UNIVERSITÉ GASTON BERGER DE SAINT-LOUIS ANNÉE UNIVERSITAIRE : 2024-2025
UFR DES SCIENCES JURIDIQUESET POLITIQUES LICENCE 2 SCIENCES JURIDIQUES / SEMESTRE 1
COURS : PR. M. M. AIDARA
TRAVAUX DIRIGÉS T.D. MM. O. KAMARA ; S. M. B. NIANG; F. KANTE & Th. I. SOW
DROIT ADMINISTRATIF GENERAL
Fiche N° 8
THEME : Le régime juridique de l’acte administratif unilatéral
Les actes administratifs unilatéraux constituent une catégorie générique. Leur classification donne lieu à
plusieurs variétés : actes exécutoires et non exécutoires ; actes décisoires et non décisoires, actes
réglementaires et actes individuels, actes créateurs de droits et non créateurs de droit, etc. Etant donné qu’il
procède de la seule volonté de l’administration et entraine une modification de l’ordonnancement juridique,
l’acte administratif unilatéral et soumis à des conditions (internes et externes) de l’égalité et, peut faire l’objet
d’un recours juridictionnel. Du coup, en cas de nécessité, l’acte administratif unilatéral peut, faire l’objet d’une
régularisation de la part de l’administration, soit spontanément, soit à l’initiative du juge. Il peut ainsi, être
abrogé, modifié ou simplement retiré par son auteur ou le supérieur hiérarchique de celui-ci. Ceci permettant
d’éviter sa totale annulation en cas d’illégalité. L’objet de la présente séance est de saisir le particularisme du
régime juridique des actes administratifs unilatéraux au regard des exigences apparues à l’époque
contemporaine (un régime démocratique de l’acte administratif, les règles applicables à leur édiction et à
leur exécution). Cette séance sera également l’occasion de passer en revue la méthodologie de la dissertation.
I. BIBLIOGRAPHIE
1) Ouvrages:
- BOCKEL (A.), Droit administratif, Dakar – Abidjan, NEA, 1978.
- DE LAUBADERE (A.), Traité élémentaire de droit administratif, Paris, LGDJ, 1962.
- SY (D.), Droit administratif, 2ème édition, Dakar, L’Harmattan, 2014.
- J- C. RICCI et F. LOMBARD, Droit administratf general, 8é édition, HACHETTE, 2021.
2) Articles :
- DESFONDS L., « La notion de mesure préparatoire en droit administratif français », AJDA, 2003.
- LOLLIERE Ph., « Le retrait des décisions individuelles créatives de droits : un régime juridique peu
satisfaisant », AJDA, 2008
- NDIAYE S. A., « Le régime de sortie de vigueur des actes créateurs de droits illégaux en Afrique
: le cas du Sénégal », In mélanges en l’honneur de Babacar KANTE, Dakar, L’Harmattan, 2017.
1
- PUYBASSET M., « le droit à l’information administrative », AJDA, juillet 2003, n° 25.
- PRIET F. « S’simplification administrative et pouvoir de décision unilatérale », In Etre en recherche,
Etudes en l’honneur de Catherine THIBIERGE, 2023.
2) Jurisprudence :
Jurisprudence française
-C.E, 16mars 2016, Ass. Nat. pour l’insertion des personnes handicapées.
-C.E, Ass, 16décembre 2005, Synd. Nat. Des huissiers de justice.
-C.E, 17 mars 1911, Blanchet.
-C.E, 6novembre 2002, soulier
-C .E, 3 février 1989, Cie Alitalia.
- C.E, 3 nov 1922, Dame Cachet.
-C.E, 10janvier 1930, Despujol.
Jurisprudence sénégalaise :
- CE, 27 avril 1994, ASC Dial Diop municipalité Club c/ Etat du Sénégal, Bulletin des arrêts du conseil
d’état, p. 62 ;
- CS, 29 janvier 1975, Séga SECK FALL, Recueil Penant 1975, p.415
- CS, 23 mars 1966, Samba Ndoucoumane GUEYE, GDJAS, T. II, Annexe II, n° 22, pp. 280- 285. – CE, 19
avril 1967, Samba Cor SARR, GDJAS, T. II, Annexe II, n° 28, pp. 306-310.
- CS, 27 décembre 1978, Barka DIAW, GDJAS, T. II, Annexe II, n° 84, pp. 483-4 – CS, 27 mai 1981,
Amadou Lamine BA, RIPAS, n° 4, p. 402. –
- CE, 25 août 1993, Jean ESPLAN, Répertoire de jurisprudence : droit administratif (Recueil des arrêts du
Conseil d’Etat 1993-1994-1995), p. 31.
- CS, 24 mai 2012, Oumar THAW c/ Etat du Sénégal, Bulletin des arrêts de la Cour suprême, n°4-5,
2012
- CS, 15 mars 2015, Karim Meïssa WADE c/ Etat du Sénégal, Bulletin des arrêts de la Cour suprême, n°9-
10, 201
II. DOCUMENTS REMIS
DOCUMENT N° 1 : extrait de, J- C. RICCI et F. LOMBARD, Droit administraf general, 8é édition, HACHETTE,
2021, P.173.
Le régime juridique des actes administratifs unilatéraux est si important et son particularisme si accusé qu’il a
été conçu un code des relations entre le public et l’administration (CERPA, entrée en vigueur en janvier et juin
2016). Ce régime est dominé par quatre principes fondamentaux : 1°) ces actes bénéficient d’une présomption
de l’égalité, c’est « l’autorité de la chose décidée », (Maurice Hauriou), c’est donc à celui qui conteste leur
régularité qu’il revient d’en faire la démonstration. ; 2°) ces actes bénéficient d’une présomption
d’administrativité, c’est-à-dire de soumission au droit et au juge administratif. ; 3) les actes administratifs
délivrés intuitus personae sont incessibles sauf exceptions légales expresses ; 4) ces actes peuvent faire l’objet
d’une régularisation car l’Administration, dans un nombre élévé d’hypothèses et sous des conditions diverses,
a la faculté, soit spontanément soit à l’initiative du juge, de corriger les irrégularités et, dans une moindre
mesure, celles de fond affectant certains des actes, ceci permettant d’eviter le tout –annulation en cas
d’illégalité ( C E, Section 1er juillet 2016, Cne., d’Emerainville , 36304, et Synd. D’agglo. Nouvelle de marne-
la Vallée). En revanche, l’ancienne prohibition absolue de vénalité des actes administratifs, notamment de
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certaines autorisations, cédé la place à une admission raisonnée pour quelques-unes d’entre elles ont donc
une valeur et peuvent être cédés (autorisations diverses, droits réels sur le domaine public, cessibilité de licences
administratives, cession de droits à polluer etc…)
La particularité du régime juridique des actes administratifs unilatéraux s’exprime d’abord en ce qui concerne
l’exigence, apparue à l’époque contemporaine, d’un régime démocratique de l’acte administratif (1),
ensuite en ce qui concerne les règles applicables à leur édiction (2), enfin, ce particularisme se révèle
également dans sa pleine acuité s’agissant de leur exécution (3).
DOCUMENT n°2 : Agathe Van Long, Geneviève Gondouin, Véronique Inserguet- Brisset, Acte créateur de
droits / Non créateur de droits, Dictionnaire de droit administratif, 5é édition, Paris,
SIREY, 2008, pp. 9-10.
L’acte créateur de droit entraine la constitution de droits subjectifs normalement définitifs. C’est le cas des
décisions individuelles, dites attributives, telles que les nominations et promotions dans la fonction publique, les
autorisations de construire, de démolir, de se présenter à un concours etc. Elles créent des droits dès leur
signature, avant même la réalisation d’une quelconque publicité. Le caractère créateur ou non créateur de
droit s’apprécie par rapport au destinataire de l’acte, mais aussi, par rapport aux tiers. C’est pourquoi un
acte défavorable peut être créateur de droits, tandis qu’une décision favorable ne l’est pas nécessairement.
Du reste, certaines décisions individuelles ne sont pas créatrices de droits : il en va ainsi des actes précaires et
révocables (autorisation de police, permission de voirie) des actes affectés d’une condition lorsque celles –
ci n’est pas accomplie (C.E, 8juillet 1988. Premier min.c /SAB-DEC, Rec., 280) des décisions déclaratives
ou recognitives, des actes inexistants et des actes obtenus par fraude. La décision du 29 novembre 2002,
Assistance publique- Hôpitaux de Marseille a précisé le régime de ces derniers, qui se distingue nettement de
celui des actes inexistants. Si l’acte frauduleux non créateur de droits « peut être retiré ou abrogé par
l’autorité compéente pour le prendre » à tout moment, elle doit l’appliquer tant qu’il est maintenu. Il peut donc
produire des effets de droit contrairement à l’acte inexistant, « nul et de nul effet », dont ne peut résulter
aucune conséquence, alors même qu’il n’est pas sorti de l’ordonnancement juridique. Les actes qui ne sont ni
réglementaires ni individuels, parmi lesquels la déclaration d’utilité publique, l’arrété de cessibilité ou l’acte
portant délimitation d’une zone, ne sont pas davantage créateur de droits. Concernant les décisions purement
pécuniaires … elles sont désormais « des décisons administratives créatrices de droit au profit de son
bénéficiaire alors même que l’administration avait l’obligation de refuser cet avantage » Une telle décision
ne peut dès lors être retirée après l’expiration d’un délai de quatre mois (CE, Ternon) mais, elle peut être
abrogée si l’intéressé ne remplit plus les conditions pour en béneficier. Toutefois, ne sont pas créatrices de
droits, au terme de l’arrêt Soulier, « les mesures qui, se bornent à procéder à la liquidation de la créance
née d’une décision antérieure. Enfin, il est admis que l’acte réglementaire ne peut créer de droits, en vertu de
l’adage selon lequel « nul n’a de droit acquis au maintien d’un règlement. » Il peut donc être abrogé ou
modifié tout moment. Mais, tant qu’il est maintenu en vigueur, il doit être appliqué (C.E, 3 avril 1968, jardin,
Rec. p.233) sauf s’il est illégal (14 nov. 1968, Ponard). En somme, l’intérêt de la distinction entre acte non
créateur de droits et acte créateur de droits s’observe principalement dans l’application des règles du retrait
et de l’abrogation.
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Document 3 : extrait de Demba SY, Droit administratif, 2ème édition, Dakar, L’Harmattan, p. 265.
Le retrait d’un acte administratif légal est en principe impossible. Il s’agit là d’une jurisprudence constante qui
s’explique non seulement par le principe de non rétroactivité des actes administratif mais également par
celui de l’intangibilité des effets individuels des actes administratifs. Il s’agit d’un principe valable pour les
actes réglementaires et non réglementaires.
Mais, ce principe jurisprudentiel plus rigoureux pour les actes administratifs créateurs de droits, est tempéré
pour les actes administratifs non créateurs de droits.
En plus des cas des actes non créateurs de droits, le Conseil d’Etat a ajouté d’autres exceptions à ce principe.
C’est le cas par exemple lorsque la loi l’autorise, lorsqu’il s’agit du retrait d’une révocation de fonctionnaire,
lorsqu’il s’agit d’un retrait à la demande du bénéficiaire, lorsqu’il s’agit de l’exécution d’une décision de justice.
III/ EXERCICE : dissertation
Les délais dans le retrait des actes administratifs.