Histoire du sport
2. Contexte
“ Des formes d’intervention existent avant que ces politiques ne prennent le
nom de politiques sportives ”.. . J. Defrance
3. La naissance des politiques publiques
“ La pénétration du pouvoir politique dans le champ de la pratique sociale
constitue un phénomène inévitable”. Houel J
I Une affaire privée
Le sport comme moyen de sociabilité
L’acquisition du droit à l’association
Le respect de l’ordre public
II le souci politique du corps
Une technologie des corps = M foucault 1975
1) Servir la république
les fêtes de gym sont l’occasion pour l’U.S.G.F de mettre en scène le culte de la
patrie et de la république =P .Chambat
« Développez par des exercices physiques, toutes ces jeunes cages thoraciques,
et vous verrez les poumons s’amplifier, la circulation deviendra plus active, et ce
sera un sang plus oxygéné, plus vivifiant qui apportera aux muscles, aux os, à
toute l’économie en voie d’accroissement, des éléments organiques et
minéraux plus riches et plus nombreux, qui donneront une résistance plus
grande aux maladies. »
P. Michaux, De l’éducation physique dans les patronages 1897, Paris
4. Les premières institutions politiques
1920 : Création du Sous Secrétariat d’Etat à l’enseignement technique, chargé
de l’EP et sportive, confié à G.Vidal
Les sportifs « contribuent à défendre à l’étranger le prestige, l’autorité de notre
pays (…) Ils représentent, si l’on peut employer ce terme un peu moderne, une
sorte de « diplomatie du plein air » » (E. Herriot 1929).
1936 : « Il n’y a pas en France d’organisation sportive, il n’y a que des
marchands de spectacles »
III. Le Front Populaire
1. La perception négative du sport
Le sport contre l’éducation physique, Paris Vuibert, 1925, Georges Hébert : un
diagnostic moral de la situation du sport en distinguant bien ce qu’il peut être
en principe de ce qu’il est en fait. (Jacques Defrance 1993)
Motif pour justifier = ne pas le laisser dans les mains de « marchands de
spectacles »
Le danger physique
1932 : « les sports collectifs poussent l’adolescent à s’y adonner de bonne
heure. Mal préparé, il s’usera prématurément et empêchera son
développement normal
Les professionnels
Frantz Reichel, président de l’U.S.F.S.A. refuse, en 1913 “ que le football
fournisse l’occasion de devoir à leurs muscles une situation que leur
défendaient une intelligence insuffisante, une instruction négligée, une
éducation primitive, ou un manque d’aptitudes sociales ”.
Guillain J.Y., La Coupe du monde de football, l’œuvre de Jules Rimet, =1998
L’individualisme = en EDUCATION PHYSIQUE, le but suivi est la
sociabilité, il consiste à faire des gens faible ou moyen , des êtres fort
Sport fédéralisé= champions, des vedettes ou des équipes.
On ne s’intéresse qu’aux vainqueurs. L’exploit sans portée utile, la prouesse
vaine justifient toutes les outrances inhérentes aux compétitions ».= (Georges
Hébert, 1944).
le dopage ou a tricherie
il utilise des amphétamines pour éviter la fatigue
-Jean Malléjeac en 1955, exclu du Tour,
-Tom Simpson en 1967 Mont Ventoux.
1959 : « Considérations actuelles sur le doping ».
1963 : colloque européen sur le doping, (Patrick Laure)
1936 : création de deux sous-secrétariats d’Etat
1918- 1939 :Jean-Paul Callède, Maires et ministre entreprenants, l’invention
des politiques publiques du sport
4. La conception de Léo Lagrange 1936
« Dans le sport, nous devons choisir entre deux conceptions :
dans le sport spectacle et la pratique restreinte à un nombre
relativement petit de privilégiés
création du champion, c’est du côté des grandes masses qu’il faut porter
le plus grand effort
5. Le brevet sportif populaire
1937 : création du Brevet Sportif Populaire (BSP)
« En créant le Brevet sportif populaire, c’est à un effort national de rénovation
physique
6. Les villes à l’œuvre
1880: piscines couvertes, des gymnases, des salles d’escrime, des manèges
d’équitation ou des vélodromes à Paris (initiatives privée ou commerciale).
1890 : L’intervention communale prend corps dès les années
IV. L’Etat français sous Vichy
1. Les structures dédiées
Commissariat général de l’éducation générale et des sports, par la loi 1940
Trois grands départements :
- Le secrétariat général de la jeunesse
- Le commissariat général aux chantiers de jeunesse
- Le commissariat général à l’éducation générale et aux sports
La charte des sports 1940
introduit une rupture en reconsidérant arbitrairement « le fonctionnement
général du mouvement associatif sportif qui accorde à l’Etat un rôle central et
décisionnel dans la vie des fédérations ».
1942 : Extension des horaires scolaires d’éducation physique +Création des
centres régionaux d’éducation générale
1943 : L’ordonnance portant sur le statut provisoire des groupements sportifs
et de jeunesse
Ecoles de cadre =plus connu est Uriage
2. L’ordonnance de 1945
L’ordonnance « a pour but immédiat de permettre de stimuler l’activité des
grands mouvements sportifs régionaux ou nationaux dont le Gouvernement ne
peut se désintéresser et de poser quelques principes d’intérêt général de
nature à donner plus de cohésion plus de vie et plus de moralité encore au
sport français, élément capital du redressement de la nation ».
3. Le sport élément capital du redressement national
Le sport est un élément capital du redressement national
Au début de la 4ème république, le sport est présenté comme un « moteur du
relèvement de la nation ».
(M.Amar, Né pour courir : sport, pouvoir et rébellion, 1944-1958
Le sport aurait cette fonction symbolique de manifester ou non la grandeur du
pays, son aptitude à se relever
4. La notion d’agrément et la réaction du C.N.S.
Le procès-verbal du CNS indique qu’« il s’agit en quelques sortes d’une
réforme, d’une modification de ce qui avait été fait jusqu’à présent et qui place
les groupements sportifs sous la subordination du ministère de l’éducation
nationale, de la Direction des sports, et qui dans une certaine mesure, assez
grande d’ailleurs, diminue l’autorité et le prestige des fédérations sportives. »
5. Débuts de la professionnalisation des animateurs sportifs
Loi montagne (18 février 1948)= nul ne peut exercer même occasionnellement
la profession de guide de montagne s’il n’est titulaire d’un diplôme
Le 26 septembre 1951= l’organisation et le contrôle par l’Etat de
l’enseignement du ski.
Loi du 28 novembre 1955: judo et jiu jitsu
BE= 1963= Pour Herzog « le sport doit être considéré comme un service public »
VI. La montée des enjeux
2. Nationalisme et cohésion nationale
- Sport = un enjeu pour la nation.
- orgueil national meurtri par la guerre.
« il importe que dès le départ, chacun conserve à tout moment la notion qu’il
représente la France.
4. L’élargissement de l’audience olympique
1948 : JO de Londres (59 pays, 4000 sportifs)
1960: JO de Rome 85 nations
On ne peut plus ignorer l’importance de l’audience médiatique
5. L’entrée de l’URSS aux jeux
1952 : l’URSS participe pour la première fois aux JO (Helsinki)
Entrée de l’URSS /plan Marschall 1947
6. La prise en compte des enjeux du sport dans les politiques publiques
- 1958 : création du Haut-commissariat à la jeunesse et aux sports.
Un pays doit être grand, avant tout par la qualité de sa jeunesse et l’on ne
saurait concevoir une telle jeunesse sans idéal sportif, surtout dans la patrie
de Coubertin ». M. Herzog 1959
1963= le sport doit-être considéré comme un service publique =M. Herzog
- Centre de haut niveau à Font-Romeu,
- Rénovation et extension de l’INS,
- Obtention des JO de 1968 à Grenoble,
- Création d’une DTN.
VII. Le renforcement de la législation
la loi dite Mazeaud (1975) vient conforter dans le sport fédéral et l’éducation
physique
• Du sport des élites au sport pour tous
- représentation de la France sur le plan international
- apprentissage du sport à l’école
EPS/Pratique des APS/Equipement (3 titres de la loi)
-La loi pose le principe de la responsabilité de l’Etat en la matière en en faisant
« un élément de culture fondamental »
dont le développement devient
« une obligation nationale ».
Elle institue la notion de
« mission de service public ».
Le pouvoir estime qu’il s’agit d’un besoin
« d’intérêt général ».
Sport de haut niveau
- Reconnaissance du rôle du CNOSF (1972)
- Création des sections sport-études (1974)
- Création de l’INSEP (1975)
- Création des écoles nationales (équitation/Saumur, 1972
- 1978, création d’une commission de sport de haut niveau
Sport pour tous
- Thème du conseil de l’Europe (1966) repris par le CNOSF
- Pratique des personnes handicapées
Sport scolaire
- De 6H en primaire en 1969 et 5H au collège en 1967
- 1972 : réduction de 2H Lycée et 3H au collège
- Création des Centres d’animation sportive
La décentralisation
7 janvier 1983 : trois principes
- Transfert des compétences en bloc
- Pas d’ingérence d’une collectivité dans une autre
- Transferts = moyens pour le réaliser
La loi Avice 1984
-Elle tente d’améliorer la loi Mazeaud afin de adapter aux difficultés socio-
économiques qui se posent dans le sport. Elle instaure un partage des
responsabilités, l’Etat intervient dans 2 domaines (éducation et Ht Niveau)
-le sport éducation: cette loi confirme l’exclusivité de compétence aux
enseignants d’EPS dans le 2nd degré.. Dans le 1er degré, les instituteurs peuvent
se faire aider par un « personnel qualifié et agréé ».
-Pour le sport élite: la loi Avice, permet aux assos pro de se constituer en SAOS
(société anonyme à objet sportif) et de sortir donc du statut « AS » type loi
1901, afin de pouvoir faire des bénéficies et d’investir…
-Au niveau des fédérations: les décrets d’application de 1985 vont renforcer le
contrôle des pouvoirs publics sur le mouvement fédéral: elles doivent recourir
à des statuts types (contraignants) au niveau de leur organisation
administrative nationale pour participer à la mission de service public.
-Les sportifs de haut niveau: la loi confirme la situation spécifique de
reconnaissance sociale.
-Les instances Olympiques: le CNOSF voit sa position renforcée, ses
attributions sont inscrites dans la loi. Il doit co-géré avec les représentants de
l’Etat les fonds provenant du loto sportif
-En matière d’EPS: le gouvernement habilite les formations de maîtrise et
doctorat en 1982 (en STAPS), puis instaure pour l’EPS l’agrégation… s’ajoute de
nouveaux personnels: ceux des collectivités territoriales (opérateur des APS,
éducateur des APS, conseiller territorial des APS…) pour lesquelles le sport
devient un vecteur de communication et de reconnaissance important…
Exemples des sujets probable
Quels sont les motifs explicites et implicites pour lesquels l’Etat investit dans le
monde sportif?
En quoi l’Etat sert-il l’intérêt général depuis le début du Xxe siècle?
Quelles sont les étapes majeures de la progression de l’Etat dans les affaires
sportives?
Expliquer l’engagement et le désengagement de l’Etat dans les affaires
sportives.
(organisation, financement, ressources humaines, législation)
Donnez trois motifs différents d’engagement de l‘Etat dans le monde du sport
depuis
la fin du XIXème siècle, expliquez chacun en une dizaine de lignes
Pourquoi la professionnalisation devient un motif d’intervention de l’Etat dans
le sport?
Quelles formes cela prend-il?
Quelles sont les grandes institutions sur lesquels l’Etat se repose pour
intervenir
Dans le sport?
Pourquoi peut-on parler d’ingérence de l’Etat dans le sport?
Expliquer pourquoi l’engagement de l’Etat dans le sport peut se traduire par
l’oscillation d’un Etat social à un Etat libéral.