La Fiscalité Des Groupes Aux Maroc
La Fiscalité Des Groupes Aux Maroc
Présenter par :
Sous l’encadrement :
ELYASSINI Elmahjoub (S9, GFC,
Pr. JABRI Abdelkarim 2599, réserve)
2024/2025
Table de matiere
Introduction.............................................................................................................................3
Chapitre 1 : Cadre conceptuel et juridique des groupes au Maroc...................................6
I. Définition et caractéristiques des groupes d’entreprises :................................................6
1) Définition des groupes d’entreprises :.........................................................................6
2) Caractéristiques des groupes d’entreprises :..............................................................6
II. Cadre juridique marocain des groupes d'entreprises :................................................12
1) Réglementation des groupes d’entreprises dans le droit marocain :........................12
2) Régime fiscal applicable aux groupes d’entreprises au Maroc :..............................13
3) Problèmes rencontrés dans un contexte international :............................................14
III. Notions internationales liées à la fiscalité des groupes, principes de l'OCDE et
standards internationaux :.......................................................................................................15
1) Principes directeurs de l'OCDE en matière de fiscalité des groupes :......................15
2) Standards internationaux et leur application :..........................................................16
3) Problèmes rencontrés dans la fiscalité internationale des groupes :........................17
4) Adaptation du Maroc aux normes internationales :..................................................18
Chapitre 2 : Régime fiscal applicable aux groupes au Maroc..........................................19
I. Fiscalité directe :............................................................................................................19
1) Impôt sur les Sociétés (IS) et mécanismes applicables :............................................19
II. Fiscalité indirecte :.....................................................................................................20
1) TVA et ses implications sur les transactions intra-groupe :......................................21
2) Droits d’enregistrement :...........................................................................................21
Chapitre 3 : Enjeux internationaux et défis spécifiques au Maroc..................................24
I. Optimisation fiscale et lutte contre l'évasion fiscale au sein des groupes :....................24
1) Optimisation fiscale : un cadre légal mais controversé.............................................24
2) Lutte contre l'évasion fiscale : un enjeu international prioritaire :..........................25
3) Cas spécifique du Maroc : défis et opportunités........................................................25
Chapitre 4 : Étude comparative et perspectives................................................................27
I. Comparaison entre la fiscalité des groupes au Maroc et celle d’autres pays :...............27
1) Fiscalité des groupes au Maroc : un cadre en évolution :........................................27
2) Fiscalité des groupes dans d’autres pays : exemples clés.........................................27
3) Similitudes et divergences : Maroc vs autres pays.....................................................28
4) Enjeux et défis pour le Maroc dans un contexte international :................................29
Conclusion générale..............................................................................................................30
Introduction
Les groupes d’entreprises organisent les échanges internationaux et construisent les économies
nationales dans un monde où l’interconnexion des économies est une caractéristique. Composée
d’une société mère et de filiales, la structure exerce souvent ses activités sur plusieurs territoires,
ce qui complique souvent la gestion de la fiscalité. Dans ce contexte, la fiscalité des groupes
représente un enjeu clé, tant pour les entreprises en tant que telles qui souhaitent optimiser leur
charge fiscale que pour les administrations fiscales qui cherchent à contrer l’érosion des bases
d’imposition et les pratiques d’évasion fiscale. Au Maroc, la croissance des groupes d’entreprises
reflète le dynamisme de la modernisation économique et l’attractivité du pays pour les
investissements étrangers. Les grandes entreprises marocaines, ainsi que les multinationales
opérant sur le territoire national, ont de plus en plus recours à une structure de groupe pour profiter
des économies d’échelle, s’organiser de manière optimale et consolider leur position
concurrentielle. La complexité organisationnelle est ainsi contrebalancée par des complications
fiscales très sérieuses, notamment en ce qui concerne les deux problématiques de fiscalité directe
et indirecte, et la gestion des transactions au sein des groupes. Au niveau international, la fiscalité
des groupes est régie essentiellement par les principes édictés par l’Organisation de coopération et
de développement économiques, notamment à travers le Plan d’action BEPS visant à lutter contre
l’érosion des bases d’imposition et le transfert artificiel de bénéfices vers des juridictions à faible
fiscalité. Les normes internationales auxquelles le Maroc adhère progressivement imposent
également des responsabilités spécifiques aux groupes de sociétés en matière de documentation
des prix de transfert, ainsi que le respect des conventions fiscales bilatérales visant à éviter la
double imposition. Cependant, malgré ces progrès, plusieurs problèmes persistent. Le régime
fiscal marocain applicable aux groupes est encore en voie d’amélioration et présente notamment
des lacunes en termes de consolidation fiscale, de transparence et d’harmonisation internationale.
Les sociétés marocaines et les groupes étrangers opérant au Maroc sont également confrontés à
des problèmes pratiques : absence de dispositions expresses sur certains mécanismes, lourdeur
administrative et difficulté de concilier les exigences locales avec les obligations internationales.
L’objectif de ce rapport est donc d’étudier les spécificités et les enjeux de la fiscalité des groupes
au Maroc dans le contexte de la fiscalité internationale. La question centrale de cette recherche
pourrait alors être formulée dans les termes suivants : En quoi le régime fiscal des groupes au
Maroc respecte-t-il toutes les exigences de l’économie internationale, tout en étant équitable d’un
point de vue fiscal et en assurant la compétitivité au niveau de l’entreprise ? Nous répondrons à
cette question en suivant une approche en plusieurs étapes : d’abord, en établissant un cadre
conceptuel qui comprend la définition des groupes d’entreprises et un aperçu de leur cadre
juridique au Maroc, puis en passant à l’analyse détaillée des mécanismes fiscaux applicables,
notamment en ce qui concerne l’impôt sur les sociétés, la TVA et la réglementation des prix de
transfert. Nous aborderons également les problèmes spécifiques auxquels sont confrontés les
groupes marocains, tels que l’évitement de la double imposition et l’application des conventions
fiscales internationales. Enfin, une étude comparative nous permettra de situer le Maroc par
rapport aux autres pays et de proposer des recommandations pour une meilleure adaptation de son
régime fiscal aux exigences mondiales. L’objectif du présent travail est donc de faire une analyse
critique et documentée du cadre fiscal marocain tout en identifiant les réformes nécessaires pour
garantir une gestion efficace et équitable de la fiscalité des groupes dans un environnement de plus
en plus concurrentiel et mondialisé.
1. Importance de la recherche :
La fiscalité des groupes est un levier stratégique pour les entreprises évoluant dans un
environnement économique globalisé. Pour le Maroc, ce sujet revêt une importance cruciale à
plusieurs niveaux :
Economique : Les groupes de sociétés représentent une part importante de création de valeur,
d’investissements et d’emplois. Comprendre et optimiser leur fiscalité peut renforcer la
compétitivité des entreprises marocaines sur le marché mondial.
Fiscal : Alors que le Maroc poursuit son ouverture au commerce international, il sera important de
garantir un cadre fiscal transparent, conforme aux exigences internationales et tout en veillant à la
préservation des recettes fiscales nationales.
Cette recherche contribue donc à éclairer ces questions en effectuant une analyse approfondie et
contextualisée de la fiscalité des groupes au Maroc.
2. Objectifs principaux de la recherche
Examiner le cadre juridique et fiscal actuel applicable aux groupes d’entreprises au Maroc.
Etudier les spécificités marocaines en matière de fiscalité des groupes, en comparaison avec les
pratiques internationales.
Identifier les problèmes et les défis de la gestion fiscale des groupes au Maroc, notamment en
matière de double imposition, de prix de transfert et de conformité aux normes internationales.
Elaborer des propositions visant à améliorer la structure fiscale au Maroc, à rendre les
investissements plus attractifs et à harmoniser les pratiques fiscales locales avec les normes
fiscales internationales.
3. Enoncé de la problématique :
Dans un contexte où le Maroc cherche à renforcer son intégration dans l’économie mondiale et à
attirer davantage d’investissements étrangers, le régime fiscal des groupes d’entreprises doit
répondre à un double impératif, à savoir : assurer une fiscalité équitable, conforme aux standards
internationaux, notamment en matière de lutte contre l’érosion de la base d’imposition et le
transfert de bénéfices.
Préserver la compétitivité et la rentabilité des groupes opérant aussi bien sur le territoire marocain
qu’à l’étranger.
Dans quelle mesure le régime fiscal des groupes au Maroc respecte les besoins fiscaux
internationaux et renforce la compétitivité des entreprises grâce à la conformité ?
Chapitre 1 : Cadre conceptuel et juridique des
groupes au Maroc
Dans ce contexte, le groupe agit comme une seule entité économique, même si chaque société qui
le compose garde son autonomie juridique. Cette structure permet aux groupes de bénéficier
d'économies d'échelle, d'une meilleure gestion de leurs ressources et d'une optimisation de leur
organisation et de leurs résultats.
Même si, en droit marocain, l'expression « groupe de sociétés » n'est définie ni par la législation
fiscale ni par la législation commerciale, dans la pratique économique, ces expressions sont
utilisées pour désigner ces structures complexes. Très souvent, les textes juridiques et fiscaux font
référence à des notions telles que filiale, société mère ou entité affiliée en vue d'établir des
relations intra-groupes.
La caractéristique principale d’un groupe réside dans le contrôle exercé par la société mère sur ses
filiales. Ce contrôle peut être direct (participation majoritaire au capital) ou indirect (via une
chaîne de sociétés intermédiaires).
Ce lien se traduit également par une influence décisionnelle sur la stratégie, la gestion et les
opérations des filiales.
2.2 Autonomie juridique des entités :
Chaque société du groupe jouit de la personnalité juridique et peut donc conclure des contrats,
contracter des obligations et déclarer ses obligations fiscales de manière autonome. La dépendance
économique vis-à-vis d'une société mère tempère souvent l'autonomie juridique dont fait preuve
chaque société.
Bien que juridiquement distinctes, les sociétés du groupe sont considérées comme une seule entité
économique. Elles partagent souvent des objectifs, des ressources et des politiques stratégiques
communs. Les résultats financiers des filiales sont généralement consolidés dans les états
financiers de la société mère conformément aux normes comptables internationales.
Les groupes d'entreprises adoptent des structures stratégiques qui leur permettent d'optimiser leurs
activités, de réduire les coûts et de maximiser les profits. Ces objectifs sont atteints grâce à des
mécanismes organisationnels, financiers et fiscaux, souvent adaptés aux opportunités offertes par
les environnements économiques et réglementaires des différents pays où les filiales opèrent.
Les groupes répartissent leurs activités entre plusieurs filiales en fonction de leur compétence ou
de leur localisation. Par exemple, une filiale peut être exclusivement dédiée à la production tandis
que les autres filiales se concentrent soit sur le marketing, soit sur la recherche et le
développement (R&D).
Cette spécialisation augmente l'efficacité opérationnelle, ainsi que la capacité des entreprises à
répondre de manière concentrée aux exigences d'un marché local.
Incluent l'utilisation de synergies internes en consolidant des ressources telles que les systèmes
informatiques, l'infrastructure ou le personnel au sein d'un groupe.
Cela réduit les coûts généraux et renforce la coordination entre les différentes entités du groupe.
Réduction des coûts :
Economies d’échelle :
En mutualisant les achats, les investissements et les opérations, les groupes diminuent leurs coûts
unitaires. En effet, il est souvent plus facile de négocier de meilleurs prix avec les fournisseurs
lorsque les négociations sont centralisées.
Délocalisation stratégique :
Les groupes peuvent délocaliser certaines de leurs activités dans des pays où les coûts de
production (main d’œuvre, énergie, matières premières) sont moins élevés.
Par exemple, un groupe marocain peut décider de délocaliser une partie de sa production dans un
pays voisin au motif d’une main d’œuvre bon marché.
Les groupes emploient également des tactiques fiscales particulières pour optimiser leurs revenus,
notamment en réduisant leur obligation fiscale totale tout en respectant les lois nationales et
internationales.
Le transfert de bénéfices intra-groupe désigne la manière dont les transactions au sein d'un groupe
peuvent facilement transférer les bénéfices d'une filiale à une autre. Par exemple, une filiale
constituée dans un pays à fiscalité élevée peut acheter des biens ou des services à une autre filiale
basée dans une juridiction à faible fiscalité à des prix gonflés. Cela peut réduire artificiellement les
bénéfices imposables dans un pays à fiscalité élevée et les transférer vers une juridiction plus
efficace sur le plan fiscal.
Ces pratiques, bien qu'optimales pour le groupe, doivent s'inscrire dans le cadre des règles
internationales de prix de transfert afin de ne pas attirer de sanctions.
Différents groupes créent des entités dans des pays offrant des régimes fiscaux favorables,
normalement appelés « paradis fiscaux ». Ces filiales sont utilisées pour accumuler ou redistribuer
les bénéfices réalisés par d'autres filiales du groupe.
Bien que cela puisse être légal, cela est très présent dans l'œil des administrations fiscales et des
organisations internationales, en particulier lors de la mise en place du plan BEPS par l'OCDE.
Consolidation fiscale :
Les groupes pourraient bénéficier, selon les juridictions, de régimes d'intégration fiscale qui
permettraient, sous certaines conditions, de compenser les pertes d'une filiale avec les gains d'une
autre avec pour effet de diminuer le résultat fiscal global du groupe.
Au Maroc, ce mécanisme n'existe pas encore, ce qui limite les possibilités d'optimisation fiscale
pour les groupes nationaux.
Exemple pratique :
Voici une représentation possible d’un groupe multinational agissant dans le secteur industriel :
Une filiale intra-groupe domiciliée dans un pays à faible fiscalité détient les licences de
propriété intellectuelle et facture des redevances à d’autres filiales.
Une autre filiale gère la fabrication dans une juridiction qui accorde des incitations fiscales à
la production industrielle.
La filiale du pays à fiscalité élevée génère des ventes, tout en enregistrant des bénéfices
réduits en raison des charges élevées prélevées auprès des autres filiales.
Si ces mécanismes sont légitimes, à condition qu’ils respectent les cadres juridiques et fiscaux, ils
suscitent des inquiétudes croissantes quant à l’érosion de la base d’imposition et à l’équité du
système fiscal mondial. Ils expliquent également l’importance de l’encadrement des transactions
intra-groupe et des prix de transfert par les administrations fiscales, en particulier dans des pays
comme le Maroc.
Pour éviter que les transactions intra-groupes ne soient utilisées à des fins d'optimisation fiscale
abusive, les administrations fiscales, conformément aux principes de l'OCDE, imposent des règles
strictes en matière de prix de transfert.
Les prix de transfert doivent refléter les conditions qui auraient prévalu si les transactions avaient
eu lieu entre des entreprises indépendantes opérant dans des conditions de marché normales.
Ainsi, la rentabilité n'est pas transférée arbitrairement vers des pays à faible fiscalité.
Documentation obligatoire :
Les groupes sont tenus de conserver et de fournir une documentation complète des transactions
intra-groupe afin de justifier le caractère approprié des prix en déterminant les relations de pleine
concurrence.
Cela inclut les études de comparabilité requises pour justifier les prix pratiqués.
Contrôles fiscaux :
Les transactions intra-groupes peuvent être soumises à des contrôles fiscaux par le biais de
contrôles sur place de l'administration fiscale. Cela permet de vérifier le respect des normes de
pleine concurrence et leur absence permet d'ajuster la base d'imposition et d'imposer des pénalités.
Les transactions intra-groupes peuvent également donner lieu à une double imposition si deux
pays ont revendiqué le droit d'imposer le même revenu.
Exemple : si un pays ajuste à la hausse les bénéfices imposables d'une filiale pour non-conformité
aux prix de transfert et que le pays d'origine ne corrige pas les revenus de l'autre partie, il y a
chevauchement fiscal.
Cela peut inclure l'exploitation des asymétries dans les systèmes fiscaux nationaux, parfois en
utilisant des structures intra-groupe complexes, pour minimiser l'obligation fiscale globale.
Par exemple, une filiale basée dans un pays à faible fiscalité peut facturer des frais très élevés à
une autre filiale située dans un pays à fiscalité élevée et ainsi réduire artificiellement le bénéfice
imposable de la filiale dans ce dernier pays.
Les lois fiscales nationales sont différentes, ce qui complique l'application uniforme des règles
concernant les prix de transfert et peut être une source de conflit potentiel entre les différentes
juridictions fiscales.
Les Groupes peuvent planifier des transactions intra-groupes dans le but de tirer indûment profit
des avantages accordés par les conventions fiscales bilatérales comme l'élimination de la retenue à
la source ou l'évitement de la double imposition.
Exemple pratique :
Une filiale marocaine d'une société mère européenne lui verse des redevances élevées pour
l'utilisation d'une marque déposée. Les autorités fiscales marocaines ont le droit de réajuster ses
bénéfices imposables si elles considèrent que ces redevances sont supérieures à ce que paierait une
société indépendante. Si cela se produit, mais que la société mère européenne n'ajuste pas ses
déclarations, il pourrait y avoir une double imposition.
Le gouvernement marocain tente d'améliorer son cadre réglementaire des prix de transfert pour
s'aligner sur les recommandations de l'OCDE, notamment dans le cadre du projet BEPS.
Les accords bilatéraux entre administrations fiscales évitent les litiges en fixant à l'avance les
règles applicables en matière de prix de transfert.
1.1 Droit des sociétés Loi 17-95 relative aux sociétés anonymes, Loi 5-96 relative aux
sociétés à responsabilité limitée :
Ces lois établissent le cadre juridique des relations entre les sociétés du groupe. Plus précisément,
elles font référence à la notion de société mère et filiale : Société mère Une société est considérée
comme société mère si une autre société est considérée comme sa filiale au sens de l'alinéa ci-
dessus mentionné. Une société est dite filiale.
Filiale : Une société est considérée comme filiale si elle est contrôlée par une autre société qui
exerce une influence dominante dans sa gestion.
La loi a également traité de la responsabilité des dirigeants des sociétés, membres d'un groupe,
dans la gestion des risques financiers et juridiques intra-groupe.
Les dispositions de la loi 104-12 relatives à la concurrence poursuivent l'objectif de prévenir les
abus de position dominante et les pratiques anticoncurrentielles résultant des relations intra-
groupe.
Les fusions et acquisitions réalisées au sein des groupes sont soumises à l'autorisation du Conseil
de la concurrence lorsqu'elles ont un impact important sur la structure du marché marocain.
En effet, les normes comptables marocaines, telles que le Plan Comptable Général, obligent les
groupes à établir des comptes consolidés lorsque le contrôle, direct ou indirect, est exercé par la
société mère sur d’autres entités. De tels comptes tendent à donner une vision globale de la santé
financière du groupe.
Contrairement à de nombreux pays internes, le Maroc n'adopte aucun régime fiscal particulier
pour un groupe comme la fiscalité consolidée ou les mécanismes de compensation qui impliquent
la perte d'une filiale en cas de gain réalisé dans une autre.
Ainsi, une société associée est exclusivement redevable en tant que contribuable avec diverses
obligations soit en matière d'impôt sur les sociétés, plus particulièrement appelé IS, de taxe sur la
valeur ajoutée, plus simplement appelée TVA, etc.)
Les transactions intra-groupes entre entités situées au Maroc ou dans des juridictions différentes
sont soumises à une réglementation stricte en matière de prix de transfert en vertu de la circulaire
fiscale et des recommandations de l'OCDE.
L'administration fiscale marocaine exige des groupes de justifier que leurs transactions intra-
groupes sont conformes au principe de pleine concurrence pour éviter les transferts abusifs de
bénéfices vers des juridictions à faible fiscalité.
Les paiements effectués par une filiale marocaine à sa société mère ou à une entité affiliée à
l'étranger sont soumis à des retenues à la source : dividendes, intérêts, redevances, etc.
Ces retenues à la source peuvent être réduites voire supprimées grâce aux conventions fiscales
bilatérales signées par le Maroc ; leur demande suppose une documentation adéquate.
3) Problèmes rencontrés dans un contexte international :
En effet, les groupes marocains ou les filiales marocaines de groupes étrangers opérant à
l’international sont confrontés à de gros défis fiscaux, notamment :
Les revenus tirés par une filiale marocaine et transférés à une société mère étrangère peuvent être
imposés à la fois au Maroc et dans le pays de résidence de la société mère.
Même si les conventions fiscales bilatérales visent à éviter cette double imposition, leur
application est souvent complexe et nécessite le plus souvent des négociations entre
administrations fiscales.
Cependant, les ajustements de prix de transfert effectués par l’administration fiscale marocaine
peuvent être contestés par les juridictions fiscales étrangères et donner lieu à de longs litiges avec
des risques de double imposition économique associés. Les enjeux du BEPS :
Les groupes peuvent chercher à transférer leurs bénéfices hors du Maroc vers des juridictions à
faible fiscalité, érodant ainsi la base d’imposition nationale. C’est une préoccupation pour
l’administration fiscale marocaine, qui renforce ses contrôles dans le cadre des recommandations
du Plan BEPS de l’OCDE.
Incohérences réglementaires :
Face à ces défis, le Maroc s’est engagé à renforcer son cadre fiscal et juridique en adoptant les
standards internationaux en matière de transparence et de lutte contre l’évasion fiscale. Cela passe
par :
D’une manière générale, l’adhésion aux initiatives de l’OCDE, mais en particulier au Plan
BEPS.
La fiscalité des groupes internationaux repose sur différents principes et normes définis pour
relever ce défi, compte tenu de la difficulté créée par les opérations transfrontalières ou les
relations intra-groupe. Le concept s'appuie sur les recommandations d'initiatives internationales,
notamment de l'Organisation de coopération et de développement économiques, qui mettent
l'accent sur la réalisation d'une fiscalité équitable et la lutte contre les pratiques abusives. Cela
implique des questions d'érosion de la base d'imposition et de transfert de bénéfices.
L'OCDE joue un rôle pionnier dans l'élaboration de normes fiscales internationales pour guider le
comportement des groupes multinationaux. Parmi les principes les plus importants qui y sont
énoncés, on trouve :
Ce principe stipule que les transactions conclues par des entités d'un groupe doivent être soumises
aux mêmes conditions de pleine concurrence que si la transaction était effectuée entre des entités
indépendantes opérant sur un marché libre.
Objectif : éviter la fixation de prix artificiels dans les transactions intra-groupe dans le but de
transférer leurs bénéfices vers des juridictions à faible imposition. Prix de transfert :
Les principes de l'OCDE applicables en matière de prix de transfert fournissent un cadre qui
permet de déterminer si les conditions des transactions intra-groupes se rapprochent des conditions
de pleine concurrence.
Plan BEPS :
L'initiative BEPS lutte contre les pratiques abusives des groupes multinationaux qui exploitent les
disparités des systèmes fiscaux nationaux pour réduire la charge fiscale globale.
Documentation standardisée sur les prix de transfert, y compris les rapports pays par pays.
Les conventions fiscales signées entre les Etats énoncent les règles d’imposition des revenus
transfrontaliers – dividendes, intérêts et redevances – visant à éviter la double imposition et à
prévenir l’évasion fiscale.
Dans le cadre de l’accord multilatéral sur l’échange de renseignements fiscaux, le Maroc participe
activement à l’échange automatique de données financières pour l’identification des pratiques
d’évasion fiscale.
La fiscalité internationale doit être modernisée pour pouvoir faire face à une présence de plus en
plus importante des actifs incorporels et d’une économie virtuelle.
A cet effet, l’OCDE propose des mécanismes pour assurer une répartition équitable des pouvoirs
d’imposition des pays sur les revenus créés par de telles activités.
Bien que le Maroc ne fasse pas partie de l’UE, ses relations économiques avec les groupes
européens l’exposent à différentes directives européennes comme l’ATAD, ou Directive Anti-Tax
Avoidance, limitant l’érosion de la base d’imposition.
Les conventions fiscales bilatérales tentent de résoudre ces conflits, mais leur application reste
complexe et sujette à interprétation.
Certains pays utilisent également des régimes fiscaux attractifs pour attirer les investissements
étrangers, ce qui crée à nouveau une concurrence fiscale mondiale et augmente l'évasion fiscale.
La diversité nationale des systèmes fiscaux rend difficile l'application des règles de prix de
transfert et des normes internationales.
Les modèles commerciaux numériques permettent aux entreprises de générer des revenus
substantiels dans des pays sans présence physique, ce qui constitue un défi pour les systèmes
fiscaux traditionnels.
4) Adaptation du Maroc aux normes internationales :
Pour relever ces défis, le Maroc a pris un certain nombre de mesures pour aligner son cadre fiscal
sur les normes internationales. Il s’agit notamment des mesures suivantes :
Adoption des actions du BEPS, telles que la documentation des prix de transfert et l’échange
automatique d’informations.
Renouvellement des conventions fiscales bilatérales pour introduire des clauses anti-abus et des
procédures de résolution des litiges fiscaux.
Formation des agents fiscaux sur la conduite d’audits spécialisés des transactions intra-groupe et
des actifs incorporels.
Collaboration internationale :
Participation active aux initiatives internationales, notamment celles de l’OCDE, en vue d’assurer
la cohérence dans l’application des normes fiscales mondiales.
La section montre que les questions de fiscalité internationale sont très complexes et que les
normes de l’OCDE sont au cœur même de la réglementation de la fiscalité des groupes.
Chapitre 2 : Régime fiscal applicable aux
groupes au Maroc
I. Fiscalité directe :
L'imposition directe des groupes de sociétés au Maroc dépend essentiellement du fonctionnement
de l'impôt sur les sociétés (IS) et des mécanismes de retenue à la source appliqués aux flux
financiers intra-groupe. Ces dispositions visent à assurer des conditions d'égalité de contribution
des groupes au budget de l'Etat face aux défis découlant de la fiscalité internationale, tels que la
double imposition et l'évasion fiscale.
L'IS est l'un des impôts directs les plus importants dus par les entreprises au Maroc, y compris les
membres du groupe.
Le taux de l'IS est progressif ; les tranches dépendent du montant du bénéfice imposable, par
exemple :
Les taux réduits pour les petites et moyennes entreprises et un taux normal pour les grandes
entreprises.
Les groupes, bien que composés de plusieurs entités juridiques, ne bénéficient pas de la
consolidation fiscale. Chaque société du groupe est redevable de l'impôt sur ses revenus
séparément.
Cela signifie qu'une filiale en situation de perte ne peut pas compenser les bénéfices réalisés par
une autre filiale du même groupe.
Ce mécanisme limité peut entraîner une imposition plus lourde pour les groupes marocains par
rapport à leurs concurrents opérant dans des pays ayant des régimes de consolidation fiscale.
Exonérations et incitations fiscales :
Il existe des incitations fiscales pour attirer les investissements dans certains secteurs stratégiques
tels que l'industrie, l'agriculture et les zones franches.
Les groupes pourraient bénéficier d’une exonération partielle ou totale de l’IS pour leurs filiales
opérant dans ces zones ou dans des secteurs déterminés.
Cependant, de tels régimes peuvent apparaître comme des distorsions fiscales d’un point de vue
international.
Les entreprises multinationales opérant au Maroc pourraient souffrir d’une double imposition de
leurs bénéfices dans le pays.
Si les conventions fiscales bilatérales réduisent le risque, leur application peut s’avérer complexe
en pratique en raison des divergences de vues des administrations fiscales.
Conclusion :
La fiscalité directe des groupes au Maroc repose sur une approche traditionnelle : impôt sur les
sociétés et retenue à la source. Celles-ci sont conformes aux exigences nationales mais posent des
problèmes au niveau international. Il n’existe pas de consolidation et, en ce qui concerne les flux
financiers transfrontaliers (dividendes et redevances), certaines difficultés ont accru les
problématiques fiscales des groupes. L’amélioration apportée par le Maroc, notamment au regard
des recommandations de l’OCDE, témoigne d’une volonté d’harmonisation et de modernisation
fiscale.
La fiscalité indirecte représente l’un des fondements des transactions économiques entre groupes
au Maroc, principalement en ce qui concerne la TVA et les droits d’enregistrement. Ces
mécanismes de taxation, bien que différents de la fiscalité directe, ont présenté une série de
problèmes complexes pour les groupes ayant des contextes internationaux, notamment en ce qui
concerne les transactions intra-groupes.
1) TVA et ses implications sur les transactions intra-groupe :
La TVA est un impôt indirect sur la consommation, qui frappe les ventes de biens et de services et
les importations.
Le taux normal de la TVA au Maroc est de 20%, mais il existe d’autres taux réduits dans certains
secteurs, comme l’agriculture et le transport.
Il s’agit des opérations entre sujets d’un même groupe, comme les ventes de biens ou les
prestations de services, qui sont taxables si les opérations sont soumises à la TVA.
Double imposition ou absence d’imposition : Au sein d’un flux transfrontalier entre une filiale
marocaine et une entité étrangère du groupe, les asymétries des régimes de TVA offrent des cas
potentiels de double imposition ou d’absence d’imposition.
Remboursement de crédits de TVA : A cet égard, les crédits de TVA émis par les filiales
marocaines de groupes exportateurs ne sont pas toujours faciles à obtenir en remboursement,
créant ainsi des tensions financières.
Distorsions liées au lieu de prestation de services : Les groupes multinationaux peuvent utiliser la
possibilité d’arbitrage dans les règles de TVA pour localiser les services dans des juridictions à
fiscalité favorable. Alignement sur les standards internationaux :
Bien que le Maroc ne soit pas membre de l’Union européenne, il s’inspire des directives
européennes pour moderniser sa TVA, notamment en renforçant la facturation électronique et les
contrôles sur les flux transfrontaliers.
2) Droits d’enregistrement :
Les droits d’enregistrement sont ceux qui sont perçus à l’occasion d’actes tels que des cessions,
des augmentations de capital ou des achats immobiliers.
En principe, les droits d’enregistrement dépendent de la nature de l’acte, des montants et des
entités concernées.
Les droits d’enregistrement sont ainsi dus par le groupe marocain au moment de sa restructuration
interne : fusion, scission ou apport d’actif.
Ces droits peuvent représenter une dépense importante qui réduit par conséquent la flexibilité des
groupes pour réorganiser leurs opérations.
Manque d’harmonisation internationale : Les groupes opérant dans plusieurs juridictions sont
confrontés à des règles différentes en matière de droits d’enregistrement, ce qui peut rendre les
restructurations transfrontalières plus complexes.
Risque de double imposition : Si une transaction concerne plusieurs pays, les droits
d’enregistrement peuvent être facturés dans chaque pays, ce qui alourdit les coûts pour les
groupes.
Optimisation fiscale abusive : La structuration des transactions de certains groupes pourrait être
telle qu’elle évite ou réduit les droits d’enregistrement, ce qui pourrait être considéré comme une
évasion fiscale.
Le Maroc renouvelle progressivement son cadre fiscal des droits d’enregistrement pour le rendre
plus attractif et conforme aux standards internationaux, en réduisant les taux applicables à
certaines transactions stratégiques.
Des exonérations sont accordées pour encourager les investissements dans les secteurs prioritaires
ou les zones géographiques défavorisées.
Conclusion :
Moins mise en avant que la fiscalité directe, la fiscalité indirecte reste néanmoins un enjeu majeur
pour les groupes opérant au Maroc, principalement en matière de TVA et de droits
d’enregistrement. Les problématiques internationales de double imposition et de non
harmonisation des règles ajoutent des complications à la gestion des impôts des groupes. Aussi,
les efforts se concentrent-ils sur le renforcement du cadre fiscal en la matière pour le Maroc tout
en le maintenant aligné sur les meilleurs standards internationaux.
Chapitre 3 : Enjeux internationaux et défis
spécifiques au Maroc
I. Optimisation fiscale et lutte contre l'évasion fiscale au sein
des groupes :
L’optimisation fiscale et la lutte contre l’évasion fiscale constituent l’un des enjeux majeurs de la
gestion des groupes d’entreprises, notamment dans un contexte international où les interactions
transfrontalières sont un phénomène courant. Ces pratiques soulèvent un large éventail de
problématiques complexes qui vont de l’érosion de l’assiette fiscale à la mise en place de cadres
réglementaires efficaces afin de limiter les abus.
Définition et mécanismes :
L'optimisation fiscale désigne le travail des groupes visant à organiser leurs activités de manière à
réduire légalement leurs obligations fiscales globales.
Mécanismes habituels :
Délocalisation des bénéfices : transfert des bénéfices vers des filiales situées dans des pays à faible
taux d'imposition.
Utilisation de régimes fiscaux avantageux : exploitation des incitations fiscales offertes par
certains pays ou zones économiques spéciales.
Implications internationales :
Bien que légale, l'optimisation fiscale donne lieu à une concurrence fiscale entre États qui tend à
diminuer les recettes publiques, principalement dans les pays en développement comme le Maroc.
L'évasion fiscale est une pratique illégale qui ne permet pas de payer l'obligation fiscale,
contrairement à l'optimisation.
Pratiques courantes :
Utilisation des paradis fiscaux pour transférer des richesses ou des revenus
Manipulation du prix de transfert pour déplacer artificiellement la base d'imposition faible d'une
juridiction à forte fiscalité
Établir des réglementations sur les prix de transfert afin de s'assurer qu'elles reflètent la valeur
économique réelle des transactions.
Le Maroc est signataire de cette convention, qui facilite l'échange d'informations fiscales entre les
pays pour traquer les flux financiers illicites.
Les groupes opérant au Maroc, nationaux ou étrangers, peuvent bénéficier des facilités
d'optimisation fiscale à travers les conventions fiscales et la disparité des régimes fiscaux locaux.
L'administration fiscale marocaine est faible pour contrôler les transactions transfrontalières en
raison de la rareté des ressources spécialisées et de la nature complexe des montages financiers.
Mise en œuvre des recommandations de l'OCDE dans la législation marocaine, notamment sur les
prix de transfert et le reporting pays par pays.
Coopération internationale :
Le Maroc s’efforce d’être attractif pour les investissements étrangers sans pour autant devenir un
paradis fiscal. Cela peut être équilibré par la mise en place de mécanismes tels que des incitations
conditionnelles en termes d’emploi ou de transfert de technologie.
La fiscalité des groupes de sociétés présente une grande diversité selon les juridictions, reflétant
les priorités nationales, les différents cadres législatifs et les niveaux d’intégration aux normes
internationales. La section suivante compare le régime fiscal applicable aux groupes au Maroc
avec celui d’autres juridictions sélectionnées, en soulignant les similitudes, les divergences et les
défis spécifiques liés à la fiscalité internationale.
Imposition séparée des entités : Contrairement à certains pays où la loi permet une imposition
consolidée des groupes, le Maroc taxe séparément chaque entité du groupe.
Régulation des prix de transfert : Des règles existent mais leur mise en œuvre reste un défi et
nécessite un renforcement des capacités administratives.
Absence de régimes spécifiques pour les groupes : Le Maroc n’a pas encore mis en place de
régimes spécifiques tels que le régime d’intégration fiscale ou les consolidations fiscales
présents dans d’autres juridictions.
Même si le Maroc a intégré certaines recommandations de l’OCDE, comme le Plan BEPS, cela ne
suffit pas à mettre sa politique fiscale aux normes internationales.
Régime d'intégration fiscale : Le régime d'intégration fiscale permet aux groupes d'intégrer les
résultats fiscaux des filiales, ce qui permet de compenser les pertes par rapport aux bénéfices des
autres entités du groupe.
Tax Cuts and Jobs Act : Dans le cadre de ce régime, des dispositions ont été prévues pour gérer le
transfert de revenus vers des pays à faible fiscalité au moyen du GILTI.
Réglementation stricte en matière d'évasion fiscale : Les Etats-Unis disposent d'un mécanisme
solide de détection des abus fiscaux grâce à des exigences de déclaration strictes.
Exonérations pour les dividendes intra-groupe : Généralement, les dividendes perçus par les
sociétés résidentes sont exonérés d'impôt.
Taux d'imposition attractifs : Singapour propose des taux d'imposition réduits et des incitations
pour les groupes internationaux, renforçant ainsi son attractivité en tant que pôle fiscal.
Similitudes :
L’adoption d’une réglementation en matière de prix de transfert pour contrôler les opérations
intra-groupes ;
La lourdeur des procédures : les groupes opérant au Maroc invoquent souvent des difficultés
administratives et un manque de transparence dans l’application des règles ;
Double imposition :
Avec l’harmonisation limitée des conventions fiscales, les groupes marocains opérant à l’étranger
sont souvent exposés à un risque de double imposition.
Le Maroc devrait faire un compromis entre attirer les investisseurs étrangers et prévenir l’érosion
de la base d’imposition.
Pour être compétitif avec des pays comme Singapour ou la France, les réformes qui pourraient être
envisagées par le Maroc incluent l’introduction d’un régime de consolidation fiscale ou
d’incitations spécifiques aux groupes.
Conclusion :
Bien qu’en amélioration, la fiscalité des groupes au Maroc reste en retrait par rapport aux
juridictions qui ont mis en place des régimes avancés avec des incitations attractives. La
comparaison avec d’autres pays soulignerait la nécessité pour le Maroc d’accélérer son alignement
sur les normes internationales et d’améliorer son cadre fiscal afin de répondre aux besoins des
groupes tout en assurant une collecte équitable des recettes fiscales.
Conclusion générale
Le problème est que, d'après ce que l'on peut en déduire, le Maroc se conforme partiellement aux
exigences de la fiscalité internationale. L'alignement sur les normes internationales en renforçant
les conventions fiscales pour éviter la double imposition et l'introduction de mesures de
transparence renforcent la crédibilité du pays sur la scène internationale. Ces progrès doivent être
complétés par une simplification des procédures fiscales, une amélioration de la coordination
administrative et la création de régimes particuliers pour les groupes, tels que la consolidation
fiscale ou les incitations ciblées.
Enfin, un certain nombre de réformes sont recommandées pour rendre les entreprises plus
compétitives et assurer une meilleure conformité aux normes internationales. Il s’agit notamment
d’une harmonisation complète avec les normes de l’OCDE, du renforcement des capacités des
administrations fiscales, de la mise en place d’un cadre fiscal plus attractif pour les
investissements étrangers et du développement d’outils modernes de suivi des transactions intra-
groupe. Ces réformes permettraient d’attirer davantage d’investissements et d’assurer une collecte
fiscale équitable et durable, consolidant ainsi la position du Maroc dans l’économie mondiale.