INTRODUCTION
La civilisation gréco-romaine a profondément marqué l’histoire du
monde occidental. Elle est le berceau de nombreux fondements de notre
culture moderne : démocratie, droit, philosophie, arts, et sciences.
Comprendre les grandes étapes de cette chronologie, c’est plonger au cœur
des racines de l’Europe et de la Méditerranée. Ainsi en quoi les grandes
périodes de l’histoire ont-elles impactées les civilisations Gréco-romaine ?
Nous étudierons d’abord la Grèce antique, en traversant ses principales
périodes, avant de découvrir l’évolution de Rome, depuis sa royauté jusqu’à
l’Empire.
I- LES GRANDES PÉRIODES DE L'HISTOIRE DE LA
GRÈCE ANTIQUE
1- Période archaïque (750-480 av. J.-C.)
La période archaïque de l'histoire grecque s'étend du VIIIe siècle
avant J.-C. à la seconde invasion perse de la Grèce en 480 avant J.-C. Elle
débute par une augmentation massive de la population grecque et une
révolution structurelle qui établit les cités-États grecques, ou polis. L'époque
archaïque voit des développements dans la politique, l'économie, les
relations internationales, la guerre et la culture grecque. Elle pose également
les bases de la période classique, tant sur le plan politique que culturel. C'est
à cette époque que l'alphabet grec se développe et que la plus ancienne
littérature grecque subsistante est composée. La sculpture monumentale et
la poterie à figures rouges se développent également en Grèce, et c'est à
Athènes que les premières institutions démocratiques sont mises en place.
Il existe quelques témoignages écrits de cette époque : poésie, codes de
lois, inscriptions sur des offrandes votives et épigrammes gravées sur des
tombes. Cependant, les récits historiques complets, comme ceux de la
période classique grecque, font défaut. Les historiens disposent cependant
de riches témoignages archéologiques de cette période, qui éclairent notre
compréhension de la vie grecque à l'époque archaïque.
2- période classique (c. 480 – 323 av. J.-C.)
La Grèce classique est une période de 200 ans dans la culture
grecque, qui s'étend du Ve au IVe siècle avant notre ère. Cette période voit
l'annexion d'une grande partie de la Grèce actuelle par l'Empire perse, puis
son indépendance. La Grèce classique exerce également une forte influence
sur l'Empire romain et influence grandement les fondements de la civilisation
occidentale. Une grande partie de la politique, de la pensée artistique et
scientifique, de la littérature et de la philosophie occidentales modernes
trouve son origine dans cette période de l'histoire grecque. La période
classique est précédée par la période archaïque, suivie par la période
hellénistique.
L'essor des cités-États
Le terme « cité-État », d'origine anglaise, ne traduit pas parfaitement
le terme grec « polis » qui désigne ces mêmes entités. Les polis se
distinguaient des cités-États antiques par le fait qu'elles étaient gouvernées
par les corps des citoyens qui y résidaient. Nombre d'entre elles furent
initialement établies, comme à Sparte, via un réseau de villages, avec un
centre de gouvernance établi dans un centre urbain central. À mesure que
la notion de citoyenneté gagna en importance parmi les propriétaires
fonciers, la polis en vint à incarner l'ensemble des citoyens, et le terme
pouvait être utilisé pour décrire la population d'un lieu, plutôt que le lieu
physique lui-même. Les éléments fondamentaux d'une polis comprenaient
souvent les suivants :
Caractéristiques
Autonomie, autonomie et indépendance
Un centre social et un marché financier, appelé agora
Urbanisme et architecture
Temples, autels et autres enceintes sacrées, dont beaucoup seraient
dédiés à la divinité protectrice de la ville
Les espaces publics, tels que les gymnases et les théâtres
Murs défensifs pour se protéger contre l'invasion
Monnaie frappée par la ville.
Cette époque vit l'essor de la démocratie athénienne,
l'épanouissement du théâtre classique et le développement d'écoles
philosophiques fondatrices, comme celles de Socrate, Platon et
Aristote. L'époque classique vit également la guerre du Péloponnèse,
qui entraîna le déclin de la puissance athénienne et l'essor de Sparte.
3- la période hellénistique (323 – 30 av. J.-C.)
La période hellénistique, et l'histoire grecque indépendante ou gréco-
macédonienne, prirent fin en l'an 30 avec la chute du dernier royaume
successeur, celui des Ptolémées d'Égypte, aux mains de Rome. On raconte
que lorsqu'Octave, futur empereur romain Auguste, entra dans la capitale
égyptienne, Alexandrie, il honora le tombeau d'Alexandre le Grand en lui
offrant une couronne d'or et des fleurs. Lorsqu'on lui demanda s'il souhaitait
également voir les tombeaux des Ptolémées, il refusa, affirmant qu'il «
voulait voir un roi, pas des cadavres ». Le nouveau souverain du monde
honorait ainsi avec extravagance le premier souverain du monde, mais il
avait raison. En un sens, Alexandre était resté en vie, tandis que d'autres
mouraient. Les Grecs de la période hellénistique continuèrent de vivre dans
l'ombre d'Alexandre. Ce sont ses ambitions qui avaient jeté les bases du
nouveau monde, et son esprit persistait dans sa quête constante et souvent
brillante de nouveaux horizons.
Cette période a commencé avec la mort d'Alexandre le Grand et a vu
l'essor de nouveaux royaumes hellénistiques, y compris ceux dirigés par ses
successeurs.
La culture grecque s’est largement répandue sur les vastes territoires
conquis par Alexandre et ses généraux.
La recherche scientifique connut un essor considérable, notamment à
Alexandrie, en Égypte, qui devint un important centre d’apprentissage.
La période hellénistique s'achève avec la conquête romaine de la
Grèce en 146 av. J.-C. Cette période s'étend de la mort d'Alexandre à la
conquête romaine de la Grèce ; c'est l'époque où les monarchies
hellénistiques régnaient sur des territoires précédemment conquis par
Alexandre et ses généraux. Certains historiens la situent à 30 av. J.-C., avec
la mort de Cléopâtre VII, dernière souveraine d'Égypte encore en vie et
descendante d'un général d'Alexandre. Le reste de ce chapitre sera
consacré à l'examen plus approfondi de chacune de ces périodes, en
abordant les principaux développements politiques, militaires et culturels.
Après la mort d'Alexandre le Grand, son vaste empire se fragmenta
en royaumes hellénistiques, favorisant les échanges culturels entre les
cultures grecque et non grecque. Cette période vit la poursuite de la
recherche philosophique, avec notamment l'émergence du stoïcisme et de
l'épicurisme, et des avancées significatives en sciences et en
mathématiques.
Héritage:
Les réalisations de la Grèce antique ont eu une influence profonde.
Ses idéaux démocratiques, ses concepts philosophiques, ses styles
artistiques (notamment en architecture et en sculpture) et ses recherches
scientifiques continuent de façonner la pensée et la culture occidentales.
Des principes de l'architecture classique à l'héritage de la démocratie
grecque, l'impact de cette époque demeure considérable.
II- L’ÉVOLUTION DE LA ROME ANTIQUE
1. Rome sous la royauté (753 – 509 av. J.-C.)
Selon la légende, Rome fut fondée en 753 av. J.-C. par Romulus.
Pendant cette période, Rome est gouvernée par des rois, sept selon la
tradition, mêlant figures mythiques et historiques. La monarchie est marquée
par la formation des premières institutions politiques, la mise en place d’un
droit coutumier, et le début de l'expansion territoriale. Le dernier roi, Tarquin
le Superbe, est chassé en 509 av. J.-C., ce qui ouvre une nouvelle ère : celle
de la République.
2. La République romaine (509 – 27 av. J.-C.)
La République repose sur un système complexe de magistratures,
d’assemblées et de sénat. Le pouvoir est partagé entre différents corps
politiques pour éviter le retour d’une monarchie. Rome s’affirme comme une
puissance militaire, conquérant progressivement l’Italie puis s’imposant sur
tout le pourtour méditerranéen à travers des guerres célèbres, comme les
guerres puniques contre Carthage. Cependant, les conflits sociaux, les
guerres civiles et l’ambition de certains généraux comme Jules César
fragilisent la République.
3. L'Empire romain (27 av. J.-C. – 476 ap. J.-C.)
En 27 av. J.-C., Octave, fils adoptif de César, devient Auguste, le
premier empereur. Il inaugure le Principat, marquant la fin de la République
et le début de l’Empire. Cette période est celle de la "Pax Romana", une
longue période de paix relative et de prospérité. Rome atteint alors son
apogée territorial et culturel. L'Empire dure plusieurs siècles, mais
progressivement, il est miné par les crises politiques, économiques, et
militaires. En 476, l'Empire romain d’Occident tombe avec la déposition du
dernier empereur, Romulus Augustule.
CONCLUSION
La chronologie gréco-romaine illustre la naissance, la grandeur, et la
transformation des deux civilisations qui ont façonné durablement le monde
méditerranéen et au-delà. La Grèce, par son apport philosophique, artistique
et politique, et Rome, par son génie juridique, administratif et militaire,
laissent un héritage immense. Aujourd'hui encore, nos sociétés modernes
continuent de s’inspirer de ces modèles antiques.