Histoire de La Sociologie - Wikipédia
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L'histoire de la sociologie, en tant que discipline scientifique, commence à la fin du xixe siècle,
même si l'on peut retrouver des raisonnements sociologiques dès l'Antiquité. La sociologie se
développe principalement en Europe de l'Ouest alors que la révolution industrielle fait émerger
les premières enquêtes et réflexions sur les conditions de vie des ouvriers. Mais ce n'est qu'à
partir des années 1890 que la sociologie s'institutionnalise avec les premières revues et chaires
universitaires. Jusqu'en 1914, la sociologie européenne produit la majeure partie du corpus de la
discipline. L'entre-deux-guerres est plus favorable à la sociologie américaine. Après 1945, la
sociologie, institutionnalisée et internationalisée, se développe considérablement en de multiples
courants et sous-disciplines, pour donner la mosaïque que l'on connaît aujourd'hui.
Les origines de l'enquête statistique remontent au xie siècle, lorsque Guillaume le Conquérant
ordonne en 1086 l'organisation d'un recensement sur son territoire, publié sous le nom de
Domesday Book2,3. Au xiiie siècle, Ma Duanlin, un historien chinois, souligne l'existence de
dynamiques sociales sous-jacentes à l'évolution historique dans son encyclopédie, Wenxian
Tongkao4.
En rupture avec ses prédécesseurs, Ibn Khaldoun marque au xive siècle un tournant en
sociologie5. Sa façon d'analyser les changements sociaux et politiques qu'il a observés dans le
Maghreb et l'Espagne de son époque a conduit à le considérer comme un précurseur de la
sociologie et démographie modernes malgré le fait qu'il fut inconnu des principaux fondateurs
de ces disciplines6,7,8,9. Son ouvrage majeur, la Muqaddima, où il expose sa vision de la façon
dont naissent et meurent les empires, est peut-être le premier à avoir un raisonnement
scientifique et sociologique sur la cohésion sociale et le conflit social10,11,12,13,6. Il conçoit une
théorie dynamique de l'histoire et développe les concepts de changements et conflits sociaux. Il
élabore également une dichotomie entre vie nomade et vie sédentaire. La Muqaddimah peut être
considérée comme un ouvrage de sociologie générale, où y sont développés des thèmes aussi
variés que la vie urbaine, la politique, l'économie et la connaissance. Son travail se base sur un
concept central, celui de 'asabiyyah, traduit en français par « cohésion sociale », « solidarité de
groupe » ou « tribalisme ». Cette cohésion sociale survient spontanément dans des
communautés et peut-être intensifiée par la religion. Il analyse la manière dont ce qui fait la
cohésion politique, économique, psychologique, sociologique du groupe est aussi à l'origine de
sa chute, et sera alors remplacé par un autre groupe lié de manière plus étroite.
Renaissance et siècle des Lumières
C'est à partir du xvie siècle que se constitue le terreau fertile d'un mode d'interrogation de la
société, qui donnera par la suite lieu à la sociologie. Les bouleversements scientifiques qui
s'opèrent grâce aux découvertes de Kepler, Galilée et Copernic, entre autres, conduisent, aux
côtés du mouvement humaniste qui place l'Homme au centre des débats, à renverser l'ordre
établi et à enclencher une « révolution qui modifia les fondements et les cadres mêmes de notre
pensée et dont la science moderne est à la fois la racine et le fruit14 ». La remise en cause de
l'ordre divin va donc, au xviiie siècle, ouvrir le champ à de nombreuses théories tâchant de
comprendre les fondements des sociétésGi 2.
C'est le cas de tous les théoriciens du contrat social, que ce soit John Locke, Jean-Jacques
Rousseau ou Thomas Hobbes. Ils pensent alors l'origine de la société et de l'État comme un
contrat originaire entre les hommes, par lequel ceux-ci acceptent une limitation de leur liberté en
échange de lois garantissant la perpétuation du corps social. Les premières tentatives d'étudier
la société — et sa diversité — comme un objet d'analyse à part entière, se retrouvent chez
Montesquieu dans De l'esprit des lois et chez Giambattista Vico dans La Science
nouvelleSw 1,DBP 1. Ces auteurs posent les bases théoriques et problématiques de la science de la
société humaine, et de la relation entre l'action individuelle, les structures sociales et le contexte
historiqueSw 2. Peu à peu se développe une démarche qui vise à expliquer les phénomènes
sociaux en se détachant d'une vision fataliste, qui décrète l'accomplissement inéluctable d'une
destinéeDBP 2. Le siècle des Lumières voit l'émergence de théories qui cherchent à expliquer et
comprendre les actions individuelles et leurs conséquences, comme dans le Traité de la nature
humaine de David Hume ou les Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations
d'Adam SmithD 1.
C'est en 1780 que le terme sociologie naît15,16, sous la plume de l'essayiste français Emmanuel-
Joseph Sieyès. Dérivé du latin socius, « compagnon, associé », accompagné du suffixe -ology
(l'étude de), provenant du grec λόγος / lógos, au sens particulier de « étude »17,18,19. En 1838,
Auguste Comte donnera au terme le sens qu'on lui attribue aujourd'hui19.
Henri de Saint-Simon
Claude-Henri de Rouvroy de Saint-Simon plaide pour l'émergence d'une science de l'Homme qui
utilise la même méthode scientifique que celle des sciences naturellesCG 4,RS 2. Il appelle cette
nouvelle discipline la « physiologie sociale »DBP 1. Il est également à l'origine du concept de
société industrielleSw 3. Il pense alors à une société dans laquelle les scientifiques et les
industriels supplantent les anciennes classes oisives (comme la noblesse). Dans le Catéchisme
des industriels (1824), il forge le terme d'industrialisme pour désigner une doctrine dans laquelle
est posée la supériorité économique et politique du mode industriel de production20. Sa théorie
sur l'industrialisation de la société aura une influence importante, à la fois dans la théorie
conservatrice et dans le marxisme, car elle pose les jalons théoriques de la stratification sociale
et de la division du travailSw 3,RS 2.
Auguste Comte était, durant sa jeunesse, secrétaire et disciple de Saint-Simon. Ses travaux se
situent dans la lignée de celui-ciRS 2,Sw 4, notamment en ce qui concerne l'usage d'une méthode
scientifique dans les sciences sociales. Il est à l'origine du positivisme, qu'il formalisera dans ses
Cours de philosophie positive donnée entre 1830 et 1842. Contraction de « politique positiveCG 5 »,
le positivisme a pour principe que seuls les faits et leurs relations peuvent être l'objet d'une
connaissance certaine21. Le positivisme est une posture scientifique et l'aboutissement d'une
théorie centrale chez Auguste Comte, la loi des trois états, un concept selon lequel chaque
branche des connaissances humaines passe, historiquement, par trois démarches théoriques
successifs : théologique, métaphysique puis positifGi 4,22,D 2.
Pour Auguste Comte, la philosophie doit avoir pour objet principal l'étude des sociétés comme
un ensemble cohérent, et non, comme le faisait les Lumières, l'étude, à l'échelle individuelle, de
l'Homme22. La physiologie sociale de Saint-Simon devient ainsi chez Auguste Comte la
« physique sociale », puis la « sociologie »RS 2. La sociologie de Comte est donc l'application aux
phénomènes sociaux de la posture positivisteDBP 1, c'est-à-dire d'une observation empirique des
faits.
Témoins des luttes ouvrières pendant la Révolution industrielle, Marx estime que ce n'est pas la
religion (conception idéaliste) qui permet à l'État de tirer son pouvoir, mais le capital (conception
matérialiste). Marx voit dans le capitalisme la subversion la plus forte du processus naturel de
productionRS 3. Dans un vocabulaire plus marxiste, les classes dominantes exploitent les classes
prolétaires parce qu'ils détiennent les moyens de production. Dans Le Capital, au côté de
Friedrich Engels, ils développent des théories, sur les classes sociales, l'État, l'idéologie, la
religion, l'aliénation, qui ont depuis faits date en sociologie23.
L'émergence des enquêtes sociales
Depuis le xviie siècle, se développe une branche de la statistique appliquée aux sciences
politiques et à la démographie. Cette statistique, au service du gouvernement, constitue un outil
indispensable de l'État, lui permettant de rassembler des informations sur sa population. C'est
notamment dans le domaine de la justice et des crimes que se multiplient les rapports
statistiquesCG 6. À partir des années 1830, la révolution industrielle et la question sociale favorise
l'émergence, dans plusieurs pays européens, de rapports statistiques sur le monde
ouvrierCG 7,Gi 6.
Inspirés par ces travaux, et par l'idée, notamment avancée par Nicolas de Condorcet, que les
faits relatifs à l'Homme sont passibles d'une approche quantifiée, certains chercheurs vont
participer à l'élaboration d'une « mathématique sociale ». Parmi eux, Adolphe Quetelet, qui faisait
de la sociologie une « physique sociale », et qui est l'un des premiers à appliquer la statistique à
l'étude des Hommes. Il affirmait à ce propos dans son Essai de physique sociale en 1835 :
« L'Homme naît, se développe et meurt d'après certaines lois qui n'ont jamais été étudiées dans
leur ensemble ni dans le mode de leurs réactions mutuelles »DBP 3. Dans cet ouvrage, il présente
sa conception de « l'homme moyen » comme valeur centrale autour de laquelle les mesures
d'une caractéristique humaine sont groupées suivant une courbe normale.
En France, Frédéric Le Play participe à la création des premières grandes enquêtes sociologiques
et développe les méthodes de collecte de donnéesDBP 3. Il publie notamment en 1855 sous le
titre Les Ouvriers européens les 36 monographies de familles ouvrières qu’il a réalisées en
EuropeGi 6. Son œuvre reste cependant largement guidée par un dessein idéologique et non par
des hypothèses de recherchesGi 6. Première femme bachelière, Julie-Victoire Daubié publie en
1866 La Femme pauvre au XIXe siècle, un ouvrage issu d'une enquête approfondie sur la
condition économique, morale et politique de la femme24 où elle revendique notamment le droit
à l'instruction pour les femmes25.
Herbert Spencer était l'un des sociologues et philosophes les plus populaires et influents du
xixe siècleCG 8. Il écrit d'abord en réaction de Comte et MarxD 4, puis s'inspire des écrits de
Charles Darwin pour reformuler les sciences sociales en des termes de darwinisme social. Le
spencérisme postule que la lutte pour la vie entre les hommes est l'état naturel des relations
sociales, et que c'est aussi la source fondamentale du progrès et de l'amélioration de l'être
humain. Son action politique préconise de supprimer les institutions et comportements qui font
obstacle à l'expression de la lutte pour l’existence et à la sélection naturelle qui aboutissent à
l’élimination des moins aptes et à la survie des plus aptes (survival of the fittest). Spencer était
opposé au socialisme et plaidait pour le laissez-faire, ce qui lui vaudra d'être très écouté par les
partis conservateurs, notamment en Angleterre et aux États-Unis26.
En 1874, il publie le premier livre ayant « sociologie » dans son titre, The Study of Sociology. En
1900, Franklin Henry Giddings écrivait à propos de ce livre qu'il « avait suscité le premier, en
Angleterre, aux États-Unis, en France, en Italie et en Russie un intérêt certain pour la
sociologie »27,28,Note 2. Aux États-Unis, Charles Horton Cooley affirme en 1920 que The Study of
Sociology « a probablement contribué, plus que tout autre ouvrage, à l'intérêt que l'on porte
aujourd'hui à la sociologie »28,Note 3.
Malgré le fait que ses ouvrages soient aujourd'hui peu débattus, son influence sur la sociologie
contemporaine est certaine29.
Institutionnalisation de la sociologie
Ce n'est réellement qu'à la fin du xixe siècle que la sociologie se met en placeB 1. Dans les années
1880, la sociologie reflète encore des doctrines hétéroclites sensiblement éloignées de ce par
quoi nous entendons aujourd'hui ce termeCG 9. Selon Jean-Michel Berthelot, trois séries
d'éléments vont permettre à la sociologie de se construire comme disciplineB 2 :
L'organisation d'un corps de sociologues non plus construit sur une base idéologique et
militante, mais scientifique.
Mais la sociologie se construit également à un moment où se développe une autre discipline, qui
suscite encore plus d'enthousiasme : la psychologie, notamment sa branche sociale. La
sociologie doit donc se départir à la fois de la vision dominante à cette époque dans les
sciences sociales, celle de l'évolutionnisme d'Herbert Spencer, et de la psychologie triomphante,
portée en France par Gabriel Tarde et Gustave Le BonDBP 4, et outre-Rhin par Wilhelm WundtCG 10.
En 1903, Henri Hauser affirmait que « les sciences sociales sont terriblement à la mode. C'est la
tarte à la crème de toutes les réunions mondaines, de tous les discours, de tous les journaux, et
nul n'a d'esprit s'il n'est sociologueCG 12. » En effet, en quelques années seulement, la sociologie a
su se faire une place dans le champ intellectuel français, avec des figures comme Émile
Durkheim, René Worms ou Gabriel Tarde. Pour Charles-Henry Cuin et François Gresle,
l'institutionnalisation de la sociologie en France tient de plusieurs facteurs : d'un côté, la refonte
de l'enseignement supérieur dans les années 1880 ouvre la voie aux sciences sociales ; de
l'autre, les initiatives d'acteurs privés permettent de financer la recherche en science socialeCG 13.
Dans les années 1880 et jusqu'au début des années 1890, il n'existe encore aucun organe de
diffusion strictement destiné aux théories sociologiquesB 5.
René Worms, tenant de la théorie organiciste, participe grandement à la fondation des premières
institutions de la sociologie : il crée en 1893 la Revue internationale de sociologie, en 1894,
l'Institut international de sociologie et la collection d'ouvrages « Bibliothèque sociologique
internationale » chez l'éditeur Giard & Brière, et en 1895, la Société de sociologie de ParisCG 14.
Malgré cela, René Worms ne contribue que très peu à l'ancrage de la sociologie : en s'assurant le
concours d'universitaires confirmés — provenant donc d'horizons variés —, il ne tient pas compte
des récentes avancées dans le domaine, et ses sociétés s'en retrouvent peu pertinentes, d'autant
plus que se constituent au même moment dans les universités des équipes nationales de
recherche aux perspectives théoriques plus abouties que les siennesCG 15. En France, c'est Émile
Durkheim, notamment via la revue L'Année sociologique, qui devient la figure de proue de la
discipline.
Émile Durkheim
Après des études de philosophie à l'école normale supérieure, il obtient une bourse d'agrégé et
suit les cours de Wilhelm Wundt à l'université de Leipzig. De retour en France, il enseigne à
l'université de Bordeaux la pédagogie et la science sociale, et y introduit pour la première fois
dans une université française la sociologieCG 18,Sw 6. Dès son premier ouvrage, De la division du
travail social (1893), Durkheim propose une méthode d'approche systématique des faits
sociauxCG 19. Après Les Règles de la méthode sociologique (1895), Durkheim donne dans Le
Suicide (1897) une démonstration éclatante de l'intérêt et de la portée du rationalisme
expérimental en sociologieB 8. En 1896, il fonde avec Célestin Bouglé la revue L'Année
sociologique, autour de laquelle va se constituer l'école durkheimienneCG 16 et qui devient
l'organe principal de publication des productions en sciences sociales à cette époqueB 9. Les
deux fondateurs, via cette revue, se posent alors pour objectifs d'asseoir la discipline sur des
bases scientifiques et d'y réunir les tenants de la sociologie françaiseCG 20. Autour de la revue de
Durkheim et Bouglé se greffent progressivement d'autres universitaires : Marcel Mauss, François
Simiand, Maurice Halbwachs, Georges et Hubert Bourgin ou encore Paul FauconnetCG 20.
Ensemble, ils participeront à la construction de la discipline en France.
L'école allemande de sociologie
À l'inverse de la sociologie française, la sociologie allemande est moins marquée par une
personnalité dominanteB 10, même si Max Weber est aujourd'hui considéré comme son principal
fondateur. D'autres figures comme Ferdinand Tönnies et Georg Simmel étaient également
reconnues à leur époqueB 10. La sociologie se structure plus tardivement en Allemagne qu'en
France, notamment parce qu'elle reste longtemps associé à la science politiqueDBP 6 : le terme
sociologie n'apparaît qu'à partir des années 1880B 11 et il faut attendre le début du siècle pour
que s'institutionnalise la disciplineCG 22.
Malgré cela, la sociologie est loin d'être inexistante dans l'Allemagne de Bismarck. En 1877, la
revue Vierteljahrsschrift für wissenschaftliche Philosophie und Soziologie publie déjà des
articles d'Herbert Spencer, d'Auguste Comte ou de John Stuart MillB 11. En 1887, Ferdinand
Tönnies publie Communauté et Société, considéré comme le premier ouvrage de sociologie en
AllemagneB 10,32. Il y décrit le passage des sociétés occidentales des communautés
(Gemeinschaft) aux sociétés (Gesellschaft)Sw 7,32. Mais ce n'est réellement qu'au début du
xxe siècle que la sociologie prend forme en tant que discipline en Allemagne. En 1904, la revue
Archiv für Sozialwissenschaft und Sozialpolitik, créée par Edgar Jaffé, Werner Sombart et Max
Weber, est la première revue de sciences sociales et politiques d'AllemagneCG 22,32. En 1909,
Weber, Tönnies et Simmel créent la Société allemande de sociologieCG 22,B 10.
Max Weber
La sociologie américaine
Si l'école de Chicago, constituée après la Première Guerre mondiale, est la première école
sociologique théorique aux États-Unis, il n'en demeure pas moins que la sociologie est déjà
ancrée dans les universités américaines bien avant la Grande guerre. La naissance de la
sociologie américaine est intimement liée au projet politique de « réforme sociale », alors que
l'urbanisation et l'industrialisation croissante du pays est à l'origine de nombreux
débatsCG 25,Gi 12. Le but pour les sociologues est donc d'accroître le bien-être des citoyens en leur
expliquant les réalités sociales du paysCG 25.
En dépit de cela, la sociologie américaine ne produit pas à ses débuts de fondements théoriques
à la disciplineNote 6. Comme l'explique Albion Small en 1916, « la sociologie [américaine] était
davantage un intense désir qu’un corpus substantiel de connaissances, un point de vue
déterminé ou une rigoureuse méthode de recherche. Ni en 1893, ni en 1901, la sociologie ne
pouvait prétendre être un corps de doctrine, un point de vue, ou une méthode de recherche »B 17.
En Belgique, Adolphe Quételet apparaît comme une figure fondatrice. Cependant, après lui, la
sociologie belge n'a eu que peu de successeurs. Parmi eux, Guillaume De Greef, syndicaliste et
sociologue théoricien du mouvement ouvrierCG 27. Très tôt, la sociologie belge se tourne vers des
problématiques industrielles qui aboutissent à la création d'un Institut de sociologie à l'Université
nouvelle de Bruxelles en 1901, à la demande de professionnels de l'industrieCG 27. Les recherches
qui y sont menées ont principalement trait à la condition ouvrière et s'appuient sur des enquêtes
ethnographiques.
En Russie, la naissance de la sociologie est intimement liée au contexte politique du paysCG 28.
L'intelligentsia, divisée en différents groupes, cherchent des modèles alternatifs à un Empire
conservateur et peu enclins aux réformes. La science sociale, encouragée par les intellectuels du
pays, est pourtant entachée d'une politisation qui contrevient à la neutralité supposée de la
science. La sociologie russe se développe donc en dehors de la Russie et de son contexte
politique, avec des auteurs, exilés, comme Maksim Kovalevsky ou Pitirim SorokinCG 28.
En Italie, outre la pensée de Giambattista Vico et de Cesare Beccaria au xviiie siècle, c'est dans la
criminologie de l'école positiviste que l'on peut trouver les prémisses d'une science sociale
italienne. Son chef de file, Cesare Lombroso, publie en 1876 L'Homme criminel (L'Uomo
delinquente), dans lequel il défend la thèse selon laquelle la « délinquance » serait nettement plus
fréquente chez certaines personnes porteuses de caractéristiques physiques, ce qui
démontrerait le caractère inné de certains comportements. Les criminologues ont depuis rejeté
ces thèses biologistes et teintées de darwinisme social. Toutefois, appliquant la méthode
scientifique à l'étude du criminel, Cesare Lombroso est souvent considéré comme le fondateur
de la criminologie scientifique37. Mais la sociologie italienne, à proprement parler, naît
conjointement de l'intérêt pour les élites. Des auteurs comme Vilfredo Pareto, Gaetano Mosca ou
Robert Michels développent une théorie sociologique des élites, dont les concepts, comme le
principe de Pareto ou la loi d'airain de l'oligarchie, sont toujours discutés.
Après Herbert Spencer, la sociologie académique britannique ne connaît pas le même essor que
celui d'autres pays européens. En revanche, elle s'institue dans des démarches politiques,
notamment lorsqu'il s'agit de résoudre les problèmes de pauvreté urbaine, qui touchent un pays
fortement industrialisé38. De ce fait, la sociologie est convoquée pour la mise en place de
politiques sociales dès la fin du xixe siècle. Par exemple, la « ligne de pauvreté » de Benjamin
Rowntree permet de justifier la nécessité de mettre en place des aides de l'État38. Des auteurs
comme Charles Booth, Patrick Geddes ou Victor Branford (en) ont élaboré des théories sur la
planification urbaine ou les cités-jardins en s'inspirant notamment des enquêtes que Frédéric Le
Play avait dirigé quelques décennies plus tôtCG 29. Dans le tournant du xxe siècle, une sociologie
libérale voit le jour au Royaume-Uni, notamment chez Leonard Trelawny Hobhouse, premier
professeur britannique de sociologie d'Angleterre en 1907, qui pose les bases d'un nouveau
libéralisme, plus social, et dont les bases forgeront le cadre théorique de l'État-providence
britannique38.
Guerres et entre-deux-guerres : des consolidations à la
maturation
Des deux autres écoles sociologiques qui occupaient le paysage français – celle de Le Play et
celle de Worms – seule la première a continué d'existerCG2 4. Les décès de Tarde et d'Espinas ont
eu raison de la sociologie portée par René Worms qui s'essoufle après la Grande guerre. La
sociologie leplaysienne, quant à elle, survit grâce aux travaux de Paul Bureau, Joseph Wilbois et
Paul DescampsCG2 5.
En Allemagne
Aux États-Unis
Porté par les travaux de Robert Park, d'Everett Hughes ou encore d'Ernest Burgess, les travaux de
l'école de Chicago des années 1920 et 1930 ont été les premiers à s'intéresser à la sociologie
urbaine et à l'environnement urbain en combinant théorie, ethnographie et étude sur le terrain.
La Seconde Guerre mondiale aura eu raison de la sociologie européenne : que ce soit en France,
en Allemagne, en Italie ou en Angleterre, la discipline sociologique est en berneCG2 8. En France,
rien n'a changé depuis l'entre-deux-guerres41. En Allemagne et en Italie, de nombreux
sociologues sont partis s'installer aux États-Unis pour fuir les régimes dictatoriaux. Terre propice
à la recherche académique, les États-Unis deviennent après 1945 le terrain de prédilection des
sociologues. Grand vainqueur de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis dominent en
sociologie tout autant que dans les autres domaines.
Le triomphe américain
La période est marquée par trois écoles sociologiques qui permettent d'asseoir le prestige de la
sociologie américaine : l'école de Columbia, avec Paul Lazarsfeld comme figure de proue, l'école
d'Harvard, dont les principaux représentants sont Talcott Parsons et Robert K. Merton, et enfin
l'école de Chicago d'Herbert Blumer, Erving Goffman ou Howard Becker.
Alors que le paradigme fonctionnaliste incarné par Talcott Parsons triomphe depuis la fin des
années 1940, la sociologie parsonienne est en déclin à partir des années 1960. L'un des premiers
à critiquer l'impérialisme fonctionnaliste est Charles Wright Mills dans L'Imagination
sociologiqueL 3. Une des alternatives au fonctionnalisme les plus crédibles est l'interactionnisme,
qui connaît un regain d'intérêt dès le début des années 1960 grâce aux travaux notamment
d'Everett Hughes, Howard Becker ou encore Erving GoffmanL 4. Inspiré par les travaux d'Alfred
Schütz et ceux des interactionnistes, Harold Garfinkel développe dès le milieu des années 1950
une variante radicale de l'interactionnisme symbolique, l'ethnométhodologie, dont le point de
départ est le fait que « la réalité sociale est une construction permanente qui n'a rien d'extérieur
aux individus »L 4,43. Elle inspirera notamment la sociologie constructiviste de Peter Berger et
Thomas Luckmann, dont le livre La Construction sociale de la réalité figure parmi les 10 livres les
plus importants de la sociologie du xxe siècle44,Note 7.
Reconstruction de la sociologie européenne
Internationalisation de la sociologie
Alors que la sociologie a su prospérer, depuis près d'un siècle, un peu partout dans le monde, elle
est tout de même favorisée par une forme de gouvernement qui accepte le libre examen de la
société sur elle-même. En ce sens, la sociologie est très liée, dans les sujets qu'elle aborde, au
rapport qu'entretient la société avec le pouvoir.
En Inde, au Canada, en Australie ou encore au Japon, la sociologie connaît dès la fin Seconde
Guerre mondiale un essor importantCG2 14,45. La sociologie indienne connaît un développement
marqué dès les années 1950 qui en fait une science institutionnalisée et reconnue46 dont les
recherches traditionnelles sur les castes, l'organisation de la société indienne, la famille,
l'urbanisation et la religion sont aujourd'hui rejointes par des approches plus diverses comme les
études féministes ou la sociologie de la culture47,48.
Dans les pays communistes, alors que la recherche sociologique est ralentie par le régime
bolchévique qui assimile la sociologie à une « science bourgeoise », les années 1960 et 1970
sont marquées par une « renaissance de la sociologie »49,50, s'inscrivant en droite ligne avec la
politique de dégel de Nikita Khrouchtchev. Par ailleurs, la chute du régime soviétique accélère
largement le développement de la sociologie dans les pays ex-communistes.
En Amérique du Sud, les années 1950 et 1960 sont marquées par l'émergence d'une sociologie
du développement et de la modernitéCG2 14.
Les années 1970 et 1980 marquent justement une période de décolonisation massive qui laisse
place à de nouvelles traditions nationales sociologiques dans les pays d'Afrique51 dont le sujet
de prédilection est le colonialisme et le post-colonialismeL 5.
Renforcements institutionnels
Au cours des trente dernières années du xxe siècle, la sociologie est déjà une science à part
entière et pleinement reconnue, dont personne ne doute de l'indépendance. Aux États-Unis, le
nombre de sociologues augmente très rapidement, tout comme le montant des financements du
gouvernement américain pour soutenir la sociologie. Entre 1970 et 1973, le volume des
subventions a même triplé pour atteindre 120 millions de dollars par an. Deux ans plus tard,
l'American Sociological Association compte quinze mille membres52.
1968 marque un tournant pour la sociologie française. Au moment des émeutes et de la crise
sociale, la sociologie française éclate en interne en raison des divergences sur la définition du
terme de crise sociale. Malgré la désunion interne, le nombre de chercheurs et de centres de
recherches augmente très rapidement. Le soutien aux chercheurs français a également été
favorisé par la mise en place de contrats de recherche en lien avec les entreprises. Dans les
années 1970, la sociologie française était également très populaire parmi le grand public.
La fin d'une période de prospérité qui a duré près de 30 ans est aussi celle de l'éclatement des
paradigmes et théories sociologiques. Dans les années 1980, plusieurs sociologues
s'intéressent à la mondialisation, la communication et la notion de modernité. Jürgen Habermas
développe dans sa théorie de l'agir communicationnel une réaction au discours de la modernité,
éclairée à la fois par la théorie critique et le pragmatisme américain. Un autre sociologue
allemand, Ulrich Beck, présente dans The Risk Society (1992) un compte rendu de la manière
dont l'État-nation moderne s'est organisé. Zygmunt Bauman a beaucoup écrit sur les notions de
modernité et de postmodernité, notamment en ce qui concerne l'Holocauste et le consumérisme
en tant que phénomènes historiques53.
Durant ces mêmes années se développe une sociologie du genre et de l'intersectionnalité des
rapports sociaux. bell hooks défend l'idée que les femmes blanches et racisées font face à
différents obstacles dans la société55. Kimberlé Crenshaw développe par la suite le concept
d'intersectionnalité pour décrire la manière dont différentes identités peuvent s'entrecroiser pour
créer des nouvelles formes de discrimination55. En 1990, Sylvia Walby décrit six institutions de
reproduction du patriarcat : le ménage familial, le travail rémunéré, l'État, la violence masculine, la
sexualité et les institutions culturelles. Plus tard, la sociologue Helma Lutz propose 14 "lignes de
différence" (lines of difference) pouvant constituer la base de relations de pouvoir inégales55.
Les théoriciens des systèmes tels que Niklas Luhmann sont restés des forces dominantes en
sociologie jusqu'à la fin du siècle. En 1994, Robert K. Merton a remporté la Médaille nationale
des sciences pour ses contributions à la sociologie des sciences56. La tradition positiviste reste
également populaire, en particulier aux États-Unis57. Les deux revues américaines les plus citées
de la discipline, l’American Journal of Sociology et l’American Sociological Review, publient
principalement des recherches dans la tradition positiviste, la seconde présentant néanmoins
une plus grande diversité.
Bibliographie
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Notes et références
Notes
2. En version originale : "first awakened in England, America, France, Italy and Russia a wide and
general interest for sociology"
3. En version originale : "probably did more to arouse interest in the subject than any other
publication before or since"
6. On peut cependant citer des auteurs qui ont influencé plus tard les sociologues américains.
George Herbert Mead et Charles Cooley notamment ont joué un rôle dans la naissance de
l'interactionnisme symbolique. De même, Lester Frank Ward a participer à restaurer
l'importance de la scientificité dans la sociologie américaine.
Références
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(https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Sociologie_de_la_sociologie&oldid=195205752) »
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