Memoire Gandonou Val
Memoire Gandonou Val
Institut Supérieur
GOLDEN ACADEMY
LA PUBLICITE EN LIGNE A
L’EPREUVE DES DROITS DU
CONSOMMATEUR
GANDONOU-MIGAN Valérie
Sous la Direction de :
ii
REALISE ET PRENSENTE PAR GANDONOU-MIGAN VALERIE
REMERCIEMENTS
iii
REALISE ET PRENSENTE PAR GANDONOU-MIGAN VALERIE
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS
iv
REALISE ET PRENSENTE PAR GANDONOU-MIGAN VALERIE
RESUME
Internet, aussi appelé le Web ou la Toile, est un moyen de communication qui ne cesse de grandir
depuis plus de dix ans. Aujourd’hui, il est devenu un grand marché mondial, où la publicité en
ligne joue un rôle très important. Elle permet de vendre des produits et services à distance,
souvent en les téléchargeant directement. Mais ce développement pose aussi des questions
importantes sur le respect des droits des consommateurs. Dans un monde numérique où la
publicité est de plus en plus ciblée et où les données personnelles sont très utilisées, c’est ainsi
que l’objet de ce présent mémoire est d’équilibrer efficacement la liberté d’expression des
entreprises et le respect des droits du consommateur.
Les consommateurs doivent être informés de leurs droits et avoir les moyens de les faire valoir.
Sans cela, ils peuvent être exposés à des pratiques abusives, voire manipulatrices. Ainsi, Il est
nécessaire que la publicité en ligne soit encadrée par des règles précises, afin de trouver un
équilibre entre les intérêts économiques et la protection des utilisateurs.
Mots-clés : publicité en ligne, droits des consommateurs, protection des données, vie privée,
transparence, commerce numérique, encadrement juridique.
ABSTRACT
Internet, also known as the Web or the Net, has been a growing means of communication for over
a decade. Today, it has become a vast global marketplace where online advertising plays a very
important role. It enables the remote sale of products and services, often through direct
downloads. However, this development also raises important questions about the respect of
consumer rights.
In a digital world where advertising is increasingly targeted and personal data is heavily used, the
aim of this thesis is to effectively balance companies’ freedom of expression with the protection
of consumer rights.
Consumers must be informed of their rights and have the means to assert them. Without this, they
may be exposed to unfair or even manipulative practices. Therefore, online advertising needs to
be regulated by clear and specific rules in order to strike a balance between economic interests
and user protection.
Keywords: online advertising, consumer rights, data protection, privacy, transparency, digital
commerce, legal regulation.
v
REALISE ET PRENSENTE PAR GANDONOU-MIGAN VALERIE
SOMMAIRE
INTRODUCTION.....................................................................................................Erreur ! Signet non défini.
PREMIERE PARTIE: UN CADRE JURIDIQUE CONSACRE POUR LA PROTECTION DU
CONSOMMATEUR………………………………………………………………… 5
CHAPITRE 1 :L’XISTENCE D’UN CADRE TEXTUEL PROTECTEUR DU CONSOMMATEUR
.........................................................................................................……………………………………………7
SECTION 1 : UNE REGLEMENTION PUBLICITAIRE GENERAL ...........................................................8
SECTION 2 : UNE REGLEMENTATION PUBLICITAIRE SPECIFIQUE A UNE CATEGORIE DE PRODUITS
ET SERVICES .................................................................................................................................................15
CHAPITRE 2 :L’EXISTENCE D’UN CADRE INSTITUTIONNEL PROTECTEUR DU CONSOMMATEUR
...........................................................................................................................................................................20
SECTION 1 :LA DOMINANCE DES INSTITUTIONS PUBLIQUE DE REGULATION ..........................21
SECTION 2 :L’ASCENSION DES INSTITUTIONS PRIVEES DE PROTECTION....................................25
vi
REALISE ET PRENSENTE PAR GANDONOU-MIGAN VALERIE
I NTRODUTION
INTRODUCTION
1
LA PUBLICITE SUR INTERNET A L’EPREUVE DES DROITS DU CONSOMMATEUR
I NTRODUTION
« La publicité n'est pas seulement une forme de communication, c'est un art qui transforme
la perception d'un produit en un besoin irrésistible. » Cette citation de Philip Kotler1, un auteur de
référence en marketing souligne le pouvoir de la publicité en tant qu'art et outil de persuasion. En
effet, rares sont les personnes qui s'interrogent sur la véracité ou l'authenticité des informations
véhiculées par la publicité avant de contracter. Ce constat n'est pas sans influence dans la vie du
consommateur. Car, l'équilibre des rapports qui devrait exister entre les consommateurs et les
professionnels n'est pas toujours respecté par ces derniers du fait du non-respect des règles
régissant la publicité commerciale sur internet. C'est sans doute, les raisons qui ont motivé le
choix de notre sujet : « LA PUBLICITE EN LIGNE À L'EPREUVE DES DROITS DU
CONSOMMATEUR ». Avec l'exponentialité de l'utilisation d'Internet et des smartphones, les
stratégies publicitaires doivent se renouveler pour capter l'attention d'une audience sur sollicitée.
Ce travail propose une réflexion approfondie sur l'équilibre entre la liberté d'expression
des entreprises et la protection des droits du consommateur, il explore comment ces annonces
façonnent nos habitudes d'achat et influencent les décisions commerciales tout en soulevant des
questions concernant les implications juridiques de ces pratiques. Cette transparence à l'intégrité
du marché mettant en péril les droits des consommateurs.
Le message publicitaire participe à la construction des valeurs sociétales. Il s'adresse à une
audience très large au travers de médias de masse, principalement la télévision et internet via
lesquels il reflète et amplifie des désirs, des comportements et des valeurs. Son objectif est clair :
inciter le consommateur, le citoyen, à effectuer une démarche d'achat ou de participation (vote,
vaccination, etc.). Ce pouvoir d'influence au niveau sociétal implique, pour les annonceurs, un
devoir de responsabilité dans leur communication. Pour les éditeurs, qui font le lien entre
annonceurs et audiences, cette responsabilité se décline tel un « filtre amplificateur », pour
maximiser l'audience de certaines publicités tout en protégeant les audiences fragiles de messages
qui pourraient leur être nocifs.
La publicité en ligne est devenue un outil essentiel pour les entreprises au Bénin,
notamment pour promouvoir leurs engagements en matière d’Environnement, de Social et de
Gouvernance (ESG). En 2022, le pays a enregistré un taux de pénétration d’Internet de 69 %, ce
qui représente environ 4,6 millions d’internautes. Cette connectivité accrue offre aux entreprises
Béninoises une plateforme idéale pour diffuser leurs initiatives ESG, atteindre un large public et
renforcer leur image de marque. Néanmoins, la publicité en ligne, au-delà de ce rôle de
1
KOTLER (R, P), & KELLER, (K. L) marketing management (2016). P.23
2
LA PUBLICITE SUR INTERNET A L’EPREUVE DES DROITS DU CONSOMMATEUR
I NTRODUTION
Transmission, embarque elle-même des enjeux liés à la responsabilité, essentiellement sur trois
axes. Le premier enjeu est celui du respect de la vie privée et de la conformité avec le cadre
réglementaire de l'utilisation des données personnelles2.
Il sera question de délimiter cette étude du point de vue matériel, spatial et temporel.
Concernant la délimitation matérielle, il faut noter que cette recherche va se focaliser sur le
domaine commercial en insistant sur la protection des consommateurs. A propos de la
délimitation spatiale, cette recherche va se pencher non seulement au bénin mais également dans
le monde. En ce qui concerne la délimitation temporelle, cette étude partira de l'apparition de
l'Internet à nos jours.
Jean-Marc LEHU définit la publicité comme une forme de communication stratégique
visant à intégrer des produits ou des marques dans des œuvres culturelles telles que les films, les
chansons, les jeux vidéo et les romans. Il s'agit d'une approche visant à renforcer la visibilité des
marques en les associant à des contenus culturels populaires, une pratique également connue sous
le nom de "placement de produits ». 3 Selon le lexique des termes juridique, La publicité en
ligne désigne l'ensemble des actions promotionnelles qui utilisent Internet comme médium de
diffusion, incluant les publicités sur les sites web, les réseaux sociaux, les moteurs de recherche et
par email, afin de promouvoir des biens ou des services auprès d'un public ciblé.4
Les droits du consommateur se réfèrent à l’ensemble des droits qui protègent les
consommateurs contre les pratiques commerciales déloyales et garantissent leur accès à des
informations claires et précises.
Selon le petit Larousse 2009, la Publicité est l'ensemble des techniques de
communication visant à faire connaître un produit, une marque ou une entreprise afin de susciter
l'intérêt et inciter à l'achat. L'expression ''en ligne'' : est une annonce ou information diffusée par
les médias (télévision, radio, presse écrite, Internet, etc.) dans le but de promouvoir des biens ou
des services.5 Les droits du consommateur sont des droits qui protègent les acheteurs dans leur
transaction commerciale, incluant le droit à l'information, à la sécurité et à la réparation. La
publicité en ligne a vu le jour en 1994 avec l’apparition de la première bannière publicitaire sur
le site HotWired,6 marquant le début d’une nouvelle ère pour le marketing digital. Rapidement, les
2
DAVID ABECASSIS, SYLVAIN LOISEAU, JAMES : publicité en ligne : comment concilier efficacité et enjeux de
responsabilité pour les annonceurs et éditeurs, Novembre 2023, P.35
3
Jean-Marc (L), La publicité est dans le film, d'édition d’organisation, juillet 2011, p.13
4
Le lexique des termes juridiques
5
Petit Larousse 2009
6
Première bannière publicitaire (1994) : Le 27 octobre 1994, le site HotWired (l’ancêtre de Wired.com) a affiché la première
bannière publicitaire en ligne pour AT&T. Cette bannière mesurait 468x60 pixels et avait un taux de clics exceptionnel de 40 %.
Ce format est devenu la norme pour les bannières publicitaires sur Internet.
3
LA PUBLICITE SUR INTERNET A L’EPREUVE DES DROITS DU CONSOMMATEUR
I NTRODUTION
formats publicitaires ont évolué, notamment en 1996 avec les premières publicités interactives7,
permettant à l’utilisateur d’interagir directement avec l’annonce. Entre 1997 et 2000 8, de
nouveaux formats comme les pop-ups et les interstitiels se sont développés, accompagnés
d’animations en Flash. Un tournant majeur a eu lieu en 2000 avec le lancement de Google
AdWords9, qui a introduit le ciblage par mots-clés et le paiement par clic, révolutionnant le
modèle économique de la publicité en ligne. Enfin, avec l’essor des smartphones, la publicité
mobile a pris son envol dès 2007, notamment grâce à AdSense pour mobile, facilitant la diffusion
d’annonces adaptées aux écrans de petite taille.10
L’intérêt théorique du présent mémoire consistera à fournir de la documentation afin
d’apporter une analyse sur la question : comment la publicité peut-elle équilibrer efficacement la
liberté d’expression des entreprises et le respect des droits des consommateurs, quant à l’intérêt
pratique, il s’agira d’aider les entreprises à mieux appréhender et surtout prendre connaissance de
ses effets afin de ne pas contraindre les droits des consommateurs. Cette étude présentera le cadre
juridique consacre de la publicité en ligne (première partie) ensuite nous verrons le cadre
inappliqué à améliorer afin de garantir la protection du consommateur (seconde partie)
7
Publicité interactive (1996) : En 1996, la première publicité interactive est apparue : une bannière pour Hewlett-Packard
permettant de jouer au jeu Pong directement dans la publicité. D’autres marques comme Nike et Bosch ont également exploré ce
format innovant.
8
Formats publicitaires diversifiés (1997-2000) : À partir de 1997, de nouveaux formats publicitaires ont émergé, tels que les
interstitiels (publicités plein écran) et les pop-ups. En 2000, l’introduction des rectangles larges en Flash a permis des publicités
plus animées et interactives.
9
Lancement de Google AdWords (2000) : En octobre 2000, Google a lancé son service AdWords, permettant aux annonceurs de
créer des publicités textuelles ciblées en fonction des mots-clés saisis dans le moteur de recherche. Ce modèle de paiement par clic
(CPC) a révolutionné la publicité en ligne.
10
Évolution vers la publicité mobile (2007-2009) : Avec l’essor des smartphones, Google a lancé AdSense pour mobile en 2007,
permettant aux développeurs de sites mobiles de monétiser leur contenu grâce à des annonces contextuelles adaptées aux petits
écrans.
4
LA PUBLICITE SUR INTERNET A L’EPREUVE DES DROITS DU CONSOMMATEUR
PREMIERE PARTIE : UN CADRE JURIDIQUE CONSACRE POUR LA PROTECTION DU CONSOMMATEUR
7
LA PUBLICITE SUR INTERNET A L’EPREUVE DES DROITS DU CONSOMMATEUR
CHAPITRE 1 : L’EXISTENCE D’UN CADRE TEXTUELLE PROTECTEUR DU CONSOMMATEUR
Lorsque la publicité repose sur des informations fausses ou trompeuses, elle peut induire
en erreur. Pour éviter ces dérives, la loi encadre strictement ces pratiques. Cette section présente
d’abord les conditions pour reconnaître une publicité mensongère ou trompeuse (Paragraphe 1),
puis les sanctions prévues par la loi (Paragraphe 2), qu’elles soient pénales ou civiles.
8
LA PUBLICITE SUR INTERNET A L’EPREUVE DES DROITS DU CONSOMMATEUR
CHAPITRE 1 : L’EXISTENCE D’UN CADRE TEXTUELLE PROTECTEUR DU CONSOMMATEUR
y a des messages mensongers ou trompeurs qui cherchent à exploiter à des fins mercantiles la
crédulité des consommateurs, surtout les plus vulnérables. En protégeant le consommateur tout en
préservant une concurrence saine et loyale, le législateur est intervenu pour éviter les excès et les
déviances. Si la publicité a des dimensions éthiques, sociales et politiques, c'est dans le domaine
économique qu'elle trouve son credo, notamment pour l’entreprise adepte de ce moyen de
communication commercial, qui engendre des bienfaits à toute activité commerciale, entre autres
l'augmentation des ventes. Malheureusement il y a aussi des méfaits pour le consommateur ou les
concurrents, lorsque la déloyauté, le mensonge ou la tromperie accompagnent le message
publicitaire.
La publicité mensongère a pour rôle de modifier la conduite des gens par l'intermédiaire
de la persuasion en utilisant parfois de fausses informations, ou tout simplement en sélectionnant
leurs informations, pour influencer les jugements de ses interlocuteurs sur les choses, mais
apparemment le mensonge est le plus efficace parce que, lorsqu'il réussit il passe inaperçu, cela
fait partie de sa définition.
Le mensonge consiste à donner volontairement à un partenaire une vision de la réalité
différente que celle qu'on tient soi-même pour vrai. Il se définit donc par rapport à la vérité. La
vérité est un rapport entre la conscience et la réalité. « Vynskichi, procureur général en Russie ex
URSS, à l'époque des grands procès fit, en 1937, un exposé ou il prétendit qu'il n'était jamais
possible en matière humaine d'établir de vérité absolue, et n'hésitant pas à appliquer ce principe au
domaine judiciaire, il déclara que la vérité établie par l'instruction et le tribunal ne pouvait pas être
absolue, mais seulement relative. ». Les rapports de la publicité avec la vérité, dépendent des
rapports entre les désirs des consommateurs et les propriétés des objets présentés. Les objets
correspondant au désir des consommateurs, et ceux qui sont contraires à leur désir, exemple : « En
publicité, si un objet est solide et si l'on s'adresse à des acheteurs économes, on mettra en avant
cette solidité, si l'objet est au contraire fragile, on essayera de dissimuler ce défaut à cette
catégorie d'acheteurs. Mais si l'on s'adresse à une autre catégorie d'acheteurs, plus aisés, et qui
n'attachent pas grande importance à la durée des objets, on n’aura ni à parler de la solidité de cet
objet, à supposer qu'il soit solide, ni de sa fragilité, à supposer qu'il soit fragile.
La commercialisation d’un produit insiste sur la citation de ses qualités supposées sans
la mise en relief de ses défauts. En effet, la publicité cherche à vendre le produit sans citer son
parcours de production. Ainsi, comme son nom l’indique, la publicité mensongère est conçue
pour induire le client en erreur même en contenant des éléments faux. D’après PEDAMON M.
la publicité consiste pour un annonceur (soit le fournisseur soit l'agent de la publicité) à diffuser
des informations inexactes visant à tromper le public sur les produits ou les services qu'il vante,
sur les engagements qu'il prend à l'égard de la clientèle ou sur les qualités qu'il possède Ainsi,
lorsque la publicité contient, d’un côté, des présentations et des indications fausses, et d’autre
côté, des présentations ambigües et des expressions trompeuses pouvant induire le
consommateur en erreur ; il s’agit d’une publicité mensongère. De même, la publicité
mensongère est une publicité contenant des Informations inexactes. Ces dernières peuvent
concerner aussi bien les caractéristiques et les qualités d'un produit ou d'un service ou les
engagements pris par le vendeur.
Une publicité qui, objectivement, ne dit et ne montre que des choses vraies pourra induire
en erreur le consommateur et être considérée comme trompeuse. Elle peut en effet ne pas être
catégoriquement fausse au sens littéral du terme, mais demeurer cependant largement susceptible
de tromper le public ;Une publicité est trompeuse lorsqu'elle a un caractère trompeur, c'est-à-dire
que son contenu est de nature à induire autrui en erreur. Arrêt infirmatif de la cour d'appel de Paris
du 12 avril 1983.12
Une publicité litigieuse peut glisser vers la tromperie au cas où le responsable du message
publicitaire incriminé a prévu exprès la tromperie dans un cadre contractuel)
Définition de la tromperie : « Délit pénal consistant à induire l'acheteur en erreur sur la qualité ou
la nature des marchandises vendues (notamment au moyen de désignation fausse ou équivoque,
d'indication frauduleuse)13. Plus généralement (d'où la multiplicité de ses emplois en droit civil
même), action de tromper et résultat de cette action, action d'induire en erreur un contractant, un
créancier, un copartageant, le fisc ou le public qui entre dans la définition du dol, de la fraude
paulienne, du recel ou du divertissement, de la fraude fiscale, de la publicité trompeuse. »
12
La cour d'appel de paris du 12 avril 1983.
13
Loi du 1 aout 1905, les fraudes et falsifications en matière de produits ou de services, JO du 2 aout 1905.
10
11
Les comparaisons trompeuses : elles mettent en avant des différences entre deux
produits qui n’existent pas réellement ou qui sont présentées de manière biaisée. Par
exemple, une publicité pour un smartphone qui compare son autonomie à celle d’un autre
modèle sans préciser les conditions de test.
Les omissions d’informations essentielles : elles peuvent porter sur les coûts cachés, les
conditions d’utilisation, les frais supplémentaires ou encore les garanties applicables. Par
exemple, une offre d’abonnement à un service dont le prix affiché ne tient pas compte des
frais d’activation ou de résiliation.
Les témoignages et avis clients frauduleux : ils donnent l’impression que le produit ou le
service est apprécié par un grand nombre de consommateurs satisfaits alors qu’il s’agit en
réalité d’avis bidonnés ou achetés. Par exemple, des commentaires élogieux sur un site de
vente en ligne rédigés par des personnes ayant reçu une rétribution pour leur contribution.
Les pratiques commerciales déloyales sont interdites 14. Ainsi, il faut comprendre que la loi
ne sanctionne pas la publicité mensongère ou trompeuse en tant que telle. Au demeurant, elle
inclut ces pratiques dans ce qu’on appelle pratiques commerciales trompeuses. Autrement dit,
même si dans le langage courant, nous distinguons le mensonge de la tromperie (contenant des
indications tantôt fausses, tantôt de nature à induire en erreur), la loi recouvre ces différences sous
une même qualification. De manière synthétique, la publicité est mensongère ou trompeuse
lorsqu’elle repose sur de fausses allégations pour induire le consommateur en erreur. Pour qu’une
publicité soit réprimée aux termes des pratiques commerciales trompeuses, encore faut-il qu’elle
intervienne : En présence d’un professionnel émetteur : L’auteur de la publicité doit agir à des fins
professionnelles. A contrario, la victime peut, en règle générale, être aussi bien un professionnel
14
L’article L.121-2 à L.121-4 du code pénal français
12
qu’un consommateur. Du cadre d’une proposition d’un bien ou d’un service, Il est nécessaire
qu’un bien ou un service soit effectivement proposé, qu’importe sa nature (onéreuse ou gratuite).
Quel que soit le support : Le support est indifférent dans la constitution des faits litigieux
(internet, presse, radio). Sur ce point, il existe deux types de pratiques à distinguer Les publicités
trompeuses par action les publicités trompeuses par omission. Dans les deux cas, le
consommateur est poussé à un acte qu’il n’aurait pas pris en d’autres circonstances.
Dans ce cas de figure, les publicités sont trompeuses et mensongères lorsqu’elles :
Comportent des allégations fausses de nature à induire en erreur le consommateur. Entraînent une
confusion avec un concurrent. Ne permettent pas d’identifier l’annonceur. Publicité mensongère
exemple : Sur l’origine des produits, un exemple de publicité mensongère serait le fait de faire
croire que le produit est fabriqué sur le territoire alors qu’il a été conçu à l’étranger.
Une pratique est qualifiée comme telle lorsque la publicité dissimule une information
essentielle, que celle-ci ne soit pas clairement perceptible ou encore que ladite publicité cache son
intention commerciale. Publicité mensongère exemple : C’est le cas d’une publicité qui ne
mentionne pas l’existence d’un droit de rétractation, si ce dernier est prévu par la loi. Les
conséquences légales d’une publicité considérée comme trompeuse ou mensongère sont lourdes et
la concurrence induit parfois la nécessité de faire preuve d’originalité, de se démarquer dans
l’esprit du public. Il est en cela délicat de discerner une publicité trompeuse, mensongère, de celle
humoristique ou exagérée. Afin de distinguer en somme entre les pratiques légales et illicites,
deux points sont à mettre en exergue : Il faut que le professionnel ait l’intention de tromper. En
guise d’exemple, si la situation est manifestement irréalisable (boisson qui permette de voler),
l’infraction n’est pas consacrée. Il faut que le consommateur moyen soit capable de comprendre le
message. Ainsi si des publicités sont excessives, relatant notamment la douceur de certains
produits, du moment où le consommateur moyen comprenne qu’il s’agisse d’une exagération ou
de l’humour, alors l’infraction n’est pas réalisée. Si la publicité litigieuse peut être perçue, alors
l’annonceur (ou le dirigeant de l’entreprise) risque d’engager sa responsabilité pénale.
Le consommateur peut dans tous les cas demander réparation pour cela il est nécessaire de
démontrer que le caractère mensonger ou trompeur de la publicité a causé un préjudice (le simple
acte d’achat à la suite d’une telle publicité peut suffire à la démonstration). Puissant élément
marketing, la publicité même sur internet obéit à des dispositions spécifiques.15
15
Cas de la France Article L.132-2 du Code de la consommation
13
16
La notion d’action en référé évoque une procédure judiciaire d’urgence permettant d’obtenir rapidement une décision provisoire
pour faire cesser un trouble illicite ou prévenir un dommage grave. Le juge des référés intervient notamment en matière de
cessation de comportements manifestement illicites, sans attendre la résolution du litige principal.
17
La mesure conservatoire est en droit civil, une mesure provisoire destinée à préserver les droits d'une partie, notamment en cas
d’urgence ou de risque de dommage imminent. Ces mesures peuvent être ordonnées par un juge avant toute décision sur le fond,
dans le but d'éviter qu'un droit ne soit irrémédiablement compromis a titre d’exemple : la suspension d’un acte ou saisie
conservatoire.
18
La loi n°080-2015 portant réglementation de la publicité au Burkina
14
Les règles sur les produits alimentaires et boissons s’appliquent à la télévision, à l’internet
et aux affichages publics. Les gouvernements, les organisations internationales et les autres
parties intéressées ont ensemble la responsabilité de veiller à ce que les consommateurs jouissent
du droit au meilleur état de santé possible ainsi que les acheteurs du droit à une information
complète et objective ainsi qu’à des soins de santé et à une alimentation adéquate. Chaque
partenaire doit reconnaître et assumer ses responsabilités en vue d’améliorer l’alimentation du
consommateur et de mobiliser les ressources nécessaires. Tous les partenaires doivent collaborer
pour atteindre pleinement le but et les objectifs de la présente stratégie, notamment en constituant
des alliances et des partenariats et pleinement transparents conformes aux principes établis pour
éviter les conflits d’intérêts.
L’obligation première des gouvernements est de formuler, mettre en œuvre, suivre et
évaluer une politique nationale complète sur l’alimentation des usagers .En plus d’un engagement
politique au niveau le plus élevé, le succès de la politique dépend d’une coordination nationale
efficace pour assurer la pleine collaboration de tous les organismes publics, organisations
internationales concernés et autres parties intéressées, ce qui implique une collecte et une
évaluation constantes d’informations pertinentes sur les politiques et pratiques alimentaires. 19
Selon l’organisation mondiale de la santé, il est important de réduire impact de la
commercialisation d’aliments riche en graisses saturées, en acides gras et en sucres libre ou sel sur
les enfants, la publicité destinées aux enfants doit respecter des normes pour éviter l’exploitation
de leur crédulité. De plus la loi au bénin interdit l’utilisation d’image d’enfants dans la publicité
pour les produits sans lien direct avec eux. Certaines réglementations interdisent la publicité pour
les boissons alcoolisées dans les lieux fréquentés principalement par les jeunes et sur les objets
distribués gratuitement aux jeunes, c’est l’exemple, au Burkina qui interdit la publicité pour les
boissons alcoolisées dont le degré d'alcool est supérieur à 12%. Le Ministre du Développement
Industriel, du Commerce, de l’Artisanat et des Petites et Moyennes Entreprises, Serge PODA a
rappelé en date du 23 février 2024, que la production, l’importation, la commercialisation, la
détention et la distribution à titre gratuit des boissons énergisantes sans alcool et alcoolisées et des
boissons énergétiques alcoolisées sont formellement interdites sur l’ensemble du territoire
burkinabè.20 Par conséquent, il invite « les commerçants détenteurs des stocks de boissons
19
Rapport de l’Organisation mondiale de la santé. (2003), l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant. (2003) Genève. (OMS),
consulté sur https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/infant-and-young-child-feeding?utm_
20
L’arrêté interministériel n°2023- 00439/MDICAPME/MSUP/MEEA/MATDS/MEFP du 25 octobre 2023 portant
réglementation de la production, de l’importation, de la commercialisation et de la distribution des boissons sans alcool, des
15
boissons énergisantes alcoolisées ou sans alcool et des boissons énergétiques sans alcool et sans substances dopantes au Burkina
Faso, le ministre Serge PODA a tenu a rappelé à l’ensemble de la population de l’interdiction de ces boissons.
21
Even Philippe, DEBRE (B), Les leçons du médiateur, L’intégrité du rapport sur les médicaments. Paris : cherche midi, 2001,
239 P.125
16
eux sont loin d’avoir atteint le professionnalisme et la compétence que l’on attribue de fait au
système français22 et plus particulièrement à l’AFSSAPS, qui après la diffusion d’une liste de "77
médicaments placés sous surveillance renforcée" fait un aveu certes involontaire mais pathétique
de son incompétence, de son inaptitude générale à gérer la sécurité sanitaire. Cette agence peine
aujourd’hui à démontrer l’activité de ces "77 médicaments placés sous surveillance renforcée". Ce
système aussi performant fut-il "mélange dans la plus grande confusion beaucoup de médicaments
qui inquiètent tous les patients", parce qu’ils sont soit nécessaires mais dangereux, soit dangereux
mais pas nécessaires et auraient de ce fait "dû être retiré depuis longtemps ou n’auraient surtout
jamais dû être autorisés, et d’autres tout aussi inquiétant mais absents de cet inventaire" placé sous
surveillance.
La pratique de transformation de la couleur de la peau à base des produits à hydroquinone
est très fréquente en République Démocratique du Congo (RDC) en général, et dans la Ville de
Buta dans la province de Bas-Uélé, en particulier. Il s’agit d’une pratique que la population
dénomme communément « tshoko » et qui désigne la dépigmentation de la peau. Considérée
pendant des longues décennies comme un produit blanchissant miracle, l’hydroquinone est une
substance chimique qui permet de traiter la coloration de la peau due au mélasma et qui, selon le
dire de ses nombreux usagers, vient à bout des cicatrices de l’acné et autres tâches brunes comme
des troubles de l’hyperpigmentation et dont la finalité ultime reste le blanchissement de la peau.
En dépit de ce que d’aucuns croient, selon de nombreuses études scientifiques qui sont menées à
travers le vaste monde, cette pratique est porteuse de dangers certains qui sont associés à
l’utilisation de la molécule, allant de l’apparition de marques bleuâtres sur la peau ainsi que le
risque de provoquer le cancer de la peau. Ainsi donc, l’utilisation de ce produit lorsqu’il est
associé à beaucoup d’autres encore, porte atteinte à la santé physique de ses usagers.23
C’est compte tenu de ce danger que le Gouvernement congolais n’est pas resté indifférent,
à travers son Ministère de Santé public qui a pris la grave décision de mettre fin à la circulation, à
l’importation, à la distribution et à la vente de ce produit nocif sur l’ensemble du territoire
national.24 Car, il compromet dangereusement la santé de la population congolaise que
l’hydroquinone, substance toxique et nuisible, provoque les eczémas et les accidents lichénoïdes
dont les lésions très noires qui épaississent la peau au niveau des joues et qui communique la
22
Le système de santé français est partout reconnu comme l’un des meilleurs du monde occidental en termes de qualité et de
sécurité... son système de contrôle de l’efficacité et de la sécurité des médicaments était aussi présenté (...) comme le meilleur du
monde et l’un des plus sûrs et des plus exigeants et comme un modèle pour les autres pays".
23
Whitelearf-care.com, site internet consulté le vendredi 20 avril 2024 à 11h40’
24
Arrêté Ministériel n°MS.1250/MIN/CAB/S/010/EKA/2006 portant interdiction de fabrication, de l’importation, de la
distribution ou de la vente en gros ou en détail et d’utilisation des produits contenant de l’hydroquinone en RDC
17
coloration chocolatée aux ongles, déchiquette et décolore les mollets et les pieds des utilisateurs,
mais surtout le fait que l’hydroquinone détruit le système mélanocytaire, responsable de la
pigmentation de la couleur de la peau système qui joue le rôle de filtre solaire et qui protège la
peau contre les méfaits des rayons solaires. Il s’agit là, ainsi qu’on le voit, de ce phénomène qu’il
faut combattre à tout prix pour préserver la santé et la beauté de la jeunesse en particulier et du
peuple congolais en général.
La préservation des intérêts financiers des consommateurs nécessite qu’ils soient protégés
des clauses abusives des contrats qui leur sont proposés 25 .Ainsi, l’objectif principal de la DDPP
(Direction Départementale de la Protection des Populations de la Charente-Maritime) 26 est
d’informer les consommateurs de manière claire et honnête. Cela permet de renforcer la confiance
lors de l’achat d’un produit ou d’un service. Elle veille à ce que la qualité des produits et services
correspondent bien à ce que les consommateurs peuvent attendre. Cela concerne par exemple :
l’étiquetage des produits, leur composition, le nom qu’ils portent, et la lutte contre les fraudes ou
les pratiques trompeuses.
La DDPP aide aussi à valoriser les produits de qualité grâce à des signes officiels comme, les
normes, ou encore les appellations d’origine contrôlée (AOC). Elle s’assure que cette qualité
annoncée est bien réelle. Elle enquête aussi sur les pratiques qui ne respectent pas les droits des
consommateurs, comme : la publicité mensongère, les fausses promotions, ou les abus envers les
personnes vulnérables. Elle vérifie que les prix sont affichés correctement et que les règles de
transparence sont respectées, la DDPP surveille aussi l’évolution des prix, surtout lorsqu’ils
varient fortement (par exemple en cas de crise ou de nouvelles décisions gouvernementales). Elle
met en place des observatoires des prix et travaille en lien avec la DGCCRF (Direction générale
de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), notamment sur : les
25
https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/clauses-abusives consulté le 15avril à 11h30
26
https://www.charente maritime.gouv.fr/consulté le 15avril à 11h20
18
crédits à la consommation, les achats sur Internet, ou les services financiers (comme les
assurances ou les banques).
Tout monde a le droit d’avoir accès à des produits sûrs et des services de qualité, à être traité
équitablement et de se voir proposer des solutions efficaces en cas de problèmes. Toutefois,
certaines personnes peuvent trouver difficiles de se faire entendre ou d’influer sur un
changement.27 Ainsi La consommation est l’emploi des produits pour la satisfaction des besoins
des êtres humains. Cette consommation n’est possible que grâce à la mise au point de techniques
de production ultra modernes permettant de produire à grande échelle, de manière industrielle. De
même, la mondialisation des échanges a été facilitée par des moyens de transport de plus en plus
puissants et rapides. Malgré leur importance indéniable dans le développement des activités
économiques, les consommateurs subissent des désagréments, des abus de toutes sortes de la part
des commerçants et prestataires de services. A cet effet, une loi a été élaborée pour protéger les
consommateurs contre ces différents abus dont ils sont victimes. La loi portant protection du
consommateur au Bénin est l’ensemble des règles qui régit les principes, les règles, les pratiques
commerciales, de l’enregistrement des produits à l’information des consommateurs sans oublier
les cas de falsification et de tromperie.28
27
https://www.consumersinternational.org consulté le 14avril a 11h35
28
Loi N° 2007-21 portant protection du consommateur en République du Bénin.
19
20
LA PUBLICITE SUR INTERNET A L’EPREUVE DES DROITS DU CONSOMMATEUR
CHAPITRE 2 : L’EXISTENCE D'UN CADRE INSTITUTIONNEL PROTECTEUR DU CONSOMMATEUR
Ce cadre vise à protéger les droits des consommateurs, notamment face à la croissance
des achats en ligne à travers des institutions spécialisées. D’un côté, les institutions publiques
comme l’ARCEP dans la régulation des activités électroniques (Section 1). D’un autre côté, des
structures privées comme les associations de consommateurs participent aussi activement à cette
protection (Section 2).
L’ARCEP (Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes) a été créée
le 5 janvier 1997, sous le nom d’Autorité de régulation des télécoms (ART). 29 Elle a pour mission
d’aider à ouvrir le marché des télécommunications à la concurrence, pour que de nouveaux
opérateurs puissent exister en plus de l’opérateur historique (France Télécom, qui est devenu
Orange). Cela devait permettre d’offrir de meilleurs services aux utilisateurs. Par ailleurs, le Titre
VI du Code du numérique reconnaît à l’ARCEP la compétence de traiter les plaintes des
utilisateurs des services de communications électroniques. 30
29
ARCEP, La protection des consommateurs. Consulté sur : https://arcep.bj/la-protection-des-consommateurs le 29 Avril à
13h20min
30
Code du numérique, Titre VI, Traitement des plaintes et protection des consommateurs.
21
LA PUBLICITE SUR INTERNET A L’EPREUVE DES DROITS DU CONSOMMATEUR
CHAPITRE 2 : L’EXISTENCE D'UN CADRE INSTITUTIONNEL PROTECTEUR DU CONSOMMATEUR
Dans ce cadre, l’institution a mis en place plusieurs mécanismes destinés à la gestion des
plaintes des consommateurs. Elle a également établi un partenariat avec des organisations de la
société civile actives dans le domaine des communications électroniques et de la poste, en vue
d’assurer la défense des intérêts des consommateurs. Dans le cadre du traitement des plaintes des
utilisateurs des services de communications électroniques et de la poste à l’encontre des
opérateurs, l’ARCEP a mis en place plusieurs canaux pour recueillir leurs préoccupations,
notamment : une ligne verte, permettant aux consommateurs de formuler directement leurs
plaintes ; un guichet Unique, qui, en plus de ses autres fonctions, reçoit les courriers de
réclamation une adresse électronique dédiée, par laquelle les utilisateurs peuvent soumettre leurs
plaintes ; des comptes sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc.) pour faciliter les échanges.
L’ARCEP a également constitué une équipe d’instructeurs de plaintes, tout en simplifiant
les procédures de traitement. Désormais, les plaintes peuvent être adressées directement aux
points focaux des opérateurs, et certaines sont même traitées via un groupe WhatsApp, ce qui rend
le processus plus rapide et accessible. La protection des utilisateurs passe aussi par l’éducation et
la sensibilisation. Dans ce cadre, l’ARCEP-Bénin a établi un partenariat avec des organisations de
la société civile actives dans les domaines des communications électroniques et de la poste. Ce
partenariat vise à informer les consommateurs et à encourager une utilisation responsable des
services numériques, à travers des supports pédagogiques comme les prospectus. Enfin, dans une
démarche de protection en amont, et conformément à l’article 24, alinéa 2 31 du Code du
numérique, l’ARCEP approuve les projets de contrats types ainsi que les avenants proposés par
les opérateurs, avant leur mise en application.
22
Le recours aux technologies numériques représente, pour l’État en général et pour les
services déconcentrés de l’État en particulier, un enjeu majeur. En effet, il affecte fortement
l’exercice des missions dans les territoires et est présenté comme devant permettre de réaliser des
économies de moyens sans porter atteinte à la qualité du service public.32
La Cour relevait que les services publics numériques ne jouent pas le rôle moteur de
modernisation de l’État et de sa relation avec les usagers qu’ils devraient exercer, en dépit de
l’investissement ancien et affirmé de l’administration française dans la modernisation
technologique. La France se distingue de la moyenne par une utilisation des technologies centrée
sur l’utilisateur et par la transparence des données publiques. L’usage qu’en font leurs
destinataires potentiels est limité, la France se caractérisant par un taux de recours peu élevé au
regard de l’ancienneté des services proposés et des fonctionnalités accompagnant ces derniers.
La Cour constatait également que l’administration n’avait tiré ni toutes les leçons ni tous
les bénéfices du développement des services en ligne. Le développement des services publics
numériques n’était pas encore utilisé comme un véritable levier de modernisation de l’État, tant
pour l’organisation de ses réseaux territoriaux que pour la valorisation de la grande quantité de
32
La cour des comptes, Relations aux usagers et modernisation de l’État : vers une généralisation des services publics
numériques, communication au Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques de l’Assemblée Nationale, janvier
2016, p.129. Consulté sur www.ccomptes.fr le 13 avril à 16h20min.
23
données désormais disponibles pour l’administration. Des évolutions sont cependant en cours
(comme indiqué plus loin).
La Cour préconise de faire des services publics numériques un levier de transformation de
l’État. Il s’agit en premier lieu de faire du numérique le mode d’accès de droit commun aux
démarches administratives. Une première étape concerne les démarches déjà entièrement
accessibles en ligne, comme la déclaration et le paiement de l’impôt sur le revenu. Une deuxième
étape est d’adapter le cadre législatif et de lever les freins réglementaires qui entravent le
développement des services publics numériques, telle la simplification de l’identification
électronique des usagers en application du règlement eIDAS33 de juillet 2014.34
B- Les conditions d’un déploiement plus efficace des outils numériques dans les services
déconcentrés
À l’issue de ses contrôles sur place, la Cour constate que quatre critères doivent être
remplis pour tirer le meilleur parti de la diffusion des nouvelles technologies dans les services
déconcentrés. En premier lieu, la diffusion du numérique a des conséquences considérables en
termes de gestion des ressources humaines. Elle pose d’abord à l’État, notamment déconcentré, la
question des compétences techniques pour en assurer correctement la maîtrise d’ouvrage 35. En
deuxième lieu, la diffusion du numérique aura nécessairement des effets sur le dimensionnement
du réseau territorial de l’État, notamment sur celui des services disposant d’implantations infra-
départementales. En effet, si l’on veut tirer tous les fruits, en termes d’efficience, des nouvelles
technologies, ces évolutions sont indispensables, s’agissant notamment de la réduction
progressive du réseau des centres des finances publiques. À terme, les Services des impôts des
entreprises (SIE) devront être moins nombreux et de plus grande taille, focalisés sur l’analyse et le
traitement de dossiers complexes.
33
electronic IDentification, Authentication and trust Services
34
Règlement (UE) n ° 910/2014 du Parlement européen et du Conseil du 23 juillet 2014 sur l’identification électronique et les
services de confiance pour les transactions électroniques au sein du marché intérieur et abrogeant la directive 1999/93/CE.
35
Les services interministériels départementaux des systèmes d’information et de communication (SIDSIC), ont vocation, depuis
leur création en 2010, à assurer un soutien de proximité aux systèmes d’information des préfectures et des DDI. Le rattachement
des agents des SIDSIC au programme 333 (moyens mutualisés des services déconcentrés du Premier ministre) a pour objectif de
sanctuariser la masse salariale de ces agents.
24
Le Secteur Public Local (SPL) sera également affecté par la dématérialisation des
processus et des moyens de paiement et devrait évoluer vers un service de proximité plus
fonctionnel, davantage spécialisé, au travers de l’accélération de la dématérialisation des actions
de gestion dans le cadre du programme HELIOS. Dans les préfectures, le PPNG repose sur des
plates-formes de délivrance de titres sécurisés, sans nécessité de contact physique avec les
pétitionnaires, ce qui ne sera pas sans conséquences, à terme rapproché, sur la réduction du réseau
de guichets d’accueil. C’est une nouvelle gestion de la proximité avec les usagers que les services
déconcentrés de l’État doivent bâtir ; les relations avec les usagers constituent la troisième
question essentielle.
Les administrations financières s’efforcent de concilier le développement des outils
numériques et le maintien des canaux traditionnels de relation avec ses administrés. Alors qu’elle
reçoit chaque année 18 millions de visiteurs aux guichets, 7 millions d’appels téléphoniques à ses
services dédiés ainsi que 5 millions de courriels, le passage au numérique permettrait, selon la
DGFIP, de répondre plus efficacement aux demandes d’autant que les moyens accordés au réseau
se réduisent. Dans l’avenir, le déploiement de l’ENSU pourra améliorer la qualité de service ainsi
que la fluidité de traitement. Le ministère de l’intérieur entend installer « dans chaque préfecture
et sous-préfecture » un point numérique animé par un médiateur.
Les groupes de consommateurs, pour être définis comme tels, doivent satisfaire à deux critères à
savoir : l’indépendance(A) et la représentativité(B)
25
A- Le critère d’indépendance
Pour être crédible, les associations de consommateurs doivent impérativement être
indépendantes aussi bien des entreprises que des partis politiques. En leur qualité de représentants
des consommateurs, les groupes de consommateurs doivent être indépendants des entreprises et
des partis politiques. Ce devoir d’indépendance est inscrit à l’article 12 des statuts de Consumer
International. S’ils ne sont pas indépendants, les groupes de consommateurs ne peuvent pas être
considérés comme crédibles dans l’exercice de leurs fonctions et ne sont généralement pas
considérés comme des groupes de consommateurs par l’État. Dans certains pays, les groupes de
consommateurs dépendent des pouvoirs publics et ne sont pas soumis à une obligation
d’indépendance.
B- Le critère de représentativité
26
Dans ce contexte, il se peut que les intérêts des personnes qui ne sont toujours pas
raccordées aux réseaux d’électricité et d’eau (« non-consommateurs ») ne soient pas pris en
considération, tandis que les intérêts des consommateurs effectifs seront satisfaits. Un autre
déterminant de la légitimité des groupes de consommateurs tient à leurs compétences et à la
qualité de leur travail. Par leur horizontalité, les politiques de protection du consommateur
supposent que les groupes de consommateurs disposent de connaissances spécialisées pour
comprendre les enjeux et proposer des solutions viables. Enfin, pour être considérés comme
représentatifs, les groupes de consommateurs doivent souvent satisfaire à des dispositions
législatives et réglementaires. Par exemple, ils peuvent être tenus de s’inscrire sur un registre
national dans un délai donné à compter de leur création, de disposer d’organes officiels et de
communiquer des informations.
27
La situation du consommateur des services financiers n’est guère reluisante. Les nombreux
scandales relatifs à la fermeture de plusieurs établissements de micro financent, il y a quelques
années, ont démontré que la protection du consommateur dans ce secteur de l’économie nationale
n’est encore qu’un projet. Le petit épargnant, convaincu par la stratégie de « proximité » mise en
œuvre par ces établissements, est alors à la merci de tout investisseur véreux. Le développement
de la banque en ligne et de la Mobile Banking renforcent encore le vide juridique causé par
l’insuffisance de textes sur la protection du consommateur des services financiers au Cameroun.
Pour veiller à ce que les consommateurs soient protégés de manière adéquate lors de l’utilisation
des biens et services essentiels (eau, énergie, nourriture et médicaments), les principes directeurs
recommandent de mettre en place des politiques nationales pour couvrir les points suivants :
- Surveillance, inspection et évaluation régulières effectuées par un organisme de contrôle ou
de réglementation
- Qualité du produit, produit propre, durable, sûr avec traçabilité de ses origines
- Distribution, installations de distribution adéquates et sécurisées
- Approvisionnement, accessibilité et conditions transparentes pour la facturation, les niveaux
de service, les annulations et les paiements Étiquetage
- L’utilisation d’un étiquetage clair et précis pour les consommateurs. Les préjudices au
consommateur par les services financiers peuvent être importants et il est vital d’informer et
de protéger les consommateurs dans ce domaine. Les principes directeurs révisés renforcent
la protection des consommateurs utilisant des services financiers en recommandant que les
États membres
28
29
29
Même si un cadre juridique existe pour protéger les consommateurs, celui-ci reste souvent
mal appliqué ou insuffisant face aux évolutions du marché, notamment avec la montée d’internet.
Cette deuxième partie s’intéressera d’abord les limites et faiblesses du cadre juridique actuel
(Chapitre 1), avant de proposer des pistes d’amélioration et des solutions pour renforcer la
protection des consommateurs (Chapitre 2).
30
31
Les limites de la protection des consommateurs se remarquent au niveau des textes de loi.
Les règles peuvent être trop faibles (Section 1). Ensuite, même quand ces règles existent, les
institutions chargées de les faire respecter rencontrent des difficultés, elles manquent parfois de
moyens ou d’efficacité pour bien appliquer les lois (Section 2).
Même si des textes juridiques existent pour encadrer la publicité commerciale à travers
l’internet, on observe une fragilisation de la règlementation pour la protection du consommateur.
Cette section met en exergue les faiblesses du cadre juridique actuel à travers l’inadéquation des
textes face à la montée d’internet (paragraphe1) et les limites de qualification de certaines
pratiques (paragraphe 2)
L’essor des médias numériques a bouleversé les règles traditionnelles de la publicité. Nous
examinerons la nécessité de créer des règles spécifiques (A), avant d’expliquer comment les
certaines normes pourraient être ajustées pour mieux encadrer ces pratiques en ligne (B).
Une réglementation spécifique des médias sociaux, comme cela a été fait pour la radio et
la télévision, ne se justifie que si une communication publique libre ne peut pas être pleinement
garantie et stimulée. Vu l'offre variée des différentes plateformes sociales, cette hypothèse est a
priori moins probable que dans le secteur de la radio et de la télévision, marqué traditionnellement
par une rareté de l'offre due à des ressources en fréquences limitées. Là encore toutefois, la
nécessité de définir des mandats de prestations est moins manifeste avec plusieurs canaux de
diffusion que dans une situation de monopole ou face à un diffuseur de programmes (public)
occupant une position dominante sur le marché.
Il convient de légiférer seulement lorsque, sans l'activité correspondante, une communication libre
nécessaire à l'épanouissement individuel et au débat démocratique n'est pas garantie. Cela peut
être le cas, par exemple, si la diversité indispensable aux processus sociaux et démocratiques n'est
32
plus reflétée dans les médias, notamment parce que certaines minorités n'ont pas de réelles
chances de faire entendre leurs points de vue.
Certes, il se peut aussi que certaines plateformes acquièrent une importance prépondérante
et que la régulation par le libre jeu des forces du marché ne soit plus suffisante. Une intervention
de l'Etat permettrait dès lors de garantir la diversité des opinions indispensable aux processus
sociaux et démocratiques, par exemple si certains groupes de la population n'avaient aucune
chance réelle de participer à la communication sur des plateformes sociales importantes. Rien
n'indique toutefois que cela soit le cas actuellement. Au contraire, les minorités peuvent
probablement mieux se faire entendre grâce aux réseaux sociaux. Par ailleurs, la plupart des plus
importants fournisseurs étant établis à l'étranger, des mandats de prestations du législateur suisse
n'auraient aucune portée significative. Vu la situation actuelle, l'élaboration d'une loi spécifique
sur les médias sociaux n'apparaît pas nécessaire.
Certaines réglementations spécifiques, mises en place avant l’arrivée d’internet, comme
celles sur le tabac, l’alcool ou les médicaments, sont aujourd’hui plus difficiles à appliquer dans le
cadre du numérique. L’article L. 355-25 du Code de la santé publique, issu de la loi du 10 janvier
1991, dite loi Évin, interdit toute publicité, directe ou indirecte, pour le tabac et ses dérivés. 36
Les rares exceptions prévues par cette loi ne tiennent pas compte des supports numériques.
Elles concernent uniquement les enseignes des bureaux de tabac, des affichettes placées à
l’intérieur de ces commerces (et non visibles de l’extérieur), les publications internes destinées
aux professionnels du secteur, ou certaines revues spécialisées définies par arrêté ministériel. 37
Cette absence de référence à internet rend toute forme de promotion en ligne du tabac
particulièrement délicate, d’autant plus que la réglementation européenne est très stricte : la
directive du 6 juillet 1998 interdit toute publicité ou parrainage liés aux produits du tabac. 38
Pour les boissons alcoolisées, la loi Évin est appliquée de façon plus souple. Elle interdit la
publicité, sauf dans les cas précisés à l’article L. 17 du Code des débits de boissons, qui liste les
supports autorisés39. Cependant, les supports numériques n’y sont pas mentionnés clairement.
Comme il s’agit d’une législation à caractère pénal, elle doit être interprétée de manière stricte, ce
qui crée une incertitude sur son application à internet. Toutefois, l’article L. 17 autorise l’envoi de
“messages” publicitaires, à condition qu’ils respectent les règles de contenu fixées par l’article L.
18. Lors des débats parlementaires, le terme “message” avait été associé aux communications par
36
Loi du 10 janvier 1991, dite loi Évin
37
L’article L. 355-25 (issu de la loi du 10 janvier 1991, dite loi Évin)
38
Directive 98/43/CE du Parlement européen et du Conseil du 6 juillet 1998 visant à interdire la publicité et le parrainage en
faveur des produits du tabac (abrogée, mais remplacée et renforcée par la directive 2003/33/CE).
39
Art. L.17 et L. 18 du Code des débits de boissons
33
téléphone ou minitel. Ces précisions n’ayant pas été reprises dans le texte final, une interprétation
plus large permet aujourd’hui d’y inclure les messages en ligne, quels que soient les canaux
utilisés. Le Conseil d’État a d’ailleurs reconnu cette lecture comme “raisonnable” dans l’un de ses
rapports, ouvrant la voie à une certaine tolérance pour la publicité de l’alcool sur internet.
À l’étranger, la plupart des lois sont moins rigides et visent surtout à protéger les
mineurs.Pour les médicaments, les articles L. 551-1 et suivants du Code de la santé publique
encadrent strictement la publicité, avec un champ d’application très large. 40 La directive
41
européenne du 31 mars 1992 sur la publicité des médicaments à usage humain contient des
règles similaires, reprises dans les lois nationales des États membres. Ainsi, la publicité en ligne
pour un médicament est autorisée uniquement si son autorisation de mise sur le marché (ou son
enregistrement) ne restreint pas sa promotion auprès du public. Cela s’applique notamment s’il
n’y a pas de risque pour la santé, si le médicament n’est pas soumis à prescription médicale et s’il
n’est pas remboursé par l’assurance maladie.
Face aux nouveaux problèmes engendrés par les médias sociaux, il convient de réagir non
pas en élaborant une loi spécifique ou des règles isolées au cas par cas, mais en adaptant les
prescriptions légales existantes, souvent formulées de manière générale. Si, sur un point précis,
une adaptation s'avérait insuffisante, les textes légaux en vigueur peuvent éventuellement être
complétés.
La loi sur la protection des données
De nombreux problèmes en lien avec l'utilisation des médias sociaux ont été identifiés
dans le domaine de la protection des données. Ils concernent en particulier le droit à l'oubli et,
plus généralement, la perte de contrôle des utilisateurs sur leurs propres données.
En tant que loi cadre, l'actuelle loi suisse sur la protection des données (LPD) 42 est formulée de
manière très générale. Appliquée de manière judicieuse, elle permet aux autorités et aux tribunaux
compétents d'examiner aussi les nouveaux problèmes en matière de protection des données. Dans
certains cas, il n'est pas exclu toutefois que les dispositions en vigueur doivent être adaptées. Une
40
Code de la santé publique
41
Directive 2001/83/CE du Parlement européen et du Conseil du 6 novembre 2001 instituant un code communautaire relatif aux
médicaments à usage humain (remplaçant celle du 31 mars 1992).
42
Loi fédérale sur la protection des données (LPD), RS 235.1, Révisé et entrée en vigueur le 1er septembre 2023.
34
évaluation approfondie de la situation tenant aussi compte des révisions en cours des directives
sur la protection des données pour l'UE 43 et le Conseil de l'Europe est actuellement menée sous la
direction du DFJP. Un groupe d'accompagnement élargi est en train d'analyser la loi sur la
protection des données et ses mesures d'application. Il se penchera également sur les problèmes
engendrés par les médias sociaux. Le DFJP est chargé de soumettre au Conseil fédéral fin 2014 au
plus tard des propositions sur la suite à donner à ce processus.
Certaines situations, comme celles posées par la publicité en ligne, pose le problème de
qualification juridique afin de déterminer les sanctions applicable après avoir donner la notion de
qualification juridique et son rôle dans le raisonnement juridique (A), nous allons voir comment
les juges contrôlent cette qualification et ajustent les règles au cas par cas (B).
La qualification juridique est un processus complexe par lequel les juristes décident ou non
d’attribuer tel « nom » (catégorie juridique) à une chose ou à une situation (un fait), afin de leur
associer des effets ou des conséquences juridiques (régime juridique).45 Qualifier juridiquement
des faits, c’est faire correspondre à un fait une catégorie juridique de laquelle découle un régime
juridique.
43
Règlement (UE) 2016/679, Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 (RGPD).
44
Département fédéral de justice et police (DFJP)
45
Cornu, G., Vocabulaire juridique, Paris, 2018, 12e éd.
35
Exemple : Alors que vous conduisez à basse allure, un conducteur énervé, vous double à pleine
vitesse sur une ligne blanche. Vous avez, dans ces faits, trois qualifications juridiques.
Première qualification : vous-même êtes juridiquement un « conducteur ».
Deuxième qualification : la personne qui vous double est également un « conducteur ».
Troisième qualification : l’agissement consistant à doubler une autre voiture sur une ligne blanche
est une « contravention de classe 4 ». Chacune de ces qualifications entraine l’application d’un
« régime juridique » c’est-à-dire un ensemble de règles juridiques applicable à une même
qualification. La qualification de « contravention de classe 4 » entraine l’application de règles
juridiques particulières (Amende forfaitaire de 135€, suspension de 3 ans du permis de conduire).
La qualification de « conducteur » est prise en compte par la loi 5 juillet 1985 relative à
l’indemnisation des accidents de circulation46. Plusieurs points importants sont à noter :
Premier point : Toutes les activités humaines peuvent être appréhendées juridiquement.
L’intégralité des personnes, des relations qu’elles entretiennent entre elles, des choses et
des relations que les personnes entretiennent avec les choses peut faire l’objet d’une
qualification juridique. Une personne peut être qualifiée « d’incapable », de
« commerçant », de « salarié » …
Une chose peut être qualifiée de « bien meuble », de « bien immeuble » …
Un engagement peut être qualifié de « contrat », de « quasi-contrat », « d’obligation
naturelle » …
Deuxième point : Les qualifications juridiques sont susceptibles de s’imbriquer entre elles.
Un chien est juridiquement une « chose ».47 Toutefois, un chien est également un « animal
». La notion d’animal constitue une qualification juridique à part entière à laquelle est
attachée un ensemble de règles juridiques. Un chien (langage courant) peut être également
qualifie de « chien » puisque le chien constitue une catégorie juridique.
Troisième point : la qualification juridique change en fonction de la matière dans laquelle
vous vous trouvez et des règles juridiques que vous souhaitez appliquer
« Harold s’est rendu récemment dans un magasin afin d’acheter un robot
aspirateur».
Harold est juridiquement un « consommateur » si vous êtes en droit des obligations (car à
la notion juridique de consommateur s’attache à un régime juridique particulier). Harold
46
47
Selon le Code civil français
36
est également un « propriétaire » si vous êtes en droit des biens. Harold est également une
« personne » si vous êtes en droit des personnes ou un « incapable » si les faits vous
précise qu’il a moins de 18 ans.
Quatrième point : De nombreuses notions juridiques sont connues du vocabulaire «
courant » et ne doivent pas être mélangées.
Il ne faut pas confondre le vocabulaire courant et le vocabulaire juridique, prenons par
exemple le terme « d’immeuble ». Dans le sens courant, il s’agit d’un bâtiment de
plusieurs étages.
La définition juridique d’un « immeuble » est la suivante : « fonds de terre et ce qui y est
incorporé (immeuble par nature) ainsi que les biens mobiliers qui en permettent l’exploitation
(immeuble par destination) »48. Ainsi, un tracteur servant à une exploitation agricole peut par
exemple être qualifié « d’immeuble par destination ». La qualification juridique, c’est le fait
d’associer une situation concrète à une catégorie du droit. En d’autres termes, c’est dire : « ce fait
entre dans telle ou telle règle juridique ».
Exemple : Quelqu’un poste un message haineux sur un réseau social. Est-ce une diffamation ?
49
Une injure publique ? Une incitation à la haine ? Ou juste une opinion maladroite ? Selon la
qualification choisie, les conséquences juridiques changent (plainte, peine, responsabilité, etc.)
En générale, une catégorie juridique sert à déterminer, pour chaque élément de fait (tel objet,
évènement, ou personne), le droit pertinent, c’est-à-dire le régime juridique qu’il convient
d’appliquer. Un régime juridique est un ensemble de règles de droit applicables à une activité, une
personne ou à une institution… On parle généralement de « régime juridique » pour les biens et
de « statut juridique » pour les personnes. Avant d’appliquer un régime juridique, il faut procéder
à l’opération de qualification juridique, c’est-à-dire au classement d’une chose ou d’une personne,
dans une catégorie juridique existante.50
48
Lexique des termes juridiques, Dalloz, 15ème édition
49
Art. 24 du code pénal
50
Art. 29 et suivants du Code pénal
51
L’article 12 du Code de procédure civile
37
effets définis par les règles applicables : « Il doit donner ou restituer leur exacte qualification aux
faits et actes litigieux sans s’arrêter à la dénomination que les parties en auraient proposée ».
Toutefois, le troisième alinéa prévoit que le juge ne peut changer la dénomination ou le
fondement juridique lorsque les parties, en vertu d’un accord exprès et pour les droits dont elles
ont la libre disposition, l’ont lié par les qualifications et points de droit auxquels elles entendent
limiter le débat. « Il ne peut changer la dénomination ou le fondement juridique lorsque les
parties, en vertu d’un accord exprès et pour les droits dont elles ont la libre disposition, l’ont lié
par les qualifications et points de droit auxquels elles entendent limiter le débat ».
On distingue donc deux situations : la Première situation, le juge a le devoir de qualifier les
faits et actes litigieux lorsque les parties ne l’ont pas fait. Cette hypothèse est rare puisque les
parties procèdent généralement eux-mêmes à une qualification juridique, la deuxième
situation : Même lorsque les parties ont déjà procédé à une qualification, il appartient au juge
de restituer leur exacte qualification aux faits et actes litigieux sans s’arrêter à la dénomination
que les parties en auraient proposée. La qualification juridique erronée peut concerner un acte
litigieux (exemple : requalification d’un contrat de vente en contrat de prêt) ou un fait
litigieux (exemple : requalification d’une erreur sur les qualités substantielles en vice caché) 52.
La Cour de cassation, s’agissant de la nature des pouvoir du juge, distingue entre
la requalification des faits et actes litigieux 53 d’une part (le juge a l’obligation de procéder à une
requalification juridique) et le changement de dénomination d’un fondement juridique de la
demande d’autre part (le juge n’a alors pas l’obligation de procéder à une requalification juridique
sauf exception en cas notamment de moyen d’ordre public comme une fin de non-recevoir d’ordre
public)54
52
La Requalification d’une erreur sur les qualités substantielles en vice caché : Cette illustration met en lumière une situation où
les faits d’un litige peuvent être requalifiés. Si une partie se prévaut d’une erreur sur les qualités substantielles d’un produit, cela
peut être requalifié en vice caché selon les normes du droit civil, et entraîner des effets juridiques différents (réparation du
préjudice, annulation de la vente, etc.).
53
Requalification des faits et actes litigieux : La requalification juridique intervient lorsque le juge estime que la qualification
juridique donnée par les parties est erronée. Ce processus peut concerner aussi bien un acte que des faits, et il peut entraîner une
nouvelle qualification juridique pour les effets juridiques qui en découlent.
54
Arrêt de l’Assemblée Plénière de la Cour de cassation du 21 décembre 2007 (06-11.343) : Cet arrêt important précise la
distinction entre la requalification juridique des faits et actes litigieux et le changement de la dénomination ou du fondement
juridique de la demande. Il clarifie que, dans certaines situations, le juge n’est pas tenu de requalifier un fondement juridique, à
moins que cela ne concerne un moyen d’ordre public, tel qu’une fin de non-recevoir.
38
Malgré l’existence d’institutions chargées de défendre les droits des consommateurs, leur
fonctionnement reste souvent limité par des problèmes internes. Ce paragraphe montre d’abord
comment une mauvaise organisation des services freine l’efficacité des actions menées (A), puis
met en lumière le manque de compétences et de volonté politique qui affaiblit leur capacité à
réellement protéger les usagers (B).
Dans beaucoup d’agences de régulation, les services ne sont pas bien organisés. Cette
mauvaise organisation rend difficile le suivi des plaintes et réclamations des consommateurs.55 A
titre d’exemple, lorsqu’ un consommateur demande des nouvelles de son dossier, les agents ont
souvent du mal à retrouver où en est le traitement. Ce qui ralentit tout le processus. Pour mieux
défendre les droits des usagers, les services doivent être mieux structurés, et que les rôles de
chacun soient clairs. Les agents chargés d'étudier les dossiers doivent aussi avoir les bons outils et
les moyens nécessaires pour enquêter correctement. Ils doivent être capables de recueillir des
informations fiables et précises. Mais souvent, les moyens manquent. Les régulateurs doivent
alors s’appuyer sur les ressources des entreprises qu’ils contrôlent. Ainsi, le problème qui se pose
est que le régulateur devient dépendant de l’opérateur, ce qui peut nuire à son indépendance et à
son objectivité.
55
Momar ndao, les limites de la protection des consommateurs par les autorités de régulation 2008, p.52- 53
39
Pour bien traiter les plaintes et les conflits, le personnel des agences doit bien comprendre
les dossiers. Avoir un bon diplôme, mais ce n’est pas suffisant. Il faut aussi que les agents sachent
bien analyser les problèmes, Faire des enquêtes efficaces (techniques, administratives ou
sociales), Et proposer des solutions concrètes et utiles. Les décisions doivent être objectives et
justes, sans influence extérieure (comme des pressions politiques ou économiques).
Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. Prenons l’exemple de l’ARTP (Autorité de
Régulation des Télécommunications), qui avait décidé d’imposer à tous les utilisateurs de
téléphones mobiles prépayés de s’identifier obligatoirement. L’objectif affiché était de lutter
contre les abus et de protéger les consommateurs. Mais au lieu d’étudier d’autres solutions
techniques possibles, l’ARTP a suivi uniquement la volonté des autorités politiques, sans réfléchir
aux conséquences. Par exemple, il aurait été possible de mettre en place des mesures au niveau
des opérateurs, sans violer la vie privée des citoyens. La solution choisie, qui consistait à envoyer
ses informations personnelle par SMS, n’était pas fiable. En effet, les opérateurs ne pouvaient pas
vérifier si les informations étaient vraies, car ils n’avaient pas accès aux fichiers d’identité du
Ministère de l’Intérieur. Ce problème a poussé l’ASCOSEN (Association des consommateurs du
Sénégal) à rejeter cette décision. Aujourd’hui, même si la plupart des agents des agences de
régulation ont les bons diplômes, il reste beaucoup à faire pour garantir un traitement juste,
objectif et transparent des plaintes.
Le manque de volonté politique constitue également une limite à l’action des institutions faisant
partie du système de protection du consommateur au Cameroun. En effet, la mise en œuvre d’une
politique de protection du consommateur ambitieuse ne peut se faire que s’il existe une réelle
volonté d’établir une société démocratique. La protection du consommateur n’est rien d’autre que
la reconnaissance de ses droits et l’acceptation de sa vocation à les défendre, par tous les moyens
légaux, même face à l’Etat.
Les impairs du processus de démocratisation au Cameroun laissent peu de chances à la
mise en place d’une politique volontariste de l’Etat en matière de protection des droits du
consommateur. La mise en place d’un cadre institutionnel et réglementaire étoffé ne suffit pas à
enclencher la dynamique consumériste. Il s’agit de donner les moyens aux agences
gouvernementales de mener un travail de formation et d’information auprès du public, et de
contrôle du respect des lois et des normes établies auprès de tous les fournisseurs de biens et
40
services sans exclusive. Il s’agit de permettre aux associations des consommateurs de mener
pleinement leurs missions et de les considérer comme des partenaires nécessaires de la mise en
œuvre de la politique relative à la défense des droits du consommateur. En réalité, la question de
la protection du consommateur et de la concurrence est avant tout un élément de l’évaluation de la
solidité de l’Etat de droit, de la sécurité juridique et judiciaire, et finalement de la gouvernance et
donc de la démocratie.
La situation financière précaire de ces institutions leur empêche également de former leurs
équipes. Les formations des agents qui doivent s’occuper des plaintes des consommateurs ou qui
doivent mener des investigations sont souvent insuffisantes. Ces agents, en raison de leur manque
de formation ou de ressources, peuvent se retrouver dans l’incapacité d’assurer un service de
qualité aux citoyens, et cela diminue l'efficacité globale de la protection des consommateurs.
41
L'autre problème majeur auquel ces institutions sont confrontées est le manque de
ressources humaines qualifiées. Dans beaucoup de cas, elles ne disposent pas de personnel formé
et compétent pour traiter efficacement les plaintes des consommateurs, vérifier la conformité des
produits ou appliquer les lois. Le travail de protection des consommateurs nécessite une expertise
technique précise, que ce soit pour analyser les produits, comprendre les réglementations ou
intervenir dans des cas de fraude ou d’abus de la part des entreprises. Le manque de spécialistes
dans ces domaines rend l’action des institutions beaucoup moins réactive. Par exemple, pour gérer
les plaintes, il est nécessaire d’avoir des agents formés non seulement pour comprendre les lois,
mais aussi pour évaluer les différents types de produits ou de services qui peuvent poser
problème. Parfois, la politique de recrutement est insuffisante ou trop lente, notamment pour
intégrer des spécialistes dans des domaines comme la protection des données, le commerce en
ligne ou les technologies numériques, qui sont de plus en plus importants. Beaucoup d'agents
chargés de la protection des consommateurs manquent de la formation nécessaire pour faire face à
l’évolution rapide du marché. L'absence de personnel formé est aussi accentuée par le fait que
l'État ne met pas toujours en place des formations continues pour mettre à jour les connaissances
des agents.
42
43
Pour renforcer la protection des consommateurs, il est nécessaire d’agir à la fois sur les
lois et sur les agences chargées de les faire respecter dans la réforme du fonctionnement des
institutions. Ce chapitre présentera deux grandes pistes à savoir le renforcement du cadre
réglementaire et judiciaire (Section 1), afin d’avoir des règles claires et mieux appliquées, et la
réforme du cadre institutionnel pour rendre les institutions plus efficaces et modernes. (Section 2).
Une meilleure protection des consommateurs passe d’abord par un renforcement des lois
et du système judiciaire. Nous examinerons, d’une part, les moyens d’améliorer les textes
réglementaires (Paragraphe 1), et d’autre part, les solutions pour rendre la justice plus efficace et
accessible pour les consommateurs (Paragraphe 2).
Cette protection passe d’abord par une consolidation et une modernisation des cadres
réglementaires, comme le montrent les exemples du Québec et du Brésil, qui ont développé des
approches distinctes mais complémentaires du droit de la consommation (A). Elle suppose
également un encadrement rigoureux de la publicité, en particulier dans l’univers numérique (B).
A- La consolidation de la règlementation
44
respectives des acteurs que sont les autorités publiques, les membres du pouvoir judiciaire et la
société civile à la consolidation et la mise en œuvre effective du système de protection mis en
place en faveur des consommateurs sont évaluées et comparées. Au-delà de la comparaison,
l'objectif de l'analyse est de s'interroger sur le statut actuel du droit de la consommation au sein
des systèmes juridiques québécois et brésilien. Des différences notables apparaissent entre le
système normatif en place au Québec, qui est construit autour du contrat de consommation et
privilégie la dimension individuelle de l'acte de consommer, et le système brésilien, qui est
davantage centré sur les droits fondamentaux et subjectifs du consommateur et ouvert à la
dimension collective des droits des consommateurs.
L'étude s'interroge sur la capacité respective des droits québécois et brésilien de la
consommation à relever les défis et à s'adapter à la réalité des relations de consommation
d'aujourd'hui. La première partie de l'étude décrit et compare le développement du droit de la
consommation au Québec et au Brésil, leurs fondements, leurs domaines d'intervention
privilégiés, leurs objectifs et la relation entretenue par cette discipline nouvelle avec le droit
commun. La seconde partie dresse un portrait des mesures institutionnelles et procédurales, tant
individuelles que collectives, instaurées en vue d'assurer la mise en œuvre effective de la Loi sur
la protection du consommateur au Québec et du Code de protection du consommateur au Brésil.
Ce portrait permet notamment de mieux situer le rôle des pouvoirs publics, des juges et
des organisations de défenses des consommateurs dans le façonnement d'un droit de la
consommation adapté aux conditions des marchés contemporains. L'étude conclut à l'existence, au
Brésil, d'un édifice aux fondements plus solides qu'au Québec. Insistant sur la nécessité de
consolider le droit de la consommation au Québec, l'étude suggère plusieurs aménagements
susceptibles d'y contribuer à la lumière de certaines composantes jugées essentielles du système
de protection du consommateur mis en place au Brésil. Parmi celles-ci, le degré d'autonomie dont
jouit le droit de la consommation au regard des disciplines juridiques traditionnelles et
principalement du droit commun des contrats et des obligations est perçu comme un facteur
déterminant.
Les textes juridiques protégeant les consommateurs existent, mais ils sont parfois
dispersés, obsolètes ou difficiles d’accès. Pour pallier ces lacunes, plusieurs mesures peuvent être
envisagées
L’harmonisation des normes au niveau national et européen, afin de garantir une protection
équivalente quel que soit le lieu d’achat ou la nature du produit. Par exemple, le Règlement
européen sur la protection des consommateurs a renforcé la coopération entre États membres pour
lutter contre les infractions transfrontalières.
45
La mise à jour régulière des textes législatifs, pour tenir compte des nouvelles pratiques
commerciales, notamment dans le domaine numérique. Le commerce électronique, les
Marketplace ou encore les produits numériques imposent de nouvelles obligations en matière
d’information, de garantie, et de droit de rétractation.
Une meilleure lisibilité des textes, en simplifiant le langage juridique et en regroupant les
règles essentielles dans des codes ou guides destinés au grand public. Par exemple, un Code du
consommateur numérique pourrait regrouper toutes les dispositions relatives aux achats en ligne,
aux données personnelles, ou aux contrats dématérialisés.
Chaque détail des dispositions réglementaires influe sur la manière dont le contrôleur veille à
assurer la mise en œuvre de ces prescriptions ainsi que sur le choix des techniques et outils les
plus adaptés à cette fin. Par exemple, l’application d’une clause prévoyant simplement la
communication d’une information spécifique ne fera pas l’objet de la même vérification qu’une
règle prescrivant la publication d’une information à un moment donné et dans un format
particulier. En effet, le fait de négliger la dimension temporelle de cette règle peut nuire à son
objectif premier. Outre le caractère détaillé des normes réglementaires par rapport à la législation
prudentielle dans certains cas, les textes relatifs à la protection des consommateurs emploient des
termes tels que « trompeur », « abusif », « coercitif », « astreignant », « discriminatoire », «
langage simple », « clair », et « juste ». Ces mots, et bien d’autres, ainsi que la nécessité de tenir
compte, au titre de la protection du consommateur, du client en tant qu’individu et de sa situation
personnelle, peuvent amener le plus souvent les autorités bancaires présentes sur le terrain à
devoir trancher (interpréter), ajoutant ainsi un niveau supplémentaire de complexité.
La publicité en ligne, notamment par courriels, SMS, MMS ou via Internet, est aujourd’hui
encadrée par plusieurs lois afin de protéger les consommateurs contre les abus. En France, la loi
pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN), adoptée le 21 juin 2004, a pour but de
limiter l’envoi excessif de messages électroniques à but commercial.
Deux dispositions protègent les destinataires de messages électroniques utilisés à des fins
publicitaires en imposant leur identification commerciale et en réglementant la communication
commerciale non sollicitée
Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) constitue le socle de
l’encadrement juridique de la publicité ciblée en Europe. Entré en vigueur en 2018, ce texte
46
47
56
La loi Hamon (2014), réglementé par le Code de la consommation
57
Le site justice.fr
48
consommation, qui permet de résoudre à l’amiable un litige sans passer par le tribunal, souvent
plus long et coûteux.
Le développement des actions de groupe (ou "class actions"), permettant à plusieurs
consommateurs victimes d’un même préjudice de se regrouper pour engager une procédure
collective. Ce mécanisme est encore peu utilisé en France, mais il représente un levier puissant
face aux grandes entreprises. La coopération renforcée entre les autorités judiciaires et les organes
de contrôle, comme la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de
la répression des fraudes), qui peut transmettre aux juges des éléments d’enquête solides facilitant
la répression des fraudes.
49
sont régulièrement menées, comme les enquêtes sur les faux avis en ligne ou les influenceurs.
L’encadrement du nouveau pratique marketing, le législateur s’efforce d’adapter le cadre
juridique aux nouvelles formes de marketing Encadrement du dropshipping, les règles sur la
transparence des influenceurs, la lutte contre les dark patterns (interfaces trompeuses)
Les grandes plateformes en ligne (Marketplace, réseaux sociaux) sont de plus en plus mises à
contribution pour lutter contre les pratiques trompeuses. Elles doivent notamment :
Vérifier l’identité des vendeurs
Mettre en place des procédures de signalement efficaces
Coopérer avec les autorités. De nombreuses initiatives visent à sensibiliser le grand public
aux risques de tromperie :
Campagnes d’information
Outils pédagogiques
Applications d’aide à la décision.
Pour garantir une meilleure protection des consommateurs, il est indispensable de repenser le
fonctionnement des institutions chargées de réguler les pratiques commerciales. Cette réforme
institutionnelle passe par deux grandes voies : d’une part, la modernisation des institutions
publiques de régulation, et d’autre part, une plus grande implication des acteurs privés et de la
société civile.
Cette modernisation passe d’abord par le renforcement des moyens humains et techniques afin
d’assurer un traitement rapide et efficace des réclamations (A), puis par une meilleure
coordination entre les différents acteurs publics impliqués dans le processus de régulation (B).
50
la mise en place d’un guichet unique pour les réclamations des consommateurs, accessible à la
fois en ligne et physiquement (dans des lieux publics comme les maisons de services au public ou
les mairies. Aujourd’hui, face à un problème tel qu’une fraude sur un achat en ligne, un
consommateur peut se sentir perdu doit-il contacter la Direction générale de la concurrence, de la
consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ? Le service client de l’entreprise ? Un
médiateur ? Ou encore porter plainte auprès de la police ou d’un tribunal ? Ce manque de lisibilité
du système peut décourager de nombreuses personnes à faire valoir leurs droits. Il pourrait
également fournir des informations personnalisées en fonction de la situation du plaignant, tout en
garantissant un accompagnement adapté, notamment pour les personnes en situation de précarité
numérique ou sociale. Une plateforme numérique associée, connectée à toutes les institutions
Enfin, cette coordination pourrait être renforcée par l’organisation de réunions entre les différents
acteurs institutionnels, afin de partager les données, d’analyser les tendances, et d’élaborer des
réponses communes. Des protocoles d’accord ou des conventions de partenariat pourraient
également être signés pour officialiser la coopération et définir les responsabilités de chacun.
Paragraphe2 : A travers une valorisation du rôle des acteurs privé et de la société civile
52
d’entre elles fonctionnent avec des ressources limitées, reposant sur des bénévoles ou sur des
subventions ponctuelles. L’attribution de financements publics à travers des appels à projets ou
des dotations structurelles, permettrait de professionnaliser leur fonctionnement, de recruter du
personnel qualifié (juristes, médiateurs, chargés de mission) et d’étendre leur présence sur tout le
territoire, y compris dans les zones rurales ou défavorisées.
En plus du soutien financier, il est tout aussi important de leur reconnaître un statut
institutionnel dans les processus de décision publique. Cela signifie leur donner une place
officielle et active dans les négociations, les groupes de travail, les comités consultatifs ou les
concertations organisées par les pouvoirs publics, notamment lorsqu’il s’agit de réformes
législatives ou réglementaires. Par exemple, lors d’une réforme visant à mieux encadrer les
clauses abusives dans les contrats de vente, la participation des associations permettrait d’intégrer
les attentes et les réalités vécues par les consommateurs dans la construction des nouvelles règles.
Si les pouvoirs publics et les associations ont un rôle central dans la protection du
consommateur, le secteur privé doit également être pleinement impliqué dans cette dynamique.
Parmi les leviers possibles, la création d’un label de confiance représente un outil à fort potentiel.
Ce label, délivré par une autorité indépendante ou une instance de certification, permettrait
d’identifier les entreprises qui respectent un certain nombre de critères objectifs en matière de
droits des consommateurs : transparence des prix, clarté des conditions générales de vente,
accessibilité du service après-vente, respect des délais de livraison, protection des données
personnelles, etc. Par exemple, une entreprise de e-commerce qui garantit un remboursement
rapide en cas de litige, qui ne pratique pas la publicité mensongère et qui offre un service client
joignable facilement, pourrait obtenir un label tel que « Entreprise responsable » ou « Confiance
consommateur ».
Ce type d’initiative aurait un double avantage : d’une part, il permettrait aux
consommateurs de faire leurs achats en toute sérénité, en étant mieux informés sur les pratiques
des entreprises ; d’autre part, il inciterait les entreprises à s’engager dans une logique vertueuse,
sous peine de voir leur réputation ternie en cas de manquement.
53
CONCLUSION
55
Au fil de notre étude, nous avons constaté que la publicité a pris une place très importante dans
notre quotidien. Elle s’est développée à grande vitesse, au point d’être aujourd’hui présente sur
presque tous les supports numériques que nous utilisons : réseaux sociaux, moteurs de recherche,
vidéos, applications mobiles, etc. Son objectif reste le même : attirer l’attention du consommateur
et l’inciter à acheter. Mais les moyens utilisés sont de plus en plus sophistiqués, et parfois, ils
posent problème.
Nous avons vu que des lois existent pour protéger les consommateurs contre certaines pratiques
publicitaires abusives, notamment celles qui sont mensongères ou trompeuses. Ces lois encadrent
ce que les entreprises ont le droit de dire dans leurs publicités, ainsi que la manière dont elles
peuvent diffuser leurs messages. Cependant, ces règles sont souvent dispersées dans différents
textes, pas toujours claires, et surtout, pas toujours en conformité aux réalités d’Internet et des
nouvelles technologies.
La publicité de certains produits sensibles comme les médicaments, l’alcool, le tabac ou les
cosmétiques est également encadrée. Des messages de prévention doivent souvent accompagner
ces publicités, et des contrôles sont prévus avant leur diffusion. Mais là encore, il y a des failles :
soit les textes ne sont pas bien appliqués, soit les institutions chargées de les faire respecter
manquent de moyens ou de réactivité.
Nous avons aussi analysé le rôle des institutions dans la protection du consommateur. Il y a d’un
côté les institutions publiques comme les agences de régulation, et de l’autre les associations de
consommateurs. Les premières ont pour mission de faire appliquer les lois, tandis que les
secondes agissent souvent sur le terrain pour défendre les droits des citoyens. Ces deux types
d’acteurs sont essentiels, mais ils rencontrent parfois des difficultés pour remplir pleinement leur
mission, que ce soit par manque de ressources, de formation ou de coordination entre eux.
Aujourd’hui, les recours juridiques pour les consommateurs victimes de publicité trompeuse
restent complexes et peu accessibles. Il devient donc important de facilité les démarches, de
promouvoir des solutions comme la médiation ou la conciliation, et de mieux informer les
citoyens sur leurs droits. Il est également important de rendre les institutions plus actives et plus
visibles dans leur rôle de contrôle et de sanction.
En résumé, notre étude montre que la protection du consommateur face à la publicité en ligne
existe, mais qu’elle reste fragile. Ce n’est pas tant l’absence de lois qui pose problème, mais plutôt
56
À l’avenir, il faudra que la publicité en ligne évolue dans un esprit de respect, de transparence et
de responsabilité. Les entreprises ont un rôle clé à jouer pour ne pas seulement vendre, mais aussi
communiquer de manière honnête. Le numérique ne doit pas être un espace sans règles, mais un
lieu où l’on protège les droits de chacun, et en particulier ceux des plus vulnérables
57
BIBLIOGRAPHIE
vii
I. OUVRAGES GÉNÉRAUX
1. KOTLER (R, P), & KELLER (K. L), marketing management (2016). 1123 P.
viii
V. DICTIONNAIRES ET LEXIQUES
1. Le lexique des termes juridiques
2. Petit Larousse 2009
3. Cornu, G., Vocabulaire juridique, Paris, 2018, 12e éd
VII. WEBOGRAPHIE
1. https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/infant-and-young-child-feeding?utm
consulté le 28 Avril à 12h30min
2. https://slice.club/blogs/news/la-naissance-de-google-ads.utm. Consulté le 2 Mai à 14h
40min
3. https://WWW.clublic.com/actualite-257226-publicite-mobile-google-adsence-recherche-
mobiles-htlml?utm consulté le 3 Mars à 15h 00min
4. Whitelearf-care.com, site internet consulté le vendredi 20 Avril 2024 à 11h30min
5. https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/clauses-abusives consulté le 15 Avril à 11h20min
6. https://www.charente maritime.gouv.fr/consulté le 15 Avril à 11h30min
7. https://www.consumersinternational.org consulté le 15 Avril à 11h35min
8. https://arcep.bj/la-protection-des-consommateurs le 29 Avril à 13h45min
9. www.ccomptes.fr consulté le 13 Avril à 14h 20min
ix
AVERTISSEMENT ....................................................................................................................................... i
DÉDICACE ................................................................................................................................................... ii
REMERCIEMENTS ..................................................................................................................................... iii
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS...................................................................................................iv
RÉSUME / ABSTRACT .................................................................................................................................v
SOMMAIRE .................................................................................................................................................. vi
INTRODUCTION............................................................................................................................................1
PREMIERE PARTIE : UN CADRE JURIDIQUE CONSACRE POUR LA PROTECTION DU
CONSOMMATEUR.............................……………………………………………………………………...5
CHAPITRE I : L’EXISTENCE D’UN CADRE TEXTUEL PROTECTEUR DU
CONSOMMATEUR........................................................................................................................................7
SECTION I : UNE REGLEMENTATION PUBLICITAIRE
GENERAL………………………………………………………………........................................................8
Paragraphe 1: Les conditions de caractérisation du délit de publicité trompeuse et
mensongère…………………………………………………………………………………………………...8
A- Définitions ...........................................................................................................................................9
B- Leursdifférentesformes………………..............................................................................................11
Paragraphe 2 : les sanctions de la publicité trompeuse et
mensongère.....................................................................................................................................................12
A- Sanctionspénal...................................................................................................................................12
B- Sanctioncivil......................................................................................................................................13
SECTION II : UNE REGLEMENTATION PUBLICITAIRE SPECIFIQUE A UNE CATEGORIE DE PRODUITS
ET SERVICES...................................................................................................................................................15
Paragraphe 1 : Règlementation publicitaire applicable à certains produits
sensibles…………………………………………………………………………………………………...15
A- Les produitsalimentairesetboissons................................................................................................15
B- Les produits cosmétiques et
pharmaceutiques…………………………………………………………………………………17
Paragraphe 2 : Une réglementation publicitaire protégeant les intérêts économique et le cadre de vie des
conspmmateurs...........................................................................................................................................19
A- La protection des intérêts
économiques……………………………………………………………………………………..19
B- Lapréservationducadredeviedesconsommateurs……………………………………………...….19
CHAPITRE II : L’EXISTENCE D’UN CADRE INSTITUTIONNEL PROTECTEUR DE
CONSOMMATEUR……………………………………………………………………………………...20
SECTION I : LA DOMINANCE DES INSTITUTIONS PUBLIQUES DE
REGULATION……………………………………………………………………………………….......21
Paragraphe 1: Le rôle institutionnelle de l’ARCEP dans la régulation et la protection du
consommateur…..........................................................................................................................................21
A- Laprésentationinstitutionnelledel’ARCEP............................................................................................21
B- L’ARCEP : une autorité indépendante de
régulation…………………………………………………………………………………………………..22
xi
..........................................................................................................................................................................xii
xii