FINANCES PUBLIQUES EN
REPUBLIQUE GABONAISE
Dr Saint Cyr NGUEMA ONDO
Contrôleur Budgétaire (MTMM depuis janvier 2024)
Doctorat en Urbanisme Aménagement (IUG/UPMF Mars 2005)
Master 2 en Finances Publiques (Paris 12 /2012)
Master 2 en Gestion Axée sur les Résultats des projets et
Programmes Publics (IDA/Université Laval/Québec 2014)
À La Direction Générale du Budget et Finances Publiques depuis 16
ans
Direction de la préparation budgétaire (2009-2014)
DCAF pétrole/Budget/Projet BOP (2014-2019)
Direction de l’exécution budgétaire (2019-2023)
Enseignant vacataire ENA/UOB/INSG/AFRAM…..
PLAN:
Thème du cours : Les Finances Publiques au Gabon
Introduction Générale
Objet et importance de la finance publique
Evolution de la finance publique au Gabon
Les sources du droit applicable à la finance publiques au Gabon
Partie 1 les fondements historiques et juridiques du budget de
l’Etat
Titre 1 L’encadrement du budget de l’Etat par les lois de finances
Les relations entre budget et loi de finances
Les différentes catégories de loi de finances
Titre 2 les principes budgétaires traditionnels
Le principe de l’unicité budgétaire
Le principe de l’universalité budgétaire
Le principe de l’annualité budgétaire
Le principe de la spécialité des crédits
Le principe de l’équilibre budgétaire
Titre 3 les nouvelles règles budgétaire
Le principe de la sincérité budgétaire
Partie 2 l’élaboration, l’adoption et la mise en application du budget de
l’Etat
Titre 1 l’élaboration du projet de budget
calendrier de l’élaboration du projet de loi de finances
Les acteurs de l’élaboration du projet de loi de finances
L’adoption du projet
Titre 2 l’exécution du budget et les acteurs de la chaine de dépense
L’exécution du budget
Titre 3 Le contrôle de l’exécution du budget et les différents acteurs
intervenants
Le contrôle administratif (la DGBFIF)
Le contrôle juridictionnel (la cours des comptes)
Le contrôle parlementaire (Assemblée Nationale/Sénat)
Conclusion générale
Place et rôle du droit public financier au Gabon
Importance des réformes budgétaires en cour
Quelques supports bibliographiques
La Constitution Gabonaise du 26 mars 1991
Loi organique n°020/2014 DU 21 MAI 2015 relative
aux lois de finances et à l’exécution du budget,
Décret n°094/PR/MBCP du 8 février 2016 portant
règlement général sur la comptabilité publique,
Les 6 Directives de la CEMAC
INTRODUCTION
Notion de finance publique…parait
familière à tout le monde qu’on ne prend
pas toujours la peine de s’interroger sur
sa signification. Cependant c’est une
notion complexe dont le contenu doit
être précisé
On évoquera :
L’objet de la finance publique
La singularité de cette matière
Son évolution depuis l’époque classique
Son importance au Gabon
Les sources du droit public financier dans ce pays
OBJET DES FINANCES
PUBLIQUES
Matière aride, hautement et
exclusivement technique, dont les
arcanes apparaissent infranchissables
aux non-initiés, d’ailleurs n’y voient pas
un intérêt intellectuel majeur (M.
Bouvier)
Finances publiques/finances privées… différence par leur
propriétaire, leur importance et leur mode de gestion
Finances publiques= ensemble de citoyens représentés
(même si ça profite rarement ou très peu à tous.
Transparence par des personnes désignées
et tenus de rendre compte de leur gestion,
cependant l’opacité existe dans certaines
opérations (réalité nuancée)
Propriété de l’Etat et des autres personnes
morales de droit public (établissements
publics/SPP; et collectivité locales = caisse
publique (recette et dépenses)
Le budget de l’Etat dépasse de très loin
celui des particuliers (certains riches ont
des fortunes dépassant les Etats)
Finance privée gestion discrète, voire
cachée
En tant que matière scientifique, la FP a
pour objet «l’étude des règles et
techniques relatives à la gestion des
moyens financiers de l’Etat, des
collectivités locales, des établissements
publics ainsi que des organisations
internationales».
Finances publiques = science
pluridisciplinaire = se nourrissent
d’autres matières, « science de carrefour »
Dimension juridiques (fondamentale),
matière de droit public
Droit constitutionnel (amène aux
compétences financières des différentes
institutions politiques qui interviennent dans le
domaine ;
Droit administratif (répartition des
compétences financières entre l’Etat et les
autres personnes morales de droit public
Apport des autres sciences sociales
La finance publique est influencée par:
La science politique (recourt parfois aux outils d’analyse de
la science politique…tenir compte du contexte sociopolitique
général
La science économique (exerce une grande influence sur la
finance publique depuis des siècles suite à la grande crise de
1929 et la seconde guerre mondiale…situation économique
impact sur les ressources budgétaires
L’histoire (se réfère à l’histoire, permet d’expliquer les
mutations subies à travers les âges, par les institutions
financières, l’histoire aide à comprendre les transformations
sous la pression de certains grands évènements historiques.
Evolution des finances publiques
Importantes mutations
De l’Etat gendarme à l’Etat interventionniste
Evolution des finances publiques
Importantes mutations
De l’Etat gendarme à l’Etat interventionniste
1- La conception classique
Jusqu’au XIX Etat gendarme, vocation sécuritaire, missions régaliennes
(défense, diplomatie, justice, administration…) Etat libéral…marché de
la libre concurrence partisan de la neutralité de l’Etat (Baron Louis,
Gaston Jèze). L’Etat ne peut agir et engager les moyens financiers que
dans le cadre limité de ses missions régaliennes
1- La conception moderne
Les crises du 20ème siècle (les 2 guères mondiales et 1929= une nouvelle
approche baptisée Etat providence : implication dans la vie économique
et sociale pour remédier aux conséquences désastreuses « Etat
interventionniste »
Les finances publiques vont, dès lors, occuper une place primordiale
dans la vie de l’évolution de chaque pays. De nos jours, les dépenses
publiques représentent 45% du PIB. L’Etat intervient pour:
- apporter les solutions aux entreprises en difficultés (privatisation….)
- stimuler et relancer la croissance économique ;
Au Gabon comme ailleurs, l’Etat a toujours été le principal agent économique.
Ceci explique l’importante des finances publiques, c’est-à-dire le rôle primordial
que joue le budget de l’Etat dans l’économie Gabonaise
Accroissement des recettes de l’Etat pour financer les charges grimpantes.
Des Privatisations des années 2000, l’Etat déploie sa stratégie aujourd’hui
vers le PPP (nouveau cheval de bataille) pour peser sur l’activité économique
Les sources du droit applicable aux finances publiques au Gabon.
C’est sous la colonisation qu’ont été jetées les bases du droit budgétaire et du
droit de la comptabilité publique actuellement en vigueur, notamment le
décret du 30 décembre 1912 portant régime financier des territoires français
d’outre-mer (statut des ordonnateur, responsabilités des comptables,
constitution d’un fonds de réserve en cas d’insuffisance des recettes, dépôt
dans un compte ouvert au trésor public français d’une provision de garantie à
vue, mettre un terme aux avances consenties aux colonies par la métropole.
Ce régime budgétaire est resté le même jusqu’aux indépendances.
Avec l’accès à l’indépendance, il revient aux dirigeants de concevoir d’autres
textes plus adaptés au nouveau statut et aux exigences de développement
(substance du droit applicable aux finances publiques gabonaise.
Les sources postérieures à l’indépendance
Les sources de droit interne
Deux catégories de sources : celles issues du droit interne
et celles émanant du droit communautaire
Les sources internes
- La constitution de 1960 (reprenant quasi systématiquement les
dispositions financières de la Constitution française du 4 octobre 1958 ;
- La constitution du 26 mars 1991 ;
- L’Ordonnance n°40/75 du 30 juin 1975 relative aux lois des finances,
puis celui du 4/85 du 27 juin 1985. Esprit du mimétisme, d’autres textes ;
- Loi organique 31/2012 du 21 octobre 2010 relative à la loi des finances
et à l’exécution du budget ;
- Loi organique 20/2014 du 21 mai 2015 (LOLFEB) relative à la loi de
finances et à l’exécution du budget qui a remplacée celle de 2010.
Les sources du droit communautaire
L’œuvre de la CEMAC (les directives) entre 2008
et 2011
La Directive n°01/11-UEAC-190-CM-22 du 19 décembre 2011 relative aux lois de
finances ;
La Directive n°02/11-UEAC-190-CM-22 du 19 décembre 2011 relative au règlement
général de la comptabilité publique
La Directive n°03/11-UEAC-195-CM-22 du 19 décembre 2011 relative au plan
comptable de l’Etat
La Directive n°04/11-UEAC-190-CM-22 du 19 décembre 2011 relative à la
nomenclature budgétaire de l’Etat ;
La Directive n°05/11-UEAC-190-CM-22 du 19 décembre 2011 relative au tableau
des opérations financières de l’Etat ;
La Directive n°06/11-UEAC-190-CM-22 du 19 décembre 2011 relative au code de
transparence et de bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques.
Travail normatif important dans le but de promouvoir une meilleure gestion
harmonisée des finances publiques par les Etat membres.
Partie 1 :
Les fondements historiques et
juridiques du budget de l’Etat.
A travers sa politique budgétaire, l’Etat vise deux objectifs
1/ mobilisation optimale des ressources publiques ;
2/ bonne utilisation des ressources.
Le budget de l’Etat est de ce fait soumis à un encadrement rigoureux
(observation stricte des règles.
Deux dispositifs d’encadrement (lois des finances + les principes
budgétaires)
Titre 1 : l’encadrement du budget de
l’Etat par les lois de finances
Le budget de l’Etat a pour référence un texte législatif
appelé loi de finances (loi budgétaire)
Il existe plusieurs catégories de loi de finances
Retenons que le budget et la loi de finances sont unis par une
double relation forgée par l’histoire et le droit. En effet, le
parlement doit nécessairement voter une loi de finances pour
que les recettes et les dépenses inscrites dans le projet de
budget du gouvernement deviennent effectives.
Le budget tire son origine du mot anglais « budget ou bougette »
signifiant petite bourse ou petit sac que le trésorier du Roi d’Angleterre
conservait l’argent destiné au paiement des dépenses publiques ainsi
que les documents comptables s’y rapportant. Avec la perte de certains
pouvoirs, désormais, pour prélever les impôts, le roi doit obtenir
l’autorisation du Grand Conseil, en lui soumettant préalablement un plan
d’utilisation de recettes fiscales à recouvrer. Dispositif d’encadrement du
budget par le pouvoir législatif qui conduit chaque année au vote de la
loi de finances.
La France et l’Angleterre ont contribué chacune à sa
manière, à la naissance du budget et à
l’enracinement de la pratique budgétaire.
La nécessité de faire adopter par le parlement le projet
de budget préparé par le gouvernement a donné
naissance à un acte législatif spécial dénommé « loi de
finances », votée au cours d’une session qui lui est
consacrée « session budgétaire ». Le budget et la loi de
finances sont donc unis par un double lien
(consubstantialité : budget favorise
l’institutionnalisation de la loi de finances, celle-ci
constitue, en retour l’acte qui consacre l’adoption du
budget par le parlement).
Définition : le budget est l’acte par lequel sont prévues et autorisés les
recettes et les dépenses annuelles de l’Etat ou autres services que les
lois assujettissent aux mêmes règles.
Il prévoit en la forme législative les charges et les ressources de l’Etat. Il
est arrêté par le parlement dans la loi de finances qui traduit les
objectifs économiques et financiers du gouvernement. Il peut être aussi
compris comme « l’ensemble des comptes qui décrivent, pour une
année civile, toutes les ressources et toutes les charges permanente de
l’Etat ». Pour la LOLFEB (2015), « les lois de finances déterminent, pour
un exercice, la nature, le montant et l’affectation des ressources et des
charges de l’Etat, ainsi que l’équilibre budgétaire et financier qui en
Différence entre budget et loi de finances
Le budget décrit uniquement les opérations permanentes de
l’Etat, tandis que la loi de finances retrace l’ensemble des
ressources et des charges de l’Etat. Le budget est une
composante de la loi de finances. Le budget explicite, développe
et détaille les autorisations données globalement par la loi de
finances. Budget=référentiel des opérations financières autorisées
par le parlement. Budget=document chiffré, expression comptable
des opérations financières, dont le solde peut être équilibré,
déficitaire ou excédentaire. Loi de finance= acte juridique.
Les différentes catégories de loi de finances
La LOLFEB relève trois catégories de loi de finances :
La loi de finances initiale ;
La loi de finances rectificative ;
La loi de règlement.
La LFI prévoit et autorise, pour chaque année civile,
l’ensemble des ressources et charges de l’Etat. Elle est constituée
de:
Du budget général de l’Etat (pièce maitresse, il décrit l’ensemble
des recettes et dépenses permanentes de l’Etat
Des budgets annexes
Des comptes spéciaux du Trésor
Du rapport économique et financier
Des annexes explicatives
Le budget général de l’Etat est la pièce maitresse de la
LFI. Il décrit l’ensemble des recettes et des dépenses
permanentes a l’exclusion de celles qui figurent dans les
annexes et les comptes spéciaux.
Les budgets annexes décrivent les opérations
financières des services publics de l’Etat dotés de la
personnalité morale et ayant pour activité principale la
production de biens ou la prestation des services moyennant le
paiement d’une redevance (SPP). Ces budgets doivent être
présentés en équilibre et ne sont pas isolés du BG.
Les comptes spéciaux concernent les opérations
financières que le législateur entend isoler du BG en raison des
conditions particulières de leur financement et surtout de leur
caractère temporaire (mouvement des fonds provisoires,
comptes d’attente avec solde +/- avec équilibre à terme).
D’après la LOLFEB, 4 types de CS.
- Les comptes d’affectation spéciale (CAS) financé à
partir d’une recette spéciale CPPF ou ordures ménagères,
RUR etc.. le BG peut apporter un versement de 10%
- Les comptes de commerce décrivent des opérations a
caractère industriel et commercial effectuées, à titre
accessoire, par des services de l’Etat non dotés de la
personnalité morale.
Les comptes de prêt retrace les opérations relatives aux
prêts et avances consentis par décision de MCP (Etat) aux
collectivités locales et autres personnes morales de droit
public pour financer une activité de durée déterminée.
Les comptes de garantie et d’aval destinés à
garantir aux bénéficiaires de prêts.
Les documents explicatifs de la LFI
1 le rapport économique et financier (REF)
Document présentant le budget général de l’année qui a pour
finalité de renseigner les représentants du peuple sur la situation
économique et financière du pays ainsi que sur les orientations et
les choix du gouvernement au moment ou démarre la session
budgétaire au parlement. C’est un document économique,
financier présentant la situation actuelle et les perspectives, les
hypothèses de travail, les méthodes d’analyse, les résultats des
projections sur lesquelles s’appuie le projet de loi de finances de
l’année.
2 les annexes explicatives
Dont la finalité est de fournir aux parlementaires, aux
ordonnateurs et aux comptables publics ainsi qu’a
toute personne participant à l’exécution du budget de
l’Etat, une information complète et plus détaillée que
celle contenue dans la loi de finances proprement dite.
Les autres catégories de loi de finances
La loi de finances rectificatives (LFR) en cas de
bouleversement des grandes lignes de l’équilibre
budgétaire, les prévisions ne peuvent plus être exacte.
Le gouvernement sollicite le parlement pour une
révision des autorisations budgétaires (collectif
budgétaire)
La loi de règlement (LR) (loi des comptes) ou (loi de règlement du budget et des
comptes de l’Etat ou le principe est l’apurement législatifs des comptes
budgétaires de l’Etat. Double objet :
Arrêter les résultats de la comptabilité générale de l’exercice considéré et à en
donner quitus du gouvernement ;
Procéder aux modifications de crédits jugées nécessaires par le parlement (les
avances, annulation des crédits non consommés…).
Comme la LFI, le projet de LR comportera plusieurs documents annexes (le
tableau des recettes du BG, le tableau des mouvements de crédits, le montant
définitif des crédits ouverts et dépenses constatées, répartition définitive des
crédits par titre, les annexes explicatives de chaque compte, des prêts, avance
de garantie et opérations effectuées, les rapports annuels de performance…etc.
Il s’agit de dresser un bilan définitif d’un exercice budgétaire, de comparer entre
L’ENCADREMENT DU BUDGET DE L’ETAT PAR
LES PRINCIPES BUDGETAIRES
En droit public financier, de nombreuses règles visant à
garantir une gestion saine des deniers publics existent
depuis l’époque classique. D’autres récemment,
apparaissent comme de nouvelles règles
LES GRANDS PRINCIPES
TRADITIONNELS
I Les principes relatifs aux modalités de
présentation du budget
1- Le principe de l’unité budgétaire
L’unité budgétaire signifie que toutes les recettes et toutes les
dépenses de l’Etat qui est soumis à l’examen et au vote du
parlement doivent figurer dans un document budgétaire unique qui
est soumis à l’examen et au vote du parlement.
Total des recettes= total des dépenses= EQUILIBRE
SOUCI DE TRANSPARENCE ET EFFICACITEDES OPERATIONS
BUDGETAIRES
Ceci facilite la tâche à tous les acteurs du processus de
préparation, d’adoption et d’exécution du budget. (Les membres
du gouvernement, les parlementaires, les ordonnateurs et leurs
Ce principe met aussi en exergue la sincérité des
documents budgétaires
Au Gabon, toutes les recettes et les dépenses de l’Etat
sont retracées sur un compte unique intitulé « budget
général de l’Etat » fonctionnement + investissement
Ce principe est repris dans la LOLFEB en son article7 alinéa 1er
L’unité budgétaire, qui parait simple en théorie, l’est beaucoup moins
dans la pratique, car les recettes et les dépenses de l’Etat moderne
peuvent difficilement tenir dans un document budgétaire unique. D’où
les annexes à la loi : budgets annexes et comptes spéciaux du Trésor.
Les budgets annexes : ce sont des budgets de certains services
publics jouissant d’une personnalité juridique distincte de celle de
l’Etat. Il s’agit des EPIC et EPA.
Les comptes spéciaux du Trésor enregistrent les opérations
financières ayant un caractère provisoire ou exceptionnel, appelés à
s’équilibrer à terme.
2- Le principe de l’universalité budgétaire
Celui-ci découle de l’article 48 de la constitution qui dispose que
toutes les ressources et les charges de l’Etat doivent, pour
chaque exercice financier, être évaluées et inscrites dans le
projet annuel de loi de finances. La LOLFEB le reprend avec plus
de clarté et précise qu’il est fait recette du montant intégral de
produit, sans contraction entre les recettes et les dépenses.
L’ensemble des recettes assurant l’exécution de l’ensemble des
dépenses, toutes les recettes et toutes les dépenses sont
imputées à un compte unique intitulé budget général.
En somme, les deux principes poursuivent un objectif similaire qui
est de regrouper les recettes et les dépenses de l’Etat dans un
seul et même document budgétaire. Ici, la règle de la non
compensation entre les recettes et les dépenses, d’une part, la
règle de la non-affectation des recettes aux dépenses, d’autres
part (inscrire dans le document budgétaire que le montant net des
recettes à recouvrer ou des dépenses à payer ….« non
compensation »….l’ensemble des ressources des collectivités est
affecté au financement de l’ensemble de ces charges « non-
affectation ») exception le CAS, ADP , budget annexe, fonds de
concours pp 71-80.
II Les principes relatifs à la portée de l’autorisation budgétaire
3- Le principe de l’annualité budgétaire
L’article 48 de la constitution dispose que « toutes les ressources et les charges
de l’Etat doivent, pour chaque exercice financier, être évaluées et inscrites
dans un projet annuel de la loi de finances déposé par le gouvernement à
l’Assemblée nationale ». En un mot, l’exercice budgétaire s’étend sur une
année civile. Les budgets des administrations publiques déterminent pour
chaque année, dans un document unique pour chacune d’entre elles,
l’ensemble de leurs recettes et leurs dépenses. L’article 10 de la directive de la
CEMAC du 19 décembre 2011 relative aux lois de finances dispose en ce sens
que l’exercice budgétaire s’étend sur une année civile (1er janvier au 31
décembre). Il est important de souligner que les recettes sont prises en compte
au titre du budget de l’année au cours de laquelle elles sont encaissées par un
Le comptable public dispose d’une période complémentaire
après la clôture du budget durant laquelle les dépenses
effectuées en année n-1 doivent être payées.
AE = CP
Cependant des exceptions existent :
La reconduction du budget (palliatif auquel on a recours
lorsque le budget n’a pas pu être voté à temps) article 48,
alinéa 3 de la constitution
Le report des crédits (uniquement pour le budget
d’investissement) article 47 de la LOLFEB
4- Le principe de la spécialité des crédits
Encore appelé le principe de la spécialité budgétaire indique que
les crédits sont désormais spécialisés par missions et par
programmes
Destination administrative Mission-Programme -Action (MPA)
c’est-à-dire par politique publique à mettre en œuvre.
Programme= unité de spécialisation des crédits
Mission= unité de vote des crédits budgétaires
Genèse de la BOP et du budget de moyens
BOP= logique de performance de l’action publique et de
contractualisation
Les administrations élaborent des projets annuels de performance (PAP)
transparence et lisibilité budgétaire
Les SPP élaborent les contrats annuels de performance (CAP)
Les mouvements de crédits
Virement (mouvement d’un programme à l’autre dans une même
mission)
Transferts (mouvement entre programmes de missions différentes)
Cependant ces mouvements sont asymétriques (non abondé le T2 et non
diminuer le T5) niveau inférieur à 2%
Ligne réservoir= provision / dotation pour dépenses accidentelles et
imprévisibles
Fonds spéciaux/Fonds de souveraineté/Fonds politiques
Cependant le principe de l’équilibre budgétaire exige l’égalité entre les
recettes et les dépenses au risque du déficit budgétaire. Difficile à
5- Le principe de l’équilibre budgétaire
Ce principe exige l’égalité (équilibre) entre les recettes et les dépenses au
risque de faire faillite et recourir à l’emprunt (déficit budgétaire, lourd
fardeau pour les générations futurs). Exercice difficile à respecter car
généralement son non-respect engendre un cercle vicieux de
l’endettement. « Le déséquilibre devient la règle, l’équilibre l’exception »
Certains financiers modernes n’hésitent d’ailleurs pas à affirmer que le
déséquilibre budgétaire n’est pas un mal en soi et qu’il peut être toléré,
voire recommandé dans certaines circonstances (cas de récession
économique, prendre des mesures audacieuses, J.M. Keynes et la théorie
du déséquilibre budgétaire.).
L’équilibre budgétaire = gage de bonne gestion
La constitution gabonaise en son article 48 alinéa 3 exige que le
budget de l’Etat soit voté en équilibre, en cas de discorde des
Députés, le gouvernement reconduit celui de l’année n-1
Malgré le contexte difficile, le strict respect de ces règles
traditionnelles est devenu beaucoup plus difficile à l’époque
contemporaine.
Les règles classiques occupent encore une place dans le droit public
financier contemporain.
LES NOUVELLES REGLES
BUDGETAIRES
Ces nouvelles règles ont vu le jour plus récemment :
- Le principe de la sincérité budgétaire ;
- Le principe de la transparence budgétaire (bonne gouvernance financière)
Dans la Bonne Gouvernance Financière, il voir 3 concepts fondamentaux
- La transparence
- La responsabilité
- L’intégrité
Au Gabon, la loi du 30 janvier 2015 définit la bonne gouvernance financière comme
« la gestion qui consiste à utiliser les finances publiques dans l’intérêt général,
conformément aux choix et aux actions de développement opérés et aux objectifs à
atteindre »
Bonne gouvernance devient une préoccupation majeure, une culture qui doit s’installer
durablement
Le principe de la sincérité budgétaire
La sincérité budgétaire peut être définie comme le souci de garantir l’exactitude des
informations contenues dans la loi de finances et dans les comptes de l’Etat ainsi que
de la fiabilité de l’équilibre budgétaire annoncé.
Selon ce principe, les lois de finances présentent de façon sincère l’ensemble des
charges et ressources de l’Etat, c’est-à-dire, les prévisions budgétaires doivent être
fiables que possible et que le gouvernement doit se garder de toutes manœuvre de
dissimulation ou de manipulation.
C’est sous l’impulsion de la CEMAC que le principe de la sincérité budgétaire a été
introduit au Gabon.
La directive du 20 juin 2008 et la loi organique de 2010 dont l’article 42 dispose que
« les lois de finances présentent de façon sincère l’ensemble des ressources et les
charges de l’Etat ainsi que le solde qui en résulte. Leur sincérité s’apprécie compte
tenu des informations disponibles et des prévisions qui peuvent raisonnablement
découler ».
L’article 73 précise que « les comptes de l’Etat sont réguliers, sincères et donnent une
image fidèle de son patrimoine et de sa situation financière ».
La combinaison de ces deux articles montre que la sincérité doit être observée à
toutes les étapes du processus préparation, exécution et lors de l’édition des comptes.
Cependant, comme tout principe, des exceptions existent (les comptes spéciaux, les
budgets autonomes, la débudgétisation, les prélèvements sur recettes.)
Le principe de la transparence budgétaire
C’est l’obligation pour le gouvernement d’informer les parlementaires et les citoyens sur la
manière dont les deniers publics sont gérés.
En 1998, le FMI adopte le code de bonnes pratiques en matière de transparence des finances
publiques. Sous l’impulsion de la CEMAC, ce principe s’est ensuite imposé au Gabon.
« L’exhaustivité, la clarté, la fiabilité, l’actualité et la pertinence des informations publiées à
propos de la situation passée, présente et future des finances publiques ».
Toute dépense publique doit être engagée sur la base d’une législation et d’une règlementation
claire et aisément accessible ;
Les impôts, droits, redevances et autres prélèvements doivent avoir un fondement légal explicite
tandis que les lois et règlements à caractère fiscal doivent être d’accès et de compréhension
faciles ;
La publication d’informations sur les finances publiques doit être une obligation légale de l’Etat.
(TOFE et RTEB chaque trimestre).
L’OCDE a publié en 2002 un manuel des meilleurs pratiques dans la gestion des finances
publiques en vue de promouvoir la transparence budgétaire.
L’ONU a adopté en 2021 un ensemble de principes sur la transparence, la participation et la
responsabilisation en matière de finances publiques.
Introduit au Gabon dans la loi du 30 janvier 2015.
4 avantages en sortent de la transparence budgétaire :
La transparence budgétaire,
1- Associée au contrôle budgétaire constitue une arme dissuasive contre ceux qui
veulent détourner les fonds publics ;
2- Contribue à la réduction des écarts entre ce qui est prévu et ce qui est effectivement
réalisé ;
3- Permet au citoyen d’accéder à toutes les informations budgétaires et d’apprécier la
qualité du service ;
4- Favorise une meilleure utilisation des ressources publiques, réduit la corruption et
accorde aux citoyens un droit de regard sur la gestion des deniers publics.
Le code sur la transparence et la bonne gouvernance est fondé sur 4 exigences que le
législateur gabonais a reprises à son compte :
• une définition claire des attributions et des responsabilités des différents acteurs ;
• des processus budgétaires ouverts ;
• l’accès du public à l’information ;
• l’intégrité des acteur.
Les principaux acteurs
- le gouvernement : conduit la politique budgétaire, choix des recettes et dépenses,
assure la préparation du budget, exécute et contrôle les opérations budgétaires ;
- le parlement : examiner et adopter le budget, contrôle l’exécution du budget.
L’ELABORATION, L’ADOPTION ET LA MISE
EN APPLICATION DU BUDGET DE L’ETAT
Processus à la fois long, complexe et multiples étapes à franchir et des
procédures à observer. Également nombreux acteurs intervenants.
Nous allons d’abord nous intéresser à l’élaboration et à l’adoption du projet de loi
de finances, avant d’évoquer la mise en application du budget.
1. L’Elaboration du projet de budget
Le budget de l’Etat procède d’un acte législatif qui est la loi de finances initiée
que par le gouvernement en vertu de l’article 48 de la Constitution. C’est donc au
gouvernement seul qu’il revient d’élaborer le projet de budget (ministères des
Comptes publics /économie) sous l’autorité du Président de la République et la
supervision du Premier Ministre Art.19 alinéa 1er de la loi organique 2015.
Quel est le calendrier d’élaboration ?
Qui sont les acteurs concernés ?
Le calendrier d’élaboration du budget de l’Etat
Depuis la loi 6/2002 du 14 aout 2002, le législateur a tenté de préciser davantage le
contenu du calendrier budgétaire. L’élaboration du projet de loi de finances se
déroule selon un calendrier et des modalités fixées par voie règlementaire, c’est-à-
dire une Circulaire du PM. Un calendrier qui s’étale de janvier à octobre et qui
comporte cinq phases décisives dont les dates peuvent varier d’une année à l’autre :
1. Le cadrage macroéconomique et budgétaire (CDMT/CBMT) ;
2. La préparation des projets de budget sectoriels ;
3. L’organisation du débat d’orientation budgétaire ;
4. La tenue des conférences budgétaires et l’exercice des arbitrages
budgétaires.