des combinaisons de multiples atomes avec une structure de base silicatée (silice et
oxygène) dans des rapports atomiques 1 : 4 ou 2 : 7.
Grenat Topaze Béryl Tourmaline
Tectosilicates
Les feldspaths : Celsiane Si2Al2O8Ba triclinique, Orthose Si3AlO8K
monoclinique, Albite Si3AlO8Na triclinique, Anorthite Si2Al2O8Ca
triclinique, Scapolite quadratique, Marialite (AlSi3O8)Na8(Cl2SO4CO3
quadratique, Méionite (Al2Si2O8)Ca8(Cl2SO4CO3 quadratique, Quartz
SiO2 trigonal à réseau hexagonal, Opale SiO2·nH2O amorphe, Scolécite
Ca Al2 Si3O10 3 H2O monoclinique
Les feldspathoïdes : Haüyne Na-Ca4-8(SO4)1-2(SiAlO4)6 cubique, Leucite
K(Si2AlO6) quadratique, Néphéline Na3K(SiAlO4) hexagonal, Noséane
Na2SO4(SiAlO4)6 cubique, Sodalite Na8(Al6Si6O24)Cl2 cubique, Zéolite
X2[(Al, Si)O2]x·nH2O orthorhombique ou monoclinique (où X=Na, Ca,
K, Ba), Stilbite CaAl2Si7O18·7H2O monoclinique, Natrolite
Na2AlSi3O10·2H2O orthorhombique
Nésosilicates (ou Orthosilicates) Si:O = 1:4
grenat X3 Y2 (SiO4)3 cubique
X=Mg, Fe2+, Mn, Ca
Y=Al, Fe3+, Cr, Zr, V, Ti
péridot ou olivine X2 SiO4 orthorhombique
X=Mg,Ca,Fe,Mn(Zn, Ni, Cr)
On retrouve aussi: Zircon ZrSiO4 quadratique, Andalousite Al2SiO5 orthorhombique,
Disthène Al2SiO5 triclinique, Sillimanite Al2SiO5 orthorhombique, Staurotide
(Fe2+)2Al9O6(O,OH)2[SiO4]4 orthorhombique, Topaze Al2(F,OH)2[SiO4]
orthorhombique, Titanite (ou Sphène) CaTiSiO4 monoclinique.
Sorosilicates
Dans cette famille, nous trouvons : Avec le silicate de scandium Sc2Si2O7, la
thorveitite , on peut citer: les minéraux du groupe de la
89
mélilite (Ca,Na,K)2(Mg,Al)(Al,Si)2O7, tous quadratiques; l’hémimorphite ou
calamine , important minerai de zinc, qui était considérée comme l’orthosilicate
Zn2SiO4. H2O, mais dont l’étude structurale a conduit à la formule Zn4Si2O7(OH)2O;
la lawsonite CaAl2Si2O7(OH)2 . H2O; enfin, l’ilvaïte CaFe22+Fe3+Si2O7O(OH).
Le groupe de l’épidote comprend la série isomorphe X2Y3(Si2O7)(SiO4)O(OH,F),
avec X = Ca2+, Fe2+, Mn2+, Mn3+, Ce3+, La3+, Y3+, Th4+, et Y = Al3+, Fe3+, Fe2+, Nn3+,
Mn2+, Ti4+; les principaux termes sont la zoïsite et la clinozoïsite (X2Y3 = Ca2Al3),
l’épidote avec Ca2(Fe3+Al2), l’allanite ou orthite avec (Ca,Ce,La,Y)2(Mn,Fe,Al)3.
On retrouve aussi des groupes SiO4 et Si2O7 dans la vésuvianite (ou idocrase ) et la
pumpellyite, caractéristique du faciès métamorphique de certains schistes.
Cyclosilicates
Ici, on trouve : Axinite CaFe3MnAl2[BO3OH | SiO4O12] triclinique, Béryl
Al2[Be3Si6O18] hexagonal, Cordiérite Mg2Al3(AlSi5O18) orthorhombique, Dioptase
Cu6(Si6O18).6H2O trigonal à réseau rhomboédrique, Tourmaline
Y3Al6Na(OH,F)4(BO3)3 Si6O18 trigonal à réseau rhomboédrique où
Y=Mg (Dravite, noire)
ou (Fe,Mn) (Schlor ou Schlorite, brune à verte)
ou (Al,Li) (Elbaïte, bleu clair) (Rubellite, rose)
Inosilicates (ou méta silicates) Si: O 1:3 Si: O 4:11 Si: O 3:8
Amphibole :
Amphibole ferromagnésienne (Mg,Fe)7[Si8O22](OH,F)2 orthorhombique ou
monoclinique
Amphibole calcique : Trémolite Ca2Mg5[Si8O22](OH,F)2 monoclinique,
Actinote Ca2(Mg,Fe)5[Si8O22](OH,F)2 monoclinique, Hornblende
2+ 3+
(Ca,Na,K)2(Mg,Fe ,Fe ,Al)5 [Si6(Si,Al)2O22] (OH,F)2 monoclinique
Amphibole sodique : Glaucophane Na2Mg3Al2[Si8O22]OH2 monoclinique,
Riébéckite Na2Fe2+3 Fe3+2 [Si8O22] (OH,F)2 monoclinique
Pyroxène XY (Z2O6)
2+
X=Mg, Fe , Ca, Na, Li ;
3+ 3+
Y=Al, Fe , Cr ;
Z=Si, (Si, Al).
Clinopyroxène monoclinique
Ortho pyroxène orthorhombique
Pyroxénoïde : Rhodonite CaMn4(Si5O15) triclinique, Wollastonite Ca3(Si3O9)
triclinique.
Phyllosilicates (ou disilicates) Si:O = 2:5
o Apophyllite KFCa8 Si8O20 8 H2O quadratique
o Mica XY2-3Z4O10(OH,F)2 monoclinique (il existe aussi des polytypes
tricliniques, orthorhombiques, et trigonaux)
X = Ba, Ca, Cs, (H2O), K, Na, (NH4) ;
3+ 2+ 3+ 2+ 3+ 3+
Y = Al, Cr , Fe , Fe , Li, Mg, Mn , Mn , V , Zn ;
3+
Z = Al, Be, Fe , Si.
Biotite K(Mg,Fe)3 Si3AlO10 (OH,F)2 (noire, bronze)
Muscovite KAl2 Si3AlO10 (OH,F)2 monoclinique (blanc argenté, incolore)
Lépidolite K (Li,Al3) Si3AlO10 (OH,F)2 (lilas clair, incolore)
Phlogopite K Mg3 Si3AlO10 (OH)2 (brun, incolore)
90
o Serpentine Mg6 [Si4O10(OH)2] (OH)6 monoclinique ou orthorhombique
9. Minéraux organiques
Dans cette catégorie, nous trouvons : Ambre, Copal, Corail Rouge, Jais,
Kaori, Urée
91
Chapitre I. PROPRIETES PHYSIQUES, CHIMIQUES ET OPTIQUES
UTILISEES DANS LA DIAGNOSE DES MINERAUX.
I.1. PROPRIETES PHYSIQUES
I.1.1. PROPRIETES PHYSIQUES DETERMINEES PAR L’OBSERVATION
MACROSCOPIQUE DES CRISTAUX.
A. Faciès des cristaux, aspect des faces.
Outre la détermination des éléments de symétrie, l’observation de la forme cristalline,
liée à la structure du minéral et à ses conditions de gisement, peut utilement nous
renseigner.
La forme cristalline et l’aspect des faces sont liés aux conditions de cristallogenèse.
B. Coloration des minéraux.
La coloration des minéraux est due à l’absorption de certaines radiations du spectre
visible. Elle peut être propre à un minéral déterminé (coloration idiochromatique)
ou variable pour une même espèce minérale (coloration allochromatique).
Parmi les causes de la coloration allo chromatique on peut citer :
Exemple : diamant bleu dû à la présence de bore (B3+ au lieu de C4+), jaune dû à la
présence d’azote (N5+ au lieu de C4+ ) ;
La trace ou couleur de poudre
La trace est un outil très pratique pour la détermination des minéraux. Mais qu’est-ce
que la trace d’un minéral ? Il s’agit de la couleur caractéristique de la poudre de la
pierre pour une espèce minérale (tableau 11). Chose surprenante, la poudre n’a pas
toujours la couleur du minéral de départ.
Tableau 11. - Quelques traces de minéraux courants
Minéral Trace Minéral Trace
Pyrite Noire – Verdâtre Azurite Bleue
Calcite Blanche Sodalite Bleue
Quartz Blanche Lapis-lazuli Bleue
Malachite Verte Orpiment Jaune
Améthyste Blanche Réalgar Rouge
Rubis Blanche Hématite Rouge
Saphir Blanche Limonite Ocre
Péridot Blanche Dioptase Verte
C. Eclat.
Les minéraux se différencient entre eux par leur éclat. L’éclat est la manière dont le
minéral va réfléchir la lumière. Il y a par exemple l’éclat perlé qui, comme son nom
l’indique, rappelle l’éclat des perles. L’éclat résineux rappelle celui des résines, c’est
l’éclat de l’ambre. L’éclat adamantin est un éclat très vif, comme celui du diamant.
L’éclat métallique rappelle celui de la surface d’un métal comme pour la galène.
L’éclat soyeux comme son nom l’indique rappelle celui de la soie et est
caractéristique de l’ulexite et de certains gypses. L’éclat vitreux rappelle celui du
verre. L’éclat gras rappelle celui d’un papier gras imbibé d’huile. Quant à l’éclat
mat, c’est celui des masses terreuses comme la limonite.
92
Éclat Adamantin Diamant Éclat Mat Limonite Éclat Métallique
Graphite
Éclat Soyeux Gypse Éclat Résineux Ambre Éclat Perlé Muscovite
Pour un minéral donné l’éclat est lié à son pouvoir réflecteur. Celui-ci est
défini par le rapport du flux lumineux réfléchi aux flux lumineux incident.
Sous l’incidence normale le pouvoir réflecteur R est donné par la relation suivante :
(𝑛−1)2
𝑅 = (𝑛+1)2
Où n = indice de réfraction
Selon n, on classe les minéraux de la manière suivante :
n>3 : éclat métallique (métaux, nombreux opaques) ;
2,6< n < 3 : éclat submétallique (certains oxydes et sulfures –Cu –pyrite,
cinabre) ;
1,9< n < 2,6 : éclat adamantin (zircon, diamant, blende claire, cassitérite….) ;
n 1,4 – 1,5 : éclat vitreux (de nombreux minéraux silicatés).
La combinaison de la couleur jaune ou brune avec un indice de réfraction élevé
(éclat adamantin) produit un éclat résineux.
Application pratique : la mesure du pouvoir réflecteur contribue à la détermination
des minerais.
D. MACLE
Les macles (twin) sont composées de deux (ou plusieurs) cristaux homogènes,
juxtaposés ou interpénétrés, mais orientés les uns par rapport aux autres suivant les
lois bien déterminés.
93
I.1.2. PROPRIETES PHYSICO-MECANIQUES LIEES A LA COHESION
A. Les clivages
La plupart des minéraux se brisent selon certains plans appelés ‘’plans de clivage’’.
Ces derniers sont à rechercher parmi les plans contenant le plus grand nombre de
fortes liaisons.
B. La dureté.
La dureté peut se définir comme la résistance d’un minéral à l’effort de pénétration
ou de rayure.
La dureté relative s’exprime à l’aide d’une échelle comparative de dureté ou échelle
de Mohs comportant des minéraux de référence de dureté relative qui se présente
ainsi de moins dur au plus dur : 1. Talc ; 2. Gypse ; 3. Calcite ; 4. Fluorine ; 5.
Apatite ; 6. Orthose ; 7. Quartz ; 8. Topaze ; 9. Corindon ; 10. Diamant. On dit que le
minéral A a une dureté de 2.5 s’il est rayé par le minéral de dureté 3 et s’il raye le
minéral de référence de dureté 2. Signalons que notre ongle a une dureté de 2.5, la
lame de couteau 5.5 et le verre 6.5.
La dureté absolue mesurée à partir des plages microscopiques porte le nom de
microdureté du type Vickers, Knoop ou Brinnell selon la forme du pénétrateur utilisé.
Le principe de la méthode se base sur l’existence d’une relation empirique simple
entre la diagonale ’’d’’ de l’empreinte laissée dans le minéral par la pénétration d’une
pointe pyramidale diamantée de poids ‘’P’’ et la dureté ‘’ D’’ du minéral.
𝑃
𝐷= (𝑒𝑛 𝑘𝑔/𝑚𝑚2)
𝑑2
D’une manière générale on peut faire les remarques suivantes :
Les métaux natifs sont tendres ;
Les sulfures et sulfosels sont relativement tendres sauf les sulfures de fer,
cobalt, nickel ;
Les minéraux hydratés sont assez tendres ;
Les oxydes et les silicates sont durs ;
Les halogénures et les minéraux à structure anisodesmique (carbonates,
sulfates, phosphates) sont assez tendres.
On peut également noter que certains minéraux présentent une anisotropie de dureté
exceptionnelle (de 6,5 à 4,5 suivant la direction cristallographique pour le disthène).
I.1.3. LA DENSITE.
La densité dépend des caractéristiques chimiques et structurales du minéral.
I.1.4. PROPRIETES THERMIQUES
L’appareil ATD permet d’étudier les transformations subies par les minéraux au
cours d’une élévation régulière de la température (déshydratation, transformations
polymorphiques, départ du CO2 dans les carbonates….).
L’ATD est notamment très utile pour la détermination des minéraux argileux
(silicates hydraté) toujours submicroscopiques. Elle est également utilisée dans la
diagnose des carbonates. On retrouvera les détails dans partie du cours traitant des
propriétés et des structures des minéraux, particulièrement des carbonates.
94
I.1.5. PROPRIETES MAGNETIQUES
La mesure de la susceptibilité magnétique (k=I/H où I intensité d’aimantation, H
intensité du champ magnétisant) permet de distinguer un certain nombre de
minéraux. On peut classer ces derniers de la manière suivante :
Minéraux ferromagnétiques (magnétite, ilménite, chromite, pyrrhotine) : K>0,
grand (10 -1), variable avec l’intensité du champ magnétisant ;
Minéraux paramagnétiques : K>0, faible (10-5, 10-6), indépendant de H ;
K étant positif les minéraux paramagnétiques sont attirés vers les régions où le
champ est le plus intense (wolframite ; scheelite CaWO4;Hématite) ;
Minéraux diamagnétiques ou isolants magnétiques (quartz, calcite, gypse, sel
gemme, graphite) : K<0, faible, indépendant de H.
I.2. PROPRIETES OPTIQUES
Selon les lois de Descartes, un rayon lumineux peut subir à l’interface de deux
milieux d’indice différent une réfraction et une réflexion.
Le rayon incident, la normale à la surface de séparation élevée du point d’incidence,
les rayons réfléchi et réfracté sont dans le même plan et les phénomènes obéissent
aux relations suivantes :
𝑖 = 𝑅
𝑛1 𝑠𝑖𝑛 𝑖 = 𝑛2 𝑠𝑖𝑛 𝑟
i = angle d’incidence; R = angle de réflexion; r = angle de réfraction; n1 et n2 =
indices des 2 milieux.
𝑐
La valeur de l’indice d’un milieu est donné par le rapport 𝑛 = où
𝑣
c : vitesse de la lumière dans le vide
v : vitesse de la lumière dans le milieu.
Lorsque le rayon incident est à la surface de séparation des deux milieux, on a :
i = 0, ce qui entraîne r = 0 ; le rayon n’est pas dévié, mais sa vitesse est modifiée.
Lorsque n1 ≥ n2, il existe une limite pour i puisque sin r ≤ 1. Cette limite est donnée
par l’égalité sin i =n1/n2. A partir de cet angle d’incidence (angle limite), tous les
rayons incidents sont réfléchis (réflexion totale).
Corps isotropes et anisotropes
Les gaz et les liquides homogènes, ainsi que les minéraux du système cubique sont
isotropes car pour les rayons lumineux et quel que soit la direction de propagation,
l’indice de réfraction reste constant. D’autre part, un rayon incident donne un seul
rayon réfracté, et on dit que ces milieux sont monoréfringents.
En revanche, les cristaux des autres systèmes sont anisotropes car l’indice varie
selon la direction envisagée, et biréfringents, car un rayon incident donne deux
rayons réfractés (phénomène de la double réfraction) qui se propagent à des vitesses
différentes, et qui en sont en outre polarisés dans des plans orthogonaux, l’un dans le
plan d’incidence (rayon ordinaire obéit aux lois de Descartes), l’autre
perpendiculairement (rayon extraordinaire) ne suit pas les lois de Descartes.
Les détails seront donnés dans le cours de cristallographie, dans sa partie « optique
cristalline ».
95
I.3. PROPRIETES CHIMIQUES
a. La réactivité avec les acides et les bases
Les minéraux présentent aussi une réactivité particulière aux acides et aux
bases qui permet de les identifier. Nous n’entrerons pas dans les détails de ce que
sont les bases et les acides, mais un exemple commun de réactivité d’un minéral face
à un acide est celui de la calcite. Quand ce minéral est mis en présence d’un acide,
même organique, il se crée une effervescence qui est due à un dégagement de CO2.
Plus généralement, les carbonates se décomposent dans les acides avec une
effervescence due à un dégagement de CO2.
b. Le test de la flamme
À votre avis, quel est le point commun entre les feux d’artifice du 14 juillet et le test
de la flamme ? Encore une fois, il s’agit de la composition chimique. En effet,
suivant les éléments chimiques présents dans les fusées, une couleur spécifique est
obtenue. Par exemple, le rouge est obtenu avec du lithium, le jaune avec du sodium,
le vert avec du cuivre, le rose avec du potassium. Le mécanisme est très simple,
pendant un feu d’artifice, les atomes sont chauffés très fortement, ce qui a tendance à
les ioniser (cf. classe minérale) et cette ionisation excite les atomes qui émettent alors
de la lumière dont la couleur est caractéristique de l’élément excité.
Le test à la flamme est basé sur le même principe. Il suffit de placer un très petit
morceau de minéral sur une tige métallique et de placer la tige dans une flamme de
gazinière ou un bec bunsen. La couleur de la flamme peut donner des informations
importantes sur la composition chimique du minéral étudié. Voici un bref
récapitulatif de couleur de flamme :
Couleur de
Élément Symbole Flamme
Lithium Li Rouge pourpre
Strontium Sr Rouge écarlate
Calcium Ca Rouge brique
Sodium Na Jaune
Baryum Ba Jaune verdâtre
Vert et parfois
Cuivre Cu bleu
Potassium K Rose très pâle
On peut se référer aux tests chimiques sur document annexé aux fiches signalétiques
des minéraux.
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c. QUELQUES TESTS CHIMIQUES D’IDENTIFICATION DES
MINERAUX
1. L’or natif :
Examiné au chalumeau, il fond. Insoluble dans les acides, sauf dans l’eau
régale ; soluble dans KCN et les réactifs qui dégagent du chlore et du brome à l’état
libre. A chaud, également soluble dans les polysulfures alcalins en donnant des
sulfures.
2. Le cuivre natif :
Examiné au chalumeau, le cuivre fond (T° de fusion 1080°). Facilement
soluble dans HNO3 dilué. Difficilement soluble dans HCl avec formation de chlorure
de cuivre. La solution aqueuse dans l’ammoniaque est d’une couleur bleue
caractéristique.
3. Le graphite :
Au chalumeau, il ne fond pas. Chauffé avec un jet d’oxygène, se consume
plus difficilement que le diamant. Ne se volatilise sans fondre que sous l’effet de l’arc
électrique. Insoluble dans les acides. A l’état pulvérulent, mélangé à KNO 3,
s’enflamme vivement par chauffage.
4. Le cinabre :
Examiné au chalumeau sur le charbon se sublime totalement. La
volatilisation commence à 200°. Lors du chauffage en tube fermé, il se forme un
sublimé noir constitué partiellement de HgS, partiellement de mercure métallique et
d’un dépôt de soufre. En tube ouvert, c’est-à-dire en présence de l’oxygène, on
obtient du mercure métallique qui se condense sur les parois froides en gouttelettes
minuscules, la réaction étant la suivante : HgS + O2 = Hg + SO2. La préparation
industrielle du mercure est basée sur cette réaction. Soluble dans l’eau régale. D’une
manière générale le chlore et les solutions des sulfures des bases fortes décomposent
le cinabre ; HNO3 et H2SO4 sont sans action.
5. La fluorine :
Décrépite au chalumeau, devient luminescente et fond difficilement sur les
bords (1270 °). Après élimination du fluor donne la chaux infusible CaO. Très
faiblement soluble dans l’eau. Ne se décompose entièrement que dans H 2SO4
concentré avec dégagement de HF. HNO3 et HCl ont une action beaucoup plus faible.
6. La halite :
Fond facilement au chalumeau (800°) en décrépitant et en colorant la
flamme en jaune. La solution, légèrement acidulée par HNO3, fournit avec AgNO3 un
précipité pâteux blanc d’AgCl.
7. La sylvine :
Fond aisément à 800° au chalumeau. La solution acidulée à l’acide
azotique fournit avec avec AgNO3 un précipité pâteux blanc d’AgCl.
8. L’hématite :
Ne fond pas au chalumeau. En flamme réductrice, à haute T°, devient
magnétique (se transforme en magnétite), ce qui est caractéristique. Se dissout très
lentement dans HCl.
9. La cassitérite :
97
Ne fond pas au chalumeau. Cependant la cassitérite mélangée à un volume
triple de soude, donne sur le charbon, par soufflage énergique dans une flamme
fortement réductrice, des petits globules d’étain malléable et un enduit blanc de SnO 2.
Les acides restent sans action. En déposant une goutte de HCl sur la cassitérite et en y
appliquant un morceau de zinc (ou, ce qui est mieux, une aiguille de Zn spécialement
préparée à cet effet), on obtient sous l’action prolongée d’un violent dégagement
d’hydrogène à effet réducteur un enduit d’étain métallique devenant brillant après
polissage avec du feutre (réaction spécifique, réussissant presque toujours de la
cassitérite).
10. La columbite-tantalite :
Ne fond pas au chalumeau. Insoluble dans les acides. Fondue avec KOH,
la columbite donne, après addition de Zn métallique,une teinte bleue stable. La
tantalite, fondue avec KHSO4 et traitée par HCl fournit uen solution jaune et un
précipité blanc, dense, virant également au bleu vif par addition de Zn, mais se
décolore par addition d’eau.
11. La pyrolusite :
Ne fond pas au chalumeau. En perdant une partie de son oxygène (jusqu’à
12 %, en poids) se transforme en oxydes de moindre oxydation et devient brune. Le
chauffage ne produit aucun changement jusqu’à 500° ; entre 550-650°, les études
radiocristallographiques font ressortir une dissociation avec formation de braunite-β
(modification cubique) ; entre 940-1100°, la braunite- β se transforme en
hausmannite, stable à haute T°. Soluble dans HCl avec dégagement de chlore. Ce
phénomène est largement utilisé dans l’industrie chimique. Avec le borax et le
phosphate ammoniaco-sodique dans la flamme oxydante donne une perle violette qui
se décolore par réduction.
12. Le quartz :
Ne fond pas au chalumeau. Insoluble dans les acides,excepté dans HF, avec
lequel il donne aisément le composé volatil SiF4. Attaquable aux bases. La calcédoine
est très sensible à KOH.
13. La calcite :
Décrépite au chalumeau et dégage CO2, c’est-à-dire se dissocie en CaO et
CO2. La chux ainsi obtenue émet une vive lumière et colore la flamme en orange.
Aisément soluble, même à froid, dans HCl dilué ; on observe une effervescence
(dégagement de CO2).
14. La dolomite :
Examinée au chalumeau, décrépite sans fondre. On obtient CaO qui colore
la flamme en orange.
15. La magnésite :
Décrépite au chalumeau sans fondre. Ne colore pas la flamme. Ne se
dissout pas dans les acides qu’après chauffage. Une goutte de HCl ne provoque
aucune effervescence à froid. Soluble dans les acides à chaud.
16. La malachite :
Examinée au chalumeau, fond dans la flamme réductrice en donnant un
globule de cuivre. Humectée par HCl, colore la flamme en bleu clair. Chauffée dans
le tube dégage de l’eau de l’eau et noircit. Soluble avec effervescence dans HCl La
solution bleuit après addition d’ammoniac en excès.
98
17. Le gypse :
Il perd son eau au chalumeau, décrépite et fond en émail blanc. Sur le
charbon en flamme réductrice donne CaS. Dans l’eau, acidulée avec H2SO4, se
dissout plus facilement que dans l’eau pure. Cependant, lorsque la concentration de
H2SO4 dépasse 75 g/l la solubilité diminue brusquement. Peu soluble dans HCl.
18. La wolframite :
Au chalumeau fortement chauffé sur le charbon fond en donnant un globule
magnétique. L’ébullition, dans l’eau acidulée par HCl, du wolframite fondu avec de
la soude donne une coloration bleue (réaction duW). Avec le borax donne une
coloration bleue (réaction du W). Avec le borax donne la réaction de Mn et Fe.
Insoluble dans HCl.
19. Le talc :
Blanchit au chalumeau, s’effrite et fond difficilement sur les bords en un
émail blanc. Acquiert, après calcination, une grande dureté (de l’ordre de 6). N’est
pas attaqué par les acides, même après chauffage. Devient rose pâle avec une solution
de nitrate de cobalt après calcination.
I.4. IMPORTANCE PRATIQUE DE QUELQUES MINERAUX
1. Le cuivre (Cu):
En électrotechnique (construction des machines, fabrication de divers
appareils, d’ustensiles, etc.), automobile, électricité.
2. L’or (Au):
Importance : valeur monétaire et d’échange, décoration, bijouterie,
dentisterie, appareillage physique et chimique, stomatologie, etc.
3. Le platine (Pt):
Industrie chimique (instruments de laboratoire inertes aux acides),
électrotechnique, orfèvrerie, stomatologie.
4. L’argent (Ag):
Principalement utilisé comme alliages avec le cuivre pour la fabrication de
l’argenterie, des monnaies, etc. A l’état pur, l’Ag est utilisé dans les travaux de
filigrane, pour la fabrication des creusets destinés à la fusion des alcalis, pour
l’argenture, en chimie pour l’obtention de divers composés. La majeure partie de
l’Ag pur (80 %) n’est pas extraite à l’état natif, mais provient, en qualité de sous-
produit, des gisements de galène de blende, d’or et de cuivre argentifères.
5. Le soufre (S):
Fabrication de l’acide sulfurique, en agriculture (lutte contre les parasites),
fabrication du caoutchouc, de allumettes, peintures, en pyrotechnie, etc.
6. Le diamant (C):
Joaillerie, applications techniques pour les petits diamants ( le boort et le
carbonado), notamment l’usinage des métaux, la taille des pierres, comme abrasif, la
couronne de forage,…
7. le graphite (C):
99
Utilisé dans l’industrie et au laboratoire. Il sert à la fabrication des creusets,
des mines de crayons, des électrodes, on l’emploie dans l’industrie des colorants,
comme lubrifiants, etc.
8. Le cinabre (HgS):
C’est presque le seul minerai de mercure. Le mercure natif est relativement
rare à l’état naturel. L’Hg est principalement employé pour amalgamer l’or au cours
de son extraction des minerais, pour la préparation des réactifs chimiques, du
fulminate de mercure Hg (CNO), qui est un explosif servant à la fabrication des
détonateurs et pour les appareils de physique.
9. La fluorine (CaF2):
La fluorine est principalement employée (70 %) en métallurgie comme
fondant pour l’obtention de laitiers fusibles. Dans l’industrie chimique elle sert à la
préparation d’une série de composés fluorés, dont l’acide fluorhydrique (solution
aqueuse de HF) servant à la gravure sur verre et à l’obtention de l’eau oxygénée à
partir du peroxyde de sodium etc. Elle a également des applications en céramique
(préparation de émaux et de la glaçure ou« couverte »). Les cristaux transparents et
incolores sont employés en optique pour la fabrication des lentilles supprimant les
aberrations sphérique et chromatique des objectifs de microscope.
10. La cryolithe (Na3AlF6) :
Habituellement préparée artificiellement. On l’utilise dans l’industrie de
l’Al, pour la fabrication du verre opalin, de l’émail des ustensiles, etc.
11. La halite (NaCl):
Aliment très important et permet de conserver les produits alimentaires
(salaisons). Dans l’industrie chimique pour la fabrication de HCl, Cl, NaOH et de
nombreux sels. On peut aussi préparer le sodium métallique qui entre avec le Ca
dans la composition des alliages antifriction et du peroxyde de Na nécessaire au
blanchiment de tissus dans l’industrie du textile. Catalyseur en chimie. Industrie
électrique pour les lampes à vapeur de sodium.
12. La sylvine ou la sylvite (KCl):
Les sels potassiques sont surtout employés comme engrais. Environ 5 % de
la production globale sont utilisés par l’industrie chimique pour la fabrication de
KOH, K2CO3, KNO3, KClO3, KMnO4, KCN, KBr, KI, etc. Ces composés ont
diverses applications : médecine, parfumerie, pyrotechnique, photographie,
blanchiment de la laine, papeterie, verrerie, préparation des vernis, ect
13. La cassitérite (SnO2):
Source de l’étain. Celui-ci a les usages suivants : fabrication du fer-blanc ;
alliages : avec le cuivre on obtient des alliages fusibles et peu oxydables (bronze),
avec le zinc, le cuivre et le plomb, on prépare le laiton, avec le plomb on fabrique des
soudures ; étamage des ustensiles en cuivre ; fabrication du papier d’étain ; en
céramique (pigments, émaux) et dans d’autres domaines.
14. La columbite - tantalite [(Fe, Mn)(Nb, Ta)2O6]:
S’ils sont importants, les gisements de ces minéraux peuvent être exploités
pour le niobium et le tantale, métaux utilisés pour la préparation des aciers spéciaux
et dans d’autres domaines.
15. La pyrolusite (MnO2):
100
Source de manganèse dont les applications industrielles sont variées dont :
- fabrication des piles électriques sèches, - préparation dans ce même but de produits
artificiellement activés, - en verrerie pour la décoloration des verres présentant une
teinte verte, - préparation de réactifs chimiques employés en médecine et dans
d’autres domaines, - fabrication de substances spéciales antigaz destinées à la
protection contre l’oxyde de carbone et de catalyseurs du type hopcalite servant à la
désintoxication des gaz d’échappement des moteurs d’automobiles, etc., - préparation
d’huile ( huile de lin cuite) et de la cire.
16. Le quartz (SiO2):
Joaillerie (variétés transparentes), fabrication d’appareils d’optique (quartz
hyalin), appareils réfractaires et résistants aux acides, verrerie et céramique, piézo-
électricité, matériaux de construction dans les grès , les sables et les quartzites.
17. La calcite (CaCO3):
- Le spath d’islande possédant une biréfringence élevée est utilisé pour la
fabrication de différents appareils d’optique polarisants (microscopes), - spath fibreux
pour l’ornement, - minéral des calcaires utilisés pour : la chaux nécessaire en
agriculture, le sucre, fondants dans les hauts fourneaux, ciments, construction
(marbres), la craie ( pour écrire, comme colorant, poudre à polir, ciment, vernis).
18. Le gypse (CaSO4.2H2O):
Très utilisé surtout dans le bâtiment. – Le gypse semi calciné plâtre à
modeler s’emploie pour faire des moulages, du stuc, les moulures servant d’ornement
pour les corniches,à préparer le revêtement des plafonds et des murs, en chirurgie,
dans l’industrie du papier à la fabrication des papiers blancs compacts. Liant des
briques et des pierres, pour le carrelage des planchers, la fabrication des briques, des
dalles d’appui des fenêtres, des escaliers, etc. – le gypse cru (naturel) trouve son
application dans l’industrie du ciment comme additif au ciment Portland, comme
matériau pour les statuaires et divers objets d’ornement, dans la fabrication des
couleurs, des émaux, glaçure pour le traitement métallurgique des minerais oxydés du
nickel.
19. La wolframite [(Fe, Mn)WO4]:
Source de tungstène utilisé pour : - la fabrication de aciers spéciaux
possédant la propriété de se tremper eux-mêmes. De tels aciers sont utilisés pour la
fabrication des outils à coupe rapide. – avec le Cr et le Co et autres métaux, pour les
alliages extra-durs employés dans la fabrication des trépans de forages. – En
électrotechnique, le tungstène sert pour la préparation des filaments des lampes
électriques, des anticathodes des lampes à rayons X, etc. – Industrie chimique, en
céramique pour la coloration du verre et de la porcelaine etc.
101
CHAPITRE II. LES MINERAUX A STRUCTURE MESODESMIQUE
II.1. Les borates
Les borates se prêtent particulièrement bien à une étude dans le plan. En
effet l’ion B3+ est coordiné à 3 O- - situés aux sommets d’un triangle équilatéral. La
force de liaison B-O est égale à 3/3 = Z/2 = 1.
La structure des borates est donc du type mésodesmique.
Les triangles BO3 peuvent mettre en commun leurs ions O--. Nous allons
étudier quelques cas de groupements.
- Triangles indépendants.
Les triangles BO3 étant indépendants la formule chimique est du type A
(BO3). Le cation A assure la neutralité électrique de l’ensemble et la liaison entre les
triangles BO3 Ex. : Al BO3.
- Triangles mettant en commun un atome d’oxygène.
La formule chimique est du type A (B2 O5) puisque pour un groupement
BO3 un O n’intervient que pour 1/2 Ex. : Ca2 B2 O5.
- Triangles mettant en commun 2 atomes d’oxygène pour former soit des
chaines fermées ou cycles, soit des chaines ouvertes.
La formule chimique est du type A (BO2) puisque pour un groupement BO3
deux O n’interviennent que pour 1/2 Ex : Ca(BO2)2.
Application : Industrie du verre (verre à faible dilatation thermique :
PYREX).
II.2. Les silicates (Voir 1ère Partie)
102
Chapitre III. LES MINERAUX A STRUCTURE ANISODESMIQUE
III.1. Généralités sur les structures anisodesmiques
Les structures anisodesmiques ont une force de liaison supérieure à Z/2.
Exemple : NaNO3 . L’ion N5+ est coordiné à 3 O2- situés aux sommets d’un triangle
équilatéral. La force de liaison N-O3 égale à 5/3, est supérieure à Z/2=1.
III.2. Les structures à groupements BO3 : les carbonates et les nitrates
Les carbonates et les nitrates appartiennent à des structures où les groupements CO3
et NO3 sont du type « groupements plans ». Les atomes d’oxygène se trouvent aux
sommets d’un triangle équilatéral dont le centre est occupé par l’atome C ou N.
Nous distinguons parmi les carbonates et les nitrates étudiés trois familles
principales :
- la famille des carbonates et nitrates simples rhomboédriques du type de la
calcite ;
- la famille des carbonates et des nitrates simples orthorhombiques du type de
l’aragonite ;
- la famille des carbonates hydratés monocliniques du type de la malachite. Ces
minéraux sont soit fréquents dans la nature comme la calcite, soit très rares en
raison de leur grande solubilité comme les nitrates.
A. Carbonates et nitrates anhydres
T°
A(BO3) RA(A) a d
dissociation
,
Magnésite MgCO3 0,75 107°30 4 373°C
Sphérocobaltite CoCO3 0,77 3,5 341°C
Sidérose FeCO3 0,79 107°02’ 3,54 282°C
Smithsonite ZnCO3 0,79 107°40’ 4,5 296°C
Rhodochrosite MnCO3 0,91 106°51’ 4 400°C
Nitratine NaNO3 0,98 1,5-2
Dolomite CaMg(CO3)2 106°15’ 3,5 500+90°C
Calcite CaCO3 1,01 105°05’ 3 900°C
Aragonite CaCO3 1,01 63°48’ 3,5
Strontianite SrCO3 1,18 62°42’ 5 1289°C
Cérusite PbCO3 1,32 62°46’ 3 395°C
Salpêtre KNO3 1,33 2
Withérite BaCo3 1,36 62°12’ 3,5 1352°C
En examinant le tableau on peut constater que les composés à cations de petite taille
(rayon ionique < 1 Å) ont une maille rhomboédrique alors que les composés à
éléments de grande taille (rayon ionique > 1 Å) ont une maille orthorhombique.
Dans le cas de la calcite le rayon ionique est voisin de la valeur critique 1 Å. Aussi le
CaCO3 est –il dimorphe. Il peut cristalliser dans le système rhomboédrique (c’est la
calcite) ou orthorhombique (c’est l’aragonite). La structure de l’aragonite est la forme
stable aux températures élevées.
1. Les carbonates et nitrates simples rhomboédriques
a) Structure
103
La structure des carbonates rhomboédriques est une structure du type NaCl déformée,
les ions Na+ et Cl- étant remplacés par les cations (Ca++, Mg++….) et le groupement
CO2-3.
b) Formes cristallines, clivages (figure suivante) : les formes les plus répandues sont
le rhomboèdre et le scalénoèdre.
c) Cristaux mixtes
A cause de la quasi-identité des mailles et des rayons ioniques du Mg, Fe, Zn, Mn,
l’isomorphisme entre ces divers carbonates est à peu près parfait. La calcite forme
simplement avec la magnésite un composé à proportion définie où le rapport
Mg/Ca=1. C’est la dolomite de formule Ca Mg(CO3)2. Toutefois il est évident que
dans une dolomite Mg peut, à cause de la quasi-identité des rayons ioniques, être
remplacée par le Fe ou le Mn. Ces dolomites portent alors le nom d’ankérite, elles
ont pour formule Ca(Mg,Mn,Fe)(CO3)2..
2. Les carbonates et nitrates simples orthorhombiques
a) Structure
La structure est toujours dominée par les groupements plans CO3.
b) Clivage et macles
La forme cristalline dominante est le prisme aciculaire terminé par la face de dôme
ou de pyramide. Les clivages sont assez frustes (suivant 110 et 010).
B. Les carbonates hydratés monocliniques
Nous ne citerons que les carbonates de cuivre. Leur teinte est caractéristique, verte
pour la malachite Cu2CO3(OH)2, bleue pour l’azurite Cu3(CO3)2(OH)2. Résultant de
l’altération de gisement cuprifère ils se présentent toujours en masses témoignant de
leur précipitation à partir des eaux d’infiltration : rognons à structure zonaire,
mamelonnée, stalactitique, tapissage de roches……
C. Propriétés, diagnose et application des carbonates
1. Propriétés chimiques et thermiques des carbonates.
104
Les carbonates sont des sels formés à partir d’une base souvent forte avec un acide
faible se décomposant rapidement en un anhydride gazeux le CO2. Ils sont donc très
facilement attaquables par des acides moyens ou faibles (acide acétique), l’attaque
s’accompagnant d’un dégagement de CO2 et on dit qu’ils font effervescence. Cette
décomposition a lieu à chaud ou froid, de façon ± aisée selon la nature du carbonate.
De plus les carbonates de dissocient à haute température selon le réaction
endothermique suivante : ACO3 →AO + CO2 – Q cal., notamment utilisée dans la
fabrication de la chaux vive.
2. Identification des carbonates
Les carbonates se caractérisent par :
- leur dureté faible (ils sont rayés au canif) ;
- leur réaction avec effervescence aux acides et dégagement de CO2 ;
- la symétrie : les carbonates rhomboédriques se distinguent assez aisément
des carbonates orthorhombiques par leur forme cristalline. La distinction
des carbonates rhomboédriques entre eux peut se faire grâce à la mesure de
la température de dissociation à l’aide de l’A.T.D.
3. Applications
Les applications sont nombreuses principalement pour les carbonates de Ca et Mg :
- On les utilise comme fondants en sidérurgie et pour éliminer les éléments
de la gangue et former un laitier.
- En verrerie, la dolomie est utilisée comme fondant.
- La magnésie est utilisée comme réfractaire dans le revêtement des
convertisseurs et fours pour la fabrication d’aciers.
- Les carbonates blancs pour charges ont de nombreuses applications dans
l’industrie principalement pour la fabrication de papier, peintures, plastiques,
caoutchouc et adhésifs….
- Les calcaires ont bien d’autres utilisations : granulats (construction, génie
civil..), pierres de construction, ciment, agriculture et industrie des produits
alimentaires (il faut 200kg de calcaire pour une tonne de sucre,…).
III.3. Les structures à groupements XO4
Les groupements type XO4 peuvent être classés en :
- groupement tétraédrique régulier ;
- groupement tétraédrique déformé ;
- groupement plan.
Les groupements tétraédriques réguliers comprennent les ions PO43-, SO42-, Cr42-,
SeO42- (le cation P, S, Cr… est au centre de gravité du tétraèdre).
Les groupements tétraédriques déformés sont constitués des ions MoO42-, WO4 2-.
Les groupements plans possèdent PtCl42- (Pt étant au centre d’un carré dont les
sommets sont occupés par les Cl).
A. Les sulfates
Les groupements tétraédriques SO4, CrO4 constituent l’élément de base de la
structure des sulfates et des chromates.
Parmi les sulfates étudiés nous distinguerons :
- Les sulfates anhydres du type AXO4 (A bivalent) ;
- Les sulfates anhydres du type A2XO4 (A monovalent) ;
105
- Les sulfates hydratés du type A(XO4)n H2O ;
1. Les sulfates anhydres du type AXO4
a) Structure.
AXO4 R (Å) a b c A-O
Anhydrite CaSO4 1.01 6.22 6.96 6.97 8
Célestine SrSO4 1.18 8.36 5.36 6.84 12
Anglésite PbSO4 1.32 8.45 5.38 6.93 12
Barytine ou baryte BaSO4 1.36 8.85 5.44 7.13 12
Les mailles sont orthorhombiques.
b) Syncristallisation
Solutions solides entre la barytine et la célestine.
c) Propriétés
La dureté est faible (3-3,5) comme pour les carbonates. Cependant ils s’en
distinguent par les clivages (3 clivages orthogonaux dans l’anhydrite, 2 clivages
001et 010 pour les autres sulfates) et une densité plus élevée (4,5 pour la barytine).
d) Applications.
En raison de sa densité élevée (de son prix bas et de la large distribution des
gisements), la barytine trouve 90% de ses débouchés dans le conditionnement des
boues de forages.
2. Les sulfates anhydres du type A2XO4
Parmi les sulfates du type A2XO4 nous ne trouverons que des composés artificiels
présentant cependant de grandes analogies avec les composés AXO4 naturels.
a)
A2XO4 RA en Å RX en Å a b c
Na2SO4 0,98 0,32 9,75 12,29 5,85
K2SO4 1,33 0,32 5,73 10 7,42
K2CrO4 1,33 0,35 5,92 10,4 7,61
(NH4)2SO4 1,43 0,32 5,98 10,62 7,78
3. Les sulfates hydratés de type A(XO4). nH2O.
Nous citerons :
- CaSO4.2H2O ; sulfate naturel, monoclinique, auquel on donne le nom de
gypse ; - CuSO4.5H2O ; minéral très rare, triclinique mais composé artificiel
bien connu en chimie minérale.
a) Les structures
CaSO4. 2H2O (figure)
Le réseau du gypse est lamellaire. Les groupements (SO4)2- et les cations Ca++
forment des feuillets doubles séparés par des couches de molécules H2O.
CuSO4. 5H2O (figure)
Dans le CuSO4.2H2O, les molécules d’eau sont de deux types. Quatre molécules
d’eau se trouvent coordinées à des ions Cu++ ; chacun de ces ions étant entouré de
façon octaédrique par 4 molécules d’eau et par 2 ions O2- appartenant à des
groupements SO4 2-. La cinquième molécule d’eau se trouve coordinée à des ions O2-
et à d’autres H2O.
106
b) Propriétés
-Clivages : Par suite de la structure lamellaire du gypse et des forces de liaison très
faibles entre les feuillets les clivages sont parallèles aux feuillets SO 4 2- -Ca2+ et très
faciles (clivage 010). Au contraire dans le CuSO4.5H2O où la répartition de la matière
est identique dans l’espace les clivages sont très frustres et les éléments de symétrie
absents (système triclinique).
-Forme cristalline : Les cristaux de gypse sont souvent tabulaires avec les faces 010
bien développées, les plans des doubles feuillets étant les plans à forte densité
réticulaire. Les cristaux de CuSO4.5H2O donnent des formes prismatiques
tricliniques.
-Propriétés thermiques : (étudiées en A.T.D. ou analyse thermique différentielle, voir
encadré). Le gypse présente deux pics endothermiques dans le domaine 125 – 175°C.
Ils correspondent au départ de l’eau. A environ 130°C le gypse monoclinique perd
1,5 molécule d’eau et passe à l’état partiellement hydraté (CaSO4.1/2H2O)
rhomboédrique. A 170 – 180°C environ le gypse partiellement hydraté perd ½
molécule d’eau et donne l’anhydrite orthorhombique. La forme partiellement
hydratée est le plâtre susceptible de récupérer très facilement 3/2 H2O au cours d’une
réaction d’hydratation à caractère exothermique.
107
c) Diagnose
Le gypse est la pierre à plâtre (construction). Il est également utilisé (ou l’anhydrite)
comme ajout dans les ciments (retarder la prise), pour stabiliser les sols (amélioration
de la perméabilité, du drainage, …).
B. Les molybdates et les tungstates
Les molybdates et les tungstates sont des composés à structure anisodesmique dans
lesquels le W et le Mo ont la coordinence 4 vis – à – vis de l’O (Mo = 0,67Å ; W =
0,67Å). Les groupements WO4 et MoO4 sont des tétraèdres déformés.
a) Chimisme et structure
On distingue deux groupes parmi les tungstates– molybdates :
- Le groupe de la scheelite : (CaWO4), quadratique ;
- Le groupe des wolframites : (Fe, Mn)WO4, monoclinique.
Le motif structural des tungstates – molybdates est essentiellement lié au diamètre du
cation.
Groupe de la scheelite Groupe des wolframites
R(Å) (Å)
CaWO4 1,01 MnWO4 0,91
CaMoO4 1,01 FeWO4 0,79
PbWO4 1,32 ZnWO4 0,79
PbMoO4 1,32 Co WO4 0,77
BaWO4 1,36 Mg WO4 0,75
BaMoO4 1,36 Ni WO4 0,74
En examinant le tableau ci-dessus on peut en effet constater que les composés à
cations de grande taille ont une maille quadratique (R > 0,95Å) alors que les
composés à cations de petites tailles ont une maille monoclinique
pseudoorthorhombique (R < 0,95Å).
b) Syncristallisation
Etant donné l’identité des mailles et la quasi – identité des rayons ioniques les
tungstates de Fe et Mn sont miscibles en toute proportion. Ils constituent une série
isomorphe : ce sont les wolframites de formule (Fe, Mn)WO4. FeWO4 : la ferbérite ;
MnWO4 : la huebnérite.
Dans le groupe de la scheelite la formation de cristaux mixtes est également
fréquente. Le Mo peut remplacer le W. Le Pb et le Ca peuvent se remplacer
mutuellement. Les terres rares dont le rayon ionique est voisin de celui du Ca, le Nb
et le Ta peuvent également remplacer le Ca et Pb (d’où les propriétés de fluorescence
nette – voir fluorine).
c) Diagnose
Dans le groupe de la Scheelite : teinte blanche à jaune clair. Fluorescence aux U.V.
(rayons ultraviolets) bleue pour les tungstates, jaune vif pour les molybdates.
108
d) Applications
Le tungstène est un métal à haute densité et point de fusion très élevé.
Il est utilisé :
- Pour les aciers spéciaux ayant une grande résistance mécanique à haute
température (le ferrotungstène est produit à partie de wolframites) ;
- Pour les outils de coupe (carbure de tungstène) ;
- En balistique (projectiles, fusées, …).
Cours de Géologie Générale par le Professeur Ordinaire Gabriel MAKABU K. 109
Chapitre IV. LES MINERAUX A STRUCTURE ISODESMIQUE
On les classe en minéraux à structure isodesmique simple contenant
un seul cation (AmX2) et en structure multiple contenant plusieurs cations
(AmBnXp).
IV.1. Les minéraux à structure isodesmique simple
IV.1.1. Les composés du type A X
a) Chimie : A est un alcalin du groupe I (Li, Na, K, Rb, Cs) ou un
élément du groupe I’ (Cu, Ag) ou NH4.
X est un halogène.
b) Structure
Trois types de structure suivant la valeur de l’indice de coordination :
8, 6 et 4.
c) Propriétés
1. Polymorphisme.
Les halogénures de césium, parfois de Rb, se présentent sous
plusieurs variétés allotropiques. Les valeurs RA/RX sont en effet voisines des
valeurs critiques correspondant au passage d’un type de structure à l’autre. Au
tableau ci-dessous on donne pour les sels de Cs les formes stables aux
différentes températures.
Température
Basse température Haute température
ambiante
CsCl 8–8 6–6
CsBr 8–8 6–6
CsI 8–8 6–6
CsF 8–8 6–6
2. Syncristallisation
KCl et KBr sont miscibles en toutes propositions. L’indice de
réfraction des composés K(CL,Br) varie linéaire de 1,49 à 1,56. Au contraire
KCl et KI ne possèdent qu’un domaine limité de solubilité. Il en est de même
pour NaCl et KCl solubles à chaud (au-dessus de 400°) et donnant à froid des
composés à proportions définies.
d) Gisement
La halite et la sylvite précipitent à partir d’une solution sursaturée
(souvent eau de mer) en raison inverse de leur solubilité. On peut ainsi voir
précipiter de nombreux sels : halite, sylvite mais aussi carnallite :
KClMgCl6H2O ainsi que des sulfates (gypse, anhydrite,...) et des carbonates de
Ca-Mg. Cet ensemble forme des roches que l’on appelle des évaporites.
e) Applications
Les évaporites sont la source d’une série d’éléments chimiques (Na-K
mais aussi Li, Cl, Br,....). KCl est à la base de la fabrication d’engrais. A noter
que la sylvinite peut contenir un certain pourcentage de brome. Le NaCl par
Cours de Géologie Générale par le Professeur Ordinaire Gabriel MAKABU K. 110
exemple est une source de soude (Na2O) et de chlore. Les dômes de sel formés
par diapirisme (en raison de sa faible densité et sa plasticité par rapport aux
terrains encaissants le sel a tendance à monter) constituent des structures
géologiques intéressantes pour le stockage souterrain des gaz ou des déchets
radioactifs, et des pièges naturels des hydrocarbures.
IV.1.2. Les composés de type AX2
A. Chimisme
Halogénures : A est alcalino-terreux ou un élément du groupe II’
(Zn, Cd, Hg). La fluorine se rencontre dans la nature.
Oxydes : on peut distinguer trois groupes :
Groupe du rutile : SnO2, TiO2, MnO2.
Groupe des oxydes radioactifs : UO2, ThO2
Groupe de la silice : SiO2
B. Structure
Trois types de structure suivant la valeur de l’indice de coordination.
Composés de coordinence 8 – 4 type Fluorine.
Composés de coordinence 6 – 3 type Rutile.
Composés de coordinence 4 – 2 type Quartz.
C. Propriétés
1) Polymorphisme
L’oxyde de titane TiO2 existe sous trois variétés allotropiques :
le rutile quadratique avec c/a=0,6441 ;
l’anatase quadratique avec c/a=2,5131 ;
la brookite orthorhombique.
2) Syncristallisation
Etant donné les valeurs des rayons ioniques du Ca et du Sr (écart des
rayons 7%) CaF2 et SrF2 sont miscibles en toutes propositions.
En outre les rayons de Ca er des terres rares (Ce, Y….) étant voisins,
ces éléments remplacent aisément le Ca dans les fluorines naturelles. De même à
cause de la quasi –identité de leurs rayons ioniques U et Th peuvent se substituer
au Ca.
D. Diagnose.
Fluorine : sa forme (cubes), sa dureté faible (d=4), sa teinte lorsque elle
est violette (peu de minéraux sont violets), sa thermoluminescence
nettement visible à l’œil nu.
Rutile : sa forme (prisme quadratique pyramidé), sa macle en genou, sa
teinte (brun à noir).
Cassitérite : sa forme (prisme quadratique pyramidé ou octaèdre), sa
macle en bec d’étain. L’essai sur place de zinc permet de la distinguer du
Cours de Géologie Générale par le Professeur Ordinaire Gabriel MAKABU K. 111
rutile lorsqu’elle cristallise avec le même faciès. La teinte est noire ou
brun clair suivant les conditions de gisement.
Uraninite, thorianite : radioactivité facilement détectée au Geiger ou au
scintillateur. Densité élevée (9,7 pour ThO2 , 10-11pour UO2). Teinte
noire, mais la pechblende donne toujours des altérations dans les teintes
vives (minéraux secondaires).
IV.1.3. Les composés de type A2 X3.
Ce sont des oxydes d’éléments trivalents ou d’une combinaison d’un
élément bivalent et d’un autre tétravalent. Exemples :
Hématite Fe2O3 Corindon Al2O3
Ilménite FeTiO3. L’ilménite est parfois magnésienne (Fe, Mg)TiO3.
Quelques propriétés.
Dureté et densité
Par leur compacité élevée et l’existence de fortes liaisons ioniques,
tous les minéraux du groupe se caractérisent par une dureté élevée avec valeur
maximum pour le corindon (Al3+ayant un rayon ionique plus petit que le fer et le
titane). Ainsi le corindon est utilisé comme un abrasif naturel. La compacité de
la structure permet encore d’atteindre des densités de 4,05 à 5,26 malgré la
présence d’éléments à masse atomique peu élevée.
Couleur et éclat.
La substitution de 2 à 3% d’Al 3+ par des cations chromatophores
donne les variétés colorées en bleu par Fe2+ et Ti4+ (saphir), en rouge par le Cr2+
(rubis). L’hématite n’est que faiblement transparente dans la partie rouge du
spectre visible.
IV.1.4. Les hydroxydes.
Les hydroxydes sont caractérisés par l’association d’un cation
métallique (Al, Fe, Mn,….) au radical hydroxyde (OH)- ou aux ions O2-et H+ .
D’après la nature des anions on distingue :
Le groupe de la gibbsite caractérisé par l’empilement hexagonal
des anions (OH), les couches étant séparées par des cations en
sites octaédriques.
Al(OH)3 gibbsite (Al2O3 3H2O)
Mg(OH)2 brucite (MgO H2O)
Le groupe de la goethite caractérisé par liaisons H2 entre les
anions O2qui réalisent l’empilement hexagonal compact.
H Fe O2 goethite (Fe2O3H2O)
H Al O2 diaspore (Al3O3H2O)
Le groupe de la lépidocrocite caractérisé par des chaines
d’octaèdres (A106) reliées entre elles par des liaisons -O-H-O-
H-
O Fe(OH) lépidocrocite (Fe2O3H2O)
O Al(OH) boehmite (Al3O3H2O)
Cours de Géologie Générale par le Professeur Ordinaire Gabriel MAKABU K. 112
O Mn(OH) manganite
IV.2. Les minéraux à structure isodesmique multiples : les spinelles.
a. Chimisme
Ce sont des oxydes complexes contenant deux éléments métalliques. Leur
formule est du type AB2 O4.
Dans les spinelles naturels A est un métal divalent (Mg, Fe, Zn, Mn) et B un
élément trivalent (Al, Fe, Cr). On partage les spinelles naturels en trois familles,
division basée sur la nature de l’élément trivalent Al, Fe, ou Cr.
On distingue ainsi :
la famille de spinelles S.S. : (MgO, FeO, ZnO, MnO) Al2 O3
la famille des magnétites ( MgO, FeO, ZnO, MnO ) Fe2 O3
la famille des chromites :(MgO, FeO, ZnO, MnO) Cr2 O3
b. Propriétés
Les minéraux du groupe des spinelles ont une maille cubique dont le paramètre
a varie de :
8,086 à 8,271Å pour les spinelles S.S ;
8,305 à 8,344 Å pour les chromites ;
8,31 à 8,457 Å pour les magnétites.
En raison des fortes liaisons ioniques isodesmiques, les spinelles ont des
duretés fortes et un point de fusion élevé.
Enfin signalons que les magnétites sont nettement ferromagnétiques ; sauf les
variétés de Mn et de Zn les chromites sont faiblement magnétiques ; les
spinelles ss ne sont pas magnétiques.
c. Utilisations - Abrasif (spinelles SS) en raison de la dureté élevée ;
- source de chrome pour les aciers spéciaux (spécification Cr2O3 > 46%) ;
- réfractaire au chrome (Cr2O3=30-400%, Al2O3=25-30% -Intérêt : bonne
conductibilité thermique et faible expansion.
Cours de Géologie Générale par le Professeur Ordinaire Gabriel MAKABU K. 113
Chapitre V. LES MINERAUX A STRUCTURE METALLIQUE ET
HOMOPOLAIRE
V.1. Les éléments natifs
VI.1.1. Caractères généraux
Les éléments pouvant exister à l’état natif sont relativement rares.
Nous donnons ci – dessous les potentiels normaux d’oxydo – réduction des
principaux éléments à caractère métallique. Les métaux qui précèdent
l’hydrogène sont susceptibles de le déplacer et par conséquent de décomposer
l’eau avec dégagement de H2. Pratiquement ils n’existent pas à l’état natif.
Seuls sont susceptibles d’exister à l’état natif les éléments dont les
potentiels normaux sont positifs.
K - 2,92 Co - 0,28 As 0,3
Ca - 2,87 Ni - 0,25 Cu 0,34
Na - 2,71 Sn - 0,14 Ag 0,80
Mg - 2,37 Pb - 0,13 Pt 1,20
Al - 1,67 H 0 Au 1,68
Zn - 0,76 Sb 0,1
Fe - 0,40 Bi 0,23
En fonction de leur structure cristalline les éléments étudiés
peuvent être subdivisés en deux groupes. On peut distinguer :
- Les métaux vrais (les métaux alcalins, alcalino – terreux, les
éléments de transition, Cu, Ag, Au ;
- Les métaux du sous – groupe B (As, Sb, Bi) et les métalloïdes.
Tous les métaux vrais ont une structure simple, dictée par
l’existence des liaisons métalliques :
- Structure cubique à faces centrées ;
- Structure cubique centrée ;
- Structure hexagonale compacte.
Les éléments du sous – groupe B et les métalloïdes possèdent des
structures intermédiaires entre des structures métalliques et homopolaires. Ils
illustrent la possibilité d’une transition continue et progressive de la liaison
métallique à la liaison homopolaire.
Les éléments natifs sont des composés à liaison métallique ou
homopolaire parmi lesquels on peut distinguer :
- Les métaux vrais
a) Groupe de l’or (Au, Ag, Cu) ;
b) Groupe du platine avec les métaux dits de la mine du
platine ou platinoïdes (Ir, Os, Pd, Ru, Rh) ;
Cours de Géologie Générale par le Professeur Ordinaire Gabriel MAKABU K. 114
c) Groupe du fer (Fe, Ni) ;
d) Les métaux du sous – groupe B (As, Sb, Bi) ;
e) Les métalloïdes.
Groupe du soufre ;
Groupe du carbone (diamant, graphite).
V.1.2. Etude de quelques métaux natifs
A) Groupe de l’or
Structure à liaison métallique, réseau cubique à faces centrées.
Compte tenu de l’identité des structures et des rayons atomiques, l’or, l’argent et
le cuivre peuvent constituer des solutions solides et former des alliages de
substitution (voir tableau ci – dessous).
Ils possèdent les propriétés propres à la liaison métallique
(conductibilité électrique, thermique). En outre ils sont remarquablement
ductiles et malléables. La dureté de ces métaux est toujours faible (2,5 à 3).
Au Ag Cu
Rayon atomique
1,44 1,44 1,28
(Å)
A 4,0785 4,0862 3,615
B) Groupe du platine (réseau hexagonal compact)
Le platine est toujours associé à d’autres métaux qui, pour cette
raison, sont dits de la "mine du platine" ou MGP (Métaux du Groupe du Patine)
ou Platinoïdes et dont les rayons atomiques sont voisins de celui du platine.
Toutefois, on distingue deux groupes en fonction du poids atomique : les
platinoïdes légers (Ru – Rh – Pd) et lourds (Os – Ir – Pt).
Applications
Si le platine est utilisé en joaillerie et est considéré comme une "valeur
refuge" il trouve ses principaux débouchés dans les applications industrielles. La
catalyse, l’utilisation des MGP dans les pots d’échappement des véhicules (37%
Pt, 68% Rh, 8% Pd), en pétrochimie (12% Ir) ou en chimie fine (Pt – Pd – Rh)
constituent les premiers utilisateurs. L’industrie électrique et électronique est
également une grande consommatrice des platinoïdes (surtout Pd et Ru) en
raison de leur résistance à l’oxydation et aux hautes températures (circuits
imprimés, éléments chauffants des fours électriques, …). Enfin, la dentisterie et
la médecine utilisent les platinoïdes pour leur résistance à la corrosion (alliages
avec Ag – Au). Le platine ultra pur est également employé en chimiothérapie
pour le traitement de certains cancers.
Ratomique Z PA
Ruthénium (Ru) 1,33 44 101,07
Cours de Géologie Générale par le Professeur Ordinaire Gabriel MAKABU K. 115
Rhodium (Rh) 1,34 45 102,9
Palladium (Pd) 1,37 46 106,4
Osmium (Os) 1,35 76 190,2
Iridium (Ir) 1,35 77 192,2
Platine (Pt) 1,38 78 195,09
C) Groupe du soufre
A l’état naturel le soufre natif est orthorhombique (soufre α). Les
atomes de S sont associés en anneaux de 8 atomes que l’on peut considérer
comme formant des molécules S8. Chaque atome est dans les anneaux lié à deux
voisins par des forces homopolaires (nombres de liaisons 8 – n = 8 – 6 = 2). Le
soufre est translucide, de couleur jaune miel. L’indice élevé (n = 2,1) lui donne
un éclat adamantin. La dureté est faible (1,5 – 2).
D) Groupe du carbone
Deux variétés allotropiques (polymorphisme avec paramorphisme), le
diamant (cubique) et le graphite (hexagonal).
V.2. Les sulfures et autres chalcogénures
VI.2.1. Caractères généraux
On peut baser la classification des sulfures sur la répartition initiale
des éléments métalliques en métaux vrais et en métaux du sous – groupe B.
Nous distinguerons par :
T – métaux de transition (Fe, Co, Ni, Mo, Cu, Ag, Au) ;
B – métaux mixtes pour lesquels nous séparerons les éléments des
groupes II, III, IV (B1) et les métaux et métalloïdes appartenant aux groupes V et
VI (B2).
On peut distinguer :
Les sulfures de type AmXp
Avec A : un métal de transition (Fe – Co – Ni, Cu – Ag – Au, Zn – Cd
– Hg) ou du sous-groupe B (Pb, …) et X : un métalloïde (S – Se – Te) ou (As –
Sb – Bi) ;
Les sulfosels de type Am Bn Xp
Avec X : S - Se – Te et B un métalloïde jouant le rôle de cation (As,
Sb, Bi). On pourrait écrire la formule en retenant l’expression suivant : Am Sq
Bn Sp-q.
Les sulfures forment un groupe bien distinct de toutes les autres
classes minérales. Ils différent des composés oxygénés par le fait que les atomes
S, Se, As, Sb, Te sont plus gros et plus facilement polarisés et forment par
conséquent facilement des liaisons homopolaires.
La grande famille complexe des chalcogénures présente un double
intérêt :
-Ils constituent les principales sources de métaux non ferreux dans le monde (les
minerais de Cu – Zn – Pb – Ag – Sb – Bi – Co– Ni sont des sulfures) et
Cours de Géologie Générale par le Professeur Ordinaire Gabriel MAKABU K. 116
contiennent souvent des éléments plus rares, "cachés" dans les structures
cristallines et qui sont des éléments des technologies nouvelles (Ge, Se, Te, …) ;
-Ils sont particuliers au niveau de la physique des matériaux et des propriétés qui
peuvent en découler.
Quelques propriétés
Suivant la prédominance des liaisons métalliques ou homopolaires, la
conductibilité électrique est plus ou moins grande.
La plupart de sulfures sont opaques.
V.2.2. Monosulfures cubiques
Structure : composés à structure cubique ou dérivée d’une structure
cubique.
Chimisme : On peut distinguer les groupes suivants la Galène (PbS), la
Blende ou sphalérite (ZnS), la Würtzite (ZnS) et la Chalcopyrite (CuFeS2).
a. Groupe de la galène (PbS) avec également PbSe (clausthalites) et
PbTe.
Les galènes sont souvent argentifères. Minéral cubique à symétrie
complète holoédrique. La structure est du type sel gemme (cubique à faces
centrées, a = 5,21Å).
Les propriétés physiques sont en relation avec les termes de la série :
DV (dureté R (pouvoir Rayon anion
Vickers) réflecteur) (Å)
PbS 66 – 85 42,4 1,85
PbSe 48 -74 50,4 2,0
PbTe 34 – 57 63,2 2,22
Le pouvoir réflecteur augmente avec le nombre d’électrons efficaces
(passant par la bande de conduction). Il augmente avec la polarisabilité de
l’anion.
b. Groupe de la blende (ZnS) et blende ferrifère ou martite (Zn, Fe)S
Les blendes peuvent parfois contenir du Cd proche du Zn dans le
tableau périodique. Certaines d’entre elles sont également germanifères et
constituent une source appréciable du germanium. Ce métal est très utilisé dans
les technologies nouvelles (optique Ir, …).
c. Groupe de la chalcopyrite
Ce minéral a une structure analogue à celle de la blende mais les
atomes de Zn (1,33 Å) sont alternativement remplacés par un atome de Cu (1,28
Å) et Fe (1,24 Å). De ce fait, la maille n’est plus rigoureusement cubique. La
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chalcopyrite est quadratique pseudocubique (c/a = 0,985). La formule de la
chalcopyrite pourrait s’écrire (Cu, Fe)S2 comme la blende ZnS mais avec Cu/Fe
= 1.
A côté de la chalcopyrite, on peut avoir des composés comme CuGaS2
(gallite), Cu2FeSnS2 (stannine), Cu2+XGe1-XFeS4 (reniérite trouvée à Kipushi,
RD. Congo). Des solutions solides existent également dans la chalcopyrite (Cu
remplacé par Ag, Au, Pt et S remplacé par Se, As).
La bornite de formule Cu3FeS3 est cubique mais avec des formes
rarement visibles macroscopiquement. Elle semble correspondre à une
association chalcosine (Cu2S) et chalcopyrite (bornite et chalcopyrite forment
une solution au-dessus de 475°C).
Diagnose
Galène : liaison métalliques dominantes (Biréfringence = 0,37eV),
d’où un éclat gris métallique, densité élevée (7,3 à 7,5), dureté (2,5), 3 plans de
clivage normaux (clivage cubique).
Blende : liaison covalentes dominantes (Biréfringence= 4eV), d’où
une valeur variable depuis le jaune miel jusqu’au noir. Les blendes ferrifères
sont noires. Lorsqu’elles sont transparentes l’éclat est résineux ou adamantin (n
= 2,37). Forme cristalline tétraédrique.
Chalcopyrite : beau jaune cuivre parfois irisé (formation de covelline),
dureté faible (3,5 à 5).
Bornite : couleur rouge brun, souvent belles irisations bleues et rouges
(couleur gorge de pigeon caractéristique). La bornite est généralement associée à
la chalcopyrite.
V.2.3. Monosulfures hexagonaux
Structure : maille hexagonale.
Chimisme : composés constitués d’un métal de transition (Fe, Co, Ni)
et d’un métalloïde de grand rayon atomique facilement polarisé.
Parmi ces sulfures nous étudierons le groupe de la pyrrhotine : FeS
(pyrrhotine), NiAs (nicollite) , et deux espèces voisines : CuS covelline, HgS
(cinabre) et la würtzite ZnS
Le ZnS est dimorphe, la forme stable à haute température (supérieure
à 1000°C étant la würtzite. La würtzite a une structure hexagonale.
Groupe de la pyrrhotine
Nicollite. La maille est hexagonale et chaque atome Ni est entouré par
6 atomes As aux sommets d’un prisme à base triangulaire dont l’atome As
occupe le centre. Les structures sont souvent lacunaires. La formule de la
2+
pyrrhotine peut s’écrire 𝐹𝑒1−3𝑋
3+ 2−
𝐹𝑒2𝑋 𝑆 ≤ 0,125
Cours de Géologie Générale par le Professeur Ordinaire Gabriel MAKABU K. 118
Covelline : La structure de la covelline est lamellaire, d’où elle est très
anisotrope. Son pouvoir réflecteur est fortement dispersif. Il est cinq fois plus
élevé dans le bleu que dans le rouge à l’air libre, et plus petit dans le bleu que
dans le rouge si le minéral est plongé dans l’huile. Il a donc la particularité de
changer de couleur avec le milieu ambiant.
Diagnose
Pyrrhotine : teinte jaune bronzé qui se terne à l’air en brun sombre.
Ferromagnétique.
Covelline : rarement bien cristallisée, teinte d’un beau bleu indigo
avec des reflets irisés.
Cinabre : rouge cochenille à rouge brun, poussière rouge écarlate.
V.2.4. Famille des bisulfures d’éléments bivalents
A. Les bisulfures cubiques et orthorhombiques
Structure : deux groupes : sulfures cubiques et orthorhombiques.
Chimisme : composés constitués d’un métal de transition (Fe, Co, Ni)
et d’un métalloïde (S, Sb, As). On trouve dans ce groupe des minerais de Co et
Ni : CoAsS (cobaltite), (Fe, Ni)S2 ou bravoïte…
Cubique Orthorhombique
FeS2 Pyrite Marcassite
FeAs2 – Löllingite
Mispickel ou
FeAsS –
arsénopyrite
Ces composés naturels ou artificiels forment deux séries de corps
dimorphes qui constituent deux ensembles bien définis : l’un, cubique
hémiédrique, est le groupe de la pyrite, l’autre orthorhombique correspond au
groupe de la marcassite.
Groupe de la pyrite (système cubique)
Ces minéraux ont une structure du type NaCl où les atomes Na sont
remplacés par Fe, Co, Ni, … et les atomes Cl par les groupements S 2, As2,
AsS…
Diagnose
Pyrite : teinte jaune laiton plus claire que celle de la chalcopyrite,
forme cristalline (cube, pyritoèdre).
Marcassite : teinte jaune, masse compactes fibreuses à structure
rayonnée.
B. Les bisulfures hexagonaux
Cas de la molybdénite MoS2
Chimisme : Le Se peut être en solution solide dans la molybdénite
(jusque 25%). On peut aussi avoir un composé WS2 (tungsténite).
Cours de Géologie Générale par le Professeur Ordinaire Gabriel MAKABU K. 119
Structure : La structure du MoS2 est formée par la superposition d’une
série de feuillets dont chacun est constitué par un plan d’atomes de Mo compris
entre deux plans d’atomes de S. Les atomes Mo et S sont unis entre eux dans un
feuillet par des forces de liaison homopolaire tandis que les feuillets sont unis
par des forces métalliques beaucoup plus lâches : d’où un clivage très facile
parallèle aux feuillets (figure 39). La molybdénite cristallise dans le système
hexagonal avec un clivage très facile perpendiculaire à A6.
Diagnose
Lamelles clivables mais non élastiques, dureté faible (d = 1), toucher
gras, trace bleu – verdâtre sur porcelaine et papier (noir pour le graphite), la
densité permet également de distinguer graphite – molybdénite. La molybdénite
est transparente à l’infrarouge.
Applications
Vu son clivage facile et sa dureté faible, la molybdénite est utilisée
comme lubrifiant.
V.2.5. Famille des composés du type Bn Xn
A. Le groupe des sulfosels B2X3
Nous retiendrons ces trois groupes :
a. La stibine : Sb2S3 ;
b. La bismuthine : Bi2S3 ;
c. L’orpiment : As2S3.
Structure et forme cristalline
Tous ces sulfures sont orthorhombiques sauf l’orpiment qui est
monoclinique mais pseudoorthorhombique. La structure de la stibine est
caractérisée par la formation de chaînes d’étendue indéfinie constituées par des
atomes de Sb et de S fortement liés entre eux. A l’intérieur d’une même chaîne,
la liaison est de type homopolaire mais entre les chaînes les forces beaucoup
plus faibles sont de type métallique. Il existe donc un clivage facile parallèle aux
chaînes et passant par l’axe C. Les formes cristallines sont caractérisées par un
faciès aciculaire.
Diagnose
Dureté faible (d = 2), faciès cristallin, clivage (010) facile.
Stibine : gris à éclat acier, faciès en aiguilles (figure 40).
Orpiment : couleur or et éclat résineux, lamelle flexible non élastique.
Ils sont transparents dans le visible (orpiment) ou l’I.R. (stibine) étant
donné la prédominance des liaisons homopolaires.
B. Le groupe des sulfosels BX
Le réalgar (AsS) doit être considéré comme un véritable alliage de S
et As. La structure du réalgar est donc celle du S dans laquelle on remplace un
soufre sur deux par As.
Diagnose
Cours de Géologie Générale par le Professeur Ordinaire Gabriel MAKABU K. 120
Teinte rouge orangé, dureté faible (d = 1,5).
C. Le groupe des cuivres gris
C’est une famille très complexe, présentée ici de manière à souligner
l’intérêt de certains minéraux pour la possibilité d’y récupérer des métaux rares
ou précieux en solution mais également la possibilité d’y voir des éléments qui
pénalisent la valeur du minerai (Hg, As-,…).
La formule simplifiée d’un cuivre gris est Cu12(Sb, As)4S13 avec deux
termes extrêmes à la série (Sb = tetraédrite, As = tennantite) mais la formule
plus générale est :
(𝐶𝑢, 𝐴𝑔, 𝐴𝑢)10 (𝐶𝑢, 𝑍𝑛, 𝐹𝑒, 𝐻𝑔, 𝐶𝑜, 𝑁𝑖, 𝐶𝑎, 𝑆𝑛)2 (𝑆𝑏, 𝐴𝑠, 𝐵𝑖)4 (𝑆, 𝑆𝑒, 𝑇𝑒)13
Avec des substitutions importantes. Des cuivres gris peuvent contenir
jusque 30% Ag ou 13% Hg.
Cours de Géologie Générale par le Professeur Ordinaire Gabriel MAKABU K. 121
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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associations, Ed. Dunod
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QUEBEC.
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e
-CALEMBERT, L. & PEL, J., 1972, Introduction à la Géologie de l’Ingénieur, (2 édition) ––
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- CHARLET, J.M., 1997, Cours de Minéralogie, Ed. Fac. Polyt. Mons
- DE KUN, N., 1987, Mineral economics of Africa, Ed. ELSEVIER
-DEJONGHE, L., 1998, Guide de lecture des cartes géologiques de Wallonie -– éd : Direction
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- DERCOURT, J. et PAQUET, J., 2002, Géologie : objet et méthodes, Ed. DUNOD.
- FOUCAULT, A. & RAOULT, J.F., 2000, Dictionnaire de Géologie, Ed. Dunod
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-MICHEL, J.P., 1997, Géologie Appliquée au Génie Civil, Notes du cours prises par Olivier
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- MORER, J., 1981, Manuel du prospecteur minier, Ed. BRGM
- POMEROL, C., LAGABRIELLE, Y. et RENARD, M., 2003, Eléments de Géologie, Ed.
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- QUINIF, Y., 2001, Géologie Générale, Ed. FPMs.
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- ROUBAULT, M., 1963, Détermination des minéraux des roches. Ed. LAMARRE-POINAT.
- VERDEYEN, J., ROISIN, V et NUYENS, J. 1968, Mécanique des sols, Presse Universitaire
de Bruxelles, Dunod, Paris.
122
Cours de Géologie I par le Professeur Gabriel MAKABU K. *
TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION ...................................................................................................................... 2
1. Définition de la Géologie .................................................................................................. 2
2. Insertion du cours ............................................................................................................... 2
3. Finalité du cours ................................................................................................................. 2
ère
I PARTIE : GEOLOGIE FONDAMENTALE ET MATERIAUX DE CONSTRUCTION
NATURELS ............................................................................................................................... 3
CHAPITRE I. GEOLOGIE, ORIGINE ET STRUCTURE DE LA TERRE ............................. 3
I.1. LA GEOLOGIE ............................................................................................................... 3
I.1.1 LES SCIENCES GEOLOGIQUES ET LEUR OBJET ................................................. 3
a. Le temps de la stratigraphie ............................................................................................ 6
............................................................................................................................................ 6
b. Le temps des fossiles ...................................................................................................... 6
c. Le temps de la radioactivité ............................................................................................ 6
I.2.3. La naissance de la Terre ................................................................................................. 10
I.2.4. Structure physique et chimique du globe .................................................................... 10
CHAPITRE II. LE CYCLE GEOLOGIQUE ET LES MATERIAUX DE L’ECORCE
TERRESTRE ........................................................................................................................... 18
II.1. LE CYCLE GEOLOGIQUE ........................................................................................ 18
.............................................................................................................................................. 19
II.2. LES MINERAUX ......................................................................................................... 19
II.2.1. Les éléments : les familles et leur distribution ...................................................... 19
II.2.2. Les grandes familles minéralogiques .................................................................... 20
II.2.2.1. Les silicates ..................................................................................................... 20
II.2.2.2. Les carbonates ................................................................................................ 23
II.2.2.3. Autres minéraux (Voir la partie Minéralogie) ................................................ 24
II.3. LES ROCHES .............................................................................................................. 24
a. Le granite .................................................................................................................. 30
II.3.2. ROCHES SEDIMENTAIRES ............................................................................... 32
II.3.2.1. L’altération superficielles : les sols ................................................................ 32
II.3.2.3. L’érosion mécanique ...................................................................................... 35
...................................................................................................................................... 38
Fig, : Diagramme érosion – transport – sédimentation (d’après Hjulström). ............. 38
II.3.2.5. La diagenèse des roches sédimentaires ......................................................... 38
II.3.2.6. Principaux minéraux constitutifs des roches sédimentaires ........................... 39
II.3.2.7. Structure des roches sédimentaires ................................................................ 39
II.3.2.8. Classification des roches sédimentaires ......................................................... 39
CHAPITRE III. LA STRATIGRAPHIE .................................................................................. 46
III.1. Concept ........................................................................................................................ 46
III.2. Autres notions ............................................................................................................. 46
Figure 30. Illustration d’une coupe géologique exécutée dans le gisement de Dianda au
Katanga (gisement situé à environ 80km au sud-est de la ville de Kolwezi)........................... 47
III.3. Principes généraux de la stratigraphie ......................................................................... 47
III.3.1. Le principe de superposition ................................................................................ 47
III.3.2. Le principe de continuité ...................................................................................... 47
III.3.3. Le principe d’identité paléontologique ................................................................ 47
CHAPITRE IV. LA TECTONIQUE ....................................................................................... 48
IV.1. Définition .................................................................................................................... 48
IV.2. Contraintes et Déformation ......................................................................................... 48
IV.2.1. Contrainte ............................................................................................................. 48
123
Cours de Géologie I par le Professeur Gabriel MAKABU K. *
IV.2.2. Relations entre contrainte et déformation ............................................................ 48
IV.3. LES TERMES TECTONIQUES DE BASE ............................................................... 49
IV.3.1. Les plis ................................................................................................................. 49
A. Eléments d’un pli..................................................................................................... 49
B. Types de plis ............................................................................................................ 50
A. Les éléments d’une faille ......................................................................................... 51
...................................................................................................................................... 51
B. Types de failles ........................................................................................................ 51
C. Ensemble de failles .................................................................................................. 52
CHAPITRE V. LES MATERIAUX DE CONSTRUCTION NATURELS. ........................... 53
V.1. Génie géologique et génie civil ................................................................................... 53
V.2. Matériaux de construction ............................................................................................ 53
V.2.1. Propriétés pratiques des matériaux en rapport avec leur constitution géologique .... 53
a. Dureté. Résistance à l’usure ......................................................................................... 53
b. Résistance à l’écrasement............................................................................................. 53
c. Porosité. Résistance à la gélivité .................................................................................. 53
e. Résistance aux agents atmosphériques ......................................................................... 53
V.2.2. DE QUELQUES MATERIAUX ............................................................................... 54
a. Granites ......................................................................................................................... 54
b. Gabbro et basalte .......................................................................................................... 54
c. Sables et grès ................................................................................................................ 54
d. Argiles, marnes, ardoises ............................................................................................. 54
e. Calcaires ....................................................................................................................... 54
f. Marbres ......................................................................................................................... 54
g. Meulières ...................................................................................................................... 55
IIème PARTIE : GEOLOGIE DU GENIE CIVIL .................................................................... 56
CHAPITRE VI. AFFAISSEMENT, EROSION ET MOUVEMENT DES VERSANTS ....... 56
VI.1. Propriétés des roches solides....................................................................................... 56
VI.1.1. Résistance à l’écrasement .................................................................................... 56
VI.1.2. Hétérométrie, uniformité et perméabilité ............................................................. 56
VI.1.3. Résistance au cisaillement ................................................................................... 57
Figures 41 a et b. - Boites de Casagrande pour l’essai de cisaillement............................ 58
VI.2. Matériaux naturels ou concassés destinés aux remblais ......................................... 58
VI.2.1. Argiles .............................................................................................................. 58
VI.2.2. Sable ................................................................................................................ 60
VI.2.3. Graviers ............................................................................................................ 61
VI.2.4. Autres : Pierres concassées, granulats, matériaux alluvionnaires .................... 61
VI.3. Les procédés de traitement du sous-sol....................................................................... 61
a. Battage des pieux .......................................................................................................... 61
b. Vibrations ..................................................................................................................... 61
c. Explosions .................................................................................................................... 61
e. Compartimentage des terrains aquifères ...................................................................... 62
VI.4. Les affaissements ........................................................................................................ 63
VI.4.1. Caractérisation des affaissements ........................................................................ 63
.......................................................................................................................................... 64
.......................................................................................................................................... 64
Figure 46. Affaissements et conséquences ....................................................................... 64
VI.4.2. Causes des affaissements ..................................................................................... 64
A. Causes internes (géologiques) : ............................................................................... 64
B. Causes externes (anthropiques) ............................................................................... 64
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Cours de Géologie I par le Professeur Gabriel MAKABU K. *
VI.4.3. Remèdes ............................................................................................................... 65
VI.5. Erosion ........................................................................................................................ 65
VI.5.1. Introduction .......................................................................................................... 65
VI.5.2. Types de ruissellement ......................................................................................... 65
VI.5.3. Erosion accélérée ................................................................................................. 65
VI.6. Mouvement des versants ............................................................................................. 66
VI.6.1. Chutes de pierres, Eboulement, Ecroulement ...................................................... 66
VI.6.2. Ecoulements lents ................................................................................................ 67
VI.6.3. Glissement de terrain............................................................................................ 67
a. Définition et principaux types .................................................................................. 67
b. Cas du glissement translationnel .............................................................................. 67
c. Cas du glissement rotationnel ................................................................................... 67
IIIème PARTIE : LEVE GEOLOGIQUE ET TOPOGRAPHIQUE ET TECHNIQUES DE
RECHERCHE DES MATERIAUX DE CONSTRUCTION NATURELS IN SITU ............. 70
VII.1. INTRODUCTION ......................................................................................................... 70
VII.2. LE MATERIEL DE TERRAIN ..................................................................................... 70
VIII.1. La prospection au marteau ............................................................................... 81
DEUXIEME PARTIE : MINERALOGIE ............................................................................... 83
INTRODUCTION .................................................................................................................... 83
1. Éléments natifs ................................................................................................................. 84
2. Sulfures – sulfosels.......................................................................................................... 85
3. Oxydes et Hydroxydes ..................................................................................................... 85
4. Halogénures ou Haloïdes ................................................................................................. 86
5. Carbonates, Nitrates ......................................................................................................... 86
6. Sulfates, Chromates, Molybdates, Tungstates.................................................................. 87
7. Phosphates, Arséniates, Vanadates, Antimonates ............................................................ 87
8. Silicates ........................................................................................................................... 88
9. Minéraux organiques ....................................................................................................... 90
Chapitre I. PROPRIETES PHYSIQUES, CHIMIQUES ET OPTIQUES UTILISEES DANS
LA DIAGNOSE DES MINERAUX. ....................................................................................... 91
I.1. PROPRIETES PHYSIQUES ......................................................................................... 91
I.1.1. PROPRIETES PHYSIQUES DETERMINEES PAR L’OBSERVATION
MACROSCOPIQUE DES CRISTAUX. ............................................................................. 91
A. Faciès des cristaux, aspect des faces. .......................................................................... 91
B. Coloration des minéraux. ............................................................................................. 91
C. Eclat. ............................................................................................................................ 91
I.1.2. PROPRIETES PHYSICO-MECANIQUES LIEES A LA COHESION .................... 93
A. Les clivages ................................................................................................................. 93
B. La dureté. .................................................................................................................... 93
I.1.4. PROPRIETES THERMIQUES .................................................................................. 93
I.1.5. PROPRIETES MAGNETIQUES .............................................................................. 94
I.2. PROPRIETES OPTIQUES ............................................................................................ 94
I.3. PROPRIETES CHIMIQUES ......................................................................................... 95
c. QUELQUES TESTS CHIMIQUES D’IDENTIFICATION DES MINERAUX ......... 96
I.4. IMPORTANCE PRATIQUE DE QUELQUES MINERAUX ...................................... 98
CHAPITRE II. LES MINERAUX A STRUCTURE MESODESMIQUE ............................ 101
II.1. Les borates .................................................................................................................. 101
II.2. Les silicates (Voir 1ère Partie) ..................................................................................... 101
Chapitre III. LES MINERAUX A STRUCTURE ANISODESMIQUE ............................... 102
III.1. Généralités sur les structures anisodesmiques .......................................................... 102
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Cours de Géologie I par le Professeur Gabriel MAKABU K. *
III.2. Les structures à groupements BO3 : les carbonates et les nitrates ........................... 102
III.3. Les structures à groupements XO4 .......................................................................... 104
Chapitre IV. LES MINERAUX A STRUCTURE ISODESMIQUE ..................................... 109
IV.1. Les minéraux à structure isodesmique simple .......................................................... 109
IV.1.1. Les composés du type A X ................................................................................ 109
IV.1.2. Les composés de type AX2 .................................................................................... 110
A. Chimisme................................................................................................................... 110
B. Structure..................................................................................................................... 110
C. Propriétés ................................................................................................................... 110
IV.1.3. Les composés de type A2 X3. ................................................................................. 111
IV.1.4. Les hydroxydes. ..................................................................................................... 111
IV.2. Les minéraux à structure isodesmique multiples : les spinelles................................ 112
a. Chimisme .................................................................................................................... 112
b. Propriétés ................................................................................................................... 112
Chapitre V. LES MINERAUX A STRUCTURE METALLIQUE ET HOMOPOLAIRE .... 113
V.1. Les éléments natifs ..................................................................................................... 113
A) Groupe de l’or ........................................................................................................... 114
B) Groupe du platine (réseau hexagonal compact) ........................................................ 114
C) Groupe du soufre ....................................................................................................... 115
D) Groupe du carbone .................................................................................................... 115
V.2. Les sulfures et autres chalcogénures .......................................................................... 115
V.2.2. Monosulfures cubiques........................................................................................ 116
V.2.3. Monosulfures hexagonaux .................................................................................. 117
V.2.4. Famille des bisulfures d’éléments bivalents ........................................................ 118
A. Les bisulfures cubiques et orthorhombiques ......................................................... 118
B. Les bisulfures hexagonaux .................................................................................... 118
V.2.5. Famille des composés du type Bn Xn.................................................................. 119
A. Le groupe des sulfosels B2X3 ................................................................................ 119
B. Le groupe des sulfosels BX ................................................................................... 119
C. Le groupe des cuivres gris ..................................................................................... 120
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ........................................ Erreur ! Signet non défini.
. ....................................................................................................................................... 121