Analyse exhaustive du
Dernier jour d’un
condamné
Victor Hugo
Perdu dans ses pensées, Victor Hugo a, pour sa part, toujours était un homme libre. Si libre que sa pensée
lui a valu un exil : mais pour l'auteur romantique, l'esprit et la création sont plus forts que tout.
C'est après avoir assisté à une scène traumatisante que Victor Hugo a décidé
d'entreprendre l'écriture du Dernier Jour d'un Condamné. Un soir de 1828, il observe un
bourreau graisser la guillotine sur la Place de l'Hôtel-de-Ville. Hugo comprend qu'un
homme mourra le soir-même. Cette pensée l'inspire : dès ce jour, il écrira pour lutter contre
la peine de mort. Le court roman d'Hugo peut se lire comme le journal intime d'un
condamné qui se livre à ses dernières pensées et confessions durant les dernières 24 heures
précédant la terrible sentence. Ici, le "moi" romantique est encore de mise : le romantisme
permet à Hugo de montrer l'absurdité des théories pénales et d'une justice qui favorise
encore la peine de mort. Pourtant, cette idée n'était pas encore développée par les
penseurs des Lumières : Diderot et Kant étaient favorables à la peine de mort et y voyaient
une sentence juste et adaptée au crime commis. La punition était encore trop faible pour
mettre à mal les criminels.
Fiche pratique du contexte de l’œuvre
Auteur/ Titre/Intitulé Epoque Date de Genre
Ecrivain de l’oeuvre parution
Victor Hugo/ Dernier jour XIXème 1829 Roman à
d’un siècle thèse(Journal
3 œuvres du même condamné intime)
auteur:
-Les misérables,
-Cramwell,
-La bataille
d’Hernani
Résumé de l’INTRIGUE
Ce roman se présente comme le journal d'un condamné à mort écrit durant les
dernières vingt-quatre heures de son existence, dans lequel, il raconte ce qu'il a vécu
depuis le début de son procès jusqu'au moment de son exécution, soit environ cinq
semaines de sa vie. Ce récit, long monologue intérieur, est entrecoupé de réflexions
angoissées et de souvenirs de son autre vie, la « vie d’avant ». Le lecteur ne connaît ni
le nom de cet homme, ni ce qu'il a fait pour être condamné, mis à part la phrase : « moi,
misérable qui ai commis un véritable crime, qui ai versé du sang ! ». L’œuvre se
présente comme un témoignage brut, à la fois sur l’angoisse du condamné à mort et ses
dernières pensées, les souffrances quotidiennes morales et physiques qu'il subit et sur
les conditions de vie des prisonniers, par exemple dans la scène du ferrage des forçats.
Il exprime ses sentiments sur sa vie antérieure et ses états d’âme.
Il se fera exécuter sous la clameur du peuple qui voit sa mort comme un spectacle
Les trois parties dont se compose le livre
Bicêtre le procès, le ferrage des forçats et la
chanson
la Conciergerie le voyage vers Paris, la rencontre avec le
friauche (le condamné à mort) et la
rencontre avec le geôlier qui lui demande
les numéros pour jouer à la loterie, la
visite de sa fille Marie.
l’hôtel de ville la toilette du condamné et l’exécution
dans la Place de Grève via l’échafaud.
Les personnages
Le prêtre
Les géôliers
Le condamné à mort
Sa fille, sa femme, sa mère et la foule.
Les différentes prisons occupées par le condamné à mort
La concièrgerie
Bicêtre Hôtel de ville
La cellule/ le
cachot
Durée
Cinq semaines, à partir du moment où le protagoniste est
condamné à mort jusqu’au moment où il monte sur l’échafaud.
Les thèmes
La peine de mort / La peur / la haine / la religion / la
violence contre les prisonniers / l’injustice / la justice
Focalisation
Le narrateur est le personnage principal :
utilisation de la première personne « je ». Le
narrateur # l’auteur. Focalisation interne : accès au
point de vue du narrateur et à sa vision des choses
et du monde..
Schéma narratif de l’œuvre
Situation initiale: Le personnage-narrateur menait une vie heureuse avec sa famille,
sa fille Marie, sa femme et sa mère jusqu'au jour du crime qui a
bouleversé sa vie.
NB: Le récit commence in medias- res c'est-à-dire le moment où
l'action est déjà engagée. Puisque le plus important est la
contestation de la peine de mort, l'auteur fait ellipse de cette
situation initiale et passe directement aux faits. Toutefois il nous
est facile de déduire cette situation initiale à travers les flashes
back. (Analepses/ retour en arrière).
Elément perturbateur: Le meurtre commis par le narrateur-personnage
Péripéties: Le jugement, l'emprisonnement, la condamnation à la peine de
mort, recherche du condamné d'une solution pour préserver sa
vie.
Dénouement: Il n'y a pas de dénouement. Le condamné garde l'espoir jusqu'à
quelques moments avant l'exécution, mais à ce moment-là les
bourreaux préparent l'exécution. C'est une clausule ouverte, aux
lecteurs d'imaginer la fin puisque pour l'auteur ce qui compte c'est
la dénonciation de l'horrible peine de mort.
Situation finale: L'auteur a fait l'ellipse de la situation finale pour amener le lecteur
à réfléchir.
CHAPITRE1 Depuis cinq semaines, un jeune prisonnier vit constamment avec l’idée de la mort. Il est doublement enfermé. Physiquement,
il est captif dans une cellule à Bicêtre. Moralement, il est prisonnier d’une seule idée : condamné à mort. Il se trouve dans l’impossibilité
de penser à autre chose.
CHAPITRE2 De sa cellule, le narrateur se souvient de son procès et de sa condamnation à mort. Il relate les circonstances de son procès et
sa réaction au verdict fatal.
CHAPITRE3 Le condamné semble accepter ce verdict. Il ne regrette pas trop de choses dans cette vie où tous les hommes sont des
condamnés en sursis. Peu importe ce qui lui arrive.
CHAPITRE4 Le condamné est transféré à Bicêtre. Il décrit brièvement cette hideuse prison.
CHAPITRE5 Le narrateur nous parle de son arrivée à la prison. Il a réussi à améliorer ses conditions de prisonnier grâce à sa docilité et à
quelques mots de latin. Il nous parle ensuite de l’argot pratiqué en prison.
CHAPITRE6 Dans un monologue intérieur, le prisonnier nous dévoile sa décision de se mettre à écrire. D’abord, pour lui-même pour se
distraire et oublier ses angoisses. Ensuite pour ceux qui jugent pour que leurs mains soient moins légères quand il s’agit de condamner
quelqu’un à mort. C’est sa contribution à lui pour abolir la peine capitale.
CHAPITRE7 Le narrateur se demande quel intérêt peut-il tirer en sauvant d’autre têtes alors qu’il ne peut sauver la sienne.
CHAPITRE8 Le jeune condamné compte le temps qui lui reste à vivre. Six semaines dont il a déjà passé cinq ou même six. Il ne lui reste
presque rien.
CHAPITRE9 Notre prisonnier vient de faire son testament. Il pense aux personnes qu’il laisse derrière lui : sa mère, se femme et sa petite
fille. C’est pour cette dernière qu’il s’inquiète le plus.
CHAPITRE10 Le condamné nous décrit son cachot qui n’a même pas de fenêtres. Il décrit aussi le long corridor longé par des cachots
réservés aux forçats alors que les trois premiers cabanons sont réservés aux condamné à la peine capitale.
CHAPITRE11 Pour passer sa longue nuit, il se lève pour nous décrire les murs de sa cellule pleins d’inscriptions, traces laissées par
d’autres prisonniers. L’image de l’échafaud crayonnée sur le mur le perturbe.
CHAPITRE12 Le prisonnier reprend sa lecture des inscriptions murales. Il découvre les noms de criminels qui ont déjà séjourné dans cette
triste cellule.
CHAPITRE13 Le narrateur- personnage se rappelle d’un événement particulier qui a eu lieu il y a quelques jours dans la cour de la prison :
le départ des forçats au bagne de Toulon. Il nous rapporte cet événement comme un vrai spectacle en trois actes : la visite médicale, le
visite des geôliers et le ferrage. Il nous parle du traitement inhumain réservé à ces condamnés. A la fin du spectacle, il tombe évanoui.
CHAPITRE14 Quand il revient à lui, il se trouve dans l’infirmerie. D’une fenêtre , il peut observer les forçats partir tristement sous la pluie
au bagne de Toulon. Il préfère plutôt la mort que les travaux forcés.
CHAPITRE15 Le prisonnier est dans sa cellule. Il avait senti un peu de liberté dans l’infirmerie mais voilà qu’il est repris
par l’idée de la mort qu’il pense à s’évader.
CHAPITRE16 Le narrateur se rappelle de ces quelques heures de liberté à l’infirmerie. Il se souvient de cette jeune fille
qu’il a entendu chanter de sa voix pure, veloutée une chanson en argot.
CHAPITRE17 Il pense encore à s’évader. Il s’imagine déjà en dehors de la prison dans le port pour s’embarquer vers
l’Angleterre mais voilà qu’un gendarme vient demander son passeport : le rêve est brisé
CHAPITRE18 Il est six heures du matin. Le guichetier entre dans le cachot. Il demande à notre condamné ce qu’il désire à
manger.
CHAPITRE19 Le directeur de la prison vient en personne voir le condamné. Il se montre doux et gentil. Le jeune
comprend que son heure est arrivée.
CHAPITRE20 Le narrateur pense à son geôlier, à la prison qu’il trouve partout autour de lui, dans les murs, dans les
guichetiers…
CHAPITRE21 Le condamné reçoit deux visites. D’abord celle du prêtre et puis celle de l’huissier. Ce dernier vient lui
annoncer que le pourvoi est rejeté et que son exécution aura lieu le jour même place de Grève. Il reviendra le chercher
dans une heure.
CHAPITRE22 Le prisonnier est transféré à la Conciergerie. Il nous conte le voyage et sa discussion avec le prêtre et
l’huissier pendant le trajet. Il se montre peu bavard et parait plutôt pensif. A huit heures trente, la carriole est déjà
devant la Cour.
CHAPITRE23 L’huissier remet le condamné aux mains du directeur. Dans un cabinet voisin, il fait une
rencontre curieuse avec un condamné à mort qui séjournera dans la même cellule à Bicêtre. Ce
dernier, fils d’un ancien condamné à mort lui raconte son histoire et s’empare de sa redingote .
CHAPITRE24 Le narrateur est enragé parce que l’autre condamné lui a pris sa redingote.
CHAPITRE25 Le condamné est transféré dans une autre cellule. On lui rapporte, sur sa demande une
chaise, une table, ce qu’il faut pour écrire et un lit.
CHAPITRE26 Il est dix heures. Le condamné plaint sa petite fille qui restera sans père. Elle sera peut
être repoussée, haie à cause de lui.
CHAPITRE27 Le narrateur se demande comment on pouvait mourir sur l’échafaud.
CHAPITRE28 Il se rappelle avoir déjà vu une fois monter une guillotine sur la place de Grève.
CHAPITRE29 Le jeune détenu pense à cette grâce qui ne vient toujours pas. Il estime maintenant que
les galères seraient meilleure solution en attendant qu’un jour arrive la grâce.
CHAPITRE30 Le prêtre revient voir le condamné. Celui-ci est loin d’apprécier sa présence. Ce prêtre
parle machinalement et semble peu touché par la souffrance du prisonnier. Ensuite, et bien que la
table soit délicate et bien garnie, il ne peut manger.
CHAPITRE31 Le narrateur est surpris de voir un homme prendre les mesures de la cellule. Ironie du sort : la prison va
être rénovée dans six mois.
CHAPITRE32 Un autre gendarme vient prendre la relève. Il est un peu brusque. Il demande au prisonnier de venir
chez lui après son exécution pour lui révéler les trois bons numéros gagnants à la loterie . Le condamné veut profiter
de cette demande bizarre : il lui propose de changer ses vêtements avec lui. Le gendarme refuse ; il a compris que le
prisonnier veut s’évader.
CHAPITRE33 Pour oublier son présent, le narrateur passe en revue ses souvenirs d’enfance et de jeunesse. Il s’arrête
longuement sur le souvenir de Pepa, cette jeune andalouse dont il était amoureux et avec qui il a passé une belle
soirée d’été.
CHAPITRE34 Au milieu de ses souvenirs de jeunesse, le condamné pense à son crime. Entre son passé et son
présent, il y a une rivière de sang : le sang de l’autre ( sa victime) et le sien( le coupable)
CHAPITRE35 Le narrateur pense à toutes ces personnes qui continuent toujours à vivre le plus normalement au
monde.
CHAPITRE36 Il se rappelle ensuite du jour où il est allé voir la grande cloche (le bourdon) de Notre-Dame (cathédrale
à Paris)
CHAPITRE37 Le narrateur décrit brièvement l’hôtel de ville.
CHAPITRE38 Il est une heure le quart. Le condamné éprouve une violente douleur. Il a mal partout. Il lui reste deux
heures quarante cinq à vivre.
CHAPITRE39 On dit que sous la guillotine, on ne souffre pas, que cela passe vite. Le narrateur se demande comment
on peut savoir une telle chose puisque aucun condamné déjà exécuté ne peut l’affirmer.
CHAPITRE40 Le jeune détenu pense au roi. C’est de lui que viendrait la grâce tant attendue. Sa vie dépend d’une signature. Il
espère toujours.
CHAPITRE41 Le condamné se met dans la tête l’idée qu’il va bientôt mourir. Il demande un prêtre pour se confesser, un crucifix
à baiser
CHAPITRE42 Il se laisse dormir un moment. C’est son dernier sommeil. Il fait un cauchemar et se réveille frémissant, baigné
d’une sueur froide.
CHAPITRE43 La petite Marie vient rendre visite à son père. Ce dernier est choqué devant la fraîche et la belle petite fille qui ne
le reconnaît pas. Elle croit que son père est mort. Le jeune condamné perd tout espoir.
CHAPITRE44 Le détenu a une heure devant lui pour s’habituer à la mort. La visite de sa fille l’a poussé dans le désespoir.
CHAPITRE45 Il pense au peuple qui viendra assister au « spectacle » de son exécution. Il se dit que parmi ce public enthousiaste,
il y a peut-être des têtes qui le suivront , sans le savoir, dans sa fatale destination.
CHAPITRE46 La petite Marie vient de partir. Le père se demande s’il a le temps de lui écrire quelques pages. Il cherche à se
justifier aux yeux de sa fille.
CHAPITRE47 Ce chapitre comporte une note de l’éditeur : les feuillets qui se rattachent à celui-ci sont perdus ou peut être que
le condamné n’a pas eu le temps de les écrire
CHAPITRE48 Le condamné est dans une chambre de l’hôtel de ville. A trois heures, on vient l’avertir qu’il est temps. Le bourreau
et ses deux valets, lui coupent les cheveux et le collet avant de lier ses mains. Le convoi se dirige ensuite vers la place de Grève
devant une foule de curieux qui attendent l’exécution.
CHAPITRE49 Le condamné demande sa grâce à cette personne qu’il croyait juge, commissaire ou magistrat. Il demande, par
pitié, qu’on lui donne cinq minutes pour attendre la grâce. Mais le juge et le bourreau sortent de la cellule. Il reste seul avec le
gendarme. Il espère encore mais voilà qu’on vient le chercher…
La guiottine
auteur
Les misérables(1861), les
contemplations(1856), la
bataille d’Hernani, Notre dame
de Paris(1831), l’homme qui
rit(1869), les travailleurs de la
mer(1866), Claude
Gueux(1834), Quatre-vingt
treize(1874),…