Wirtschaftsbericht Madagaskar 2024 - Ambss Suisse
Wirtschaftsbericht Madagaskar 2024 - Ambss Suisse
Executive Summary
En 2023, la conjoncture économique de Madagascar était en légère amélioration en comparaison à l’année
précédente. En 2022, les chocs extérieurs, notamment les effets de la crise sanitaire et les tensions
géopolitiques internationales, devaient encore être encaissés. La relance de l’économie se caractérise par
une légère augmentation du PIB réel qui devrait croître de 4,6 % en 2024 (3,8% en 2023). Mais la situation
économique du pays n’est pas prometteuse et les freins à la croissance et au développement sont
principalement dus à la mauvaise gouvernance et la corruption généralisée. Le pays comptabilise un le
taux de pauvreté supérieur à 80%. De plus, ce qui est alarmant selon la BM, est que la pauvreté urbaine a
considérablement augmenté. La Grande île est également sujette aux aléas climatiques qui détruisent des
infrastructures, paralyse l’économie de certaines régions et accentue le phénomène de migration interne.
Engendrée par les tensions géopolitiques mondiales mais également par une faible gouvernance du marché
de l'énergie étatique, l'inflation reste élevée dans le pays. Selon le FMI, en 2023 l’inflation moyenne était
de 9,9%, alors que les projections pour 2024 sont à 7,9%. Le pouvoir d’achat de la population reste faible
et le prix des produits de première nécessité a augmenté. En plus de cela, la crise dans le service publique
avec les coupures d’eau et d’électricité quasi quotidiennes par la JIRAMA créent de fortes tensions dans le
pays. Ces coupures sont néfastes pour le développement de l’économie et mettent en péril les petites
entreprises. Depuis mai 2024, un nouveau DG étranger a été engagé, dans le but de mener une stratégie de
redressement.
Malgré les initiatives du gouvernement pour améliorer le climat des affaires, les facteurs déterminants pour
l'investissement privé (sécurité juridique, infrastructures, éducation, accès au crédit) ne sont pas encore
suffisamment développés. Depuis le début de cette année 2024, le pays subit une crise des exportations
dans les secteurs phares (vanille, nickel, cobalt). Les exportations ont diminué de 29% au premier
semestre 2024. En attente d’un décret sur son application, le nouveau code minier espère répondre de
manière plus adéquate aux exigences du marché international. Toutefois, l’exportation légale d’or a pu
reprendre depuis février 2024.
L’année 2023 a été marquée par l’élection présidentielle. Bien qu’emprunté d’un manque de transparence,
de soupçons de corruption et de non-respect des droits humains pendant la campagne, le Président de la
République, Andry Rajoelina a été réélu. Pour ce nouveau mandat, la Politique Générale de l’Etat (PGE)
est la nouvelle stratégie d’émergence et de développement du pays pour les années à venir. La PGE veut se
concentrer sur (1) l’industrialisation, (2) le capital humain, (3) la bonne gouvernance. Cependant, annoncé
dans la loi de finances restrictive 2024, l’allocation du budget de l’Etat a diminué de moitié. Les programmes
d’investissement public ont été réduits de 52,4%, mais les objectifs et le plan de mise en œuvre de la PGE
n’ont pas été adaptés. En raison de la faiblesse de l'État, de la corruption omniprésente, d’une population en
grande partie peu formée, des chocs climatiques et de la fragilité face aux chocs externes, la réalisation de
ces perspectives étatiques de développement est compromise et l'avenir économique du pays est incertain.
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Rapport économique 2024
Face à ces défis liés au développement, la fragilité du pays s’est accrue. Le taux de pauvreté estimé
par la Banque Mondiale à plus de 80,7 % pour 2023 5(seuil de pauvreté international de 2,15 USD par
jour), ce qui fait de Madagascar l'un des États les plus pauvres du monde (figurant dans la liste des PMA
- pays les moins avancés selon l'ONU). En effet, selon un rapport de la Banque Mondiale, Madagascar
est l'un des seuls pays au monde à avoir vu sa situation se dégrader en termes de PIB par habitant
depuis les années 1960, sans avoir été confronté à une guerre ou à une crise grave. Depuis 1960, le
PIB par habitant à Madagascar a presque diminué de moitié6. De ce fait, Madagascar fait aujourd'hui
face à un exode rural massif vers les centres urbains, car la majorité de la population n'a pas de
perspectives en dehors des villes. La Banque Mondiale a récemment publié un rapport sur l’évolution
de la pauvreté qui révèle que, malgré une légère baisse de l’extrême pauvreté, la pauvreté urbaine s’est
considérablement accrue entre 2012 et 2022 pour passer de 46% à 61%7. Cette augmentation de la
pauvreté est préoccupante pour le pays. En ce qui concerne l’Indice de Développement Humain (IDH),
le PNUD a présenté en juin 2024 un rapport qui indique que la courbe de prévision de l’IDH a
énormément régressé par rapport aux prévisions faites en 2019 8. Cette tendance mondiale résonne
particulièrement pour Madagascar qui a un IDH très bas et occupe la 177 place au classement mondial.
Cette régression peut être en partie expliqué par le faible taux de scolarisation.
La monnaie nationale l’Ariary s’est appréciée en début d’année 20249. À la fin du mois de décembre
2023, la monnaie a frôlé la barre des 5 000 ariary pour 1 euro, alors qu’en mars 2024, l’euro se vendait
à 4 675 ariary sur le marché international des devises (MID). Le ministère de l’Économie et des Finances
explique que ce sont les rapatriements et la cession de devises issus des produits exportés qui ont
contribué à cette appréciation de l’ariary sur le MID. On parle même d’une «stabilisation» de l’ariary.
Cependant, en juillet 2024, la baisse de 29% des exportations au premier semestre agit sur la
dépréciation de l’ariary sur le MID. L’euro s’échange désormais à 4 885 ariary. 10
Selon les statistiques du FMI, le taux d’inflation moyen de l’année 2024 devrait se situer à 7.89%.11 En
2023, l’inflation annuelle moyenne a atteint 9,9 %, comparée à 8,2 % en 2022. L’inflation a un impact
significatif sur le pouvoir d’achat de la population malgache. Les produits de première nécessités (PPN)
comme le riz sont touchés par cette hausse générale des prix, ce qui aggrave la précarité sur la
1
https://worldpopulationreview.com/countries/madagascar-population
2
https://www.imf.org/en/Countries/MDG
3
https://www.banquemondiale.org/fr/country/madagascar/overview#:~:text=En%20mars%202024%2C%20le%20portefeuille,nationaux%20et%204%20op%C3%A9ra
tions%20r%C3%A9gionales.
4
https://2424.mg/economie-la-valeur-ajoutee-creee-par-le-secteur-informel-estimee-a-31-5237-milliards-dariary-par-an/
5
https://www.banquemondiale.org/fr/country/madagascar/overview#:~:text=Le%20pays%20est%20dot%C3%A9%20de,jour%20en%20PPA%20de%202017).
6
https://documents.worldbank.org/en/publication/documents-reports/documentdetail/099040323142549791/bosib06727b8a603b0bbc50f9264b9412f9
7
https://www.banquemondiale.org/fr/country/madagascar/publication/madagascar-afe-poverty-assessment-navigating-two-decades-of-high-poverty-and-charting-a-
course-for-change
8
https://hdr.undp.org/content/human-development-report-2023-24
9
https://www.lexpress.mg/2024/05/marche-de-devises-des-gains-en-valeur.html
10
https://midi-madagasikara.mg/baisse-de-29-des-exportations-au-premier-semestre-2024/
11
https://www.imf.org/en/Publications/SPROLLS/world-economic-outlook-databases#sort=%40imfdate%20descending
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Rapport économique 2024
Grande île. L’évolution de la valeur de la monnaie malgache dépend des développements financiers et
géopolitiques internationaux, comme c’était le cas pour le conflit ukrainien et la pandémie de COVID-19.
Pour 2025, le FMI table sur un taux d’inflation à 7,3% pour Madagascar 12.
Pour faire face à cette situation de perte de pouvoir d’achat, le gouvernement a décidé d’augmenter le
salaire minimum de 10% dans le secteur privé à partir du mois de mars 2024 13. Le salaire minimum
mesuel d’embauche passe de 238 800 ariary à 262 680 ariary (49.45 CHF) pour les secteurs non
agricoles. Il sera de 266 500 ariary (50,16 CHF) pour le secteur agricole, contre 242 200 ariary en 2023.
La balance commerciale est toujours déficitaire. Son déficit a atteint 6 943 milliards d’ariary (1.5
milliards de USD) en 2023 si on se réfère aux données sur la situation du commerce extérieur de
Madagascar, publiées par la direction générale des douanes (DGD)14. L’administration douanière
rapporte que la valeur totale des exportations malgaches l’année dernière s’élevait à 14 286 milliards
d’ariary. Celle de ses importations durant cet exercice s’est établie à 21 229,7 milliards d’ariary. Avec
une baisse de 29% des exportations au premier semestre de 2024, la balance commerciale risque
d’accroitre son déficit.
Madagascar produit la majorité de son électricité grâce au pétrole, ce qui rend la grande île fortement
dépendante des pétroliers. Sous la pression du FMI lors des négociations pour l’octroi des programmes
de facilité, l’Etat et les pétroliers ont finalement trouvé un protocole d’accord qui arrange les deux parties
dans le règlement de leurs dettes croisées16. Jusque-là, les pétroliers ont refusé de s’acquitter des
charges fiscales sans être payés de leurs passifs. Effectivement, le passif de l’Etat malgache envers les
pétroliers s’élèverait à 111 milliards d’ariary (24,4 millions USD). Ces montants sont inscrits dans le
Projet de Loi de Finances Restrictives (PLFR) de 2024, mais entre les écritures financières et les
déblocages réels, il existe souvent un retard qui peut semer le doute.
Avant que le Président de la République, Andry Roajoelina soit élu en novembre 2023, le Plan
Émergence de Madagascar (PEM 2019-2023) constituait le cadre de référence pour la politique de
développement du pays. Le PEM se basait sur 13 engagements « velirano » afin d’assurer un
relancement économique à travers plusieurs secteurs, la prospérité du pays et une autosuffisance
alimentaire. Pour la législature de ces 5 années à venir, la Politique Générale de l’Etat (PGE) s’articule
autour de 3 axes stratégiques, mettant en priorité l’industrialisation, le capital humain, et la gouvernance.
Ces trois axes ont une finalité comparable au PEM : (i) l’industrialisation pour accroître la production et
atteindre un niveau de croissance suffisant, (ii) le capital humain pour s’assurer que la croissance soit
bien distribuée, et (iii) la gouvernance pour la soutenabilité de la croissance et la stabilité des institutions.
Cependant, le PEM qui avait des ambitions jusqu’en 2040 n’a pas eu de grands effets sur la réelle
émergence du pays. Après les élections législatives, le gouvernement a finalement été nommé le 22
12
https://2424.mg/le-fmi-revoit-a-78-sa-prevision-du-taux-dinflation-a-madagascar-pour-2024/
13
https://2424.mg/travail-le-salaire-minimum-dembauche-passe-a-262-680-ariary-a-madagascar/
14
https://2424.mg/madagascar-enregistre-un-deficit-commercial-de-6-943-milliards-dariary-en-2023/
15
https://documents.worldbank.org/en/publication/documents-reports/documentdetail/099534504052452726/idu1935b78211c4df1495b1be9311424cbf5467d
16
https://www.lexpress.mg/2024/07/carburants-nouvel-accord-entre-letat-et.html
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août 2024.17 Cependant, malgré une politique de finance restrictives (PLFR) adoptée le 11 juin 202418,
annonçant une coupure budgétaire massive dans les investissements publics étatiques, la PGE et son
plan de mise en œuvre pour l’émergence du pays n’ont pas été adaptés. 19 Comme pour la PEM, les
objectifs de la PGE de ce nouveau mandat devront accélérer les réformes structurelles et renforcer
la confiance du public dans les politiques. La volonté de lutter contre la corruption a été évoquée depuis
la réélection du président. Par ailleurs, une augmentation ambitieuse de l'investissement, financée par
une augmentation significative de la mobilisation des recettes intérieures et du financement extérieur,
devrait être mise en avant.
L’épanouissement du secteur industriel est principalement bloqué par le manque de rénovation des
infrastructures et par l’absence d’un approvisionnement stable et rentable d’énergie pour les entreprises.
De manière générale, jusqu’à ce qu’on ne puisse pas transporter facilement les matières premières et
qu’on n’aura pas d’accès à une énergie stable et abordable pour les transformer sur place, créant ainsi
de la valeur ajoutée dans le pays, une véritable industrialisation du pays ne sera pas possible. Il faut
également mettre en place des mesures pour protéger l’industrie locale, comme celle dans le secteur
textile.
Début 2024, le ministère de l’environnement de du développement durable (MEDD), conscient des
enjeux environnementaux, a néanmoins pris les devants pour lutter contre le trafic d’espèces protégée.
Ces objectifs font partie de la lutte contre la corruption qui est omniprésente à Madagascar. La
surveillance douanière renforce également ses capacités en matière de lutte contre les exportations
illicites des ressources nationales et la contrebande. Le MEDD joue un rôle déterminant la politique
économique de l’Etat étant donné que le modèle des crédits carbone est prometteur pour Madagascar.
Si le port de la Grande île est en cours de modernisation, les autres infrastructures restent vétustes. La
plupart d'entre elles datent du début du 20ème siècle. Le réseau routier s’est fortement dégradé. À titre
de comparaison : réseau routier en 1960 = 60 000 km ; en 2022 = 11 000 km. De plus, ce système de
transport déjà fortement réduit ne couvre qu'une partie du pays et n'est plus suffisant pour transporter
des passagers et produits ou desservir les régions éloignées. D’après la Banque Mondiale, 17 millions
d’habitants ne sont pas connectés au réseau routier. Ce manque de connectivité entre les villes affecte
grandement le potentiel de développement du pays. De plus, certaines zones sont dépendantes de
routes pour l’acheminement du carburant et des PPN ce qui les rend encore plus vulnérables en cas de
catastrophes naturelles ou pendant la saison des pluies. Le projet d’autoroute entre Antananarivo et
le port principal de Toamasina à l’est du pays, récemment lancé en collaboration avec une entreprise
égyptienne, est actuellement fortement contesté par la société civile car sa trajectoire traverserait une
zone protégée. En effet, l’autoroute devrait traverser des sites protégés et inestimables pour leurs
richesses biologiques, physiques et écosystémiques. De plus, la procédure de règlement de
l'indemnisation des propriétaires des terres et des rizières affectées par le projet n'est pas encore
achevée.
Dans la capitale, un réseau de téléphérique est en construction. Il s’agit d’une promesse
17
https://midi-madagasikara.mg/nouveau-gouvernement-ce-jour-vers-la-nomination-de-14-nouveaux-ministres-dont-7-femmes-et-des-secretaires-detat/
18
https://www.mef.gov.mg/page_personnalisee/index/news/1419
19
MMM - malagasy-miara-miainga, Réf. 005/QG-MMM/2024, « Politique Générale de l’Etat et coopération entre le FMI et Madagascar », 13 août 2024.
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présidentielle pour moderniser le transport urbain, mais son utilité publique pour lever la pression de la
mobilité en ville reste à prouver. Le prix annoncé de 3000 ariary ne permettra qu’à la population de la
classe moyenne à aisée de profiter de ce moyen de locomotion. Quant au train, bien qu’inauguré le
projet de train urbain à Antananarivo n’est pas opérationnel. Le réseau national ferroviaire n’est pas
entretenu et son usage devient dangereux. Trois graves accidents de train ont eu lieu au cours de cette
période de revue dans la région de Manakara. Ces accidents ferroviaires graves sur la ligne
Fianarantsoa-Côte Est (FCE) étaient causés par le manque d’entretien.
Concernant le fret aérien, la compagnie nationale, Madagascar Airlines, détenant le monopole pour les
vols à l’intérieure du pays fait face à de vives critiques. Par manque de ressources techniques, la
compagnie a annulé de nombreux vols ces derniers mois. Ce manque de fiabilité n’est pas un bon
élément pour le tourisme sur l’île. De plus, la compagnie détenue à 51% par l’Etat profite de disposer du
monopole pour faire grimper les prix, ce qui ne profite pas au développement de l’économie touristique.
En revanche, à partir du mois de septembre 2024, des longs courriers proposés par Emirates et faisant
escale aux Seychelles seront sur le marché. Le président espère accroitre le potentiel touristique pour
la clientèle de Dubaï et de la région.
Un problème récurrent concerne les fournisseurs de services publics liés à l’énergie et à l’eau. La
JIRAMA (avec monopole de distribution appartenant à l'État) est en difficulté depuis des années en
raison d'une infrastructure délabrée, des prix élevés du pétrole sur le marché local, de vols fréquents et
d'un mauvais recouvrement des dettes. La viabilité financière de la JIRAMA est constamment menacée.
Ce sont les usagers raccordés au réseau d'électricité et d'eau de la JIRAMA qui en font les frais, à savoir
des coupures d'électricité et d'eau pratiquement quotidiennes. Par ailleurs, une grande partie de la
population rurale et de nombreux citadins pauvres vivent toujours sans électricité et sans eau, ce qui a
des répercussions négatives sur la vie économique locale. En mai 2024, trois anciens directeurs de la
JIRAMA ont été condamnés à dix ans de travaux forcés pour corruption. Les juges du Pôle anti-
corruption (Pac) ont enquêté sur plusieurs affaires de corruption au sein de la JIRAMA.
Rappelons que Madagascar est fortement dépendant du pétrole pour sa production énergétique, et que
les autres sources d’énergie pourtant fortement abondantes sur l’île, telles que le solaire et l’éolien, ne
sont pratiquement pas exploitées. Le coût de production de l’électricité s’élève actuellement à 0,35
USD/kWh pour la JIRAMA. Alors que l'entreprise enregistrait un seuil de rentabilité en 2009, elle était
confrontée à un déficit de vente de 0,11 USD/kWh en 2022. Avec une production annuelle d'électricité
de 1’900 GWh, des pertes techniques de 28 % et un taux de recouvrement de 89 %, la JIRAMA a perdu
environ 150 millions USD (~604 milliards MGA). Même les transferts gouvernementaux d'environ 100
millions USD par an à la JIRAMA via la BM, ne suffisent plus à maintenir la viabilité financière de
l’entreprise. Il faut ajoute à cela que le système national énergétique de l’île ne permet pas de transfert
d’énergie d’une zone à une autre. Sans cette structure de redistribution, une centrale de production à
grande échelle n’est pas envisageable.
Depuis le mois de mai 2024, le nouveau Directeur Général, Ron Weiss, a été nommé à la tête de la
JIRAMA pour ces 5 prochaines années par la BM. L’ingénieur israélien qui a honoré son précédent
mandat au Rwanda avec succès, compte assainir l’entreprise de ses dettes et optimiser sa productivité.
Un plan de redressement en trois volets (management, technique et financier) est attendu d’ici le mois
de novembre 2024. Outre la modernisation du réseau, de nombreux projets d’énergie renouvelables
sont attendus. Amorcer une transition vers des sources d’énergies renouvelables plus économiques est
aussi une façon pour la JIRAMA de réduire ses coûts de production et de s’attaquer à sa dette de 1500
milliards d’ariary (330 millions USD).20
Secteur vanille
Madagascar couvre 80% du commerce mondial de vanille Bourbon qui est le principal produit agricole
d'exportation de la Grande île. Il assure un quart des recettes d’exportation (5% du PIB) et des rentrées
conséquentes au budget de l’Etat. Cependant, cette dernière année a été très difficiles pour les
opérateurs de la vanille. Au début de l’année 2023, la vanille a perdu 58,4% de sa valeur à l’export,
ce qui a eu un impact sur la conjoncture économique du pays, car la vanille est un des plus grands
pourvoyeurs de devise à Madagascar. Depuis deux ans, le prix de la vanille est donc tombé très bas
pour diverses raisons, notamment des pressions étrangères. L’instauration par l’Etat en 2020 le prix
minimum à l’exportation d’USD 250 par kg de vanille noire (prix du marché international : USD 150),
l’obligation de rapatrier l’intégralité des recettes en devises et la création d’un Conseil national de la
vanille (CNV) dont l’une des prérogatives est de délivrer les agréments d’exportation, sont des mesures
qui ont péjoré les conditions des acteurs dans le secteur. Cette situation a entraîné une paralysie de
l’économie dans la région de la SAVA et un certain nombre de faillites. Les fortes pressions ont
finalement incité le Président à libéraliser à nouveau le marché de la vanille en Avril 2023. Au début
20
https://midi-madagasikara.mg/evolution-positive-1-500-milliards-dariary-de-dettes-a-resorber/
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de l’année 2024, l’UE qui est un des principaux importateurs de vanille a révisé le règlement relatif aux
normes exigées, ce qui a permis à la vanille de Madagascar de réintégrer le marché européen. Depuis
la crise, les pays producteurs de vanille souhaitent faire bloc en créant une plateforme pour défendre le
prix de la vanille. Cette initiative de création d’une Organisation internationale de la vanille prise par
le ministre malgache et saluée par la Secrétaire Générale de l’ONU Commerce et Développement
constitue une solution prometteuse pour endiguer la spéculation des prix de la vanille sur le marché
international. Pour voir les prix remonter, il faudra probablement attendre la nouvelle campagne
d’exportation cet automne 2024. La nouvelle récolte de vanille s'annonce en effet en nette diminution (à
cause du cyclone Gamane qui a ravagé les productions dans la région SAVA), et ne pourra pas être
compensée par les stocks qui, sauf surprise, devraient avoir fondu sous l'effet de la très bonne saison
d'exportation qui se termine.
Secteur du cacao
Sur le marché mondial, le cacao est en plein essor depuis le début de l’année 2024. Les producteurs
de cacao à Madagascar, qui est de très bonne qualité, peuvent écouler leur production pour un très bon
prix. Les fèves de cacao se sont vendues jusqu’à 40 000 ariary le kilo (8,8 USD). De plus, la filière profite
d’une bonne gestion par les autorités publiques et le secteur privé, ce qui lui vaut sa notoriété. Cette
année, Madagascar pourrait également profiter de la perte de production des autres pays producteurs
dû aux aléas climatiques (notamment la Côte d’Ivoire et le Ghana).
Secteur minier
Le secteur minier malgache dispose d'un potentiel considérable (grande richesse en métaux (dont l'or),
minéraux, terres, pierres précieuses ; main d'œuvre bon marché). L’exportation légale d’or a repris
depuis février 2024, après des réformes apportées dans ce secteur. Cette avancée reflète l’engagement
gouvernemental à canaliser les ressources à très haute valeur ajoutée vers le développement
économique. Le prix du marché pour l’or est évalué à 60 000 USD par kilo, ce qui représente des devises
considérables pour le pays. Les exportations aurifères étaient en suspens depuis plusieurs années et
l’objectif annoncé était l’exportation de 500kg dans les 100 premiers jours de reprise. Il est estimé que
l’exportation illégale de cette ressource au cours des dernières années aurait fait perdre 100 tonnes d’or
à Madagascar. Cependant, les cours du nickel et du cobalt ont considérablement baissé, ce qui a
impacté l’économie malgache dont la croissance dépend en grande partie des recettes de ses
exportations. L’Etat prévoit la reprise et le lancement de plusieurs projets miniers au cours de ces
prochaines années.
D’autres réformes sont entreprises dans le secteur pour attirer les investisseurs étrangers afin de
développer les activités minières et favoriser l’essor économique du pays. Le nouveau Code minier tout
en prenant en compte les spécificités locales, vise à aligner la législation malgache sur les meilleures
pratiques internationales. Le nouveau cadre juridique vise à instaurer la transparence, notamment en ce
qui concerne les dispositions fiscales (augmentation de 5% des droits de douane et des taxes sur les
produits miniers), la réduction de la superficie maximale des terrains accordés aux détenteurs de permis,
une protection accrue des lieux de valeur culturelle, un renforcement des normes écologiques et un
engagement social par la création d'un fonds minier pour l'investissement social et communautaire. Le
Décret d’application du nouveau code minier est encore attendu.
Secteur textile
Jusqu'à la crise Covid-19, le secteur du textile et de l'habillement était le premier secteur manufacturier
de Madagascar et le plus grand employeur de main-d’œuvre après l'agriculture (19,35% du PIB ; 7%
des investissements directs étrangers IDE et 69% des exportations en 2019). La période de la pandémie
a fortement réduit ce secteur économique suite à la baisse de la demande européenne et américaine en
produits textiles. Des milliers d'emplois ont été perdus et les conditions de travail se sont dégradées.
L'industrie textile malgache est aujourd’hui sous l'influence de Maurice, opérateur historique du secteur
de l'habillement, qui a délocalisé une grande partie de sa production à Madagascar pour faire face à
l'augmentation des coûts de production dans son propre pays. Malgré cela, l'industrie textile malgache
ne s'est pas encore redressée. Toutefois, la qualité exceptionnelle du travail local et du savoir-faire
malgache dans le domaine attire les maisons de haute couture et de l’industrie du luxe. Le secteur a un
potentiel énorme de génération d’emploi et pour attirer les IDE. La croissance du secteur secondaire
devrait s’établir à 5,1% en 2024, et l’industrie du textile pourrait jouer un rôle déterminant.
E-commerce
Le commerce électronique fait partie des secteurs de croissance du pays. Cependant, des réformes au
niveau législatif (protection des données ; mesures de protection contre la cybercriminalité) sont
nécessaires pour pouvoir intégrer les entreprises de e-commerce dans le secteur formel. Pour que les
consommateurs d’internet puissent bénéficier d’une meilleure qualité des services numériques, le
groupe Telma et Vodafone se sont associés dans le but de relier Madagascar au plus grand système
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sous-marin de câbles à fibres optiques. La Banque mondiale soutien également ce projet « Connectivité
numérique et énergétique pour l'inclusion à Madagascar (DECIM) » avec un crédit de 400 millions USD.
Cela devrait permettre de doubler l'accès à l'internet de 33,7% à 67% avec 3,4 millions d'utilisateurs
d'internet supplémentaires), ce qui favorisera l'inclusion socio-économique. Prochainement, la division
spécialisée dans l’internet par satellite de SpaceX, nommée Starlink, proposera ses services à
Madagascar. Cette initiative promet d’améliorer considérablement l’accès à internet dans le pays, surtout
dans les zones les plus éloignées.
Energies renouvelables
Madagascar offre un large éventail d'opportunités d'investissement dans le domaine des énergies
renouvelables. Grâce à sa position géographique, le pays bénéficie de 2'800 heures d'ensoleillement
par an et de vents stables dans plusieurs régions du pays. Cette situation est favorable au
développement de projets d’énergie solaire et éolienne. Les nombreux cours d'eau du pays permettent
également l’exploitation de l’énergie hydraulique. Le chantier du premier parc éolien de Madagascar est
lancé au Sud du pays. L’Etat se tourne vers les énergies renouvelables en matière de politique
énergétique. C’est également le cas pour la relance de la JIRAMA.
Le gouvernement malgache s'efforce de faire du pays une destination plus attrayante pour les
investisseurs étrangers et de s'ouvrir davantage au commerce international par le biais de plusieurs
initiatives et incitations. Il s'agit notamment de la promotion des exportations, de la gestion de la
concurrence, du contrôle des marchés publics au profit de l'économie nationale, de la compétitivité de
Madagascar et de son intégration dans l'économie mondiale. Dans ce sens, le pays fait partie de
plusieurs accords économiques internationaux.
2018, le pays n’a pas encore ratifié cet accord. La résistance dans la ratification de ce pacte de libre-
échange par Madagascar peut être expliquée, en raison des doutes exprimés par les opérateurs et la
population quant aux impacts sur le marché interne, étant donné qu’il prévoit la libre circulation des biens
et services, des personnes et des capitaux. En février 2024, un Programme d’Appui (PA) à l’adhésion
de Madagascar à la ZLECAF visant à accélérer la ratification a été lancé et bénéficie du soutien de la
Banque Africaine de Développement (BAD).
Aucune loi n'interdit ou ne limite les investissements étrangers dans le pays, mais de nombreux
obstacles inhérents rendent les investissements difficiles. Madagascar dispose d'un énorme potentiel
naturel, mais la qualité médiocre et néanmoins coûteuse des infrastructures, l'accès limité au crédit et
aux instruments financiers, ainsi que la mauvaise définition des titres de propriété sont autant d'obstacles
à l'investissement. L'instabilité politique et la corruption ont souvent empêché les investissements
étrangers et ont également provoqué le départ de nombreux investisseurs. Bien que la loi malgache
traite les investisseurs étrangers et locaux de manière égale, les entreprises étrangères font souvent
l'objet de poursuites pénales pour des taxes douteuses, des violations inexplicables du droit du travail
ou pour d'autres raisons. De plus, selon la loi malgache une entreprise étrangère ne peut pas acheter
des terrains sur le sol malgache ce qui peut potentiellement désintéresser les investisseurs étrangers
à s’engager dans ce pays.
4 Commerce extérieur
De manière générale, les perspectives économiques du pays sont très incertaines. Madagascar reste
confronté à des risques liés à la fragilité sociale, à un État aux structures défiantes, aux catastrophes
naturelles et au changement climatique. La période 2024 est toutefois légèrement plus positive que 2023
si on se réfère aux indicateurs économiques. Dans un contexte de ralentissement de la croissance
mondiale et de hausse de l'inflation, le PIB réel devrait croître de 4,6 % en 2024 (3,8% en 2023), tandis
que l'inflation moyenne atteindrait 7,9% contre 9,5 % en 2023.
Les risques cités auparavant dans le rapport pourraient accroître les pressions budgétaires et
extérieures et donc ralentir l'augmentation des investissements publics, ce qui aurait un effet négatif sur
la croissance économique et sur le commerce extérieur. En même temps, les tensions financières dans
les entreprises d'État et les fragilités bancaires pourraient également augmenter l’instabilité.
21
Des données plus récentes ne sont pas disponibles.
22
https://2424.mg/commerce-98-des-produits-dorigine-malgache-accedent-desormais-au-marche-chinois-sans-droits-de-douane-la-vanille-parmi-les-nouveaux-
produits-a-beneficier-de-cette-exemption/
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De plus, le secteur de la vanille (qui représente environ un quart des recettes d'exportation de
marchandises de Madagascar) a été fragilisé avec l’introduction en 2022 du prix minimum à l'exportation
de 250 USD par kilogramme. Depuis, le prix minimum a été levé et le marché s’est à nouveau libéralisé.
Madagascar souhaite maintenir ses parts de marché dans le secteur de la vanille et a lancé l’initiative
de réunir les pays exportateurs dans une organisation internationale pour faire bloc contre les pressions
et barrières commerciales extérieures. Cependant, au premier semestre de 2024, le commerce extérieur
du pays baisse de 29%, et ce serait en partie à cause du secteur de la vanille qui a perdu de la valeur.
Selon la Banque Centrale, la valeur de la vanille exportée a fléchi de 63,5% en raison de la baisse de
81,3% du prix, même si la quantité a rebondi de 95,0%.23
L'intégration de l'économie malgache dans les flux commerciaux régionaux et mondiaux reste modeste.
Les échanges économiques de Madagascar avec ses voisins régionaux, à l'exception de l'Afrique du
Sud, restent quant à eux particulièrement limités, malgré l'appartenance du pays aux deux zones
régionales de libre-échange que sont le COMESA et la SADC. Une adhésion à la ZLECAF pourrait
renforcer des échanges.
Le secteur des exportations, entravé par la lenteur des procédures de dédouanement et une
infrastructure portuaire inadaptée aux besoins actuels, reste néanmoins l'un des piliers de l'économie
malgache. En 2023, la balance commerciale affichait un déficit de 1,5 milliard USD. En revanche, les
échanges internationaux avec les grands pays occidentaux tels que l'Union européenne et les États-
Unis sont excédentaires. En 2022, la Grande île a exporté pour près de 3,5 milliards d'USD, tandis que
les importations se sont élevées à plus de 5,4 milliards d'USD. 24
Madagascar exporte principalement des produits miniers (cobalt, nickel, titane, pierres précieuses) et
des produits agricoles (vanille, café, cacao, girofle, poivre, sucre). La production de nickel et de cobalt
du grand projet Ambatovy entre le Canada, le Japon et la Corée du Sud représente le plus grand
investissement étranger jamais réalisé dans le pays, et compte pour près d'un tiers des recettes
d'exportation de Madagascar. Cependant, depuis le début de l’année 2024, ce projet est ralenti par un
conflit entre le géant minier et les populations voisines concernant l’exploitation du site. De plus, les prix
du nickel et du cobalt ont considérablement chuté. Les exportations seraient en diminution en raison
de l’excès de l’offre sur le marché et la baisse des prix des batteries pour les voitures électriques.
Dans le domaine de l'exploitation minière à grande échelle, le projet Tolagnaro de la société QMM (QIT
Madagascar Minerals) pour l'extraction d'ilménite dans l'agglomération de Toaliara (au sud-ouest de l'île)
est également en cours d'avancement. Il s'agit d'un facteur de développement important pour toute la
région d'Atsimo Andrefana, d'autant plus que Toliara est un important centre pour les migrants du Sud.
Cependant, les obligations d'indemnisation de QMM envers la population locale, qui ne voit pas que des
bienfaits dans ce projet, ne sont pas encore réglées.
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https://midi-madagasikara.mg/baisse-de-29-des-exportations-au-premier-semestre-2024/
24
Des données plus récentes ne sont pas disponibles.
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Malgré les difficultés décrites ci-dessus, Madagascar reste de loin le premier exportateur mondial de
vanille naturelle (80 % du marché mondial, 2 268 tonnes en 2022, d'une valeur de 543 millions USD). 25
La Grande île exporte également des clous de girofle, ceci pour une valeur de 273 millions USD en
2022, et était le 2ème producteur mondial (40%) derrière l'Indonésie. La filière du girofle a toutefois
connu une crise en 2023, mais les exportations ont pu reprendre, et Madagascar est désormais le
premier exportateur mondial de girofle.26 Les principales destinations des exportations malgaches sont
la France, (l’Union européenne), les Etats-Unis, le Japon, la Corée du Sud, la Chine et les Pays-Bas.
La majorité des importations sont des produits pétroliers, des minéraux bitumineux, des produits
alimentaires (notamment le riz, l'huile de palme et le soja), des médicaments et des biens de
consommation. Ces produits viennent principalement de la Chine suivie par Oman, l'Inde et l'Afrique du
Sud.
---
Les relations économiques entre la Suisse et Madagascar sont modestes. Les échanges qui ont atteint
46 millions de CHF en 2023, soit une légère diminution par rapport à 2022 où les échanges économiques
équivalaient à 49 millions de CHF. De façon générale, la Suisse connaît toujours un déficit commercial
important avec Madagascar. En 2023, les exportations suisses (10'682’469 CHF) vers Madagascar ont
principalement été composées de produits issus de l’industrie chimique et pharmaceutique. Quant aux
exportations malgaches vers la Suisse (30'917’651 CHF), elles ont principalement été composées de
produits agricoles et de produits textiles.
Les échanges commerciaux concernent surtout des produits tels que les épices (vanille, clous de girofle)
et des matières premières utilisées notamment par les labels bio, encore peu nombreux.
5 Investissements directs
Le gouvernement malgache afin d'attirer les investisseurs a promulgué diverses réformes visant à
améliorer le climat des affaires. Malgré cela, les facteurs déterminants pour l'investissement privé
(sécurité juridique, infrastructures, niveau d'éducation, accès au crédit) ne sont pas encore suffisamment
développés. Selon le rapport Doing Business 2020 27 du Groupe de la Banque mondiale, qui mesure les
réglementations favorables et défavorables à l'activité des entreprises dans 190 pays, Madagascar ne
se classe qu'au 161ème rang.
De plus, la corruption reste un problème répandu dans la Grande île. Notamment selon l'Indice de
Perception de la Corruption (IPC) 2023 publié par Transparency International - Initiative Madagascar
(TI-iM)28, le score du pays s’est encore dégradé par rapport à l'année précédente, à savoir 25/100, ce
qui place Madagascar au 145ème rang au niveau international.
Ces mauvais résultats en matière de corruption sont également confirmés par le Word Justice Project
(WJP)29, qui vient d'annoncer que Madagascar, selon l’indice de l’État de droit 2023, occupe la 114ème
place sur 140 pays en matière de justice civile, avec un score de 0,43. Cet indicateur est basé sur
l'accessibilité et l'impartialité du système de justice civile du pays évalué, et dans le cas de
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Des données plus récentes ne sont pas disponibles.
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https://newsmada.com/2024/05/04/madagascar-reste-le-premier-exportateur-mondial-de-girofle/
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Des données plus récentes ne sont pas disponibles.
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https://www.transparency.mg/ipc/
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https://worldjusticeproject.org/rule-of-law-index/country/2023/Madagascar
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Madagascar, il y a encore beaucoup de progrès à faire dans ce domaine. En effet, le Groupement des
Entreprises de Madagascar (GEM) a constaté à plusieurs reprises que le système juridique en place ne
garantit pas le respect des lois en vigueurs et que au contraire toute sorte d’abus judicaire est de plus
en plus fréquent. Cela est causé par la monté de la corruption dans le pays et par le manque de
transparence dans le monde politique. Le domaine fiscal est lui aussi peu transparent et comporte de
nombreuses adversités pour le monde des affaires.
Selon le Rapport sur l’investissement dans le monde 2024 de la CNUCED, Madagascar a reçu 415
millions USD d'entrées d'IDE en 2023, contre 468 millions de dollars en 2022.30 Ces IDE entrants
peuvent être expliqués comme étant des investissements de l’étranger à Madagascar, et qui
comprennent tous les actifs et les passifs entre une entreprise d’investissement directe résidente et
l’investisseur direct non-résident.
En outre, la protection de la propriété intellectuelle n'est pas garantie à Madagascar. En décembre 2022,
l'Assemblée nationale a adopté un projet de loi pour progresser dans ce domaine. Les entreprises
malgaches ne comprennent pas nécessairement l'importance de la protection d'une invention, pourtant
essentielle au développement d'une économie. L'impact actuel de la stimulation de la recherche et de
l'invention sur le développement économique est encore très limité.
En mai 2023, la réforme de la loi sur l'investissement à Madagascar a été voté à l’unanimité à
l'Assemblée nationale. La mise à jour de ce texte législatif datant de 2007, est essentiel pour la création
d'un climat d'investissement attractif et pour répondre aux exigences des entrepreneurs face à l'évolution
de l'environnement économique mondial.
Les relations économiques entre la Suisse et Madagascar sont modestes, mais ont un potentiel de
développement. Plusieurs grandes entreprises suisses sont actives dans le pays. La plupart des activités
économiques suisses se concentrent sur le tourisme. Les échanges commerciaux concernent surtout
des produits tels que les épices et les matières premières, utilisées notamment par les labels bio.
Une trentaine d'entreprises suisses ou à participation suisse sont présentes à Madagascar. Selon les
statistiques de la Banque nationale suisse, le stock des investissements suisses à Madagascar à la fin
201731 s'est chiffré à CHF 22.8 millions et les firmes helvétiques y employaient 631 personnes (des
chiffres plus récents ne sont pas disponibles).
En raison du faible poids de Madagascar dans l'économie suisse, la promotion du commerce extérieur
est peu présente, tant par les acteurs privés (absence d'une chambre de commerce Suisse-Madagascar)
que par les acteurs étatiques (absence d'une branche locale de Switzerland Global Enterprise). Dans la
mesure de ses possibilités, l'Ambassade organise des rencontres à la Résidence suisse, pour l’échange
avec les acteurs économiques suisses actifs sur le terrain.
Par contre, la Suisse reste prioritairement impliquée sur le terrain dans les organisations internationales
telles que le PNUD, le PAM, l'OIM, l'OMS, l'UNICEF, le FMI, la BAD, etc. Un grand nombre d'ONG
suisses (par exemple Helvetas, Medair, CEAS, ADES, Action de Carême, MSF, WWF etc.) sont
également actives sur le terrain. En outre, le Zoo de Zurich soutient depuis des années des projets de
conservation de la nature dans la péninsule de Masoala, au nord-est de Madagascar.
De plus, cette Ambassade dispose d'un fonds pour soutenir des petits projets dans les domaines de la
coopération au développement et des droits de l'homme. L'Ambassade assure également une présence
en soutenant diverses manifestations culturelles à Madagascar ayant un lien avec la Suisse.
30
https://2424.mg/investissement-lentree-dide-a-madagascar-estimee-a-415-millions-de-dollars-en-2023/
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Des données plus récentes ne sont pas disponibles.
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Le potentiel de la Suisse en tant que destination de vacances et de formation est faible. Des raisons
financières, géographiques et culturelles sont à l'origine de cette situation. Au vu de la situation
économique du pays, seule la classe supérieure, au poids néanmoins non négligeable, peut envisager
un séjour en Suisse. D'autre part, la Suisse internationale, avec Genève comme lieu de nombreuses
conférences, reste attractive. Cela se reflète dans le nombre de demandes de visas pour de tels
événements (839 pour visiter la Suisse en 2023, et 425 de la période de janvier à juin 2024).
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Répartition du PIB
Source(s) :
Statista
https://www.statista.com/statistics/460387/share-of-economic-sectors-in-the-gdp-in-madagascar/
World Bank
https://databank.worldbank.org/reports.aspx?source=jobs
https://www.afdb.org/en/countries/southern-africa/madagascar/madagascar-economic-
outlook#:~:text=Agriculture%27s%20share%20of%20GDP%20fell,from%2077%25%20to%2064.1%25
%20.
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Des données plus récentes ne sont pas disponibles.
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2023 202233
Rang Pays Exportations Part Var.34 Rang Pays Importations Part Var.10
par le pays hôte par le pays hôte
(USD millions) (USD millions)
100 100
Total ………… …% Total ………… …%
% %
Source(s) :
IMF
https://data.imf.org/?sk=9d6028d4-f14a-464c-a2f2-59b2cd424b85&sid=1515619375491
33
Des données plus récentes ne sont pas disponibles.
34
Variation par rapport à l’année précédente en %
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Source(s) :
https://data.imf.org/?sk=40313609-F037-48C1-84B1-E1F1CE54D6D5
Selon le Rapport sur l’investissement dans le monde 2024 de la CNUCED, Madagascar a reçu 415
millions USD d'entrées d'IDE en 2023, contre 468 millions de dollars en 2022.36
35
Pas de documentation, ni de statistiques sont disponibles après l’année 2018.
36
https://2424.mg/investissement-lentree-dide-a-madagascar-estimee-a-415-millions-de-dollars-en-2023/
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