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Revue de Peche Au Cameroun

Ce rapport technique présente une analyse sectorielle de la pêche artisanale maritime au Cameroun dans le cadre du Programme de Développement Intégré des Pêches Artisanales en Afrique de l'Ouest. Il aborde les caractéristiques du secteur, les méthodes de valorisation, ainsi que les politiques et programmes de développement, tout en identifiant les contraintes et opportunités pour le secteur. L'objectif est de fournir des indicateurs pour le suivi socio-économique de la pêche artisanale maritime.

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Revue de Peche Au Cameroun

Ce rapport technique présente une analyse sectorielle de la pêche artisanale maritime au Cameroun dans le cadre du Programme de Développement Intégré des Pêches Artisanales en Afrique de l'Ouest. Il aborde les caractéristiques du secteur, les méthodes de valorisation, ainsi que les politiques et programmes de développement, tout en identifiant les contraintes et opportunités pour le secteur. L'objectif est de fournir des indicateurs pour le suivi socio-économique de la pêche artisanale maritime.

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FAO LIBRARY AN: 343455

D PA-Ç PROC E POUR LE DÉVELOPPEMENT INTÉGRÉ DES


PÊCHES MTISANALES EN AFRIQUE DE L'OUEST

DAF

PROAMME E DIPA

Rapport technique N 48 juin 1993

Revuic sectozieRe de la che


trtisanaIe manlime au Cmemun

Mauritanie
Sénégal
Cap-Vert
Gamble
Guinée Bissau
o
Guinée
Sierra Léone
Libéria
Côte d'ivoire Guinée Equatoriale
Ghana Gabon
Togo São Tomé et Principe
Bénin Congo
Nigéria Zaire
14 Canieroun Angola

DANIDA tEPI\TEMENT DE COOPERATION ET DU DEVELOPPEMENT INTERNATIONAL DU DANEMARK

ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE


4
Rapport technique N 48 juin 1993

Revuic sectozieRe de la che


trtisanaIe manlime au Cmemun

par

Moustapha Kébé
Economiste CRODT/ISRA

Jean Calvin Njock


Biologiste des pêches IRZV
&
Jean Gallòne
Technologiste des pêches DIPA

ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE


Cotonou, juin 1993
Les appellations employées dans cette publication et la présentation des
données qui y figurant, n'impliquent de la part de l'Organisation des Nations
Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture aucune prise de position quant au
statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités ni
quant au tracé de leurs frontières ou limites.

La référence bibliographique de ce document est:

Kébé, M., Njock J.C. et Gallène J.- Revue sectorielle de la pêche artisanale maritime au
1993 Cameroun. Programme de Développement Intégré des Pêches Artisanales
en Afrique de l'Ouest (DIPA). 30 p. + annexes, DIPA/VP/48

Projet DIPA
FAO
B.P. 1369
Cotonou, République du Bénin

Télex: 5291 FOODAGRI Fax: (229) 33.05.19 Tél: (229) 33.09.25


ACRONYMES

BAD : Banque Africain de Développement


BEAC : Banque des Etats de FAfrique Centrale
CAC : Credit Agricole du Cameroun
CEE : Communauté Economique Européenne
CDPM : Caisse de Développement de la Pêche Maritime
COREP Comité Regional du Golf de Guinée
COPACE : Comité des Pêches pour l'Atlantique Centre-Est
C' PI : Centre (canadien) de Recherches pour le Développement International
CRODT Centre de Recherches Océanographiques de Dakar-Thiaroye
CROHL Centre de Recherches Océanographiques et Halieutiques de Limbé
DAG Direction de l'Administration Générale
DEPF Direction des Etudes, des Projets et de la Formation du MINEPIA
DIPA Programe de Développement Intégré des Pêches Artisanales en Afrique
de l'Ouest
DIRPECH : Direction des Pêches
DS : Direction de la Statistique (MINPAT)
DSV : Direction des Services Vétérinaires
DPA : Direction de Productions Animales
EPIA : Elévage, pêches et Industries Animales
FAO : Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture
FCFA Franc de la Communauté Financière Africaine
FNE : Fonds National pour l'Emploi
FONADER : Fond National pour le Développement Rural
ISRA : Institut Sénégalais de Recherches Agricoles
IRZV : Institut de Recherches Zootechniques et Vétérinaires
MIDEPECAM : Mission de Développement de la Pêche Artisanale Maritime
MIINEPIA Ministère de l'Elevage, des Pêches et des Industries Animales
MINPAT : Ministère du Plan et de l'Aménagement du Territoire
MINREST : Ministère de la Recherche Scientifique et Technique
PAS : Programme d'Aj ustement Structurel
P113 Produit Intérieur Brut
SOWEDA South West Development Authority
S' OK : Station de Recherches Halieutiques et Océanographiques de Kribi
SRHOL : Station de Recherches Halieutiques et Océanographiques de Limbé
TJB : Tonnage de Jauge Brute
ZEE : Zone Economique Exclusive
AVANT-PROPOS

La présente étude rentre dans le cadre des activités du Programme de Développement


Intégré des Pêches en Afrique de l'Ouest (DIPA), notamment le volet relatif à la mise en place
d'une méthodologie appropriée pour le suivi socio-économique de la pêche artisanale maritime.

Elle a été réalisée par une équipe composée d'un économiste (chef de mission), d'un
biologiste et d'un technologiste des pêches. La mission a séjourné au Cameroun du 20 mai au
04juin 1993.

L'objectif du travail est l'analyse sectorielle de la pêche artisanale maritime camerounaise


(importance du sous-secteur dans l'économie nationale) en vue d'identifier quelques indicateurs
quantitatifs et qualitatifs qui permettront dans l'avenir de mesurer l'évolution du sous-secteur.
Outre les enquêtes de terrain, le travail s'appuie sur la documentation existante, notamment les
communications au séminaire national sur les politiques et la planification des pêches et de
l'aquaculture organisé à Yaoundé du 16 au 20 septembre 1991 (cf. bibliographie).

L'équipe tient à remercier la Représentation de la FAO à Yaoundé et toutes les personnes


rencontrées sur le terrain (responsables des institutions impliquées dans le sous-secteur,
professionnels, voir liste en annexe I) pour l'aide, le soutien et les précieux renseignements
fournis.

Après une présentation des principales caractéristiques du secteur des pêches maritimes
(ressource, techniques de pêche, opérateurs économiques et captures), sont analysées les
méthodes de valorisation du poisson (traitement, conservation et commercialisation). L'examen
de la politique et du plan de développement national a permis de passer en revue les
principaux programmes et projets de développement ainsi que les structures administratives
et les institutions de recherche impliquées. Enfin l'analyse des contraintes et opportunités pour
le développement du sous-secteur débouche sur l'identification des principaux indicateurs
socio-économiques retenus pour le suivi par l'Administration des pêches.

Ce travail n'est pas une fin en soi. Il se veut plutôt un premier élément dans l'élaboration
d'un réel outil de suivi permanent du sous-secteur de la pêche artisanale maritime au
Cameroun. C'est dans cette optique que le programme DIPA espère qu'il sera utilisé.
111

so \.

Page

1. Principales caractéristiques du secteur


1.1. Le milieu physique
1.2. Les ressources i
1.2.1. Les crustacés
1.2.2. Les ressources ichtyologiques 2
1.3. Les campagnes océanographiques 2
1.4. La pêche artisanale 2
1.4.1. Les embarcations 3
1.4.2. Les engins et techniques de pêche 4
1.4.2.1. La senne tournante et coulissante 4
1.4.2.2. Le filet maillant encerclant 4
1.4.2.3. Le filet maillant calé de fond 4
1.4.2.4. Le filet maillant dérivant de surface 5
1.4.2.5. Le filet maillant dérivant de fond 5
1.4.2.6. La senne de plage 5
1.4.2.7. Le chalut remorqué à pied 5
1.4.2.8. Les lignes à main 5
1.4.2.9. Les palangres de fond 5
1.4.3. Les opérateurs économiques 6
1.4.3.1. Les pêcheurs étrangers 6
1.4.3.2. Les pêcheurs camerounais 7
1.4.4. La production débarquée par les pirogues 7
1.5. La pêche industrielle 7

2. Traitement et conservation du poisson 9


2.1. Traitement 9
2.2. Conservation 10

3. Commercialisation des produits de la pêche 10


3.1. Marché intérieur 10
3.2. Marché à l'exportation 11

4. Politique et plan de développement national 12


4.1. Procédures de planification 12
4.2. Personnel 13
4.3. Principaux objectifs du plan de développement 13
4.4. Politiques de développement 13
iv

5. Principaux programmes et projets de développement 16


5.1. Projet passé: plan de développement des pêches et de l'aquaculture 16
5.2. Programmes et projets en attente de financement 17
5.2.1. Mission de développement de la province du Sud-Ouest 17
5.2.2. Projet soumis à la Chine 17
5.2.3. Programmes et projets identifiés dans l'ébauche de plan directeur . 18
5.2.3.1. Support à la gestion et à l'aménagement des pêcheries . 18
5.2.3.2. Développement des pêches de capture 18

6. Structures administratives et institutions de recherche 18


6.1. L'Administration des pêches 18
6.2. Les organismes d'appui au secteur 19
6.2.1. Mission de développement de la pêche artisanale maritime 19
6.2.2. Caisse de développement de la pêche maritime 20
6.3. Institutions de crédit 20
6.4. Institutions de formation et de recherche 21
6.4.1. La recherche halieutique et piscicole 21
6.4.2. Formation 22
65. Institutions régionales 22

7. Opportunités et contraintes pour le développement du secteur 23


7.1. Contraintes 23
7.1.1. Facteurs écologiques 23
7.1.2. Facteurs socio-culturels 23
7.1.3. Facteurs institutionnels 24
7.11.4. Facteurs économico-financiers 24
7.2. Opportunités 24
7.2.1. Etat de la ressource et nouvelles technologies de pêche 24
7.2.2. Formation des pêcheurs 25
7.2.3. Amélioration des méthodes de traitement du poisson 25
7.2.4. Promotion des petites et moyennes entreprises de pêche 25

8. Suivi socio-économique des performances de la pêche artisanale 26


8.1. Mise en place d'un suivi régulier des statistiques de pêches 26
8.2. Principaux paramètres à actualiser 27
8.3. Synthèse 30

Références bibliographiques 31

Liste des Figures


Figure 1.- Importance relative des ressources camerounaises 1

Figure 2.- Répartition du parc piroguier en 1987 au Cameroun 4


Figure 3.- Pêcheurs artisans présents au Cameroun en 1987 6
Figure 4.- Evolution du nombre de bateaux industriels camerounais 8
Figure 5.- Evolution comparative des débarquements de la pêche
industrielle et des importations de poisson au Cameroun 9
Figure 6.- Evolution du produit intérieur brut camerounais 15
Figure 7.- Evolution du budget camerounais 15
V

Liste des Tableaux


Tableau 1.- Principales espèces ichtyologiques exploitées par la pêche
camerounaise 35
Tableau 2.- Quelques campagnes scientifiques réalisées sur le plateau
continental camerounais 36
Tableau 3.- Evolution des rendements en crevettes et poissons
des unités de pêche industrielle 36

Carte: Réseau hydrographique de la côte camerounaise 37

ANNEXE 1: Personnes rencontrées 38


ANNEXE 2: Organigramme du MINEPIA 41

Liste des rapports du DIPA 42


i

1. Pnncipales caractérisliques du secteur

1. L Le milieu physique

La côte camerounaise fait partie du secteur central du Golfe de Guinée (baie de Biafra).
Elle s'étend sur environ 360 km entre le Nigéria (4°40'N) et la Guinée Equatoriale (2°20'N)
et est entrecoupée par un riche réseau hydrographique comprenant plusieurs systèmes fluviaux
dont les plus importants sont représentés par le Rio dei Rey, la Bimbia, ia Rivière Cameroun,
la Sanaga et le Nyong (cf. carte).

Ces fleuves se jettent dans la mer par une large zone d'estuaires occupant les deux tiers
du littorà!. Le plateai.i continental, d'une largeur de 20 milles, est recouvert par une masse
d'eau chaude (T°>25°C) et dessalée (S°/00<35°/00) d'une épaisseur de 20 à 30 m variable
suivant les endroits et les saisons. Cette couche d'eau superficielle repose sur une couche
profonde froide et salée par l'intermédiaire de la thermocline (Berrit, 1961 et 1966, Crosnier,
1964). Les apports terrigènes charriés par les cours d'eau constituent l'élément principal pour
l'enrichissement du milieu. Les espèces faisant l'objet d'une exploitation commerciale sont
réparties dans la bande côtière sur les fonds de moins de 50m (Crosnier, 1964, Njock, 1990).

1. 2. Les ressources (figure 1)

1.2.1. Les crustacés

Figure 1.- Importance relative des ressources halieutiques camerounaises

Panaeides (2 %)
N. hastatus (16%)

Démersales (19%)

Pélagiques (63 %)

Ils sont principalement représentés par des espèces de crevettes se différenciant aussi
bien par leur répartition bathymétrique que par leur cycle migratoire. Ainsi, on distingue de
la côte vers le large:
a) Nematopa/aemon hastatus ou crevette d'estuaire ou njcmga. C'est i.me espèce de petite
taille (longueur maximale de 7 cm), exploitée exclusivement par la pêche artisanale sur
les fonds de 4-6m. Sa production potentielle est estimée à 15.000 t/an (SCET,1980).
2

Penaeus kerathurus ou crevette tigrée. Elle est localisée près des estuaires. Peu
abondante, elle semble présenter en mer une concentration maximum vers 12 m. Les
jeunes effectuent leur croissance dans les eaux saumâtres des lagunes et des estuaires.
Cette espèce peut atteindre 21 cm.
Parapenaeopsis atlantica. Cette espèce dont la longueur maximum est de 16 cm, est
strictement localisée dans les eaux dont la température est comprise entre 24°C et 29°C
et la salinité inférieure à 35°Ç. Ainsi au Cameroun, on ne la rencontre pas au-delà des
fonds de 30 m. Elle effectue entièrement sa croissance en mer et pénètre rarement dans
les lagunes ou en eaux saumâtres.
Pencieus notiauis. En baie de Biafra, cette espèce essentiellement concentrée sur les
fonds de 30 à 60 m, peut se rencontrer occasionnellement dans les captures effectuées
sur les profondeurs de 10 à 80 m. La croissance des stades juvéniles a lieu en estuaires
ou en lagunes et celle des stades adultes en mer où ils constituent la cible des
crevettiers de pêche industrielle. P. notialis atteint une longueur de 21 cm et a une
durée de vie de 18 mois environ.

La production potentielle du stock de crevettes (abstraction faite de N. hastatus) serait


de 500-1.000 t/an (Ssentongo et Njock, 1987). Ce stock est exploité essentiellement par la
pêche industrielle, les captures artisanales étant marginales.

1.2.2. Les ressources ichtyologiques

La faune ichtyologique montre une nette prédominance des espèces pélagiques


(sardinelles et etmaloses) qui sont exploitées par la pêche artisanale. Leur production
potentielle est estimée à 40 000 t/an (SCET, 1980). Les démersales sont exploitées aussi bien
par la flottille artisanale qu'industrielle. Leur production potentielle serait de 8000-12 000 t/an
(Ssentongo et Njock, 1987). Les principales espèces rencontrées sont récapitulées dans le
tableau 1.

1. 3. Les campagnes océanographiques

Les campagnes océanographiques qui ont été réalisées dans les eaux camerounaises
datent de plusieurs dizaines d'années (Van Der Knaap, 1985). Les estimations de biomasse
effectuées figurent dans le tableau 2. Effectuées à bord de gros bateaux, elles n'ont pas
prospecté les zones franchement côtières où les espèces sont distribuées préférentiellement.
Dès lors les résultats ne peuvent être considérés que comme indicatifs, les évaluations de la
biomasse potentielle devant faire l'objet d'une actualisation.

1.4. La pêche artisanale

Répartie sur l'ensemble de la côte, la pêche artisanale camerounaise se pratique


généralement dans la zone des 2 milles. Elle est concentrée en grande partie dans les estuaires,
les criques et la zone côtière, sur les fonds de moins de 20 m. C'est la principale occupation
des populations rurales de la zone littorale.

Près de 200 villages et campements de pêcheurs ont été répertoriés dans les
départements côtiers (Ndian, Fako, Wouri, Sanaga Maritime et Océan) lors de l'enquête-cadre
effectuée en 1987 par la MIDEPECAM. Ce sont à la fois des points de débarquement,
3

également des ports d'attache où se fait le ravitaillement en denrées de première nécessité, des
centres de traitement des produits (fumage) et des lieux de construction et de réparation des
pirogues. Dans l'ensemble, ils sont permanents mais difficiles d'accès.

1.4.1. Les embarcations

Les embarcations utilisées sont des pirogues motorisées ou non. Selon la puissance du
moteur utilisé, la législation camerounaise distingue la pêche artisanale ou traditionnelle
(pirogue non motorisée ou moteur de puissance inférieure à 30 cv et la pêche semi-industrielle
(moteur de puissance supérieure à 30 cv). Dans la présente étude, le terme pêche artisanale
désigne ces deux appellations.

J2a majorité de la flottille de pêche artisanale camerounaise est composée de trois types
de pirogues:
les monoxyles de petites tailles (3,50 m à 6,50 m environ);
les grandes pirogues monoxyles importées du Ghana pouvant atteindre 17 m et plus
de longueur et utilisées surtout pour la pêche à la senne tournante et coulissante
(w arsa);
la pirogue nigériane en planches, populaire mais manquant certainement de stabilité
de forme. Construites sur place, ces pirogues ne nécessitent pas de rivets pour
l'assemblage des bordés mais d'agrafes, "clamps" faites soit à partir de clous d'acier ou
plus communément de fils de cuivre (câbles électriques de récupération) coupés par
segments d'environ 10 cm de long pour un diamètre de 2 à 2,5 mm.

Il faut signaler les différences souvent notées entre les pirogues monoxyles classiques
c'est-à-dire simples troncs d'arbres et celles améliorées, rehaussées par une petite planche. Il
en résulte une augmentation minime de la profondeur et de la largeur de l'embarcation par les
hauts, et protégeant un peu la partie supérieure des côtés, sans que l'on puisse parler d'une
quelconque influence sur ses performances globales.

Toutefois, on rencontre sur l'ensemble de la côte camerounaise, les sept types de


pirogues déjà mentionnés par SECK (1987).

Le nombre de pirogues en activité sur le littoral camerounais est mal connu. L'enquête-
cadre de 1987 a permis de dénombrer 5.243 pirogues concentrées surtout dans les
départements de Ndian (32 % ), Wouri (22 %) et Fako (23 %) (figure 2).

Pour l'ensemble de la flotte, le taux de motorisation n'est que de 37 %. Ce sont


généralement des moteurs de puissance comprise entre 8 et 15 cv. Les unités de senne
tournante font appel à des moteurs plus puissants (25 ou 40 cv). Certaines techniques de pêche
ne nécessitent pas l'utilisation d'un moteur (cas de la pêche crevettière d'estuaire).
4

Figu 2.- Répartition du parc piroguier recensé en 1987 au Cameroun


(Source : MIDEPECAM)

1.4.2. Les engins et techniques de pêche

1.4.2.1. La senne tournante et coulissante (watsa)

La longueur de ce filet est de 400 à 800 mètres avec une profondeur de travail variant
entre 30 à 50 mètres selon les unités. Originaire du Ghana, cette technique est surtout utilisée
par les grandes pirogues de 14 à 20 m, classées selon la législation camerounaise dans la
pêche semi-industrielle. Elle permet surtout la capture de petits pélagiques (sardinelles,
ethmaloses, petits thonidés et espèces associées). Le nombre de pêcheurs embarqués varie
entre 12 à 18.

1.4.2.2. Le filet maillant encerclant.

Cet engin et utilisé dans les zones de faible profondeur où la ralingue supérieure reste
en surface pendant que la ralingue inférieure touchant le fond au moment de l'opération,
permet la capture de bancs de poissons repérés à l'avance. L'efficacité en est accrue par des
coups de pagaie sur l'eau, "battue", afin d'augmenter le maillage des poissons. Les espèces
capturées sont variables: ethmaloses, sardinelles, mulets. Il peut être parfois opéré à partir
d'une pirogue monoxyle non motorisée dans les estuaires.

1.4.2.3. Le filet maillant calé de fond.

Le poids du lest de la ralingue inférieure étant supérieur à la flottabilité de l'ensemble,


le filet se pose sur le fond où il est retenu à l'aide de lests additionnels à ses deux extrémités
en général, soit également par des grappins ou des ancres. Il peut varier énormément en terme
5

de maillage et grosseurs de fils selon les espèces démersales ciblées (bossu, bar, sole, dorade
grise, gros capitaine).

1.4.2.4. Le filet maillant dérivant de surface.

Destiné essentiellement à la capture des espèces pélagiques, cet engin étant fixé à
l'embarcation, l'ensemble dérive de concert pendant quelques heures (pêche de nuit). Les
espèces capturées sont surtout les ethmaloses et les sardinelles.

1.4.2.5. Le filet maillant dérivant de fond

Il utilise le même principe que le filet dérivant de surface, mais il est conçu pour
pêcher les espèces démersales (bossus, capitaines, bars et espèces associées).
Les unités de pêche utilisant ces différents filets maillants embarquent à bord 3 ou 4
pêcheurs.

1.4.2.6. La senne de plage

Appelée communément "tirez-tirez" sur la côte camerounaise, la senne de plage est


utilisée avec ou sans poche. Elle fait appel en général à une pirogue monoxyle de 6 à 7 mètres
servant à son déploiement et à l'encerclement du banc de poisson. Elle est ensuite halée à terre
à l'aide de 6 à 8 hommes sur chaque cordage de halage/aile. Les espèces couramment pêchées
sont les juvéniles de bars, petits capitaines, sardinelles et ethmaloses.

1.4.2.7. Le chalut remorqué à pieds.

Il est utilisé près des rives et dans les estuaires, de nuit pour la capture des crevettes
juvéniles de Penaeus notialis. Poussé par deux hommes (un de chaque côté), ce filet a une
largeur de 7,5 m pour un maillage étiré de 20 mm et parfois moins, dont l'ouverture verticale
est assurée par des pieux de bois de deux mètres de haut. Il faut noter que cette pêche
représente une activité marginale sur l'ensemble de la côte camerounaise.

1.4.2.8. Les lignes à main.

Généralement en monofilament, les palangrottes sont utilisées aussi bien pour la pêche
de sub-surface (petits thonidés, barracudas, et autres poissons pélagiques) que pour la pêche
démersale (carpes rouges, mérous et autres espèces associées). La sardinelle et la crevette sont
couramment utilisées comme appât.

1.4.2.9. Les palangres de fond.

Montée à partir d'une ligne mère en kuralon câblé de 2 mm de diamètre, la palangre


de fond est dotée d'avançons de 15 à 25 cm de long en monofilament de diamètre variable,
espacés de 3 m environ. Une pirogue monoxyle de 6 à 7 mètres de long, souvent avec un seul
pêcheur à bord, peut travailler avec 400 à 600 hameçons par jour. Les espèces recherchées
sont les carangidés, les raìes, les machoirons, les capitaines et autres espèces associées. L'appât
utilisé est souvent de la sardinelle mais également des crevettes jugées plus efficaces.
6

On peut noter l'existence de nombreux autres engins employés au Cameroun en


méthodes actives ou passives: barrages faits de barrières de branchages, filets barrières guides,
éperviers, filets soulevés à crevettes, filets à l'étalage et autres pièges divers.

1.4.3. Les opérateurs économiques

Les enquêtes-cadres de 1985 et 1987 ont permis de dénombrer respectivement 14.874


et 18.615 pêcheurs. On peut penser que le nombre de pêcheurs artisans en activité au
Cameroun est compris entre 15.000 et 20.000 compte tenu des difficultés d'accès à certains
campements, des pêcheurs étrangers ayant cherché à éviter les recensements, des pêcheurs
absents et des pêcheurs occasionnels. Près de 82 % des pêcheurs présents sont des nigérians,
15 % de camerounais. Le reste est constitué essentiellement de béninois, d'équato-guinéens et
de ghanéens (figure 3).

1.4.3.1. Les pêcheurs étrangers

Figuve 3. - Pêcheurs artisans présents au Cameroun en 1987


(Source: MIEDEPECAM)

7000

6000 -
Camerounais
5000 ± Nigérians

o LI Autres étrangers
'w 4000 +
w

w 3000 --
E
zo 2000 -

1000 H-

Ndiari Fako Wouri Sanaga Océn


M a riti me

Ils pratiquent la pêche pendant toute l'année n'observant qu'une courte trêve d'un à deux
mois pendant la saison des pluies (août) et les fêtes de fin d'années qu'ils passent généralement
dans leur pays d'origine (Njock, 1986). Certains s'établissent avec leur famille, dans une
localité précise qui est leur village d'attache, non loin des frontières. Parmi la population des
pêcheurs étrangers il convient de distinguer deux catégories de professionnels:
- les armateurs, responsables de la gestion de l'unité de pêche (recrutement et
hébergement de l'équipage, comptabilité);
7

les pêcheurs qui sont recrutés sur place ou à partir de leur pays d'origine. Ils travaillent
sur la base d'un contrat dont la durée peut aller jusqu'à cinq ans pour la senne
to urn ante.

1.4.3.2. Les pêcheurs camerounais

Certains pêcheurs nationaux habitent le bord de mer (Fako, Océan et Wouri) et ne


consacrent qu'une partie de leur temps à la pêche. Dans bien des cas cette dernière est une
activité de subsistance. D'autres viennent de l'arrière pays (Sanaga Maritime) où ils pratiquent
une pêche continentale et l'agriculture entre deux saisons de pêche en mer. La campagne dure
de 6 à 8 mois (Ngoma et Falardeau, 1978). Les pêcheurs sont recrutés au niveau des ville ou
villages avoisinants (Douala et Edéa) par un chef d'équipe propriétaire d'engins de pêche ou
travaillant pour un armateur (fonctionnaire, commerçant ou employé salarié).

1.4.4. La production débarquée par les piroguiers

Il n'existe pas de statistiques fiables sur la production de la pêche artisanale. Selon la


Direction de Pêches (DIRPECH), l'essentiel des prises débarquées par les pirogues est
constitué de pélagiques (70 à 80 %). Cette part est estimée à 32.000 t par SCET (1980) sur
un total annuel de 55 000 tonnes. Pour une production annuelle de 63.000 t, les pélagiques
représenteraient selon Corsi (1991) 45.000 t. Les espèces exploitées sont essentiellement
Sardinel/a made rensis et Eihm alosa fim b nata.

La production démersale concerne les crevettes d'estuaire (Nematopalaemon hastatus)


avec 15.000 t/an et les poissons de fond (5.000 à 8.000 t/an) dont les plus représentés sont
le bossu (Pseudotolithus elongatus) et le bar (Pseudotolithus typus).

L'ethmalose, la sardinelle, la crevette d'estuaire et le bossu peuvent être considérés


comme les espèces cibles des unités de pêche artisanale.

1.5. La pêche industrielle

La première tentative de pêche industrielle au Camerou.n a eu lieu en octobre 1912 avec


la mise en exploitation à Douala d'un voilier allemand. Après quelques expériences timides
en 1951-1952 (une pinasse armée par l'Administration, puis 3 chalutiers) et en 1960 (9
chalutiers en activité), la pêche industrielle n'a connu son véritable développement qu'à partir
de 1970, année pour laquelle 35 chalutiers ont été mis en service (figure 4). Une dizaine de
ces bateaux pêchaient la crevette. Dés 1973, la baisse des rendements de cette espèce cible
a été à l'origine de la reconversion des crevettiers en poissonniers. La tendance a été inversée
en 1982 avec l'arrivée de nouveaux armements.
8

Figui 4.- Evolution du nombre de bateaux industriels camerounais


(Source : SPIIDIRPECHJMIINEPIA)

40 i-
35 .4-

E
zo 15

D - (N C') t (D (O N- CO C) C) - (N CO LU (D N- C) C) C) - (N C') LU (D N- (D C) D - (N
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Les armements sont des sociétés de droit camerounais ayant en principe leur bureau au
Cameroun. Mais à partir de 1990-199 1, l'on assiste à une prolifération de sociétés prête-noms
dont 6 sont en fonction en 1993. Les partenaires camerounais sont détenteurs d'agrément et
de licences alors que leurs associés, propriétaires des navires, sont installés à l'étranger où la
quasi totalité de la production est débarquée sans aucune déclaration. L'arrivée de ces
nouvelles sociétés agréées disposant de navires de pêche hauturière a coincidé avec la
signature d'un accord de pêche avec le Sénégal le 19/02/1991. L'accord de pêche avec la
Guinée Equatoriale date du 26/11/1981. Mais ce pays a demandé récemment (mai 1993) à la
partie camerounaise la transformation de cet accord de réciprocité en un accord de
compensation

L'effectif des navires enregistrés en 1992 (36) ne traduit pas la réa1té. En effet parmi
les 50 unités qui ont effectivement travaillé sur les côtes camerounaises, 14 ont débarqué leur
production à l'étranger.

De l'ordre de 3.000 tonnes en 1960, la production de la pêche industrielle progresse


régulièrement et atteint 23.000 t en 1972 (figure 5). Après une période relativement stable
entre 1973 (2 1.000 t) et 1983 (20.000 t), elle diminue continuellement. Dès 1987, elle se situe
en dessous de 10.000 t/an. Représentant 12 % des débarquements, les apports de crevettes
varient entre 1.800 et 2.400 t/an de 1960 à 1977. Puis ils baissent sensiblement pour atteindre
500 t/an en 1981, soit 2 à 5 % de la production totale. Depuis 1988, ils oscillent autour de
1.000 t/an.
9

Figui Evolution comparative des débarquements de la pêche industrielle et des


5.-.
importations de poisson au Cameroun (Source : SPI/DIRPECH/MINEPIA)

90000
J
80000 J

70000 +
Q)

o
60000 / LII Importations

Prod. Tot
50000
'D
11111 Crevettes
40000
ìI P. congelé
30000
o P frais
20000

10000
-
O
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Les rendements en crevettes et en poissons ont connu la même baisse que les captures
(tableau 3). Cette évolution est liée à quatre phénomènes:

la surexploitation des ressources (le taux d'exploitation des principales espèces


commerciales dépasse 0,5);
la vétusté des navires (la moyenne d'âge des bateaux est supérieure à 10 ans);
le débarquement d'une partie de la production hors du Cameroun;
les pêches frauduleuses effectuées par des navires de certains pays étrangers.

2 Traitement et conservation du poisson

2. 1. Traitement

Le traitement du poisson est très répandu au Cameroun du fait du manque


d'infrastructures de commerce du poisson frais. Loin d'être une activité marginale, la
transformation artisanale des produits halieutiques absorbe d'importantes quantités débarquées
par les piroguiers et du poisson congelé importé, soit 75 à 80 %. Elle donne ainsi lieu à une
importante industrie qui utilise une main d'oeuvre nombreuse, notamment féminine.

Les techniques les plus répandues sont le fumage et le séchage. Elles restent
rudimentaire sur presque tout le pays. Leur utilisation est déterminée avant tout par les
conditions naturelles.

Le fumage s'adapte aux conditions de température et d'hygrométrie du littoral et des


zones forestières. Il concerne particulièrement l'ethmalose (bonga) et la sardinelle (b//o/o). Le
'o

procédé consiste en réalité à une cuisson du poisson étalé sur un feu de bois ouvert sous une
claie à environ an mètre du sol.

Le séchage est pratiqué au nord en raison des conditions climatiques favorables (région
chaude, ensoleillée et de faible hygrométrie).

2.2. Conservation

La congélation par méthode lente (2 à 3 jours) constitue le principal système utilisé


pour les produits destinés au marché intérieur. Le poisson frais débarqué par la pêche
artisanale est conservé à bord de pirogues de transport dans de vieux congélateurs domestiques
avec de la glace. Cette technique relativement récente est développée principalement dans la
province du Littoral. Des commerçants fréquentant régulièrement le débarcadère de Youpwé,
l'utilisent pour ramasser le poisson dans les campements voisins de pêcheurs nigérians.

C'est surtout dans la zone du Littoral que les conditions de conservation sont
satisfaisantes. Les usines de traitement du poisson, basées à Douala disposent de chambres de
stockage pour le poisson frais vendu sur le marché local. Le poisson destiné à Yaoundé est
transporté à bord de camions ou de wagons isothermes. Partout ailleurs le poisson est
acheminé par la route à l'aide de véhicules ordinaires, le poisson étant chargé dans des caisses
de 30 à 40 kg avec de la glace. Très souvent, le poisson débarqué par la pêche artisanale est
acheminé difficilement dans les centres de consommation, à l'aide de pirogues et des véhicules
de transport en commun.

Dans les grands centres de consommation (Yaoundé et Douala), il existe également des
chambres froides dont la capacité est relativement limitée, notamment dans les poissonneries
qui écoulent le poisson congelé importé du Sénégal et de la Mauritanie.

Le conditionnement du poisson transformé est constitué en règle générale de matériel


obtenu à moindre coût (panier, carton, sac de jute, papier emballage, feuille plastique, corde).
3. Commericiasnüon des pniduils de la pêche

La commercialisation des produits halieutiques au Cameroun est effectuée par une


multitude d'agents économiques privés s'intercalant entre le producteur et le consommateur,
au niveau des circuits intérieurs et extérieurs. Cependant force est de reconnaître qu'il n'y a
eu jusqu'ici que de timides tentatives de contrôle administratif de ces opérateurs (contrôle de
qualité, inventaire, libéralisation...).

3.1. Marché intérieur

Le poisson constitue la principale source de protéines animales des populations locales.


La consommation annuelle per capita de poisson varie entre 11 kg et 19 kg soit 40 % des
apports en protéines d'origine animale et 9,5 des besoins totaux. L'importance stratégique
O,/

du poisson en terme d'apport alimentaire pour les groupes de la population les moins
défavorisés résulte sans doute de son prix relativement bas par rapport à la viande (700 à 800
FCFA/kg pour le bar contre 1.000 FCFA/kg pour la viande de boeuf en 1992).
11

Ceci cache nne certaine disparité entre les régions. L'intérieur du pays et le littoral,
favorisés par un réseau routier en bon état et une chaîne de froid adéquate, absorbent 70 %
du poisson congelé débarqué à Douala. La consommation est plus localisée dans les provinces
du nord en fonction de la présence ou non de centres de production (pêche continentale).
L'éloignement de ces centres va de pair avec une faiblesse de la consommation de poisson.

La demande potentielle est très importante: 11,3 millions d'habitants en 1989/90 pour
un taux de croissance annuel de 3,2 %. La production nationale de poisson étant relativement
faible (environ 110.000 tonnes), le déficit est comblé par les importations (entre 50.000 et
60.000 tonnes par an au cours de ces dernières années).

Sdr le marché intérieur interviennent aussi bien le pêcheur (ou sa femme ou son
représentant) que les intermédiaires. L'écoulement du poisson frais est assuré par des grossistes
fréquentant les centres de pêche et les détaillantes de marché. Pour le poisson fumé, il s'y
ajoute les semi-grossistes actifs sur les marchés principaux.

Les circuits sont variables selon le type de produits. Le poisson frais débarqué par la
pêche industrielle est vendu principalement dans les deux grands centres de consommation
(Douala et Yaoundé) au niveau des poissorneries. L'écoulement des produits de la pêche
artisanale se fait sur les lieux de production et les marchés locaux. Ces derniers reçoivent
également des poissons congelés et importés, le transport s'effectuant par voie ferrée ou
terrestre.

En règle générale, la vente du poisson se fait à l'unité, au tas, au panier, au seau ou au


sac. La pesée n'intervient qu'au niveau des poissonneries. Du fait de l'impossibilité virtuelle
de contrôle étatique à tous les niveaux de la filière pêche artisanale, les opérateurs
économiques impliqués échappent en grande partie au système de prix fixé (mercuriale).

3.2. Marché à l'exportation

Il existe plusieurs circuits d'exportation des produits débarqués par la pêche


camerounaise. Le circuit officiel concerne la crevette congelée. En moyenne 1.000 tonnes sont
exportées annuellement par une dizaine de sociétés. Les pays de la Communauté Economique
Européenne (CEE) absorbent plus de 90 % de ces quantités. Les recettes tirées de ces
exportations représentent plus de 7 millions US$.

En 1991, sous l'égide d'Infopêche, le gouvernement camerounais avait organisé à


l'intention des opérateurs économiques un séminaire d'une semaine sur le contrôle de la qualité
des produits halieutiques. L'objectif visé était de rendre plus compétitive sur le marché
international la crevette en provenance du Cameroun.

Une partie importante de la production de la pêche artisanale échappe au marché local.


Avec la prédominance des pêcheurs étrangers, se sont développées des exportations
clandestines vers les pays limitrophes. Elles concernent surtout le poisson fumé (ethmalose et
sardinelle) et sont effectuées par les femmes des pêcheurs (notamment nigérians). Dans le
département du Ndian, des commerçants nigérians viennent régulièrement acheter la crevette
d'estuaire séchée. Ces exportations qui échappent à tout contrôle administratif sont estimées
12

à 50.000 tonnes dont 20.000 t issues de la pêche artisanale maritime et 30.000 t de la pêche
continentale (notamment dans la partie septentrionale). Le manque à gagner subi ainsi
annuellement par le Cameroun en matière de rentrée de devises est de l'ordre de 40 millions
Uss,

4. Politique et pL de développement national

4.1. Procédures de planification

Le Cameroun est caractérisé par un plan de développement impératif pour le secteur


public et indicatif pour le secteur privé.

Différentes structures d'ordre administratif, politique et consultatif interviennent aux


niveaux national et provincial dans l'élaboration des plans quinquennaux de développement
économique et social du pays. En effet l'approche adoptée est caractérisée par la participation
active et constructive de toutes les couches sociales à la définition des objectifs.

Les grandes lignes de la politique de planification (orientations générales) sont arrêtées


par le Président de la République qui par ailleurs assure les arbitrages. Le Conseil Economique
et Social donne son avis alors que l'Assemblée Nationale discute et vote la loi portant
approbation du plan. Le Ministère du Plan et de l'Aménagement du Territoire (MINPAT),
responsable de la politique de développement économique du pays, est chargé de la
préparation et du suivi du plan.

Durant la phase préparatoire, sont mises en place des Commissions Nationales


Sectorielles de Planification qui sont des organes consultatifs composés de représentants des
secteurs public, para-public et privé. Leur tâche est de définir de façon précise les objectifs
à atteindre et les moyens à mettre en oeuvre. Sur la base de ce travail, les Groupes techniques
pluridisciplinaires élaborent les projections sectorielles. Ils procèdent également à
l'identification et à l'élaboration de l'avant-projet du plan quinquennal. Les rapports établis par
ces groupes sont examinés en même temps que les avant-projets provinciaux élaborés par les
Commissions provinciales de planification.

La Commission de Synthèse examine la complémentarité, sur la bas des rapports des


Commissions nationales et à la lumière des perspectives générales de croissance ainsi que les
équilibres macro-économiques à respecter, les programmes sectoriels proposés.

Les Comités de Développement (structures décentralisées) sont chargées, une fois le


plan approuvé, de la programmation et du suivi de l'exécution des actions. En cela ils
bénéficient de l'encadrement des services de la Direction de la Planification.
13

4.2. Personnel

La Direction de la Planification comprend cinq Sous-directions: (i) Développement


rural, (ii) Secteur industriel, (iii) Synthèses, (iv) Ressources humaines et (y) Contrôle,
Exécution.

La Sous-direction Développement dispose d'un Service Planification Agricole avec trois


structures d'appui pour les différentes activités économiques concernées: Pêche, Agriculture
et Elevage.

Le personnel impliqué dans la planification est assez étoffé. L'administration centrale


dispose ¿le 4 cadres de haut niveau, 6 cadres de maîtrise, i ingénieur en travaux statistiques,
4 techniciens et 3 personnels d'appui. Dans chacune des 10 provinces du pays, le travail est
assuré par le Chef du Service projets et programmes, son adjoint et 5 autres cadres sous la
supervision du Délégué provincial. Par ailleurs, le personnel des Ministères techniques est mis
à la disposition du MIINPAT en cas de nécessité, notamment lors de l'élaboration du plan.

43. Principaux objectifs du plan de développement

Dès son accession à l'indépendance, le Cameroun a élaboré et mis en oeuvre différentes


stratégies de développement par le biais de plans quinquennaux.

Les deux premiers plans de développement économique et social (1963-1968 et 1969 -


1972) mettaient l'accent sur la promotion des produits d'exportation pour la rentrée de devises.
Cette volonté s'est poursuivie dans le troisième plan (1973-1978) avec en plus la valorisation
des autres ressources naturelles et surtout l'apparition de projets de développement rural intégré
ayant pour mission principale la promotion de la production agro-pastorale ainsi que la mise
en place d'infrastructures sociales pour l'amélioration du cadre de vie des populations. Le
quatrième plan (1974-1979) reprend les objectifs du troisième, prolongés dans le secteur agro-
industriel et des unités d'extraction. Le diagnostic étayé des vingt précédentes années (1960-
1980) a permis l'élaboration d'un plan d'action des perspectives de développement en l'an
2000. Sa mise en oeuvre a coïncidé avec le cinquième plan (1980-1985). La réalisation
effective de l'autosuffisance alimentaire, la redynamisation des structures de production,
l'intensification de l'exploitation des ressources naturelles et la valorisation des matières
premières locales constituent les principaux axes de ce plan.

La crise économique que traverse la pays depuis 1989 est venue perturber l'exécution
du sixième plan quinquennal (1986-1991) qui a été mis en veilleuse et remplacé par le
programme d'ajustement structurel (PAS).

4.4. Politiques de développement

Entre 1977 et 1985, la croissance du PIB a été spectaculaire (supérieure à 10 %) suïte


à la découverte et à l'exploitation du pétrole. La période de récession a démarré à partir de
1985 et s'est accentuée jusqu'en 1989 (figure 6). Le budget de l'Etat qui était toujours en
équilibre a accusé un déficit de 135 milliards de FCFA entre 1985 et 1990. Ce déficit a été
financé dès 1987 par un gonflement durable des tirages sur l'extérieur et le recours massif à
14

l'accumulation d'arriérés de paiements (figure 7). En juin 1991, le montant de la dette


extérieure du Cameroun était estimé à 1.300 milliards de FCFA, soit 67 % du PIB.

Un Programme d'Ajustement Structurel (PAS) a été élaboré en 1989/1990 pour adapter


les besoins aux moyens existants. A cet effet, a été créé le Ministère Délégué chargé du plan
de stabilisation et de relance économique. L'objectif étant de rétablir les équilibres macro-
économiques. En d'autres termes, il s'agit de poursuivre la politique de croissance économique
afin d'améliorer le bien-être de la population et d'aboutir rapidement à l'auto-suffisance
alimentaire. Ceci s'inscrit dans un cadre plus général de libéralisation de l'économie
camerounaise, de la promotion du secteur privé et de désengagement de l'Etat au niveau de
l'appareil de production en vue de réorienter les services publics vers les activités sociales. Les
efforts Ont permis d'atteindre un équilibre fragile depuis 1990. Cette dégradation est la
conséquence du contre-choc pétrolier et de la détérioration générale des termes de l'échange.

Les mesures préconisées par le gouvernement camerounais dans la Déclaration de


Stratégie de Développement et de Relance Economique du Cameroun (ANONYME, 1989)
concernent: (i) le rétablissement à moyen terme d'un taux de croissance positif et (ii)
l'amélioration des indicateurs sociaux les plus essentiels.

La politique globale de développement des pêches s'articule autour de la promotion de


la production nationale de poissons (redynamisation de la pêche artisanale et développement
de l'aquaculture) en vue de réduire la part des importations de produits halieutiques dans la
consommation de la population.
15

Figure 6.- Evolution du produit intérieur brut (PIB) camerounais (Source : DS/MINEPAT)

500000
450000
400000

u-
350000
300000
j Agriculture vivrière

Agriculture dexportation
t'
G)
250000
a L! 11 Elevage, chasse et piégage
2 200000 Sylviculture et expl. forest.
150000
U Pêche
100000
50000
o
(O N. co 0) Q
co co co co 0) 0,
U) (O N- co 0, Q
co co co co co 0)
r
0) 0, 0, 0) 0) 0)

Figure 7.- Evolution du budget camerounais (Source : BEAC)

700000 -(1

600000H Impôts et taxes

Autres recettes
500000
U.
o
400000
U)
C
o
300000
E
C
.. 200000

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r
0)
r
0)
16

Pour la pêche artisanale (maritime et continentale), l'accent sera mis sur l'amélioration
de la situation des opérateurs économiques et le renforcement de l'appui institutionnel:

- dotation des pêcheurs-artisans en moyens financiers à travers des lignes de crédits


gérées par les institutions compétentes, leur organisation au sein de coopératives pour faciliter
leur encadrement, et l'amélioration du système de commercialisation;
- structuration des organismes para-publics en vue d'accroître leur capacité et l'efficacité
de leur intervention en matière d'encadrement et d'accès au crédit, renforcement des structures
de formation pour augmenter le personnel d'encadrement.

Récemment une ébauche de plan national directeur à moyen terme des pêches a été
élaborée avec l'assistance technique de la FAO. Deux objectifs principaux sont proposés en
accord avec la politique gouvernementale (SHEVES et al, 1992):
- dans le court terme, mettre en oeuvre des systèmes d'aménagement sur les pêcheries
soumises à un taux d'exploitation excessif, et notamment sur les stocks démersaux et
de crevettes;
- dans le court/moyen terme, concentrer les efforts de développement sur les quelques
pêcheries encore sous-exploitées, diminuer les pertes après capture, et développer la
pisciculture.

Pour atteindre ces objectifs, deux axes stratégiques sont définis dans le domaine de la
pêche artisanale maritime:
- renforcer l'Administration Centrale des Pêches en matière de planification du
développement et surtout de l'aménagement des pêcheries;
- développer les quelques pêcheries encore sous-exploitées à l'heure actuelle, améliorer
les méthodes de transformation et de commercialisation des produits de la pêche afin
de réduire les pertes post-captures.

Ces différentes actions seront menées dans le cadre de projets dont le financement sera
assuré par l'aide bilatérale ou multilatérale (cf. § 5.3.3.).

5. Piincipaux programmes et projets de développement

Le Cameroun est l'un des rares pays n'ayant connu véritablement de projets de
développement de la pêche artisanale maritime. Conçue au début comme un projet devant
bénéficier d'un financement extérieur, la Mission de Développement de la Pêche Artisanale
Maritime (MTDEPECAM) est restée une structure permanente d'appui au sous-secteur.

En fait il n'y a qu'un seul projet passé et aucun programme ou projet n'est en cours
d'exécution. Cependant quelques projets ont été identifiés et soumis à des bailleurs de fonds.

5.1. Projet passé: plan de développement des pêches et de l'aquaculture

Devant la volonté de développer et d'aménager le secteur des pêches de manière


rationnelle au moyen d'un Plan directeur à moyen terme, le gouvernement camerounais a
17

bénéficié de l'assistance technique de la FAO dans le cadre d'un projet de coopération "Plan
de Développement des Pêches et de l'Aquaculture" (TCP/CMIRIOO53).

Le projet qui n'a duré que huit mois (février à septembre 1991) a été sanctionné par la
tenue d'un séminaire national sur les politiques et la planification des pêches et de
l'aquaculture, à Yaoundé du 16 au 20 septembre 1991. Co-financé par le projet, le
gouvernement et le Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI), ce
séminaire a réuni 181 personnes impliquées de loin ou de près dans le secteur des pêches.

5.2. Programmes et projets en attente de financement

5.2.1. Mission de développement de la province du Sud-Ouest (SOWEDA)

La mission de développement de la Province du Sud-Ouest (South West Development


Authority, SOWEDA), créée en 1993, comprend quatre volets: (i) amélíoration de l'élevage;
(ii) organisation de l'élevage avicole semi-traditionnel; (iii) pêche et pisciculture et (iv)
commercialisation. Par ailleurs des mesures d'accompagnement sont prévues. Elles portent sur
le crédit, le renforcement du dispositif d'encadrement, le suivi, l'évaluation et les études. Le
financement, évalué à près de 5 milliards de FCFA, sur une période de 5 ans, sera assuré par
la Banque Africaine de Développement (BAD).

En ce qui concerne le volet pêche et pisciculture qui mobilisera 841 millions de FCFA
(23 % de l'enveloppe financière totale prévue), six grandes actions sont proposées:
la formation de 14 moniteurs, 1.000 à 2.000 pêcheurs-artisans maritimes nationaux
et étrangers, 100 pêcheurs continentaux et 210 pisciculteurs;
l'évaluation des ressources et des captures;
l'élaboration de propositions de textes réglementaires (taille et maillage des filets,
zones de pêche réservées...);
le développement de la production de poissons pour un meilleur approvisionnement
des marchés avec un objectif d'acquisition de 1.350 moteurs hors bord;
l'amélioration de la commercialisation du poisson frais et du poisson fumé;
l'octroi de crédits aux différents opérateurs économiques impliqués dans la filière,
pour un montant de 189,3 millions (51 % du total).

Il est prévu la mise en place d'une unité du projet élevage et pêche avec une cellule
pêche à Limbé ainsi que l'acquisition d'un bateau.

5.2.2. Projet soumis à la Chine

Ce projet prévoit l'installation d'une fabrique de glace dont la gestion sera confiée à la
MEDEPECAM.

Le lieu d'implantation sera déterminé à l'issue de la prochaine mission préliminaire des


partenaires chinois. Dès à présent l'administration des pêches pense qu'un des centres de pêche
de la grande zone de production (Limbé ou Idenau) peut être retenu pour abriter cette unité.
18

5.2.3. Programmes et projets identifiés dans l'ébauche de plan directeur

Trois programmes, dont deux intéressent la pêche artisanale maritime, ont été identifiés
dans le cadre de l'ébauche du plan directeur des pêches et de l'aquaculture (SHEVES et al,
1992).

5.2.3.1. Support à la gestion du secteur et aménagement des pêcheries

Pour ce programme, trois projets sont retenus:


renforcement des capacités de planification et de gestion de la Direction des pêches
(formation du personnel de base, amélioration du système de collecte des données sur
le terrain, examen et évaluation du cadre institutionnel actuel de l'administration des
pêches);
étude d'un plan d'aménagement et d'exploitation des ressources halieutiques marines
(évaluation des données biologiques, techniques et socio-économiques disponibles;
examen critique des lois et réglements en vigueur en matière de pêche;
étude technico-économique de l'impact des différents modes et programmes de gestion;
formulation de recommandations à la gestion marine);
programmes de recherche appliquée pour supporter les initiatives techniques et
administratives du plan directeur de la pêche: la gestion des ressources pêche
(surveillance), le milieu aquatique (protection et aménagement), l'évaluation des
ressources (stocks) encore insuffisamment étudiées et leur gestion, les recherches
technologiques (traitement des produits et réduction des pertes), les recherches socio-
économiques (commercialisation, organisation fonctionnelle du secteur, problèmes
sociaux).

5.2.3.2. Développement des pêches de capture

Sur les quatre projets retenus pour ce programme, seuls deux intéressent la pêche
maritime:
projet pilote expérimental sur les fonds rocheux dans le département de l'Océan (sud
de Kribi);
programme national d'introduction et de vulgarisation des techniques améliorées de
traitement et de manutention du poisson.

6. Sttuctu r s ad nistiutives et institutions de iiecheithe

6.1. L'Administration des pêches

Les activités de pêche maritime relèvent du Ministère de l'Elevage, des Pêches et des
Industries Animales (MINEPIA). Le Secrétariat Général qui assure la coordination des
différentes activités du ministère est doté d'une cellule juridique. Il exerce son autorité sur les
cinq directions (services centraux) dont celle des pêches, les dix délégations provinciales de
l'élevage, des pêches et des industries animales (services extérieurs) ainsi que sur les
organismes spécialisés (CDPM et MIIDEPECAM).
19

La Direction des Pêches (DIRPECH) est chargée de la mise en oeuvre de la politique


gouvernementale en matière de pêche et d'aquaculture. Outre le staff de la Direction (le
Directeur, assisté d'un Adjoint, le Chargé d'étude), le personnel comprend quatre chefs de
services exerçant leur compétence dans les domaines suivants: (i) Pêche artisanale; (ii) Pêche
industrielle; (iii) Aquaculture et (iv) Documentation et recherche appliquée. Les huit bureaux
relevant de ces services ne sont pas tous dotés en effectifs, compte tenu des rigueurs
budgétaires.

Les structures observées au niveau central sont reproduites au niveau de chacune des
délégations provinciales. Dans chaque département, il existe un secteur de l'élevage, des
pêches et des industries animales. Au niveau de l'arrondissement, les sous-secteurs s'occupent
de l'aniniation des centres et postes de contrôle des pêches, les stations aquacoles et les centres
d'alevinage. Il faut préciser que le contrôle sanitaire est effectué par le secteur ou sous-secteur
vétérinaire.

L'organigramme du secteur des pêches au sein du MINEPIA figure en annexe II.

6.2. Les organismes d'appui au secteur

La Mission de développement de la pêche artisanale maritime camerounaise


(M.IDEPECAM) et la Caisse de dévelopement de la pêche maritime (CDPM) constituent
actuellement les deux programmes d'appui au sous-secteur.

6.2.1. Mission de développement de la pêche artisanale maritime camerounaise

La mise sur pied de la Mission de Développement de la Pêche Artisanale Maritime


Camerounaise (MIDEPECAM) en 1977 a été facilitée par l'assistance de l'Agence Canadienne
de Développement International (ACDI). C'est un établissement public à caractère industriel
et commercial, sous la tutelle du M.INEPIA, mais disposant d'une autonomie financière et
ayant son siège à Douala.

Le plan d'action initial, prévoyait deux phases: (i) la construction des infrastructures et
la fourniture du matériel de pêche; (ii) la commercialisation des produits de la pêche.

L'examen rapide du bilan des actions entreprises par la MIDEPECAM montre que
seules les actions prévues dans la première phase ont pu être réalisées. C'est ainsi que sept
agences (bureaux, magasins de stockage du matériel et ateliers de réparations) ont été
installées le long de la côte: Bamusso (département de Ndian), Limbé (Fako), Youpwé
(Wouri), Mouanko, Edéa et Dehane (Sanaga Maritime) et Kribi (Océan). Depuis 1984, la
MIDEPECAM assure la fourniture et l'entretien de matériel de pêche (moteurs hors bord et
pièces de rechange, filets, accessoires) aux pêcheurs. La MIDEPECAM reste le seul
fournisseur de matériel de pêche artisanale maritime exonéré de taxes et droits de douane. La
vente est effectuée au comptant.

Depuis 1987, la MIDEPECAM fonctionne sur auto-financement; elle ne bénéficie plus


de subvention gouvernementale. Si la demande de défiscalisation du carburant consommé par
les pêcheurs-artisans formulée auprès des autorités compétentes était acceptée, la
20

MIDEPECAM étendrait ses activités dans ce domaine (vente de carburant pirogue hors taxe)
et également dans la commercialisation des produits halieutiques.

6.2.2. Caisse de développement de la pêche maritime

Créée en 1974, la Caisse de Développement de la Pêche Maritime (CDPM) a le même


statut que la MIDEPECAM. Elle est également basée à Douala. A l'origine, elle s'intéressait
aux programmes d'actions du gouvernement relatifs à la formation et à l'encadrement des
pêcheurs, à la promotion de la recherche halieutique et à l'amélioration des circuits de
distribution des produits débarqués par la pêche artisanale. Son champ d'action était limité aux
cinq départements côtiers.

Il faut préciser que, contrairement à une idée assez répandue, les interventions de la
CDPM ne se limitent plus à la pêche maritime. Elles concernent actuellement toutes les
activités relevant du MINEPIA. Ainsi, depuis la mise en place de la MIDEPECAM, la CDPM
concentre ses interventions dans les domaines de la pisciculture et de la pêche continentale,
en finançant principalement des investissements en matière d'infrastructures, d'équipements et
de vulgarisation. La CDPM gère depuis 1988 le matériel du don japonais destiné à la pêche
continentale.

La CDPM est alimentée par des prélèvements (70 %) effectuées sur les produits des
amendes, des transactions, saisies ou confiscations prononcées en application de la législation,
de la taxe d'inspection sanitaire des produits, de la taxe d'exploitation des embarcations de
pêche motorisées (permis et licences).

Dans le domaine de la pêche maritime, les interventions de la CDPM sont limitées à


la construction ou réfection des infrastructures (postes de contrôle des pêches), à l'organisation
de séminaires et stages de formation à l'intention de jeunes pêcheurs (depuis 1991).

6.3. Institutions de crédit

Les interventions des institutions bancaires sont rares dans le secteur des pêches. Si
elles existent, elles se limitent à l'octroi de crédits (à court terme généralement) à quelquer
armateurs de pêche industrielle ou semi-industrielle.

Jusqu'ici la pêche artisanale n'a bénéficié de crédits que de la part des organismes
parapublics spécialisés. Des groupements de pêcheurs artisans ont reçu le concours de la
CDPM de 1976 à 1982 pour un montant global de 50 millions FCFA. La M]IDEPECAM a pris
le relais en octroyant des crédits à 20 équipes de pêcheurs entre 1982 et 1983. Elle a
renouvelé l'expérience en 1990 en fournissant aux pêcheurs du matériel d'une valeur de 13
millions de FCFA.

Devant la défaillance des débiteurs (taux de remboursement de l'ordre de 25 à 30 %),


ces organismes ont vite arrêté leurs interventions dans ce domaine. A l'heure actuelle il n'existe
pas véritablement de système institutionnel spécifique de crédit en faveur des pêcheurs
artisans.
21

Le Crédit Agricole du Cameroun (CAC), qui a pris le relais du Fonds Natïonal pour
le Développement Rural (FONADER) a été mis en place en 1990 par l'Etat (82 O/ du capital
social) en coopération avec le gouvernement allemand (18 % du capital) pour répondre aux
nombreux besoins de financement du monde rural. Mais cette banque commerciale à vocation
rurale s'est contentée de financer jusqu'ici des caisses locales villageoises c'est-à-dire des
groupements fonctionnels de 100 à 2.000 membres. Ces associations gèrent elles-mêmes leurs
activités. Chacune dispose d'un livret d'épargne au niveau de la banque et peut bénéficier d'un
découvert (12 mois) à concurrence du double du montant épargné au bout de six mois. Le
groupement se répartit le crédit ainsi obtenu selon les besoins exprimés par les uns et les
autres. La pêche artisanale n'a jamais bénéficié des ces facilités.

1ians le cadre du Programme d'Ajustement Structurel (PAS), un certain nombre de


structures ont été mises en place par la Banque Mondiale (telles que le Fimac et le Fonds
National pour l'Emploi) pour la mobilisation de ressources financières en faveur des petites
et moyennes entreprises. Ces structures commencent à s'intéresser à la pêche artisanale. C'est
ainsi qu'à Kribi 3 groupements de pêcheurs ont bénéficié chacun d'un financement de matériels
divers pour un montant de 490.000 FCFA. Les crédits sont octroyés par le Fimac pour une
durée de 2 à 3 ans, sans intérêt ni garantie et avec un apport personnel de 25 %. Le Fonds
National pour l'Emploi offre des possibilités de financement à hauteur de 1,5 millions FCFA
pour l'auto-emploi et de 20 millions FCFA pour la micro-entreprise.

Bien qu'étant un secteur à forte efficience économique et sociale, la pêche a été pendant
longtemps considérée comme une activité à haut risque par les banques commerciales. Ces
dernières ignorent la dynamique interne du système pêche artisanale. Il en résulte une
mauvaise appréciation des risques, une sous-estimation de l'épargne mobilisable et donc des
difficultés d'appréhender la capacité d'endettement des pêcheurs. Toutefois l'intervention des
banques dans le sous-secteur reste conditionnée par la levée des principales contraintes
constatées: milieu inorganisé, absence de garantie réelle à offrir, connaissance approximative
de la notion de crédit officiel et des obligations qu'il impose.

Les insuffisances du crédit institutionnel sont palliées en partie par le secteur informel.
D'importantes sommes sont mobilisées grâce aux tontines ou sont mises à la disposition de
certains armateurs étrangers (jouant en fait le rôle d'intermédiaires) par des hommes d'affaires
installés au Cameroun ou restés au pays d'origine (Njock, 1992).

6.4. Institutions de formation et de recherche

6.4.1. Recherche halieutique et piscicole

Les recherches halieutiques et piscicoles sont relativement récentes au Cameroun. Elles


sont menées actuellement au sein du Centre de Recherches Océanographiques et Halieutiques
de Limbé (CROHIL). Cette structure est partie intégrante de l'Institut de Recherches
Zootechniques et Vétérinaires (IRZV) qui relève du Ministère de la Recherche Scientifique
et Technique (MINREST). Le CROHL dispose de trois stations de recherche: la Station de
Recherches Halieutiques et Océanographiques de Limbé (SROH.L), la Station de Recherches
Halieutiques et Océanographiques de Kribi (SR.HOK) et la Station de Recherches Piscicoles
de Foumban (SRPF).
22

Les domaines d'interventions du CRHOL sont la pêche maritime, l'aquaculture et la


pêche continentale.

Quatre objectifs principaux sont assignés à la recherche halieutique et piscicole


la connaissance des potentialités halieutiques des eaux camerounaises;
- l'étude et l'amélioration des méthodes de pêche traditionnelle;
la maîtrise du cycle biologique des principales espèces exploitées;
l'exploitation rationnel le des ressources halieutiques.

Le personnel du CR}IOL est composé de 15 chercheurs camerounais (5 biologistes en


pêche dont i actuellement en formation, 5 aquaculturistes, I technologiste des produits, i
spécialiste en pollution, 2 écologistes et i ingénieur agronome actuellement en formation
complémentaire en socio-économie) et de 6 techniciens. Par ailleurs, deux chercheurs belges
interviennent dans les programmes de recherche de la SRPF.

64.2. Formation

La formation dans le domaine de la pêche maritime est quasi inexistante au Cameroun.


Les quelques agents de lEtat qui ont été formés au centre piscicole de Foumban (moniteurs
piscicoles), à l'Ecole supérieure des eaux et forêts de Mbalmayo ainsi que dans les universités
étrangères (cadres supérieurs et intermédiaires), sont plutôt orientés vers la pisciculture.

Depuis la restructuration du MINEPIA (1986), la formation des moniteurs de pêche est


assurée. Elle dure un an et est faite généralement sur le tas.

La Direction des pêches a organisé en 1991 et en 1992, sur financement de la CDPM,


des cours de formation à l'intention de jeunes pêcheurs camerounais en vue d'améliorer leur
compétitivité. En ce qui concerne la pêche maritime, un groupe de 24 pêcheurs apprentis a
participé en 1991 au volet théorique d'un mois à Mouanko suivi de deux mois de pratique à
Kribi. Ces cours ont porté sur la réglementation des pêches, le montage et l'utilisation des
engins de pêche, la conservation et la commercialisation des captures. A la fin du cours,
chaque pêcheur a reçu un don en matériel de pêche pour une valeur de 100.000 FCFA. Ces
cours n'ont pu être dispensés de façon régulière comme prévu.

L'Institut des Sciences Halieutiques, créé fin 1992 au sein de l'Université de Douala,
est resté inopérationnel.

6.5. Institutions régionales

Le Cameroun est impliqué dans la coopération inter-régionale en matière de pêche, au


travers de quatre grandes institutions:
la Conférence Ministérielle sur la Coopération Halieutique entre les Etats Africains
Riverains de l'Océan Atlantique (Angola, Bénin, Cameroun, Congo, Cap-Vert, Côte
d'Ivoire, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée Bissau, Guinée, Guinée Equatoriale, Libéria,
Maroc, Mauritanie, Nigéria, Sao Tomé et Principe, Sierra Léone, Togo et Zaire);
le Programme de Développement Intégré des Pêches Artisanales en Afrique de l'Ouest,
DIPA (Angola, Bénin, Cameroun, Congo, Cap-Vert, Côte d'Ivoire, Gabon, Gambie,
23

Ghana, Guinée Bissau, Guinée, Guinée Equatoriale, Libéria, Mauritanie, Nigéria, Sao
Tomé et Principe, Sierra Léone, Sénégal, Togo et ZaIre);
le Service Régional d'Informations et de Conseils en Matière de Transformation et de
Commercialisation des Produits de la Pêche pour l'Afrique (INFOPECHE);
le Comité des Pêches pour l'Atlantique Centre-Est (COPACE).

Il faut signaler que la Convention établissant le Comité Régional du Golfe de Guinée


(COREP) et signée depuis juin 1984 au Gabon, reste ouverte à l'accession pour le Cameroun
et l'Angola.

7. Oppoités et cont. 'ntes pour le développement du sous-secteur

7.1. Contraintes

Les contraintes liées au développement de la pêche artisanale maritime Camerounaises


sont nombreuses et diverses. Elles sont d'ordre écologique, social, institutionnel, économique.

7.1.1. Facteurs écologiques

La pauvreté relative des eaux marines est accentuée par l'exploitation intensive des
stocks par la pêche industrielle. Ceci limite en partie un développement de l'effort de pêche
artisanale. L'incursion des bateaux dans la zone des 2 milles nautiques réservée aux piroguiers
engendre très souvent des conflits entre ces deux pêcheries. La conséquence immédiate étant
la destruction des filets des pêcheurs artisans.

La majeure partie de la côte camerounaise est couverte par la mangrove. Ce phénomène


est à l'origine de l'enclavement de la plupart des villages et campements de pêcheurs, d'où les
nombreuses difficultés de collecte de statistiques de pêche.

Dans les campements enclavés des zones côtières, le bois utilisé pour le fumage du
poisson est le palétuvier, ce qui pourrait constituer à long terme un problème d'environnement.
En ce qui concerne la région de Limbé où se trouvent d'immenses plantations d'hévéa, ce sont
les vieux arbres coupés pour le bois de chauffe qui servent presque exclusivement au fumage,
ce qui, dans une certaine mesure, limite la destruction des forêts alentour.

7.1.2. Facteurs socio-culturels

Les populations camerounaises côtières traditionnellement tournées vers la mer ont


toujours considéré la pêche comme une activité de subsistance. La plupart d'entre-eux sont
des pêcheurs co-dominants, pratiquant l'agriculture en dehors des campagnes de pêche. Ils sont
également beaucoup plus sédentaires que les étrangers. De manière générale leur niveau
technologique semble relativement bas en l'absence de formation. Ceci explique d'une part
l'absence de relève des vieux pêcheurs camerounais, et d'autre part la prédominance des
étrangers aux différents niveaux du système pêche artisanale maritime.
24

Il apparait évident que le manque d'intérêt du pêcheur étranger à la préservation des


ressources observé au travers de l'utilisation de petits maillages peu sélectifs peut constituer
à moyen terme un problème sérieux d'aménagement des pêcheries. Ils ont fait des migrations
le long de la côte une composante essentielle de leur mode de vie, la pêche constituant leur
seule activité. L'absence d'intégration de ces pêcheurs s'observe également au niveau de la
construction de pirogues dont le monopole est détenu par les nigérians qui ne contribuent pas
à la formation des nationaux.

7.1.3. Facteurs institutionnels

Il manque une réelle coordination entre les nombreuses structures intervenant dans le
sous-secteur. Ceci se traduit par des défaillances au niveau de l'encadrement (insuffisance ou
absence de formation du personnel, inorganisation des différents acteurs...).

7. 1.4. Facteurs économico-financiers

La pêche artisanale au Cameroun est passée d'une simple activité de subsistance à une
activité fortement monétarisée. Avec la crise que traverse le Cameroun, on assiste à une
réorientation du rôle de l'Etat dans les différents secteurs de l'économie. L'implication des
opérateurs économiques dans le sous-secteur est actuellement freinée par l'indisponibilité du
capital liée aux difficultés d'accès au crédit bancaire.

Par ailleurs l'insuffisance des infrastructures de froid ne favorise pas le développement


de la distribution des produits débarqués à l'intérieur du pays.

L'approvisionnement en matériel de pêche détaxé étant sous le monopole d'un


organisme para-public (MIIDEPECAM), des pénuries sont souvent observées du fait des
problèmes de gestion interne.

7.2. Opportunités

Diverses perspectives s'offrent au développement de la pêche artisanale maritime.


camerounaise. Ici comme partout ailleurs en Afrique, ce développement doit être pensé de
façon globale. Il est souhaitable d'adopter une approche intégrée, de la capture à la
consommation, et donc d'éviter de privilégier un seul élément du système.

7.2.1. Etat de la ressource et nouvelles technologies de pêche

Si l'on considère le niveau de production actuel, les espèces démersales seraient


surexploitées alors que les espèces pélagiques seraient exploitées à un niveau raisonnable.
Cette conclusion ne peut être retenue qu'à titre purement indicatif car les évaluations de la
biomasse potentielle doivent être actualisées. Par conséquent, pour un aménagement réaliste
nécessaire à un développement durable, il est vivement recommandé qu'il soit procédé dans
un proche avenir, à des campagnes de prospection de la ressource. Ces campagnes devront
impliquer des navires à faible tirant d'eau, pouvant travailler par petits fonds, ainsi que dans
les zones turbides propres aux estuaires.
25

Les fonds rocheux situés au sud du paralléle de la Lokoundjé (zone de Kribi à Campo)
sont faiblement exploités par les pêcheurs artisans et inacessibles à la pêche industrielle. Le
potentiel disponible dans cette zone (démersaux de roche, crabes et langoustes) est estimé
entre 1.000 et 3.000 t/an (SCET, 1980). Ce stock qui est important sur le plan qualitatif peut
être exploité par des techniques (palangres, filets à langouste...) qu'il s'agira de tester avec les
pêcheurs et le personnel d'encadrement.

7.2.2. Formation des pêcheurs

La différence de connaissances de base en matière de technologie entre les pêcheurs


étrangers et nationaux est liée en grande partie à la non intégration des pêcheurs étrangers et
leur refus fréquent de contribuer à la formation des pêcheurs camerounais. A bord des unités
de senne tournante par exemple, il n'y aucun pêcheur camerounais pour apprendre cette
technologie introduite par les pêcheurs ghanéens. Partant de ce constat, il serait erroné de
penser à un transfert direct et progressif de technologie.

Cependant les pêcheurs étrangers continueront de jouer un rôle primordial au sein de


la pêche artisanale maritime du Cameroun. Dès lors ils devront être associés à toute formation
des pêcheurs nationaux devant être assurée par un personnel compétent (maître pêcheur,
technologiste des engins de pêches, constructeur de pirogues...). Ces cours pourront être initiés
par le MINEPIA et exécutés par les organismes compétents existants (MIDEPECAM et
CDPM).

7.2.3. Amélioration des méthodes de traitement du poisson

Le grand fumoir type "banda" est le plus utilisé. Bien que jugé très pratique pour sa
grande capacité de fumage, il n'en est pas moins un grand consommateur de bois. Cependant,
malgré les tentatives d'introduction du four du type "chorkor" par le passé, la population
concernée ne l'a pas adopté. Sa capacité de fumage est jugée trop réduite, et l'obligation de
changer régulièrement la position des claies n'est pas pratique.

Compte tenu de l'importance du fumage en matière de valorisation des produits de la


pêche, il serait souhaitable d'améliorer le fumoir banda en utilisant des briques pour éviter des
pertes de chaleur. Par ailleurs les femmes fumeuses pourraient faire appel à d'autres sources
d'énergie (copeaux de bois, sous-produits de la transformation des noix de palme disponibles
dans les régions de Limbé et de Kribi).

7.2.4. Promotion des petites et moyennes entreprises de pêche

Avec la libéralisation de l'économie amorcée depuis quelques années, la pêche


artisanale offre des perspectives aux différents niveaux du système. Une rapide estimation des
revenus générés met en évidence la rentabilité économique et financière de la pêche artisanale.
Par ailleurs les banquiers commencent à montrer un certain intérêt à intervenir dans le sous-
secteur. Ceci est de nature à favoriser l'émergence d'une nouvelle génération d'opérateurs
économiques nationaux pouvant impulser le développement de la pêche artisanale maritime.
Le remplacement progressif des étrangers par des nationaux pourra permettre d'augmenter la
26

production disponible pour la consommation. Ils contribueront ainsi efficacement à


l'approvisionnement des populations en poisson et à la création de valeur ajoutée locale.

En raison de l'importance grandissante des exportations informelles des produits


débarqués par la pêche artisanale camerounaise en direction des pays limitrophes (notamment
le Nigéria), il est nécessaire de mener une étude détaillée sur la commercialisation sur les
marchés intérieurs et extérieurs (identification des circuits et flux commerciaux, des agents
impliqués, analyse des marges prélevées aux différents niveaux de la chaîne, détermination des
niveaux d'intégration avec les autres éléments du système...). Les résultats d'une telle étude
serviront de base aux prises de décisions des différents intervenants (Etat, opérateurs
économiques).

8. Suivi socio-économique des perfonu ces de la pêche sanale marilime

8.1. Mise en place d'un suivi statistique régulier

Jusqu'ici les données disponibles sur la pêche artisanale au Cameroun proviennent des
enquêtes-cadres de 1983 (Njock, 1985) et de 1987 (MIDEPECAM). Les informations
recueillies durant ces enquêtes dans les villages et campements du littoral ont concerné les
embarcations (typologie, mode de propulsion et nombre), les engins et techniques de pêche
(type) et les pêcheurs (nationalité, activités pratiquées et effectif).

Dans les cinq départements côtiers, le MIINEPIA dispose d'un important réseau de
structures chargées de l'encadrement des pêcheurs et du suivi du secteur: postes de contrôle
et centres de pêche, agences MIIDEPECAM. Les agents basés dans ces structures collectent
partiellement les statistiques de pêche artisanale. Il faut préciser qu'il n'existe aucun formulaire
ni registre pour le relevé des données. Les informations partielles recueillies sur la base des
déclarations des quantités lors des versements de la taxe d'inspection figurent seulement dans
les rapports annuels envoyés au MINEPIA. Dans ces conditions il est difficile voire impossible
d'obtenir des statistiques fiables pour le suivi du secteur.

Actuellement il existe très peu d'informations sur les aspects techniques et socio-
économiques. Les enquêtes-cadres sont effectuées de façon irrégulière, et aucune étude de la
rentabilité financière et économique du système pêche artisanale n'a été faite.

Les ressources humaines (moniteurs de pêche) et financières (CDPM) du M]INEPIA


constituent un potentiel non négligeable pour la mise en place d'un système de suivi des
statistiques de pêche artisanale maritime dans les points suivants: Kribi, Dehane, Bonassama,
Youpwé, Mundeka, Limbe, Kangué, Mabeta, Idenau et Bekuma.

Pour mieux suivre l'activité de la pêche artisanale maritime camerounaise avec


notamment le rôle et la place des pêcheurs étrangers, l'importance des différentes activités
économiques pratiquées par les populations côtières, les enquêtes-cadres devront être
effectuées de façon plus régulière (au moins une fois par an). En plus de l'actualisation des
informations collectées lors de ces recensements annuels, la base de données sera alimentée
à partir des éléments suivants:
27

effort de pêche (nombre de sorties quotidiennes);


captures quotidiennes par espèce pour chaque zone;
prix mensuels par espèce aux différents niveaux de la filière (débarquement, grossiste,
semi-grossiste et détaillant);
flux commerciaux quotidiens (poisson frais et transformé).

Des informations supplémentaires sur la rentabilité du secteur seront fournies au travers


d'un suivi d'un échantillon d'unités de pêche sur un cycle annuel (pour tenir compte des
fluctuations des captures et des prix) Elles concerneront essentiellement les caractéristiques
.

socio-économiques des armateurs et pêcheurs, les coûts, les rapports de production (propriété
et partage du produit), la valorisation des captures, les revenus, les migrations.

8.2. Principaux paramètres à actualiser

Pour déterminer les revenus des unités de pêche et suivre leur évolution, il faut disposer
des éléments figurant dans le tableau suivant et qu'il faut actualiser.

Paramètres Valeur en juin 1993 (FCFA)


Capital mis en oeuvre

* pirogue monoxyle simple 50.000 à 70.000


pirogue monoxyle améliorée 200.000
pirogue nigériane 18-20 m 2.000.000 à 2.500.000
pirogue nigériane 7-12 m 110.000 à 250.000

moteur Yamaha 40 cv 725.000


moteur Yamaha 25 cv 490.000
moteur Yamaha 15 cv 400.000
moteur Yamaha 8 cv 305000

* nappes de filet entre 30.000 et 55.000

Charges d'exploitation

* carburant pirogue 219/litre (marché officiel)


43à 93/litre (marché noir)
* taxe sur les prises débarquées 2/kg @our poisson)
4/kg (pour crevette)
* permis de pêche 3.000 - 50.000/an
* immatriculation pirogue 42.00 - 75.000
* renouvellement annuel 17.000 - 45.000/an
immatriculation pirogue
28

A partir des informations relatives aux captures, rendements et prix moyens au


débarquement pour chaque espèce, il est facile de calculer le revenu brut par sortie de l'unité
de pêche:

i
avec R1= rendement de l'espèce i
Rb8=>2 P1= prix correspondant
¡=1

Les données disponibles sur l'effort de pêche (en nombre de sorties par année)
permettent de déterminer le revenu brut annuel:

Rb0 =Rb3 X nombre de sorties

On tiendra naturellement compte du système de rémunération à la part et donc du mode


de partage pour calculer le revenu des pêcheurs (revenu du travail). Certaines charges
d'exploitation - les frais communs - sont supportées aussi bien par l'équipage que par le
propriétaire, et sont déductibles du chiffre d'affaire à partager. il s'agit du carburant, de la
nourriture de l'équipage, de la glace et de l'appât éventuellement. On remarquera que les
pêcheurs embarqués à bord des sennes tournantes travaillent sur la base de contrats dont la
durée peut atteindre 5 ans. Dans ces cas, c'est l'armateur qui assure leur hébergement et les
dépenses sociales, dont le montant sera déductible de leurs revenus à la fin du contrat.

L'absence de données fiables, notamment sur les rendements de unités de pêche, ne


nous autorise pas à déterminer de façon précise les revenus générés par la pêche artisanale
maritime au Cameroun. Cependant nous avons pu reconstituer, à partir des déclarations des
patrons-pêcheurs rencontrés; le revenu mensuel du pêcheur. Il varie entre 11.000 FCFA (pour
un pêcheur embarqué à bord d'une unité de filet maillant encerclant) et 60.000 FCFA
(correspondant au "salaire" du pêcheur recruté sur contrat à bord d'une unité de pêche à la
senne tournante). Il n'a pas été également possible de faire une analyse de sensibilité c'est-à-
dire voir la réaction de ces revenus aux fluctuations éventuelles de certaines variables
importantes (carburant, prix du poisson, rendements, nombre de sorties). Mais il évIdent que
l'approvisionennement des pêcheurs-artisans en carburant au coût officiel serait de nature à
réduire considérablement ces revenus.

Connaissant le capital investi et la durée de vie réelle des moyens de production, il est
possible de connaître le revenu net de l'armateur (revenu du capital) et le Taux Interne de
Rentabilité (TIR) de l'entreprise de pêche (ratio revenu net de l'unité de pêche/capital investi).

La richesse dégagée par la pêche artisanale se mesurera par le cumul des valeurs
ajoutées de l'ensemble des unités de pêche. Elle constitue en fait la rémunération du travail
et du capital.

Le seuil de rentabilité, ou point mort, correspond au point où l'unité de pêche ne réalise


ni bénéfice, ni perte. Il s'obtient en divisant l'ensemble des coûts (fixes et variables) par le prix
29

moyen du poisson débarqué, toutes espèces confondues. Il peut être comparé au rendement
moyen pour avoir une idée de la rentabilité des différentes unités de pêche.

En ce qui concerne les données générales sur le Cameroun, on se limitera à


l'actualisation annuelle des grandeurs suivantes:

Données Valeur estimée (1993)


Population (1990) 11.300.000 habitants
Taux,de éroissance annuel de la population 3,2 %
PIB national (1990-1991) 3.423,.6 milliards FCFA
Part de la pêche dans le PIB national 0,15%
Importations de produits de la mer (1990) 53.481 t
Exportations de produits de la mer (1990) 1.083 t (7 millions US$)
Taux d'intérêt banque 18%
30

8.3. Synthèse

L'essentiel des actions à mener pour le développement du sous-secteur de la pêche


artisanale maritime figure dans le tableau suivant:

Travail a mener Donnecs a suivre


1. Mise en place d'un 1.1. Effort de pêche (nombre de sorties journalières)
suivi régulier des 1.2. Débarquements quotidiens, rendements par espèce
statistiques dans les 1.3. Prix moyens mensuels au débarquement par espèce
principaux centres
2. Enquêtes-cadres 2.1. Villages et campements de pêcheurs (nombre,
annuelles sur tout le infrastructures et services liés à la pêche)
littoral 2.2. Embarcations (type, origine, mode de propulsion et
nombre)
2.3. Engins et techniques de pêche (type et nombre)
2.4. Pêcheurs (nationalité, effectif, mouvements migratoires
et diverses activités pratiquées)
3. Commercialisation 3.1. Nature des circuits
des produits 3.2. Flux commerciaux (nature et quantités)
halieutiques sur les 3.3. Agents économiques impliqués (spécialisation,
marchés intérieurs caractéristiques socio-économiques, effectif, niveaux
et extérieurs d'intégration verticale/horizontale, capitalisation,
coûts de commercialisation
3.4. Formation des prix aux différents niveaux de la filière
4. Rentabilité des unités 4.1. Propriétaires et pêcheurs (caractéristiques socio-
de pêche (suivi sur un économiques)
cycle annuel d'un 4.2. Coûts d'investissement et d'exploitation
échantillon d'unités de 4.3. Organisation économique et sociale (rapports de propriété
la pêche artisanale et de coopération, système de rémunération des facteurs
dans les principaux de production, relations avec les autres éléments du
centres système
4.4. Rendements, effort de pêche
4.5. Calendrier d'utilisation des engins de pêche et de
pratique des différentes activités économiques
4.6. Revenus (évolution, source, utilisation )
31

REFERENCES BII3LIs GRAPHIQUES

AFIAN (B.J.), 1991.- La pêche artisanale maritime. Séminaire national sur la politique et la
planification de la pêche au Cameroun, Yaoundé. 16-20 septembre 1991, 7 p.

ANGO OBAM (A.), 1991.- L'aménagement des pirogues de pêche. Séminaire national sur la
politique et la planification de la pêche au Cameroun, Yaoundé, 16-20 septembre 1991, 5 p.

ANONYME, 1992. Cameroun. Etude de la restructuration de la recherche agricole. Rapport


provisoire. Tome I: texte principal. Centre d'investissement/FAO. 95/92 GOVR-CMR 33, 24
janv. 1992, 42 P. + annexes.

BABA MALOJ.JM (M.), 1991b.- La situation, les contraintes et les perspectives de


développement de la pêche dans la Province de l'Extrême-Nord. Séminaire national sur la
politique et la planification de la pêche au Cameroun, Yaoundé, 16-20 septembre 1991, 6 p.

BABA MALOUM (0.), 199 la.- La commercialisation intérieure et extérieure des produits
nationaux de pêche (cas de l'Extrême-Nord. Séminaire national sur la politique et la
planification de la pêche au Cameroun, Yaoundé. 16-20 septembre 1991, 7 p.

BEAC, 1992a.- Etudes et Statistiques. N°196 - Novembre 1992, 134 p.

BEAC, 1992b.- Etudes et Statistiques. N°197 - Décembre 1992, 154 p.

BEAC, 1993a.- Cameroun, shéma complet de la programmation monétaire 1992/1993


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Tableau 1.- Principales espèces ichtyologiques exploitées par la pêche camerounaise

Familles et Appellation Appellation


espèces commerciale locale

Clupeidae
Ethrn alosa Jim bn ata ethmalose ou bépa ou épa,épaka,
bonga paga, bélolo, mulolo, ndololo

Sardinella maderensis sardinelle strong kandaou bélolo, ndolo

Ilisha africana rasoir munyanya

Sciaenidae
Pseudotolithus elongatus bossu nyendi

P. senegalensis bar musobo ou broke marrate

P. typus bar musobo ou broke marrate

Polynemidae
Galeoides decadacty lus petit capitaine

Polydacty lus quadnfilis grand capitaine

Pomadasydae
Pomadasysjubelini dorade grise

Ariidae
Anus spp. machoiron kwakoro

Carangidae
Caranx ronchus carangue mutungu ou motondo

Chioroscom brus chiysurus carangue mutungu ou motondo

Cynoglossidae
Cynoglossus spp. soles

Dasyatidae
Dasyatis spp. raies cover pot ou luwe

Scombridae
Scorn ber tritor maquereau nyanga fish

juvéniles d'ethmalose de
sardinelle, de bossu nyamtolo
36

Tableau 2.- Quelques campagnes scientifiques réalisées sur le plateau continental camerounais.
(Source: Van Der Knap, 1985)

Campagnes Périodes et niveau bathymé- Biomasse estimée


trique de la prospection
Ginea trawling survey septembre à décembre 1963 45.000 t de poissons
(GTS) février à décembre 1964 démersaux
N/O Fiolent janvier à mai et juillet à 24.000 t de poissons
décembre 1976 démersaux
20 à 1.000 m
N/O Dr Fridtjof Nansen août à septembre 1981 100.000 t de poissons
50 à 200 m pélagiques côtiers
(ethmaloses, sardinelles et
rasoirs)

Tableau 3.- Evolution des rendements en crevettes et poissons des unités de pêche industrielle
(kg/jour de mer)

Années Crevettes Poissons


1971 530 2.569
1975 373 2.764
1980 115 1.03 4
37

Réseau hydmgraphique de la côte camenunaise


(Soune : Ssentengo et Njock, 1987)

VER CALA5R
RIVER AKWAYAFE

N
RIO
DEL REY

BI8UNOI BAY
ibundi

- \I Limb é
RIVER
BIBIA
\. AMBAS BAY 40

RIVER Do u a L a
CAM ER 00 N

RIVER SANAGA

/
/

Kribi

oE
E
o
o

Campo

RIVERCA O
38

ANNEXE I: PERSONNES RENCON i ES

1, Province du Littoral

1.1. Bonassama

M. ASSOUMAN Vendeur de crevettes séchées

1.2. Douala

Dr Pierre Roucel KAMIPE Délégué Provincial de l'Elevage, des Pêches et des


Industries Animales
M. BILLE Issac Directeur de la MIDEPECAM
M. Karimou ABDULAHI Chef du Service Administratif et Financier de la
MIDEPECAM
M. MOHAMAN Sallaou Chef du Service Administratif et Financier de la
CDPM
Dr SANZHIE B.R. J.J. Secrétaire Exécutif de la CDPM

1,3. Youpwe

Mme Suzane NDONGUE Chef du poste de contrôle de l'Elevage, des Pêches et


des Industries Animales
M. LONGO Adjoint au chef du poste de contrôle de l'Elevage, des Pêches
et des Industries Animales
M. MI3ETTE Responsable des pêcheurs du campement
M. EBELLE Patron-pêcheur
Mme Agnès TIKI Vendeuse de poisson fumé

2, Pnivince du Sud

2.1. Kribi

M. BOWEYI Patron-pêcheur au campement de Mboa Manga


M. Simon P. BOUORET Patron-pêcheur au campement de Mboa Manga
M. L. E. BOTETEMEY Patron-pêcheur au campement de Mboa
M. Oscar MBOUDI Patron-pêcheur au campement de MBoa Manga
M. Benoît BOTETEMI Représentant des pêcheurs camerounais du
campement de Mboa Manga
M. Charles GABCHE Chef de l'antenne de recherches IRZV
M. J. S. E. NTYAME Chef du Secteur de l'Elevage, des Pêches et des
Industries Animales
M. J. B. NGOUNAI Chef de la Section Pêche Artisanale, Secteur de
l'Elevage, des Pêches et des Industries Animales
M. METIM Constructeur nigérian de pirogues
M. P. A. Nana TABET Chef de l'agence MIDEPECAM
39

3. Pnwince du Sud-Ouest

3.1. Buea

Dr TOBIT François Délégué Provencial de l'Elevage, des Pêches et des


Industries Animales

3.2. Idenau

M. ELOIJKE Jacob Chef du Poste de Contrôle des Pêches


M. FOLLY V. Patron-pêcheur

3.3. Limbé

M. MOLINDO Duncan Chef de l'Agence MIIDEPECAM


M. Suie F. SALLE Chef de la Section Départementale Protection vétérinaire et
sanitaire, Secteur de l'élevage, des pêches et des industries
animales
M. Jolubert AHONDENG Chef de l'Agence BEAC
M. Christian NGALLE Chef de l'Agence SCB Crédit Lyonais
M. Rigobert NOUMO Chef d'entreprise de pêche artisanale
Mme NUMON Fumeuse de poisson
M. John MOLONGO Patron-pêcheur
M. G. D. EYABI EYABI Chercheur en technologie des produits
halieutiques, SRHOL
M. NANA Richard Agent du Service SCP et RP, BEAC

4. Pmvince du Centn

4.1. Yaoundé

M. BAYEMI MAURICE Secrétaire Général IVHNEPIA


Dr G. MOUKIA MEOME Directeur des pêches DIRPECH/MINEPIA
Mme S. lUNG Représentante de la FAO
Mme YOLLO Chargée d'administration FAO
Mme Martine MANGA Secrétaire FAO
Mme METCHEYO F. Responsable du Service Documentaire FAO
Mme BONDJA Monique Chef du Service de la Recherche Appliqué et de la
Documentation, Direction des Pêches
M. Albert i: OKA Chef du Service de la Pêche Industrielle,
DIRPECH/MINTEPIA
Dr Zaché YEM YEM Inspecteur Général MIINEPIA
M. Simplice BATIMBA Directeur-Adjoint des Etudes, des Projets et de la
Formation (DEPF/MINEPIA)
M. KOUEKAM David Sous-Directeur de la Comptabilité Nationale et de
la Conjoncture, Direction de la Statistique, MIINPAT
40

M. BISSO EYA Joseph Sous-Directeur de la Planification du


Développement Rural, MIINPAT
M. ZOO Chef du Bureau de la Planification Agricole, Sous-
Direction de la Planification du Développement
Rural, MIINIPAT
M. TSANGUEU Paul Directeur des Etudes, des Projets et de la
Formation (DEPF/MIINEPIA)
Dr DOUFISSA Albert Sous-Directeur de la Formation (DEPF/MJNEPIA)
Mme Aza O. NGU Directeur d'agence Standard
Chartered Bank Cameroon S.A.
M. MOFOR NJOKE L. Fondé de Pouvoirs Standard Chartered Bank
Cameroon S.A
Dr John T. BANSER Directeur de l'IRZV
Dr Andrea BARM Agro-économiste, Coopérante GTZ/IRZV
Mr Pierre BABILLON Chef d'Agence Banque Méridien BIAO Cameroun
M. Martin DSAMOU Sous-directeur, Coordonnateur Exploitation et
Recherche, BEAC,
M. TJANNT Sous-directeur BEAC,
Mme NGUTNDA Responsable du Service Recherche et
Documentation, BCEAC
M. Thomas HIELFFERICH Membre du Comité de Direction, Directeur des
Opérations Bancaires, Crédit Agricole du Cameroun
M. AWONO Polycarpe Directeur des Opérations Bancaires, Crédit Agricole
du Cameroun S.A.
M. Jean KOUAM Chef du Service Aquaculturea (DIRPECHIMJNEPIA)
M. NINA ABO' O Pierre Chargé d'études à la DP/MINEPIA
M. J. AFIAN BAKOUY Chef du Service de la pêche artisanale (DIRPECH/MINEPIA)
Fonctionnaire de liaison du DIPA
41

ANNEXE II: ORGANIGRA\1I\IE DU SECTEUR DES PECHES

AU SEIN DU MINEP1A

MINISTERE DE L'ELEVAGE DES PECHES ET DES INDUSTRIES ANIMALES

MIDEPECAN SERVICES SERVICES


CDPM CENTRAUX EXTERIEURS

DSV DEPF DIRECTION DPA DAG


DES PECHES

SERVICE SERVICE SERVICE SERVICE


AQUACULTURE P. INDUSTRIELLE P. ARTISANALE RECHERCHE
APPLIQUEE ET
DOCUNENTAT ION

DELEGATIONS PROVINCIALES

SECTEURS DE E.P.I.A

STATIONS SOUS-SECTEURS DE E.POI.A. CENTRES DE PECHE


AQUACOLE S

POSTES DE PECHE
LISTE DES PPORTS DIPA - LIST OF EDAF REPORT

L Documents techniiues / Technical documents

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IDAF Newsletter/Lettre du DIPA. 4/5, Sept./Dec. 1986, 76 p.
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IDAF Newsletter/Lettre du DIPA, 10, August/Août 1990. 84 p.
IDAF Newsletter/Lettre du DIPA. 11, January/Janvier 1991. 6 p.
IDAF Newsletter/Lettre du DIPA. 12, April/Avril 1991. 8 p.
IDAF N ewsietteríLeure du DPA. 13, JulyIJuillet 1991, 6 p.
IDAF Newsletter/Lettre du DIPA, 14, October/January 1992, 12 p.
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IDAF Newsletter/Lettre du DIPA. 16, December/Décembre 1992. 3lp.
IDAF Newslerter/Letire du DIPA, 17, March/Mars 1993. 39p.
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Tanimomo, PF.. Rapport de consultation sur la formation des jeunes pêcheurs de l'UNICOOPEMA
1989 à Lomé. Cotonou, Projet Modèle, 17 p. + 6 annexes, PMB/WP/6.
Atti Mama, C., Impact socio-économique de la piste Pahou-Kpota. Cotonou, Projet Modèle, 10 p.
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1989 et planification, séance de travail avec les agents de terrain. Cotonou, Projet Modèle,
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Tempelman, D. The participatory approach in an integrated artisanal fisheries project; structuring
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Sènouvo, A.P. et A.A. Gbaguidi, Recueil des données statistiques des pêches mantilles au Bénin.
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Le Gurun, J.F., La section de technique des pêches. Cotonou, Projet Modèle, 43 p.. PMB/WP/19
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1991 Afrique de l'Ouest, Projet Modèle Bénin, Conclusions et recommandations du Projet.
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V, Documents occasionnels I Occasional Papers


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1985 DIPA43 p. + 3 annexes.
Sheves, G.T. Integrated small-scale fisheries projects: principles, approaches. and progress in the
1985 context of the Benin prototype project. Paper presented at the workshop on Small-
scale Fisheries Development and Management, Lomé, 20-29 November 1985, 33 p.
Sheves, G.T. Projets intégrés de pêches artisanales : approches et évolution dans le contexte du projet
1985 pilote. Document présenté à l'atelier régional sur le développement et l'aménagement
des pêches artisanales, Lomé, 20-29 Novembre 1985, 36 p.
Paraïso, F-X., Rapport sur stages de recyclage en identification des poissons Cotonou, GCP/RAF/
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Collar, A. et M. Guidicelli, Développement des pêcheries inarititimes et continentales de la piscicul-
1985 ture au Gabon. Rome, FAO, GCP/RAF/192/DEN 77 p.

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