III La politique d'extermination menée par les nazis : le génocide
des Juifs et des Tsiganes
Rappel : Pourquoi ? Qui ? Qu’est-ce qu’un génocide ?
« Nous nous débarrassons entièrement des Juifs destructeurs.
[…] Je procède en ces matières d’une façon glacée. Je me sens
être seulement l’exécuteur de la volonté de l’histoire. »
« En exterminant cette peste, nous rendrons à l’humanité un
service dont nos soldats ne peuvent avoir la moindre idée. »
RAPPEL : 3 temps
1ere étape Marginaliser les juifs allemands : quelles mesures ?(chapitre précédent)
Dès1933 : les juifs sont persécutés. L’objectif est de les faire disparaître du territoire allemand
(émigration ou expulsion) et de préserver la « pureté » du sang allemand. On envisage aussi une «
réserve » pour les Juifs à Madagascar. Les Juifs (en Allemagne puis dans les pays occupés) sont
victimes de lois discriminantes (Lois de Nuremberg en 1935) et de violences (Nuit de Cristal 1938).
Sont aussi éliminés les « fardeaux vivants » c’est-à-dire les malades mentaux et handicapés.
Avec l’entrée en guerre le processus génocidaire appelé aussi Shoah en hébreu (= destruction) se
met en place.
Pour le mettre en oeuvre, les nazis vont passer par plusieurs étapes et utiliser différents « moyens ».
2eme étape Marquer, regrouper, isoler au fur et à mesure des conquêtes
3e étape : exterminer
1- Exclure et détruire, la politique nazie en Europe de l’Est
Activité 1 page 79 : effectuez la partie GHETTOS (à partir des docs 1 à 3)
Le ghetto de Varsovie
400 000 habitants en Mai 1942
Superficie : 300 hectares, soit 128 000
habts/ km2
Le ghetto juif de Lodz en Pologne occupée (1940-1941)
Interdit d’entrer dans le quartier
résidentiel des juifs
Comment ? Le ghetto de Varsovie
QUELQUES CHIFFRES
10 à 15% d’orphelins
43 000 décès (10% de la
population succombent
au cours de la seule
année 1941)
1 naissance pour 45 décès
en 1942
184 calories (soit 15% du minimum vital)
Pour info la ration d’un Allemand de Varsovie est de
2613 calories, 699 pour un Polonais
La « charrette
des morts » dans
le ghetto de
Varsovie (1941-
1943)
Crédit : Mémorial de la
Shoah / CDJC
Un ghetto : quartier d’une ville dans
lequel sont concentrés des Juifs.
Activité 1 page 79 : effectuez la partie
sur les fusillades par les Einsatzgruppen
(docs 4 à 6)
Une fois déshabillés, les Juifs étaient conduits dans [Babi Yar]1.
Deux ou trois entrées étroites menaient à ce ravin vers lequel
les Juifs étaient poussés. Quand ils arrivaient au fond, des
membres de la Schutzpolizei2les attrapaient et les forçaient à
s’allonger sur ceux qui avaient déjà été tués. Tout se passait
très vite. Les cadavres formaient de véritables couches. Un
tireur d’élite de la police arrivait avec une mitraillette et tuait
chaque Juif dans le cou [...]. Dès qu’un Juif était tué, le tireur
marchait sur les cadavres jusqu’au suivant, qui s’était allongé
entre temps, et le tuait. Et ainsi de suite, sans arrêt, sans qu’on
fasse la différence entre les hommes, les femmes et les
enfants.
Récit de Höfer, chauffeur de camion dans un Einsatzkommando,
cité dans Richard Rhodes, Extermination : la machine nazie.
1941-1943, Autrement, 2004.
Le massacre de Liepaja en Lettonie, décembre 1941
A Mizocz, en Ukraine, des
femmes juives, attendent
nues avant d'être
exécutées dans une fosse
creusée près du ghetto.
(1942)
A propos de ce cliché, pris en 1942 à Ivangorod en Ukraine :
l’un des soldats allemands présents sur les lieux, après avoir immortalisé l’exécution de ces civils juifs, a voulu envoyer la
photographie par la poste à son entourage pour se vanter de ses faits d’arme. Le sinistre courrier a été intercepté par la
résistance polonaise, et témoigne depuis non seulement des crimes de guerre commis par la Wehrmacht, mais aussi du zèle et
de la fierté avec lesquels les troupes des Einsatzgruppen s’adonnaient à la guerre d’anéantissement.
Premier essai de camion à gaz au
camp de Sachsenhausen (au nord
de Berlin) en novembre 1941
Bilan ?
Première page du Rapport Jåger
Rédigé le 1er décembre 1941 par le
SS-Standartenführer Karl Jäger,
commandant de
l'Einsatzkommando 3 de
l'Einsatzgruppe A, ce rapport fournit
une comptabilité sanglante et
détaillée des sorties meurtrières de
ces « unités spéciales » dans l’URSS
occupée par les nazis, ici plus
spécifiquement en Lituanie.
BILAN 1 : Dès 1940, les Nazis qui occupent la Pologne regroupent les juifs dans des quartiers fermés
(ils sont entourés de palissades et de murs) qu'on nomme des ghettos. On en trouve dans les
principales villes polonaises (Lublin, Lodz, Varsovie, Cracovie...). Sans contact avec le reste des villes,
les juifs y vivent dans une misère extrême et meurent de privations (malnutrition, froid, maladies comme
le typhus...). Le taux de mortalité y est très élevé. Dès 1941, les juifs des ghettos polonais mais aussi
les juifs de l’Europe de l’ouest occupée sont déportés vers les centres de mise à mort ou camps
d’extermination. Les ghettos sont vidés en 1942-43, comme le ghetto de Varsovie, liquidé après une
révolte.
A partir de 1941, les nazis organisent des assassinats de masse, des juifs mais aussi des communistes
sont fusillés par des groupes de SS et de policiers que l'on appelle les Einsatzgruppen (Un
Einsatzgruppen : commando SS chargés de tuer les Juifs, les Tsiganes et responsables communistes
d’URSS). 4 unités mobiles composées de 3 000 hommes tous volontaires avancent en même que
l’armée allemande sur les territoires soviétiques et sont chargées de l’exécution des Juifs. La plupart
des victimes sont dévêtues, puis fusillées au bord de fosses, qu’elles doivent parfois creuser elles—
mêmes avant de mourir. De juin 1941 à janvier 1942, les Einsatzgruppen ont assassiné 800 000
personnes. Jusqu’à la fin 1944, le nombre de leurs victimes est estimé à 1 500 000.
Mais ces massacres à coups de fusils sont coûteux en munitions et créent de l'indignation parmi les
soldats.
Tréblinka
2- Dans les camps d’extermination ou centres de mise à mort (1941-1945)
1941 ou le basculement vers le génocide ou la Shoah (destruction en
hébreu)
La conférence de Wannsee : lire le Texte 1 page 82 et répondre aux
questions
Où ?
Comment ?
BILAN 2 Les étapes de la solution finale
Le processus est enclenché en Allemagne dès l’arrivée au pouvoir d’Hitler en 1933.
A partir de 1941 : lors de la 2nde guerre mondiale, les Allemands contrôlent un territoire à l’est de l’Europe qui
compte 8 millions de Juifs. Commence alors une guerre d’extermination qui est officialisée et systématisée lors de
la conférence de Wannsee (janvier 1942) : c’est la solution finale au problème juif. Au cours de cette conférence, 15
hauts responsables nazis se réunissent sous la présidence du chef des services secret allemand, Reinhard
Heydrich. Il est alors décidé de mettre en place une "solution finale" au problème juif en Europe :
- les juifs en capacité de travailler devront être exploités dans des camps de travail forcé,
- les juifs en incapacité de travailler devront être purement et simplement éliminés.
Des camps de concentration sont aménagés pour réaliser cette politique mortifère : Tréblinka, Maïdanek, Sobibor,
Belzec et Auschwitz- Birkenau en Pologne (à l'époque intégrée au Reich). Ce sont les premiers camps
d’extermination ou centres de mise à mort. Pendant que des centres de mise à mort sont érigés en ex-Pologne pour
« traiter » les Juifs de Pologne, puis de l’Ouest, les opérations de massacre se poursuivent à l’Est.
Ne pas confondre :
- le camp de concentration qui est un camp de travail forcé où sont enfermés les opposants aux nazis dans des
conditions inhumaines.
- le camp d'extermination ou centre de mise à mort dans lequel les prisonniers sont exterminés en masse, de
manière industrielle (chambres à gaz, fours crématoires)
L’exemple d’Auschwitz-Birkenau, un centre de mise à mort ou un camp
d’extermination (questions 1 à 5 dossier pages 80/81)
1- Situation
du camp
d’Auschwitz –
Birkenau
Simone Veil (1927–2017) est arrêtée par la Gestapo à
Nice en mars 1944, avec sa mère et sa sœur, elles
sont conduites au camp de transit de Drancy en
région parisienne et déportées ensemble en avril
1944.
Le 13 avril 1944, nous (Simone Veil, sa mère Yvonne et sa
sœur Madeleine) avons été embarquées à cinq heures du
matin, pour une nouvelle étape dans cette descente aux
enfers qui semblait sans fin. Des autobus nous ont
conduits à la gare de Bobigny, où l’on nous a fait monter
dans des wagons à bestiaux formant un convoi aussitôt
parti vers l’Est. […] Nous étions effroyablement serrés,
une soixantaine d’hommes, de femmes, d’enfants, de
personnes âgées, mais pas de malades. Tout le monde se
poussait pour gagner sa place. […]
Le voyage a duré deux jours et demi ; du 13 avril à l’aube
au 15 au soir à Auschwitz-Birkenau. C’est une des dates
que je n’oublierai jamais, avec celle du 18 janvier 1945,
jour où nous avons quitté Auschwitz et celle du retour en
France, le 23 mai 1945. Ces dates demeurent attachées à
mon être le plus profond, comme le tatouage du numéro
78651 sur la peau de mon bras gauche.
Drancy avant « Pitchipoï » Georges Horan crayonne l’arrivée d’un convoi d’enfants juifs internés au camp de Drancy à la gare du Bourget-Drancy. On leur promet un départ pour le pays merveilleux de « Pitchipoï ». Crédit Photos : Mémorial de la Shoah.
Le transfert du camp de Drancy à la gare
Drancy avant « Pitchipoï » Georges Horan crayonne l’arrivée d’un convoi d’enfants juifs internés au camp de Drancy à la gare du Bourget-Drancy. On leur promet un départ pour le pays merveilleux de « Pitchipoï ». Crédit Photos : Mémorial de la Shoah.
Le transport jusqu’à Pitchipoï
1500 kilomètres de voies ferrées,
74 convois,
53 heures de trajet, Arrivée à Auschwitz-Birkenau de Juifs de Hongrie
déportés depuis la France.
Les «trains de la mort», ont transporté, entre mars
1942 et août 1944, près de 74.000 êtres humains
depuis la France vers l'est de l'Europe
De combien de parties est composé le camp d’Auschwitz-Birkenau ?
Sélection des
déportés sur la
rampe du camp
d'Auschwitz-
Birkenau à
l'arrivée d'un
convoi de juifs
hongrois, mai
1944
La sélection,
l’autre file
Le carnet de croquis
d’Auschwitz, dont
l’auteur est inconnu, est
un ensemble de vingt-
deux feuillets glissés dans
une bouteille dissimulée
dans les fondations d’une
baraque du secteur BIIf
du camp de Birkenau10.
Cette bouteille a été
retrouvée en 1947.
Répondre à la question 3 page 81 : Comment les juifs sélectionnés pour la mort sont-ils exterminés ?
Le « Canada »
L’Album d’Auschwitz rassemble près de 200 photos, prises par des SS
en mai et juin 1944, lors de la déportation massive des Juifs de
Hongrie à Auschwitz II – Birkenau. Il est découvert en 1945 par une
rescapée du camp, Lili Jacob
« Dans la salle de déshabillage », David Olère, 1946
Les chambres à gaz
Zyklon B, un produit
insecticide, est
d’abord testé en
septembre 1941 sur 600
prisonniers de guerre
soviétiques et 250
détenus polonais
Cette oeuvre, Gazage, est une peinture
à l’huile créée en 1960 par l’ancien
détenu du camp de concentration et
d’extermination d’Auschwitz, David
Olère.
Le crématorium
« Non moins étrange était la conduite
des hommes des Sonderkommando. Ils
savaient parfaitement qu’après l’achèvement
de toute la mission, ils subiraient le même
destin. Avec la même indifférence, ils retiraient
les corps de la chambre à gaz, arrachaient les
dents en or, coupaient les cheveux sur les
cadavres et les traînaient vers la fosse
commune ou vers les fours crématoires. »
Le récit du commandant d'Auschwitz, Rudolf Höss
Photographie clandestine parmi les quatre photographies
prises par des membres d’un Sonderkommando16 de
Birkenau, aôut 1944
Je peux oublier beaucoup de choses, mais pas ces dates.
Elles demeurent attachées à mon être le plus profond,
comme le tatouage du numéro 78651 sur la peau de mon
bras gauche. A tout jamais, elles sont les traces indélébiles
de ce que j’ai vécu.
"On est là pour ne plus sortir. Il n'y a aucun espoir. Nous ne
sommes plus des personnes humaines, seulement du bétail.
Un tatouage, c'est indélébile.«
"Nous n'avions plus de nom, mais seulement un numéro
tatoué sur le bras, servant à nous identifier, et nous étions
vêtus de haillons."
Quelques années plus tard, en 1950 ou 1951, lors d’une
réception dans une ambassade, un fonctionnaire français de
haut niveau, je dois le dire, pointant du doigt mon avant-
bras et mon numéro de déportée, m’a demandé avec le
sourire si c’était mon numéro de vestiaire !
A notre arrivée, il fallait à tout prix nous désinfecter. Nous nous sommes
donc déshabillées avant de passer sous des jets de douche alternativement
froids et chauds, puis, toujours nues, on nous a placées dans une vaste pièce
munie de gradins, pour ce qui, en effet, était une sorte de sauna. La séance
parut ne devoir jamais finir. Les mères qui se trouvaient là devaient subir
pour la première fois le regard de leurs filles sur leur nudité. C'était très
pénible. Quant au voyeurisme des kapos, il n'était pas supportable. Elles
s'approchaient de nous et nous tâtaient comme de la viande à l'étal. On
aurait dit qu'elles nous jaugeaient comme des esclaves. Je sentais leurs
regards sur moi. J'étais jeune, brune, en bonne santé; de la viande fraîche, en
somme. Une fille de seize ans et demi, arrivant du soleil, tout cela
émoustillait les kapos et suscitait leurs commentaires. Depuis, je ne supporte
plus une certaine promiscuité physique.
AUSCHWITZ 1 camp initial
Questions 4 et 5 page 81
Doc 5 page 81
J'ai donc touché le fond. On apprend vite en cas de besoin
à effacer d'un coup d'éponge passé et futur. Au bout de
quinze jours de Läger, je connais déjà la faim
réglementaire, cette faim chronique que les hommes libres
ne connaissent pas, qui fait rêver la nuit et s'installe dans
toutes les parties de notre corps ; j'ai déjà appris à me
prémunir contre le vol, et si je tombe sur une cuillère, une
ficelle, un bouton que je puisse m'approprier sans être puni,
je l'empoche et le considère à moi de plein droit. Déjà sont
apparues sur mes pieds les plaies infectieuses qui ne
guériront pas. Je pousse des wagons, je manie la pelle, je
fond sous la pluie et je tremble dans le vent. Déjà mon
corps n'est plus mon corps. J'ai le ventre enflé, les
Primo Levi, né le 31 juillet 1919 à Turin et membres desséchés, le visage bouffi le matin et creusé le
mort le 11 avril 1987 à Turin, est un écrivain
et docteur en chimie italien rendu célèbre soir ; chez certains, la peau est devenue jaune, chez
par son livre Si c'est un homme, dans
lequel il relate son emprisonnement au d'autres, grise ; quand nous restons trois ou quatre jours
cours de l'année 1944 dans le camp de
concentration et d'extermination sans nous voir, nous avons du mal a nous reconnaître.
d'Auschwitz-Monowitz. Primo Lévi, Si c’est un homme, 1947.
les latrines
Liste de femmes gazées au camp d'Auschwitz-Birkenau
interceptée par la résistance intérieure, 21 août 1943
Ce camp de concentration, dirigé par les SS, est créé en mai 1940 et libéré
par l'Armée rouge le 27 janvier 1945.
En cinq années, plus de 1,3 million d'hommes, de femmes et d'enfants,
meurent à Auschwitz, dont 900 000 immédiatement à leur sortie des trains qui
les y amenaient.
90 % de ces personnes étaient juives.
Ces victimes de la solution finale sont tuées dans les chambres à gaz ou
parfois avec des armes à feu, mais meurent aussi de maladies, de
malnutrition, de mauvais traitements ou d'expériences médicales.
Les hommes, femmes et enfants ne sont pas Samudaripen,
soumis à la « sélection » à l’arrivée (mesure génocide tsigane
réservée aux Juifs) ni séparés. (…)
Le camp tsigane est choisi comme terrain
d’études et d’expérimentations par certains
médecins SS du camp, à commencer par Josef
Mengele qui y installe un laboratoire.
Les Tsiganes d’Auschwitz constituent, avec
les Juifs ponctionnés spécifiquement, la
principale catégorie de détenus à être utilisée
comme
« matériel humain » pour des recherches
médicales : des études sur la gémellité et les
maladies qui ravagent le camp comme le
noma (une gangrène du visage causée par la malnutrition)
ou la malaria. […]
Source : BRUTTMANN Tal, Auschwitz, La Découverte (Repères), Paris, 2015
Libéré par les Soviétiques le 27 janvier 1945
Enfin, le 15 avril 1945, nous avons
été libérés par l'armée britannique. Je
revois encore la stupeur horrifiée des
soldats qui, de leurs chars,
découvraient les cadavres accumulés
sur le bord de la route et les
squelettes que nous étions devenus.
Nul cri de joie de notre part.
Seulement le silence et les larmes. Je
pensais à ma mère, qui était morte un
mois plus tôt, d'épuisement et du
typhus. Au cours de ces semaines,
faute de soins, beaucoup d'entre nous
sont morts. Bergen Belsen
à la libération
Simone Veil
Le camp hier et aujourd’hui … beaucoup de bâtiments ont été détruits par les Nazis. L’ordre d’arrêter les
opérations de gazage et de démanteler les installations de mise à mort dés novembre 1944. Face à
l’avancée rapide de l’Armée rouge, le camp est évacué dans l’urgence : le 17 janvier 1945, « les marches
de la mort » entraînent sur les routes 58 000 prisonniers.
Le « dark tourism », une nouvelle tendance de
voyage ?
Tourisme de la mémoire pour certains, de la
désolation pour d’autres, le « dark tourism » se
développe à travers le monde. C’est une pratique
qui consiste à visiter des lieux associés de près ou
de loin à la mort.
Le 12 mars 1943, considérée comme inapte au
travail, Czesława Kwoka, une adolescente
polonaise catholique de 14 ans a succombé, à
Auschwitz (Pologne), à une injection de phénol
dans le cœur. « Selon le témoignage d’un
survivant [du camp de concentration et
d’extermination], Wilhelm Brasse, un autre
déporté qui a pris la photo originale (…) elle a
été battue par l’un des gardes avant d’être
photographiée». Elle a été déportée à 14 ans
avec sa mère pour que des Allemands puissent
occuper leur maison. Elle était arrivée dans le
camp le 13 décembre 1942. Elle fait partie des
230 000 mineurs déportés dans le camp
d'Auschwitz entre 1940 et 1945.
William Brasse était obligé par les nazis à
prendre des clichés des prisonniers quand ils
arrivaient à Auschwitz. Il avait reçu l'ordre de
détruire toutes ces photos mais il a réussi à
conserver des négatifs pour que les victimes ne
tombent pas dans l'oubli.
C'est la photographe brésilienne Marina Amaral qui a réalisé cette colorisation.
L'artiste Tom Marshall a colorisé une sélection de dix clichés du
génocide pour un douloureux voyage dans le temps.
"C’était le projet le plus pénible sur lequel j’ai travaillé." À l’occasion du
75e anniversaire de la libération d’Auschwitz le 27 janvier dernier, le
photographe Tom Marshall a décidé de coloriser dix images prises au
cours des premiers mois de 1945.
Dachau: le premier camp de
concentration ouvert en 1933. Ici, un
Russe de 18 ans en 1945
Des prisonniers dans le camp de concentration
d’Ebensee, en Autriche.
Bilan de la 2e guerre mondiale
- 56 millions de morts (en majorité des civils). L'URSS perd 10
% de sa population.
- 5 à 6 millions de Juifs et 240 000 Tziganes exterminés.
- Des destructions : Stalingrad et Hiroshima rasées par les
bombardements, des villes allemandes entièrement
détruites.
- La mise au point d'armes de destruction massive : la bombe
atomique.
Les camps fonctionnent tous sur le même modèle: les plus faibles (femmes, enfants, personnes âgées) sont
envoyés vers les chambres à gaz (elles fonctionnent avec des gaz d'échappement ou du Zyklon B), les plus
robustes doivent travailler pour les Nazis jusqu'à épuisement.
Les corps des juifs gazés étaient dans un premier temps jetés dans d'immenses fosses, mais leur nombre était
si important qu'ils furent brulés par la suite.
Au final, même si les Nazis ont détruit des camps (ils construisaient des fermes à la place) et brulé une grande
partie de leurs archives pour masquer leur ignominie, les historiens estiment que:
- 1 100 000 juifs périrent à Auschwitz
- entre 750 000 et 1 200 000 à Tréblinka
- 78 000 à Majdanek
- 153 000 à Chelmno
- entre 200 000 et 250 000 à Sobibor
- entre 430 000 et 450 000 à Belzec
Un minimum de 5 millions de Juifs morts, la plupart entre l’été 1941 et mai 1945 (près de 4 ans) :
= 108 695/mois
= 3 623 / jour
= 150/heure
+ de 2 Juifs tués toutes les minutes en moyenne pendant 4 ans…
Le procès de Nuremberg (20 novembre 1945 au 1er octobre 1946
Intenté par les forces alliées
contre vingt-quatre hauts
responsables nazis, et est
composé de quatre juges,
quatre procureurs et quatre
assesseurs soviétiques, français,
américains et britanniques.
Pendant plus de dix mois, les
accusés comparaissent pour :
- complot,
- crimes contre la paix,
- crimes de guerre
Rudolf Hess, - crimes contre l’humanité.
accusé de
complot contre
la paix
Trace écrite
Pour la première fois, les civils au cœur de la guerre.
Ils sont autant touchés que les militaires. C’est le
conflit le plus meurtrier : 65 millions de morts, dont
25 millions de Soviétiques.
Les forces de l'Axe tout comme les alliés ont massivement
bombardé les villes pour terroriser les
populations et pousser l'ennemi à capituler (Londres
en 1940, Dresde en 1945, Hiroshima et Nagasaki...). Il s'agit
donc d'anéantir l'adversaire, physiquement comme
moralement.
Cette guerre d'anéantissement a amené des massacres de
civils (massacre d'Oradour-sur-Glane, en France, par
exemple ; extermination des Juifs et des tziganes par les
nazis) mais aussi de prisonniers de guerre (2 des 3,5
millions de prisonniers soviétiques en Allemagne
moururent de faim ou furent assassinés).