Quelle place donner aux intelligences artificielles génératives en classes préparatoires ?
Alors que les intelligences artificielles génératives (IAG) se diffusent à une vitesse fulgurante dans nos sociétés, leur intégration dans le monde éducatif devient une nécessité stratégique. Cette conférence, organisée à Paris le 31 mars 2025 par l’APHEC en partenariat avec NEOMA Business School, vise à poser les bases d’une réflexion collective sur le rôle que ces technologies doivent jouer dans les classes préparatoires.
L’objectif ? Sortir du débat binaire entre acceptation aveugle et rejet systématique.
L’IA générative transforme profondément notre rapport à l’information, à la création de contenu, et à l’acte même d’apprendre. En CPGE, 79,3 % des étudiants déclarent déjà utiliser l’IA, notamment pour les langues, l’économie, la culture générale et les mathématiques. Si l’impact sur les notes reste limité, les méthodes de travail évoluent en profondeur. Les enseignants, eux, commencent à s’interroger : faut-il adapter les pratiques pédagogiques, revoir les modalités d’évaluation, introduire l’IA comme outil de formation plutôt que menace ?
Cette journée s’est articulée autour de trois temps forts :
Une keynote d’ouverture d’Alain Goudey, Directeur Général Adjoint au Numérique de NEOMA, qui pose les jalons d’une transformation pédagogique. Il y expose les usages réels de l’IA par les étudiants et enseignants, les défis éthiques (authenticité des travaux, équité, dépendance technologique) mais aussi les opportunités : gain de temps, personnalisation, renforcement de la pensée critique et créative.
Une table ronde avec des professeurs de CPGE et du supérieur, qui partagent leurs expérimentations de terrain. Comment intégrer l’IA sans dénaturer les exigences de la prépa ? Comment transformer les contraintes en leviers pour repenser l’excellence académique ?
Des ateliers pratiques organisés par les équipes pédagogiques innovantes de NEOMA, où les participants ont pu manipuler concrètement les outils d’IA (ChatGPT, Midjourney, assistants de rédaction ou de raisonnement) et apprendre à structurer des prompts efficaces.
Au-delà des outils, cette conférence appelle à un changement de paradigme : désapprendre pour mieux réapprendre. Elle invite à compléter l’intelligence artificielle (IA) et l’intelligence biologique (IB) par les IC – intelligences créative, critique, contextuelle, collective, culturelle… pour aboutir à une réflexion augmentée au service d’un enseignement humaniste, exigeant et inclusif.
Face aux risques (hallucinations, biais, fuite de données), il s’agit d’éduquer à l’usage plutôt que d’interdire. Car demain, les étudiants que nous formons devront eux-mêmes savoir collaborer avec ces technologies. L’ambition de cette conférence est donc claire : préparer les enseignants à former des esprits augmentés, capables de naviguer dans un monde où l’IA ne remplace pas l’humain, mais l’invite à se dépasser.
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