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Lettre de Cadrage B CNRD Theme 2025 2026

Le thème du CNRD pour 2025-2026 aborde la fin de la Shoah et des camps nazis, mettant en lumière la survie, le témoignage et le jugement des crimes nazis entre 1944 et 1948. Le document souligne l'importance de la mémoire et du témoignage des survivants pour prévenir l'oubli et la répétition de tels crimes. Il appelle également à une réflexion historique et éducative sur ces événements tragiques, en impliquant la jeunesse et les institutions mémorielles.

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Le thème du CNRD pour 2025-2026 aborde la fin de la Shoah et des camps nazis, mettant en lumière la survie, le témoignage et le jugement des crimes nazis entre 1944 et 1948. Le document souligne l'importance de la mémoire et du témoignage des survivants pour prévenir l'oubli et la répétition de tels crimes. Il appelle également à une réflexion historique et éducative sur ces événements tragiques, en impliquant la jeunesse et les institutions mémorielles.

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CONCOURS NATIONAL DE LA RESISTANCE ET DE LA DEPORTATION

(CNRD) - THÈME 2025-2026

Analyse du thème « La fin de la Shoah et de l'univers concentrationnaire nazi.


Survivre, témoigner, juger (1944-1948) »

La capitulation de l’Allemagne nazie et de ses satellites scelle la victoire militaire des Alliés en Europe
le 7 mai 1945 à Reims, puis le 8 à Berlin (9 mai heure de Moscou). Prennent alors fin l’entreprise de
destruction des Juifs d’Europe – la Shoah à laquelle s’ajoute l’extermination des Tziganes-, et le
développement généralisé des camps de la mort, visant à l’élimination des personnes et populations
désignées comme « ennemies ». Ce monde hors du monde, qui émerge en Allemagne dès 1933,
étendu ensuite à toute l’Europe occupée, conçu comme un système total, matériel et mental, de
déshumanisation, de destruction et d’extermination, concerne également les États satellites de
l’Allemagne nazie et son allié japonais.

Si l’Europe est finalement libérée de l’occupation et de la terreur, la Shoah et l’univers


concentrationnaire nazi ne font pas fait l’objet d’objectifs de guerre des Alliés. Même si Roosevelt,
Churchill ou De Gaulle défendent au sein de la Grande Alliance des convictions humanitaires dans la
lutte contre l’Axe et la répression judiciaire à venir des crimes contre l’humanité, la libération des
camps et des centres de mise à mort et le sauvetage des survivants n’apparaissent pas comme
prioritaires.

Au tournant de l’année 1943, les défaites militaires du IIIe Reich n’interrompent pas l’extermination
humaine consubstantielle à l’idéologie et au système nazis. À l’abri des territoires allemands et de
l’Europe occupée qui échappent à l’avancée des Alliés, le régime poursuit cette entreprise, une guerre
spécifique qui se surimpose à celle entre nations et alliances. L’anéantissement au sein des camps de
la déportation politique s’intensifie tandis que les centres de mise à mort à l’Est accélèrent la
destruction des Juifs d’Europe avec des convois nombreux de déportés atteignant en particulier
l’immense complexe d’Auschwitz Birkenau chargé de leur disparition (avec les unités combinées
chambres à gaz-fours crématoires).

En 1944, l’entreprise de destruction culmine alors que l’Allemagne et les forces de l’Axe reculent sur
tous les fronts. Quelques semaines après le débarquement allié du 6 juin en Normandie, Himmler,
ministre de l’Intérieur et chef des SS, ordonne l’évacuation des déportés des camps désormais
menacés, afin qu’ils soient éliminés et qu’ils ne puissent pas témoigner. Dans les camps échappant à
l’avance alliée, la « solution finale de la question juive » se réalise à marche forcée, les Juifs hongrois
étant massivement gazés à Birkenau durant le printemps et le début d’été. Au même moment, les
premiers camps de concentration et centres de mise à mort sont investis : Maïdanek en Pologne le 23
juillet 1944 par l’Armée rouge ; Natzweiler-Struthof en Alsace annexée le 25 novembre 1944 par les
forces américaines. Des révoltes ont lieu, comme celle du Sonderkommando du 7 octobre 1944 à
Birkenau, qui suit l’effort de documentation des déportés juifs qui y étaient affectés.

D’Auschwitz-Birkenau partent les « marches de la mort », à partir de janvier 1945. Elles concernent
60 000-70 000 déportés. Un tiers d’entre eux périssent, exécutés, épuisés ou affamés. Les soldats de
l’Armée rouge qui pénètrent dans Auschwitz-Birkenau le 27 janvier découvrent 7 000 détenus
mourants, dans un camp qui en avaient compté 140 000, et où un million de Juifs de toute l’Europe
ont été assassinés, ainsi que 20 000 Tziganes, 15 000 prisonniers de guerre soviétiques et 150 000 civils
et résistants polonais non-juifs. Quant au travail forcé que subissent les déportés pour ceux qui ne sont
pas immédiatement assassinés à leur arrivée au camp, il a la même vocation finale, la mort, par
épuisement, famine, torture ou meurtre. Malgré l’effondrement militaire du IIIe Reich, le programme
de destruction et d’extermination se poursuit, brisant beaucoup des espoirs de survie des déportés.

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La fin définitive de l’univers concentrationnaire et de la Shoah n’intervient que très tardivement au
regard de la chronologie de la guerre mondiale. La « solution finale de la question juive » et
l’extermination totale des autres « ennemis du Reich » polarisent les derniers moments du nazisme.
Des déportés des camps proches d’être conquis par les Alliés subissent de nouvelles « marches de la
mort », en particulier vers le camp de Theresienstadt investi par l’Armée rouge seulement le 10 mai
1945 ; Ginette Cherkasky (Kolinka) ou Anne-Lise Stern y retrouvent la liberté avant d’être rapatriées
en France. Un mois plus tôt, le 11 avril, des unités américaines sont parvenues à Buchenwald (libéré
peu avant par les déportés eux-mêmes). Le 15, c’est au tour de Bergen-Belsen ravagé par une épidémie
massive de typhus qui a déjà emporté nombre de survivants dont Anne Frank ; parmi les rares rescapés
libérés par les forces britanniques : Simone Jacob (Veil) et Marceline Rozenberg (Loridan-Ivens) à
Terezin.

La fin de la Shoah et des camps signifie le retour à la vie et au monde des survivants de l’univers
concentrationnaire, une infime minorité des déportés. Survivre demeure pour autant une expérience
périlleuse. Le retour à la vie, le rapatriement vers les pays d’origine et son organisation à l’échelle du
continent européen ou le choix de gagner une patrie d’adoption sont autant d’épreuves qui frappent
des populations vulnérables et souvent esseulées. Les survivants sont confrontés aux défis de la liberté
retrouvée. Ils s’efforcent de retrouver la trace de leurs proches, tentent de se reconstruire. Ils sont
aidés par leurs camarades, des associations, des institutions publiques, par des anonymes aussi. Des
sorts tragiques attendent des déportés soviétiques, immédiatement redirigés vers le Goulag, ou des
Juifs polonais massacrés à leur retour. Des espoirs d’un monde libéré de la terreur sont
majoritairement brisés.

Survivre est un combat, avant, pendant et après la fin de la Shoah et de l’univers concentrationnaire,
motivé par un but essentiel pour le présent et l’avenir. Témoigner. Il faut témoigner, un acte de fidélité
et de dignité pour celles et ceux qui n’ont pas survécu, une promesse qui leur a été faite souvent,
comme à Fanny Dzik par sa sœur Esther (Senot), à Birkenau où la première vivait ses derniers jours. Le
témoignage est une nécessité, parfois une impossibilité tant les traumatismes sont insurmontables.
Témoigner s’impose pour empêcher que la fin de l’univers concentrationnaire ne s’accompagne de la
disparation de la mémoire, de l’abdication de la connaissance, et du renoncement à la répression des
crimes nazis. Les survivants de la Shoah tentent de révéler au monde une réalité impensable.

Les témoins se souviennent, parlent et agissent. Ils mobilisent les mots, la langue, l’art et l’image, le
rêve et la mémoire pour dire, dépasser et communiquer l’indicible. Les témoignages exprimés, les
récits transmis engendrent l’incrédulité des contemporains. En raison de cette hostilité diffuse, d’un
doute même sur leur véracité, nombre d’entre eux ne sont pas connus, ni édités ni diffusés. Archivés
ou simplement remémorés, ils ne sont révélés que bien plus tard. D’autres, immédiatement connus,
sont redécouverts à la faveur de rééditions.

Témoigner s’impose aussi aux forces militaires, aux personnels médicaux civils, aux correspondants
des journaux, des actualités et des agences, aux cinéastes et photographes de guerre, à celles et ceux
qui découvrent les premiers l’univers concentrationnaire, et sont confrontés tant à l’urgence de sauver
les survivants que d’appréhender les responsables et conserver les preuves de leurs crimes.

Juger s’impose au monde libre. L’impératif figure parmi les buts de la guerre alliée dès 1943. Les
contemporains conscients des atrocités s’emploient à les documenter méthodiquement. L’objectif est
d’amener à leur pénalisation par de nouvelles incriminations, afin de poursuivre les responsables
appréhendés ou recherchés. Il s’agit d’instituer des tribunaux, prioritairement internationaux, ce qui
avait déjà été envisagé par la conférence de la Paix après la Première Guerre mondiale. En 1945,
l’obligation de juger s’affirme une nouvelle fois, avec une insistance supérieure qui traduit l’effroi
devant la découverte des crimes nazis.

2
Le 20 novembre 1945 s’ouvre à Nuremberg la première audience du Tribunal militaire international
(TMI) institué par les gouvernements alliés. Le TMI procède de la charte de Londres du 6 août. Vingt-
quatre responsables allemands sont jugés en vertu de trois chefs d'accusation : « les crimes contre la
paix », les « crimes de guerre », et une catégorie juridique nouvelle dans le droit international, les «
crimes contre l'humanité ». Définie par Hersch Lauterpacht, cette dernière incrimination est précisée
dans la résolution des Nations Unies du 13 février 1946. Elle est ensuite adoptée par le Tribunal de
Tokyo, chargé de juger les responsables du régime impérial japonais. La « participation à un plan
concerté ou à un complot » dans la commission des crimes est également retenue.

A Nuremberg, la grande majorité des faits jugés relèvent de la « solution finale » et de l’univers
concentrationnaire, mais sans qu’ils ne soient réellement compris faute d’une catégorie juridique à la
hauteur des crimes commis. Dans son verdict du 1er octobre 1946, les condamnations pour crimes de
guerre dominent au TMI, au détriment du crime contre l’humanité. La répression judiciaire de la
« solution finale » n’est pas engagée, même si le terme de « génocide » figure bien dans l’acte
d’accusation du 18 octobre 1945. Les bases de ce droit pénal international sont établies le 30 octobre
1943 avec la déclaration interalliée de Moscou pour le jugement des criminels allemands, et la même
année pour le crime de génocide par le juriste Raphael Lemkin avant qu’il ne l’exprime plus
complètement dans son ouvrage de novembre 1944, Axis Rule in Occupied Europe. Le juriste sort de
l’indécision le « crime sans nom » dénoncé par Winston Churchill à la BBC le 24 août 1941 qualifiant le
sort des Juifs à l’Est.

En 1948, Lemkin fait reconnaître par l’assemblée générale des Nations Unies la nouvelle incrimination
de « crime de génocide », sous la forme d’une convention internationale pour la prévention et la
répression dudit crime. Elle s’apparente à un statut pour une cour internationale permanente dont la
création est envisagée mais n’est pas suivie d’effet. La Convention est adoptée le 9 décembre à Paris,
au palais de Chaillot. Ce texte contraignant, entré en vigueur le 12 janvier 1951, est une réponse à la
Shoah. La Convention découle aussi de la connaissance par Lemkin de l’entreprise génocidaire
perpétrée contre les Arméniens par les dirigeants de l’Empire ottoman en 1915, comme le démontrent
certains des actes identifiés dans « l’intention de détruire ».

Le lendemain, 10 décembre 1948, est voté par la même assemblée générale un second texte fondateur
des Nations Unies, la Déclaration universelle des droits de l’homme, visant à prévenir les crimes contre
l’humanité. Le monde libéré du nazisme, du fascisme et du militarisme japonais se détourne pourtant
de la connaissance de l’univers concentrationnaire et plus encore de la Shoah. Le traumatisme des
survivants, le silence sur leurs témoignages, l’effacement des morts, le déni de la Collaboration vont
longtemps perdurer. La conscience des personnes disparues par millions dans l’univers
concentrationnaire et génocidaire nazi se fait maintenant plus vive, alors que les derniers survivants
quittent notre monde et que la tyrannie politique, la haine des Juifs, menacent aujourd’hui les
héritages démocratiques de la lutte contre le nazisme.

Puisse ce thème 2025-2026 du CNRD convaincre les élèves de France et des établissements français à
l’étranger, avec leurs professeurs et les communautés éducatives, avec leurs familles et la société tout
entière, que la recherche historique qu’ils pratiquent est un acte de vérité, voire une réparation. Les
fondations mémorielles, les associations du souvenir, les centres patrimoniaux et archivistiques, les
musées et les bibliothèques, toutes les institutions nombreuses qui œuvrent au concours, sauront les
aider et leur apporter les sources et les savoirs nécessaires. Ainsi, de jeunes historiennes, de jeunes
historiens se révéleront.

Vincent Duclert, président du collège national des correcteurs du CNRD.

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Le thème du CNRD pour l’année scolaire 2025-2026, « La fin de la Shoah et de l'univers
concentrationnaire nazi. Survivre, témoigner, juger (1944-1948) », succède aux thèmes nationaux des
années 2023-2024 et 2024-2025, respectivement : « Résister à la Déportation en France et en Europe »,
et « Libérer et refonder la France (1943-1945) ». Cet ensemble traduit la volonté commune de redonner
au Concours national de la Résistance et de la Déportation une place de premier plan au sein de la
République française et de la mémoire nationale, à l’école, dans la société, pour l’enseignement,
l’éducation et la création. L’ouverture vers l’Europe est vivement recherchée. L’appel à la jeunesse est
au cœur du concours pour lequel agissent de très nombreux acteurs de la mémoire et de l’histoire.

Pour le thème de l’année scolaire 2025-2026, le document scientifique et pédagogique de référence est
coordonné par la Fondation de la Mémoire de la Shoah et la Fondation pour la Mémoire de la
Déportation.

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