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Imâm al-Haddâd - Le Livre des convenances du disciple.pdf · version 1

Le Livre des convenances pour le cheminement spirituel du disciple, écrit par l'imâm al-Haddâd, traite des bonnes manières nécessaires pour progresser sur le chemin spirituel, en mettant l'accent sur la courtoisie envers les frères, le shaykh et le Prophète. Ce manuel, fondé sur le Coran et la sunna, vise à aider les croyants à se détacher des préoccupations matérielles pour se rapprocher de Dieu. Les enseignements de l'imâm soulignent l'importance d'apprendre et de pratiquer ces convenances simultanément pour atteindre une compréhension spirituelle profonde.

Transféré par

Pape Malick Ndour
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Le Livre des convenances pour le cheminement spirituel du disciple, écrit par l'imâm al-Haddâd, traite des bonnes manières nécessaires pour progresser sur le chemin spirituel, en mettant l'accent sur la courtoisie envers les frères, le shaykh et le Prophète. Ce manuel, fondé sur le Coran et la sunna, vise à aider les croyants à se détacher des préoccupations matérielles pour se rapprocher de Dieu. Les enseignements de l'imâm soulignent l'importance d'apprendre et de pratiquer ces convenances simultanément pour atteindre une compréhension spirituelle profonde.

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H é r i t a g e S p i r i t u e

imâm ai-Haddâd

Le Livre
des convenances
du disciple
Le livre des convenances pour le cheminement spirituel du disciple

Traduit de l'arabe par


Omar V

4
ALBOURAQ
Héritage Spirituel

Imâm al-Haddâcl
Le Livre des convenances du disciple
Le livre des convenances pour le cheminement du disciple spirituel .

Apprendre les convenances spirituelles vis-à-vis des frères et des


musulmans conduit à apprendre la courtoisie spirituelle vis-à-vis du
shaykh. Cela conduit à apprendre la courtoisie vis-à-vis du Prophète,
que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui, ce qui mènera
au but ultime qui est de maîtriser le type de comportement nécessaire
à celui qui doit être accepté par Dieu, Exalté et Majestueux soit-Il.
Pourtant, en pratique, tous ces aspects doivent être développés
simultanément. Le résultat qu'on peut en attendre ne se révèle à
chaque niveau que lorsque le niveau précédent a été suffisamment
maîtrisé.

Le Livre des convenances pour le cheminement du disciple spirituel fut


conçu de façon à être profitable à tous les voyageurs, étant donné
qu'il s'agit d'un manuel de comportement totalement fondé sur le
Coran et la sunna, la connaissance théorique de i'imâm et son expérience
personnelle. C'est un livre d'une valeur inestimable par la facilité avec
laquelle on peut mettre en œuvre les conseils et les enseignements
qu'il contient.
L'imâm al-Haddâd a dit un jour : « La dimension extérieure du chemin,
c'est la connaissance. Sa dimension intérieure, c'est la compréhension.
Ce qu'il livre est un secret. Et sa finalité ultime est de se perdre en
Dieu. » Cet ouvrage a trait aux deux premiers points.

7€
ISBN 2-84161-233-3

w w w. a 1 b o u r a q, c o m
www.alifba.com
9 " 7 8 2 8 4 1 " 6 1 2 3 3 S8 > Atelier Graphique Aibouraq
-^ûyJ^J ï^Ji
Les Éditions Albouraq
— Héritage Spirituel —
Du même auteur

Le livre de l'aide, du soutien et de l'encouragement pour les


croyants qui désirent suivre la voie vers l'au-delà, Imâm al-
Haddâd, - Traduction et annotations par AbdelWadoud
Bout, 2001.

Le livre du Savoir et de la Sagesse, Imâm al-Haddâd, — Tra-


duction et annotations par Omar Van Den Broeck et Mosta-
fâ al-Badawî, 2002.

Les vies de l'Homme, Imâm al-Haddâd, — Traduction de


l'anglais par AbdelWadoud Bour, révisé d'après l'original en
arabe et annoté par Mostafâ al-Badawî, 2002.

Le livre du rappel mutuel, Imâm al-Haddâd, - Traduction de


l'Anglais par AbdelWadoud Bour, révisé d'après l'original en
arabe et annoté par Mostafâ al-Badawî, 2004.

Le forgeron des cœurs, Biographie de l'Imâm al-Haddâd, Mostafâ al-


Badawî, Albouraq, 2001.
Distribué par :
Imâm 'Abdallah ibn 'Alawî

Albouraq Diffusion Distribution al-Haddâd


Zone Industrielle
25, rue François de Tessan
77330 Ozoir-la-Férrière
Tél. : 01 60 34 37 50
Fax: 01 60 34 35 63
E-mail : [email protected]

Comptoir de vente :
J L J C Jl-i.1 T JL C
Librairie de l'Orient
'fi 'f"\ f""t •) "fl
18, rue des Fossés Saint Bernard
75005 Paris
Tél. : 01 40 51 85 33
des convenances du disciple
Fax: 01 40 46 06 46 Le livre des convenances
— Face à l'Institut du Monde Arabe —
Site Web : www.orient-lib.corn pour le cheminement du disciple spirituel
E-mail % [email protected]

Dar Albouraq© Traduit de l'arabe par O m a r Van D e n Broeck


- Face à l'Université d'al-Azhar-Beyroutk -
B.P. : 13/5384
Beyrouth-Liban
Tel / fax : 00 96 11 788 059
Site Web : www.albouraq.corn
E-mail : [email protected]
1425-2004

Tous droits de reproduction, d'adaptation ou de traduction, par quelque


procédé que ce soit, réservés pour tous les pays à l'Editeur.

ISBN 2-84161-233-3
EAN9782841612338 Albouraq
Introduction

Au Nom de Dieu, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux.

Les oeuvres de Vimâm al-Haddâd, d'une façon générale,


visent à pousser le lecteur à se détacher des choses éphémères
de ce monde pour mieux se concentrer sur le monde à venir
et les choses spirituelles, ce qui présuppose la crainte de
Dieu, la taqwâ qui régit toutes ses attitudes et comporte-
ments envers son Seigneur et envers les hommes.
La taqwâ et le détachement par rapport à ce monde
conduisent naturellement à chercher un chemin pour se rap-
procher du Réel, Dieu ie Très Haut. Ce chemin suppose les
convenances, c'est-à-dire les bonnes manières du voyageur
spirituel, qui constituent le sujet du présent traité. Il est inti-
tulé Livre des convenances pour le voyage du disciple spirituel.
Le Livre des Convenances fut dicté par Vimâm en 1071 de
l'Hégire, alors que, malgré son jeune âge, il était considéré
comme un maître spirituel. Les convenances sont importan-
tes pour la croissance spirituelle. C'est Dieu Lui-même qui
enseigna aux Compagnons comment se comporter vis-à-vis
de leur maître spirituel, le Prophète, que les bénédictions et
la paix soient sur lui, avec un respect et une déférence extrê-
mes. Ô vous qui croyez ! N'anticipez pas sur Dieu, et sur
son Messager ! Craignez Dieu S Dieu est Celui qui entend
et qui sait ! Ô vous les croyants ! N'élevez pas la voix au.-
IMAMAL-HADDÂD LE LIVRE DES CONVENANCES DU DISCIPLE

dessus de celle du Messager. Ne lui adressez pas la parole moins) à étudier ce qui aide à se délivrer du châtiment de
à voix haute, comme vous le faites entre vous, de crainte l'au-delà et de l'indifférence morale dans cette vie.
que vos oeuvres ne soient vaines, sans que vous vous en
doutiez. Quant à ceux qui baissent la voix en présence du Le Prophète, que les bénédictions et la paix de Dieu
Messager de Dieu, voilà, ceux dont Dieu scrute les cœurs soient sur lui, a dit : « Dieu déteste ceux qui se sont formés
pour y mettre Sa crainte révérencielle. Ils obtiendront le aux affaires de ce monde mais sont ignorants de l'au-delà. »
pardon et une récompense immense. 1 Car il incombe à ceux qui ont été gratifiés par Dieu
d'intelligence et de dons d'appliquer ces bienfaits à ce qui
Dans cet extrait, la taqwâ est présentée comme le fonde-
leur est profitable de la façon la plus profonde, d'acquérir la
ment des convenances et du comportement correct qu'on
connaissance et l'inspiration au sujet du Réel et de la raison
attend d'une personne qui croit en Dieu, en Son Messager,
pour laquelle II nous a créés. Cela ne veut pas dire qu'il faut
que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui, et en
abandonner ce monde en bloc. Au contraire, l'islam encou-
l'au-delà. Mais avant d'apprendre ce qui convient des conve-
rage l'excellence dans les choses de ce monde, mais pas au
nances, il faut donner quelques indications des mauvaises
prix des questions relatives à l'au-delà et de la conduite reli-
manières et de leurs caractéristiques.
gieuse de sa propre vie. Le détachement par rapport à ce
Les pires parmi les mauvaises manières consistent à savoir monde est une affaire du cœur, une attitude mentale, une
que l'au-delà est immensément meilleur que ce monde et façon objective de fixer des priorités, pour pouvoir gérer les
qu'il est éternel, et à préférer pourtant ce monde et à y affaires du bas-monde, mais sans préoccupation immodérée.
concentrer toute son énergie. Les mauvaises manières consis- Quant à l'étude des sciences de la religion, c'est un devoir
tent à savoir qu'il est possible de se rapprocher de Dieu, et à auquel aucun musulman ne peut se soustraire. « Chercher la
décider pourtant que l'effort pour y parvenir est trop pénible connaissance est une obligation pour tout musulman et toute
et à se contenter du minimum nécessaire pour juste échapper musulmane, » a dit le Prophète, que les bénédictions et la
au feu. Les mauvaises manières consistent à savoir que cer- paix de Dieu soient sur lui. Cela va de pair avec l'apprentis-
taines personnes atteignent une profonde connaissance de sage du commerce, la formation à un métier, ou l'obtention
Dieu grâce à la contemplation, et à décider pourtant que de diplômes universitaires éminents.
d'autres choses sont plus importantes et méritent qu'on s'en
soucie. Les mauvaises manières consistent à consacrer du En ce qui concerne les bonnes manières du voyage spiri-
temps et de l'énergie à étudier ce qui est insignifiant et tuel, elles sont destinées à façonner les attitudes et le compor-
éphémère, et à négliger de consacrer le même temps (au tement pour les orienter vers Dieu le Créateur. Ensuite vien-
nent les convenances vis-à-vis du Prophète, que les bénédic-
tions et la paix de Dieu soient sur lui, ses Compagnons, sa
famille. Puis vient le shaykh, ou maître spirituel, les autres
Coran 49 : 1-3.
10 IMAM AL-HADDAD LE LIVRE DES CONVENANCES DU DISCIPLE 11

maîtres, et les autres hommes de Dieu. Enfin viennent les mettre en œuvre les conseils et les enseignements qu'il
frères sur le chemin, les autres musulmans, et la création contient.
toute entière. Car il est des bonnes manières qu'on doit ob-
Uimâm al-Haddâd a dit un jour : « La dimension exté-
server dans tout être humain aussi bien que dans la flore et la
rieure du chemin, c'est la connaissance. Sa dimension inté-
faune.
rieure, c'est la compréhension. Ce qu'il livre est un secret. Et
Apprendre les convenances spirituelles vis-à-vis des frères sa finalité ultime est de se perdre en Dieu. » Cet ouvrage a
et des musulmans conduit à apprendre la courtoisie spiri- trait aux deux premiers points.
tuelle vis-à-vis du shaykh. Cela conduit à apprendre la cour-
Nous demandons à Dieu de pardonner les défauts de no-
toisie vis-à-vis du Prophète, que les bénédictions et la paix de
tre travail, de nous accorder la sincérité en paroles et en actes,
Dieu soient sur lui, ce qui mènera au but ultime qui est de
et de faire qu'il nous soit facile de jouir de l'honneur de la
maîtriser le type de comportement nécessaire à celui qui doit
fréquentation du Messager de Dieu, que les bénédictions et
être accepté par Dieu, Exalté et Majestueux soit-Il. Pourtant,
la paix de Dieu soient sur lui, de ses Compagnons, de sa fa-
en pratique, tous ces aspects doivent être développés simul-
mille, de nos maîtres ; et de tous les hommes de Dieu dans la
tanément. Le résultat qu'on peut en attendre ne se révèle à
demeure de la sérénité et de la lumière éternelle. Amîn !
chaque niveau que lorsque le niveau précédent a été suffi-
samment maîtrisé.

Le Livre des convenances pour le voyage du disciple spirituel? Mostafâ al-Badawî


fut conçu de façon à être profitable à tous les voyageurs,
étant donné qu'il s'agit d'un manuel de comportement tota-
lement fondé sur le Coran et la sunna, la connaissance théo-
rique de Ximâm et son expérience personnelle. C'est un livre
d'une valeur inestimable par la facilité avec laquelle on peut

Nous avons opté pour "disciple spirituel" pour le mot arabe murid.
D'autres options étaient : chercheur, aspirant ou voyageur. Aucune n'est
complètement satisfaisante. Un murîd est quelqu'un qui désire ou de-
mande quelque chose. Ainsi murîd Allah est celui qui désire ardemment
Dieu, alors que murîd al-âkhira est celui qui désire le paradis dans l'au-
delà. Agir conformément à ces désirs signifie voyager sur le chemin. Celui
qui cherche sérieusement Dieu doit devenir un disciple, recevoir un en-
seignement et un entraînement sous la conduite d'un maître autorisé.
Prologue

Au Nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

Il n'y a de pouvoir et de puissance que par Dieu, le Su-


blime, le Majestueux. Louange à Dieu, Celui qui, lorsqu'il le
veut, provoque dans le cœur des chercheurs spirituels
l'angoisse du désir3, ce qui les pousse à cheminer sur la voie
qui mène au bonheur, celle de la foi et de l'adoration, et à
effacer tout formalisme et toute habitude. Que la prière et la
paix soient sur notre seigneur Muhammad, le seigneur des
gens de la Seigneurie, ainsi que sur sa famille et ses Compa-
gnons, nos seigneurs et guides.
Dieu, Exalté soit-Il, a dit, Lui qui est le plus véridique : A
quiconque désire la vie immédiate, Nous Noms hâtons de
donner ce que Nous voulons, à qui Nous voulons. Puis
Nous le destinons à l'enfer oà il brûlera, méprisé et re-
poussé. Mais quiconque désire la vie future et fait les ef-
forts requis, tout en étant croyant, voilà celui dont l'effort
sera reconnu..4
La vie immédiate, c'est l'ici-bas. Si le destin de celui qui
ne désire que lui sans faire d'efforts en ce sens est le feu, le
blâme et l'humiliation, combien il incombe à la personne

3
Si on considère l'être humain comme corps, âme et esprit, le désir sera
charnel s'il a comme source le corps, passionnel si sa source est l'âme, et
spirituel si c'est l'esprit.
4
Coran 1 7 : 18-19.
IMAM AL-HADDAD LE LIVRE DES CONVENANCES DU DISCIPLE 15

douée d'intelligence de s'en méfier et de le fuir ! Car l'au- l'action semble bonne, ce qui est le cas chez celui qui
delà, c'est le jardin. La volonté ne suffit pas pour réaliser le n'accomplit des œuvres vertueuses que pour plaire aux êtres
salut : il faut qu'elle s'accompagne de la foi et d'œuvres pieu- créés.
ses, selon la parole coranique déjà citée : Mais quiconque
Le Prophète nous enseigne aussi que la rétribution de ce-
désire la vie future et fait les efforts requis, tout en étant
lui qui œuvre pour Dieu en suivant l'exemple du Prophète
croyant, voilà celui dont l'effort sera reconnu.
de Dieu, que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur
L'effort reconnu, c'est l'œuvre acceptée par Dieu et qui lui, se trouve auprès de Dieu. Il trouvera la satisfaction au-
procure à son auteur louanges et éloges, ainsi que l'immense près de Dieu et dans Son paradis, dans le voisinage de Son
récompense qui ne cesse jamais, par la grâce de Dieu et par Prophète et des meilleurs de Ses gens. Par contre, celui qui
Sa miséricorde. Par contre le vrai perdant parmi ceux qui vise autre que Dieu, et œuvre pour autre que Lui, trouvera sa
désirent le bas monde, celui qui attire sur lui le châtiment rétribution et sa récompense auprès de celui qu'il a flatté,
rappelé dans le verset déjà cité, c'est la personne qui désire le celui qui ne saurait attirer sur lui ou sur quiconque ni bien,
bas monde si intensément qu'elle en oublie l'au-delà et n'y ni mal, ni mort, ni vie, ni résurrection.
croit pas, ou y croit mais n'agit pas en conséquence. Le pre-
mier est l'infidèle qui résidera éternellement dans le feu, et le Par le terme d'émigration le Prophète, que les bénédic-
deuxième le corrompu marqué du sceau de la perdition. tions et la paix de Dieu soient sur lui, indique en fait la tota-
lité des œuvres que l'homme peut accomplir, car il est évi-
Le Messager de Dieu, que les bénédictions et la paix de dent pour ceux qui sont capables de comprendre que cette
Dieu soient sur lui, a dit : « Les actions ne valent que par les règle n'est pas restreinte mais comprend toutes les lois de
intentions, et à chaque homme ses intentions. Celui qui aura l'Islam, l'émigration étant le symbole d'elles toutes.
émigré vers Dieu et Son Messager, son émigration lui sera
Sache enfin, ô toi le disciple, l'aspirant, le chercheur dési-
comptée pour Dieu et Son Messager. Quant à celui qui aura
reux, que lorsque tu m'as demandé de t'envoyer une de mes
émigré en vue de biens terrestres, ou afin d'épouser une cer-
œuvres, je n'ai rien vu qui convienne à ton intention. J'ai
taine femme, l'émigration ne comptera que pour le but qui
pensé qu'il valait mieux rédiger, dans un style accessible,
l'aura déterminée. »
quelques courtes explications concernant les convenances du
Le Prophète nous enseigne donc qu'il n'y a d'action que disciple. Et c'est à Dieu que je demande que me soit profita-
selon l'intention, et que l'homme sera récompensé ou puni ble, ainsi qu'à vous et à tous les frères, ce qu'il m'inspirera et
selon elle. Si elle est bonne, ce sera en bien. Si elle est mau- me fera parvenir de Lui, car II me suffit et II est mon meil-
vaise, ce sera en mal. Celui qui purifie ses intentions, inévi- leur protecteur.
tablement ses actions sont bonnes, tandis que celui qui avilit
ses intentions, avilit aussi ses actions. Il en est ainsi même si
Chapitre 1

Le début de la vole est une forte impulsion divine.


Il faut la renforcer, la sauvegarder et y répondre

Sache que le début de la voie est une puissante impulsion


qui s'introduit dans le cœur du serviteur, le tenaille,
l'inquiète et l'oblige d'une part à chercher Dieu ainsi que la
demeure de l'au-delà, d'autre part à se détourner de ce bas
monde, de ce que les êtres créés y sont occupés à bâtir et à
amasser, des plaisirs à y goûter et de ses beautés trompeuses.
Cette impulsion est un des guerriers cachés de Dieu. Elle
est un don de la sollicitude divine et un signe de guidance.
Elle est donnée au serviteur écoutant des paroles qui évo-
quent la crainte, l'espoir, ou le désir5, regardant les hommes
de Dieu ou subissant leur regard. Elle est aussi donnée quel-
quefois sans raison apparente.
S'exposer à ces dons est obligatoire et désirable. Tout re-
tard, toute attente sans s'exposer, sans attendre à la porte, est
un signe d'extrême bêtise. Le Prophète, que les bénédictions
et la paix de Dieu soient sur lui, a dit : « Il y a de la part de
votre Seigneur des dons pendant votre séjour sur terre. Expo-
sez-vous à les recevoir. »
Que celui que Dieu a gratifié de cette impulsion honorable
reconnaisse sa valeur sublime, et qu'il la considère comme une
des grâces les plus hautes de Dieu, Exalté soit-Il, dont on ne
saurait évaluer la valeur. Aucun remerciement n'en est digne.

La crainte de l'enfer, l'espoir du paradis et le désir de connaître Dieu.


IMAM AL-HADDÂD

Qu'il intensifie donc sa reconnaissance pour ce dont Dieu l'a Chapitre 2


gratifié parmi ses semblables et ses pairs, car combien de mu-
sulmans ont atteint l'âge de 80 ans et plus sans avoir rencontré Le repentir et ses conditions.
cette impulsion, ne fût-ce qu'un seul jour. Se garder de toute sorte de péché

Le disciple doit s'efforcer de renforcer la présence de cette


impulsion, de la protéger et d'y répondre. Le renforcement se La première chose que le disciple doit faire sur le chemin
fait par le rappel de Dieu, la méditation sur ce qui se trouve de Dieu, c'est réaliser son repentir complet en demandant le
auprès de Lui, et le fait de s'asseoir avec les gens de Dieu. La pardon de Dieu, Exalté soit-U, pour tous ses péchés. S'il a
préservation de cette présence s'obtient en s'éloignant des gens commis quelque injustice envers une créature, il doit si pos-
voilés6 et en se détournant des suggestions sataniques. La ré- sible la réparer, sinon s'efforcer d'en obtenir le pardon. Celui
ponse se fait par la conversion totale vers Dieu, Exalté soit-U, dont la conscience est entravée par les réclamations des créa-
et par la sincérité de cette conversion. Le disciple ne peut pas tures, ne pourra jamais cheminer vers la Vérité.
perdre son temps, retarder ou remettre cette décision. En effet,
La condition de l'authenticité du repentir, c'est le re-
l'occasion vient de lui être donnée, qu'il la saisisse donc ! La
porte lui a été ouverte, qu'il entre ! Il a été appelé par le Mes- mords sincère pour les péchés commis et la volonté ferme de
sager, qu'il se dépêche donc ! Qu'il ne retarde pas sa décision, ne plus jamais les commettre à nouveau. En effet, chez celui
car ce serait l'œuvre de Satan. Qu'il accepte l'invitation, ne qui se repent d'un péché tout en y insistant ou en ayant
perde pas de temps, et n'invoque pas comme excuse le man- l'intention de le commettre à nouveau, le repentir n'est pas
que de temps ou le manque de disposition spirituelle. véritable.
Le disciple doit être constamment conscient de l'insuf-
Abu 1-Rabr, que Dieu le couvre de Sa miséricorde, a dit :
fisance de la manière dont il remplit ses obligations envers
« Avancez vers Dieu, invalides ou brisés. N'attendez pas d'avoir
son Seigneur. S'il est attristé de cette insuffisance et si son
la santé, car cette attente est vaine. » Et Ibn 'Atâ'illâh a dit dans
cœur en est brisé, qu'il sache que Dieu est auprès de lui,
ses Hikarri : « Retarder ton engagement jusqu'au moment où
puisqu'il a dit, Transcendant soit-U : « Je suis auprès de ceux
tu auras le temps, c'est sacrifier aux penchants de l'ego. »
dont le cœur est brisé à cause de Moi. »
Le disciple doit se protéger des plus petits péchés, pour ne
6
pas parler des grands, plus qu'il ne se protège d'un poison
Les gens voilés sont ceux dont les voiles cachant la vérité sont si opaques
mortel. Sa crainte, s'il tombe dans le péché, doit être plus
et enveloppent leurs cœurs si complètement qu'ils n'ont plus conscience
de l'au-delà. grande que celle que lui inspire le poison. En effet, la déso-
7
al-Hikam : collection d'aphorismes spirituels dont l'auteur est le maître béissance agit sur le cœur comme le poison sur le corps, et le
Ibn "Atâ'illâh al-Iskandarî.
/
20 IMAM AI.-HADDÂD

croyant chérit le cœur plus que le corps. Sauvegarder son Chapitre 3


cœur et en prendre soin est le capital du disciple. Le corps est
sujet à des accidents, et très vite il connaîtra la mort. Celle-ci Sauvegarder son cœur de tonte suggestion satanique,
ne consiste qu'en la séparation de ce bas monde, lequel n'est de toute préoccupation et de toute intention mauvaise
que tracas et griefs. Mais si on perd son cœur, on perd éga-
lement l'au-delà. N'échappe à la colère de Dieu et ne réussit
à obtenir la satisfaction de Dieu et Sa récompense que celui Le disciple doit s'efforcer de sauvegarder son cœur de
qui se présente à Dieu avec un cœur indemne. toute mauvaise inspiration, des espoirs illusoires ou de toute
pensée mauvaise. Qu'il fasse de la vigilance un gardien qui
leur interdit l'accès. En effet, si ces choses y pénètrent et le
souillent, il sera très difficile par la suite de s'en débarrasser.
Qu'il s'efforce de purifier son cœur, le lieu où tombe le
regard de son Seigneur, de tout penchant vers les passions du
bas monde, qui le pousse vers la jalousie, la rancœur, la
tromperie ou les pensées mauvaises à l'égard de musulmans.
Il doit être de bon conseil, plein de compassion et de pitié, et
penser du bien à leur propos. Qu'il désire pour eux le bien
qu'il désire pour lui-même, et qu'il déteste pour eux le mal
qu'il déteste pour lui-même.
Sache, ô toi le disciple, que le coeur connaît des péchés
plus vils, plus méprisables et plus ignobles que les péchés des
sens. Et le cœur ne permet la descente de la connaissance et
de l'amour de Dieu, Exalté soit-Il, qu'après s'en être libéré et
purifié.
Parmi les fautes les plus détestables l'orgueil, l'ostentation
et la jalousie viennent en premier lieu. L'orgueil est le signe
de la plus extrême folie, de l'ignorance la plus complète, et
de la stupidité. En effet comment pourrait-on s'enorgueillir
lorsque l'on sait qu'on a été créé d'une goutte insignifiante et
qu'on deviendra d'ici peu un cadavre malodorant ? Et si on a
22 IMAMAL-HADDÂD LE LIVRE DES CONVENANCES DU DISCIPLE 23

été gratifié de grâces et de talents, c'est par le bon vouloir de teurs, il n'y a aucun doute que c'est par Sa volonté et Son
Dieu et par Son action. Par soi-même, on n'a aucun pouvoir choix, car nul ne peut Le contraindre à faire quoi que ce soit.
ni aucune capacité pour les réaliser. Celui qui s'enorgueillit Il ne devrait donc y avoir aucune objection à Dieu, Exalté
vis-à-vis des serviteurs de Dieu de la grâce que Dieu lui a ac- soit-Il. Et si un serviteur désire autre chose que ce que désire
cordée, ne craint-il donc pas qu'à cause de son mauvais com- son Seigneur, il manque de convenance, et mérite la puni-
portement et de son désir de se mesurer à son Seigneur Lui- tion.
même, Dieu ne lui enlève ce qu'il lui a accordé ? En effet,
La jalousie peut porter sur ce bas monde, concerner le
l'orgueil est un attribut de Dieu, le Contraignant, l'Orgueil-
prestige ou l'argent par exemple. Ce sont des choses trop vi-
leux.
les pour qu'on leur accorde de l'importance. Il convient, au
Quant à l'ostentation, elle prouve qu'on est dépourvu de contraire, d'avoir pitié de celui qui subit une telle épreuve, et
vénération pour Dieu. En effet, celui qui se laisse aller à il faut remercier Dieu qui t'en a préservé. La jalousie peut
l'ostentation n'adopte de comportement vertueux et noble aussi porter sur les choses de l'au-delà, comme le savoir ou la
qu'en fonction des créatures, et il ne se contente pas du fait vertu. Il est détestable que le disciple soit jaloux de quelqu'un
que Dieu connaît bien tout ce qu'il fait. qui s'est engagé sur la même voie, et qui l'aide. Il doit au
contraire se réjouir de son frère car celui-ci est une aide, un
Celui qui accomplit des bonnes œuvres pour que les gens
soutien qui le fortifie, et le croyant réalise beaucoup par son
le sachent, le respectent et lui rendent service, n'est qu'un
frère. Le disciple doit donc aspirer intérieurement et viser par
hypocrite et un ignorant, qui n'aspire qu'au bas monde.
ses actions extérieures à rassembler les gens dans la voie de
Tout autre est le comportement du véritable ascète : lorsque
Dieu et dans son obéissance. Qu'il ne se pose pas la question
les gens lui prodiguent les louanges et l'argent, il s'en dé-
de savoir si ses frères l'ont devancé ou s'il les a devancés, car
tourne et en a horreur. Par contre, celui qui fait montre
il s'agit là de grâces accordées par Dieu, Exalté soit-Il, et II
d'ostentation s'adresse au bas monde par une œuvre concer-
donne Sa miséricorde à qui II veut.
nant l'au-delà : peut-on imaginer pire ignorance ? S'il n'est
pas capable de détachement, qu'il demande les choses de ce Le cœur peut vivre sous l'emprise de beaucoup d'autres
monde à Celui qui le possède, c'est-à-dire Dieu : les cœurs traits blâmables que, par souci de concision, il ne s'agit pas
des créatures se trouvent entre Ses mains et II les tourne vers d'énumérer ici. Mais nous avons indiqué les plus importants.
celui qui se tourne vers Lui, et II les fait le servir dans le sens Leur origine, leur fondement, c'est l'amour du bas monde
qu'il veut. qui, comme on vient de le comprendre, est le préliminaire de
tout péché. Si le cœur s'en débarrasse, il se sauvegarde, se
Quant à la jalousie, il s'agit d'une désobéissance évidente
purifie, s'illumine et se rend digne de recevoir la descente des
à Dieu, et d'un désir de rivaliser avec Lui en Son royaume.
lumières, et du dévoilement des secrets.
En effet, si Dieu a répandu Ses grâces sur un de Ses servi-
Chapitre 4

Se préserver physiquement de toute désobéissance


et des tromperies de 1 ici-bas

Le disciple doit s'efforcer d'éviter que ses membres ne


commettent une désobéissance ou un péché. Qu'il ne les uti-
lise que pour l'obéissance, et qu'il n'accomplisse aucune action
si celle-ci ne lui rapporte pas un avantage dans l'au-delà.
Il doit prendre grand soin de contrôler sa langue, car bien
qu'elle soit petite, ses crimes sont très grands. Qu'il s'abstien-
ne donc du mensonge, de la médisance, de toute parole in-
terdite et vulgaire. Qu'il ne parle de rien qui ne le concerne
pas car les conversations superflues, tout en n'étant pas in-
terdites, durcissent le cœur et constituent une perte de
temps. Il faut donc que le disciple n'utilise sa langue que
pour la récitation coranique, pour le rappel de Dieu, ainsi
que pour conseiller son frère musulman, pour ordonner le
bien et interdire le mal, ou encore pour une des nécessités de
l'ici-bas qui lui servent aussi d'appui pour l'au-delà. En effet,
le Prophète a dit : « Toute parole du fils d'Adam est à son
détriment et non à son avantage sauf le rappel de Dieu,
l'injonction du bien et l'interdiction du mal. »
Sache que l'ouïe et la vue sont deux portes qui donnent sur
le cœur. Tout ce qui entre par ces portes atteint donc le cœur.
Combien de choses le disciple n'entend-il pas ou ne voit-il pas
auxquelles il devrait interdire l'accès à son cœur, car il est très
difficile d'en enlever les traces, et le cœur est influencé par tout
ce qui s'y introduit. Lorsqu'il est touché par un mal, il est très
26 IMAM AL-HADDÂD

difficile de l'enlever. Il faut donc que le disciple s'évertue de


protéger son ouïe et sa vue, et d'éviter que n'importe quel Chapitre 5
membre de son corps tombe dans le péché ou le superflu8. Il
doit éviter de regarder avec plaisir la beauté et l'agrément de ce Conserver ! 'état de pureté rituelle.
bas monde : cet aspect extérieur constitue une épreuve, tandis Préférer la faim à la satiété
que son aspect intérieur peut être source d'enseignements.
L'œil voit l'extérieur des choses qui est un leurre, tandis que le
Il faut que le disciple se maintienne toujours en état de
cœur considère l'intérieur, c'est-à-dire l'avertissement. Com-
pureté rituelle. Chaque fois que lui survient l'état d'impure-
bien de disciples spirituels n'ont-ils pas, en regardant un as-
té, il doit faire ses ablutions et prier deux rak'a-s. S'il est ma-
pect de la beauté de ce bas monde, laissé leur cœur s'y attacher
rié, et qu'il a eu un rapport, il doit immédiatement accom-
et se préoccuper de l'acquérir et de l'enjoliver. Il faut donc, ô
plir les grandes ablutions pour ne pas rester en état
toi le disciple, que tu détournes ton regard de toutes les cho-
d'impureté rituelle. Le fait de peu manger l'aide à garder aus-
ses, et que tu ne les regardes que pour en tirer des leçons. Ceci
si longtemps que possible l'état de pureté rituelle. En effet,
veut dire qu'en regardant une chose quelconque, tu dois te
celui qui mange beaucoup doit souvent rompre cet état. Le
rappeler que cette chose est périssable : elle s'en ira, et aupara-
fait de peu manger facilite également les veilles, qui consti-
vant elle était inexistante. Rappelle-toi aussi combien d'êtres
tuent une des plus importantes œuvres du cheminement.
humains l'ont peut-être regardée qui s'en sont allés tandis
qu'elle a subsisté, et combien de fois elle a été léguée de géné- Il faut donc que le disciple ne mange que par nécessité, ne
ration en génération. dorme qu'en cas de besoin, et ne parle que si nécessaire.
Qu'il ne fréquente personne sauf si cette fréquentation peut
Et lorsque tu regardes les choses créées, regarde-les comme
lui rapporter un bienfait. Le cœur de celui qui mange beau-
des signes de l'immensité du pouvoir de Celui qui les a fait ap-
coup s'endurcit, ses membres s'alourdissent, de sorte que
paraître en les créant. En effet, toute créature proclame, dans
l'adoration devient pénible. Une nourriture abondante
son langage propre, ce que seuls les gens dont le cœur est illu-
conduit vers l'abondance de sommeil et de bavardage. Si un
miné, et qui regardent par la lumière de Dieu, comprennent :
disciple dort et parle trop, son cheminement deviendra une
« Il n'y a de divinité que Dieu, l'Inaccessible, ie Sage. »
forme creuse, dénuée de toute réalité. Cela est confirmé par
le hadîth : « Il n'y a pas de pire récipient que le fils d'Adam
8
Le superflu est ce qui appartient au bas monde, mais n'est pas stricte- puisse remplir que son estomac. Mais quelques bouchées suf-
ment nécessaire à la survie. fisent pour le soutenir. S'il le faut donc, un tiers pour la
nourriture, un tiers pour la boisson, et un tiers pour le souf-
fle. »
Chapitre 6

La recherche de Dieu et Son adoration

Il faut que le disciple soit le plus scrupuleux parmi les


gens quand il s'agit de s'abstenir de toute désobéissance et de
tout interdit. Il doit exceller dans la pratique des obligations
religieuses et de ce qui est ordonné par Dieu. Il doit
s'appliquer à réaliser ce qui le rapproche de Dieu et être
prompt dans ses bonnes œuvres. En effet, le disciple ne se
distingue du commun des mortels que parce qu'il est totale-
ment tourné vers Dieu, qu'il Lui obéit, et qu'il est affranchi
de tout ce qui le distrait de ses actes d'adoration.
Il doit être économe de ses souffles, avare de son temps
qu'il ne perd jamais, dont il ne gaspille aucun moment, et
qu'il n'utilise que pour se rapprocher de son Seigneur et pour
des actions qui lui serviront après la mort.
Il faut qu'il ait des pratiques régulières (wirdf de chaque
genre d'acte d'adoration et qu'il ne se permette jamais de les
négliger, que les circonstances soient faciles ou difficiles. Il
doit s'appliquer à la lecture du noble Coran, tout en médi-
tant sur ses significations, et en le récitant d'une manière
correcte. Ce faisant, il doit être rempli de la majesté de Celui
qui est à l'origine de cette parole. Qu'il ne lise pas comme

9
On traduit souvent wird par « litanie », plus précisément litanie de sup-
pliques et de phrases de rappel de Dieu que chacun répète chaque jour.
Mais un wird peut aussi être constitué de toute sorte d'adoration suréro-
gatoire qu'on répète régulièrement, comme les prières rituelles non obli-
gatoires, la récitation du Coran, ou des pratiques de ce genre.
30 IMAMAL-HADDÂD

certains musulmans distraits qui récitent le Coran d'une lan- Chapitre 7


gue souple et d'une voix élevée» tandis que leur cœur ne
contient ni crainte, ni révérence pour Dieu. S'ils lisent le Co- Nécessité d'accomplir la prière.
ran tel qu'il a été révélé, depuis hfâtiha jusqu'à la dernière L'essence de l'acte d'adoration, c'est la présence à Dieu
sourate, ils n'en comprennent pas le sens. Us ne savent pas
pourquoi il a été révélé. S'ils l'avaient su, ils auraient agi en
conséquence ! Car le savoir est ce qui procure un profit. En- Ô toi le disciple, il faut que tu accomplisses, aussi parfai-
tre celui qui sait, mais n'agit pas en conséquence, et tement que possible, les cinq prières rituelles et tout ce
l'ignorant, il n'y a pas d'autre différence que le fait que la qu'elles comportent de récitation coranique, d'humilité,
preuve de Dieu sera contre le premier. En effet, dans ce cas, d'inclinaisons, de prosternations, ainsi que tous les autres
l'ignorant vaut mieux que le savant. C'est pourquoi il est aspects, qu'ils soient obligatoires, ou provenant de l'exemple
dit : « L'ignorance vaut mieux pour toi que le savoir qui ne te du Prophète. Avant d'entrer dans la prière, sois sûr de ressen-
rapporte rien. » tir la majesté de Celui devant qui tu vas te trouver. Évite
d'implorer le Roi des rois, et le plus Contraignant des
Et il faut, ô toi le disciple, que tu réserves une partie de la
contraignants, d'un cœur distrait, qui s'égare continuelle-
nuit à la prière, car la nuit est le moment de la retraite du
ment dans le dédale des distractions et des suggestions et se
serviteur avec son Seigneur. Multiplie donc tes implorations
perd dans les pensées liées à l'ici-bas. Cela ne peut que pro-
et tes demandes de pardon. Parle avec ton Seigneur avec la
voquer la colère de Dieu et conduire à ce que tu sois repoussé
langue de l'humilité et du besoin, avec un cœur qui réalise la
de devant Sa porte.
plus complète impuissance et l'extrême brisure. Sois attentif
à ne pas négliger ces veilles : il faut que la dernière partie de Le Prophète a dit, que les bénédictions et la paix de Dieu
la nuit te trouve éveillé, et dans l'invocation de Dieu, Exalté soient sur lui : « Si le serviteur se met debout pour la prière,
soit-Il. Dieu se tourne vers lui. Si le serviteur se retourne, Dieu,
Exalté soit-Il, dit : 'Le fils d'Adam s'est retourné vers ce qu'il
préfère à Moi.' S'il se retourne une deuxième fois, Dieu ré-
pète les mêmes mots. S'il le fait une troisième fois, Dieu se
détourne de lui. »
Si Dieu se détourne de celui qui n'a pas le regard fixé de-
vant lui pendant la prière, qu'en sera-t-il de celui qui, pen-
dant la prière, a le cœur plein des attraits et des parures de ce
bas monde ? Le regard de Dieu, Exalté soit-Il, ne se porte pas
32 IMAM AL-HADDÂD

sur les corps et les choses apparentes, mais bien sur les cœurs
et les secrets.
Sache que l'esprit de toutes les pratiques d'adoration et
Chapitre 8
leur signification réside dans le fait d'être présent avec Dieu
lorsqu'on les accomplit. Un acte d'adoration qui est vide de
Nécessité d'assister à la prière du vendredi
cette présence ressemble à de la poussière éparpillée. et de faire la prière en commun.
Celui qui ne s'abandonne pas dans la présence de Dieu Se conformer à toutes ies directives de la Loi islamique
lors d'un acte d'adoration, est comme celui qui offrirait une
servante morte ou un coffret vide à un roi très puissant. Une
telle personne ne mérite-t-elle pas d'être punie et privée de O toi le disciple, fais tout ton possible pour assister à la
Sa récompense ? prière du vendredi, ainsi qu'aux prières à la mosquée. Seuls
les gens vains et les champions de l'ignorance n'y participent
pas. Sois attentif à ne jamais négliger les prières surérogatoi-
res avant les prières obligatoires et après. Persévère dans la
pratique des prières du witr et de duhâ, et passe en adoration
la période entre ies deux prières de la nuit {maghrib et 'isba).
Efforce-toi de passer aussi en adoration la période entre le
subh et le lever du soleil. Fais de même entre la prière du "asr
et le coucher de soleil. Ces deux périodes sont nobles, elles
débordent des bienfaits de Dieu, Exalté soit-Il, en faveur de
ceux de Ses serviteurs qui sont totalement tournés vers Lui.
Le moment après la prière du subh est particulièrement
propice pour l'obtention des biens matériels, tandis que le
moment après la prière de 'asr est béni pour l'obtention des
biens spirituels. Cela a été vérifié par des maîtres spirituels
parmi les plus grands connaissants de Dieu. Un hadîth dit :
« Celui qui s'assied à l'endroit même où il a prié et invoque
Dieu après la prière du subh, est plus rapide à obtenir des
biens de Dieu que celui qui parcourt tous les horizons »,
c'est-à-dire celui qui voyage en vue d'obtenir ces biens.
Chapitre 9

S'adonner au rappel et à la méditation

Après l'accomplissement des actes d'adoration obligatoires


et l'abandon de tout ce qui est interdit, l'essentiel dans le
chemin de Dieu est le dhikr, le rappel de Dieu. Pratique-le
donc, ô toi le disciple, en tout état, en tout moment et en
tout lieu, par le cœur et par la langue.
Le dhikr10 (le rappel) qui rassemble les significations spiri-
tuelles de tous les autres rappels et qui en comporte tous les
avantages cachés et apparents, est celui de l'attestation de foi
islamique : « là ilâha illâ llâh. Il n'y a pas de divinité si ce
n'est Dieu. » C'est le dhikr que l'on recommande aux gens
du début [de la voie], et vers lequel retournent les gens de la
fin.
Que celui qui désire goûter aux secrets de la voie, et qui
veut voir dévoiler des lumières de ia vérité, pratique donc le
dhikr de Dieu, Exalté soit-Il, avec un cœur présent, des
convenances parfaites, un élan sincère et une concentration
intense. Dès que ces conditions se trouvent réunies dans le
cœur d'un disciple, le royaume céleste le plus élevé se dé-
voile, et l'esprit contemple les vérités du monde le plus pur,
tandis que son œil secret perçoit la beauté la plus sainte et la
plus élevée.

10
Dhikr eifikr, rappel et méditation, tels sont les deux piliers de ia voie.
Lefikr, c'est la réflexion en profondeur qui perce l'opacité ordinaire des
phénomènes pour arriver à leur cause divine. Cette sorte de méditation
n'a rien de comparable à celle pratiquée par les bouddhistes ou autres.
36 IMAM AI.-HADDÂD

Chapitre 10
Il faut, ô toi le disciple, intensifier ta méditation spiri-
tuelle qui comporte trois aspects : Détourner i ego de la paresse.
• la méditation sur les miracles de la toute-puissance Ne pas commettre de péché ai se laisser tenter
divine et les merveilles des royaumes céleste et terrestre. Le
fruit en est la connaissance de Dieu.
Ô toi le disciple, lorsque tu t'observes devenir paresseux
* la méditation sur les bienfaits et les grâces de Dieu. dans l'obéissance et que les bonnes actions commencent à te
Cette méditation mène à l'amour de Dieu. peser, ramènes-y ton ego en le tirant par la bride de l'espoir.
a la méditation sur l'ici-bas et l'au-delà, ainsi que les Cela veut dire que tu dois lui rappeler ce que Dieu a promis
états des créatures ici et là. Elle conduit le disciple à se dé- à ceux qui s'attachent à l'obéissance à Lui : victoire immense,
tourner de ce bas monde, et à accepter l'au-delà. béatitude éternelle, miséricorde et approbation divines, ainsi
que perpétuité dans l'immensité du paradis, gloire auprès de
Nous avons déjà expliqué certains aspects de la médita-
Dieu, honneur et rang élevé auprès de Lui, Exalté soit-Il, et
tion et de ses avantages dans le Livre de FAiden, auquel on
auprès de Ses serviteurs.
peut se référer12.
Lorsque tu sens que tu penches vers les interdits, ou que
tu te diriges vers de mauvaises choses, détourne t'en en utili-
sant le fouet de la peur. Cela veut dire que tu dois mettre en
garde ton ego et lui rappeler ce dont Dieu a menacé celui qui
Lui désobéit : abaissement, souffrance, humiliation, supplice,
éloignement, privation, affaiblissement et perte.
Fais donc attention de ne pas tomber dans l'égarement de
certains, qui parlent immodérément et prétendent ne pas
faire grand cas du paradis ou du feu, et exalte ce que Dieu et
Son Prophète ont exalté13.

13
Certains soufis ont déclaré qu'ils ne désiraient ni obtenir le paradis ni
Risâlat al-mu âwana, œuvre de Yimâm "Abdallah al-Haddâd détaillant échapper au feu, ne désirant que la connaissance de Dieu. L'intention de
les recommandations de la sunna concernant les actes et intentions du telles déclarations est de mettre en perspective la différence infinie qui
croyant, suivies d'un exposé des neufs stations de la certitude, publiée en existe entre le paradis et le feu, choses créées, et le Créateur. Mais quand
français sous le titre Livre de l'Aide (éditons Albouraq). ces déclarations sont faites par des novices, elles ne sont qu'un manque
12
Chapitre IX.
38 IMAMAL-HADDÂD

Chapitre 11
Travaille pour Dieu, car il est ton Seigneur et tu es Son
serviteur. Demande-Lui de t'introduire dans le paradis et de Les états de l'âme et la nécessité de la patience
te préserver de l'enfer par Sa grâce et par Sa miséricorde.
Et si Satan, que Dieu le maudisse, te dit que Dieu, Exalté
soit-Il, n'a pas besoin de toi ni de tes actions, que ton obéis- Sache, ô toi le disciple, que le début de la voie est patience
sance ne Lui rapporte rien, que ta désobéissance ne Lui nuit et sa fin est gratitude. Son début est fatigue et sa fin repos.
pas, alors dis à Satan : « Tu as dit vrai, mais c'est moi qui suis Son début épuisement et épreuve, tandis que sa fin est
nécessiteux par rapport à la grâce de Dieu et aux œuvres ver- l'ouverture, le dévoilement et la réalisation de l'espoir, c'est-
tueuses dont j'ai besoin. C'est donc à moi que l'obéissance à-dire la connaissance de Dieu, la rencontre avec Lui,
est utile et à moi que la désobéissance nuit. C'est ce que mon l'intimité avec Lui, l'entrée en Sa sublime Présence, face-à-
Seigneur m'a appris par Son Livre saint et par la bouche de face avec Lui et Ses anges. Celui donc qui a fondé tout son
Son Prophète, que les bénédictions et la paix de Dieu soient comportement sur la patience gracieuse, obtiendra tout bien
sur lui. » et il réalisera tous ses espoirs, ainsi que tout ce qu'il désire.

Et si Satan dit : « Si tu es heureux dans le savoir [éternel] Sache qu'au début du chemin l'âme [l'ego] ordonne le
de Dieu, tu gagneras forcément le paradis, que tu sois obéis- mal et éloigne du bien. Mais lorsque l'être humain lui résiste,
sant ou désobéissant, et si tu es malheureux chez Lui, tu iras en s'efforçant de corriger ses passions, l'âme commence à se
en enfer, même si tu Lui obéis, » alors ne fais pas attention à blâmer. Elle tourne une face vers l'âme apaisée, l'autre vers
ses paroles, car la prédestination appartient au domaine de celle qui ordonne le mal Parfois elle est l'une, parfois
l'invisible, que seul Dieu connaît. Aucune créature ne l'autre14. Mais lorsqu'on la conduit bien et qu'on la dirige
connaît ces secrets. L'obéissance est le meilleur indice que
l'on est prédestiné à la béatitude. En effet celui qui obéit
14
Les trois états de l'âme traditionnellement décrits dans les traités de
n'est séparé du paradis que par la mort dans l'obéissance. Et
soufisme sont :
la désobéissance est le meilleur indice que l'on est prédestiné
» L'âme instigatrice au mal, que nous appelons l'ego, et qui
au malheur. En effet, celui qui désobéit n'est séparé du feu. est dominée par ses instincts inférieurs et reçoit sans résis-
cjue par la mort dans la désobéissance. tance les suggestions sataniques.
« L'âme réprobatrice, qui est encore attirée vers les choses in-
férieures, physiques et passionnelles, aspect qui est toujours
l'ego, mais qui, sous l'influence de l'esprit, leur résiste et est
en lutte constante contre elles.
d'humilité par rapport à Dieu car, en fin de compte, la grande rencontre « L'âme apaisée ou sereine, enfin, est celle qui est sortie victo-
avec l'Absolu doit passer par l'obtention du paradis, même s'ils préten- rieuse de cette lutte et n'est plus tourmentée par ses tendan-
dent ne pas le désirer.
40 IMAM AI.-HADDÂD LE LIVRE DES CONVENANCES DU DISCIPLE 41

par le désir de ce qu'il y a auprès de Dieu, elle s'apaise, elle Ils les dirigeaient sur Notre ordre, quand ils étaient pa-
ordonne le bien, y trouve le bonheur et l'intimité, et elle tients et qu'ils croyaient fermement à Nos signes.17
s'interdit le mal, le prend en aversion et le fuit. Et le Prophète a dit : « Parmi les choses que vous avez re-
Celui dont l'âme s'est apaisée ressent beaucoup d'éton- çues en moindre quantité, il y a la certitude et la fermeté
nement devant les gens qui se détournent de l'obéissance, dans la patience. Celui qui en a reçu une bonne part, qu'il ne
étant donné ce qu'elle comporte de plaisir, d'intimité et de se préoccupe pas de ce qu'il a négligé en matière de veille
douceur, et devant ceux qui s'adonnent à la désobéissance et pendant la nuit ou de jeûne pendant le jour. »
aux passions avec leur lot de désolation, de solitude et
d'amertume. Il commence par penser qu'ils doivent y goûter
ce qu'il y goûte lui-même. Puis il regarde en lui-même et se
rappelle la douceur qu'il ressentait, auparavant, quand il
s'abandonnait aux passions, et combien l'obéissance était
alors arrière. Alors il se rend compte qu'il n'est parvenu à son
état actuel qu'après un long effort et grâce à une aide divine
immense.
Tu sais déjà que tu dois t'armer d'endurance contre la
désobéissance et les passions, être patient dans l'obéissance.
Voilà la route vers tout bien, qui .mène aux stations spirituel-
les les plus nobles et aux états spirituels les plus sublimes.
Comment en serait-il autrement puisque Dieu, Exalté soit-Il,
dit : G vous qui croyez ! Soyez patients ! Encouragez-vous
mutuellement à la patience ! Soyez fermes ! Craignez
Dieu ! Peut-être réussirez-vous I15 II rt dit, Exalté soit-Il :
Ainsi s'accomplît la très belle parole de ton Seigneur en-
vers les enfants d'Israël, parce qu'ils avaient été patients. 16
Et II à dit : Nous avons suscité des chefs pris parmi eux.

ces inférieures. Cette station comporte des degrés en nom-


bre indéfini. Coran 32 : 24.
15
Coran 3 : 200.
16
Coran 7 : 137.
Chapitre 12

Imiter ceux qui prennent patience.


Le partage de la subsistance par Dieu

Si le disciple est éprouvé par la pauvreté, le dénuement,


ou le manque de moyens, qu'il remercie donc Dieu. Qu'il
considère cela comme le plus grand des bienfaits : en effet
l'ici-bas est un ennemi que Dieu donne à profusion à Ses
ennemis, mais qu'il éloigne de Ses amis. Et celui qui par là
ressemble aux messagers, aux saints, et aux serviteurs ver-
tueux, doit louer Dieu. Rappelons que le seigneur des messa-
gers, la meilleure de toutes les créatures, Muhammad, que les
bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui, a utilisé une
pierre pour se serrer le A^entre. Il a passé deux mois complets
ou plus sans qu'il n'y ait dans sa maison de feu pour la nour-
riture ; il ne mangeait que des dattes et ne buvait que de
l'eau. Un jour qu'il recevait un invité, il a fait chercher de la
nourriture dans ses neuf habitations, et on n'a rien trouvé
qu'il puisse présenter à son hôte. Lorsqu'il est mort, son ar-
mure était en caution chez un juif pour une quantité d'orge,
et il n'y avait dans sa maison rien d'autre que puisse manger
un être vivant qu'une seule poignée d'orge.

Ne recherche donc dans ce bas monde, ô toi le disciple,


qu'un morceau de tissu pour recouvrir tes parties intimes18,
un morceau de nourriture pour apaiser ta faim, et que celui-
ci soit licite.

18
Chez l'homme, du nombril au genou. Chez la femme, tout sauf le
visage et les mains.
44 IMAMAL-HADDÂD LE LIVRE DES CONVENANCES DU DISCIPLE 45

Evite le poison mortel, la recherche de la jouissance, Dieu n'a plus porté son regard sur ce bas monde depuis qu'il
l'assouvissement de tes passions et l'envie envers ceux qui en l'a créé.
jouissent. Car ils seront interrogés à propos de leurs jouissan- Sache que les moyens de subsistance ont été fixés et répar-
ces, ils devront rendre compte de ce qu'ils ont fait et de la tis par Dieu : certains de Ses serviteurs en reçoivent une large
jouissance qu'ils auront éprouvée par leurs passions. part, tandis que d'autres n'en reçoivent qu'une petite. La sa-
Si tu connaissais toutes les difficultés qui pèsent sur eux, gesse en est auprès de Dieu.
les problèmes qui les étranglent, les soucis, les inquiétudes Et si tu te trouves, ô toi le disciple, parmi ceux qui ne
qui emprisonnent leur cœur et leur poitrine à force de vou- disposent que de peu, il faut que tu prennes patience, que tu
loir le bas monde, et à cause de leur préoccupation à obtenir acceptes la situation que Dieu t'impose. Si tu te trouves
ou à amplifier leurs gains et à s'efforcer de les garder, tu ver- parmi ceux qui ont reçu beaucoup en partage, prends-en se-
rais alors que cet investissement dépasse de loin ce que cela lon tes besoins et dépense ce qui te reste pour faire le bien.
leur procure comme délice et jouissance en ce bas monde, à
supposer qu'il y ait quelque délice que ce soit. Que cette pa-
role suffise à te dissuader d'aimer le bas monde, et de t'y in-
téresser : Si ce n'était que les hommes devaient être une
seule communauté [incroyante], Nous aurions établi,
pour les maisons de ceux qui ne croient pas au T'ont Mi-
séricordieux, des toits d'argent avec des escaliers pour y
accéder. Nous aurions placé dans leurs maisons des portes
et des lits de repos sur lesquels ils s'accouderaient, et
maint ornement. Mais tout cela n'est que jouissance
éphémère de la vie de ce monde, La vie dernière, auprès
de ton Seigneur, appartient à ceux qui Le craignent. 19

Et le Prophète, que les bénédictions et la paix de Dieu


soient sur lui, a dit : « Le monde est une prison pour le
croyant et un paradis pour l'incroyant. S'il valait auprès de
Dieu le poids d'une aile de moustique, il n'en donnerait
même pas une gorgée d'eau à un incroyant. » Et sache que

19
Coran 43 : 33-35.
Chapitre 13

Aller vers Dieu est compatible avec le fait de gagner sa vie.


Il n'est pas requis de se priver des moyens d'existence

Sache qu'il n'est pas obligatoire pour quelqu'un qui dis-


pose d'argent de s'en dépouiller pour entrer dans la voie de
Dieu, ou qu'il abandonne son métier ou son négoce. Ce qui
lui est imposé, c'est de craindre Dieu en toute situation et de
faire preuve de zèle dans sa demande en ne négligeant nul
acte obligatoire ni surérogatoire. Il ne doit tomber ni dans
l'interdit ni dans le superflu, qui n'est pas profitable dans la
voie de Dieu.
Si le disciple se rend compte que son cœur ne trouvera la
droiture, et que sa soumission religieuse ne sera complète,
que s'il se libère tout à fait de son argent et des causes se-
condes, il doit le faire. Mais s'il a femme et enfants, il doit
pourvoir à leur subsistance et à leurs vêtements. S'il en perd
le moyen, d'une façon excusable de par la loi islamique20, il
n'est plus redevable de cette contrainte, et il ne commet pas
de péché.
Sache, ô toi le disciple, que tu ne pourras persévérer dans
l'obéissance à Dieu, dans le refus des passions, et l'abandon
de ce bas monde, que si tu sens profondément en toi que la
durée de ton séjour ici-bas ne comporte qu'un nombre limité
de jours, et que tu mourras d'ici peu. C'est seulement alors

20
Ceci concerne principalement le cas où, sous l'emprise d'un état spiri-
tuel (fiât) trop puissant, le disciple perd temporairement le pouvoir de
travailler comme d'habitude.
48 IMAMAL-HADDÂD

que tu auras le terme de ta vie entre tes yeux, que tu te pré-


pareras à la mort et que tu t'attendras continuellement à ce Chapitre 14
qu'elle survienne à tout moment.
La patience lorsqu'on subit du mal des gens.
Garde-toi de trop prolonger l'espoir qui te fait pencher Ne pas se mêler de leurs disputes
vers l'amour de ce bas monde et qui rend trop lourd pour toi
de persévérer dans l'obéissance, de t'adonner à l'adoration, et
de concentrer tout ton effort sur la voie de l'au-delà. Dans la Il arrive qu'on marque de l'hostilité vis-à-vis d'un disciple,
prise de conscience de la proximité de la mort et de la briève- qu'on le traite avec dureté ou qu'on médise de lui. Si cela
té de la vie, se trouve tout le bien. Accroche-toi à cette vérité, t'arrive, prends patience, ne te venge pas, et purifie ton cœur
et que Dieu nous vienne en aide ainsi qu'à toi-même. de toute rancune, et de toute intention de vengeance. Fais
attention de ne pas implorer de mal contre celui qui a com-
mis la faute, et s'il lui arrive un malheur, ne dis jamais que
c'est à cause du mal qu'il t'a fait.
Plus haut que cette patience, se situent le pardon et
l'imploration du bien pour cette personne : voilà bien le
comportement des siddîqûn. Lorsque les gens se détournent
de toi, considère cela comme une grâce de la part de ton Sei-
gneur. En effet, s'ils se mettent à rechercher ta compagnie, ils
vont te distraire de l'obéissance à Dieu. Et si tu es touché par
les visites des gens qui viennent te voir, qui t'honorent, te
gratifient, et reviennent encore, méfie-toi de cette tentation,
et remercie Dieu qui leur a voilé tes défauts.
Si tu en viens à craindre que ces fréquentations te condui-
sent vers l'hypocrisie, l'ostentation et la distraction par rap-
port à Dieu, détourne-toi alors de ces gens, ferme ta porte ou
change d'adresse et va où on ne te connaît pas.
Préfère l'anonymat. Fuis la célébrité et la notoriété. Elles
renferment la tentation et l'épreuve. Certains savants de la
première heure ont dit qu'un serviteur n'est véridique vis-à-
50 IMAMAL-HADDÂD

vis de Dieu que s'il aime que les gens ne connaissent pas
l'endroit où il se trouve. Chapitre 15
Et un autre a dit : « Je ne connais pas d'homme qui ait
désiré être connu et qui n'ait pas ainsi perdu sa religion et été S abstenir de surveiller les autres
démasqué. »

Efforce-toi, ô disciple, de purifier ton cœur de toute


crainte vis-à-vis des créatures et de tout espoir d'obtenir quoi
que ce soit par leur intermédiaire. De telles attitudes con-
duisent à passer sous silence certains comportements et à être
hypocrite en matière religieuse. On cesse d'ordonner le bien
et d'interdire le mal. Cette faute seule suffit déjà comme
humiliation, car le croyant est fièrement indépendant, grâce
à son Seigneur, et ne craint aucun autre que Lui et n'espère
d'aucun autre que Lui.
Si un de tes frères musulmans vient te voir avec une aide
de provenance licite, accepte-la si tu en as besoin, et remercie
Dieu qui est le Bienfaiteur réel. Remercie aussi celui que
Dieu a choisi pour te transmettre ce bien. Si tu n'en as pas
besoin, mais que tu y découvres un bien pour ton cœur, ac-
cepte-la. Si par contre tu penses qu'il vaut mieux refuser, re-
fuse avec douceur, évite de briser le cœur de ton frère, car le
cœur d'un musulman est d'une extrême valeur auprès de
Dieu.

Evite de refuser pour que l'on en parle, ou d'accepter par


désir. Mais le fait de prendre par désir vaut mieux que de
refuser pour prouver une réputation d'ascète et de renonce-
ment à ce bas monde. L'homme sincère n'est pas sujet à la
confusion. Dieu lui donne nécessairement une lumière dans
le cœur par laquelle il sait ce qu'il veut de lui.
Chapitre 16

Ne demander ni dévoilement ni miracle

Il est très dommageable pour le disciple de demander des


dévoilements et d'aspirer aux miracles (karâmât)21 ainsi qu'aux
événements extraordinaires. Ces phénomènes n'apparaissent
pas aussi longtemps qu'on les désire. En effet, ils ne se mani-
festent qu'à celui qui les déteste et qui donc ne les désire pas
pour lui-même.

Ils peuvent se produire chez certains illusionnés, qu'ils in-


duisent de plus en plus en erreur pour qu'ils deviennent une
épreuve pour les croyants à la foi faible. Il s'agit en fait
d'humiliations, et non d'honneurs. Les karâmât ne se pro-
duisent que chez les gens de la droiture. Si Dieu, ô toi le dis-
ciple, t'accorde une telle grâce, remercie-Le, Exalté soit-Il.
Mais ne t'attarde pas avec ce qui t'arrive comme événement
miraculeux, ne te satisfais pas de ce genre de phénomènes,
mais cache-les et n'en parle à personne. Si rien ne se produit,
ne soit ni désireux ni triste de ne pas en voir.

Sache que la karâma qui rassemble toutes les espèces de


karâmât réels et sensibles, c'est la droiture. Il s'agit, comme
cela a déjà été précisé, d'obéir intérieurement et extérieure-
ment aux commandements divins, et de s'abstenir des inter-

21
Karâma (pluriel karâmât) : événement surnaturel, miracle. Le sens
littéral du mot est « honneur ». Chez les envoyés divins, les événements
surnaturels sont appelés mujiza, pluriel mujizât, qui a le sens de
« défi ». Le phénomène peut être le même mais, chez les musulmans, on
le nomme d'après sa signification.
54 IMAM AL-HADDÂD

Chapitre 17
dits. C'est cette droiture que tu dois réaliser avec maîtrise. Le
résultat en sera que les mondes céleste et terrestre seront à La demande de la subsistance et de ses moyens
ton service d'une façon qui ne te voile pas de ton Seigneur et
qui ne te détourne pas de ce qu'il veut de toi.
Il faut que tu aies, ô disciple, la plus haute idée de ton
Seigneur, et que tu penses qu'il t'aidera, te suffira, te sauve-
gardera et te protégera. Il ne te laissera pas livré à toi-même
ni à quelque créature que ce soit. Et II a annoncé, Exalté soit-
Il, qu'il sera avec nous selon l'idée qu'on se fera de Lui. Eli-
mine donc de ton cœur la crainte de la pauvreté et l'inquié-
tude de devoir compter sur les gens pour tes besoins.
Fais attention de ne pas accorder trop d'importance aux
moyens de subsistance. Aie confiance en la promesse de ton
Seigneur et dans le fait qu'il s'occupe de toi, selon la parole
coranique : Il n'y a pas d'être marchant sur terre dont la
subsistance n'incombe à Dieu. 22 Car tu fais partie de
l'ensemble des êtres qui marchent sur terre.

Occupe-toi donc de ce qui t'a été imposé comme obliga-


tion à Son égard, au lieu de t'occuper de ce qu'il t'a garanti
comme moyens de subsistance, car ton Maître ne t'oublie
pas. Il t'a appris que ta subsistance se trouve auprès de Lui et
t'a ordonné de la Lui demander par l'adoration. Dieu, Exalté
soit-Il, dit : Recherchez donc vos moyens de subsistance
auprès de Dieu. Adorez-Le ! Soyez-Lui reconnaissants !23
Ne vois-tu pas qu'il pourvoit, Exalté soit-Il, aux besoins des
incroyants qui adorent autre que Lui ? Le verrais-tu donc
abandonner les croyants qui n'adorent que Lui ? Le verrais-

22
Coran 11:6.
23
Coran 29 : 17.
56 IMAMAL-HADDÂD

Chapitre 18
tu pourvoir aux désobéissants qui ne suivent pas Son ordre et
ne pas le faire pour ceux qui Lui obéissent et qui multiplient Le compagnonnage de gens de bien,
le rappel de Dieu et Sa louange ? le bon comportement du disciple
Sache qu'il n'est pas blâmable que tu pourvoies à ta sub- vis-à-vis de son maître spirituel.
sistance par un comportement extérieur qui respecte la loi Les caractéristiques du maître complet
islamique. Le mal et le blâme résident dans la gêne du cœur,
sa préoccupation, son malaise, son penchant pour des choses
imaginaires, et c'est un signe de la ruine du cœur quand Il faut, ô disciple, rechercher assidûment la compagnie des
l'être humain se préoccupe de ce dont il n'aura besoin que gens supérieurs et fréquenter les gens vertueux. Efforce-toi de
dans un temps qui n'est pas encore sorti du néant, par exem- rechercher un guide spirituel vertueux, savant en conseils et
ple le jour ou le mois prochain, ou quand il développe le dans la shana, ayant parcouru la tarîqa et réussi à savourer la
genre de raisonnement suivant : si cette source tarit, où en baqîqa24, dont l'intellect est puissant et la tolérance abondante,
trouverai-je une autre ? Si la subsistance ne provient plus de ayant la capacité de diriger avec sagesse et ayant connaissance
là, d'où viendra-t-elle ? des différentes catégories de gens et capable de distinguer leurs
différents instincts, natures, et comportements.
Se dépouiller des moyens de la subsistance ou s'en servir
Et lorsque tu as réussi à trouver ce maître, tu dois t'en
régulièrement sont des stations spirituelles dont Dieu gratifie
remettre complètement à lui, suivre son jugement en toute
Ses serviteurs selon Son désir. Celui qui se retrouve dans la
chose, te soumettre à son avis et à son point de vue en toute
station de dépouillement doit disposer de la force de la certi-
matière qui te concerne. Inspire-toi, en les prenant comme
tude, d'une patience sereine et de persévérance en ses actes
des exemples à suivre, de toutes ses actions et de toutes ses
d'adoration. Celui qui se voit installé dans un moyen de sub-
paroles, sauf en ce qui concerne les aspects spécifiques de la
sistance doit y craindre Dieu, ne pas y dépendre que de lui et
maîtrise spirituelle, comme par exemple la nécessité pour lui
ne pas le laisser le distraire de l'obéissance à son Seigneur.
Il se peut qu'un disciple soit assailli par des doutes
24
concernant ses moyens de subsistance, et concernant sa répu- La shana est la loi sacrée. Pour la pratiquer avec excellence et efficaci-
tation auprès des gens. Ce n'est pas blâmable en tant que tel té, on doit avoir reçu un savoir et un entraînement appropriés, qui cons-
tituent ensemble la tarîqa, c'est-à-dire la méthode qui conduit à la purifi-
et il ne s'agit pas d'un péché si le disciple en a horreur, et s'il
cation intérieure. Cette méthode permet de combattre les tendances infé-
s'efforce d'en effacer les traces sur son cœur. rieures de l'ego afin d'atteindre l'état où les lumières de la haqîqa, c'est-à-
dire l'état de réalisation, commencent à briller sur le cœur du chercheur.
La plupart des écrits de Yimâm al-Haddâd concernent le deuxième terme
de cette triade, à savoir la méthode.
58 IMAMAL-HADDÂD
LE LIVRE DES CONVENANCES DU DISCIPLE 59

de fréquenter les gens, d'user de dissimulation à leur égard, karâmât ou des phénomènes extraordinaires se produisent,
d'appeler à Dieu les gens proches et lointains, et autres cho- même s'ils ont la possibilité de les produire et qu'ils peuvent
ses semblables, où tu dois t'en remettre à lui complètement. en disposer à leur guise.
Ne soulève d'objection à aucun de ses états extérieurs ou in- La plupart des karâmât qui se produisent chez les saints se
térieurs, et lorsqu'il survient dans ton cœur quelque pensée font en dehors de leur volonté. Et lorsqu'ils se produisent, ils
négative à son égard, combats-la en toi-même. Si ton effort insistent auprès de ceux qui sont présents pour qu'ils n'en
n'aboutit pas, parles-en à ton maître spirituel pour qu'il parlent pas, pour qu'ils gardent le secret jusqu'à ce qu'ils
t'apprenne comment t'en débarrasser. Mets-le aussi au cou- aient quitté ce monde. Ou peut-être n'en laissent-ils paraître
rant de tout ce qui t'arrive, surtout en ce qui concerne la certaines choses qu'avec permission et en raison d'un bien
voie. supérieur à ce que procurerait le secret.
Garde-toi de ne lui obéir qu'en public ou lorsque tu sais Sache que le maître complet est celui dont la puissance
qu'il t'observe, alors que tu lui désobéis en secret et lorsqu'il spirituelle25, les actions et les paroles sont profitables, et qui
n'est pas au courant, car cela peut être ruineux. protège son disciple autant lorsqu'il est présent que lorsqu'il
Ne rend visite à aucun de ceux qui prétendent à la maî- est absent.
trise spirituelle sans l'accord de ton maître. Et s'il te le per- Si le disciple se trouve loin de son maître, qu'il lui de-
met, fais attention à ton cœur, puis rencontre qui tu veux mande des indications globales de ce qu'il doit et ne doit pas
rencontrer. Mais s'il n'est pas d'accord, sache que c'est ton faire.
bien qu'il a en vue, et ne le soupçonne pas de jalousie ou
La pire des choses pour un disciple, c'est le changement
d'envie. Dieu ne permettrait pas que de tels sentiments sur-
du cœur de son maître à son égard. Si après cela, il réunissait
viennent chez les gens de Dieu et ceux qui Lui sont proches.
tous les maîtres spirituels d'Orient et d'Occident, ceux-ci ne
Ne demande pas de miracles à. ton maître, ni le dévoile- pourraient l'aider qu'avec l'accord de son maître.
ment de tes pensées intérieures. Il n'y a que Dieu qui connaît
Sache que le disciple qui cherche un guide ne doit pas
l'invisible. La limite d'un saint est que Dieu lui dévoile quel-
suivre l'un quelconque de ceux qui prétendent à la maîtrise
quefois quelques-uns de ses secrets. Il se peut que le disciple
spirituelle pour guider les disciples, sauf s'il connaît la totalité
se présente devant son maître, souhaitant qu'il lui dévoile ses
de son comportement et que son cœur adhère à lui. Il ne
pensées intérieures. Le maître ne le fait pas, bien qu'il per-
çoive l'intérieur de son disciple et que celui-ci se dévoile pour 25
La puissance spirituelle {himmd) est la capacité du shaykh à influencer
lui, mais il ne le révèle pas, afin de garder son état caché. Les
le cœur die son disciple, soit en lui transmettant un peu des lumières et de
maîtres spirituels sont en effet particulièrement enclins à la la connaissance qu'il a atteintes, soit en augmentant la résolution spiri-
discrétion et au secret, et ils n'aiment pas du tout que des tuelle du disciple, sa concentration et son ardeur sur le chemin de Dieu.
60 IMAMAL-HADDÂD LE LIVRE DES CONVENANCES DU DISCIPLE 61

convient pas non plus au maître, lorsqu'un disciple vient lui compte. En fin de compte, c'est la sincérité du disciple qui
demander la voie, de la lui accorder avant d'avoir examiné la est le facteur décisif. Les vrais maîtres sont toujours là mais
sincérité de sa demande, ainsi que l'intensité de sa soif spiri- « Dieu, Exalté soit-Il, ne montre Ses saints que comme in-
tuelle et de sa recherche de quelqu'un qui peut lui indiquer termédiaire vers Lui. Et il ne permet d'arriver à Ses saints
le chemin vers son Seigneur. qu'à celui auquel II veut permettre d'arriver à Lui-même. »28
Tout cela n'est valable que pour le maître qui dirige le
cheminement spirituel {shaykh al-tahkîm)2G. Le disciple doit
dans ce cas être comme un mort entre les mains du laveur,
ou comme un enfant par rapport à sa mère. Mais cela ne
vaut pas pour le shaykh du tabarruk17. Si le but du disciple est
la baraka et non le cheminement spirituel, il trouvera son
intérêt en multipliant les visites et les rencontres des maîtres
qui prodiguent la baraka.

Lorsque le disciple ne trouve pas de guide spirituel, il doit


faire tout son effort pour avancer sur la voie et être totale-
ment sincère dans son désir de se réfugier auprès de Dieu et
dans son abaissement devant Lui, pour qu'il lui envoie quel-
qu'un qui le dirige. Sans doute Celui qui répond à qui est
dans la détresse répondra-t-Il et lui enverra-t-Il celui de Ses
serviteurs qui peut le prendre par la main.

Certains disciples pensent qu'il n'y a pas de maître pour


eux et ils le réclament. Ils ont pourtant un maître mais ils ne
le voient pas. Celui-ci les éduque par son regard et leur ac-
corde une attention particulière, mais ils ne s'en rendent pas

Le shaykh du tahkîm est le maître spirituel dans le plein sens du terme.


Il est celui qui a le pouvoir de décision sur les affaires religieuses intérieu-
res et extérieures du disciple.
:
27 Il s'agit d'une des hikam de Ibn "Atâ'illâh.
Le shaykh du tabarruk est le saint auprès duquel on se tient pour rece-
voir un peu du rayonnement de sa baraka et pour bénéficier de ses priè-
res, sachant qu'elles sont acceptées par Dieu.
Conclusion

Le comportement du disciple vis-à-vis de son maître

Si tu désires, ô disciple, quelque chose de ton maître, ou


si tu veux lui poser une question, le respect et la politesse vis-
à-vis de lui ne t'interdisent pas de poser cette question ou de
présenter cette requête. Demande-lui une fois, deux fois, ou
trois fois. La politesse n'exige pas de garder le silence, sauf s'il
te fait comprendre que tu dois te taire et s'il te demande de
ne pas lui poser la question. Si tel est le cas, n'insiste pas.
Si ie maître t'interdit quelque chose ou donne la priorité à
quelqu'un d'autre, ne sois pas soupçonneux. Sois sûr qu'il
fait ce qui est le plus utile et le mieux pour toi. Si tu com-
mets un péché qui le met en colère contre toi, excuse-toi au-
près de lui jusqu'à ce qu'il te pardonne.
Et si tu sens que le coeur du maître n'est plus le même par
rapport à toi, comme par exemple si tu ne vois plus le sourire
auquel tu étais habitué, parle-lui de ce qui se passe, de ta
peur que son cœur n'ait changé à ton égard. Peut-être ie maî-
tre manifeste-t-il ainsi sa désapprobation à propos d'un acte
que tu as commis, et dans ce cas cherche son pardon. Ou
peut-être est-ce le diable qui te fait imaginer une chose qui
ne correspond à rien chez ton maître. Peut-être le diable es-
saie-t-il par là de te faire du mal. En apprenant que le maître
est content de toi, ton cœur se libérera d'un problème : rien
ne se serait passé si tu n'avais pas parlé et si tu t'étais tu, sa-
chant que tu n'avais rien à te reprocher.
64 IMAMAL-HADDAD

Lorsque tu vois le disciple plein de vénération et de res-


pect pour son maître, lui faisant confiance, le prenant
Postface
comme exemple, et le traitant avec une grande bienséance,
extérieurement et intérieurement, sois certain qu'il héritera
Les caractéristiques du disciple sincère
inévitablement de la totalité ou d'une partie de son secret29,
et ce qu II lui appartient de faire
s'il lui survit.

Un certain connaissant par Dieu, qu'il soit satisfait de lui


et que nous puissions en tirer profit, a dit :
Le disciple n'est pas un véritable disciple aussi longtemps
qu'il ne trouve pas dans le Coran tout ce qu'il désire, qu'il ne
distingue pas ce qui diminue [spirituellement] de ce qui ac-
croît, qu'il ne se libère pas, par son Seigneur, de tout besoin
d'une créature, et qu'il n'accorde pas une égale valeur à l'or
et à la poussière.

Le disciple est celui qui s'en tient aux limites imposées par
Dieu, qui respecte ses engagements, qui est satisfait de ce
29
Le secret signifie ici une partie du lien spirituel entre le saint et son qu'il possède, et qui est patient pour ce qui lui manque.
Seigneur. Un maître spirituel peut avoir des milliers de disciples, dont
beaucoup parviendront à Dieu à travers lui, si bien que les secrets qu'il Le disciple est celui qui remercie en cas de grâce et qui pa-
peut léguer à ses enfants et à ses successeurs en quittant cette terre ne sont tiente en cas d'épreuve, qui accepte tout de ce que lui ap-
pas nécessaires pour atteindre le bout du chemin, mais sont plutôt des
porte le destin, qui loue son Seigneur dans le bonheur et
lumières et des pouvoirs supplémentaires qui contribuent à faire circuler
la sainteté.
dans le malheur, et qui est sincère vis-à-vis de Lui aussi bien
intérieurement qu'extérieurement.
Le disciple est celui qui n'est l'esclave d'aucun autre que
Dieu, que les traces30 n'asservissent pas, qui n'est ni dominé

30
Les traces en question sont les effets de la manifestation des Noms
divins dans le monde, c'est-à-dire les créatures. Elles deviennent des
« traces » quand on les voit détachées de leur Créateur, comme une mul-
66 IMAM AL-HADDÂD LE LIVRE DES CONVENANCES DU DISCIPLE 67

par ses passions, ni entravé par les habitudes. Sa parole est des. Il trouve son confort dans la solitude et dans l'isolement
rappel et sagesse, son silence réflexion et leçon. Son action et se sent étranger parmi les gens. On ne le rencontre qu'en
devance sa parole, son savoir est prouvé par ses actions. Sa train de faire du bien ou de transmettre un savoir. On en
chemise est l'humilité et la dignité, son manteau la modestie attend du bien et on n'en craint pas de mal. Il ne rend pas le
et la soumission. Il suit la vérité et lui donne la priorité. Il mal pour le mal. Il ne se détourne pas de celui qui se dé-
refuse ce qui est vain et s'en détourne. Il aime les vertueux et tourne de lui. Il est comme le palmier vers lequel on jette des
les aide. Il déteste les méchants et les prend en ennemis. Le pierres et qui laisse tomber des dattes, comme la terre sur
fréquenter vaut mieux qu'entendre parler de lui ou se le rap- laquelle on jette des saletés et qui ne fait croître que des cho-
peler. Il aide tout le monde et ne s'impose à personne. Il ses excellentes. Les lumières de sa sincérité apparaissent à
s'éloigne des futilités. Il est digne de confiance et l'inspire. Il l'extérieur, et ses pensées intérieures rayonnent sur son vi-
ne ment ni ne trahit. Il n'est ni avare, ni couard. Il n'insulte sage. Son effort et sa volonté sont dirigés vers la satisfaction
ni ne maudit. Il ne s'engage qu'en ce qui lui est nécessaire. Il de son Seigneur. Son application et son ardeur sont consa-
dépense ce qu'il possède. Il n'y a en lui que de bon et ses in- crées à suivre Son Prophète, Son Bien-Aimé et Son Élu. Il
tentions sont droites. L'endroit où il se trouve est purifié de prend celui-ci comme exemple, aussi bien pour son caractère
tout mal. Sa détermination porte puissamment sur ce qui le que pour ses actions et paroles. En cela il suit l'injonction du
rapproche de son Seigneur. Son âme se détourne fièrement Seigneur Tout Puissant, selon les versets coraniques : Prenez
du bas monde. Il ne persiste pas dans l'erreur. Il n'est pas mû ce que le Prophète vous donne, et abstenez-vous de ce
par ses passions. Il est loyal et noble. Il aime la pudeur et qu'il vous a interdit. 31 Vous avez dans le Prophète de Dieu
l'honneur. Il confesse ses erreurs envers tout le monde, mais un bel exemple pour celui qui espère en Dieu et au. Jour
ne demande de compte à personne. Lorsqu'on lui donne, il dernier et qui invoque souvent le Nom de Dieu..32 Ceux
remercie, et lorsqu'on lui refuse, il patiente. S'il fait du tort à qui te prêtent un serment d'allégeance ne font que prêter
serment à. Dieu. 33 Dis i si vous aimez Dieu, suivez-moi.
quelqu'un, il se repent et demande pardon. Mais quand on
Dieu vouas aimera et vous pardonnera vos péchés, car
lui fait du tort, il excuse et pardonne. Il aime l'anonymat et
Dieu est Celui qui pardonne, le Miséricordieux. 34 Que
la discrétion. Il déteste la renommée et la célébrité. Sa langue
ceux qui s'opposent à son ordre prennent garde qu'une
ne s'occupe pas de ce qui ne le regarde pas. Son cœur est
triste de ne pas avoir suffisamment obéi à son Seigneur. Il
n'est pas hypocrite en matière de religion. Il ne contente pas
les gens au risque d'encourir le blâme du Seigneur des mon-
31
Coran 59 : 17.
32
Coran 3 3 : 21.
33
tiplicité d'idoles à existences indépendantes et aux pouvoirs indépen- Coran 4 : 80.
34
dants. Coran 3 : 31.
LE LIVRE DES CONVENANCES DU DISCIPLE 69
68 IMAMAL-HADDÂD

Ici se termine le traité destiné au disciple gratifié par son


épreuve ne les atteigne ou que ne les atteigne un doulou- Seigneur de Son support, de Son assistance, et de Sa gui-
reux châtiment. 35 dance. Il a été dicté, que Dieu soit loué, en sept ou huit nuits
Tu peux le voir extrêmement attentif à suivre son Pro- du mois de ramadan de l'an 1071 après l'émigration du Pro-
phète et à obéir à son Seigneur, aspirant à la généreuse pro- phète, que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui.
messe et fuyant la menace terrible citées dans les versets ci- Loué soit Dieu, Seigneur des mondes !
dessus et dans d'autres qui leur ressemblent et contiennent
l'annonce de la victoire complète qui récompensera ceux qui
suivent le Prophète, ainsi que l'avertissement de l'avilis-
sement total qui attend ceux qui lui désobéissent.
Ô Dieu, nous Te demandons, Toi le Dieu en dehors de
Qui il n'existe pas d'autre divinité, Toi le Clément, le Bien-
faiteur, le Créateur des deux et de la terre, Toi le Majes-
tueux, le Généreux, de nous faire largesse de la perfection à
suivre l'exemple de Ton Serviteur, Ton Messager, notre sei-
gneur Muhammad, que les bénédictions et la paix de Dieu
soient sur lui, en caractère, actions et paroles, aussi bien exté-
rieurement qu'intérieurement. Fais-nous vivre et mourir se-
lon cet exemple par Ta miséricorde, ô Toi, le plus Miséri-
cordieux des miséricordieux.
O Dieu, notre Seigneur, à Toi la pleine et bonne louange,
la louange bénie comme il convient au caractère sublime de
Ton visage et à l'immensité de Ton Pouvoir. Transcendant
sois-Tu ! Nous ne savons rien en dehors de ce que Tu
nous as enseigné, car Tu es le Savant, le Sage.36 Il n'y a pas
d'autre divinité que Toi ! Transcendant sois Tu ! Certes
J'étais du nombre des injustes.37

35
Coran 24 : 63.
36
Coran 2 : 32.
37
Coran 21 : 87.
Annexe

La méthode des « gens de la main droite »

Le Coran répartit les êtres humains en trois catégories : les


rapprochés, qui comprennent les prophètes et les saints, les
Compagnons de la main droite - la main droite marquant la
direction du paradis - , ceux qui sont destinés au paradis sans
être ni prophètes ni saints, qui vont des vertueux jusqu'aux
croyants ordinaires et pécheurs, et les Compagnons de la main
gauche, la direction de la gauche étant celle de l'enfer (sourate
56). Ces derniers sont les incroyants de toutes sortes.
Les soufis ont utilisé cette terminologie pour mettre à part
ceux qui suivent sérieusement un chemin spirituel : ils sont
intégrés aux rapprochés, même s'ils n'ont pas atteint leur de-
gré spirituel. Ceux qui n'ont pas une telle inclination mais
sont cependant croyants - ils obéissent à la plupart des in-
jonctions divines, quoique avec moins de sincérité et
d'enthousiasme, et évitent la plupart de Ses interdits, quoi-
que de façon moins attentive que ceux qui voyagent sur le
chemin — sont les Compagnons de la main droite. A l'époque
de ïimâm al-Haddâd, la .méthode classique des soufis, de-
mandant au disciple une obéissance totale au maître, afin de
faciliter sa guidance le long du chemin, de gagner du temps
et de permettre les ouvertures spirituelles, avait commencé à
devenir impraticable, car les disciples capables de supporter
une formation aussi dure étaient rares. Vimâm al-Haddâd
72 IMAM AL-HADDÂD LE LIVRE DES CONVENANCES DU DISCIPLE 73

commença sa vie en voyageant sur le chemin classique pour main droite est une méthode simple. Elle signifie accomplir
évoluer peu à peu, comme maître, et formuler une méthode toute obligation et toute sunna que Dieu vous a prescrites,
plus aisée, plus adaptée à la fin des temps. Le seul point en- parcourir le chemin de la taqwâ de son mieux, rester en.
core mentionné dans ce traité qui appartienne à l'ancienne compagnie de gens de bien et avancer avec eux, car on fait
méthode est l'obligation de s'en remettre au shaykh pour tou- partie des gens qu'on aime. Quand on se comporte comme
tes ses affaires, ce que Yimâm al-Haddâd, peu de temps après, ils le font, on devient un des Compagnons de la main droite et
déclara ne plus être une exigence. Une autre raison pour on rejoint les gens de la tarîqa. Etre l'un d'eux est un bienfait
adoucir cette condition tient à ce que les maîtres méritant suffisant. Ceux qui obéissent à Dieu et au Messager seront
d'être obéis de cette manière sont devenus de plus en plus a.vec ceux que Dieu a comblés de bienfaits, les prophètes,
rares jusqu'à notre époque où, en particulier en Occident, ils les véridiques, les martyrs et les saints. Ceux-là sont les
ont presque disparu. meilleurs compagnons !38 Habib Ahmad affirmait ensuite
que la plupart des pratiques antérieures d'autodiscipline avait
En 1411 H., Habib Ahmad Mashhûr al-Haddâd, que
été remplacée par le rappel constant de Dieu, et iî recom-
Dieu soit satisfait de lui, assistait à un rassemblement à mandait en particulier les rappels de Yimâm al-Haddâd, à
l'occasion de l'anniversaire de la mort de Yimâm al-Haddâd. Il savoir al-Wird al-Latîf'et al-Râtib. Enfin il dit quelques mots
consacra son propos de ce jour-là à expliquer la méthode pra- de Yijâza, la permission ou l'autorisation d'utiliser ces invo-
tiquée depuis l'époque de Yimâm, toujours pratiquée de nos cations, et d'autres, transmises de maître à successeur et de
jours. Il mentionna les maîtres d'antan, comme le shaykh 'Abd maître à disciple, pour faire que. l'utilisation de ces invoca-
al-Qâdir al-Jilânî, le shaykh Ahmad al-Rifâ'î et d'autres, et tions soit plus fructueuse.
indiqua que leur méthode imposait à leurs disciples de man-
ger peu, de parler peu, de dormir peu et de se mêler le moins
possible aux. autres gens. Puis il remarqua que même à cette
époque ceux qui vivaient complètement selon ce modèle
étaient rares, et que leur exigence de voir le disciple se sou-
mettre sans condition à eux était difficile même alors, pour
devenir de nos jours entièrement impossible, sauf dans des
circonstances très rares et exceptionnelles. Il parla de notre
temps d'un ton sarcastique, utilisant les mots même que son
ancêtre Yimâm utilisait, l'appelant ce merveilleux temps béni,
le temps de la sédition généralisée, de la tromperie, de 38 Coran 4 : 69.
l'absurde, des idées carrément destructrices et des innova-
tions condamnables. Il dit que la méthode des gens de la
• \
able des matières

Le Livre des convenances d u disciple ..................................... 5

Introduction .......................................................................... 7

Chapitre 1 : Le début de la voie est une forte impulsion divine. Il


faut la renforcer, la sauvegarder et y répondre 17
Chapitre 2 : Le repentir et ses conditions. Se garder de toute sorte
de péché 19
Chapitre 3 : Sauvegarder son cœur de toute suggestion satanique,
de toute préoccupation et de toute intention mauvaise 21
Chapitre 4 : Se préserver physiquement de toute désobéissance et
des tromperies de lîci-bas 25
Chapitre 5 : Conserver 1 état de pureté rituelle. Préférer la faim à la
satiété .....27
Chapitre 6 : La recherche de Dieu et Son adoration 29
Chapitre 7 : Nécessité d'accomplir la prière. L'essence de l'acte
d'adoration, c'est la présence à Dieu 31
Chapitre 8 : Nécessité d'assister à la prière du vendredi et de faire la
prière en commun. Se conformer à toutes les directives de la Loi
islamique ....33
Chapitre 9 : S'adonner au rappel et à la méditation 35
Chapitre 10 : Détourner l'ego de la paresse. Ne pas commettre de
péché ni se laisser tenter 37
Chapitre 11 : Les états de lame et la nécessité de la patience 39
Chapitre 12 : Imiter ceux qui prennent patience. Le partage de la
subsistance par Dieu ....43
76 IMAMAL-HADDÂD

C h a p i t r e 13 : Aller vers Dieu est compatible avec le fait de gagner sa


vie. II n'est pas requis de se priver des moyens d'existence 47
C h a p i t r e 14 : La patience lorsqu'on subit d u mal des gens. N e pas Ouvrages de la Collection
se mêler de leurs disputes 49
— Héritage Spirituel —
C h a p i t r e 15 : S abstenir de surveiller les autres 51
C h a p i t r e 16 : N e d e m a n d e r ni dévoilement ni miracle 53 Enseignements soufis, Abd al-Qader al-Jîlânî, 1996, 2001, 2004.
Textes sur le jeûne — extraits des Futûhât - , lbn 'Arabî, - Traduction et
C h a p i t r e 17 : La d e m a n d e de la subsistance et de ses moyens 55
annotations de Charles-André Gilis, 1996, 2003.
C h a p i t r e 18 : Le compagnonnage de gens de bien, le bon Poèmes métaphysiques, Emir Abdel Qader l'Algérien, - Traduction et
c o m p o r t e m e n t d u disciple vis-à-vis de son maître spirituel. Les annotations de Charles-André Gilis, 1996.
caractéristiques d u maître complet 57 Le IJvre des Chatons des Sagesses, lbn 'Arabî, 2 tomes, - Traduction inté-
grale, annotations et commentaire de Charles-André Gilis, 1997-1998.
Conclusion : Le c o m p o r t e m e n t d u disciple vis-à-vis de son maître 63
L'Imam Khomeyni, un gnostique méconnu du XX'"" siècle, Christian Bo-
Postface : Les caractéristiques d u disciple sincère et ce naud, 1997.
L'Esprit universel de l'Islam, aperçus sur la Doctrine coranique de la Science
qm 11 l u i a p p a r t i e n t d e f a i r e ...............,...•.»».................*••.•...» 6 5
sacrée, Charles-André Gilis, 1998.
A n n e x e : L a m é t h o d e d e s « g e n s d e la m a i n d r o i t e » .......„„.„ 7 1 Océans de Miséricorde, Sheikh Nazim An-naqshabandi, - Traduction et
annotations de AbdelWadoud Bour, 1998.
T a b l e des m a t i è r e s .............................................................. 7 5 Vie et enseignements du Cheikh Ahmadou Bamba, Didier Hamoneau,
1998.
9. Le Soufisme, la réalité de la religion, Hazrat Nader Shah Angha, 1999.
10. Guide du disciple Tidjaani aspirant à la perfection, Ibrahima Sali, 1999.
il. La prophétie, la sainteté et leurs fruits, Ibrahima Sali, 1999.
12. Secrets of the Fast — according to the Shaykh al-Akbar lbn Arabî, — Trans-
lated and Introduced by Charles-André Gilis, 2000.
13. Le Secret des Secrets, Abd al-Qadir al-Jîlânî, - Traduction et annotations
de AbdelWadoud Bour, 2000.
14. Traités sur les Noms divins, Fakbr ad-Dîn ar-Râzî, - Introduction, traduc-
tion et annotations par Maurice Gioton, 2000.
15. La Prière sur le défunt [salât al-janâza] dans l'enseignement d'Ibn Arabî,
Charles-André Gilis, 2001.
16. Le livre de l'aide, du soutien et de l'encouragement pour les croyants qui dési-
rent suivre la voie vers l'au-delà, Imam al-Haddâd, - Traduction et annota-
tions par AbdelWadoud Bour, 2001.
17. lbn 'Arabî, l'Initiation à la futuwwah, Léila Khalife, 2001.
18. Le Livre du Mîm, du Wâw et du Nûn, lbn 'Arabî, - Texte arabe inédit,
traduit et présenté par Charles-André Gilis, 2002.
19. Un commentaire ésotêrique de la formule inaugurale du Coran : Les mystères
cryptographiques de Bismi-Llâhi-r-rahmâni-r-rahîm, Abd el-Karîm al-Jîlî,
précédé d'une introduction générale à la Non-dualité dans l'ésotérisme isla-
mique, traduit et annoté par Jâbir Clément-François, 2002.
20. Le secret des noms de Dieu, Ibn 'Arabî, — Introduction, édition critique et 34. Lfhâm al-munkir al-jânî, Le Grand Savant El Hadji Malick Sy, Texte
notes de Pablo Beneito, - Traduit par Pablo Beneito et Nassirn Motebas- arabe établi, traduit et annoté avec index et glossaire par al-Hâjj Ravane
sem, 2002.
Mbaye, 1423 / 2003 C.
21. L'épître des sept degrés suivi du poème sur la généalogie des Lmâm-s suivi de la 35. La Prière du jour du Vendredi : extrait du chapitre 69 des Futûhât, traduit
qasîda sulaymâniyya, Abu Firâs al-Maynaqî, textes recueillis et présentés par
intégralement et présenté par Charles-André Gilis ; nouvelle édition revue et
Aref Tamer, - Traduits, corrigés et commentés en français par Yves Mar-
augmentée d'une Postface : Pour une présentation traditionnelle d'Ibn Ara-
quer, 2002.
bî, 2003.
22. La clé de la réalisation spirituelle et l'illumination des âmes, Ibn 'Ata' Allah
36. Le livre du rappel, mutuel, (Le livre du rappel mutuel entre frères qui
al-Iskandarî, - Traduction et commentaire Riordan Macnamara, 2002.
s'aiment, et entre gens de bien et de religion), Imâm al-Haddâd - Traduction
23- Exposé de la différence entre la poitrine, le cœur, le tréfonds et la pulpe
de l'Anglais par AbdelWadoud Bour, révisé d'après l'original en arabe et an-
(Bayân al-farq bayna as-sadr wa al-qalb u>a al-fû 'âd wa al-lubb), Al-Hakîm
noté par Mostafâ al-Badawî, 2004.
at-Tirmîdî, traduction, introduction et annotation par Isitian Ibrahim
37. Le livre des convenances du disciple, (le livre des convenances pour le chemi-
(2002)
nement du disciple spirituel), Imâm al-Haddâd - Traduit par Omar Van Den
24. L'Accès au Mystère (Futûb al-ghayb), Abd al-Qader al-Jîlânî, - Traduction
Broeck, introduction, annotations et annexe par Mostafâ al-Badawî, 2004.
et notes de Nabîl Badrâwî, 2002.
38. Étincelles de Sagesses, dans les œuvres de Fariduddin 'ATTAR, Présenta-
25. 89Appels aux croyants (Nidâ'' al-mu'minîn fi al-Qur'ân al-mubîn), Chaykh tion, adaptation et choix de contes Hassan Alavi et Denise Duhamel, 2004.
Ahmad Fathu'llâh Jâmî, - Traduction réalisée par AbdelWadoud Bour,
2002.
26. Le livre du Savoir et de la Sagesse, Imam al-Haddâd, - Traduction et an-
notations par Omar Van Den Broeck et Mostafâ al-Badawî, 2002.
27. Les vies de l'Homme, Imâm al-Haddâd, - Traduction de l'Anglais par
AbdelWadoud Bour, révisé d'après l'original en arabe et annoté par Mostafâ
al-Badawî, 2002.
28. Le Sceau des Saints [Khatm al-awliyâ\, al-Haldm at-Tirmîdhî, -
Traduction, introduction et annotation par Slimane Rezki, 2004.
29. L Arbre aux secrets ou de la signification de la prière sur le Prophète [dawhat
al-asrâr fi ma'nâ as-salât 'alâ an-nabi al-mukhâr], Chaykh Ibn Mustafâ al-
Alawî, - Traduction et annotation par Nabîl Badrâwî, 2003.
30. Lettres d'un maître sûft, Le Chaykh, al-'Arabî ad-Darqâwî, Traduites de
l'arabe par Titus Burckhardt, 1425. / 2004.
31. Le Chaykh Muhammad al-Hâcbimî et son commentaire de l'échiquier des
gnostiques [Charh chatranj al-'âriftn], un diagramme des étapes et des dan-
gers de l'itinéraire initiatique attribué au Chaykh ai-Akbar, Muhyî ad-Dîn
Ibn 'Arabî, Jean-Louis Michon, 1425 / 2004.
32. Hikam : paroles de sagesse suivies d'un choix i'épîtres et des entretiens confi-
dentiels, Ibn 'Atâ' Allah al-Iskandarî, — Traduites de l'arabe par El Hâj 'Abd-
ar-Rahmâne Buret avec la collaboration et une introduction par Titus Burc-
khardt, 1425 / 2004.
33. Kifâyat ar-râghibîn, Le Grand Savant El Hadji Malick Sy, Texte arabe
établi, traduit et annoté avec index et glossaire par al-Hâjj Ravane Mbaye,
1423/2003.
Ouvrage réalisé par
l'Atelier Graphique Albouraq
- 2004 -

Impression achevée en mars 2004 sur les presses de Dar Albouraq


Beyrouth-Liban

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