Université Mouloud Mammeri Dr.
MIZAB A
Département de médecine
1ère année médecine
Santé, société et humanité
L’histoire de la médecine
I. Introduction
L’Histoire de la médecine est celle des Hommes. Celle de leur génie à soigner,
soulager et guérir.
« On ne connaît bien une science que lorsqu’on en connaît bien l’histoire. »
La pratique médicale existe depuis toujours et ses techniques ont évolué depuis
l’Antiquité jusqu’à nos jours, et de nombreux précurseurs y ont contribué.
De grandes découvertes et de grands Hommes ont marqué l'histoire de la
médecine.
II. Ancienneté de la médecine
La pratique médicale existe depuis toujours : bien que l’on ait peu de traces des
connaissances médicales des hommes de la Préhistoire, on a retrouvé des
crânes de cette époque portant des marques de trépanation.
La médecine commence à apparaître vers la fin de la préhistoire, à l’âge de
bronze. Elle nait dans les pays où naissent l’agriculture et l’écriture, au Moyen-
Orient.
Des grandes civilisations de l’Antiquité (la Mésopotamie, l’Egypte pharaonique,
la Chine et l’Inde) nous proviennent les plus anciens textes médicaux connus.
La médecine primitive et magique, préhistorique
C’est la 1ère forme de médecine qui a existé chez l’homme. Elle a conservé son
originalité chez les peuples sauvages, mais aussi dans notre médecine
traditionnelle et populaire.
S’il tombe malade, l'homme primitif pensera à l'attaque par un mauvais esprit
qui veut lui nuire ou se venger, parce qu'il l'a offensé, volontairement ou
involontairement.
La présence actuelle de médecines « parallèles » et les guérisseurs témoigne de
la permanence d’une certaine forme de pensée magique.
III. La médecine archaïque
Elle est apparue 3000 avant J-C.
Elle concerne l’Egypte ancienne, la Mésopotamie et la Grèce des premiers âges,
ainsi que l’Inde, la Chine et l’Amérique précolombienne.
Les acquis cliniques et thérapeutiques peuvent être conservées et répandus. Le
caractère mystérieux de la médecine s'atténue mais les médecins archaïques
ont des conceptions erronées de l’anatomie et de la physiologie.
1. Amérique précolombienne
Les hommes pensaient qu’il existait une harmonie et un équilibre entre
l’homme, la nature et les dieux et avaient le souci de manger une nourriture
saine.
- Chez les MAYAS la médecine était pratiquée par l’élite religieuse.
Ils savaient suturer les plaies à l’aide de cheveux humains et réduire les
fractures.
Ils concoctaient des remèdes qui pouvaient être ingérés, fumés ou appliqués
sur la peau.
- Les INCAS avaient une très bonne connaissance de l’anatomie grâce aux
sacrifices humains.
2. Mésopotamie
La médecine de Sumer et d’Assur remonte à 2250 avant JC. Les tablettes de
cette époque constituent les 1ers documents médicaux connus de l'humanité.
D’abord, La plupart des maladies était l’effet de puissances hostiles et étaient
traitées par la magie mais dès le 1er millénaire avant J-C, des traitements
naturels et plus rationnels remplacent la magie : matières végétales, minérales,
macération dans l’huile…
3. Egypte antique
La médecine était la plus populaire de toutes les disciplines scientifiques de
l’Egypte ancienne; son exercice s’étendait sur plus de 5000 ans.
IMHOTEP est considéré comme le fondateur de la médecine égyptienne et
l'auteur d'un traité médical, le papyrus Ebers.
Il a lancé la première révolution médicale: la maladie n’est pas quelque chose à
traiter par la magie, mais par la science.
Les médecins appartenaient à la classe des prêtres.
L’idée que les maladies sont la conséquence du mauvais fonctionnement des
organes se trouve dans les traités d’Ywti qui fut le médecin de Ramsès 1er et de
Sethi II.
4. Médecine indienne
C’est une ancienne médecine basée sur le Veda qui est un ensemble de textes
sacrés de l’inde antique.
Elle suppose que l’être humain est composé de 7 principaux éléments (le sang,
la chair, le gras, l’os, la moelle, le chyle et le sperme) et des 5 éléments (la terre,
l’eau, le feu, l’air et l’espace).
Les principaux remèdes sont des préparations aux formules parfois très
complexes.
Comme les Grecs, les Indiens ont localisé la pensée non dans l’encéphale mais
dans les cavités cardiaques.
5. Médecine chinoise
C’est une des plus anciennes médecines du monde (vieille de 4000 ans).
Basée sur l’utilisation de plantes médicinales et de l’acupuncture.
C’est aussi une médecine de prévention, elle se compose de 5 disciplines :
• la pharmacopée,
• le massage,
• la diététique,
• l’acupuncture
• la moxibustion.
IV. Médecine grecque hippocratique
Elle est apparue au cinquième siècle avant J-C, à l’époque des premières écoles
dont la plus célèbre est l’école Hippocratique.
Le plus influent médecin et philosophe de cette époque est Hippocrate (450-
377 av. J.C).
Hippocrate est considéré dans le monde occidental comme le « père de la
médecine » et le fondateur du savoir médical.
Galien et la médecine galénique
Galien (129-210), est né en Grèce, il devient médecin et part à Rome.
Héritier spirituel d’Hippocrate, il pratique la dissection sur de gros animaux
(porcs, singes) et soigne les gladiateurs (anatomie).
V. La médecine au moyen âge
a. Médecine arabo-islamique
Elle commence à se développer à partir du huitième siècle dans la partie
orientale du monde arabo-musulman (Irak, Syrie, Palestine, Iran, Egypte).
Les trois grandes phases de la médecine arabo-musulmane:
ème
1ère phase: traduction (7– 8 siècle): toute la médecine
Hippocratique, Galénique et Byzantine était accessible en arabe à la fin
du IX e grâce à la révolution du papier.
ème
2ème phase: innovation (9- 12 siècle):
• La médecine écrite: c’est la phase de l’apogée de la science arabe, elle se
caractérise par la naissance des premiers grands médecins pionniers
d’expression arabe.
• La médecine enseignante: les jeunes médecins étaient instruits lors de
conférences publiques faites dans les salles de malades et les
amphithéâtres des hôpitaux.
• La médecine diplômante: l’autorisation d’exercer la médecine « Al Ijaza »
n’est délivrée aux futurs médecins dans les grandes villes (Bagdad,
Damas, Le Caire, Kairouan…) qu’après succès à un examen formel. Cette
médecine s’est illustrée au travers de praticiens célèbres: IBN SINA (980-
1037),
La 3ème phase : Amorce d’un processus de déclin de l’activité
ème
scientifique c’est celle de la décadence, qui s’amorce au 13 siècle.
b. Europe
ème
Durant la période (5- 11 siècles), la connaissance et la pratique de la
médecine sont essentiellement dévolues aux moines.
ème
Au 12 siècle, la traduction du Canon d’Avicenne, influence également
l’hygiène : nourriture, exercice, air, méditation. La médecine devient une
discipline intellectuelle avec une double approche théorique et pratique.
L’enseignement se fonde essentiellement sur les sources antiques et arabes
(Hippocrate, Galien, Avicenne en particulier).
ème
À partir du 12 siècle, toute une série d’universités se crée en Europe :
Italie, Espagne, France, Angleterre, Portugal.
Ensuite apparait la chirurgie ; les chirurgiens insistent sur l’importance d’une
bonne connaissance de l’anatomie.
VI. La renaissance
Cette période baptisée « Renaissance » correspond à un enthousiasme pour le
savoir.
La découverte de l’imprimerie va entrainer une révolution dans la diffusion des
connaissances.
En 1543, André Vésale (1514-1564), premier véritable anatomiste, procède à
une dissection publique. Il remet en cause 200 erreurs de Galien.
L’enseignement de la médecine fait directement au lit du malade fut une des
ème
grandes innovations pédagogiques du 18 siècle.
ème
Les premiers microscopes, sont réalisés aux Pays-Bas à la fin du 19 siècle.
ème
La découverte de la vaccination à la fin du 18 siècle.
ème
VII. La médecine pré moderne du 19 siècle
- Naissance de la théorie anatomoclinique qui prétend expliquer toute
manifestation pathologique par au moins une lésion organique.
- René Laennec (1781- 1826) invente le stéthoscope.
- Robert Koch (1843- 1910) découvre le bacille de la tuberculose (1882) et du
choléra (1883).
- Luis Pasteur (1822- 1895) a mis en évidence le rôle des micro-organismes
comme agents infectieux.
ème
- Fin du 19 siècle : Découvertes biologiques, techniques, pharmaceutiques,
les rayons X, l’électrocardiogramme, les antibiotiques, les greffes d’organes, la
chimiothérapie…
ème
VIII. La médecine du 20 siècle
Médecine rationnelle et efficace.
Les antibiotiques ont transformé le destin des hommes : la syphilis, la
tuberculose, les septicémies ne sont plus des maladies fatales.
Progrès de la chirurgie du cœur, des poumons, du cerveau… traitement des
cancers.
ème
IX. La médecine du 21 siècle
L’essor de la génétique,
La production de médicaments, de vaccins,
Nouvelles technologies : interventions chirurgicales par robot interposé.
Le traitement à base de cellules souches.