0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
47 vues35 pages

Master Droit Prive Et Sciences Criminelle II

Le document traite de l'approche philosophique de la responsabilité pénale, en définissant le droit pénal et son évolution historique. Il explore les concepts de responsabilité pénale selon des penseurs comme Beccaria, en distinguant la responsabilité pénale de la responsabilité civile. Enfin, il aborde les caractéristiques de la responsabilité pénale et les différentes périodes historiques qui ont influencé sa conception.

Transféré par

berradah89
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
47 vues35 pages

Master Droit Prive Et Sciences Criminelle II

Le document traite de l'approche philosophique de la responsabilité pénale, en définissant le droit pénal et son évolution historique. Il explore les concepts de responsabilité pénale selon des penseurs comme Beccaria, en distinguant la responsabilité pénale de la responsabilité civile. Enfin, il aborde les caractéristiques de la responsabilité pénale et les différentes périodes historiques qui ont influencé sa conception.

Transféré par

berradah89
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
Vous êtes sur la page 1/ 35

MASTER DROIT PRIVE ET SCIENCES

CRIMINELLES

L’approche philosophique de la
responsabilité pénale

Travail préparé par :


Maha Lhouat

Mehdi Benali

Adam Hajar

Firdaous El mouatamid

GhitaEddebarh

OuazzaniTouhami Mohammed

AitKerroum Mehdi

AbdelmounaimIdrissi

Sous l’encadrement pédagogique du : Mr. Salah Eddine Maatouk

Année universitaire
2022/2023
 Introduction :
Au sens large, le droit pénal peut être défini comme étant la
branche du droit qui détermine les actes susceptibles de troubler
gravement l’ordre social, qui fixe leurs sanctions et qui répond à
toutes les questions relatives à leurs commissions et à leur nature.
Autrement dit, le droit pénal peut être défini comme le droit de
l’infraction et de la réaction sociale qu’elle engendre.

Au sens restreint, le droit pénal est l’ensemble des normes


juridiques qui réglementent le recours de l’Etat à la sanction pénale.

L’objet du droit pénal est de faire appliquer les sanctions qui


concrétisent la réaction sociale aux trouble apportés à la société par
certain de ses membres.

La société est connue comme un tissu crée par l’Homme et consiste


en un ensemble de systèmes et de lois qui déterminent les normes
sociales imposées aux membres de cette société. De plus dépend de
ses membres pour rester cohésive. Sans individus les sociétés
s’effondrent et disparaissent, et l’individu est affecté par la société
comme la société est affecté par l’individu.

Historiquement, notamment dans les tribus préhistoriques puis


dans l’antiquité, régnait la vengeance privée. A l’intérieur de la
famille ou du clan, le chef de la famille ou le chef du clan avait les
pouvoirs de justice sur ceux de sa lignée. Le chef du clan investi des
pouvoirs les plus absolus en particulier pour faire régner l’ordre dans
le groupe.

2
Puis la vengeance privée a fait placer à la justice privée. L a justice
privée est une vengeance surveiller par l’Etat.

A partir du 17éme siècle, la justice privée fait place à la justice


publique. La répression est alors organisée par l’Etat et non plus
seulement contrôlée par lui.

Quant au droit pénal marocain moderne, il a traversé trois étapes :

-Avant le protectorat : c’est le droit musulman fondé sur la protection


des cinq valeurs fondamentales qui sont la religion, la vie, les biens, la
procréation et la morale.

-Pendant le protectorat : une période dans laquelle on a connu la


création des juridictions française qui appliquaient le code pénal
français dans la zone nord et l’application du code pénal espagnol est
obligatoire.

-Après l’Independence : ce n’est que le 26 novembre 1962 que le


code pénal unifié fut promulgué. Son entré en vigueur n’a lieu qu’à
partir du 17juin.

L’individu, à son tour est responsable de ses actes, assumer ses


choix et accepter leurs conséquences et le pouvoir de prendre soi-
même des décisions. Selon Jean-Paul Sarte «Les gens sont
responsables de tous les éléments d’eux-mêmes, de leurs conscience
et de leurs actions. C'est-à-dire qu’avec la liberté totale vient la
responsabilité totale »

Juridiquement, la responsabilité pénale est la violation stricte


de la loi dont la sanction est le prononcer d’une peine. La
responsabilité pénale concerne les infractions pénales
spécifiquement prévues par la loi « Pas de crime sans loi ». Dans
certain cas, la sanction pénale est encourue même si le dommage n’a
pas été commis, une simple tentative peut être punissable. Ce qui
3
distincte la responsabilité pénale de la responsabilité civile qui
signifie l’obligation faite à une personne de réparer le préjudice causé
à autrui, c'est-à-dire son objet principale est de réparer le dommage.

La responsabilité pénale présente plusieurs caractéristiques :

D’abord, elle suppose la réunion des deux éléments nécessaire c’est


la culpabilité qui implique une faute et l’imputabilité qui signifie
l’imputation de cette faute.

Puis, la responsabilité pénale est subjective et personnelle c'est-à-


dire qu’une personne doit répondre pénalement de ses propres
actes.

En fin, elle peut accorder à des personnes physiques qu’aux


personnes morales.

Après une introduction consacrée à la définition du droit pénal en


premier lieu et à la responsabilité pénale en second lieu, le sujet
répondra à la problématique suivante : Quelle est l’approche
philosophique de la responsabilité pénale ?

Et pour répondre à cette problématique on va adopter le plan


suivant :

 Partie 1: Conception historique et philosophique de la


responsabilité pénale

 Chapitre1 : Les périodes historiques et les concepts


philosophiques de la responsabilité pénale

 Section1: Période classique

 Paragraphe 1: La légalité criminelle:

 Paragraphe 2: Le fondement de la responsabilité pénale selon

4
Beccaria

 Section2 : Période néoclassique

 Paragraphe1: concept historique

 Paragraphe2: concept philosophique et avis des philosophes

 Section3 : Période moderne

 Paragraphe1: concept historique

 Paragraphe2 : concept philosophique et avis des philosophes

 Partie II : La responsabilité et l’irresponsabilité des personnes


physiques et des personnes morales

 Chapitre1 : Les personnes morales


 Paragraphe 1 : Définition et la mise en œuvre de leurs responsabilités

 Paragraphe2 : Encadrement juridique

 Paragraphe3 : Irresponsabilité des personnes morales

 Chapitre2 : Les personnes physiques

 Paragraphe1 : Définition et la mise en œuvre de leurs responsabilités

 Paragraphe2 : Encadrement juridique

 Paragraphe3 : Irresponsabilité des personnes physiques

 Conclusion

 Partie I: Conception historique et philosophique


de la responsabilité pénale
 Chapitre1: Les périodes historiques et les

5
concepts philosophiques de la
responsabilité pénale
 Section 1 :La période classique :

Influencée par les idées et la philosophie de Montesquieu, une


école appelée classique apparaissait durant la seconde moitié du
XVIII siècle dont le fondateur était Cesare Beccaria. Selon la théorie
de cette école (théorie classique de la pénalité), l’homme est
détenteur d’un libre arbitre, il est donc responsable de ses actes et
des infractions qui ont résultent.

Le courant est dit classique parce qu’il part du principe que chaque
responsable d’une infraction doit être condamné à une peine. Cela
implique un refus de châtiment corporel, une certaine égalité entre
les citoyens. Ces différentes propositions laisseront apparaitre « Le
droit pénal classique ».

L’italien Beccaria à travers son livre des délits et des peines a connu
un succès prodigieux puisqu’il contribua à la révolution française et
par conséquence un changement presque radical de vision
précédente et pour bien comprendre les idées adoptées par cette
ecoleil convient d’exposer le principe de la légalité criminelle
(paragraphe1) et le fondement de la responsabilité pénale
(paragraphe2).

 Paragraphe 1 :la légalité criminelle:

6
Le principe de la légalité criminelle n’est qu’un des aspects saillant
dans la construction de la théorie du droit. En matière pénale, de par
sa proclamation et ses effets, tant au niveau du fond qu'à celui de la
forme, et dès le départ, il va s'affirmer comme le premier rempart
contre l'arbitraire répressif pour soumettre l'organisation étatique à
fonctionner dans le cadre d'un Etat de droit, par opposition à l'Etat
de police.

Au niveau de la sphère pénale, le principe de la légalité et son


application vont se révéler comme une garantie fondamentale pour
la liberté et la sécurité des citoyens. Le mode de réparation en droit
pénal n'est pas de nature compensatoire, mais une réaction sociale
fondée sur l'articulation de la peine ou de la mesure d'une sureté. On
comprend dès lors les exigences, les contradictions et les avatars du
principe :

« A VERTIR AVANT DE PUNIR »

« SAVOIR COMMENT ETRE PUNI ET PAR QUI »

Tel en est l’esprit, et la séparation des pouvoirs par sa fonction de


sécurité jouera un rôle dans l'élaboration de la règle, en évitant la

Au droit par le respect concentration des pouvoirs. L'Etat est soumis


des règles qui le fondent, soit la constitution. Soit les conventions
internationales soit la loi doit résoudre l’Etat, et Nous connaissons
l'antagonisme que normalement c'est sur le terrain de la recherche

7
d'un dosage équilibré entre la protection de la société et la
sauvegarde des libertés individuelles que les investigations doivent se
faire. Ce dilemme plus facile à formuler qu'à traduire déclenche
comme condition préalable, mais aussi comme effet direct du
principe la nécessité de prévoir l'incrimination et sa peine. C'est la
signification de l'adage Latin :

« NULLUM CRIMEN, NULLA POENA SINE LEGE ».

Ceci étant dit, plusieurs considérations en faveur du principe seront


avancées :

A - Considérations tirées d'une nécessité de politique criminelle.

* La loi doit avertir avant de frapper,

* La préexistence de la loi et de la sanction implique une contrainte


psychologique,

* la fonction intimidante et un rôle préventif,

* d'où la clarté et la concision de la loi (contenu déterminateur).

B- Considérations liées à une justification politique

* rempart contre l'arbitraire et protection des libertés,

* c'est la loi qui assurera ces fonctions car elle est générale,
impersonnelle et permanente

8
* et ce rempart implique nécessairement un contrôle par une
juridiction indépendante.

C- La théorie de la séparation des pouvoirs

* A l'arbitraire des gouvernants ne doit pas se l'arbitraire des juges.

* le juge doit seulement applique la loi.

 Paragraphe 2 :le fondement de la responsabilité pénale selon


Beccaria:

Quand Beccaria publie son livre, l'État dispose déjà d'un large
éventail de justifications religieuses, politiques et morales concernant
son droit de créer des lois et de se donner des moyens pour les faire
respecter. La punition est l'un de ceux-ci : c'est une pratique déjà
ancienne, qui s'exerce partout dans la société : dans l'église, dans la
famille, dans les lieux d'apprentissage, etc. Et comme les
gouvernements octroient aussi des peines, les discours justifiant ces
pratiques ne manquent pas. Pour justifier l'intervention du droit, on
évoquera par exemple :

a) soit l'obligation de rétablir l'ordre par l'expiation du mal par le mal.

b) soit un souci de correction de l'individu.

c) soit la nécessité de l'exemple du châtiment ou de l'intimidation


pour protéger la société.

9
d) soit encore l'idée de faire justice, surtout à travers une sorte de
réparation positive ou de pacification entre les parties, la punition
étant une mesure de dernière instance.

Certes, cette dernière justification est beaucoup moins répandue en


matière pénale à l'époque, et on tentera de l'exclure. Quant aux trois
premières, elles ont tendance à se présenter sous forme de deux
grandes perspectives philosophiques : i) le point de vue rétributiviste
pénal qui soutient l'obligation de rétablir l'ordre en faisant payer le
mal par le mal et le point de vue utilitariste pénal qui renferme les
buts de la correction et de la dissuasion. Au XVIIIe siècle, la théorie
utilitariste de la peine donnera la primauté à la dissuasion comme
moyen de défense de la société. Pour le rétributivisme pénal, le
fondement du droit de punir réside dans le fait que la Justice requiert
que la personne soit châtiée en conformité avec sa faute, pour la
simple raison qu'elle a décidé librement de désobéir à la loi. Le
châtiment est alors la seule façon d'effacer la faute et de donner
satisfaction à Dieu, à la morale ou au Droit. En outre, on doit châtier
le coupable, même si la punition ne sert ni à amender ni à dissuader
personne. Le fondement du droit de punir est alors la simple
obligation de rétablir le respect de la loi par la souffrance du
coupable en conformité avec sa faute, aucune autre méthode n'étant
appropriée pour payer le prix du désordre.

10
Pour les utilitaristes en général, à l'origine du fondement du droit de
punir se trouve l'idée de sécurité des individus ou du groupe. Leur
raisonnement est le suivant. Avant la formation des sociétés, dans
l'état de nature, le droit de punir appartient à chaque individu. C'est
lui qui doit se protéger ou se venger par la force des injures dont lui-
même fait l'objet.

Le droit naturel lui donne un droit de défense, voire de vengeance.


Or, quand les individus s'unissent en société, le droit que chaque
particulier avait originellement est passé au souverain. Ce dernier
doit alors pourvoir à la sécurité de ses sujets. Le droit de punir
détenu par le souverain se calque donc sur le droit (naturel) de punir
des individus. Au sein de la société, certaines offenses aux
particuliers deviennent des atteintes à la loi (pénale) du souverain.
Dès lors, le droit de punir se fonde tant sur la nécessité de protéger
de façon efficace la majorité des individus que sur celle de faire
respecter la loi. À partir d'ici, il y a une bifurcation entre les
utilitaristes. La doctrine de la sévérité maximale, par exemple, ne
limite pas le droit de punir du Souverain par le droit naturel : le
Prince doit rester libre de modifier la loi et trouver un moyen efficace
de défendre la société. La peine sévère, voire excessive, n'est pas
pour autant une peine injuste ; il suffit que l'autorité considère
qu'elle est nécessaire pour protéger le groupe. D'autres, comme
Locke (1690 : 176-178), estiment que, dans l'état de nature, les

11
individus n'ont le droit d'infliger que des peines proportionnées aux
fautes, qui soient toutefois suffisantes pour inspirer la crainte,
donnant ainsi l'exemple aux autres et impressionnant le coupable.
Par conséquent, ils ne peuvent que transférer au souverain ce droit
que la loi naturelle leur donne. On trouve alors dans cette variante
utilitariste l’idée de la nécessité d'une certaine proportion entre la
faute et la peine (qui inclut néanmoins le but de dissuasion). Bref, le
fondement du droit de punir consiste dans la nécessité de protéger la
société par l'exemple. Dans la meilleure des hypothèses, cette utilité
est limitée par la notion (lâche) de proportionnalité.

Or, aussi curieux que cela puisse paraître, Beccaria n'opte pour
aucune de ces deux manières de fonder le droit de punir. Certes, sa
théorie de la peine est une théorie utilitariste de la dissuasion et, en
ce sens, elle porte en elle - que Beccaria le veuille ou non - le
deuxième fondement. Mais Beccaria va la jouxter d'un autre
fondement du droit de punir, sans pour autant tenter d'y adapter sa
théorie.

 Section2 : Période néoclassique :


 Paragraphe1 : Concept historique :
La doctrine classique a risqué de conduire à une
répression rigoureuse à la fin du XVIIIe siècle puisqu’elle
a ignoré l’état du criminel au moment de l'acte, ainsi
que les circonstances qui l'entouraient, qu'elles soient
personnelles ou sociales. Par conséquent, une

12
deuxième école classique est apparue (l’école néo-
classique). Autrement dit, que La doctrine néoclassique
est un prolongement de la doctrine classique. L’École
néo-classique, encore appelée « éclectique », se situe à
mi-chemin entre Beccaria et les tenants de la Justice
absolue, car elle prône une nouvelle politique criminelle
relative à la fois à la théorie de l’infraction et à celle de
la sanction cela veut dire qu’elle propose une
conciliation entre l’utilitarisme et la justice absolue.
Cette période néo-classique regroupe des principaux
représentants comme Louis-Philippe Guizot, Rossi et
Ortolan.
 Paragraphe2 : Concept philosophique et avis des
philosophes :
La doctrine néo-classique résume la synthèse
entre les idées de la Révolution et celles de l’Ancien
Régime, donc c’est une combinaison entre l’utilité
sociale et de la justice morale dans cette formule
célèbre : « Punir ni plus qu’il n’est juste, ni plus qu’il
n’est utile ». Pour parvenir à une peine juste, les néo-
classiques insistent sur la nécessité de son
individualisation et c’est en cela qu’ils se différencient
essentiellement de l’école classique. L’idée ici, est que
la sanction ne devrait pas être plus que l'intérêt
implique, ni plus que la justice exige. Autrement dit la
responsabilité doit s’apprécier in concreto, ce qui
suppose un pouvoir d’adaptation de la peine. De même,
le juge devait agir dans la sanction pour l'adapter à la
situation de chaque individu. Cela exige que la peine ne
dépasse pas la limite correspondant à l'acte criminel.

13
L'influence de cette doctrine fut grande, son
programme passe largement dans le droit positif avec la
suppression de la confiscation générale en 1814, la
marque, le carcan et la mutilation du poing en 1832, la
peine de mort en matière politique 1848.., alors que
l’ancien régime a envisagé le délinquant comme un être
purement abstrait, s’est avant tout préoccupé de
l’infraction punie avec une grande sévérité. L’école
néoclassique a humanisé le droit pénal en introduisant
un point de vue subjectif en matière de pénalité, en
réalisant un nouvel adoucissement de la répression
dans certains domaines et en appliquant un
changement sur le plan de l’exécution des peines tels
que la construction de prisons cellulaires, le
développement du travail pénal, l’établissement d’un
régime colonial d’exécution de la peine des travaux
forcés afin « d’améliorer l’homme par la terre et la terre
par l’homme ». Malheureusement, ces modifications se
révélaient insuffisants avec l’augmentation de taux de
criminalité durant cette période. En revanche, le
courant néo-classique va être critiqué par l’école
positive (Lombroso, Ferri, Garofalo..), qui est fondée sur
la prise en charge du délinquant en siens du
phénomène criminel en tant que source du crime et
que le risque réside dans sa personnalité.

 Section3 : Période moderne:


 Paragraphe1: concept historique :

14
Faire le lien entre le passé et le présent est indispensable pour
mieux comprendre les racines, les enjeux et les solutions retenues
par les juristes.

L’histoire pénale se divise en deux périodes : l’Antiquité et l’époque


moderne. Pour les Grecs, le fait qu’on ne soit pas toujours maître de
ses actes est perçu, mais il ne se traduit pas pour autant dans le
droit : commettre un crime est toujours une infamie, un affront à
l’ordre naturel des choses. Nul ne peut donc se soustraire à la loi. Au
Moyen Âge, le droit évolue. Les « fous » peuvent échapper à la peine
de mort – exception faite des crimes politiques ou religieux. Mais
l’idée de responsabilité pénale naît vraiment avec la Modernité. Elle
émerge avec Descartes, qui rompt avec l’idée antique selon laquelle
la nature déterminerait en partie notre volonté. Pour lui, il n’y a plus
de limites à la liberté des humains : notre libre arbitre est infini. La
responsabilité devient ainsi un concept à part entière. En 1810, le
code pénal consacre cette idée en reconnaissant une exception : si la
personne est en état de démence lors des faits, « il n’y a ni crime ni
délit ». On parle aujourd’hui d’« abolition du discernement ».

Depuis longtemps cependant, grâce à l’influence du droit canonique,


fortifié par l’action du droit romain, la conception de la responsabilité
pénale, liée à l’idée de faute, avait pénétré le droit criminel. Dans le
délit, l’intention devenait l’élément essentiel parce que ce que l’on
cherchait à punir « c’est l’âme qui a péché, et qu’il faut guérir,
purifier, relever par l’expiation ».

Sous l’action des criminalistes italiens du XVI siècle, la doctrine


française posa finalement, comme maxime constante, que « là où il
n’y a .point de dol, il n’y a point de crime, et par conséquent, il ne
peut pas y avoir de peine, mais seulement des dommages et intérêts
contre l’auteur du délit ». Elle ne parvenait toutefois ni à dégager de

15
l’idée de faute toutes les conséquences légitimes, ni à en débarrasser
l’étude de la terminologie un peu creuse et inutile, que les civilistes
avaient empruntée au droit romain.

Au contraire, le droit révolutionnaire a fait de la règle « pas de


responsabilité pénale sans faute » un dogme général dont il a tiré de
nombreuses conséquences, en particulier : le principe de la
personnalité des peines, la suppression de la note d’infamie le
caractère légal du droit pénal, et la non-rétroactivité de la loi pénale
(Voir la Déclaration des Droits de l’homme de 1789, art. 8 ; loi du 21
janvier 1790, art. 2 ; Code pénal de 1791, 2° partie, titre 2, sect.1,
art.1). Le droit moderne a suivi cet exemple.

Il convient donc de voir dans l’article 64 du Code pénal français, non


pas la règle de droit elle-même, mais seulement l’application d’une
règle plus générale ; car si le défaut d’intelligence ou de liberté est
exclusif de toute idée de faute, l’absence de faute peut encore se
rencontrer, en dehors de celui-ci, chez un auteur qui, au temps de
l’action, n’est ni dément ni contraint.

Et il faut observer encore que cette règle de droit embrasse toutes


les infractions, quelle que soit leur nature, aussi bien les
contraventions de police que les crimes et les délits.

 Paragraphe2 : concept philosophique et avis des philosophes :

Pour Kant, qui fait dépendre la morale de la raison et de sa capacité à


élever la maxime de l’action à l’universel, la responsabilité de l’agent
s’adresse à la fois à sa conscience et à l’humanité toute entière. La
pensée écologique, éveillée notamment par Hans Jonas, auteur du
Principe responsabilité, étend la responsabilité à la prise en compte
des effets de l’action sur les générations futures. En politique, dans
l’ouvrage rédigé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale La
Culpabilité allemande, Karl Jaspers défend l’idée d’une responsabilité
16
collective de tout le peuple allemand (et pas seulement des
dignitaires nazis ou de leurs partisans), dans les crimes commis
contre les minorités au nom d’une idéologie raciste. Du point de vue
de l’action gouvernementale, Max Weber, lui, distingue l’éthique de
conviction et l’éthique de responsabilité, qui oblige à assumer les
conséquences prévisibles d’un acte. Cette distinction oppose souvent
aujourd’hui les intellectuels et la classe politique.

 Partie II : La responsabilité et l’irresponsabilité des


personnes physiques et des personnes morales

Deux catégories d’agent pénal peuvent être aujourd’hui


poursuivies: les personnes physiques (2) mais aussi les
personnes morales (1)

 Chapitre1 : les personnes morales :

Indubitablement la conscience, le discernement et la volonté


demeurent la clé de voute de la responsabilité pénale de telles
mécanismes psychiques nous nous saurions les trouver à titre
limitatif que chez l’être humain.

Et si cela constitue la règle d’or il n’en demeure pas moins que la


pensée juridique a rattachée strictement dans certains cas la
responsabilité pénale pour un non être humain, et ce pour désigner
les personnes morales tel qu’elles ont été cité par la constitution de
2011 dans son article 6.

La responsabilité pénale des personnes morales a fait couler


beaucoup d’encre et qui ne cesse de nourrir le contentieux.

Si la responsabilité civile des personnes morales ne pose pas de


problème juridique néanmoins il s’agit du contraire lorsque nous
écumons la responsabilité pénale de ces personnes , car elle a

17
soulevé une grande controverse jurisprudentielle d’où sont ressorties
deux tendances jurisprudentielles : une tendance traditionnelle qui
nie pénalement la responsabilité des personnes morales en rejetant
catégoriquement la responsabilité pénale des personnes morale et
l’attribue aux personnes physiques qui la représentent . Ceux qui
adoptent également ce point de vue sont les pionniers de l’approche
classique, étayant leurs positions de justifications qui peuvent se
limiter à deux domaines :

Primo dans le domaine d’incrimination : selon cette doctrine, la


personne physique est la seule à jouir de la personnalité juridique,
compte tenu de la volonté qu’elle possède qui aurait la capacité
nécessaire pour acquérir des droits et assumer des obligations.

Secundo : La nature même de la personne morale elle est basée sur


le fait que la personne morale n’est qu’une fiction juridique et n’a ni
d’existence physique ni de volonté et de discernement , et cette
hypothèse a été dictée par les nécessités pratiques qui permettent a
la personne morale de contracter et de posséder des fonds , mais
cette hypothèse ne s’étend pas au champ d’application de la
responsabilité pénale parce que le droit pénal ne se fonde que sur la
réalité.

Tertio : Dans le domaine de la sanction cette tendance rejette la


responsabilisation des personnes morales, étant donné que les
peines s’appliquent qu’aux personnes physiques et l’application de
certaines peines contredit clairement le principe de l’individualisation
de la peine, et conduit aussi à vider la peine des ses fonctions les plus
importantes représentées dans la dissuasion et la rétribution. Une
autre Jurisprudence pénale dite moderne affirme cette
responsabilité réfutant les arguments des opposants au motif qu’ils
sont peu solides et qu’ils manquent de précision et d’objectivité.

18
Ceux qui affirment que les personnes morales peuvent être
pénalement tenues responsables se sont heurtés a plusieurs
difficultés, dont la plus importante est l’attribution tant dans ses
aspects matériels que moraux au regard de la responsabilité pénale
de la personne morale, ce qui a conduit à l’émergence de
nombreuses théories :

La personne morale a une volonté autonome : en ce sens


l’accent mis sur l’existence réelle de la personne morale d’une
personne implique la reconnaissance que cette personne a une
volonté indépendante, qui est représentée dans la somme des
volontés des personnes physiques qui la constituent source
jaillissante d’intention coupable.

La nature de la personne morale ne contredit pas la


détermination de sa responsabilité pénale :

L’opinion incarnée dans le courant moderne qui croit que la


personnalité morale n’est rien d’autre qu’une fiction n’a plus de
fondement valable dans la mesure ou les personnes morales ont une
existence réelle d’un point de vue juridique puisqu’ils ont une
volonté spéciale , des intérêts indépendants et une autonomie
financière.

Existence de sanctions pénales appropriées pour la personne


morale :

La jurisprudence appelant à la détermination de la responsabilité de


la personne morale estime que le prétexte ;la plupart des sanctions
pénales ne peuvent être prononcées contre la personne morale
n’apporte aucune preuve pour les comprendre, car il est possible de
fixer des sanctions pénales adaptées à la nature de l’infraction.
Sachant même que les peines traditionnelles telles que les peines
privatives de liberté sont devenues inefficaces même pour la
19
personne physique notant au même titre l’amende, la confiscation et
la fermeture de l’établissement ayant servi a la commission de
l’infraction . Peu ou prou nous remarquons que quand bien même la
peine de mort à laquelle les partisans de la non responsabilité des
personnes morales comme moyen de preuve irréfutable de leur
position peut se voir appliqué sur la personne morale par le
truchement de la dissolution du fait que la dite dernière pour la
personne morale en elle-même est pour elle une exécution dans le
même ordre d’idées l’article 47 du code pénal dispose clairement
dans son premier alinéa « La dissolution d’une personne juridique
consiste dans l’interdiction de continuer l’activité sociale , même
sous un autre nom et avec d’autres directeurs, administrateurs ou
gérants . Elle entraine la liquidation des biens de la personne
juridique »

L’importance de la responsabilité pénale des personnes morales a


occupé une place prépondérante dans les débats de plusieurs
conférences internationales , notamment la deuxième conférence
internationale de droit pénal tenue a Bucarest en 1929 , la
conférence de Rome en 1953 et la septième Conférence
internationale de droit pénal tenue a Athènes 1957.

Ces conférences ont abouti a un ensemble de recommandations, les


résumant en ce que toute société a le droit d’affronter les personnes
morales et le danger qu’elles peuvent représenter pour elle, et ce
n’est un secret pour personne que le développement de la société et
le progrès de l’humanité dans les domaines de l’économie et de
l’industrie et le développement de la pensée juridique encadrant ces
domaines nous a imposé une entité réaliste qui jouit d’une
personnalité juridique basée dans toutes les parties du monde, et son
danger s’aggrave de jour en jour .

20
Il va sans dire que le développement des personnes morales sur le
plan quantitatif et qualitatif a contribué à leur développement dans
des délits extrêmement dangereux et atroces, notamment : les délits
environnementaux, les crimes électroniques et économiques ; et
d’autres plus répandus, qui sont les crimes transnationaux comme la
traite des êtres humains, les crimes terroristes, blanchiment d’argent
et autres.

Dans ce modeste travail on va essayer en premier lieu de jeter un


éclairage sur la définition et la mise en œuvre de leurs
responsabilités (paragraphe 1), éclaircir leur encadrement juridique
(paragraphe 2) pour ensuite s’intéresser à l’irresponsabilité des
personnes morales (paragraphe 3).

 Paragraphe 1 : Définition et la mise en œuvre de leurs


responsabilités

Selon Emanuel Drayer Professeur du Droit privé et sciences


criminelles à l’école de droit de Sorbone

« Les personnes morales n’ont ni chair, ni sang pourtant elles ont des
organes. Elles n’ont pas des sentiments, pourtant, elles ont une
volonté. Elles sont invisibles, pourtant, elles agissent et peuvent
même se voir reprocher leur inaction. Elles n’ont pas de domicile,
pourtant, elles ont un siège… »

En se basant sur cette définition aussi simple que concise d’Emanuel


Drayer et pour mieux appréhender la responsabilité pénale des
personnes morales il faut au préalable définir la personne morale.-

La personnalité morale n’est pas définie par la loi .Une personne


morale est un groupement doté sous certaines conditions de la
21
personnalité juridique plus ou moins complète ; les personnes
morales sont des groupements ayant la personnalité juridique,
susceptible d’être titulaire de droits et des obligations.

Les personnes morales se subdivisent en deux ordres distincts les


personnes morales du droit privé et les personnes morales du droit
public concernant les personnes morales du droit privé, il peut s’agir
de toute société, commerciale ou civile , d’associations à but non
lucratif , de partis politique, de syndicat, etc. Peu importe la
nationalité de la personne morale puisque la loi pénale marocaine
s’applique que pour les infractions commises sur le territoire
marocain. Ainsi, une personne morale peut être poursuivie soit pour
une infraction consommée ou pour une infraction tentée, soit
comme auteur ou complice. La personnalité juridique étant le critère
clef pour faire jouer la responsabilité pénale, les sociétés de fait ne
peuvent être poursuivie pénalement puisqu’elles n’ont pas de
personnalité juridique.

Pour les personnes morales du droit public sont l’Etat , les


collectivités territoriales , les établissements publics regroupant les
institutions publiques administratives, telles que les universités et les
instituts de recherche, les institutions publiques économiques, telles
que l’Office Chérifien des Phosphates et l’Office de développement
industriel, les établissement publics sociaux tels que la Caisse
Nationale de Sécurité Sociale, les institutions publiques telles que les
chambres de commerce et d’industrie .

Toutes les institutions ci-dessus citées sont des personnes morales


publiques à travers lesquelles l’Etat intervient dans les domaines
économiques et sociales ; considérée comme la personne morale
publique la plus importante. Sa personnalité juridique se reflète dans
toutes les actions qu’elle entreprend a travers ses différents organes

22
(exécutif, législatif et judiciaire).L’Etat vise à atteindre les objectifs
généraux du peuple. Son action est caractérisée par le caractère
d’autorité publique.

La loi stipule que «(…) les Collectivités Territoriales et leur


groupement, ne sont responsable pénalement que des infractions
commises dans l’exercice d’activité susceptible de faire l’objet de
convention de délégation de Service Public ».

La raison d’être de la personnalité morale, qu’il s’agisse d’une


société, d’une association, d’une fondation, d’un syndicat, ou d’une
autre entité, c’est la personnalisation juridique de l’exercice de
l’activité de l’entité ; elle doit en jouir pour poursuivre le but qu’elle
s’est fixé et réaliser son objet. Ce qui fonde la personnalité morale,
c’est donc l’existence d’une activité et le besoin de sa
personnalisation juridique.

La responsabilité pénale des personnes morales est un principe


aujourd’hui pleinement consacré et accepté en droit pénal marocain.

Les personnes morales sont responsables pénalement, l’article 127


du code pénal prévoit que les personnes morales ne peuvent être
condamnés qu’a des peines pécuniaires et accessoires.

 Paragraphe 2 : L’encadrement juridique

A ce niveau la jurisprudence pénale marocaine considère que


l’article 127 du code pénal est le fondement juridique de la
responsabilité pénale de la personne morale, il est également décrit
comme le point de départ pour parler de la responsabilité pénale de
la personne morale, et le principe est d’établir la responsabilité
pénale des personnes morales comme principe général à moins
qu’elle ne soit mentionnée dans un texte.

23
Cet avis doit faire l’objet d’une étude fructueuse en ces termes
l’article 127 du code pénal est un texte sanctionnant et non un texte
incriminant de même il n’a pas déterminé les principes généraux et
les règles de la responsabilité pénale de la personne morale mais
précise plutôt les peines qui peuvent s’appliquer aux personnes
morales et étant donné qu’il n’y a pas lieu de parler de peines sans
responsabilité pénale. Ce texte de loi ait été mentionné comme une
exception au regard du contexte des textes précédents du code pénal
cela dit que l’équilibre de la balance entre les incriminations et les
sanctions est rompu lorsque nous évoquons la responsabilité pénale
des personnes morales.

On pense que l’article 127 du code pénal marocain, ne peut satisfaire


à lui seul comme une base légale et en même temps l’unique
référence à un régime de responsabilité. Il faut délimiter la nature du
sujet actif de l’infraction, en distinguant les personnes morales
concernées par l’article, et en clarifiant la situation des groupements
sans personnalité juridique.

Ce qui confirme le manque lapidaire de clarté législative concernant


la responsabilité de la personne morale , c’est l’existence de lois
spéciales postérieures a la loi pénale qui confondent la personne
physique et la personne morale en matière de responsabilité pénale ,
comme c’est le cas pour l’article 135 de la loi bancaire de 14 février
2006 qui dispose que « il sera puni d’un emprisonnement de trois
mois a un an et d’une amende de cinq mille a cent mille dirhams, ou
l’une de ces deux peines seulement , toute personne qui travaille
pour son propre compte ou pour le compte de la personne morale »

Le code pénal marocain ne détermine pas les conditions pour


engager la responsabilité pénale des personnes morales dans l’ultime
intérêt de combler ce vide juridique nous nous sommes dans

24
l’obligation de se référer au droit comparé et plus précisément les
législations qui admettent la responsabilité pénale des personnes
morales on peut soulever la particularité d’être à la fois une
responsabilité indirecte (§1) et une responsabilité personnelle (§2).

§1 : Responsabilité indirecte

Elle est dite aussi bien une responsabilité subséquente ou par


ricochet qu’une responsabilité par représentation dans la mesure ou
elle ne peut être mise en cause que par les actes de ses dirigeants. La
responsabilité pénale des personnes morales suppose la commission
d’une infraction par un organe ou un représentant. La personne
morale ne peut matériellement agir d’elle-même, la mise en jeu de sa
responsabilité nécessite la présence d’un substratum humain.

Ainsi la responsabilité pénale des personnes morales est une


responsabilité par représentation ; une personne physique va agir
matériellement pour la personne morale .Cependant pour que la
responsabilité de la personne morale puisse être engagée ; la
personne physique doit avoir la qualité d’organe ou de représentant.

§2 : Une responsabilité personnelle

Pour que la responsabilité de la personne morale puisse être


engagée ; la personne physique doit avoir la qualité d’organe ou de
représentant. Un organe est une ou plusieurs personnes investies
légalement ou par des statuts d’un pouvoir de direction ou de
gestion, notamment il faut ajouter aux représentants ; les dirigeants
de fait.

Pour que la responsabilité pénale des personnes morales puisse être


engagée il fallait au préalable l’indentification de la personne
physique pour vérifier qu’elle a vraiment la qualité d’organe ou de
représentant .Ne pas exiger l’identification de la personne physique

25
serait indirectement admettre qu’une personne morale puisse
directement commettre une infraction sans intervention d’un organe
ou d’un représentant ce qui serait une erreur.

La responsabilité pénale des personnes morales suppose une


infraction commise par un organe ou un représentant. Autrement dit,
l’infraction doit avoir été commise par le dirigeant autrement pour
son propre compte ou dans son intérêt privé peu importe que le
dirigeant agi dans l’exercice de ses fonctions ou en dehors de ses
attributions.

 Paragraphe 3 : L’irresponsabilité des personnes morales

Ces causes d’impunités se retrouvent dans le cas ou l’action


publique est éteinte ou encore dans le cas ou la personne morale est
irresponsable.

L’extinction de l’action publique : les articles 49 et 93 du code pénal


font de la mort du condamné, de l’amnistie de l’abrogation de la loi
pénale, de la transaction, de la prescription et de la grâce des causes
anticipées d’extinction des peines.

Les délais de prescription sont déterminés par les articles 5 et 649 et


651 du code de la procédure pénale. Les peines criminelles se
prescrivent par l’écoulement d’un délai de 15 ans après la date de la
condamnation devenue irrévocable .La prescription des peines
contraventionnelles intervient un an après la date de décision de la
condamnation ayant acquis autorité de la chose jugée. Pour les
peines délictuelles , le délai de prescription fixé a 4 ans peut être
supérieur et demander l’écoulement d’un délai égal a celui de la
peine a laquelle , conformément a la loi , l’auteur du délit a été
définitivement condamné.

26
Les causes d’irresponsabilité de la personne morale : on trouve tout
d’abord l’Etat en raison du principe de séparation des pouvoirs car
l’autorité judicaire n’a pas à connaitre des actions ou omissions de
l’Etat dans l’exercice de ses autres fonctions ; il a le monopole de la
force publique et si l’article 6 de la constitution a mis en exergue que
la loi est l’expression suprême de la volonté de la nation. Tous,
personnes physiques ou morales, y compris les pouvoirs publics, sont
égaux devant elle et tenus de s’y soumettre cette nouveauté
constitutionnelle nous permet à vrai dire de parler de la
responsabilité de l’Etat, et si la responsabilité civile de l’Etat est
légalement établie. Et ceci à travers les dispositions des articles 79 et
80 du droit des obligations et contrats. La responsabilité pénale de
l’Etat nous pose de nombreux problèmes .La législation comparée
s’est unanimement accordée sur l’immunité pénale de l’Etat comme
c’est le cas en droit français à travers l’article 121 du code pénal qui
excluait la responsabilité pénale de l’Etat. L’article 80 du code pénal
fédéral des Emirates arabes Unis ainsi que le code pénal syrien dans
l’article 158. Puis ensuite, le cas d’infraction commise par un
délégataire .La doctrine est très divisée au sens du terme : est-ce une
représentation au sens du droit civil, mais alors le délégataire ne sera
pas toujours un représentant car la délégation n’apporte pas
systématiquement mandat d’accomplir des actes juridique pour
autrui .Est-ce au contraire, une représentation plus souple, auquel
cas le délégataire sera un représentant et la responsabilité pourrait
remonter.

Il y’a également le cas de la disparition d’une personne morale, et à


cet égard il faut faire la distinction entre les cas de la disparition
normale de la société, pour les cas prévues par la loi, et les cas de la
liquidation judicaire .La situation est différente dans le cas d’une
disparition par fusion absorption ou l’une des deux sociétés disparait

27
et/ou son patrimoine est dévolu a la société absorbante ou a une
société nouvelle.

 Chapitre2 : Les personnes physiques


La responsabilité pénale des personnes physiques est
conçue dans l’article 126 du Code pénal. Ce dernier prévoit que
les peines et mesures de sûreté édictées dans le code sont
applicables aux personnes physiques. De la lecture de Cet
article, il ressort que le législateur appréhende les êtres
humains doués de leurs facultés intellectuelles et mentales.

La responsabilité pénale est l'obligation de répondre


juridiquement des infractions pénales dans lesquelles on est
impliqué (comme auteur, co-auteur ou complice). Cela implique
la possibilité d'être poursuivi pénalement et finalement
condamné par la justice pénale.

 Paragraphe 1 : Définition, mise en œuvre de leurs


responsabilités et son encadrement juridique :
Le droit pénal marocain reconnaît deux modes de participation
criminelles en fonction de rôle personnel effectivement occupé dans
la consommation d’une infraction. Il s’agît de la participation de
l’auteur principal responsable du fait reproché(1) le co-auteur (2) et
le complice (3)

 L’auteur : est l’individu qui aura commis ou tente de commettre


dans le cas d’une tentative punissable, dans les conditions
prévues par le texte d’incrimination, des actes interdit et
pénalement réprimés.
C’est celui qui a matériellement commis l’infraction avec
l’élément légal requis, sans pouvoir invoquer un fait justificatif.

28
 Le co-auteur : est celui qui participe à la commission des actes
matériels constituant directement ou indirectement l’infraction
pénale.
 Le complice : un complice est une personne qui facilite la
commission d’une infraction. Sans en être l’auteur ni le co-
auteur, son aide ou son assistance facilitant la préparation ou la
consommation d’un crime ou d’un délit, qui par don, promesse,
menace, ordre, abus d’autorité ou de pouvoir ou bien donne
des instructions pour commettre une infraction.
 Paragraphe 2 : Irresponsabilité des personnes physiques :

Il arrive qu’une personne, bien qu’ayant commis une infraction, ne


fasse pas l’objet de sanction. Cela peut tenir à des causes extérieures
à l’auteur de l’acte (cause objectif). Cela peut aussi tenir à des causes
propres à la personne même de l’agent (cause subjectif)

1-les causes subjectives

Le régime juridique des causes subjectives à été prévu par les articles
2, 13,132 et 140 du code pénal.

Ces articles distinguent entre deus causes qui se rapportent, la


majorité pénale et à l’état intellectuel et mental de l’auteur de
l’infraction.

 L’aliénation mentale : la responsabilité pénale exige non


seulement la liberté d’action mais il suppose aussi que le
délinquant jouisse d’une intelligence normalement lucide.
Dès lors on ne lui reprocher comme une faute un
comportement qu’il n’a pas eu la conscience d’accomplir.
L’article 132 du code pénal dispose « Toute personne
saine d'esprit et capable de discernement est
personnellement responsable… » de même,
l’article134ducode pénal énoncé « N'est pas responsable
et doit être absous celui qui, au moment des faits qui lui
sont imputés, se trouvait par suite de troubles de ses
29
facultés mentales dans l'impossibilité de comprendre ou
de vouloir… ».
Cet article constitue la référence des juges en matière
d’exonération de la responsabilité pénale lorsqu’il s’avère
que le sujet été atteint de troubles de ses facultés
mentales au moment de la commission de l’acte criminel.
Le trouble peut être psychique ou neuropsychique ayant
pour conséquence de causer une d’échéance progressive
et irréversible de la vie psychique.
 La minorité : l’insuffisance des facultés intellectuelles
pour tenir à l’âge (minorité). On est majeur à l’âge de 18
ans. Il existe cependant certaines règles spéciales entre 12
et 18.

 Le mineur de 12ans : selon l’article134 du code pénal


« Le mineur de moins de 12 ans est considéré comme
irresponsables pénalement par défaut de
discernement ».

 Le mineur de 12 à 18 : « Le mineur de douze ans qui


n'a pas atteint dix-huit ans est, pénalement, considéré
comme partiellement irresponsable en raison d'une
insuffisance de discernement ». Il bénéficie de l’excuse
de minorité, et ne peut faire l’objet que des
dispositions de la loi de la procédure pénal
(article138du code pénal).
 Au dessus de 18 ans : les délinquants ayant atteint la
majorité pénale de dix huit ans révolus, sont réputés
pleinement responsables (article 140 du code pénal)

2-les causes objectives

Les causes objectives d’irresponsabilité ou les faits


justificatifs sont des éléments qui se rapportent aux

30
circonstances qui ont accompagnées la commission de
l’infraction
Plusieurs faits justificatifs sont à étudiés :
 L’ordre de la loi et le commandement de l’autorité
légitime

L’autorité légitime est une autorité civile, publique ou


militaire. Si une personne commet une infraction en
exécutant l’ordre provenant de cette autorité, alors sa
responsabilité pénale ne pourra pas être engagée.

Elle pourra cependant engager sa responsabilité dans les cas


où l’ordre qu’elle à exécuté était manifestement illégal. Ainsi
une personne ne pourra pas invoquer le fait qu’elle a reçu un
ordre de son supérieur pour se dégager de sa responsabilité
si elle a par exemple commis un crime contre l’humanité.

 L’état de nécessité
L’état de nécessité est la situation dans laquelle se trouve
une personne qui ne peut raisonnablement sauver un
bien, un intérêt ou un droit que par commission d’un acte
qui, s’il était détaché des circonstances qui l’entourent,
serait délictueux.
L’article 124-2 du code pénal stipule « il n'y a ni crime, ni
délit, ni contravention.. Lorsque l'auteur a été
matériellement forcé d'accomplir ou a été
matériellement placé dans l'impossibilité d'éviter
l'infraction, par un événement provenant d'une cause
étrangère auquel il n'a pu résister… »
 La contrainte

Elle est patente que seule la contrainte physique peut constituer une
cause de justification de l’infraction. A ce titre, trois conditions sont
nécessaires pour que la contrainte physique puisse être érigée en fait
justificatif :

31
 Elle doit être d’origine externe : la contrainte physique
est subordonnée à un fait extérieur à la personne de
l’auteur. Elle ne serait avoir une origine interne
 Elle doit être irrésistible : « l’auteur n’a pas pu
résister ».Appréciations sévère de la jurisprudence.
 Elle ne doit pas avoir été provoquée par une faute de
l’auteur.

 La légitime défense

L’article 124-3 du code pénal « il n'y a ni crime, ni délit, ni


contravention »

Lorsque l’infraction était commandée par la nécessité


actuelle de la légitime défense de soi-même ou à autrui,
pourvu que la défense

Soit proportionné à la gravité de l’agression.

Pour que la légitime défense soit prise en compte, plusieurs


conditions sont exigées :

a. Les conditions relatives à l’agression :

 L’agression doit être réelle, préalable, actuelle. En effet, le


menace du danger doit être imminente et qu’elle ne peut
être écartée que par la commission de l’infraction.
 L’agression doit être injustifiée à savoir non autorisée ou
non ordonnée par la loi.
b. Les conditions relatives à la riposte :
 La riposte doit être nécessaire : pour que la légitime
défense puisse être admise.
 La riposte doit être proportionnée : c’est-à-dire égale à la
gravité de l’attaque
 La riposte doit être concomitante : la concomitance exige
que la défense coïncide avec l’attaque illégale.

32
 L’infraction commise en défendant soi-même ou autrui
contre l’auteur de vols ou de pillages exécutés avec
violence.
 La défense d’un bien ne doit pas avoir pour conséquence
un homicide volontaire c’est-à-dire entraîner la mort
d’une personne.
 Conclusion :

D’après ce qui précède nous concluons que La


responsabilité pénale a deux concepts : le premier est
abstrait et le second est réaliste, et le premier concept est
censé être la capacité de la personne à supporter les
conséquences de son comportement. La responsabilité d'un
comportement qui vient de lui est un fait, et ici la
responsabilité n'est pas seulement un attribut ou un statut
d'une personne, mais c'est aussi une peine, et ce concept
contient le premier concept parce qu'il n'est pas imaginé de
tenir une personne responsable de son acte criminel en la
soumettant à la peine prévue pour son loi dans le Code
pénal.

La responsabilité pénale n'était pas une idée inconnue dans


les anciennes lois, et si elle était déterminée d'une manière
qui la contredit, elle l'est maintenant, car la loi est affectée
par les croyances du milieu dans lequel elle se pose, la
responsabilité pénale ne doit donc pas être isolée de son
cadre historique dans le contexte des modes de vie et de
pensée qui étaient connus, dans les sociétés antiques.

 Bibliographie/ Webographie :

http://iurisma.com/index.php/droit-penal-general/42-les-causes-
objectives-de-non-responsabilite

33
https://www.etudier.com/dissertations/La-Responsabilit%C3%A9-
P%C3%A9nale-Des-Personnes-Physiques/79158.html

https://www.google.com/url?sa=t&source=web&rct=j&url=https://w
ww.fdc.ma/FDC/coursdistant/supportsprof/Azeddou/cours%2520dro
it%2520p%25C3%25A9nal%2520g%25C3%25A9n%25C3%25A9ral%25
20%25C3%25A9tudiants%2520S2%2520Droit.pdf&ved=2ahUKEwj5jc
a-
2Kb8AhV_QPEDHRlwB2AQFnoECA0QAQ&usg=AOvVaw2HsyeLQRFeI
VfRehoMYhHo

https://www.dalloz.fr/documentation/Document?id=DZ%2FOASIS%2
F000851#DZ%2FOASIS%2F000851%2FPLAN1.1

https://justice.ooreka.fr/astuce/voir/547939/responsabilite-penale

http://www.labodroit.com/%D8%A7%D8%B3%D8%A7%D8%B3-
%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%B3%D8%A4%D9%88%D9%84%D9%8
A%D8%A9-
%D8%A7%D9%84%D8%AC%D9%86%D8%A7%D8%A6%D9%8A%D8%
A9/ (Traduction)

Fascicule du droit pénal général ‘’Prof. El.Moutaouakil’’

https://www.conseil-constitutionnel.fr/nouveaux-cahiers-du-conseil-
constitutionnel/responsabilite-et-irresponsabilite-penale

34
35

Vous aimerez peut-être aussi