L’EXAMEN PSYCHOLOGIQUE POUR ADULTE
Semaine 2
Comment on est arrivé à un test psychométrique standardisé ?
L'émergence des tests psychométriques standardisés est le résultat d'un long
processus historique et scientifique qui a débuté avec le besoin de mesurer
objectivement certaines caractéristiques psychologiques telles que l'intelligence,
les aptitudes et la personnalité.
Voici un aperçu des principales étapes qui ont conduit à l'élaboration des tests
psychométriques standardisés :
1. L'essor de la psychologie scientifique au 19e siècle
- La psychologie a commencé à se développer en tant que science au 19 e siècle,
en parallèle avec d'autres sciences comme la biologie et la physique. Les
chercheurs ont cherché à quantifier et à mesurer les phénomènes mentaux de
manière objective.
- L'un des pionniers dans cette démarche a été Francis Galton (cousin de Charles
Darwin), qui a introduit la notion de mesurer des caractéristiques humaines comme
l'intelligence et les capacités physiques à travers des tests. Il a également développé
des méthodes statistiques pour interpréter ces données.
2. Les premières tentatives de mesure de l'intelligence
- À la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, des chercheurs comme Alfred
Binet et Théodore Simon en France ont développé des tests pour évaluer
l'intelligence des enfants afin de mieux comprendre les besoins éducatifs des
élèves. Leur travail a donné naissance au test de Binet-Simon, considéré comme
l'un des premiers tests d'intelligence moderne.
- Le test Binet-Simon mesurait différentes fonctions cognitives, comme la
mémoire, l'attention, la compréhension, et non seulement les capacités
académiques.
3. Standardisation et normalisation
- Avec l'essor des tests d'intelligence, il est rapidement apparu que pour être
utiles à grande échelle, ces tests devaient être standardisés. Cela signifie que les
tests devaient être administrés de la même manière pour tous les individus, et que
leurs résultats devaient être comparés à une norme.
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Un test psychométrique standardisé est un outil d'évaluation utilisé pour mesurer
des caractéristiques psychologiques spécifiques, telles que les compétences, les
aptitudes, les traits de personnalité, les émotions ou les comportements. Ce type
de test est dit standardisé parce qu'il est administré, scoré et interprété de manière
uniforme pour tous les participants, ce qui permet de comparer les résultats entre
différentes personnes de manière équitable.
Les caractéristiques principales d’un test psychométrique standardisé incluent :
1. Uniformité : Les conditions de passation, les consignes et le temps alloué sont
identiques pour tous les participants.
2. Validité : Le test mesure bien ce qu'il est censé mesurer.
3. Fiabilité : Les résultats sont cohérents et reproductibles à travers différentes
situations et moments.
- Le QI (Quotient Intellectuel), inventé par le psychologue allemand William
Stern, a été l'une des premières méthodes de quantification de l'intelligence, basée
sur les résultats de ces tests standardisés. Il s'agissait d'un score normalisé qui
permettait de comparer les individus les uns aux autres.
- Normalisation (étalonnage) : Les scores des individus sont souvent comparés
à une norme ou un groupe de référence pour interpréter les résultats. Les résultats
du test doivent être interprétés en référence à un groupe de normes, c’est-à-dire un
échantillon représentatif de la population cible. Cela permet de situer le score d'un
individu par rapport à une population de référence.
4. Les qualités d’un test psychométrique
Pour parler d’un test psychométrique standardisé, ceci indique qu’il y a des
qualités c’est-à-dire sont des critères essentiels qui permettent d’évaluer la
pertinence et la fiabilité du test.
Validité
- Validité de contenu : Le test doit bien couvrir l'ensemble des aspects du
concept qu'il est censé mesurer. Par exemple, un test d'aptitude verbale doit inclure
différents types de tâches verbales (vocabulaire, compréhension, etc.).
- Validité de critère : Le test doit être capable de prédire avec précision un
critère externe pertinent. Par exemple, un test de sélection pour un emploi devrait
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être capable de prédire la performance future dans ce travail.
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- Validité de construit : Le test doit bien mesurer le concept théorique qu’il
prétend évaluer, par exemple, l’intelligence, l'anxiété, ou la personnalité.
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Fiabilité
- Fiabilité interne : Les différents items du test doivent mesurer de manière
cohérente le même concept. Cela se vérifie par des analyses statistiques comme le
coefficient alpha de Cronbach.
- Fiabilité test-retest : Le test doit donner des résultats stables lorsqu'il est
administré plusieurs fois à la même personne dans des conditions similaires, sur
une période de temps raisonnable.
- Fiabilité inter-juges : Si le test est évalué par plusieurs examinateurs (juges),
les scores attribués doivent être similaires.
Sensibilité
- Un test psychométrique doit être capable de détecter des différences entre les
individus ou les groupes. Un test trop facile ou trop difficile perd sa capacité à
discriminer les niveaux de compétences ou de traits.
Fidélité
- La fidélité d’un test renvoie à sa capacité à fournir des résultats constants dans
le temps ou à travers différentes situations. Un test fidèle est un test où les
fluctuations dans les résultats ne sont pas dues à l’instrument lui-même mais aux
changements véritables dans le trait mesuré.
- La fidélité d’un test psychométrique, qui correspond à la capacité du test à
donner des résultats constants et stables, peut se mesurer à travers plusieurs
procédés
1. Constance test-retest (Fidélité temporelle) :
- Cela mesure la stabilité des résultats du test dans le temps. Le même test est
administré deux fois à un même groupe de personnes, à des moments différents,
mais dans des conditions similaires. Si les résultats sont similaires lors des deux
passations, cela signifie que le test a une bonne fidélité temporelle. Ce procédé est
particulièrement utile pour évaluer des traits relativement stables (comme la
personnalité).
- Exemple : Si un test d'intelligence donne des résultats similaires lorsque les
participants le passent à une semaine d'intervalle, le test a une bonne constance
test-retest.
2. Homogénéité (Fidélité interne) :
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- L'homogénéité évalue la cohérence entre les différents items d’un test qui sont
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censés mesurer le même concept. Si les items d’un test sont très liés entre eux (par
exemple, ils mesurent tous bien un même trait psychologique), la fidélité interne
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sera élevée. Une mesure couramment utilisée pour évaluer cette homogénéité est le
coefficient alpha de Cronbach.
- Exemple : Dans un test de dépression, si les questions qui évaluent les
symptômes de dépression sont fortement corrélées entre elles, cela montre que le
test est homogène et cohérent dans la mesure de ce concept.
3. Équivalence (Fidélité par formes parallèles) :
- Cela mesure la fidélité en comparant les résultats de deux versions différentes
mais équivalentes d’un même test. Les formes parallèles sont des tests construits
pour mesurer la même chose de manière identique, mais avec des items différents.
Si les résultats obtenus à ces deux versions sont fortement corrélés, cela signifie
que le test a une bonne fidélité par équivalence.
- Exemple : Si une personne obtient des scores similaires en passant deux
versions différentes d’un test d’aptitude verbale, cela indique que les deux versions
sont équivalentes en termes de mesure du concept.
Ces procédés permettent de vérifier que les résultats obtenus à un test ne varient
pas de manière arbitraire, et qu’ils reflètent bien une mesure fiable des
compétences, traits ou capacités psychologiques étudiées.
5. L'apport de la psychométrie
- La psychométrie, ou la science de la mesure psychologique, s'est développée au
cours du 20e siècle grâce à des chercheurs comme Charles Spearman, qui a
introduit le concept de "facteur g" ou facteur général d'intelligence, et Louis
Thurstone, qui a élaboré la théorie des aptitudes mentales primaires. Ces théories
ont conduit à la création de tests psychométriques complexes qui mesuraient non
seulement l'intelligence globale, mais aussi différents aspects des capacités
cognitives.
- Des méthodes statistiques, comme l'analyse factorielle, ont été développées
pour examiner les relations entre les différentes dimensions mesurées par ces tests
et pour s'assurer que les tests mesuraient bien ce qu'ils prétendaient mesurer
(validité) et qu'ils produisaient des résultats cohérents (fiabilité).
Dans un test psychométrique, la normalisation et l'étalonnage sont deux processus
importants qui permettent de donner du sens aux scores obtenus par les individus
en les comparant à une population de référence.
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6. La normalisation et l’étalonnage
Normalisation :
- La normalisation consiste à transformer les scores bruts en une échelle
standardisée afin qu'ils puissent être comparés à une norme, qui est généralement
une distribution statistique comme la courbe normale (distribution gaussienne).
- Cela permet de situer un individu par rapport à la moyenne de la population, et
d'évaluer la dispersion des scores. Par exemple, un score peut être exprimé sous
forme de z-score (qui indique combien d'écarts-types le score brut est au-dessus ou
en dessous de la moyenne de la population).
Étalonnage :
- L'étalonnage consiste à déterminer des catégories de performance ou des
niveaux en fonction de la distribution des scores dans un groupe de référence. Cela
peut se faire en créant des échelles standards (comme des percentiles ou des scores
T) où chaque score est placé dans une classe spécifique.
- Par exemple, un score étalonné de 70 sur une échelle où la moyenne est de 100
pourrait indiquer que l'individu se situe sous la moyenne, tandis qu'un score de 130
indiquerait qu'il est bien au-dessus.
Exemple d'un score après normalisation et étalonnage :
Imaginons qu'un individu obtient un score brut de 50 à un test, et que la population
de référence a une moyenne de 40 avec un écart-type de 10. Après normalisation,
ce score peut être converti en z-score :
- Z = (50 - 40) / 10 = 1
Cela signifie que le score de l'individu est à 1 écart-type au-dessus de la moyenne.
Après l'étalonnage, on pourrait dire que ce score correspond, par exemple, au 85 e
percentile, ce qui signifie que cet individu a un meilleur score que 85 % des
personnes du groupe de référence.
Ces processus permettent donc de mieux comprendre la signification d'un score en
le situant par rapport à une population de référence et en facilitant l'interprétation.
5. Développement des tests psychométriques modernes
- Les tests psychométriques modernes sont le fruit de ces recherches historiques
et scientifiques. Ils sont conçus pour être standardisés, fiables et valides. Ils sont
utilisés dans différents domaines, y compris la psychologie clinique, la
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neuropsychologie, les ressources humaines et l'éducation.
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- Certains des tests psychométriques les plus connus aujourd'hui incluent les tests
d'intelligence comme le WAIS (Wechsler Adult Intelligence Scale) et des tests de
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personnalité comme le MMPI (Minnesota Multiphasic Personality Inventory). Ces
tests sont largement utilisés et ont été soumis à des procédures rigoureuses de
validation et de normalisation pour assurer leur efficacité.
Conclusion
La création des tests psychométriques standardisés résulte d'un long processus
d'évaluation, d'expérimentation et de développement théorique. À travers les
contributions de nombreux chercheurs et psychologues, les tests sont devenus des
outils fiables pour mesurer les aspects mentaux humains de manière objective et
systématique.
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