MEMOIRE MULONGO Dieu Merci Version Finale Corrigée OKokokoko
MEMOIRE MULONGO Dieu Merci Version Finale Corrigée OKokokoko
UNIVERSITE DE KINSHASA
Par
MULONGO BAL’MBEL Dieu-merci
EPIGRAPHE
DEDICACE
A nos très chers parents, Raphaël MULONGO et Gertrude MALA, qui, en dépit de
la situation macroéconomique actuelle, se sont sacrifiés pour nous permettre d’être ce que nous
nous sommes aujourd’hui.
A nos frères Horizon MULONGO et Mandela MULONGO ; que vous trouviez ici
l’expression de notre profonde gratitude pour vos contributions, financières, matérielles et morales
durant notre cursus universitaire.
A nos oncles Ivon MALA, Philippe LUPWANA, ainsi qu’à Tante Ambroisine
MAPI et son époux Elie MANIMA, pour nous avoir toujours chaleureusement accueilli sous vos
toits à Kinshasa.
A notre belle-sœur Vanessa MOKE et à Tante Célestine Makana, pour tout votre
soutien inestimable durant notre parcours universitaire.
REMERCIEMENTS
Nous souhaitons également exprimer notre gratitude à tous nos amis avec qui nous
avons partagé de moments de joie et de difficulté, en particulier à Arnold MALONGA, Joyce
BOLA, Jures BULUKU, Isaac LUKWENE, Aristote DAWOTI, Gladis MUNUMWEY, Matondo
KIKANGA, Gloire MALONGA, Nicolas MALONGA, Merdy MOKE, Associé KIBALA, Percy
KIBALA, Fils-chéri BALWA, Dievis Kapita, Beni MUDIANDAMBU et Esther MUNDELE.
Enfin, à toutes celles et tous ceux dont les noms, si chèrement gardés dans notre cœur
n’ont pu trouver place dans ce modeste répertoire d’âmes nobles, nous traduisons notre
reconnaissance la plus humble.
RESUME
Ce mémoire est le résultat d’une étude sur la végétation des anciens sites d'habitation
des quartiers du groupement Kinday, situé dans le secteur Mateko, territoire d’Idiofa, province du
Kwilu.
Au sein de ces îlots forestiers, Senna siamea est l’espèce caractéristique avec 19
individus, suivie de Millettia versicolor et Magnifera indica avec respectivement 18 et 14 individus.
L'analyse des usages des plantes par la population locale a montré qu'elles sont
principalement utilisées à des fins alimentaires, suivies des usages médicinaux et ornementaux. Ces
îlots forestiers sont essentiels non seulement pour la subsistance et les revenus de la population
locale, mais aussi pour leur rôle dans la préservation de l'environnement et la conservation de la
biodiversité.
ABSTRACT
This thesis is the result of a study on the vegetation of the old habitation sites of the
neighborhoods of the Kinday group, located in the Mateko sector, Idiofa territory, Kwilu province.
Through the observation method and a floristic inventory based on transects; the
study highlighted a significant floristic diversity with 284 plant individuals divided into 121 species,
101 genera and 49 families. The most represented families are Fabaceae (12.39%), followed by
Euphorbiaceae (11.57%), Rubiaceae (10.74%) and Apocynaceae (4.95%).
Within these forest islands, Senna siamea is the characteristic species with 19
individuals, followed by Millettia versicolor and Magnifera indica with 18 and 14 individuals
respectively.
The analysis of the uses of plants by the local population showed that they are mainly
used for food purposes, followed by medicinal and ornamental uses. These forest islands are
essential not only for the subsistence and income of the local population, but also for their role in
preserving the environment and conserving biodiversity.
INTRODUCTION
Problématique
En effet, la R.D. Congo présente une grande diversité biologique végétale, mais sa
composition floristique actuelle demeure encore très peu connue pour plusieurs entités
biogéographiques. A l'heure des inventaires des ressources naturelles, il est important que chaque
nation dispose des informations relatives à ses ressources, car la connaissance claire et précise de
ses potentialités est un des éléments qui permet d'élaborer un programme de mise en valeur et de
développement local, régional et national qui doivent s’intégrer dans le plan de gestion des
ressources naturelles (Belesi, 2009).
Le même auteur affirme qu’en dehors des travaux réalisés par les pionniers belges
sur la flore du Congo à l'époque coloniale, l'inventaire floristique était souvent mené par une
minorité des chercheurs autour des grandes villes comme Kinshasa, Kisangani, Lubumbashi, etc. à
cause de la présence des institutions universitaires et des centres de recherches.
C'est ainsi que jusqu'à l'heure actuelle, il existe plusieurs contrées de la République
démocratique du Congo qui ne sont pas encore explorées malgré les multiples travaux qui sont
orientés dans ce domaine floristique.
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Dans le même ordre d’idée, Nyakabwa (1988) cité par Nzabandora (2004) renchérit
que même en Europe où l'on pourrait croire que la flore est bien connue, on décrit encore de
nombreuses espèces nouvelles.
Par ailleurs, la province du Kwilu est connue pour ses nombreuses réserves
forestières et son couvert végétal est tributaire de sa position médiane entre le domaine de la forêt
et celui des formations herbacées (savane). En allant du nord au sud, le paysage de cette province
change de forêt en formation herbacée. Ainsi, la province du Kwilu dispose des forêts au nord,
particulièrement le long de la rivière Kasaï qui fait sa frontière avec la province de Mai-ndombe et
des formations herbacées au sud en allant vers la province du Kwango (PIREDD Kwilu, 2019).
L’auteur révèle également que dans le territoire d’Idiofa par exemple, les récoltes botaniques sont
celles de Vanderyst dans les années 1920 et 1932 ; et ce, seulement vers les années 1990 qu’une
première étude phytosociologique ait été réalisée dans la région par Lubini (1995) sur la forêt
ombrophile semi-sempervirente à Parinari excelsa et Diospyros conocarpa.
quels sont les facteurs ayant favorisé la régénération naturelle sur les anciens sites
d’habitation des quartiers du groupement Kinday ?
quelle est la composition floristique actuelle des anciens sites d’habitation de ce groupement
Kinday ?
quel rôle joue la végétation dans la subsistance de la population locale ?
quelle stratégie de gestion rationnelle et durable pourrait être développée pour préserver les
îlots forestiers de ces anciens sites d’habitation ?
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Hypothèses
Objectifs
L'objectif général de cette recherche est d’étudier et d’évaluer l’état actuel du couvert
végétal des anciens sites d’habitation des quartiers du groupement Kinday, afin de proposer une
stratégie de gestion rationnelle et durable de la végétation de cette zone.
identifier les anciens sites d’habitation des anciens quartiers du groupement Kinday ;
inventorier et prélever les différentes espèces végétales de la zone étudiée ;
analyser la composition floristique et évaluer la densité des espèces inventoriées ainsi que
leur structure diamétrique ;
analyser les utilisations ponctuelles des espèces végétales inventoriées et proposer une
stratégie de gestion rationnelle et durable de la végétation de ces anciens sites d’habitation.
Le choix que nous avons porté sur ce sujet, se justifie par le fait que, d’une part, la
végétation est souvent étroitement liée à la vie quotidienne des populations rurales, que ce soit pour
se nourrir, se soigner, ou se protéger ; et d’autre part, parce que la province du Kwilu est connue
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pour ses nombreuses réserves forestières, mais peu d'études ont porté sur la végétation des anciens
sites d’habitation. C’est pourquoi l'exploitation de cette végétation peut fournir des informations
précieuses sur l'histoire environnementale et culturelle des populations ayant habitées ces lieux.
Cela peut également aider à comprendre comment l'environnement a évolué au fil du temps.
Par ailleurs, dans l'étude de la végétation des anciens sites d’habitation des quartiers
du groupement Kinday, nous voudrions établir le lien entre la végétation et la culture locale, et
montrer qu’il est possible de mettre en évidence les pratiques traditionnelles de gestion de la
végétation, les modes de vie et les méthodes d'agriculture qui ont été utilisées dans les quartiers
(villages). Nous souhaitons également mettre en lumière les changements environnementaux qui
ont affecté la région, tels que l'impact de la déforestation sur la biodiversité locale.
Outre cela, cette étude peut également aider à éclairer les décisions de gestion
environnementale dans la région, tout en fournissant des informations précieuses aux chercheurs
dans le domaine de la conservation de la biodiversité.
Délimitation du travail
Un travail scientifique, aussi précieux soit-il, doit être délimité dans l'espace et dans
le temps. Ainsi, la présente étude a été menée dans les anciens sites d’habitation des quartiers du
groupement Kinday, situé dans le secteur Mateko, territoire d’Idiofa, province du Kwilu. Dans le
temps, elle couvre la période de l’année académique 2023-2024.
Subdivision du mémoire
En vue d’éviter toute mauvaise interprétation qui peut surgir au courant de la lecture
du présent travail, nous avons voulu définir quelques concepts clés.
1.1.1. Végétation
La végétation d'une contrée est le tapis végétal qui la recouvre, elle est constituée
des espèces de la flore groupée en quantité et proportions diverses, les unes jouant un rôle
physionomique considérable, les autres étant disséminées et comme perdues au milieu des
précédentes. La végétation dépende des facteurs récents car, elle est, le plus souvent, sous la
dépendance des facteurs du milieu actuel. Ces facteurs peuvent être d’ordre climatique, édaphique
et biotique (l’homme ou les animaux). La physionomie est donnée par la composition des espèces
; et on distingue la végétation naturelle composée des plantes sauvages dites spontanées et la
végétation artificielle composée des plantes cultivées (Belesi, 2021).
D’après Belesi (op.cit.), le type de végétation est une unité majeure ou un grand
ensemble végétal qui imprime au paysage une physionomie particulière parce qu’il résulte de
l’accumulation d’espèces, pouvant être spécifiquement variées, mais appartenant, en grande
majorité, à une même forme biologique (arbre, arbuste, herbacée) qui est ainsi dominante. Il existe
deux catégories de types de végétation : ceux dus aux facteurs climatiques et ceux dus aux facteurs
édaphiques (sol). Ainsi, on aura les types de végétation climatiques et les types de végétation
édaphiques, mais le type de végétation climatique n’est pas à confondre avec le type de végétation
climacique. Cette dernière correspond au climax ou à la maturation de la végétation.
1.1.3. Florule
La florule (flore) est l’ensemble des espèces végétales présentes dans une aire
géographique ou un écosystème déterminé. La flore d’une zone est l’ensemble des espèces
végétales répertoriées ou la liste des plantes dans la zone (Belesi, op.cit.).
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1.1.4. Forêts
Une forêt est une étendue de terre couverte par un type de végétation
fondamentalement composée d’arbres de tailles variables : arbres émergents, arbres moyens,
arbustes ainsi que d’autres types de plantes : lianes, herbes, mousses ainsi que de champignons. La
physionomie, l’organisation structurale et la composition floristique d’une forêt dépendent
essentiellement des facteurs climatiques (précipitations, température, humidité atmosphérique), et
édaphiques (sol, altitude, et l’histoire géologique du terrain), (Kidikwadi, 2019).
Des observations faites par Belesi (2007) dans le Kwilu septentrional (en RDC)
convainquent de souligner la présence obligatoire des graminées (Poaceae) dans une formation
herbeuse ; néanmoins, considérant par ailleurs la présence de quelques espèces compagnes.
L’auteur considère qu’une formation herbeuse ou herbacée est donc une formation végétale dont la
caractéristique fondamentale est la dominance des graminées (Poaceae) et autres types graminoïdes
(Cyperaceae, Comelinaceae, parfois des Acanthaceae) et facultativement clairsemées d’espèces
ligneuses qui la rendent arbustive ou arborée.
1.1.6. Environnement
Il peut aussi être défini comme l'ensemble d'éléments vivants et non vivants qui nous
entourent et dont le fonctionnement harmonieux contribue au bien être humain et au
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1.1.7. Ecosystème
1.1.8. Biodiversité
1.1.10. Déforestation
Selon Carrière, Michon, et al., (2019), la déforestation peut se définir de façon très
générale comme un phénomène de régression des surfaces couvertes de forêt. Elle résulte de
déboisements, de coupes ou d’abattages puis de défrichements, liés à l’extension des terres
agricoles, à l’exploitation des ressources minières du sous-sol, à l’urbanisation, aux feux, voire à
l’exploitation excessive, illégale ou anarchique de certaines ressources forestières.
La régénération se définit de plusieurs manières, selon les forestiers : elle est une
technique qui fait appel à l'ensemencement spontané ; elle s'oppose donc aux techniques
d'enrichissement ou de plantation.
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1.1.12. Habitat
Un habitat en écologie, est un site ou espace géographique sur lequel des facteurs
climatiques (température, précipitations et humidité atmosphérique, vent, etc.) et édaphiques (relief,
roche, sols, eau) qui agissent sur les communautés vivantes par leur synergie (Kidikwadi, 2019).
Selon le glossaire (2017), les groupements végétaux est un ensemble des plantes
habitant un espace uniforme de la surface terrestre, constituant un milieu végétal spécifique du fait
des rapports existants entre ces végétaux et les conditions de leur habitat.
1.2.1.1. Jachère
Selon le dictionnaire universel de Furetière (1960), la jachère est une terre labourable
qu’on laisse reposer une ou plusieurs années sans y rien semer, pour la rendre par après plus fertile.
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En zone tropicale, dans le système de l’essartage, la jachère est l’état d’une parcelle qu’on laisse en
repos après l’avoir défrichée et cultivée et sur laquelle on laisse s’installer le recru forestier.
Généralement, une forêt mature peut être définie également par l’âge des arbres, la
présence de bois mort au sol et sur pied ainsi que par la diversité des stades de décomposition et
des diamètres des arbres. Une forêt mature n’est pas nécessairement ancienne, elle peut abriter des
peuplements âgés sans intervention humaine. Sans récolte, les forêts matures évoluent vers un stade
de forêt surannée à mesure que les arbres meurent et sont remplacés par des arbres plus jeunes
(Office québécois de la langue française, 2015).
Les recherches de Drapier (2021) révèlent qu’une forêt mature est caractérisée par :
- une certaine abondance de gros ou très gros (et vieux) arbres vivants ;
- une certaine abondance de bois mort au sol et sur pied, avec une diversité de stades de
décomposition du bois mort ;
- une abondance et diversité dendromicrohabitats (cavités, fentes...) ;
- une biodiversité particulière associée (organismes saproxyliques…).
peuplement arboré fermé, c’est-à-dire ayant plusieurs graminées absentes, c’est-à-dire pas
de strate herbacée ;
une futaie sempervirente ou partiellement et courtement caducifoliée ;
un taillis arbustif important et sempervirent ;
clairière naturelle de faible étendue.
Les graminées forestières ne forment jamais de tapis continu. Lorsque les graminées
sont présentes c’est que les rayons solaires peuvent arriver régulièrement au sol, à la faveur d’un
chablis ou grâce à l’ouverture d’un layon ou d’une piste par exemple.
Elles sont alors à feuilles relativement larges, souvent pétiolées, comme chez les
bambous, généralement tessellées, c’est-à-dire à nervures anastomosées disposées en damier et non
en parallèles (Belesi, 2021).
Ces forêts résultent essentiellement des activités humaines sur les forêts matures,
secondairement des processus naturels : régénération ou recolonisation des formations herbeuses,
éboulement ou glissement de terrain en pente. Les défrichements culturaux, les exploitations
forestières, l’ouverture des routes ou pistes forestières inaugurent une série évolutive de la
végétation post-culturale. Les espèces de ce type de forêts sont dans leur très grande majorité des
héliophiles (Kidikwadi, 2021).
Il s’agit de type de forêt se développant sur des substrats gorgés d’eau en permanence
ou par période. Le substrat reste humide tant en surface qu’en profondeur. Ce type de foret est
soumis à des facteurs écologiques communs et fondamentaux. Les facteurs les plus importants sont
les variations de la nappe phréatique au cours de l’année, le degré d’alluvionnement et drainage
(Kidikwadi, op.cit.).
a) forêt ripicole
Ce sont des groupements arbustifs pionniers qui se développent sur la berge de cours
d’eau. Elles sont influencées par le courant d’eau qui baigne. Plusieurs espèces développent de
caractéristiques éco morphologiques adaptatives notamment : la formation des marcottes.
Ce type de forêts subissent le charriage du courent d’eau qui emporte souvent les
débris des feuilles mortes, fruits, troncs d’arbre. Parmi les espèces les plus typiques de ces forêts se
retrouvent : Alchornea cordifolia, Lasimorpha senegalense, Lacosperma secundiflora.
Les forêts vallicoles sont hautes, atteignant 30 à 35 m d’hauteur. Elles occupent des
vieilles alluvions fertiles soumises à des crues passagères, basses terrasses et levées naturelles des
grandes rivières. Les principales espèces constituantes sont Sterculia subviolacea, Khayany asica,
et Erythrina excelsa.
En raison de pluie et de forte crue, ces forêts sont inondées pendant une longue durée.
Les arbres sont inondés dans leur base de tronc. Le substrat est totalement sous l’eau, tandis qu’en
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saison sèche l’eau se retire, les arbres sont les plus souvent déchaussés et la litière séchée peut bruler
et provoquer l’incendie de la forêt. Les espèces caractéristiques de ces types des forêts sont :
Parinari congonsis, Zeyherella longipedicellata, Alstonia congonsis, Guibourtia demeusei, etc.
e) forêt marécageuse
Il s’agit des forêts qui se développent sur les substrats sableux à argileux, à nappe
phréatique superficielle, gorgée d’eau sans période de ruissellement. Les sols restent boueux. Ces
forêts se rencontrent dans les dépressions, les bas-fonds, les dénivellations ou cuvettes sans
exutoires suffisants, ravins mineurs, etc. Beaucoup d’espèces posent les problèmes de l’encrage et
les espèces herbacées vivaces ont des difficultés pour la respiration de leurs racines. Les principales
espèces sont Mittragyna stipulosa (Syn. Hallea stipulosa), Alstonia congensis, Coelocaryon
botryodes, Macaranga saccifera, Uapaca guineensis, Raphia sese, Eremospatha div. sp,
Sclerosperma mannii.
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2.1.1. Localisation
Le groupement qui porte le nom de ce grand village Kinday est localisé dans le
secteur Mateko, territoire d’Idiofa, province du Kwilu, en République Démocratique du Congo. Il
se confond l’espace géographique occupé par la Mission Catholique de Mokala. Cette dernière est
située sur la route nationale n°19, à 190 km de la ville de Kikwit, et à plus de 700 km de la ville
province de Kinshasa.
Le groupement Kinday est entre 18°56' de longitude est et 3°58’ de latitude sud ; il
est à 450 m d’altitude. Il est limité au nord par le groupement Bulangawi, au sud par le groupement
Mayumu, à l’est par le groupement Mateko et à l’ouest par le groupement Mabamaba.
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A B C
Photo 1 : Vue de l’actuel village Kinday (A), et des anciens sites d’habitation des Quartiers : Ntalipera (B)
ainsi que Ngematu (C). (Photo MULONGO)
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2.1.3.1. Climat
2.1.3.2. Température
Dans la zone d’étude, la température journalière monte parfois jusqu’à 46° C, tandis
que celle de la nuit dépasse rarement 20° à 25°C révèle Makumbi (2013) in Mbirinsa (2019).
2.1.3.3. Précipitations
La hauteur mensuelle moyenne des pluies se situe entre 1600 et 1700 mm, tandis
que les précipitations mensuelles oscillent entre 1400 à 1600 mm avec une longue saison de pluie
entre septembre et janvier mais aussi une courte saison de pluie entre avril et mi-mai. Durant la
saison sèche, mai à mi-août, la pluviométrie est quasi-nulle (FAO, op.cit.).
Pour Lubini (2001) cité par Mbirinsa (op.cit.), l’humidité atmosphérique reste élevée
tout le long de l’année sur l’ensemble de l’aire de l’étude. Le brouillard moyen en nombre des jours
et l’insolation moyenne journalière pour la zone d’étude sont des valeurs respectives de 151 et 1510
par heure.
2.1.4.1. Sol
2.1.4.1.2. Relief
Selon Anonyme (1975) cité par Belesi (2009), la partie nord du territoire d’Idiofa où
se situe le groupement Kinday constitue la zone la plus basse. A ce niveau l’influence du haut
plateau se fait encore le plus sentir. On y observe alors des plateaux qui dépassent rarement 400-
550 m. Le relief se traduit donc par une élévation progressive de l’altitude du nord vers le sud.
2.1.4.1.3. Géologie
Les travaux de Lubini (2001) in Belesi (op.cit.) révèlent que géologiquement, notre
aire d’étude se caractérise par la prédominance du système de Kalahari sableux et la zone de contact
entre le système de Karoo apparaissant dans les vallées et les berges des cours d’eau de nature
argileuse.
2.1.4.1.4. Géomorphologie
Au sens de Nicolai (1963) et Lubini (op.cit.) cités par Belesi (op.cit.), l’ensemble de
l’aire d’étude est un pays relativement plat incorporé dans les plateaux du Kwango-Kwilu à l’ouest
du secteur Kasai. Ces plateaux, constitués de dépôts continentaux d’âges secondaires et inclinés
vers le nord, sont profondément incisés d’un réseau hydrographique dense, méridien de direction
générale sud-nord.
2.1.4.1.5. Hydrographie
La région d’étude est caractérisée par un réseau hydrographique très dense composé
de plusieurs rivières comme : Kimpel, Mitera, Ngemibul, Mbang, Nkambwel, Mpie-pum, Tuswa,
Ntalipera, Ntwankul, et autres.
2.1.5.1. Végétation
Des forêts très denses forment une couverture des vallées qui remplissent des
fonctions écologiques, sociales et économiques importantes pour les populations qui y vivent
(Belesi, 2004).
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2.1.5.2. Faune
A part les animaux domestiques, on trouve dans le milieu étudié certaines espèces
qui sont restées dans un état sauvage ; ces espèces sont reprises à titre non limitatif, il s’agit
notamment des Hystrix cristata (porc-épic), Rodentia spp (rongeurs), Viverra civetta (civette),
Cercopiteucus spp (singes), Vulpes vulpes (renard), Salamandra salamandra (salamandre),
Cephalophus nigriffons (bula), Antilope cervicapre (antilope sauvage), Sciurus vulgaris (écureuil),
Manis tricuspis (pangolin), Bubo africanus (hibou), Chiroptera spp (chauves-souris), Trhyonomys
swinderianus (aulacode), etc. (Mbirinsa, 2019).
De nos jours, la région fait face à une réalité économique difficile, ce qui fait que
l’agriculture traditionnelle est l’activité économique la plus importante au sein du Groupement
Kinday, et elle est essentiellement de subsistance.
Les sources de revenus les plus rapides, générant des bénéfices importants par
rapport à l’activité agricole, sont : pour les femmes, la vente de chikwangue (manioc fermenté cuit
dans des feuilles de Marantacées), pour laquelle elles se rendent à deux kilomètres à la Mission
Catholique de Mokala ; pour les hommes, la fabrication de charbon de bois (makala en Lingala),
ainsi que le vin de palme et/ou l’huile de palme, à partir de ressources naturellement disponibles.
C'est une pratique où le feu demeure encore le moyen le plus facile pour conquérir
des nouveaux espaces forestiers (Nshimba, 2005).
Dans les villages du groupement Kinday, l’agriculture est l’une des activités
économiques de base pour les habitants. Elle est pratiquée dans ce milieu de manière traditionnelle,
et chaque année les paysans abattent des superficies importantes de forêts qu'ils abandonnent
l'année suivante à la conquête d'autres sites. Lors des différents abattages, les espèces utiles tant
alimentaires que médicinales ne sont épargnées, contribuant ainsi à la diminution non négligeable
de la biodiversité locale. Les principales espèces cultivées sont, notamment maïs, manioc, courge
et arachide.
2.1.6.2. Elevage
Le type d’élevage pratiqué est celui dit traditionnel extensif dont l’utilité se résume
dans l’importance des produits carnés qu’il procure aux paysans et l’augmentation de revenus
familial. Généralement, les paysans pratiquent l’élevage de volaille (poule, canard et pigeon),
chèvres, moutons, bovins, puis l’élevage de porcs. Force est de constater que, le plus souvent cet
élevage est emporté par la peste et se caractérise par la divagation et l’absence de soins vétérinaires.
2.1.6.3. Chasse
C’est une activité qui se fait dans le but de rechercher le gibier en forêt ou en savane
pour nourrir la population. La captivité du gibier se fait parfois au moyen des arcs à flèches, fusils,
filets et les chiens aux grelots. Ces derniers servent à dénicher le gibier et à orienter les chasseurs
lors de la chasse. Il est à noter que les chefs gestionnaires de terres perçoivent chaque fois les tributs
à cause du gibier capturé. Et généralement, on distingue deux types de chasse, notamment : la
chasse individuelle et la chasse collective.
Il est vrai que la pêche est une activité économique lucrative, mais soulignons que
le Groupement Kinday n’est pas du tout bénéficiaire de cette activité, car il se situe à 9 Km de la
rivière Kamtsha et à 45 Km de la rivière Kasaï. C’est pourquoi, elle est majoritairement une activité
féminine pratiquée dans des ruisseaux pour l’autosubsistance familiale.
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La pisciculture dans cette région procure des recettes considérables. La vidange des
étangs peut donner un rendement moyen d’un bassin des poissons. A ce propos, chaque famille
possède en moyenne deux étangs dont l’entretien relève de la compétence de l’homme, tandis que
la femme n’intervienne que lors de la vidange et de la vente des poissons. On élève généralement
le tilapia (Oreochromis niloticus), les poissons-chats (Clarias spp), et le congo ya sika (Heterotis
niloticus).
Il sied de souligner que l’une des conséquences néfastes de la destruction des forêts
(têtes des rivières) surtout pour la pratique des étangs piscicoles est d’une part, le tarissement des
rivières de la région ; et d’autre part l’exposition des sources d’eau potables aux multiples micro-
organismes, insectes nuisibles et vers, causant des maladies (typhoïdes, onchocercose, malaria,
amibiases, diarrhée) (Belesi, 2009).
2.1.6.5. Cueillette
Certains paysans recourent à la cueillette pour assurer leur survie. Ils n'hésitent pas
d'abattre les arbres entiers pour prélever les produits dont ils ont besoins. Les produits de cueillette
les plus courants sont : fruits, feuilles, chenilles, champignons, miel, vin de palme, tubercules, etc.
représentant une source alternative non négligeable de revenus et aussi une cause majeure de la
déforestation.
2.1.6.6. Artisanat
L’artisanat joue aussi un rôle important dans la création de revenus en milieu rural.
La population fabrique des chaises, des grabats, des nattes, des paniers en matériaux locaux, etc.
Nous classons également les tireurs de vin et les fabricants d’alcool.
Elle est surtout artisanale. Les arbres sont régulièrement prélevés de la forêt pour
divers usages dont : la fabrication des planches de menuiserie, la construction, la fabrication de
charbon de bois et de bois de chauffe. Les bois de chauffe restent encore une source importante
d'énergie combustible pour toute la population locale.
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2.2. Matériel
Pour constituer les herbiers des espèces ligneuses ou herbacées, nous avons prélevé
des rameaux florifères et/ou fructifères que nous avons placés dans les papiers journaux en vue de
les soumettre au séchage, pour une bonne conservation.
En dehors du matériel biologique cité ci-dessus, les équipements ont été utilisés pour
divers usages sur le terrain et au laboratoire, et comprennent :
une boussole intégrée dans le téléphone mobile de marque Huawei a facilité le tracé des
transects, qui étaient orientés selon la direction nord magnétique ;
un mètre ruban de 2,50 m a été utilisé pour la prise de diamètre des arbres à la hauteur de
la poitrine (dbh) ;
un penta décamètre de 50 m a servi à déterminer la longueur des transects ;
un bâton (1,30 m) a été utilisé pour mesurer le diamètre à la hauteur de la poitrine (dbh) ;
un sécateur a été employé pour les spécimens destinés à l'herbier ;
trois machettes ont été utilisées pour le déblayage des transects. Ce déblayage a été réalisé
avec soin afin de ne pas perturber la structure de la végétation ou de détruire certaines
espèces;
des papiers journaux et des presses en bois étaient utilisés pour le pressage et le séchage des
herbiers ;
un cahier et un stylo ont servi à prendre des notes relatives aux noms vernaculaires des
plantes inventoriées ainsi qu’à quelques observations du milieu ;
un téléphone de marque Huawei a été utilisé pour la prise des photos.
2.3. Méthodes
Selon Grawitz (1970) cité par Kidikwadi (2020), la méthode renvoie à un ensemble
d’opérations intellectuelles par lequel une discipline cherche à démontrer une vérité.
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La méthode consiste donc à indiquer la marche à suivre pour obtenir les résultats à
l’aide du matériel utilisé. Le choix de la méthode est fonction de la nature du sujet à étudier, bien
qu’il existe plusieurs versions des méthodes scientifiques (Kidikwadi, 2020). Pour cette étude les
observations ont été menées sur le terrain pour l’inventaire de la flore des anciens sites d’habitation
dans le groupement concerné par cette recherche. A cet effet, le cheminement de cette démarche
méthodologique se présente de la manière suivante :
Les lignes de Gentry sont des transects permettant à inventorier les essences
herbacées ou ligneuses sur une surface de 0.1 hectare (1 000 m²). Cette dernière est subdivisée en
10 petites unités de 50 mètres de long et 2 mètres de large.
C’est ainsi qu’après la prospection du terrain, nous avons déterminé quatre transects
de 500 m de long sur 2 m de large, c’est-à-dire 1 000 m² chacun. Les deux premiers transects ont
été tracés le long de la route Nsenge-Nsenge-Kinday, précisément dans l’ancien site d’habitation
Ngematu ; le troisième transect a été tracé sur la route Kinday-Camp Bulwem, dans l’ancien site
P a g e | 25
d’habitation Ntalipera ; et le quatrième transect a été tracé sur la route Kinday-Mabamaba, dans
l’ancien site d’habitation Mudiansong.
A B C
Photo 2 : Tracé des transects sur les routes : Nsenge-Nsenge – Kinday (ancien site d’habitation Ngematu, A),
Kinday-Camp Bulwem, (ancien site d’habitation Ntalipera, B) et Kinday-Maba-maba (ancien site
d’habitation Mudiansong, C). (Photo MULONGO)
Les spectres écologiques concernent les types biologiques, les types de grandeur
foliaires, et les types de diaspores qui ont été analysés selon les méthodes étudiées par Raunkiaer
(1934) ; (Lebrun, 1947 &1960) ; Mangenot, (1950) ; Aké Assi, (1963) ; Guillaumet, (1967) ;
Schnell, (1971) ; Habiyaremye, (1997) ; Dansereau et Lems, (1957) ; Lubini, (1997) ; Evrard,
(1968) ; et Ngok, (2005) in Belesi (2009).
a) les phanérophytes (ph) : ce sont des plantes ligneuses dont les bourgeons persistants sont
situés à une distance notable sur des axes aériens ayant une persistance plus ou moins
longue. Les phanérophytes sont constitués de :
- mégaphanérophytes (MgPh) : arbres de plus de 30 m de hauteur, ex : Paramcrolobium
coeruleum ;
- mésophanérophytes (MsPh) : arbres dont la hauteur oscille entre 8 et 30 m, ex :
Hymenocardia ulmoides ;
- microphanérophytes (McPh) : arbres de 2 à 8 m de hauteur, ex : Oncoba welwitschii ;
- nanophanérophytes (Nph) : arbres de moins de 2 m de hauteur, ex : Dracaena mannii ;
- phanérophytes grimpants (Phgr) : lianes pouvant atteindre une hauteur considérable et
se hissant au sommet des arbres au moyen de divers modes de fixation, ex : Cnestis
yangambiensis ;
- les phanérophytes lianeux (Lph) : sont des lianes ligneuses, volubiles, à crampons
herbacés, ex : Landolphia congolensis ;
- phanérophytes épiphytes (Phépi) : plantes qui vivent sur d’autres, ex : Ficus recurvata.
b) Géophytes (G) : Ce sont des plantes possédant un appareil caulinaire caduc dont les
bourgeons se trouvent dans le sol. Nous y trouvons :
- géophytes rhizomateux (Grh) : Plantes ayant des rhizomes, ex : Canna indica ;
P a g e | 27
- géophytes tubereux (Gt) : Plantes formant des tubercules ou des bulbes, ex : Manihot
esculenta ;
- géophytes grimpants (Ggr), ex : Dioscorea dumetorum ;
- géophytes grimpants tubereux (Gtgr), ex : Dioscorea bulbifera ;
- mégagéophytes rhizomateux (mGrh), ex : Hypselodelphys scandens ;
c) Chaméphytes (Ch) : plantes dont les bourgeons persistants se situent à moins de 40 cm du
sol et sont protégés par la litière. Ils se subdivisent en :
- chaméphytes grimpants (Chgr) : Plantes à tige non ramifiée et toujours dressée, ex :
Centrosema pubescens ;
- chaméphytes prostrés (Chp) : Plantes à tige généralement ramifiée et presque
couchée au sol, ex : Leptaspis cochleata ;
- chaméphytes dressés (Chd), ex : Palisota ambigua ;
- chaméphytes rampants (Chr), ex : Commelina diffusa.
d) Thérophytes (Th) : Ce sont des plantes annuelles qui passent la mauvaise saison sous
forme des graines. On y rencontre :
- thérophytes dressés (Thd) : Plantes avec organe végétatif aérien formé par une tige
dressée, ex : Cyathula prostrata ;
- thérophytes prostrés ou rampants (Thpr) : Plantes formant des touffes radicales ou
axiales très dense, ex : Spermacoce latifolia.
Les types de diaspores renseignent sur le mode de dissémination des espèces, les
catégories suivantes ont été retenues :
a) Autochores : diaspores sans adaptation évidente à un agent externe pour être disséminée et
comprenant les types suivants : ballochore (Bal), diaspores éjectées par la plante mère, ex :
Aristolochia elegans ; barochore (Bar), diaspores lourdes, ex : Senna siamea ; sclérochore
(Scl), diaspores sans caractères particuliers et assez légères pour être emportées par le vent
ou la brise, mais parfois par gravité, ex : Dracaena mannii.
b) Hétérochores : diaspores munies d’appendices ou extrêmement légères ou pourvues de
couches externes charnues. Sont classées dans ce groupe les catégories suivantes :
desmochore (Desm), diaspores épineuses, accrochantes et hérissées, ex : Boerhavia
P a g e | 28
a) cosmopolites (Cos), rencontrées aussi bien dans les régions chaudes que tempérées, ex :
Pteridium aquilinum
b) pantropicales (Pan), sensu stricto répandues en Afrique, en Amérique, en Asie tropicale
et en Australie, ex : Ceiba pentandra.
c) afronéotropicales (AnT), espèces présentes en Afrique et en Amérique tropicale, ex ;
Psidium guineense.
d) paléotropicales (Pal), présentes en Afrique et en Asie tropicale, ex : Phyllanthus niruri
P a g e | 29
Dans cette catégorie, nous avons retrouvé seulement les espèces afro-tropicales
continentales (AT), ex : Antidesma membranaceum.
2. Espèces régionales
Nous regroupons sous ce titre les espèces cantonnées à une seule entité
phytogéographique de rang régional. Nous y distinguons les catégories suivantes :
Ce chapitre se focalise sur les résultats des observations faites sur le terrain
concernant la végétation des anciens sites d’habitation des quartiers du groupement Kinday, situé
dans le secteur Mateko, territoire d’Idiofa, province du Kwilu. Ces résultats sont analysés et
commentés en référence aux travaux d’autres chercheurs et aux études antérieures sur le thème.
3.1. Résultats
Les résultats de cette étude sont présentés dans des tableaux et sous forme de figures
et d’histogrammes. Les données qualitatives sont converties en données quantitatives afin de
faciliter l’interprétation et la compréhension. Pour ces résultats, les aspects suivants sont abordés :
la composition floristique, la diversité spécifique et générique, les spectres écologiques et
phytogéographiques, la diversité quantitative (densité relative des espèces inventoriées et leur
structure diamétrique), ainsi que les usages des espèces inventoriées par la population locale.
La composition floristique de ces anciens sites d’habitation est présentée dans le tableau 1.
P a g e | 31
Tableau 1 : Florule des anciens sites d’habitation des quartiers du groupement Kinday
Légende : DP = Distribution phytogéographique ; TB = Type biologique ; TD = Type de diaspore ; TF = Type de grandeur foliaire.
Familles Genres et espèces Noms vernaculaires DP TB TD TF
Amaranthaceae Cyathula prostrata (L.) Blume var. prostrata Nkayi- cochon Pan Thd Desm Micro
Anacardiaceae Lannea antiscorbutica (Hiem.) Engl. Ngamaley AT MsPh Sar Méso
Anacardiaceae Mangifera indica L. Manng Pan MsPh Sar Méso
Anacardiaceae Pseudospondias microcarpa (A.Rich.) Engl. Nsway GC MsPh Sar Méso
Annonaceae Annona senegalensis Pers. ssp. oulotricha Thomas Kilwal BG McPh Sar Méso
Annonaceae Annona reticulata L. Cœur de bœuf Pan McPh Sar Méso
Annonaceae Uvaria scabrida Oliv. Kinangaa GC Lph Sar Méso
Annonaceae Xylopia aethiopica (Dunal) A. Rich Nsiang AT MsPh Sar Micro
Apocynaceae Landolphia congolensis (Stapf) Pichon Mpwol-ntab GC Lph Sar Méso
Apocynaceae Landolphia forestiana (Pierre ex Jumelle) Pichon Musing maleu GC Lph Sar Méso
Apocynaceae Landolphia jumellei (Pierre ex Jum.) Pichon) Maleu (ibimi) BGC Lph Sar Méso
Apocynaceae Landolphia lanceolata (K.Schum.) Pichon Kisway GC Grh Sar Micro
Apocynaceae Rauvolfia vomitoria Afzel. Mundaynday GC McPh Sar Méso
Apocynaceae Saba florida (Benth.) Bullock. Kibaaba AT Lph Sar Méso
Palmae (Arecaceae) Elaeis guineensis Jacq. Langba Pan MsPh Sar Méso
Aristolochiaceae Aristolochia elegans Mast. Mgbiag Musing nter Pan Phgr Bal Méso
Asparagaceae Dracaena arborea (Willd.) Link. Kimenina GC MgPh Sar Macro
Asparagaceae Dracaena mannii Bak Bâ – le – mwemwe FC NPh Scl Micro
Asteraceae Chromolaena odorata (L.) R. M. King & M. Fontaine Pan Ch Pog Méso
Bignoniaceae Markhamia tomentosa (Benth.) K. Schum. Mufung GC MsPh Ptér Méso
Bromeliaceae Ananas comosus (L.) Merill. Kibaa Pan Grh Sar Méso
Canneceae Canna indica L. var. indica Lam. Nsampwob Pan Grh Bal Méga
Clusiaceae Symphonia globulifera L.f. Mulung GC MsPh Sar Méso
Combretaceae Combretum racemosum P. Beauv. Sweswii GC Lph Ptér Méso
Commelinaceae Commelina diffusa Burm. f. Kitir Pan Chr Scl Micro
Commelinaceae Palisota ambigua (P. Beauv.) C.B.Cl. Nkay ndem BGC Chd Sar Macro
Connaraceae Cnestis ferruginea DC - GC Lph Sar Micro
Connaraceae Cnestis yangambiensis Louis ex Troupin Mbankwel FC Phgr Sar Micro
Costaceae Costus Lucanusianus J. Braun Mukoo GC Grh Sar Méso
P a g e | 32
Fabaceae/Faboideae Leptoderris congolensis (De Wild.) Dunn Musing mumpi BGC Lph Ptér Micro
Fabaceae/Faboideae Millettia comosa (Micheli) Hauman Mundung GC Lph Bal Méso
Fabaceae/Faboideae Millettia drastica Welw. Muyelnge BGC MsPh Bal Micro
Fabaceae/Faboideae Millettia laurentii De Wild. Kito’o BGC MgPh Bal Méso
Fabaceae/Faboideae Millettia versicolor Welw. ex Bak. Mupiang AT MsPh Bal Méso
Fabaceae/Mimosoideae Leucaena leucocephala (Lam.) De Witt. - Pan MsPh Bal Lepto
Fabaceae/Mimosoideae Parkia bicolor A. Chev. Baam GC MgPh Bal Lepto
Fabaceae/Mimosoideae Pentaclethra macrophylla Benth. Mubal GC MsPh Bal Micro
Fabaceae/Mimosoideae Piptadeniastrum africanum (Hook. f.) Brenan Mukung GC MgPh Bal Lepto
Flacourtiaceae Oncoba welwitschii (Oliv.) Gilg. Mutaa GC MsPh Sar Méso
Hymenocardiaceae Hymenocardia acida Tull. Dikiara BGC MsPh Ptér Nano
Hymenocardiaceae Hymenocardia ulmoides Oliv. Munsaya AT MsPh Ptér Nano
Lauraceae Persea americana Mill. Mute avocat Pal MsPh Sar Méso
Lecythidaceae Petersianthus macrocarpus (P. Beauv.) Liben Musamusa GC MsPh Ptér Méso
Loranthaceae Loranthus djumaensis Nteam GC Phépi Sar Méso
Malvaceae /Bombacoideae Ceiba pentandra (L.) Gaertn. Mupük (Mute mungom) Pan MsPh Pog Méso
Malvaceae/Malvoideae Sida acuta L. Kolokoso Pan Thd Bal Micro
Malvaceae/Malvoideae Urena lobata L. Punga Pan NPh Desm Méso
Marantaceae Hypselodelphys poggeana (K. Schum.) K. Schum. Ntintiar – Mada GC mGrh Sar Méso
Marantaceae Hypselodelphys scandens Louis & Mullenders Ntintiar GC mGrh Sar Méso
Moraceae Antiaris toxicaria subsp. africana var. Yuun , O’Ogwe GC MsPh Sar Méso
Moraceae Ficus recurvata De Wild. Lukum FC Phépi Sar Méso
Moraceae Milicia excelsa (Welw.) C.C. Berg. Mulundu GC MsPh Sar Méso
Myristicaceae Pycnanthus angolensis (Welw.) Exell Mulom GC MgPh Bal Méso
Myrsinaceae Embelia guineensis Bak. Nkay sukar AnT Lph Sar Micro
Myrtaceae Psidium guineense Swartz Mapela - Ndwang AnT MsPh Sar Méso
Myrtaceae Syzygium guineense (Willd.) DC. subsp. Guinense Mushwe Pan MsPh Sar Méso
Nyctaginaceae Boerhavia diffusa L. Mpwer-i-Mva Pan Chp Desm Micro
Ochnaceae Ochna afzelii R. Br. ex Oliv. Kisiel BGC MsPh Bal Micro
Ochnaceae Rhabdophyllum arnoldianum (De Wild. & Th. Dur.) van Kikom BGC McPh Sar Méso
Tiegh. var. arnoldianum
Olacaceae Olax gambecola Baill. Nkung-ndwang GC NPh Sar Méso
Olacaceae Olax latifolia Engl. Bisietol-Ndwang BGC MsPh Sar Méso
Olacaceae Ongokea gore (Hua) Pierre Muswer GC MgPh Bal Méso
P a g e | 34
Olacaceae Strombosia grandifolia Hook. f. ex Benth. Mpeb BGC MsPh Sar Méso
Passifloraceae Barteria nigritiana Hook. f. subsp. nigritiana Mukukum BGC MsPh Sar Macro
Pedaliaceae Sesamum radiatum Schum. & Thonn. Nkaa wangila Pan Thd Scl Micro
Poaceae Digitaria polybotrya Stapf Lukuk GC Thp Scl Micro
Poaceae Imperata cylindrica (L.) P. Beauv. var. africana Nsoeuy Pan Grh Pog Micro
(Anders.) Hub
Poaceae Leptaspis cochleata Thw. Bibal nkeung Pal Chp Scl Micro
Polypodiaceae Phymatosurus scolopendria (Burm.) Pie. Ser. Ntem Pal Thd Scl Méso
Rhamnaceae Maesopsis eminii Engl. Mufunkiel BGC MsPh Sar Méso
Rubiaceae Bertiera aethiopica Hiern Mikum GC MsPh Sar Méso
Rubiaceae Coffea canephora Pierre ex Froehner Mute café Pan MsPh Sar Méso
Rubiaceae Coffea congensis Froen. Nkaa café CGC McPh Sar Méso
Rubiaceae Colletoecema dewevrei (De Wild.) Petit Nsineung BGC MsPh Sar Méso
Rubiaceae Craterispermum cerinanthum Hiern Yabkisien GC MsPh Sar Méso
Rubiaceae Crossopteryx febrifuga (Afz. ex G. Don) Benth. Mutuere BGC MsPh Sar Micro
Rubiaceae Gaertnera leucothyrsa (K. Krause) Petit - GC MsPh Sar Méso
Rubiaceae Gaertnera paniculata Benth. Munkam GC MsPh Sar Méso
Rubiaceae Leptactinia pynaertii De Wild. Mubel BGC McPh Sar Méso
Rubiaceae Morinda morindoides (Bak.) Milne-Redh. Kongo bololo GC Lph Sar Méso
Rubiaceae Sarcocephalus latifolius (Sm.) E. A. Bruce Mubwii AT MsPh Sar Méso
Rubiaceae Spermacoce latifolia Aubl. Malenda GC Thpr Scl Micro
Rubiaceae Tarenna laurentii (De Wild.) Garcia - GC McPh Sar Méso
Rutaceae Citrus reticulata Blanco Mandarine Pan MsPh Sar Méso
Sapindaceae Allophylus africanus P. Beauv. Avancée GC MsPh Sar Méso
Sapindaceae Ganophyllum giganteum (A.Chev.) Haum Kinkaan BGC MgPh Sar Méso
Urticaceae Musanga cecropioides R. Br. Musiang GC MsPh Sar Macro
Urticaceae Trema orientalis (L.) Bl. Kwarnfeng Pal McPh Sar Méso
Urticaceae Urera trinervis (Hochst. ex Krauss) Friis & lmmelm Bisey AT Phgr Sar Méso
Verbenaceae Vitex ferruginea Schum. & Thonn Muyila GC MsPh Sar Méso
Verbenaceae Vitex madiensis Oliv. Nkaa muyila AT MsPh Sar Méso
Zingiberaceae Aframomum angustifolium (Sonnerat) K. Schum. Libwel BGC mGrh Sar Macro
.
P a g e | 35
Ce tableau montre que les familles les mieux représentées en nombre d’individus
sont les Fabaceae (12,39%), suivies des Euphorbiaceae (11,57%), des Rubiaceae (10,74%), et des
Apocynaceae (4,95%).
Les travaux de Belesi (2004, 2007 et 2009), nous ont permis de déterminer les types
biologiques, types de dissémination des diaspores, types de grandeurs foliaires, ainsi que les
distributions phytogéographiques des espèces étudiées.
Les différents types biologiques des espèces composant la végétation des anciens
sites d’habitation de Kinday découlent du tableau 1, et sont présentés dans la figure 2. L’analyse
de cette figure 2 note que les phanérophytes sont plus majoritaires avec 76,03 % d’espèces et au
sein desquels les mésophanérophytes sont représentées par un pourcentage élevé (42,14 %).
Viennent ensuite selon l’ordre décroissant les géophytes avec 14 espèces (11,57 %), les thérophytes
6,61 % et les chaméphytes (5,78 %).
7% 6%
11%
Phanérophytes
Géophytes
76% Thérophytes
Chaméphytes
Les différents types des diaspores de la flore des anciens sites d’habitation du
groupement Kinday sont présentés dans la figure 3. L’analyse de cette figure révèle que la majorité
des espèces inventoriées sont des sarcochores, représentant 57,85 % des espèces, suivies des
ballochores et des ptérochores, qui affichent des valeurs proches : 8,26 % pour les ballochores et
7,43 % pour les ptérochores. En revanche, les pogonochores et les barochores sont les moins
représentés, avec respectivement 2,47 % et 1,65 %.
70
57.85
60
50
Taux en %
40
30
18.18
20
8.26 7.43
10 4.13 2.47 1.65
0
Sar Bal Ptér Scl Desm Pog Bar
Types des diaspores
Figure 3 : Analyse des spectres des types de diaspores de la florule des anciens sites d’habitation des
quartiers du groupement Kinday
Les différents types de grandeurs foliaires des espèces de la flore des anciens sites
d’habitation du groupement Kinday sont présentés dans la figure 4. De cette figure, il se dégage
une prédominance des espèces mésophylles 66,11 %. Les microphylles comptent 20,66 % des
espèces, alors que les espèces macrophylles ne comptent que 5,8 % d’espèces. Les mégaphylles
sont faiblement représentées avec une seule espèce soit 0,82 %.
P a g e | 38
3% 1%
3%
6%
Méso
Micro
21% Macro
Lepto
Nano
66%
Méga
40 37.19
35
30
25
Taux en %
20.66
19
20
15
10.74
10
4.13 3.3
5 2.47
0.82 0.82 0.82
0
GC BGC Pan AT Pal AnT FC CGC BG Cos
Types phytogéographiques
9%
9%
46% 7%
6%
5%
4%
4%
3% 3% 4%
Senna siamea Millettia versicolor Magnifera indica
Millettia laurentii Pentaclethra macrophylla Oncoba welwitschii
Crossopteryx febrifuga Macaranga spinosa Dichostema glaucescens
Musanga cecropioides Autres
Dans cette section, nous présentons les résultats sur les classes de diamètre des
individus des espèces inventoriées. Cet aspect donne des indications sur l’évolution de cette
végétation et la croissance des individus. Ceci pour la gestion rationnelle et durable de cette
végétation régénérée (Figure 7). En examinant la figure 7, nous relevons 25 classes de diamètre au
sein des îlots forestiers des anciens sites d’habitation de notre dition. Parmi celles-ci, les trois
premières classes comprennent à elles seules plus de la moitié des individus recensés soit 54,09 %
; et le nombre d’individus diminue au fur et à mesure que l’on monte en classe.
P a g e | 41
50
45 43
40
Effectifs d'individus 37
35
32
30
25
20
20
16
15 13
10 7 8
5
5 4 2 2 2 1 1 4 1 1 1 1 1
1 1 1 2
0
10 à 19
20 à 29
30 à 39
40 à 49
50 à 59
60 à 69
70 à 79
80 à 89
90 à 99
100 à 109
110 à 119
120 à 129
130 à 139
140 à 149
150 à 159
160 à 169
170 à 179
180 à 189
190 à 199
200 à 209
210 à 219
220 à 229
230 à 239
240 à 249
≥ 250
Classes de diamètres
Figure 7 : Classes de diamètre des individus d’espèces de la florule
3.1.5. Quelques différentes utilisations des espèces végétales des anciens sites
d’habitation par la population locale
Trois catégories principales ont été considérées : les usages alimentaires, qui
englobent les organes des plantes (fruits, feuilles, tubercules, etc.) consommées par la population
locale ; les usages médicinaux dont la population utilise les feuilles, les racines, les écorces, etc.)
pour leurs propriétés curatives ; et d’autres utilisées comme plantes ornementaux ou d’enjolivement
de la cour, notamment les plantes cultivées pour leur esthétique (tableau 3).
3.1.6. Gestion des végétations des anciens villages des quartiers du groupement
Kinday
La gestion des végétations des anciens villages des quartiers du groupement Kinday
représente un enjeu crucial pour la préservation de la biodiversité et la durabilité des ressources
naturelles. En effet, les îlots forestiers situés sur ces anciens sites d’habitation sont non seulement
riches en diversité floristique, mais jouent également un rôle environnemental crucial dans
l’équilibre des écosystèmes locaux. Ils fournissent des habitats essentiels à de nombreuses espèces
contribuant ainsi à la résilience environnementale de la région. Ces anciens sites d’habitation
favorisent la diversité biologique, ce qui les transforme en véritables réservoirs de la biodiversité.
Ils participent à la séquestration du carbone, à la préservation des sols, et à la régulation du cycle
de l’eau. La présence d'espèces phanérophytes et d’espèces mésophylles est particulièrement
importante pour la stabilisation du sol, réduisant ainsi les risques d’érosion et de perte de terres
arables.
Il est également important de noter que ces ilots forestiers appartiennent à différents
clans, dont la gestion revient aux chefs des clans, qui en concertation avec les membres de leur
communauté peuvent céder l’usage d’une parcelle pour des activités agricoles à des allochtones.
Cette pratique, qui peut être temporaire ou permanente, est souvent accompagnée d’une
compensation financière, mais elle s’inscrit aussi dans une logique de partage des ressources. En
outre, ces espaces sont également utilisés comme lieux d’inhumation pour ces différents clans,
revêtant ainsi une importance culturelle et spirituelle pour les habitants. Ces sites sont perçus
comme des lieux de rencontre, de célébration et de transmission de traditions ancestrales.
Face à ces enjeux, la population prend de plus en plus conscience des avantages
environnementaux et économiques associés à la préservation de ces végétations. Beaucoup
d’habitants reconnaissent que ces espaces forestiers sont essentiels pour leur subsistance,
fournissant non seulement des ressources alimentaires, des plantes médicinales, ainsi que des
matériaux pour la construction et l'artisanat.
3.2. Discussion
Dans cette section, nous comparons nos résultats avec ceux des études antérieures
menées dans d’autres régions de la province et du pays. Cela nous permet de mettre en évidence la
contribution de notre travail à la compréhension de la biodiversité et de l’écologie de ces îlots
forestiers des anciens villages ou quartiers du groupement Kinday, ainsi que leur importance pour
la population locale.
Par ailleurs, parmi les Fabaceae les plus rencontrées dans notre dition, il y a Millettia
versicolor et Senna siamea qui sont par prédilection, les espèces que Lubini et Belesi (1996)
considèrent comme rituelles et mythologiques. Elles sont souvent plantées sur les clôtures des
parcelles et en boutures symboliques dans les cimetières, les lieux d’enfouissement des placentas
P a g e | 45
des enfants jumeaux et dans les forêts des ancêtres. Ce qui justifie davantage leur présence
nombreuse quand la population abandonne leur ancien village.
Nous avons pris en compte les caractères autoécologiques suivants : les types
biologiques, les types des diaspores, les grandeurs foliaires et la distribution phytogéographique,
qui ont déjà fait l’objet de plusieurs analyses par nombreux auteurs africanistes qui ont étudié les
végétations de la zone intertropicale africaine comme Lebrun (1947), Lebrun et Gilbert (1954),
Evrard et Germain (1956), Léonard (1962), Evrard (1968), Smithz (1971), Lubini (1982, 1997),
Mandango (1982), Nyakabwa (1982) cités par Belesi (2007).
Le tableau 4 ci-dessous compare les types biologiques des espèces obtenues par
certains auteurs et ceux mises en évidence dans notre zone d’étude.
Tableau 4 : Comparaison des types biologiques (%) avec ceux des études antérieures
L’analyse du tableau 4 indique que nos résultats concordent avec ceux des études
précédentes, mettant en évidence la prédominance des phanérophytes. Cela rejoint l’affirmation de
Belesi (op.cit.), qui stipule que la dominance massive des phanérophytes est une caractéristique de
la flore des zones équatoriales et tropicales humides.
Mbirinsa Mulongo
2019 Présent travail
Kinday
Types des Nombre % Nombre %
diaspores d’espèces d’espèces
Ballochores 30 26 22 18,18
Barochores - - 2 1,65
Desmochores 1 1 5 4,13
Pogonochores 4 4 3 2,47
Ptérochores 7 6 10 8,26
Sarchochores 60 53 70 57,85
Sclerochores 12 9 9 7,43
Total général 114 100 121 100
Le tableau 5 ci-dessus révèle que, dans la flore des anciens sites d’habitation du
groupement Kinday, les espèces sarcochores sont plus dominantes. Ces résultats corroborent
l’affirmation de Belesi (2009) selon laquelle les espèces forestières sont majoritairement
sarchocores. Leurs fruits ou graines sont recherchés par les éléphants, les phacochères, les
antilopes, les rongeurs, les singes, les chauves-souris et les oiseaux. Ces derniers jouent un rôle clé
dans la dissémination des espèces que l’on observe dans de nombreux types de forêts de la région
étudiée. Les ballochores occupent la seconde position avec une moyenne de 22,09 % d’espèces. En
revanche, nous pouvons attester la faible représentation des espèces barochores, absentes dans le
site de Mbirinsa (op.cit.), mais présentes dans nos sites, mais à faible proportion soit 1,65 %.
Pour les dimensions foliaires, nous avons comparé nos résultats à ceux des quatre
auteurs qui ont travaillé dans différentes zones de la province du Kwilu (tableau 6).
P a g e | 47
Ce tableau montre qu’au cours des différentes années et des cinq travaux, nous
notons une prédominance des espèces mésophylles, bien que leur représentation soit faible dans les
études de Masens (op.cit.), où elles constituent 48,9 % des espèces, mais un peu plus élevée dans
la région de Mosango (72 %). Les microphylles sont également bien représentés, occupant la
seconde position avec une moyenne de 22,75 % des espèces. En revanche, les espèces aphylles sont
peu présentes, n’étant trouvées que dans les travaux de Masens (op.cit.) et Belesi (op.cit), avec
respectivement 0,5 % et 0,1 % des espèces.
I II III
Bien qu’elles fassent partie des espèces régionales, nous constatons que les espèces
de transition régionale sont absentes de nos résultats et sont faiblement représentées, avec
seulement 69 espèces, soit 4 % dans les travaux de Belesi (op.cit.), tandis qu’une seule espèce est
répertoriée dans ceux de Mbirinsa (op.cit.), représentant ainsi 0,7%.
Les classes inférieures suggèrent que ces îlots forestiers seraient encore en phase de
récupération ou de régénération après une perturbation, possible due à des activités humaines ou à
des changements environnementaux. Schoener (1974) souligne que cette structure peut être le reflet
d'un équilibre entre les processus de croissance, de mortalité et de recrutement d'individus.
Les résultats de notre étude sur la végétation des anciens sites d'habitation du
groupement Kinday mettent en lumière l'importance significative des usages alimentaires des
espèces végétales par la population locale. Cette observation est en accord avec les études de Belesi
(2009) et Mangambu et al., (2015).
En ce qui concerne les usages médicinaux, les résultats indiquent que ces derniers
occupent une place importante, bien que moins prédominante que les usages alimentaires. Ce
constat est corroboré par les travaux de Malan (2008), qui affirme que les communautés rurales, en
particulier en Afrique subsaharienne, dépendent largement des plantes médicinales pour leurs soins
de santé. C’est pourquoi, les feuilles, les racines et les écorces sont souvent utilisées pour leurs
propriétés curatives, témoignant d'une riche tradition de médecine ethnobotanique. Ce savoir
traditionnel, transmis de génération en génération, est crucial pour le bien-être des populations qui
n'ont souvent pas accès aux soins médicaux modernes.
Selon Belesi (op.cit.), dans les villages, quelques rares espèces exotiques sont
cultivées principalement à des fins médicinales et rarement pour embellir les rues. Le même auteur
souligne que, compte tenu de la crise socio-économique et de la déforestation accrue de certaines
forêts qui fournissaient des produits forestiers non ligneux dans le Bas-Kasai, dont fait partie notre
milieu d’étude, les populations environnantes commencent à pratiquer l’agriculture parcellaire pour
faire face à la carence alimentaire. A cet égard, les espèces ornementales sont moins privilégiées
que les cultures potagères, vivrières et plantes fruitières. Pour limiter les déplacements et faciliter
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leur accès, ces dernières constituent pour les populations villageoises des sources alimentaires de
secours pendant la saison des pluies, lors des visites improvisées, des deuils ou des cérémonies
rituelles empêchant la population d’accéder aux agrosystèmes.
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CONCLUSION ET SUGGESTIONS
Ce travail a porté sur la végétation des anciens sites d’habitation du groupement
Kinday, situé dans le secteur Mateko, territoire d’Idiofa, province du Kwilu. L’objectif principal
était d’étudier et d’évaluer l’état actuel du couvert végétal, afin de proposer une stratégie de gestion
rationnelle et durable de la végétation localisée.
- que des mesures de renforcement de la conservation de ces îlots forestiers soient envisagées
pour préserver cette végétation et l’histoire culturelle de la région ;
- que d’autres études sur la faune soient entreprises pour compléter les informations sur ces
sites importants.
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ANNEXES
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A B
Photo 3 : Guides Senker Fono et Kibala Amoitié aidant le chercheur pour mesurer la Circonférence au dbh de
Magnifera indica (A) et de Milicia excelsa (B) (Photo MULONGO)
Photo 4 : Cimetières d’un ancien site d’habitation du quartier Ngematu du groupement Kinday (Photo
MULONGO)
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A B
Photo 5 : Agrosystème (A) et Rivière Mpie-pum transformée en étangs piscicoles (B), principales activités au
sein du groupement Kinday (Photo MULONGO)
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EPIGRAPHE ..................................................................................................................................... i
DEDICACE .................................................................................................................................... iii
REMERCIEMENTS ....................................................................................................................... iv
RESUME ........................................................................................................................................ vi
ABSTRACT ................................................................................................................................... vii
LISTE DES FIGURES ................................................................................................................. viii
LISTE DES TABLEAUX............................................................................................................... ix
INTRODUCTION ........................................................................................................................... 1
Problématique .................................................................................................................................. 1
Hypothèses ....................................................................................................................................... 3
Objectifs ........................................................................................................................................... 3
Choix et intérêts du sujet.................................................................................................................. 3
Délimitation du travail ..................................................................................................................... 4
Subdivision du mémoire .................................................................................................................. 4
CHAPITRE I : GENERALITES SUR LA VEGETATION ............................................................ 5
1.1. Définitions des concepts ........................................................................................................... 5
1.1.1. Végétation .............................................................................................................................. 5
1.1.2. Type de végétation ................................................................................................................. 5
1.1.3. Florule .................................................................................................................................... 5
1.1.4. Forêts ...................................................................................................................................... 6
1.1.5. Formations herbacées ou herbeuses. ...................................................................................... 6
1.1.6. Environnement ....................................................................................................................... 6
1.1.7. Ecosystème ............................................................................................................................ 7
1.1.8. Biodiversité ............................................................................................................................ 7
1.1. 9. Ressources naturelles ............................................................................................................ 7
1.1.10. Déforestation ........................................................................................................................ 7
1.1.11. Régénération naturelle ......................................................................................................... 7
1.1.12. Habitat .................................................................................................................................. 8
1.1.13. Groupements végétaux ......................................................................................................... 8
1.1.14. Ressources phytogénétiques ................................................................................................ 8
1.2. Généralités sur la végétation de l’aire de l’étude ...................................................................... 8
1.2.1. Végétation sur terre ferme ..................................................................................................... 8
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1.2.1.1. Jachère................................................................................................................................. 8
1.2.1.2. Forêt mature ou primaire .................................................................................................... 9
1.2.1.3. Forêts secondaires ............................................................................................................. 10
1.2.2. Végétation édaphique ........................................................................................................... 10
a) forêt ripicole ............................................................................................................................... 11
b) les forêts colonisatrices .............................................................................................................. 11
c) les forêts riveraines et vallicoles ................................................................................................ 11
d) forêts périodiquement inondées ................................................................................................. 11
e) forêt marécageuse ...................................................................................................................... 12
CHAPITRE II : MILIEU D’ETUDE, MATERIEL ET METHODES 15
2.1. Milieu d’étude : Groupement Kinday ..................................................................................... 15
2.1.1. Localisation .......................................................................................................................... 15
2.1.2. Situation géographique ........................................................................................................ 15
2.1.3. Milieu climatique ................................................................................................................. 17
2.1.3.1. Climat ................................................................................................................................ 17
2.1.3.2. Température ...................................................................................................................... 17
2.1.3.3. Précipitations..................................................................................................................... 17
2.1.3.4. Humidité atmosphérique et lumière .................................................................................. 17
2.1.4. Milieu édaphique ................................................................................................................. 17
2.1.4.1. Sol ..................................................................................................................................... 17
2.1.4.1.2. Relief .............................................................................................................................. 18
2.1.4.1.3. Géologie ......................................................................................................................... 18
2.1.4.1.4. Géomorphologie ............................................................................................................ 18
2.1.4.1.5. Hydrographie ................................................................................................................. 18
2.1.5. Milieu biotique ..................................................................................................................... 18
2.1.5.1. Végétation ......................................................................................................................... 18
2.1.5.2. Faune ................................................................................................................................. 19
2.1.5.3. Population humaine .......................................................................................................... 19
2.1.6. Influence des activités humaines sur la végétation .............................................................. 20
2.1.6.1. Agriculture itinérante sur brûlis ........................................................................................ 21
2.1.6.2. Elevage .............................................................................................................................. 21
2.1.6.3. Chasse ............................................................................................................................... 21
2.1.6.4. Pêche et pisciculture.......................................................................................................... 21
2.1.6.5. Cueillette ........................................................................................................................... 22
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