TEMA 2.
SÉANCE 4 (20/03)
1. L’Amérique latine: De la guerre révolutionnaire à la guerre populaire prolongée
Le contexte de l’Amérique latine dans les années 1950
Les pays d’Amérique latine ont obtenu leur indépendance entre 1810 et 1835. Cependant, après 1945,
la région est marquée par une grande instabilité politique, des tentatives difficiles d’instaurer la
démocratie et un rôle très important de l’armée dans la vie civile. Les États-Unis exercent une forte
influence, notamment à travers la doctrine Monroe, proclamée en 1823, qui considère l’Amérique
latine comme une zone d’intérêt exclusif pour les États-Unis.
Les luttes révolutionnaires et les stratégies de guérilla
À partir des années 1950, des mouvements révolutionnaires émergent dans toute l’Amérique latine.
Deux grandes périodes se distinguent :
1. 1960-1975 : Les guérillas castro-guévaristes
Inspirées par la révolution cubaine (1959), ces guérillas suivent les idées de Fidel Castro et
Che Guevara. Elles prônent la lutte armée contre les régimes en place, considérés comme
oppressifs et soutenus par les États-Unis. Leur stratégie repose sur la guérilla rurale, en
s’appuyant sur les paysans pour mener une révolution populaire.
2. 1975-1990 : La seconde vague de guérilla
Après l’échec de nombreuses guérillas rurales, une nouvelle stratégie apparaît : la guérilla
urbaine. Les mouvements révolutionnaires s’adaptent aux contextes locaux et développent des
luttes prolongées contre les régimes militaires et autoritaires, notamment en Argentine, au
Pérou et en Colombie.
Ces conflits s’inscrivent dans un contexte plus large de guerre froide, où les États-Unis soutiennent
activement les gouvernements en place pour contrer toute influence communiste dans la région.
1.1 Les guérillas castro-guévaristes, 1960-1975
Dans les années 1960 et 1970, l'Amérique latine est marquée par une vague de mouvements
révolutionnaires inspirés par la révolution cubaine de 1959. Ces guérillas, appelées
"castro-guévaristes" en référence à Fidel Castro et Che Guevara, cherchent à renverser les
gouvernements en place et à instaurer des régimes marxistes-léninistes. Leur stratégie repose sur la
lutte armée, d'abord en milieu rural, puis en milieu urbain. Cependant, ces mouvements se heurtent à
une forte répression et à des difficultés internes, ce qui conduit à leur échec dans la plupart des pays.
Origines et idéologie des guérillas castro-guévaristes
La révolution cubaine, menée par Fidel Castro contre le dictateur Fulgencio Batista, aboutit en janvier
1959 à l’instauration d’un régime socialiste. Très rapidement, Che Guevara devient l’un des
principaux théoriciens de la lutte révolutionnaire en Amérique latine. Lors de la conférence de
l’Organisation Latino-Américaine de Solidarité (OLAS) en 1967, il est décidé d’exporter cette
révolution à l’ensemble du continent.
Che Guevara développe alors plusieurs principes dans son ouvrage La Guerre des Guérillas (1960) :
● Il faut frapper le "talon d'Achille de l'impérialisme" (c'est-à-dire les faiblesses des régimes
soutenus par les États-Unis).
● La révolution doit commencer par des "foyers insurrectionnels" (focos) en milieu rural, qui se
propageront progressivement.
● Les paysans doivent être la base du mouvement, et les guérilleros doivent agir comme
avant-garde armée du peuple.
● L'armée révolutionnaire doit être le noyau du futur parti communiste, et non l'inverse.
Cependant, la mise en pratique de ces idées se heurte à de nombreux obstacles, notamment l’absence
de soutien populaire et la répression étatique.
Les guérillas rurales (1960-1975)
Dans un premier temps, les guérillas castro-guévaristes adoptent une stratégie rurale en s’implantant
dans les campagnes, comme cela avait été le cas à Cuba. Plusieurs tentatives sont menées dans
différents pays, mais elles échouent souvent en raison d’un manque de soutien des populations locales
et de la répression des gouvernements :
● Guatemala (1960) : Des révolutionnaires tentent de renverser le gouvernement, mais des
divisions internes entre le Mouvement du 13 Décembre (trotskiste) et les Forces Armées
Révolutionnaires (pro-castristes) empêchent la réussite du soulèvement.
● Venezuela (1960-1969) : Le Mouvement de la Gauche Révolutionnaire (MIR) et les Forces
Armées de Libération Nationale (FALN) lancent une guérilla, mais elle est écrasée par
l’armée.
● Bolivie (1966-1967) : Che Guevara lui-même tente d’y organiser une révolution, mais il ne
parvient pas à obtenir le soutien des paysans et est capturé puis exécuté en 1967.
● Mexique (1970) : L’Action Civique Nationale Révolutionnaire (ANCR), d’influence maoïste,
mène des attaques de banques et des kidnappings, mais elle est éliminée par les forces de
sécurité.
● Colombie (1966-1978) : Création des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC),
qui poursuivront la lutte armée pendant plusieurs décennies.
L’échec de ces guérillas montre les limites du modèle cubain : contrairement à Cuba, la plupart des
pays d’Amérique latine ont des armées bien organisées, des gouvernements soutenus par les
États-Unis et des paysans qui, souvent, ne voient pas d’intérêt à rejoindre les révolutionnaires.
Le passage aux guérillas urbaines
Face à l’échec des guérillas rurales, certains mouvements adoptent une nouvelle stratégie en menant la
lutte dans les villes. Ces guérillas urbaines utilisent des méthodes comme les attentats, les
enlèvements et les attaques contre les institutions gouvernementales.
● Brésil (1964-1971) : L’Alliance de Libération Nationale (ALN), dirigée par Carlos
Marighella, développe une tactique de guérilla urbaine. Mais en 1971, elle est démantelée par
les forces de répression.
● Argentine (1970-1975) : Plusieurs groupes révolutionnaires (trotskistes, maoïstes,
castro-guévaristes, anarchistes, péronistes) mènent des actions violentes contre l’État. L'armée
argentine met en place une lutte anti-subversive qui anéantit ces mouvements.
● Uruguay (1962-1971) : Le mouvement des Tupamaros, influencé par la révolution cubaine,
mène des attaques clandestines en ville. À partir de 1971, il est violemment réprimé par des
"escadrons de la mort".
Ces guérillas urbaines échouent également à renverser les gouvernements, et la plupart des
révolutionnaires sont capturés ou tués.
Conclusion
Les guérillas castro-guévaristes ont profondément marqué l’histoire politique de l’Amérique latine,
mais elles ont échoué dans leur objectif principal : instaurer des régimes marxistes-léninistes à l’image
de Cuba. Leur stratégie rurale s’est heurtée à un manque de soutien populaire et à la répression des
États. Le passage à la guérilla urbaine n’a pas non plus permis d’atteindre leurs objectifs, les
gouvernements réagissent par une militarisation accrue et des politiques de lutte anti-subversive.
Toutefois, ces mouvements ont eu un impact durable : certains, comme les FARC en Colombie, ont
continué à exister pendant plusieurs décennies. De plus, les méthodes de contre-insurrection
développées par les États ont eu des conséquences sur les droits humains, avec des régimes militaires
adoptant des stratégies de répression très violentes.
1.2 La seconde vague de guérillas, 1975-1990
Introduction
Après l'échec des premières guérillas castro-guévaristes, une nouvelle vague de mouvements
révolutionnaires émerge en Amérique latine à partir de 1975. Cette seconde vague est marquée par des
conflits plus intenses, souvent en réaction à des régimes militaires répressifs. La victoire des
sandinistes au Nicaragua en 1979 donne un nouvel élan aux guérillas, suscitant une réponse forte des
États-Unis, qui perçoivent ces révoltes comme une menace communiste influencée par l'URSS.
Le tournant de 1979 : la victoire sandiniste au Nicaragua
En juillet 1979, le Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN) renverse la dictature de Somoza,
marquant le début de la Révolution populaire sandiniste. Ce succès inspire d'autres mouvements
révolutionnaires en Amérique latine et alimente la peur d’une expansion communiste soutenue par
l’Union soviétique. Les États-Unis dénoncent alors l’ingérence soviétique et commencent à définir la
guérilla comme une forme de terrorisme politique. Selon le Département d'État américain, il s'agit
d'un "conflit de basse intensité" où des groupes armés utilisent la violence pour des objectifs
politiques, visant un public plus large que leurs seules victimes directes.
Les conflits majeurs de la seconde vague
- Guatemala (1982) : répression et contre-insurrection
En mars 1982, l’armée guatémaltèque lance une guerre contre-insurrectionnelle pour reprendre le
contrôle du pays. Sa stratégie consiste à isoler la guérilla en la coupant des paysans et en la
repoussant vers la frontière mexicaine. Cette politique entraîne de nombreuses violations des droits
humains, notamment des massacres de populations indigènes accusées de soutenir les rebelles.
- Le Salvador (1979-1990) : guerre civile entre l'État et le FMLN
Le Salvador est marqué par un long conflit entre le gouvernement militaire et le Front Farabundo
Martí de Libération Nationale (FMLN). De 1979 à 1990, les guérilleros lancent des attaques
insurrectionnelles, auxquelles l’armée répond par une violente répression. Cette guerre civile cause
des milliers de morts et suscite l’intervention des États-Unis, qui financent et forment l’armée
salvadorienne pour contrer la guérilla.
- Colombie (1980-1982) : la montée des guérillas en montagne
En Colombie, plusieurs groupes révolutionnaires s’affrontent à l’armée, notamment les FARC
(Forces Armées Révolutionnaires de Colombie) et le M-19. En 1980, le M-19 tente d’occuper
Bogota, mais son offensive échoue. L’État bloque également l’expansion des FARC, ce qui pousse ces
groupes à diversifier leurs tactiques et à adopter une violence protéiforme, combinant enlèvements,
attaques de postes militaires et alliances avec le narcotrafic.
- Pérou (1970-1990) : l’essor du Sentier Lumineux
Le Sentier Lumineux (SL) est un mouvement marxiste-léniniste qui commence sa guerre contre
l’État péruvien en 1981. À partir de 1987, le SL s’engage dans le trafic de coca, donnant naissance à
un "narco-terrorisme", où la guérilla finance ses activités par le commerce illégal de drogue. Sa
brutalité et son recours à la terreur marquent profondément la société péruvienne.
Conclusion
La seconde vague de guérillas latino-américaines, entre 1975 et 1990, est bien plus intense et
prolongée que la première. Alors que la première vague reposait sur une stratégie rurale inspirée par
Che Guevara, cette nouvelle génération de guérillas adopte des tactiques variées : guerre de montagne,
guérilla urbaine et financement par le narcotrafic. La réponse des États est souvent brutale, avec une
répression massive et le soutien militaire des États-Unis. Ces conflits marquent durablement l’histoire
politique et sociale de l’Amérique latine, avec des conséquences qui perdurent encore aujourd’hui.
2. L’AMERIQUE LATINE : UN DOMAINE D’INTERVENTION RESERVE DE L’EMPIRE AMERICAIN
2.1. Aux origines : La place de l’Amérique latine dans le modèle impérial, 1870-1920
La "doctrine Monroe" du 2 décembre 1823 proposait de protéger la démocratie américaine contre
l’influence des régimes autocratiques européens. Elle soutenait l’idée de l'extension du modèle
démocratique américain sur l'ensemble du continent. Par conséquent, cette doctrine justifiait des
interventions pour contrôler les affaires du continent américain, établissant ainsi une logique
d'influence dans la région.
Au cours de cette période, plusieurs événements marquent cette volonté d’interventionnisme
américain :
● 1898 : L’annexion d’Hawaï.
● 1908-1909 : Les États-Unis prennent le contrôle du Panama, qui a été arraché à la Colombie.
● 1904 : Dans un discours, Théodore
Roosevelt exprime que les
États-Unis, bien que réticents, sont
contraints d’exercer un rôle de police
internationale dans l’hémisphère
occidental, afin de maintenir l'ordre
face à des injustices flagrantes.
Dans les années suivantes, les interventions se multiplient, toujours sous l’égide de la doctrine
Monroe :
● 1914 : Intervention contre la dictature mexicaine pour protéger les intérêts des entreprises
américaines.
● 1915 : Occupation militaire d’Haïti.
● 1916 : Occupation du Nicaragua par les marines américains.
● 1917 : Interventions au Costa Rica.
● 1919 : Des troupes américaines débarquent au Honduras.
● 1920 : Interventions au Guatemala.
Les partis politiques républicains et démocrates soutiennent généralement ces interventions dans les
affaires continentales, reflétant un consensus sur la nécessité de maintenir l'influence des États-Unis
en Amérique latine.
2.2. La « contre-révolution » américaine, de 1945 à 1990
À partir de 1945, avec la conférence panaméricaine de Chapultepec, les États-Unis rappellent aux
régimes d’Amérique latine que la lutte contre le communisme doit être une priorité. En conséquence,
une série de soutiens militaires et économiques à des dictatures militaires se déploie :
● Entre 1948 et 1956 : Aide à la dictature paraguayenne du général Stroessner.
● 1951 : L’implantation d’une assistance militaire et des formations militaires aux États-Unis et
au Panama.
● Soutien à la dictature de Batista à Cuba, avant que les relations ne se détériorent après
l’arrivée au pouvoir de Fidel Castro, entraînant un blocus économique de Cuba.
En 1965, une intervention militaire américaine a lieu à Saint-Domingue, tandis que les États-Unis
poursuivent leur soutien aux dictatures en place, favorisant ainsi leur politique de lutte contre le
communisme dans la région.
L’une des manifestations les plus sombres de l’interventionnisme américain fut l'opération Condor
dans les années 1970-1980, soutenue par les régimes militaires d'Amérique du Sud, avec l’appui tacite
des États-Unis, via la CIA et Interpol. Cette opération visait à éliminer les dissidents, les opposants
politiques et à renforcer les régimes autoritaires par la répression systématique.
L’opération Condor ou « l’interpol des dictateurs
L'opération Condor, souvent appelée "l'Interpol des dictateurs", a été une initiative militaire secrète
lancée dans les années 1970 et 1980 en Amérique du Sud, visant à lutter contre les mouvements
perçus comme subversifs ou communistes. Organisée sous l'égide de régimes militaires, notamment
ceux du Chili, de l'Argentine, du Paraguay, du Brésil, de l'Uruguay et de la Bolivie, elle a été soutenue
par la CIA et d'autres services de renseignement internationaux, comme Interpol. L'objectif principal
était de réprimer les dissidents politiques à l'échelle régionale en recourant à des méthodes extrêmes,
telles que la torture, l'assassinat et la disparition forcée.
Les dictatures impliquées ont coopéré pour éliminer toute forme de résistance, en particulier les
militants de gauche et les sympathisants des mouvements révolutionnaires. Elles ont mis en place un
réseau de coopération transnationale, souvent à l'insu de la communauté internationale, dans lequel les
services de renseignement échangeaient des informations et organisaient des actions coordonnées, y
compris l'enlèvement de suspects dans des pays tiers. Ce réseau est à l'origine du terme "internationale
des dictateurs", et ses opérations ont été menées avec une brutalité systématique, allant jusqu'à jeter
des victimes d'avions ou d'hélicoptères.
L'opération Condor a été formellement mise en place en 1975 lors d'une réunion à Santiago, et son
fonctionnement était très similaire à celui d'Interpol, bien que plus secret et violent. Les régimes
militaires ont constitué des équipes spéciales qui pouvaient se déplacer dans d'autres pays pour
exécuter des sanctions, y compris des assassinats ciblés. Les États-Unis, bien qu'ils n'aient pas joué un
rôle direct dans l'exécution des crimes, étaient informés des activités de l'opération et ont apporté leur
soutien à ces régimes autoritaires par des aides financières et techniques.
Avec la fin des régimes militaires dans les années 1980, l'opération Condor a perdu de son efficacité,
bien que son impact continue de résonner, notamment en raison des révélations récentes sur les
responsables de ces crimes. En décembre 2023, la Cour suprême du Chili a confirmé la condamnation
de plusieurs agents des services de renseignement chiliens impliqués dans ces enlèvements et
assassinats.
En conclusion, l'opération Condor représente un modèle d'organisation transnationale de la répression
politique et de la torture, dont les méthodes brutales ont servi de leçon pour les futures opérations
secrètes. Cette "internationale des centres de torture" a laissé une empreinte durable sur la manière
dont les États autoritaires peuvent coopérer de manière discrète pour éliminer leurs opposants, et
soulève des interrogations sur la continuité de ces pratiques dans des contextes contemporains,
notamment en ce qui concerne le traitement des djihadistes à l'échelle internationale.
Enfin, l’opération Condor a marqué un chapitre sombre de l’histoire de l’Amérique latine et a
contribué à renforcer la répression dans la région. Elle soulève la question de savoir si la création d’un
réseau international de centres de torture de djihadistes pourrait avoir été inspirée par cet exemple
historique.
2.3 Démocratisation et lutte antidrogue
Les années 1980 ont marqué un tournant important dans la politique des États-Unis en Amérique
latine. Ce changement s'est manifesté par un éloignement progressif du modèle de répression
autoritaire de l'Opération Condor, au profit d'une promotion des valeurs démocratiques et du respect
des droits de l'homme ( Prise de distance des Etats-Unis avec le modèle Condor au nom du respect des
valeurs démocratiques).
Ce virage a été impulsé par la présidence de Jimmy Carter (1977-1981), qui a fait de la
démocratisation de l'Amérique latine une priorité de sa politique étrangère. Carter a activement
soutenu la transition vers des régimes démocratiques en condamnant les dictatures militaires au nom
des principes de liberté politique et de droits de l'homme.
Cependant, cette approche a été mise en question sous l'administration de Ronald Reagan
(1981-1989). Bien que Reagan ait continué de lutter contre les régimes communistes, notamment
ceux appuyés par les sandinistes au Nicaragua, il a également critiqué les régimes autoritaires en
Amérique latine, soulignant les risques associés à l'expansion du communisme et du marxisme.
Reagan a alors cherché à promouvoir des alternatives démocratiques capables de freiner la montée des
régimes marxistes, notamment par des soutiens politiques et économiques à des mouvements
démocratiques dans la région.
Cette évolution s'est concrétisée par l'invasion du Panama en décembre 1989, une opération militaire
destinée à renverser le dictateur Manuel Noriega, accusé de collusion avec les cartels de la drogue.
L'invasion a symbolisé un changement majeur dans la politique américaine : la lutte contre les
régimes militaires a cédé le pas à la lutte contre le narcotrafic et ses liens avec les régimes autoritaires.
Cette réorientation a entraîné une profonde évolution des relations entre les États-Unis et l'Amérique
latine. Le soutien inconditionnel aux régimes militaires et para-militaires, souvent perçus comme
corrompus et répressifs, a disparu. Les États-Unis ont désormais concentré leurs efforts sur la lutte
contre le trafic de drogue, qui est devenu le principal ennemi. À partir des années 1990, cette guerre
contre les cartels de la drogue est devenue une priorité, marquée par l'intensification des actions
militaires, notamment contre le Cartel de Medellín en Colombie.
En 1990, les États-Unis ont intensifié leur aide militaire pour soutenir les pays de la région dans leur
lutte contre la production de drogue et l'économie illicite qui en découle. Cela a conduit à une
redéfinition de la guerre en Amérique latine : la lutte contre les régimes militaires a été remplacée par
une lutte contre le narcotrafic, dont les implications politiques et sociales étaient de plus en plus
préoccupantes.
Pour conclure :
- L'histoire de l'Amérique latine est un exemple frappant de la manière dont la violence
politique, le "terrorisme" et le "contre-terrorisme" ont été interconnectés au fil du temps.
- La région a été marquée par l'émergence de différentes formes de violence politique,
influencées par des idéologies telles que le marxisme-léninisme, le trotskisme et le maoïsme.
- Ces courants ont nourri la violence politique à travers des stratégies de guérilla rurale et
urbaine, qui ont été perçues par les régimes autoritaires comme des actes "terroristes".
- L'Opération Condor, en tant que modèle transnational de répression, a servi de base à la
mise en place d'un réseau international de lutte contre le terrorisme, similaire à celui
d'Interpol.
- Le modèle Condor versus Interpol : un modèle transnational de lutte contre le terrorismE
- Ce modèle a permis aux régimes militaires de coopérer secrètement pour éliminer les
dissidents et les opposants politiques, consolidant ainsi un système de violence transnationale
qui a profondément marqué l'histoire contemporaine de la région.