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2-Ahmed-Seddik Bouhadjar 2012 Archivage

La thèse de Bouhadjar Ahmed-Seddik présente des systèmes de récupération d'énergie vibratoire large bande, explorant les applications dans divers domaines tels que la médecine, l'aéronautique et l'industrie. Elle aborde les mécanismes de transduction mécano-électrique et propose des solutions pour optimiser le fonctionnement à la résonance. Le travail a été réalisé au sein du Laboratoire CEA-Leti et soutenu publiquement en 2012.

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2-Ahmed-Seddik Bouhadjar 2012 Archivage

La thèse de Bouhadjar Ahmed-Seddik présente des systèmes de récupération d'énergie vibratoire large bande, explorant les applications dans divers domaines tels que la médecine, l'aéronautique et l'industrie. Elle aborde les mécanismes de transduction mécano-électrique et propose des solutions pour optimiser le fonctionnement à la résonance. Le travail a été réalisé au sein du Laboratoire CEA-Leti et soutenu publiquement en 2012.

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Systèmes de récupération d’énergie vibratoire large

bande
Bouhadjar Ahmed-Seddik

To cite this version:


Bouhadjar Ahmed-Seddik. Systèmes de récupération d’énergie vibratoire large bande. Energie élec-
trique. Université de Grenoble, 2012. Français. �tel-00778437v1�

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THÈSE
Pour obtenir le grade de

DOCTEUR DE L’UNIVERSITÉ DE GRENOBLE


Spécialité : NANO ELECTRONIQUE ET NANO TECHNOLOGIE
Arrêté ministériel : 7 août 2006

Présentée par

Bouhadjar AHMED SEDDIK

Thèse dirigée par Emmanuel DEFAY


codirigée par Ghislain DESPESSE

préparée au sein du Laboratoire CEA-Leti


dans l'École Doctorale ELECTRONIQUE,
ELECTROTECHNIQUE, AUTOMATIQUE ET TRAITEMENT DU
SIGNAL

Systèmes de récupération de
l’énergie vibratoire large
bande
Thèse soutenue publiquement le 04/10/2012,
devant le jury composé de :
M. Daniel GUYOMAR
Professeur, LGEF-LYON, Rapporteur
M. François COSTA
Professeur, IUFM-Paris, Rapporteur
M. Skandar BASROUR
Professeur, UJF-Grenoble, Membre
M. Philippe BASSET
Professeur associé, ESIEE-Paris, Membre
M. Adrien BADEL
Maître de conférences, SYMME-ANNECY, Invité
M. Emmanuel DEFAY
Directeur de recherche, CEA/Leti-Grenoble, Directeur de thèse
M. Ghislain DESPESSE
Ingénieur de recherche, CEA/Leti-Grenoble, Encadrant
Remerciements :
Ce travail de thèse a été réalisé en majeure partie au département DSIS du CEA-Leti, je tiens
donc à exprimer ma gratitude à Roland BLANPAIN, chef de département DSIS, et à
Sébastien DAUVE, chef de service SCSE, de m’avoir accueilli au sein de leur unité de
recherche.

J’adresse mes remerciements les plus chaleureux à Ghislain DESPESSE de m’avoir encadré
au cours de ces trois années de thèse. Au travers de nos discussions, il m’a apporté une
compréhension plus approfondie des divers aspects du sujet. Je salue aussi sa souplesse et son
ouverture d’esprit qui ont su me laisser une marge de liberté pour mener à bien ce travail de
recherche. Je tiens à remercier également Emmanuel DEFAY pour avoir dirigé mes travaux
de recherche, merci pour votre aide précieuse, pour vos remarques et pour votre soutien
permanent.

Pour avoir accepté de rapporter ce travail, j’assure ma reconnaissance à Daniel GUYOMAR


et François COSTA. Que soient remerciés les autres membres de jury : Philippe BASSET,
Adrien BADEL et plus particulièrement Skandar BASROUR pour avoir en plus assurer le
rôle de président de jury.

Pour m’avoir accompagné lors de mes premiers pas dans le monde de la recherche, je
remercie Sébastien, Jean-Jacques, François, Fabien …et tous les autres harvesters.

Pour leur soutien permanent, j’adresse mes plus profonds remerciements à toute ma famille, je
leur dédie ce mémoire de thèse et leur exprime tout mon amour.

Merci enfin au lecteur qui par essence justifie la rédaction de ce document.

1
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1
Table des matières

Table des figures .................................................................................................................................... v1


Table des tableaux ................................................................................................................................ ix1
Introduction générale ............................................................................................................................ 11
Préambule : ............................................................................................................................................ 51
I Introduction ....................................................................................................................................... 61
II Principales applications de la récupération d’énergie ambiante basse puissance : .......................... 61
II.1 Applications dans le médicale : ................................................................................................ 61
II.2 Applications dans le domaine aéronautique : ........................................................................... 71
II.3 Applications dans le domaine du transport urbain :.................................................................. 71
II.4 Applications dans le milieu industriel : .................................................................................... 81
II.5 Applications dans le domaine de l’habitat : .............................................................................. 81
II.6 Conclusion : .............................................................................................................................. 81
III Les différentes formes d’énergie disponibles dans l’environnement : ........................................... 91
III.1 Energie finie (énergie électrochimique) : ................................................................................ 91
III.2 Energie du rayonnement électromagnétique : ....................................................................... 101
III.3 L’énergie thermique : ............................................................................................................ 111
III.4 L’énergie mécanique : ........................................................................................................... 131
IV Conclusions : ................................................................................................................................ 161
V Références : ................................................................................................................................... 161
Chapitre I : Etat de l’art & positionnement de la thèse ................................................................... 181
I Introduction : ................................................................................................................................... 191
II Etude d’un modèle général de récupération d’énergie vibratoire : ................................................ 191
II.1 Description du modèle général : ............................................................................................. 201
II.2 Mise en équation du modèle général : .................................................................................... 211
III Principaux mécanismes de transduction mécano-électrique : ...................................................... 261
III.1 Mécanisme de transduction capacitive : ................................................................................ 261
III.2 Mécanisme de transduction électromagnétique :................................................................... 271
III.3 Mécanisme de transduction par matériaux électroactifs :...................................................... 301
III.4 Comparaison entre les différentes techniques de conversion mécano-électrique : ............... 331
IV Causes pouvant conduire à un fonctionnement en dehors de la résonance : ................................ 341
IV.1 Variation de la fréquence de vibration (causes liées à la source) : ........................................ 341
IV.2 L’altération de la fréquence de résonance (causes liées au récupérateur) : ........................... 351
IV.3 Imprécision de la fréquence de résonance lors de la fabrication : ......................................... 351
IV.4 Conclusion : .......................................................................................................................... 361
V Solutions pour un fonctionnement à la résonance : ....................................................................... 371
V.1 Vibrations de type aléatoire : (large bande ou multi harmoniques) ........................................ 371

i
Table des matières

V.2 Vibrations à une seule fréquence principale qui bouge dans le temps : ................................. 411
VI Etude comparative des différents systèmes de récupération d’énergie vibratoire à large bande
fréquentielle de fonctionnement : ...................................................................................................... 481
VII Références :................................................................................................................................. 521
Chapitre II : Etude théorique d’un générateur piézoélectrique ..................................................... 571
I Introduction ..................................................................................................................................... 581
II Théorie de la piézoélectricité : ....................................................................................................... 581
II.1 Quelques définitions : ............................................................................................................. 581
II.2 Mise en équation de la piézoélectricité : ................................................................................. 621
III Etude théorique d’un générateur piézoélectrique de type cantilever :.......................................... 631
III.1 Présentation de la structure de récupération d’énergie vibratoire de type cantilever : .......... 631
III.2 Principe de dimensionnement d’un générateur piézoélectrique : .......................................... 661
III.3 Choix des matériaux : ............................................................................................................ 671
III.4 Analyse statique du comportement d’une structure de type cantilever : ............................... 691
IV Etude d’une structure mécanique optimisée :............................................................................... 831
IV.1 Etude du comportement électromécanique (structure améliorée) : ....................................... 861
IV.2 Etude du taux de variation de la fréquence de résonance (structure améliorée) : ................. 871
V Etude du comportement d’un générateur piézoélectrique en régime dynamique :........................ 881
VI Conclusions et bilan du chapitre : ................................................................................................ 971
VII Références :................................................................................................................................. 981
Chapitre III : Systèmes à adaptation automatique de la fréquence de résonance par procédé
piézoélectrique ..................................................................................................................................... 991
I Introduction : ................................................................................................................................. 1011
II Technique d’ajustement de la fréquence de résonance par application d’un champ électrique dans
le matériau piézoélectrique :............................................................................................................ 1011
II.1 Modélisation de l’impact du champ électrique sur la rigidité mécanique d’un matériau de type
piézoélectrique : .......................................................................................................................... 1021
II.2 Modélisation de l’impact du champ électrique sur la fréquence de résonance :................... 1041
II.3 Choix de matériaux : ............................................................................................................. 1051
II.4 Dimensionnement de la structure et résultats théoriques :.................................................... 1061
II.5 Fabrication de la structure : .................................................................................................. 1081
II.6 Caractérisation de la structure et validation de l’approche : ................................................. 1101
II.7 Stratégie d’asservissement de la fréquence de résonance : ................................................... 1121
II.8 Conclusion : .......................................................................................................................... 1141
III Adaptation automatique de la fréquence de résonance par adaptation de la charge électrique
connectée à un matériau piézoélectrique ......................................................................................... 1151
III.1 Introduction : ....................................................................................................................... 1151

ii
Table des matières

III.2 Théorie d’ajustement de la fréquence de résonance par adaptation de la charge électrique :


..................................................................................................................................................... 1151
III.3 Choix du matériau piézoélectrique à utiliser : ..................................................................... 1181
III.4 Choix des dimensions de la structure : ................................................................................ 1191
III.5 Résultats théoriques de l’approche par adaptation de la charge capacitive : ....................... 1221
III.6 Fabrication de la structure : ................................................................................................. 1231
III.7 Validation expérimentale de l’approche :............................................................................ 1241
III.8 Synthèse de la caractérisation électromécanique des prototypes fabriqués :....................... 1271
III.9 Automatisation du réglage de la fréquence de résonance :.................................................. 1271
III.10 Adaptation de la fréquence de résonance et de l’amortissement électrique : .................... 1321
III.11 Résultats expérimentaux du double ajustement : .............................................................. 1391
III.12 Electronique de réglage de la fréquence de résonance et de l’amortissement électrique : 1411
IV Conclusion : ............................................................................................................................... 1421
V Références : ................................................................................................................................. 1431
Chapitre IV Amplification du mouvement vibratoire par rebonds mécaniques synchronisés .. 1441
I Introduction : ................................................................................................................................. 1451
II Présentation de l’approche :......................................................................................................... 1451
III Etude théorique de la technique du rebond mécanique synchronisé : ........................................ 1471
III.1 Formulation du gain énergétique : ....................................................................................... 1471
III.2 Modélisation du comportement d’une structure avec rebond mécanique : ......................... 1491
IV Choix du mécanisme d’application du rebond mécanique :....................................................... 1541
IV.1 Actionnement par un matériau à dilatation thermique : ...................................................... 1551
IV.2 Actionnement par principe électromagnétique : ................................................................. 1551
IV.3 Actionnement par principe piézoélectrique :....................................................................... 1561
V Electronique de commande des actionneurs :.............................................................................. 1561
VI Dispositif expérimental et caractérisation : ................................................................................ 1591
VI.1 Dimensionnement et fabrication de la structure mécanique : ............................................. 1591
VI.2 Choix des actionneurs piézoélectriques : ............................................................................ 1591
VI.3 Banc de caractérisation : ..................................................................................................... 1601
VI.4 Résultats de la caractérisation mécanique : ......................................................................... 1601
VI.5 Résultats expérimentaux de la technique du rebond : ......................................................... 1611
VII Conclusion : .............................................................................................................................. 1621
Conclusion générale .......................................................................................................................... 1631
ANNEXES .......................................................................................................................................... 1671
I Annexe (1) : .................................................................................................................................. 1681
II Annexe 2 : .................................................................................................................................... 1711

iii
Table des matières

III Annexe 3 : .................................................................................................................................. 1741

iv
Table de figures

12345675869ABCD586

Figure 0-1 Placement d’un pacemaker dans le corps humain ................................................................. 61


Figure 0-2 Placement des différents capteurs sur une voiture [5] ........................................................... 81
Figure 0-3 Illustration de l’amélioration de l’autonomie des batteries [6] .............................................. 91
Figure 0-4 Etendu du spectre électromagnétique ambiant [7] ............................................................... 101
Figure 0-5 Jonction P-N d’une cellule photovoltaïque.......................................................................... 101
Figure 0-6 Evolution de l’efficacité des cellules photovoltaïque entre 1975 et 2007 [9]...................... 111
Figure 0-7 Illustration d’un système de récupération d’énergie thermique par principe pyroélectrique
[11] ........................................................................................................................................................ 121
Figure 0-8 Agencement des cellules PN pour la récupération de l’énergie thermique ......................... 121
Figure 0-9 Technologie Micropelt [15] ................................................................................................. 131
Figure 0-10 Oxymètre autonome [16] ................................................................................................... 131
Figure 0-11 Illustration de la récupération de l’énergie d’extension/compression sur le genou [17] ... 151
Figure 0-12 Prototype de récupération d’énergie dans les chaussures [18] .......................................... 151
Figure I-1 Représentation du modèle général d’un système de récupération d’énergie vibratoire ....... 211
Figure I-2 Niveau de la conversion mécano-mécanique dans la chaine complète ................................ 221
Figure I-3 Diagramme des forces appliquées sur la masse sismique .................................................... 221
Figure I-4 Déplacement relatif théorique en fonction de la fréquence de vibration pour différentes
valeurs d’amortissement mécanique...................................................................................................... 231
Figure I-5 Schéma du mécanisme de la conversion mécano-électrique ................................................ 241
Figure I-6 Puissance théoriquement récupérable par un système de récupération d’énergie vibratoire à
résonance simple pour différentes valeurs d’amortissement électrique ................................................ 251
Figure I-7 Structure de récupération d’énergie électrostatique [6]........................................................ 261
Figure I-8 Cycles de charge et de décharge de la capacité d’un système de récupération de l’énergie
électrostatique [6] .................................................................................................................................. 271
Figure I-10 Micro-dynamo dans une montre bracelet, puissance moyenne 5µW (Seiko Kinetic) ....... 281
Figure I-9 Schéma équivalent d’un système de récupération d’énergie mécanique par principe
électromagnétique ................................................................................................................................. 281
Figure I-11 Cantilever piézoélectrique en mode 33 [28] ....................................................................... 311
Figure I-12 Cantilever piézoélectrique en mode 31 [7]......................................................................... 311
Figure I-13 Comparaison entre les différents matériaux électroactifs [44] ........................................... 331
Figure I-14 Spectre de vibration d’une voiture roulant à 2000 tr/min ............................... 341
Figure I-15 Spectre de vibration d’une voiture roulant à 3000 tr/min................................................... 341
Figure I-16 Spectre de vibration dans sur des escaliers......................................................................... 351
Figure I-17 Vibrations sur des rails lors d’un passage d’un train [46] .................................................. 351
Figure I-18 Classification des techniques permettant l’optimisation de la réponse fréquentielle ......... 361
Figure I-19 Systèmes à fort amortissement mécanique [48] ................................................................. 381
Figure I-20 Réponse fréquentielle d’un système à fort amortissement mécanique [48] ....................... 381
Figure I-21 Transformateur du mouvement de vibration unidirectionnelle en mouvement rotationel
[49] ........................................................................................................................................................ 391
Figure I-22 Récupérateurs à plusieurs poutres, (a) Shahruz et al [50], (b) Ferrari et al [51] ................ 391
Figure I-23 Système multi-masses [55]................................................................................................. 401
Figure I-24 Système multi-masses [56]................................................................................................. 401

v
Table de figures

Figure I-25 Technique d’ajustement de la fréquence de résonance par application d’une précontrainte
[58] ........................................................................................................................................................ 411
Figure I-26 Technique d’ajustement de la fréquence de résonance par ajustement du centre de gravité
[59] ........................................................................................................................................................ 421
Figure I-27 Techniques de multiplication de la fréquence de vibration [64-65] ................................... 431
Figure I-28 Structure de type poutre encastrée-encastrée [66] .............................................................. 431
Figure I-29 Comportement non linéaire d’une poutre encastrée-encastrée [66] ................................... 431
Figure I-30 Système de récupération d’énergie avec stoppers .............................................................. 441
Figure I-31 Schéma d’un récupérateur électrostatique avec système d’ajustement de la fréquence de
résonance ............................................................................................................................................... 451
Figure I-32 Système à ajustement actif de la fréquence de résonance par action magnétique .............. 461
Figure I-33 Systèmes à ajustement actif de la fréquence de résonance par action piézoélectrique [81]471
Figure I-34 Schéma d’un système à ajustement actif de la fréquence de résonance par adaptation de la
charge électrique.................................................................................................................................... 481
Figure I-35 Diagramme des démarches entreprises dans le travail de thèse ......................................... 511
Figure II-1 Principe de la piézoélectricité (direct et inverse) ................................................................ 581
Figure II-2 Illustration à l’échelle microscopique du phénomène de la piézoélectricité (P : polarisation)
............................................................................................................................................................... 591
Figure II-3 L’effet d’hystérésis dans un matériau piézoélectrique ........................................................ 601
Figure II-4 Géométrie d’un système de récupération d’énergie piézoélectrique de type cantilever ..... 641
Figure II-5 Types de contraintes appliquées dans la partie piézoélectrique lors des vibrations............ 651
Figure II-6 Succession des étapes de dimensionnement d’une structure de récupération d’énergie de
type piézoélectrique............................................................................................................................... 661
Figure II-7 Diagramme des forces et moments appliqués sur la structure cantilever ........................... 711
Figure II-8 Diagramme des forces et moments appliqués sur un tronçon de la structure ..................... 711
Figure II-9 Déplacement de la poutre suite à une application d’une force statique de 1 N................... 741
Figure II-10 Contrainte mécanique locale dans le matériau piézoélectrique en fonction de la position
longitudinale .......................................................................................................................................... 751
Figure II-11Effet du placement des couches piézoélectriques sur la contrainte moyenne dans le
matériau piézoélectrique........................................................................................................................ 761
Figure II-12 Effet des dimensions géométriques du matériau piézoélectrique sur le couplage effectif 781
Figure II-13 Effet des dimensions géométriques sur l’énergie électrique générée par les couches
piézoélectriques ..................................................................................................................................... 791
Figure II-14 Impact des dimensions géométriques sur le taux de variation de la fréquence de résonance
(avec x0=0.5 et x1=2) ............................................................................................................................. 811
Figure II-15 Impact des propriétés mécaniques et électromécaniques sur le taux de variation de la
fréquence de résonance (Lp/Lb=1 ; ep/eb=1) .......................................................................................... 821
Figure II-16 Forme géométrique de la structure améliorée proposée ................................................... 841
Figure II-18 Répartition de la contrainte mécanique à travers le matériau piézoélectrique pour
différents angles d’inclinaison............................................................................................................... 851
Figure II-17 Vue longitudinale de la structure améliorée...................................................................... 851
Figure II-19 Impact de la nouvelle géométrie sur le coefficient de couplage électromécanique de la
structure améliorée ................................................................................................................................ 871
Figure II-21 Effet de la longueur des couches piézoélectriques et de l’angle d’inclinaison sur le taux de
variation de la fréquence de résonance (x1=4, x0=0.125)...................................................................... 881
Figure II-22 Modèle à un degré de liberté pour un système de récupération d’énergie vibratoire........ 891
Figure II-23 Démarches suivies pour la détermination des caractéristiques électriques du générateur 911
Figure II-24 Schéma équivalent du système de récupération couplé avec une batterie ........................ 941

vi
Table de figures

Figure III-1Effet du champ électrique appliqué sur le coefficient piézoélectrique (d31) [5] ............... 1031
Figure III-3 Effet de l’intensité du champ électrique sur la fréquence de résonance .......................... 1081
Figure III-2 Technique d’application du champ électrique sur une structure de type cantilever ........ 1081
Figure III-4 Forme du substrat en acier ............................................................................................... 1091
Figure III-5 Montage des parties intermédiaires sur le substrat .......................................................... 1091
Figure III-6 Structure fabriquée........................................................................................................... 1101
Figure III-7 Banc d’essai pour la caractérisation des structures fabriquées ........................................ 1101
Figure III-8 Variation de la fréquence de résonance en fonction du champ électrique appliqué ........ 1111
Figure III-9 Stratégie de régulation de la fréquence de résonance ...................................................... 1121
Figure III-10 Technique de régulation de la fréquence de résonance ................................................. 1131
Figure III-11 Bilan de puissance du système de récupération d’énergie avec ajustement automatique de
la fréquence de résonance.................................................................................................................... 1141
Figure III-12 Echantillon d’un matériau piézoélectrique polarisé selon l’épaisseur ........................... 1151
Figure III-13 Echantillon piézoélectrique sous contrainte mécanique en court-circuit ....................... 1161
Figure III-14 Echantillon piézoélectrique sous contrainte mécanique en circuit ouvert ..................... 1161
Figure III-15 Modèle équivalent d’un matériau piézoélectrique connecté à une capacité Csh ............ 1171
Figure III-16 Structure piézoélectrique en mode 33............................................................................ 1201
Figure III-17 Effet de la capacité shunt sur le taux de variation de la fréquence de résonance (Mode
31)........................................................................................................................................................ 1221
Figure III-18 Effet de la capacité shunt sur le taux de variation de la fréquence de résonance (Mode
33)........................................................................................................................................................ 1231
Figure III-19 Structure fabriquée pour le mode longitudinal .............................................................. 1241
Figure III-20b Effet de la capacité shunt sur la fréquence de résonance (Mode 31) ........................... 1251
Figure III-21 Effet de la capacité shunt sur la fréquence de résonance (Mode 33), C-C : court-circuit,
C-O : circuit ouvert.............................................................................................................................. 1261
Figure III-22 Variation de la fréquence de résonance en fonction de la capacité shunt ...................... 1261
Figure III-23 Stratégie d’ajustement de la fréquence de résonance .................................................... 1281
Figure III-24 Illustration qualitative du comportement du circuit de filtrage ..................................... 1291
Figure III-25 Circuit de mémorisation et de détermination du sens de variation de la puissance de
sortie .................................................................................................................................................... 1301
Figure III-26 Signaux de commande des interrupteurs ....................................................................... 1301
Figure III-27 Circuit d’adaptation du sens de variation de la fréquence de résonance ....................... 1311
Figure III-29 Architecture proposée pour l’ajustement de la fréquence de résonance et l’extraction de
l’énergie électrique .............................................................................................................................. 1321
Figure III-30 Diagramme temporel du fonctionnement du générateur ............................................... 1341
Figure III-31 Circuit équivalent du générateur lorsque le pont diodes est bloqué .............................. 1351
Figure III-32 Circuit électrique équivalent lorsque le pont diodes est passant.................................... 1371
Figure III-33 Effet des capacités C1 et C2 sur la fréquence de résonance ........................................... 1401
Figure III-34 Effet des capacités C1 et C2 sur le courant fourni à la charge (0.1g) en maintenant la
fréquence d’entrée égale à la fréquence de résonance......................................................................... 1401
Figure III-34 Stratégie de commande de la fréquence de résonance et de l’amortissement électrique1411
Figure III-35 Tension de sortie avec l’ajustement automatique de la fréquence de résonance ........... 1421
Figure IV-1 Système équivalent à un degré de liberté ........................................................................ 1461
Figure IV-2 Illustration du choc élastique entre le support m1 et la masse sismique m2 ..................... 1471
Figure IV-3 Illustration de la mise en œuvre du système à rebond ..................................................... 1491
Figure IV-4 Diagramme illustrant les séquences d’application du rebond mécanique ....................... 1501
Figure IV-5 Diagramme montrant la succession des opérations du programme de simulation .......... 1511
Figure IV-6 Variation du gain d’amplification en fonction de la durée de blocage ............................ 1531

vii
Table de figures

Figure IV-7 Variation du gain d’amplification en fonction de la fréquence d’entrée ......................... 1541
Figure IV-8 Illustration de la technique d’actionnement par utilisation d’un matériau à dilatation
thermique ............................................................................................................................................. 1551
Figure IV-9 Illustration de l’actionnement par principe électromagnétique ....................................... 1551
Figure IV-10 Illustration de l’actionnement par principe piézoélectrique .......................................... 1561
Figure IV-12 Circuit avance de phase ................................................................................................. 1571
Figure IV-11 Schéma synoptique du fonctionnement de l’électronique de commande ...................... 1571
Figure IV-13 Circuit de détection de passage par zéro d’accélération ................................................ 1581
Figure IV-14 Générateur de l’impulsion de commande ...................................................................... 1581
Figure IV-15 Circuit de commande des actionneurs ........................................................................... 1581
Figure IV-16 Structure fabriquée pour la validation du principe d’amplification par rebond mécanique
............................................................................................................................................................. 1591
Figure IV-17 Schéma général du banc de test utilisé .......................................................................... 1601
Figure IV-18 Résultats expérimentaux et théorique du gain en amplification mécanique.................. 1611
Figure A-1 Schéma des différentes fonctions électroniques combinées pour l’ajustement de la
fréquence de résonance ....................................................................................................................... 1681
Figure A-2 Schéma de l’électronique utilisée pour la mesure du déphasage ...................................... 1691
Figure A-3 Détermination du sens de transfert de l’énergie électrique ............................................... 1691
Figure A-4 Schéma de puissance pour le chargement/déchargement de la capacité des couches
piézoélectriques ................................................................................................................................... 1701
Figure A-5 Représentation de la nouvelle technique de blocage de la masse sismique ...................... 1721
Figure A-6 Schéma de puissance pour l’activation du rebond mécanique.......................................... 1721

viii
Table des tableaux

1234567586E23452CF6

Tableau 0-1 Quelques résultats des systèmes de récupération de l’énergie thermique ......................... 131
Tableau I-1 : Présentation de quelques sources de vibration [1] ........................................................... 191
Tableau I-2 : Principaux résultats obtenus par principe électrostatique ................................................ 271
Tableau I-3 Systèmes de récupération d’énergie mécanique par principe électromagnétique .............. 301
Tableau I-4 Systèmes de récupération d’énergie vibratoire par transduction piézoélectrique .............. 321
Tableau I-5 Comparaison entre les différents principes de transduction mécano-électrique ................ 331
Tableau I-6 Systèmes large bande multi-poutres .................................................................................. 401
Tableau I-7 Systèmes large bande multi-poutres .................................................................................. 401
Tableau I-8 Systèmes à ajustement actif de la fréquence de résonance par action électrostatique ....... 461
Tableau I-9 Systèmes à ajustement actif de la fréquence de résonance par action magnétique ............ 461
Tableau I-10 Systèmes à ajustement actif de la fréquence de résonance par action piézoélectrique .... 471
Tableau I-11 Comparaison entre les différentes solutions pour un fonctionnement large bande.......... 491
Tableau II-1 Les différents modes du couplage électromécanique : ..................................................... 611
Tableau II-2 Différentes formes d’écriture des équations de la piézoélectricité : ................................. 621
Tableau II-3 Définition des différentes constantes :.............................................................................. 621
Tableau II-4 Définition de propriétés de la structure : .......................................................................... 651
Tableau II-5 Comparaison entre les différents matériaux utilisés comme substrat ............................... 671
Tableau II-6 Caractéristiques et figures de mérites des principaux matériaux piézoélectriques ........... 691
Tableau II-7 Définition des paramètres effectifs de la structure cantilever........................................... 701
Tableau II-8 Déplacement le long de la structure suite à l’application de la force statique : ................ 731
Tableau II-9 Paramètres géométriques et physiques de la structure simulée ........................................ 731
Tableau II-10 Dimensions géométriques et propriétés physiques de la structure étudiée ..................... 851
Tableau II-11 Comparaison entre les deux types de structures étudiées ............................................... 971
Tableau III-1 : Expressions de la fréquence de résonance en fonction du champ électrique appliqué
dans une structure de type cantilever................................................................................................... 1041
Tableau III-2. Dimensions choisies pour la structure .......................................................................... 1071
Tableau III-3. Equations de la pulsation propre en fonction de la capacité couplée avec le matériau
piézoélectrique pour les différentes configurations de poutres étudiées dans le chapitre précédent ... 1181
Tableau III-4 Comparaison des différents matériaux piézoélectriques ............................................... 1191
Tableau III-5 Dimensions de la structure fabriquée en mode longitudinal ......................................... 1211
Tableau IV-1 Paramètres de simulation .............................................................................................. 1521
Tableau IV-2 Résultats de la caractérisation ....................................................................................... 1601

ix
Introduction générale

ED7CEA6BD2456

1
Introduction générale

Introduction générale

L’électronique a connu un développement rapide durant les trois dernières décennies, notamment la
baisse de consommation et la miniaturisation des différents composants. Ceci a conduit à la
multiplication des systèmes électroniques dans les objets de la vie courante. Cette multiplication
devrait se poursuivre et notamment prendre la forme d’objets miniatures capables de mesurer des
paramètres physiques dans notre environnement et de les communiquer sans fil à l’utilisateur. La
baisse continue de consommation pour réaliser une même fonction a permis d’envisager des objets
électroniques complètement autonomes. La question de l’autonomie énergétique a été accompagnée de
l’apparition d’un nouveau domaine d’activité à savoir la récupération de l’énergie ambiante présente
dans l’environnement immédiat du système à alimenter. Utiliser un système de récupération d’énergie
couplé à un élément de stockage permet d’augmenter le degré d’autonomie énergétique de ce dernier
et de contourner certaines contraintes imposées par l’utilisation des piles et batteries, comme par
exemple le câblage, la nécessité d’assurer un contrôle de l’état de charge des batteries, leur
rechargement ou leur remplacement,…etc., autant de contraintes qui limitent le nombre d’applications
des appareils électroniques.

Les formes d’énergie présentes dans l’environnement sont diverses, les plus courantes sont le
rayonnement électromagnétique (solaire, lumière artificielle ou ondes hertziennes), thermique
(gradient spatial ou temporel de température d’une machine, d’un être vivant, etc…) et l’énergie
mécanique (vibration ou déformation). Les puissances mises en jeu dans ce contexte peuvent aller
d’une centaine de nW au mW par cm3. De nombreux travaux ont été menés dans le but de réaliser des
systèmes miniatures capables de traduire en énergie électrique exploitable les différentes formes
d’énergie primaires disponibles. Ces dispositifs sont composés de deux principales parties : une partie
dite « Transduction », qui permet de convertir une énergie ambiante en une énergie électrique, et une
partie dite « Electronique de Gestion » permettant d’ajuster le niveau de la tension de sortie et
éventuellement de gérer un tampon énergétique pour s’adapter au besoin en énergie vis-à-vis de
l’application.

Les dispositifs de récupération d’énergie dont nous parlons dans ce manuscrit permettent d’alimenter
des appareils électroniques qui nécessitent une puissance qui va de la centaine de nW au mW, par
exemple des capteurs de pression, de force, de fissure, d’accélération ou encore des stimulateurs
cardiaques…etc. Un système de récupération d’énergie doit être adapté à l’environnement auquel il est
destiné. Il doit notamment être cohérent avec la forme d’énergie présente : rayonnement
électromagnétique, énergie thermique ou mécanique. Chaque type de convertisseur est par ailleurs
adapté à un besoin bien précis, à savoir une gamme de puissances donnée et donc un nombre
d’applications donné, et ne peut fonctionner que sous des conditions bien définies (fréquence de
vibration, longueur d’onde du rayonnement, valeur du gradient de température, etc…).

Dans ce travail de thèse nous nous intéressons principalement à la récupération de l’énergie mécanique
et plus précisément de l’énergie vibratoire. La récupération de cette énergie a suscité la curiosité des
chercheurs académiques et industriels partout dans le monde grâce aux nombreux cas applicatifs
envisageables. Les systèmes développés jusqu’ici reposent sur l’utilisation d’une masse sismique qui
permet de transformer la vibration en un déplacement relatif convertible ensuite en énergie électrique.
Cette masse sismique est l’élément le plus limitant dans la récupération d’énergie vibratoire, car si on
veut disposer d’un travail mécanique important, il faut que l’effort d’inertie de cette masse sismique
par rapport à la source de vibration soit le plus élevé possible et donc que cette masse sismique soit la
plus élevée possible, ce qui va à l’encontre de la réduction des dimensions. Pour maximiser l’effet
d’inertie de cette masse sismique, la solution la plus utilisée jusqu’ici consiste à réaliser un résonateur

2
Introduction générale

mécanique qui résonne sur la fréquence de vibration. Cette résonance permet notamment d’amplifier
l’amplitude du déplacement relatif par rapport à l’amplitude de déplacement de la source de vibration.
Cette résonance permet alors d’augmenter le travail mécanique disponible et après conversion
l’énergie électrique extraite. En contrepartie, la puissance générée n’est maximale que lorsque la
fréquence de vibration est égale à la fréquence de résonance du système et l’effet d’amplification sera
d’autant plus important que le facteur de qualité de la structure mécanique sera élevé. Pour obtenir un
facteur de qualité élevé, une condition de conception et de choix des matériaux s’impose, à savoir
l’utilisation de matériaux peu dissipatifs et un conditionnement adapté (qui permet de limiter les
coussins d’air et les frottements). Cependant, la bande passante du convertisseur est d’autant plus
étroite que le facteur qualité est élevé. Prenons par exemple un système qui vibre à une fréquence fixe
f0, il est impératif de concevoir un système de récupération de cette énergie de vibration qui résonne à
cette fréquence, or cette fréquence de résonance ne peut être obtenue avec exactitude, à cause des
difficultés liées aux procédés de fabrication, et même si elle est obtenue on ne peut assurer sa
conservation du fait des variations des propriétés physiques des matériaux avec le vieillissement ou
avec la température. Une altération de 2% de la fréquence de résonance peut entrainer une perte
de l’énergie récupérable allant jusqu’à 80%, pour une structure qui présente un facteur qualité
de 50. D’autre part, prenons l’exemple d’un système qui vibre mais avec une fréquence variable,
comme c’est le cas pour les systèmes de transport dont la fréquence de vibration dépend du régime
moteur. La quantité d’énergie en sortie du convertisseur chute drastiquement lorsque la fréquence de
vibration n’est plus égale à la fréquence de résonance. Il devient alors impératif de trouver une
solution permettant de récupérer efficacement l’énergie sur tout le spectre fréquentiel que couvre la
source de vibration.

La présente thèse s’inscrit dans ce cadre et vise à développer de nouvelles solutions, peu
consommatrices en énergie, permettant d’assurer un ajustement en temps réel de la fréquence de
résonance de la structure en fonction de la fréquence de vibration. Nous avons ainsi développé deux
approches pour ajuster la fréquence de résonance et exploiter au maximum l’effet de la résonance sur
des vibrations de type harmonique dont la fréquence principale varie relativement lentement dans le
temps (typiquement une seconde pour passer d’une fréquence maximale à une fréquence minimale,
par exemple un changement de régime moteur). Nous proposons également une autre approche qui
permet aussi d’amplifier le mouvement relatif du système de récupération de l’énergie vibratoire mais
pour des vibrations pas forcément harmoniques, comme par exemple un mouvement aléatoire induit
par des chocs ou des mouvements humains désordonnés.

Cette thèse se décompose en 4 chapitres précédés d’un préambule, nous donnons dans ce qui suit les
grandes lignes de chaque partie de ce manuscrit :

Le préambule de ce manuscrit rappelle les enjeux économiques de la récupération d’énergie, il


présente notamment les différents domaines d’application où la récupération d’énergie permet
d’apporter un gain par rapport aux solutions traditionnelles.

Le premier chapitre est composé de deux parties essentielles, une première partie qui présente les
principaux travaux réalisés dans le domaine de la récupération de l’énergie vibratoire (électrostatiques,
électromagnétiques et piézoélectriques), et une deuxième partie plus focalisée sur les techniques
développées dans l’état de l’art pour assurer un fonctionnement à la fréquence de résonance sur une
large bande de fréquences de vibration. A l’issue de ces deux parties, nous présentons un
positionnement des travaux de cette thèse par rapport aux travaux antérieurs.

3
Introduction générale

Le deuxième chapitre rappelle les notions théoriques de la piézoélectricité, suivies d’une étude
détaillée sur les systèmes de récupération d’énergie vibratoire à base de matériaux piézoélectriques.
Nous présentons au cours de cette étude une nouvelle forme de structure de récupération d’énergie
vibratoire par technique piézoélectrique qui permet d’améliorer à la fois le couplage électromécanique
effectif du récupérateur ainsi que le taux de variation de la fréquence de résonance. Cette géométrie est
ensuite adoptée pour tout le chapitre suivant.

Le troisième chapitre présente deux techniques permettant de faire l’ajustement de la fréquence de


résonance. Nous présentons pour chacune des deux méthodes le principe physique à l’origine de la
variation de la fréquence de résonance, la méthode de dimensionnement et d’optimisation de la
structure en vue d’obtenir le plus grand taux de variation de la fréquence de résonance et le meilleur
rendement de conversion. Nous présentons également pour chaque approche, une électronique
d’ajustement en temps réel de la fréquence de résonance. Une autre problématique est abordée dans ce
chapitre, il ne s’agit pas d’optimiser seulement la fréquence de résonance, mais aussi le taux d’énergie
mécanique convertie en énergie électrique. En effet, un taux trop élevé d’énergie convertie conduit à
un écrasement du facteur de qualité et au final une réduction de la puissance de sortie. D’autre part, un
taux trop faible conduit à une extraction incomplète d’énergie électrique. Il existe en fait un taux
optimal d’énergie mécanique convertie en énergie électrique qui maximise la puissance de sortie et qui
dépend des conditions de vibrations (amplitude et fréquence). Pour être certain de toujours rester à ce
point de fonctionnement optimal, une méthode d’ajustement en temps réel de ce taux d’énergie
transférée vers la sortie est présentée en fin de chapitre.

Le quatrième chapitre est consacré à une technique alternative qui permet, contrairement aux deux
techniques présentées dans le chapitre III, non pas de faire un ajustement d’une fréquence de
résonance mais plutôt d’amplifier n’importe quel mouvement vibratoire en dehors de la fréquence de
résonance. Le principe physique exploité pour assurer cette amplification y est détaillé, suivi d’une
étude théorique qui permet d’optimiser et de dimensionner un tel système. Ensuite, des résultats
expérimentaux obtenus sur un prototype sont présentés ainsi que l’électronique de gestion associée du
système.

Enfin, le manuscrit se termine par une conclusion générale rappelant les grandes lignes des travaux
réalisés durant cette thèse suivi d’un bilan général sur les résultats obtenus et les perspectives
envisageables dans cette thématique de recherche.

4
Préambule

D23C4566

Préambule : ............................................................................................................................................ 51
I Introduction ....................................................................................................................................... 61
II Principales applications de la récupération de l’énergie ambiante basse puissance : ...................... 61
II.1 Applications dans le médicale : ................................................................................................ 61
II.2 Applications dans le domaine aéronautique : ........................................................................... 71
II.3 Applications dans le domaine du transport urbain :.................................................................. 71
II.4 Applications dans le milieu industriel : .................................................................................... 81
II.5 Applications dans le domaine de l’habitat : .............................................................................. 81
II.6 Conclusion : .............................................................................................................................. 81
III Les différentes formes d’énergie disponibles dans l’environnement : ........................................... 91
III.1 Energie finie (énergie électrochimique) : ................................................................................ 91
III.2 Energie du rayonnement électromagnétique : ....................................................................... 101
III.3 Récupération de l’énergie thermique :................................................................................... 111
III.4 Récupération de l’énergie mécanique : ................................................................................. 131
IV Conclusions : ................................................................................................................................ 161
V Références : ................................................................................................................................... 161
1
1

5
Préambule

Dans ce chapitre introductif nous présentons les principales applications des systèmes de
récupération de l’énergie ambiante. Nous présentons par ailleurs les principales sources d’énergie
ambiante que nous pouvons exploiter pour alimenter des dispositifs basse consommation (de 10 µW à
100 µW) ainsi que les principes physiques mis en œuvre pour extraire cette énergie de
l’environnement et la traduire en énergie électrique.

I Introduction

L’énergie…C'est-à-dire ? L'énergie caractérise la capacité à produire des actions, par exemple à


engendrer du mouvement, modifier la température d'un corps ou à transformer la matière. L'énergie
primaire peut-être présente dans la nature sous différentes formes : le bois, le charbon, le pétrole, le
gaz, le vent, le rayonnement solaire, les chutes d'eau, la chaleur interne de la terre, l'uranium...etc. Elle
peut se traduire en : chaleur, énergie musculaire, énergie mécanique, énergie chimique, énergie
électrique...etc. Ces formes multiples peuvent se transformer l'une en l'autre. La notion de récupération
d’énergie définit le processus qui permet de transformer une énergie ambiante, dans ses formes
multiples, en une énergie électrique exploitable pour alimenter un dispositif électronique. Dans ces
travaux de thèse nous nous sommes intéressés aux applications basses puissances, comme par
exemple, les capteurs de force, de température, de présence, dont la consommation ne dépasse pas la
centaine de µW. Ci-dessous sont détaillées quelques applications potentielles dans cette gamme de
puissance.

II Principales applications de la récupération d’énergie ambiante basse puissance :


II.1 Applications dans le médicale :

Les tendances actuelles montrent qu’il y a un potentiel important pour la technologie de récupération
d’énergie dans le domaine du médical. En effet, la tendance démographique nous montre que
l’espérance de vie est de plus en plus longue, comparée aux générations passées. Cependant, les
personnes âgées sont de plus en plus dépendantes, et nécessitent d’être diagnostiquées très
régulièrement pour déceler le plus tôt possible toute dégradation de santé et intervenir au plus tôt. De
tels éléments de diagnostic peuvent être embarqués directement sur la personne, comme par exemple
la mesure de la pression sanguine, la localisation, la régularisation du taux d’insuline, de glycémie, le
contrôle des battements cardiaques (pacemakers - cf. Figure 0-1)…etc., [1]. Depuis l’apparition de ces
systèmes de diagnostic embarqués, le problème
d’approvisionnement en énergie électrique de ces appareils se
pose. Si les batteries sont aujourd’hui largement utilisées, il
s’avère que cela est coûteux, surtout si cela engendre une
intervention chirurgicale pour le changement ou le rechargement
des batteries. Plusieurs alternatives ont été proposées, parmi
lesquelles on trouve les systèmes de récupération de l’énergie
vibratoire, pour l’alimentation des pacemakers par exemple.

Figure 0-1 Placement d’un pacemaker Plusieurs travaux de recherches sont axés autour de cette
dans le corps humain application. Il reste néanmoins encore quelques défis à relever
notamment au niveau de la densité de puissance, de la
biocompatibilité des matériaux avec le corps humain et des interactions entre le récupérateur d’énergie
vibratoire et le fonctionnement du cœur.

6
Préambule

II.2 Applications dans le domaine aéronautique :

L’instrumentation des systèmes avioniques est de plus en plus poussée, cela permet de faciliter la
conduite et d’améliorer la sécurité de l’équipement et des utilisateurs. Ces fonctions électroniques de
capture d’information pour l’aide à la gestion de l’avion sont rassemblés sous l’acronyme HUMS
‘Health and Usage Monitoring Systems’. Plusieurs travaux de recherche ont vu le jour sous cette
thématique [2]-[3]. Les paramètres contrôlables peuvent être :

1 la vitesse : la mesure de la vitesse est d’importance capitale,


elle permet de prévenir tout risque de décrochage au niveau
des moteurs.
1 la température : pour la prévention contre tout
déclenchement d’incendie ou augmentation de température
anormale de n’importe quel équipement.
1 l’accélération : la tendance d’une surpression, ou
éventuellement d’une sous pression, peut être considérée
comme une indication de défaillance imminente ou bien une perte de système fluide, d’où
l’importance d’assurer en continu une mesure de l’accélération.
1 L’état de santé de l’armature métallique de l’appareil : l’armature métallique des structures
avioniques sont sujets à plusieurs facteurs agressifs, à savoir les contraintes mécaniques, dues
au poids de l’appareil, au vent, aux variations de températures…etc. De ce fait, les
dégradations de l’état de santé des structures sont accentuées ce qui impose un contrôle
continu.

En effet, les HUMS surveillent en permanence ces paramètres et ils les enregistrent, ils réagissent et
envoient des alertes au pilote via le cockpit lorsqu’une anomalie est détectée (une mesure qui dépasse
son seuil limite). La continuité de cette opération nécessite la présence d’une source d’énergie
inépuisable, les systèmes de récupération d’énergie permettent de répondre à cette problématique et
d’éviter toute contrainte liée au câblage ou bien à l’autonomie énergétique suite à l’utilisation de
batteries.

II.3 Applications dans le domaine du transport urbain :

La Figure 0-2 présente l’emplacement des capteurs nécessaires pour assurer le contrôle et le bon
fonctionnement d’un véhicule automobile. Le câblage du véhicule serait grandement simplifié si les
capteurs étaient autoalimentés. En effet, l’utilisation de systèmes de récupération d’énergie ambiante
dans le véhicule permet d’alimenter des capteurs sans nécessité de câblage. Les informations mesurées
peuvent alors être remontées via une communication sans fil vers un centre de traitement des données,
en l’occurrence l’ordinateur de bord. L’application la plus répandue dans le domaine du transport est
le capteur de pression dans les pneumatiques appelé TPMS (Tire Pressure Monitoring Systems), cette
application a vu le jour récemment et elle est en phase de commercialisation [4].

7
Préambule

Figure 0-2 Placement des différents capteurs sur une voiture [5]

II.4 Applications dans le milieu industriel :

Le contrôle du fonctionnement des machines industrielles et la


prévention des pannes est l’un des facteurs contribuant à la
continuité du service et donc à la productivité d’une usine. Il est
donc impératif d’en tenir compte avant l’installation de tout
équipement, notamment lorsqu’il s’agit d’équipement se trouvant
dans des endroits hostiles et inaccessibles. L’implantation des
systèmes assurant un monitoring permanent est confrontée à la
contrainte de câblage, de la durée de vie limitée des batteries, et dans certaines circonstances à
l’impossibilité d’accéder aux capteurs pour remplacer la batterie, c’est le cas des capteurs de vitesse,
de flux magnétique, implantés dans les machines tournantes, d’où l’avantage d’utiliser des systèmes
de récupération de l’énergie ambiante et l’énergie vibratoire en particulier.

II.5 Applications dans le domaine de l’habitat :

Les systèmes auto alimentés sont de plus en plus présents dans les
nouveaux bâtiments, ils permettent essentiellement de contrôler la
lumière, les stores et l’HVAC ‘Heating Ventilation and Air
Conditioning’. Ils permettent ainsi d’éviter le câblage (tranchée
dans les murs) ou les contraintes liées à l’utilisation de batteries.
Les systèmes de récupération de l’énergie ont une place
considérable dans le domaine de l’habitat afin d’assurer une auto-
alimentation efficace de ces différents capteurs.

II.6 Conclusion :

L’application commune entre les différents domaines que nous venons d’aborder consiste à alimenter
les capteurs sans fils destinés à assurer le contrôle et la surveillance d’un paramètre physique donné.
Ces capteurs sont aujourd’hui dans la majorité des cas alimentés à l’aide de batteries ou de fils.
L’utilisation des systèmes de récupération de l’énergie ambiante permet d’éviter plusieurs contraintes
associées à l’utilisation des batteries et du câblage. Nous allons présenter dans ce qui suit les
différentes sources d’énergie potentielles permettant d’assurer plus d’autonomie énergétique aux
systèmes vus précédemment.

8
Préambule

III Les différentes formes d’énergie disponibles dans l’environnement :

Les sources d’énergie que nous pouvons trouver dans le milieu ambiant sont multiples. Nous pouvons
les classer en deux catégories : les sources finies (chimiques) et les sources infinies : (a) le
rayonnement électromagnétique, en provenance du soleil, de la lumière artificielle ou bien des
sources radiofréquences, (b) le gradient ou la variation de température, spatial et temporel, et (c)
l’énergie mécanique due aux vibrations ou bien aux déformations mécaniques. Ces sources d’énergie
peuvent être exploitées chacune séparément. Cependant, pour une meilleure efficacité, il est souvent
privilégié d’utiliser au moins deux de ces sources pour assurer l’intermittence.

Dans la suite de cette partie nous détaillons chacune de ces sources.

III.1 Energie finie (énergie électrochimique) :

Le développement de l’électrochimie a conduit à l’apparition des appareils électroniques portables. Il


s’agit essentiellement d’un moyen de stockage de l’énergie électrique qui a permis d’embarquer de
l’énergie électrique sur des systèmes mobiles. C’est à Alessandro Volta qu’on doit l’invention de la
première pile chimique composée d’empilements de couples cuivre, zinc séparés par du carton imbibé
d’eau salée. Depuis, plusieurs techniques ont été développées dans le but d’améliorer la durée de vie et
la capacité des batteries. A l’heure actuelle nous comptons trois principales technologie de batterie :
les batteries Nickel Cadmium (Ni-Cd), les batteries Nickel Metal (Ni-MH) et les batteries Lithium Ion
(Li-Ion).

Bien que cette technologie ait permis d’apporter de l’autonomie aux objets nomades, plusieurs
contraintes restent à résoudre, notamment celles liées à l’autonomie limitée et au remplacement ou
bien au rechargement régulier, parfois impossible lorsqu’il s’agit d’alimenter des appareils enfouis ou
dans des milieux hostiles. Pour contourner ces problématiques, une solution consiste à assister le
fonctionnement de la batterie par un système récupérateur d’énergie qui permet d’augmenter son
autonomie comme le montre la Figure 0-3. La batterie agit alors comme un tampon énergétique qui
stocke en continu l’énergie récupérée du milieu ambiant et la met à disposition quand cela est
nécessaire ou quand le niveau d’énergie stocké est suffisant.

Figure 0-3 Illustration de l’amélioration de l’autonomie des batteries [6]

Nous allons maintenant nous intéresser aux principales formes d’énergies ambiantes qui peuvent être
exploitées afin d’augmenter l’autonomie des batteries, voire de les remplacer.

9
Préambule

III.2 Energie du rayonnement électromagnétique :

Notre environnement est riche en ondes électromagnétiques qui peuvent avoir plusieurs natures. Sur la
Figure 0-4 nous présentons l’étendue du spectre électromagnétique présent dans notre environnement
en fonction de sa nature (sources d’émission), de sa longueur d’onde et de sa fréquence :

Figure 0-4 Etendu du spectre électromagnétique ambiant [7]

Nous remarquons que le gisement du rayonnement électromagnétique à faible impact sur la santé a
essentiellement pour origine : le soleil (rayonnement infra rouge + lumière visible) et les appareils
électriques/électroniques. Chaque type de rayonnement requiert un système dédié pour le transformer
en énergie électrique utile. Dans ce qui suit nous traitons chaque type de rayonnement séparément.

III.2.1 Le rayonnement solaire :

Le rayonnement naturel en provenance du soleil demeure la source d’énergie la plus abondante dans la
nature.

La production d’électricité à partir du rayonnement solaire


est possible grâce à l’utilisation de cellules photovoltaïques.
L’effet photovoltaïque permet de convertir directement
l’énergie lumineuse en électricité par le biais d’un matériau
semi-conducteur transportant les charges électriques. Ce
matériau comporte une jonction P-N, comme illustré sur la Figure 0-5 Jonction P-N d’une cellule
Figure 0-5. Il se crée au voisinage de la jonction une zone de photovoltaïque
charges d’espace (zone dépourvue de charges électriques), la
présence des charges de signes opposées de part et d’autre de cette zone crée un champ électrique
interne. Lorsqu’un photon en provenance du soleil, ou toute autre source de lumière, arrive sur la
surface de la zone dopée négatif (N), il arrache des électrons aux atomes de silicium. Ces électrons
sont alors balayés par le champ électrique présent dans la zone de charge d’espace et sont capables de
fournir un courant à une charge électrique connectée à la jonction.

Sur le marché actuel, plusieurs technologies de panneaux photovoltaïques sont proposées, la plupart
sont à base de matériau silicium multi/mono cristallin. L’efficacité des cellules photovoltaïques varie

10
Préambule

en fonction de la technologie et de la pureté des matériaux, on note un rendement entre 10 et 16 %


pour les cellules du commerce, alors que des procédés avancés de fabrication en laboratoires de
recherche permettent d’atteindre des rendements de l’ordre de 40% [8], leur principal inconvénient est
le coût qui reste relativement élevé.

Sur la Figure 0-6 nous présentons l’évolution du rendement des cellules photovoltaïques par ordre
chronologique.

Figure 0-6 Evolution de l’efficacité des cellules photovoltaïque entre 1975 et 2007 [9]

Il ressort de cette représentation graphique que les cellules en multi-jonction sont meilleures que les
cellules simples jonction. Cependant, les cellules multi-jonction sont relativement chères à l’heure
actuelle et requièrent des procédés de fabrication plus compliqués que ceux pour les cellules en
silicium dont le procédé est bien maitrisé. Il est à noter que la performance des cellules
photovoltaïques est en progression continue, ce qui rend cette solution prometteuse pour l’avenir.

III.2.2 Les ondes hertziennes :

Beaucoup de chercheurs se sont intéressés à la récupération de l’énergie issue des ondes radio
fréquence, vu le nombre de sources d’onde électromagnétique émise par l’homme dans notre
environnement, notamment les appareils de télécommunication, les appareils électroménagers, les
lignes haute tension…etc. Cependant, l’énergie récupérable décroit rapidement avec l’augmentation de
la distance source-récepteur et avec la diminution de la taille du récepteur (récupérateur d’énergie).
Yeatman et al., [10] montrent qu’un champ électrique de 1V.m-1 ne permet pas de récupérer plus de
0.26 µW.cm-2 [10] et il est peu courant de trouver dans notre environnement ambiant un champ
électrique de cette intensité sauf aux voisinages de sources puissantes comme les antennes GSM par
exemple.

III.3 L’énergie thermique :

La conversion thermoélectrique consiste à transformer un flux de chaleur circulant entre deux points à
deux températures différentes en une énergie électrique. Plusieurs principes physiques ont été mis au
point afin d’assurer cette transduction :

11
Préambule

III.3.1 La pyroélectricité :

Certains matériaux comme les cristaux pyroélectriques ont la propriété de changer de polarisation
électrique sous un changement de température que ce soit temporel ou spatial. Cette variation de
polarisation crée en effet une différence de potentiel temporaire et par conséquent un courant
électrique si une charge électrique est connectée. Ce principe est utilisé pour convertir les variations de
température rapides et continues en énergie électrique utile. A titre d’exemple, nous citons le système
inventé par Hunter et al., [11] comme le montre la Figure 0-7, le système inventé est composé d’un
bimorphe (une couche de matériau pyroélectrique et une couche de métal). Le bimorphe est en contact
permanent avec une surface dont la température est susceptible de changer au cours du temps. Lorsque
la température de cette surface augmente, la poutre fléchit vers le bas grâce à la différence entre le
coefficient de dilation thermique de la couche métallique et celui de la couche pyroélectrique. Après
flexion, l’autre bout de la poutre touche la surface supposée froide. Ceci a deux conséquences : (1) une
circulation de flux thermique de la surface chaude et la surface froide, ce flux est converti en énergie
électrique grâce au matériau pyroélectrique, (2) refroidissement de la partie métallique après contact,
cette dernière tente donc de revenir vers sa position initiale, lorsque le contact avec la partie froide est
interrompu cette couche se réchauffe de nouveau et le même mécanisme se reproduit de nouveau.

Figure 0-7 Illustration d’un système de récupération d’énergie thermique par principe pyroélectrique [11]

III.3.2 La thermoélectricité classique :

Ce principe est le plus utilisé, à petite échelle, pour la récupération des gradients d’énergie thermique
se trouvant dans l’environnement. La conversion thermoélectrique est basée sur l’effet dit de Seebeck
[12]. La différence de température entre deux points conduit à la circulation de flux de chaleur. Ceci se
traduit dans le matériau par la propagation d’une agitation
moléculaire et en partie par un déplacement de charges
électriques. Si ce transport se fait à travers un matériau dopé N
alors une partie du flux thermique est transporté par des
électrons et induit un courant d’électrons, si le flux thermique se
fait à travers un matériau dopé P alors une partie du flux est
transporté par des trous et conduit à un courant de trous. Le Figure 0-8 Agencement des cellules PN
signe du courant généré dépend donc du type de dopage. Une pour la récupération de l’énergie
alternance de matériaux dopés P et N associées électriquement thermique
en série et thermiquement en parallèle permet d’obtenir une
tension de sortie suffisamment élevée pour être exploitable (Figure 0-8). La quantité d’énergie
électrique que nous pouvons obtenir dépend étroitement du gradient température et du coefficient de
Seebeck propre au matériau utilisé pour canaliser le flux thermique. Le rendement, quant à lui, dépend
étroitement du ratio entre la conductivité thermique du matériau par les charges électriques
(électrons/trous) et les phonons. Un grand gradient de température est nécessaire pour récupérer une
quantité d’énergie utile en sortie du générateur. Cependant, pour les microsystèmes et même les

12
Préambule

systèmes de taille centimétrique, il est toujours difficile d’obtenir un gradient de température supérieur
à 10°C. Le Tableau 0-1 ci-dessous présente quelques travaux menés dans ce contexte scientifique :

Tableau 0-1 Quelques résultats des systèmes de récupération de l’énergie thermique

Référence Puissance générée


[12] 0.16 µW.K-1 (∆T=5K)
10 mW.K-1 (∆T=220K)
[13] 1.7 mW.K-1 (∆T=5K)
25 mW.K-1 (∆T=70K)
[14] 14-60 µW.K-1.cm-2 (∆T=5K).

Ce principe a connu un développement remarquable durant ces 10 dernières années, plusieurs produits
sont arrivés à l’étape de commercialisation. Certaines applications visent à récupérer le gradient de
température entre le corps humain et l’air ambiant (cf. Figure 0-10) d’autres le gradient de température
présents dans les appareils de transport notamment les avions (cf. Figure 0-9).

Figure 0-9 Technologie Micropelt [15] Figure 0-10 Oxymètre autonome [16]

III.3.3 La conversion thermoïonique :

La conversion thermoïonique est basée sur l’émission d’électrons par échauffement d’une électrode
généralement métallique. Les électrons, quittant l’électrode chauffée, peuvent être récupérés sur une
autre électrode tenue à basse température, ainsi, on crée un courant électrique entre les deux
électrodes. Le courant généré peut atteindre typiquement plusieurs Ampères par centimètres carrées,
tout dépend du gaz présent entre les deux électrodes et de la température de l’électrode émettrice
d’électrons qui doit être supérieur à 800K pour les matériaux connus jusqu’ici, ce qui limite fortement
l’utilisation de ce principe à la récupération de l’énergie.

III.3.4 L’effet tunnel :

L’effet tunnel correspond à la propriété que possède un objet quantique de franchir une barrière de
potentiel même si son énergie est inférieure au niveau d’énergie de cette barrière. Ce principe de mise
en déplacement d’électrons a été étudié pour la récupération de l’énergie thermique, mais les premiers
résultats obtenus ne sont pas concluant.

III.4 L’énergie mécanique :

L’énergie mécanique universellement présente dans notre environnement sous deux formes distinctes :
déformation (déplacement relatif entre deux parties en mouvement) et vibration (une seule partie en
mouvement). Dans les deux cas de figure, il est possible, grâce à un mécanisme dédié, de transformer
cette énergie en une énergie électrique. Dans le cas de la déformation, il suffit d’un convertisseur qui
transforme le déplacement relatif en énergie électrique, et dans le cas de la vibration, il faut d’abord

13
Préambule

créer un point de référence, par exemple une masse sismique, pour transformer la vibration en un
déplacement relatif qui peut être converti en énergie électrique via un convertisseur
mécanique/électrique. Nous analysons dans ce qui suit les quelques systèmes de récupération de
l’énergie de déformation et de vibrations mécaniques.

III.4.1 Energie de déformation :

Un objet se déforme lorsqu’il est soumis à une force, une pression, ou un poids. Parmi les sources qui
existent dans notre environnement nous pouvons trouver :

• La semelle d’une chaussure lorsque l’on marche


• La torsion d’un ski ou d’un surf des neiges pendant l’effort
• L’interrupteur soumis à une pression
• La déformation d’un habit lorsque celui-ci est porté ou au lavage.
• La déformation d’objets liée à un échauffement

Le corps humain est une source intéressante de déformation mécanique, ceci ouvre la voie à un large
champ d’applications pour les systèmes de récupération d’énergie mécanique, comme par exemple
l’alimentation des implants dans le corps humain, des appareils électroniques à usage quotidien…etc.
La conversion de l’énergie de déformation en une énergie électrique est souvent réalisée grâce aux
matériaux dits électro-actifs qui sont caractérisés par un couplage électromécanique intrinsèque. Il
existe différents types de matériaux électro-actifs, comme par exemple les polymères ioniques, les
polymères diélectriques, les piézoélectriques, les alliages magnétostrictifs…etc.

1 Utilisation des polymères électro-actifs :

Les polymères électro actifs sont des matériaux de type composés organiques caractérisés par leur
couplage électromécanique qui leur permet de changer de forme ou de dimension sous une contrainte
électrique et vice versa. De nombreux travaux ont été menés dans ce cadre de recherche. A titre
d’exemple nous citons le prototype développé au sein du CEA-Leti dans le cadre de la thèse de C.
Jean-Mistral [17], Figure 0-11. Le système développé permet de convertir l’énergie d’étirement sur le
genou en énergie électrique par utilisation de polymères électro actifs. On a constaté que pour une
marche à un rythme de 1 Hz, on devrait pouvoir récupérer jusqu’à 1.74 mW sous une tension de
polarisation de 1000 V.

14
Préambule

Figure 0-11 Illustration de la récupération de l’énergie d’extension/compression sur le genou [17]

1 Utilisation des matériaux piézoélectriques :

Les matériaux piézoélectriques sont des matériaux qui ont la propriété de se déformer sous un champ
électrique et de générer un champ électrique sous une déformation mécanique, Un exemple bien connu
pour la récupération de l’énergie de déformation par utilisation de matériaux piézoélectriques est le
prototype développé par une équipe au MIT d’une chaussure équipée d’un bimorphe piézoélectrique,
et qui sous la pression subie pendant la marche, génère de l’énergie électrique (cf. Figure 0-12). Le
prototype permet de récupérer jusqu’à 8.4mW [18].

Figure 0-12 Prototype de récupération d’énergie dans les chaussures [18]

III.4.2 Energie de vibration :

Depuis environ une dizaine d’années, la récupération de l’énergie vibratoire fait l’objet d’une
thématique de recherche très active (plus d’une cinquantaine de laboratoires dans le monde ont une
action dans le domaine). L’énergie vibratoire est omniprésente dans notre environnement, comme sur
la plupart des appareils à usage quotidien, dans les bâtiments, dans les systèmes de transport…etc. En
plus de l’omniprésence de cette énergie dans notre environnement, les mécanismes associés peuvent
être miniaturisés, ce qui ouvre la voie à des applications miniatures comme les implants dans le corps
humain, l’intégration dans les cartes magnétiques…etc.

La récupération de l’énergie vibratoire fait l’objet de cette thèse et sera traitée en détail dans les
prochains chapitres.

15
Préambule

IV Conclusions :

Dans cette partie introductive, nous avons donné un aperçu du contexte global de la récupération
d’énergie à basse puissance. Nous avons présenté un certain nombre d’applications envisageables ainsi
que les différentes formes d’énergie potentiellement exploitables. Chaque application, chaque forme
d’énergie et chaque mécanisme de transduction fait l’objet d’une thématique à part entière dans la
recherche scientifique. A partir du chapitre suivant, nous nous focaliserons uniquement sur la
récupération de l’énergie vibratoire, en présentant les principaux mécanismes mis en œuvre pour la
transformation de la vibration en déplacement relatif (masse sismique/résonance) et pour la conversion
de ce déplacement relatif en énergie électrique (principe électromagnétique, piézoélectrique,
électrostatique), ainsi que les différents travaux entrepris pour l’amélioration de son fonctionnement.

V Références :

[1] J. Paulo, P-D. Gaspar, “Review and Future Trend of Energy Harvesting Methods for Portable Medical
Devices”, Proceedings of the World Congress on Engineering, Juin 2010, Londre, U.K.

[2] S-W. Arms, C-P. Townsend, D-L. Churchill, “Energy Harvesting Wireless Sensors for Helicopter Damage
Tracking”, Proceedings of AHS International Forum 62, HUMS III session, 2006, Phoenix, AZ.

[3] S. Beeby, N. White, “Energy Harvesting for Autonomous Systems”, Edition: Artech House, Juin 2012.

[4]S. Mahlknecht, T-J. Kazmierski, C. Grimm, L. Wang, “Wireless communication and energy harvesting in
automobolies” DATE Conference & Exhibition, 2011

[5] H. Kim, Y. Tadesse, A. Priya, “Piezoelectric Energy Harvesting”, Energy Harvesting Technologies Book,
Edition : Springer, pp 03-40.

[6] R. Schaijk, “Energy Harvesting for Wireless Autonomous Sensors Systems”, Document IMEC, disponible
sur le site: www.eh-network.org/events/dissemination2011/presentations/Rob van Schaijk.pdf.

[7] http://tpe-ondeselectomagnetiques.e-monsite.com/pages/le-spectre-electromagnetique.html

[8] R-R. King, D-C. Law, K-M. Edmondson, C-M. Fetzer, G-S. Kinsey, H. Yoon, R-A. Sherif and N-H. Karam,
“40% efficient metamorphic GaInP/GaInAs/Ge multijunction solar cells” Appl. Phys. Lett. 2007.

[9] http://www.nrel.gov/

[10] E-M.Yeatman, “Advances in Power Sources for Wireless Sensor Nodes”, in Proc The International
Workshop Wearable and Implantable Body Sensor Networks, pp. 20-21, 2004

[11] http://www.ornl.gov/adm/partnerships/factsheets/10-G00636_ID2285.pdf

[12] K-A. Chennault, “Powering MEMS portable devices—a review of non-regenerative and regenerative power
supply systems with special emphasis on piezoelectric energy harvesting systems”, Smart Mater. Struct. 2008.

[13]1 R. Vullers, R. van Schaijk, I. Doms, C. Van Hoof, and R. “Mertens, 1Micropower energy harvesting,
Solid-State Electronics,” vol. 53, no. 7, pp. 684-693, Jul. 2009.

[14] C. Mathuna, T. O'Donnell, R. V. Martinez-Catala, J. Rohan, and B. O'Flynn, “Energy scavenging for long-
term deployable wireless sensor networks,” Talanta, vol. 75, no. 3, pp. 613-623, May. 2008.

[15] http://www.micropelt.com/

16
Préambule

[16]1V. Leonov and R. J. M. Vullers, “Wearable electronics self-powered by using human body heat: The state
of the art and the perspective,” J. Renewable Sustainable Energy, 2009

[17]1 C. Jean-Mistral, Récuperation d’énergie mécanique par polymères électroactifs pour microsystèmes
autonomes communicants, thèse, UJF, 2008

[18] Khaligh, A.; Peng Zeng; Cong Zheng; “Kinetic Energy Harvesting Using Piezoelectric and Electromagnetic
Technologies—State of the Art,” Industrial Electronics, IEEE Transactions on, vol.57, no.3, pp.850-860, March
2010.

17
2AED56 66 E2E6 756 42DE6 6
8AEA55E6756426E856
1
1
I Introduction : ................................................................................................................................... 191
II Etude d’un modèle général de récupération d’énergie vibratoire : ................................................ 191
II.1 Description du modèle général : ............................................................................................. 201
II.2 Mise en équation du modèle général : .................................................................................... 211
III Principaux mécanismes de transduction mécano-électrique : ...................................................... 261
III.1 Mécanisme de transduction capacitive : ................................................................................ 261
III.2 Mécanisme de transduction électromagnétique :................................................................... 271
III.3 Mécanisme de transduction par matériaux électroactifs :...................................................... 301
III.4 Comparaison entre les différentes techniques de conversion mécano-électrique : ............... 331
IV Causes pouvant conduire à un fonctionnement en dehors de la résonance : ................................ 341
IV.1 Variation de la fréquence de vibration (causes liées à la source) : ........................................ 341
IV.2 L’altération de la fréquence de résonance (causes liées au récupérateur): ............................ 351
IV.3 Imprécision de la fréquence de résonance lors de la fabrication : ......................................... 351
IV.4 Conclusions ........................................................................................................................... 361
V Solutions pour un fonctionnement à la résonance : ....................................................................... 371
V.1 Solutions pour des spectres de vibration de type aléatoire : (large bande ou multi
harmoniques) ................................................................................................................................. 371
V.2 Vibration présentant une fréquence principale qui bouge dans le temps : ............................. 411
VI Etude comparative entre les différents systèmes de récupération d’énergie vibratoire à large
bande fréquentielle de fonctionnement : ........................................................................................... 481
VII Références :................................................................................................................................. 521
1
1

18
Chapitre I

Le but de ce chapitre est de donner un état de l’art détaillé sur les systèmes de récupération de
l’énergie vibratoire, sur les techniques d’ajustement de la fréquence de résonance et d’introduire
également les différents axes développés dans cette thèse.

I Introduction :

Dans le présent chapitre nous faisons un focus sur la récupération de l’énergie vibratoire, nous
commençons par présenter le modèle général d’un système de récupération de l’énergie vibratoire,
ensuite nous présenterons les trois principales transductions permettant de faire la conversion mécano-
électrique avec un état de l’art de chacun de ces principes. Ensuite, nous présentons les challenges qui
restent à relever pour cette thématique et les différents travaux entrepris dans cette optique, en
l’occurrence l’exploitation du phénomène de résonance sur une large bande de fréquence de vibration.
Ainsi, nous terminons le chapitre par un positionnement des travaux de cette thèse par rapport aux
travaux antérieurs.

Il existe de nombreuses sources de vibration dans notre environnement, le tableau ci-dessous présente
quelques exemples de sources exploitables, avec leur fréquence de vibration et leur amplitude
d’accélération.

Tableau I-1 : Présentation de quelques sources de vibration [1]

Source de vibration Accélération (m.s-2) Fréquence de vibration principale


Carrosserie d’une voiture 12 200
Support d’une machine à tour 10 70
Armature d’un mixeur 6.4 121
Sèche linge 3.5 121
Clavier d’un ordinateur 3 1
Porte juste après fermeture 3 125
Four micro onde 2.5 121
Climatiseur 0.2-1.5 60
Lecteur CD d’un Net-book 0.6 75

On constate d’après ce tableau que cette énergie est présente dans tout type d’environnement :
industriel, habitat, engin de transport, corps humain…etc. Cette qualité d’omniprésence fait de cette
source d’énergie l’une des principales sources disponibles à l’échelle du micro et du milli watt pour le
remplacement des batteries. Nous présentons dans la partie suivante les différents mécanismes de
conversion de l’énergie de vibration en une énergie électrique utile en commençant par étudier le
modèle général d’un récupérateur d’énergie vibratoire.

II Etude d’un modèle général de récupération d’énergie vibratoire :

Nous présentons dans cette section un modèle général d’un système de récupération d’énergie
vibratoire, ce système traduit à la fois la conversion mécano-mécanique et la conversion mécano-
électrique. L’objectif de cette étude est d’identifier les paramètres principaux qui affectent l’efficacité
des récupérateurs de l’énergie vibratoire, notamment la bande passante, l’amortissement électrique et
mécanique, les paramètres de la structure…etc. Dans un second temps, nous faisons le lien entre les
différents principes de transduction mécano-électrique et le modèle général présenté.

19
Chapitre I

II.1 Description du modèle général :

Nous utilisons le modèle dit à constantes localisées qui a été proposé pour la première fois par
Williams et al., [2] et qui est un modèle simplifié assez générique d’un système de récupération de
l’énergie vibratoire résonant. Ce modèle, représenté par la Figure I-1, permet de donner une estimation
de l’énergie théoriquement récupérable à une fréquence et une accélération données. Il est composé
essentiellement d’un système masse-ressort à un degré de liberté, la masse m est attachée à un support
vibrant via un ressort, de raideur K, et via deux amortisseurs be et bm. Le support, représenté par un
cadre sur la Figure I-1, est soumis aux vibrations y(t) du milieu ambiant, ce déplacement du support
induit un déplacement relatif z(t) de la masse sismique m par rapport au support vibrant via la
déformation du ressort K. L’amplitude du déplacement relatif nous renseigne sur la quantité d’énergie
mécanique transmise de la source de vibration vers le système résonant masse-ressort. Une partie de
cette énergie est perdue sous forme de frottement visqueux dans la structure mécanique, représentée
dans le modèle ci-dessous par un amortissement visqueux bm, tandis qu’une autre partie est convertie
en énergie électrique, modélisée par l’amortissement visqueux be. La conversion de l’énergie
vibratoire en énergie électrique se fait en deux étapes, une première qui convertit la vibration en un
déplacement relatif via l’utilisation d’une masse sismique, et une seconde qui convertit le déplacement
relatif en énergie électrique :

2 La conversion mécano-mécanique : Cette conversion est assurée par le fonctionnement du


résonateur du fait qu’il traduit des vibrations brutes du support en un mouvement relatif entre
le support en mouvement et la masse sismique. Ce mouvement relatif, comme nous le verrons
dans ce qui suit, dépend non seulement de la fréquence et de l’amplitude des vibrations de la
source mais aussi des caractéristiques du résonateur lui-même.
2 La conversion mécano-électrique : La conversion mécano-électrique est schématisée sur ce
modèle par un amortissement électrique de type visqueux be. En pratique, le type
d’amortissement électrique (visqueux, sec ou autre) dépend du type de convertisseur utilisé
(piézoélectrique, électrostatique, électromagnétique) et de sa mise en œuvre. Néanmoins, la
modélisation de cet amortissement par un amortissement visqueux est assez représentative, car
ceci permet de savoir avec une assez bonne précision vers quoi il faut tendre pour maximiser
la puissance de sortie : taux d’énergie à extraire par cycle par rapport au niveau d’énergie
stockée dans le résonateur.

20
Chapitre I

Masse (m)

be bm
K

y(t)

Figure I-1 Représentation du modèle général d’un système de récupération d’énergie


vibratoire

Ce modèle permet de donner une solution analytique à la puissance récupérable dans le cas de
vibrations harmoniques et pour un fonctionnement en linéaire du système de récupération d’énergie
vibratoire. Dans les autres cas, il est difficile d’obtenir une solution analytique surtout si le degré de
non linéarité est élevé et/ou si la forme de la vibration est très éloignée d’un signal harmonique. Des
approches numériques sont alors souvent utilisées afin de converger vers une solution fiable. De ce
fait, nous posons les hypothèses suivantes afin de rester en cohérence avec le modèle présenté ci-
dessus :

a) les composantes du modèle sont linéaires,

b) l’excitation est harmonique et unidirectionnelle,

c) les deux amortissements sont visqueux,

d) l’impact de l’inertie de la masse sismique sur la source de vibration est minime et ne doit pas
changer les paramètres de la source de vibration (fréquence, amplitude et phase).

Nous procédons maintenant à la mise en équation de la dynamique du mouvement de ce système.

II.2 Mise en équation du modèle général :

Comme nous l’avons mentionné dans l’introduction, la récupération d’énergie vibratoire se fait en
deux étapes, une première qui consiste à transformer la vibration en un déplacement relatif et une
seconde qui consiste à transformer ce déplacement relatif en une énergie électrique via un
convertisseur mécano-électrique (piézoélectrique, électromagnétique, électrostatique ou autre). Dans
ce qui suit, nous établissons les équations régissant chacune de ces deux étapes.

21
Chapitre I

II.2.1 Conversion mécano-mécanique :

Il s’agit de la conversion du mouvement vibratoire brut en un mouvement relatif entre la masse


sismique et la source de vibration. Sur le schéma ci-dessous nous décrivons d’une manière simple ce
mécanisme :

Vibration Convertisseur mécano- Convertisseur mécano- Convertisseur élec- Charge


y(t) mécanique (M2M) électrique (M2E) électrique (E2E) électrique

Figure I-2 Niveau de la conversion mécano-mécanique dans la chaine complète

Revenons maintenant au modèle général présenté dans la Figure I-1. L’établissement de la loi
régissant le mouvement de la masse sismique passe par l’application du principe fondamental de la
dynamique. D’après ce principe, la somme vectorielle des forces appliquées à un objet est égale à zéro.
Nous présentons ci-dessous le diagramme des forces appliquées sur la masse sismique M :

Masse (M)

Fk Fin Fm Fe
Figure I-3 Diagramme des forces appliquées sur la masse sismique
Avec :

Fe : Force due à l’amortissement électrique


Fm: Force due à l’amortissement mécanique
Fin: Force d’accélération interne
Fk: Force de rappel du ressort.

L’application du principe fondamental de la dynamique donne la relation suivante qui lie les
différentes forces auxquelles la masse sismique est soumise :
1 1
1F ext =0 (I-1)

Fe + Fm + Fin + Fk = 0 (I-2)

d2 (I-3)
K z+m (z + y ) + b m z2 + be z2 = 0
dt 2
2z2 +
(bm + be ) z2 + K
z = − 2y2
(I-4)
m m

Considérons à présent un déplacement du support de type sinusoïdal tel que décrit par l’équation ci-
dessous :

y (t ) = Y sin (ω t ) (I-5)

Par intégration de l’équation (I.5) dans l’équation différentielle qui régit le mouvement vibratoire de la
masse sismique (I.4) nous arrivons à l’expression suivante du déplacement relatif de la masse m en
régime permanent:

22
Chapitre I

Ym ω 2 cos (ω t + ϕ ) (I-6)
z (t ) = −
((b e + b m )ω )2 + (m ω 2 − k )2

Il est à noter que l’amplitude de ce mouvement dépend non seulement de l’amplitude du signal
d’entrée mais aussi de l’amortissement ainsi que l’écart entre la fréquence de résonance et la fréquence
de vibration.

L’énergie mécanique extraite de la source de vibration est fonction du mouvement relatif : plus on
amplifie le mouvement de la masse sismique plus on stocke de l’énergie mécanique dans le système
masse ressort, plus on extrait d’énergie de la source vibratoire. Sur la Figure I-4, nous présentons le
rapport entre l’amplitude du mouvement relatif et l’amplitude de la source de vibration (supposée
constante), en fonction de la fréquence d’entrée et pour différentes valeurs d’amortissement
mécanique. Nous constatons ainsi l’intérêt capital de maintenir un fonctionnement à la résonance. Il
est à noter aussi que pour obtenir le maximum de mouvement relatif il faut minimiser les pertes
mécaniques dans le résonateur, c’est-à-dire avoir un bon facteur de qualité mécanique. Cependant,
avoir un facteur de qualité élevé signifie une bande passante très étroite, et donc une perte d’efficacité
significative pour le moindre décalage entre la fréquence de vibration et la fréquence de résonance.

50
0.01
45 0.05
Gain d'amplification du mouvement vibratoire (X/Y)

0.1
0.15
40
0.2
0.25
35 0.3
0.35
30 0.4

25

20

15

10

0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8 2
Fréquence de vibration relative (w/w0)

Figure I-4 Déplacement relatif théorique en fonction de la fréquence de vibration pour différentes valeurs
d’amortissement mécanique

Après avoir étudié le mécanisme de conversion mécano-mécanique et défini les critères permettant de
maximiser l’amplification du mouvement relatif entre la masse sismique et le support vibrant, nous
nous intéressons maintenant au mécanisme de la conversion mécano-électrique.

II.2.2 Conversion mécano-électrique :

Il s’agit de convertir une partie de l’énergie mécanique stockée dans le résonateur mécanique en
énergie électrique, c’est-à-dire d’exploiter le déplacement relatif entre la masse sismique et le support
vibrant pour générer de l’énergie électrique :

23
Chapitre I

Vibration Convertisseur mécano- Convertisseur mécano- Convertisseur élec- Charge


y(t) mécanique (M2M) électrique (M2E) électrique (E2E) électrique

Figure I-5 Schéma du mécanisme de la conversion mécano-électrique

Cette énergie électrique extraite agit sur le résonateur mécanique comme un amortissement que l’on
appelle amortissement électrique be tel que représenté dans le modèle général Figure I-1. Il existe
différents moyens de convertir cette énergie mécanique en énergie électrique comme nous le verrons
dans la partie III de ce chapitre, mais ce n’est pas tant la nature du convertisseur qui joue sur le
comportement du résonateur mécanique et sur la puissance de sortie (à moins d’avoir un couplage
électromécanique très fort et au rendement du convertisseur près) que le taux d’énergie du résonateur
mécanique qu’il est capable de convertir et qui est modélisé par le coefficient d’amortissement
électrique be.

Nous nous proposons ici de déterminer quel coefficient d’amortissement be permet de maximiser la
puissance de sortie avant de définir le type de convertisseur à utiliser pour atteindre ce coefficient
d’amortissement optimal. Pour calculer la puissance électrique de sortie issue du modèle général, nous
calculons la puissance moyenne électrique fournie sur une période, et qui est le produit de l’effort de
contre réaction électrique Fe par la vitesse du déplacement relatif z(t).
T T

2 Fe (t ) z2 (t )dt = 2 b z2 (t )z2 (t )dt


1 1
Pe = e
(I-7)
T 0
T 0

Avec :

K
ω0 = , bm = 2 m ξ m ω 0
m

Ce qui revient à :
6 (I-8)
(ξ e )66 ω
8
5 3
mY 2
3 ω
7 ω 0 34
P = 2
8 ω 5
2
8 8 ω 5
2
5
66 2 (ξ e + ξ m ) 33 + 6 1 − 66 33 3
7 ω0 4 6 7 ω0 4 3
7 4

En prenant :

K
ω0 = , b m = 2 m ξ m ω 0 et be = 2 m ξ e ω 0
m

La puissance récupérable dépend de l’amortissement électrique, de l’amortissement mécanique, de


l’amplitude et la fréquence des vibrations ambiantes. Naturellement, cette puissance extraite est
maximale lorsque la fréquence de vibration est égale à la fréquence propre du convertisseur. Cette
puissance peut être simplifiée à la résonance par l’expression suivante :

24
Chapitre I

mA 2 ξ e (I-9)
Pe =
4 (ξ e + ξ m ) ω 0
2

Avec A = Y ω 2

Il en découle donc que le maximum de puissance électrique est atteint lorsque le système fonctionne à
la résonance et aussi lorsque l’amortissement électrique est égal à l’amortissement mécanique, en
d’autres termes lorsque la puissance mécanique convertie en énergie électrique est égale à la
puissance mécanique dissipée dans le résonateur.

La Figure I-6 ci-dessous présente la réponse fréquentielle de la puissance théoriquement récupérable


par le générateur décrit par le modèle général, et cela pour plusieurs valeurs d’amortissement
électrique :

80
0.01
0.05
70 0.1
0.15
Puissance théoriquement récupérable (µW)

0.2
60 0.25
0.3
0.35
50 0.4

40

30

20

10

0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8 2
Fréquence de vibration relative (w/w0)

Figure I-6 Puissance théoriquement récupérable par un système de récupération d’énergie vibratoire à résonance
simple pour différentes valeurs d’amortissement électrique

Nous constatons que pour maximiser la puissance de sortie, il est important de minimiser le coefficient
d’amortissement électrique, donc augmenter le facteur de qualité du convertisseur. Cet amortissement
électrique étant piloté par le taux d’énergie électrique que l’on extrait du système via le convertisseur
mécanique/électrique. Cependant, plus on augmente le facteur de qualité de la structure, plus la bande
passante du système devient étroite, or il n’est pas toujours évident d’obtenir à la fabrication une
fréquence propre strictement égale à la fréquence de la vibration. C’est un des objectifs de cette thèse
que de résoudre cette problématique d’adéquation entre la fréquence de vibration et la fréquence de
résonance de la structure. Mais avant de rentrer dans le cœur du sujet, nous allons faire un tour
d’horizon des différents principes de conversion mécanique/électrique rencontrés dans l’état de l’art.

25
Chapitre I

III Principaux mécanismes de transduction mécano-électrique :

Il existe essentiellement trois principes permettant de convertir de l’énergie mécanique en énergie


électrique, à savoir : électrostatique, électromagnétique ou via des matériaux électro-actifs
(piézoélectriques, polymères électroactifs, etc…). La différence porte essentiellement sur la gamme de
fréquences et d’amortissements électriques que peuvent couvrir chacun de ces principes. En fait, plus
le convertisseur sera apte à convertir une grande partie de l’énergie mécanique, plus il pourra créer un
amortissement électrique élevé. Chaque technique a ses propres avantages et inconvénients, cela
dépend de plusieurs facteurs liés à l’énergie disponible dans la source de vibration et aux contraintes
de l’application telles que :

2 L’encombrement autorisé
2 La fréquence d’entrée
2 L’étendu du spectre de vibration
2 L’amplitude de la vibration
2 Le type de charge à alimenter…etc.

Pour comparer l’efficacité des générateurs, plusieurs figures de mérite ont été proposées dans la
littérature [3-5]. Étant donné que la thématique de cette thèse porte essentiellement sur les systèmes de
récupération d’énergie vibratoire large bande, nous avons décidé de mettre en avant la bande passante
de chaque système et sa capacité d’auto-adaptation avec la source de vibration. Nous nous
contenterons donc dans ce qui suit de présenter les principaux travaux réalisés pour chaque type de
transduction en présentant les informations communiquées sur chaque système. Nous reviendrons sur
la question de figure de mérite dans la prochaine partie de ce chapitre consacrée aux systèmes de
récupération d’énergie vibratoire large bande.

III.1 Mécanisme de transduction capacitive :

Dans le cas des systèmes électrostatiques, le mouvement relatif entre deux parties est transformé en
une variation de capacité. Cette variation de capacité est ensuite convertie en énergie électrique via
l’application d’un cycle électrique spécifique. La figure ci-dessous présente un exemple de structure
électrostatique développé au CEA-Leti basée sur des peignes inter-digitées dont un qui est
mécaniquement connecté à la masse sismique et l’autre au support vibrant, ces peignes forment une
multitude de capacités mises en parallèle électriquement. Lorsque les deux peignes bougent l’un par
rapport à l’autre, les doigts des deux peignes se rapprochent ou s’éloigne et engendre une variation de
capacité électrique qui est exploitée ensuite pour extraire de l’énergie électrique.

Figure I-7 Structure de récupération d’énergie électrostatique [6]

Nous distinguons principalement deux modes de fonctionnement pour la transduction capacitive, un


fonctionnement dit à tension constante ou bien dit à charge constante. Le mode de fonctionnement est
imposé par l’électronique de gestion de la structure. La Figure I-8 présente les cycles « charge (Q)-
tension (V) » associés à ces deux principaux modes de fonctionnement.

26
Chapitre I

Figure I-8 Cycles de charge et de décharge de la capacité d’un système de récupération de l’énergie électrostatique [6]

L’énergie électrique récupérée par cycle correspond à l’aire balayée sur le graphique Q (V) au cours du
cycle considéré. Ainsi, plusieurs architectures ont été développées pour obtenir la plus grande
variation capacitive possible [7]. Le Tableau I-2 récapitule les principaux résultats des travaux menés à
travers le monde dans ce domaine :

Tableau I-2 : Principaux résultats obtenus par principe électrostatique

Auteur Réf Puissance Volume Accélération Fréquence


R. Tashiro [8] 36 µW 15000 mm3 12.8 m.s-2 6 Hz
S. Roundy [7] 11 µW 100 mm3 2.3 m.s-2 100 Hz
P.D.Mitcheson [9] 24 µW 1586 mm² 4 m.s-2 10 Hz
B. C-H. Yen [10] 1.8 µW 21780 mm3 1560 Hz
G. Despesse [6] 1000 µW 18000 mm3 2 m.s-2 50 Hz
P. Basset [11] 0.061 µW 61.5 mm3 2.5 m.s-2
S. Boisseau [12] 50 µW 1 m.s-2 50 Hz

Ce principe de conversion présente de nombreux avantages : il est facilement intégrable et favorable à


la réduction d’échelle, l’efficacité est peu dépendante de la fréquence (mais plutôt du taux de variation
de la capacité). La miniaturisation permet en effet d’obtenir des densités capacitives très élevées
(entrefer plus faible et structuration plus fine augmentant la surface de la capacité développée) et ce,
même pour des déplacements relatifs de faible amplitude. Il est néanmoins difficile d’obtenir des
variations de capacité supérieures au nano Farad, ce qui requiert une attention particulière vis-à-vis des
capacités parasites.

Cependant, ce principe nécessite une source de tension extérieure afin d’amorcer le fonctionnement du
récupérateur. Pour cela plusieurs solutions ont été proposées : utilisation d’un couplage entre deux
transductions électrostatique et piézoélectrique, le générateur piézoélectrique permet d’amorcer le
fonctionnement du transducteur électrostatique, ou bien par utilisation des électrets [12], un
diélectrique chargé électriquement capable de conserver sa charge électrique pendant une longue
durée.

Nous nous intéressons maintenant à la transduction électromagnétique basée sur le principe de


l’induction électromagnétique.

III.2 Mécanisme de transduction électromagnétique :

Les générateurs électromagnétiques sont basés sur le phénomène d’induction électromagnétique, et le


principe de Faraday. Ce phénomène apparait lorsqu’une bobine est traversée par un champ magnétique

27
Chapitre I

variable. Il existe deux moyens simples pour mettre en œuvre ce phénomène : soit on utilise les
vibrations mécaniques pour déplacer un aimant à l’intérieur d’une bobine (Figure I-9), ou l’inverse,
c'est-à-dire une bobine qui se déplace par rapport à un aimant fixe. Dans le domaine de la récupération
de l’énergie vibratoire, nous privilégions la configuration qui permet de faire déplacer un aimant à
l’intérieur d’une bobine comme l’illustre la figure ci-dessous, car dans cette configuration l’aimant
joue le role à la fois d’une source de champ magnétique et de la masse sismique.

R
Y(t)
S N

Figure I-9 Schéma équivalent d’un système de récupération d’énergie mécanique par principe
électromagnétique

La figure ci-dessous présente un exemple de générateur électromagnétique que l’on peut trouver dans
le commerce :

Figure I-10 Micro-dynamo dans une montre bracelet, puissance moyenne 5µW (Seiko Kinetic)

Mise en équation :

Le mouvement relatif entre une bobine et un champ magnétique donne naissance à une force
électromotrice V qui est fonction de la variation du flux magnétique qui traverse la bobine. Soit φ le
flux magnétique traversant une spire, Φ le flux total traversant toute la bobine, n le nombre de spires
de la bobine, B l’induction magnétique, A la section d’une spire et V la différence de potentiel aux
bornes de la bobine, alors cette dernière s’exprime par :

dΦ dφ N
V =− = −n (I-10) Avec Φ = 1 2 B.dA (I-11)
dt dt i =1 Ai

La puissance est extraite du générateur en connectant les bornes de la bobine à une charge électrique,
par exemple une résistance, une batterie...etc. Le courant qui traverse la bobine crée un champ
magnétique qui s’oppose à celui qui lui a donné naissance, à savoir le champ magnétique produit par
l’aimant. L’interaction entre ces deux champs génère alors une force qui s’oppose au mouvement de
l’aimant. La force électromagnétique est proportionnelle au courant électrique et donc à la vitesse de
variation du champ magnétique, elle s’exprime comme étant le produit entre l’amortissement

28
Chapitre I

électromagnétique (Dem) et la vitesse du déplacement de l’aimant à l’intérieur de la bobine, ce qui est


illustré par l’équation ci-dessous :

dy (I-12)
Fem = Dem
dt

Pour extraire le maximum d’énergie de la source mécanique, le paramètre qu’il faut optimiser est bien
entendu l’amortissement électromagnétique. Comme nous l’avons constaté dans l’étude du modèle
général d’un système de récupération de l’énergie vibratoire en début de ce chapitre, la puissance
instantanée en entrée d’un générateur à amortissement visqueux est le produit entre la force
‘visqueuse’ et la vitesse du mouvement relatif entre la masse suspendue, en l’occurrence l’aimant, et la
source de vibration, ce qui donne l’expression suivante :

dy (I-13)
p(t ) = Fem (t )
dt

La charge électrique vue par le générateur est considérée comme étant l’association série entre
l’impédance de la bobine et celle de la charge réelle du dispositif connecté au générateur, ce qui donne
en réalité l’expression suivante de la puissance électrique instantanée (puissance en sortie + celle
dissipée dans le bobinage du générateur électromagnétique) :

(I-14)
dy V2
p(t ) = Fem (t ) =
dt Rc + Rb + jLbω

Avec : Rb + jLbω l’impédance de la bobine, Rc l’impédance de la charge résistive connectée et V : la


tension qui apparait aux bornes de la bobine.

Les trois dernières équations nous permettent donc de développer un modèle mathématique du
coefficient d’amortissement électromagnétique :

(I-15)
8 dΦ 5
2
1
Dem = 6 3
Rc + Rb + jLbω 7 dx 4

Comme nous pouvons le constater dans ce modèle, maximiser l’amortissement revient à maximiser la
vitesse de variation du flux magnétique traversant la bobine et minimiser l’impédance liée à cette
bobine.

Le flux magnétique dépend à la fois de la qualité de l’aimant utilisé (son moment magnétique), de son
emplacement par rapport à la bobine et de ses dimensions. Pour un volume de cuivre constant, si le
nombre de spires est multiplié par k, alors la section des spires est divisée par k et la longueur du fil de
bobinage est multipliée par k, ce qui multiplie par k² la résistance du bobinage, en même temps le flux
est multiplié par k, ce qui fait que le coefficient d’amortissement électromagnétique est inchangé. Au
final ce coefficient ne dépend que du volume de l’aimant, du moment magnétique de l’aimant, du
volume du cuivre et du couplage entre les deux. Le tableau ci-dessous présente quelques exemples de
systèmes de l’état de l’art réalisés pour la récupération de l’énergie vibratoire par principe
électromagnétique.

29
Chapitre I

Tableau I-3 Systèmes de récupération d’énergie mécanique par principe électromagnétique

Réf P (µW) f (Hz) A (m.s-2) Masse (g) Volume


[13] 0.3 4400e3 382 2.4e-3 5.4 mm3
[14] 400 94 - -0.5 -
[15] 530 322 - - 24 mm3
[16] 0.6 700 12.4 - 2e-3 mm3
[17] 157 322 2.7 - 0.84 cm3
[18] 4000 100 0.4 50 30 cm3
[19] 2.5 11400 - - 4 mm3
[20] 0.16 100 - - -
[21] 1.44 400 - 0.028 250 mm3
[22] 0.5 9500 1.92 - -
[23] 10 64 16.16 - 1 cm3
[24] 830 110 95.5 - 1 cm3
[25] 7000 35 - - 9 cm3
[26] 46 52 0.59 0.66 0.15 cm3
[27] 0.4 30 - - -

Pour les applications qui ne nécessitent pas forcément une structure de dimensions microscopiques, les
générateurs électromagnétiques présentent un certain nombre d’avantages :

2 La puissance en sortie est reliée uniquement à la vitesse relative entre l’aimant et la bobine,
donc pas de limites liées aux types de matériaux utilisés, en termes de fatigue, limite
d’élasticité, contrainte max de dépolarisation (cas des matériaux piézoélectrique).
2 Pour ce type de générateur, le choix du matériau du ressort de suspension et de la masse
sismique est indépendant du convertisseur contrairement au cas des générateurs
piézoélectriques.
2 Le fait d’avoir un coefficient d’amortissement important permet d’élargir la bande passante du
générateur et donc de récupérer une puissance significative sur un large spectre de fréquence.

Le plus grand challenge restant à relever pour ce type de générateur est bien entendu la
miniaturisation, l’intégration et l’abaissement des fréquences de fonctionnement car les vibrations sont
plutôt basse fréquence (<100 Hz). Les modèles développés montrent clairement qu’à faibles
dimensions le rendement du générateur est fortement affecté : augmentation de la résistance et donc
des pertes résistives dans la bobine. Par ailleurs, en petites dimensions, la tension en sortie du
générateur est très faible (Vout-max<100 mV) pour des structures dont le volume est inférieur à 1 cm3, le
fait d’avoir une tension de sortie aussi faible complique la mise en forme de l’énergie électrique
récupérée. Enfin, en dessous d’une certaine fréquence, le comportement résistif d’une bobine devient
prépondérant par rapport au comportement selfique, ce qui affecte le rendement de la conversion
électromécanique.

Nous nous intéressons maintenant à la conversion mécano-électrique par utilisation de matériaux


électroactifs.

III.3 Mécanisme de transduction par matériaux électroactifs :

Par matériau électro-actif nous entendons tout matériau possédant un couplage électromécanique. Ces
matériaux, de par leur nature, se déforment sous l’action d’un champ électrique/magnétique, et
réciproquement, ils génèrent un champ électrique/magnétique lorsqu’ils sont soumis à une contrainte
mécanique. Cela concerne les matériaux possédant l’une des propriétés suivantes:

30
Chapitre I

- la piézoélectricité ;

- l’électrostriction ;

- la magnétostriction.

L’origine de ce couplage réside dans la géométrie de la structure de la matière à l’échelle


microscopique, qui change de dimensions sous l’action d’un champ électrique ou magnétique, et
inversement, génère un champ magnétique/électrique en opposition sous l’action d’une contrainte
mécanique. Nous décrivons ci-dessous quelques exemples illustratifs pour chacune de ces propriétés.

III.3.1 Utilisation des matériaux piézoélectriques :

L’effet piézoélectrique direct traduit l’aptitude de certains matériaux à se polariser sous l’application
d’un effort mécanique, tandis que l’effet piézoélectrique inverse traduit l’aptitude de se déformer sous
l’effet d’un champ électrique appliqué. C’est l’effet piézoélectrique direct qui est utilisée pour la
conversion de l’énergie mécanique en énergie électrique. Nous donnons plus de détails sur ce type de
conversion dans le chapitre suivant, le but de cette partie est simplement de positionner ce type de
transduction par rapport aux autres principes.

De nombreuses architectures ont été étudiées afin d’obtenir le meilleur couplage électromécanique
possible. La forme la plus répandue est basée sur l’utilisation d’une poutre encastrée-libre mise en
oscillation sous l’effet d’une vibration mécanique. Ci-dessous sont présentées quelques configurations
de générateurs piézoélectriques :

Figure I-11 Cantilever piézoélectrique en mode 33 [28] Figure I-12 Cantilever piézoélectrique en mode 31 [7]

Dans la plupart des cas, les matériaux piézoélectriques sont rigides, ils nécessitent des efforts
importants sur de faibles courses pour fonctionner d’une manière optimale. Comme les efforts
d’accélération engendrés par une vibration sur une masse sismique ne sont pas très importants, on
utilise des poutres de type bilame (assemblage de deux couches piézoélectriques sur un substrat) qui
agissent comme un levier mécanique : une amplitude de déplacement importante en bout de poutre
engendre une contrainte mécanique importante dans le matériau du bilame avec un faible taux de
déformation. Toutefois, cette rigidité mécanique élevée permet difficilement d’atteindre des
fréquences de résonance basses (<100 Hz) en petites dimensions. Cet abaissement de la fréquence de
résonance, pour les structures intégrées sur silicium, reste un des challenges que tentent de relever de
nombreux laboratoires. Néanmoins, les matériaux piézoélectriques peuvent stocker une densité
d’énergie mécanique relativement importante et, selon les matériaux, en restituer une bonne partie
sous forme électrique (couplage électromécanique pouvant aller de 1 % à plus de 80 %). Le tableau ci-
dessous présente les principaux systèmes de récupération d’énergie vibratoire par principe
piézoélectrique.

31
Chapitre I

Tableau I-4 Systèmes de récupération d’énergie vibratoire par transduction piézoélectrique

Réf P (µW) f (Hz) A (m.s-2) Masse (g) Volume (mm3)


[29] 1300 0.9 - - 16e3
[30] 8400 0.9 - - 25e3
[31] 2.3 1 - - -
[32] 2.1 80.1 2.3 0.8 125
[33] 210 120 2.5 8.5 1000
[34] 375 120 2.5 9.2 1000
[35] 11.9 30 - 9.52 1947
[36] 0.001 35 - - 60
[37] 80 5 - 15.6 2185
[38] 0.6 900 9.81 1.1 2
[39] 1 13.9 106 - 0.027
[40] 1.8 429 1 - 27
67.9 419 10 - 27
[41] 3.75 80 3 - 12.1
[42] 17 353 6.4 - 28.7
85 325 17.5 - 28.7
[43] 40 100 - - 228.8

Nous constatons d’après ce tableau que les puissances électriques en sortie des générateurs sont
relativement importantes. Cependant, ces puissances sont obtenues pour des niveaux d’accélération
relativement élevés.

III.3.2 Utilisation des matériaux électrostrictifs :

L’électrostriction est la propriété de certains matériaux à générer une déformation quadratique sous un
champ électrique, l’effet inverse traduit la variation de la permittivité diélectrique lorsque une
contrainte mécanique est imposée. Contrairement aux matériaux piézoélectriques où cette dépendance
entre la contrainte et la polarisation est linéaire, les matériaux électrostrictifs présentent une
dépendance quadratique. Cette propriété existe également dans les matériaux diélectriques de type
polymères ou céramiques non symétriques. Quelques exemples dérivés du PVDF présentent cette
propriété : le co-polymère P(VDF-TrFE), le ter-polymère P(VDF-TrFE-CTFE), polymères semi
cristallin…etc.

L’utilisation de ce type de matériau n’est pas aussi répandue que les matériaux piézoélectriques.
Cependant, de plus en plus de laboratoires de recherche commencent à s’intéresser à ce type de
conversion, notamment en raison, d’une part, des progrès réalisés dans le domaine des matériaux
(amélioration du couplage électromécanique) et d’autre part, la recherche d’alternatives aux matériaux
piézoélectriques durs qui fonctionnent bien mais seulement pour des fréquences relativement élevées,
alors que les matériaux électrostrictifs, de par leur faible rigidité mécanique, permettent de fonctionner
à basse fréquence (<100 Hz) et à très basse fréquence (< 1 Hz) [44].

III.3.3 Utilisation des matériaux magnétostrictifs :

Les matériaux magnétostrictifs désignent les matériaux ferroélectriques qui possèdent la propriété de
se déformer sous l’effet d’un champ magnétique. Leur utilisation dans le domaine de la récupération
de l’énergie vibratoire est souvent couplée avec des matériaux piézoélectriques. A titre d’exemple,
nous présentons un système développé au G2ELAB [45] à Grenoble : l’idée est d’utiliser les
vibrations pour faire déplacer un aimant permanent à proximité d’un matériau magnétostrictif. Ce

32
Chapitre I

dernier, collé sur une couche piézoélectrique, se déforme sous l’application d’un champ magnétique,
l’énergie de cette déformation est ainsi convertie en énergie électrique grâce au matériau
piézoélectrique. Ce type de convertisseur permet de transformer une variation de champ magnétique,
même lente, en énergie électrique sans passer par un bobinage dont les performances, en petites
dimensions ou en très basses fréquences, sont réduites. Cet assemblage permet de résoudre la plupart
des limitations que l’on peut avoir en petites dimensions avec de l’électromagnétisme.

III.3.4 Comparaison entre les différents matériaux électroactifs :

Cette étude comparative faite par les membres du laboratoire LGEF de l’INSA Lyon [44] montre que
chaque matériau électroactif est destiné à fonctionner d’une façon optimale sur une gamme de
fréquences et de contraintes mécaniques données. Les matériaux piézoélectriques sont plus
performants quand il s’agit de vibrations hautes fréquences et avec des accélérations importantes, les
matériaux électrostrictifs sont destinés aux basses fréquences accompagnées de faibles accélérations
tandis que les matériaux magnétostrictif sont entre les deux comme l’illustre la Figure I-13.

Figure I-13 Comparaison entre les différents matériaux électroactifs [44]

III.4 Comparaison entre les différentes techniques de conversion mécano-électrique :

Nous avons présenté au cours de cette partie d’une manière succincte les principes de conversion les
plus utilisés pour la récupération de l’énergie vibratoire. Le tableau ci-dessous donne les avantages et
les inconvénients de chacun des trois principes :

Tableau I-5 Comparaison entre les différents principes de transduction mécano-électrique

Type Avantages Inconvénients

Electrostatique 2 Facilement intégrable o Nécessité de mettre un système


2 Tension relativement importante d’amorçage (source de tension,
en sortie électrets…)

Electromagnétique 2 Pas de source de tension pour o Tension maximale en sortie


L’amorçage relativement faible.
2 Bonne densité de puissance o Problème d’intégration
o Faible couplage électromécanique
à basse fréquence.

Matériaux électro-actifs 2 Pas de source externe pour o Problèmes liés à l’intégration


L’amorçage. (pertes de performances à
2 Tension générée assez importante l’échelle microscopique)
2 Bonne densité de puissance.

33
Chapitre I

Nous avons vu au début de ce chapitre que le meilleur moyen de convertir une vibration mécanique en
un travail mécanique exploitable est d’utiliser une masse sismique placée en suspension et de la faire
résonner, seulement cette résonance n’est en pratique pas évidente à maintenir. Nous proposons ici de
voir dans quel contexte applicatif un simple résonateur ne peut fonctionner efficacement, nous
présentons également les moyens pour y remédier. En effet, les résultats en termes de puissance de
sortie issus de l’état de l’art pour chacun des principes de conversion sont évalués en supposant que le
récupérateur d’énergie fonctionne dans ses conditions optimales : fréquence de vibration égale à la
fréquence de résonance et amplitude d’excitation maximale. En pratique, la source de vibration n’est
pas toujours très stable et ne peut garantir un fonctionnement du récupérateur d’énergie à son point de
fonctionnement optimal. L’objectif de la partie suivante est de donner un aperçu des différentes
raisons qui peuvent conduire le récupérateur d’énergie à fonctionner en dehors de sa fréquence de
résonance.

IV Causes pouvant conduire à un fonctionnement en dehors de la résonance :

Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine de la perte du fonctionnement à la résonance. Ils sont dans
certaines circonstances liés à la source de vibration et dans d’autres, liés à la structure de récupération
de l’énergie vibratoire elle-même :

IV.1 Variation de la fréquence de vibration (causes liées à la source) :

En réalité, et pour la plupart des sources de vibration, le spectre de vibration n’est pas concentré autour
d’une seule fréquence. Pour illustrer ce constat nous proposons, ci-dessous, quelques exemples de
spectre de vibration :

2 Source de vibration présentant une fréquence principale qui bouge dans le temps :

Les vibrations dans la voiture sont présentes dès la mise en marche du moteur et jusqu’à son arrêt et
c’est essentiellement durant son fonctionnement qu’on a besoin d’effectuer des mesures et d’assurer
un contrôle continu des paramètres du véhicule tels que : pression, vitesse, accélération,
température…etc. Comme nous pouvons le constater sur les Figure I-14 et Figure I-15 ci-dessous
montrant deux spectres de vibrations relevés sur la carrosserie d’une voiture à deux vitesses
différentes, le spectre de vibration, s’il est intégré sur une longue durée, couvre une large de gamme de
fréquence (30 à 120 Hz).

2 0.8
amplitude [ms−2]

amplitude [ms−2]

1.5 0.6

1 0.4

0.5 0.2

0 0
0 50 100 150 200 250 300 0 50 100 150 200 250 300
frequency [Hz] frequency [Hz]
Figure I-14 Spectre de vibration d’une Figure I-15 Spectre de vibration d’une voiture roulant à
voiture roulant à 2000 tr/min 3000 tr/min

Nous constatons que l’énergie est essentiellement concentrée sur une fréquence principale mais qui
évolue dans le temps et dépend pour une bonne partie du régime moteur et de la vitesse du véhicule.
Nous constatons également que les niveaux d’accélération présents sont assez importants, ce qui
permet d’espérer une densité de puissance récupérée relativement élevée (> 10 µW/cm3).

34
Chapitre I

2 Source de vibration aléatoire ou mélange de fréquences :

Contrairement au cas de la voiture qui présente une fréquence principale qui bouge dans le temps, les
vibrations que l’on peut trouver dans des escaliers ou sur les rails d’un chemin de fer sont beaucoup
plus chaotiques, cf. Figure I-16 et Figure I-17.

0.8
amplitude [ms−2]

0.6

0.4

0.2

0
0 50 100 150 200 250 300
frequency [Hz]

Figure I-16 Spectre de vibration dans sur des Figure I-17 Vibrations sur des rails lors d’un passage d’un train
escaliers [46]

Ainsi, pour assurer une bonne efficacité d’un récupérateur d’énergie vibratoire, il faut commencer par
étudier les caractéristiques de la source de vibration. Une source dont le spectre de vibration contient
plusieurs fréquences nécessite un système de récupération d’énergie large bande.

2 Source de vibration harmonique à fréquence fixe :

C’est le cas de vibrations induites par des moteurs à vitesse fixe, des câbles électriques traversés par
un fort courant électrique à fréquence fixe…etc. Pour exploiter au mieux cette source d’énergie il faut
un récupérateur d’énergie disposant d’un résonateur mécanique ayant le meilleur facteur qualité
possible. Cependant, ceci conduit à un système très sélectif en termes de fréquence et nécessite une
précision extrême au niveau de la fréquence de résonance pour qu’elle corresponde exactement à la
fréquence de la source de vibration. Nous verrons un peu plus tard qu’il est, d’une part, difficile en
termes de fabrication d’obtenir précisément la fréquence de résonance souhaitée et, d’autre part, la
fréquence de résonance est susceptible de changer au cours du temps avec la température, le
vieillissement des matériaux, etc.

IV.2 L’altération de la fréquence de résonance (causes liées au récupérateur) :

Comme nous l’avons déjà abordé précédemment, les matériaux qui composent les structures de
récupération d’énergie sont sujets à vieillir, et notamment sous l’effet de variations de température, de
contraintes mécaniques, d’humidité…etc. Ces effets s’accentuent au cours du temps et modifient
progressivement la fréquence de résonance qui n’est alors plus accordée sur la fréquence des
vibrations. Ceci conduit à une chute dramatique de la puissance en sortie du générateur. Un ajustement
continu de la fréquence de résonance, même sur une faible plage de fréquence, permet de conserver
l’efficacité du récupérateur d’énergie.

Même sans considérer que la fréquence de vibration ou la fréquence de résonance ne puissent se


modifier dans le temps, il faut néanmoins, lors de la fabrication du récupérateur d’énergie, réussir à
obtenir exactement la fréquence de résonance souhaitée, ceci est très difficile, même en technologie
silicium où l’on a facilement quelques % d’erreur sur la fréquence de résonance.

IV.3 Imprécision de la fréquence de résonance lors de la fabrication :

Réaliser un résonateur et obtenir exactement la bonne fréquence de résonance relève d’un grand
challenge. En effet, la tolérance mécanique de fabrication et la tolérance sur les propriétés mécaniques

35
Chapitre I

des matériaux utilisés conduisent inévitablement à quelques % d’erreur sur la fréquence de résonance.
Par ailleurs, les conditions d’utilisation (pression ambiante, température, humidité) peuvent influer sur
cette fréquence de résonance. Aujourd’hui, pour répondre à cette difficulté, la plupart des systèmes de
récupération d’énergie commercialisés disposent d’un système de réglage mécanique ajustable au
tournevis et qui est ajusté par l’utilisateur lors de la première utilisation (qui prend alors en compte
toutes les conditions de l’environnement final). Un ajustement automatique de la fréquence de
résonance, même à très faible cadence (ajustement une fois par jour ou par semaine) peut être suffisant
pour compenser l’écart entre la fréquence de vibration et la fréquence de résonance.

IV.4 Conclusion :

Nous avons vu en début de ce chapitre l’importance d’assurer un fonctionnement à la résonance pour


maximiser la puissance de sortie d’un système de récupération d’énergie vibratoire, et nous venons de
voir qu’il est quasi impossible de conserver un fonctionnement à la résonance tout au long de la durée
de vie du système à alimenter, et ceci quel que soit le type de vibration récupéré. Il est donc nécessaire
de prévoir un système d’ajustement de la fréquence de résonance. Plusieurs travaux s’inscrivent dans
cette optique et proposent de différentes manières une réponse à cette problématique. Nous avons
classé ces différents travaux en différentes catégories comme illustré dans le diagramme ci-dessous :

(1) Vibrations aléatoires et large bande

Systèmes à fort
amortissement Systèmes multi- Systèmes non- Systèmes non-
électrique modes résonant linéaires

(2) Vibrations à fréquence variable

Ajustement actif de la Ajustement passif de la


fréquence de résonance fréquence de résonance

Figure I-18 Classification des techniques permettant l’optimisation de la réponse fréquentielle


des systèmes de récupération de l’énergie vis-à-vis du type de vibration à récupérer

Etant donné que le but principal de cette étude est de récupérer le maximum d’énergie sur une large
bande de fréquences de vibration, la manière qui semble la plus judicieuse pour estimer l’efficacité
d’un générateur serait de calculer la densité spectrale de la puissance utile produite après ajustement
de la fréquence de résonance, s’il y a lieu, et gestion de l’énergie produite :
ω max (I-16)
2 Pu (ω )dω
1
λ=
ωc ω min

36
Chapitre I

Avec :

2min : la limite inférieure de la bande passante du système

2max : la limite supérieure de la bande passante du système

2c : la fréquence centrale de la bande passante

L’avantage de cette figure de mérite est qu’elle tient compte de l’énergie nécessaire dans certains cas
pour faire l’ajustement de la fréquence de résonance, et l’avantage qu’offrent certaines approches qui
permettant de faire l’auto-adaptation avec la fréquence de vibration. Cependant, étant donnée la variété
des formes de vibration et la variété des approches proposées, nous avons décidé de proposer pour
chaque approche une figure de mérite afin de comparer les solutions dans les mêmes objectifs
applicatifs (la poursuite continue de la fréquence de vibration principale, la compensation de la dérive
temporelle de la fréquence de résonance, la récupération des vibrations aléatoires). A la fin de cette
partie, nous présenterons un comparatif entre les différentes approches proposées en tenant compte de
tous les critères que nous jugeons primordiaux pour des systèmes de récupération d’énergie destinés à
fonctionner à la résonance.

V Solutions pour un fonctionnement à la résonance :


V.1 Vibrations de type aléatoire : (large bande ou multi harmoniques)

Il s’agit de vibrations dont l’énergie est distribuée sur un large spectre de fréquence (cas de vibrations
dans des escaliers ou des mouvements humains par exemple), ou bien un signal de vibration composé
d’une multitude de fréquences de vibration avec des amplitudes de même ordre de grandeur (multitude
de sources de vibrations : bâtiments, machines industrielles…etc.). Nous comptons à l’heure actuelle
deux solutions permettant d’extraire efficacement l’énergie d’une vibration ayant ces caractéristiques :

V.1.1 Systèmes à fort amortissement électrique :

Comme nous l’avons vu au début de ce chapitre, l’amortissement a un impact sur la bande passante
d’un système de récupération d’énergie vibratoire, cf. Figure I-6. Cependant, cela limite la quantité
d’énergie récupérée si la fréquence de vibration est égale à la fréquence de résonance. Par contre, on
gagne en puissance lorsque la fréquence de vibration devient différente de la fréquence de résonance
avec un système à fort amortissement électrique comparé à un système à faible amortissement
électrique (facteur de qualité élevé). La perte d’énergie à la résonance est directement liée à la largeur
de la bande passante souhaitée. Cela étant, il est tout à fait possible, en ajustant le courant fourni à la
charge, de réduire l’amortissement électrique à la résonance et de l’accentuer en dehors de la
résonance. La puissance extraite reste ainsi toujours égale ou supérieure à celle que peut fournir une
structure faiblement couplée (à fort facteur de qualité). Despesse et al., [47] ont étudié cette solution,
le système développé permet de couvrir une bande passante allant de 25 Hz à 55 Hz [47].

V.1.2 Systèmes non résonants :

Il s’agit d’une structure qui a soit une raideur nulle (guidage de type rail sans effet élastique), soit qui
est mécaniquement très amortie rendant la réponse du système relativement insensible à la fréquence
d’excitation. Comme en très basses fréquences (< 5 Hz), les déplacements de la source de vibration
sont relativement élevés (généralement millimétriques ou centimétriques : mouvements humains), il

37
Chapitre I

n’est pas nécessaire de les amplifier par une résonance, ce qui rend particulièrement intéressant la
solution à raideur nulle [47b].

En ce qui concerne les structures à très fort amortissement, elles permettent en effet d’élargir la bande
passante, mais en pratique ce maximum de puissance est extrêmement réduit par rapport à un système
mécanique faiblement amorti. Au final, quelle que soit la fréquence de la vibration d’entrée, la
puissance produite est inférieure à celle qui serait produite avec un système faiblement amorti. A titre
d’exemple Yang et al., [48] ont développé une structure de récupération d’énergie très amortie par un
coussin d’air, cf. Figure I-19[48]. La tension de sortie, image de la puissance de sortie, est présentée
Figure I-20. Elle laisse apparaitre une bande passante relativement importante (de 25 Hz à 100 Hz),
par contre les niveaux de puissance de sortie sont extrêmement faibles par rapport aux dimensions de
la structure (0.4µW max).

Figure I-19 Systèmes à fort amortissement mécanique [48]

Figure I-20 Réponse fréquentielle d’un système à fort amortissement mécanique [48]

Une autre technique, semblable à la première, permet également d’élargir la réponse en fréquence du
système de récupération d’énergie vibratoire. Cette technique consiste à transformer un mouvement
rectiligne unidirectionnel en un mouvement rotationnel. La réponse obtenue est différente de celle
d’un système résonant. On se rapproche plutôt d’un système sans raideur, mais avec un déplacement
du centre de gravité de la masse sismique limité. Cette technique, dont le principe est exposé sur la
figure ci-dessous a été proposée par Spreeman et al., [49].

38
Chapitre I

Figure I-21 Transformateur du mouvement de vibration unidirectionnelle en mouvement rotationnel [49]

Ce type de structure est particulièrement adapté pour récupérer de l’énergie liée à un changement de
direction de l’axe de rotation par rapport au champ de gravité terrestre ou bien récupérer des chocs.
Une des applications phare de cette technique est la montre qui se recharge toute seule sous l’effet des
mouvements du poignet.

V.1.3 Systèmes multi-modes :

Un système multi-modes est un système qui peut résonner sur plusieurs fréquences simultanément. Ce
type de structure se présente généralement, soit sous forme d’une multitude de poutres indépendantes,
soit sous forme d’une même structure élastique comportant plusieurs masses ponctuelles réparties en
plusieurs points de la structure. Nous présentons, ci-après, quelques exemples :

V.1.3.1 Systèmes à plusieurs poutres :

Il s’agit de systèmes composés d’une série de poutres de différentes dimensions et/ou de différentes
masses sismiques, donc de différentes fréquences de résonance, couvrant l’ensemble de la bande de
fréquence souhaitée, cf. Figure I-22. Le seul facteur limitant de cette technique est le volume occupé,
plus on augmente le nombre de poutres pour élargir la bande passante du système plus le système
devient encombrant. D’autre part, durant le fonctionnement, la plupart des poutres sont inactives ou en
tout cas ne fonctionnent pas dans les conditions optimales, ce qui pénalise d’autant la densité de
puissance du récupérateur d’énergie. Par ailleurs, plus on souhaite obtenir un facteur de qualité élevé,
plus il faut augmenter le nombre de résonateur pour couvrir la bande passante souhaitée et donc la
taille du système.
(b)
(a)

Figure I-22 Récupérateurs à plusieurs poutres, (a) Shahruz et al [50], (b) Ferrari et al [51]

Afin de comparer les différents systèmes développés avec cette approche nous avons calculé, pour
chacun de ces systèmes, le rapport entre la fréquence de résonance et la fréquence centrale.

Le tableau ci-dessous présente les principaux résultats obtenus selon ce principe :

39
Chapitre I

Tableau I-6 Systèmes large bande multi-poutres

Auteurs Références Fréquence basse Fréquence haute Nbre de poutres Taux de


variation (%)
S.M.Shahruz [50] 325.93 Hz 391.65 Hz 13 18
M. Ferrari [51]
J.Q.Liu [52] 226 Hz 234 Hz 3 3.4
C.L.Zhang [53] 12 kHz 15.1 kHz 4 22
H.Xue [54] 93 Hz 108 Hz 10 14

Le taux de variation de la fréquence de résonance est directement lié au nombre de poutres composant
les systèmes et la résolution de la fréquence de résonance. Plus la bande passante est large, plus le
système est encombrant. Ceci limite l’utilisation de ce type d’approche lorsque le volume de la
structure est un paramètre critique. Quant à l’électronique de gestion de l’énergie, elle ne peut pas
toujours être mutualisée à l’ensemble des poutres qui fournissent des niveaux de tension différents et à
des fréquences différentes, ce qui revient au final à avoir N générateurs indépendants fonctionnant à N
fréquences différentes, ce qui augmente d’autant le coût.

V.1.3.2 Systèmes à plusieurs masses réparties :

Cette approche est basée sur le même principe que le précédent, sauf qu’ici toutes les masses sont
couplées entre-elles et forment une structure à plusieurs modes de résonance. La Figure ci-dessous
présente un exemple, étudié par Roundy et al., [55] d’une poutre sur laquelle sont fixées plusieurs
masses de valeurs inégales réparties inégalement sur la poutre. Cette structure est composée de 3
masses et de 4 ressorts et présente 4 modes de résonance fondamentaux. Cette approche présente, de la
même manière que précédemment, une densité de puissance relativement faible par rapport aux
systèmes mono mode excités à leur fréquence de résonance du fait que tous les modes ne sont
généralement pas sollicités en même temps.

Figure I-23 Système multi-masses [55]

Figure I-24 Système multi-masses [56]

Le tableau ci-dessous récapitule les principaux travaux menés dans cette direction :
Tableau I-7 Systèmes large bande multi-poutres

Auteurs Références Fréquence basse Fréquence haute Nbre de masses Taux de


variation (%)
S.Roundy [55] 325.93 Hz 391.65 Hz 4 ---
W. Zhou [56] 4.41 Hz 7.96 2 ---
Q.Ou [57] 25 Hz 170 Hz 2 ---

40
Chapitre I

Les systèmes multi-modes ne sont avantageux que lorsque la source de vibration présente
suffisamment d’harmoniques pour que tous les modes de la structure de récupération d’énergie soient
activés simultanément. Autrement, la densité de puissance de ces systèmes devient très faible par
rapport aux systèmes avec un seul mode excité à leur fréquence de résonance. Nous avons omis de
mettre le taux de variation de la fréquence de résonance dans le tableau récapitulatif, car celui-ci n’est
pas représentatif tant que l’écart en fréquence entre les différents modes est élevé.

Nous avons présenté jusqu’ici que des solutions tentant de manière passive d’exploiter une large bande
de fréquences. Nous allons maintenant nous intéresser à des solutions qui permettent de récupérer
l’énergie qu’à une seule fréquence de vibration à la fois, mais qui sont capables de s’adapter ou de
suivre l’évolution de la fréquence principale de la source de vibration.

V.2 Vibrations à une seule fréquence principale qui bouge dans le temps :

Les approches développées pour permettre aux systèmes de récupération d’énergie vibratoire de
fonctionner à la résonance lorsqu’ils sont soumis à ce type de vibration, consistent essentiellement en
un ajustement manuel, passif ou bien actif de la fréquence de résonance. Nous présentons les détails de
chaque technique ci-dessous.

V.2.1 Ajustement manuel de la fréquence de résonance :

Nous présentons dans cette partie les principales techniques développées pour l’ajustement de la
fréquence de résonance manuel.

V.2.1.1 Ajustement de la fréquence de résonance par application d’une précontrainte mécanique :

L’idée de cette approche est d’ajuster la raideur effective d’un récupérateur piézoélectrique de type
poutre encastrée-encastrée par application d’une contrainte variable selon sa longueur. La figure ci-
dessous présente un exemple développé par Leland et al., [58]. La précontrainte (pre-load) est ajustée
à l’aide d’une vis micrométrique au moment de la mise en œuvre du système afin d’assurer un
fonctionnement à la résonance.

Figure I-25 Technique d’ajustement de la fréquence de résonance par application d’une précontrainte [58]

La contrainte de compression appliquée sur la poutre réduit sa raideur en flexion. L’équation (I-17)
donne l’expression de la raideur effective de la structure en fonction de la contrainte appliquée :

K app = K 0 − K d (I-17)

41
Chapitre I

Avec Kapp : la raideur en flexion effective de la structure, K0 : la raideur intrinsèque de la structure, Kd :


la raideur liée à la contrainte appliquée définie par l’expression suivante :

(I-18)
8π 5 8 L 5
2

Kd = T 6 3 6 3
7L4 7 24

Avec T la valeur de la précontrainte de compression et L la longueur de la poutre. Cette méthode


permet de faire varier la fréquence de résonance de 24% pour une force mécanique allant jusqu’à
environ 60 N.

L’utilisation d’une vis micrométrique pour appliquer la précontrainte, ne permet pas un ajustement
automatique et en temps réel de la fréquence de résonance. Néanmoins, il est possible de remplacer
cette vis micrométrique par un actionneur (électrostatique, magnétique ou piézoélectrique) qui permet
alors d’ajuster en temps réel la fréquence de résonance.

V.2.1.2 Ajustement de la fréquence de résonance par ajustement du centre de gravité :

Cette approche est très semblable à la précédente. Il s’agit de déplacer le centre de gravité de la masse
sismique, et donc la longueur effective de la structure, ce qui permet d’ajuster la fréquence de
résonance du système. La Figure I-26 présente un exemple développé par Wu et al., [59] qui permet de
déplacer la fréquence de résonance de 38%.

Figure I-26 Technique d’ajustement de la fréquence de résonance par ajustement du centre de gravité [59]

Cette technique est assez semblable à la précédente. Néanmoins, cette approche est plus facile à mettre
en œuvre et elle permet d’atteindre des taux de variation de la fréquence de résonance plus élevés. En
revanche, lorsque la position du centre de gravité est négative (cf. Figure I-26) la poutre risque de
subir deux contraintes de signes opposés sur la même couche piézoélectrique, ce qui limite le
rendement de la conversion.

Dans la partie suivante nous présentons deux autres méthodes qui permettent d’ajuster la fréquence de
résonance sans aucune action extérieure.

V.2.2 Systèmes auto-ajustables passifs :


V.2.2.1 Multiplication de la fréquence de vibration :

L’idée est de transformer le mouvement vibratoire en une multitude d’impulsions mécaniques,


permettant ainsi aux systèmes, de type cantilever par exemple, d’osciller à leur fréquence de
résonance. Cette technique présente un grand avantage notamment pour les sources de vibrations à
basses fréquences. La Figure I-27 présente un exemple de système à changement de fréquence de

42
Chapitre I

vibration. Lorsque la source se met à vibrer, la partie en contact avec la source de vibration (le système
masse-ressort) se déplace à la fréquence de la source, si le déplacement de la masse m est
suffisamment grand, des languettes entrent en butée avec des cantilevers piézoélectriques. Ces derniers
se mettent alors à vibrer à leur fréquence naturelle suite aux chocs mécaniques. Il est à noter que cette
technique n’est efficace que si la fréquence naturelle des cantilevers est suffisamment supérieure à la
fréquence de vibration [60-65].

Figure I-27 Techniques de multiplication de la fréquence de vibration [64-65]

Malgré le fait que la fréquence d’oscillation des éléments actifs de la structure est égale à la fréquence
propre, cela ne permet pas pour autant d’absorber d’avantage d’énergie mécanique de la source
comme c’est le cas à la résonance, car le système couplé avec la source de vibration est le système
masse ressort qui n’oscille pas à sa fréquence naturelle.

V.2.2.2 Utilisation de ressorts non linéaires :

Nous entendons par ressort non linéaire tout ressort dont la rigidité varie en fonction de son taux de
déformation. De nombreux travaux ont tenté d’utiliser cette caractéristique de non linéarité mécanique
afin d’adapter la fréquence de résonance à la fréquence de vibration. La variante la plus connue des
ressorts non linéaires est une poutre encastrée-encastrée fonctionnant en flexion telle que présentée sur
la Figure I-28. La raideur du ressort ayant tendance à augmenter avec le taux de sa déformation, plus
l’amplitude du déplacement relatif devient importante, plus la fréquence de résonance équivalente
devient importante. A faible amplitude, le comportement est relativement linéaire et dès que cette
dernière devient plus importante on observe un shift vers les hautes fréquences de la fréquence de
résonance, comme le montre la Figure I-29.

Figure I-28 Structure de type poutre encastrée-encastrée


[66]

Figure I-29 Comportement non linéaire d’une poutre


encastrée-encastrée [66]

43
Chapitre I

L’efficacité de cette solution est très dépendante de l’amplitude des vibrations. Si celle-ci est très
élevée, l’effet non-linéaire est très marqué et limite l’amplitude du déplacement relatif, si celle-ci est
très faible, l’effet non-linéaire n’est plus présent et la bande passante n’est pas augmentée. Par ailleurs,
on remarque à la Figure I-29, montrant le phénomène non linéaire, qu’il y a une fréquence limite de
vibration au-delà de laquelle le système décroche et l’amplitude du déplacement relatif s’atténue
fortement. Pour revenir au point de fonctionnement précédent (à forte amplitude) il faut repartir d’une
fréquence de vibration inférieure ou égale à la fréquence de résonance linéaire et la ré-augmenter
progressivement. Mais une fois le dispositif mis en œuvre, la vibration n’est généralement plus
contrôlable. Un autre inconvénient de cette solution est que la puissance maximale de sortie est
nécessairement réduite par rapport à un résonateur linéaire excité à sa fréquence de résonance et libre
de résonner jusqu’à n’importe quelle amplitude. L’utilisation d’effets non-linéaires suscitent
néanmoins beaucoup d’intérêts dans le monde de la recherche car ce sont des phénomènes
relativement complexes à modéliser et qu’il est possible, pour certaines applications, d’en tirer
réellement parti (systèmes dont l’amplitude de vibration est relativement constante et dont la variation
de fréquence est relativement progressive : moteur de voiture/machine fonctionnant à vitesses
variables).

V.2.2.3 Systèmes avec stopper :

Soliman et al., [72] propose une approche innovante pour élargir la bande passante d’un récupérateur
d’énergie vibratoire. L’idée consiste à ajouter un ‘stopper’, comme le présente la Figure I-30 : une
buttée mécanique liée au support vibrant est ajoutée à un système de type poutre encastrée-libre. La
position latérale et longitudinale du stopper permet de fixer la raideur de la structure quand le système
entre en butée. Avec cette méthode, les premiers résultats théoriques montrent qu’il est possible
d’atteindre une bande passante allant de 94 Hz à 99 Hz, soit un taux de variation d’environ 5%.
Néanmoins, le déplacement maximal est limité par la présence du « stopper », ce qui limite à cette
fréquence la puissance en sortie.

Figure I-30 Système de récupération d’énergie avec stoppers

Ce type de structure a un comportement assez proche des structures utilisant un ressort dont la raideur
augmente avec le taux de déformation, sauf qu’ici la transition entre le mode linéaire et non linéaire
est plus brutale.

Nous n’avons présenté jusqu’ici que des solutions manuelles ou passives permettant de s’adapter à la
fréquence de la source de vibration. Nous allons maintenant nous intéresser à des solutions actives qui
permettent d’envisager un ajustement automatique de la fréquence de résonance à la fréquence
principale de la source de vibration.

44
Chapitre I

V.2.3 Systèmes d’ajustement actif de la fréquence de résonance :

Contrairement aux approches décrites dans la section précédente, il s’agit ici d’identifier les solutions
permettant d’ajuster en temps réel la fréquence de résonance. Cet ajustement dynamique de la
fréquence de résonance ne peut se faire que via un actionneur électromécanique qui vient modifier un
des paramètres de la structure résonante. Ci-après nous présentons quelques exemples de systèmes
permettant cet ajustement de la fréquence de résonance.

V.2.3.1 Ajustement dynamique de la fréquence de résonance par application d’une force


électromécanique :

V.2.3.1.1Par application d’une force électrostatique :


Nous illustrons le fonctionnement de cette approche par la figure présentée ci-dessous. Il s’agit d’un
modèle de structure de récupération d’énergie par principe électrostatique à peignes inter-digités. Une
force électrostatique est générée par application d’une tension électrique continue entre deux peignes
d’électrodes, dont un est rattaché au support vibrant et l’autre à la masse sismique. Cette force peut
s’ajouter ou bien se soustraire directement à la force élastique de la structure, ce qui permet d’ajuster
la raideur effective de la structure. Cette méthode est utilisée principalement dans les structures de
récupération d’énergie vibratoire de type électrostatique.

Figure I-31 Schéma d’un récupérateur électrostatique avec système d’ajustement de la fréquence de résonance

L’avantage de cette technique est qu’elle permet d’ajuster de manière bidirectionnelle la fréquence de
résonance, tout dépend du sens d’application de la force électrostatique par rapport à la force
mécanique (il est toutefois plus difficile de créer une force électrostatique additive que soustractive).
Cependant, le taux d’ajustement de la fréquence de résonance est limité par la valeur de la force
électrostatique qui peut être générée. Cette force est proportionnelle à la surface des électrodes
multipliée par le carré du champ électrique appliqué dont la valeur est limitée par la rigidité
diélectrique de l’air. Pour obtenir une variation significative de la fréquence de résonance, il faut une
surface d’électrode dédiée à cet ajustement de fréquence au moins du même ordre de grandeur que la
surface d’électrode nécessaire pour convertir par principe électrostatique l’énergie mécanique de la
structure en énergie électrique. Le Tableau I-8 ci-dessous fait une synthèse des travaux utilisant ce
principe :

45
Chapitre I

Tableau I-8 Systèmes à ajustement actif de la fréquence de résonance par action électrostatique

Auteurs Références Fréquence basse Fréquence haute Taux de variation (%)


Morgan [73] 1332.5 Hz (80 V) 1560.2 Hz (0 V) 17
G.Piazza [74] 7130 Hz (20V) 7190 Hz (0 V) 1
G. De Pascal [75] 41800Hz (110 V) 47800 Hz (0 V) 4
D.Hohlfeld [76] 225 Hz (50 V) 255 Hz (0 V) 12

Bien que dans certain cas cette technique semble facile à mettre en œuvre, elle pose des problèmes
lorsque la partie récupération d’énergie est couplée avec la partie ajustement de la fréquence de
résonance. Comme, nous avons pu le voir en début de ce chapitre, la récupération d’énergie par
principe électrostatique nécessite l’application d’une tension continue aux bornes de la capacité
variable. Modifier cette tension pour ajuster la fréquence de résonance peut nuire au fonctionnement et
aussi à l’efficacité de la conversion mécano-électrique. D’autre part, cette technique n’est envisageable
qu’à l’échelle microscopique, ce qui limite son champ d’application. Nous verrons ci-dessous deux
autres techniques similaires et applicables à l’échelle macroscopique.

V.2.3.1.2 Par action électromagnétique


De la même manière que précédemment, il s’agit d’appliquer une force qui vient s’ajouter ou se
soustraire à la force de rappel, mais cette fois-ci par action électromagnétique. Sur la masse sismique.
Ce principe d’actionnement est particulièrement adapté à l’échelle macroscopique où les couplages
électromécaniques peuvent être élevés. Challa et al., [77] ont proposé d’utiliser cette technique pour un
système de récupération d’énergie de type piézoélectrique. La structure étudiée de type poutre
encastrée-libre (cantilever), Figure I-32, elle comporte deux aimants permanents placés sur le côté
libre de la poutre, et deux autres fixés sur le support en regard de ces premiers aimants, comme
représenté sur la figure ci-dessous. Les forces magnétiques d’attraction/répulsion sont appliquées sur
la masse sismique rattachée à l’extrémité libre de la poutre. Il a été montré que la fréquence de
résonance de la structure est fonction de cette force magnétique. Cette force dépend de la distance
séparant la masse des deux aimants fixés sur le support. La fréquence de résonance de la structure peut
alors être ajustée en contrôlant cette distance à l’aide d’un actionneur.

Figure I-32 Système à ajustement actif de la fréquence de résonance par action magnétique

Le tableau ci-dessous présente une synthèse de quelques travaux réalisés grâce à cette technique:

Tableau I-9 Systèmes à ajustement actif de la fréquence de résonance par action magnétique

Auteurs Références Fréquence basse Fréquence haute Taux de variation


(%)
V.Challa [77] 22 (Hz) 32 (Hz) +/-20 %
N.Ayala [78] 64 (Hz) 78 (Hz) 22 %
D.Zhu [79] 68 (Hz) 98 (Hz) 50 %

46
Chapitre I

Nous remarquons que cette technique permet un taux de variation de la fréquence de résonance
relativement élevé. Cependant, il faut une quantité d’énergie colossale pour changer la distance entre
l’aimant et la masse sismique. Par ailleurs, le fait de mettre des forces magnétiques en opposition au
déplacement relatif de la masse sismique limite le déplacement relatif et affecte la puissance de sortie
du dispositif.

V.2.3.1.3 Par action piézoélectrique :


Il s’agit dans ce cas d’appliquer une force générée par un actionneur piézoélectrique. Le groupe de
recherche de l’IMTEK travaille sur cette approche depuis quelques années. La Figure I-33 présente
deux structures qu’ils ont développées. Dans les deux cas de figure, la structure est composée de deux
parties : une première partie pour la récupération d’énergie composée d’une poutre piézoélectrique
encastrée-encastrée fonctionnant en flexion avec une masse sismique placée en son centre, et une
seconde partie pour l’ajustement de la fréquence de résonance composée d’une ou deux poutres
piézoélectriques. La deuxième partie applique sur la poutre du récupérateur d’énergie une force de
compression, cette action mécanique a comme effet de réduire la raideur mécanique de la partie du
système résonant. Ainsi, par le contrôle de l’effort généré, donc de la tension appliquée sur
l’actionneur piézoélectrique, on peut contrôler la raideur effective de la structure de récupération
d’énergie et donc sa fréquence de résonance.

Figure I-33 Systèmes à ajustement actif de la fréquence de résonance par action piézoélectrique [81]

Ci-dessous les principaux résultats obtenus selon ce principe :

Tableau I-10 Systèmes à ajustement actif de la fréquence de résonance par action piézoélectrique

Auteurs Références Fréquence basse Fréquence haute taux de variation


(%)
C.Peters [80] 90 Hz 65 Hz 30 %
Eichhorn [81] 150 Hz 190 Hz 25 %

Le système développé par Eichhorn [81], représente la première solution tout autonome qui permet de
faire l’ajustement de la fréquence de résonance, incluant la consommation de l’électronique de
contrôle et la consommation de l’actionneur. Il s’agit d’une première mondiale, tous principes
confondus. L’électronique qui permet de faire l’ajustement de la fréquence de résonance ne consomme
que 10% de l’énergie générée par le piézoélectrique du récupérateur d’énergie. Cependant, la
fréquence de régulation de la fréquence de résonance est très faible, un seul ajustement de la fréquence
de résonance toutes les 22 secondes. Cette fréquence ce régulation est largement suffisante pour
compenser des effets de vieillissement ou de température, mais est un peu limite pour suivre des
vibrations dont la fréquence change relativement rapidement (moteur d’une voiture dont le régime
peut changer du tout au tout en quelques secondes).

47
Chapitre I

V.2.3.2 Ajustement de la fréquence de résonance par adaptation de la charge électrique (action dans
le domaine électrique) :

Une autre technique utilisée pour faire l’ajustement de la fréquence de résonance consiste à modifier
l’impédance vue par le générateur afin d’obtenir la fréquence de résonance souhaitée. Cette technique
est simple à mettre en œuvre à partir du moment où le couplage électromécanique du convertisseur est
très fort, il suffit alors d’ajuster la valeur de la charge électrique pour changer la fréquence de
résonance du système. Par contre, dans le cas d’une recherche de maximisation de l’énergie récupérée,
il faut en même temps s’assurer que la valeur de l’amortissement électrique (partie de l’énergie
mécanique transférée à la sortie) soit optimale (cf. modèle général d’un récupérateur d’énergie
vibratoire en début de ce chapitre). Pour pouvoir gérer à la fois la fréquence de résonance et
l’amortissement électrique, la charge est composée d’une composante réelle (résistance ou circuit
d’extraction de l’énergie électrique) qui permet d’ajuster l’amortissement électrique et d’une
composante imaginaire (capacité, inductance) qui complète la composante réelle pour ajuster la
fréquence de résonance. Il faut donc ajuster en temps réel l’énergie transférée à la charge utile avec le
bon niveau de tension (partie réelle) et la valeur de la capacité et/ou de l’inductance connectée au
générateur (partie imaginaire). La Figure I-34 présente un exemple exploitant cette technique pour un
générateur de type électromagnétique. Le générateur est couplé avec une charge variable qui permet
d’ajuster la contre réaction en courant circulant dans la bobine et donc la rigidité effective du
générateur.

Figure I-34 Schéma d’un système à ajustement actif de la fréquence de résonance par adaptation de la charge
électrique

Le tableau ci-dessous fait une synthèse des principaux travaux exploitant ce principe :

Auteurs Références Fréquence basse Fréquence haute Accélération m/s2


A.Cammarano [82] 57.4 Hz 66.5 Hz 16 %
D.Charnegie [83] 330 Hz 324 Hz 2%

Après avoir fait le tour des différentes solutions développées pour élargir la réponse fréquentielle des
récupérateurs d’énergie vibratoire, nous allons maintenant procéder à une étude comparative des
différentes approches.

VI Etude comparative des différents systèmes de récupération d’énergie vibratoire à large


bande fréquentielle de fonctionnement :

Le tableau ci-dessous fait un récapitulatif des différentes solutions vues précédemment et indique les
points positifs et négatifs de chacune d’elles.

48
Chapitre I

Tableau I-11 Comparaison entre les différentes solutions pour un fonctionnement large bande

Bande passante Puissance Puissance L’auto adaptation


volumique dans volumique en de la fréquence de
l’état de l’art perspective résonance
Vibrations large Systèmes à fort
bande amortissement 3 4 5 5
électrique

Systèmes multi-
modes 3 4 4 3
Systèmes non
résonants 3 4 4 3
Vibration à une Ajustement passif
seule fréquence de la fréquence de 3 5 5 4
(fixe ou variable) résonance

Ajustement actif de
la fréquence de 5 5 3 3
résonance

Il ressort de ce tableau que chaque technique présente des points positifs et des points négatifs. Il est
donc important de trouver un compromis, le choix d’une technique ou d’une autre repose
essentiellement sur le type de vibration mécanique à récupérer. Nous constatons d’après ce tableau que
la solution la plus adaptée à notre besoin est l’ajustement actif de la fréquence de résonance, offrant la
possibilité de faire un ajustement en temps réel de la fréquence de résonance sans compromettre
l’amplification due à la résonance. Toutefois, il reste encore des défis à relever notamment en termes
de bande passante et d’énergie nécessaire à l’ajustement de la fréquence de résonance. En effet, la
majorité des systèmes et solutions développés jusqu’ici pour ajuster en temps réel la fréquence de
résonance présentent un bilan énergétique négatif : l’énergie nécessaire à l’ajustement de la fréquence
de résonance est beaucoup plus importante que celle produite par le générateur (à l’exception du
système piézoélectrique développé par l’IMTEK).

Nous présentons ci-après les démarches que nous avons entreprises pour répondre à cette
problématique au cours de cette thèse.

VI.1.1 Positionnement de la thèse et démarches entreprises :

Un constat évident peut être fait après cette introduction sur les systèmes de récupération de l’énergie
vibratoire : pour extraire une énergie significative de la source de vibration, il faut utiliser un système
résonant dont la fréquence de résonance est précisément ajustée à la fréquence principale de la source
de vibration. Or, il est presque impossible de maintenir, sur une très longue durée et en toutes
circonstances, un fonctionnement à la résonance sans prévoir un moyen de correction. Cependant, la
majorité des solutions développées pour faire cette correction ne sont pas encore matures, que ce soit
en termes de bilan énergétique, de largeur de bande passante, de possibilité de faire un ajustement en
temps réel de la fréquence de résonance, ou encore en termes de vitesse de régulation. L’ajustement
automatique de la fréquence de résonance des systèmes de récupération d’énergie vibratoire est un
sujet relativement récent où il y a encore de nombreuses voies à explorer.

Notre objectif dans cette thèse est d’apporter des solutions nouvelles à la problématique exposée dans
ce manuscrit. Nous avons fait le choix d’un principe de transduction et d’une méthode d’ajustement de
la fréquence de résonance, qui sont exposés ci-après :

49
Chapitre I

2 Choix d’un principe de transduction :

Nous recherchons dans un premier temps à développer un récupérateur d’énergie macroscopique afin
que l’énergie consommée pour ajuster la fréquence de résonance soit négligeable par rapport à
l’énergie générée par le générateur, même si on vise à terme à réduire les dimensions du dispositif.
Comme le principe de conversion piézoélectrique fonctionne aussi bien en petites qu’en grandes
dimensions, nous avons retenu ce principe pour notre étude.

2 Choix de la méthode pour l’ajustement de la fréquence de résonance :

Après avoir fait un état de l’art et constaté qu’il n’y avait encore que très peu de propositions dans le
domaine de l’ajustement automatique de la fréquence de résonance, nous avons décidé de concentrer
nos efforts sur cette voie qui nous parait prometteuse pour rendre les récupérateurs d’énergie vibratoire
moins dépendants de l’application. Nous avons développé dans cette optique trois approches
représentées sur le diagramme ci-dessous qui synthétise la démarche adoptée pour chacune d’elle.
Après avoir identifié les solutions, nous avons commencé par une première étude théorique des
techniques, ceci nous a permis de dimensionner les premiers prototypes permettant de valider
expérimentalement via des preuves de concept chacune de nos solutions. L’étude expérimentale des
différents concepts a permis de mieux approfondir notre compréhension des phénomènes physiques
mis en jeux. Elle nous a permis également d’identifier d’autres critères d’optimisation pour améliorer
leur fonctionnement. A l’issue de cette étude d’optimisation nous avons développé de nouvelles
structures plus performantes en termes de taux de variation de la fréquence de résonance.

Après la validation expérimentale de la partie mécanique et du système d’ajustement de la fréquence


de résonance, nous sommes passés à la conception d’une électronique basse consommation permettant
un ajustement automatique de la fréquence de résonance pour chacune des solutions. Cette
électronique permet non seulement un ajustement automatique de la fréquence de résonance mais dans
le même temps assure un transfert optimal d’énergie électrique vers la sortie. Ce transfert optimal
permet de maintenir, en temps réel, un amortissement électrique proche de l’amortissement mécanique
et ainsi d’extraire le maximum d’énergie possible de la source de vibration.

50
Chapitre I

Recherche bibliographique

Recherche de solutions pour la conception de systèmes de Choix de mécanisme


récupération de vibration large bande de transduction

Solution N°1 : Solution N°2 : Solution N°3 :


application du Adaptation de la technique de
champ électrique charge électrique rebond
mécanique

Conception et dimensionnement des structures de


récupération d’énergie en vue d’obtenir une large bande

Fabrication, test et validation des trois approches

Conception d’électronique de pilotage basse consommation

Validation de Validation de Validation de


l’électronique de l’électronique de l’électronique de
la solution N°1 la solution N°2 la solution N°3

Figure I-35 Diagramme des démarches entreprises dans le travail de thèse

51
Chapitre I

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56
2AED56 66 EC756 EDAC56 7C6
BD2E5CD6A 45EDAC56
1
1
I Introduction ..................................................................................................................................... 581
II Théorie de la piézoélectricité : ....................................................................................................... 581
II.1 Quelques définitions : ............................................................................................................. 581
II.2 Mise en équation de la piézoélectricité : ................................................................................. 621
III Etude théorique d’un générateur piézoélectrique de type cantilever :.......................................... 631
III.1 Présentation de la structure de récupération d’énergie vibratoire de type cantilever : .......... 631
III.2 Principe de dimensionnement d’un générateur piézoélectrique : .......................................... 661
III.3 Choix des matériaux : ............................................................................................................ 671
III.4 Analyse statique du comportement d’une structure de type cantilever : ............................... 691
IV Etude d’une structure mécanique optimisée :............................................................................... 831
IV.1 Etude du comportement électromécanique du générateur à version améliorée : .................. 861
IV.2 Etude du taux de variation de la fréquence de résonance pour une structure améliorée : ..... 871
V Etude du comportement d’un générateur piézoélectrique en régime dynamique :........................ 881
VI Conclusions et bilan du chapitre : ................................................................................................ 971
VII Référence : .................................................................................................................................. 981
1
1

57
Chapitre II

Ce chapitre présente une étude détaillée de la conversion mécano-électrique par transduction


piézoélectrique. Le but principal de ce chapitre est d’établir les critères d’optimisation de la structure
pour maximiser la variation de la fréquence de résonance par action dans le domaine électrique

I Introduction

Ce chapitre fait dans un premier temps un rappel de la théorie de la piézoélectricité en présentant les
équations constitutives, les différents modes de couplages ainsi que les critères de choix des matériaux
piézoélectriques.

Dans un second temps, il présente une étude purement mécanique d’une structure de type cantilever en
bilame piézoélectrique. Etant donné que nous cherchons à faire de l’ajustement actif de la fréquence
de résonance pour répondre à la problématique de la thèse, il est impératif, d’une part, de trouver des
solutions basses consommation, donc des solutions qui agissent dans le domaine électrique. Et d’autre
part, d’obtenir un meilleur taux de variation de la fréquence de résonance par action dans le domaine
électrique. Pour satisfaire ce dernier critère, il faut disposer d’un convertisseur à fort couplage
électromécanique effectif, d’où le but de ce chapitre qui consiste à maximiser au mieux le taux de
variation de la fréquence de résonance en optimisant le couplage électromécanique effectif. Au cours
de cette étude, est déduit l’effet des paramètres géométriques sur le couplage effectif et le taux de
variation de la fréquence de résonance. Cette étude est suivie d’une analyse approfondie à l’issue de
laquelle une nouvelle géométrie est proposée et qui permet d’optimiser le couplage électromécanique
et le taux de variation de la fréquence de résonance. Ensuite, un comparatif entre la structure améliorée
et la structure classique est présenté en termes de couplage électromécanique effectif et de taux de
variation de la fréquence de résonance par action dans le domaine électrique.

Enfin, un modèle simplifié du comportement de la structure en régime dynamique est présenté. Le but
principal dans cette partie est de montrer les démarches à suivre pour maximiser l’énergie électrique
extraite en tenant compte de la seconde condition d’optimisation du rendement de la conversion qui
consiste à imposer un amortissement électrique égal à l’amortissement mécanique de la structure.

II Théorie de la piézoélectricité :

Dans le but de mieux comprendre la transduction piézoélectrique, et pour distinguer les limites
associées, nous présentons dans cette partie les notions générales de la piézoélectricité et du couplage
électromécanique associé. Nous commençons ainsi par quelques définitions :

II.1 Quelques définitions :


II.1.1 La piézoélectricité :

Le mot « piézoélectricité » vient de la contraction des mots grecs ; piezein


(pression) et elektron. La piézoélectricité est la capacité de certains
matériaux (cristaux, céramiques, polymères ou composites) de pouvoir
transformer une énergie mécanique en une énergie électrique (et vice-versa).
La piézoélectricité a été observée qualitativement pour la première fois par
René Just Haüy en 1817, mais on en attribue la découverte à Pierre et
Jacques Curie qui ont été les premiers à en faire l'étude en 1880. On
Figure II-1 Principe de la
distingue deux effets de la piézoélectricité : l’effet direct et l’effet inverse, piézoélectricité (direct et
Figure II-1. L'effet direct est le phénomène d’apparition de charges inverse)

58
Chapitre II

électriques lorsque l'on soumet un matériau à une contrainte mécanique. Tandis que l'effet inverse
correspond à l'apparition d’une déformation mécanique du matériau lorsque l'on applique un champ
électrique.

On trouve cet effet piézoélectrique dans certains cristaux. Il naît du décalage des barycentres des
charges positives et négatives de la maille cristalline provoqué par la déformation mécanique de cette
maille (cf. Figure II-2.). De ce fait, la propriété piézoélectrique est fortement liée à la symétrie de la
maille sachant qu’une maille "centrosymétrique" (i.e qui possède un centre de symétrie) ne peut
donner lieu à un cristal piézoélectrique.

Charge positive
+
Charge négative F

Matériau non-
+ P=0 P30 centrosymétrique

Matériau
P=0 P=0 centrosymétrique

Figure II-2 Illustration à l’échelle microscopique du phénomène de la piézoélectricité (P : polarisation)

II.1.2 La ferroélectricité :

Un monocristal est composé de plusieurs mailles élémentaires. Lorsqu’il est refroidi en dessous de la
température de Curie, ces mailles élémentaires ne se polarisent pas toutes spontanément dans la même
direction. Les régions ayant la même direction de polarisation sont qualifiées de domaines. Il en
résulte que le monocristal ne présente pas de polarisation macroscopique. Par contre, l’application
d’un champ électrique au-dessus d’une valeur appelée champ coercitif conduit au changement de
direction de la polarisation individuelle de chaque maille élémentaire qui a tendance à s’aligner avec la
direction du champ électrique. Le matériau présente alors une polarisation et une déformation
rémanentes macroscopiques, c’est la réorientation ferroélectrique. Une fois le matériau polarisé, celui-
ci est piézoélectrique.

II.1.3 Le cycle d’hystérésis

L'état de polarisation d’un matériau piézoélectrique est hystérétique. C'est-à-dire qu'on peut le
caractériser par un cycle d'hystérésis P = f(E) tel qu’il est montré sur la Figure II-3, avec E : le champ
électrique de polarisation. La polarisation est saturée à ±Ps pour des valeurs de champ importantes

59
Chapitre II

(supérieures au champ coercitif Ec) et la polarisation rémanente Pr correspond à la polarisation restante


après disparition du champ.

Figure II-3 L’effet d’hystérésis dans un matériau piézoélectrique

II.1.4 Le couplage électromécanique intrinsèque des matériaux piézoélectriques

Le couplage électromécanique intrinsèque d’un matériau piézoélectrique représente son efficacité à


convertir une énergie mécanique en une énergie électrique et vice versa. Le couplage intrinsèque
dépend de la qualité du matériau, qui est fortement liée à l’orientation du réseau cristallin. Il dépend
aussi du mode de couplage électromécanique. Nous verrons ci-dessous les différents modes de
couplages qui existent. Le coefficient de couplage est souvent mesuré en pourcentage, il est souvent
plus intéressant d’utiliser sa valeur au carré, liée au rapport des énergies transférée et fournie. Nous
distinguons deux expressions du coefficient de couplage électromécanique selon le mode de
fonctionnement (actionneur ou générateur), ci-dessous les expressions respectives du coefficient de
couplage électromécanique pour chaque mode de fonctionnement.

En mode actionneur : En mode générateur :

Wmeca Welec
k2 = k2 =
Welec (II-1)
Wmeca (II-2)
Avec

Wmeca : l’énergie mécanique emmagasinée dans le matériau piézoélectrique dans le cas générateur ou
fournie au matériau dans le cas actionneur.

Welec : l’énergie électrique fournie dans le cas du fonctionnement en mode générateur ou reçue par le
matériau piézoélectrique dans le cas actionneur.

Ces expressions représentent le coefficient de couplage électromécanique intrinsèque. Cependant, dans


le cas réel, le matériau piézoélectrique est souvent connecté mécaniquement à d’autres matériaux
(électrodes, support) qui sont passifs. De ce fait, nous parlons plutôt de coefficient de couplage
effectif de l’actionneur (ou du générateur) qui est le rapport entre l’énergie fournie et l’énergie reçue
par le système en entier. Ce coefficient de couplage effectif est bien entendu inférieur au couplage
intrinsèque car il y a toujours une partie de l’énergie qui est emmagasinée ou dissipée dans la zone
passive.

60
Chapitre II

II.1.5 Les différents modes de couplage électromécanique :

Le mode de couplage électromécanique traduit la façon dont les deux domaines (mécanique et
électrique) interagissent. Il existe trois principaux modes pour le couplage électromécanique (mode
longitudinal, transversal et de cisaillement). Ce qui fait la différence entre les différents modes c’est la
direction de l’axe de polarisation du matériau piézoélectrique par rapport à l’axe d’application de la
contrainte mécanique dans le matériau piézoélectrique. Le Tableau II-1 illustre ces trois principaux
modes de couplage électromécanique avec les coefficients respectifs kij où i correspond à la direction
de la contrainte mécanique principale appliquée (F) dans le matériau piézoélectrique, et l’indice j
correspond à la direction de l’axe de polarisation (P).

Tableau II-1 Les différents modes du couplage électromécanique :

Mode longitudinal d 33
(mode 33)
k 33 =
ε 33T s33E

Mode transversal d 31
(mode 31)
k 31 =
ε 33T s11E

Mode de cisaillement 3 d15


(mode 15) 5 k15 =
ε 11T s55E
2

V
1

Chacun de ces modes est adapté à un fonctionnement donné. En récupération de l’énergie vibratoire
on privilégie souvent le mode longitudinal et le mode transversal pour plusieurs raisons : facilité de
mise en œuvre, adaptabilité avec les vibrations unidirectionnelles, couplage intrinsèque relativement
important…etc.

61
Chapitre II

II.2 Mise en équation de la piézoélectricité :

Le Tableau II-2 ci-dessous présente les quatre formes d’écriture équivalentes du couple d’équations
piézoélectriques. Le choix d’utiliser l’une ou l’autre de ces formes dépend du mode de fonctionnement
du matériau piézoélectrique (actionneur ou générateur).

Tableau II-2 Différentes formes d’écriture des équations de la piézoélectricité :

Equations d’état Variables indépendantes Forme


12 3 4 66 7 8 5C
5 9 T : La contrainte mécanique Intensive
A 3 B 5 7 86 E : Le champ électrique
6 3 DA 2 E F9 AC
1
S : La déformation mécanique Extensive
5 3 2 A E F2 D : Le déplacement électrique
2 3 4A 6 7 9 AC

T,D Mixte
5 3 6 A E 6
16 3 D 22 E  5C
5 6 S,E Mixte
A 3 B 5 7 2

 Indique que cette grandeur est déterminée pour x nul ou constant (ex :   étant la souplesse s à
champ électrique E nul ou constant).

Les matériaux piézoélectriques sont anisotropes de nature. Les phénomènes décrits par ces équations
dépendent des orientations spatiales. Les constantes sont donc des tenseurs qu’il est d’usage d’écrire
sous forme matricielle. Le Tableau ci-dessous donne la définition, la nature ainsi que la dimension du
tenseur de chaque constante.

Tableau II-3 Définition des différentes constantes :

Paramètre Définition Unité Dimension

Electrique 1T Permittivité diélectrique F .m −1 3x3

1 Perméabilité électrique m. F − 1 3x3


E
Mécanique s Souplesse (compliance) m 2 . N −1 6x6
c Raideur, rigidité élastique N .m −2 6x6
Piézoélectrique d Constante de charge −1 3x6
C .V ou m.V

e Constante piézoélectrique C .m −2 3x6


g Constante de tension m 2 .C −1 3x6
h Constante piézoélectrique V .m − 1 ou N .C −1 3x6

La constante de charge d traduit la proportionnalité entre la contrainte et l'induction à champ électrique


nul ou constant. La constante piézoélectrique e traduit la proportionnalité entre la déformation et le
déplacement électrique à champ électrique nul ou constant.

62
Chapitre II

La constante de tension g traduit la proportionnalité entre la contrainte mécanique et le champ


électrique à déplacement électrique nul ou constant. La constante piézoélectrique h traduit la
proportionnalité entre la déformation et le champ électrique à déplacement électrique nul ou constant.

Puisque les quatre couples d'équations sont équivalents, il est possible d'écrire des relations
matricielles entre les différentes constantes piézoélectriques comme indiqué dans le système ci-
dessous:

F d = ε T . g = e .s E C
9 E 9
9 e = ε .h = d .c 9
s

E D B
9 g = β .d = h . s 9
T

9 h = β s .e = g .c D 9
D A

Après avoir donné les principales définitions relatives au phénomène de la piézoélectricité, nous
passons maintenant à l’étude mécanique d’un générateur piézoélectrique de type cantilever.

III Etude théorique d’un générateur piézoélectrique de type cantilever :

Le type de structure le plus répandu pour un récupérateur d’énergie vibratoire piézoélectrique est le
cantilever. Ce dernier est composé d’une poutre encastrée libre, cette poutre contient une partie active
(la partie piézoélectrique) et une partie passive non couplée (qu’on appelle le substrat).

Dans cette deuxième partie du chapitre et dans un premier temps, nous réalisons une étude mécanique
d’une structure de type cantilever. Nous étudions l’effet de chaque paramètre géométrique et nous
présentons les principales démarches pour le dimensionnement mécanique d’un tel système de
récupération de l’énergie vibratoire. Ensuite, dans un second temps, nous tenons compte de l’effet
piézoélectrique et nous établissons les critères permettant d’optimiser le couplage électromécanique
effectif en vue d’obtenir le meilleur taux de variation de fréquence de résonance possible.

III.1 Présentation de la structure de récupération d’énergie vibratoire de type cantilever :

La forme poutre encastrée-libre permet de réaliser un résonateur fonctionnant à basse fréquence (< 100
Hz) sans recourir à des dimensions importantes (< 10 cm) tout en assurant un bon couplage mécano-
mécanique. Les matériaux piézoélectriques à fort couplage (céramique, cristaux) sont relativement
rigides et peu déformables (< 1 %) alors que les vibrations, amplifiées par une résonance, peuvent
atteindre plusieurs centaines de micromètres d’amplitude. Par ailleurs, les vibrations ambiantes sont
généralement de basse fréquence (< 150 Hz), il est difficile d’utiliser directement un matériau
piézoélectrique massif comme élément élastique. Pour obtenir une structure relativement souple et
autorisant des déplacements importants, il faut utiliser un effet de levier, cet effet de levier est le plus
souvent obtenu en utilisant une structure de type poutre encastrée libre. En effet, pour quelques
micromètres de déformation des couches supérieure et inférieure de la poutre, on peut obtenir des
déplacements en bout de poutre de plusieurs dizaines de µm (le facteur d’amplification étant
directement lié au facteur de forme de la poutre longueur/épaisseur). Ce type de structure peut prendre
la forme d’un simple bilame piézoélectrique, mais en pratique, comme le centre de la poutre est peu ou
pas déformé, il n’est pas nécessaire de mettre un matériau piézoélectrique au centre de la poutre et on
préférera utiliser un matériau peu couteux et ayant peu de pertes mécaniques (bon facteur de qualité).
Par ailleurs, on sait, d’après l’équation (I-9), que la puissance récupérable est d’autant plus élevée que

63
Chapitre II

la masse sismique est importante, c’est pourquoi une masse sismique, complémentaire à la masse
propre de la poutre, est ajoutée en bout de poutre. Voici une description détaillée de chacune de ces
parties (Figure II-4) :

Figure II-4 Géométrie d’un système de récupération d’énergie piézoélectrique de type cantilever

Le substrat (matériau passif non couplé) : en général le substrat est utilisé pour augmenter le couplage
mécano-mécanique, c’est-à-dire amplifier le déplacement relatif de la masse sismique par rapport à
l’amplitude de déplacement de la source de vibration. En effet, ce matériau est choisi pour avoir le
meilleur facteur de qualité mécanique possible. Il peut jouer un deuxième rôle très important dans le
cas d’un unimorphe qui consiste à imposer un décalage entre la ligne neutre de la structure (ligne de
contrainte nulle) et le plan de symétrie de la couche piézoélectrique pour rendre la contrainte moyenne
au sein du matériau piézoélectrique non nulle.

La masse sismique : plus la masse est grande plus la contrainte mécanique appliquée dans le matériau
piézoélectrique est grande et plus l’énergie en sortie est importante, nous cherchons donc à maximiser
cette contrainte en mettant la plus grosse masse possible sans pour autant dépasser la contrainte
maximale de dépolarisation du matériau piézoélectrique ou bien l’encombrement autorisé. Etant donné
que la fréquence de résonance est inversement proportionnelle à la racine carrée de la masse sismique,
cette dernière peut être utilisée pour abaisser et affiner la fréquence de résonance.

Les couches piézoélectriques : c’est la partie active de la structure, utilisée pour convertir les
vibrations mécaniques en énergie électrique. Les couches piézoélectriques sont généralement placées
le plus loin possible du centre du substrat (fibre neutre) et au plus proche de l’encastrement pour
qu’elles reçoivent le maximum de contrainte mécanique et donc convertissent un maximum d’énergie
mécanique.

Le rôle principal d’une structure de type cantilever est de convertir les vibrations brutes en mouvement
relatif entre la masse sismique et la source de vibration. A partir du moment où la masse sismique en
bout de poutre est bien supérieure à la masse propre de la poutre, son comportement mécanique est
similaire au modèle général étudié dans le chapitre précédent.

64
Chapitre II

Les principaux paramètres géométriques de la structure sont récapitulés dans le tableau ci-après :

Tableau II-4 Définition de propriétés de la structure :

Paramètres Définition
Partie piézoélectrique
xp Distance séparant l’encastrement des couches piézoélectriques
Lp Longueur des couches piézoélectriques
w Largeur de la structure
Yp Module d’Young des couches piézoélectriques
Partie du substrat
eb Epaisseur de substrat
Lb Longueur de substrat
Yb Module d’Young du substrat
Partie masse sismique
Lm Longueur de la masse sismique
Hm Hauteur de la masse sismique

Lorsque le support se met à vibrer, la poutre fléchit autour de l’axe y. Suite à cette flexion, une couche
piézoélectrique est soumise à une contrainte de compression tandis que l’autre est soumise à une
contrainte de traction comme l’illustre la Figure II-5 ci-dessous.

Couche piézoélectrique en
y traction
m

F
Couche piézoélectrique en
compression
Figure II-5 Types de contraintes appliquées dans la partie piézoélectrique lors des vibrations

Avec m : la masse sismique.

Afin de simplifier les calculs et aboutir à un modèle mathématique simple et exploitable, nous avons
au cours de cette modélisation posé un certain nombre d’hypothèses.

• La rigidité de la masse sismique est infinie


• Aucun glissement relatif entre la couche piézoélectrique et le substrat n’a lieu
• Les couches piézoélectriques sont soumises uniquement à des contraintes
longitudinales
• La section de la poutre reste constante et perpendiculaire à la fibre neutre
• Les effets de cisaillement sont négligeables
• La résistance électrique et la rigidité mécanique des électrodes sont négligeables

65
Chapitre II

En plus de ces hypothèses, nous imposons les contraintes d’entrée suivantes :

o La fréquence propre fr ;
o l’accélération maximale du support vibrant 2;
o la contrainte mécanique maximale supportée par le substrat 3max -i;
o la contrainte de dépolarisation du matériau piézoélectrique 3dep ;

D’autres contraintes pourront être ajoutées, telles que le niveau de tension de sortie, la puissance
convertie, l’encombrement maximum…etc. Dans notre travail, nous nous limitons à ces 4 contraintes
et nous cherchons à maximiser le taux de variation de la fréquence de résonance et le rendement de
conversion mécano-électrique.

III.2 Principe de dimensionnement d’un générateur piézoélectrique :

Nous cherchons à optimiser les différents paramètres géométriques de la structure en vue de


maximiser la proportion d’énergie mécanique convertie en énergie électrique tout en respectant les
contraintes d’entrée définies précédemment. Ce dimensionnement passe par quatre étapes essentielles :

o Etape 1 : Choix des matériaux (type de substrat et matériau piézoélectrique) ;


o Etape 2 : Analyse statique de la structure : détermination de la raideur de la structure, de la
contrainte mécanique appliquée dans le matériau, calcul de la fréquence de résonance ;
o Etape 3 : Etude dynamique du couplage électromécanique de la structure : détermination de la
puissance de sortie du générateur ;
o Etape 4 : Conception du circuit de gestion de l’énergie électrique pour maximiser la puissance
électrique extraite du générateur. Cette maximisation de la puissance électrique de sortie passe
par un ajustement de la fréquence de résonance à la fréquence de vibration et un ajustement de
l’amortissement électrique à l’amortissement mécanique (adaptation de l’impédance d’entrée
du convertisseur électrique/électrique de gestion de l’énergie électrique).

Dans le présent chapitre, nous nous intéressons uniquement aux trois premières étapes qui sont
génériques contrairement à la dernière étape qui est dépendante du principe d’ajustement de la
fréquence de résonance choisi. Cette dernière étape sera traitée dans le chapitre suivant. Nous
récapitulons dans le diagramme ci-dessous la succession des différentes étapes de dimensionnement :

Etape 4
Etape 2+3

Etape 1 Paramètres Changement Paramètres de


d’entrée de dimensions sortie

Choix du Source : 4, fr 1) f=fr, Optimisation


Structure : propriétés Calcul de fr
matériau 2) 5x< 5max de l’impédance
physiques et et 3x
3) Validation de l’ensemble des critères
piézo+substrat géométriques équivalente
d’optimisation.

Figure II-6 Succession des étapes de dimensionnement d’une structure de récupération d’énergie de type piézoélectrique

66
Chapitre II

Il s’agit dans un premier temps de choisir les matériaux qui composent la structure. Ensuite de calculer
les dimensions de la structure tout en respectant les contraintes d’entrée, à savoir la fréquence de
résonance et la contrainte mécanique maximale. Ce calcul se fait conjointement à celui de la puissance
de sortie et/ou du taux de variation de la fréquence de résonance. Lorsque nous aurons optimisé les
dimensions de la structure et satisfait les critères d’entrée, nous concevrons le circuit de gestion de
l’énergie électrique qui présente l’impédance d’entrée optimale. Nous allons, dans ce qui suit, étudier
chaque étape séparément :

III.3 Choix des matériaux :


III.3.1 Matériau du substrat :

Le choix du type de matériau du substrat s’articule autour de trois points essentiels :

1 Le facteur qualité mécanique (Qm): il est inversement proportionnel aux pertes


mécaniques dans le matériau considéré. On cherche toujours à obtenir le
meilleur facteur de qualité possible afin de minimiser les pertes.
1 Le module d’Young (Y): les structures que nous cherchons à dimensionner sont
destinées à travailler dans des milieux à basses fréquences (< 150 Hz), donc le
mieux est de choisir un matériau dont la raideur ne sera pas très grande afin de
pouvoir atteindre ces fréquences de résonance pour des structures de tailles
centimétriques ou inférieures.
1 La densité volumique ( ρ ): une forte densité volumique permet d’obtenir une
grande masse effective à petit volume, et donc une faible fréquence de
résonance.

A partir des points cités ci-dessus nous pouvons établir une figure de mérite qui permet de comparer et
de choisir entre les différents matériaux possibles pour le substrat :

ρ
λb = Qm (II-3)
Yb

Cette figure de mérite traduit le fait que l’on cherche un matériau présentant un grand rapport entre la
masse volumique et le module d’Young, donc la plus faible fréquence de résonance pour le plus petit
volume possible, tout en assurant une bonne conversion mécano-mécanique entre la source de
vibration et la source d’entrée (bon facteur de qualité).

Le tableau ci-dessous présente une comparaison des différents matériaux utilisés comme substrat dans
des systèmes piézoélectriques de récupération de l’énergie vibratoire.

Tableau II-5 Comparaison entre les différents matériaux utilisés comme substrat

Type du matériau ρ [g.cm-3] Y [N.cm-2] Q λ


Laiton 8.5 110 20 1.5
Acier 7.5 210 40 1.78
Silicium 2.3 135 150 2.58
Quartz 2.6 100 104 265

67
Chapitre II

Il ressort de ce tableau que le matériau qui présente la meilleure figure de mérite est le quartz.
Cependant, il est à la fois difficile et onéreux de fabriquer des structures qui répondent à nos exigences
(résistance aux chocs, taux de déformation) avec du quartz. Le silicium présente quant à lui un bon
compromis par rapport à l’acier ou au laiton. Afin de faciliter la fabrication de nos structures nous
avons néanmoins décidé d’utiliser de l’acier comme matériau du substrat.

III.3.2 Choix du matériau piézoélectrique :

Le choix du matériau piézoélectrique dépend bien entendu de l’application que nous cherchons à
réaliser. Dans notre cas, pour pouvoir agir sur la fréquence de résonance à partir d’une action dans le
domaine électrique, il faut que la structure soit très fortement couplée. Le choix du matériau
piézoélectrique se base donc sur les paramètres intrinsèques suivant :

1 le couplage électromécanique [k31] : pour pouvoir agir sur le comportement


mécanique de la structure à partir des contraintes électriques qu’on lui applique,
il est important de choisir un matériau avec un très bon coefficient de couplage
électromécanique (au moins supérieur à 0.8).

1 Les pertes diélectriques [ tan(δ ) ]: les pertes diélectriques dépendent du type de


matériau piézoélectrique, ces pertes doivent bien entendu être minimisées.

La constante diélectrique [ ε 33 ] : d’après la loi de Gauss, pour avoir un champ


T
1
électrique important aux bornes du matériau piézoélectrique, il est nécessaire
d’avoir un matériau avec une faible permittivité diélectrique. Cependant, choisir
un matériau avec une faible permittivité diélectrique implique une faible capacité
électrique entre les électrodes du piézoélectrique, ce qui posera problème à la
fois pour la gestion de l’énergie électrique et aussi pour l’ajustement de la
fréquence de résonance (les capacités parasites de l’électronique pouvant devenir
prépondérantes par rapport à la capacité propre du piézoélectrique). Il est donc
nécessaire de trouver le bon compromis entre les différents effets.

1
1 La raideur des matériaux piézoélectriques ou le module d’Young [ Yp = ]:
s11E
un matériau piézoélectrique à faible raideur aide à obtenir des basses fréquences
de résonance. Cependant, il faut que la raideur des couches piézoélectriques ne
soit pas négligeable devant celle du matériau du substrat utilisé afin que
l’essentiel de l’énergie mécanique soit bien stockée dans le matériau
piézoélectrique qui est lui électriquement couplé.
1 Le facteur de qualité (Qm): le facteur de qualité d’une structure mécanique
dépend de celui de la partie passive et celui de la partie active de la structure. Il
est donc important de choisir un matériau piézoélectrique avec le meilleur
facteur qualité possible en fonction de volume afin de minimiser au mieux les
pertes mécaniques dans la structure.

Si on souhaite réaliser une structure intégrée de type MEMS (Micro-Electro Mechanical System),
d’autres critères de choix sont à prendre en compte tels que la compatibilité avec les procédés de
fabrication CMOS, la température de Curie…etc.

68
Chapitre II

Le Tableau II-1ci-dessous compare, selon les critères que nous venons d’établir, les principaux
matériaux piézoélectriques qui existent sur le marché. Afin de faire une comparaison quantitative,
nous utilisons la figure de mérite proposée par [1] et qui met l’accent sur les trois premiers critères que
nous avons cité auparavant. Cette figure de mérite est définie par l’équation ci-dessous :

(II-4)
d 312 k 312 s11E
λP = T =
ε 33 tan(δ ) tan(δ )

Tableau II-6 Caractéristiques et figures de mérites des principaux matériaux piézoélectriques

Matériau 1T d33 (10- d31 (10- k33 k31 Tan(4) Qm Y31 Y33 5p Réf
12 12
m/V) m/V) (%) (GPa) (GPa)
Quartz 4.5 2.31 0.727 - - - 104-106 - - - [2]
Soft 4100 620 -260 0.73 0.36 2.7 72 51 59 6.1 [3]
PZT
Hard 1350 300 -109 0.68 0.33 0.35 1400 63 76 25 [3]
PZT
PMN- 4200 2000 -930 0.9 0.72 0.4 33 124 108 514 [3]
PT
PZN-PT 7256 2721 -1425 0.94 0.85 0.4 33 157.3 99 700 [3]
AlN 10 6.8 2.625 0.31 0.1 - - - 6.9 [4]
ZnO 11 12.3 5.1 0.46 0.18 - - - - - [5]
PVDF 13 9 1 0.18 0.2 - 20 - - - [6]

Il ressort de cette comparaison que les monocristaux présentent la meilleure figure de mérite, donc la
meilleure efficacité en termes de conversion mécano-électrique. Cependant, cette figure de mérite ne
prend pas en compte le facteur qualité mécanique ni le coût de chacun des matériaux piézoélectriques.
Les monocristaux restent pour le moment très chers par rapport aux autres matériaux et ne sont pour le
moment pas compatibles avec les procédés de fabrication CMOS. Quant au facteur de qualité
mécanique, nous constatons d’après ce tableau que plus le matériau est performant en termes de
couplage électromécanique, plus son facteur de qualité est faible, ce qui réduit le facteur qualité total
de la structure et donc réduit l’efficacité de la conversion mécano-mécanique.

Cela étant, nous avons choisi de maximiser l’action dans le domaine électrique sur la fréquence de
résonance de la structure mécanique. Ceci revient à choisir le matériau qui a la meilleure figure de
mérite, à savoir un couplage électromécanique fort et de faibles pertes diélectriques.

Pour la suite de l’étude, nous utilisons comme matériau du substrat de l’acier et comme matériau
piézoélectrique du monocristallin de type PZN-PT.

III.4 Analyse statique du comportement d’une structure de type cantilever :

Nous cherchons par la présente étude à déterminer l’effet des paramètres géométriques sur le
comportement mécanique de la structure, et notamment, la fréquence de résonance, la contrainte
mécanique dans le matériau piézoélectrique, le couplage électromécanique effectif et le taux de
variation de la fréquence de résonance.

69
Chapitre II

Dans cette partie nous ne tenons pas compte du couplage électromécanique, ni de la contrainte
introduite par l’effet piézoélectrique. Le but de cette première partie est de donner une vision purement
mécanique du comportement de la structure cantilever présentée dans la Figure II-4.

Conformément à la Figure II-4, nous distinguons trois différentes zones de la structure :

Zone N°1 0<x<xp

Zone N°2 xp <x< Lp+xp

Zone N°3 Lp+xp< x<Lb

Chaque zone est caractérisée par son propre module d’Young, son moment quadratique et sa section
effective. Nous commençons par déterminer le déplacement du centre de gravité de la masse sismique
lorsque nous appliquons une force statique F en ce point. Pour ce faire, nous commençons par
déterminer les paramètres effectifs propres à chaque zone de la structure.

III.4.1 Détermination des paramètres effectifs de chaque zone de la structure :

Le Tableau II-7 ci-dessous définit le moment quadratique, la raideur à la flexion et la section de


chacune des trois zones de la structure.

Tableau II-7 Définition des paramètres effectifs de la structure cantilever

Moments quadratiques Raideur à la flexion Section

Zone 1 1 Y bI b A=w.eb
I = I b = 2 z 2 dA = w.eb3
S
12

Zone 2
1 8 eb + e p 5
2
YI = 2.Yp I p + Yb Ib A=w.eb+
I p = 2 z dAp + Ap .d = we 3p + we p 66
2 2
33 2w.ep
Sp
12 7 2 4

1
Ib = w.eb3
12

Zone 3 1 Y bI b A=w.eb
I = I b = 2 z 2 dA = w.eb3
S
12

Avec :

Ip, Ib : le moment quadratique de la partie piézoélectrique et du substrat, respectivement ;

A : la section effective de la structure ;

YI : représente la raideur à la flexion équivalente en zone 2.

Après avoir défini ces caractéristiques, nous allons maintenant passer au calcul du déplacement et de
la contrainte dans chaque zone de la structure.

70
Chapitre II

III.4.2 Déplacement relatif du centre de gravité de la masse sismique :

Le but de cette partie est de déterminer la réponse d’un système de type cantilever à une force statique.
Ce qui permet, d’une part, de déterminer la raideur de la structure et donc la fréquence de résonance, et
d’autre part, la répartition de la contrainte dans la structure, et notamment dans la partie active de la
structure. Pour ce faire, nous commençons par établir le diagramme des forces et des moments que la
structure subit :

Figure II-7 Diagramme des forces et moments appliqués sur la structure cantilever

Avec : F1 : Force appliquée au centre de gravité de la masse sismique


F2 : Force de contre réaction due à l’encastrement;
MR : Moment de contre réaction.
Afin d’établir les équations qui régissent la réponse de notre système à une force de type statique, nous
appliquons le principe d’équilibre des forces et des moments appliqués sur la structure :

(II-5)
F1 + F 2 = 0
(II-6)
M R + F1 ∧ OA = 0

Le moment de réaction dû à la force F1 est donc :

(II-7)
8 L 5
M R = F1 6 Lb + m 3
7 2 4

Considérons maintenant un segment de la poutre situé dans la première zone (0<x<xp) :

Figure II-8 Diagramme des forces et moments appliqués sur un tronçon de la structure

71
Chapitre II

Où :

M(x) : moment de flexion à la position x.

z(x) : déplacement selon l’axe y à la position x.

V : l’effort tranchant.

Le moment de flexion et le déplacement à une position x sont reliés par l’équation suivante (théorie
d’Euler-Bernoulli) :

∂ 2 z (x ) (II-8)
M ( x ) = Yb I b
∂x 2

Appliquons à présent la loi d’équilibre des moments à la position x. Après projection sur l’axe des
moments on obtient :

M R − F2 .x − M (x) = 0 (II-9)

Ce qui donne :

M (x) = M R − F2 .x (II-10)

La substitution des équations (II-10) dans (II-8) donne :

∂ 2 z (x ) (II-11)
Yb I b = M R − F2 .x
∂x 2

Ainsi, nous pouvons remonter au déplacement à travers le tronçon en question :

∂z ( x ) F 88 L 5 x2 5 (II-12)
= 66 6 L + m 3 x − 33 + Ai
∂x Yb I b 7 7 2 4 24
(II-13)
F 88 L 5 x 2 x3 5
z ( x) = 66 6 L + m 3 − 33 + Ai .x + Bi
Yb I b 7 7 2 4 2 64

Le tableau ci-dessous synthétise les résultats de calcul de déplacement pour chaque zone de la
structure. Pour la première zone, nous avons déterminé les constantes Ai et Bi à partir des conditions à
∂z1 ( x )
la limite de l’encastrement (z1(x=0)=0 et = 0 ). Quant aux deux autres zones, nous avons utilisé
∂x
∂zi +1 ( x ) ∂zi ( x )
les conditions de continuité de déplacement et de sa dérivée : ( zi +1 (x) = zi ( x) = ).
et ∂x ∂x

72
Chapitre II

Tableau II-8 Déplacement le long de la structure suite à l’application de la force statique :

Zone : Déplacement de la poutre :

Zone n°1 F 88 L 5 x2 x3 5
z1 ( x ) = 66 6 L + m 3 − 33 + A1 .x + B1 (II-14)
0<x<xp Yb I b 77 2 4 2 6 4

Zone n°2 F 88 Lm 5 x 2 x 3 5
z 2 ( x) = 6 6 L +
6 3 − 33 + A2 .x + B2 (II-15)
xp <x< Lp+xp YI 7 7 2 4 2 64

Zone n°3 F 88 L 5 x 2 x3 5
z3 ( x ) = 66 6 L + m 3 − 33 + A3 .x + B3 (II-16)
Lp+xp< x<Lb Yb I b 77 2 4 2 64

Avec :

8 1 1 586 8 Lm 5 x 2p 5
A2 = F 66 − 33 6 Lb +
67 3 x p − 33 (II-17)
Y
7 b bI YI 47 2 4 2 4
8 1 1 586 8 Lm 5 x p x p 53
2 3

B2 = F 66 − 33 − 6 Lb + 3 + 3 (II-18)
6
7 Yb I b YI 47 7 2 4 2 3 4
81 1 586 8 L 5 8 L 55
A3 = F 66 − 33 6 Lb + m 3 L p − L p 66 x p + p 33 3 (II-19)
6 2 4 34
7 YI Yb I b 47 7 2 4 7

81 1 586 8 Lm 58 L p + 2 x p 5 L p x 3p 5
3
L2p
B3 = F 66 − 33 − 6 Lb + 366 L p 33 − +5 x p + 2Lp x p + 3
2
6 7 47 3 34 (II-20)
7 YI Y I
b b 47 2 2 4 6 2
Pour une première validation de ce calcul nous proposons de le comparer numériquement aux résultats
obtenus par éléments finis via le logiciel COMSOL. Le Tableau II-9 synthétise les valeurs numériques
utilisées pour effectuer la comparaison. La force appliquée au centre de gravité de la masse sismique
vaut 1 N. La Figure II-9 présente le déplacement de la structure obtenu via les deux méthodes en
fonction de la position x le long de la poutre.

Tableau II-9 Paramètres géométriques et physiques de la structure simulée

Paramètres géométriques et physiques Valeurs

Masse sismique
Lm x Hm x wm (mm x mm x mm) 15x15x15
Masse volumique (kg.m-3) 7500
Couches piézoélectriques
Lp x ep x w (mm x mm x mm) 10x1x10
xp (mm) 10
Masse volumique (kg.m-3) 8800
Module d’Young (GPa) 65
Couche de substrat
Lb x eb x w (mm x mm x mm) 30x1x10
Masse volumique (kg.m-3) 7500
Module d’Young (GPa) 201

73
Chapitre II

50

45

40
Déplacement de la poutre (µm)

35

30
FEM
25 Modèle

20

15

10

0
0 5 10 15 20 25 30 35
Position logitudinale sur la poutre (mm)

Figure II-9 Déplacement de la poutre suite à une application d’une force statique de 1 N

L’écart entre les deux résultats est assez faible, cet écart augmente au fur et à mesure que l’on
s’approche du point d’application de la force. Ceci est dû au fait que dans le modèle analytique nous
considérons une masse avec une raideur infinie, ce qui n’est pas le cas dans le modèle FEM.

Après avoir déterminé le déplacement le long de la poutre et en particulier au point d’application de la


force statique, nous pouvons à présent déterminer la raideur de la structure. Pour ce faire, nous
calculons le rapport entre la force appliquée et le déplacement résultant au point d’application de la
force :

F
K= (II-21)
z3 ( x ) x = L Lm
b+
2
Nous passons maintenant à l’analyse de la contrainte et de la déformation mécanique que subisse
chaque partie de la structure, et notamment, les couches piézoélectriques.

III.4.3 Contrainte et déformation mécaniques dans la structure :

Le but dans cette partie est de déterminer la contrainte mécanique que subisse chaque zone de la
structure. Ceci permet d’en déduire, d’une part, la relation entre la contrainte mécanique d’entrée et la
contrainte subie par le matériau piézoélectrique à son point de plus forte contrainte, ce qui permet de
bien dimensionner la structure et d’éviter tout risque de dépolarisation du matériau piézoélectrique.
D’autre part, ceci permet d’en déduire l’énergie mécanique stockée dans chaque zone de la structure et
par la suite le coefficient de couplage électromécanique effectif de la structure. D’après la géométrie
de la structure et des hypothèses considérées, le théorème d’Euler-Bernoulli nous permet d’établir
l’expression suivante de la déformation mécanique dans la structure :

M (x )
ε (x ) = ( y − yn ) (II-22)
Yb I b + 2.Yp .I p

74
Chapitre II

Avec :

y : la position verticale du point de calcul de la contrainte mécanique ;

yn : la position verticale de la fibre neutre (ligne de contrainte mécanique nulle).

Ainsi, grâce à la loi de Hooke, nous pouvons remonter à la contrainte mécanique présente dans chaque
zone de la structure :

Contrainte dans le piézoélectrique Contrainte dans le substrat

M (x) M (x)
σ p ( x ) = Yp ( y − yn ) (II-23) σ b (x) = Yb ( y − yn ) (II-24)
Yb I b + 2.Yp .I p Yb I b + 2.Yp .I p

Nous allons à présent étudier la répartition de la contrainte mécanique dans le matériau piézoélectrique
et l’effet de la position des couches piézoélectriques sur la contrainte moyenne que subissent ces
derniers. En fait, la détermination de la contrainte moyenne dans le matériau piézoélectrique permet
d’estimer l’énergie électrique que ce dernier peut fournir, alors que la détermination de la contrainte
maximale dans le matériau permet d’éviter de dépolariser localement le matériau piézoélectrique.

La Figure II-10 présente la répartition de la contrainte mécanique dans le matériau piézoélectrique en


fonction de la position longitudinale x sur la poutre.

1.6
Contrainte locale dans le matériau piézoélectrique (MPa)

1.4

1.2

0.8

0.6

0.4

0.2
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
Position longitudinale (x/Lb)

Figure II-10 Contrainte mécanique locale dans le matériau piézoélectrique en fonction de la position longitudinale

Nous constatons, d’après cette figure, que le maximum de contrainte mécanique est concentré autour
de l’encastrement (x=0). La contrainte en ce point ne doit donc pas dépasser la limite de dépolarisation
ou d’élasticité du matériau. Nous nous sommes fixés un seuil de sécurité de 2/3 de la contrainte de
dépolarisation pour le reste de calcul.

75
Chapitre II

La Figure II-11 présente la contrainte moyenne dans le matériau piézoélectrique en fonction de la


position de ces couches, et cela pour une longueur des couches piézoélectrique de 20 mm, et une
épaisseur de 1 mm.
Contrainte moyenne dans le matériau piézoélectrique (MPa)

1.2

1.1

0.9

0.8

0.7

0.6

0.5

0.4

0.3

0.2
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7
Position des couches piézoélectriques (xp/Lb)

Figure II-11Effet du placement des couches piézoélectriques sur la contrainte moyenne dans le matériau
piézoélectrique

Il est clair que pour maximiser la contrainte moyenne dans le matériau piézoélectrique il est important
de placer les couches piézoélectriques au niveau de l’encastrement, c’est dans cette zone que se trouve
le maximum de contrainte mécanique, et donc l’essentiel de l’énergie mécanique. Dans la suite de
notre étude, nous considérons que les couches piézoélectriques sont placées au niveau l’encastrement,
c’est-à-dire à xp=0.

Pour maximiser le coefficient de couplage électromécanique effectif de la structure, il faut maximiser


la part d’énergie mécanique stockée dans le matériau piézoélectrique tout en respectant la contrainte
maximale de dépolarisation du matériau piézoélectrique et la fréquence de résonance que l’on
s’impose. L’objectif de la partie suivante est justement de réaliser cette optimisation et d’identifier la
contribution de chaque paramètre sur le couplage électromécanique effectif de la structure.

III.4.4 Le coefficient du couplage électromécanique effectif de la structure :

Comme nous venons de l’introduire, le choix d’un matériau piézoélectrique à fort couplage
électromécanique intrinsèque ne suffit pas pour avoir un bon taux de conversion mécano-électrique.
En effet, si une part importante de l’énergie mécanique n’est pas stockée dans le matériau
piézoélectrique ou stockée de manière très inhomogène, le couplage électromécanique effectif de la
structure se trouve très réduit. Ce couplage effectif est défini par l’expression générale suivante, qui est
le rapport entre l’énergie que reçoit la partie piézoélectrique, suite à une déformation mécanique, sur
l’énergie mécanique totale reçue par la structure (la somme entre celle reçue par le matériau
piézoélectrique et celle reçue par le substrat).

76
Chapitre II

Wp
k eff = k p2 (II-25)
W p + Wb

Avec : k p2 le coefficient du couplage électromécanique intrinsèque du matériau piézoélectrique

Wp, Wb l’énergie stockée dans le matériau piézoélectrique et dans la partie substrat, respectivement.

L’énergie mécanique stockée dans la structure correspond à l’intégration sur le volume de la densité
d’énergie élastique localement stockée. Cette densité d’énergie élastique est égale au demi-produit de
la raideur Yp par la déformation locale au carré 1p² du matériau. L’énergie mécanique totale stockée
dans la structure peut être exprimée par :

1 
W p = 2 222Y p ε p2 ( x, y , z )dxdydz  (II-26)
 2 Vp 

Avec Vp : le volume du matériau piézoélectrique ;

En considérant la géométrie donnée par la Figure II-4, l’énergie mécanique Wp stockée dans les deux
couches piézoélectriques par unité de force appliquée au centre de gravité de la masse sismique vaut :

W p = Yp
Vp
(3eb 2
)(
+ 6eb e p + 4e 2p 3L2 − 3LL p + L2p ) (II-27)
36(YI )
2

Avec : L=Lb+Lm/2 ;

De la même manière, et en considérant la même géométrie, l’énergie mécanique Wb stockée dans le


substrat vaut :

Ybε b2 ( x, y, z )dxdydz
1
2 222
Wb = (II-28)
Vb

Avec Vb : le volume du substrat.

En calculant cette intégrale, l’expression de l’énergie mécanique stockée dans le substrat devient :

Wb = Yb
wL p
(e )(3L
3 2
)
− 3LLb + L2b + Yb
wL
( )
eb3 (L − L p )
3
(II-29)
72(YI ) 72(YI )
2 b 2

Après avoir établi le modèle paramétrique du coefficient de couplage électromécanique effectif, nous
passons à une étude numérique de l’effet des paramètres géométriques sur le coefficient de couplage
électromécanique effectif.

Nous supposons que la force d’entrée à l’origine de la déformation de la structure est constante pour
toutes les dimensions géométriques considérées et que la largeur w de la poutre est ajustée de façon à
maintenir la fréquence de résonance constante et égale à 200 Hz. Le but de cette partie est d’analyser
l’effet des dimensions géométriques des couches piézoélectriques par rapport à celles du substrat sur le
couplage électromécanique effectif. La Figure II-12 présente l’impact des dimensions géométriques

77
Chapitre II

sur le coefficient de couplage électromécanique. Nous constatons d’après ces résultats qu’il existe une
épaisseur optimale des couches piézoélectriques. Cette épaisseur optimale augmente avec
l’augmentation de la longueur des couches piézoélectriques. Pour des faibles longueurs de couches
piézoélectriques, l’augmentation de l’épaisseur des couches piézoélectriques n’améliore pas le
couplage électromécanique effectif, car dans ces conditions le piézoélectrique est tellement raide par
rapport au substrat qu’il ne fléchit pas.

0.8

0.6
keff

0.4

0.2

0
1
0.8 1
0.6 0.8
0.4 0.6
0.4
0.2 0.2
Lp/Lb ep/eb
0 0

Figure II-12 Effet des dimensions géométriques du matériau piézoélectrique sur le couplage effectif

En effet, lorsque la longueur des couches piézoélectriques devient du même ordre de grandeur que
celle du substrat, nous constatons que le couplage électromécanique augmente avec l’augmentation de
l’épaisseur des couches piézoélectriques. Ceci est dû au fait que le volume des couches
piézoélectriques devient très prépondérant devant celui du substrat et que l’énergie reçue par ce
dernier devient négligeable devant celle reçue par les couches piézoélectriques. Cependant, le
couplage intrinsèque du piézoélectrique est donné pour une exploitation optimale des charges
électriques générées par le matériau. Mais si on cherche à mettre une électrode de part et d’autre des
couches piézoélectriques commune sur toute la longueur des couches piézoélectriques, alors que la
contrainte mécanique n’est pas homogène sur toute la longueur, l’exploitation des charges électriques
n’est pas optimale et le couplage électromécanique du piézoélectrique s’en trouve réduit. En effet, les
charges générées dans les zones de forte contrainte vont se déplacer pour charger les électrodes dans
les zones de faibles contraintes (zone agissant comme une simple capacité parasite placée en
parallèle), les charge produites sont alors disponible sous un potentiel plus faible et donc à un niveau
d’énergie plus faible. Pour mieux s’en rendre compte, la Figure II-13 présente le couplage
électromécanique effectif en tenant compte de la présence d’une électrode commune le long des
couches piézoélectriques.

78
Chapitre II

1
keff (électrode commune)

0.8

0.6

0.4

0.2

0
1
0.8 1
0.6 0.8
0.4 0.6
0.4
Lp/Lb 0.2 0.2 ep/eb
0 0

Figure II-13 Effet des dimensions géométriques sur l’énergie électrique générée par les couches piézoélectriques

Nous pouvons alors remarquer que les paramètres géométriques optimums ne sont plus les mêmes et
que l’optimum tend vers une contrainte mécanique plus homogène dans le matériau piézoélectrique.
D’autre part, nous constatons que l’énergie mécanique stockée dans le matériau piézoélectrique tend
vers une saturation pour des longueurs de couches piézoélectriques bien inférieures à celle du substrat.
Cela est lié au fait que le matériau piézoélectrique est moins contraint dans les zones éloignées de
l’encastrement, il stocke donc moins d’énergie mécanique.

Après avoir montré l’effet des dimensions géométriques sur le couplage électromécanique effectif
d’une structure de type cantilever, nous analysons à présent l’effet des dimensions géométriques du
matériau piézoélectrique sur le taux de variation de la fréquence de résonance dans les mêmes
conditions de calcul que le couplage électromécanique effectif.

III.4.5 Etude d’un générateur piézoélectrique de type cantilever en vue du tuning de la


fréquence de résonance :

Dans le premier chapitre de ce manuscrit, nous avons présenté les différentes approches permettant
d’ajuster la fréquence de résonance selon deux grandes classes :

Classe 1 : (Ajustement de la fréquence de résonance par action dans le domaine mécanique)

Par application d’une précontrainte mécanique ajustable, par changement de la masse sismique, par
changement du centre de gravité de la masse…etc. Les systèmes réalisés dans cette classe permettent
soit de faire un réglage manuel, donc pas d’adaptation en temps réel avec la fréquence de vibration,
soit un réglage automatique de la force. Cependant, cette dernière technique nécessite une énergie
colossale et donc difficile de faire une compensation avec l’énergie fournie par le générateur.

Classe 2 : (Ajustement de la fréquence de résonance par action dans le domaine électrique):

Par application d’une tension électrique entre des peignes inter-digitées d’une structure électrostatique,
par adaptation de la charge électrique couplée avec un système de récupération d’énergie
électromagnétique...etc. L’avantage de ces techniques est qu’elles ne nécessitent pas une énergie

79
Chapitre II

colossale pour être pilotées et laissent espérer un gain positif sur la puissance de sortie du récupérateur
d’énergie si celui-ci dérive en termes de fréquence de résonance, ou si la fréquence de vibration n’est
pas très stable.

Etant donné que notre objectif principal dans cette thèse est de développer des solutions basse
consommation permettant d’assurer en temps réel un réglage de la fréquence de résonance, ou dans le
cas général une adaptation entre le système de récupération de l’énergie vibratoire et la source de
vibration, nous nous sommes orientés vers la deuxième classe de réglage de la fréquence de résonance,
à savoir par action dans le domaine électrique.

Une des techniques qui permet d’ajuster la fréquence de résonance par action dans le domaine
électrique est l’ajustement de la raideur des couches piézoélectriques par ajustement de la contre
réaction électrique via le couplage électromécanique. Nous allons dans ce qui suit analyser l’effet de la
variation de la raideur des couches piézoélectriques sur la raideur totale d’une structure résonante.
Ainsi, nous étudions les paramètres qu’il faut optimiser afin de maximiser le taux de variation de la
fréquence de résonance, et donc de couvrir la plus large bande possible de fréquence de vibration. Ceci
constituera le principal critère d’optimisation de la structure.

III.4.5.1.1Expression du taux de variation de la fréquence de résonance :


Comme nous l’avons introduit, notre approche consiste à ajuster la raideur des couches
piézoélectriques afin d’ajuster la raideur totale de la structure. Or, un générateur en cantilever est
composé de deux types de matériaux : un matériau actif qui est le piézoélectrique dont nous pouvons
ajuster la raideur, et un matériau passif qui est le substrat dont la raideur est supposée constante.
L’impact de la variation de raideur des couches piézoélectriques sur la raideur totale de la structure
n’est pas direct et il dépend de la raideur de la partie substrat.

Étant donné que nous avons choisi un modèle équivalent à un degré de liberté, la fréquence propre du
système s’écrit comme suit :

1 K
f = (II-30)
2π m
Ce qui nous conduit à l’expression suivante de la fréquence de résonance en fonction des paramètres
de la structure :

1 YI.Yb I b
fr =
2π 8 81 35 8 L2 5 5 (II-31)
6 YI 6 L 3 − 2Y p I p 6 L2 + p − LL p 3 L p 3m
6 73 4 6 3 3 3
7 7 4 4

Naturellement, ce qui est à l’origine de la variation de la fréquence de résonance c’est la variation de la


raideur de la partie piézoélectrique, et plus précisément son module d’Young (Yp). Ce paramètre varie
entre deux limites : Yp-min et Yp-max, l’écart entre ces deux limites dépend essentiellement du type de
matériau utilisé et de son mode de couplage.

Nous définissons le taux de variation de la fréquence de résonance comme étant la variation relative
entre les deux fréquences de résonance extrêmes de la structure. Celui-ci s’exprime par :

80
Chapitre II

L3 8 2 L3p − L3 5
6
I b − 2 x0 I p L L p + − LL2p 3
f max − f min I b + 2 x1 x0 I p 3 6 3 3
= 7 4 −1 (II-32)
f min I b + 2 x0 I p L3 8 3
L −L3
5
− 2 x1 x0 I p 6 L2 L p + − LL2p 3
p
Ib
3 6 3 3
7 4

Avec :

Y p − max
x1 = (caractérise les propriétés électromécaniques de la partie piézoélectrique) ;
Y p −min

Yp − min
x0 = (caractérise les propriétés mécaniques relatives du piézoélectrique par rapport au substrat).
Yb

Nous étudions dans ce qui suit l’effet des propriétés géométriques, mécaniques et électromécaniques
sur le taux de variation de la fréquence de résonance.

III.4.5.1.2Impact des dimensions géométriques sur le taux de variation de la fréquence de résonance :

La Figure II-14 ci-dessous présente le taux de variation de la fréquence de résonance en fonction du


rapport entre la longueur des couches piézoélectriques et celle de la poutre totale, et en fonction aussi
du rapport des épaisseurs entre celle du matériau piézoélectrique et celle du substrat. Ces résultats sont
obtenus pour un rapport entre les deux modules d’Young extrêmes du piézoélectrique de x1=2, et un
rapport entre le module d’Young du piézoélectrique et celui du substrat de x0=0.5.
Taux de variaton de la fréquence de résonance (%)

40

30

20

10

0
1
0.8 1
0.6 0.8
0.4 0.6
Lp/Lb 0.4
0.2 0.2 ep/eb
0 0

Figure II-14 Impact des dimensions géométriques sur le taux de variation de la fréquence de résonance (avec x0=0.5 et
x1=2)

Nous constatons l’existence d’une épaisseur optimale des couches piézoélectrique qui augmente au fur
et à mesure que le rapport des longueurs augmente. Cet optimum disparait lorsque la longueur des

81
Chapitre II

couches piézoélectriques devient supérieure à 0.8Lb. Ceci s’explique par le fait que pour des faibles
valeurs de longueurs des couches piézoélectriques par rapport à la longueur du substrat et pour une
épaisseur des couches piézoélectriques relativement importante, la partie piézoélectrique est tellement
raide qu’elle ne se déforme pas. Elle est considérée comme une partie de l’encastrement de la
structure. Aussi, nous constatons que le taux de variation de la fréquence de résonance sature à partir
d’une certaine limite de la longueur des couches piézoélectriques. Cela implique que l’augmentation
de la longueur n’a pas d’effet sur le taux de variation de la fréquence de résonance. Cette saturation
disparaît lorsque le rapport des épaisseurs devient important car dans ce cas la présence du substrat n’a
pas d’effet considérable sur la raideur effective de la structure. Cette dernière est fixée principalement
par la partie piézoélectrique. Nous retrouvons ainsi la même variation que celle du couplage
électromécanique effectif de la structure présentée dans la partie précédente. Il est donc impératif de
dimensionner une structure qui permet d’avoir un meilleur couplage effectif afin d’obtenir le meilleur
taux de variation de la fréquence de résonance.

Ces résultats ont été obtenus en gardant des propriétés mécaniques et électromécaniques constantes.
Nous allons analyser dans ce qui suit l’impact de ces propriétés sur le taux de variation de la fréquence
de résonance.

III.4.5.1.3Effet des propriétés électromécaniques et mécaniques sur le taux de variation de la


fréquence de résonance :

La Figure II-15 ci-dessous présente le taux de variation de la fréquence de résonance en fonction des
propriétés électromécaniques (x1) et des propriétés mécaniques (x0).
Taux de variation de la fréquence de résonance (%)

50

40

30

20

10

0
2
1.8 1
1.6 0.8
1.4 0.6
0.4
Propriétés électromécaniques (x1) 1.2 0.2
1 0 Propriétés mécaniques (x0)

Figure II-15 Impact des propriétés mécaniques et électromécaniques sur le taux de variation de la fréquence de
résonance (Lp/Lb=1 ; ep/eb=1)

Nous constatons que le taux de variation de la fréquence de résonance atteint une valeur maximale à
partir d’un certain rapport entre les raideurs du piézoélectrique et du substrat (x0), (x0=0.5). A partir de
cette limite, l’impact de la raideur des couches piézoélectriques devient prépondérant, et domine la
raideur imposée par la partie passive de la structure (le substrat). Ainsi, plus l’écart entre les deux

82
Chapitre II

raideurs est important (x1 important) plus le taux de variation de la fréquence de résonance est grand.
Cet écart est lié au couplage intrinsèque du matériau piézoélectrique.

Ces résultats nous aident à faire le choix des matériaux piézoélectriques et ceux du substrat. Nous
avons pu voir dans la première partie de ce chapitre les différents compromis pour le choix des
matériaux, notamment le fait qu’il faudra choisir un matériau piézoélectrique avec un module d’Young
au moins du même ordre de grandeur que celui du substrat, ceci permet à la raideur des couches
piézoélectriques d’avoir un impact considérable sur la raideur totale de la structure. En effet, nous
constatons d’après ces résultats qu’un rapport de 0.5 entre le module de Young des couches
piézoélectriques et celui du substrat suffit pour se rapprocher d’un taux de variation de la fréquence de
résonance maximum pour les dimensions considérées. Cette limite peut varier plus ou moins selon le
type de la structure (monocouche, bicouche), les dimensions géométriques, types de matériaux…etc.

III.4.6 Bilan de l’étude du générateur piézoélectrique en forme de cantilever :

Lors de la première partie de l’étude nous avons analysé l’effet des dimensions géométriques sur le
couplage électromécanique effectif. Nous avons constaté l’existence d’une longueur relative optimale
entre les couches piézoélectriques et le substrat dans le cas de l’utilisation d’une électrode commune.
A partir de cette limite le couplage effectif commence à diminuer. En fait, en bout de poutre la
contrainte mécanique est beaucoup plus faible qu’au niveau de l’encastrement rendant ainsi sa
contribution au couplage électromécanique négligeable voir négatif dans le cas d’une électrode
commune où les charges générées en zone de forte contrainte se déplacent vers les zones de faibles
contraintes. Nous avons montré par ailleurs que le taux de variation de la fréquence de résonance est
directement lié au couplage électromécanique effectif et qu’il faut donc le maximiser. Ceci nous a
amené à réfléchir à comment répartir la contrainte mécanique d’une façon homogène tout au long des
couches piézoélectriques afin d’utiliser efficacement tout le volume du matériau piézoélectrique. C’est
l’objectif de l’étude suivante, qui consiste à proposer et optimiser une nouvelle géométrie en vue
d’homogénéiser la contrainte mécanique dans le matériau piézoélectrique et de maximiser le couplage
électromécanique effectif.

IV Etude d’une structure mécanique optimisée :

Nous venons de voir dans la partie précédente qu’il existe une longueur limite des couches
piézoélectriques à partir de laquelle nous atteignons la limite des performances de notre générateur en
termes de couplage électromécanique. Nous avons expliqué cet effet par la non-uniformité de la
contrainte mécanique le long du matériau piézoélectrique. Cette contrainte est concentrée
majoritairement autour de l’encastrement ce qui rend peu utile le volume du matériau piézoélectrique
se trouvant à l’autre bout de la poutre. Nous avons donc réfléchi à une solution qui permet d’utiliser
efficacement tout le volume de la partie piézoélectrique.

Plusieurs solutions sont proposées dans la littérature qui permettent d’améliorer le couplage
électromécanique de la structure pour le même volume de piézoélectrique. Certaines sont basées sur la
forme géométrique [7-8], d’autres sur l’électronique couplée avec le générateur (Méthode semi-active
SSHI…) [19]. Etant donné que notre objectif principal est de pouvoir utiliser efficacement tout le
volume des couches piézoélectriques, ce qui permet par la suite d’améliorer l’efficacité de la
conversion mécano-électrique et du taux de variation de la fréquence de résonance, nous avons décidé
d’agir dans un premier temps sur la forme géométrique de la structure. Nous proposons donc une
forme géométrique optimisée pour un cantilever en bilame, autre que la forme classique du cantilever

83
Chapitre II

que nous avons étudiée dans la première partie de ce chapitre. La forme de cette structure est
représentée par la Figure II-16. Il s’agit d’un cantilever à section transversale variable :

Couches piézoélectriques

Substrat

Substrat intermédiaire

Figure II-16 Forme géométrique de la structure améliorée proposée

L’idée de cette structure à section variable est la suivante : avoir une contrainte mécanique
homogène le long des couches piézoélectriques.

Nous avons pu voir dans l’étude précédente à travers les résultats montrés sur la Figure II-10 que la
contrainte mécanique dans la structure diminue linéairement dans le cas d’un cantilever classique à
épaisseur constante. Ceci est dû à la diminution du moment de flexion M(x) au fur et à mesure que l’on
s’éloigne de l’encastrement (ou encore que l’on s’approche du point d’application de la force qui est
dans notre cas le centre de gravité de la masse sismique). Pour compenser cette diminution du moment
dans la structure, et en particulier dans la partie piézoélectrique, nous faisons varier la distance entre
l’ordonnée de la surface médiane des couches piézoélectriques et celle de la fibre neutre (y(x)) (cf.
Figure II-17), ceci conduit à des moments quadratiques des couches piézoélectriques (Ip) et du substrat
intermédiaire (Ii) variables selon la position longitudinale. Le rôle du substrat intermédiaire est
d’empêcher l’apparition de deux contraintes de signes opposées sur la même couche piézoélectrique.
L’allure de variation de ces paramètres doit être choisie judicieusement afin de compenser la
diminution du moment de flexion et donc obtenir une contrainte mécanique quasi-homogène tout au
long de la structure.

La contrainte mécanique qui s’applique en tout point de la structure de la Figure II-16 s’écrit de la
même façon que pour une structure classique :

M (x )
σ p (x ) = Y p y (x )
Yb I b + 2Yi I i ( x ) + 2Y p I p ( x )
(II-33)

La particularité dans cette équation par rapport à celle donnée en (II-23) est que les moments
quadratiques ainsi que la distance qui sépare la surface où nous voulons calculer la contrainte
mécanique et la ligne neutre dépendent de la position par rapport à l’encastrement, ce qui n’est pas le
cas pour la structure classique. Nous définissons ainsi chacun de ces paramètres par les équations ci-
dessous conformément à la géométrie présentée par la Figure II-17 :

84
Chapitre II

3
8 8 e − e0 5 5 e3
2.I i ( x ) = w.66 66 f 33 x + e0 3 / 12 − w. f
3
(II-34)

7 7 Lb 4 4 12
2
e 3p 8 ep 5
I p = w + we p 66 y( x ) + 33 (II-35)
12 7 24
8 e f − e0 5
y ( x ) = 66
e
33 x + 0
(II-36)
7 2 Lb 4 2

ef
y(x)
Y(x)
e0

y Lb
x
Figure II-17 Vue longitudinale de la structure améliorée

La Figure II-18 présente la distribution de la contrainte mécanique le long de la surface des couches
piézoélectriques et cela pour la même quantité de matière utilisée (piézoélectrique et substrat) et pour
la même fréquence de résonance ainsi que les différentes pentes de variation de la section du substrat
(l’angle 6). Les dimensions ainsi que les propriétés des matériaux utilisés pour l’obtention de ces
résultats sont donnés dans le tableau ci-après conformément à la Figure II-17.

Tableau II-10 Dimensions géométriques et propriétés physiques de la structure étudiée

Paramètres Valeurs
Masse fr=200Hz
Lb 30 mm
e1 Variable (selon l’angle 6)
e0 1 mm
Yb 201 MPa
Yp 60 MPa
w 10 mm
Contrainte locale dans le matériau piézoélectrique (MPa)

30

0.5°
25 1°
1.5°

20 2.5°

15

10

-5
0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
Position longitudinale (x/Lb)

Figure II-18 Répartition de la contrainte mécanique à travers le matériau piézoélectrique pour différents angles
d’inclinaison

85
Chapitre II

Nous constatons d’après cette figure que plus nous augmentons l’angle 6, plus la contrainte est
uniforme le long de la surface du piézoélectrique. Pour les dimensions et les propriétés des matériaux
spécifiées dans le Tableau II-10, nous arrivons à répartir la contrainte quasi uniformément avec un
angle autour de 2.5°. Cet angle optimal n’est pas absolu, il dépend des données initiales mentionnées
dans le Tableau II-10.
La distribution uniforme de la contrainte mécanique dans le matériau piézoélectrique présente de
nombreux avantages, aussi bien pour la récupération de l’énergie vibratoire que pour le tuning de la
fréquence de résonance :

(a) Avantages en vue de la récupération de l’énergie vibratoire :

• Le champ électrique crée dans le matériau piézoélectrique est homogène, ce qui facilite la
collecte des charges électriques. Pour une épaisseur de matériau piézoélectrique constante, la
tension générée sur toute la surface sera quasi constante. Une électrode commune à toute la
surface peut alors être utilisée sans réduire l’énergie récupérable (l’énergie produite dans une
zone de forte contrainte ne sert pas à charger une capacité parasite formée dans une zone où le
piézoélectrique est peu contraint, ce qui est le cas des structures classiques rectangulaires).
• De par le point précédent, le coefficient de couplage électromécanique intrinsèque du matériau
piézoélectrique est exploité au maximum, ce qui permet, à taux d’énergie convertie
constant, de diminuer la quantité de piézoélectrique utilisé et d’augmenter le facteur de
qualité globale de la structure si le substrat présente un meilleur facteur de qualité. Si le
facteur de qualité mécanique est augmenté, il y a donc moins de pertes mécaniques, et donc
pour obtenir un amortissement mécanique égal à l’amortissement électrique, on peut encore
réduire la quantité de matériau piézoélectrique et cela tout en augmentant la puissance
électrique de sortie qui est proportionnelle au facteur de qualité.

(b) Avantages en vue du tuning de la fréquence de résonance :

• La distribution homogène de la contrainte rend tout le volume piézoélectrique efficace,


donc tout le volume agit sur la raideur effective de la structure ce qui améliore son impact.
• Le fait que le matériau piézoélectrique se trouve plus éloigné de la fibre neutre que dans le
cas classique, notamment du coté de l’encastrement, rend la raideur mécanique liée à la
partie piézoélectrique plus importante, et donc le moindre changement dans ses propriétés
mécaniques (Yp) aura un impact significatif sur la raideur totale de la structure.

Nous allons dans ce qui suit illustrer chacun de ces avantages par des résultats théoriques dédiés.

IV.1 Etude du comportement électromécanique (structure améliorée) :

Dans cette partie de l’étude nous allons montrer l’avantage de la structure améliorée sur le couplage
électromécanique effectif ainsi que sur le taux de variation de la fréquence de résonance.

Pour pouvoir comparer le fonctionnement d’une structure classique et celui de la géométrie améliorée,
nous allons garder les mêmes données d’entrée : accélération 0.1g@200Hz. Pour évaluer le couplage
électromécanique effectif nous sommes partis du même principe que celui présenté précédemment,
équation (II-25), qui consiste à évaluer la quantité d’énergie stockée dans chaque partie de la structure.
Cette évaluation de l’énergie mécanique stockée a été faite numériquement étant donné la complexité
des équations.

86
Chapitre II

La Erreur ! Source du renvoi introuvable. présente le coefficient de couplage électromécanique


effectif en fonction du rapport entre la longueur des couches piézoélectriques et la longueur de la
poutre (Lp/Lb) et de l’angle d’inclinaison (6) entre la surface extérieure de la poutre et la fibre neutre.

0.8

0.6
keff

0.4

0.2

0
2.5
2 1.4
1.5 1.2
1
1 0.8
0.6
Angle d'inclinaison (°) 0.5 0.4
0.2 Lp/Lb
0 0

Figure II-19 Impact de la nouvelle géométrie sur le coefficient de couplage électromécanique de la structure améliorée

Les résultats obtenus montrent clairement l’avantage de la structure améliorée, la structure classique
correspond à un 6=0. Nous constatons que pour les mêmes conditions d’entrée en termes de fréquence
de vibration, d’accélération et de volume piézoélectrique utilisé, l’utilisation de la nouvelle structure
permet d’augmenter le couplage effectif de 0.5 à 0.8 pour un couplage du matériau piézoélectrique de
0.9, soit donc une amélioration de 60% du couplage électromécanique de la structure.

Ces résultats montrent clairement l’avantage d’utiliser la nouvelle géométrie pour améliorer le
couplage électromécanique effectif de la structure. Nous passons maintenant à l’étude du taux de
variation de la fréquence de résonance de la géométrie améliorée.

IV.2 Etude du taux de variation de la fréquence de résonance (structure améliorée) :

Nous avons vu dans la troisième partie de cette étude, qu’il existe, pour la structure classique, une
longueur de couches piézoélectrique au-delà de laquelle le taux de variation de la fréquence de
résonance n’augmente plus.

La Figure II-20 présente le taux de variation de la fréquence de résonance en fonction des dimensions
géométriques du piézoélectrique et de l’angle d’inclinaison (6) pour la structure améliorée. Nous
constatons un fort impact de la structure améliorée sur le taux de variation de la fréquence de
résonance : plus l’angle d’inclinaison est important, plus le taux de variation de la fréquence de
résonance est important à épaisseur relative des couches piézoélectriques constante et à fréquence de
résonance constante. Ainsi, nous constatons que plus la contrainte mécanique à travers le matériau
piézoélectrique est uniforme, plus l’effet de la longueur des couches piézoélectriques sur le taux de
variation de la fréquence de résonance est important. Ce qui n’est pas le cas pour les structures
rectangulaires classiques. Dans le cas où la longueur des couches piézoélectriques est égale à la
longueur du substrat : le taux de variation de la fréquence de résonance pour une structure classique est

87
Chapitre II

de 40 % alors que pour la géométrie améliorée présentant une contrainte la plus uniforme possible sur
la surface des couches piézoélectriques (6=2.5°), le taux de variation de la fréquence de résonance
atteint près de 75 %, ce qui représente une nette amélioration du taux de variation de la fréquence de
résonance. Ces résultats sont obtenus en supposant que le taux de variation de la raideur des couches
piézoélectriques est égal à 400 % (x1=4), (ce taux de variation corresponds à celui dans les matériaux
à fort couplage électromécanique comme les monocristaux), et que le rapport entre la raideur minimale
des couches piézoélectriques et celle du substrat est égal à 0.125 (x0=0.125).
Taux de variation de la fréquence de résonance (%)

80

60

40

20

0
2.5
2 1
1.5 0.8
1 0.6
0.4
Angle d'inclinaison (°) 0.5 0.2 Lp/Lb
0 0

Figure II-20 Effet de la longueur des couches piézoélectriques et de l’angle d’inclinaison sur le taux de variation de la
fréquence de résonance (x1=4, x0=0.125)

Ces résultats montrent une nouvelle fois l’avantage de l’utilisation de la structure à géométrie
améliorée par rapport à la structure classique, cette nouvelle géométrie permet d’améliorer le taux de
variation de la fréquence de résonance de près de 85 % dans les conditions de travail que nous nous
sommes imposées.

Nous avons jusqu’ici étudier le couplage électromécanique sans tenir compte de la dynamique du
mouvement. Ceci nous a permis d’identifier l’effet de chaque paramètre géométrique, mécanique et
électromécanique sur le couplage électromécanique effectif et le taux de variation de la fréquence de
résonance. Nous avons ainsi proposé une géométrie qui permet d’optimiser les dimensions
géométriques en vue d’obtenir le meilleur taux de variation de la fréquence de résonance. Néanmoins,
le fonctionnement à la résonance n’est pas le seul critère d’optimisation de l’efficacité du
fonctionnement d’un générateur. Comme nous avons pu le voir en début du chapitre précédent, pour
obtenir un fonctionnement optimal du générateur, il faut que l’énergie électrique extraite du générateur
soit égale à l’énergie mécanique dissipée dans la structure. Afin d’évaluer l’énergie extraite du
générateur, il est impératif de passer par l’étude dynamique de la structure. Nous proposons donc dans
ce qui suit l’étude d’un générateur piézoélectrique en régime dynamique.

V Etude du comportement d’un générateur piézoélectrique en régime dynamique :

Plusieurs techniques de modélisation des générateurs piézoélectriques en régime dynamique sont


proposées dans la littérature, nous distinguons principalement deux types de modèle : le modèle à
constantes localisées, et le modèle à constantes réparties. Comme le dispositif que nous visons

88
Chapitre II

présente une masse sismique placée en bout de poutre prépondérante à la masse de la poutre elle-
même, le modèle à constantes localisées tel que nous l’avons déjà présenté au chapitre précédent est
particulièrement bien adapté.

V.1.1 Présentation détaillée du modèle à constantes localisées :

Le modèle que nous avons adopté pour notre étude est un modèle à un degré de liberté (Figure II-21),
déjà introduit dans le chapitre I de ce manuscrit. Il s’agit d’un modèle simplifié composé d’une masse
sismique (m) qui représente la masse mobile effective du générateur, d’un ressort de raideur K qui
représente la raideur à la flexion de la structure, de deux amortissements : un amortissement
mécanique pour représenter les pertes mécaniques dans la structure, et un amortissement électrique
pour représenter l’énergie électrique extraite du générateur.

Masse (m)

be bm
K

y(t)

Figure II-21 Modèle à un degré de liberté pour un système de récupération d’énergie vibratoire

V.1.1.1 Les forces appliquées :

Les forces appliquées sur la masse (m) de la structure sont les suivantes :

• la force d’inertie : cette force est liée à l’accélération de la masse sismique engendrée par les
vibrations du support;
• les forces d’amortissement : ce sont les forces liées aux amortissements mécanique et
électrique dans le système de récupération d’énergie supposés visqueux dans cette étude.
• la force liée au moment : la force élastique se traduit dans le cas de la poutre par un effort de
flexion autour de l’axe y, Tableau II-5, cette flexion de poutre se traduit sur la masse sismique
comme un effort dans une direction normale à cette poutre.
• la force liée à l’effet piézoélectrique : l’effet de la piézoélectricité est réversible, c’est-à-dire
qu’il est capable de travailler aussi bien en tant que générateur qu’en tant qu’actionneur. La
modification des conditions électriques modifie le comportement du matériau piézoélectrique,
par effet piézoélectrique inverse, et donc crée une force de rétroaction qui s’ajoute à
l’ensemble des forces que nous venons de décrire.

89
Chapitre II

V.1.1.2 La masse sismique :

La masse (m) qui apparait dans ce modèle à un degré de liberté est considérée comme la masse
effective totale de la structure cantilever. Nous considérons que cette masse est concentrée en bout de
la poutre. Elle dépend donc à la fois de la masse sismique (Ms) placée en bout de la poutre mais aussi
de la masse de la poutre elle-même (Mbeam) ramenée en bout de poutre, cette masse effective s’exprime
comme [10] :

33
m = M s + M beam (II-37)
140

V.1.1.3 La raideur équivalente de la structure :

Pour déterminer la raideur mécanique de la structure nous considérons que les couches
piézoélectriques sont électriquement court-circuitées, nous ne tenons donc compte que de la raideur
intrinsèque des matériaux utilisés. Nous nous référons à l’étude statique faite en début de ce chapitre,
nous supposons que la masse déterminée dans le paragraphe précédent est concentré en bout de la
structure et qu’une force statique est appliquée à son centre de gravité. Par application de la théorie des
poutres nous arrivons à l’expression ci-dessous de la raideur :

YI.Yb I b
K=
81 5 8 L2 5 (II-38)
YI 6 L3 3 − 2Y p I p 6 L2 + p − LL p 3 L p
73 4 6 3 3
7 4

V.1.1.4 Les coefficients d’amortissement :

L’amortissement électrique dépend essentiellement de la puissance active transférée à la charge


électrique connectée au générateur, il dépend donc non seulement des propriétés de la structure mais
aussi du type de la charge électrique utilisée (impédance réelle et/ou imaginaire) et aussi du circuit de
conditionnement de l’énergie électrique. Quant à l’amortissement mécanique, il dépend de
l’amortissement intrinsèque du matériau, de la surface de la structure en contact avec l’air (frottement
avec l’air), de la pression ambiante…etc. Il est difficile d’anticiper par le calcul avec exactitude la
valeur du coefficient d’amortissement mécanique de la structure, ce coefficient sera donc déterminé
d’une manière expérimentale.

Dans le diagramme ci-dessous, nous présentons les démarches menées pour arriver au modèle final du
coefficient d’amortissement électrique en fonction de la charge électrique et de l’excitation :

90
Chapitre II

(1) Détermination du (2) Détermination du (4) Equation du couplage


déplacement lié à la force déplacement lié à la force électromécanique (1 en
d’entrée seule (zf) en fonction piézoélectrique (zp) seule en fonction de V et de type de
de 1f fonction de V la charge)

(3) Détermination du déplacement total (z) en fonction de 7

(5) Equation différentielle du mouvement de la masse sismique

(6) Détermination de V, Vc, Ic et 8e

Figure II-22 Démarches suivies pour la détermination des caractéristiques électriques du générateur

La première et la deuxième étape consistent respectivement à déterminer le déplacement du centre de


gravité de la masse sismique lié à la force d’entrée (accélération du support) et à la contre réaction
piézoélectrique en fonction de la déformée moyenne dans le matériau piézoélectrique.

Lors de la première étape nous ne tenons compte que de l’amplitude d’entrée, c’est-à-dire nous
considérons que les couches piézoélectriques sont court-circuitées, donc pas de contre réaction
piézoélectrique. Nous déterminons ainsi le déplacement de la masse sismique en fonction de la
déformée moyenne dans le piézoélectrique 1f. Tandis que dans la deuxième étape, nous déterminons le
déplacement du centre de gravité de la masse sismique engendrée par une tension V appliquée aux
bornes des couches piézoélectriques.

La troisième étape consiste à établir le déplacement équivalent qui tient compte des deux effets (force
d’entrée et contre réaction piézoélectrique). Pour ce faire, nous faisons la superposition des deux
effets, ainsi nous obtenons le déplacement équivalent en fonction de la déformée moyenne dans le
matériau piézoélectrique et de la tension aux bornes des couches piézoélectriques.

La quatrième étape consiste à déterminer à travers les équations de la piézoélectricité la relation entre
la tension générée par les couches piézoélectriques et la déformation moyenne résultante 1. La relation
établie tient compte du type de la charge électrique couplée avec le générateur piézoélectrique.

Dans la cinquième étape nous revenons vers l’équation différentielle qui régit le mouvement de la
masse sismique. Nous introduisons ainsi l’expression du déplacement équivalent établi dans l’étape
(3) et nous remplaçons la déformée moyenne par son expression qui tient compte de la tension qui
apparait aux bornes du matériau piézoélectrique et de la charge électrique couplée avec le générateur.

La sixième étape consiste à résoudre l’équation différentielle finale qui ne dépend que de la tension
qui apparait aux bornes des couches piézoélectriques. Ainsi, à partir de l’expression de la tension V
aux bornes des couches piézoélectriques, nous pouvons déterminer la tension Vc aux bornes de la
charge électrique, le courant traversant la charge Ic, et par la suite, l’amortissement électrique qui n’est
autre que le taux d’énergie électrique extrait du générateur par rapport à l’énergie totale d’entrée.

2 Le déplacement et la déformée liés à la force d’inertie (étape 1) :

La déformée moyenne dans le piézoélectrique due à la force d’inertie est établie à partir de l’équation
d’Euler-Bernoulli comme montré dans la partie précédente :

91
Chapitre II

M (x )
Lp

εF =
1
2 ( y − y n )dx (II-39)
Lp 0
YI

La structure que nous sommes en train d’étudier présente un plan de symétrie latéral qui passe par le
milieu du substrat, ce plan coupe nécessairement la fibre neutre de la structure. Pour alléger l’écriture
des équations, nous notons b l’écart entre l’ordonnée du point où nous voulons calculer la déformée de
la structure et celle de la fibre neutre. La déformée moyenne dans le matériau piézoélectrique liée à la
force d’entrée s’écrit alors :

b 8 L 5
εF = F 66 L − p 33 (II-40)
YI 7 2 4

Avec F, la force appliquée au centre de gravité de la masse sismique.

Le déplacement lié à cette force est le même que celui établi pour la détermination de la raideur
(II.30), car nous avons la même origine de la déformation (une force appliquée au centre de gravité de
la masse et dans une direction normale à la longueur de la poutre). Nous appelons k1 le rapport entre le
déplacement de la masse sismique lié à la force d’entrée et la déformée moyenne dans le matériau
piézoélectrique due à la force d’entrée :

1  81 35 8 2 L2p 5 
k1 = YI 6 L 3 − 2Yp I p 66 L + − LLp 3 Lp 
3
8 8 L 55  7 3 4 7 3 4  (II-41)
Yb I b 66 b66 L − p 33 33 
7 7 2 44

Il en découle donc :

z F = k1ε F = k1 (ε + ε p ) (II-42)

Avec : 7 représente la déformée moyenne dans le piézoélectrique (la résultante).

7p : la déformée moyenne dans le matériau piézoélectrique due à la tension appliquée à ses bornes.

Nous passons maintenant à la détermination de la contrainte moyenne dans le piézoélectrique et du


déplacement du centre de gravité de la masse sismique engendré par une tension V appliquée aux
bornes des couches piézoélectriques (étape 2).

2 Le déplacement et la déformée liés à l’effet piézoélectrique inverse (étape 2):

A l’inverse de l’étape précédente, nous ne tenons compte ici que de l’effet inverse de la
piézoélectricité, c’est à dire la déformée moyenne dans le matériau piézoélectrique liée uniquement à
la tension qui est appliquée à ses bornes.

D’après les équations de la piézoélectricité, la déformée moyenne dans le matériau piézoélectrique


engendrée par une tension appliquée à ses bornes en cas de couplage longitudinale s’écrit comme suit :

ε p = d 31 E 3 (II-43)

92
Chapitre II

Or, cette relation est valable uniquement lorsque le matériau piézoélectrique n’est connecté à aucun
autre matériau, ce qui n’est pas le cas pour notre structure.

En considérant la présence de substrat de la structure, nous arrivons à l’expression suivante de la


déformée moyenne induite dans le matériau piézoélectrique sous l’effet de la tension :

2Y p I p (II-44)
εp = d 31 E3
YI

Nous pouvons maintenant remonter au déplacement du centre de gravité de la masse sismique lié à
l’effet inverse de la piézoélectricité. Pour ce faire, nous introduisons tout d’abord une variable
intermédiaire qui est le moment de flexion engendré par l’effet piézoélectrique inverse (M*). La
déformée moyenne dans le piézoélectrique liée à ce moment, par application de la loi d’Euler
Bernoulli, est telle que :
Lp (II-45)
1 M* M *b
εp = 2 bdx =
Lp 0
YI YI

Ensuite, nous faisons comme dans le cas de l’étude statique (paragraphe III.4.2). Nous calculons le
déplacement généré dans chaque zone de la suite à un moment de contre réaction appliqué au niveau
de l’encastrement M*. Ainsi, nous arrivons au résultat ci-dessous du déplacement de la masse
sismique :

(II-46)
 1 8 L L2b 5 8 1 1 586 Lp Lm L2p 5
zM = M  *
66 Lb m
+ 33 + 66 − 33 + Lp Lb − 3
Y I 2 2 YI Y I 6 2 2 34
 b b 7 4 7 b b 47

Nous appelons k2 le rapport entre la déformée moyenne dans le piézoélectrique et le déplacement en


bout de la masse sismique dû au moment M* :

1  YI 8 L L2 5 8 YI 58 L p L m L2p 5 
k2 =  6 L b m + b 3 + 66 1 −
6 3 336 + L p Lb − 3 (II-47)
b  Yb I b 2 2 4 7 Yb I b 6 2 2 3
7 47 4

La relation finale du déplacement de la masse sismique liée à l’effet inverse de la piézoélectricité est
telle que :

2Y p I p V
z p = k2 d 31 (II-48)
YI ep

2 Déplacement total de la masse sismique (étape 3) :

Etant donné que les moments induits par la force d’inertie et l’effet inverse de la piézoélectricité
s’opposent, le déplacement total de la masse sismique étant la différence entre celui lié à la force
d’inertie et celui lié à l’effet inverse de la piézoélectricité, il s’exprime comme suit :

93
Chapitre II

2Y p I p V 2Y I V 8 8 k 5 2Y I V 5
z = z F − z p = k1ε + k1 d 31 − k 2 p p d 31  z = k1 6 ε + 661 − 2 33 p p d 31 3 (II-49)
YI ep YI ep 6 e p 34
7 7 k1 4 YI

Après avoir déterminé le déplacement total en fonction de la déformée moyenne totale dans les
couches piézoélectriques (1) et la tension aux bornes des couches piézoélectriques (V) nous pouvons
revenir vers l’étude de la dynamique de la structure (étape 4 et 5).

2 Relation du couplage électromécanique (étape 4) :

Comme nous l’avons introduit auparavant, le but de cette étape est de déterminer la relation entre la
déformée moyenne résultante dans le piézoélectrique et la tension qui apparait à ses bornes. Pour
déterminer cette relation nous devons tenir compte du type de la charge couplée avec le matériau
piézoélectrique. A titre illustratif, nous prenons un cas représentatif où le générateur est couplé avec un
pont de diode suivi d’une batterie avec une tension Vbat, comme représenté sur la figure ci-dessous :

Vbat
V Piézo

Figure II-23 Schéma équivalent du système de récupération couplé avec une batterie

Il est clair que d’après ce schéma qu’il y a deux modes de fonctionnement, un mode où le pont de
diode est bloqué (|V|<Vbat) et un mode où le pont de diode est passant. La relation qui lie la déformée
moyenne résultante dans le matériau piézoélectrique et la tension aux bornes des couches
piézoélectriques n’est pas la même. Nous donnons ci-dessous la manière d’évaluer la tension dans
chacun des cas.

D’après les équations de la piézoélectricité et l’équation de Maxwell-Gauss présentés ci-dessous, nous


pouvons faire le lien entre la déformée et la tension de sortie.

12 3 4 66 7 8 5C
5 9

A 3 B 5 7 86 (II-50)

5 
  82 3 6 6
B B
(II-51)

Phase 1 (pont de diode bloqué) :

Après calcul et pour le premier mode de fonctionnement, la dérivée de la déformée totale s’exprime
ainsi :

ε2 =
(
C p 2 − k 312 ) V2
2 d 31 Y p wL p (II-52)

94
Chapitre II

Etude de la dynamique du système (étape 5):

Le fonctionnement du générateur est régi par une équation différentielle du premier ordre, que nous
pouvons déduire à partir de la seconde loi de Newton en considérant les forces appliquées sur la masse
sismique. Nous allons utiliser ce modèle pour en déduire les caractéristiques courant/tension en sortie
des couches piézoélectrique en fonction de la charge électrique connectée et la force d’entrée
(accélération du support) :

Cette équation différentielle s’écrit de la façon suivante :

m 2z2 + (be + bm )z2 + K z = mγ (II-53)

Avec

m : la masse sismique

K : la raideur effective de la structure que nous avons déterminé en début de cette étude.

Avec

8 W p Wb 5
6 + 3
1 1 6 Q p Qb 3
Et ζ m = 2Q = 2 6 W + W 3
m
6 p b
3
6 3
7 4

Qp : Facteur de qualité mécanique du matériau piézoélectrique.

Qb : Facteur de qualité mécanique du matériau substrat.

Nous substituons maintenant le déplacement total du centre de gravité de la masse sismique par son
expression qui tient compte de la force d’entrée et de la tension qui apparait aux bornes du matériau
piézoélectriques (II.49) dans l’équation différentielle qui régit le mouvement de la masse sismique(II-
53), ce qui donne l’équation suivante en fonction de la déformation mécanique dans le matériau
piézoélectrique et la tension aux bornes de celui-ci.

8 d 2Y pI p 58 k 2 58
ε22 +
B K
ε2 + ε + 66 31 361 − 36V22 + B V2 + K V 53 = γ (II-54)
36 3
m m 7 YI e p 47 k1 47 M m 4 k1

Nous allons à présent établir l’équation qui lie la déformation mécanique dans le matériau
piézoélectrique à la tension aux bornes de celui-ci afin d’en déduire au final la tension de sortie dans le
cas où le pont de diode est bloqué.

Ainsi, nous pouvons substituer la déformée par l’expression précédente dans l’équation différentielle
(II-53) et ne considérer alors plus que la tension de sortie:

66 361 − 2 3 +
(
8 8 d31 2Y pI p 58 k 5 C p 2 − k312 58 8 )
36 6V22 + B V2 53 + K V 53 = γ
6 6 YI e p 37 k1 4 2 d31 Yp wLp 367 7
6 3 M 4 M 34 k1 (II-55)
77 4 4

95
Chapitre II

Nous pouvons réduire l’écriture de cette équation comme suit :

(b + b ) K
V22 + e m V2 + V =
γ
(II-56)
m m k1k4
Avec :

8 d 2Y pI p 58 k 2 5 C p 2 − k312
k 4 = 6 31 361 − 3 +
( ) (II-57)
6 YI e 36 k 3 2 d Y wL
7 p 47 1 4 31 p p

La résolution de l’équation différentielle donnée par (II-56) nous permet de donner l’expression
suivante de la tension aux bornes des couches piézoélectriques en circuit ouvert pour une excitation
sinusoïdale d’amplitude de déplacement (Y) :

8 π5
V (t , ω ) =
Y
cos6 ωt + 3 (II-58)
k db (2ξ m ) 7 24

Avec kdb=k1k4

Phase 2 (Pont de diode passant)

Lorsque le pont diode est passant, la tension piézoélectrique n’évolue plus (V=Vbat) et le générateur
piézoélectrique se transforme en une source de courant, les équations (II-50) et (II-51) nous permettent
ainsi d’établir le lien entre la déformée moyenne dans le matériau piézoélectrique et la quantité de
charges électriques débitées dans la batterie :

( )
q (t ) = d 31Y p wL p ε − 1 − k 312 C pVbat (II-59)

De la même façon qu’avant, la substitution de l’équation (II-59) dans l’équation (II-49), ensuite dans
l’équation (II-52) nous permet de définir le courant électrique débité dans la batterie :

1 Yω 8 π5
ibat (t ) = q2 (t ) = − sin 6 ωt + 3 (II-60)
k dc 2ξ 7 24

Nous pouvons à présent calculer l’énergie électrique extraite du générateur pendant la phase de
conduction du pont diode :
π
2
YVbat 8 8 k 55
Eelec = 2 2 ibat (t )Vbat dt = −
1
661 − Vbat 6 2ζ m db 3 33
k dc 2(ξ m + ξ e ) 7
(II-61)
t1 7 Y 44

Afin d’extraire le maximum d’énergie de la source, il convient de choisir la bonne valeur de la tension
Vbat qui permet de maximiser l’extraction. Nous pourrions montrer aisément par le calcul que la
tension optimale de la batterie est égale à Vp-vide/2 (avec Vp-vide la tension de sortie du générateur à vide).
Cependant, ceci n’est vrai que dans le cas d’un faible couplage du matériau piézoélectrique. Dans le
cas d’un fort couplage, le choix d’un tel niveau de tension pourrait amortir le déplacement de la masse
sismique, ce qui affecte l’énergie de sortie du générateur, à moins que le déplacement de la masse
sismique soit imposé. Pour trouver la tension optimale qui tient compte à la fois du fort couplage
électromécanique et du fait que le déplacement de la masse sismique n’est pas imposé, nous utilisons

96
Chapitre II

la condition d’optimisation établie dans le chapitre précédent. Nous cherchons le niveau de tension Vbat
pour avoir un amortissement électrique optimal, idéalement un amortissement électrique égal à
l’amortissement mécanique.

Lorsque Eelec=Emec on a 7elec=7mec, cherchons donc le niveau de tension de la batterie Vbat pour atteindre
cette condition :

1 YVbat 8 8 k 55
Eelec = Emec  661 − Vbat 6 2ζ m db 3 33 = Emec (II-62)
k dc 2(2ξ m ) 7 7 Y 44

La résolution de cette équation montre qu’il existe deux niveaux de tension de la batterie qui maximise
l’énergie extraite du générateur :

Y 8 Y − 8 E mec k db k dcξ m2 53 V p −vide 86 Y − 8 E mec k db k dcξ m2 5


Vbat1 = 6 1− = 1− 3 (II-63)
4 k dbξ m 67 Y 3
4 2 67 Y 3
4
Y 86 Y − 8 E mec k db k dcξ m2 53 V p −vide 86 Y − 8 E mec k db k dcξ m2 5
3
Vbat 2 = 1+ = 1+ (II-64)
4 k dbξ m 67 Y 3
4 2 67 Y 3
4

Avec Vp-vide la tension en sortie du générateur piézoélectrique lorsqu’il est à vide.

Ce calcul montre que pour extraire le maximum d’énergie, il n’est pas nécessaire de mettre une
batterie dont la tension de sortie est de même ordre de grandeur que la tension de sortie du générateur,
ni de mettre un circuit d’adaptation. Une batterie avec une tension Vbat=Vbat1<Vp-vide/2 suffit pour
extraire le maximum d’énergie. Lorsque le couplage électromécanique diminue les deux valeurs de
tension (Vbat1 et Vbat2) tendent vers une seule valeur qui est Vp-vide/2.

VI Conclusions et bilan du chapitre :

Dans ce chapitre, nous avons démontré que la maximisation du taux de variation de la fréquence de
résonance passe par la maximisation du coefficient du couplage électromécanique effectif. Nous avons
proposé une nouvelle géométrie pour une structure de type cantilever qui permet d’améliorer le
couplage électromécanique effectif. Etant donné les performances constatées pour la structure
améliorée en termes de couplage électromécanique et par conséquent en termes de taux de variation de
la fréquence de résonance, nous retiendrons cette géométrique pour dimensionner nos différents
prototypes. Le tableau ci-dessous compare les performances associées à la géométrie rectangle
classique et celles associées à la géométrie améliorée, dans les mêmes conditions (même fréquence de
résonance, même masse sismique, même accélération de la source de vibration, même volume
piézoélectrique, mêmes types de matériaux utilisés):

Tableau II-11 Comparaison entre les deux types de structures étudiées

Structure classique Structure améliorée


Couplage électromécanique 0.5 0.8
effectif
Taux de variation de la 40 75
fréquence de résonance (%)

97
Chapitre II

Nous avons abordé également en fin de ce chapitre le comportement dynamique d’un système de
récupération d’énergie de type cantilever. Nous avons montré que le choix du niveau de tension à
mettre en sortie du pont diode est capital pour extraire le maximum d’énergie. Nous avons montré
également que dans le cas d’un fort couplage électromécanique, cette tension optimale peut être très
inférieure à la tension de sortie du générateur.

Les résultats théoriques obtenus au cours de ce chapitre sont nécessaires pour la conception et le
dimensionnement des structures de récupération d’énergie vibratoire large bande. Nous allons donc
nous baser sur les modèles et les résultats théoriques obtenus pour dimensionner les prototypes qui
nous permettrons d’évaluer les deux techniques d’ajustement de la fréquence de résonance envisagées.
Cette étape est exposée dans les deux prochains chapitres.

VII Références :

[1] S. Priya, “Creterion for material selection in design of bulk piezoelectric energy harvester”, IEEE
Transactions on Ultrasonic, Ferroelectrics and Frequency Control, Vol 72, no 12, PP. 2610-2612, 2010.

[2] R. Bechmann, “Elastic and piezoelectric constants of alpha-quartz”, Physical Review, vol. 110, p. 1060,
1958.

[3] A. I. Ltd, Tech. Rep. [Online]. Available: http://americanpiezo.com

[4] F. Martin, P. Muralt, M.-A. Dubois, and A. Pezous5, “Thickness dependence of the properties of highly c-
axis textured AlN thin films”, Journal of Vacuum Science & Technology A: Vacuum, Surfaces, and Films, vol.
22, no. 2, pp. 361–365, 2004.

[5] I. Kobiakov, “Elastic, piezoelectric and dielectric properties of ZnO and CdS single crystals in a wide range
of temperatures”, Solid State Communications, vol. 35, no. 3, pp. 305–310, Jul. 1980.

[6] M. Kärki, Kiiski and Lekkala, “A PVDF sensor with printed electrodes for normal and shear stress
measurements en sole”, XIX IMEKO World Congress, 2009.

[7] M. Deffosseux, “Conception et caractérisation de microgénérateurs piézoélectriques pour microsystèmes


autonomies”, thèse de l’Université de Grenoble, 2011.

[8] W. Zhou, X. Yong, “Vibration energy harvesting device based on air spaced piezoelectric cantilever”,
Applied Physics Letters, vol 90, n°26, 2007

[9] A. Badel, “Récupération d’énergie et contrôle vibratoire par éléments piézoélectriques suivant une approche
non linéaire”, rapport de thèse de l’université de Savoie, 2008

[10] W-C. Young, R-G. Budynas, “Roark’s formulas for stress and strain”, Editeur : McGraw-Hill Professional,
ISBN-10: 007072542X

98
2AED56 66 !"8E586 #6 272E2EA6
2CE2EAC56 756 426 9DC556 756
D8256 2D6 D76
A 45EDAC566

1
1
I Introduction : ................................................................................................................................. 1011
II Technique d’ajustement de la fréquence de résonance par application d’un champ électrique dans
le matériau piézoélectrique :............................................................................................................ 1011
II.1 Modélisation de l’impact du champ électrique sur la rigidité mécanique d’un matériau de type
piézoélectrique : .......................................................................................................................... 1021
II.2 Modélisation de l’impact du champ électrique sur la fréquence de résonance :................... 1041
II.3 Choix des matériaux à utiliser : ............................................................................................ 1051
II.4 Dimensionnement de la structure et résultats théoriques :.................................................... 1061
II.5 Fabrication de la structure : .................................................................................................. 1081
II.6 Caractérisation de la structure et validation de l’approche : ................................................. 1101
II.7 Stratégies d’asservissement de la fréquence de résonance : ................................................. 1121
II.8 Conclusion : .......................................................................................................................... 1141
III Adaptation automatique de la fréquence de résonance par adaptation de la charge électrique
connectée à un matériau piézoélectrique ......................................................................................... 1151
III.1 Introduction : ....................................................................................................................... 1151
III.2 Théorie d’ajustement de la fréquence de résonance par adaptation de la charge électrique :
..................................................................................................................................................... 1151
III.3 Choix du matériau piézoélectrique à utiliser : ..................................................................... 1181
III.4 Choix des dimensions de la structure : ................................................................................ 1191
III.5 Résultats théoriques de l’approche par adaptation de la charge capacitive : ....................... 1221
III.6 Fabrication de la structure : ................................................................................................. 1231
III.7 Validation expérimentale de l’approche :............................................................................ 1241
III.8 Synthèse de la caractérisation électromécanique des prototypes fabriqués :....................... 1271
III.9 Automatisation du réglage de la fréquence de résonance :.................................................. 1271
III.10 Adaptation de la fréquence de résonance et de l’amortissement électrique : .................... 1321

99
III.11 Résultats expérimentaux du double ajustement: ............................................................... 1391
III.12 Electronique de réglage de la fréquence de résonance et de l’amortissement électrique : 1411
III.13 Bilan d’énergie : ......................................................................... Erreur ! Signet non défini.1
IV Conclusions : .............................................................................................................................. 1421
V Références : ................................................................................................................................. 1431
1

100
Chapitre III

Le but de ce chapitre est de présenter deux techniques d’ajustement de la fréquence de résonance


développées au cours de cette thèse. Nous détaillons pour chacune des deux approches l’étude
théorique menée, les critères de dimensionnement et d’optimisation des structures, les résultats
expérimentaux obtenus ainsi que les mécanismes de rétroaction électrique développés pour permettre
un ajustement automatique de la fréquence de résonance et de l’amortissement électrique.

I Introduction :

Dans le présent chapitre, nous proposons deux approches pour faire varier la fréquence de résonance,
les deux techniques sont basées sur une modification de la raideur de la partie piézoélectrique par
action dans le domaine électrique. Ces deux solutions sont applicables pour des vibrations dont la
densité spectrale est concentrée autour d’une raie de fréquence susceptible de varier au cours du
temps. Ces techniques sont adaptées à tous types de structure de récupération d’énergie vibratoire
résonante (électrostatique, électromagnétique ou bien piézoélectrique). Néanmoins, étant donné que
nous utilisons du matériau piézoélectrique pour ajuster la fréquence de résonance, nous utilisons ce
même matériau pour convertir l’énergie mécanique en énergie électrique. L’objectif de ces approches
est de minimiser en tant réel l’écart entre la fréquence principale de vibration et la fréquence de
résonance ou plus globalement d’ajuster la fréquence de résonance de façon à maximiser la puissance
de sortie.

La première approche que nous proposons dans ce chapitre consiste à appliquer un champ électrique
statique dans le matériau piézoélectrique qui se superpose au champ induit par la variation de
contrainte mécanique dans le matériau. La direction et l’intensité de ce champ a un effet sur la raideur
de la partie piézoélectrique de la structure. Ainsi, nous ajustons la fréquence de résonance par
ajustement de l’intensité du champ électrique appliqué dans le matériau piézoélectrique. La deuxième
approche consiste à faire varier la raideur des couches piézoélectriques, et donc la fréquence de
résonance de la structure, par adaptation de la charge électrique couplée à ce matériau.

Pour chacune des deux approches, nous présentons le principe physique qui permet de modifier la
raideur du matériau piézoélectrique. Nous analysons ensuite les différents paramètres qui affectent le
taux de variation de la fréquence de résonance et enfin nous donnons les principes de
dimensionnement qui permettent de maximiser le taux de variation de la fréquence de résonance.

Dans un second temps, nous présentons les bancs d’essai développés pour la validation de chacune des
deux approches. Nous analysons ensuite les résultats expérimentaux obtenus, et nous en tirons les
éventuelles conclusions pour des futures améliorations.

Enfin, nous établissons un bilan des deux approches et nous positionnons nos résultats par rapport à
ceux de l’art antérieur.

II Technique d’ajustement de la fréquence de résonance par application d’un champ électrique


dans le matériau piézoélectrique :

Nous avons pu voir en détail dans le chapitre précédent le couplage qui existe entre les domaines
mécanique et électrique dans un matériau piézoélectrique. Nous avons considéré un matériau parfait
avec des propriétés qui ne dépendent pas des conditions extérieures. Néanmoins, de nombreuses
études ont montré que la rigidité mécanique des matériaux piézoélectriques, ainsi que d’autres
propriétés physiques, dépendent du niveau de champ électrique appliqué dans le matériau
piézoélectrique subi [1-2]. L’impact du champ électrique appliqué sur les propriétés du matériau

101
Chapitre III

piézoélectrique dépend de son intensité et de sa direction par rapport à la direction de polarisation du


matériau. L’application de ce champ électrique permet notamment de contrôler la fréquence de
résonance de la structure. Nous commençons ci-dessous par la formulation mathématique du principe
physique à l’origine de l’interdépendance qui existe entre le niveau de champ électrique appliqué sur
un matériau piézoélectrique et sa rigidité mécanique, ensuite nous étudions une structure de type
cantilever en vue de maximiser le taux de variation de sa fréquence de résonance. Enfin, une
électronique permettant d’asservir la fréquence de résonance sur la fréquence de vibration est
présentée.

II.1 Modélisation de l’impact du champ électrique sur la rigidité mécanique d’un matériau de
type piézoélectrique :

L’impact du champ électrique sur la rigidité mécanique d’un matériau piézoélectrique dépend du
matériau, du sens et de la direction du champ électrique appliqué par rapport à la direction et au sens
de la polarisation du matériau piézoélectrique. Ce lien entre le champ électrique et la raideur du
matériau piézoélectrique peut être introduit dans les équations de la piézoélectricité sous la forme
de [3] :

1 1
ε ij = s ijlm
E
σ lm + d ijn E n + τ ijlmpq
E
σ lm σ pq + a ijnr E n E r + κ ijlmn σ lm E n (III-1)
2 2
1 2 3
Dans cette équation, nous distinguons trois différentes parties : (1) une première partie qui représente
un couplage linéaire entre la déformation et la contrainte mécanique, entre la déformation et le champ
électrique présents dans les directions principales, (2) une deuxième partie qui décrit l’interaction entre
la déformation et les autres composantes directionnelles de la contrainte mécanique, entre la
déformation et les autres composantes directionnelles du champ électrique, (3) et une troisième partie
qui décrit l’influence du champ électrique sur la raideur du matériau (un lien supplémentaire entre la
déformation et la contrainte mécanique appliquée dans le matériau qui dépend du champ électrique
appliqué). C’est cette dépendance que nous cherchons à exploiter dans cette première partie de ce
chapitre.

Avant de passer à l’exploitation de cette équation pour modéliser l’effet du champ électrique appliqué
dans un matériau piézoélectrique sur la fréquence de résonance d’une structure de type cantilever,
nous simplifions tout d’abord son écriture et en ne gardant que les variables qui nous intéressent. Etant
donné que dans cette étude le mode de couplage électromécanique privilégié est le mode transversal,
conformément à la figure III.2 ci-dessous, nous ne gardons que les composantes selon l’axe 3 pour les
grandeurs électriques, et que les composantes selon l’axe 1 pour les grandeurs mécaniques. Le champ
électrique qui permet d’ajuster la raideur des couches piézoélectriques sera appliqué lui aussi selon
l’axe de polarisation, à savoir l’axe 3. Nous considérons également les hypothèses établies dans le
chapitre précédent à savoir :

• La rigidité de la masse sismique est infinie ;


• le glissement relatif entre les couches piézoélectriques et le substrat est négligeable ;
• l’ensemble de la structure est soumise uniquement aux contraintes longitudinales ;
• la section de la poutre reste constante sur sa longueur ;
• les effets de cisaillement sont négligeables ;
• la résistance électrique et la rigidité mécanique des électrodes sont négligées.

102
Chapitre III

Ainsi, en tenant compte de l’ensemble de ces hypothèses, l’équation de la piézoélectricité donnée par
(III-1) devient :

1
ε 1 = s11σ 1 + d 31 E3 + a112 E32 + κ 113σ 1 E3 (III-2)
2

L’expression du module d’Young effectif de la partie piézoélectrique peut alors être déduite de cette
équation. Exprimons tout d’abord l’expression de la contrainte mécanique en fonction de la déformée :

1
d 31 E3 + a133 E32
1
σ1 = ε1 − 2 (III-3)
s11 + κ 113 E3 s11 + κ 113 E3

Cette expression montre clairement l’interdépendance qui existe entre le champ électrique appliqué et
la rigidité mécanique du matériau piézoélectrique. Toutefois, les coefficients dans cette expression
sont difficiles à déterminer, en particulier : !""# et κ113 . Cependant, nous pouvons établir un modèle
équivalent simplifié, qui reflète l'effet du champ électrique appliqué sur la rigidité mécanique d’un
matériau piézoélectrique. Plusieurs modèles sont proposés dans la littérature pour traduire cet effet.
Après un tour d’horizon des différents modèles proposés, nous avons retenu celui étudié pour la
première fois par Thornburgh et al., [4]. Dans ce modèle, il est proposé de garder les équations
linéaires constitutives du matériau piézoélectrique, partie (1) de l’équation III-1. En revanche, l’effet
du champ électrique appliqué est répercuté sur le coefficient de piézoélectricité d31. Ce dernier traduit
en effet la proportionnalité qui existe entre la déformée d’un matériau piézoélectrique et le champ
électrique appliqué. Dans les exemples de matériaux présentés sur la figure ci-dessous, nous
remarquons que la variation entre la déformée et le champ électrique n’est pas linéaire. En d’autres
termes, le matériau ne présente pas le même coefficient de piézoélectricité (d31) pour chaque niveau de
déformation mécanique.

Figure III-1Effet du champ électrique appliqué sur le coefficient piézoélectrique (d31) [5]

A partir de ce constat, nous proposons un modèle de coefficient de la piézoélectricité d31* qui tient
compte de la déformée du matériau piézoélectrique. Nous supposons que la variation du coefficient de
la piézoélectricité reste linéaire avec le champ électrique, ce coefficient piézoélectrique peut alors
s’exprimer par :

*
d 31 = d 31 + q31ε 1 (III-4)

Avec d31 : le coefficient de piézoélectricité à champ appliqué nul (déformation égale à zéro), q31 :
coefficient de piézo-élasticité.

103
Chapitre III

Nous allons à présent retourner à l’expression du fonctionnement en linéaire d’un matériau


piézoélectrique, partie (1) de l’équation III-1, et intégrer dans cette partie le coefficient de la
piézoélectricité modifié par le champ électrique : d31* (équation III-4). Ceci nous donne une nouvelle
loi de couplage électromécanique dans un matériau piézoélectrique qui tient compte de la non-linéarité
entre le champ électrique appliqué et la déformée dans le matériau piézoélectrique :

1 d
ε1 = '
σ 1 + 31' E3 (III-5)
Yp Yp

Avec

1 − q31E3
Yp' = = Yp (1 − q31E3 ) (III-6)
s11

Cette équation donne le module d’Young effectif Yp’ d’un matériau piézoélectrique soumis à un
champ électrique constant E3. La rigidité mécanique d’une structure de type cantilever piézoélectrique
peut alors être déterminée en fonction du champ électrique appliqué. La partie suivante est justement
consacrée à l’étude de l’impact du champ électrique sur la fréquence de résonance de la structure de
récupération d’énergie.

II.2 Modélisation de l’impact du champ électrique sur la fréquence de résonance :

Nous avons pu établir dans le chapitre précédent l’expression de la fréquence de résonance en fonction
des propriétés géométriques et mécaniques des matériaux utilisés. Nous introduisons dans cette
expression le lien entre le champ électrique appliqué dans le matériau piézoélectrique et le module
d’Young de la partie piézoélectrique donné par l’équation (III-6).

Le tableau ci-dessous présente l’expression de la fréquence de résonance en fonction du champ


électrique appliqué pour les deux types de structure étudiés dans le chapitre précédent (structure
classique en forme de rectangle, structure améliorée à section variable), avec A° application du champ
électrique sur une seule couche piézoélectrique et B° application du champ électrique sur les deux
couches piézoélectriques.

Structure classique Structure Améliorée


A° 1 3(Y p (2 − q31 E3 )I p + Yb I b ) 1 (
6 Y p (2 − q31 E3 )I b* + Yb I b ) (III-8)
fr = (III-7) fr =
2π 2π L (2 − aL )m
3
Lm 3

B° 1 3(2Y p (1 − q31 E3 )I p + Yb I b ) 1 (
6 2Yp (1 − q31E3 )I b* + Yb I b ) (III-10)
fr = (III-9) fr =
2π 2π L (2 − aL )m
3
Lm 3

Tableau III-1 : Expressions de la fréquence de résonance en fonction du champ électrique appliqué dans une
structure de type cantilever

Avec :

− 2Y p (1 − q31 E3 )we p (e p + eb + 2 L p sin (α ))


a=
2Y p (1 − q31 E3 )I b* + Yb I b

104
Chapitre III

8 e p eb + 2 L p sin(α ) 5
2
w
I = e3p + we p 66 +
*
b 33
12 72 2 4

Maintenant que nous avons établi la relation qui lie la fréquence de résonance au champ électrique
appliqué, nous allons dans ce qui suit faire le choix des matériaux et des dimensions qui permettent
d’avoir le taux maximum de variation de la fréquence de résonance par application du champ
électrique.

II.3 Choix de matériaux :

Nous avons pu voir en section III.4 du chapitre précédent, les principaux critères de choix des
matériaux de la structure afin de maximiser le taux de variation de la fréquence de résonance avec la
modification de la raideur de la partie piézoélectrique. Ces critères restent toujours valables.
Cependant, nous devons tenir compte du taux atteignable de variation de raideur du matériau
piézoélectrique et ce dernier dépend notamment de l’approche utilisée, en l’occurrence l’application
d’un champ électrique.

II.3.1 Choix du matériau piézoélectrique

En effet, à partir des expressions de la fréquence de résonance en fonction du champ appliqué données
dans le Tableau III-1, nous pouvons constater que pour maximiser le taux de variation de la fréquence
de résonance il faut que le matériau piézoélectrique, d’une part, ait le coefficient de piézoélasticité
(q31) le plus élevé possible et, d’autre part, que ce matériau supporte un champ électrique le plus élevé
possible sans être dépolarisé. Cette optimisation conduit à choisir un matériau piézoélectrique qui
maximise la figure de mérite ci-dessous :

k 312 (E max − E min )


λ p1 = q31 (III-11)
tan (δ )

Avec :

Emax : le champ direct (positif) à ne pas dépasser ;

Emin : le champ inverse (négatif) à ne pas dépasser.

Cette figure de mérite permet de faire un compromis entre le taux de variation de la fréquence de
résonance et les pertes diélectriques. Nous justifions ci-dessous le choix de chaque paramètre figurant
dans cette figure de mérite :

(i) Le couplage électromécanique k31 : en vue de maximiser le couplage électromécanique.


(ii) La gamme du champ électrique à appliquer dans le matériau (Emax-Emin) : plus cette gamme
est importante, plus le taux de variation de la fréquence de résonance est élevé. Ces limites
sont déterminées comme expliqué ci-dessous :

1 Pour Emin : cette limite est donnée par le champ électrique inverse (opposé au sens de
polarisation du matériau) que le matériau peut supporter. Elle correspond au champ
coercitif propre à chaque type de matériau.

105
Chapitre III

1 Pour Emax : la limite du champ électrique positif est déduite de la caractéristique


déformation-champ électrique donnée par le fournisseur pour chaque matériau.
Comme évoqué auparavant, cette caractéristique n’est pas linéaire. Nous avons
montré dans cette étude que nous pouvons modéliser cette non-linéarité par une
équation affine de coefficient de piézoélectrique (d31*). Or nous distinguons pour
chaque matériau plusieurs zones différentes dont chacune présente son propre modèle
pour le coefficient de la piézoélectricité, cela implique que le coefficient directeur
(q31) et l’ordonné à l’origine (d31) de ce modèle dépendent de la zone où se trouve le
niveau du champ électrique appliqué. Pour simplifier l’étude, et obtenir une variation
monotone de la fréquence de résonance en fonction du champ électrique appliqué,
nous nous limitons à la première zone de cette caractéristique pour chaque matériau
piézoélectrique.

(iii) Le coefficient de piézoélasticité q31 : ce coefficient traduit la variation du module d’Young des
couche piézoélectriques sous l’effet du champ électrique appliqué comme le montre l’équation
(III-6), il est donc important de choisir un matériau avec un coefficient q31 le plus élevé
possible.
(iv) Le coefficient des pertes diélectriques tan (δ ) : étant donné que notre approche est basée sur
l’application d’un champ électrique dans un matériau piézoélectrique, un champ est maintenu
aussi longtemps que la fréquence de vibration est décalée de la fréquence de résonance de la
structure à champ électrique nul. Il est donc important de choisir un matériau avec le
minimum de pertes diélectriques (le plus faible tan(9) possible), l’idée étant de ne modifier la
quantité de charges électriques stockées sur les électrodes du matériau piézoélectrique que
quand la fréquence de vibration change.

Après un tour d’horizon des différents matériaux qui existent sur le marché, nous avons constaté que
le matériau qui permet de maximiser la figure de mérite λ p1 est le monocristal PZN-PT. L’avantage
de ce matériau est son fort couplage électromécanique ainsi que le fort niveau de champ électrique
Emax qu’il peut supporter. Dans la suite de cette étude nous utilisons ce matériau pour la validation de
l’approche.

II.3.2 Choix du matériau du substrat :

Le rôle du substrat est essentiellement d’assurer une bonne amplification mécano-mécanique,


autrement dit, d’extraire le maximum d’énergie mécanique de la source de vibration avec le minimum
de pertes. Nous avons vu dans le chapitre précédent qu’en se basant sur ce critère, il faut choisir un
matériau avec un facteur de qualité mécanique le plus élevé possible. Nous avons pu voir également
que la raideur du substrat ne doit pas dépasser deux fois la raideur du matériau piézoélectrique afin
d’obtenir un taux de variation de la fréquence de résonance significatif. Etant donné le choix du
matériau piézoélectrique effectué précédemment ainsi que tous les critères et les contraintes que nous
avons cités, nous avons retenu l’acier.

II.4 Dimensionnement de la structure et résultats théoriques :

Pour le choix des dimensions de la structure, nous retournons à l’algorithme que nous avons présenté
dans le chapitre précédent, Figure II-6. L’algorithme a pour but de maximiser le taux de variation de la

106
Chapitre III

fréquence de résonance et le rendement de conversion tout en respectant une certaine fréquence de


résonance initiale et la contrainte mécanique maximale que peut supporter le matériau piézoélectrique.

Cependant, le matériau piézoélectrique que nous avons choisi est un peu récent est n’est disponible
que pour des longueurs inférieures ou égales à 30 mm et des épaisseurs inférieures ou égales à 1 mm.

Nous avons donc eu recours à un certain nombre de compromis. Notre premier compromis a été de
concevoir une structure qui ne résonne non pas entre 50 Hz et 120 Hz mais plutôt entre 200 Hz et 300
Hz. Si nous avions gardé la première fréquence de résonance (50 Hz) à ce moment là il aurait fallu
utiliser une plus grande masse sismique ou bien réduire l’épaisseur de la structure. Cependant, dans les
deux cas, la contrainte mécanique atteinte dans le matériau piézoélectrique aurait conduit à un risque
élevé de dépolarisation et à ajouter des contraintes supplémentaires liées à la fabrication. Pour écarter
tout risque de dépolarisation du matériau piézoélectrique, nous avons décidé, pour cette première
expérimentation, de décaler significativement la bande de fréquence de travail (200 Hz à 300 Hz).

Les nouvelles contraintes d’optimisation sont les suivantes :

• 0.5 < eb/ep <1


• 200 Hz < Fréquence de résonance < 300 Hz
• Contrainte mécanique maximale supportée par le matériau piézoélectrique : 10 MPa
• Accélération : 1 g

Propriétés géométriques et physiques Valeur

Matériau du substrat : Acier


Module d’Young (Gpa) 201
Masse volumique (kg.m-3) 7850
L x w x eb (mm x mm x mm) 30 x 10 x 0.8
L’angle d’inclinaison : 6 (°) 2.5
Matériau piézoélectrique : PZN-PT-5.5%PT
Lp x w x ep mm x mm x mm 30 x 10 x 1.25
Module d’Young à E constant (GPa) 35.61
Masse volumique (kg.m-3) 8800
Constante piézoélectrique (x 10-12 m.V-1) d33 2800
Coefficient de couplage k31 0.85
Constante diélectrique εT 7256
Masse sismique (Acier):
Lm x Hm x wm mm x mm x mm 15 x 15 x 15
Tableau III-2. Dimensions choisies pour la structure

Pour montrer graphiquement l’effet du champ électrique appliqué sur la fréquence de résonance, nous
prenons le cas où ce champ électrique est appliqué sur une seule couche piézoélectrique, la deuxième
couche est utilisée pour récupérer l’énergie électrique, comme le présente le schéma ci-dessous :

107
Chapitre III

DC voltage

3 y
x Y(x)

Application

Figure III-2 Technique d’application du champ électrique sur une structure de type cantilever

La Figure III-3 présente la variation fréquence de résonance théorique de la structure dimensionnée en


fonction du champ électrique appliqué. Le taux de variation de la fréquence de résonance est de 24 %
pour un champ électrique allant de -1 kV/cm à 6 kV/cm.

300

290
Fréquence de résonance (Hz)

280

270

260

250

240
-1 0 1 2 3 4 5 6 7
Champ électrique appliqué (kV/cm)

Figure III-3 Effet de l’intensité du champ électrique sur la fréquence de résonance

II.5 Fabrication de la structure :

La fabrication a été faite en deux étapes : la première étape consiste à fabriquer le substrat, la
deuxième à assembler les couches piézoélectriques sur le substrat.

108
Chapitre III

II.5.1 Fabrication du substrat :


II.5.1.1 Fabrication de la partie Acier :

Afin d’obtenir une très bonne précision de fabrication,


l’usinage du substrat en acier a été fait par
électroérosion. Cette précision est notamment nécessaire
pour l’accueil des couches piézoélectriques de type
monocristal très fragile que l’on ne peut
appuyer/encastrer fortement sur un support
imparfaitement adapté à la géométrie du piézoélectrique.
La figure ci-contre présente la forme du substrat acier qui
inclut en son extrémité la masse sismique :

Figure III-4 Forme du substrat en acier

II.5.1.2 Fabrication du substrat intermédiaire :

Afin d’empêcher l’apparition de deux contraintes mécaniques de signes opposés sur la même couche
piézoélectrique, il est impératif d’ajouter un matériau très souple entre la couche piézoélectrique et le
substrat métallique. Nous avons choisi un matériau de type du DELRIN dont le module d’Young est
égal à 1 MPa et qui n’influe que peu le fonctionnement de la structure en termes de couplage ou de
facteur de qualité. La figure ci-dessous présente le montage de ce matériau sur le substrat en acier :

Figure III-5 Montage des parties intermédiaires sur le substrat

II.5.1.3 La partie piézoélectrique :

Le matériau piézoélectrique que nous avons choisi, le PZN-PT, a été commandé chez Microfine-
Technologies Ltd, un fournisseur de matériau piézoélectrique et leader mondial en fabrication de
piézoélectriques monocristallins. Les échantillons ont été commandés directement aux dimensions
choisies. Après réception, nous les avons assemblés sur l’armature en acier et en DELRIN. Nous
avons utilisé une colle isolante afin de ne pas court-circuiter les électrodes des couches
piézoélectriques. Nous avons ensuite, pris le contact électrique sur chacune des électrodes afin de

109
Chapitre III

récupérer les charges produites sur la couche piézoélectrique inférieure, et appliquer un champ
électrique de réglage de la fréquence de résonance sur la couche piézoélectrique supérieure.

Figure III-6 Structure fabriquée

Après avoir fabriqué la structure nous sommes passés à l’étape caractérisation. Au cours de cette étape
nous avons validé le modèle de variation de la fréquence de résonance par application du champ
électrique.

II.6 Caractérisation de la structure et validation de l’approche :


II.6.1 Banc expérimental et caractérisation

La figure ci-dessous présente le banc de caractérisation de la structure fabriquée. Un générateur de


fonction délivre un signal de tension sinusoïdale qui est amplifié par un amplificateur de puissance
linéaire. La tension de sortie de l’amplificateur sert à alimenter un pot vibrant (V4T4) qui simule la
source de vibration et sur lequel est fixée la structure. La fréquence du signal sinusoïdal d’entrée varie
entre 200 Hz et 300 Hz de façon à couvrir l’ensemble de la plage de fréquence théorique que le
système développé est sensé couvrir. Un micromètre laser (LSV 2500) est pointé directement sur le
centre de la masse sismique pour mesurer son déplacement absolu.

Unité de mesure de Récupération des données


vibrations LSV2500
Décodeur

Structure de
récupération
d’énergie

Source de Amplificateur GBF


V4T4

vibration Linéaire

Figure III-7 Banc d’essai pour la caractérisation des structures fabriquées

110
Chapitre III

II.6.2 Validation expérimentale de l’approche :

Nous avons, lors de ces tests, séparé la partie récupération d’énergie vibratoire de la partie ajustement
de la fréquence de résonance même si à terme il est possible de fusionner les deux fonctions en
imposant une composante continue (une valeur moyenne) pour ajuster la fréquence de résonance et en
exploitant la partie alternative qui se superpose à cette composante continue pour extraire de l’énergie
électrique. Notre but dans un premier temps est juste de valider l’approche. Nous avons donc connecté
la première couche sur une source de tension continue dont nous pouvons régler la valeur, tandis que
l’autre couche piézoélectrique est connectée à la charge à alimenter, tel qu’il est montré par la Figure
III-2. Nous avons pris comme charge une résistance de 360 kA qui correspond à la charge optimale du
générateur à sa fréquence de résonance à champ électrique appliqué nul sur la première couche.

Après avoir mis en place le banc d’essai ainsi que le circuit de mesure, nous avons mesuré le
déplacement de la masse sismique en fonction de la fréquence d’entrée et pour différents niveau de
champ électrique appliqué à accélération d’entrée constante. La première figure ci-après présente
l’amplitude du déplacement de la masse sismique en fonction de la fréquence de vibration pour
différents niveaux de champ électrique appliqué. Tandis que la deuxième figure présente la variation
de la fréquence de résonance en fonction du niveau de champ électrique appliqué.

12 300
Tip mass displacement (µm)

-1 kV/cm
0 kV/cm
Resonant frequency (Hz)

10
1 kV/cm 290
2 kV/cm
8 3 kV/cm
4 kV/cm 280
6 5 kV/cm
6 kV/cm 270
4

2 260

0 250
200 250 300 350 400 -2 0 2 4 6
Input frequency (Hz) Applied electric field (kV/cm)

Figure III-8 Variation de la fréquence de résonance en fonction du champ électrique appliqué

Nous obtenons un taux de variation de la fréquence de résonance proche de 20%, pour un niveau de
champ électrique appliqué sur la première couche piézoélectrique qui varie entre -1 kV/cm et 6
kV/cm, soit pour cette structure une tension qui varie entre de -125 V et +700 V. Nous constatons une
légère divergence entre les résultats théoriques et expérimentaux (cf. Figure III-3 et Figure III-8), aussi
bien pour le taux de variation de la fréquence de résonance que pour l’allure de la fréquence de
résonance en fonction du champ électrique appliqué. Ceci peut être dû à la non-linéarité mécanique de
la structure et surtout à l’élasticité de la colle utilisée (non prise en compte lors du calcul théorique).

Après avoir montré expérimentalement la faisabilité d’ajuster la fréquence de résonance par


application d’un champ électrique dans le matériau piézoélectrique, nous avons commencé à étudier,
d’une part, l’éventualité d’utiliser le même matériau piézoélectrique pour assurer à la fois la
récupération d’énergie et l’ajustement de la fréquence de résonance et, d’autre part, une électronique
qui permet de faire l’ajustement de la fréquence de résonance automatiquement et en temps réel. Cette
étude fait l’objet de la partie suivante.

111
Chapitre III

II.7 Stratégie d’asservissement de la fréquence de résonance :

L’objectif de cette stratégie est de maintenir un fonctionnement à la résonance même lorsque la


fréquence d’entrée varie. Pour ce faire, nous devons équiper le récupérateur d’un système de
rétroaction, qui permet d’adapter la fréquence de résonance à la fréquence de vibration en temps réel
en ajustant la tension électrique appliquée sur le matériau piézoélectrique. Pour faire cette régulation,
il faut mesurer un ou plusieurs paramètres qui permettent de savoir si la fréquence de résonance est en
accord avec la fréquence vibration, si elle est supérieure ou si elle est inférieure. Nous avons choisi ici
de nous baser sur une mesure du déphasage entre le signal d’accélération et la tension générée par la
partie piézoélectrique. Ce déphasage est égal à $/2 lorsque le cantilever fonctionne à sa fréquence de
résonance, il est supérieur à $/2 lorsque la fréquence de résonance est inférieure à la fréquence de
vibration et inférieur à $/2 lorsque la fréquence de résonance est supérieure à la fréquence de
vibration. Le système de rétroaction fonctionne à la manière d’une boucle à verrouillage de phase
(PLL) avec ici une consigne de déphasage de $/2. Nous schématisons le fonctionnement de cette
approche par le diagramme synoptique ci-dessous :

Erreur sur le déphasage Tension appliquée


Valeur de
consigne + Correcteur Partie
$/2 piézoélectrique
Tension
-
générée par le
piézoélectrique
Mesure de
déphasage

Signal
d’accélération

Figure III-9 Stratégie de régulation de la fréquence de résonance

L’objectif du correcteur est d’augmenter ou de diminuer le niveau de tension appliquée sur le matériau
piézoélectrique en fonction du signe de l’erreur (correction de type Intégral) afin de maintenir un
déphasage proche de $/2 entre l’accélération de la vibration d’entrée et la tension en sortie du
piézoélectrique, c’est-à-dire maintenir le système en résonance.

Nous détaillons ci-après le fonctionnement du correcteur.

II.7.1 Régulation de la tension de commande :

Pour augmenter ou diminuer la tension appliquée sur le piézoélectrique en fonction du signe de


l’erreur, nous utilisons un convertisseur DC/DC de type Fly-back qui permet à partir d’une source de
tension continue de quelques volts (typiquement une source de 3V issue de la sortie du récupérateur
d’énergie) d’appliquer sur la couche piézoélectrique une tension pouvant atteindre plusieurs centaines
de Volts. L’erreur sur le déphasage mesuré est traduite en une augmentation ou une diminution de la
tension appliquée sur le piézoélectrique via un transfert d’une quantité d’énergie soit à partir de la
source basse tension vers le piézoélectrique soit du piézoélectrique vers la source basse tension. La
figure ci-après présente un schéma de fonctionnement du dispositif de correction.

112
Chapitre III

Fly-back
Filtrage de la
tension continue
Source de tension
continue Piezo Electronique
de gestion+
k1 k2 application

Temps + ordre Calcul de Mesure de


de fermeture l’Erreur sur le déphasage
des k1 et k2 déphasage

Valeur consigne Tension d’accélération

Figure III-10 Technique de régulation de la fréquence de résonance

Une fermeture de k1 puis de k2 permet un transfert d’énergie de la source de tension continue vers le
circuit magnétique puis du circuit magnétique vers le piézoélectrique. Inversement, une fermeture de
k2 puis de k1 permet un transfert d’énergie du piézoélectrique vers le circuit magnétique puis du circuit
magnétique vers la source de tension continue. Les temps de fermeture de k1 et k2 définissent la
quantité d’énergie qui est échangée au cours d’un cycle. Le signe de l’erreur définie l’ordre de
fermeture des interrupteur k1 et k2 tandis que l’amplitude de l’erreur définie la durée de fermeture des
interrupteurs.

Si la fréquence de résonance est supérieure à la fréquence de vibration, à ce moment là il faut


augmenter la tension appliquée sur le piézoélectrique, donc k1 est fermé avant k2 (afin d’augmenter la
tension appliquée sur le matériau piézoélectrique), si par contre la fréquence de résonance est
inferieure à la fréquence de vibration à ce moment-là k2 est fermé avant k1 (afin de diminuer la tension
appliquée sur le piézoélectrique). Le détail de l’électronique de chaque bloque figurant sur la Figure
III-10 est donné en Annexe1. La partie suivante donne le bilan énergétique du système complet.

II.7.2 Bilan de puissance du système complet :

Les mesures effectuées montrent que la puissance brute en sortie de la deuxième couche
piézoélectrique est égale à 500 µW pour une accélération de 1g et une fréquence de 250 Hz. Un
ajustement de 1 Hz de la fréquence de résonance nécessite une énergie de 40 µJ. L’électronique qui
permet de mesurer le déphasage et de commander les interrupteurs nécessite une puissance de 40 µW.
En tenant compte de ces consommations et du rendement du circuit de gestion de l’énergie électrique
issue de la deuxième couche piézoélectrique, la puissance nette en sortie du système disponible sous 3
V est de 310 µW. Le bilan de puissance du système complet est présenté sur la figure ci-après :

113
Chapitre III

10µW
Puissance injectée dans le piézo Puissance maximale nécessaire
40 µW à l’ajustement de fr (60 µW)
Transformateur Fly
Puissance back (70%) Puissance
restituée 32 µW nette de
8µW sortie
22µW
Piezo tuning (80%) (270µW)
Convertisseur Convertisseur 500µW Convertisseur
M2M (50%) M2E (80%) E2E (80%)
1300µW 650µW
Consommation
Pertes mécaniques Pertes diélectriques Pertes électriques statique de
(650µW) (150µW) (150µW) l’électronique
(40µW)
Figure III-11 Bilan de puissance du système de récupération d’énergie avec ajustement automatique de la fréquence de
résonance

Nous montrons ici qu’il est possible d’obtenir un bilan de puissance positif avec un système de
récupération d’énergie vibratoire intégrant un dispositif d’ajustement automatique de sa fréquence de
résonance par application d’un champ électrique dans le matériau piézoélectrique, ces résultat
montrent aussi un rendement global après le convertisseur M2M pas négligeable de 270 µW/650 µW
= 41 % sur une large bande de puissance contre un système qui présente une seule fréquence de
résonance atteint qui présente, dans les mêmes conditions, une rendement de 53%. Cela étant, il s’agit
là d’un récupérateur d’énergie relativement gros (500 µW électrique brut) qui rend négligeable une
bonne partie de la consommation de l’électronique, ce même bilan de puissance serait difficilement
atteignable pour des structures de récupération d’énergie de type MEMS. Néanmoins, pour le marché
actuel qui est encore très orienté sur des structures de récupération d’énergie macroscopiques
(Perptuum, ENOCEAN, ARVENI, Mide-Volture, Cedrat, etc…) cette solution d’ajustement
automatique de fréquence présente un vrai intérêt.

II.8 Conclusion :

Dans cette première partie, une nouvelle approche pour le réglage de la fréquence de résonance a été
proposée, étudiée et validée expérimentalement. Les résultats obtenus montrent la faisabilité de
réaliser un système de récupération d’énergie résonant large bande en utilisant un ajustement
automatique de sa fréquence de résonance via la modification de la raideur d’un matériau
piézoélectrique soumis à un champ électrique. La présente étude montre également la possibilité
d’ajuster la fréquence de résonance d'un cantilever bimorphe jusqu'à 24% en théorie, contre un taux de
20% en pratique, ceci est obtenu par application d’un champ électrique sur une seule des deux couches
piézoélectriques. Ce taux peut être amélioré jusqu’à 36 % en appliquant le champ électrique sur les
deux couches. Le présent travail présente également une stratégie d’ajustement automatique de la
fréquence de résonance en vue de s’adapter à la source de vibration et de maximiser la puissance de
sortie. Les résultats expérimentaux montrent la faisabilité d’un système de récupération d’énergie
vibratoire tout autonome capable d’ajuster sa fréquence de résonance en temps réel.

114
Chapitre III

III Adaptation automatique de la fréquence de résonance par adaptation de la charge électrique


connectée à un matériau piézoélectrique
III.1 Introduction :

Dans cette partie de notre étude, nous proposons d’ajuster la raideur des couches piézoélectriques non
pas par application d’un champ électrique mais simplement en modifiant la valeur d’une charge
électrique connectée aux électrodes des couches piézoélectriques.

III.2 Théorie d’ajustement de la fréquence de résonance par adaptation de la charge électrique :

La raideur du matériau piézoélectrique est sensible aux conditions électriques qui lui sont appliquées.
Pour illustrer cet effet, nous considérons un matériau piézoélectrique sous forme parallélépipédique
placé entre deux électrodes et polarisé selon son épaisseur, comme le montre la figure ci-dessous :

Figure III-12 Echantillon d’un matériau piézoélectrique polarisé selon l’épaisseur

Supposons que la longueur de ce matériau est égale à L. Lorsque l’on lui applique une contrainte
mécanique T, par exemple selon la longueur, son élongation, donc sa raideur, dépend du fait qu’on est
à charge constante ou bien à champ constant, de façon générale, cette raideur dépend de l’impédance
électrique que voit le matériau piézoélectrique. Trois principaux cas peuvent être distingués : celui où
le matériau est en circuit fermé, celui où le matériau est en circuit ouvert et celui où le matériau est
couplé avec une charge électrique finie. Appliquons pour chacun de ces cas les lois de la
piézoélectricité que nous rappelons ci-dessous :

F9ε = s E T + dE
E
9D D = dT + ε T E (III-12)

• Electrodes court-circuitées :
Supposons qu’une contrainte mécanique (T) est appliquée à ce matériau piézoélectrique tout en
gardant les électrodes court-circuitées comme le présente la figure ci-dessous. Le champ électrique
entre les électrodes reste nul. Ce qui signifie que le flux de charges à travers le système {matériau
piézoélectrique + électrodes} est égal à la somme totale des charges (libres) contenues. Le
déplacement électrique D varie puisque l’on fait varier la quantité de charges liées en contraignant le
matériau, cf. équation (II-51), et qu’il ne peut pas y avoir apparition de charges libres pour compenser
ces charges liées.

115
Chapitre III

L(1+11)

Figure III-13 Echantillon piézoélectrique sous contrainte mécanique en court-circuit

D’après les lois de la piézoélectricité, la déformation dans ces conditions est telle que :

ε 1 = s ET (III-13)

Le module d’Young du matériau piézoélectrique dans ce cas de figure est l’inverse de la compliance
mesurée à champ électrique constant, soit :

1 (III-14)
Y pE =
sE

Passons maintenant au cas où le matériau est en circuit ouvert.

• Electrodes en circuit ouvert :


Pour un matériau piézoélectrique en circuit ouvert, le déplacement électrique D est nul, et le champ
électrique E varie.

L(1+12)

Figure III-14 Echantillon piézoélectrique sous contrainte mécanique en circuit ouvert

Dans ce cas de figure il y a apparition d’un champ électrique dû à l’effet piézoélectrique direct. Ce
champ génère une déformation qui s’oppose à la contrainte d’entrée. Nous avons donc un changement
au niveau de la raideur comme nous pouvons le constater d’après la relation suivante établie à partir des
lois de la piézoélectricité dans le cas où le matériau piézoélectrique est en circuit ouvert :

ε 2 = s E T + dE C9 8 E d2 5
B  ε = 66 s − T 33T (III-15)
0 = dT + ε T E 9A ε
2
7 4

On constate donc d’après ce résultat que la raideur en cas d’un circuit ouvert est différente de celle en
circuit fermé, et elle s’exprime ainsi :

1
Y pD = 2
> Y pE (III-16)
d
s − E

116
Chapitre III

Il ressort donc d’après les relations du module de Young d’un matériau piézoélectrique, exprimées par
(III.14) et par (III.16), que la raideur dépend effectivement des conditions électriques auxquelles le
matériau est soumis. Les expressions que nous venons de définir représentent les cas extrêmes que
peut atteindre le matériau. Pour obtenir des valeurs de raideur intermédiaires, il est nécessaire de
coupler le matériau avec une charge variable. Pour conserver un bon facteur de qualité sur la structure,
nous avons opté pour une charge électrique non dissipative de type capacitive. Celle-ci est facile à
régler et présente de faibles pertes (de par sa nature et par rapport à une inductance qui doit pouvoir
atteindre des valeurs énormes pour tendre vers une impédance infinie au vu de la fréquence des
vibrations < 300 Hz). Le paragraphe suivant traite l’effet de cette charge capacitive sur la raideur d’un
matériau piézoélectrique.

• Electrode connectée à une charge électrique :


Pour déterminer l’impact d’une capacité Csh couplée avec un matériau piézoélectrique sur la raideur de
ce dernier, nous considérons la configuration suivante :

L(1+S)

ip Cp Csh
Csh T

Figure III-15 Modèle équivalent d’un matériau piézoélectrique connecté à une capacité Csh

La capacité équivalente du circuit dans ces conditions vaut :

C = CP + Csh (III-17)

C’est cette valeur de capacité qui va définir la permittivité effective vue par les charges électriques se
déplaçant entre les électrodes du matériau piézoélectrique :

eP (C p + C sh ) (III-18)
ε eff
T
=
A

Or, nous avons vu dans l’équation (III.16) que la raideur dépend de la permittivité diélectrique
lorsqu’il y a déplacement de charges électriques. La substitution de l’expression (III.18) dans
l’équation (III.16) donne la compliance du matériau piézoélectrique en fonction de la capacité de
charge Csh :

(III-19)
d 312 A
sD = sE −
eP (C P + Csh )

Nous retrouvons bien à partir de cette relation les deux cas présentés en début de cette étude, à savoir
le cas où le matériau est en court-circuit (Csh6B) et le cas où le matériau piézoélectrique est en circuit
ouvert (Csh60).

117
Chapitre III

En appliquant ce résultat aux différentes configurations de structures étudiées dans le chapitre


précédent, les fréquences de résonance de ces structures deviennent :

Structure classique Structure Améliorée


A° 888 d ij2 A 5
−1
5 5 888
66 d ij2 A 5
−1
5 5
3
6 3I + Y I 3 3
36 66 6 s E − 3 + 1 66 6 6 s E − 3 + 1
33 I p + Yb I b 33
6 6 67 e p (C p + C sh ) 34 sD 33
p b b 3
3 6 6 67 e p (C p + C sh ) 34 sD (III-21)
7 4 (III-20) 77 4 4
ωr = 7 4 ωr =
L3 (2 − aL )m
L3 m

B° 8 8 d ij2 A 5
−1
5
6 3 I p + Yb I b 3
36 26 s E − −1
e p (C p + C sh ) 4
6 3 33 8 8 d ij2 A 5 5
6 7 6 6 E 3 3
(III-22) 66 2 s − I p + Yb I b 3
ωr = 7 e p (C p + C sh ) 34
4
6 67 3 (III-23)
L3 m 7 4
ωr =
L (2 − aL )m
3

Tableau III-3. Equations de la pulsation propre en fonction de la capacité couplée avec le matériau piézoélectrique
pour les différentes configurations de poutres étudiées dans le chapitre précédent

Ces expressions lient la fréquence de résonance à la capacité mise en parallèle avec les couches
piézoélectriques d’une structure en bilame par modification du module d’Young d’une seule couche
piézoélectrique (A°), de deux couches piézoélectriques, dans les deux cas de figure (structure
classique et structure améliorée). L’effet dépend bien entendu de la configuration, de la charge
électrique, des dimensions de la structure ainsi que du couplage effectif de la structure. Nous allons
dans ce qui suit nous baser sur ces expressions afin de choisir, le bon matériau, le bon mode de
couplage ainsi que les bonnes dimensions pour le prototype exploitant ce principe.

III.3 Choix du matériau piézoélectrique à utiliser :

Quelques critères supplémentaires sont ajoutés à ceux établis dans le chapitre précédent afin
d’exploiter au mieux la présente approche. Pour choisir le matériau piézoélectrique, nous proposons la
figure de mérite ci-dessous qui met en avant l’effet de la charge électrique sur la raideur mécanique du
matériau piézoélectrique :

k 32 j ε 33
T

λ p2 = , j = 1,3 (III-24)
tan (δ )
111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
Le coefficient du couplage électromécanique k3j:

Avec la présente approche nous pouvons couvrir théoriquement toutes les fréquences entre la
fréquence de résonance à l’état court-circuité (Csh6 très grande valeur) et celle à l’état circuit ouvert
(Csh6 très petite valeur). Cet écart de fréquence dépend essentiellement du couplage électromécanique
intrinsèque du matériau piézoélectrique. La relation entre le module de Young du matériau
piézoélectrique en circuit ouvert YpD et circuit fermé YpE est la suivante :

Y pE
Y D
= (III-25)
1 − k ij2
p

118
Chapitre III

Le coefficient de couplage électromécanique dépend à la fois du mode de couplage utilisé (transversal


ou longitudinal), et du type de matériau choisi. Il faudra donc choisir le mode de couplage et le type de
matériau qui maximise le couplage électromécanique et donc le taux de variation de la fréquence de
résonance.

La permittivité diélectrique du matériau 133:

Il est préférable de choisir un matériau piézoélectrique avec une forte permittivité afin d’obtenir une
valeur importante de capacité Cp du piézoélectrique et donc de faciliter le contrôle de la fréquence de
résonance en limitant l’effet des capacités parasites.

Les pertes diélectriques dans le matériau tan(4):

Afin de maximiser le facteur de qualité et donc l’amplification mécanique, il est important de choisir
un matériau piézoélectrique ayant le minimum de pertes diélectriques.

Le tableau ci-dessous fait une synthèse des principaux matériaux piézoélectriques présentant un fort
couplage électromécanique et les positionner en fonction de leur figure de mérite Cp2. Etant donné que
la déformation des couches piézoélectriques se fait essentiellement dans une seule direction, nous
avons précisé seulement les deux principaux modes de couplage à savoir le mode transversal (31) et le
mode longitudinal (33).

λ p − 2 (x1e3) PZT PMN-PT PZN-PT

Transversal mode (31) 39.85 104.54 204.12

Longitudinal Mode (33) 136.96 447.7 618.52

Tableau III-4 Comparaison des différents matériaux piézoélectriques

Il ressort de ce tableau que le matériau piézoélectrique monocristallin de type PZN-PT en mode


longitudinal présente la meilleur figure de mérite, et permet donc d’obtenir le meilleur taux de
variation de la fréquence de résonance. Si le mode longitudinal est avantageux en termes de couplage,
il est néanmoins beaucoup plus difficile à mettre en œuvre. En effet, pour faire une poutre relativement
souple il faut qu’elle soit fine et longue et donc qu’elle ait des couches piézoélectriques fines et
longues présentant une capacité électrique beaucoup plus importante selon leur épaisseur que leur
longueur, le rapport surface/épaisseur étant beaucoup plus avantageux en exploitant l’épaisseur.
Néanmoins nous validerons expérimentalement les deux modes.

Quant au choix du matériau à utiliser pour le substrat, nous conservons le même choix que pour
l’approche avec application d’un champ électrique, à savoir un matériau de type acier.

III.4 Choix des dimensions de la structure :


III.4.1 Structure en mode 31 :

Etant donné que nous avons choisi le même matériau (piézoélectrique PZN-PT en mode 31, et substrat
acier) et que l’objectif de l’optimisation est le même que pour l’approche exploitant l’application d’un
champ électrique, nous avons donc gardé le même dimensionnement (cf. Tableau III-2) et nous
utiliserons la même structure pour valider cette nouvelle approche en mode 31.

119
Chapitre III

III.4.2 Structure en mode 33 :

Nous avons procédé à un nouveau dimensionnement de la structure car, d’une part, les propriétés du
matériau piézoélectriques changent en fonction du mode utilisé et, d’autre part, des contraintes
techniques de montage sont à prendre en compte.

III.4.2.1 Conception de la structure en mode longitudinal :

L’obtention du mode 33 nécessite de polariser le matériau piézoélectrique selon sa longueur, c’est-à-


dire dans la même direction que la contrainte mécanique, cf. Chapitre II. La longueur des couches
piézoélectriques représente la distance inter-électrodes. Par conséquent, la capacité bloquée du
matériau piézoélectrique est très faible par rapport à celle en mode 31, et la tension aux bornes du
matériau piézoélectriques est très grande, ce qui rend difficile la gestion de l’énergie électrique en
sortie de la couche piézoélectrique et le contrôle de la fréquence de résonance. Pour résoudre cette
problématique, nous proposons de scinder le volume de chaque couche piézoélectrique en plusieurs
briques, et de polariser chaque brique séparément, tel que présenté sur la figure ci-dessous.

Csh

Y(t)

Axes de polarisation
Couches piézoélectriques
Substrat
Substrat

Figure III-16 Structure piézoélectrique en mode 33

Chaque brique étant plus courte que la longueur totale de la poutre, elle présente une capacité plus
importante. Et comme toutes les briques sont électriquement connectées en parallèle, la capacité totale
est d’autant plus élevée que le volume piézoélectrique est découpé en un nombre important de briques.

L’orientation ainsi que la connexion électrique des briques sont faites de manière à ce qu’il n’y ait pas
de compensation de charges électriques générées par l’effet piézoélectrique lorsque la structure se met
à vibrer. En fait, chaque brique se trouve tête bèche avec la suivante de façon à ce qu’elles mettent en
commun leurs charges générées.

Ainsi, la capacité globale qui va interagir avec le circuit d’adaptation de la charge électrique est la
somme des capacités équivalentes de chaque brique. Ceci a deux avantages :

• La capacité bloquée du matériau piézoélectrique est suffisamment importante, ce qui réduit


l’impact des capacités parasites sur le fonctionnent de la structure.

120
Chapitre III

• Le fait de mettre les briques piézoélectriques mécaniquement en série et électriquement en


parallèle permet d’augmenter le courant électrique délivré par le générateur et de diminuer le
niveau de tension en sortie du générateur, ce qui facilite à la fois la gestion de l’énergie
électrique en sortie du générateur et le contrôle de la charge capacitive.

La configuration de la structure améliorée, contrairement à la structure classique, permet d’obtenir une


contrainte homogène à travers le matériau piézoélectrique, donc la même tension électrique générée
par chacune des briques piézoélectriques, ce qui permet d’éviter l’apparition d’un courant de
circulation entre les briques qui limite le couplage électromécanique effectif et par conséquent le taux
de variation de la fréquence de résonance.

III.4.2.2 Dimensionnement de la structure en mode longitudinal :

Le dimensionnement a pour but de définir la taille de chaque brique, le nombre de briques, les
dimensions du substrat et la masse sismique à mettre en bout de poutre. Ce dimensionnement
s’effectue de la même manière que précédemment, il a pour objectif de maximiser le taux de variation
de la fréquence de résonance en tenant compte de l’accélération et de la fréquence d’entrée, des
propriétés des matériaux et des contraintes de fabrication. Nous avons pour cela imposé un certain
nombre de critères en se basant sur l’étude théorique du chapitre précédent :

• 0.5< eb/ep < 1


• Plage de variation de la fréquence de résonance : 200 Hz < fr < 300 Hz
• Accélération d’entrée égale à 1 g
• Capacité minimale des briques piézoélectriques : 500 pF
• Contrainte mécanique maximale supportée par les matériaux piézoélectriques : 10 MPa

L’optimisation conduit au dimensionnement ci-dessous de la poutre :

Tableau III-5 Dimensions de la structure fabriquée en mode longitudinal

Propriétés géométriques et physiques Valeur

Matériau du substrat : Acier


Module d’Young (Gpa) 201
Masse volumique (kg.m-3) 7850
LP x w x ep (mm x mm x mm) 30 x 7 x 0.8
L’angle d’inclinaison : 6 4°
Matériau piézoélectrique : PZN-PT-5.5%PT
Module d’Young (MPa) (à E constant) 100
Masse volumique (kg.m-3) 8800
Constante piézoélectrique (x 10-12 m/V) d33 2800
Coefficient de couplage k31 0.85
Constante diélectrique ε33 7256
Dimensions de chaque brique (L x ep x w)
mm x mm x mm 3.125 x 1 x 7
Nombre de briques pour chaque couche 8
Masse sismique (Acier):
Lm x Hm x wm mm x mm x mm 15x15x15

121
Chapitre III

III.5 Résultats théoriques de l’approche par adaptation de la charge capacitive :

La figure ci-dessous présente la variation théorique de la fréquence de résonance normalisée par la


fréquence de résonance minimale en fonction de la capacité couplée avec le matériau piézoélectrique
normalisée par la capacité bloquée du piézoélectrique pour la structure couplée en mode 31 :

1.2

1.18

1.16
Fréquence de résoance (f/fmin)

1.14

1.12

1.1

1.08

1.06

1.04

1.02

1 -2 -1 0 1
10 10 10 10
Capacité shunt (Csh/Cp)-Mode31

Figure III-17 Effet de la capacité shunt sur le taux de variation de la fréquence de résonance (Mode 31)

La zone qui présente la plus forte sensibilité de la fréquence de résonance vis-à-vis de la variation de
la capacité shunt est celle comprise entre Cp/100 et 10Cp, au-delà de ces deux limites la variation de la
fréquence est peu importante. Le taux de variation de la fréquence de résonance dans cette zone est de
18 %. Ce résultat montre que l’on a pas besoin d’aller vers des valeurs de capacités importantes pour
atteindre le maximum de variation de la fréquence possible, une variation entre Cp/100 et 10Cp suffit.

La figure ci-dessous présente la variation théorique de la fréquence de résonance normalisée en


fonction de la charge capacitive normalisée pour la structure couplée en mode 33 :

122
Chapitre III

1.5

1.45

1.4
Fréquence de résoance (f/fmin)

1.35

1.3

1.25

1.2

1.15

1.1

1.05

1 -2 -1 0 1
10 10 10 10
Capacité shunt (Csh/Cp)-Mode33

Figure III-18 Effet de la capacité shunt sur le taux de variation de la fréquence de résonance (Mode 33)

D’après ces résultats, et conformément au Tableau III-5, cette structure permet théoriquement
d’atteindre un taux de variation de la fréquence de résonance de 50 % en mode 33.

III.6 Fabrication de la structure :

Pour la fabrication de la partie substrat, nous avons suivi le même procédé que pour la partie
précédente (fabrication de la partie en acier par électroérosion puis collage des couches en DELRIN)
la seule différence entre les deux étant les dimensions de la structure.

III.6.1 Assemblage des briques piézoélectriques :

Les briques piézoélectriques dimensionnées ont été commandées chez Microfine Technologies. Nous
avons dans un premier temps assemblé les briques une à une, ensuite 2 à 2...etc. Nous avons utilisé
pour cela une colle conductrice de type CW2400. Pour assurer un bon collage, nous avons appliqué
une pression pendant la solidification de la colle sous une température de 70° et cela durant 10 min.
Tout au long de l’opération d’assemblage, nous avons veillé à ne pas avoir deux briques voisines
orientées dans le même sens de polarisation afin d’éviter tout risque de compensation de charges.

III.6.2 Assemblage de la structure :

Après avoir fabriqué le substrat et assemblé les briques piézoélectriques les unes avec les autres, nous
avons assemblé l’ensemble des parties. Nous avons utilisé une colle isolante afin de ne pas court-
circuiter les électrodes des couches piézoélectriques. Nous avons ensuite pris un contact électrique sur
chacune des électrodes réparties le long de la poutre. La structure réalisée est présentée sur la figure ci-
dessous :

123
Chapitre III

Figure III-19 Structure fabriquée pour le mode longitudinal

Après avoir fabriqué la structure en mode longitudinal, nous sommes passés à la validation
expérimentale.

III.7 Validation expérimentale de l’approche :

La première étape de validation expérimentale consiste à étudier l’effet d’une charge capacitive sur la
fréquence de résonance et de valider le modèle théorique proposé. Pour caractériser la structure, nous
avons utilisé le même banc d’essai que celui utilisé pour tester l’approche précédente (cf. Figure III-7).
Les résultats obtenus sont présentés ci-dessous pour chaque mode de couplage électromécanique
considéré.

• Structure en mode (31):

Rappelons encore que la structure utilisée pour ce mode de couplage électromécanique est la même
que celle utilisée pour la validation de l’approche précédente. Le schéma de connexion des briques
piézoélectriques est donné par la Figure III-20(a). Une couche est connectée à la capacité Csh que nous
faisons varier, et l’autre est connectée à l’application (pont de diode + Capacité de filtrage+
résistance). En suivant la technique de mesure décrite précédemment (cf. Figure III-7), nous sommes
arrivés aux résultats présentés sur la Figure III-20(b). Ces mesures ont pour but de montrer l’effet de la
variation d’une charge capacitive sur la fréquence de résonance.

Csh
(a)

Y(x)

Application

Figure III-20a Schéma de connexions électriques

124
Chapitre III

90
68pF
80 300pF
1nF
4.7nF
70
Amplitude de déplacement (µm)

10nF
15nF
60 33nF
68nF
50 100nF
1µF
40

30

20

10
(b)
0
220 230 240 250 260 270 280 290 300 310 320
Fréquence de vibration (Hz)

Figure III-20b Effet de la capacité shunt sur la fréquence de résonance (Mode 31)

Le taux de variation de la fréquence de résonance obtenu pour ce type de couplage électromécanique


est de 11 %, entre 255 Hz et 285 Hz. Il apparait une différence au niveau des amplitudes du
déplacement de la masse sismique pour les différentes valeurs capacitives. L’amplitude de
déplacement de la masse est beaucoup plus importante lorsque l’on est proche du court circuit que
lorsqu’on est proche du circuit ouvert. Ceci est dû au fait que nous imposons une accélération du
support vibrant et non pas un déplacement, cette accélération a été gardée constante à une valeur égale
à 1g.

Il apparait également des différences entre le calcul théorique et les relevés expérimentaux, ces
différences s’expliquent par le fait que la géométrie considérée pendant le calcul théorique ne reflète
pas totalement la structure fabriquée. En effet, lors de l’étude théorique nous avons considéré un
assemblage parfait entre les différentes parties de la structure, c’est-à-dire que l’épaisseur de la colle
utilisée été négligeable, et que la rigidité de cette colle est infinie, ce qui n’est pas le cas en pratique.
La présence de la colle ajoute une raideur mécanique en série avec la raideur équivalente au matériau
piézoélectrique, ce qui modifie le comportement mécanique de la structure et influe négativement sur
le taux de variation de la fréquence de résonance.

Il est à noter aussi, d’après les résultats présentés, que le fait de coupler un matériau piézoélectrique à
une charge capacitive n’a pas d’effet sur le facteur de qualité de la structure et donc sur la puissance
électrique que le système peut délivrer.

• Structure en mode longitudinal (33):

Le déplacement de la masse sismique de la structure en mode longitudinal en fonction de la fréquence


de vibration et pour différentes valeurs de charge capacitive est présenté sur la figure ci-dessous, sous
une accélération de 0.1g.

125
Chapitre III

20
C-O
Amplitude de déplacement (µm) 100pF
500pF
15 1nF
2nF
3.5nF
C-C
10

0
200 250 300 350
Fréquence de vibration (Hz)

Figure III-21 Effet de la capacité shunt sur la fréquence de résonance (Mode 33), C-C : court-circuit, C-O : circuit
ouvert.

280

270
Fréquence de résonance

260

250

240

230

220

210 -2 -1 0 1
10 10 10 10
Capacité shunt (Csh/Cp)

Figure III-22 Variation de la fréquence de résonance en fonction de la capacité shunt

Il apparait dans ces résultats, comme dans le cas d’un couplage électromécanique transversal, un écart
entre les résultats théoriques et les résultats expérimentaux. L’écart dans ce cas de figure est
relativement important : 50 % de taux de variation de la fréquence de résonance en théorie contre 40
% en pratique (entre 210 Hz et 295 Hz). Cette configuration présente une multitude de briques
piézoélectriques avec un nombre d’interfaces de collage d’autant plus important qui réduit d’autant la
transmission des contraintes mécaniques vers le matériau piézoélectrique.

126
Chapitre III

III.8 Synthèse de la caractérisation électromécanique des prototypes fabriqués :

Les différentes mesures effectuées sur les deux prototypes développés en mode 31 et en mode 33
montrent l’avantage du mode 33 et valident le principe d’adaptation de la fréquence de résonance par
ajustement de la charge capacitive. Les résultats expérimentaux ne correspondent pas parfaitement aux
estimations théoriques du fait de l’utilisation de collage, relativement élastiques au regard du matériau
piézoélectrique, et qui modifient la raideur globale de la poutre. Néanmoins, un taux de variation de la
fréquence de résonance de 11 et 40 % a pu être mesuré. Nous allons dans ce qui suit étudier une
électronique qui permet d’utiliser le même matériau piézoélectrique à la fois pour la conversion
mécano-électrique et l’ajustement de la fréquence de résonance.

III.9 Automatisation du réglage de la fréquence de résonance :

Pour ajuster la fréquence de résonance et convertir une partie de l’énergie mécanique en énergie
électrique, il est possible : soit de dédier une couche piézoélectrique pour la variation de la fréquence
de résonance et une autre pour la récupération de l’énergie, soit d’utiliser les deux couches
piézoélectriques pour faire les deux fonctions en même temps. Pour ce dernier cas, il faut ajuster la
valeur globale de la charge complexe pour ajuster la fréquence de résonance et la partie active/réelle
de la charge pour ajuster la proportion d’énergie mécanique à traduire en énergie électrique (c’est-à-
dire ajuster l’amortissement électrique). Nous allons dans ce qui suit étudier les deux options en
commençant par le contrôle séparé de la fréquence et de l’amortissement via les deux couches
piézoélectriques dédiées à chacun des effets.

III.9.1 Asservissement de la fréquence de résonance (séparation des deux fonctions) :

Dans le cas d’un pilotage séparé de l’amortissement et de la fréquence de résonance électrique, nous
utilisons la couche piézoélectrique (L1) pour la récupération de l’énergie électrique et la couche (L2)
pour l’adaptation la fréquence de résonance. Le schéma global du système est donné par la figure
suivante :

127
Chapitre III

SC2

R CIV
L1
AC/DC
- Moyenne Sens de
glissante variation de
+ puissance
SC1

up/down
Comparaison
C1 2.C1 … 2n.C1

Compteur binaire
L2

k1 k2 kn
Mémorisation
clk

SC3

Figure III-23 Stratégie d’ajustement de la fréquence de résonance

Ce schéma est composé de trois parties principales :

Première partie (SC1) :

Cette première partie concerne la récupération et la gestion de l’énergie électrique. Elle est composée
de la couche piézoélectrique utilisée en mode générateur (L1), d’un convertisseur AC-DC suivi d’une
batterie de tension Vbat.

Deuxième partie (SC2) :

La deuxième partie du circuit concerne l’électronique de contrôle de la fréquence de résonance. Celle-


ci n’est pas basée sur une mesure directe de décalage entre la fréquence de la vibration et la fréquence
de résonance, mais sur une poursuite du point de maximum de puissance électrique fournie à la
batterie.

Le principe consiste à modifier la fréquence de résonance dans un sens, de regarder si cela conduit à
une augmentation ou une diminution de la puissance de sortie. Si elle augmente alors la fréquence de
résonance est à nouveau modifiée dans le même sens, sinon elle est modifiée dans le sens opposé. Les
changements de fréquence de résonance sont effectués toutes les 10 périodes de vibration de façon à
limiter la consommation associée et de laisser au générateur le temps d’atteindre son régime
permanent. Le changement de la fréquence de résonance s’effectue via un compteur 8 bits qui
incrémente ou décrémente la valeur capacitive placée en sortie de couche piézoélectrique L2. Cette
électronique est composée de cinq fonctions principales :

128
Chapitre III

A. Convertisseur courant-tension (CIV) :

Etant donné que nous cherchons à maximiser le courant moyen qui passe dans la batterie, nous
utilisons un convertisseur courant-tension qui convertit le courant circulant à travers la batterie en une
tension. Cette tension, et donc ce courant, est une image de la puissance électrique extraite du
générateur (P=Vbat.I). Ainsi, maximiser la puissance extraite revient à maximiser le courant moyen qui
traverse la batterie et donc la tension en sortie du convertisseur courant-tension.

B. Moyenne glissante :

Il s’agit d’un filtre passe bas qui mesure la moyenne de la tension, image du courant moyen I, en sortie
du convertisseur courant-tension. Nous illustrons par la figure ci-dessous le fonctionnement du filtre
lors d’un changement de fréquence de résonance à l’instant t1 (Figure III-24). La tension moyenne de
sortie (Vs) du filtre passe d’un niveau Vs1 à un niveau Vs2 à l’instant t1 (instant de changement de la
fréquence de résonance).

Etant donné que nous avons fixé la fréquence de comptage à un dixième de la fréquence de vibration
via un diviseur de fréquence par 10, la constante de temps du filtre de la tension de sortie est donc de
l’ordre de 10 périodes, c’est-à-dire de 67 ms sachant que la fréquence maximale est de 300 Hz.

Ibat

Vs
Vs2

Vs1
Temps

t1

Figure III-24 Illustration qualitative du comportement du circuit de filtrage

C. Comparaison entre Vsi et Vsi+1 (sens de variation de la puissance):

Le but de cette fonction est de savoir si le dernier changement effectué sur la fréquence de résonance a
conduit à une augmentation de la puissance de sortie du générateur ou bien à sa diminution. Autrement
dit, savoir si le dernier changement effectué a permis de réduire ou bien d’augmenter l’écart entre la
fréquence de résonance et la fréquence de vibration. Pour ce faire, la tension moyenne (Vs) mesurée au
cycle précédent est stockée dans une mémoire analogique, celle-ci est comparée à celle du cycle en
cours :

2 Si la nouvelle valeur moyenne est supérieure à la précédente alors la fréquence de résonance


continue d’être modifiée dans le même sens.
2 Si la nouvelle valeur moyenne est inférieure à la précédente alors la fréquence de résonance
est modifiée dans un sens opposé à la dernière modification.

Le circuit qui permet d’effectuer le stockage et la comparaison des tensions moyennes de sortie Vs et
pour deux cycles successifs est présenté ci-dessous :

129
Chapitre III

Cm1 +
=1
-
Vs
Cm2 Vo

S1 S2
S1b S2b

Figure III-25 Circuit de mémorisation et de détermination du sens de variation de la puissance de sortie

Le stockage du niveau de tension s’effectue dans les condensateurs Cm1 et Cm2. Afin de ne pas affecter
le niveau de tension Vs, nous choisissons des condensateurs Cm1 et Cm2 très faible devant la capacité Ci
(capacité du filtre passe bas précédent). La commande du stockage du niveau de tension est effectuée
par la dérivée des signaux S1 et S2, ces deux signaux sont complémentaires, %" 3 %&' , comme le montre
le diagramme temporel ci-dessous.

clk
Temps

S1
S2 Temps

S2b S1b
Temps

Figure III-26 Signaux de commande des interrupteurs

Lorsqu’un front montant arrive sur le signal S1 une impulsion positive est envoyée aux interrupteurs
connectés à ce signal, alors qu’une impulsion négative est envoyée vers les deux autres interrupteurs,
et la valeur de la tension Vs est stockée dans Cm1. Dans le cas contraire, cas où un front descendant
arrive sur le signal S1, la valeur de tension Vs est stockée dans la capacité Cm2. Etant donné que la
fréquence de résonance change à chaque front montant du signal clk, nous avons décidé de générer le
signal S1 à partir de ce signal. Le signal de commande S1 a une fréquence égale à fclk/2, avancé d’une
demi-période de vibration par rapport au signal clk. L’avancement a pour rôle de commander les
interrupteurs, donc de stocker la valeur de Vs, juste avant le changement de la fréquence de résonance
afin d’être sûr de stocker la valeur du régime permanent. Le signal de sortie du comparateur est ensuite
comparé au signal S1 afin d’ajuster le sens de comparaison, c’est-à-dire obtenir le signe de Vsi-Vsi+1

130
Chapitre III

pour chaque comparaison, ce qui n’est pas le cas directement en sortie du comparateur, car ce dernier
alterne entre Vsi-Vsi+1 et -Vsi+Vsi+1 compte tenu de la logique de la commande des transistors.

D. Sens de variation de la fréquence de résonance (comparaison) :

Comme déjà évoqué dans la partie précédente, le résultat de la comparaison est utilisé pour déterminer
dans quel sens il faut effectuer le prochain changement de la fréquence de résonance. Si le résultat de
la comparaison montre que le dernier changement effectué sur la fréquence de résonance a permis
d’augmenter la puissance récupérée, alors la fréquence de résonance est modifiée dans le même sens
sinon elle est modifiée dans l’autre sens. Le schéma ci-dessous présente le circuit électronique qui
permet d’effectuer cette opération :

D Q
Vo Bascule1 =1
Up/down
Clk2

D Q
Bascule2
Clk
Figure III-27 Circuit d’adaptation du sens de variation de la fréquence de résonance

La sortie logique (V0) de l’étage précédent est stockée dans la bascule 1 afin de maintenir le résultat de
la comparaison jusqu’au prochain cycle. Cette bascule est commandée par le signal d’horloge Clk2, ce
signal est généré à partir du signal S1 retardé. Nous le retardons par rapport au S1 afin de laisser le
temps aux capacités Cm1 et Cm2 de se charger ou se décharger complètement avant de renouveler la
valeur stockée dans cette bascule, tout dépend de la différence de tension entre deux cycles successifs
(Vsi). Ensuite nous comparons, via une porte XNOR, le sens de variation de la puissance de sortie
stockée dans la bascule1 avec l’ancienne opération effectuée sur la fréquence de résonance
(augmentation ou diminution). L’opération effectuée sur la fréquence de résonance est stockée dans la
bascule 2 pour le prochain cycle, le signal d’horloge de cette bascule est le même que celui qui
commande le compteur.

E. Le compteur binaire :

Ce compteur permet de commander les interrupteurs ki qui permettent la connexion ou la déconnexion


des capacités parallèles (C1, 2C1, ... 2nC1). Le sens de comptage est déterminé par le circuit de la figure
III-27. Si la sortie de ce circuit est égal à 1 logique (+Vcc) au prochain front montant du signal clk, la
sortie du compteur est incrémentée, si il est égal à zéro cela implique qu’au prochain front montant la
sortie du compteur est décrémenté.

Ainsi, la fréquence de résonance est modifiée en permanence pour se rapprocher le plus possible d’un
maximum de tension et donc ici de puissance en sortie du récupérateur d’énergie. On peut supposer
que ce maximum de puissance correspond au cas où la fréquence de résonance est au plus proche de la
fréquence de vibration, mais dans tous les cas, ce que l’on cherche vraiment, c’est de maximiser la
puissance de sortie.

131
Chapitre III

La fonction capacité variable (SC3) :

La fonction capacité variable est composée de cellules capacitives, commandées par les sorties du
compteur. Les valeurs de capacités des différentes cellules sont choisies de sorte à ce que l’on garde
une variation monotone, avec la valeur de comptage, de la capacité totale vue par la couche
piézoélectrique L2. C’est pourquoi nous avons choisi de mettre en parallèle les capacités suivantes C1,
2C1, 22C1…2nC1 dont la connexion est commandable respectivement par les bits 1 à n du compteur
binaire.

L’étude théorique établie en début, de cette partie montre qu’il faut utiliser le même matériau
piézoélectrique à la fois pour la récupération de l’énergie électrique et pour l’ajustement de la
fréquence de résonance. Par ailleurs, il faut veiller à ce que la charge vue par le matériau
piézoélectrique reste optimale. La partie suivante décrit justement une électronique que nous avons
mise au point pour ajuster la fréquence de résonance et optimiser le taux d’énergie mécanique
convertie en énergie électrique, c’est-à-dire l’amortissement électrique.

III.10 Adaptation de la fréquence de résonance et de l’amortissement électrique :

Pour maximiser le taux de variation de la fréquence de résonance, l’ensemble du matériau


piézoélectrique doit pouvoir être utilisé à cet effet. Néanmoins il faut aussi pouvoir extraire de
l’énergie électrique du dispositif. Pour cela nous proposons de dériver une partie du courant, circulant
dans les capacités de sortie destinées à l’ajustement de la fréquence de résonance, pour alimenter la
charge électrique. La charge de sortie est donc alimentée par une proportion du courant circulant dans
la charge capacitive destinée au tuning de fréquence, cette proportion de courant est ajustée de façon à
ce que l’amortissement électrique soit égal à l’amortissement mécanique de la structure afin de
maximiser la puissance de sortie.

Pour dériver la proportion de courant souhaité, nous proposons l’architecture de la figure ci-dessous,
qui consiste à placer une partie des capacités de sortie en série avec la charge à alimenter. La capacité
totale se décompose en deux capacités, une capacité C1 directement placée en sortie des briques
piézoélectriques et une capacité C2 en série avec la charge électrique modélisée ici par une batterie.

C2 Ibat

Cp C1 Vc2 AC-DC Vbat


ip V

Figure III-28 Architecture proposée pour l’ajustement de la fréquence de résonance et l’extraction de l’énergie
électrique

Nous allons ci-après modéliser l’effet des capacités C1 et C2 sur la fréquence de résonance et sur
l’amortissement électrique.

132
Chapitre III

2 Ajustement de la fréquence de résonance :

Pour exprimer la fréquence de résonance en fonction de l’ensemble des éléments auquel le matériau
piézoélectrique est connecté (C1, C2, Vbat), nous reprenons l’expression développée dans la partie
précédente. Néanmoins, nous cherchons l’expression de la capacité équivalente qui donne le même
effet sur la fréquence de résonance que l’ensemble des éléments (C1, C2, Vbat) lorsque le pont de diode
est passant, ensuite nous l’intégrons dans le modèle étudié précédemment (piézoélectrique+Csh). Nous
partons de l’hypothèse que la tension à vide générée par le piézoélectrique est toujours
significativement supérieure à la tension de la batterie Vbat.

Par utilisation du théorème de superposition, nous arrivons à l’expression suivante de la capacité


équivalente :

(" 7 (' + E ,
()* 3
(
(III-26)
+ 7 , -(' /
.

0
Avec , 3 0.123
425

Vpmax étant la tension générée par le matériau piézoélectrique à vide.

Nous constatons d’après cette expression que l’effet de la capacité C2 dépend fortement du rapport
entre la tension de la batterie et la tension à vide du matériau piézoélectrique. La valeur de cette
capacité équivalente permet de déterminer la fréquence de résonance en fonction de C1 et C2 et les
conditions d’entrée (équation III-23).

2 Ajustement de l’amortissement électrique (ajustement du niveau d’énergie électrique


prélevée) :

Pour modéliser l’effet de la capacité C2 et du niveau de tension Vbat nous suivons les étapes suivantes :

1) Nous considérons dans un premier temps le modèle général avec une fréquence de résonance
égale à la fréquence de vibration et un amortissement électrique égal à l’amortissement
mécanique. On suppose que ce fonctionnement sera celui du système lorsque l’électronique
aura ajusté la fréquence de résonance sur la fréquence de vibration et l’amortissement
électrique sur l’amortissement mécanique. A partir de ce modèle général, nous calculons les
formes d’onde du déplacement, ainsi que l’énergie mécanique dissipée dans la structure
mécanique par période de vibration.
2) Dans un second temps, nous reprenons le circuit équivalent du générateur piézoélectrique avec
une charge électrique composée de C1, C2, le pont de diode et la batterie Vbat. Nous calculons
alors dans les cas diodes passantes et diodes bloquées le déplacement de la masse sismique et
le courant électrique fourni à la batterie sur une période de vibration. Nous calculons alors
l’énergie électrique totale transférée à la batterie sur une période de vibration en fonction de
C2.
3) Nous calculons la valeur de C2 de telle manière que l’énergie électrique transférée à la batterie
sur une période soit égale à l’énergie mécanique dissipée sur une période, telle que calculée à
l’étape 1, tout en respectant la capacité équivalente déterminée précédemment pour atteindre
la fréquence de résonance souhaitée.

133
Chapitre III

Etape N°1 :

Nous avons vu au cours du chapitre précédent que, dans le cas du modèle général (cf. figure II-1), le
déplacement relatif de la masse sismique s’écrit de la façon suivante :

678 7 9) 7 9: 7; 7 <7 3 E6=8


(III-27)

Ce qui conduit à l’expression suivante du déplacement relatif à la résonance :

E?
7> 3 BCD> 7 E
@A
(III-28)

Avec A 3 A: 7 A) 3 @A:

A partir de cette expression, nous pouvons déterminer l’énergie mécanique dissipée sur une période de
vibration. Après calcul nous obtenons l’expression suivante :

?D '
F:GH 3 @A: 6$ - /
@A
(III-29)

Après avoir déterminé l’expression de l’énergie mécanique dissipée dans la structure dans les
conditions de résonance et d’amortissement optimales, nous passons à présent à l’étude du générateur
piézoélectrique couplé aux capacités C1 et C2 et chargé par la batterie Vbat.

Etape N°2 :

Etant donné que le générateur n’est pas couplé en permanence avec l’ensemble des éléments (C1, C2 et
la batterie), du fait de la présence du pont redresseur, nous devons tenir compte de chacune de phases
de blocage ou de conduction des diodes. De ce fait, nous allons étudier dans le domaine temporel et
sur une période chacune des phases.

Nous distinguons cinq phases par période de vibration conformément au diagramme temporel ci-
dessous :

Vbat
V
Temps
t3 t4
0 t1 t2

-Vbat
Ibat

Temps

Figure III-29 Diagramme temporel du fonctionnement du générateur

134
Chapitre III

La 1ère (06t1)/3ème(t26t3)/5ème(t46t5) phase : seule la capacité C1 est couplée avec le matériau


piézoélectrique (pont diodes bloqué)

La 2ème(t16t2)/4ème (t36t4) phase : tout les composants sont connectés (C1, C2, Vbat) avec le générateur
(pont diodes passant).

Nous allons, dans ce qui suit, faire l’étude détaillée du comportement du générateur sur une période de
vibration pour le régime permanent. Nous supposons aussi que la fréquence de résonance est ajustée
sur la fréquence de vibration lorsque le pont diode est passant.

6t1)
Première phase de fonctionnement : (06

Le schéma équivalent du générateur lorsque les diodes du pont redresseur sont bloquées est représenté
par la figure ci-dessous :

Cp C1
ip V

Figure III-30 Circuit équivalent du générateur lorsque le pont diodes est bloqué

Pour déterminer la tension évoluant aux bornes de la capacité C1, nous reprenons les résultats de calcul
établis dans le chapitre précédent pour un générateur piézoélectrique en régime dynamique.
Commençons par rappeler la relation qui lie le déplacement, la déformée moyenne dans le matériau
piézoélectrique ainsi que la tension qui apparait aux bornes du matériau piézoélectrique :

8 8 k 5 2Y p I p V 5
(III-30)
z = k1 6 ε + 661 − 2 33 d 31 3
6 k1 4 YI e p 34
7 7

Cette équation reste valable pendant toute la période de vibration. Ce qui change d’une phase à l’autre
c’est la relation qui lie la déformée moyenne dans le piézoélectrique à la tension qui apparait à ses
bornes. Pour cette première phase, la relation entre la dérivée de la tension V et celle de la déformée
moyenne dans le piézoélectrique est décrite par l’équation ci-dessous :

ε2 =
(
C1 + C p 2 − k 312 2
V
) (III-31)

d 31 Y p wL p

Pour remonter à la relation entre la tension V et la déformée moyenne dans le piézoélectrique, nous
considérons que les conditions initiales en termes de tension V et de déformée moyenne dans le
matériau piézoélectrique sont égales à zéro. Ceci nous permet d’écrire l’équation ci-dessous :

ε (t ) =
(
C1 + C p 1 − k 312 )V = A V (t ) (III-32)
db
d 31 Y p wL p

135
Chapitre III

La substitution de l’équation (III.32) dans l’équation précédente (III.30) permet de remonter vers la
relation qui lie la tension aux bornes du matériau piézoélectrique et le déplacement relatif de la masse
sismique :

z (t ) = k dbV (t ) (III-33)

Avec :

k db = k1 6
( )
8 C1 + 1 − k 312 C p 8 k 2 5 2Y p I p
+ 661 − 33
5
3
(III-34)

6 d Y Lw 3
7 31 p 7 k1 4 YIe p 4

Revenons à présent à l’équation différentielle qui régit le mouvement de la masse sismique (III.27), et
remplaçons le déplacement relatif par son expression en fonction de la tension V (III-33). La résolution
de cette équation permet d’établir l’expression temporelle de la tension qui apparait aux bornes du
matériau piézoélectrique :

Yω 2 cos(ωt + ϕ ) (III-35)
V (t ) = −
1
k db (2ξ mωω n )2 + (ωn2 − ω 2 )2
Notons que pendant cette phase, l’amortissement électrique est supposé être égal à zéro du moment où
aucun courant n’est transférée à la charge. Nous supposons également que la fréquence de résonance
est légèrement décalée de la fréquence de vibration du fait de l’absence de C2.

Le changement de phase se fait au moment où la valeur absolue de la tension V atteint la valeur de la


tension de la batterie (Vbat), la capacité C2 est supposée complètement déchargée pour cette première
phase. Ainsi, nous pouvons déterminer l’instant où cette phase s’achève en écrivant la condition ci-
dessous :

1 Yω 2 cos(ωt1 + ϕ )
8 −V k
6 (2ξ mωω n )2 + (ω n2 − ω 2 )2 53
− = Vbat  ωt1 = arccos6 bat db 33 − ϕ
k db (2ξ mωω n ) 2
(
+ ω −ω
2
n )
2 2 6
7
Yω 2
4
(III-36)

Deuxième phase de fonctionnement : (t16 t2)

Lors de cette deuxième phase, deux des diodes du pont redresseur sont passantes et relie la batterie en
série avec C2 au générateur piézoélectrique. La fréquence de résonance est supposée égale à la
fréquence de vibration pendant cette phase. Le circuit électrique équivalent durant cette phase est
représenté ci-après :

136
Chapitre III

C2 Ibat

Cp C1 Vc2 Vbat
ip V

Figure III-31 Circuit électrique équivalent lorsque le pont diodes est passant

Pour déterminer la tension V et le courant qui charge la batterie, nous procédons de la même manière
que pour la première phase, sauf qu’ici la relation qui lie la déformée moyenne dans le matériau
piézoélectrique à la tension qui apparait à ses bornes n’est pas la même.

En utilisant les équations constitutives de la piézoélectricité et en considérant le modèle du générateur


piézoélectrique présenté ci-dessus, on peut en déduire l’expression suivante qui lie la dérivée de la
déformée à celle de la tension :

ε2 =
(
C1 + C2 + C p 2 − k312 2 )
V = AdcV2 (III-37)
d 31 Yp wL p

A la différence de la première phase, les conditions initiales en termes de tension aux bornes du
matériau piézoélectrique et de déformé moyenne dans ce dernier ne sont plus égales à zéro et doivent
être prises en compte. La valeur de la tension et de la déformée au moment du passage à la deuxième
phase sont déterminées à partir des dernières valeurs prise lors de la première phase, c’est-à-dire à
l’instant t1.

Au final, l’expression qui lie la tension et la déformée moyenne est comme suit :

ε (t ) = ( Adb − Adc )Vbat + AdcV (t ) (III-38)

Ainsi, le déplacement relatif de la masse sismique en fonction de la tension V peut alors être déduit :

8 (A − A ) 5
z (t ) = k dc 66 db * dc Vbat + V (t )33 (III-39)
7 k dc 4
Avec

8 8 k 5 2Y p I p 5
k dc = k1k dc
* *
et k dc = 6 Adc + 661 − 2 33 3 (III-40)
6 3
7 7 k1 4 YIe p 4

Nous pouvons à présent déterminer la tension V qui apparait aux bornes du matériau piézoélectrique
en intégrant l’équation (III-39) dans l’équation qui régit le mouvement relatif de la masse sismique :

1 Y cos(ωt + π / 2) ( Adb − Adc )


V (t ) = − − Vbat (III-41)
k dc 2ξ k dc*

137
Chapitre III

Pour calculer l’énergie transmise vers la batterie pendant cette phase, il faut intégrer le produit de la
tension Vbat par le courant Ibat transféré à la batterie durant cette phase, ce courant s’exprime par :

d (V (t ) − Vbat )
I bat (t ) = C 2 (III-42)
dt
Ce qui nous donne en développant :

C2ω Y sin (ωt + π / 2 )


I bat (t ) = (III-43)
k dc 2ξ

Cette phase s’achève au moment où le courant traversant le pont diode tente de s’inverser (blocage des
diodes), c’est à dire au moment où le courant passe par 0. Nous pouvons alors déterminer l’instant t2
auquel cette phase s’achève:

C2ω Y sin (ωt 2 + ϕ ) π


I bat (t2 ) = = 0  sin (ωt 2 + π / 2) = 0  ωt2 =
k dc 2ξ 2

Avant de passer à la phase suivante, nous calculons la charge électrique qui reste stockée dans la
capacité C2 au moment où les diodes se bloquent. Ceci nous aidera à déterminer l’instant de mise à
nouveau en conduction du pont diode. Après calcul nous obtenons la tension finale suivante qui reste
appliquée sur la capacité C2 :

*
1 Y k db
VC2 = − * Vbat (III-44)
k dc 2ξ k dc

L’énergie transférée à la batterie durant cette phase peut être déterminée comme suit :

t2

Eelec1 = 2 I bat (t )Vbat dt = Vbat (1 + cos(ωt1 + π / 2 ))


C2 Y (III-45)
t1
k dc 2ξ

Troisième phase de fonctionnement : (t26 t3) :

Lors de cette phase, nous revenons aux conditions de fonctionnement de la première phase, c’est-à-
dire que seule la capacité C1 est connectée avec le générateur piézoélectrique.

De la même façon que durant la première phase, la tension aux bornes du générateur piézoélectrique
s’exprime comme suit :

V (t ) = −
1 Yω 2 cos(ωt + ϕ )

( Adc − Adb ) 86 *
1 Y k db

5
6 k 2ξ k * Vbat 33
(III-46)
(2ξ mωnω ) ( )
*
k db 2
+ ω −ω
2 2 2 k db 7 dc dc 4
n

Cette phase se termine lorsque la tension aux bornes du pont diode dépasse la tension de la batterie
Vbat, à savoir :

8 1 8 Y 55
V (t ) − VC2 = −Vbat  cos(ωt3 + ϕ ) =
k db
(2ξ mω nω )2 + (ωn2 − ω 2 )2 66 2Vbat − 6 33 (III-47)
Yω 2 7 k db 67 2ξ 34 34

138
Chapitre III

Quatrième phase de fonctionnement : (t36 t4)

La tension qui s’établit aux bornes du matériau piézoélectrique durant cette quatrième phase est
comme suit :

1 Y cos(ωt + π / 2) ( Adb − Adc )


V (t ) = − + Vbat (III-48)
k dc 2ξ *
k dc

Le courant qui traverse la batterie, peut être déterminé de la même façon qu’en phase 2 :

C2ω Y sin (ωt + π / 2 )


I bat (t ) = − (III-49)
k dc 2ξ

Cette phase s’achève au moment où le courant dans la batterie s’annule :

C2ω Y sin (ωt 4 + ϕ ) 3π


I bat (t 2 ) = − = 0  sin (ωt 4 + π / 2) = 0  ωt4 = (III-50)
kdc 2ξ 2

L’énergie transférée à la batterie pendant cette période est telle que :

t4

Eelec 2 = 2 I bat (t )Vbat dt = Vbat (1 − cos(ωt3 + π / 2 ))


C2 Y
t3
k dc 2ξ (III-51)

Etape N°3 :

Pour maximiser la puissance délivrée à la batterie, il faut que l’énergie transférée à la batterie sur une
période soit égale à l’énergie mécanique dissipée sur une période, à savoir :

Eelec1 + Eelec2 = Eméca (III-52)

En combinant cette équation avec l’équation (III-23) qui fixe la fréquence de résonance, il est possible
d’en déduire les valeurs de C1 et C2.

Après avoir établi les expressions analytiques pour déterminer C1 et C2 tout en respectant les
conditions d’optimisation du système de récupération d’énergie vis-à-vis de la fréquence et de
l’amplitude des vibrations, nous allons dans la partie suivante valider le principe expérimentalement.

III.11 Résultats expérimentaux du double ajustement :

Nous avons testé ce principe sur la structure en mode 33. Nous avons mesuré le déplacement de la
masse sismique ainsi que le courant moyen fournis à la charge en fonction de la fréquence de vibration
et cela pour différents couples de capacités C1 et C2. La Figure III-32 présente la fréquence de
résonance en fonction de C2 et pour différentes valeurs de C1, tandis que la Figure III-33 présente le
courant fourni à la charge à la fréquence de résonance en fonction de C2 et pour différentes valeurs de
C1.

139
Chapitre III

300
56pF
70pF
290
158pF
243pF
280 657pF
1nF
Fréquence de résonance (Hz)

270

260

250

240

230

220

210 -10 -9 -8 -7 -6
10 10 10 10 10
Capacité C2 (F)

Figure III-32 Effet des capacités C1 et C2 sur la fréquence de résonance

16

14

12
Courant de charge (µA)

10

8 56pF
70pF
158pF
6 243pF
657pF
1nF
4

0 -10 -9 -8 -7 -6
10 10 10 10 10
Capacité C2 (F)

Figure III-33 Effet des capacités C1 et C2 sur le courant fourni à la charge (0.1g) en maintenant la fréquence d’entrée
égale à la fréquence de résonance

Il ressort de ces résultats que pour extraire le maximum d’énergie électrique il faut limiter les
variations de la capacité C2, dans ce cas entre Cp et 10Cp. Ceci implique, en contre partie, une
diminution du taux de variation de la fréquence de la résonance. Cependant, nous assurons un réglage
en fréquence de résonance et en amortissement électrique, ce qui permet au générateur de fonctionner
dans ces conditions optimales quelques soit les conditions d’entrée.

140
Chapitre III

III.12 Electronique de réglage de la fréquence de résonance et de l’amortissement électrique :

La stratégie d’asservissement des valeurs des capacités C1 et C2 pour maximiser la puissance de sortie
est présentée sur la figure ci-dessous :

C2 Courant de
Piezo charge
C1 AC-DC Batterie

Poursuite du Condition-
Réglage maximum de nement du
de C2 puissance signal
Poursuite du Condition-
Réglage
maximum de nement du
de C1
puissance signal

Figure III-34 Stratégie de commande de la fréquence de résonance et de l’amortissement électrique

Il s’agit dans ce cas de deux boucles de régulation, une pour le réglage de C1 et une deuxième pour le
réglage de C2. L’architecture des deux boucles est la même, la différence entre les deux étant la vitesse
de la rétroaction. Pour le réglage de C2 nous avons choisi une fréquence d’ajustement égale à un
huitième de la fréquence de vibration. Et pour le réglage de C1 nous avons choisi une fréquence
d’ajustement égale à un huitième de la fréquence d’ajustement de C2. Comme C2 agit directement sur
l’amortissement électrique, son effet sur la puissance de sortie est plus immédiat que C1 qui agit plus
sur la fréquence de résonance. C’est pourquoi nous avons choisi une rétroaction plus rapide sur C2.
Quant à la technique utilisée pour la poursuite du point de maximum de puissance, nous avons utilisé
la même stratégie que pour le réglage de la fréquence de résonance présentée dans la partie précédente
(cf. Figure III-23). Cependant, nous n’avons pas réussi à vraiment stabiliser le système sur son point
de fonctionnement optimal en raison notamment de non linéarités mécaniques dans la structure en
mode 33.

III.12.1 Résultats expérimentaux de l’électronique d’asservissement :

Pour tester cette électronique, nous avons utilisé le même banc d’essai que celui décrit précédemment,
Figure III-7. Nous avons utilisé la structure en mode 33 afin d’obtenir la plus grande variation en
fréquence de résonance. Après avoir testé le fonctionnement de chaque fonction électronique
séparément, nous avons connecté les deux électroniques d’asservissement au générateur
piézoélectrique, comme décrit précédemment. La figure ci-dessous présente la puissance récupérée
entre 200 Hz et 320 Hz dans les cas suivants : boucle ouverte (sans tuning de fréquence de résonance
ni de la charge électrique), boucle fermée (avec utilisation des deux boucles d’asservissement). La
puissance nette étant la puissance reçue par la batterie. L’écart entre la puissance nette et la puissance
récupérée par le générateur représente la puissance consommée par l’électronique d’asservissement.

141
Chapitre III

450

400
Puissance récupérée BO
Puissance récupérée BF
Puissance récupérée (µW)

350
Puissance nette récupérée BF

300

250

200

150

100
200 220 240 260 280 300 320
Fréquence de vibration (Hz)

Figure III-35 Tension de sortie avec l’ajustement automatique de la fréquence de résonance

Nous constatons que le maximum de puissance est atteint entre 260 et 310 Hz dans le ce cas d’un
fonctionnement en boucle fermée, la bande passante du récupérateur est fortement améliorée par
rapport à un système sans tuning de fréquence, fonctionnement en boucle ouverte. Ces résultats
montrent clairement la performance de l’approche adoptée au cours de cette étude, la bande passante
est fortement élargie (facteur > 3).

III.12.2 Bilan de puissance :

Pour la présente technique et contrairement à la technique précédente, aucune énergie n’est injectée
dans le générateur pour ajuster sa fréquence de résonance. La puissance nécessaire pour
l’asservissement est celle consommée par l’électronique destinée à faire la poursuite du point de
maximum de puissance et la commande des transistors permettant d’ajuster les valeurs capacitive C1 et
C2. La consommation statique de l’électronique des deux boucles est égale à 50 µW, tandis que le
générateur produit une puissance moyenne de 480 µW à 0.1 g.

IV Conclusion :

Au cours de ce chapitre, nous avons présenté deux techniques permettant de faire l’ajustement en
temps réel de la fréquence de résonance. La première technique est basée sur l’application d’un champ
électrique dans un matériau piézoélectrique, la deuxième technique est basée sur la modification d’une
charge capacitive. Nous avons montré par la théorie et par l’expérimentation le fonctionnement de
chacune des deux approches. D’une part, l’application d’un champ électrique dans la partie
piézoélectrique a permis d’obtenir un taux de variation de la fréquence de résonance de 20 %, et
d’autre part, l’adaptation de la charge électrique a permis d’obtenir jusqu’à 40 % de variation de la
fréquence de résonance. Par ailleurs, pour chacune des techniques développées, une stratégie de
rétroaction électrique a été présentée. L’implémentation de ces stratégies a montré que l’ajustement
automatique de la fréquence de résonance consomme environ 5 % de l’énergie produite, dans le cas
d’une seule boucle de régulation, et 10% dans le cas de deux boucles de régulation. Ces résultats
montrent qu’il est tout à fait possible de réaliser un système autonome capable d’ajuster en temps réel

142
Chapitre III

sa fréquence de résonance. Dans la deuxième partie de ce chapitre, nous avons montré aussi qu’il est
possible d’ajuster à la fois la fréquence de résonance et l’amortissement électrique par adaptation de la
charge électrique d’un récupérateur d’énergie piézoélectrique, cette technique permet de conserver un
fonctionnement optimal du convertisseur quelque soit la fréquence ou l’amplitude du signal
d’excitation. Les résultats expérimentaux ont montré clairement les performances de ces deux
techniques lors d’un fonctionnement sur une large bande de fréquences de vibration.

V Références :

[1] U.Von Wagner, P. Hagedorn, “Nonlinear Effects of Piezoceramics Excited by Weak Electric Field”,
Nonlinear Dyn 31, 133-149, 2003
[2] Q. Wang, Q. Zhang, B. Xu, R. Liu, and L. Cross, “Non-linear piezoelectric behaviour of ceramic bending
mode actuators under strong electric fields”, J. Appl. Phys. 86, 3352-3360, 1999
[3] P. Joshi, “Non linear constitutive relations for piezoceramic materials”, Smart Mate. Struc, 1, 80-83, 1992
[4] R-P. Thornbourgh, “Non linear actuation of smart composites using a coupled piezoelectric mechanical
model”, Smart Material Structure, Vol 10, pp 743-749, 2010
[5] http://www.trstechnologies.com/

143
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1
I Introduction : ................................................................................................................................. 1451
II Présentation de l’approche :......................................................................................................... 1451
III Etude théorique de la technique du rebond mécanique synchronisé : ........................................ 1471
III.1 Formulation du gain énergétique : ....................................................................................... 1471
III.2 Modélisation du comportement d’une structure avec rebond mécanique : ......................... 1491
IV Choix du mécanisme d’application du rebond mécanique :....................................................... 1541
IV.1 Actionnement par un matériau à dilatation thermique : ...................................................... 1551
IV.2 Actionnement par principe électromagnétique : ................................................................. 1551
IV.3 Actionnement par principe piézoélectrique :....................................................................... 1561
V Electronique de commande des actionneurs :.............................................................................. 1561
VI Dispositif expérimental et caractérisation : ................................................................................ 1591
VI.1 Dimensionnement et fabrication de la structure mécanique : ............................................. 1591
VI.2 Choix des actionneurs piézoélectriques : ............................................................................ 1591
VI.3 Banc de caractérisation : ..................................................................................................... 1601
VI.4 Résultats de la caractérisation mécanique : ......................................................................... 1601
VI.5 Résultats expérimentaux de la technique du rebond : ......................................................... 1611
VII Conclusion : .............................................................................................................................. 1621

144
Chapitre IV

La présente approche vise la récupération d’énergie à partir de vibrations relativement aléatoires


et/ou très étalées en fréquence. Elle ne consiste pas à traquer une fréquence principale, mais bien à
amplifier et récupérer tous les mouvements même les plus chaotiques.

I Introduction :

L’idée dans cette approche est de réaliser un rebond élastique entre la masse sismique et la source de
vibration lorsque la vitesse de la source de vibration passe par un extremum. Lorsque ce rebond a lieu,
et dès lors que le mouvement de la source n’est pas perturbé par le rebond lui-même (masse sismique
faible devant la masse de la source de vibration), la masse sismique gagne en vitesse absolue et donc
en énergie cinétique. Cette énergie est augmentée à chaque rebond jusqu’à ce que l’énergie dissipée
et/ou convertie en un cycle compense le gain d’énergie apporté par la source de vibration à chaque
cycle, à la manière d’un système résonant. Dans le cas où le rebond dure un temps négligeable au
regard de la période mécanique et en considérant un amortissement nul, le gain théorique en vitesse
absolue de la masse sismique à chaque rebond est de l’ordre de 2 fois la vitesse de la source au
moment du rebond, vitesse qui est maximale si le rebond est synchronisé sur un extremum de vitesse
de la source. Ce gain en vitesse correspond à un gain en énergie mécanique qui est d’autant plus élevé
que la vitesse de la masse sismique avant rebond est élevée, c’est-à-dire que plus le niveau d’énergie
mécanique stockée dans le système est élevé, plus la source de vibration lui en donne.

Ce chapitre commence par une description du principe de l’approche et une étude théorique de son
fonctionnement. Il présente ensuite la conception d’un prototype visant à la validation du concept. Ce
prototype est composé d’une poutre encastrée libre qui résonne à une fréquence naturelle fr1, et qui
laisse apparaitre une fréquence de résonance fr2 plus élevée durant le rebond mécanique. Une
optimisation du ratio fr2/fr1 en vue de maximiser l’amplification mécanique du système est alors
présentée. Enfin, le chapitre se termine par une validation expérimentale du principe.

II Présentation de l’approche :

Afin de bien comprendre le principe physique d’amplification mécanique par rebond mécanique, nous
allons regarder en détails le comportement mécanique à la résonance d’un système résonant classique
à un degré de liberté de type masse ressort. Considérons le modèle équivalent d’un résonateur
composé d’une masse sismique m attachée à un support vibrant par l’intermédiaire d’un ressort, de
raideur K, d’un amortisseur mécanique, de coefficient bm, et d’un amortisseur électrique, de coefficient
be, comme présenté au chapitre I :

145
Chapitre IV

z(t) Masse (m)

be bm
K

y(t)

Figure IV-1 Système équivalent à un degré de liberté

La puissance instantanée extraite de l’environnement peut s’exprimer sous la forme du produit de la


force qui s’applique sur la source de vibration (K.z) par la vitesse de ce dernier :

Puissance = Kz(t ). y2 (t )
(IV-1)

Dans le cas d’une excitation sinusoïdale, le maximum de puissance est extrait lorsque le déphasage
entre la vitesse et l’effort est égal à D, c’est à dire lorsque l’effort est en complète opposition avec le
déplacement de la source de vibration. En étant en complète opposition de phase entre vitesse et effort,
la source apporte du travail mécanique à la structure résonante. Pour avoir cette opposition de phase
entre vitesse du support et effort appliqué, il faut que le déplacement de la masse sismique et la source
de vibration soient en quadrature de phase, c’est-à-dire que le système soit excité à sa fréquence de
résonance. Dans ces conditions, un maximum d'énergie mécanique est transféré de la source vers le
système résonant. Ceci provoque une augmentation de l'énergie stockée dans le système masse-ressort
et par conséquent une augmentation du déplacement relatif de la masse sismique. Plus l’amplitude du
déplacement relatif est amplifiée, plus l’effort exercé par le ressort de rappel sur le support vibrant est
important. En conservant un déplacement de la source de vibration en quadrature de phase avec le
déplacement relatif de la masse sismique, alors le travail mécanique extrait du support (force appliquée
par le ressort multipliée par le déplacement de la source) devient de plus en plus important. Le système
est alors apte à extraire d’autant plus d’énergie du support vibrant que le déplacement relatif est
important (que la force exercée par le ressort est importante), c'est-à-dire que le facteur de qualité est
élevé.

Par contre, si la fréquence d'entrée ne correspond pas à la fréquence de résonance du résonateur, alors
l’effort exercé par le ressort sur la source de vibration n’est plus en permanence en opposition avec la
vitesse de déplacement de la source et il existe des allers-retours d’énergie entre la source de vibration
et le résonateur mécanique. Ceci se traduit par une amplification moyenne réduite du déplacement de
la masse sismique par rapport au déplacement de la source de vibration.

146
Chapitre IV

Afin de forcer un transfert unidirectionnel d’énergie depuis la source de vibration vers le système
masse ressort en dehors de la fréquence de résonance, nous proposons de réaliser un rebond élastique
entre la masse sismique et la masse du système masse ressort synchronisé avec le maximum de vitesse
du support. Après chaque rebond, la masse sismique gagne en vitesse. Ainsi, l’énergie absorbée par le
système masse ressort est maximisée (produit de la force par la vitesse). Ensuite plus la vitesse de la
masse sismique est élevée, plus l’effort exercé sur le support durant le rebond est élevé et plus le
travail mécanique extrait du support est élevé. Cette amplification de l’énergie extraite s’arrête lorsque
les pertes mécaniques compensent le gain d’énergie par cycle, comme dans un système résonant. Pour
réaliser le rebond mécanique, nous proposons de connecter temporairement un ressort rigide entre la
masse sismique et le support vibrant, le temps que ce ressort se compresse puis se détende pour
renvoyer la masse sismique dans le sens opposé. On appelle « période de blocage » la durée pendant
laquelle la masse sismique est reliée à la source de vibration via ce ressort rigide. Avant de s’intéresser
aux différents procédés envisageables pour la réalisation du rebond mécanique, nous proposons de
commencer par une étude théorique du fonctionnement dynamique du mécanisme de rebond, et du
gain en énergie que ce dernier peut apporter.

III Etude théorique de la technique du rebond mécanique synchronisé :


III.1 Formulation du gain énergétique :

Le but de cette partie est de modéliser le gain énergétique qu’apporte la technique du rebond
mécanique synchronisé sur la source de vibration, et d’optimiser les principaux paramètres de la
structure : rigidité mécanique du système rebond, amortissement mécanique, durée d’application du
rebond...etc. Notre critère d’optimisation principal est la maximisation de la puissance mécanique
extraite de la source sur une bande de fréquence, idéalement entre 50 Hz et 120 Hz. Cette puissance
extraite est une image de la vitesse atteinte par la masse sismique en régime permanent (donc de
l’énergie cinétique accumulée dans la masse sismique). Nous comparons dans une prochaine partie la
performance du système à rebond mécanique par rapport à un système masse ressort classique en
considérant la vitesse qu’atteint la masse sismique dans chacun des cas (avec et sans application du
rebond), le gain apporté par la structure à rebond sera défini par le rapport de ces deux vitesses.

Pour calculer ce gain, nous commençons par déterminer l’évolution de la vitesse instantanée de la
masse sismique dans le cas du système à rebond mécanique.

Pour connaitre l’évolution de la vitesse de la masse sismique, nous déterminons les échanges
énergétiques s’effectuant au moment de l’application du rebond. Pour ce faire, nous utilisons le
principe de la collision élastique illustré par la figure ci-dessous, avec m1 l’équivalent de la masse de la
source de vibration, et m2 l’équivalent de la masse sismique (m1 >> m2).

m1 m2 Avant collision
v2
v1

M1
m2 Après collision
' '
v1 v2

Figure IV-2 Illustration du choc élastique entre le support m1 et la masse sismique m2

147
Chapitre IV

Supposons que les deux masses m1 et m2 se déplacent avant la collision en sens opposés, avec v1 et v2
leurs vitesses respectives avant collision.

Après le choc élastique, les deux masses repartent avec deux vitesses différentes (v1’ et v2’). Le sens de
déplacement de la petite masse m2 s’inverse. Pour calculer le gain en vitesse de cette dernière, nous
utilisons le théorème de la conservation de la quantité de mouvement et de l’énergie cinétique totale
avant et après collision :

1 1 1 1 (IV-2)
F p1 + p2 = p'1 + p2 '
E 2
Dm1v1 + m2v2 = m1v '1 + m2v '2
2 2 2

Avec P1 et P2 la quantité de mouvement des masses m1 et m2, respectivement.

La résolution de ce système d’équation permet de déduire la vitesse v2’ de la masse sismique m2 après
collision, ce qui donne :

(IV-3)
v = − v 2 + 2v1
'
2  v = v 2 + 2v1
'
2

Ce résultat montre qu’après le choc, la masse m2 change de sens de déplacement et repart avec une
vitesse v'2 supérieure à sa vitesse v2 qui précède le choc. En considérant la masse du support très
supérieure à la masse de la partie sismique m2, le rebond conduit à une augmentation de vitesse de la
masse sismique m2 de deux fois la vitesse du support au moment du rebond (2.v1). La vitesse de la
masse sismique augmente au fur et à mesure des rebonds mécaniques. Le tableau ci-dessous présente
l’énergie mécanique du système avant et après le rebond :

1234567869AB96 1CDEF67869AB96
1 1 1 (IV-5)
E1 = m 2 v 22 1 (IV-4) E1' = m2 v' 22 = m 2 v 22 + 2m 2 v12 + 2m 2 v1v 2 1
2 2 2
1

Le gain en énergie mécanique de la masse sismique m2 est composé d’une partie proportionnelle à la
vitesse au carré du support vibrant au moment du rebond mécanique, et d’une partie proportionnelle au
produit des vitesses v1 et v2. Comme dans le cas d’un résonateur, la vitesse v2 de la masse sismique
augmente rebond après rebond, elle devient très vite prépondérante devant la vitesse v1 du support, ce
qui rend le dernier terme du gain en énergie très prépondérant. Ce dernier augmente par ailleurs de
cycles en cycle, c’est-à-dire que plus l’énergie cinétique du système est importante, plus le niveau
d’énergie extrait de l’environnement à chaque rebond est important. Ce fonctionnement est similaire à
celui d’une résonance sauf qu’ici les rebonds sont synchronisés sur la source de vibration, il n’est donc
pas nécessaire d’avoir en entrée une fréquence spécifique et le mécanisme d’amplification peut même
fonctionner pour des vibrations aléatoires à partir du moment où le libre parcours de la masse sismique
est suffisant.

Dans le système réel que nous proposons pour valider le principe, le rebond mécanique n’est pas
instantané mais a une certaine durée que l’on appellera temps de blocage et qui correspond au temps
de compression puis de détente d’un ressort K2 représentant l’élasticité d’interaction de la masse
sismique avec le support durant le rebond. La figure ci-dessous illustre par un schéma de principe le
fonctionnement du prototype visé. Lorsque le rebond mécanique n’est pas appliqué, la masse sismique

148
Chapitre IV

m n’est pas complètement libre de se déplacer puisqu’elle reste connectée à la source via un ressort de
raideur K1 servant à la fois de guidage mécanique et de limiteur de course de la masse sismique. Le
rebond mécanique est appliqué en actionnant les actionneurs électromécaniques act1 et act2 qui
viennent pincer la masse sismique et connecter la source de vibration à la masse sismique via le ressort
K2 schématisé par une flexion des deux bras d’actionnement.

K1 K2

K2a z(t)m K2b


Act1 Act2
be+bm

y(t)

Figure IV-3 Illustration de la mise en œuvre du système à rebond

Le gain théorique en vitesse de deux fois la vitesse du support, suite à un rebond, est atteint si :

• la vitesse de la source est opposée au mouvement de la masse sismique au moment de l’impact


• le mécanisme de connexion mécanique (act1 et act2) est à faible amortissement mécanique,
• le rebond dure un temps suffisamment court devant la période du mouvement de la source
(raideur du ressort K2 est suffisamment grande),
• la raideur K1 du ressort de guidage conduit à une fréquence de résonance inférieure à la plage
de fréquence de la source de vibration.

Idéalement, le rebond mécanique est réalisé lorsque la vitesse de la source de vibration atteint sa
valeur maximale et la durée du rebond doit être très courte de façon à ce que la vitesse moyenne du
support durant le rebond soit proche de sa valeur maximale. Cependant, un rebond d’une durée de
quelques dizaines de pourcent de la période du mouvement mécanique de la source et qui a lieu à une
vitesse intermédiaire de la source peut être satisfaisant. Dans l’étude qui suit nous considérons qu’il y
a deux phases de fonctionnement distinctes, une première phase qui correspond au fonctionnement en
dehors du rebond mécanique avec une fréquence de résonance fr1 associée à la raideur K1 et une
seconde phase qui correspond au rebond mécanique avec une fréquence de résonance fr2 associée à la
raideur K1+K2. Cette étude a pour but de déterminer les raideurs mécaniques K1 et K2 vis à vis des
caractéristiques fréquentielles de la source de vibration.

III.2 Modélisation du comportement d’une structure avec rebond mécanique :

Pour décrire le comportement mécanique du système à rebond défini précédemment, nous utilisons la
même équation du mouvement que pour le système masse ressort de la Figure IV-1, à savoir
l’équation différentielle suivante :

m2z2 + (be + bm )z2 + Kz = − m2y2


(IV-6)

149
Chapitre IV

Avec la raideur K qui dépend de la phase de fonctionnement (hors rebond (K1) ou durant le
rebond (K1+K2)).

Comme il y a une alternance de deux phases de fonctionnement qui s’enchainent, on est obligé de
résoudre cette équation différentielle par morceau et dans le domaine temporel. La solution générale
de cette équation dans le domaine temporel est :

[ (
z (t ) = e −(ξωnt ) A cos ω n 1 − ξ 2 .t + B sin ω n 1 − ξ 2 t − ) ( )] Y0 cos(ωt + ϕ )
(ωn − ω )2 + (2ξω nω )2
(IV-7)

Avec

(IV-8)
K
ωn =
m

A et B sont les constantes d'intégration qui dépendent des conditions initiales. Ces conditions changent
à chaque changement de phase: état libre (hors rebond)7 état bloqué (durant le rebond).

Dans le but de maximiser le gain en vitesse de la masse sismique à chaque rebond, nous proposons
d’actionner le rebond mécanique autour du moment où la vitesse de la source de vibration passe par un
extremum. Il y a alternance entre les deux phases de fonctionnement à chaque période de vibration de
la source (cf. Figure IV-4), durant chacune de ces phases le fonctionnement est le suivant :

1ère phase : (P1) où la masse sismique est connectée à la source uniquement par le ressort de guidage
K1. Durant cette phase la raideur K des équations (IV-6) et (IV-7) est remplacée par K1 et les
constantes A et B sont déterminées par les conditions finales de la phase précédente.

2ème phase : (P2) où la masse sismique est connectée à la source avec les ressort K1 et K2 placés en
parallèles, cette phase de rebond mécanique ne dure que le temps de la compression/décompression du
ressort raide K2. Durant cette phase la raideur K des équations (IV-6) et (IV-7) est remplacée par
K1+K2 et les constantes A et B sont déterminées par les conditions finales de la phase précédente.
Vitesse relative de la source de vibration

0.5 P1 P2 P1 P1

P2
-0.5

-1
0 0.005 0.01 0.015 0.02
Temps de simulation (s)

Figure IV-4 Diagramme illustrant les séquences d’application du rebond mécanique

Le diagramme ci-dessous décrit les différentes séquences utilisées pour simuler le fonctionnement du
système et déduire l'évolution temporelle du déplacement et de la vitesse de la masse sismique.

150
Chapitre IV

Initialisation
z0 = 0, z20 = 0

Calcul de
z(t ), z2(t )
Phase 1

Détection de la
vitesse max
Réinitialisation

Réinitialisation

Calcul de
z(t ), z2(t )
Phase 2

Durée
du rebond

Figure IV-5 Diagramme montrant la succession des opérations du programme de simulation

Les constantes d'intégration A, B de l’équation décrivant le déplacement instantané de la masse


sismique sont recalculées à la fin de chaque phase pour la phase suivante. Quant au rebond de la masse
sismique, il est activé lorsque la vitesse de la source de vibration passe par un extremum.

La simulation commence par la phase 1 avec sa raideur K1 et son amortissement mécanique


spécifique. Elle évalue le déplacement et la vitesse de la masse sismique tout en surveillant la vitesse
de la source. Le pas temporel de ce calcul est choisi de façon à être négligeable par rapport à la période
des vibrations T0 de la source. Lorsqu’un extremum de vitesse est détecté sur la source de vibration,
les constantes d’intégration A et B sont recalculées en vue de la phase suivante. Durant le rebond,
l’équation du mouvement se base sur une raideur K1+K2 et sur une valeur d’amortissement mécanique
spécifique. Lorsque le rebond mécanique, c’est-à-dire que l’effort appliqué par le ressort K2 sur la
masse sismique tend à s’inverser (passe par zéro), les constantes d’intégration A et B sont recalculées
à nouveau en vue du retour à la phase 1. Cet enchainement phase 1, phase 2 est effectué en nombre de
cycles suffisant pour atteindre le régime permanent.

A la fin de la simulation, nous comparons l'amplitude de déplacement atteinte par la masse sismique
obtenue et la comparons à celle obtenue lorsque le mécanisme de rebond n’est pas activé, et cela en
fonction de la fréquence de la vibration d’entrée.

151
Chapitre IV

Nous avons choisi une fréquence de résonance fr1 de 45 Hz et une fréquence de résonance fr2 de 200
Hz afin de couvrir la plage de fréquence classique des sources de vibration présente dans notre
environnement courant. Le tableau ci-dessous synthétise les principaux paramètres du système :

Paramètres Valeur
Fréquence de résonance état libre (f1) 45 Hz
Fréquence de résonance état bloqué (f2) 200 Hz
Amortissement mécanique état libre 1/100
Amortissement mécanique état bloqué 1/80
Accélération 1 (m.s-2)
Tableau IV-1 Paramètres de simulation

Nous présentons ci-après les résultats théoriques obtenus en termes de gain d’amplification
mécanique.

III.2.1 Etude de l’effet de la durée de blocage sur le gain d’amplification :

Le but de cette étude est de déterminer la durée optimale d’application du rebond, c'est-à-dire la durée
qui permet d’obtenir le meilleur gain d’amplification possible. Pour ce faire nous suivons l’algorithme
décrit ci-dessus. Nous calculons le gain obtenu pour plusieurs durées d’application du rebond. Nous
définissons le gain d’amplification du déplacement de la masse sismique comme le rapport entre le
déplacement de la masse avec et sans le rebond à la même fréquence de vibration. Comme le décrit
l’équation ci-dessous :
(IV-9)
Z a (ω )
η=
Z s (ω )
Où :

Za : Amplitude du déplacement de la masse sismique avec rebond à la pulsation 2 ;

Zs : Amplitude du déplacement de la masse sismique sans rebond à la pulsation 2.

Nous présentons ci-dessous les premiers résultats obtenus en termes de gain d’amplification pour
différents temps de blocage.

152
Chapitre IV

6
Gain d'mplification

1
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5
Temps de blocage (ms)

Figure IV-6 Variation du gain d’amplification en fonction de la durée de blocage

Nous constatons à partir de la Figure IV-6, que le gain maximal est obtenu lorsque la connexion
mécanique entre la source de vibration et la masse sismique via le ressort raide reste maintenue
pendant un temps égal à la moitié de la période liée à la fréquence de résonance haute (1/2fr2). Le
transfert énergétique de la source vers le système masse ressort s’effectue pendant ce temps là, le gain
est maximal lorsque nous favorisons le maximum de transfert énergétique de la source vers le système
masse ressort sans en restituer. Si le temps de maintien est inférieur à cette durée optimale, nous
transférons moins d'énergie de la source vers le système résonant, si elle est supérieure, nous restituons
à la source une partie de l'énergie stockée dans le système mécanique. Il convient donc de fixer la
durée de maintien à la moitié d’une période de résonance haute 1/2fr2.

III.2.2 Variation du gain d’amplification en fonction de la fréquence de vibration :

Afin de savoir sur quelle plage de fréquence le mécanisme de rebond apporte un gain par rapport à un
système n’intégrant pas ce mécanisme, nous avons exploité la simulation précédente pour déterminer
le déplacement relatif de la masse sismique en fonction de la fréquence de vibration et l’avons
normalisé avec le déplacement relatif obtenu sans appliquer de rebonds mécaniques. La figure ci-
dessous présente ce gain en déplacement de la masse sismique en fonction de la fréquence de la
vibration d’entrée :

153
Chapitre IV

40

35

30
Gain d'amplification

25

20

15

10

0
40 60 80 100 120 140 160 180 200
Fréquence de vibration (Hz)

Figure IV-7 Variation du gain d’amplification en fonction de la fréquence d’entrée

Nous constatons que le mécanisme de rebond apporte un avantage entre la fréquence de résonance
basse f1 du système à l’état libre et la fréquence de résonance à l’état bloqué f2. Pour élargir la bande
passante du dispositif, il est avantageux d’éloigner les fréquences de résonance à l’état libre et à l’état
bloqué. Cependant, nous avons vu dans l’étude précédente que la durée du rebond est liée à la
fréquence de résonance à l’état bloqué f2, plus on augmente cette fréquence plus la durée du rebond est
courte. Or, les actionneurs permettant d’établir la connexion mécanique entre la source de vibration et
le système masse ressort ont un certain temps de réaction (typiquement quelques 100 µs) ne
permettant pas d’effectuer un rebond mécanique de moins de quelques ms sans engendrer de pertes
mécaniques trop importantes.

III.2.3 Bilan de la modélisation :

Lors de cette étude théorique, nous avons montré qu’il est avantageux d’effectuer le rebond mécanique
au moment où le support vibrant passe par un extremum de vitesse, que le rebond dure une demi
période de la fréquence de résonance à l’état bloqué et que la bande passante du dispositif est comprise
entre la fréquence de résonance à l’état libre f1 et à l’état bloqué f2.

Après avoir simulé théoriquement le fonctionnement du mécanisme d’amplification par rebonds


mécaniques, nous allons nous intéresser à la réalisation physique d’un tel dispositif.

IV Choix du mécanisme d’application du rebond mécanique :

L’objectif de ce mécanisme est de connecter la masse sismique à la source de vibration via le ressort
K2 à n’importe quelle position de la course de cette masse sismique ou encore à n’importe quel instant.
Ce mécanisme est schématisé sur la Figure IV-3 par deux actionneurs act1 et act2. Le principe
d’actionnement pour venir pincer la masse sismique peut être assez varié, nous présentons ci-dessous
quelques exemples d’actionneurs utilisables. Le choix du principe d’actionnement est essentiellement
guidé par l’énergie nécessaire à son actionnement, son temps de réponse et la pression sur la masse
sismique qu’il peut générer durant le blocage.

154
Chapitre IV

IV.1 Actionnement par un matériau à dilatation thermique :

Nous schématisons cet effet par la figure ci-après. Un courant est appliqué dans des résistances
thermiques, un matériau à dilatation thermique se dilate sous l’effet de la chaleur dissipée par les
résistances thermiques et vient pincer la masse sismique. La masse sismique est alors connectée à la
source de vibration via l’élément ressort rigide K2 liée au mécanisme de connexion. Une fois que le
rebond est terminé, le courant est coupé, le matériau à extension thermique reprend sa forme initiale et
la masse sismique est libre d’osciller.

Figure IV-8 Illustration de la technique d’actionnement par utilisation d’un matériau à dilatation thermique

Le principal inconvénient de cette technique est sa consommation et le temps de réaction de la matière


qui est relativement élevé par rapport à la durée nécessaire au rebond. Toutefois, en petite dimension
(quelques µm), cette constante de temps peut être suffisamment courte (< quelques ms) pour satisfaire
les besoins de l’application.

IV.2 Actionnement par principe électromagnétique :

Il est également possible d’activer la connexion mécanique par moyen électromagnétique, une telle
méthode est utilisée pour le freinage des moteurs (freinage par courant de Foucault). Dans le schéma
descriptif ci-dessous, un courant est appliqué sur une bobine qui engendre le déplacement d’un noyau
magnétique qui vient pincer la masse sismique. Ainsi, la masse sismique se trouve connectée à la
source de vibration via un ressort de raideur K2.

Figure IV-9 Illustration de l’actionnement par principe électromagnétique

155
Chapitre IV

Le principal inconvénient de cette approche est sa consommation en énergie électrique qui est
relativement élevée par rapport à la puissance que l’on peut récupérer (<1 mW).

IV.3 Actionnement par principe piézoélectrique :

Une troisième solution consiste à utiliser deux actionneurs piézoélectriques linéaires placés de chaque
côté de la masse sismique. Lorsque les matériaux piézoélectriques sont soumis à une tension, le
matériau piézoélectrique s’allonge et vient pincer la masse sismique.

Figure IV-10 Illustration de l’actionnement par principe piézoélectrique

Ce système d’actionnement de la connexion mécanique présente plusieurs avantages, temps de


réaction relativement court, énergie nécessaire pour son actionnement relativement faible de par sa
nature capacitive (énergie électrique stockée récupérable), pression mécanique applicable très élevée.

Il ressort de cette analyse que l’actionnement piézoélectrique est le plus adapté à notre besoin : grande
précision, faible temps de réaction et faible consommation. Nous avons choisi d’utiliser ce principe
d’actionnement pour notre démonstrateur, à savoir deux actionneurs piézoélectriques placés de part et
d’autre de la masse sismique et aptes à pincer cette dernière à n’importe quel instant.

Après avoir choisi le principe d’actionnement du mécanisme de rebond, nous proposons dans la partie
suivante d’étudier l’électronique qui permet de piloter les actionneurs act1 et act2.

V Electronique de commande des actionneurs :

L'électronique de commande des actionneurs doit fournir une impulsion de tension de durée fixe au
moment où la source de vibration passe par un extremum. La synchronisation de l’impulsion avec la
vibration d’entrée se fait sur la base d’une mesure d’accélération de la source de vibration, l’extremum
de vitesse correspondant à un passage par zéro de l’accélération. Dans cette étude nous considérons un
signal de vibration de type sinusoïdal, dont la fréquence varie entre 45 Hz et 200 Hz, à savoir entre les
fréquences de résonance f1 et f2 fixées dans la partie théorique de ce chapitre.

L’architecture générale de l’électronique choisie est représentée sur la figure ci-après sous la forme
d’un schéma synoptique. Elle est composée d’une mesure d’accélération, suivie d’une détection de
passage par zéro après une légère avance de phase pour anticiper légèrement le passage par un
extremum de la vitesse du support vibrant. Une fois ce passage par zéro détecté, une impulsion d’une
durée 1/2f2 est appliquée sur les couches piézoélectriques des actionneurs électromécaniques assurant
le blocage de la masse sismique (activant le rebond mécanique).

156
Chapitre IV

Avance Détection Génération Actionneurs


Accéléromètre de phase de zéro d’impulsion (Partie
puissance)

Figure IV-11 Schéma synoptique du fonctionnement de l’électronique de commande

Nous décrivons ci-après plus en détail chacune des fonctions électroniques :

Avance de phase :
Pour détecter l’instant de passage de la vitesse de la source par sa valeur maximale il suffit de détecter
le passage de l’accélération par zéro ou par sa valeur moyenne si on est en présence de gravité.
Cependant, pour compenser le retard qu’il peut y avoir entre la détection du point de passage par un
extremum de vitesse du support et l’instant de blocage effectif de la masse sismique, nous avons
introduit un filtre avance de phase de type dérivateur passif RC à la fréquence considérée entre la
sortie de l’accéléromètre et la détection du passage à zéro (cf. figure ci-dessous). L’avance de phase
est choisie sensiblement égale au retard induit par l’électronique et l’actionnement.

Vin R Vout

Figure IV-12 Circuit avance de phase

Détection du passage par zéro :


Après avoir avancé le signal d’accélération, nous nous intéressons à la détection de l’extremum de
vitesse, autrement dit le passage de l’accélération par sa valeur moyenne. Pour ce faire, nous utilisons
un comparateur qui permet de comparer la valeur instantanée de l’accélération à sa valeur moyenne.
Lorsque la vitesse passe par un extremum, le signal en sortie du comparateur change d’état (passage de
l’état haut vers l’état bas ou l’inverse), le point de passage de la vitesse du support par un extremum
est alors détecté. Pour une vibration harmonique, il y a deux extremums de vitesse par période
d’oscillation (maximum en vitesse positive ou négative), la sortie du comparateur change d’état deux
fois par période, un front descendant indiquant le passage de la vitesse par un maximum positif et un
front montant indiquant un passage de la vitesse par un minimum (négatif), comme l’illustre la figure
ci-dessous.

157
Chapitre IV

U2

Temps
0

U2+
U2-

Temps

Figure IV-13 Circuit de détection de passage par zéro d’accélération

Génération d’impulsion de commande :


A chaque front du signal de sortie du comparateur précédent indiquant le passage par un extremum de
la vitesse du support, une impulsion de durée bien déterminée est générée. Cette durée correspond à la
durée du rebond, à savoir une demi-période de la fréquence de résonance f2 à l’état bloqué. Pour
générer l’impulsion, le signal UR2 est comparé à la dérivée du signal U2+/- (Uc), comme illustré sur la
figure ci-dessous.

U2+/-

Uc
UR2
Temps

U3+/-

Temps

Figure IV-14 Générateur de l’impulsion de commande

Commande des actionneurs :

Suite à la génération du signal de commande des actionneurs piézoélectriques avec le bon instant de
déclenchement et la bonne durée d’impulsion, il faut transformer ce signal en un signal de puissance
capable d’actionner les actionneurs piézoélectriques. Pour ce faire, nous proposons l’architecture ci-
dessous :

Figure IV-15 Circuit de commande des actionneurs

158
Chapitre IV

Les actionneurs utilisés pour connecter mécaniquement la masse sismique à la source de vibration via
le ressort K2 sont des actionneurs APA400M de la société CEDRAT Technologie. Ces actionneurs
doivent être actionnés par une tension de 50 V. Pour ce faire, nous utilisons un montage à transistors
MOSFET alimenté par une tension continue de 50 V, cette source de tension est pour l’instant une
source externe au système. Un transistor k1 permet d’alimenter les actionneurs piézoélectriques sous
50 V tandis qu’un transistor k2 permet de décharger la capacité des actionneurs et leur imposer une
tension nulle. Le transistor k1 ne peut être piloté directement par le signal de commande car sa source
se trouve à un potentiel de 50 V très éloigné de ce signal de commande. Pour transférer la commande
basse tension autour du potentiel de 50V, un pont diviseur résistif ainsi qu’un transistor k3 commandé
au travers d’une porte inverseuse sont utilisés. Lorsque la tension U3+/- est égale à un 1 logique (+5V)
l’interrupteur k3 s’ouvre, le courant dans R1 est nul et la tension de commande Vgs de l’interrupteur
PMOS k1 est nul, k1 est donc ouvert, par contre k2 commandé directement par U3+/- est fermé. Lorsque
la tension U3+/- est égale à 0 logique (0V) l’interrupteur k3 est fermé conduisant à la circulation d’un
courant à travers R1 et donc à une chute de tension à ses bornes et à la fermeture de k1, tandis que k2,
directement commandé par U3+/- est ouvert.

Un prototype, selon les spécifications précédentes, a été développé pour valider le concept. Les
résultats expérimentaux obtenus avec ce prototype sont présentés dans la partie suivante.

VI Dispositif expérimental et caractérisation :


VI.1 Dimensionnement et fabrication de la structure mécanique :

Pour le dimensionnement de la structure, nous avons utilisé les paramètres donnés en Tableau IV-1, à
savoir une fréquence de résonance à l’état libre de 45 Hz et une fréquence de résonance à l’état bloqué
de 200 Hz. Pour la fabrication de la structure nous avons choisi d’utiliser de l’acier et un usinage par
électroérosion afin d’obtenir une très bonne précision de fabrication. L’objectif étant que les
actionneurs aient à fournir un déplacement le plus petit possible pour venir pincer la masse sismique,
c’est-à-dire qu’à l’état libre la masse sismique doit pouvoir se déplacer entre deux entrefers très fins
sans toucher les bords des actionneurs.

VI.2 Choix des actionneurs piézoélectriques :

Le choix des actionneurs piézoélectriques est basé sur le temps de réponse et sur le taux déplacement
par unité de tension appliquée. Comme indiqué précédemment, nous avons choisi des actionneurs
piézoélectriques du commerce de type APA400M produit par CEDRAT (amplitude de déplacement :
400 µm, effort généré : 38 N). Les spécifications de cet actionneur sont données en en Annexe-II.

Masse sismique

Act1
Cantilever

Accéléromètre

Support

Figure IV-16 Structure fabriquée pour la validation du principe d’amplification par rebond mécanique

159
Chapitre IV

VI.3 Banc de caractérisation :

La Figure IV-17, présente un schéma du dispositif expérimental et du banc de caractérisation associé.

(a) (b)

K1 K2
(f) (f)
K2a z(t)m K2b
Act Act1
be+bm

(e)

y(t)

(c)

Figure IV-17 Schéma général du banc de test utilisé

Le dispositif (a) est un vibromètre laser (type: LSV 2500) connecté à un ordinateur (b) afin de mesurer
précisément le déplacement de la masse sismique. Nous mesurons également l'accélération du support
vibrant à l’aide d’un accéléromètre, le signal mesuré est communiqué à l'électronique (c), décrite dans
le paragraphe précédent. L’électronique fournit alors les signaux de commande aux actionneurs de
type (APA400M) (f) qui connectent ou non la masse sismique (m) à la source de vibration via une
raideur mécanique K2 (K2a+K2b).

Nous avons tout d’abord mesuré les deux fréquences de résonance (fr1 et fr2), ensuite nous avons
mesuré le déplacement de la masse sismique en fonction de la fréquence de la vibration d’entrée, entre
fr1 et fr2. Les résultats associés sont présentés dans les deux prochaines parties.

VI.4 Résultats de la caractérisation mécanique :

Le tableau ci-après compare les fréquences de résonance calculées et mesurées dans les états libres et
bloqués.

Etat bloqué Etat non


bloqué
Théorie 200 Hz 45 Hz
Expérimentation Sweep Sweep 45 Hz
up down
190 Hz 175 Hz

Tableau IV-2 Résultats de la caractérisation

160
Chapitre IV

Lors de la caractérisation expérimentale nous avons constaté que la fréquence de résonance haute
dépend du sens du balayage en fréquence (de fr1 vers fr2 ou l’inverse). Cet effet peut être dû au fait
qu’à l’état bloqué le système se trouve sur une suspension de type poutre encastrée-encastrée qui
présente une forte non linéarité pour des déformations importantes. Pour la validation de la présente
approche nous avons dimensionné notre électronique par rapport à la fréquence de résonance obtenue
lorsque la fréquence de vibration est augmentée, soit 175 Hz. Cette valeur est plus faible que celle
prévue théoriquement, la structure réelle est moins rigide que ce qui était attendu. Ceci est dû au fait
que pendant le dimensionnement théorique, la rigidité mécanique des actionneurs n’a pas été prise. Or,
cette dernière, inférieur à celle de la structure, conduit à un assouplissement de la structure.

Cette étude de caractérisation nous a permis d’obtenir les raideurs de la structure dans les états libre et
bloqué. A partir de la fréquence de résonance à l’état bloqué, nous pouvons dimensionner précisément
la durée de l’impulsion de commande des actionneurs piézoélectriques. Après avoir réalisé
l’électronique, nous sommes passés à la partie validation expérimentale de la technique du rebond.

VI.5 Résultats expérimentaux de la technique du rebond :

Pour valider l’approche, nous avons tout d'abord mesuré le déplacement relatif de la masse sismique,
sans utiliser la technique du rebond, et cela entre 45 et 90 Hz. Ensuite nous avons fait les mêmes
mesures de déplacement relatif mais en actionnant le mécanisme du rebond mécanique à l’aide de
l’électronique à chaque passage de la vitesse du support par sa vitesse maximale.

La figure ci-dessous présente le gain en déplacement relatif obtenu expérimentalement et


théoriquement.

8
Amplification gain of the tip mass displacement

7
Gain d’amplification

2
Theory
Experiment
1

0
45 50 55 60 65 70 75 80 85 90
Drving frequency (Hz)
Fréquence de vibration (Hz)
Figure IV-18 Résultats expérimentaux et théorique du gain en amplification mécanique

Nous constatons d’après ces résultats que le gain en déplacement relatif dépend de la fréquence
d'entrée, le gain est plus important pour des fréquences beaucoup plus élevées que la fréquence de
résonance à l’état libre. En effet, à proximité de la fréquence de résonance basse, le mécanisme du
rebond n’apporte pas d’avantage car le système fonctionne déjà sur une résonance. Par contre, à
fréquence de vibration d’entrée plus élevée, sans mécanisme de rebond, cet effet de résonance n’existe
plus et le mécanisme de rebond prend tout son sens et permet bien d’amplifier le mouvement relatif de
la masse sismique. Nous constatons également qu'il y a une différence entre les résultats théoriques et
les résultats expérimentaux en termes de gain d’amplification du déplacement relatif.

Les présents résultats montrent que le mécanisme de rebond mécanique permet bien d’avoir un
comportement de type résonant sur une large bande de fréquence de vibration. Ce mécanisme de

161
Chapitre IV

rebond peut être utilisé seul dans le cadre des systèmes de type batteur permettant d’absorber et de
limiter les vibrations de certaines pièces mécaniques. Dans le cadre de la récupération d’énergie
vibratoire, ce mécanisme peut être utilisé en combinaison avec un moyen de transduction
mécanique/électrique pour transformer une partie de l’énergie mécanique du système en énergie
électrique. Dans le cas d’une transduction électrostatique, l’amplification du déplacement relatif
permet une augmentation de la variation capacitive, et donc de l’énergie récupérée. Dans le cas d’une
transduction électromagnétique, l’amplification du déplacement relatif permet une augmentation de la
variation de flux magnétique vu par la bobine et par conséquent une force électromotrice plus
importante, et donc une puissance électrique de sortie plus élevée. Dans le cas d’une transduction
piézoélectrique, l’augmentation du déplacement relatif implique une contrainte mécanique plus
importante dans le matériau piézoélectrique et donc une puissance électrique de sortie plus élevée.
Dans tous les cas, le mécanisme de rebond met à disposition du convertisseur mécanique/électrique
plus d’énergie d’entrée pour une même valeur de masse sismique et pour une fréquence de vibration
comprise entre la fréquence à l’état libre f1 et à l’état bloqué f2.

La présente approche est aussi avantageuse pour des applications de type amortisseur actif. Elle
permet d’absorber efficacement l’énergie mécanique vibratoire présente dans le milieu ambiant sur
une large bande de fréquences. Si le principe fonctionne bien, l’actionneur électromécanique
permettant l’application du rebond mécanique est aujourd’hui bien trop gourmand en énergie (200 µJ
par rebond) au regard de la puissance que l’on peut récupérer avec un tel système (300 µW). La baisse
de la consommation de l’actionneur est le challenge qui reste à relever pour cette technique,
néanmoins l’actionneur que l’on a choisi pour valider le concept est un peu surdimensionné.

VII Conclusion :

Dans ce chapitre, nous avons montré théoriquement et vérifié expérimentalement une approche
originale pour amplifier le mouvement relatif d’une masse sismique sur une large bande de fréquence
de vibration d’entrée sans compromettre ni le facteur de qualité mécanique, ni le domaine d’usage en
termes d’amplitude vibratoire. Un gain de sept fois supérieure à celui d’un simple résonateur a été
obtenu à la fréquence 90 Hz, soit deux fois la fréquence naturelle de la structure sans application du
mécanisme de rebond. Ce gain en déplacement correspond à un gain en puissance de plus de 49, ce qui
laisse de bonnes perspectives dans le domaine de la récupération d'énergie et de l’amortissement actif
des vibrations dans des environnements vibratoires à fréquence variable. Cette approche permet une
pleine amplification mécanique des vibrations comme une structure résonante mais sur une large plage
de fréquence sans nécessité de boucle de régulation. Une simple mesure du signe de l'accélération,
permet de synchroniser les rebonds mécaniques sur la source de vibration. Cette approche est aussi
valable pour des vibrations de type aléatoire ou composées d’un mélange de fréquences pour
lesquelles les systèmes à ajustement automatique de fréquence de résonance ne peuvent fonctionner.
Le seul challenge qui reste à relever pour cette technique est la consommation des actionneurs
piézoélectriques. Avec la technique d’actionnement adoptée, la consommation est de 200 µJ pour
chaque rebond réalisé. Celle-ci reste relativement élevée par rapport à la puissance qui peut être
récupérée (300 µW). Un moyen d’actionnement alternatif en vue de baisser la consommation du
dispositif est proposé en Annexe II.

162
4C8A6BD2456

163
Conclusion générale

Conclusion générale :

Le travail présenté dans ce mémoire concerne l’étude de la faisabilité des systèmes de récupération
d’énergie fonctionnant à la résonance sur une large plage de fréquence de vibration. La problématique
de la thèse a trait à la mise au point d’un système de récupération d’énergie vibratoire capable de
s’adapter en temps réel avec la fréquence de vibration.

Dans le premier chapitre, nous avons rappelé le fonctionnement des systèmes de récupération
d’énergie vibratoire à travers un modèle générique. Sur la base de cette étude, les deux principales
conditions à respecter pour maximiser la puissance électrique de sortie d’un système de récupération
d’énergie vibratoire ont été établies : la fréquence de résonance doit être égale à la fréquence de la
vibration et la proportion d’énergie électrique extraite doit être égale à l’énergie mécanique
dissipée. Ensuite, les trois principaux principes de conversion de l’énergie mécanique en énergie
électrique ont été présentés à savoir, l’électrostatique, l’électromagnétique et le piézoélectrique. A
l’issue de cette partie, une étude comparative a été présentée sous forme d’avantages et
d’inconvénients de chacun des principes de conversion. Ensuite, nous avons présenté un état de l’art
assez général des solutions développées pour élargir la bande passante des systèmes de récupération
d’énergie vibratoire. A l’issue de cette étude bibliographique, nous avons établi une étude comparative
entre les principales solutions développées en se basant sur un certain nombre de critères : la bande
passante obtenue par chaque technique, la puissance volumique que permet d’avoir chaque technique,
et le degré d’auto-adaptation du convertisseur avec la source de vibration. Nous avons constaté à
l’issue de cette comparaison que la majorité des solutions développées présentent deux gros
inconvénients : soit ils ne permettent pas un ajustement en temps réel de la fréquence de résonance
(ceci nécessite une énergie importante pour la mise en œuvre) soit ils présentent une bande passante
très limitées. Le seul dispositif développé qui a permis de contourner ces deux inconvénients présente
une vitesse de régulation très limitée (une fois toute les 22 secondes).

Dans le deuxième chapitre, nous avons abordé la modélisation d’une structure de récupération
d’énergie piézoélectrique de type poutre encastrée-libre. Nous nous sommes intéressés dans un
premier temps à maximiser l’effet de la raideur des matériaux piézoélectriques sur la fréquence de
résonance de la structure. Cette optimisation montre que le taux de variation de la fréquence de
fréquence de résonance est essentiellement lié au couplage électromécanique effectif de la structure.
En poussant le résonnement un peu plus loin et en se basant sur les résultats théoriques établis, nous
nous sommes orientés vers une nouvelle géométrie de structure qui permet d’augmenter
significativement le couplage électromécanique effectif et donc la variation de la fréquence de
résonance.

Dans le troisième chapitre, deux procédés de modification de la raideur des couches piézoélectriques
sont proposés. Le premier procédé est basé sur la propriété de certains matériaux piézoélectriques à
changer de raideur mécanique lorsqu’ils sont soumis à un champ électrique. Nous avons montré
théoriquement et expérimentalement qu’il est possible d’obtenir un taux de variation de la fréquence
de résonance de 20 % en utilisant un matériau piézoélectrique de type PZN-PT5.5%. Le deuxième
procédé est basé sur l’effet de la contre réaction électrique dans le domaine mécanique, en laissant le
potentiel aux bornes des couches piézoélectriques plus ou moins libre d’évoluer via la connexion
d’une capacité plus ou moins élevée aux bornes des couches piézoélectriques. Nous avons montré
théoriquement et expérimentalement qu’il est possible de modifier jusqu’à 40 % la fréquence de
résonance de la structure. Pour chacun des deux procédés développés, nous avons proposé une
électronique basse consommation permettant de faire l’ajustement en temps réel de la fréquence de
résonance. Nous avons montré que la puissance nécessaire à l’ajustement de la fréquence de résonance

164
Conclusion générale

ne dépasse pas 10% de la puissance électrique disponible à la sortie des couches piézoélectriques.
Enfin, nous avons proposé une approche originale qui permet d’ajuster en temps réel à la fois la
fréquence de résonance et l’amortissement électrique (le taux d’énergie électrique extraite du
système). Nous proposons ci-dessous une étude comparative des deux procédés de modification de la
raideur :

Solution 1 (application du champ Solution 2 (adaptation de la charge


électrique) électrique)
Bande
passante
+ ++
Bilan de
puissance
+ ++
Résolution en
fréquence
++ +
Encombrement
- +

Dans le quatrième chapitre, nous avons présenté une technique innovante permettant l’amplification
d’un mouvement vibratoire sur une large bande de fréquence de résonance. Elle consiste à faire
rebondir la masse sismique sur la source de vibration au moment où la vitesse de la source de vibration
passe par un extremum. Nous avons démontré théoriquement et validé expérimentalement qu’il est
possible d’amplifier le mouvement de vibration même en dehors de la fréquence de résonance initiale
du dispositif. Un gain de 7 en déplacement relatif de la masse sismique par rapport au même système
sans application de rebonds mécaniques a été obtenu, ce gain en déplacement correspond à un gain
potentiel de 49 en termes de puissance de sortie. Si ce mécanisme est très flexible en termes d’usage
(fonctionne quelles que soient l’amplitude, la forme ou la fréquence de la vibration), il est néanmoins
encore très gourmand en énergie. En effet, le système électromécanique d’actionnement du rebond
utilisé aujourd’hui consomme 200 µJ par rebond, ceci est loin d’être négligeable par rapport aux
quelques 300 µW que l’on peut récupérer avec ce type de structure.

En conclusion, bien que reposant sur des modélisations relativement simplifiées de la physique des
phénomènes mis en jeu, la présente étude a permis de démontrer la possibilité d’ajuster en temps réel
la fréquence de résonance d’un récupérateur d’énergie vibratoire. Nous avons montré également la
possibilité de suivre en temps réel la fréquence principale de la source de vibration sans pour autant
affecter significativement le bilan énergétique global du système de récupération d’énergie vibratoire.

Le travail effectué au cours de cette thèse se distingue du reste des systèmes développés par quatre
principaux résultats :

• Taux de variation de la fréquence de résonance très élevé (40%)


• Contrôle en temps réel de la fréquence de résonance (fréquence de régulation égale à un
dixième de la fréquence de vibration)
• Ajustement à la fois de la fréquence de résonance et de l’amortissement électrique
• Faible énergie nécessaire pour l’ajustement de la fréquence de résonance (10% de la
puissance produite)

Durant cette thèse, nous avons validé les démonstrateurs uniquement sur des vibrations de type
sinusoïdal dont la fréquence varie dans le temps. Il serait intéressant d’appliquer les différents
principes validés au cours de cette thèse sur d’autres types de vibrations. Par ailleurs, plusieurs voies
d’amélioration sont envisageables, les deux procédés de modification de la raideur des couches

165
Conclusion générale

piézoélectriques (application d’un champ électrique ou connexion d’une charge capacitive) pourraient
être combinés pour augmenter le taux de variation de la fréquence de résonance. Il serait aussi
avantageux de trouver un nouveau procédé de fabrication des structures qui permet de limiter l’effet de
la colle utilisée. Ainsi, développer une structure microscopique large bande basée sur nos principes
d’ajustement de la fréquence de résonance sans compromettre le bilan énergétique est une ambition de
taille.

166
%''(!6

167
Annexe 1

I Annexe (1) :

Electronique de contrôle de la fréquence de résonance par application d’un champ électrique


dans le matériau piézoélectrique :

Le but de cette partie est de donner plus de détails sur le fonctionnement de l’électronique destinée à
faire l’ajustement automatique de la fréquence de résonance sur la base d’une mesure de déphasage
entre la tension générée par le matériau piézoélectrique et l’accélération de la source de vibration. Les
principales fonctions de cette électronique sont présentées sur le schéma synoptique ci-dessous :

Conditionnement du signal
d’accélération de la source

Mesure de
déphasage
1Commande
de k1, k2 et k3
Sens de transfert de
l’énergie entre le
stockage énergétique
Conditionnement de la et le piezo
tension de sortie du piézo

Figure A-1 Schéma des différentes fonctions électroniques combinées pour l’ajustement de la fréquence de résonance

Nous détaillerons ci-dessous chacune de ces fonctions :

1°) Conditionnement des signaux d’accélération et de la tension en sortie du piézoélectrique :

Le but de cette fonction est d’obtenir un signal logique image du signe de ces deux signaux. Pour ce
faire, les tensions d’accélération et de sortie du matériau piézoélectrique sont comparées à zéro. Etant
donné que la résonance est obtenue pour un déphasage égal à D/2 entre ces deux signaux, le signal en
sortie du générateur est avancé de D/2 afin de centrer le déphasage optimal sur zéro.

2°) Mesure du déphasage :

Nous souhaitons générer une impulsion dont la durée est proportionnelle au déphasage entre les deux
signaux. Pour se faire, nous comparons les deux signaux à travers une porte XOR (le signal de
l’accélération et le signal de la tension piézoélectrique déphasé de D/2). Le signal de sortie présente
des impulsions à deux fois la fréquence de vibration, afin de ramener la fréquence du signal de sortie à
la fréquence de vibration, nous multiplions le signal de sortie de la porte XOR par le signal
d’accélération. Ainsi, une seule impulsion sur deux est conservée.

La durée des impulsions de sortie est fonction à la fois du déphasage et de la fréquence de vibration.
Afin de rendre la durée de cette impulsion fonction uniquement du déphasage, nous utilisons le circuit
électronique ci-dessous, avec S : la tension piézoélectrique déphasée de D/2, S’ : le signal
d’accélération.

168
Annexe 1

S
R
=1 &
S’ R
C

Sout
R R

C
R

Figure A-2 Schéma de l’électronique utilisée pour la mesure du déphasage


La durée de la tension de sortie s’exprime comme suit :

JJ8((8 J8(8
I> 3 KL -IE /
J( E J8(8 $J(

La durée de l’impulsion générée Sout est fonction uniquement du déphasage 9A entre le signal
piézoélectrique avancé de D/2 et le signal d’accélération.

3°) Sens de transfert :

Il est toutefois nécessaire d’ajouter un système permettant de détecter s’il faut restituer ou transférer de
l’énergie pour pouvoir commander les deux interrupteurs dans le bon ordre. Le sens de transfert est
fixé par le signe de déphasage (> D/2 ou <D/2). Pour pouvoir détecter ce signe, nous utilisons une
bascule D comme suit :

S D Q

S’ clk

Figure A-3 Détermination du sens de transfert de l’énergie électrique

Le signal carré donné par l’accéléromètre est utilisé comme une horloge pour la bascule D, le signal
carré, image de la tension en sortie du générateur piézoélectrique avancé de $/2 est connecté à l’entrée
D de cette même bascule. Au moment du front montant du signal d’horloge on peut distinguer deux
cas :

• Soit la fréquence d’excitation est supérieure à la fréquence de résonance, alors dans ce cas le
signal d’horloge est en retard par rapport au signal de sortie du générateur et la sortie Q de la
bascule est à ‘1’. Ce ‘1’ indique un transfert d’énergie de la capacité du piézoélectrique vers le
stockage énergétique et donc une augmentation de la fréquence de résonance.

• Soit la fréquence d’excitation est inférieure à la fréquence de résonance, alors dans ce cas le
signal d’horloge est en avance de phase par rapport au signal de sortie du générateur et la

169
Annexe 1

sortie Q de la bascule est à ‘0’. Ce ‘0’ indique un transfert d’énergie du stockage énergétique
vers la capacité du piézoélectrique et donc une diminution de la fréquence de résonance.

5°) Commande des interrupteurs :

Les interrupteurs utilisés sont de type MOSFET, NMOS pour k1 et k3, et PMOS pour k2.

I1 I2

Ec

k1
Vc

k2 k3

Figure A-4 Schéma de puissance pour le chargement/déchargement de la capacité des couches piézoélectriques

Le commande des interrupteurs k1, k2 et k3 se fait de la manière suivante :

• Fréquence de vibration supérieure à la fréquence de résonance :

L’interrupteur k3 est commandé par le signal Sout. Cette fermeture de k3 engendre un transfert
d’une partie de l’énergie emmagasinée dans la capacité du matériau piézoélectrique vers le circuit
magnétique et une chute de la tension aux bornes du matériau piézoélectrique. Cette chute de
tension conduit à une augmentation de la fréquence de résonance de la structure. A l’ouverture de
l’interrupteur k3, l’énergie stockée dans le circuit magnétique est transférée vers le stockage
énergétique Ec via la diode inverse de l’interrupteur k1.

• Fréquence de résonance inférieure à la fréquence de vibration :

L’interrupteur k1 est commandé par le signal Sout, ensuite l’interrupteur k2. La fermeture de k1
engendre un transfert d’énergie du stockage énergétique Ec vers le circuit magnétique. A
l’ouverture de l’interrupteur k1, l’énergie stockée dans le circuit magnétique est transférée vers le
piézoélectrique via une commande de fermeture de l’interrupteur k2. La tension aux bornes des
couches piézoélectriques est alors augmentée, ce qui engendre une diminution de la fréquence de
résonance.

170
Annexe 2

II Annexe 2 :

Technique de rebond :

1°) Caractéristiques des actionneurs utilisés pour le rebond mécanique :

Propriétés Valeurs nominales Valeurs min Valeurs max


Déplacement (µm) 400 360 520
Force (N) 38 30 46
Fréquence de 1800 1530 1980
résonance (Hz)
Hauteur (mm) 13.00 12.80 13.20
Longueur (mm) 48.40 48.30 48.50
Largeur (mm) 11.50 10.5 13.00
Masse (g) 19.0

2°) Nouvelle stratégie pour l’actionnement du rebond :

La stratégie que nous avons adoptée pour l’activation du rebond est assez consommatrice, 200µJ pour
chaque rebond activé. Néanmoins, cette solution d’actionnement a permis de valider le principe
d’amplification mécanique par rebonds synchronisés sur la source de vibration. A travers cette annexe,
nous proposons un moyen d’actionnement du rebond moins gourmand en énergie électrique. Nous
distinguons deux principales différences entre ce nouveau moyen d’actionnement et l’ancien :

• Ce nouvel actionneur est composé d’une seule couche piézoélectrique (P1 et P2, cf.Figure A-5)
à faible capacité bloquée (qui nécessite donc moins d’énergie pour être chargée), l’application
d’un champ électrique aux bornes de cette couche piézoélectrique permet l’allongement de la
couche piézoélectrique, cet allongement est ensuite amplifié grâce à un système de levier
mécanique. Le fait d’amplifier mécaniquement le déplacement généré par l’actionneur
piézoélectrique permet de réduire le niveau de champ électrique à appliquer aux bornes du
matériau piézoélectrique pour le blocage total de la structure, et donc l’énergie nécessaire à
l’actionnement.

• Pour minimiser l’énergie moyenne consommée par le système d’actionnement du rebond


mécanique, une partie de l’énergie utilisée pour charger la capacité de l’actionneur
piézoélectrique peut être restituée. Pour ce faire, nous gardons la même technique de détection
de maximum de vitesse et de génération des impulsions de commande, néanmoins, pour
désactiver le rebond, nous proposons de restituer l’énergie stockée dans la capacité du
piézoélectrique au lieu de la dissipée à travers la résistance série d’un transistor de commande.
Nous proposons d’utiliser une alimentation de type Fly-back entre le stockage énergétique Ec
et l’actionneur piézoélectrique, cf. Figure A-6. Lorsque la vitesse du support passe par une
valeur maximale, l’interrupteur k1 est fermé pour charger le circuit magnétique via le bobinage
primaire, ensuite, la fermeture de l’interrupteur k2 permet de transférer l’énergie stockée dans
le circuit magnétique vers la capacité de l’actionneur. Le rebond est alors activé, ensuite
l’interrupteur k3 se ferme pour restituer l’énergie emmagasinée dans la capacité de
l’actionneur vers le circuit magnétique. Lorsque le courant s’annule dans le secondaire, la
diode du primaire prend le relais sur la circulation du courant et l’énergie stockée dans le
circuit magnétique est transférée vers le stockage énergétique Ec.

171
Annexe 2

L2 L1

Masse

P2 P1

be+bm K

Figure A-5 Représentation de la nouvelle technique de blocage de la masse sismique

I1 I2

Ec

k1
Vc
P1 P2

k2 k3

Figure A-6 Schéma de puissance pour l’activation du rebond mécanique

172
Annexe 2

Avec la présente technique, l’énergie consommée sur le stockage énergétique pour actionner le rebond
mécanique peut être fortement réduite, car la seule énergie perdue est celle liée aux pertes dans le
convertisseur Fly-back au moment de charge ou de décharge de la capacité des actionneurs, en plus de
la consommation statique de l’électronique de commande des interrupteurs qui est relativement faible
(40 µW). L’énergie liée à l’alimentation des actionneurs est réduite à :

+
F 3 @ - (. M ' / + E N ' 
@

Avec B : Le rendement du Fly-back

V : la tension nécessaire pour actionner le rebond

Cp : la capacité bloquée des couches piézoélectriques.

Le tableau ci-après compare les deux moyens d’actionnement (actuel N°1, perspective N°2) :

Cp V E
Moyen N°1 1 µF 20 V 2x200 µJ
+
F 3 @ - (. M ' /
@
Moyen N°2 4 pF 1 kV 2x0.85 µJ
+
F 3 @ - (. M ' / + E N ' 
@

Tableau A-1 Comparaison entre les deux moyens d’actionnement (actuel et en perspective)

173
Annexe 3

III Annexe 3 :

Apports scientifiques :

1°) Conférences :

1.1) Conférences internationales :

• B. Ahmed Seddik, G. Despesse, E. Defay, “Improved wideband mechanical energy harvester


based on piezoelectric longitudinal mode”, Eurosensors (2012).
• B. Ahmed Seddik, G. Despesse, E. Defay, “Autonomous Wideband Mechanical Energy
Harvester”, IEEE ISIE (2012).
• B. Ahmed Seddik, G. Despesse, E. Defay, “Wideband Mechanical Energy Harvester Based on
Piezoelectric Material in longitudinal Mode”, IEEE NEWCAS (2012).
• B. Ahmed Seddik, G. Despesse, E. Defay, “Increased bandwidth system of mechanical energy
harvesting”, NSTI-Nanotech., pp. 751-754, (2011).
• B. Ahmed Seddik, G. Despesse, E. Defay, “Tunable Stiffness Based On Piezoelectric Material
For Optimum Energy Harvesting In Low Frequencies”, APCOT (2010).

1.2) Conférences nationales :

• B. Ahmed Seddik, G. Despesse, E. Defay, “Systèmes de récupération de l’énergie vibratoire


large bande”, JNRDM 2011.
• B. Ahmed Seddik, G. Despesse, E. Defay, “Dynamic tuning of resonant frequency for
mechanical energy harvester”, Journées µEnergie 2012.

2°) Journaux :

• B. Ahmed Seddik, G. Despessse, S. Boisseau, E. Defay, “Strategies for resonant frequency


tuning in mechanical energy harvesting”, INTECH Book, chapitre soumis le 20 Juillet 2012.
• B. Ahmed Seddik, G. Despesse, E. Defay, “Tunable Stiffness Based On Piezoelectric Material
For Optimum Energy Harvesting In Low Frequencies”, soumise en Janvier 2012 à Vibration
and Acoustics Journal.
• B. Ahmed Seddik, G. Despessse, S. Boisseau, E. Defay, “Increased bandwidth of mechanical
energy harvester”, Journal of Sensors & Transducers, Vol. 13, Special Issue, pp.62-72,
December (2011).

3°) Brevets :

• B. Ahmed Seddik, G. Despesse, “Circuit d'optimisation de la récupération d'énergie vibratoire


par un convertisseur mécanique/électrique”, FR1150531
• B. Ahmed Seddik, G. Despesse, E. Defay, “Dispositif de conversion d’énergie mécanique en
énergie électrique optimisé”, FR1150531

174
Résumé :

Pour les systèmes de récupération d’énergie vibratoire développés jusqu’à aujourd’hui, ce n’est pas tant la
transduction électromécanique qui limite l’énergie de sortie, mais plutôt l’énergie mécanique disponible
en entrée. En effet, la vibration, avant de pouvoir être traduite en énergie électrique, doit être traduite en
un déplacement relatif. Ce déplacement relatif est obtenu en rajoutant une masse sismique placée en
suspension. L’effet d’inertie de cette masse sismique tend à être très réduit, notamment pour des
structures miniatures, ce qui limite le travail mécanique récupérable et donc la puissance de sortie. Pour
augmenter ce travail mécanique récupérable, il faut alors amplifier l’effet d’inertie de la masse sismique
en utilisant un phénomène de résonance. Cependant, cet effet de résonance tend à rendre le système très
sélectif vis-à-vis de la fréquence de vibration qui n’est pas forcément connue à l’avance ou qui peut varier
dans le temps. C’est l’objectif de cette thèse, à savoir permettre aux systèmes de récupération d’énergie
vibratoire de conserver un fonctionnement à la résonance même si la fréquence de vibration change.

Les travaux de cette thèse s’articulent autour de trois solutions :


1) Ajustement de la fréquence de résonance par application d’un champ électrique dans un matériau
piézoélectrique
2) Ajustement de la fréquence de résonance par adaptation de la charge électrique d’un matériau
piézoélectrique
3) Amplification du mouvement vibratoire par technique de rebond synchronisé
Une modélisation et optimisation à la fois de la plage de fréquence de fonctionnement et de la conversion
mécano-électrique ont été réalisées. Trois structures ont été développées et testées et ont permis de valider
chacune des trois approches. Enfin, une électronique très basse consommation a été mise au point pour
asservir en temps réel la fréquence de résonance sur la fréquence de la source de vibration et optimiser le
taux d’énergie électrique extraite du système afin de maintenir un facteur de qualité optimum.

Abstract:

The first limit of vibration energy harvester’s efficiency is the input mechanical energy. This energy is
tightly related to the amplitude of the relative displacement obtained by the converter. In fact, harvesting
vibrating energy requires converting the vibration into a relative displacement first before it can be
translated into a useful electrical energy. This relative displacement is obtained by adding a seismic mass
placed in suspension. The effect of the seismic mass becomes minimal especially for miniature structures.
Thus, the input mechanical energy and then the electrical recovered power are reduced. To overcome this
limitation, the effect of seismic mass inertia is amplified by using the resonance phenomenon. However,
using resonance means that the system should be excited at its resonance frequency which is not known in
advance and might change over time. This is the objective of this thesis, allowing vibration energy
harvesters to maintain an optimal operation at resonance even if the vibration frequency changes.

The work of this thesis is organized around three solutions:


4) Adjustment of the resonance frequency by applying an electric field in a piezoelectric material
5) Adjustment of the resonance frequency by adapting the electrical load coupled with the harvester
6) Amplification of the relative displacement at off resonance by actuating a synchronized rebound
In the present work, modelling and optimization of both the frequency range of operation and the
mechanical-electrical conversion were carried out. Three structures have been developed, tested and used
to validate the three approaches. Finally, a very low power electronic has been developed for controlling,
in real time, the resonant frequency and the extracted electrical energy in order to maintain an optimum
quality factor.
1

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