Sociologie Du Chômage
Sociologie Du Chômage
salariale, appuye sur le contrat de travail et institutionnalise. On peut dater ce processus environ la charnire des XIXe et XXe sicles. La crise des annes 30 et le chmage moderne Lanalyse des donnes du recensement de 1936 a permis didentifier une corrlation entre le niveau de chmage dans les dpartements franais et leur degr dindustrialisation et durbanisation. Ces 2 facteurs apparaissent dterminants dans la formation du chmage moderne dans les annes 30 . Des institutions pour les chmeurs Le chmage contre la pauvret : Au XIXe, les classes populaires ont t perues par les autres groupes sociaux comme des classes dangereuses . Cest surtout loisivet des plus dmunis qui effraie et inquite. Lassistance publique est ainsi marque par une logique de punition : Elle vise fournir une activit car les individus sans ouvrages sont considrs comme responsable de leur situation. Le travail est donc un devoir. Petit petit, le chmage implique une interruption dactivit de courte dure et involontaire, produit de causes industrielles ou conomiques et non de traits individuels. Mais cette classification, pour devenir opratoire, doit tre inscrite dans les institutions. Les secours aux chmeurs : A partir des annes 1880,les syndicats crent des caisses de secours aux chmeurs. Au dbut du XXe, les pouvoirs publics posent le principe de la gratuit du placement au bnfice des chmeurs reconnus. Le modle du chmeur des annes 30 : Au cours de la crise, tout chmeur peut esprer un secours, condition davoir t reconnue comme tel. En France, ce sont plutt des hommes, dge moyen, franais, chef de mnage et maris. 2 autres catgories ont t identifies : Les chmeurs reconnus mais non indemnisables ( surtout les femmes et les jeunes) et les individus non reconnus comme chmeurs ( Personnes ges et trangers). A mesure que stend le salariat et lindustrialisation, la dfinition sociale du chmage se dplace : la disponibilit et la recherche demploi deviennent prpondrantes. Cest prcisment la reconnaissance sociale des revendications des individus tre prsents sur le march du travail qui est au principe de la codification du chmage moderne. Le chmage, un statut codifi La Constitution de 1946 dfinit le chmeur comme tout individu disponible et la recherche dun emploi. De devoir, le travail est devenu un droit, le chmage devient de la mme manire un droit, qui se traduit par un statut codifi. La mission publique de placement et de contrle : A la Libration, des services extrieurs du travail et de la main-duvre sont chargs du placement des travailleurs la recherche dun emploi. En 1967, est cre lAgence Nationale Pour lEmploi, charge dassurer le service public de placement. La codification du chmeur en demandeur demploi : En sinscrivant lANPE, tout individu devient un demandeur demploi . Il est dans lobligation de chercher un travail. Linscription lANPE doit tre renouvele. Lorsquun individu cesse de sadresser lANPE, il nest plus considr comme chmeur. Une institutionnalisation du chmage ?:Ds la fin des annes 60, plus dindividus sadressent lANPE, et ce, en raison de 2 facteurs : Lamlioration de la couverture sociale entrane par lenregistrement et lexpansion des bureaux de lANPE. Linscription implique la reconnaissance en qualit de chmeur et signifie surtout la codification dune situation individuelle. Linstitutionnalisation du chmage a entran une dfinition juridique du demandeur d emploi plus clair, mais les contours de la catgorie continuent de se dplacer. 2) Les pourtours du chmage Chmeurs et non-chmeurs, une frontire incertaine : La figure des faux chmeurs : Dans le contrle des postulants et des bnficiaires du statut de chmeur, il subsiste pourtant un taux de faux chmeur . Ce terme comprend les chmeurs dits volontaires . Labsence de volont de rechercher un travail et lincapacit den trouver un constituent 2 critres de disqualification.
Les -cts du chmage pour les plus gs : Les retraits anticips visent carter du march du travail certaines candidatures juges inopportunes. Les plus touchs sont les plus gs : certaines ressources sont accordes en contrepartie dun renoncement de postuler un emploi. Ces mesures furent instaures en 1972 et jusquau milieu des annes 80. Il sagit surtout dune particularit franaise permettant aux entreprises de rajeunir rapidement leurs effectifs. Une partie des individus subissant le retrait anticip se dfinissent comme chmeur, ne trouvant pas normal davoir cess leur activit. Les plus viss sont les plus gs de la main duvre. En 1984, une mesure prcise quen change dune indemnisation jusqu la retraite, le chmeur renonce rechercher un emploi. Des demandeurs demploi aux simplement inscrits : Sur une partie importante des individus reus, les agents de lANPE estiment ne pas pouvoir prescrire ou conseiller de prestation daide laccs lemploi. Ainsi on peut distinguer 2 extrmits : le chmeur classique , le demandeur demploi et loppos le seulement inscrit ne pouvant prtendre aucune aide linsertion et donc la fois exclu et enferm dans le chmage. Un nouveau modle normatif semble apparatre, fonder sur lestimation des chances individuelles de trouver un emploi. Toujours est-il que les frontires du chmage spaississent. Chmage, une catgorie pertinente ? Le chmage et le chmage de longue dure : Limage spontane quvoque dans lopinion les dbats sur le chmage est celle du chmeur de longue dure. Le chmeur de longue dure est devenu larchtype du chmeur. Cette notion apparat en 1968 (OCDE) qui la dlimite partir du seuil de 6 mois de chmage. Dans les annes 80, le seuil passe 12 mois. Lapparition de cette nouvelle catgorie affecte la signification du chmage : le chmage de longue dure ne rentre pas dans la sphre du chmage tout court. Le chmage et la nouvelle pauvret : La nouvelle catgorie des nouveaux pauvres est un indice supplmentaire de la crise des reprsentation du non-emploi. La notion de nouvelle pauvret est une sorte de catgorie fourre-tout . Elle met surtout laccent sur le processus qui conduit la pauvret. Avec le RMI, on reconnat lexistence de causes structurelles de lincapacit de travailler. Lallongement des dures de chmage saccompagne de formes de prcarit et de pauprisation. Le chmage et lexclusion : Depuis le dbut des annes 90, le thme de lexclusion est omniprsent dans les mdias et sur la scne sociale. Lexclusion dsigne des situations de prcarit conomique, disolement social, de rupture des liens sociaux, provoqus par labsence demploi. Lexpression annule toute possibilit didentification, parce quelle assigne les individus dsigns comme tels une position dextriorit par rapport au systme social. Les exclus sont ignors. La lutte contre lexclusion est laffaire des inclus. Ainsi lexclusion fonctionne comme une catgorie du discours politique. O est le chmage, o sont les chmeurs ? :On peut se demander o est-ce quon peut situer le chmage par rapport aux autres statuts sociaux. Une hirarchie des statuts sociaux a t propose : a) l emploi statut , stable et permanent ; b) L emploi sans statut , emplois prcaires, intrimaires ; c) Les statuts drivs de lemploi procurant des rfrences en terme demploi, soit passes, soit futures (recherche du 1er emploi) ; d) les statuts ns de la protection sociale comme les allocataires du RMI ; e) les sans statuts, correspondant labsence de tout droit la solidarit nationale et une couverture sociale. Dans ce modle, les chmeurs peuvent occuper toutes les places, sauf lemploi statut, caractris par labsence ou la faiblesse des risques du chmage. On peut distinguer lhtrognit des statuts occups par les chmeurs. Lanalyse sociologique savre ainsi dlicate. Il rside une ambigut qui rsulte des transformations et des manifestations du chmage. Cest pourquoi il faut mieux saisir les volutions qui ont affect le chmage. II Compter et contourner le chmage Le chmage est une affaire de chiffres. Son volume est un indicateur de ltat de lconomie et de la socit. 1) Comment dnombrer les chmeurs ? La difficult dune mise en chiffres du chmage Dans notre socit, cest lemploi qui donne une valeur sociale lindividu. Le dnombrement des chmeurs est donc au cur des dbats.
Le chiffre du chmage, un objet de polmiques : Aux questions qui est chmeur et qui ne lest pas, quand le devient-on ? les rponses dpendent de la dfinition que lon donne au dpart. Ainsi le nombre de chmeurs est un nombre flou. Il est par ailleurs dautant plus difficile de ltablir, que les frontires entre inactivit, chmage et emploi sont galement de plus en plus floues. Tout ceci aliment les polmiques sur les chiffres du chmage et beaucoup de personnes tentent de donner une vraie dfinition afin davoir un vrai chiffre . Un problme de reconnaissance et de lgitimit sociale : les incertitudes sur les chiffres du chmage ne viennent pas de limperfection des instruments de mesure. Elles rendent compte des dbats et des tensions sur la reconnaissance des formes de non-emploi en chmage. Compter les chmeurs, ce nest pas ceux qui se dclarent comme tels. Le degr de la lgitimit sociale de la qute demploi est une construction sociale. Par exemple, le fait quune femme soit au chmage alors que son mari a un emploi est accept par prs de 80 % de personnes interroges. Mais li reste que mesurer le chmage, cest dfinir le chmage lgitime, lgitimit prsente sur le march du travail. Mesurer le chmage Les diffrentes conventions statistiques :En France il existe 3 sources : le chmage au sens du recensement de la population, le chmage au sens du BIT et le chmage enregistr par lANPE. Pour le recensement (tous les 7 ans), les dclarations sont spontanes et le nombre de chmeur correspond au nombre dindividus se dclarant comme tels. Il sagit dune mesure subjective. Quant au BIT, sa dfinition (toute personne ayant un emploi, disponible pour travailler et la recherche dun emploi) permet des comparaisons internationales. Les statistiques de lANPE sont plus administratives. Elles rsultent de la comptabilisation des demandes demploi comptabilises par lANPE. Il sagit dun indicateur conjoncturel prcieux. Ces 2 dernires mesures sont les plus fiables. 3 critres principaux : La dfinition de lemploi dpend de celle du chmage. Pour le BIT, la privation demploi implique que lindividu nest pas travailler lors de la semaine prcdent lenqute, ce qui nest pas le cas pour lANPE. Un 1er critre apparat comme lenvers de lemploi plein temps. Un 2me critre tant la disponibilit pour travailler. La mesure du chmage sappuie enfin sur un 3me critre : la recherche demploi. En pratique, il est ncessaire davoir effectu une srie de dmarche au cours du mois prcdent lenqute. Un individu doit de toutes faons pouvoir justifier sa recherche demploi, sous peine dtre ray des listes de lANPE. Les enjeux de la saisie Les carts entre les chiffres du chmage :A la fin des annes 80, lcart sest creus entre le chmage BIT et le chmage ANPE. En 1995, lcart est de 860000. Cet cart sexplique notamment par laugmentation du nombre des inscrits lANPE qui dclarent ne pas rechercher un emploi. La multiplication des sries statistiques : Une distinction a t faite entre les postulants un emploi et les chmeurs dclars . Parmi la 1re catgorie, on distingue les indisponibles et ceux qui neffectuent pas de dmarche relle. Parmi la 2me catgorie, on trouve les individus tant simplement inscrits lANPE. Ce sont les chmeurs dcourags Ceci permet de rduire les ambiguts lies la dfinition du chmage. Il faut dsormais prendre en compte les individus effectuant un stage, les personnes dcourages et celle qui travaillent temps rduit contre leur gr. 2) Transformations du chmage Le chmage est devenu un problme social : Les dernires dcennies en France ont t marques par le chmage. 1974 : 500000 inscrits lANPE ; 1993 : 3 millions. Dans les annes 60, la population active crot rapidement : les 1res gnrations du Baby Boom, laugmentation de lactivit des femmes Mais la croissance importante permet dabsorber cette main-duvre nouvelle. Puis le chmage passe de 3 10 % de 1974 1987. Depuis, le taux de chmage est rest aux alentours des 10%. Ainsi, la socit est durablement marque par le chmage. Les disparits entre les pays : En 1994, le chmage atteint son niveau le plus lev daprs guerre dans les pays de lOCDE avec un taux de 8.7%. Les pays sont pourtant ingalement touchs. On distingue 3 cas de figure : le Japon, avec un taux infrieur 3% de la population active (ajustement du march par les cessations dactivit : surtout les femmes). Les Etats-Unis avec leur modle libral (organisation flexible du
march du travail :faible indemnisation) a permis de crer de nombreux emplois. Le modle europen est marqu par de faibles crations demploi et un taux de chmage proche des 10%. Les avantages sociaux y sont nombreux (indemnisation du chmage par exemple). Ces disparits proviennent des rgles juridiques spcifiques chaque pays. Par exemple,1 systme dindemnisation dfavorable aux femmes maries par rapport aux clibataires (GB, Irlande) peut contribuer les repousser vers linactivit partir dune certaine dure de chmage. Le chmage sur le march du travail : Les significations changent en fonction de son rle dans la rgulation des mobilits sur le march du travail. En France, les formes particulires demploi se multiplient. Ce sont les emplois atypiques ( CDD, intrim) Il sagit en tous cas de positions instables, proche du chmage. Depuis le milieu des annes 80, ces formes particulires augmentent. De plus, il a t remarqu que la fin des CDD entranait une entre dans le chmage de plus en plus frquente. Paralllement, le poids des dmissions baiss (de 17.7% en 1976 4.4% en 1994) Diffusion du chmage et slectivit : Un chmage trs slectif : Le sexe, lge, le niveau dtude sont autan de variables qui mettent en vidence la vulnrabilit face au chmage. En 1993 par exemple, le taux de chmage pour les hommes est de 9.4% et de 13.3% pour les femmes. Les ingalits socioprofessionnelles face au chmage sont trs fortes : moins de 5% de chmage pour les cadres contre 14.3% pour les ouvriers. Ainsi, le surchmage concerne dabord les plus jeunes, les ouvriers et les employs, les individus sans aucun diplme t les femmes. Le taux de chmage des femmes de 15 24 ans ne possdant aucun diplme tait de 45.4% en1993. Rduction ou augmentation des ingalits ?: Globalement, les tudes entre 1975 et 1993, montrent un accroissement des ingalits. Entre 1982 et 1989, la croissance du chmage est dautant plus forte que le niveau de diplme est bas. Le chmage des individus ayant au plus un CEP passe de 8.4% 12.6% tandis que le chmage des diplms du suprieur naugmente que faiblement, voire mme diminue (de 3.3% 2.5% pour les bac+3 et plus). Chmage de crise et crise du chmage : Lallongement des dures du chmage : Le chmage de longue dure correspond une dure de chmage suprieures ou gales 12 mois. Cette forme de chmage a connu une croissance rapide. Lanciennet moyenne en chmage a plus que doubl entre le milieu des annes 70 et le dbut des annes 90. Le nombre de chmeurs de longue dure est multipli par 9.2. Depuis les annes 80, les chmeurs de longue dure reprsentent 30% des chmeurs inscrits lANPE. Nouvelles formes de chmage et nouvelles catgories : Durant les 30 Glorieuses , le chmage tait essentiellement frictionnel, provoqus par les dlais ncessaires lajustement entre offres et demandes de travail. Un chmage rsiduel se concentrait su la fraction de la main-duvre la plus ge. La progression du chmage des jeunes de moins de 25 ans a t stoppe ds la 1re moiti des annes 90 avec la mise en place de politique de lutte contre le chmage des jeunes. Dans une situation de sousemploi massif, le chmage de longue dure ne reste pas concentr sur les travailleurs les plus gs. Il concerne en grande partie les chmeurs adultes (67% en 1993). Le retour lemploi de ces individus ayant dj exerc une activit professionnelle est trs difficile. Cette dstabilisation des catgorisations du chmage a provoqu 1 multiplication des termes et expressions pour dsigner ces nouvelles formes de chmage : chmeurs structurels , chmeurs de trs longue dure , chmeurs passifs , chmeurs vellitaires . Avec les volutions des formes de chmage, les statuts sociaux apparaissent de plus en plus ambigus. III Sortir du chmage Le chmage est une position infriorise, dfinie par la privation demploi. Quand on rentre au chmage, lurgence est den sortir et dviter quil ne devienne une situation permanente. Mais les ingalits pour retrouver un emploi sont importantes. 1) Mesurer lemployabilit des chmeurs Ceci est 1 estimation statistique qui permet de dfinir des positions relatives de catgories de chmeurs.
La saisie statistique de lemployabilit : Cette notion permet dvaluer les flux de chmeurs sur le march du travail. La vulnrabilit dsigne la probabilit dentrer en chmage au sein dune population donne et dans une priode donne. Tandis que lemployabilit peut tre dfinie comme la probabilit de sortie du chmage en accdant un emploi. Sur le march du travail, elle peut tre mesure par des indicateurs comme lanciennet moyenne du chmage. Lemployabilit diffrentielle mesure la position des catgories de chmeurs dans la concurrence pour les emplois : catgories dge, de genre, Telle catgorie est moins employable quune autre parce que la proportion de chmeurs est plus importante. Variation de lemployabilit : Les statistiques de lANPE sont une 1re source pour dcrire certains aspects de lemployabilit des demandeurs demplois. Laccs des chmeurs lemploi : Les enqutes sur le suivi des chmeurs renseignent sur les difficults quils rencontrent (niveau de ressources, pratique de recherche demploi). Mais elles servent surtout identifier les facteurs pesant sur la probabilit dobtenir un emploi (sexe, ge ). Plusieurs enqutes de lINSEE permettent dvaluer les reprises demploi. Elles permettent dobserver quelques constantes. Lge est par exemple une variable trs discriminante ainsi que le sexe. Tout comme lanciennet au chmage qui pse sur lemployabilit, quels que soient lge et le sexe. Chmage et fragilisation des emplois : La comparaison entre lemploi quobtient un chmeur et celui quil possdait avant est un second trait commun des enqutes de suivi des chmeurs. On remarque une fragilisation de lemploi trouv la suite dune priode de chmage. Le chmage accrot la prcarit des emplois. 65.5% des emplois perdus (enqute de 1980) taient des CDD contre 34.2% des emplois retrouvs. Avec le dclassement lembauche et la dgradation des conditions des conditions de rmunration, la prcarit devient une caractristique majeure des processus de retour lemploi. Chmage et diversit des situations obtenues : Si les emplois obtenus sont plus fragiles que les emplois perdus, laccs lemploi nest pas le seul mode de sortie du chmage. Les enqutes mesurent les statuts obtenus par les chmeurs. Les situations varient selon le sexe, lge ou de lanciennet du chmage en dbut de priode dobservation. Le chmage rptitif (chmeurs retombs au chmage)concerne plutt les jeunes et les chmeurs de courte dure. Les retraits du march du travail concernent surtout les femmes et les chmeurs gs. Ce repli sur linactivit semble traduire un processus dexclusion durable de lemploi et mme un dcouragement. Une conception factorielle de lemployabilit : Quel est le dlai ncessaire pour quun chmeur retrouve un emploi, quels facteurs font varier la rapidit de lobtention dun emploi ? Il existe une forte corrlation entre une position sur le march du travail et les attributs socio dmographiques (ge). Cependant, il ne faut pas oublier la relation entre lemploi antrieur au chmage et lemploi ultrieur. 2) Les constructions sociales de lemployabilit Lemployabilit est une dimension spcifique, lie ltat de chmeur, de processus de mobilit professionnelle. Elle doit tre inscrite au sien des dynamiques biographiques qui construisent la succession des positions occupes par lindividu. Employabilit et stratgies des chmeurs : Linsuffisance des variables classiques : Une tude met laccent sur les limites des explications classiques des trajectoires de chmeurs et des raisonnement en termes de facteurs de risque de chmage. Les chmeurs sont interrogs 3 annes de suite. On mesure la situation des chmeurs pour chaque catgorie. La combinaison la plus favorable est : sexe masculin, jeune, diplm au chmage depuis peu de temps. La plus mauvaise tant : chmeurs gs, non diplms, de sexe fminin et passifs dans leur recherche demploi. (7% de retour lemploi seulement au bout de 2 ans). Les chances dobtenir un emploi ne sont pourtant pas nulles. En fait, linfluence des facteurs, favorables ou dfavorables, est peu marque quand ils sont pris isolment, mais crot quand ils sont combins entre eux. Les arbitrages et lindemnisation :La manire la plus classique de mesurer la rationalit dun chmeur de son employabilit est danalyser les arbitrages quil fait entre la prise dun emploi disponible et lattente dune opportunit meilleure. Une attention particulire est porte sur les effets de lindemnisation sur la sorite du
chmage. Il a t constat que plus la priode et le montant des versements sont levs et plus la dure au chmage est longue. Mais il ne faut pas attribuer lindemnisation des effets crateurs de chmage. Quel poids accorder la recherche demploi ? : Les comportements de recherche demploi des chmeurs ont-ils 1 influence ventuelle est-elle dterminante ou rsiduelle ? La capacit cibler sa recherche ou distance lemploi et la disponibilit. La seconde dimension recouvre la capacit faire preuve de mobilit gographique et professionnelle. Une faible disponibilit est associe au retrait du march du travail ou au confinement dans le chmage non indemnis. Mais les diffrents comportements tant corrls avec lge, le sexe, etc., il faut examiner si les trajectoires des chmeurs dpendent plus de leur recherche que de ces facteurs. Toutefois, lge semble tre dterminant. Mais le dbat sur linfluence de la recherche demploi reste ouvert parce quil est difficile de mesurer avec prcision les comportements. Recherche demploi et processus de socialisation : 2 dimensions influent sur la trajectoire des chmeurs : Le degr de mobilisation et le degr dautonomie. Les comportements des chmeurs rsultent de formes de socialisation. Ils senracinent dans des cohrences biographiques et symboliques. Il existe dautres facteurs qui favorisent le retour lemploi et protgent du confinement dans le chmage de longue dure comme lexercice dactivits occasionnelles pendant la priode de chmage. Lemployabilit se construit dans une temporalit longue. Employabilit et marchs du travail : Lemployabilit dpend de lenvironnement conomique. Lemployabilit dun chmeur nest pas mcaniquement dtermine par ses caractristiques sociales. Les rgles dorganisation du march du travail : Il faut distinguer 2 composantes de lemployabilit des chmeurs : 1 intrinsque rsulte des trajectoires et des caractristiques du chmeur ; 1 extrinsque qui dpend de lenvironnement conomique et des transformations du march du travail. Les changements brutaux des rgles qui organisent le march du travail (mobilit exige), font merger des exigences nouvelles pour les individus. Lemployabilit articule 2 dimensions : elle met en jeu les qualifications des individus, et aussi les inflexions locales de lentreprise. Rle du contexte et stratgie dacteurs : Une enqute sur les effets de la conjoncture macroconomique sur lemployabilit des chmeurs a montr que laugmentation importante du chmage entre 1983 et 1988, et de lemploi entre 1987 et 1989, ont eu peu deffet sur la probabilit daccs lemploi des chmeurs. Elle a aussi montr que le taux de chmage du dpartement de rsidence des chmeurs navait pas dinfluence sur les probabilits individuelles de connatre tel ou tel type de parcours. Cela entrane que les politiques nationales de ne sont pas appliques de la mme faon sur le territoire. Lexplication et la comprhension du devenir des chmeurs supposent darticuler ceux-ci avec les march du travail, les structures familiales, les rseaux sociaux, etc. IV Les paradoxes du traitement du chmage 1) La politique de lemploi et le traitement du chmage Le traitement du chmage ne reprsente quune dimension de la politique de lemploi. Sa place a pourtant beaucoup volu depuis lactuelle crise de lemploi. La mise en forme officielle de la politique de lemploi : La dpense publique pour lemploi permet de mesurer les efforts financiers consacrs au traitement du chmage. Depuis les annes 70 les moyens destins a enrayer le chmage ont augment (1973 :10 milliards ; 1993 : 288 milliards). Des mesures visent lutter directement contre le rationnement des emplois (formations, incitation lembauche). Dautres visent attnuer les effets de la pnurie demploi en distribuant des ressources aux chmeurs par exemple. La chronologie du traitement du chmage : La spirale du traitement du chmage : A la fin des annes 70, laccent a t mis sur laccompagnement des sorties hors du march du travail. Paralllement, les dispositifs destins amliorer laccs lemploi de certaines catgories de chmeurs (jeunes par exemple) se dveloppent rapidement au cours des annes 80. La politique daide linsertion des jeunes est trs renforce en 1982, avec le lancement de vastes programmes de stages. Les 1res actions concernant les chmeurs de longue dure apparaissent en 1985.
3 logiques de traitement ?: Les dispositifs daide linsertion et la rinsertion des chmeurs se sont regroups en 3 catgories : les stages de formation, les emplois aids dans le secteur marchand et les activits ou emplois aids dans le secteur non marchand. La 1re logique vise amliorer les capacits daccs lemploi du demandeur demploi. La 2me logique vise peser sur loffre de travail et les pratiques de slectivit me lembauche, en instaurant des discriminations positives pour certaines personnes. La 3 regroupe les formules qui sappuient sur la cration dactivit intermdiaires. Mais cette classification pose certaines difficults car elle est dcale par rapport aux statuts juridiques que les mesures procurent. Par exemple, les TUC exercent 1 travail mi-temps dans le secteur non marchand avec 1 cot salarial rduit. Ils sont comptabiliss dans la population actives alors quaucun contrat de travail nest sign. Un impact quantitatif considrable : Le nombre de chmeurs ayant bnfici dune aide publique dpasse les 17 millions de flux annuels accumuls sur la priode 1981-1994. Le sens du traitement du chmage : Les aides publiques linsertion et la rinsertion apparaissent au tournant des annes 70/80. On peut parler dmiettement des dispositifs tellement certains ont t courts. Nombre de mesures ont t dcides sous laggravation du chmage. 2) Les catgories du traitement du chmage Traiter le chmage, insrer les chmeurs : Les dispositifs de traitement du chmage sont orients vers des groupes cibles particuliers, et constituent une politique dinsertion, qui se distingue de la politique traditionnelle, oriente vers le placement. Crise de lemploi et crisse du placement : Le placement devient un service public en 1945, puis dbouchera sur la cration de lANPE en 1967. Lmergence d1 pnurie demplois dans les annes 70 a sous-entendu des interventions de lEtat. Plusieurs consquences de la crise de lemploi contribuent ces bouleversements. Les dures passes au chmage sallongent et le chmage cesse de ntre que frictionnel. Ceci engendre des situations de pauvret et dexclusion. Entre le placement et lassistance : Linsertion est devenue un concept opratoire du traitement du chmage, un mot qui dsigne les objectifs des mesures et des actions mis en uvre. Linsertion sociale est souvent considre comme un pralable linsertion professionnelle. Le rle des politiques daide linsertion et la rinsertion volue : La cible sest dplac du placement vers lemployabilit. Le paradoxes de lindividualisme : Peu peu, on a pu assister une individualisation des mesures pour mieux rpondre aux demandes et aux besoins des chmeurs. Progressivement, lindividualisation devient 1 mode de traitement de masse avec 1 routinisation des entretiens par exemple. Formes collectives dindividualisation : Lobjet des politiques individualises est de rpondre des processus dexclusion en construisant des parcours dinsertion. Individualiser, cest faire passer les chmeurs d1 demande demploi 1 projet de formation ou dinsertion, mieux adapt aux moyens daction de la politique de traitement du chmage. On laisse ainsi le soin chacun de parcourir leur chemin individuellement. Le chmeur devient un sujet de droit, droit linsertion. Individualisation, motivation et projet : Mettre laccent sur des cas individuels comporte le risque de ngliger les processus conomiques et sociaux dexclusion de lemploi, ce qui peu conduire une internationalisation de leur propre situation. 3) Les valuations Lvaluation des aides publiques visant favoriser linsertion, ou la rinsertion, des demandeurs demploi constitue un enjeu social et conomique majeur. Comment valuer le traitement du chmage : Les valuations sont peu institutionnalises. Il sagit d1 notion floue. On peut quand mme distinguer 5 aspects : la pertinence, la cohrence, lefficacit, lefficience et limpact. Traitement du chmage et accs lemploi : Lvaluation la plus lmentaire de lefficacit du traitement du chmage sappuie sur le suivi des flux de sortie des mesures. Ceci permet de calcule un taux daccs lemploi. Devenir des bnficiaires et efficacit apparente : Au dbut des annes 90, 7 panels de bnficiaire de mesures ont t constitus. Lobservation une date donne des situations des bnficiaires de ces diffrents
dispositifs (TUC, SIVQ) permet de mesurer les effets bruts de ces dispositifs. Le devenir des populations sortant de chaque dispositif est trs contrast. Les bnficiaires de CRE ont les taux les plus levs (64% en emploi), ceux bnficiant de stages AIF occupent rarement un emploi non aid. Peut-on identifier des effets nets ?: Les taux demploi la sortie des mesures informent sur lefficacit de celleci. Cependant, une mthode efficace a t mise au point : il sagit de comparer les bnficiaires et les non bnficiaires. Les bnficiaires ont-ils plus un emploi que les autres ? Quelle est lefficacit des stages de formation ?: Pour identifier les ventuels liens de causalit entre le stage suivi et lemploi occup, 3 types dimpacts possibles ont t identifis : leffet formation, quand lemploi trouv correspond aux qualification de la personne ; leffet dynamisation, quand le stage entrane des modifications positives sur lindividu ; leffet contact, quand le chmeur a eu une mise en relation avec lentreprise. Une analyse a montr qu1/3 des emplois trouvs aprs un stage de formation ne prsentent aucun rapport de cause effet avec le stage suivi, cest--dire ne correspondent aucun des 3 effets identifis. Le traitement du chmage dans les trajectoires individuelles : Il ne sagit plus dvaluer les types dinsertion que produiraient les dispositifs, mais quelles sont leurs places dans la construction des trajectoires des chmeurs sur le march du travail. 1 observation sur des jeunes sortis de lcole en 1986 a t effectue, et 3 types de trajectoires ont t distingues : 1 processus dinsertion professionnelle stable ou en voie de le devenir ; une trajectoire marques par 1 passage intensif daides ; 1 trajectoire o le chmage domine. Les significations des passages par les mesures se construisent ainsi au cours du temps et sont irrductibles un effet direct et immdiat sur les trajectoires professionnelles. Traitement du chmage et logiques dacteurs : Les logiques dusage des entreprises : 5 logiques dusage des CES sont identifis par les entreprises : pour couvrir les besoins de fonctionnement, 1 utilisation peu instrumente du dispositif, 1 gestion catgorielle qui mobilise des appuis extrieurs, 1 engagement dans linsertion professionnelle de quelques personnes slectionnes, et le CES comme moyen privilgi dasseoir la permanence de lorganisme. Lanalyse de lutilisation des contrats de qualification par les entreprises fait apparatre 5 logiques : la comptence, lapprentissage, le passif, la flexibilit interne, et un ple transit , les entreprises souhaitant stabiliser les jeunes alors que ceux ci ne restent pas dans lentreprise. Les logiques biographiques des chmeurs :Les analyses des attitudes des chmeurs lgard des mesures publiques qui leur sont destines se sont multiplies. On peut isoler 4 attitudes : La formation est considre comme 1 occupation, ou elle est recherche pour mieux trouver un emploi par la suite, ou elle est rejete car juge non efficace ou bien elle est suivie pour des raisons pcuniaires dcales par rapport la logique officielle. Les attentes des chmeurs sont de toutes faons disparates. La traduction des dispositifs : La signification des dispositifs dpend des logiques politiques et thiques qui sous-tendent laction des professionnels. Chaque catgorie dacteurs traduit le dispositif concern en fonction de ses propres objectifs et de sa vision de lemploi. V Vivre et exister en chmage 1) Le chmage, un statut social ? Le chmage est 1 traumatisme profond touchant lensemble des aspects de la vie individuelle. Lemploi procure en effet dans notre socit la reconnaissance et une identit sociale. Le poids du chmage : Le chmage, fin de la vie sociale : La 1re enqute sur le chmage a t ralise en 1931 Marienthal (Autriche). Une usine ayant ferm, la plupart des ouvriers taient au chmage depuis 2 ans, t faiblement indemniss. Ltude a fait constat des aspects ngatifs : dgradation de la vie prive, rtrcissement des activits sociales, dstabilisation de la perception du temps et contraction dun espace vital de plus en plus limit. Le chmage est non seulement vcu comme la perte dun statut social, mais aussi comme le dlitement de toute reconnaissance sociale.
Le chmage, une humiliation sociale : Les chmeurs dfinissent leur tat comme une chute de statut, une vraie dchance sociale et dautre part, lhumiliation : la gne sociale et la honte sociale. Cette impression de faire bande part. Le chmage ne se rduit pas a une perte demploi : sociologiquement, il sagit dune infriorit sociale. Le sociologue et lexprience du chmage : Le chmage apparat dabord comme un temps vide et 1 perte de statut. Si la fonction du sociologue est de comprendre (Bourdieu), comprendre les chmeurs, cest comprendre une exprience sociale trs loigne de sa propre position. Cest un travail de retrait auquel doit sexercer le sociologue. La dynamique du chmage : Le chmage, une transition psychosociale : Des tudes ont analys les phases par lesquelles lindividu qui devient chmeur sadapte sa nouvelle situation. Le chmage conduit lindividu a affronter le changement. Il est possible de dgager un cycle transitionnel qui rend compte des incidences sur lindividu. On peut le dcrire en 3 tapes : La 1re phase correspond la perte demploi et lentre en chmage. Lindividu na pas de raction immdiate et napprhende pas toutes les implications de lvnement. La 2me phase est la me prise de conscience de la rupture. La 3 phase est celle d1 r appropriation subjective de la perte. Lindividu va intrioriser de nouveaux cadres de rfrences et sinstaller dans le chmage. Mais cette approche psychosociale montre un chmeur sans relle attache, sans enracinement culturel. Lenfoncement dans le chmage conduit-il au fatalisme ?: On peut se demander si le chmage de longue dure peu provoquer cette situation. 1tude a montr que lallongement de la dure du chmage conduisait 1 extension de la dgradation de limage de soi. Les comportements sont assez homognes : Les chmeurs sont plongs dans le mme preuve, domins par le vide de lexistence. Cependant, dautres ne le vivent pas comme tel et se consacrent plus aux tches mnagres et des activits dentre aide qui structurent leur temps. Le dbat reste donc ouvert. 2) Le chmage, des expriences diffrencies Des rsultats empiriques convergents mais clats : Les 1res recherche sur les ractions du chmage ont peu t attentives la diversit des ractions individuelles. 3 manires daffronter le chmage : Cest dans les annes 70 que lon sy est intress. Laptitude adopter des activits de substitution et linvestissement dans 1 statut alternatif celui de chmeur est une 1re dimension. La 2me est lintensit et la forme de la sociabilit. Enfin, lintgration familiale constitue 1 soutien la crise de statut quest la chmage, tandis que les difficults familiales aggrave cette crise de statut. Les combinaisons entre ces 3 dimensions, dessinent 3 types de chmage : Le chmage total (perte du statut social, repli sur soi), le chmage invers (le travail salari a 1 place 2nde par rapport aux occupations qui procurent lindividu plaisir et ralisation de soi), le chmage diffr (la recherche demploi constitue 1 activit plein temps ce qui maintien 1 statut dactif) Une certitude : la varit des expriences du chmage : Labsence dunicit de lexprience du chmage est 1 constat partag. Il existe une diversit des vcus du chmage, des stratgies de recherche dun emploi Quels principes explicatifs ?: Les jeunes chmeurs et le travail : Ledrut a introduit la notion de la dvalorisation ressentie par le chmeur. Certains jeunes peroivent le chmage comme une exprience traumatisante, source de culpabilit. Dautres le vivent comme 1 temps permettant de raliser leur projet. Signification du chmage et signification du travail : De plus en plus lidentit sociale passe par lidentit professionnelle. Et lobtention d1 emploi stable reste la norme commune. Le travail est au centre des processus de reconnaissance dautrui et demeure protecteur didentit. Exprience du chmage et groupe sociaux : La diversit du vcu du chmage nest pas 1 hasard. On constate quil est massivement vcu par les travailleurs manuels. Les cadres vivent le chmage de manire diffre en multipliant les activits de formation utiles la rinsertion sur le march du travail. Toutefois, au sein de ces groupes, lge, le niveau culturel peuvent rendre positive lpreuve du chmage. Lexprience du chmage dpend de variable comme la position dans le cycle de vie, dans la structure sociale Le chmage constitue une condition sociale diffremment utilise et vcue par les diffrents groupes sociaux.
Exprience du chmage et construction des identits : Lexprience du chmage saccompagne de processus de socialisation de rvaluation constante de sa propre valeur sociale. Cette socialisation suppose un dialogue avec soi-mme. 3) Les chmeurs : un groupe social ? Des conditions de vie trs discrimines : La difficile apprciation des conditions de vie des chmeurs : Le chmage entrane une perte de revenu dont limpact est variable selon le niveau et la structure des ressources du mnage. La diminution des ressources du mnage affecte plus les couples de chmeurs, les personnes isoles et les chmeurs de longue dure. La consommation est 2 fois plus faible que les mnages sans chmeurs. Lindemnisation des chmeurs : La cration dun rgime priv dassurance contre le chmage date de 1958. Mais des rformes ont provoqus depuis le dbut des annes 80 une dgradation des indemnisations. Elles sont trs instables dans le temps. En 1989 est instaur le RMI, qui a pour objectif de solvabiliser les individus qui ont perdu tout droit lassurance comme lassistance. Limpact des solidarits sociales : Lvaluation des conditions de vie des chmeurs suppose des investigations prcises sur lensemble des revenus et des aides dont peut disposer 1 individu priv demploi. On saperoit travers les tudes que quand lindemnisation existe, elle ne reprsente quune petite partie des ressources du mnage. Cest labsence de solidarit familiale qui conduit la pauvret. La prise en compte des activits informelles complique lanalyse. Le travail occasionnel constitue une tentative de maintien du niveau de vie du mnages chez les adultes. La difficile mobilisation collective : De lpreuve individuelle au silence collectif : Lexprience du chmage provoque un affaiblissement de la conscience collective lie lactivit professionnelle. Le chmage mne lanomie. Une organisation de chmeurs signifierait que lon accepte de se reconnatre comme tel alors que cest avant tout ce que lon veut masquer. De lencadrement social au silence collectif : Le vcu individuel du chmage nest pas le seul frein lexpression publique des chmeurs, et, paradoxalement, le traitement du chmage peuvent contribuer entretenir le silence des chmeurs. De plus en plus, le chmeur est assign de ltiquette de problme traiter. Ainsi, le chmeur est amput de sa valeur sociale. Le chmage est aussi lobjet de prise en charges, parallles laction publique, qui sont le dernier filet protgeant de lexclusion. Les populations au chmage sont donc catgorises comme populations secourir, affaiblies et infriorises. La plupart des formes de mobilisation autour de la cause du chmage constituent un frein la mobilisation des chmeurs eux-mme, car elles sont fondes sur la disqualification sociale et politique des sans-emploi. Les mouvements des chmeurs en France : Son histoire est longue mais discontinue. En 1982, le syndicat des chmeurs est fond. Son objectif est de reprsenter les chmeurs politiquement. Mais laction collective des chmeurs reste diffuse, miette et est relativement peu visible.
Conclusion :
De nos jours, on ne peut rduire la sociologie du chmage lobservation du vcu des chmeurs et aux ractions la privation demploi. Il ne faut pas oublier lvaluation de politiques publiques, lobservation des pratiques et actions collectives des chmeurs Le chmage ne fonctionne plus selon le modle de la privation demploi involontaire et transitoire : laccs lemploi est plus difficile, les aides publiques se rvlent peu efficaces, les logiques daction des chmeurs se diversifient etc. Le chmage ne concerne pas tous les individus dans la socit, mais il concerne celle-ci dans sa globalit. Le chmage menace les rgulations sociales, dstabilise les reprsentations tablies. Il interroge la socit toute entire.