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Etincelles - Draconis PT 1&2

Le document décrit une expédition à la découverte d'un miroir magique permettant de traverser vers un monde peuplé de dragons, nommé Dréankë. Il présente des observations et illustrations de diverses espèces de dragons rencontrées lors de cette quête, ainsi que des descriptions de leurs habitats. Les notes incluent des détails sur les comportements et caractéristiques de ces créatures fantastiques, révélant la richesse de ce nouvel environnement.

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Etincelles - Draconis PT 1&2

Le document décrit une expédition à la découverte d'un miroir magique permettant de traverser vers un monde peuplé de dragons, nommé Dréankë. Il présente des observations et illustrations de diverses espèces de dragons rencontrées lors de cette quête, ainsi que des descriptions de leurs habitats. Les notes incluent des détails sur les comportements et caractéristiques de ces créatures fantastiques, révélant la richesse de ce nouvel environnement.

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e Miroir aux Dragons

Gardé précieusement dans son écrin de pierre, un miroir


d’une taille incommensurable se dressait devant nous.
Tout aussi majestueuses, les gravures l’entourant
nous laissèrent présager que nous avions enfin trouvé ce que
nous avions tant cherché, mais elles comportaient d’étranges
inscriptions qu’il nous fut impossible de déchiffrer.

La surface du Miroir, bien que lisse, n’était pas faite d’une masse
solide. À peine effleurée, elle ondulait comme un liquide, déformant
notre reflet.
Méfiants, nous commençâmes par lancer quelques cailloux dans
l’étrange fluide. En les voyant disparaître un à un sans autre
réaction que les vagues produites à leurs contacts, nous avons
décidé de tenter la traversée.

Rapide et indolore, le passage ne nous laissa qu’une sensation


de froid et quelques fourmillements dans les membres.
Le paysage qui s’offrit alors à nos yeux n’avait plus rien
à voir avec la caverne que nous venions de quitter.

2
3
4
Partie 1 :
Observations
Vous tenez entre vos mains les notes prises et les illustrations faites
des dragons rencontrés durant la première quête de l’expédition,
rassemblés ici dans cette partie 1 : Observations.

5
monde !
Nous voilà en possession d’une carte de ce
s et aux
Le cartographe s’est consacré aux relief
de donné es manq uent.
types de terrains mais beaucoup
C’est une bonne entré e en matiè re
pour commencer nos observations.
Edith

6
7
réankë
À différentes époques et en des lieux tout aussi
différents, des créatures fantastiques se sont
retrouvées ancrées dans nos mythes et notre
histoire. C’est ainsi que les dragons foisonnent dans les récits
légendaires d’un grand nombre de cultures à travers notre monde,
sans qu’aucune preuve concrète de leur réalité ne soit trouvée, et
ce malgré bon nombre de recherches.
Mais les légendes ne mentent pas et les mythes ne sont pas que
fables. Selon une ancienne rumeur, il existerait six Miroirs géants,
cachés au fin fond de grottes ou de cavernes, permettant le
passage entre notre terre et celle de ces êtres chimériques.
Après de nombreuses fouilles, nous sommes enfin parvenus à
découvrir l’un des lieux renfermant l’inestimable trésor.

Mais, en traversant notre reflet, nous étions loin de nous douter


de toutes les richesses que nous allions découvrir en ce nouveau
monde que nous, premiers explorateurs, avons décidé de nommer
Dréankë.

8
Carnet
de route
Étape I
EXCURSION EN MER
Étape II
OBSERVATIONS
EN MILIEUX HUMIDES
Étape III
À TRAVERS LES
FORÊTS
Étape IV
LES PLAINES :
ÉTUDE
Étape V
RANDONNÉE EN
MONTAGNE
Étape VI
À PROPOS DES CIEUX

9
10
Étape I
Excursion en mer
11.Abysses
22.À la surface de l’eau
33.Les récifs de coraux

11
1. Abysses
Dans ces lieux qui peuvent paraître vides et sans vie, la faune réussit encore
à nous surprendre. Évoluant dans un milieu où il faut résister à une très
forte pression, les créatures marines y sont pourtant abondantes.

aenne
LE GRAND POISSON

Ce dragon ne peut être observé


que lorsqu’il remonte respirer à
la surface.
Vivant dans les profondeurs,
le Laenne remplit d’air une cavité
reliée à ses poumons, ce qui lui permet
de pouvoir rester des semaines sous
l’eau.
Bien que son corps semble
parfaitement adapté à son
milieu aquatique, il possède
des membres atrophiés qui lui
sont aujourd’hui inutiles, seuls
vestiges de ses lointains ancêtres
terrestres.

12
yrillon
PETITE LUMIÈRE

Vivant dans les sombres


profondeurs, son corps émet une intense
lumière jaune afin d’attirer à lui les proies
qu’il capture dans ses mortels filaments
au poison fulgurant, tuant ses victimes en
quelques secondes.
Il ne fut donc pas facile d’en approcher sans
quelques appréhensions.

eyran
L’IMPOSANT

Bien que sa taille soit des


plus impressionnantes, il n’en est pas
moins vulnérable.
Dragon éphémère, sa constitution
fragile l’oblige à se déplacer en
permanence pour rester à l’abri
dans les profondeurs, allant jusqu’à
parcourir de grandes distances.
Ni mâles, ni femelles, ces créatures
sont hermaphrodites pour assurer
leur pérennité.

13
2. à la surface de l’eau
La surface de l’océan, mince frontière entre air et eau, est un milieu où les
créatures célestes côtoient les êtres des étendues marines.
Riche et généreuse, elle offre un refuge temporaire aux créatures qui la
frôlent ou la traversent, que ce soit pour respirer ou pour se nourrir.

if-Rayon
LE BONDISSEUR
Défiant les vagues, ces dragons marins
se déplacent en ondulant et bondissant
hors de l’eau pour planer quelques

instants au-dessus des embruns


avant de replonger au milieu de
leurs congénères.
Leur rapidité s’explique par un corps
aérodynamique muni de multiples
nageoires réparties sur les flancs.

14
uryi
LE VÉLOCE

Les Muryis adultes Cette armure est pour le coup si lisse


mesurent au maximum cinquante qu’ils échappent aisément à leurs
centimètres de long. Contrairement à prédateurs.
celles qu’ils portent au niveau de la tête, Pour se nourrir, les Muryis attaquent
les grandes écailles situées le long de sans discrimination les petites créatures
leurs corps s’imbriquent au point qu’il tant aquatiques qu’aériennes auxquelles
est difficile de les distinguer les unes ils restent accrochés jusqu’à ce que la
des autres. totalité de leur venin soit inoculé aux
victimes.

15
3. Les récifs de coraux
Ces lieux aux mille couleurs rassemblent autant de merveilles
que de singularités. L’eau tempérée et peu profonde offre aux petites
créatures marines un abri contre les prédateurs géants des grands fonds.
Mais, malgré tant de beauté, nous avons vite découvert le monde sauvage
et hostile qui s’y cache.

lcyrion
PORTRAIT COLORÉ
Nous n’avons pas eu la En effet, il serait de mauvais augure
chance d’apercevoir ce dragon mais les de capturer un Alcyrion, raison pour
descriptions et récits transmis par les laquelle les pêcheurs les rejettent
marins nous ont permis d’esquisser directement à la mer lorsqu’ils en
ce magnifique portrait. attrapent.

16
etacea
UN DRAGON PATIENT
De petite stature, il n’en reste
pas moins l’un des plus grands spécimens
de dragons vivant au milieu des coraux,
sa taille pouvant atteindre un mètre de
long.

Grâce à ses grandes membranes,


semblables à des ailes, le Cetacea est
capable de se maintenir immobile
durant des heures, ne laissant remuer que
l’extrémité de sa queue dont les reflets
violets attirent certaines proies.
Cet animal, doux et docile de prime abord,
possède une mâchoire très puissante
capable de broyer un bras humain.

uriade
À COL ROUGE
Paré d’une très belle collerette
rouge vif, l’Auriade se confond aisément
avec les coraux de même couleur qui
l’entourent. Les filaments tentaculaires
qui parsèment son corps sont dotés de
capteurs sensoriels qui détectent et
attrapent les petits poissons passant à
proximité.
À cause de sa célérité, il n’est pas aisé
pour un prédateur de le saisir.

17
amurai
RAYÉ
Ce que nous avions pris
pour un banc de poissons bleus
était en fait un groupe d’une
dizaine de petits dragons
évoluant ensemble entre les
coraux, cherchant les algues qui
constituent leur alimentation.
Les Kamurais vivent de manière
grégaire afin de mieux se protéger
contre les prédateurs, se dispersant de
tous côtés en une fraction de seconde
avant de se regrouper à nouveau.

orgo
LE SÉDENTAIRE
Solitaire par nature, ce
dragon niche dans une algue qu’il aura
soigneusement choisie au début de sa vie
d’adulte pour ne jamais en changer. Une
symbiose se crée alors entre les deux
espèces qui se protègent mutuellement.

Mais il arrive parfois qu’un nid soit


détruit, forçant le Gorgo, devenu
vulnérable, à trouver un autre abri.
Malheureusement, certains spécimens
éprou­vent des difficultés à s’adapter à
leur nouveau refuge, ce qui peut, dans le
pire des cas, entraîner la mort.

18
rinidae
VÉNÉNEUX
Cet animal, aussi particulier
que rare, possède une constitution très
fragile, incapable de survivre longtemps
si son environnement venait à changer. Il rend ainsi sa peau aussi nocive que
Afin de mieux se protéger contre ses du poison, raison pour laquelle les
prédateurs, il enduit son corps d’un autres espèces évitent de s’en ap­
mucus provenant d’une algue vénéneuse procher et plus encore de le manger.
contre laquelle il est immunisé.

19
20
Étape II
Observations en milieux humides
11.Lacs et rivières
22.Étangs
33.Marécages
44.Mangroves

21
1. Lacs et rivières
Ici l’eau est douce et fraiche ! Elle provient des montagnes, son courant
variant selon les saisons. Les rives y sont riches en biodiversité, les cours
d’eau abritent de nombreuses formes de vie tout en étant aussi un terrain
de chasse privilégié.

rgon
À L’AFFUT

Son habitat lui convient


admirablement. 
Étant un pêcheur hors pair, il est d’une
agilité des plus impressionnantes
quand il s’agit de se déplacer sur les
roches humides, sur lesquelles il peut
rester immobile pendant des heures
et où rien ne semble le perturber.

22
nydae
ÊTRE CHIMÉRIQUE
Cette créature, au
pelage brun et rouge vif, se protège
des prédateurs en arborant des
couleurs flamboyantes, symbole
de danger. De plus, deux formes
rondes rappelant des yeux sont
dessinées sur ses ailes qu’il déploie
pour effrayer ses ennemis les plus
téméraires.

Jouant sur cette apparente agre­


ssivité, l’Onydae est un être paisible
qui ne se nourrit que d’algues et
autres plantes aquatiques.

23
rmande
DRAGON ÉTINCELANT

Les grottes dissimulées derrière les cascades servent de tanière aux Armandes.
Dragons lacustres, ils sont plus agiles pour nager sous l’eau que pour voler dans les
airs, se servant habilement de leurs ailes pour se mouvoir et chasser les poissons
dont ils sont friands.
Lorsqu’ils émergent des profondeurs, leurs écailles mouillées étincellent
comme un millier de diamants, d’où leur nom.

24
26
anou
AUX ÉCAILLES VIOLETTES
Vivant aux abords de lacs
ou de rivières, ce dragon au caractère
doux porte des écailles luisantes dont les
couleurs varient du violet au bleu roi.

L’épaisse carapace recouvrant sa queue


lui sert à frapper la surface de l’eau pour
assommer les poissons et s’en saisir plus
facilement.
Les Ganous sont en général entourés de

leufies
petites boules de poils au pelage hirsute,
dont ils prennent grand soin.
JOYEUX DRILLES
Ces petites créatures au
plumage duveteux nous sont aussi
étranges qu’elles sont amusantes.
Attachées au Ganou qui les protège,
elles le suivent où qu’il aille dans une
joyeuse farandole aérienne et colorée.

ydeca
À CARAPACE SEGMENTÉE
Cet animal aquatique
évoluant en eau douce est l’un des
rares à muer trois fois par an. Il est
de corpulence moyenne et se nourrit
principalement de petits poissons et
d’insectes.

27
ytkius
À LA DÉRIVE
Ce dragon se laisse dou­
cement dériver par les courants, profitant
de la chaleur du soleil et des petits poissons
qu’il attrape au passage.
En se déplaçant ainsi, il reste à l’abri des
regards, la couleur de son corps le camouflant
totalement lorsqu’il est dans l’eau.

drin
DRAGON DES LACS
Endémique de la contrée
des lacs, que sillonnent une multitude
de rivières aux eaux chatoyantes, cette
petite créature aime lézarder au soleil Les Edrins possèdent cinq paires
sur les pierres humides. d’ailes fines et délicates ainsi qu’une
longue queue qu’ils manient comme
un fouet lorsqu’ils doivent se défendre.
Aussi vifs que lestes, il n’est pas aisé
de les approcher avant qu’ils ne dis­
paraissent dans les interstices rocheux
ou prennent leur envol.

28
énarii
LE CHASSEUR
La souplesse de son épais­
se carapace lui confère agilité et vivacité.
Chassant près des points d’eau, il prend
par surprise les animaux venus se
désaltérer, allant parfois jusqu’à s’allier
avec quelques congénères pour attaquer
des proies de grande taille.

29
2. Étangs
Dépeintes comme un lieu grouillant d’insectes, les eaux peu profondes sont un
vivier de choix dans lequel on retrouve des espèces de toute beauté,
comme celle qui va suivre.

édicris
LIBELLULE POINTUE
Pendant une halte près
d’une nature stagnante, des créatures aux
reflets irisés et ne dépassant pas la taille
d’une main vinrent à notre rencontre.
Un spectacle des plus captivants nous fut

dévoilé, certains gobant çà et là de petits


insectes alors que d’autres s’attaquaient
à de chétifs poissons, plantant ce qui
semblait être leur dard dans la chair de
l’animal.

30
31
3. Marécages
Bien que ces terres spongieuses et humides ne semblent pas vraiment
accueillantes, les marécages attirent bon nombre de dragons d’espèces
différentes, qui se régalent de la multitude d’insectes qui y foisonnent et
des poissons qui vivent dans les eaux stagnantes et peu profondes.

iséus
VIF NÉCROPHAGE
De l’eau croupie des peuvent retenir leur respiration durant
marécages, il n’est pas rare de voir de longues minutes, ce qui est très
de petites créatures bondir au-dehors pratique dans ce milieu hostile.
pour attraper les insectes qui volent
à sa surface. Ils nagent avec agilité et Dans les périodes moins abondantes, les
Riséus changent leur régime alimentaire
et deviennent des charognards qui se
nourrissent autant de carcasses que de
plantes pourrissantes.

32
cciter
LE RODEUR
Seuls les voyageurs
qui se sont égarés de nuit dans les
marais et en sont revenus vivants,
rapportent qu’une lueur verte leur
serait apparue avant de se faire at­
taquer par un démon.

Cette lumière est en réalité générée


par un dragon nocturne et solitaire
qui use de cette astuce pour attirer
ses proies. Sa démarche fluide et
silencieuse donne l’impression qu’il
se déplace en planant au-dessus du
sol brumeux.

33
hordae
AU LONG BEC
Menant une vie quasi Son long bec possède des capteurs qui
solitaire, ce dragon ne retrouve ses sem­ lui permettent de sonder l’eau saumâtre
blables qu’en période d’accouplement. et la vase afin de trouver sa nourriture,
La femelle va ensuite se construire un composée principalement d’insectes, de
nid à l’abri dans des bosquets surélevés petits rongeurs et de poissons.
pour maintenir ses œufs le plus au sec
possible. Il lui arrive cependant de se contenter de
quelques pousses et racines lorsque les
proies viennent à manquer durant l’hiver.

34
uirre
SERPENT DES MARAIS
Terrestres et aériens
à l’origine, les Guirres sont deve-
nus d’excellents nageurs avec le
temps.
Dans l’eau, ils sont facilement
confondus avec des branches, ca-
mouflage plus qu’adéquat dans un
tel environnement.

Malheureusement, à force d’être


souvent immergés, certains
contrac­tent une maladie, non
contagieuse, causée par une bac-
térie qui attaque et ronge la peau
fine de leurs ailes.

ibille
PETIT OISEAU

L’opportunisme de cette petite


créature n’a d’égale que sa coquetterie. On
trouve souvent la Libille à proximité des
Chordae, profitant du passage de l’imposant
dragon pour attraper les
proies effrayées.

Le reste du temps, elle peut passer des heures


à entretenir son plumage qu’elle nettoie et
lisse avec le plus grand soin.

35
4. Mangroves
Situées aux abords des fronts de mer et existant grâce aux marées, les
mangroves abritent une flore ainsi qu’une faune exclusive et spécifique.

orajhu
LE CREUSE-NUIT
De ses longues griffes
acé­
rées, il creuse dans la terre des
mangroves pour attraper les batraciens
qui s’y cachent.
N’étant pas apte à voler, il se sert de ses
pattes arrière pour bondir, technique
de défense plus que surprenante qui
a pour but d’effrayer ses ennemis.

36
aex
L’ÉPHÉMERE
Dragon végétarien, sa carac-
téristique la plus intéressante réside
dans sa mue : celle-ci se déroule deux
fois par an les premières années avant
de s’espacer dans le temps car fragili-
sant sa cuirasse naturelle.

Notons aussi qu’il est l’un des seuls à


utiliser les reflets du soleil sur ses ailes
comme moyen de défense, les inclinant
de manière à éblouir ses attaquants

adirn
L’ACARIATRE
De caractère hargneux, il
arrive facilement à faire fuir les impor-
tuns, même s’ils sont plus gros que lui.
Notion intéressante dans sa façon de
chasser, il s’enlise dans la boue épaisse,
ne laissant dépasser que le haut de sa
tête pour guetter ses proies.

37
38
Étape III
A travers les Forets
11. Forêts tropicales
22. Forêts tempérées
33. Dans la Taïga

39
1. Forêts tropicales
Composées d’arbres épars, les forêts tropicales regorgent d’espèces végétales
et animales aussi variées que singulières. Tantôt humides, tantôt sèches, ces
forêts aux multiples biotopes sont si riches de vies et de merveilles que nous n’en
avons découvert qu’une infime partie lors de cette expédition.

ipell
LAPIS-LAZULI

Les couleurs chatoyantes du Dipell


attirent à lui les insectes qui meurent
instantanément au contact de sa peau
venimeuse. Il ne dépense donc quasiment
aucune énergie pour chasser. Lorsqu’il se
sent menacé, il se sert de son appendice
caudal comme d’un fouet qu’il fait claquer
énergiquement dans les airs.
Il l’utilise également pour s’accrocher aux
branches sur lesquelles il aime se balancer.
Autant à l’aise dans les airs que sur terre,
ses grandes ailes et ses trois paires de pattes
sont les signes d’une adaptation parfaite de
ce dragon à son milieu. Il est capable de
parcourir de longues distances
en peu de temps et s’habitue
facilement à des environnements
variés, raison pour laquelle il est
assez commun de le voir.

40
elladian
SUR SON ROCHER
Quelle merveilleuse capacité
que le camouflage, et nul dragon n’est
plus doué que le Belladian pour se Les mâles, protecteurs du groupe,
dissimuler dans son habitat. possèdent de longues épines dorsales
Ses rayures se confondant parfaitement enduites d’une toxine paralysante qu’ils
avec la flore dense de la jungle, il ne peuvent projeter à plusieurs mètres de
fut pas aisé de le trouver mais, après distance. Les femelles, plus menues et
plusieurs jours de recherche, nous y rapides, sont chargées de la chasse.
sommes parvenus. Elles se cachent et se fondent dans les
hautes herbes en attendant qu’une proie
passe à proximité avant d’attaquer.

41
ij’Lusa
LE DÉCHU

Ce gigantesque dragon, aux


écailles étincelantes, est le plus grand
de son espèce. Ne sortant de son repère
qu’à l’aube et au crépuscule, les peuples
indigènes lui ont donné le nom de
Fijlusa qui signifie « frère du soleil », en
référence à la légende du Dieu Solaire.
Son imposante stature et son grand âge
ne lui permettent plus de voler mais il
reste néanmoins capable de planer sur
de courtes distances.
Aujourd’hui choyé par les autochtones,
qui lui offrent toute la nourriture dont il
a besoin, il était autrefois un excellent
chasseur.

Il n’en reste pas moins dangereux


lorsqu’il s’agit de défendre son territoire.
Son corps fin, ses écailles épaisses ainsi
que ses longs membres lui permettent
de vivre dans les milieux humides et de
supporter les fortes chaleurs des forêts
tropicales.

42
Le Dieu Solaire
La légende raconte que Fij’Lusa ne sort de sa tanière qu’au
point du jour et avant la nuit tombée, lorsque l’astre diurne
est au plus près de la terre, pour tenter de rejoindre son frère
solaire, malheureusement sans jamais y parvenir.

43
ngune
EXTRÊME NOCIVITÉ Il peut sécréter un
Les taches jaunes réparties puissant poison mortel
sur son corps mettent en garde les pour celui qui le touche ou
prédateurs sur sa toxicité. l’ingère.
Sachant cela, nous avons évité de
trop nous en approcher.

yrion
L’INÉBRANLABLE
Les couleurs cryptiques
de cet animal lui permettent de passer
inaperçu dans son habitat naturel. En
plus de cela, il se meut si lentement
qu’il est extrêmement difficile de le
repérer.
Il peut cependant faire preuve
de célérité lorsqu’il est débusqué,
fouettant rapidement l’air de sa
queue dont les écailles sont enduites
d’un venin mortel.

44
allior
MASSIF PRÉDATEUR
Animal territorial, nous
n’avons pu repérer ce dragon que
grâce aux nids trouvés entre les racines
des grands arbres, bien qu’il soit l’un
des plus gros animaux vivant dans la
jungle.
Ce reptile aussi agressif que dangereux
peut sembler balourd et maladroit
lorsqu’il est au sol. Mais il ne faut pas
se fier à son corps trapu et à la lourde
carapace, qui cachent une créature
vive et rapide.
N’effectuant que des vols courts, il se
déplace d’arbre en arbre, dans lesquels
il s’accroche avant de repérer une
proie au sol et fondre dessus.

45
rugin
DES RUINES
Les ruines disséminées
dans la jungle profonde servent
d’habitat à une multitude de petites
bestioles vrombissantes, à peine
plus grandes que des libellules.
Ils paraissaient adorables mais
peuvent devenir très vite agressifs
s’ils se sentent menacés.
Avec leurs crocs acérés et leurs
dards venimeux, il est déconseillé
d’approcher de trop près ces mini-
dragons qui attaquent en nuées.
éluin
L’ACCRO AUX BRANCHES

Les cimes les plus hautes


sont ses perchoirs préférés. Une fois sa
proie repérée, il fond dessus et plante
dans la chair les longs crochets emplis
de venin qui hérissent le bout de sa
queue.
Cette particularité lui sert également
pour se défendre car ses ailes, trop
faibles pour le porter très longtemps, ne
lui servent que pour planer d’un arbre
à un autre et ne peuvent lui être d’un
grand secours s’il lui fallait fuir.

ostig
L’AGILE

Dragon constrictor,
il est muni d’une queue préhen-
sile dont il se sert aussi bien pour
étouffer ses proies que pour s’ac-
crocher aux branches.
L’extrémité de ses doigts se ter-
mine par de petites excroissances
qui adhèrent à toutes les surfaces
et font de ce lézard un excellent
grimpeur.

La teinte rouge de ses ailes nous


avertit que cette espèce est veni-
meuse, bien que la concentration
du poison soit à peine suffisante
pour tuer un petit rongeur.

47
2. Forêts tempérées
Profitant d’un climat doux perpétuel, la faune et la flore de ces forêts
luxuriantes se développent rapidement, les changements de températures
saisonnières ne variant que très faiblement.

ulin
DES FLEURS

Un dragon
que l’on trouve seulement dans les
arbres, et plus particulièrement dans
les arbres ayant fleuri : il raffole des
insectes attirés par les bourgeons, et il
aime être placé en hauteur, protégé par
les branches épaisses.
Lorsque la nuit vient, il expulse des
oiseaux de leur nid afin de s’y installer,
ou trouve refuge dans le creux d’un
arbre.
Un spécimen au sol est un spécimen
malade et il ne faut pas l’approcher !
Faible et paniqué, il peut mordre très
fortement.

48
octems
LES PAISIBLES
Aussi doux que le
vent qui glisse entre les feuilles
des arbres de la forêt, les
Noctems sont des êtres calmes
qui apprécient leur tranquillité.

La nuit, ils aiment s’installer sur


des rochers couverts de mousse
et regarder les lucioles danser
au clair de lune.

49
asalt
L’IMMOBILE
Une légende raconte
qu’un dragon millénaire se serait
perdu au plus profond des forêts et
qu’il sombra dans la mélancolie.

Depuis, il se terre, immuable,


disparaissant de plus en plus sous une
épaisse couche d’herbes, de branches
et de lichen. Son corps se pétrifia petit Le sol se mit soudain à se soulever
à petit, le transformant à jamais en sous nos pieds, manquant de nous
statue. faire tomber.
Au comble de la curiosité, nous S’arrachant de terre, le dragon
cherchâmes longtemps les origines de tant convoité nous révéla toute
cette histoire somme toute bien triste. sa splendeur avant de s’en aller
Nous avons arpenté les forêts en long, tranquillement, vestige bien vivant
en large et en travers, mais aucun des du temps qui passe.
amas rocheux ne ressemblait de près
ou de loin à un dragon de pierre.
Déçus et découragés, nous fîmes une
brève halte sur une butte avant de
quitter cet endroit humide et sombre,
craignant que la mélancolie ne nous
gagne et nous transforme à notre tour.

50
51
rphan
LE DÉBROUILLARD
La mère creuse un petit trou
dans une pomme de pain et y insère
son œuf, avant de quitter sa pro­géniture
définitivement.
Le petit dragon y éclot et se développe
ensuite, dévorant une partie du fruit
protecteur.
Une fois devenu trop grand pour ce nid
provisoire, il finira par en sortir afin
d’aller chercher une nourriture
plus calorique.

Pour ce petit animal, cette technique


permet d’assurer protection et sécurité
aux plus jeunes qui, laissés seuls dès la
naissance, doivent apprendre très vite à
survivre.

astylir
PILLEUR AILÉ
Pourvu de griffes acé­
rées aux pattes avant, ce vilain
chapardeur en use pour grim­
per rapidement aux arbres afin
d’y dérober son repas préféré :
les oiseaux et leurs œufs.

52
dechat
TOUT EN DÉLICATESSE
Selon les dires, cette bête
est aussi belle qu’elle est dangereuse.
Le fin duvet couvrant ses ailes réduit
le bruit de leurs battements au silence
à tel point qu’il peut fondre sans bruit
sur sa proie.
Sa queue adroite l’aide à maintenir son
équilibre lorsqu’il se déplace.

De nature hargneuse, il ne supporte


pas que sa nourriture lui soit subtilisée
et il mettra tout en œuvre pour la dé-
fendre ou, au besoin,
la récupérer.

53
éline
DU LIERRE
Au milieu de nos péré­
grinations, nous avons fait halte dans un
charmant petit village, sans nous douter
de ce que nous allions y découvrir.

Tout autour des habitations recouvertes


de lierre, de grands jardins fleuris
parfumaient l’air d’enivrantes senteurs.
Il était tellement plaisant de se promener
dans un endroit paisible que nous aurions
pu oublier le but de notre voyage, s’il n’y
avait pas eu cette petite fille.

Riant aux éclats dans les bosquets, elle


attira notre attention sur ce qui l’amusait
tant.
Nous vîmes alors une minuscule créature
ailée grimper sur son bras avant de se
faufiler sous sa chevelure dorée, ce
qui déclencha chez elle un
nouveau fou rire.
Le petit être qui jouait ainsi
avec la demoiselle était un
dragon appelé Méline du Lierre.

54
Très sociable et joueur, le Méline vit en
symbiose avec les habitants du village,
débarrassant leurs cultures des insectes
ravageurs contre quelques fruits offerts
et des abris de lierre.

De tous les dragons que nous avons pu


voir, celui-ci est certainement le plus
atypique de tous.

Il ressemble à un renard à la douce


fourrure tachetée de noir alors que sa
queue segmentée fait penser à celle d’un
tatou.
Cet animal fantasmagorique possède
également des ailes de peau sombres
comme les chauves-souris ainsi que des
piquants hérissant sa colonne.

55
ucetes
ET SES VARIATIONS

C’est à l’orée d’une forêt


que nous avons décidé d’installer notre
campement pour la nuit.

Nos provisions diminuant, nous


sommes donc partis à la recherche De prime abord, ils ressemblaient
de baies et autres nourritures que la à de gros scarabées, mais, à mieux
nature pourrait nous offrir. y regarder, nous nous sommes vite
Pour notre plus grande joie, se aperçu que, sous leur étrange carapace,
situant non loin de là, un parterre de se cachait un corps de volatile.
champignons se dévoila à nous. Nous apprîmes par la suite que, ce que
Mais au moment de les cueillir, quelle les autochtones appelaient Mucetes,
ne fut pas notre surprise lorsque étaient en fait de petits dragons qui
tous s’envolèrent dans un étrange usaient de leur super camouflage pour
vrombissement. attirer à eux les insectes et autres
petites proies avant de les dévorer.

On nous mit également en garde sur


le fait qu’ils n’étaient pas du tout co-
mestibles et provoquaient des maux
de ventre terribles à ceux qui s’y lais-
saient prendre.

56
Des champignons ? ...non !
Des insectes ?
...non plus !
Des oiseaux ?
...encore moins !

57
3. Dans la taïga
Les arbres givrés que l’on rencontre dans ces forêts éparses possèdent de
fines aiguilles de glace qu’il vaut mieux éviter de toucher.
Aux pieds des arbres, seuls de petits buissons aux fleurs gelées poussent
dans cet environnement où les rafales de vent raidissent
les membres et l’esprit.

abonde, et mange beaucoup afin de se

ahaka
LE SURVIVALISTE
constituer des réserves, allant jusqu’à
tripler son poids de base. Sa fourrure
est composée de poils courts qui
poussent à travers une épaisse couche
Espèce carnivore, le graisseuse. Ainsi imperméabilisé,
Dahaka s’at­ taque principalement aux grâce à sa vue et à ses ailes puissantes,
nids de dragons et à leurs petits. Il sévit il est capable de chasser autant en
surtout en été, lorsque la nourriture pleine tempête de neige que dans les
eaux glaçantes.

58
ris
LE PILLEUR

Durant les périodes dites


chaudes, les griffes rétractiles de ce
petit dragon lui permettent de grimper
facilement aux troncs des arbres pour
atteindre les œufs d’oiseaux dont il
raffole.
Il enterre alors une partie de son butin
dans un trou qu’il aura creusé sous la
neige.
Au moment où les températures com­
menceront à chuter, il ira se réfugier
à l’abri avec ses provisions,
s’emmitouflant de ses ailes et de sa
queue touffue.

nirion
MAÎTRE DE L’ÉVASION

Créature au pelage
épais, il utilise la capacité collante
de sa salive pour former de
grandes boules de poils qu’il
répartit sur toute la longueur de
sa queue.

Lorsqu’il se fait attaquer, ces


boules se détachent et servent de
leurres pour permettre à
l’Onirion de fuir.

59
rifette
DES FORÊTS

Dans des terres


boisées vit un animal solitaire
et nocturne que nous prîmes,
dans un premier temps, pour
un genre de hibou.
Bien que sa tête présente
certaines similitudes, son corps
n’a rien de comparable à un
volatile et s’apparente plutôt à
celui d’une mouffette dont le
pelage brun moucheté de noir
se fond parfaitement dans son
environnement.

60
À l’instar d’un rapace, ce dragon de taille C’est ainsi que nous avons découvert
moyenne possède une vue perçante lui qu’aux premières lueurs du jour l’animal
permettant de débusquer sa nourriture, regagne son terrier, qu’il ne quitte que
constituée de petites proies et de baies lorsque la nuit tombe.
sauvages, depuis la cime des arbres où Lorsqu’il ne chasse pas, il prend grand
il trouve refuge. soin du plumage duveteux hérissant
Malgré cela, son ouïe reste limitée, ce sa tête, qui lui offre protection l’été et
qui nous permit de l’étudier. chaleur durant les longues périodes
hivernales.

61
rictus
À L’ÉCOUTE

Prédateur à l’acuité
auditive surdéveloppée, le Crictus
vole en silence pour repérer les petits
mammifères vivant sous l’épaisse
couche neigeuse, avant de les attraper
grâce à ses longues pattes.

Son plumage noir et blanc absorbe et


retient la chaleur du soleil, lui offrant
une protection thermique adéquate
dans cet environnement.
Son nid, creusé profondément sous la
neige, lui permet de conserver cette
chaleur durant la nuit et les jours
moins cléments.

airu
GRATTE-NEIGE
Comme bon nombre
de ses congénères, ce dragon
enfouit sa nourriture dans le sol
enneigé pour la conserver.
Se déplaçant plus fréquemment au
sol que dans les airs, une peau s’est
formée entre ses doigts écailleux, ce
qui augmente la surface de contact
et lui évite de s’enfoncer dans la
poudreuse.

62
sura
L’ASTUCIEUX

Son pelage brun-gris de


l’été passe au blanc durant l’hiver.
Ainsi, il peut en tout temps se
camoufler dans son milieu naturel.
Pour garder la chaleur, l’Asura
tapisse sa tanière d’une large
couche de feuilles qui génère en
permanence une température
douce et constante grâce au pro­
cessus de décomposition.

kuchi
FLAMBOYANT
Les Ikuchis possèdent des d’arbres calcinés et se régalant de
capteurs leur permettant de détecter les braises rougeoyantes. De nombreux
rayonnements infrarouges émis par les voyageurs eurent la mauvaise surprise
feux de forêt qu’ils suivent, se reposant de se retrouver nez à nez avec l’un de
de temps à autre sur les branches ces spécimens alors qu’ils allumaient un
feu de camp.
Lorsque la saison froide arrive, les
Ikuchis migrent en groupe vers des
terres au climat plus chaud.

63
64
Étape IV
Les Plaines : Etude
11.Plaines verdoyantes
22.Steppes
33.Au coeur du désert
44.Étendues gelées

65
1. Plaines verdoyantes
Les précipitations n’y sont pas assez fréquentes pour que les arbres y
poussent, mais suffisantes pour que l’herbe y prospère sans peine.

ardax
LE LABOUREUR
Doux et protecteur, il
défend les membres de son groupe
avec férocité.
Ses griffes solides et affutées lui
permettent de gratter le sol afin d’y
trouver racines et petits animaux
enterrés qu’il n’a pas de mal à saisir
grâce à son museau fin et allongé.

66
zejikuu
AU FOND DU TROU
Si, en arpentant les plaines,
vous voyez de profonds trous creusés
dans la terre, il vaut mieux faire demi-
tour.
Ce conseil avisé nous a été donné
pour nous éviter malheur car les vers
des plaines s’y cachent à l’affût de la
moindre vibration et si l’un d’eux nous
détecte, tous sortiront de leurs tanières
en un instant pour attaquer.

67
aux autres et que tous s’envolent au
tivara
EN MEUTE
même moment. Une fois dans le ciel,
ils restent en formation, dans un ballet
aérien de toute beauté, et s’élancent sur
Les Ativaras possèdent une épaisse leur proie comme un seul être.
crinière blanche surmontée de deux
cornes solides et pointues. Vifs et
rapides, ces dragons vivent et chassent
en groupe. Leur cohésion est telle qu’il
suffit à l’un des membres de déployer
ses ailes pour envoyer un signal

eleria
DRAGON NOCTURNE

Ce dragon passe le
plus clair de la journée à dormir
dans des trous préalablement
creusés dans la terre.
La nuit, des nuées de ces créatures
prennent leur envol lorsque le soleil
se couche à l’horizon.

68
imos
AGILE ET RUSÉ
La faculté de
mimétisme du Mimos confère à
l’animal la capacité de changer
instantanément la couleur des
pigments de l’ensemble de son
corps et ainsi imiter celles de
son environnement direct, mais
lorsqu’il est découvert, il compte
sur son extrême rapidité pour
fuir ou se cacher.

rthros
CARAPACÉ
Se nourrissant autant de
petites proies que de plantes et de
baies, ce dragon omnivore possède
une large carapace surmontée de
piques puissants, ce qui le rend très
difficile à saisir pour ses éventuels
prédateurs.

69
lya
LE PACIFISTE

Connu comme le chasseur de


l’aube et du crépuscule, périodes durant
lesquelles il est le plus actif, ce dragon,
imposant de par sa taille, possède une
épaisse carapace dorsale formant une
armure impénétrable sur l’ensemble de
son dos, alors que le reste de son corps
reste vulnérable aux attaques.
Très curieux de nature, il n’en est pas
moins un prédateur redoutable qui
n’hésite pas à s’attaquer aux grands
animaux pour se nourrir. Sa queue représente un moyen de
Il est également responsable de nom­ défense très efficace. En effet, le bout
breux dégâts résultant des coups qu’il est orné de plusieurs rangées de plaques
porte avec l’extrémité de sa queue osseuses réparties en pointes.
semblable à une masse d’arme. Cette magnifique créature est donc
D’ailleurs, si on le qualifie de capable d’infliger de profondes et
« pacifiste », c’est uniquement parce mortelles blessures à ses assaillants,
qu’il reste placide avec les Hommes. broyant leur chair et brisant leurs os.
L’Elya est doté de pattes robustes dont
il se sert avec habileté et douceur. Ses
griffes, solides et résistantes, poussent
en continu durant toute sa vie, ce qui
l’oblige à les limer en grattant la roche.

72
73
2. Steppes
Des plateaux couverts de fourrés, situés à la limite des forêts
et des déserts.

calipèdre
LE COMBATTANT

Nos péripéties nous ont


menées dans les steppes, mais le trajet
fut très vite écourté par notre rencontre
fortuite avec des Scalipèdres en pleine
saison des amours.
Tous arboraient des cicatrices plus ou
moins profondes sur leurs ailes ainsi que
sur leurs corps couverts d’une épaisse
carapace. On pouvait apercevoir, dans
ce qui pourrait s’apparenter à un terrier,
les jeunes du clan encore chétifs et aux
ailes très fines.

74
trandi
LA GAZELLE VOLANTE
Ce corps zébré nous sembla tout
doit sorti de l’imaginaire. Cette espèce,
rapide comme l’éclair et à l’endurance
étonnante, ne ralentit que lorsqu’elle
déploie ses ailes pour franchir des ob­
stacles se dressant sur son chemin.

amotire
CROCHU

Cette petite teigne


profite souvent de son camouflage
naturel pour se tapir dans les hautes
herbes afin d’attraper sa proie et
y planter les griffes en forme de
crochets de ses ailes.

Il peut même arriver que ce dragon


reste si bien accroché qu’il finit par
décéder d’épuisement.

75
3. Au coeur du désert
Rivalisant d’ingéniosité pour résister aux fortes températures du désert,
qui peuvent facilement excéder les cinquante degrés, ainsi qu’au manque
d’eau quasi permanent, les espèces animales endémiques se sont adaptées
de différentes manières pour vivre et évoluer dans un lieu aux conditions
climatiques extrêmes.

ugant
VIF ET AGILE
courtes mais habiles petites pattes.
Le Rugant tue généralement des
Son corps possède la insectes et des petites proies vivant dans
caractéristique spécifique d’être allongé le désert en leur inoculant, par morsure,
et mince pour lui permettre de glisser un puissant venin.
très rapidement en ondulant sur
la surface du sable, s’accrochant
parfois aux pierres à l’aide de ses

76
erspi
LE CONCASSEUR
À travers le temps, la cara-
pace impénétrable de ce dragon s’est
astu­cieusement transformée en véri-
table condensateur. En effet, lorsqu’il
transpire, l’eau ne peut s’échapper
dans l’air et se condense en de fines
goutelettes qui s’éparpillent sur son
corps, lui permettant ainsi de réguler
sa température.

Quant à son surnom, il provient des


quatre pinces dont sa geule est dotée,
qui se révèlent être extrèmement pra-
tiques lorsqu’il lui faut briser les cara-
paces des insectes et les os des petits
dragons qu’il apprécie manger.

ndoc
CHASSEUR RUSÉ

Pour se protéger des chaleurs


désertiques, il existe également une
technique qui consiste à s’enfouir dans
le sable durant la journée pour ressortir
la nuit lorsque les températures son plus
clémentes.
Dormant le plus clair du jour, l’Andoc
attend donc la tombée du soir pour
chasser son repas, restant plusieurs
heures immobile et camouflé sous le
sable jusqu’à bondir rapidement sur
sa proie lorsque celle-ci passe à sa
portée, ses six pattes lui servant
de propulseur.

77
yrette
POURPRE
Durant la journée, ces
créatures passent beaucoup de temps
à lécher leur pelage qu’ils imbibent
de salive pour se rafraichir, mais
cette méthode leur fait perdre
énormément d’eau, pourtant si
précieuse.

C’est pour cette raison


que les Lyrettes atten­
dent que la nuit tombe
pour se gaver de plantes
et autres baies sucrées,
gorgées de l’humidité du soir, les
arrachant sur les buissons du désert.

ersine
LE FOUISSEUR
Son léger pelage disposé
sur son cou, ses pattes et sa queue lui
procure une isolation parfaite contre la
chaleur.

Le Yersine peut également se servir de


ses longues ailes comme d’un éventail
pour se rafraichir davantage, mais
sa meilleure protection réside dans
les terriers et galeries qu’il creuse
profondément dans le sable, dont les
températures en journée peuvent
chuter de plusieurs degrés par rapport à
l’extérieur.

78
cutifon
L’ILLUSIONNISTE
Certaines espèces allient
protection contre la chaleur et
camouflage. C’est le cas de l’Acutifon
dont la solide carapace, aux propriétés
isolantes, lui permet de se fondre dans
son environnement lorsqu’il reste
immobile.
Pour attirer sa nourriture, il utilise ses
ailes courtes aux couleurs chatoyantes
comme un leurre et bien qu’elles
ne lui permettent pas de voler, il est
néanmoins capable de planer sur de
courtes distances, prenant par surprise
les proies qui lui auraient échappées.

rtio
L’ARGENTÉ
Si, en traversant le
désert, vos yeux sont attirés par de vives
lumières, dites-vous que ce n’est en
aucun cas un mirage ou un trésor perdu,
mais simplement un dragon dont les
écailles argentées brillent sous les
rayons brûlants du soleil.

Il n’est nullement question


d’apparat dans ce cas, mais
bel et bien d’un moyen de
se protéger de la chaleur
en la déviant.

L’Artio, devenu adulte, ne


peut plus se servir de ses ailes pour
voler.
Il les utilise cependant pour com­
muniquer avec ses congénères en
émettant des vibrations sonores comme
les abeilles.

79
4. Les étendues gelées
Le froid glacial qui règne dans ces contrées oblige les êtres vivants à se parer
de plumages duveteux ou d’épaisses fourrures pour supporter les températures
extêmement basses, ou à trouver refuge en s’enfouissant profondément sous
la couche neigeuse et ainsi profiter des chaleurs plus clémentes émanant du sol.
Les sources chaudes sont également très appréciées.

eimvran
GÉANT DES GLACES
Lorsqu’il est en vol, il n’est
pas difficile de reconnaitre dans le ciel
ce grand dragon qui se distingue des
autres espèces par son corps plat et ses
larges ailes, mais il est quasiment
impossible de le
voir quand il est corps se fondant parfaitement dans son
posé au sol, son environnement naturel.
Cette protection s’avère bien utile car,
bien qu’il soit fort rapide pour chasser
ses proies qui n’ont pas le temps de le
voir venir, sa digestion s’avère être très
lente et lui demande de rester immobile
durant de longues périodes.

80
anhir
L’OBSERVATEUR
Véritable boule de poils Comme il est très curieux par nature,
volante, il possède une épaisse fourrure nous n’avons pas eu trop de peine à le
qui l’isole totalement du froid. Il a pour faire s’approcher pour mieux l’observer,
particularité d’avoir deux paires d’ailes moyennant tout de même quelques
qui lui concèdent la faculté de s’élever bouts de viande.
en hauteur rapidement et de scruter
l’horizon de son regard perçant, à qui
nulle proie ne peut échapper.

81
Étape V
Randonnee en montagne
11.Sommets anciens
22.Monts volcaniques
33.Haute montagne

83
1. Sommets anciens
Aussi vieilles que le monde lui-même, ces montagnes se dressent immuables
à travers les âges. Entourées de prairies fertiles, de denses forêts et de
grands lacs, les climats y sont aussi variés qu’à travers ce monde.

riguer
ADAPTATION CYCLIQUE
D’apparence pataude, ce Mais quand les beaux jours revien­
monstre gentillet a comme spécificité nent, ses ailes tombent, ce qui
de perdre ses ailes dans un cycle l’oblige à se nourrir abondamment
régulier : quand arrive l’automne, afin qu’elles repoussent avant que
celles-ci se développent pour faciliter l’automne ne revienne.
la chasse et l’aider à fuir les éventuels
dangers qu’il pourrait rencontrer.

84
escoeur
BLEU SOYEUX
Cette magnifique
créature est un savant mélange entre
un papillon des forêts humides et un
dragon de glace dont les couleurs
bleutées sont rehaussées des teintes
rougeâtres.

Doux et pacifiste, c’est un


être d’une grande curiosité qui
s’approche de tout ce qu’il ne connaît
pas pour l’examiner, ce qui explique
certainement pourquoi il nous tourna
autour un certain temps avant de
retourner vaquer paisiblement à ses
occupations.

85
intsune
LE VÉNÉRÉ ALPHA ELTAMIN

Le Mintsune, de la race des Eltamins, est un dragon


vénéré par les peuples du Nord qui voient en lui une divinité protectrice
venant des étoiles.
Les seuls spécimens que nous avons pu observer sont les statues à leur
effigie érigées dans les temples vouant leur culte.
Nous avons cependant rencontré un vieux prêtre qui prétend avoir
vu l’un de ces êtres mystiques, le décrivant comme une créature sage,
maligne et espiègle dont la célérité n’avait d’égale que celle des étoiles
filantes traversant le ciel.
Le Mintsune n’apparaîtrait que lorsqu’un danger imminent se profilerait
à l’horizon.

87
2. Monts volcaniques
Ici, la flore se fait rare. Les éruptions fréquentes empêchent la prolifération
des plantes qui peinent à s’enraciner dans la roche volcanique, quand
elles ne sont pas emprisonnées sous la lave.
Pour survivre, les animaux sont obligés de puiser dans les éléments ferreux
et les minéraux que les pierres volcaniques leur offrent.

rock
À CAPUCHE BLEUE
Fin et agile, ce petit
dragon se faufile avec facilité
entre les interstices rocheux, sa
queue préhensile lui permettant
d’y débusquer ses proies.

Lorsque nous l’avons


découvert, nous avons été
émerveillés de voir sa carapace
scintiller par endroits.
Mais notre guide nous expliqua
alors que des minéraux restaient
parfois piégés, déformant sa
cuirasse jusqu’à lui causer des
dommages irréversibles, raison pour
laquelle il était rare d’en rencontrer
d’un âge avancé.

88
ukra
À LA CRÈTE NOIRE
Perchés sur les rochers
en hauteur, des yeux perçants
surveillent les routes des monts
volcaniques.
Possédant de larges ailes ainsi qu’une
épaisse carapace, le Sukra est capable
d’anticiper les éruptions volcaniques
et s’enterre profondément avant
qu’elles ne surviennent.
La crête courant tout le long de
son dos lui permet non seulement
d’évacuer la chaleur de son corps,
mais également de passer inaperçu
au milieu des quelques herbes qui
arrivent à pousser dans ces contrées.

nsine
FÉE DES VOLCANS

Aucune espèce ne s’est


mieux adaptée à cet environnement
que l’Ensine.
Vivant au milieu de la chaleur
étouffante chargée de carbone et de
soufre, on le voit souvent survoler
les cheminées fumantes des
volcans dans une danse hypnotique.

Avec ses six pattes, ses longues


cornes et les piquants hérissant son
dos, on aurait pu l’apparenter aux
créatures chimériques des cultures
orientales de notre monde, s’il n’était
d’une aussi petite taille.

89
ubru
LE COLLECTEUR

Cette créature frileuse


ne vit que dans les zones volcaniques, se
cachant dans les grottes formées par la
lave.
Sa vue est perçante mais ses yeux très
sensibles à la lumière du jour l’obligent
à chercher sa nourriture uniquement
durant la nuit. Dès que le soleil se
couche à l’horizon, des centaines
d’individus quittent leurs abris et
sondent le sol à la recherche de
proies piégées par les coulées
brûlantes.

ryn
JOYAU DES VOLCANS

S’il existe un dragon


facilement reconnaissable et unique
en son genre dans ces contrées, c’est
bien l’Oryn.

En plus des couleurs chatoyantes


qu’il arbore fièrement, son corps
est orné d’une multitude de joyaux
qu’il trouve en creusant le sol.
Attiré par tout ce qui brille, il
accumule entre ses écailles les
gemmes ainsi que les précieux
minéraux qui luisent de mille feux
sous les rayons solaires.

90
ensys
LA CENDRE AU VENT

Ne possédant pas de membres inférieurs, les Kensys ne se


déplacent que très rarement au sol. Pour ce faire, ils utilisent leurs deux grands
crochets pour s’agripper et glisser sur les roches. Plus à l’aise dans les airs,
ces dragons se servent des courants chauds produits par les cheminées pour
s’élever dans le ciel et planer sans trop d’efforts. Au cours du temps, leurs yeux
se sont enfoncés dans leur boîte crânienne, les protégeant ainsi des poussières,
des cendres et autres débris crachés par les volcans.
Malheureusement, leur vue s’en est trouvée diminuée, mais ils peuvent
compter sur les capteurs sensoriels qui recouvrent leur queue et leur crête
dorsale pour s’orienter facilement.

91
3. Haute montagne
Ici, l’eau ne se trouve que sous forme de glace, hormis les sources souterraines.
Plus on monte en altitude et plus les températures baissent
et l’oxygène devient rare.
Nous nous sommes alors vite rendus compte que dans un milieu aussi
inhospitalier, les êtres vivants ont été obligés de s’adapter et surtout de
s’endurcir pour survivre, les dragons ne faisant pas exception à cette règle.

hoecos
ÉCAILLEUX ET ÉPINEUX

Ce fouisseur utilise le bout Ses puissantes pattes lui permettent autant


de son museau pour fouiller la neige afin de grimper que de sauter rapidement
de récupérer les réserves de nourriture pour échapper plus facilement aux
que d’autres dragons ont constituées. menaces qui peuvent advenir. De plus,
Lorsqu’il ne trouve rien, il creuse il possède une épaisse couche de graisse
plus en profondeur jusqu’à atteindre répartie sous ces écailles lui conférant
les plantes et racines comestibles qui une protection plus qu’appréciable
poussent dans le sol gelé. contre le froid mais également contre
les attaques de prédateurs.

92
stiak
DRAGON DES GLACES
Les monts enneigés four­
millent de galeries creusées par les
Ostiaks.
Ces dragons fouillent dans la neige
et usent de leurs grandes et
puissantes griffes pour trouver
les herbes gelées, cachées
sous l’épais manteau blanc.

93
onhir
GARDIEN DES SOMMETS

Il est dit, que sur le chemin


menant à la plus haute montagne, vit un
dragon géant qui garde le passage vers
le sommet, bloquant l’accès à tous ceux
qui osent s’y aventurer.
Un tribut de sang et de chair doit lui
être cédé si l’on veut continuer sa route.
C’est ainsi que, durant les Grandes
guerres, beaucoup de guerriers furent
sacrifiés.
Majestueux et impressionnant de par
sa taille, il n’en reste pas moins agile
lorsqu’il est en vol.
Il est également considéré comme le plus
intelligent des dragons car il possède la
faculté de pouvoir communiquer avec
n’importe quel être vivant.
Malgré les avertissements, nous
n’avons pu nous résoudre à rebrousser
chemin. De ce fait, c’est après une
ascension périlleuse et la confection
d’un camouflage rudimentaire que
nous sommes parvenus à apercevoir le
colosse ailé tournoyer autour des
cimes enneigées.

Nos observations faites et notre curio­


sité satisfaite, nous sommes aussitôt
repartis.

94
rivus
TRAPU ET MASSIF
Personne n’est aus-
si bien équipé pour affronter le
froid glacial que le Grivus.
Doté de petites oreilles et
d’une queue courte, cet animal
possède une épaisse fourrure
blanche et noire qui lui sert
autant de camouflage Ses larges pattes, pourvues de
que de protection longues griffes, lui offrent plus
thermique. d’adhérence dans la neige ainsi
que les outils nécessaires pour
trouver les grandes quantités
de nourriture qu’il est capable
d’ingur­
giter avant sa période
d’hibernation.

96
érin
FROID MARAUDEUR

Le plus discret et silencieux des dragons est


également l’un des plus grands qui existe dans ce monde.
Ces notions, pourtant antinomiques, s’allient parfaitement
dans cet être au regard intense qui arpente les plus hauts
sommets baignés de brume.

erryon
AU BLANC MANTEAU

Paré d’une abondante


fourrure blanche recouvrant l’inté­
gralité de son corps écailleux, le
Kerryon doit sans doute être le plus
doux des dragons, mais nous ne
pourrions en jurer car jamais nous
n’avons pu en approcher un d’assez
près.
Les longs poils qui ornent son cou
ainsi que sa queue lui donnent un
air distingué caractéristique de
cette espèce.

97
100
Étape VI
A propos des cieux
11.Parmi les nuages
22.haute atmosphère

101
1. Parmi les nuages
S’étendant de la terre jusqu’au-dessus des plus hauts nuages, les créatures
qui évoluent dans cet environnement ont dû s’adapter aux températures qui
deviennent de plus en plus froides à mesure que l’on monte en altitude.

nthion
BAROUDEUR DU CIEL
Lorsqu’il chasse, il scrute la terre de ses
yeux perçants jusqu’à ce qu’il trouve une
faible proie facile à attraper. Alors il fondra
Il évolue dans les cieux sur elle dans un murmure et la dévorera
avec tant de grâce et d’aisance qu’on avant de s’en retourner dans le ciel.
pourrait le croire aussi léger que l’air.
Sa digestion étant extrêmement lente, il
peut rester des mois sans toucher
le sol.

102
imushi
COURSE-LE-VENT
Ce petit migrateur
peine à supporter le froid et le fuit à la
recherche de températures clémentes.
Suivant les courants aériens, il attrape
au vol les insectes et autres petits
organismes vivant dans les cieux.

ycar
L’INTRÉPIDE
Puisant son énergie
dans les rayons du soleil, l’Eycar est
obligé de voler longuement en altitude
deux à trois fois par jour avant de s’en
retourner chasser.

Dragon solitaire de taille moyenne, il


ne peut endurer de longues chasses à
cause de sa constitution fragile et de ses
petites pattes malhabiles et faibles.
Il attaque donc ses proies par surprise,
les étouffant de sa queue préhensile.

103
zoa
CHARME ÉLÉCTRIQUE
Appelé également « dragon
foudre », l’Yzoa est capable de
produire des décharges élec-
triques semblables aux éclairs.
Son corps, d’une extrème légè-
reté, lui permet de se poser sur
les nuages dans lesquels il dispa-
raitrait totalement sans sa biolu-
minescence.

À sa mort, il se désagrège en
milliards de particules qui flottent
au vent jusqu’à ce que l’une d’elles soit
frappée par la foudre : à cet instant un
nouveau Yzoa prend vie. Les particules
qui touchent terre donnent naissance
à des fleurs lumineuses extrèmement
rares qui possèdent des capacités
régénératrices très appréciées en
médecine.

104
cyzées
PORTÉS PAR LES AIRS
Vivant en couple jusqu’à la
mort, les Scyzées se déplacent au gré
des vents sans jamais toucher terre. En
perpétuel mouvement, ces êtres éthérés
se nourrissent exclusivement d’oiseaux
qu’ils attrapent au vol.

Lorsqu’ils se sentent menacés, ils


peuvent créer de puissantes tornades en
tournoyant dans les airs, chacun dans
un sens différent.

105
elen
TROMPE-L’ŒIL
Les couleurs vives de son Ainsi protégé, il se repose, non sans
corps virent au bleu sur ses extrémités, garder un œil entrouvert.
ce qui le fait paraître plus petit qu’il
ne l’est en réalité, feintant ainsi ses Au lever du jour, il prend son envol
adversaires. pour retourner dans les cieux.
Lorsque la nuit tombe, il gagne le sol et
referme ses ailes sous sa carapace afin
de les garder du froid.

106
107
2. Haute atmosphère
Les effets de la pesanteur terrestre y sont quasiment nuls. L’oxygène devient
une denrée rare dans cette atmosphère aux températures extrêmes.
Il n’existe que peu d’êtres vivants capables d’y survivre, et pourtant...

yeon
COURONNÉ
La résistance
physique de ses organes lui
permet de supporter de fortes
pressions ainsi que d’évoluer
dans le vide.
Ses poumons peuvent absorber
la moindre particule d’air dans
un milieu où l’oxygène est rare,
voire inexistant.
hresyl
VISION FUGACE
Selon certaines comptines
mêlées aux légendes orales, il
existerait une créature draconique qui
se déplacerait dans les couches
extrêmes de l’atmosphère, restant Toutes les descriptions sur ses couleurs
la plupart du temps hors de vue, sauf sont les mêmes : un abdomen dans les
lorsqu’il descend pour se nourrir. tons blanchâtre et bleuté ainsi qu’un dos
Toujours selon les on-dit, ses ailes de couleur différente selon les endroits
seraient constituées d’une matière où l’on dit en avoir aperçu.
légère semblable à un cuir extrêmement
fin. La légèreté est d’ailleurs ce qui En toute vraisemblance, on peut en
semble le caractériser le plus auprès des déduire qu’il utilise un camouflage
Hommes. Certains disent même qu’il changeant en fonction de son
arborerait des plumes qui lui serviraient environnement.
de protection contre les températures
extrêmement froides qui règnent dans
son habitat céleste.

109
ussi
LE GRAND MAÎTRE
« Il ne parait que la
nuit, son corps pâle scintillant
comme s’il reflétait l’éclat de la
lune ».

Voici comment ce dragon


légendaire nous fut décrit.
Dans l’imaginaire collectif, il
représenterait le gardien du
savoir.
Lorsque nous en avons vu
des représentations, nous y
avons tout de suite reconnu les
traits des créatures mythiques
peuplant les contes asiatiques
de notre monde.
De longes moustaches, un corps
effilé, six pattes, nul doute que
l’un d’eux ait un jour traversé le
Portail.
ukto
GRAND VOYAGEUR

La peau des ailes de


ce dragon est si fine qu’elle en est
quasiment translucide et laisse
apparaître les vaisseaux sanguins
de ce dernier, ce qui leur donne cette
couleur rouge si particulière.

Recherchant la chaleur du soleil,


ce quadrupède suit la course de
l’astre diurne en volant au- dessus
des nuages.

edius
AUX QUATRE VENTS

Ils possèdent un sens très


développé qui leur permet de
repérer les courants aériens, se
laissant porter par les vents chauds.
Flottant littéralement dans les cieux,
les Dedius traversent les nuages pour
attraper les particules organiques
dont ils se nourrissent, mais ils ne
dédaignent pas les quelques insectes
qui croisent leur route lorsqu’ils
redescendent vers les terres.

111
Malheureusement pour moi, alors que mes collègues
avaient déjà traversé le Portail lumineux, celui-
ci s’éteignit brusquement, me laissant seule de ce
coté. Mes notes devaient prouver la véracité de
nos recherches à la communauté scientifique.
Edith

112
Fin de la
premiere partie
114
Partie 2 :
Explorations
Vous tenez entre vos mains le carnet d’Edith, membre de l’expédition
restée sur place, dans son étude approfondie du monde de Dréankë.
Toutes les notes et les récits qu’elle a laissés sont regroupés dans
cette partie 2 : Explorations.

115
L’œuf
JOUR 247
Deux semaines se sont écoulées depuis ma dernière lettre.
La pluie battante dont je me plaignais a cessé, et les villageois
de Semliin pourront bientôt accrocher les clochettes au cou des
vaches heureuses d’être libérées de l’étable, la saison froide
étant maintenant terminée.

Après quelques mois passés à travailler au village - révision des


clôtures, bûcheronnage, nettoyage des rigoles d’irrigation et
j’en passe -, ma présence attire beaucoup moins les regards et
ceux qui restent sont bienveillants. Je suis certaine que cette
amitié toute récente ne s’éteindra pas durant mon absence.

Les végétaux recouvrant la base du Miroir continuent leur lente


extinction, et je peux raisonnablement penser qu’ils s’abreuvaient
de son énergie scintillante. Je n’ai pas trouvé d’autre explication.
Mais cette disparition a du bon !
En effet, l’enchevêtrement serré de lianes et de racines, au pied
de l’édifice, me l’avait caché depuis tout ce temps. Les lianes
s’affaissant aujourd’hui tout autour, les racines repliées sur
elles-mêmes ne l’enserrant plus : « l’Oeuf » se révéla.
Lourd et rêche en main, il n’était pas ovale comme on pouvait
s’y attendre. Son aspect était celui d’une pierre brute, d’une
légère couleur vert translucide. Je ne m’y serais pas attardée
si le centre de la pierre ne brillait pas d’une étrange lumière,
dévoilant, selon l’angle, la forme d’un embryon à l’intérieur.
Voilà de quoi nourrir ma curiosité !

Depuis que le Portail s’est éteint devant moi, me laissant sans


mes pairs, j’attendais obstinément de voir sa surface miroiter
à nouveau.
On est venu me remettre aujourd’hui un courrier épais venant de
la Citadelle, un ordre d’érudits à qui j’avais écrit il y a quelques
semaines. À la lecture de celle-ci, je comprends maintenant qu’il
est temps pour moi de reprendre la route.

Si vous lisez cette lettre, attendez-moi. Je reviendrai dans un


an, au début de la saison chaude, et je vous invite à vous rendre
à mon campement au nord. Vous y trouverez quelques provisions,
viandes séchées et grains notamment, et le vent y est moins
fort qu’au pied du Miroir.

Edith

118
MYSTÉRIEUSE DÉCOUVERTE
-Par Eriès Angou, assistant de publication-

C’es t un bien étrange récit qui nous


vient de Tévérie. L’honorable chercheur et explorateur
Saghorn, dont les travaux sont très réputés, s’est trouvé
face à l’inexplicable.
Parti étudier les Mucetes cendrées au coeur de la forêt,
il affirme avoir entendu un étrange crépitement qui
attira son attention. Toujours selon ses dires, le bruit
venait d’un grand roc semblable à une arche, et il
rapporte avoir vu un autre monde au travers un reflet
argenté émanant de la structure.

Les docteurs de la Citadelle ont rapidement pris le


pauvre homme en charge et ont annoncé à la presse que
le Professeur Saghorn avait sans doute
ingéré trop de champignons.

120
ugr yn mplir mon
Je venais de re
e l’œuf
journal lorsqu
éc lo t. hu m id e
ord la tête,
J’aperçus d’ab bleus
do nt le s ye ux
et hé si ta nt e, io n sa ns y
on attent
cherchaient m dr ag on finit
part. Le
parvenir au dé et sta
re
de son cocon
par s’échapper
la table.
immobile, sur ptiles,
s apprécié les re
Je n’ai jamai rt ai ne av er sion
une ce
j’en ai même re tait.
bu
n contact me
et l’idée de so pas m’y
je ne voulais
Plus que tout,
at ta ch er .

Lu gry n
Dra gon bleu
(Ra re ?)

Pour réactiver le Miroir,


je dois retrouver
les Étincelles de magie.

Edith

121
122
l’Immuable
125

l’Invisible
151

le flux
175

le vif
199

l’esprit
221
l’immuable
Monarque implacable à la puissance figée,
nul ici ne peut fléchir, nul ici ne peut mourir,
car sans te retourner, sans un mot, sans rien dire,
rien ne change sous ton règne, et c’est là ta fierté.

125
126
réank
LE DIEU MONDE, L’ŒIL ABSOLU

Dréank est le créateur et grand protecteur


de l’Oeuf-Monde, « Dréankë », pour le­
quel il semble prêt à tous les sacrifices.
Au coeur de la mythologie dréankéenne, présent
dans les replis de chaque légende, Dréank est un
Dieu intelligent, pragmatique, parfois sévère,
souvent montré comme détaché du présent
et des événements en cours.
Seul le destin de l’Oeuf-Monde
l’obnubile et l’accapare, c’est dans
le but de mieux le protéger qu’il
créa et s’entoura de Gardiens.

127
es Pierres dans la forêt
J’ai parcouru bien des forêts, Au fil des ans, les mille et une richesses du
que ce soit sur Terre ou ici, sous-bois ne restèrent pas inaperçues,
sur Dréankë. Mais l’une des attirant toujours plus de récolteurs en
plus marquantes fut sans nul doute la quête de fortune.
forêt d’Ektiol et son impressionnante
population de statues. Les Ektiols, ces dragons aux pouvoirs
miraculeux, s’épuisaient rapidement à
Bien avant que les Hommes se soient entretenir la nature. Quand ils furent
appropriés la terre, une grande famille vidés de leur essence vitale, ils se
de dragons régnait et prenait soin des changèrent en pierre, devenant ainsi
lieux. Un seul individu rendait possibles la les observateurs éternels de la forêt.
vie et la croissance de plantes et fleurs Les Hommes, trop affairés par leurs
aussi rares que précieuses ! récoltes, ne remarquèrent pas leur
disparition.

JOUR 250
Edith

128
ias
Il existe des dragons
aux qualités immenses,
et celui- ci est sans nul
doute mon favori : le Nias est une merveilleuse
espèce de dragon qui peuple les cours d’eau.
Derrière le bruit sourd d’une cascade, vous
n’entendrez jamais les Nias qui s’affairent à rendre
l’eau aussi pure que possible.
Baignez-vous dans un lac, et ces petits dragons aux
multiples ailes s’agiteront dans votre ombre pour
tout nettoyer.
Ceci étant dit, l’effort colossal demandé pour
assainir l’eau après votre passage pourrait
avoir raison de cette espèce...

129
luthéryne le forgeron
Ce récit se déroule il y a fort longtemps. Sur les flancs du paisible mont
Ytis, un jeune forgeron trouva une dragonne déboussolée et agitée qui
avait perdu les siens. Eluthéryne décida alors de recueillir celle qu’il
baptisa Elvessar.

Grandissant au sein de son atelier, entourée de charbon de bois et de chaudes vapeurs,


la dragonne accompagna Eluthéryne dans toutes ses créations.
Ils confectionnèrent des armes de la plus noble facture qui soit, faisant la réputation
du duo dans tout Dréankë. C’est peut-être à ce moment là qu’ils forgèrent aussi la plus
belle complicité qui soit.

Il fut un jour malheureux où Elvessar sentit son don se libérer. Bien qu’à sang froid,
une puissante chaleur s’installa définitivement au coeur de sa chair, et la température
qui émanait d’elle devint dangereuse pour Eluthéryne. Forcée de se séparer de son
ami, la dragonne s’installa au sein d’une caverne d’où elle pouvait toujours apercevoir
le forgeron.

Depuis ce jour, les éruptions du volcan provoquées par Elvessar sont autant de feux
d’artifices dans le coeur de son ami, et les magnifiques joyaux aigue- marine portés
par la rivière ont fait de l’atelier d’Eluthéryne le plus réputé, mêlant plus que jamais
le savoir faire de la dragonne et du forgeron.

130
131
usies
Un jardin infesté de gobant les insectes nuisibles attirés
musies n’est-il pas un par les douces odeurs, tout en
cadeau des Dieux ? laissant en paix ceux qui s’avèrent
utiles pour le bien-être de la plante.
Voilà un petit dragon bien
attachant ! Inoffensif et paresseux, Sa longue queue préhensile lui
le Musie vit en symbiose avec de garantit d’être bien accroché lorsqu’il
nombreuses plantes aromatiques, se déroule vivement pour attaquer,
aidé par les poils qui parsèment son
corps. Ceux-ci sont en effet enduits
d’une substance légèrement collante.

Il existe, dit-on, autant d’espèces de


Musies que de plantes aromatiques,
et la croyance leur prête volontiers
la faculté de modifier leur
pigmentation.
En vérité, les Musies ont leur
préférence, et on sait aujourd’hui
qu’un Musie à tête noire sera
toujours plus attiré par une belle
caillote que par un mierli.

132
133
avaryne
L’AMBITIEUSE, LA TRIOMPHANTE,
CELLE QUI DÉFIA LES SOMMETS

Bien longtemps avant que la dune ne recouvre


la lande, vivait ici Savaryne. Sa constitution rocailleuse
rappelait celle des grandes roches dont elle est née.

Haute comme trois grains de sable, Savaryne ne se


démarquait pas de la terre, et on la piétinait sans y prêter
attention. Quand elle en eut assez d’être méprisée et
malmenée, la dragonne décida qu’il était temps pour elle de
changer.

Au centre de la plaine, le mont Nhort dominait l’ensemble


du paysage. C’est tout naturellement qu’elle commença à
le grignoter. Érodant la base, Savaryne grandissait toujours
plus, assimilant le sable avec frénésie. Lorsqu’elle atteignit la
stature d’une petite montagne, ce n’était toujours pas suffisant
à ses yeux.

Des jours durant elle continua d’engloutir la montagne, jusqu’à


ce qu’il ne reste plus qu’un unique bloc de roche. La dragonne
n’en fit qu’une bouchée !
Maintenant qu’elle avait réussi à obtenir la considération de
ses pairs, Savaryne s’allongea sur la plaine pour sombrer dans
un sommeil sans fin.

Aujourd’hui, le vent a dispersé Savaryne et le sable qui la


composait. Un immense désert se tient ici, que personne ne
peut ignorer.

134
135
Jour 252
Après seulement cinq jours de marche, j’ai déjà
croisé un nombre incroyable de créatures et
j’ai hâte de raconter mon voyage quand je
rentrerai.
Mes observations, études et autres
pérégrinations sont toutes rapportées dans
mes carnets, et c’est là la seule richesse que
j’emporte partout avec moi.
resta
Ses couleurs vives
attirent le regard, sa
petite bouille terminera
de vous convaincre : le Dresta est
magnifique.
Lugryn m’a-t-il sauvé la vie en
m’empêchant d’aller au contact Pourtant, il s’agira de ne pas se
d’un Dresta aujourd’hui ? laisser emporter par votre envie
Edith de lui faire un calin.
Bien que l’animal soit d’une curiosité
extrême, doux par nature, aux
penchants sociaux très prononcés,
ses ailes sont enduites d’un puissant
poison qui le condamne à une vie
solitaire.
Si le Dresta recouvre parfois ses
ailes de poussière afin d’en réduire
la létalité, il est tout de même
périlleux de s’en approcher.
C’est Feager, attristé de voir l’une de
ses créations menacée de disparaître,
qui fit don de cette malédiction au
Dresta il y a bien longtemps.

136
alturan
Balturan était fier d’arborer
autant de victoires que d’écailles
étincelantes.
Impénétrable, recouvrant tout son corps, son
armure ne pouvait le décevoir. Alors quand il fut de
nouveau mis à l’épreuve, Balturan ne s’inquiéta pas.

Sa quête l’entraîna au large des grandes îles,


derniers témoins du passage d’Agos sur Dréankë.
Le Dieu des mers y avait perdu sa Perle, et c’est
justement ce qui intéressait Balturan.
Impatient, il plongea dans les profondeurs avant
de réaliser l’erreur qu’il venait de commettre.
Incapable de refaire surface, entraîné par le poids
de son invincible armure, Balturan vit sa chute
précipitée par l’ampleur de son orgueil.

137
éalès, Neren et Coelune
Adoptés par le froid, bercés par les murmures du grand
mistral, ces trois dragons gelés n’ont dans le coeur pourtant
rien de la placidité que l’on pourrait supposer.

Inséparable et millénaire, ce facétieux trio


répand sa joie de vivre comme un serment
éternel à l’hiver boréal.
En les voyant jouer sans frayeur, s’ébattre sans souffrance
et se railler sans bruit, vous comprendrez que l’amour qui les
unit est un brasier fraternel que nul ne saurait éteindre.

Véalès, Neren et Coelune ont été choisis comme emblème par le clan
du Ru’ib, qui voit en eux des symboles de sagesse et de sérénité.
Il est coutume de croire dans la région qu’après la mort, l’esprit des
membres du clan rejoint les dragons pour un dernier jeu avant de
disparaître.

138
139
urtelis
Le Vurtelis ne dort jamais.
Unique, originale, sa curiosité
insatiable l’entraîne dans chaque
recoin regorgeant de mystère, où
il devient l’espion de l’activité des
Hommes et des bêtes.
Il occupe ses journées à observer
vos moindres mouvements, grâce à
son métabolisme... dynamique!

140
erisan
Attention, chute de dragon !
Voilà une bien étrange pan­
carte pour une créature tout
aussi singulière.

Doté d’un lourd manteau d’écailles


ciselées et parfaitement ordonnées,
l’immense Perisan repère sa proie
depuis le ciel et chute, recroquevillé,
tel un boulet dévastateur lancé au sol.
S’écrasant dans un impact imprécis, il
ne doit sa survie qu’à son armure.

stira
On raconte que ce petit
dragon pares­ seux se
rendit responsable, par
sa maladresse, de la destruction
des Jardins d’Akéos.
Honteux, il trouva refuge au sein
d’une petite bogue qu’il renforça
année après année grâce à sa
magie, afin de la rendre aussi
solide qu’un écrin de plomb.

141
éryns
La longue journée
de voyage m’ayant
épuisée, je pris la
direction de ce qui aurait dû être le
petit village de Dalda. Abandonné
depuis quelques années, ce n’était
plus qu’un ensemble de ruines ne
tenant encore debout que grâce
à la force d’un épais manteau
de lierre. Le lieu m’intriguait, et
prudemment, j’entrepris d’en faire
le tour.

Avancer dans une telle


végétation est difficile, et
j’arrachais accidentellement du
lierre en me glissant sous un ancien
porche... Quelle ne fut pas ma
surprise ! Celui-ci repoussa à
vue d’oeil, nappé d’un léger
halo lumineux, qui disparut une
fois que la plante eut repris sa
place.

Déconcertée, je restais un moment


sur place et je vis Lugryn, qui
parvenait à se faufiler sans peine
entre les ramifications, disparaître
rapidement dans l’une des bâtisses.
Lorsque je réussis à le retrouver,
deux dragons avaient rejoint le
mien, et tous étaient enchevêtrés
dans le lierre.
Je m’installai à l’autre bout de
la pièce et décidai de sortir mon
carnet pour garder une trace de
cette rencontre.
Mon acolyte s’épuisait à les
suivre, tant le lierre était leur
allié : la plante les propulsait à
l’envi, les rendait inaccessibles, les
accompagnait dans tous leurs
mouvements.

142
Couverts de morceaux de feuilles et de
lierre, ils finirent par s’endormir et je les
imitai.
À mon réveil, le soleil était déjà
haut dans le ciel. Lugryn n’était plus
en compagnie des deux dragons, et
je notais que le lierre dépérissait
maintenant à vue d’oeil.
Je quittais le village dans l’après-midi,
avec la conviction d’avoir pu admirer
l’une des forces de l’Immuable...

Jour 279 - Edith

143
’Éclat
Isolée, à l’abri des monts jumeaux Nelid et Areonelle, la
vallée est désertée depuis la Colère de Dréank.
On raconte qu’une sombre époque, mêlant conflits et
sanglantes escarmouches entre deux royaumes voisins, transforma
ces lieux. Lorsque la guerre se propagea à Rhys, les habitants de la cité
furent contraints de migrer et traversèrent le fleuve jusqu’à Areon, la
florissante voisine, qui refusa catégoriquement de les accueillir.
Repoussés avec violence, réduits à vivre dans les bois, les Rhyséens
s’installèrent alors dans la vallée. Areon répondit en brûlant les forêts
et en empoisonnant les rivières.
Le coeur du grand bois était le refuge d’un fervent disciple de Dréank,
Kasalt. Face aux brasiers sauvages, avides et déchaînés, le dragon se
retrouva acculé. Lent par nature, il avait déjà accepté son triste sort.
Brusquement, la forêt trembla, les lacs recouvrirent la terre et Kasalt
fut témoin de l’apparition de Dréank. Les Hommes étaient allés trop
loin. le Dieu bannit les flammes, balaya la guerre d’un simple revers
de queue. Dans l’action, un fragment d’écaille, unique empreinte du
passage de Dréank, se détacha dans un éclat éphémère.

Certains pensent que de l’écaille perdue du Dieu est né un dragon qui


règne maintenant sur les environs.

Jour 314
Il est rare de voir mentionnées de telles
interventions divines. Je me souviens avoir
étudié le Kasalt avec mes confrères, lors
d’un voyage mouvementé dans les forêts
tempérées d’Areonelle. Peu véloce, il doit
garder depuis des centaines d’années
l’endroit de la contestation de Dréank.
Aidée de mes anciens écrits, je peux me
rendre sur place !

Jour 320
Lugryn m’inquiète, il est nerveux par
moments, apathique par d’autres. Je vais
continuer à surveiller son comportement.

144
145
JOUR 330
Lugryn me devançant, je pris
un plaisir certain à me replonger
dans la forêt où j’avais
autrefois rencontré le Kasalt.
À chaque grand roc croisé, je
pensais voir le dragon immuable qui
resta cependant absent toute
la matinée. Lugryn s’agitait
maintenant et entreprit de
poursuivre sa propre piste,
m’imposant un rythme que je
peinais à tenir.

Alors que je le retrouvais, le


dragon bleu faisait face à un
véritable titan aux couleurs vives et
iridescentes. L’air vibrait, saturé d’une
énergie moite qui semblait recouvrir
l’ensemble de la clairière d’une pellicule
scintillante.
J’étais en présence d’un animal
fabuleux, aux capacités immenses, bien
au-delà de tout ce que j’avais étudié
auparavant. Était-il vraiment l’enfant
incroyable de Dréank, né d’une seule
écaille, mais déjà pourvu de pouvoirs
considérables ?

Lorsque Lugryn sembla être au coeur


d’une lumière sans commune mesure, je
couvris mes yeux, sans savoir qu’au
moment de les rouvrir tout aurait disparu.

Étendu au sol, Lugryn respirait doucement.


Je profitai des jours suivants pour
l’examiner.
Edith

146
LUGRYN
Premiers élémen
ts d’étude

148
De stature moyenne, Lugryn se développe
rapidement et possède déjà une belle
crinière d’écailles qui varie du rouge au
doré et contraste avec le reste du corps.
Le rôle protecteur de son armure n’est
pas négligeable et permet sans doute au
dragon d’être facilement reconnaissable
par les membres de son groupe.

J’aimerais rencontrer d’autres


spécimens de cette espèce, afin
d’en étudier les variations.
Edith

149
l’invisible
D’un geste inaperçu, d’une fougue insoupçonnée,
il contraint volontiers la matière qui l’entoure,
la repousse sans manières, sans limite à ce jour,
grâce aux forces cachées dont il a le secret.

151
JOUR 338
La journée fut plutôt calme et je
profite d’une brise apaisante pour
trier mes papiers. Lugryn s’est
installé à mes côtés et ne peut
s’empêcher de surveiller mes faits
et gestes d’un oeil curieux.

Ma vie a pris une tournure sur­


prenante : les livres que je possède
sont maintenant envahis de légendes
et d’histoires. Dans l’un deux, j’ai
découvert une petite note évoquant
Gurun.
Il m’a fallu du temps pour différencier
Gardiens et Dieux, et si les premiers
sont une création des seconds, ils n’en
sont pas moins importants, jouant un
rôle d’intermédiaires entre l’Homme et le
Divin. Bien que passionnante, la mythologie
dréankéenne demeure complexe, et je m’y
perds parfois un peu.
Edith

152
oribule
Approchez d’une rivière ou d’un lac
et vous aurez peut- être la chance de
l’apercevoir.
Discret et peu farouche, le Loribule aime
se prélasser près des nénuphars, et c’est
nonchalamment qu’il s’approchera de vous en
lévitant à la surface de l’eau.
S’il parvient à ne jamais l’effleurer, c’est grâce
à une magie subtile que le Loribule emploie
de bien des manières, que ce soit pour flâner,
chasser ou satisfaire son intérêt. Car si le
dragon savourera chaque instant passé en votre
compagnie, une fois sa curiosité assouvie, il
s’éclipsera entre les roseaux.

154
lyvius
Elle détruisit une partie du port ainsi
que le quartier bruyant et populaire de
l’Ancien-Courrier.
Les habitants stupéfaits rassemblèrent leur courage et envoyèrent la garde ; mais
rien ne pouvait plus bouger la bête. Elle s’installa comme un chat, appréciant
l’effervescence qu’elle suscitait, se délectant de la ville qui fourmillait autour
d’elle. Le ronronnement de la cité remplaçait le sien. Que dire d’autre ?
De manière étonnante, les habitants se résignèrent vite et abandonnèrent l’idée
de repousser le dragon. Il s’y habituèrent et le nourrirent lorsque la faim le
tiraillait. La vie put reprendre son cours sous l’égide d’Elyvius qui, sans même se
déplacer, repoussait les tempêtes ainsi que les armées ennemies.

155
uran
LE VAGABOND SUPRÈME, L’IMPÉTUEUX,
LE VIVIFICATEUR

De tous les Gardiens, Nuran est sans nul doute le plus insaisissable.

L’invisible courant qu’il incarne fléchit à l’envi l’herbe des grandes


plaines, agite avec force les arbres, percute les montagnes sans
gémir.

Lorsqu’il rejoignît l’escouade d’Oko et Zarel, ce fut pour faire


éclater les plus pures symphonies cacophoniques et secouer la
haute atmosphère de rires assourdissants. S’il accompagna un
temps la Foudre et la Tempête, ses obligations le rattrapèrent et
Nuran abandonna Zarel et son frère.

De nature sauvage et téméraire, il est facile de l’imaginer libre


comme l’air, mais la réalité est tout autre : Nuran est au service
de son maître Dréank, pour qui il est soucieux d’honorer son
engagement. Soutenant de toutes ses forces la voûte céleste, il
garde précieusement l’indécelable et chauffe ainsi le cœur de
l’Oeuf-Monde.

Ce sont des obligations bien lourdes pour un être si léger, et Nuran


supporte cette tâche colossale sans fléchir.

156
157
airréal
Les chasseurs s’arrêtèrent un instant pour repren­
dre leur souffle.
À l’ombre du sous-bois, ils distinguèrent d’abord
ses grandes ailes déployées et ses cornes écarlates qu‘une
lourde tête supportait. Massif et tranquille, le Bairréal avait la
force paisible des grands prédateurs dont il faut se méfier. Ils
ne se méfièrent pas.
Les lances dressées vers le ciel, les chasseurs s’avancèrent et
encerclèrent la bête.
Dès l’instant où ils attaquèrent, le Bairréal fit basculer le
monde autour d’eux, les plaquant au sol. Quand ils purent
enfin se relever, ce fut pour constater que l’environnement
avait drastiquement changé : s’ils avaient encore les pieds
dans la mousse tendre de la forêt, à quelques pas régnait une
immense étendue blanche.

Tandis que le Bairréal se frayait un chemin dans la neige,


ils sentirent soudain la morsure du froid.

158
159
uée Écarlate
Contraignant le vent à s’amonceler
sous leurs ailes, les dragons de
la Nuée Écarlate peuvent rester
indéfiniment dans le ciel, le parcourant sans le
moindre effort.
Envoyés par Dréank, ils épient chaque mouvement
de Fij’Lusa et furent témoins de son désespoir,
ainsi que de la chute de l’Arche.
igen
LE DÉFAISEUR, LE PRODIGE ÉTERNEL,
L’ASPECT DE LA NATURE

Au sein de la Grande Trame se cache Valéena, le Torrent Primordial,


Source de Vie dont émergent les Dieux.

Dédiant son immortalité à la Source, Ligen maîtrisa très vite les


particularités du Temps dont il étudia toutes les ficelles. Il fut surpris
de découvrir les plans de Dréank quelques milliers d’années auparavant
et fut profondément meurtri lorsqu’il vit la chute de Fij’Lusa. Une idée
lui vint qu’il ne put chasser de son esprit : et s’il pouvait influencer le
Destin ?

Scrutant sans relâche l’horizon des événements à venir, il découvrit un


point clef dans l’histoire du monde. Un noeud dans le temps qui pouvait
tout changer.
Jusqu’alors de fidèles serviteurs, les dragons fomentaient une vaste
insurrection afin de se défaire des Dieux. Spectateur de la chute de
ses pairs, Ligen décida d’agir. Interférant en amont, il étouffa la magie
draconique, n’en laissant que quelques Étincelles.

Le Dieu avait démontré que l’histoire n’est jamais écrite, mais à quel
prix ?
À jamais diminués, les dragons n’étaient plus que de pâles éclats de ce
qu’ils étaient jadis.
Effrayé par les conséquences de son ingérence, Ligen se promit de ne
plus s’immiscer aussi loin dans le cours du temps, et s’il agit encore parfois
aujourd’hui, c’est bien souvent pour préserver dragons et Hommes de
catastrophes naturelles.

162
163
ellora
Le Bellora est un dragon très présent à l’état sauvage dans la région de Kéast,
où il excelle à débusquer toutes sortes d’animaux tapis dans leurs profonds
terriers. Très polyvalent, usant de son don sans effort, il sait fendre la terre
d’une pensée, écartant tout obstacle entre lui et sa proie.

C’est à dessein qu’il fut domestiqué par les Hommes, et c’est certainement dans l’armée du
Roi Konstell de Kéast qu’il fut le plus représenté.
Principal rouage des Cohortes d’Exception, sa magie fut employée à
fragiliser remparts et forts ennemis, permettant ainsi d’inscrire
durablement la cité dans un âge d’or de conquêtes. Véritables atouts
du Roi, s’ils ne sont plus en activité dans l’armée aujourd’hui, ils
continuent d’oeuvrer à la construction de grands édifices,
ainsi qu’à la grandeur du Royaume.

164
san
S’installant au coeur des
jungles, l’Ysan sait régner en
architecte sur son territoire,
à l‘aide de fils invisibles qu’il tisse entre les arbres.
Aveugle, il entremêle son esprit à cette trame,
devenant ainsi capable de ressentir sa forêt.
Dangereux chasseur, amateur de chair humaine,
l’Ysan est à l’origine d’un grand nombre de
disparitions dans les jungles.
Un métier est né de tout ceci : le Sorcetisseur.
Accompagnés de Dippels apprivoisés, qu’ils
utilisent pour briser les liens de l’Ysan, ces
audacieux giboyeurs ont fait de ces lieux sauvages
des endroits sûrs.

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éolys
Bien connu des
herboristes, ce pe-
tit dragon vit dans
la région de Nahl, riche en cham-
pignons dont l’animal
est friand.
Variant d’un individu à l’autre,
la pigmentation du Néolys est
principalement influencée par son
régime alimentaire.
Possessif et irascible, il défend
farouchement ses précieux
champignons grâce à d’invisibles
cocons qu’il projette tout autour
d’eux, ce qui constitue une
véritable prouesse pour un animal
de cette envergure.
C’est ainsi qu’à la moindre
approche, le torrent d’énergie
contenu dans cet écrin s’évade,
repoussant l’intrus avec hardeur.

Pour tromper le dragon, les


Nahléens ont appris à fabriquer
un talisman à l’aide d’une tourma-
line, qu’ils placent au sol plusieurs
jours avant la collecte. La pierre
précieuse neutralise alors la pro-
tection magique du Néolys, lais-
sant les champignons à la portée
des plus gourmands.

166
167
JOUR 380
Voilà dix jours que nous avons quitté la capitale du Nord,
Kamjiärvi, et nous nous enfonçons toujours plus au coeur de
ces contrées septentrionales. Le paysage est sublime en cette
saison, recouvert de neige, sans qu’il fasse encore trop froid.
Sur la droite je peux maintenant distinguer les îles célestes,
ces montagnes flottantes incroyables qui sont le but de mon
voyage.
En de nombreux endroits, j’ai commencé à voir la terre se
détacher du sol, retenue parfois par de minces racines.
Je me demande si je vais finir par m’envoler moi aussi.

JOUR 382
L’inquiétude de voir l’un de ces blocs s’effondrer a laissé place à
l’excitation de toucher au but. Maintenant, la glace et la neige
laissent place à l’herbe et aux ruisseaux, et les grands pics rocheux
qui nous survolent occultent parfois le soleil sur de longues distances.
Je n’ai plus aucun repère et je m’en remets au pas assuré de Lugryn.
Edith

168
169
JOUR 387
Rien n’est comparable à l’atmosphère fascinante qui règne ici, dans ces lieux retirés
du reste du monde. À mon grand étonnement, je n’ai croisé aucune espèce terrestre
et le silence solennel n’est brisé que par le bruit de l’eau et des oiseaux. Tout porte à
croire que le terrain aux reliefs éclatés est un véritable paradis pour eux.
Mais même les oiseaux ont un maître et il nous attendait. Resplendissant de blanc et
de bleu outremer, il était sans nul doute responsable de toute la pénombre que nous
traversions jusqu’alors, tant la lumière semblait émaner de sa stature.

170
Lugryn s’envola et je ne compris pas immédiatement qu’il invitait ainsi le géant à
le rejoindre. J’admirais un instant la dextérité et l’élégance de ces deux dragons
virevoltant dans les airs et s’ils échappaient parfois à mon regard, j’en apercevais
toujours le ballet aux lumières vacillantes.

Si le dragon aux teintes scintillantes était bien Gurun, je me trouvais donc en


présence d’un être aux origines divines, présent dans de nombreux mythes, gardien de
nombreuses légendes.

171
LUGRYN
Étude complémentaire
Lorsque je le retrouvais le lendemain matin, Lugryn
présentait d’importants changements que la scientifique
que j’étais ne pouvait expliquer. L’évolution de Lugryn
m’ébranlait. Bien trop visible, rapide, presque excessive... un
défi lancé à la rationnelle que je suis.
Je devais à nouveau le mettre en contact avec un dragon
légendaire, afin de voir ce qui pourrait en résulter.
Le comportement de Lugryn, quant à lui, est toujours
le même : curieux, enjoué et dynamique.
Je commence à l’apprécier.
Edith

173
le flux
Inépuisable seigneur aux désirs incertains,
aux oeuvres inachevées, aux multiples visages,
éphémère, éternel, tu traverses les âges,
et changes sans arrêt, car c’est là ton refrain.

175
kéos
La région bordant le grand désert
de Savaryne est fascinante, bien
que son histoire et ses coutumes
m’échappent parfois, tant j’y suis étrangère.

Protecteur des cultures et gardien des


récoltes, Akéos a vu fleurir de nombreux autels
en son honneur, et les Dréankéens n’hésitent
pas à laisser tous leurs biens en offrande, la
bénédiction du dragon étant des plus désirées
dans cette région autrefois aride.

Jour 419 - Edith

176
177
178
narrion
Snarrion dévore le climat,
l’ingurgite, le catalyse !
S’il doit s’en servir,
l’écho de son pouvoir résonne alors en
bourrasques, incendies ou tremblements
de terre, selon les cataclysmes que le
dragon a dernièrement traversés.
Lors du grand déluge qui frappa la contrée
des Grands-Lacs, Snarrion fut capable
par la suite, durant plusieurs mois, de
propulser de puissantes colonnes d’eau.

Quand la cité de Kéast vit un


terrible incendie ravager ses
murs, Snarrion avala les
flammes pour s’en servir
plusieurs jours plus tard
lorsqu’il défendit son
territoire.
Jamais la Cité n’eut
autant de chance que
ce jour-là.

179
ylihr
Ce dragon possède un
pouvoir fabuleux : où qu’il
aille, il recrée l’écosystème
dont il a besoin pour vivre. Même
l’atmosphère s’adapte à ses envies !
Nombreux sont ceux à avoir croisé
sa route, profitant ainsi de ses oasis
climatiques surprenantes.
Lorsqu’il s’aventura dans le
Nord, du côté de Kamjiärvi,
Aylihr fit ainsi bénéficier aux
autochtones d’une abondante et
providentielle récolte de papayes.

awnie
Prisonnier du ciel, secoué
par les vents, le Yawnie est
un dragon minuscule qui n’a
guère d’autre choix que de dompter
par sa magie les grands nuages.
Précipité au sol par la pluie qu’il a
provoquée, le Yawnie trouve sur
terre de quoi se nourrir, avant d’être
emporté à nouveau dans la haute
atmosphère.

180
elikhian
Nombreux sont ceux
à s’être perdus dans les
forêts éphémères de
Belikhian.
Au temps de son règne, les
bambous s’étendaient à perte de
vue autour du dragon endormi et
disparaissaient une fois celui- ci
éveillé, ne laissant plus qu’une
vaste plaine. Tous les égarés de la
nuit s’échappaient alors sans peine,
soulagés de pouvoir enfin regagner
leur foyer.

Les forêts éphémères font


aujourd’hui partie des légendes,
et on raconte que le Belikhian
disparut en même temps que la
magie sur Dréankë.

Comme pour honorer la mémoire


du dragon, une majestueuse forêt
de bambous recouvre désormais
la région, et personne ne l’a encore
vue s’éclipser.

181
a mon
Parmi les feuilles déchirées, un poème attir
uvais en effe t les rema rquab les
attention : j’y retro
caractéristiques du Flux !
res écrits
Impossible malheureusement de trouver d’aut
t de local iser ce dragon
à ce sujet, et rien ne me permi
au cycle de vie tout à fait unique .

Edith

MHORIN

Enchaîné par contrainte,


Étouffé sous les chênes,
Les ronces par leur étreinte
Dans la terre t’entrainent.

Endormi, tu reposes
Tes craintes tu abandonnes
À l’heure où sonne l’automne
Sonne ta métamorphose !

Puis quand vient la lumière


À l’aube du renouveau,
Tu quittes la poussière
Et t’envoles de nouveau.

183
dubarra
Les lois ordinaires de Dréankë échappent
totalement à l’Adubarra.
Son corps fin et agile, allongé à l’extrème,
soutient une tête massive dont part une touffe de plumes
portée comme une couronne. Ses écailles brillantes et
résistantes feraient le bonheur de n’importe quel joaillier.

Concernant ce qu’il reste à décrire, oubliez toute


logique... ce dragon crée des appendices aux formes
multiples dont le nombre varie au cours de la journée.
Pattes et ailes naissent et se replient selon son bon
vouloir.
À la fois incroyables et chaotiques, les capacités de
l’Adubarra ont suscité l’engouement d’un bon nombre
de mes confrères du CREN*.

[Extrait d’un rapport de stage]


* Conservatoire de Recherche et d’Étude de la Nature.

Bien qu’il ait été étudié à quelques reprises,


je n’ai pas trouvé de document évoquant son habitat
naturel. Un tel spécimen a pourtant dû faire parler
de lui...
Je me demande s’il n’a pas été créé de toutes pièces !
Edith

184
185
elstan
LE SEIGNEUR,
L’EXILÉ

Arborant fièrement couronne et gloire, Jelstan règnait


majestueusement sur les temps anciens.
Parfois chasseur implacable ou juge impartial, il était
aimé de tous, qu’ils soient Hommes ou Dieux.

Respecté et écouté,
Jelstan se révèle au grand jour.

186
Aujourd’hui, sa gloire a failli, sa couronne est ternie,
déchu et miséreux, rongé par la peur,
Jelstan est épuisé d’être poursuivi.
Lui qui était au sommet échappe maintenant au regard des Dieux.

Dissimulé et diminué.
Jelstan traverse le voile de la nuit.

D’après un étudiant de la Citadelle, Jelstan a


offensé il y a bien longtemps Nelès, la divinité de la
nuit. Contraint de modifier son apparence dès le soleil
couché, il se soustrait à la déesse depuis plus d’un
siècle. Jelstan a depuis longtemps oublié la raison de
ce cycle sans fin, et continue ainsi, jour après jour,
nuit après nuit, de se transformer.
Edith

187
eager et Efyas
LES INVENTEURS, LES DIEUX JUMEAUX,
LES ARTISANS DE LA CRÉATION

L’origine des Dieux jumeaux est à dessiner et à imaginer dans les


étroitement liée à la genèse de l’Oeuf- moindres détails le Vivant. Dréank
Monde. l’appela Feager.
Lorsqu’il se saisit d’une de ses écailles,
Dréank venait alors d’achever sa il y laissa un peu de son goût pour
grande oeuvre. Dans l’impossibilité l’ouvrage et engendra ainsi Efyas,
d’organiser ses pensées, distrait par l’artisan du Vivant. Ce dernier entre­
la multitude de projets au devenir prit de matérialiser les concepts de
possible, le Dieu conçut un plan : Feager.
se saisissant de l’une de ses fines
moustaches, il y insuffla son génie
créatif.
Le filament prit vie devant lui, et le
dragon nouveau né commença

188
189
urlion
Murlion fait partie de ces dragons
qui parvinrent à vaincre la vigilance
des Dieux, armé de sa seule
Étincelle. Millénaire, il nous survivra, car
le temps n’a aucune emprise sur lui, au
point qu’il en semble incontestablement
le maître. Il l’allonge et l’écourte selon ses
envies, piégeant ce qui s’y trouve.
S’il choisit de ralentir le temps, c’est souvent
pour fuir tranquillement un adversaire trop zélé,
dont les mouvements se retrouvent, pour ainsi dire,
figés.
Au contraire, s’il choisit de l’accélérer, c’est que
l’occasion est belle de précipiter la pousse de ses
plantes favorites.

190
191
QU’EST - IL ARRIVÉ AU JOURNALISTE
ALEXSTYR HARMAE ?
-Par Victor Angou, directeur de publication-

Voilà deux semaines que notre gazette


est sans nouvelles du journaliste Alexstyr Harmae
parti en Velfréa afin d’enquêter sur l’étrange climat
qui règne là-bas.
Dans le but de satisfaire nos plus fidèles lecteurs,
nous avons décidé de publier quelques ex traits des
lettres que nous avons reçues, car il avait choisi de
nous rendre compte régulièrement.

Le 08 vas ti , Alexstyr écrivait “ Le climat est


très capricieux et j’ai souvent rebroussé chemin. Il
faut se préparer à toute éventualité. Aujourd’hui
le temps est sec et particulièrement chaud, mais à
regarder les nuages, j’ai bien l’impression qu’il va
neiger demain. C’est un peu usant ! ”
Alexstyr nous a contactés à plusieurs reprises par
la suite, mais c’est sa lettre du 22 vasti*qui nous
intéresse : “ La Forêt d’Alka, au Sud de Velfréa,
semble être au coeur d’une instabilité climatique
majeure. Plus j’avance, et plus j’ai l’impression que la
région me rejette. ”

Vous ne voulez rien rater des événements


futurs ? N’hésitez pas à vous abonner à la
Gazette !

* si je ne me trompe pas, « vasti »


équivaut à « juin ».

192
193
JOUR 496
Les forêts de Velfréa sont
lacérées de cours d’eau
et parsemées de rochers encore
indomptés. Les piètres chemins qui y
serpentent n’en atténuent nullement
le coté sauvage et j’en aurais sans
doute apprécié l’exploration s’il n’y
avait pas eu cette pluie violente,
lourde et ininterrompue.
Lugryn est encore une fois
le meilleur des guides et
je fais mon possible pour
tailler ma route à sa
suite.
Qui aurait pu pré-
dire qu’un jour je
traverserai l’une
des régions les
moins hospi-
talières du
monde, dans
le seul but
de trouver
une Étincelle divine ?
Ma première expédition au
Cambodge a laissé d’intenses
souvenirs, et je me remémore
souvent cette expérience
pour me galvaniser. À l’instar
d’aujourd’hui, où il me faut
rassembler tout mon courage
pour parvenir à vaincre la pluie
torrentielle. Je veux être témoin
à nouveau d’un phénomène
magique, même s’il faut pour cela
glisser et tomber constamment
pour atteindre ma destination.
Perdue dans mes pensées, je ne
vis pas la clairière dans laquelle
Lugryn et moi venions d’entrer. Je vis
seulement le dragon qui nous faisait
face. D’un bleu persan, le seigneur aux
plumes d’argent déchaîna une terrible
tempête pour nous accueillir. Plusieurs
éclairs jaillirent de la bête, dont émergea
une lumière aveuglante. Hypnotisé, Lugryn ne
bougeait pas. Je décidai de reculer.
La clairière était en proie à de violentes rafales
de pluie, de vent et de neige qui montaient à l’assaut
des arbres nous entourant. Je regrettais amèrement la
météo dont je me plaignais quelques minutes plus tôt.
Quand enfin la lumière toucha Lugryn, alors le dragon s’éclipsa.
Il ne resta rien de l’enfer météorologique que nous avions
vécu. Lugryn m’emboîta le pas, et je fus surprise de voir
combien il avait changé.
La pluie battante reprit.
Edith

194
LUGRYN
Observations et notes

196
Une fois de plus abordé par la magie des Dieux, Lugryn
montre les signes d’une évidente transformation, bien
qu’encore superficielle. Lugryn a été mis en présence de
trois Étincelles : l’Immuable, l’Invisible et le Flux, et je suis
impatiente de retrouver les autres résidus de l’antique magie.
J’espère être le témoin futur d’aptitudes et
pouvoirs incroyables se développant chez
mon compagnon.
Cela pourrait être surprenant !

Edith

197
le vIF
Voici qu’apparaît enfin le génie impatient,
exhibant ses dons et ses vives manières.
Ces puissantes attaques chargées de colère,
si elles sont violentes, ne durent qu’un instant.

199
usa
L’ASTRE SOLAIRE, LE BRASIER INFINI,
LE FRÈRE DE FIJ’LUSA

Lusa, l’esprit solaire, scrute l’horizon à la recherche


de son frère égaré en Dréankë. Nourrissant de sa chaleur l’Oeuf-
Monde par la même occasion, il est certainement le plus adoré des
Dieux, tant sa tâche est capitale.
Naturellement présent dans de nombreuses cultures, on lui rend
hommage de bien des manières.

Autrefois puissance conquérante, la grande cité de Kéast a sans


l’ombre d’un doute joué un rôle fondamental dans l’expansion du
culte de Lusa. Lors de l’essor politique et économique de la ville,
les casernes ont laissé place aux temples dont les milliers de miroirs
propagent toujours la chaleur du Dieu.

Connu sous le nom d’Ak’jen le Chasse-Nuit, ce puissant allié de Mintsune


est vénéré dans les régions glacées, et lorsque les nuits s’allongent, de
grands feux sont allumés. Alimentés toutes les nuits par les Nordiens,
leurs multiples lumières sont autant d’offrandes au Dieu.

Surplombant Dréankë, l’Astre solaire observe silencieusement les


Hommes. Au coeur du désert de Savaryne, les Tribus voient en lui
l’incarnation de la Justice inflexible. Les éclipses sont le signe de sa
colère et seul le sacrifice de volontaires, les “ Justes ”, parvient à calmer
le Dieu.

Dans les jungles profondes du Sahu où il est omniprésent, il porte le nom


de Drak’.
Symbole de réincarnation, il promet la renaissance aux esprits les plus
dignes, tandis que les autres sont placés aux côtés du Dieu, souffrants à
jamais de son brûlant halo.

200
201
aryon
Vous voilà fin prête à
explorer la jungle du
Sahu !
Enfoncez-vous y suffisamment
et vous rencontrerez peut-être
Daryon, l’éblouissant symbole de
notre nation.
Créé par le Dieu Solaire en
personne, ce dragon prend un
malin plaisir à être au centre de
Un guide local s’est proposé de
l’attention. Apparaissant dans un
m’accompagner à travers la
éclair lumineux, Daryon arbore
jungle. L’occasion rêvée de me
avec prétention ses magnifiques
renseigner sur la région !
ailes d’or qui s’illuminent au gré
Edith de sa volonté, dévoilant des motifs
chatoyants et changeants.

Une fois le spectacle terminé, il ne


manquera toutefois pas de vous
aveugler avant de s’envoler.

202
elest
Le Nelest sait tirer parti des redoutables
Muricas-Feuillères, ces plantes aux toxines
soporifiques qui poussent dans les forêts de
l’Ouest.

De taille moyenne, le dragon aux couleurs ocre est


capable d’insuffler dans le sol de brèves impulsions
électriques, à l’intensité variable, qui viendront stimuler
de différentes façons les plantes toutes proches de lui.
Si le Nelest essuie une visite importune, les Muricas-
Feuillères sont appelées à libérer leurs toxines dans
l’air, précipitant alors l’intrus dans un profond sommeil.

203
eivri Royal
Personne ne souhaite croiser
la route du Reivri Royal.
Son regard acéré l’est
presque autant que les plumes qu’il projette
sur ses victimes d’un vif mouvement
d’aile.

L’habile créature a fait de la pénombre


son alliée et n’hésite pas à attaquer
par surprise les marchands et les
voyageurs, les mendiants comme
les seigneurs.

204
JOUR 501
Prévenus qu’un Reivri Royal exerçait
ses talents un peu plus loin dans la
vallée, Lugryn et moi avons fait un
détour de quelques heures.
Edith

205
ysunaris
Originaire des forêts d’Areonelle, le Lysunaris sécrète un
poison fulgurant très apprécié des médecins et alchimistes.
Ses multiples fouets, enduits du puissant venin, sont aussi
rapides que redoutés et provoquent chez la victime un état de
paralysie totale.
Entre de bonnes mains, ce liquide onéreux devient
un anesthésiant très efficace.

206
etza
À la fois puissant et fascinant,
le Detza navigue avec grâce
entre les îles célestes.
Dès la nuit tombée, son regard perçant
scrute le sol. S’il détecte le moindre
mouvement, le Detza plonge sur sa
proie et s’y accroche fermement.
Car une fois ses griffes profondément
ancrées, le dragon peut prendre
l’ascendant sans peine, qu’importe la
stature de celui qu’il attaque : il n’a
besoin que d’un contact pour libérer son
pouvoir et étourdir ainsi sa victime de
précieuses secondes...

zaé
Dans la baie de Béol, à l’abri des
regards, vit le chamarré Azaé.
Depuis son nid, le petit dragon est
vite courroucé de voir quiconque s’introduire
dans son territoire. Fébrile et colérique, l’Azaé
n’hésite pas à user de sa magie pour augmenter
la température de l’eau au-delà du supportable,
forçant l’indésirable à fuir ou à bouillir.

207
arel
L’ILLUMINÉ, LE FOUDROYANT,
LE FILS AUX MILLE ÉCLAIRS

Premier né de Lusa et Nélès, l’air crépite


autour du berceau de Zarel.
Ses premiers éclairs étonnent et forcent l’admiration : ce
jeune Dieu vient d’inventer la foudre, qui deviendra son
emblème.

Alors qu’il est encore un enfant, Zarel comprend que la


tristesse accable son père, le grand Lusa. Fils prodige et
dévoué, il entreprend alors de retrouver Fij’Lusa, le parent
disparu et source du désespoir de Lusa.
Son frère Oko, le Dieu de la Tempête et du Tonnerre, se
propose de l’aider dans sa quête. Ils parcourent ensemble
le ciel et scrutent l’horizon, à la recherche d’un reflet ou
de tout autre éclat de Fij’Lusa rendu visible par les éclairs
jaillissants de Zarel.

Le vacarme qui entoure perpétuellement Oko agace le


jeune dragon, mais il n’ose en parler. Rendu fou après
quelques années, Zarel erre aujourd’hui sans but et foudroie
la terre de sa colère, son frère à ses côtés.

208
209
huryen et Mérunne
Ghuryen et Mérunne sont nés du même oeuf
et ils font partie de ces dragons capables de
repousser l’impossible, tant ils virevoltent sans cesse et sans
frayeur.

À jamais unis, dotés de pouvoirs en totale concordance,


ils s’abreuvent de joies insouciantes autant que de
réussites éclatantes.
L’allure fière et gracile, les écailles couleur rubis,
Ghuryen ne trouve un écho digne de ce nom que
dans l’attitude noble et altière de l’azuréen Mérunne, et ils se
dressent face à l’adversité avec puissance.
S’il leur faut attaquer, Ghuryen fait danser les plus hautes
et les plus intenses flammes que Dréankë ait jamais vues, et
rien ne peut réduire la brulûre vive provoquée par sa colère.
S’il leur faut s’échapper, alors Mérunne déploie un brouillard
si épais qu’aucun adversaire ne saurait le traverser.

La force de leur gémellité est telle qu’on les laisse en paix et


ils traversent le temps avec impertinence, défiant même les
étoiles de venir les importuner.

210
211
ko
L’INSUPPORTABLE, LE MÉCONNU,
L’ASSOMBRISSEUR DE CIELS

Dernier né de Lusa et Nélès, Oko est le grondement qui succède à l’éclair,


il est le chef d’orchestre de mille tambours lancinants.
Dès son plus jeune âge, il est fasciné par les éclairs de Zarel qu’il
accompagne dans la quête de Fij’Lusa.
En Dréankë, Oko devient rapidement le symbole du Tonnerre et de la
Tempête.

Quand il assista, impuissant, à la longue déchéance de son aîné, Oko fut pris
d’une rage telle qu’il laissa exploser sa colère dans un unique rugissement,
dans une unique et phénoménale secousse qui parcourut la terre.
Le Dieu des mers Agos en fut si effrayé qu’il trouva refuge dans les
profondeurs abyssales, emportant avec lui toute l’eau qui recouvrait Shra,
et le continent refit surface.
Les sanctuaires à la gloire d’Oko ont fleuri dans cette région du
monde. Semblables à de grands auditoriums, leur architecture
particulière a été pensée pour laisser circuler les vents et accueillir
les plus grandes tempêtes.
Instrument primordial du culte, le tambour représente la
parole absolue du Dieu. Les prêtres s’en servent également
pour contacter Oko lors des orages.

212
213
’Oeil de Zarel
Je me surprends parfois à imaginer ce à quoi
aurait dû ressembler ma terre natale.
Verdoyantes, densément couvertes de monts
boisés et de cours d’eau, les terres qui s’étiraient ici seraient
alors riches et accueillantes.
Nous n’aurions pas été contraints de vivre dans des camps
de fortune durant des mois, puis des années, incapables de
faire le deuil d’un pays qui jadis comblait tous nos besoins.
Dolbrea, notre capitale, n’aurait rien perdu de sa superbe,
j’en suis certain. La cité aurait fièrement étendu son
influence au-delà de nos frontières, rayonnant sur le monde
comme jamais.
Mais tout cela n’est qu’une fantaisie imaginée par l’esprit du
vieil homme que je suis.

Zarel-le-fou ne nous a pas épargnés. Les éclairs du Dieu


ont accablé notre pays des jours durant, lacérant la terre
avec violence, ébréchant les montagnes qui avaient marqué
l’horizon depuis toujours. Spectateur d’une agonie lente, je
me souviens avoir eu le coeur serré lorsqu’un ultime trait
de foudre a poignardé le sol.
Il ne reste qu’un désert de roches et de poussière
aujourd’hui. Le poignard est resté planté là, nous rappelant
à jamais cet événement douloureux.
[Extrait du Journal de Bord d’Aganim]

214
215
JOUR 506
Accrochée à Lugryn, je volais pour la première
fois et l’excitation m’étreignait.
Étant donné les fortes températures en journée,
nous avions décidé de rejoindre l’Oeil de Zarel dès
le soleil couché. Exceptée la profusion insoutenable
de moustiques en début de voyage, le paysage révélait
maintenant tout son intérêt, dévoilant une paisible
succession de plaines et de sommets rouges.

L’immense pilier brillait d’une pâle lueur bleutée.


Il se détachait de la nuit qui l’enveloppait, lance divine à
jamais dressée vers le ciel.
Lugryn s’y dirigeait lorsqu’un éclair lumineux frappa
l’air tout autour de nous. Un immense dragon apparut,
peut-être propulsé par la foudre elle-même, car il ne
semblait composé que d’énergie. Son corps ondulait
dans la nuit, flottait dans l’air.
« Voilà un Éclat de Zarel », m’entendis-je souffler à
l’oreille de Lugryn. « Voilà qui doit symboliser le Vif ! »
Pourtant, vif, il ne l’était pas, tant il était immobile.
Une pensée effrayante me vint à l’esprit : même s’il ne
bougeait pas, le dragon pouvait nous foudroyer dès lors
qu’il se sentirait agressé. Je n’étais maître de rien sur le
dos de Lugryn, et on déciderait pour moi de ma vie ou de ma
mort. Cette image m’angoissait au plus haut point.

Des dragons volaient autour de nous comme on se rapprochait


du pic de cristal. Le serpent d’éclairs ne se mouvait toujours
pas. Quand enfin on put voir les détails de l’artefact qui trônait
au centre de l’Oeil, je sentis toute la force magique qui en
émanait. Comme pour l’Immuable et le Flux, et même peut-être
plus encore, l’énergie qui s’écoulait du pic était impressionnante.
Un instant, je laissais la présence terrifiante de côté pour
m’imprégner de l’aura qui semblait me submerger, maintenant
que nous étions proches. À mon grand étonnement, je ressentis
de la sérénité, mais aussi toute la colère et la détresse du Dieu
aux mille éclairs.
Quand la peur reprit le dessus, je constatai une seule chose :
le dragon avait bougé. Rien qu’un peu. Ses yeux me fixaient.
J’agrippais Lugryn qui vola de plus belle. Les particules brillantes
autour de nous se transformèrent en éclairs.

Une fois que le spectacle s’interrompit, le silence s’étala avec


lourdeur sur la plaine rocailleuse. Le dragon blanc s’enfonça dans
le sol, où il ne laissa aucune trace.
Edith.

216
LUGRYN
Étude et observations

218
Lugryn a montré durant plusieurs jours une certaine fatigue et j’étais loin de me
douter alors que la magie commençait à naître en lui.
Au début, ce furent de discrets brasillements qui le secouèrent. En toute logique,
je plaçais cette vision sur le compte du reflet du feu sur ses écailles rutilantes.
Après quelques jours, je vis distinctement un éclair sillonner le long de son corps,
de la tête vers la queue. Lugryn sembla aussi stupéfait que moi et sursauta
quand un autre glissa entre ses épines.
Je n’eus pas le temps de me questionner sur la dangerosité du phénomène : mon
joyeux compagnon courut immédiatement se blottir contre moi, tandis que des
éclairs réguliers continuaient de le parcourir. Si je ressentis une légère vibration,
je fus soulagée de constater que je n’avais pas à repousser Lugryn.

Que nous réserve la dernière Étincelle ?


Edith

219
l’eSPrIt
Au-delà des brumes, aux confins de l’insensé,
voilà l’abyssal Architecte, habile rival du hasard,
au dessein unique que d’être traversé de toute part
par d’inébranlables chimères, enfants de la pensée.

221
intsune
L’OBSERVATEUR, L’INSTRUIT,
LE CLAIRVOYANT
Drapé de différents tissus aux motifs richement
assemblés, il s’avança vers les Exilés et leur rendit courage. Il sut
trouver les mots, car il avait compris la détresse dans laquelle ils
se noyaient depuis qu’ils avaient tout laissé derrière eux. Mintsune
fit plus que de leur donner espoir, il chassa aussi ces sentiments
d’injustice et d’impuissance qui les auraient conduits à se venger un
jour ou l’autre et à tout détruire.
S’ils avaient tout abandonné pour fuir l’Empereur, ils comprirent
qu’ils étaient aussi capables de reconstruire. Ils ignoraient alors qu’ils
seraient un jour les premiers à poser les pierres de la future capitale
du Nord, Kamjiärvi.

Dépeint comme un être doté d’une grande sagesse à la curiosité


sans limite, le Dragon-Renard affiche un intérêt restreint pour
ses confrères Divins, préférant porter toute son affection sur les
créatures éphémères qui peuplent Dréankë.

Ô Mintsune, esprit affûté,


Toi qui veilles sur notre repos,
Qui nous couvres de ton manteau,
Puisses-tu guider ceux qui se sont égarés !

Ô Mintsune, voyageur rusé,


Toi qui illumines nos vies,
Qui chasses les ombres et nous unis,
Puisses-tu guérir ceux qui se sont égarés !
[Prière du soir au Grand Mintsune]

222
223
eresion
Ce ne fut d’abord
qu’une ombre sur
les collines. Une tâche
persistante, froide, insaisissable.
Personne ne comprenait ce que c’était et
nul n’osait s’en approcher. L’Ombre grandissait jour après
jour, dévorant la lumière, inondant les vallées comme si elle
devait remplir chaque interstice.
Quand l’Ombre eut terminé de dévorer la terre, alors les enfants des
villages tout proches commencèrent à disparaître. L’inquiétude laissa
place à la peur, une peur des plus insidieuses, de celles qui ceinturent le
cœur, nouent les langues et emprisonnent l’esprit. Cette peur-là était
la digne héritière de l’Ombre, et comme elle, s’immisçait là où vivait
l’espoir.
Quand il ne resta plus rien, ni enfants, ni courage, l’Ombre disparut. Elle
ne laissa aucune trace de son passage, emportant au contraire tout ce qui
avait été et aurait pu être.

224
luishin
Vous pourriez être tenté de ne pas prendre au sérieux
l’Eluishin, ce dragon bien incapable de voler.
Il faut dire que cela fait belle lurette qu’il n’a pas été vu
par ici… mais je vous déconseille de partir à sa recherche !

Les anciens l’évoquent souvent, car ils sont nombreux à avoir osé le
pourchasser jadis à travers le vaste désert de Savaryne.
Au bout de quelques heures, assoiffés et épuisés, ils voyaient une
oasis qui n’existait pourtant pas, ils couraient s’abriter sous une
ombre définitivement absente. Bien entendu, c’était l’oeuvre de
l’Eluishin, amusé de les voir peu à peu abandonner tout espoir.

Égarés dans l’immense désert, beaucoup souhaitèrent que le dragon


sournois ne soit qu’un nouveau mirage lorsqu’enfin ils lui firent face...

225
226
227
KOJ
Bienvenue dans notre région, voyageuse !
Connaissez-vous Ekoj, le dragon fabuleux dominant
le Sommet des Rois ? Son écho résonne au-delà des
monts, son murmure traverse les vallées. Rares sont ceux à avoir
été convoqués, mais chacun d’entre eux fait partie de la légende
aujourd’hui : Aganim l’explorateur, Konstel le Juste ou encore
Eluthéryne l’artisan.
Tous avaient surmonté les obstacles et réussi l’ascension.
Là-haut, ils avaient pu se libérer des doutes qui les tenaillaient.
Ils avaient dissipé leurs regrets, s’étaient affranchis du poids des
années. Car le prince Ekoj avait révélé leur destinée.
Ne dit-on pas que le Sommet des Rois ne se trompe jamais ?

Bien entendu, le voyage n’est pas exempt de risques, et il faudra


vous équiper. Je connais un marchand, G. Lockar, qui vous fera un
bon prix si vous prenez la formule complète. Son établissement
est à deux pas d’ici.
Non, ne partez pas !
L’affaire est très sérieuse. le dragon existe et on raconte qu’il
tire son savoir du Grand Mintsune, duquel il possède les bonnes
grâces.
Beaucoup viennent s’installer ici dans l’espoir d’être invités à
gravir le Sommet.

Alors laissez-moi vous poser la question :


Entendez-vous son appel ?

228
229
Je traversais un champ de coquelicots sans me souvenir y être entrée.
Les fleurs rouges à perte de vue, l’odeur familière, tout me rappelait
le pré de mon grand-père. J’y trouvais refuge pour lire lorsque j’étais
enfant.
Lugryn absent, j’avançais vers le dragon couleur jade qui, bien
qu’inconnu, me paraissait terriblement familier. En dépit de son air
étrange et détaché, je ne m’inquiétais pas, toute disposée à répondre
à son invitation.

L’herbe frémit, le vent s’entêta un instant et Niesyn sembla soudain


aussi fragile que les coquelicots qui l’entouraient.
Je n’étais plus qu’à quelques pas du dragon lorsque Lugryn intervint et
m’arracha brutalement à mon rêve.
En était-ce vraiment un ?
Edith
230
231
232
alart
Appréciant particulièrement les plantes et les
fleurs colorées que l’on trouve dans la région de
Kaäd, ce dragon n’a aucune raison de craindre
l’homme, et c’est pourquoi il a aujourd’hui pratiquement
disparu.
S’il est dépourvu de tout venin, le Calart vous empoisonne
l’esprit d’une manière plus redoutable encore et sa morsure
psychique est de celles dont on ne guérit pas. Approchez
d’un Calart et vous perdrez votre libre arbitre, car toutes
vos tâches seront alors réalisées dans le seul but de lui
plaire et de le protéger, vous menant progressivement à
l’épuisement.

Pourtant responsable d’un certain nombre de disparitions,


le petit dragon était encore méconnu lorsque le seigneur
Edwigh II Macintyre croisa son chemin. Alors qu’il
participait à une partie de chasse, le lord rencontra l’animal,
et le supposa inoffensif. Edwigh II Macintyre était persuadé
en effet que sa culture et son éducation le rendaient
insensible aux charmes du Calart.
Quand on le retrouva deux semaines plus tard, hébété et
exténué, il fut bien obligé de concéder qu’il s’était fourvoyé.

Depuis cet incident, une prime est offerte en échange


de la dépouille d’un Calart, si bien qu’un corps de métier
spécialisé vit le jour, inventant et usant d’armes à distance
fiables et rapides qui furent adoptées par la suite dans tout
Dréankë.

Le Kaäd est magnifique, ses paysages sont


riches de surprises et de biodiversité.
J’ai été néanmoins très déçue d’apprendre le
sort résérvé au Calart, pourtant endémique.
Tout cela pour préserver l’attrait de la région...
Edith

233
es Rives d’Argent
Les Rives d’Argent évoquent un mythe
ancien, qui trouve son origine au sein
d’un entrelacement de tunnels creusés
par de petits dragons aux allures de banc de
poissons. À en croire les légendes, ces créatures
opalines, au mode de vie singulier, séduisent et
manipulent les esprits de ceux qui s’enfoncent loin
sous la montagne.
Leurrés par l’idée qu’ils y feraient fortune, les
misérables sont inexorablement attirés au coeur
des Rives d’Argent, desquelles ils ne ressortiront
jamais.

234
235
guerd
Mandatés par l’archevêque Duperis
en personne, nous avons mené
l’enquête sur les récents événements
survenus dans le duché de Toros.

Les rapports faisaient état d’une ville angoissée,


plongée dans le noir depuis des semaines,
abandonnée de toute activité humaine.
Lorsque nous nous sommes rendus sur place,
nous avons pu constater à notre plus grande
surprise que si les rues étaient bien désertées
de leurs habitants, en revanche elles ne l’étaient
pas du soleil.
Pourquoi restaient-ils cloîtrés chez eux par de
si beaux jours ?

Le Duc qui devait nous héberger avait sombré


dans une profonde folie et ne nous fut d’aucune
aide. Malencontreusement, mes hommes
commencèrent eux aussi à être victimes d’un
curieux mal qui leur obscurcissait la vue. Ils
se mirent à prier Lusa plus que jamais.

En dégageant les gravats d’un édifice


écroulé récemment, mes compagnons et
moi-même dénichèrent un tunnel à l’aspect
caractéristique, que mon naturaliste
attribua sans hésiter à un Eguerd.
Cette créature rare, dont la magie voile
la vision et embrume l’esprit, avait réussi
l’exploit de plonger toute une cité dans
les ténèbres. C’était le signe d’un dragon
gigantesque, bien plus grand que tous
les standards connus de l’espèce.

Ma tâche est maintenant terminée et


c’est l’armée qui sera plus à même de
régler ce problème.

Guestrid, Inquisiteur de Kéast.

236
237
ussi
L’ÉRUDIT, L’ÉCLAIRÉ,
LE GARDIEN DU SAVOIR

En des temps anciens, alors que le monde était encore


mystérieux, sombre et menaçant, certains d’entre nous osèrent
l’étudier et plus encore, osèrent l’explorer. Alizadeh fit partie
de ces précurseurs.
Considérée unanimement comme la première érudite, ses
recherches la menèrent dans les endroits les plus reculés, où elle
rencontra de nombreux peuples, où elle s’imprégna de cultures
et de rites variés avec le plus grand respect.

Durant cette période, elle se lia d’amitié avec un petit dragon


aux écailles d’ivoire, Fussi, qui l’accompagna à travers Dréankë.
Il avait pris l’habitude de s’installer sur les épaules d’Alizadeh,
d’où il pouvait suivre l’écriture, journée après journée, de son
épopée.
Fussi montra très vite les signes d’une intelligence accrue
et trouva un épanouissement certain aux côtés d’Alizadeh.
Ils furent à l’origine de bien des expéditions et de bien des
projets, tels que la fondation de l’Ordre de la Citadelle.
Cet ordre, dont l’aide se veut gratuite et universelle, forme
toujours les plus grands esprits en Dréankë.
Fussi choisit un jour de quitter la Citadelle et ceux qu’il aimait
afin de continuer à explorer l’inconnu.

Il s’élança au travers des grands espaces sauvages, rencontra


les illustres Nuran, Oko et Zarel avec qui il étudia les secrets
du ciel, mais c’est dans les lointaines contrées gelées que sa
quête prit un tournant majeur.
Il fit la rencontre de Mintsune avec qui, des jours durant, il
échangea sur de nombreux sujets.
Leurs discussions étaient ouvertes sur le monde, riches
d’expériences et d’anecdotes.
Par la suite et tout naturellement, le dragon-Renard fit de
Fussi son héraut sur Terre, son Gardien immortel.

238
239
ÊTES-VOUS PRÊT À DÉFIER LA
FORÊT DES MURMURES ?
-Par Emile Vandelorf, journaliste-

De sombres marais abritant des créatures


d’outre-tombe, des visions qui viendront hanter
vos jours et vos nuits… Voilà ce que vous réserve
la Forêt des Murmures, si on en croit l’inquiétant
témoignage qui nous est parvenu à l’agence en cette
fin d’après- midi.
“ Les gens d’ici sont effrayés et désemparés. Chaque
jour, ils sont un peu plus nombreux à fuir les environs
de la forêt, à tenter d’échapper aux murmures qui ne
cessent jamais vraiment ”.

L’endroit serait-il maudit ? Afin d’en


savoir davantage, nous avons contacté le Pr. Jalain
du C.R.E.N. “ Rien de tel n’a jamais été observé ” a
affirmé l’intéressé.

Notre prochain numéro livrera de nouveaux détails


sur cette affaire, grâce à nos journalistes toujours
plus courageux, partis enquêter sur place.
Cependant, n’oubliez pas : un abonnement
à notre gazette, c’est la promesse de ne
rien rater !

JOUR 533
Une fois la sinueuse rivière Halone repérée
depuis le ciel, Lugryn a modifié sa trajectoire
et la canopée remplit maintenant l’essentiel de
mon champ de vision.
Je me réjouis à l’idée de mettre enfin pied à
terre !
Edith

240
241
JOUR 534
Notre progression était
ralentie en raison des profondes
tourbières qui creusaient le terrain,
déjà fort accidenté. Les arbres formaient
une voûte épaisse de branches entremêlées
au-dessus de nos têtes, et plongés dans
cette semi-obscurité, il arriva plusieurs fois
que Lugryn et moi échappions de justesse à
une mauvaise rencontre.

Après quelques heures de marche sous ce régime


pénible, je captais un salutaire changement
dans l’air, brusquement rafraîchi. Il fut suivi
par un scintillement étrange et bourdonnant
surgissant d’un talus à quelques mètres,
devenant plus dense à mesure qu’il s’avançait
vers nous. Son allure n’était pas menaçante, et
alors que je le croyais au départ composé de
particules lumineuses, il s’avéra rapidement qu’il
s’agissait plutôt d’un essaim de minuscules dragons
aux reflets chatoyants.
Leur cohésion était telle qu’ils formaient ensemble
un être chimérique bien plus imposant, au contour
nébuleux. Désormais toute proche, la masse insolite
palpitait, traversée par de multiples décharges
desquelles émanaient des mots, des idées, parfois
des éclats de rire ou de rage que j’arrivais à
percevoir partiellement.
« Cela ressemble curieusement à des synapses... »
songeai-je.
« Nous avons trouvé l’Esprit », fit une voix dans
ma tête.
« Lugryn ? »
En réaction, la myriade de dragons s’agita
davantage, se jetant parfois contre mon
compagnon et moi. D’autres pensées germèrent
alors, fugaces et intrépides, évoquant des lieux et
des visages rassurants.
« Edith, je sais maintenant comment ouvrir le
Portail, tu vas pouvoir retrouver les tiens. »
Je me tournai vers Lugryn et j’acquiesçai.
Connectée plus que jamais à mon compagnon,
encouragée par toute cette émulsion, je savais qu’il
disait vrai.
J’allais rentrer chez moi.
Sous le coup de l’émotion, les souvenirs affluèrent
et je les laissais divaguer un moment. Par un étrange
phénomène de mimétisme, l’ensemble des petits dragons
adoptèrent ces idées et les multiplièrent ; je flottai un
instant dans un océan de joie.
« Edith, viens avec moi. »

Je laissais là les lumières de l’Esprit.

242
Une demi-journée plus tard, je retrouvais la terre ferme
après avoir pourfendu les airs sur le dos de Lugryn. S’il avait
vraisemblablement conservé son aptitude à communiquer depuis
notre expérience de la matinée, mon compagnon demeurait
très silencieux et on devait lire sur mon visage un mélange
d’appréhension et de frustration.
Nous étions revenus à mon ancien campement dont la structure
n’avait pas été épargnée par l’humidité. Je me retournai pour
admirer le Miroir qui s’élevait à quelques centaines de mètres
devant moi.
Je pris une longue inspiration.
Qu’allait-il se passer maintenant ?

Sans hésitation, Lugryn s’élança vers le Portail. À mesure qu’il s’en


approchait, un brouillard se formait autour du Miroir et des volutes
blanches léchèrent la roche avant de se dresser vers le ciel, vers
Lugryn.
Car le dragon avait atteint son but et déployé ses ailes.
L’éblouissante fumée encercla mon ami, dans une colonne laiteuse
qui fendait l’horizon. Tout le corps de Lugryn se pétrifia, prisonnier
du Portail qui, de toute évidence, le drainait.
« Lugryn ! » criai-je, espérant maladroitement que cela le tirerait
de la torpeur dans laquelle il se trouvait.

Laissée seule au pied du grand monolithe, je restais indécise, dans


toute mon impuissance. Les contours de mon ami se faisaient plus
abstraits à mesure qu’il était dépouillé de sa magie. Il fut bientôt
possible de distinguer le ciel à travers lui, et cette image à la
fois triste et magnifique hante encore parfois mes nuits.
« Edith... » semblèrent murmurer les étoiles.
Le Portail se dressait au centre de la vallée, froid et fier.
Il ne restait désormais plus rien de mon compagnon.
D’une manière bien cruelle, le Miroir l’avait vu naître et voilà
qu’il me l’arrachait. Un manteau de colère me couvrit tout
entière. Son départ était un abandon, le plus dur qui soit, celui qui
survient alors que l’avenir réservait tant de choses à partager.

Après un long moment, une éternité peut-être, je me résignai :


Lugryn avait fait preuve d’une abnégation sans pareille. Mon
esprit et mon corps se relevèrent. Si la surface du Portail
miroitait, c’était grâce au geste de mon ami.
Je savais ce qu’il me restait à faire.

Me précipitant vers le campement, je réunis quelques sacs dans


lesquels je fourrais mes carnets de notes.
Edith

244
Chers confrères,

Je profite que le Portail bouillonne d’une énergie renouvelée


pour vous transmettre mes carnets et cette lettre.
Quant à moi, je ne rentre pas.
J’ai vécu sur Dréankë deux années riches de découvertes, d’expériences
et d’émotions. Si je vous offre à présent le fruit de mon labeur, c’est pour
prendre un nouveau départ.
Comme vous le lirez dans mes notes, j’ai rencontré un ami, un dragon bleu
du nom de Lugryn, que je pleure aujourd’hui.
Or, tôt ce matin, au contact d’une Étincelle de magie, j’ai eu une vision.
Si elle s’estompe maintenant, je veux tout de même suivre cette intuition.

Combien de temps durera mon attente ? Le Miroir doit d’abord s’éteindre.


Après quelques semaines, parmi la végétation dense et invasive, je
trouverai peut-être une pierre granuleuse aux reflets verts. Il ne tiendra
qu’à moi de protéger son précieux contenu. Je sais que tout cela à un
prix, et c’est celui de mon retour ; car si je réussis, le Portail restera
dorénavant éteint.
Faites bon usage de mes carnets, je vous dis adieu,
Edith

246
Fin
Ciaudoma Hylidaeus vibrant
(Peu commun)
Shankell Gri ffetus rougeoyant
(Très rare)

Il me reste tellement d’endroits à


explorer, de dragons à découvrir !
Edith

Ammaria
(Commun)

Dearghe Albineus
(Plutôt rare)
Péulien Mâle
(Rare)

Dipell d’un âge avancé


(Très rare)

Drake à crète rouge


(Commun)

Avisodo Butron de
(Très commun)
(Commu n

Regia Prinmus
(Rare)
Draconis Félinis
(Commun)

Jeune Dermin
(Commun)

Le frère du Soleil, Fij’sula


(Unique)

Mare ser pentes


(Très rare)

Deroneus
(Commun)

Carminus tricornus
(Plutôt rare)

Minmaria
(Rare)
Derin à plumes violet tes
(Assez rare)

Esquisse d’un dragon aperçu dans les


jungles du Sabu.

Arboreun
(Peu commun)

Arrzun des volcans


(Peu commun)

Hu riun bleu
(Commun)
^ et jungles
Forets
128 Ektiol 186 Jelstan
136 Dresta 202 Daryon
141 Astira 203 Nelest
165 Ysan 206 Lysunaris
166 Néolys 226 Ardushin
180 Aylihr 233 Calart
181 Belikhian

Plaines
132 Musie 176 Akéos
141 Perisan 179 Snarrion
142 Keryns 210 Ghuryen
155 Elyvius & Mérune
158 Bairréal 230 Niesyn
164 Bellora 236 Eguerd

montagnes
130 Elvessar 207 Detza
138 Véales, Neren 224 Deresion
& Coelune
228 Ekoj
140 Vurtelis 234 Rives d’Argent
204 Reivri

milieux milieux
humides arides
129 Nias 134 Savaryne
137 Balturan 184 Adubarra
154 Loribule 225 Eluishin
190 Murlion
207 Azaé

CIeux
160 Nuée Écarlate
180 Yawnie
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Merci
Chane
Draconis et Draconis : Étincelles ont été financés grâce au support
incroyable de ma communauté.
Vous m’avez fait confiance, vous m’avez soutenu au-delà de tout ce que
je croyais possible. Je vous en suis tellement reconnaissante et j’ai fait
de mon mieux pour ne pas vous décevoir.

Yoan
Je remercie Charlène pour m’avoir fait confiance
et Pauline pour ses conseils, ainsi que Pierre-Alex pour nous avoir
consacré une partie de son temps.

Nimu
À tous ceux qui m’ont aidée et soutenue ainsi qu’à celle qui m’a
embarquée dans cette formidable aventure :
un immense merci du fond du coeur !

Corrections et relectures
Gladys Navez, Sinan Akyag, Pauline Blondel et Dorine Tabary :
un grand merci pour le temps que vous avez pris à nous relire !

Notes
J’ai bien conscience que beaucoup du travail d’Edith est taché. C’est
bien entendu le fait de Lugryn.
Credits
Direction éditoriale et illustrations
Chane
Textes de Draconis
Chane, Nimu & Yoan Rigot
Relectures
Sinan Akyag, Pauline Blondel,
Constance 'Destiny', Gladys
Navez, Dorine Tabary
Maquette
Chane & GinL
Basé en France, le studio Agate est spécialisé dans la
création de mondes imaginaires.
Il produit notamment des livres de jeux de rôle sous le
label Agate RPG, des albums de musique et des jeux vidéo.
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ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement
de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite »
(alinéa 1er de l’article L. 122-4). Cette représentation
ou reproduction, par quelque procédé que ce
soit, constituerait donc une contrefaçon
sanctionnée par les articles 425 et
suivants du Code pénal. ».
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de s ci nq Éti ncel le s !
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rencontre z le s
d ra gon s légend a i re s,
et qui sait,
vou s p ou r r ie z reven i r
ave c u n p e u d e le u r m a g i e
...

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