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Histoire de La Sociologie - Wikipédia

L'histoire de la sociologie débute à la fin du XIXe siècle, bien que des réflexions sociologiques existent depuis l'Antiquité. La discipline se développe principalement en Europe de l'Ouest, influencée par la révolution industrielle et les conditions de vie des ouvriers, avant de s'institutionnaliser dans les années 1890. Après 1945, la sociologie se diversifie en de multiples courants et sous-disciplines, formant la mosaïque actuelle de la discipline.

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L'histoire de la sociologie débute à la fin du XIXe siècle, bien que des réflexions sociologiques existent depuis l'Antiquité. La discipline se développe principalement en Europe de l'Ouest, influencée par la révolution industrielle et les conditions de vie des ouvriers, avant de s'institutionnaliser dans les années 1890. Après 1945, la sociologie se diversifie en de multiples courants et sous-disciplines, formant la mosaïque actuelle de la discipline.

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Histoire de la sociologie

déroulement d’événements en sociologie

L'histoire de la sociologie, en tant que discipline scientifique, commence à la fin du xixe siècle,
même si l'on peut retrouver des raisonnements sociologiques dès l'Antiquité. La sociologie se
développe principalement en Europe de l'Ouest alors que la révolution industrielle fait émerger
les premières enquêtes et réflexions sur les conditions de vie des ouvriers. Mais ce n'est qu'à
partir des années 1890 que la sociologie s'institutionnalise avec les premières revues et chaires
universitaires. Jusqu'en 1914, la sociologie européenne produit la majeure partie du corpus de la
discipline. L'entre-deux-guerres est plus favorable à la sociologie américaine. Après 1945, la
sociologie, institutionnalisée et internationalisée, se développe considérablement en de multiples
courants et sous-disciplines, pour donner la mosaïque que l'on connaît aujourd'hui.

Jusqu’au xviiie siècle : émergence du social

Antiquité et Moyen Âge

Découverte / idée Année(s) Auteur(s) Publication(s)


Note 1
Droit naturel et droit des hommes Sophistes
375 avant J.-
Premier « modèle » d'organisme social Platon La République
C.
Fonctionnement de l’État et des régimes 335 avant J.-
Aristote Politique
politiques C.
52 avant J.- De legibus, De
Pouvoir et droits Cicéron
C. Republica
Distinction spirituel-temporel ; théologie
354-430 Saint Augustin La Cité de Dieu
historique
Schéma hiérarchique de la société 1266-1273 Thomas d'Aquin Somme théologique
Marsile de
Autonomie humaine par rapport à Dieu 1275-1342 Défenseur de la paix
Padoue
Histoire de l'humanité 1377 Ibn Khaldoun Muqaddima

Dès l'Antiquité, le raisonnement sociologique se retrouve chez certains auteurs, comme


Confucius ou Cicéron1. Les Sophistes inaugurent dans le domaine social l'essentiel de la
méthode scientifique, c'est-à-dire l'observation, la comparaison et la critiqueBo 1. Encore
aujourd'hui, des ouvrages comme le Ménon de Platon ou Éthique à Nicomaque d'Aristote
constituent des sources dans lesquelles puise la sociologieGi 1.
Statue d'Ibn Khaldoun à la cathédrale
Saint-Vincent-de-Paul, avenue Habib-
Bourguiba, Tunis.

Les origines de l'enquête statistique remontent au xie siècle, lorsque Guillaume le Conquérant
ordonne en 1086 l'organisation d'un recensement sur son territoire, publié sous le nom de
Domesday Book2,3. Au xiiie siècle, Ma Duanlin, un historien chinois, souligne l'existence de
dynamiques sociales sous-jacentes à l'évolution historique dans son encyclopédie, Wenxian
Tongkao4.

En rupture avec ses prédécesseurs, Ibn Khaldoun marque au xive siècle un tournant en
sociologie5. Sa façon d'analyser les changements sociaux et politiques qu'il a observés dans le
Maghreb et l'Espagne de son époque a conduit à le considérer comme un précurseur de la
sociologie et démographie modernes malgré le fait qu'il fut inconnu des principaux fondateurs
de ces disciplines6,7,8,9. Son ouvrage majeur, la Muqaddima, où il expose sa vision de la façon
dont naissent et meurent les empires, est peut-être le premier à avoir un raisonnement
scientifique et sociologique sur la cohésion sociale et le conflit social10,11,12,13,6. Il conçoit une
théorie dynamique de l'histoire et développe les concepts de changements et conflits sociaux. Il
élabore également une dichotomie entre vie nomade et vie sédentaire. La Muqaddimah peut être
considérée comme un ouvrage de sociologie générale, où y sont développés des thèmes aussi
variés que la vie urbaine, la politique, l'économie et la connaissance. Son travail se base sur un
concept central, celui de 'asabiyyah, traduit en français par « cohésion sociale », « solidarité de
groupe » ou « tribalisme ». Cette cohésion sociale survient spontanément dans des
communautés et peut-être intensifiée par la religion. Il analyse la manière dont ce qui fait la
cohésion politique, économique, psychologique, sociologique du groupe est aussi à l'origine de
sa chute, et sera alors remplacé par un autre groupe lié de manière plus étroite.
Renaissance et siècle des Lumières

Découverte / idée Année(s) Auteur(s) Publication(s)


Utopie 1516 Thomas Moore Utopia
Mœurs politiques, l'art et la manière de Nicolas
1532 Le Prince
gouverner Machiavel
Les Six Livres de la
Souveraineté, monarchie tempérée 1566 Jean Bodin
République
État de nature 1651 Thomas Hobbes Léviathan
Traités du gouvernement
Libéralisme 1690 John Locke
civil
Giambattista
Constructivisme 1725 La Science nouvelle
Vico
1739-
Actions rationnelles David Hume Traité de la nature humaine
1740
Méthode des remarques, première De l'esprit des lois et
1748 Montesquieu
typologie des sociétés Défense de l'Esprit des lois
Distinction des concepts de nature et
Jean-Jacques
culture. Critique de la société comme 1762 Du contrat social
Rousseau
productrice de nécessités artificielles
Phases du développement social :
1767 Adam Ferguson Essai sur la société civile
sauvagerie, barbarie, civilisation
Recherches sur la nature et
Autorégulation ; ordre social 1776 Adam Smith les causes de la richesse
des nations
1784- Johann Gottfried Idées pour une philosophie
Nation ; déterminisme géographique
1791 von Herder de l’histoire de l’humanité
Réflexions sur la Révolution
Conservatisme 1790 Edmund Burke
de France

C'est à partir du xvie siècle que se constitue le terreau fertile d'un mode d'interrogation de la
société, qui donnera par la suite lieu à la sociologie. Les bouleversements scientifiques qui
s'opèrent grâce aux découvertes de Kepler, Galilée et Copernic, entre autres, conduisent, aux
côtés du mouvement humaniste qui place l'Homme au centre des débats, à renverser l'ordre
établi et à enclencher une « révolution qui modifia les fondements et les cadres mêmes de notre
pensée et dont la science moderne est à la fois la racine et le fruit14 ». La remise en cause de
l'ordre divin va donc, au xviiie siècle, ouvrir le champ à de nombreuses théories tâchant de
comprendre les fondements des sociétésGi 2.

C'est le cas de tous les théoriciens du contrat social, que ce soit John Locke, Jean-Jacques
Rousseau ou Thomas Hobbes. Ils pensent alors l'origine de la société et de l'État comme un
contrat originaire entre les hommes, par lequel ceux-ci acceptent une limitation de leur liberté en
échange de lois garantissant la perpétuation du corps social. Les premières tentatives d'étudier
la société — et sa diversité — comme un objet d'analyse à part entière, se retrouvent chez
Montesquieu dans De l'esprit des lois et chez Giambattista Vico dans La Science
nouvelleSw 1,DBP 1. Ces auteurs posent les bases théoriques et problématiques de la science de la
société humaine, et de la relation entre l'action individuelle, les structures sociales et le contexte
historiqueSw 2. Peu à peu se développe une démarche qui vise à expliquer les phénomènes
sociaux en se détachant d'une vision fataliste, qui décrète l'accomplissement inéluctable d'une
destinéeDBP 2. Le siècle des Lumières voit l'émergence de théories qui cherchent à expliquer et
comprendre les actions individuelles et leurs conséquences, comme dans le Traité de la nature
humaine de David Hume ou les Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations
d'Adam SmithD 1.

C'est en 1780 que le terme sociologie naît15,16, sous la plume de l'essayiste français Emmanuel-
Joseph Sieyès. Dérivé du latin socius, « compagnon, associé », accompagné du suffixe -ology
(l'étude de), provenant du grec λόγος / lógos, au sens particulier de « étude »17,18,19. En 1838,
Auguste Comte donnera au terme le sens qu'on lui attribue aujourd'hui19.

De 1790 à 1890 : constructions multiples de la discipline

Découverte / idée Année(s) Auteur(s) Publication(s)


Henri de Saint-
Physiologie sociale 1813 La Physiologie sociale
Simon
1823- Henri de Saint-
Société industrielle Catéchisme des industriels
1824 Simon
Philosophie pratique : réflexions sur Georg Wilhelm Principes de la philosophie
1821
l'État, le gouvernement, le droit Friedrich Hegel du droit
1830-
Positivisme ; dynamique sociale Auguste Comte Cours de philosophie positive
1842
1835- Alexis de De la démocratie en
Démocratie
1840 Tocqueville Amérique
Théorie générale des sciences Système de logique
1843 John Stuart Mill
humaines et de leurs méthodes déductive et inductive
Aliénation du travail ; unités sociales 1844 Karl Marx Manuscrits de 1844
Utilitarisme 1859 John Stuart Mill De la liberté
Classe sociale ; superstructure ;
1867 Karl Marx Le Capital
conscience sociale
Règle sociale ; méthodes Sur la physique du globe en
1869 Adolphe Quetelet
quantitatives Belgique
Anthropologie sociale 1871 Edward Tylor Primitive Culture
1876-
Évolutionnisme et darwinisme social Herbert Spencer Principes de sociologie
1896
1882-
Diffusion culturelle Friedrich Ratzel Anthropogeographia
1891
Ludwig
Groupe social 1885 Grundriss Soziologie
Gumplowicz
Communauté et de société 1887 Ferdinand Tönnies Communauté et société
Psychologie 1890 William James Les Principes de psychologie
Si le terme sociologie existe déjà depuis le xviiie siècle, ce n'est qu'à la fin du xixe siècle que la
discipline voit le jour. Entre-temps, elle voit dans les révolutions politiques et industrielles du
xixe siècle les catalyseurs de son émergenceCG 1,RS 1, à travers les questions d'ordre social et de
capitalisme. La majeure partie du xixe siècle voit en effet l'essor, parfois simultané, de théories
sociologiques qui vont participer à la construction progressive de la disciplineGi 3. La Révolution
française suscite de nombreux débats, notamment en Angleterre où Edmund Burke signe un
pamphlet, Réflexions sur la Révolution de France, contre les événements de 1789, condamnant la
révolution parce qu'elle ramène la société à l'état de nature et parce qu'elle repose, en France, sur
des principes idéaux abstraitsCG 2. De l'autre côté, une nouvelle forme de communauté
scientifique, les idéologues, libéraux et pro-Révolution française, se met en place, contre le
déisme, et promeut une science des idées qui remplacerait à la fois la métaphysique et la
psychologieCG 3, et dont le sujet premier est l'Homme. La révolution industrielle et la diffusion du
capitalisme est à l'origine des écrits de Karl Marx. La question sous-jacente des conditions de vie
des ouvriers est à l'origine des premières enquêtes sociales et sociologiques, comme le Tableau
de l'état physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures de coton, de laine et de
soie de Louis René Villermé. Les troubles politiques en Europe durant ce siècle sont à l'origine
des recherches de Tocqueville, précurseur de la disciplineGi 3, sur La Démocratie en Amérique.

Henri de Saint-Simon

« Pour accélérer les progrès de la science, le plus grand, le plus noble


des moyens est de mettre l’univers en expérience ; or, ce n’est pas le
grand monde, ce n’est que le petit monde, c’est-à-dire l’homme, que
nous pouvons mettre en expérience. Une des expériences les plus
importantes à faire sur l’homme consiste à l’établir dans de nouvelles
relations sociales. Or, toute nouvelle action résultant d’une pareille
expérience ne peut être classée comme bonne ou mauvaise que d’après
les observations faites sur ses résultats. »

— « Lettres au Bureau des Longitudes » , in Œuvres de Claude-Henri de Saint-Simon,


Anthropos, Paris, 1966, tome 1, p. 81-83.

Claude-Henri de Rouvroy de Saint-Simon plaide pour l'émergence d'une science de l'Homme qui
utilise la même méthode scientifique que celle des sciences naturellesCG 4,RS 2. Il appelle cette
nouvelle discipline la « physiologie sociale »DBP 1. Il est également à l'origine du concept de
société industrielleSw 3. Il pense alors à une société dans laquelle les scientifiques et les
industriels supplantent les anciennes classes oisives (comme la noblesse). Dans le Catéchisme
des industriels (1824), il forge le terme d'industrialisme pour désigner une doctrine dans laquelle
est posée la supériorité économique et politique du mode industriel de production20. Sa théorie
sur l'industrialisation de la société aura une influence importante, à la fois dans la théorie
conservatrice et dans le marxisme, car elle pose les jalons théoriques de la stratification sociale
et de la division du travailSw 3,RS 2.

Auguste Comte et le positivisme

Auguste Comte (1798-1857)

Auguste Comte était, durant sa jeunesse, secrétaire et disciple de Saint-Simon. Ses travaux se
situent dans la lignée de celui-ciRS 2,Sw 4, notamment en ce qui concerne l'usage d'une méthode
scientifique dans les sciences sociales. Il est à l'origine du positivisme, qu'il formalisera dans ses
Cours de philosophie positive donnée entre 1830 et 1842. Contraction de « politique positiveCG 5 »,
le positivisme a pour principe que seuls les faits et leurs relations peuvent être l'objet d'une
connaissance certaine21. Le positivisme est une posture scientifique et l'aboutissement d'une
théorie centrale chez Auguste Comte, la loi des trois états, un concept selon lequel chaque
branche des connaissances humaines passe, historiquement, par trois démarches théoriques
successifs : théologique, métaphysique puis positifGi 4,22,D 2.

Pour Auguste Comte, la philosophie doit avoir pour objet principal l'étude des sociétés comme
un ensemble cohérent, et non, comme le faisait les Lumières, l'étude, à l'échelle individuelle, de
l'Homme22. La physiologie sociale de Saint-Simon devient ainsi chez Auguste Comte la
« physique sociale », puis la « sociologie »RS 2. La sociologie de Comte est donc l'application aux
phénomènes sociaux de la posture positivisteDBP 1, c'est-à-dire d'une observation empirique des
faits.

« Je crois devoir hasarder dès à présent ce terme nouveau exactement


équivalent à mon expression, déjà introduite, de physique sociale, afin
de pouvoir désigner par un nom unique cette partie complémentaire de
la philosophie naturelle qui se rapporte à l'étude positive de l'ensemble
des lois fondamentales propres aux phénomènes sociaux. »

— Cours de philosophie positive, 1839, p. 252

Karl Marx et la révolution industrielle

Article détaillé : Sociologie marxiste.

Karl Marx et Auguste Comte sont semblables en de nombreux points. À l'heure de la


sécularisation des sociétés européennes, et notamment des savoirs, ils cherchent tous deux à
établir une nouvelle idéologie scientifique (pour Comte, le positivisme et pour Marx, le
matérialisme historique) et insistent sur le principe d'une évolution historique favorable à terme
pour l'humanité (pour Comte, la loi des trois états et pour Marx, l'émancipation des travailleurs
aboutissant à une société sans classes)D 3. Karl Marx aura une influence certaine sur les
sociologues, notamment parce qu'il introduit une grille de lecture pertinente du réel ainsi qu'un
ensemble de concepts qui ont largement été repris depuisGi 5,23.

Témoins des luttes ouvrières pendant la Révolution industrielle, Marx estime que ce n'est pas la
religion (conception idéaliste) qui permet à l'État de tirer son pouvoir, mais le capital (conception
matérialiste). Marx voit dans le capitalisme la subversion la plus forte du processus naturel de
productionRS 3. Dans un vocabulaire plus marxiste, les classes dominantes exploitent les classes
prolétaires parce qu'ils détiennent les moyens de production. Dans Le Capital, au côté de
Friedrich Engels, ils développent des théories, sur les classes sociales, l'État, l'idéologie, la
religion, l'aliénation, qui ont depuis faits date en sociologie23.
L'émergence des enquêtes sociales

Julie-Victoire Daubié (1824-1874)

Article connexe : Histoire des statistiques.

Depuis le xviie siècle, se développe une branche de la statistique appliquée aux sciences
politiques et à la démographie. Cette statistique, au service du gouvernement, constitue un outil
indispensable de l'État, lui permettant de rassembler des informations sur sa population. C'est
notamment dans le domaine de la justice et des crimes que se multiplient les rapports
statistiquesCG 6. À partir des années 1830, la révolution industrielle et la question sociale favorise
l'émergence, dans plusieurs pays européens, de rapports statistiques sur le monde
ouvrierCG 7,Gi 6.

Inspirés par ces travaux, et par l'idée, notamment avancée par Nicolas de Condorcet, que les
faits relatifs à l'Homme sont passibles d'une approche quantifiée, certains chercheurs vont
participer à l'élaboration d'une « mathématique sociale ». Parmi eux, Adolphe Quetelet, qui faisait
de la sociologie une « physique sociale », et qui est l'un des premiers à appliquer la statistique à
l'étude des Hommes. Il affirmait à ce propos dans son Essai de physique sociale en 1835 :
« L'Homme naît, se développe et meurt d'après certaines lois qui n'ont jamais été étudiées dans
leur ensemble ni dans le mode de leurs réactions mutuelles »DBP 3. Dans cet ouvrage, il présente
sa conception de « l'homme moyen » comme valeur centrale autour de laquelle les mesures
d'une caractéristique humaine sont groupées suivant une courbe normale.

En France, Frédéric Le Play participe à la création des premières grandes enquêtes sociologiques
et développe les méthodes de collecte de donnéesDBP 3. Il publie notamment en 1855 sous le
titre Les Ouvriers européens les 36 monographies de familles ouvrières qu’il a réalisées en
EuropeGi 6. Son œuvre reste cependant largement guidée par un dessein idéologique et non par
des hypothèses de recherchesGi 6. Première femme bachelière, Julie-Victoire Daubié publie en
1866 La Femme pauvre au XIXe siècle, un ouvrage issu d'une enquête approfondie sur la
condition économique, morale et politique de la femme24 où elle revendique notamment le droit
à l'instruction pour les femmes25.

Herbert Spencer et l'évolutionnisme

Herbert Spencer (1820-1903)

Herbert Spencer était l'un des sociologues et philosophes les plus populaires et influents du
xixe siècleCG 8. Il écrit d'abord en réaction de Comte et MarxD 4, puis s'inspire des écrits de
Charles Darwin pour reformuler les sciences sociales en des termes de darwinisme social. Le
spencérisme postule que la lutte pour la vie entre les hommes est l'état naturel des relations
sociales, et que c'est aussi la source fondamentale du progrès et de l'amélioration de l'être
humain. Son action politique préconise de supprimer les institutions et comportements qui font
obstacle à l'expression de la lutte pour l’existence et à la sélection naturelle qui aboutissent à
l’élimination des moins aptes et à la survie des plus aptes (survival of the fittest). Spencer était
opposé au socialisme et plaidait pour le laissez-faire, ce qui lui vaudra d'être très écouté par les
partis conservateurs, notamment en Angleterre et aux États-Unis26.

En 1874, il publie le premier livre ayant « sociologie » dans son titre, The Study of Sociology. En
1900, Franklin Henry Giddings écrivait à propos de ce livre qu'il « avait suscité le premier, en
Angleterre, aux États-Unis, en France, en Italie et en Russie un intérêt certain pour la
sociologie »27,28,Note 2. Aux États-Unis, Charles Horton Cooley affirme en 1920 que The Study of
Sociology « a probablement contribué, plus que tout autre ouvrage, à l'intérêt que l'on porte
aujourd'hui à la sociologie »28,Note 3.

Malgré le fait que ses ouvrages soient aujourd'hui peu débattus, son influence sur la sociologie
contemporaine est certaine29.
Institutionnalisation de la sociologie

Découverte / idée Année(s) Auteur(s) Publication(s)


Solidarité mécanique et solidarité
1893 Émile Durkheim De la division du travail social
organique
Image de soi 1894 Charles Cooley The Theory of Transportation
Les Règles de la méthode
Fait social ; morphologie sociale 1895 Émile Durkheim
sociologique
Analyse et classification de foules 1895 Gustave Le Bon Psychologie des foules
Anomie ; usage des statistiques 1897 Émile Durkheim Le Suicide
Sociologie économique 1900 Georg Simmel Philosophie de l'argent
L'Éthique protestante et l'Esprit du
Valeurs, religions et capitalisme 1904 Max Weber
capitalisme
William Une introduction à la psychologie
Théorie de la motivation 1908
McDougall sociale
Interaction sociale, sociologie
1908 Georg Simmel Sociologie
formelle (en)
Groupes primaire et secondaire 1909 Charles Cooley Organisation sociale

Ce n'est réellement qu'à la fin du xixe siècle que la sociologie se met en placeB 1. Dans les années
1880, la sociologie reflète encore des doctrines hétéroclites sensiblement éloignées de ce par
quoi nous entendons aujourd'hui ce termeCG 9. Selon Jean-Michel Berthelot, trois séries
d'éléments vont permettre à la sociologie de se construire comme disciplineB 2 :

La mise en place définitive des formes modernes de production économique et d'organisation


étatique à partir des années 1870 ;

Une modification en profondeur du champ scientifique via l'essor des laboratoires de


recherche et le triomphe du positivisme ;

L'organisation d'un corps de sociologues non plus construit sur une base idéologique et
militante, mais scientifique.

Mais la sociologie se construit également à un moment où se développe une autre discipline, qui
suscite encore plus d'enthousiasme : la psychologie, notamment sa branche sociale. La
sociologie doit donc se départir à la fois de la vision dominante à cette époque dans les
sciences sociales, celle de l'évolutionnisme d'Herbert Spencer, et de la psychologie triomphante,
portée en France par Gabriel Tarde et Gustave Le BonDBP 4, et outre-Rhin par Wilhelm WundtCG 10.

Dans ce contexte vont émerger en France et en Allemagne deux types d'approches de la


sociologie, favorisées par une tradition et un contexte culturel différentsB 3,CG 11. Par ailleurs, les
États-Unis se dotent les premiers d'un département de sociologie, à l'université de Chicago,
dirigé par Albion Small30,B 4. Si l'institutionnalisation de la sociologie y est plus rapide que partout
ailleurs, le développement théorique et méthodologique de la discipline se fait plus lentB 4, et
l'école sociologique américaine n'apparaît qu'à la fin des années 1910, avec l'école de Chicago30.

L'école française de sociologie

En 1903, Henri Hauser affirmait que « les sciences sociales sont terriblement à la mode. C'est la
tarte à la crème de toutes les réunions mondaines, de tous les discours, de tous les journaux, et
nul n'a d'esprit s'il n'est sociologueCG 12. » En effet, en quelques années seulement, la sociologie a
su se faire une place dans le champ intellectuel français, avec des figures comme Émile
Durkheim, René Worms ou Gabriel Tarde. Pour Charles-Henry Cuin et François Gresle,
l'institutionnalisation de la sociologie en France tient de plusieurs facteurs : d'un côté, la refonte
de l'enseignement supérieur dans les années 1880 ouvre la voie aux sciences sociales ; de
l'autre, les initiatives d'acteurs privés permettent de financer la recherche en science socialeCG 13.
Dans les années 1880 et jusqu'au début des années 1890, il n'existe encore aucun organe de
diffusion strictement destiné aux théories sociologiquesB 5.

René Worms, tenant de la théorie organiciste, participe grandement à la fondation des premières
institutions de la sociologie : il crée en 1893 la Revue internationale de sociologie, en 1894,
l'Institut international de sociologie et la collection d'ouvrages « Bibliothèque sociologique
internationale » chez l'éditeur Giard & Brière, et en 1895, la Société de sociologie de ParisCG 14.
Malgré cela, René Worms ne contribue que très peu à l'ancrage de la sociologie : en s'assurant le
concours d'universitaires confirmés — provenant donc d'horizons variés —, il ne tient pas compte
des récentes avancées dans le domaine, et ses sociétés s'en retrouvent peu pertinentes, d'autant
plus que se constituent au même moment dans les universités des équipes nationales de
recherche aux perspectives théoriques plus abouties que les siennesCG 15. En France, c'est Émile
Durkheim, notamment via la revue L'Année sociologique, qui devient la figure de proue de la
discipline.
Émile Durkheim

Émile Durkheim (1858-1917)

Incontestablement, Émile Durkheim s'est imposé comme le chef de file de la sociologie en


FranceCG 16,B 6,Sw 5,Gi 7, si bien que l'école de Durkheim31 domine jusqu'à la Première Guerre
mondiale la sociologie françaiseNote 4,B 7. Il propose en effet une théorie englobante de la
sociologie : un objet, les faits sociaux, et une méthode, qu'il expose dans Les Règles de la
méthode sociologiqueSw 5,CG 17,Gi 7. Tenant d'une conception holiste de l'étude des phénomènes
sociaux, il considère que le social existe indépendamment de la conscience que nous en
avonsGi 8. Le fait social est donc un fait extérieur à la volonté des individus, et irréductible à une
étude individuelleGi 9.

Après des études de philosophie à l'école normale supérieure, il obtient une bourse d'agrégé et
suit les cours de Wilhelm Wundt à l'université de Leipzig. De retour en France, il enseigne à
l'université de Bordeaux la pédagogie et la science sociale, et y introduit pour la première fois
dans une université française la sociologieCG 18,Sw 6. Dès son premier ouvrage, De la division du
travail social (1893), Durkheim propose une méthode d'approche systématique des faits
sociauxCG 19. Après Les Règles de la méthode sociologique (1895), Durkheim donne dans Le
Suicide (1897) une démonstration éclatante de l'intérêt et de la portée du rationalisme
expérimental en sociologieB 8. En 1896, il fonde avec Célestin Bouglé la revue L'Année
sociologique, autour de laquelle va se constituer l'école durkheimienneCG 16 et qui devient
l'organe principal de publication des productions en sciences sociales à cette époqueB 9. Les
deux fondateurs, via cette revue, se posent alors pour objectifs d'asseoir la discipline sur des
bases scientifiques et d'y réunir les tenants de la sociologie françaiseCG 20. Autour de la revue de
Durkheim et Bouglé se greffent progressivement d'autres universitaires : Marcel Mauss, François
Simiand, Maurice Halbwachs, Georges et Hubert Bourgin ou encore Paul FauconnetCG 20.
Ensemble, ils participeront à la construction de la discipline en France.
L'école allemande de sociologie

La sociologie allemande connaît une destinée différente et indépendante de l'école française.


Inspirés par une tradition philosophique richeNote 5, une grande partie des sociologues allemands
s'oppose aux sociologues français par leur approche compréhensive de la sociologie, rejetant le
déterminisme à la françaiseB 10,DBP 5. Pour eux, l'explication, c'est-à-dire l'objectivation des
phénomènes sociaux par la recherche de leurs causes, n'est pas aussi décisive que la
compréhension de ces phénomènes, du point de vue de l'acteurCG 21. Cette distinction est
fondamentale en sociologie puisqu'elle est à l'origine de l'opposition entre holisme
méthodologique, théorisée par Émile Durkheim, et individualisme méthodologique, portée par
Max Weber.

À l'inverse de la sociologie française, la sociologie allemande est moins marquée par une
personnalité dominanteB 10, même si Max Weber est aujourd'hui considéré comme son principal
fondateur. D'autres figures comme Ferdinand Tönnies et Georg Simmel étaient également
reconnues à leur époqueB 10. La sociologie se structure plus tardivement en Allemagne qu'en
France, notamment parce qu'elle reste longtemps associé à la science politiqueDBP 6 : le terme
sociologie n'apparaît qu'à partir des années 1880B 11 et il faut attendre le début du siècle pour
que s'institutionnalise la disciplineCG 22.

Malgré cela, la sociologie est loin d'être inexistante dans l'Allemagne de Bismarck. En 1877, la
revue Vierteljahrsschrift für wissenschaftliche Philosophie und Soziologie publie déjà des
articles d'Herbert Spencer, d'Auguste Comte ou de John Stuart MillB 11. En 1887, Ferdinand
Tönnies publie Communauté et Société, considéré comme le premier ouvrage de sociologie en
AllemagneB 10,32. Il y décrit le passage des sociétés occidentales des communautés
(Gemeinschaft) aux sociétés (Gesellschaft)Sw 7,32. Mais ce n'est réellement qu'au début du
xxe siècle que la sociologie prend forme en tant que discipline en Allemagne. En 1904, la revue
Archiv für Sozialwissenschaft und Sozialpolitik, créée par Edgar Jaffé, Werner Sombart et Max
Weber, est la première revue de sciences sociales et politiques d'AllemagneCG 22,32. En 1909,
Weber, Tönnies et Simmel créent la Société allemande de sociologieCG 22,B 10.

Max Weber

« Nous appelons sociologie une science qui se propose de comprendre


par interprétation l’activité sociale et par là d’expliquer causalement
son déroulement et ses effets. Nous entendons par “activité”, un
comportement humain quand et pour autant que l’agent ou les agents
lui communiquent un sens subjectif. Et, par activité “sociale”, l’activité
qui, d’après son sens visé par l’agent ou les agents, se rapporte au
comportement d’autrui par rapport auquel s’oriente son
déroulement. »

— Économie et société, 1922, Plon, Paris

À l'instar de Durkheim en France, Max Weber a réussi à construire un programme scientifique de


constitution de la sociologie, en établissant des fondements épistémologiques et pratiques à la
disciplineB 12,CG 23,Gi 10,33. Dans Économie et société, il s'attache à définir les « concepts
fondamentaux de la sociologie »B 12. Il définit, tout comme Durkheim, un objet et une méthode
propres à la sociologie : d'une part l'activité sociale, et de l'autre, la méthode compréhensive,
indispensable pour saisir le sens que les individus donnent à leurs actionsCG 24,Gi 10. Son œuvre
donne naissance à l'individualisme méthodologiqueB 13, qui vise à expliquer les phénomènes
collectifs à partir des propriétés et des actions des individus et de leurs interactions mutuelles.
Au fondement de cette méthode, la rationalité des actions constitue un concept central qu'il
s'efforce de développer dans ses ouvragesB 14,Gi 11. Cette approche est mise en pratique dans
L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme, ouvrage dans lequel il soutient que la Réforme
protestante est à l’origine de l’éthique du travail du capitalismeB 15. La contribution de Max Weber
à la sociologie est considérable : on lui doit notamment les concepts de neutralité axiologique et
d'idéal-type en épistémologie des sciences sociales. Parmi ses nombreux sujets d'étude, on peut
citer la bureaucratie, l'État (notamment le monopole de la violence), la sécularisation et la
rationalisation des sociétés occidentales, les classes sociales, les religions et la musique34.

La sociologie américaine

Albion Small (1854-1926)

Si l'école de Chicago, constituée après la Première Guerre mondiale, est la première école
sociologique théorique aux États-Unis, il n'en demeure pas moins que la sociologie est déjà
ancrée dans les universités américaines bien avant la Grande guerre. La naissance de la
sociologie américaine est intimement liée au projet politique de « réforme sociale », alors que
l'urbanisation et l'industrialisation croissante du pays est à l'origine de nombreux
débatsCG 25,Gi 12. Le but pour les sociologues est donc d'accroître le bien-être des citoyens en leur
expliquant les réalités sociales du paysCG 25.

À l'inverse de la France et de l'Allemagne, la sociologie américaine s'institutionnalise très


rapidement : en 1875, William Graham Sumner donne à Yale le premier cours intitulé
« Sociologie »35,36. En 1892, la sociologie est déjà enseignée à l'université du Kansas pour la
troisième année consécutive et dans 17 autres facultés, et un département de sociologie est
créé à l'université de Chicago par Albion Small. En 1895, celui-ci même crée la revue American
Journal of Sociology. Aux États-Unis, la discipline se développe principalement à l'université et
notamment via des manuels (en anglais textbooks) : les plus lus sont An Introduction to the
Science of Society d'Albion Small et George Edgar Vincent (en), et Principles of Sociology de
Franklin Henry GiddingsB 16,36. Les grands sociologues de l'époque sont principalement des
professeurs : Small et Giddings à Columbia, Sumner à Yale, Charles Cooley à Ann Arbor, Charles
A. Ellwood (en) à l'université du Missouri, Edward C. Hayes (en) à celle de l'IllinoisCG 26.

En dépit de cela, la sociologie américaine ne produit pas à ses débuts de fondements théoriques
à la disciplineNote 6. Comme l'explique Albion Small en 1916, « la sociologie [américaine] était
davantage un intense désir qu’un corpus substantiel de connaissances, un point de vue
déterminé ou une rigoureuse méthode de recherche. Ni en 1893, ni en 1901, la sociologie ne
pouvait prétendre être un corps de doctrine, un point de vue, ou une méthode de recherche »B 17.

Dans les autres pays européens

En Belgique, Adolphe Quételet apparaît comme une figure fondatrice. Cependant, après lui, la
sociologie belge n'a eu que peu de successeurs. Parmi eux, Guillaume De Greef, syndicaliste et
sociologue théoricien du mouvement ouvrierCG 27. Très tôt, la sociologie belge se tourne vers des
problématiques industrielles qui aboutissent à la création d'un Institut de sociologie à l'Université
nouvelle de Bruxelles en 1901, à la demande de professionnels de l'industrieCG 27. Les recherches
qui y sont menées ont principalement trait à la condition ouvrière et s'appuient sur des enquêtes
ethnographiques.

En Russie, la naissance de la sociologie est intimement liée au contexte politique du paysCG 28.
L'intelligentsia, divisée en différents groupes, cherchent des modèles alternatifs à un Empire
conservateur et peu enclins aux réformes. La science sociale, encouragée par les intellectuels du
pays, est pourtant entachée d'une politisation qui contrevient à la neutralité supposée de la
science. La sociologie russe se développe donc en dehors de la Russie et de son contexte
politique, avec des auteurs, exilés, comme Maksim Kovalevsky ou Pitirim SorokinCG 28.
En Italie, outre la pensée de Giambattista Vico et de Cesare Beccaria au xviiie siècle, c'est dans la
criminologie de l'école positiviste que l'on peut trouver les prémisses d'une science sociale
italienne. Son chef de file, Cesare Lombroso, publie en 1876 L'Homme criminel (L'Uomo
delinquente), dans lequel il défend la thèse selon laquelle la « délinquance » serait nettement plus
fréquente chez certaines personnes porteuses de caractéristiques physiques, ce qui
démontrerait le caractère inné de certains comportements. Les criminologues ont depuis rejeté
ces thèses biologistes et teintées de darwinisme social. Toutefois, appliquant la méthode
scientifique à l'étude du criminel, Cesare Lombroso est souvent considéré comme le fondateur
de la criminologie scientifique37. Mais la sociologie italienne, à proprement parler, naît
conjointement de l'intérêt pour les élites. Des auteurs comme Vilfredo Pareto, Gaetano Mosca ou
Robert Michels développent une théorie sociologique des élites, dont les concepts, comme le
principe de Pareto ou la loi d'airain de l'oligarchie, sont toujours discutés.

Après Herbert Spencer, la sociologie académique britannique ne connaît pas le même essor que
celui d'autres pays européens. En revanche, elle s'institue dans des démarches politiques,
notamment lorsqu'il s'agit de résoudre les problèmes de pauvreté urbaine, qui touchent un pays
fortement industrialisé38. De ce fait, la sociologie est convoquée pour la mise en place de
politiques sociales dès la fin du xixe siècle. Par exemple, la « ligne de pauvreté » de Benjamin
Rowntree permet de justifier la nécessité de mettre en place des aides de l'État38. Des auteurs
comme Charles Booth, Patrick Geddes ou Victor Branford (en) ont élaboré des théories sur la
planification urbaine ou les cités-jardins en s'inspirant notamment des enquêtes que Frédéric Le
Play avait dirigé quelques décennies plus tôtCG 29. Dans le tournant du xxe siècle, une sociologie
libérale voit le jour au Royaume-Uni, notamment chez Leonard Trelawny Hobhouse, premier
professeur britannique de sociologie d'Angleterre en 1907, qui pose les bases d'un nouveau
libéralisme, plus social, et dont les bases forgeront le cadre théorique de l'État-providence
britannique38.
Guerres et entre-deux-guerres : des consolidations à la
maturation

Découverte / idée Année(s) Auteur(s) Publication(s)


Traité de sociologie
Théorie des élites 1916 Vilfredo Pareto
générale
Méthode d'analyse de documents 1918- Florian Znaniecki et
Le Paysan polonais
personnels ; histoire de vie 1920 William Thomas
1918-
Opposition culture et civilisations Oswald Spengler Le Déclin de l'Occident
1922
Idéal-type 1919 Max Weber Le Savant et le politique
Manuel de référence ; "la Bible de la Ernest Burgess et Introduction to the
1921
sociologie" Robert E. Park Science of Sociology
Activité sociale ; modèle bureaucratique 1921 Max Weber Économie et société
Bronisław Les Argonautes du
Fonctionnalisme 1922
Malinowski Pacifique occidental
Les Cadres sociaux de
Mémoire collective 1925 Maurice Halbwachs
la mémoire
École de Chicago ; sociologie urbaine ;
Ernest Burgess et
écologie humaine ; plan 1925 The City
Robert E. Park
radioconcentrique
Sociologie de la connaissance ; idéologie 1929 Karl Mannheim Idéologie et utopie
Interactionnisme symbolique ; autrui George Herbert Esprit, individualité et
1934
généralisé Mead société
Échantillons de
Relativisme culturel 1934 Ruth Benedict
civilisations
Civilisation des mœurs, curialisation 1935 Norbert Élias La société de cour
The Structure of Social
Théorie de l'action 1937 Talcott Parsons
Action
1937- Social and Cultural
Théorie des cycles sociaux (en) Pitirim Sorokin
1941 Dynamics
Processus de civilisation ; naissance des Sur le processus de
1939 Norbert Elias
États ; habitus civilisation
Max Horkheimer et
Théorie critique 1944 Dialectique de la Raison
Theodor Adorno

Une sociologie française meurtrie par la Première Guerre mondiale

La sociologie française a bien du mal à se renouveler après la mort de Durkheim (1917) et de


plusieurs de ses disciples, et après plus de vingt ans de domination intellectuelle de l'école de
Durkheim sur la sociologie française39. Le début des années 1920 sont des années relativement
prospères, avec la création d'un chaire de sociologie à l'université de Strasbourg pour Maurice
Halbwachs, la création de l'Institut français de sociologie dirigé par Marcel Mauss ou encore
l'introduction de la sociologie dans les programmes des écoles normalesCG2 1. Durant cette
période, la sociologie française est notamment marqué par les figures tels que Maurice
Halbwachs et Célestin BougléCG2 2.

Cela étant, l'absence de leader et la conjoncture économique d'après-guerre ne permettent pas à


la sociologie française de réellement se développerCG2 3. Ainsi, la publication de l'Année
sociologique cesse de 1925 à 1934. Le décès de Durkheim marque également un coup d'arrêt
dans l'institutionnalisation progressive de la sociologie en France, notamment dans les
universités. Du milieu des années 1920 à la Libération, aucune chaire universitaire ou institut de
recherche sociologiques ne sont créés40. De même, la plupart des chaires de sociologie étaient
en réalité occupés par des philosophes40.

Des deux autres écoles sociologiques qui occupaient le paysage français – celle de Le Play et
celle de Worms – seule la première a continué d'existerCG2 4. Les décès de Tarde et d'Espinas ont
eu raison de la sociologie portée par René Worms qui s'essoufle après la Grande guerre. La
sociologie leplaysienne, quant à elle, survit grâce aux travaux de Paul Bureau, Joseph Wilbois et
Paul DescampsCG2 5.

En Allemagne

À l'inverse de la France, l'entre-deux-guerres marque une période de prospérité sociologique en


Allemagne, malgré l'éparpillement idéologique et théorique manifeste des sociologues
allemandsCG2 6. De nombreuses chaires universitaires y sont créées – près de 40 entre 1919 et
1933B 18. Cette période est ainsi marqué par un foisonnement des courants disciplinaires : Max
Scheler met en place une sociologie de la culture, reprise par la suite par Norbert Élias. C'est
durant cette période que naît également la sociologie de la connaissance, dont la figure
principale est Karl Mannheim. L'entre-deux-guerres est en outre marquée par des réflexions
importantes en sociologie politique (Robert Michels) et en sociologie de la stratification sociales
et des classesCG2 7. Enfin, c'est durant cette période que se forme le groupe d'intellectuels de
l'école de Francfort, dont les travaux, bien que plutôt philosophiques, ont eu un écho très
important en sociologie.

À partir de 1933, le nazisme met un terme au développement de la sociologie allemandeCG2 7.

Aux États-Unis

Aux États-Unis, l'après-Première Guerre mondiale est synonyme de développement et


d'expansion des savoirs sociologiques. La nécessité de faire prospérer le pays passe par une
demande accrue de sociologues dont le but sera de conseiller les politiques en matière social.
Cette demande est en partie satisfaite par l'afflux majeur de nombreux chercheurs, dont des
sociologues, qui fuient une Europe détruite par les guerres et teintées de totalitarisme, à l'instar
de Pitirim Sorokin, sociologue russe en exil qui rejoint les États-Unis en 1923 et crée six ans plus
tard le département de sociologie de l'université HarvardL 1. Ainsi, la période est marquée dans le
pays par un débat prégnant entre les tenants d'une sociologie appliquée à la politique et les
partisans d'une neutralité sociologiqueGi 13. Conjointement à l'importance de la psychologie
sociale dans le pays, la demande politico-sociale favorisent le développement d'une sociologie
empirique, basée sur le recueil, le traitement et l'analyse de données à des fins
sociologiquesGi 12,B 19.

L'École de Chicago (première génération)

Article détaillé : École de Chicago (sociologie).

Porté par les travaux de Robert Park, d'Everett Hughes ou encore d'Ernest Burgess, les travaux de
l'école de Chicago des années 1920 et 1930 ont été les premiers à s'intéresser à la sociologie
urbaine et à l'environnement urbain en combinant théorie, ethnographie et étude sur le terrain.

Après la Seconde Guerre mondiale : triomphe américain et


reconstruction de la sociologie européenne

Découverte / idée Année(s) Auteur(s) Publication(s)


Social theory and social
Théorie de moyennes portées 1949 Robert K. Merton
structure
Modèle AGIL 1951 Talcott Parsons The Social System
Théorie du conflit 1958 Ralph Dahrendorf Hors de d'utopie
Imagination sociologique 1959 Charles Wright Mills L'Imagination sociologique
Interactionnisme symbolique, La Mise en scène de la vie
1959 Erving Goffman
dramaturgie sociale quotidienne
Théorie de l'échange social 1961 George Homans Social Behavior
Institutions totales 1961 Erving Goffman Asylums
Peter Berger et Niklas La Construction sociale de la
Constructivisme social 1966
Luhmann réalité
Ethnométhodologie 1967 Harold Garfinkel Studies in Ethnomethodology

La Seconde Guerre mondiale aura eu raison de la sociologie européenne : que ce soit en France,
en Allemagne, en Italie ou en Angleterre, la discipline sociologique est en berneCG2 8. En France,
rien n'a changé depuis l'entre-deux-guerres41. En Allemagne et en Italie, de nombreux
sociologues sont partis s'installer aux États-Unis pour fuir les régimes dictatoriaux. Terre propice
à la recherche académique, les États-Unis deviennent après 1945 le terrain de prédilection des
sociologues. Grand vainqueur de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis dominent en
sociologie tout autant que dans les autres domaines.
Le triomphe américain

L'après-guerre est pour les États-Unis un moment de développement important de la discipline


sociologique, que ce soit institutionnellement ou intellectuellement42. Alors que la fondation
Rockefeller était jusqu'alors l'une des seules institutions privées à financer la recherche
sociologique, de nombreux acteurs privés (Henry Ford par exemple) et publics (ministère des
Armées, de l'Agriculture, etc.) se posent en mécènes de la sociologieCG2 9. De nombreux instituts
universitaires se créent également durant cette période (Institut de recherche sociale de
l'université du Michigan, Bureau de recherche sociale appliquée à Columbia, entre autres) et la
Société américaine de sociologie, qui devient en 1963 l'Association américaine de sociologie,
voit le nombre de ses adhérents multipliés par dix entre 1945 et 1970CG2 10.

Sur le plan théorique, la production sociologique américaine domine le reste du monde et


parvient à établir des paradigmes qui restent encore aujourd'hui des théories majeures de la
sociologie. Ainsi, c'est durant cette période qu'émergent l'interactionnisme symbolique, le
fonctionnalisme et l'ethnométhodologie ; d'autres paradigmes, déjà bien ancrées, comme la
sociologie empirique et quantitative de Paul Lazarsfeld et Samuel Stouffer, continuent d'étendre
leur sphère d'influenceCG2 10,L 2.

La période est marquée par trois écoles sociologiques qui permettent d'asseoir le prestige de la
sociologie américaine : l'école de Columbia, avec Paul Lazarsfeld comme figure de proue, l'école
d'Harvard, dont les principaux représentants sont Talcott Parsons et Robert K. Merton, et enfin
l'école de Chicago d'Herbert Blumer, Erving Goffman ou Howard Becker.

Alors que le paradigme fonctionnaliste incarné par Talcott Parsons triomphe depuis la fin des
années 1940, la sociologie parsonienne est en déclin à partir des années 1960. L'un des premiers
à critiquer l'impérialisme fonctionnaliste est Charles Wright Mills dans L'Imagination
sociologiqueL 3. Une des alternatives au fonctionnalisme les plus crédibles est l'interactionnisme,
qui connaît un regain d'intérêt dès le début des années 1960 grâce aux travaux notamment
d'Everett Hughes, Howard Becker ou encore Erving GoffmanL 4. Inspiré par les travaux d'Alfred
Schütz et ceux des interactionnistes, Harold Garfinkel développe dès le milieu des années 1950
une variante radicale de l'interactionnisme symbolique, l'ethnométhodologie, dont le point de
départ est le fait que « la réalité sociale est une construction permanente qui n'a rien d'extérieur
aux individus »L 4,43. Elle inspirera notamment la sociologie constructiviste de Peter Berger et
Thomas Luckmann, dont le livre La Construction sociale de la réalité figure parmi les 10 livres les
plus importants de la sociologie du xxe siècle44,Note 7.
Reconstruction de la sociologie européenne

En France, la reconstruction favorise le développement des sciences économiques et


démographiques et laisse de côté la discipline sociologiqueCG2 11. Ainsi sont créés dès l'après-
guerre l'Ined et l'Insee qui fournissent à l'État les outils nécessaires de la restructuration du pays.
Pour Charles-Henry Cuin et François Gresle, il faut attendre 1958 et le retour du gaullisme au
pouvoir pour assister à un renouveau de la sociologie françaiseCG2 12. En l'espace de quelques
années, Raymond Aron crée un cursus universitaire de sociologie à la Sorbonne, trois des plus
importantes revues de sociologie en France publient leur premier numéro (la Revue française de
sociologie, Sociologie du travail et les Archives européennes de la sociologie) et plusieurs
laboratoires de recherches se forment autour de sociologues qui redessinent le paysage de la
sociologie française, à l'instar du Centre de sociologie européenne de Raymond Aron ou du
Laboratoire de sociologie industrielle d'Alain TouraineCG2 13.

Ailleurs en Europe, la sociologie subit également les conséquences de la Seconde Guerre


mondiale. Au Royaume-Uni, la recherche a du mal à se départir de la démarche appliquée et perd
en théorisation, avant l'arrivée d'une nouvelle vague de sociologues dans les années 1960 (John
Rex, John Goldthorpe...). En Allemagne, c'est la théorie critique de l'École de Francfort qui
domine les débats. En Italie, la tradition sociologique a presque complètement disparu après
1945, et il faut attendre les années 1960 et 1970 pour assister à un renouveau de la
disciplineCG2 14.

De 1970 à nos jours, internationalisation et explosion des


paradigmes

Article connexe : Théorie sociologique.

Année(s) Auteur(s) Publication(s)


Immanuel
Système mondial 1974 Le système mondial moderne
Wallerstein
Edward Osborne
Sociobiologie 1975 Sociobiologie
Wilson
Capital culturel, capital
1979 Pierre Bourdieu La Distinction
économique, théorie des champs
Jürgen
Agir communicationnel 1981 Théorie de l'agir communicationnel
Habermas
Différenciation fonctionnelle 1982 Niklas Luhmann La différenciation de société
Anthony
Théorie de la structuration 1984 The Constitution of Society
Giddens
La société du risque. Dans la route
Société du risque 1986 Ulrich Beck
à une autre modernité
Société de réseaux 1996 Manuel Castells La montée de la société du réseau
À partir des années 1970, le foisonnement des courants et disciplines, couplés à
l'internationalisation croissante de la discipline, ne permet plus de définir d'écoles
« nationales »CG2 15.

Internationalisation de la sociologie

Alors que la sociologie a su prospérer, depuis près d'un siècle, un peu partout dans le monde, elle
est tout de même favorisée par une forme de gouvernement qui accepte le libre examen de la
société sur elle-même. En ce sens, la sociologie est très liée, dans les sujets qu'elle aborde, au
rapport qu'entretient la société avec le pouvoir.

En Inde, au Canada, en Australie ou encore au Japon, la sociologie connaît dès la fin Seconde
Guerre mondiale un essor importantCG2 14,45. La sociologie indienne connaît un développement
marqué dès les années 1950 qui en fait une science institutionnalisée et reconnue46 dont les
recherches traditionnelles sur les castes, l'organisation de la société indienne, la famille,
l'urbanisation et la religion sont aujourd'hui rejointes par des approches plus diverses comme les
études féministes ou la sociologie de la culture47,48.

Dans les pays communistes, alors que la recherche sociologique est ralentie par le régime
bolchévique qui assimile la sociologie à une « science bourgeoise », les années 1960 et 1970
sont marquées par une « renaissance de la sociologie »49,50, s'inscrivant en droite ligne avec la
politique de dégel de Nikita Khrouchtchev. Par ailleurs, la chute du régime soviétique accélère
largement le développement de la sociologie dans les pays ex-communistes.

En Amérique du Sud, les années 1950 et 1960 sont marquées par l'émergence d'une sociologie
du développement et de la modernitéCG2 14.

Les années 1970 et 1980 marquent justement une période de décolonisation massive qui laisse
place à de nouvelles traditions nationales sociologiques dans les pays d'Afrique51 dont le sujet
de prédilection est le colonialisme et le post-colonialismeL 5.

Renforcements institutionnels

Au cours des trente dernières années du xxe siècle, la sociologie est déjà une science à part
entière et pleinement reconnue, dont personne ne doute de l'indépendance. Aux États-Unis, le
nombre de sociologues augmente très rapidement, tout comme le montant des financements du
gouvernement américain pour soutenir la sociologie. Entre 1970 et 1973, le volume des
subventions a même triplé pour atteindre 120 millions de dollars par an. Deux ans plus tard,
l'American Sociological Association compte quinze mille membres52.
1968 marque un tournant pour la sociologie française. Au moment des émeutes et de la crise
sociale, la sociologie française éclate en interne en raison des divergences sur la définition du
terme de crise sociale. Malgré la désunion interne, le nombre de chercheurs et de centres de
recherches augmente très rapidement. Le soutien aux chercheurs français a également été
favorisé par la mise en place de contrats de recherche en lien avec les entreprises. Dans les
années 1970, la sociologie française était également très populaire parmi le grand public.

Multiplication des paradigmes

Article détaillé : Théorie sociologique.

La fin d'une période de prospérité qui a duré près de 30 ans est aussi celle de l'éclatement des
paradigmes et théories sociologiques. Dans les années 1980, plusieurs sociologues
s'intéressent à la mondialisation, la communication et la notion de modernité. Jürgen Habermas
développe dans sa théorie de l'agir communicationnel une réaction au discours de la modernité,
éclairée à la fois par la théorie critique et le pragmatisme américain. Un autre sociologue
allemand, Ulrich Beck, présente dans The Risk Society (1992) un compte rendu de la manière
dont l'État-nation moderne s'est organisé. Zygmunt Bauman a beaucoup écrit sur les notions de
modernité et de postmodernité, notamment en ce qui concerne l'Holocauste et le consumérisme
en tant que phénomènes historiques53.

Kimberlé Crenshaw (1959-)

En Grande-Bretagne, Anthony Giddens entreprend de réconcilier la dichotomie théorique


classique entre structure et agent grâce à la théorie de la structuration.
Dans les années 1980, Pierre Bourdieu développe une théorie des goûts fondée sur le capital
culturel54.

Durant ces mêmes années se développe une sociologie du genre et de l'intersectionnalité des
rapports sociaux. bell hooks défend l'idée que les femmes blanches et racisées font face à
différents obstacles dans la société55. Kimberlé Crenshaw développe par la suite le concept
d'intersectionnalité pour décrire la manière dont différentes identités peuvent s'entrecroiser pour
créer des nouvelles formes de discrimination55. En 1990, Sylvia Walby décrit six institutions de
reproduction du patriarcat : le ménage familial, le travail rémunéré, l'État, la violence masculine, la
sexualité et les institutions culturelles. Plus tard, la sociologue Helma Lutz propose 14 "lignes de
différence" (lines of difference) pouvant constituer la base de relations de pouvoir inégales55.

Les théoriciens des systèmes tels que Niklas Luhmann sont restés des forces dominantes en
sociologie jusqu'à la fin du siècle. En 1994, Robert K. Merton a remporté la Médaille nationale
des sciences pour ses contributions à la sociologie des sciences56. La tradition positiviste reste
également populaire, en particulier aux États-Unis57. Les deux revues américaines les plus citées
de la discipline, l’American Journal of Sociology et l’American Sociological Review, publient
principalement des recherches dans la tradition positiviste, la seconde présentant néanmoins
une plus grande diversité.

Développements méthodologiques et techniques

La fin du xxe siècle a également connu des améliorations méthodologiques majeures. Le


développement d'études longitudinales, qui suivent la même population au cours de plusieurs
années voire plusieurs dizaines d'années, permet aux chercheurs d'étudier des phénomènes à
long terme et d'établir des analyses plus fines. L'augmentation de la taille des bases de données
produits par les nouvelles méthodes d'enquête a été suivie par l'invention de nouvelles
techniques statistiques pour analyser ces données. L'analyse de ce type est généralement
effectuée avec des logiciels statistiques tels que R, SAS, Stata ou SPSS.

Grâce à ces nouveaux outils, des sociologies se développent, à l'instar de la sociologie


informatique et de l'analyse des réseaux sociaux. L'influence de l'analyse des réseaux sociaux est
omniprésente dans de nombreux sous-domaines sociologiques tels que la sociologie
économique, le comportement organisationnel, la sociologie historique, la sociologie politique
ou la sociologie de l'éducation.
Pour approfondir

Bibliographie

: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

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sais-je ? », 1950, 128 p. (ISBN 978-2-13-077563-8, lire en ligne (https://books.google.fr/books?id=5T5YDwAA
QBAJ&printsec=frontcover) [archive]).

Raymond Aron, Les étapes de la pensée sociologique, Paris, Gallimard, 1976

(en) Alan Swingewood, A Short History of Sociological Thought, Macmillan International Higher
Education, 23 août 1984, 2e éd., 355 p. (ISBN 978-1-349-17524-6, lire en ligne (https://books.google.fr/boo
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Pierre-Jean Simon, Histoire de la sociologie. Paris : PUF, pp. 7-24, 1991

Gilles Ferréol & alii, Histoire de la pensée sociologique, Colin Cursus, 1994

Jean Étienne, Henri Mendras, Les grands auteurs en sociologie, Paris, Hatier, 1994

(en) Donald N. Levine (1995), Visions of the Sociological Tradition, University of Chicago Press,
1995

Michel Lallement, Histoire des idées sociologiques : Tome 1 : des origines à Weber, Nathan,
coll. « Circa », 1993a (ISBN 978-2-09-190120-6,
OCLC 30046127 (https://worldcat.org/fr/title/30046127)).

Michel Lallement, Histoire des idées sociologiques : Tome 2 : de Parsons aux contemporains,
Nathan, coll. « Circa », 1993b, 255 p. (ISBN 978-2-09-190096-4,
OCLC 30040235 (https://worldcat.org/fr/title/30040235)).

Jean-Pierre Delas, Bruno Milly, Histoire des pensées sociologiques, Sirey coll. Synthèse +, 1997

Pierre Demeulenaere, Histoire de la théorie sociologique, Paris, Hachette Supérieur, coll. « Les
Fondamentaux », 1997, 154 p.

Jean-Pierre Durand, Robert Weil, Sociologie contemporaine, Vigot, rééd. 1997

Michel Forsé et. al., Histoire de la pensée sociologique - Les grands classiques, Armand Colin,
1998

Karl Van Meter, (dir.) La sociologie, Larousse, coll. Textes essentiels, 1999

Farrugia Francis, La reconstruction de la sociologie française 1945-1965, L'Harmattan, 2000.

Charles-Henry Cuin et François Gresle, Histoire de la sociologie : Tome 1. Avant 1918, Paris, La
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o/histoire-de-la-sociologie-tome-1-avant-1918--9782707138941.htm) [archive]).

Charles-Henry Cuin et François Gresle, Histoire de la sociologie : Tome 2. Depuis 1918, Paris, La
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Notes et références

Notes

1. dont Gorgias, Hippias d'Élis, Protagoras, Prodicos, Thrasymaque

2. En version originale : "first awakened in England, America, France, Italy and Russia a wide and
general interest for sociology"

3. En version originale : "probably did more to arouse interest in the subject than any other
publication before or since"

4. Hubert Bougin affirmait à ce propos : « Du temps même où l'école sociologique ne comptait


encore qu'un homme, son créateur, elle était déjà une école. » (Charles-Henry Cuin et
François Gresle, Paris, La Découverte, coll. « Repères », 2002, p.62)

5. À la base de cette approche se trouve la distinction entre sciences de la nature et sciences


de l'esprit, distinction qui plonge ses racines notamment chez Kant (opposition entre nature
et action pratique) et Hegel (critique de la raison analytique au profit de la raison
dialectique).

6. On peut cependant citer des auteurs qui ont influencé plus tard les sociologues américains.
George Herbert Mead et Charles Cooley notamment ont joué un rôle dans la naissance de
l'interactionnisme symbolique. De même, Lester Frank Ward a participer à restaurer
l'importance de la scientificité dans la sociologie américaine.

7. Bien que La Construction sociale de la réalité soit publié un an avant Studies in


Ethnomethodology, l'ethnométhodologie de Garfinkel se développe dès le milieu des années
1950. Berger et Luckmann était d'ailleurs des élèves de Garfinkel.

Références

Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Sociologie de la sociologie
(https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Sociologie_de_la_sociologie&oldid=195205752) »
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(pl) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en polonais intitulé
« Historia socjologii (https://pl.wikipedia.org/wiki/Historia_socjologii?oldid=8246514) » (voir la
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