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La République Romaine 133 44 Av J C Quatrième Édition 4th Edition Janine Cels Saint Hilaire Instant Download

Le document traite de la République romaine entre 133 et 44 av. J.-C., une période marquée par des transformations économiques, sociales et politiques significatives. Il explore les causes de la chute de la République, notamment les tensions entre l'élite et les citoyens, ainsi que les réformes militaires et les guerres civiles. Enfin, il souligne l'évolution de la citoyenneté romaine et les conséquences de ces mutations sur les institutions et la vie politique.

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Le document traite de la République romaine entre 133 et 44 av. J.-C., une période marquée par des transformations économiques, sociales et politiques significatives. Il explore les causes de la chute de la République, notamment les tensions entre l'élite et les citoyens, ainsi que les réformes militaires et les guerres civiles. Enfin, il souligne l'évolution de la citoyenneté romaine et les conséquences de ces mutations sur les institutions et la vie politique.

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La République romaine 133 44 av J C Quatrième

édition 4th Edition Janine Cels Saint Hilaire


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Cet ouvrage a été publié sous la direction de Monsieur Jean-Pierre Guilhembet

Conception graphique : Vincent Huet

Illustration de couverture : Francesco Salviati, Triomphe de Furius Camillus,


détail, 1545, Palazzo Vecchio, Florence

© Armand Colin, 2020 pour la présente édition

© Armand Colin, Paris, 2005, 2007, 2011, 2015


Internet : http://www.armand-colin.com

Armand Colin est une marque


de Dunod Éditeur, 11 rue Paul Bert 92240 Malakoff

ISBN : 978-2-200-62899-4
SOMMAIRE
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Introduction

1 Vie politique et « coutume des ancêtres »

1. Rome est une cité – une civitas

2. Un partage équilibré des pouvoirs

3. La préservation de l'ordre républicain

4. La domination des élites et des hommes de bien

5. Les pouvoirs ambigus des tribuns de la plèbe

6. Le mos maiorum inadapté et détourné

7. Le vocabulaire institutionnel

2 Les Gracques et les lois agraires

1. Aux origines de la question agraire

2. Tibérius Sempronius Gracchus

3. Caius Sempronius Gracchus

3 L'armée romaine et la réforme de Marius


1. Le statut de la guerre et ses ambiguïtés

2. Les principes du recrutement militaire

3. Le service armé

4. Des charges militaires de plus en plus lourdes

5. Marius et la réforme du recrutement militaire

6. L'appel aux volontaires

7. La domination de Marius

8. Vers une nouvelle définition du citoyen romain ?

4 De la guerre sociale à la guerre civile

1. Les obligations des traités

2. La fermeture de la citoyenneté romaine

3. Drusus : personnalité et intentions politiques

4. Les lois proposées par Drusus

5. L'échec de Drusus

6. La révolte des Socii

7. La construction de l'Italie romaine

8. La situation en Orient

9. L'affrontement de Marius et de Sylla

5 L'affrontement des imperatores au nom de la République

1. La première marche sur Rome


2. Le retour de Marius et de ses partisans

3. Sylla s'impose par la force des armes

4. La légalisation des pouvoirs de Sylla

5. La répression

6. La « constitution » syllanienne

7. La « constitution » de Sylla mise en cause

8. Sertorius et la résistance marianiste

9. Spartacus et la guerre des esclaves

6 Les années 70-62. Cedant arma togae

1. Une très grande ville

2. Des aménagements prestigieux

3. La personnalisation de la vie politique

4. Les difficultés extérieures

5. Alliances et factions

6. L'ascension de Pompée

7. La crise des années 64-62

8. Le consulat de Cicéron

7 La fin de la légalité républicaine (60-44)

1. Trois personnages en quête d'alliés

2. Le consulat de César
3. L'ascendant de Clodius sur la plèbe

4. Le rapprochement de Pompée et des optimates

5. Difficultés croissantes entre les triumvirs

6. Intrigues et manœuvres des optimates

7. La guerre civile

8. La restauration de la Cité

9. L'emprise sur le temps et sur l'espace

10. César et la classe politique

Annexes

Chronologie

Bibliographie

Table des illustrations

Table des annexes

Index
INTRODUCTION

La période qui s’ouvre avec le tribunat de la plèbe de Tibérius


Gracchus en 133 av. J.-C., et se ferme à la mort de César aux ides de
mars (= 15 mars) 44 av. J.-C., connaît des transformations intenses
de tous ordres – économiques, sociales, institutionnelles, culturelles,
idéologiques, politiques –, étroitement liées les unes aux autres,
parce que sont imbriqués les uns dans les autres tous les domaines
affectés par ces mutations. Et c’est le dernier siècle de la
République.
S’agissant de ce temps, les Anciens insistaient volontiers sur un
paradoxe apparent : la République avait conquis le monde, la
prospérité était venue avec la paix extérieure, et la prospérité avait
tué la République. Comment l’expliquaient-ils ? Est-il possible, à
notre tour, de le comprendre ?

UNE EXPANSION SANS LIMITES ?

En 395 av. J.-C., l’annexion de la cité étrusque de Véies, située sur


l’autre rive du Tibre, presque en face de Rome, marque les débuts
d’une expansion décisive de la puissance romaine : une fois obtenue
la soumission de Tarente en 272, Rome a établi son contrôle sur
l’ensemble des peuples italiens. Le temps est proche des guerres
hors d’Italie.
À la fin de la première guerre punique (264-241), la victoire de
Rome sur Carthage place la Sicile, la Sardaigne et la Corse sous sa
domination. À l’issue de la deuxième guerre punique (218-202),
Rome s’empare des possessions de Carthage dans la péninsule
Ibérique. Elle intervient en Orient. En 146, elle détruit Carthage et
Corinthe. Et dans les décennies suivantes, c’en est fait : le Sénat et
le Peuple romain ont établi leur imperium – leur contrôle et leur
« empire » – sur la plus grande partie des pays méditerranéens.
Comment expliquer une telle capacité d’expansion ?

UNE « CONSTITUTION MIXTE »

Vers 140 av. J.-C., Polybe, un Grec très introduit dans le cercle des
Scipions – une des familles qui composent la meilleure société à
Rome –, et fort bon connaisseur des affaires romaines, trouve
l’explication d’un bonheur aussi constant dans la « Constitution »
très particulière qui régit la vie publique des Romains (Polybe, VI,
11, 4). Cette « Constitution », progressivement élaborée depuis la
fondation de la République en 509 av. J.-C., réunit en effet en un
tout indissociable – et donc, pense-t-il, indestructible – les caractères
des trois régimes possibles : le régime monarchique, le régime
aristocratique, et le régime démocratique.

UNE CITOYENNETÉ OUVERTE

Un peu plus d’un siècle plus tard, Denys d’Halicarnasse propose


une autre explication. La puissance de Rome, pense-t-il, vient du fait
que Rome est une cité « ouverte » – ce qui est un caractère très
singulier. Rome est en effet capable d’accorder la citoyenneté
romaine, avec le droit de voter dans les assemblées populaires, à
ceux qu’elle a vaincus la veille, à des étrangers. Le principe
d’ouverture qui se révèle là, et qui est à vrai dire aussi ancien que la
Ville, reçoit son adhésion sans réserve : Rome en a tiré un
accroissement de puissance tel, écrit-il, « que le peuple romain finit
par égaler les nations réputées les plus populeuses » (II, 16-17).
Comment comprendre cette diffusion du droit de cité ? Comment
une telle ouverture a-t-elle pu aller de pair avec les caractères
éminemment aristocratiques de la cité et de sa vie politique ? À
quelles nécessités politiques répondait-elle ?
LA DESTRUCTION DE LA RÉPUBLIQUE ROMAINE

Dans les décennies qui ont suivi la deuxième guerre punique


cependant, les guerres, lointaines et incessantes, que Rome a
engagées, ont commencé à creuser des différences considérables
entre l’élite sociale et politique et les citoyens ordinaires ; de graves
difficultés sont apparues, révélant les fragilités de cette constitution,
que certains croyaient indestructible. Sur les mesures qu’il convenait
de prendre, les classes dirigeantes se divisèrent.
Peu après la mort de César, Salluste, réfléchissant sur les malheurs
de son temps, dénonce les responsabilités de la noblesse aussi bien
que du peuple : après la troisième guerre punique et la destruction
de Carthage en 146 av. J.-C., assure-t-il, la prospérité et la richesse
sont entrées dans Rome à la suite du repos des armes ; alors la
noblesse a commencé à abuser de sa puissance, et le peuple de sa
liberté, jusqu’au moment où la République a disparu dans l’abîme
que tous avaient creusé. Salluste pense-t-il, en évoquant la liberté
du peuple, au droit de vote, dont les citoyens ordinaires auraient fait
un mauvais usage ? Ce qui en tout cas ne fait guère de doute pour
lui, c’est la mutation, sinon la perversion, qu’a subie au bout du
compte la notion même de citoyenneté.
Il faut attirer l’attention du lecteur sur l’importance du vocabulaire,
et sur la nécessité d’une lecture aussi précise et exacte que possible
des textes antiques. Il convient de ne pas oublier que les mots
évoluent, qu’ils se chargent de sens nouveaux avec le temps, sans
pourtant perdre leurs anciennes significations ; et l’on ne saurait être
trop attentif au contexte dans lesquels les auteurs anciens les
utilisent.
L’approche retenue conduit à privilégier, dans le récit, les temps
forts d’une histoire, qui doit tout à la fois prendre en compte les
mutations économiques et sociales qui caractérisent Rome et l’Italie
à partir de la deuxième guerre punique, l’évolution des institutions
politiques, et les affrontements auxquels leur fonctionnement donne
lieu ; et qui doit s’intéresser aussi – et surtout peut-être – à tout ce
qui touche à la formation de l’opinion publique, aux assemblées, et à
la composition du corps civique. Il s’agit de mettre au jour les
processus qui, dans le temps même où Rome devenait le « centre
du monde », ont conduit à la ruine de la « concorde » au sein de la
cité, et aux guerres civiles.
L’intention est de faire découvrir au lecteur comment les
transformations qui ont affecté les conditions de vie de Rome et de
l’Italie, agissant comme un ensemble très cohérent de forces qui
étaient pourtant très diverses, ont vidé progressivement la
citoyenneté romaine de son contenu le plus traditionnel, et de son
sens ; comment ces transformations ont conduit, à Rome, au
dysfonctionnement des institutions en apparence les mieux établies,
à leur perversion, à la violence sénatoriale et aux violences
populaires – et en définitive à l’établissement, sous Auguste, d’une
monarchie déguisée en « restauration de la République ».
CHAPITRE 1

VIE POLITIQUE
ET « COUTUME
DES ANCÊTRES »
1. ROME EST UNE CITÉ – UNE CIVITAS
2. UN PARTAGE ÉQUILIBRÉ DES POUVOIRS
3. LA PRÉSERVATION DE L’ORDRE RÉPUBLICAIN
4. LA DOMINATION DES ÉLITES ET DES HOMMES DE BIEN
5. LES POUVOIRS AMBIGUS DES TRIBUNS DE LA PLÈBE
6. LE MOS MAIORUM INADAPTÉ ET DÉTOURNÉ
7. LE VOCABULAIRE INSTITUTIONNEL

1. ROME EST UNE CITÉ – UNE CIVITAS

1.1. UNE COMMUNAUTÉ POLITIQUE, UNE VILLE,


UN TERRITOIRE

1.1.1. « LE SÉNAT ET LE PEUPLE ROMAIN »

Ce qui fait de Rome une « cité » – une civitas –, c’est d’abord


qu’elle réunit un ensemble d’hommes, de citoyens, liés par des
devoirs et par des droits, au sein d’une communauté politique, ou,
pour employer le mot dérivé du latin, une communauté civique.
Périodiquement – en principe tous les cinq ans –, les citoyens font
l’objet d’un recensement que l’on appelle census, le cens : chacun
déclare au censeur son nom, son prénom, le nom de son père ou de
son patron, son surnom, sa tribu, son âge, et le compte de sa
fortune. Ils sont alors classés selon leur fortune : ils sont inscrits par
les censeurs dans des « classes » et dans des centuries. Ils sont
aussi inscrits dans une tribu – une circonscription politique –, dont la
mention, intégrée par les censeurs dans la dénomination de chacun
sur les registres du cens, est preuve de citoyenneté romaine. Aucun
citoyen romain ne peut être privé de sa citoyenneté, et nul ne peut
faire l’objet d’une condamnation capitale arbitraire. Les citoyens
romains disposent en effet d’un droit imprescriptible : celui d’en
appeler au peuple de toute condamnation capitale que prononcerait
un magistrat. La tradition disait que ce droit de provocatio ad
populum avait été accordé par les rois, et renouvelé par Valérius
Publicola aux débuts de la République. L’on peut douter d’une
pareille ancienneté ; mais ce qui n’est pas contestable, c’est qu’en
300 av. J.-C., une loi formelle, la lex Valeria de provocatione, avait
garanti à tous les citoyens romains le droit de provocatio ad
populum.
La cité romaine est une cité ouverte : il arrive que des étrangers
reçoivent la citoyenneté romaine, avec tous les droits politiques qui
lui sont attachés ; et c’est là un caractère d’une grande originalité.

1.1.2. UNE VILLE

La « cité » antique, c’est aussi un territoire propre à la


communauté civique, un territoire où le politique et le religieux sont
intimement mêlés. Il comporte en son centre une ville, définie
comme telle par la présence des lieux et des agents du pouvoir. Pour
Rome, l’Urbs est la Ville par excellence ; elle a été rituellement
fondée, « inaugurée » à l’intérieur des limites sacrées du pomerium ;
derrière ses murailles, elle abrite temples et sanctuaires, l’ancienne
maison du roi, la Curie, où se tiennent les réunions du Sénat ; elle
contrôle aussi les espaces, le Forum et le Champ de Mars, où l’on
peut appeler le Peuple romain à s’assembler ; et les demeures
aristocratiques y sont des espaces publics autant que privés. Enfin,
la Ville est le lieu obligé de la vie politique.

1.1.3. UN TERRITOIRE RURAL

Autour de la ville – pour Rome, au-delà de ses murailles – s’étend


le territoire rural : c’est l’ager Romanus, habité et cultivé par les
citoyens romains qui, pour la plupart, sont des agriculteurs. Les
Anciens en distinguent la partie héritée du plus ancien passé, et qui
touche aux murailles de la ville, sous l’appellation d’ager Romanus
Antiquus – le territoire « ancien ». De tradition, le citoyen romain est
un cultivateur libre, qui dispose d’un lot de terre sur l’ager
Romanus ; à tout moment, il peut être appelé à défendre sa terre et
sa cité contre l’ennemi extérieur ; et il vote.

1.2. LES INSTITUTIONS DE LA RÉPUBLIQUE

À la fin de la République, la constitution romaine repose sur la


« coutume des ancêtres », le mos maiorum : l’expression désigne un
ensemble de traditions qui règlent la vie publique à Rome. Pour
l’essentiel, ces traditions sont fondées sur les décisions – création
d’institutions, adoption de lois –, que le peuple a votées, et dont,
dans des circonstances précises plus ou moins lointaines, le Sénat a
reconnu la nécessité pour l’ensemble des citoyens. Ainsi, la
constitution romaine, qui est faite de l’ensemble de ces lois et
traditions, paraît s’être développée de façon « naturelle ».
Trois principes essentiels font la force de la République romaine :
d’abord, le partage équilibré des pouvoirs entre les assemblées du
peuple, les consuls, et le Sénat ; ensuite, la volonté d’interdire
l’émergence d’un pouvoir personnel ; et enfin, l’attachement à une
organisation étroitement hiérarchisée des citoyens, qui doit
maintenir chacun à sa place, et préserver la paix sociale. De ce fait,
c’est un système de gouvernement promis à la stabilité – sauf,
admet Cicéron, si les dirigeants commettent des fautes graves.
La meilleure des constitutions politiques
Je veux qu’il existe dans l’État un élément de prédominance royale, que l’on
accorde aussi une part du pouvoir à l’influence des premiers citoyens, enfin, que
l’on réserve certaines questions au jugement et à la volonté de la foule. Les
avantages de cette constitution, ce sont d’abord une certaine égalité des droits,
dont les hommes libres pourraient difficilement se passer à la longue ; ensuite, la
stabilité : les régimes primitifs, en effet, versent aisément dans des vices
exactement opposés à leur nature : un roi devient ainsi un tyran ; une
aristocratie devient une faction ; un peuple n’est plus guère qu’une cohue, où
tout est confondu ; d’autre part, les systèmes politiques eux-mêmes passent
souvent à des régimes tout différents. C’est là un événement qui ne se produit
guère dans l’unité harmonieuse de l’organisation politique mixte, sauf si les
dirigeants commettent de graves fautes. Il n’y a pas de motif de révolution dans
un État où chacun se sent solidement placé à son rang, sans courir le risque
d’une brusque déchéance.
Cicéron, De la République, I, 45, 60

Comment se concrétisent de tels principes, dans les institutions


qui organisent à Rome la vie politique ?

2. UN PARTAGE ÉQUILIBRÉ DES POUVOIRS

Les pouvoirs sont partagés entre les assemblées du peuple, les


magistrats et le Sénat.

2.1. LES ASSEMBLÉES DU PEUPLE ROMAIN

En 509, disait la tradition, les rois avaient été chassés de Rome ;


la royauté avait été abolie, et la République fondée. Mais en 449, à
la suite de troubles graves, il avait fallu procéder à une nouvelle
fondation. Depuis lors, la notion de légitimité des magistrats, ou des
lois, est inséparable de l’exercice d’un droit de vote reconnu à tout
citoyen romain, qu’il soit de souche ancienne ou de citoyenneté
récemment acquise : les citoyens romains élisent leurs magistrats et
votent les lois. Il existe donc une souveraineté populaire, qui
s’exprime selon des modalités bien définies dans les diverses
assemblées du Peuple romain : comices curiates, centuriates ou
tributes.

2.1.1. LES COMICES CURIATES

C’est la forme la plus ancienne des assemblées du Peuple romain.


Ces comices sont hérités des communautés de village qui ont
précédé la Ville, et dont la fédération a donné naissance à Rome :
Romulus, le roi fondateur, aurait alors fixé le nombre des curies à
trente, à raison de dix pour chacune des trois tribus primitives. Le
nom de ces assemblées renvoie à leurs origines et révèle leur
nature : le mot de curiae, dans lequel on reconnaît un très vieux
vocable indo-européen – ko-wiriya –, est un composé de cum et de
viri, qui évoque des « réunions d’hommes », sans distinction de
fortune ou de dignité. Selon toute apparence, les comices curiates
sont des survivances d’un temps où régnait entre les hommes, au
sein des communautés de village, une relative égalité. Pendant
longtemps – jusque dans les premières décennies de la République –
les Romains n’ont pas connu d’autre forme d’assemblée du peuple.
Les assemblées curiates étaient alors présidées par le Grand Pontife,
qui était nécessairement un patricien, et qui était, disent les Anciens,
« l’arbitre des choses divines et humaines » (Festus, 200 L) : c’est
dire l’importance de ces assemblées, dont l’existence et la nécessité
ne pouvaient être mises en question. Et c’est le mot curia que l’on
retrouve dans le nom de Quirites par lequel, jusqu’à la fin de
l’Empire, l’on a désigné les citoyens romains (les Quirites, ce sont
ceux qui sont inscrits dans les curies).
Cependant, avec l’institution des comices centuriates et des
comices tributes, les comices curiates ont été relégués, de plus en
plus avec le temps, dans un rôle de « témoins » du passé
fondateur ; après l’élection des magistrats, l’approbation des comices
curiates est certes toujours demeurée indispensable pour assurer la
validité de leurs pouvoirs ; mais, à la fin de la République, cette
approbation est devenue toute formelle, réduite au vote de trente
licteurs – sorte d’appariteurs, qui représentent les trente curies des
origines.

2.1.2. LES COMICES CENTURIATES

Les citoyens romains rassemblés dans les comices centuriates sont


considérés comme des soldats potentiels, des milites, qui peuvent à
chaque moment être appelés à servir dans l’armée romaine.
Constitués au milieu du Ve siècle sans doute – au moment de la
refondation de la République –, ces comices ont donc, d’une certaine
manière, un caractère militaire tout autant que politique : dans la
tradition, leur organisation est inséparable de celle de l’armée
civique, telle que l’avait d’abord constituée le roi Servius Tullius au
e
VI siècle ; et de ce fait, il est interdit de les convoquer à l’intérieur
des limites sacrées de la Ville, qui doit être préservée des souillures
de la guerre.
Les comices centuriates sont réunis au Champ de Mars, qui est un
espace extérieur au pomerium, placé sous le signe de la guerre, et
sous le patronage du dieu Mars (voir annexe). Les citoyens romains
y sont répartis entre 193 centuries, qui sont autant d’unités pour le
recrutement militaire, la levée des impôts et pour le décompte des
suffrages. Chaque citoyen dépose son vote avec la centurie dans
laquelle il a été inscrit par le censeur, et dans chaque centurie, la
décision qui a obtenu la majorité des suffrages est tenue pour
décision de la centurie tout entière ; le vote est acquis quand, dans
97 centuries, les citoyens ont voté majoritairement en faveur de la
même décision.
Ce sont ces comices qui ont pour fonction d’élire les magistrats
supérieurs, préteurs et consuls, qui sont détenteurs de l’imperium.
C’est aux comices centuriates que le Sénat demande de voter les
guerres, qu’il décide, et de ratifier les traités de paix, qu’il conclut.
Ce sont ces comices, enfin, qui votent la condamnation ou
l’acquittement des citoyens accusés de crimes capitaux.
2.1.3. LES COMICES TRIBUTES

Le territoire romain – l’ager Romanus – est partagé entre des


circonscriptions territoriales, les tribus, dans lesquelles sont recensés
les citoyens romains qui y ont leur résidence. Au temps du roi
Servius Tullius – qui, selon la tradition, les a créées, en
remplacement des trois très anciennes tribus tombées en désuétude
–, les tribus étaient au nombre de neuf : quatre dans la ville, et cinq
dans la campagne. Par la suite, au fur et à mesure que Rome
étendait son territoire, d’autres tribus rurales ont été établies sur les
terres annexées à l’ager Romanus ; entre 242 et 238 av. J.-C., deux
encore ont été créées, qui devaient être les dernières. Depuis lors,
leur nombre est de trente-cinq : quatre tribus urbaines, comme aux
premiers temps, et trente et une tribus rurales.
Lorsque les citoyens sont répartis dans les assemblées en fonction
de leur inscription dans les tribus, les comices sont appelés
« comices tributes » s’ils sont présidés par un magistrat supérieur ;
et on parle de « conciles de la plèbe » s’ils sont présidés par un
tribun de la plèbe. Les questions, qui leur sont soumises pour être
votées, n’ayant rien de militaire, les comices tributes peuvent être
réunis à l’intérieur des limites sacrées de la ville. Ce sont ces
assemblées qui élisent aux magistratures inférieures : sous la
présidence d’un consul, les comices tributes élisent les questeurs et
les édiles de l’année à venir ; et, sous la présidence d’un tribun de la
plèbe en exercice, les conciles de la plèbe élisent les futurs tribuns
de la plèbe. Ces assemblées votent aussi des lois, elles approuvent
ou rejettent les décisions judiciaires proposées par les tribuns de la
plèbe. Enfin, on appelle « plébiscites » les décisions proposées par
des tribuns de la plèbe, et votées sous leur présidence par les
conciles de la plèbe.

2.2. LES CONSULS : IMPERIUM ET DIGNITAS

En 509 av. J.-C., quand le roi Tarquin le Superbe a été chassé de


Rome et la royauté abolie, le pouvoir royal – l’imperium – est revenu
aux consuls, à l’exception des pouvoirs religieux, qui ont été remis
au Grand Pontife. En aucun cas, les consuls ne sont soumis à la
volonté du peuple, ni à celle du Sénat – même si, comme le veut la
règle, ils cherchent à agir en accord avec cette prestigieuse
assemblée.
L’imperium, qui est donc la forme la plus haute de la potestas, du
pouvoir attaché aux magistratures, comporte, pour ceux qui
l’exercent, un ensemble de devoirs, plus que de droits, si du moins
l’on en croit les Anciens. Les consuls, recrutés dans l’élite sociale la
plus haute, détiennent l’imperium, en vertu d’une investiture qui est
morale et collective : leur élection est d’abord assurée par le vote
des comices centuriates, et ensuite sanctionnée par une loi curiate,
émanant à la fin de la République de trente représentants des trente
très anciennes curies. L’imperium donne à celui qui en est
dépositaire, à sa famille, et à sa descendance, un prestige et une
gloire : c’est la dignitas, qui élève les anciens magistrats pour leur
vie durant, ainsi que leurs fils, au-dessus des citoyens ordinaires. De
surcroît, c’est par le nom des consuls de l’année que les événements
sont datés ; ainsi, pour dater les débuts de la guerre sociale, Velleius
Paterculus écrit : « Sous le consulat de L. César et de P. Rutilius, (…)
l’Italie tout entière prit les armes contre les Romains (…) » (Histoire
romaine, II, 15, 1). De telles pratiques pérennisent ces noms dans la
mémoire collective, et ajoutent à leur prestige et à leur gloire.

2.3. LE SÉNAT ET L’EXERCICE DE L’AUCTORITAS

Le Sénat est une assemblée prestigieuse qui, en vertu de son


« autorité », a pour tâche de conseiller les magistrats en charge : le
Sénat émet des conseils que l’on appelle des sénatus-consultes. Il
administre les revenus publics. Il décide de la guerre et de la paix –
que les comices centuriates votent ensuite sur sa proposition. Il joue
un rôle essentiel dans l’élaboration et l’adoption des lois. Il est
l’arbitre de tous les conflits entre Romains et Italiens, et il reçoit
aussi toutes les plaintes venues des habitants des régions conquises
hors d’Italie, et que l’on appelle des provinces. En cas d’extrême
danger, c’est sur ordre du Sénat que les consuls désignent un
dictateur ; celui-ci choisit un maître de la cavalerie pour l’assister, et
reçoit les pleins pouvoirs pour six mois ; mais au bout de ce temps,
et quels que soient les résultats obtenus, le dictateur doit
impérativement se démettre de ses pouvoirs.
Le Sénat enfin jouit d’une autorité morale et politique reconnue de
tous : c’est l’auctoritas – un mot qui, dérivé du verbe augere, est
chargé d’un sens religieux autant que politique, et qui comporte
l’idée d’une « augmentation » de valeur. On reconnaîtra l’importance
de cette auctoritas au fait qu’aucune décision votée par les comices
ne peut avoir force de loi, si elle n’a pas reçu l’approbation du
Sénat : dans les faits, le Sénat est source de la légalité.
Au IIe siècle av. J.-C., les magistrats sortis de charge siègent au
Sénat. Tous les cinq ans, deux censeurs sont élus pour faire le
recensement des citoyens, et ils dressent la liste des sénateurs, en
principe au nombre de 300. Ils ont le pouvoir de radier certains
d’entre eux de la liste sénatoriale, pour raisons morales ou pour
toute autre raison : en 184 av. J.-C., lors de sa censure, Caton
l’Ancien avait procédé à des radiations qui sont restées célèbres. Ils
peuvent nommer de nouveaux sénateurs, même parmi ceux qui
n’ont pas été magistrats. Mais, tous les sénateurs que l’on connaît –
qu’ils soient anciens ou nouveaux, et qu’ils aient été ou non
magistrats –, appartiennent toujours à l’élite sociale : au dernier
siècle de la République, qu’ils soient issus de la noblesse ou de
familles de chevaliers, ils sont toujours recensés pour une fortune au
moins égale à un million d’as, qui est aussi le minimum requis pour
être chevalier.
Le nécessaire équilibre des pouvoirs
Ne perdez jamais de vue ce que je vous disais en commençant : si dans une cité,
on n’a pas équilibré avec une juste mesure les droits, les fonctions et les devoirs,
de telle sorte que les magistrats aient assez de pouvoir (potestas), le conseil des
grands assez d’autorité (auctoritas), et le peuple assez de liberté (libertas), on ne
peut s’attendre à ce que l’ordre établi soit immuable.
Cicéron, De la République, II, XXXIII, 57-58
Entre le Peuple romain, les magistrats et le Sénat s’exerce donc un
partage de pouvoirs solidaires. Une formule très officielle en rend
compte : Senatus PopulusQue Romanus – le Sénat et le Peuple
romain – qu’exprime le sigle SPQR ; ce sigle, la ville de Rome l’utilise
aujourd’hui encore pour marquer ses monuments publics.
Mais, ce partage des pouvoirs ne suffit pas : encore faut-il que
soient établies les garanties d’un ordre immuable.

3. LA PRÉSERVATION DE L’ORDRE RÉPUBLICAIN

3.1. FAIRE OBSTACLE AUX TENTATIONS


DU POUVOIR PERSONNEL

Toutes les magistratures, toutes les charges sont limitées dans le


temps : la plupart sont annuelles, la dictature ne peut excéder six
mois, et l’activité des censeurs, élus en principe tous les cinq ans,
dure pendant dix-huit mois. Sauf la dictature, toutes sont
collégiales : chaque magistrature ou charge politique est remplie en
même temps par plusieurs citoyens, qui se font contrepoids les uns
aux autres. Ainsi, il y a deux censeurs, deux consuls, dix tribuns de
la plèbe, deux, puis quatre édiles, etc. Lorsque la royauté a été
abolie, le Peuple romain a solennellement juré de ne jamais tolérer
son rétablissement : l’accusation de vouloir la restauration du
pouvoir royal est la plus grave qui puisse être portée contre un
citoyen, et la plus difficile à récuser.

3.2. CONTRÔLER LES DÉSORDRES POPULAIRES

Enfin on se défie des débordements du peuple. Mais qu’est-ce que


« le peuple » ?
Lorsque l’on parle du « Peuple romain » – du populus Romanus –,
c’est l’ensemble de la communauté des citoyens romains que l’on
évoque, toutes catégories sociales et politiques confondues. Au
sommet de la hiérarchie, immédiatement au-dessous « des meilleurs
citoyens » – les optimi cives –, qui composent l’élite sociale, on
trouve les « bons citoyens » – les boni cives – : ce sont ceux qui,
recensés dans les quatre-vingts centuries de la première classe,
respectent et honorent l’aristocratie de la cité. Les hommes
politiques les opposent volontiers à la multitude, aux « classes
dangereuses », dont il importe de canaliser les forces et d’apaiser les
violences. Aussi, a-t-on pris soin que les « conseils » du Sénat, les
sénatus-consultes, soient en réalité des ordres : les lois votées par
les assemblées ne sont reconnues comme lois que si elles sont
approuvées par le Sénat, et plus précisément par les Pères – par les
sénateurs patriciens. Jamais, au reste, les assemblées du peuple
n’ont pu se réunir autrement que sur convocation et sous la
présidence d’un magistrat ou d’un tribun de la plèbe, qui peut à tout
moment lever la séance. Elles n’ont aucune initiative pour ce qui est
de leur ordre du jour, fixé exclusivement par le magistrat ou par le
tribun de la plèbe qui les a convoquées. Enfin, toute assemblée
tribute ou centuriate est précédée d’une contio. C’est une assemblée
informelle des citoyens, convoquée par un magistrat ou un tribun de
la plèbe : il importe d’informer le peuple de ce qu’il doit savoir, et
donc penser, et comment il doit voter.

3.3. PRÉSERVER LES INSTITUTIONS ET LA TRADITION

C’est ce système que vante Cicéron dans le De Republica, II, 32,


56 : « [Après la chute des rois] le Sénat maintint la République dans
une constitution telle que, dans un peuple libre, peu de choses
étaient accomplies par le peuple, la plupart l’étaient par l’autorité du
Sénat, selon les institutions et la tradition ; les consuls avaient un
pouvoir annuel quant à sa durée, mais, par sa nature et les droits
qu’il donnait, royal ; (…) les décisions des comices populaires
n’étaient pas valables, si l’autorité des Pères ne les avait approuvées
(…) ».
Dans quelle mesure cependant et comment, dans les faits, les
droits de chaque citoyen, et sa participation à la vie politique,
étaient-ils assurés ?

4. LA DOMINATION DES ÉLITES ET DES HOMMES


DE BIEN

4.1. LA CITÉ GOUVERNÉE PAR LES MEILLEURS


DES CITOYENS

Les magistratures ne sont pas rétribuées ; or, pour exercer une


magistrature, il faut pouvoir jouir de beaucoup de temps de loisir, de
ce repos dans la paix, que les Romains appellent l’otium : en
d’autres termes, il faut ne pas être contraint d’avoir pour vivre des
activités productives ; il faut être riche.
Ainsi, seuls les hommes de l’élite la plus riche – les optimi cives –
peuvent avoir accès aux magistratures à Rome. Au IIe siècle av. J.-C.,
ils sont recensés pour une fortune supérieure à un million d’as et ils
appartiennent à la noblesse – à la nobilitas –, ou encore – mais dans
une moindre mesure – à des familles équestres. Accompagnant leur
père, campés sur le seuil de la Curie, dès leur plus jeune âge, ils ont
pu assister aux débats du Sénat ; ils ont pu se former aux affaires
publiques et acquérir par la culture appropriée un droit de parole
reconnu, une légitimité de la parole. Forts de cette expérience,
formés à l’art de l’éloquence, ils peuvent envisager de gravir les
échelons de ce que l’on appelle la « carrière des honneurs » – le
cursus honorum –, et espérer parvenir aux charges et aux
magistratures supérieures.

4.2. L’ASSEMBLÉE CENTURIATE DOMINÉE


PAR LES CITOYENS AISÉS

Dans l’assemblée centuriate, un droit de vote inégal –


proportionnel à la fortune – assure la prééminence des citoyens
aisés – des boni cives.
« La Constitution de Servius Tullius »
Servius Tullius passe aux yeux de la postérité pour avoir établi dans notre
constitution le système de la division en classes, qui crée une différence très
nette entre les divers degrés de dignité et de fortune. (…) Le cens lui permit
d’établir des classes et des centuries, cet ordre admirable du double point de vue
civil et militaire. (…) Rompant avec l’usage établi par Romulus et conservé par
tous les rois, Servius Tullius ne garda pas le suffrage universel, où chaque voix a
la même valeur et les mêmes droits indistinctement ; il établit des degrés qui,
sans paraître exclure personne du vote, mettaient toute la puissance aux mains
des hautes classes. Les cavaliers votaient les premiers, puis les quatre-vingts
centuries de la première classe ; ainsi, il fallait un désaccord entre elles, ce qui
était rare, pour qu’on appelât la deuxième classe ; presque jamais on ne
descendait jusqu’aux basses classes.
Tite-Live, I, 43

La règle veut que pour la guerre, les citoyens s’arment eux-


mêmes, et naturellement les riches sont plus et mieux armés que les
pauvres. Les Anciens l’interprètent en termes de charges plus
lourdes qui pèseraient sur les riches : en compensation, la cité doit
leur consentir des honneurs, et leurs votes doivent avoir le plus
grand poids dans les assemblées centuriates. Les citoyens sont donc
répartis en « classes » – classes – et en centuries, en fonction de
leur niveau de fortune : ce classement sert de base, à la fois pour le
recrutement militaire, et pour l’organisation de l’assemblée
centuriate. Tout est alors conçu pour que seuls les citoyens aisés,
distribués dans un nombre majoritaire de centuries, qui sont autant
d’unités de vote, soient appelés à déposer leurs suffrages, et que
l’on n’ait pas à recueillir ceux des citoyens plus pauvres qui, de très
loin les plus nombreux, sont pourtant répartis dans un nombre plus
petit de centuries.
L’aristocratie cavalière forme 18 centuries, qui sont autant d’unités
de vote et qui votent d’abord ; la première classe du cens, la classis
par excellence, en compte 80, qui votent ensuite et s’ajoutent aux
précédentes ; tout le reste du peuple est réparti entre 95 centuries :
les 5 classes du cens comptent donc en tout 193 centuries. La
majorité est atteinte lorsque 97 centuries ont majoritairement voté
de la même façon : on arrête alors de recueillir les suffrages.
L’aristocratie et la prima classis, avec leurs 98 centuries, peuvent
donc disposer d’une majorité absolue, et il est rare qu’un désaccord
entre elles oblige à faire appel aux centuries de la deuxième classe.
Quant aux dernières classes, elles ne votent en fait jamais ; mais les
apparences sont sauves, puisqu’il n’est pas dit expressément que les
pauvres ne pourront pas voter.
Tel est du moins le tableau dressé par Tite-Live, qui écrivait, vers
30 av. J.-C., les premiers livres de son Histoire de Rome. De toute
évidence, ce tableau ne peut remonter au temps du roi Servius
Tullius, c’est-à-dire au VIe siècle av. J.-C. Reste à le dater, autant qu’il
est possible.

L’assemblée centuriate héritée de Servius


Tullius (fin du IIIe siècle)

Le niveau des fortunes est ici exprimé en as septantaires, et cela


fournit un premier indice de datation : l’as septantaire étant une
monnaie adoptée par Rome seulement au cours de la deuxième
guerre punique, en 214 av. J.-C. sans doute, ce tableau ne peut
valoir pour une époque antérieure à la fin du IIIe siècle. On connaît
d’autre part l’existence d’une réforme de l’assemblée centuriate,
dont on saisit mal les détails, et dont la date – entre 222 et 179 ? –
est incertaine. Ce qui paraît assuré cependant, c’est que dans la
première moitié du IIe siècle, le nombre des centuries de la classis –
la première classe –, a été mis en rapport avec les 35 tribus et
abaissé à 70, tandis que le nombre total des centuries, dans les cinq
classes, était toujours de 193 : à partir de ce moment, le nombre
des centuries des autres classes a donc été augmenté de dix unités
– mais on ne sait selon quelles procédures – et il a fallu faire voter
des citoyens de la deuxième classe, pour obtenir le vote convergent
d’une majorité de centuries. Une telle réforme paraît invalider
l’exposé de Tite-Live pour les années qui la suivent ; mais, elle était
à vrai dire minime : elle ne modifiait guère les résultats du scrutin,
qui au temps de Scipion Émilien, si l’on en croit Cicéron, obéissait à
la même logique que dans les temps anciens : celle même que Tite-
Live décrit.

Le vote des centuries vers le milieu du IIe siècle


Si ce système était ignoré de vous, je vous le décrirais en détail. Mais en réalité,
vous voyez que le décompte en est tel que les centuries de chevaliers, y compris
les « six suffrages », et la première classe, plus la centurie d’ouvriers
charpentiers (…) forment quatre-vingt-neuf centuries. À ces quatre-vingt-neuf
centuries, si s’ajoutent seulement huit des cent quatre (c’est en effet le nombre
qui reste), voilà une majorité qui fait la loi et représente la volonté du peuple. Et
la multitude bien plus grande des quatre-vingt-seize centuries qui restent n’est ni
exclue du suffrage, ce qui serait tyrannique, ni dotée d’une influence trop
grande, ce qui serait dangereux.
Cicéron, De Republica, II, 39

4.3. LES ASSEMBLÉES TRIBUTES


SOUS LE POIDS DES CLIENTÈLES

Tous les citoyens romains sont aussi inscrits dans une des trente-
cinq tribus qui se partagent le territoire romain, et tous, en principe,
peuvent participer aux assemblées tributes : chaque citoyen vote
avec la tribu à laquelle il appartient, et dans laquelle, jusqu’au
e
II siècle du moins, en vertu des règles de la tradition, il est inscrit en
fonction de son domicile, chaque tribu étant une unité de vote.
Dans les assemblées tributes, le droit de suffrage s’exerce sans
condition de fortune ni de dignité. Mais, il faut être à Rome pour
pouvoir voter ; les citoyens qui vivent loin de Rome doivent avoir au
moins une certaine aisance, s’ils veulent faire le voyage. Quant à
ceux qui résident dans la Ville, les plus pauvres n’y subsistent que
grâce aux largesses des grands, qui exercent sur leurs suffrages –
exprimés publiquement et oralement jusqu’au dernier tiers du
e
II siècle – un contrôle politique assuré.

De surcroît, la liberté politique des assemblées populaires est bien


réduite. Ces assemblées ne peuvent se réunir que sur convocation et
sous la présidence d’un magistrat. Elles n’ont aucunement l’initiative
de leur ordre du jour, ni d’aucune décision. Jamais elles ne
délibèrent : sur la proposition faite par un consul, ou par l’un ou
l’autre des tribuns de la plèbe, les citoyens votent par oui ou par
non. Pour chaque tribu, le sens du vote est donné par la majorité
des suffrages qui s’y sont exprimés, chaque tribu disposant d’une
voix ; de la même façon que pour les comices centuriates, l’on cesse
de recueillir les votes lorsqu’une même opinion a obtenu la majorité
des suffrages dans la majorité des tribus – autrement dit dans 18
des 35 tribus. Et comme les tribus – excepté la première, tirée au
sort – sont convoquées selon un ordre établi par la tradition, les
citoyens inscrits dans certaines tribus n’ont à peu près aucune
chance d’être jamais appelés à déposer leurs suffrages.
Il arrive pourtant que le peuple de Rome joue un rôle important,
pour peu que des tribuns de la plèbe l’y aident ; et Cicéron fait dire à
l’un de ses interlocuteurs, dans son traité Des Lois (III, 14, 31) :
« La naissance de ce pouvoir [des tribuns de la plèbe] a ruiné le
prestige de l’aristocratie et développé la violence de la multitude ».
Contre la puissance tribunitienne, et contre les effets de la violence
populaire, les élites au pouvoir ont tenté de se prémunir.

5. LES POUVOIRS AMBIGUS DES TRIBUNS DE LA PLÈBE

5.1. LA PUISSANCE TRIBUNITIENNE :


PROTECTION ET ASSISTANCE

Le tribunat de la plèbe a été créé en 493 av. J.-C., au lendemain


de la première sécession de la plèbe. Cette création était un acte
d’apaisement provisoire, dans les luttes qui opposaient alors
patriciens et plébéiens, et la loi de création a exclu les patriciens de
cette fonction : « l’on consentit à accorder à la plèbe des magistrats
spéciaux et inviolables – sacrosancti –, chargés de prendre sa
défense contre les consuls, et à exclure tout patricien de cette
fonction », écrit Tite-Live (II, 33, 1).
D’abord au nombre de deux, et bientôt de dix, les tribuns de la
plèbe sont élus chaque année en juillet par les comices tributes,
placés sous la présidence d’un tribun de la plèbe. Ils entrent en
charge le 10 décembre, pour un an. Ils ont toujours appartenu à
l’élite plébéienne la plus élevée ; au dernier siècle de la République,
ils sont issus de familles au moins équestres, et le plus souvent à
des familles de la noblesse plébéienne.
Leur rôle essentiel, lors de leur création, était de protéger les
plébéiens des abus de pouvoir des consuls patriciens, et en
particulier de les soustraire aux condamnations pour endettement,
très dures, que les consuls prononçaient. Ce devoir d’aide,
d’auxilium, leur est resté par la suite : ils peuvent s’opposer à l’action
d’un magistrat, ils disposent d’un droit d’intercessio (« je
m’interpose ») et de veto (« j’interdis »). Aussi leur siège, au Forum,
est-il placé entre le tribunal et la prison : un tribun peut sauver de
l’incarcération immédiate un citoyen qui serait condamné à mort par
un consul et qui ferait « appel au peuple », en le saisissant au
passage par l’épaule (c’est « l’imposition de la main » – la manus
iniectio), pour le remettre ensuite au jugement du peuple. Ainsi le
tribun de la plèbe, par son intercession, peut donner toute son
efficacité au droit très ancien d’appel au peuple – provocatio ad
populum –, que la tradition attache à la citoyenneté romaine.
Les tribuns de la plèbe ne sont pas des « magistrats » : aucune loi
curiate ne vient confirmer leur élection, et jusque dans le dernier
quart du IIe siècle, ils sont restés exclus du Sénat. Ils ne disposent
aucunement d’un imperium. Mais, ils détiennent une puissance – la
tribunicia potestas – qui, jointe à leur caractère sacro-saint, leur a
permis d’élargir le domaine de leurs compétences au cours des
décennies qui ont suivi la première sécession de la plèbe.
5.2. LE DROIT D’INTERCESSIO ET LE VETO TRIBUNITIEN

En vertu de la « loi sacrée », jurée par la plèbe en 493, la


personne des tribuns de la plèbe est inviolable et sacrée tout le
temps de leur charge.
De ce fait, le droit d’opposition – d’intercessio – dont ils disposent,
et que nul ne saurait transgresser, est un droit redoutable et ambigu,
qui peut largement dépasser le devoir d’assistance. Toute atteinte à
la personne d’un tribun de la plèbe, tout manquement à son autorité
serait un crime de la plus grande gravité, passible pour le coupable
de l’exclusion de la communauté et de la mort civique. Un tribun
peut décréter la mort du citoyen qu’il penserait coupable d’un
manquement à sa personne ou à la plèbe : il peut le précipiter, sans
autre forme de procès, du haut de la roche Tarpéienne.
De surcroît, il faut préciser que l’opposition d’un tribun – son veto
– ne fait pas seulement obstacle aux décisions d’un magistrat : elle
arrête toute action qu’un autre tribun aurait déjà engagée. Il suffit
donc à un magistrat, serait-il patricien, qui voudrait paralyser l’action
d’un tribun de la plèbe, d’obtenir le soutien d’un seul des neuf autres
tribuns ; et de cela, on pourrait citer bien des exemples. Ajoutons
qu’en aucune façon, les tribuns de la plèbe ne reçoivent un mandat
des plébéiens. Ils sont leurs défenseurs contre l’arbitraire des
magistrats, ils ne sont pas leurs « représentants » : ils n’ont pas à
rendre compte de leurs actes au Peuple romain.
Au milieu du IIe siècle av. J.-C. cependant, l’espace de la cité
romaine s’est dilaté, jusqu’à se confondre avec l’Italie péninsulaire.
Pourtant, la vie politique continue apparemment d’être réglée par
l’ensemble des décisions et des lois adoptées au cours des temps
par le Sénat et le Peuple romain : le mos maiorum, « la coutume des
ancêtres », qui n’a jamais cessé de constituer un fonds de
références quasi inépuisable pour les débats de la place publique,
justifie maintenant le refus par les élites de tout changement, et la
préservation des privilèges acquis au cours des temps.
PLAN DU FORUM À LA FIN DE LA RÉPUBLIQUE

(d’après J.M. David, Le patronat judiciaire au dernier siècle de la


République romaine, Rome, EFR, 1992, p. 44-45)

6. LE MOS MAIORUM INADAPTÉ ET DÉTOURNÉ

6.1. DES ESPACES POLITIQUES DE PLUS EN PLUS


INADAPTÉS

Au début du IVe siècle, quand les institutions de la cité achevaient


de se constituer, les limites du territoire romain n’étaient pas
éloignées de plus de vingt à vingt-cinq kilomètres de la Ville : tous
les citoyens, qui huit jours durant avaient cultivé leurs champs,
pouvaient aisément s’y rendre le neuvième jour, lors des nundinae,
qui étaient jours de marché. Ils s’y rendaient pour leurs affaires et
pouvaient alors y prendre aussi connaissance des noms des
candidats aux magistratures qui se présentaient à leurs suffrages, ou
des projets de loi proposés aux votes des citoyens : les noms des
candidats aux magistratures ou encore le texte des projets de loi
devaient en effet obligatoirement être affichés à Rome, sur la place
publique, pendant trois nundinae – trois marchés successifs tenus à
neuf jours d’intervalle. De telles règles étaient alors adaptées à la
bonne information des citoyens, et à leur participation à la vie de la
cité. Trois siècles plus tard, les conditions de la participation des
citoyens à la vie politique sont devenues très différentes.
À partir du début du IVe siècle av. J.-C., Rome a fait la conquête de
l’Italie : les uns après les autres, tous les peuples italiens sont
passés sous son contrôle et dans son alliance obligée, ils sont
devenus ses « Alliés », ses Socii. Certains de ces peuples ont reçu la
citoyenneté romaine de plein droit ; d’autres ont reçu la citoyenneté,
mais sans le droit de vote à Rome ; dans toute l’Italie enfin, des
« colonies » romaines ou latines ont été établies sur des territoires
préalablement confisqués aux vaincus (voir ici et là).
Ainsi, des citoyens romains ont été installés sur des terres de plus
en plus lointaines, et ont été exclus de fait, pour la plupart, de toute
participation à la vie politique romaine ; beaucoup d’entre eux sans
doute ne pouvaient pas même venir jusqu’à Rome, lors des
recensements, pour se faire inscrire sur les registres du cens. Pis
encore : quand en 89, après une dure révolte des Alliés – ce que l’on
appelle la « guerre sociale », la guerre des Socii –, Rome a été
contrainte d’accorder la citoyenneté romaine à tous les Italiens libres
d’Italie, cette concession s’est accompagnée, dans les faits, d’une
même exclusion des nouveaux citoyens qui n’étaient pas pourvus
d’une solide fortune : des 460 000 citoyens romains, anciens et
nouveaux, qui ont été recensés en 86-85, seuls ceux qui vivent à
Rome peuvent véritablement participer à la vie politique. Quelques
centaines de familles seulement, qui possèdent une demeure dans la
Ville, forment l’élite sociale et politique de la cité. Beaucoup de ceux
qui constituent les couches populaires appartiennent aux métiers de
la Ville ; mais on voit aussi affluer dans Rome, de plus en plus
nombreux, des paysans, que l’évolution économique des dernières
décennies a ruinés et dépossédés, et qui ont dû abandonner leurs
champs. La ruine des campagnes, qui détruit les équilibres
économiques et sociaux, met en péril les institutions et le mos
maiorum.
6.2. LES VOTES DE L’ASSEMBLÉE TRIBUTE DÉTOURNÉS

Dans ces conditions en effet, les règles d’inscription des citoyens


romains dans les tribus ont été détournées, pour le plus grand profit
des élites dirigeantes.
Selon la tradition en effet, chaque citoyen appartient à la tribu de
son domicile : les citadins doivent être répartis dans quatre tribus
urbaines, et les paysans dans trente et une tribus rurales. Les
anciens ruraux qui se fixent dans la Ville devraient donc, en vertu de
leur nouvelle résidence, être recensés dans l’une ou l’autre des
quatre tribus urbaines : c’est là qu’ils devraient être tenus de porter
leurs suffrages – qui à vrai dire se perdraient dans le nombre. Avec
l’accord complice des grands personnages de l’élite politique,
soucieux de tirer profit de leurs votes, les nouveaux citadins ont
conservé la tribu de leurs origines : ils ont continué d’être inscrits,
ainsi que leurs descendants, dans les tribus rurales auxquelles eux-
mêmes, comme leurs pères, avaient appartenu naguère ; et ils sont
entrés dans la clientèle de leurs protecteurs, auxquels par la suite,
dans les assemblées, ils apportent leurs suffrages contre une part de
leur subsistance.

7. LE VOCABULAIRE INSTITUTIONNEL

En dépit de l’attachement affirmé des Romains au passé


fondateur, sous la pression de nécessités particulières, des
modifications sont intervenues, à la fois dans les institutions et dans
le sens des mots, et donc dans le langage de la vie politique ; des
noms d’institutions ou de catégories juridiques et sociales sont
restés inchangés, mais ils se sont chargés de significations nouvelles,
sans que jamais les anciennes s’effacent. Ainsi, qu’est-ce que « la
plèbe », qu’est-ce que le patriciat, que sont « les nobles » et que
sont « les chevaliers », dans les textes du dernier siècle de la
République ?
7.1. LES PATRICIENS ET LES GENTES

Pour comprendre ce que sont les patriciens, il faut remonter aux


premiers temps de Rome, quand la société romaine était structurée
en groupes de familles très fortement hiérarchisés, les gentes : on
ne pouvait être Romain, si l’on n’appartenait pas à une gens. Chaque
gens avait à sa tête un patron qui, avec sa famille, disposait de
pouvoirs très étendus, transmis de père en fils, sur les autres
membres de la gens, qui étaient ses clients : il leur tenait lieu de
père. Les clients étaient des ruraux, vivant avec leurs familles sur les
terres des gentes auxquelles ils appartenaient ; ils étaient soumis
envers leurs patrons à de multiples prestations et au service armé et
leur devaient une entière obéissance. Les patrons des gentes
habitaient la Ville. Seuls, ils avaient le droit de prendre les auspices –
l’observation du vol des oiseaux, qui révélait la volonté des dieux –,
détenant ainsi le monopole d’un droit qu’ils tenaient secret, et ils
participaient aux affaires publiques : avec le titre de Pères – Patres –
de père en fils, ils étaient membres du Sénat, qui était le Conseil du
roi ; et c’est pourquoi on les appelait patriciens – patricii. Mais
depuis le dernier siècle de la royauté, la société romaine s’était
diversifiée, et hors des gentes étaient apparues des couches sociales
nouvelles, qui composaient la plèbe romaine. Dans les premières
décennies de la République pourtant, les patriciens ont prétendu
avoir seuls le droit de devenir consuls : c’est là une des causes des
conflits majeurs qui les ont opposés aux plébéiens, jusqu’à la
réconciliation des élites que sanctionnèrent les lois licininio-
sextiennes, en 366 av. J.-C., tandis que les gentes disparaissaient.
À la fin de la République, il existait encore des patriciens : tous
descendaient, par voie patrilinéaire, de ces patrons de gentes qui,
aux siècles archaïques, étaient membres du Sénat de père en fils.
Dans presque tous les domaines, ils avaient perdu l’exclusivité des
compétences dont ils avaient joui au temps des rois et aux débuts
de la République – prise des auspices et maîtrise du droit par
exemple, ou encore accès aux grands sacerdoces, d’où les plébéiens
ont été exclus jusqu’en 300 av. J.-C. Certains rôles, qui étaient à la
fois politiques et religieux, leur étaient pourtant encore réservés ;
ainsi, seuls les patriciens pouvaient devenir interrois, et, en cas de
vacance du pouvoir consulaire, présider les comices centuriates pour
l’élection de nouveaux consuls. Les patriciens, enfin, gardaient le
prestige de l’ancienneté : ils représentaient l’aristocratie des origines.

7.2. LES PLÉBÉIENS

La « plèbe » a d’abord reçu une définition négative : les Anciens


disent qu’aux premiers temps de Rome, au temps des gentes, les
plébéiens sont « ceux qui n’ont pas de gens » : ce sont des
marchands, des artisans ou des agriculteurs, qui ont commencé à
immigrer à Rome à partir du VIIe siècle, tout en demeurant hors des
gentes : ils sont alors des étrangers. Le roi Servius Tullius, au
e
VI siècle, les a intégrés dans le corps civique : pour cela, il a divisé la
ville et le territoire qui l’entourait, l’ager Romanus Antiquus, en
circonscriptions territoriales, quatre dans la ville et cinq, semble-t-il,
sur l’ager Romanus Antiquus. À ces circonscriptions de la ville et de
la campagne, que l’on a appelées « tribus », il a donné des noms de
lieux ; puis, il y a inscrit les habitants – certains patriciens sans
doute, mais surtout les plébéiens, qui étaient en bien plus grand
nombre et qui habitaient dans Rome ou dans ses environs – : de
tout temps, les plébéiens, ruraux ou citadins, ont eu les activités
économiques les plus diverses, et l’on trouvait parmi eux tous les
niveaux de fortune. Les clients, quant à eux, continuaient à relever
des gentes et à vivre sur leurs terres.
Au cours du Ve siècle cependant, le jeu des mariages a brouillé les
appartenances et mêlé les familles plébéiennes et celles des gentes :
le sens des mots en a été modifié. Au moment de la « refondation »
de la République, en 449, on en était venu à appeler « plébéiens »
tous ceux qui n’étaient pas patriciens – clients des gentes compris.
Puis, quelques décennies plus tard, en 366, les lois tribunitiennes de
Licinius et Sextius ont établi que chaque année, l’un des deux
consuls serait pris dans la plèbe. Alors, la noblesse est apparue,
composée des familles qui avaient donné un consul à la République,
et qui étaient ou patriciennes, ou issues de l’élite plébéienne ; et l’on
a commencé à désigner comme « plébéiens » ceux qui n’étaient pas
nobles. L’évolution de la société se poursuivant, le langage a
continué de se modifier : à la fin de la République, on qualifiait
comme « plébéiens » tous ceux qui n’étaient ni sénateurs, ni
chevaliers ; et il arrivait que l’on désignât ainsi, tout bonnement,
ceux qui n’étaient pas riches – les pauvres gens. Cependant, les
anciennes significations demeuraient : tout dépendait de l’emploi
que l’on faisait du mot. On n’oubliera donc pas que des
« plébéiens » pouvaient être très riches, qu’ils pouvaient appartenir
à l’élite sociale la plus haute, puisqu’il existait des nobles
« plébéiens », et que c’est parmi ces nobles que se recrutait chaque
année la plus grande partie des tribuns de la plèbe. Mais on se
rappellera aussi que le mot « plèbe » pouvait désigner les masses
populaires.
Le mot « plèbe » est donc de ces mots très ambigus, qui se sont
enrichis avec le temps de significations sociales et politiques
diverses, sans que jamais les sens anciens s’effacent : c’est le
contexte, dans chacun des emplois qui en est fait, qui permet d’en
apprécier le contenu.

7.3. LA NOBLESSE

La noblesse – nobilitas – est donc apparue à partir des lois licinio-


sextiennes de 366 : au sens strict, elle est constituée de l’ensemble
des familles qui comptent un consul parmi leurs ancêtres.
Nécessairement, toutes les familles patriciennes en font partie : elles
descendent de patrons, de gentes, qui ont géré les plus hautes
magistratures au Ve siècle ou au début du IVe. Mais du fait de la loi de
366, qui a imposé le choix dans la plèbe, chaque année, de l’un des
deux consuls, la noblesse compte aussi des familles plébéiennes –
toutes issues, à vrai dire, de l’élite sociale la plus élevée : pour
pouvoir être candidat, il faut avoir été recensé pour une fortune –
essentiellement foncière – d’au moins un million d’as, à la fin de la
République. La noblesse est donc, fondamentalement, la partie de
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1. These Ecumenical Councils with the Pope at their head are
believed by the Romanists to be, like the Divinity himself infallible
and incapable of error.
2. Yet the learned Albert Pighius scruples not to assert: that General
Councils are, not of divine, but of merely human, institution; that
They originate only from a dictate of right reason, because doubtful
matters may be better debated by many than by few, more
especially when the many are prudent and experienced persons;
that In the canonical Scriptures there is not a word about General
Councils, nor from the institution of the Apostles did the primitive
Church of Christ receive any thing special respecting them: and that
From theological grounds it is impossible to demonstrate that the
whole Church ought to be represented by a General Council. [61d]
V. Pass we next to the evidence upon which all the manifold
peculiarities of Romanism claim to repose.
1. The members of the Council of Trent declare: that, In settling and
defining the doctrines and practices of their Church, they follow the
[62a]
UNANIMOUS CONSENT AND TESTIMONY of the Holy Fathers.

2. Yet a modern romish doctor, Mr. Husenbeth, has been driven to


confess: that, Although the Latin Clergy OUGHT to be able to trace
every point of what he calls Catholic Faith up to the Apostles, they,
in truth, CANNOT trace their peculiarities up to the Apostles THROUGH
[62b]
THE TESTIMONY OF THE FATHERS OF THE THREE FIRST CENTURIES.

IV. How persons, who make such acknowledgments, can still have
adhered to the communion of the Church of Rome, I pretend not to
comprehend, and therefore cannot explain.
Suffice it to say: that the acknowledgments have been made, and
that the individuals have nevertheless most unaccountably
maintained and defended their unsubstantiated and confessedly
unsubstantiable peculiarities.
CHAPTER IX.
EXTRAORDINARY THEOLOGICAL PRACTICES OF THE
ROMISH CLERGY.

Remarkable as are the acknowledgments made by the Romish Clergy,


their theological practices will be found not less worthy the attention
of the honest and conscientious inquirer.
I. The general PRINCIPLE, on which these practices are constructed, is
very clearly and distinctly laid down by the Professors of Douay.
In managing the old catholic writers when in disputation opposed to
us by our adversaries, say they, we endure very many errors.
Sometimes, we extenuate them: sometimes, we excuse them: very
frequently, having devised some plausible comment, we even
roundly deny them altogether, affixing to them some convenient
sense. [63a]
II. Such is the avowed PRINCIPLE of these ingenious divines, through
the medium of which when reduced to practice, a troublesome old
author, whose claim to catholicity cannot be quite decently denied,
by dint of judicious explaining and managing and correcting and
garbling and interpolating, may be compelled, either apparently to
uphold, or at least not to contradict, the peculiarities advocated by
the Romish Clergy.
Let us now, descending to particulars, mark how the PRINCIPLE is
reduced to PRACTICE.
1. The first specimen, which I shall give, is that, afforded by the
Douay Doctors themselves, and afterward very greatly improved
upon by the dexterous Bossuet Bishop of Meaux.
Bertram of Corby, always admitted to be an orthodox catholic divine,
had written, in the ninth century, a book on the Eucharist; which, in
its natural construction, is plainly fatal to the doctrine of
Transubstantiation. [63b]
Whereupon, the Professors of Douay state; that Bertram’s book,
when emendated, may be tolerated: observing with perfect truth,
that, since they had kindly done the good office of emendation for
sundry other ancient catholic writers, no imaginable reason could be
assigned, why Bertram, in all equity, should not deserve and receive
the same diligent recognition. [64a]
Numerous copies of the Work, however, escaped the ambiguous
benefit of the Douay emendation. Bossuet, therefore, as in such
cases the Professors wisely direct, finally judged it best to affix to
Bertram’s undeniable phraseology some convenient sense. Hence, in
settling the merits of the eucharistic controversy between Paschase
and Bertram, the Bishop of Meaux compendiously assures us: that
these two champions, with their respective followers, were all alike
staunch Transubstantialists, though they unluckily differed as to the
best mode of expressing and propounding their common favourite
doctrine. [64b]
2. Another specimen occurs in the remarkable case of Elfric’s Epistle
to Wulfstane, written about the close of the tenth century.
The original Saxon, luckily preserved in the library of Exeter
Cathedral, contains a passage flat against Transubstantiation.
Nevertheless, this sacrifice is, NOT the same body of his wherein he
suffered for us, NOR the same blood which he shed for us: but,
SPIRITUALLY, it is made his body and blood; AS was that manna which
rained from heaven, and AS was that water which did flow out of the
rock. [64c]
Yet, in the Latin translation of the Epistle contained in the library of
Worcester Cathedral, this passage, the decisive strength of which
was evidently felt and tacitly acknowledged, has been carefully
erased. [64d]
3. The treatment of the writings of Theodoret will afford us yet a
third specimen.
This Father, who lived in the fifth century, had expressed himself so
strongly against the doctrine now denominated Transubstantiation,
that John Clement, perceiving the force of his testimony, and losing
his own temper, tore out and burned the guilty leaf which contained
the passage. [65a]
Now such a summary process might emendate John Clement’s
individual copy of Theodoret: but, unluckily, other copies were
abroad in the world. What, then, was to be done? Why, truly, as the
Douay Doctors advise in such cases, a commodious sense, by dint of
excogitating a comment, must be affixed to the noxious passage.
Theodoret, avowedly opposing the phantasy of Transubstantiation,
had written, concerning the eucharistic bread and wine after
consecration, that they remain in their former SUBSTANCE and shape
and appearance. [65b]
But three modern Romish Doctors, Mr. Berington, Bp. Trevern of
Strasbourg, and Mr. Husenbeth, excogitating a more commodious
sense which never occurred to John Clement, make Theodoret say,
in despite both of greek grammar and clear context, that the
consecrated bread and wine remain in the shape and form of the
former SUBSTANCE. [65c]
Now this translation, as every schoolboy who reads the original
Greek will at once perceive, is grammatically impossible. But let that
original be withheld from the gaze of the curious: and ten to one but
the commodious sense will pass muster among the Romish Laity,
nay even among some of the Protestant Laity, without any further
difficulty.
4. A fourth specimen is yet again afforded by the liberality of the
same Bp. Trevern of Strasbourg.
Speaking of a moral, not of a literal or substantial, change in the
consecrated elements, as they themselves distinctly assure us in the
way of explaining their own language, the old Fathers often say: that
the bread and wine are changed into the body and blood of Christ.
But Bp. Trevern, by deliberately in more than a single instance
interpolating the decisive word SUBSTANCE, while from the eyes of his
readers he carefully withholds the originals, makes them speak, not
their own sentiments, but those of the Church and Clergy of Rome.
Thus, when Cyril of Jerusalem writes; Whatsoever the Holy Spirit
hath touched, that thing is sanctified and changed: Bp. Trevern
forces him to say; All that, which has received the impression of the
Holy Spirit, is sanctified and changed INTO ANOTHER SUBSTANCE. [66a]
And thus, when the old author of the Treatise on the Sacraments in
the Works of Ambrose writes; They are changed into other: Bp.
Trevern remorselessly compels him to say; They pass into another
[66b]
SUBSTANCE.

5. For our fifth specimen we are indebted jointly to Bp. Trevern and
Mr. Berington.
Cyprian speaks of men being cleansed for sins through the suffering
of long pain and of their being long purged in fire. [66c]
These expressions, as the whole context shews and as it was rightly
observed by the honest romish commentator Rigaltius, relate simply
to the allegorical fire of penitential austerities in this world: a fire, in
which, by the early discipline of the Church, it was required, that the
lapsed should for an appointed season be exercised.
But Bp. Trevern and Mr. Berington, wholly suppressing the context
and saying not a single syllable about their respectable fellow-
religionist Rigaltius, gravely adduce the passage as proof positive:
that Cyprian, in the middle of the third century, held and taught the
existence of a Purgatory after death in the next world. [67]
6. Our sixth specimen is afforded by Mr. Husenbeth.
The famous text in the Gospel of St. Matthew, which exhibits our
Lord as saying, Thou art Peter and upon this rock I will build my
Church, is universally explained by the Romish Clergy, as being a
grant from Christ of a monarchal supremacy in the Catholic Church,
both to Peter individually, and to Peter’s alleged heirs and successors
the Bishops of Rome.
Now, most unluckily for this current explanation, the primitive
theologians knew nothing of it: for, while the early Fathers, Justin
and Tertullian and Cyprian and Origen and Athanasius and Jerome
and Augustine and Chrysostom and Hilary, differ as to the true
meaning of the text (some supposing the rock to be Peter personally
and exclusively; some, to be Christ himself; and some, to be Peter’s
confession of Christ’s divinity); NOT ONE of them interprets it, as the
Romish Clergy would now interpret it.
Yet, by way of putting to open shame every opponent of the Pope’s
supremacy by divine right, Mr. Husenbeth deliberately assures his
plain country readers: that, by ALL the holy Fathers and Doctors, by
ALL the Councils, and by the most learned and pious men in the
world in EVERY age down to the Reformation, the text in question has
been UNIFORMLY understood as it is now explained by the Romish
Clergy. [68a]
7. The copiousness of Mr. Husenbeth will afford us also yet a seventh
specimen.
With every semblance of even scrupulous fidelity, giving distinct
references to his authorities, this theologian, in a small Work written
for circulation among the unlearned, declares; that Papias, Ignatius,
Irenèus, Dionysius of Corinth, Caius of Rome, Clement of Alexandria,
Tertullian, Origen, and Cyprian, all with one voice explicitly assert St.
Peter to have been the first diocesan Bishop of Rome: and he adds,
still for the information of the unlearned; that Mr. White, who had
unceremoniously pronounced St. Peter’s Roman Episcopate to be an
idle and ungrounded report, did but attempt to impose upon such
humble readers as have no means of examining history, by such
worn out fallacies and vile fabrications. [68b]
Yet I have myself examined all Mr. Husenbeth’s references to his
above alleged witnesses from the three first centuries: and I can
positively state, from the testimony of my own eye-sight, that NOT
ONE of those witnesses says a single syllable, as to St. Peter having
been the first diocesan Bishop of Rome, or indeed as to his EVER
having been Bishop of that See.
8. Our eighth specimen is furnished by the joint industry and rival
intrepidity of Bp. Trevern and Mr. Husenbeth.
For the purpose of persuading the unwary, that the highest divine
adoration of the consecrated bread and wine had been the practice
of the Church from the earliest ages, Bp. Trevern adduces a direction
or rubric from the ancient Clementine Liturgy: and, after him, Mr.
Husenbeth eagerly catches up, for the same purpose, the same
ancient rubric or direction. [69a]
Meanwhile the direction itself, in its genuine state says not a syllable
respecting any adoration of the consecrated bread and wine. Bp.
Trevern first interpolates it, to make it serve his purpose: and then
Mr. Husenbeth brings forward, as evidence, the precise words of the
gallican prelates interpolation wedged into an utterly false
construction of the original passage. [69b]
9. Our ninth and last specimen is of a somewhat wholesale nature:
whence it will the more completely exemplify the PRINCIPLE, laid
down, for the better furtherance of truth, by the painful Professors
of Douay.
The King of Spain (I avail myself of the diligent researches of our
own excellent Bishop Jeremy Taylor) gave a commission to the
Inquisitors, to purge all catholic authors: but with this special clause;
that they should keep private among themselves the expurgatory
index, neither communicating it to others, nor giving a copy of it to
any one.
It happened, however, by the Divine Providence so ordering it, that,
about thirteen years after, a copy of it was procured and published
by Johannes Pappus and Franciscus Junius. This circumstance
compelled the Inquisitors to acknowledge their expurgatory index:
and they have since printed it themselves.
(1.) Let us now observe some few of the exploits of emendation,
achieved by these honest and laborious correctors of erring
Antiquity.
In Chrysostom’s Works printed at Basil, the words, There is no merit,
but what is given us by Christ, are commanded to be expunged. Yet
these very words occur in his first Homily upon the text of St. John,
Ye are my friends.
A similar erasure is enjoined of the clause, The Church is built, not
upon the man, but upon the faith. Yet this clause occurs in his
Sermonon Pentecost.
The same expurgatory process has been undergone by Chrysostom
in many other places: and Ambrose and Augustine and the rest of
the old Fathers have been subjected to the like necessary
emendations.
In short the curtailments of the ancient writers were carried to so
great an extent, that Ludovicus Saurius, the corrector of the press at
Lyons, shewed and complained of them to Junius: lamenting, that he
was forced to cancel and erase many sayings of Ambrose in that
edition of his Works which was printed at Lyons in the year 1559.
(2.) Not content with thus emendating the Fathers, our pains-taking
Inquisitors, in order that their editions might throughout be perfectly
harmonious and consistent, fell doggedly to work upon the very
tables or indexes, which contained any references to the expunged
passages: for, of course, it were unseemly, that a reference should
appear, indicating the occurrence of a place which itself could no
where be found in an improved or expurgated edition.
Thus, out of one of Froben’s indexes, they have directed the erasure
of the following references: The use of images forbidden; The
Eucharist no sacrifice, but the commemoration of a sacrifice; Works,
although they do not justify, yet are necessary to salvation; Marriage
is granted to all that will not contain; Venial sins damn; The dead
Saints, after this life, cannot help us.
And thus, out of the index of Augustine’s Works by Claudius
Chevallonius at Paris in the year 1531, they have commanded a still
more extraordinary erasure of a reference: Dele, Solus Deus
adorandus; that is, Blot out the words, God alone is to be adored.
[71a]

(3.) On such disgraceful practices, Bp. Taylor well remarks: These


instances may serve, instead of multitudes which might be brought,
of their corrupting the witnesses and razing the records of antiquity,
that the errors and novelties of the Church of Rome might not be so
easily reproved. Now, if the Fathers were not against them, what
need these arts? Why should they use them thus? Their own
expurgatory indices me infinite testimony against them, both that
they do so, and that they need it. [71b]
III. It were easy to have multiplied specimens of the same
description: but these, I apprehend, may well suffice.
Respecting such a topic, any observations of my own are quite
superfluous. By some marvellous perversion of the moral sense,
Sixtus Senensis, indeed, has even lauded Pope Pius V, because he
had taken diligent care, that the writings of all catholic authors, and
more especially the writings of the ancient Fathers, should be
expurgated and emaculated: but the plain good sense of every
upright and honourable man will deem such praise no very flattering
compliment. [71c]
Yet, though I shall not weary the prudent inquirer with any needless
remarks of my own, either on the Douay Principle itself, or on the
reduction of that principle to systematic practice: I may, at parting,
be permitted, in all good will, to offer him a word of not altogether
useless advice.
Whenever a Romish Doctor makes a large or extraordinary or
startling assertion, there clearly can be no harm in A CAUTIOUS
SUSPENSION OF BELIEF, until either the enquirer himself or some
competent and trust-worthy friend shall have had an opportunity of
ACTUAL AND PERSONAL VERIFICATION OF ALLEGED AUTHORITIES.
CHAPTER X.
CONCLUSION.

At the close of this brief manual, it may perhaps be useful to state


the question as it now presents itself.
I. Upon those who assert, rests the duty and incumbency of proof.
Yet, in regard to what by a single comprehensive word may be
styled Popery, the question stands negatively, in manner following.
The peculiar doctrines and practices, which the Clergy of the Roman
Church pertinaciously inculcate upon their Laity, and to which they
would proselyte the unthinking and uninformed Protestant, CAN NOT BE
TRACED UP TO CHRIST AND HIS INSPIRED APOSTLES, either by the evidence of
God’s Written Word, or by the subordinate testimony of the
successive ecclesiastical writers of the three first centuries.
II. But this circumstance, bad enough even in itself, is by no means
the worst part of the matter.
Scripture and the early Fathers, not only, negatively, DO NOT ESTABLISH
the apostolicity of the peculiarities of Popery: but they also,
positively, CONTRADICT AND CONDEMN those same peculiarities.
III. Hence, if I mistake not, the sober inquirer, who demands proof
instead of assertion, will at length find himself irresistibly brought to
the following very important conclusion.
IN ADMITTING THE PECULIARITIES OF THE LATIN CHURCH AS ARTICLES OF THE
CHRISTIAN REVELATION, THE ROMANIST BELIEVES, NOT ONLY WITHOUT EVIDENCE,
BUT EVEN AGAINST EVIDENCE.

THE END.
Gilbert & Rivington, Printers, St. John’s Square, London.
FOOTNOTES.

[7] Such, avowedly, has been the language of Dr. Norris, of


Stonyhurst; such also, unless my memory altogether fail me, has
been the language of Dr. Doyle. Roma locuta est: causa finita est.
Which, being interpreted, Is: Rome hath spoken: the cause,
therefore, is determined.
These two divines seem, either themselves to have forgotten, or to
have expected their opponents to forget; that the theologians of
Trent, not only define DOCTRINES, but assert FACTS; not only assert
FACTS, but assert them as THE AVOWED BASIS OF DOCTRINES.

The defined DOCTRINES being thus professedly made to rest upon the
asserted FACTS, we should feel ourselves greatly obliged to Dr. Norris,
and Dr. Doyle, if they would distinctly teach us; What becomes of
the defined DOCTRINES, when the asserted FACTS themselves turn out
to be mere shadowy non-entities?
Will a house continue to stand, when its foundations are removed?
Can doctrines remain secure, when their professed basis of facts
proves to be nothing better than the fabric of a vision?
[8a] Concil. Trident. sess. xiii. a 3. p. 124.
[8b] Ibid. sess. xiv. c. 5. p. 148.
[8c] Ibid. sess. xiv. c. 7. p. 153.
[8d] Ibid. sess. xxiii. c 1. p. 279.
[8e] Ibid. sess. xxiii. a 3. p. 280.
[8f] Ibid. sess. v. p. 12, 13.
[8g] Here let the reader mark the circumstance, alluded to in a
preceding note.
We have A DOCTRINAL SYSTEM professedly resting upon A BASIS OF
ASSERTED FACTS.

The DOCTRINAL SYSTEM comprehends all the peculiarities of Popery: the


BASIS OF ASSERTED FACTS is the unanimous teaching of those
peculiarities both by Holy Scripture and by the whole body of the
Fathers.
Now, if, simply as an historical matter of fact, the peculiarities of
Popery be not taught by Holy Scripture, and by the whole body of
the Fathers, will Dr. Norris and Dr. Doyle have the goodness to tell
us; how, on the declared principles of the Council of Trent, we are to
estimate the value of those same peculiarities?
[9] Faith of Cathol. p. 154, 155.
[11a] Concil. Trident. sess. xiii. c. 1, 3, 4, 5. can. 1, 2, 3, 4. p. 122,
123, 124, 125, 126, 129, 130. sess. xxii. c. 2. can. 1, 3. p. 239, 240,
244.
[11b] John vi. 51–63.
[12a] Matt. xxvi. 26–29.
[12b] Thus formally interprets Theodoret. See below, § in. 9. (1.)
[13a] 1. Corinth, xi. 23–28.
[14a] Clem. Alex. Pœdag. lib. ii. c. 2. Oper. p. 156.
[14b] Ibid. p. 158.
[15a] Tertull. de anim. Oper. p. 653.
[15b] Tertull. de resurr. carn. § xxviii. Oper. p. 69.
[15c] Tertull. adv. Marcion. lib. i. § 9. Oper. p. 155.
[16a] Athan. in illud Evan. Quicunque dixerit. Oper. vol. i. 771, 772.
[16b] Euseb. Demons. Evan. lib. viii. c. 2. p. 236.
[16c] Ibid. p. 236.
[16d] Ambros. Officior. lib. i. c. 48. Oper. col. 33.
[16e] Macar. Ægypt. Homil. xxvii. For the scripturally determined
sense of the word Antitype, see, in the original Greek, Heb. ix. 24.
[17a] Gregor. Nyssen. in Baptism. Christ Oper. vol. ii. p. 801, 802.
[17b] Cyril. Hieros. Catech. Mystag. v. p. 244.
[17c] Ibid. iii. p. 235.
[18a] August. cont. Adimant. c. xii. Oper. vol. v.. pi 69.
[18b] August. cont. Maximin. lib. iii. c. 22. Oper. vol. vi. p. 275.
[18c] August. Enarr. in Psalm. xcviii. Oper. vol. viii. p. 397.
[18d] August de Doctrin. Christian. lib. iii. c. 15, 16.
[19a] Theodoret. Dial. i. Oper. vol. iv. p. 17, 18.
[19b] Ibid. Dial. ii. Oper. vol. iv. p. 84, 85.
[19c] Gelas. de duab. Christ. natur. in Biblioth. Patr. vol. iv. p. 422.
[20a] Vacund. Defens. Concil. Chalced. lib. ix. c. 5. Oper. p. 144.
[20b] Ephrœm. Theopolitan. apud Phot. Bibl. cod. ccxxix. p. 794.
[20c] Bed. Comment. in Psalm. iii.
[20d] Amalar. de Eccles. Offic. in Præfat.
[21a] Amalar. de Eccles. Offic. lib. i. c. 24.
[21b] Walaf. Strab de Reb. Eccles. c. xiv
[21c] Raban. Mogunt. Epist. ad Heribald. de Euchar. c. xxxii.
[22] Bertram. de corp. et sanguin. Domin. p. 203, 205, 213, 214.
[24] Concil. Trident. sess. xxv. p. 505, 506. Profess. Fid. Trident. in
Syllog. Confess. p. 4.
[25] Rev. xiv. 13
[26a] 2 Macc. xii. 43–46.
[26b] 2 Macc. xiv. 37–46; xv. 37, 38.
[26c] 2 Macc. xii. 39–42. Concil. Trident. sess. xiv. c. 1, 5. p. 144,
148, 149. sess. xxv. p. 506.
[26d] Melit. Sardens. apud Euseb. Hist. Eccles. lib. iv. c. 25. Cyril.
Hieros. Catech. iv. p. 37, 38. Ruffin. Expos. in Symbol. Apost. ad
calc. Cyprian. Oper. p. 26, 27. Hieron. Prolog. Scriptur. Galeat. Oper.
vol. iii. p. 287. Epiphan. de mensur. et ponderib. Oper. p. 300. Athan.
Epist. Festal. xxxix. Oper. vol. ii. p. 44, 45. Athan. Succinct. Script.
Synop. Oper. vol. ii. p. 61–63, 101, 133. Gregor. Magn. Moral. in Job.
lib. xix. c. 13. As if in bitter mockery of the popish proof of the
doctrine of a Purgatory from the second book of Maccabees,
Ruffinus tells us, in the fifth century, that, although the apocryphal
books might be read in churches for edification, they were not to be
controversially adduced as any authority for the settlement of a point
of faith and doctrine. Pope Gregory says the same.
[27a] Cyril. Hieros. Catech. iv. p, 37.
[27b] Polycarp. Epist. ad Philipp. § 2, 7. Athenag. de Resurrect.
Mortuor. Oper. p. 143–219. Iren. adv. hær. lib. v. c. 26. p. 356.
[28a] Clem. Rom. Epist. ad Corinth. ii. § 8. Ignat. Epist. ad Magnes.
§ 5. Justin. Dial. cum Tryph. Oper. p. 270. Hippolyt. e libr. adv. Græc.
Oper. vol. i. p. 220, 221. Cyprian. ad Demetrian. Oper. vol. i. p. 196.
[28b] Tertull. de anim. Oper. p. 689. Cyril. Hieros. Catech. Mystag. v.
p. 241. Ambros. Enarr. in Psalm l. Oper. col. 1286. August. de Fid. et
Oper. c. xv. Oper. vol. iv. p. 28, 29. August de Ign. Purgat. serm. iv.
Oper. vol. x. p. 382. August. de octo Dulcit. quæst. Oper. vol. iv. p.
250. August. Enarr. in Psalm ciii. conc. 3. Oper. vol. viii. p. 430.
August. de Civ. Dei. lib. x. c. 25, 26.
[28c] Tertull. de. monogam. § 10. Oper. p. 578.
[29a] Rev. xx. 4–6.
[29b] Cyril. Hieros. Catech. Mystag. v. p. 241.
[30] Concil. Trident. sess. iv. p. 7, 8.
[31a] Matt. xv. 3–6.
[31b] See 1 Kings xix. 18. Job xxxi. 27. Hos. xiii. 2.
[31c] See Orig. cont. Cels. lib. vi. p. 284. Arnob. adv. Gent. lib. vi. p.
195. Lactant. Divin. Instit. lib. ii. § 2. p. 141.
[32a] Concil. Trident. sess. xxv. p. 507, 508.
[32b] Coloss. ii. 6–8.
[32c] Deut. iv. 2.
[32d] Isaiah viii. 20.
[32e] Galat. i. 8.
[33a] 2 Tim. iii. 15–17.
[33b] 2 Thess. iii. 6.
[33c] Thess. ii. 15.
[33d] Corinth. xi. 2.
[34] Iren. adv. hær. lib. iii. c. l. p. 169.
[35a] Iren. adv. hær. lib. iii. c. 2. p. 169.
[35b] Tertull. adv. Hermog. § 12. Oper. p. 346.
[35c] Hippol. cont. Noet. § ix. Oper. vol. ii. p. 12, 13.
[35d] Cyprian. Epist. lxxiv. Oper. vol. ii. p. 211.
[36a] Cyril. Hieros. Catech. iv. p. 30.
[36b] Athan. Orat. cont. gent. Oper. vol. i. p. 1.
[36c] Athan. ad Serap. Oper. vol. i. p. 359.
[36d] Athan. de incar. Christ. Oper. vol. i. p. 484.
[36e] Athan. Epist. Fest. xxxix. Oper. vol. ii. p. 45.
[36f] Athan. Epist. ad Serap. Oper. vol. ii. p. 29.
[37a] Athan. de S. Trin. dial. ii. Oper. vol. ii. p. 172.
[37b] Basil. de Ver. Fid. Oper. vol. ii. p. 386.
[37c] Basil. Homil. de Trin. xxix.
[37d] Hieron. adv. Helvid. c. ix. Oper. vol. ii. p. 116.
[37e] Hieron. ad Demet. de virgin. Oper. vol. ix. p. 4.
[37f] August. cont. Crescon. lib. ii. c. 32. Oper. vol. vii. p. 160.
[40a] Concil. Trident. sess. xiv. c. 9. p. 158, 159.
[40b] Luke xvi. 10.
[40c] Luke xviii. 10–14.
[40d] Rom. ii. 27, 28.
[40e] Rom. iv. 2–5.
[41a] Rom. v. 1.
[41b] Rom. x. 3.
[41c] Isaiah lxiv. 6.
[41d] Clem. Roman. Epist. ad Corinth, i. § 32.
[41e] Epist. ad Diognet. in Oper. Justin Martyr. p. 386.
[42a] Ambros. Comment. in Psalm. cxviii. (cxix.) serm. xx. ver. 4.
Oper. col. 1595.
[42b] Ambros. de poenit. lib. ii. c. 8. Oper. col. 191.
[42c] August. Enarr. in Psalm. lxx. Oper. vol. viii. p. 277.
[45] Concil. Trident. sess. xxv. p. 507, 508.
[46a] S. Thom. Aquin. part. iii. q. 25. art 4.
[46b] Jacob. Naclant. Ciug. Expos. Epist. ad Roman. cap. i.
[47a] Gabriel. Biel. super Can. Miss. lect. xlix.
[47b] Pet. de Medran. Roset. Theolog. p. 311.
[47c] Aring. Rom. Subt. lib. v. c. 4.
[47d] Ibid. vol. ii. p. 464.
[48a] Breviar. Rom. Hebdom. 4. Quadrag. die sabbat.
[48b] Collect. in Hor. ad usum Sarum. fol. 30.
[48c] Ibid. fol. 33.
[48d] Offic. parv. beat. Mar. p. 127.
[48e] Collect. in Hor. ad. usum Sarum. for. 77.
[48f] Ibid. fol. 77.
[48g] Ibid. fol. 80.
[49a] The Devotion of the sacred heart of Jesus, including the
Devotion to the sacred heart of the blessed Virgin Mary; with an
Appendix and the indult of Pope Pius VII. in favour of it; for the use
of the midland district. Edit. 12. p. 212, 213. Keating and Brown,
1821.
[49b] Ibid. p. 206. See also p. 293.
[50] You pagans allege, says Arnobius, that YOU WORSHIP THE GODS
THROUGH THE MEDIUM OF IMAGES—You tell us, that THEY RECEIVE YOUR
PRAYERS THROUGH THE MEDIUM OF A SORT OF GO-BETWEENS. Arnob. adv. gent.
lib. vi. p. 1 95. We do not fear the images themselves, the Pagans
tell us, says Lactantius; but those beings, after whose similitude they
are fashioned, and by whose names they are consecrated. Lactant.
Divin. Instit. lib. ii. § 2. p. 141.
[51a] Exod. xx. 4–6.
[51b] Deuter. xxvii. 15.
[51c] Isa. xliv. 9. See also Psalm cxxxv. 15–18.
[51d] Isa. xliv. 19.
[51e] Habak. ii. 18, 19.
[51f] Mat. lv. 10.
[52a] Coloss. ii. 18.
[52b] Rev. xxii. 8, 9.
[52c] Acts xiv. 10–15.
[53a] Epist. Eccles. Smyrn. § 17, 18.
[53b] Clem. Alex. Strom. lib. vii. Oper. p. 714.
[53c] Clem. Alex. Admon. ad Gent. Oper. p. 34.
[53d] Minuc. Fel. Octav. p. 91.
[53e] Ibid. p. 284.
[53f] Orig. cont. Cels. lib. viii. p. 389.
[53g] Ibid. lib. vi. p. 284.
[54a] Concil. Elib. can. xxxvi.
[54b] Athan. cont. Arian. Orat. iv. Oper. vol. i. p. 275.
[54c] August. de ver. relig. c. lv. Oper. vol. i. p. 317.
[54d] August de. morib. Eccles. Cathol. lib. i. c. 34.
[54e] Epiphan. cont. hær. lib. iii. tom. ii. hær. 79.
[55a] Concil. Trident. sess. vii. p. 87. sess. xiv. c. 3. p. 162. sess.
xxii. c. 8. p. 243.
[55b] Profess. Fid. Trident. in syllog. Confess. p. 5.
[56] Matt. xvi. 18, 19.
[58a] Iren. adv. hær. lib. iii. c. 3. p. 170, 171.
[58b] Constit. Apost. lib. vii. c. 46.
[59a] Scalig. in. Joan. xviii. 31.
[59b] Concil. Trident. sess. xiii. cap. l. p. 123.
[60a] Johan. Scot. in 4 sent. dist. xi. q. 3. Biel. in Can. Miss. lect. 40.
Occam. Centil. lib. iv. q. 6. et in 4 sent. dist. xi. q. 6. Petr. ab. Alliac.
Camerac. in 4 sent. dist. xi. q. 6. art. 1, 2. Cajet. in Th. p. 3. q. lxxv.
art. l. q. xlv. art. 14. Fisher. Roffens. cont. Luther. de capt. Babyl. c.
1.
[60b] Concil. Trident. sess. xxv. p. 505, 506.
[60c] Trevern’s Discuss. Amic. vol. ii. p. 242.
[60d] Fisher. Roffens. cont. Luther. art. xviii. Oper. p. 496.
[60e] Barn. Catholico-Rom. Pacif. sect. ix. litt. D. ad fin. Paralip.
[60f] Picherell. de Miss. c. ii. p. 150.
[61a] Concil. Trident sess. xxv. p. 507.
[61b] Petav. Dogmat. Theol. lib. xv. c. 13. n. 3.
[61c] See Stillingfleet’s Rational Account of the Grounds of Protest.
Relig. part. iii. chap. 3. § 19. p. 590.
[61d] Albert. Pigh. Hierarch. Eccles. lib. vi. c. 1, 4.
[62a] Concil. Trident. sess. v. p. 12, 13. sess. xxiii. c 3. p. 280.
[62b] Pamph. p. 9, 10. For a full account of this fatal, though very
true, acknowledgment, extorted from Mr. Husenbeth by my repeated
demand of distinct evidence from the writers of the three first
centuries, see my Difficulties of Roman. book i. chap. 7. 2d edit. The
futile attempts of Bp. Trevern and Mr. Berington to bring, from the
same early period, a shadow of testimony to their peculiarities, are,
in the same Work, exposed and exploded. Should any of Mr.
Husenbeth’s clerical brethren refuse to be bound by his confession,
let them, if they can, come forward and trace their doctrines up to
the Apostles through the successive writings of the Fathers of the
three first centuries.
[63a] Ind. Expurg. Belg. p. 54. For the original Latin, see Diff. of
Rom. p. 346. 2d edit.
[63b] See above, chap. ii. § III. 18.
[64a] Ind. Expurg. Belg. p. 54.
[64b] Hist. des Variat. livr. iv. § 32.
[64c] Elfric has plainly borrowed both the turn and the sentiment of
the present erased passage from Augustine. See above, chap. ii. §
III. 9. (3.)
[64d] See Soames’s Hist. of the Reform. vol. iii. p. 165, 166: and
Stewart’s Protest. Layman. p. 322, 323, 324.
[65a] Bp. Taylor’s Dissuasive from Popery, chap. i. sect. 1.
[65b] See above, chap. ii. §. III. 10. (2.)
[65c] Berington’s Faith of Cathol. p. 240. Trevern’s Ans. to Diffic. of
Roman. p. 270. Husenbeth’s Reply to Supplem. p. 243.
[66a] Cyril. Hieros. Catech. Myst. v. p. 241. Discuss. Amic. vol. ii. p.
87.
[66b] Tract. de Sacram. lib. iv. c. 4. Discuss. Amic. vol. ii. p. 92.
[66c] Cyprian. Epist. lv. vol. ii. p. 109, 110.
[67] Berington’s Faith of Cathol. p. 355. Trevern’s Discuss. Amic. vol.
ii. p. 243.
[68a] Husenbeth’s Defence of the Creed and Discip. of the Cath.
Church. chap. iii. p. 69.
[68b] Husenbeth’s Defence of Creed. chap. ii. p. 41, 42.
[69a] Trevern’s Discuss. Amic. vol. i. p. 407. Trevern’s Answ. to Diff.
of Rom. p. 202. Husenbeth’s Reply to Supplem. p. 273.
[69b] See my Diffic. of Roman, p. 526–529. 2d. edit.
[71a] Index Expurg. Madr. 1612. in indice libr. expurg. p. 39.
[71b] Bp. Taylor’s Dissuasive from Popery, chap. i. sect. I.
[71c] Sixtus Senensis, in Epistola dedicatoria ad Pium Quintum,
laudat Pontificem in hæc verba: Expurgari et emaculari curasti,
omnium catholicorum scriptorum, ac præcipuè veterum Patrum,
scripta. See Bp. Taylor’s Dissuas. from Poper. ch. i. sect. 1.
*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK FACTS AND
ASSERTIONS: OR A BRIEF AND PLAIN EXHIBITION OF THE
INCONGRUITY OF THE PECULIAR DOCTRINES OF THE CHURCH OF
ROME ***

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