MÉMOIRE DE 4EME ANNÉE
LA COMMUNICATION DIGITALE DANS L’INDUSTRIE
MUSICALE
« Comment gérer au mieux la communication d’un groupe
émergent sur les réseaux sociaux et internet en prenant
en compte la saturation de l’information sur ces
derniers ? »
Directeur de Mémoire: Roger Vicot
Parrain: Francis Zegut
Claire Conrardy
« Sans musique, la vie serait une erreur. »
Nietzche
2	
Sommaire	
	
Remerciements	 p.4	
Introduction	 p.5	
	 	
Partie	1.	Industrie	et	promotion	dans	le	milieu	musical:	explications	 p.8	
1.	L’industrie	musicale	et	son	évolution	 p.8	
1.1.	Histoire	de	l’industrie	musicale	 p.8	
1.2.	La	crise	des	années	2000,	certainement	la	plus	grosse	crise	de	l’industrie	
musicale	
p.10	
1.2.1.	Les	causes	de	cette	crise	 p.10	
1.2.2.	Les	conséquences	 p.13	
1.2.3.	Le	streaming,	en	passe	de	devenir	la	solution	 p.15	
2.	La	promotion	musicale:	du	traditionnel	au	numérique	 p.17	
2.1.	La	structure	traditionnelle	de	la	production	et	de	la	promotion	musicale	 p.18	
2.2.	L’apparition	d’internet	et	des	réseaux	sociaux	:	un	nouveau	moyen	de	
communication	
p.19	
2.3.	Les	artistes	s’occupent	eux-mêmes	de	leur	promotion	 p.19	
2.3.1.	Le	Do-it-Yourself	 p.19	
2.3.2.	Le	crowdfunding	 p.22	
	 	
Partie	2.	Une	stratégie	de	communication	?	Oui,	mais	sur	le	web	!	 p.24	
1.	Mise	en	place	d’une	stratégie	de	communication	sur	le	web	 p.24	
1.1.	La	nécessité	d’être	présent	sur	internet	 p.24	
1.2.	Définir	sa	stratégie	2.0	 p.28	
1.2.1.	Explorer	et	comprendre	le	monde	digital	qui	nous	entoure	 p.28	
1.2.2.	Construire	et	développer	sa	présence	en	ligne	 p.29	
1.2.3.	Créer	des	contenus	en	adéquation	avec	son	public	 p.30	
1.2.4.	Animer	et	engager	son	audience	 p.31	
1.2.5.	Analyser	les	retombées	 p.33	
1.3.	Les	différents	outils	mis	à	disposition	des	artistes	 p.35	
1.3.1.		Le	site	internet	 p.35	
1.3.2.	Les	réseaux	sociaux	 p.35	
1.3.3.	Les	sites	spécialisés	dans	la	musique	 p.44
3	
1.3.4.	La	mailing	list	et	la	newsletter	 p.47	
2.	La	saturation	de	l’information	 p.48	
2.1.	La	saturation	de	l’information	:	explications	 p.48	
2.2.	Les	solutions	envisageables	 p.49	
2.3.	Exemples	de	solutions	trouvées	par	les	artistes	 p.52	
	 	
Partie	3.	Domino	and	the	Ghosts:	les	propositions	applicables	 p.55	
1.	Présentation	du	groupe	Domino	and	the	Ghosts	 p.55	
2.	La	stratégie	de	communication	digitale	 p.56	
2.1.	Mise	en	place	de	la	stratégie	 p.56	
2.1.1.	Première	rencontre	avec	le	groupe	 p.56	
2.1.2.	Analyse	du	contexte	 p.56	
2.1.3.	Deuxième	rencontre	avec	le	groupe:	les	propositions	 p.58	
2.2.	Cette	stratégie	là	et	pas	une	autre	:	les	raisons	 p.58	
2.3.	Le	déroulement	 p.59	
3.	Résultats	obtenus	après	six	mois	de	pratique	 p.64	
4.	Et	après…	 p.65	
	 	
Conclusion	 p.66	
Bibliographie	 p.67	
Annexes	 p.70	
Interview	de	Francis	Zegut	 p.70	
Interview	de	Laurie	Cotteaux	 p.73	
Interview	du	groupe	Last	Train	 p.78	
Interview	du	groupe	Malemort	 p.79	
Interview	du	groupe	Coldstone	 p.80
4	
Remerciements	
	
	
	 	
	
	
	
	
	
Je	souhaiterais	dans	un	premier	temps	remercier	Monsieur	Roger	Vicot,	mon	directeur	
de	mémoire,	qui	m’a	aidée	en	me	donnant	quelques	conseils.	
	
	 Dans	un	second	temps,	je	suis	reconnaissante	à	Monsieur	Francis	Zegut,	animateur	
radio	sur	RTL2	et	parrain	de	ce	mémoire,	de	m’avoir	accordé	du	temps	tout	au	long	de	cette	
année.	Merci	pour	ce	précieux	soutien.		
	
	 Mes	remerciements	vont	également	à	Monsieur	Philippe	Clauw,	qui	a	toujours	été	
présent	pour	moi	lorsque	je	rencontrais	des	difficultés.	
	
	 Il	me	faut	aussi	remercier	Mademoiselle	Laurie	Cotteaux,	Digital	Marketing	Manager	
chez	[PIAS],	pour	m’avoir	donné	tous	ces	conseils	en	matière	de	communication	digitale	pour	
un	groupe	de	musique.	Merci	de	m’avoir	fait	découvrir	ce	monde	qui	me	plait	tant.	
	
Enfin	j’aimerais	remercier	Domino	and	the	Ghosts	pour	m’avoir	fait	confiance	et	Last	
Train,	 Coldstone,	 Malemort	 et	 Marko	 Balland	 pour	 leurs	 réponses	 malgré	 leur	 emploi	 du	
temps	chargé.	
	
Un	grand	merci	à	ma	famille,	en	particulier	mes	parents	et	ma	tante,	pour	m’avoir	
encouragée	et	aidée	dans	ce	dur	travail	d’écriture.	Merci	pour	vos	si	précieux	conseils	et	votre	
soutien.
5	
Introduction	
	
	
La	filière	musicale	est	aujourd’hui	secouée	par	les	habitudes	d’écoute	de	la	musique	offertes	
par	 le	 numérique.	 L’émergence	 d’internet,	 du	 peer-to-peer	 et	 de	 toutes	 les	 autres	
innovations,	qui	rendent	la	musique	plus	accessible,	ont	fait	paniquer	les	acteurs	de	l’industrie	
musicale.	A	chaque	nouveau	support	musical	apparu	(le	vinyle,	le	CD,	et	maintenant	le	fichier	
mp3),	une	crise	a	suivi,	avec	une	baisse	des	ventes	du	support	précédent.	Mais	pour	autant,	
une	crise	ne	fait	pas	forcément	disparaître	un	support.	Cette	dématérialisation	de	la	musique,	
résultat	du	développement	des	nouvelles	technologies,	a	tout	simplement	changé	la	manière	
de	 consommer	 la	 musique	 :	 dans	 un	 premier	 temps,	 on	 la	 télécharge	 gratuitement	 et	
illégalement.	Le	piratage	des	œuvres	musicales	devient	un	véritable	fléau	pour	l’industrie.	
C’est	ainsi	que	des	lois,	comme	la	loi	Hadopi,	ont	vite	fait	leur	apparition	pour	tenter	de	le	
contrer.	 Maintenant,	 on	 l’écoute	 en	 ligne,	 sur	 des	 sites	 comme	 YouTube	 ou	 sur	 des	
plateformes	de	streaming	comme	Spotify	ou	Deezer.	Tout	est	alors	remis	en	cause	et	les	rôles	
sont	 donc	 redistribués	 :	 les	 entités	 physiques	 (disquaires,	 grandes	 surfaces)	 se	 voient	
remplacées	par	des	magasins	en	ligne	(iTunes	Store	par	exemple).	Le	CD	se	vend	beaucoup	
moins	bien,	mais	les	plateformes	de	streaming	se	développent	et	prennent	le	relais.	Leur	
nombre	d’utilisateurs	augmente	chaque	jour	un	peu	plus	(on	compte	60	millions	d’utilisateurs	
pour	Spotify	début	2015,	contre	40	millions	un	an	plus	tôt1
).	Cette	nouvelle	manière	d’écouter	
de	la	musique	semble	être	la	solution	à	la	crise	que	traverse,	depuis	une	dizaine	d’années	
maintenant,	l’industrie	musicale.	Cependant,	est-ce	un	bon	point	pour	les	artistes	de	proposer	
leurs	œuvres	sur	ces	plateformes	?	
	
Quoiqu’il	en	soit,	on	parle	beaucoup	des	réseaux	sociaux	depuis	quelques	temps.	L’utilisation	
des	nouvelles	technologies,	la	croissance	du	nombre	d’internautes	(3,2	milliards	en	septembre	
20152
),	 le	 web	 marketing,	 nous	 démontrent	 que	 les	 réseaux	 sociaux	 sont	 nécessaires	
aujourd’hui.	 En	 seulement	 quelques	 années,	 internet,	 qui	 a	 pour	 vocation	 d’instaurer	 un	
dialogue	 entre	 différentes	 personnes,	 est	 devenu	 un	 espace	 social	 et	 communautaire.	
Maintenant,	 il	 ne	 concerne	 plus	 uniquement	 la	 sphère	 privée.	 Et	 les	 usages,	 dits	
«	professionnels	»,	se	sont	de	plus	en	plus	développés.	Les	réseaux	sociaux	sont	apparus	et	
sont	devenus	des	lieux	d’écoute	et	de	diffusion.	Dans	ce	contexte,	les	artistes	et	groupes	de	
musique	sont	en	mesure	de	travailler	leur	présence	numérique.	Mais	pourquoi	être	présent	
sur	les	réseaux	sociaux	?	Tout	simplement	parce	que	de	nos	jours,	ils	sont	un	bon	outil	pour	
diffuser	sa	musique	et	le	meilleur	moyen	pour	se	faire	connaître.	En	effet,	une	présence	bien	
gérée	sur	les	réseaux	sociaux	peut	promouvoir	le	groupe	plus	efficacement	que	la	publicité	
traditionnelle.	 	 Ils	 permettent	 notamment	 de	 se	 montrer	 sous	 un	 nouveau	 jour	 :	 l’artiste	
																																																								
1
	Source	nextinpact.com	
2
	Source	archimag.com
6	
devient	alors	plus	accessible,	plus	humain.	Et	c’est	grâce	à	cela	qu’il	est	possible	de	créer	une	
relation	de	confiance	et	de	proximité	avec	les	gens	qui	le	soutiennent	et	le	suivent.	Tout	a	
commencé	avec	le	site	MySpace,	fondé	en	2003,	qui	est	vite	devenu	indispensable	pour	tous	
ces	 groupes	 et	 artistes	 émergents.	 	 Il	 remplace	 alors	 pour	 la	 première	 fois	 un	 moyen	 de	
diffuser	sa	musique	sans	pour	autant	passer	par	des	professionnels.	Et	par	la	suite,	ce	sont	les	
réseaux	sociaux	tels	que	Facebook	et	Twitter	qui	font	leur	entrée	petit	à	petit	dans	le	monde	
d’internet,	avec	pour	vocation,	au	départ,	de	ne	servir	que	de	lieu	de	discussion	et	d’échange.	
Au	fur	et	à	mesure	que	les	années	passent,	ils	se	transforment	progressivement	en	véritables	
outils	 de	 communication,	 offrant	 ainsi	 aux	 artistes	 des	 applications	 très	 intéressantes	 et	
surtout	des	statistiques	leur	permettant	de	se	situer	un	peu	plus.	L’apparition	des	plateformes	
de	crowdfunding	a	également	joué	un	rôle	important	dans	toute	cette	désintermédiation.	Les	
artistes	peuvent	désormais	enregistrer	et	produire	leur	album	sans	l’aide	des	majors,	mais	
avec	celle	du	public.		
	
Internet	 et	 les	 réseaux	 sociaux	 étant	 gratuits,	 tout	 un	 chacun	 peut	 s’y	 connecter.	 Il	 est	
également	très	facile	pour	n’importe	qui,	d’écrire	quelque	chose	et	de	le	poster	sur	n’importe	
quel	 site,	 à	 n’importe	 quel	 moment.	 C’est	 d’ailleurs	 cette	 facilité	 de	 publication	 et	 cette	
instantanéité	qui	vont	entraîner,	ce	qu’on	appelle	maintenant,	la	saturation	de	l’information.	
Beaucoup	trop	de	messages	sont	publiés	au	même	moment,	de	la	même	façon.	Il	est	alors	
très	difficile,	pour	l’internaute,	de	s’y	retrouver	parmi	cette	masse	d’informations.		«	Ce	que	
l'information	consomme	est	assez	évident,	cela	consomme	l'attention	du	destinataire.	Ainsi,	
une	 richesse	 d'informations	 crée	 une	 pauvreté	 d'attention	 »3
.	 D’autant	 plus	 que	 celles-ci	
peuvent	 très	 bien	 être	 de	 mauvaise	 qualité.	 	 Comme	 le	 dit	 si	 bien	 Michael	 Kinsley4
,	 «	 la	
possibilité	qui	nous	est	offerte	à	tous	d'exprimer	nos	opinions	est	magnifique,	mais	pas	la	
perspective	de	les	lire	».	Personne	ne	peut	tout	vérifier	et	les	artistes	doivent	faire	attention	
à	ce	que	certains	mots	ne	leur	portent	pas	préjudice.		
	
Mais	alors	comment	gérer	aux	mieux	la	communication	de	groupes	émergents	sur	les	réseaux	
sociaux	et	internet,	en	prenant	en	compte	la	saturation	de	l’information	?	Ce	mémoire	va	
aborder	 différents	 points	 qui	 vont	 nous	 aider	 à	 répondre	 à	 cette	 question	 de	 manière	
objective.	Dans	un	premier	temps,	nous	allons	expliquer	l’industrie	et	la	promotion	musicale	:	
quelle	est	leur	évolution	et	comment	ont-elles	appréhendé	l’arrivée	d’internet	?	La	deuxième	
partie	 va	 nous	 permettre	 d’entrer	 plus	 en	 profondeur	 dans	 l’apprentissage	 des	 réseaux	
sociaux,	de	les	expliquer,	d’apprendre	comment	les	utiliser	à	bon	escient	lorsque	l’on	est	un	
jeune	 groupe…et	 le	 plus	 important,	 pourquoi,	 aujourd’hui,	 il	 faut	 absolument	 avoir	 une	
présence	digitale.	La	troisième	et	dernière	partie,	quant	à	elle,	peut	être	considérée	comme	
																																																								
3
	Herbert	Simon,	théoricien	de	l’économie	de	l’attention	
4
	Journaliste	au	Time	Magazine
7	
une	étude	de	cas.	Les	conseils	vus	précédemment	ont	été	mis	en	pratique,	avec	l’aide	du	
groupe	Domino	and	the	Ghosts,	originaire	de	Metz	(Moselle).		
	
Si	j’ai	choisi	de	traiter	ce	sujet,	c’est	pour	quelques	raisons	très	simples.	La	citation	que	l’on	
retrouve	au	début	de	ce	mémoire	correspond	très	bien	à	mon	état	d’esprit	vis	à	vis	de	la	
musique.	Je	suis	passionnée	depuis	très	longtemps,	et	plus	particulièrement	de	musique	rock.	
C’est	grâce	à	mes	parents	que	j’ai	découvert	des	groupes	tels	que	les	Beatles,	les	Rolling	
Stones,	Pink	Floyd,	et	bien	d’autres.	La	passion	est	arrivée	ensuite,	lorsque	je	suis	arrivée	au	
lycée.	Depuis	presque	dix	ans	maintenant,	je	passe	le	plus	clair	de	mon	temps	à	écouter	de	la	
musique,	à	en	acheter,	à	chercher	des	informations	sur	mes	artistes	favoris	(que	ce	soit	sur	
internet,	dans	des	autobiographies	ou	biographies,	à	la	télé,	etc.),	à	en	chercher	de	nouveaux,	
à	aller	à	des	concerts…	Autant	dire	que	je	ne	vis	que	pour	ça.	Il	ne	se	passe	pas	une	seule	
journée	 pendant	 laquelle	 je	 ne	 pense	 pas	 à	 la	 musique.	 Ça	 fait	 partie	 intégrante	 de	 ma	
personnalité	et	je	ne	peux	vraiment	plus	m’en	passer.	De	ce	fait,	mon	but	ultime	est,	après	
mes	études,	de	travailler	dans	ce	milieu	qui	me	plait	et	m’attire	plus	que	tout.	Ce	mémoire	est	
donc	une	bonne	façon	pour	moi	d’en	apprendre	beaucoup	plus	sur	l’industrie	musicale,	son	
état	actuel,	et	de	voir	comment	les	choses	peuvent	évoluer.		
De	plus,	je	fais	partie	de	la	génération	Y,	génération	qui	a	grandi	en	même	temps	qu’a	évolué	
le	 web.	 Nous	 sommes	 nés	 avec	 certaines	 facilités	 quant	 à	 l’utilisation	 d’internet	 et	 des	
nouvelles	technologies.	Leur	fonctionnement	paraît	évident	pour	une	utilisation	personnelle.	
Quand	 il	 s’agit	 de	 s’en	 servir	 professionnellement,	 c’est	 un	 autre	 problème.	 Et	 puis	
aujourd’hui,	alors	que	tout	passe	par	le	digital,	il	est	impensable,	pour	qui	que	ce	soit,	de	ne	
pas	être	sur	le	web.	Il	est	devenu	indispensable	et	sert	pour	tout,	y	compris	et	même	surtout,	
pour	la	communication.		En	effet,	la	communication	digitale	est	aujourd’hui	le	seul	marché	de	
la	communication	qui	progresse,	avec	une	augmentation	annuelle	constante	d’environ	5%5
.	
C’est	pourquoi	Il	me	paraissait	donc	évident	d’allier	ces	deux	aspects	dans	mon	sujet.	
	
	 	
																																																								
5
	Source	indicta.com
8	
Partie	1	–	Industrie	et	promotion	dans	le	milieu	musical	:	explications	
	
1. L’industrie	musicale	et	son	évolution	
	
«	 L'industrie	 musicale	 (appelée	 également	 industrie	 du	 disque	 ou	 encore	 industrie	
phonographique)	désigne	les	activités	qui	contribuent	à	l'offre	de	produits	musicaux	obtenus	
par	un	processus	industriel	de	reproduction	(en	général,	le	disque).	Le	terme	fait	référence	
plus	explicitement	à	la	filière	de	l'édition	phonographique	;	en	réalité,	il	faudrait	parler	d’«	
industries	musicales	»	au	pluriel,	regroupant	ainsi	toutes	les	activités	de	reproduction	de	la	
musique,	 par	 le	 processus	 industriel	 (produit	 physique)	 ou	 par	 le	 numérique	 (produit	
dématérialisé).	De	ce	fait,	on	y	englobe	généralement	l'édition	musicale	et	même	la	facture	
instrumentale	(voire	aujourd'hui	les	logiciels	de	composition	et	de	musique	de	synthèse)	».6
	
	
La	 filière	 industrielle	 du	 disque	 peut	 être	 définie	 en	 quatre	 grandes	 étapes7
	 :	 la	 création	
artistique,	l’industrialisation	(la	transformation	d’une	œuvre	en	un	produit	reproductible),	la	
promotion,	et	la	commercialisation.	D’après	Nicolas	Curien	et	François	Moreau,	la	création	
artistique	 répond	 à	 deux	 objectifs	 distincts	 :	 trouver	 un	 auteur	 et/ou	 compositeur,	 puis	
administrer	l’exploitation	de	l’œuvre	en	trouvant	un	interprète	et	une	maison	de	disque.	La	
deuxième	étape	correspond	à	la	production.	Il	va	s’agir	ici	de	produire	et	financer	l’intégralité	
de	l’enregistrement	ainsi	que	de	reproduire	l’œuvre	sur	un	support	matériel.		
	
L’industrie	du	disque	s’organise	dans	les	années	1920,	sous	l’égide	de	multinationales	comme	
Columbia,	Pathé,	Gramophone	ou	encore	Edison.	Depuis,	il	y	a	eu	beaucoup	de	fusions	et	de	
rachats.	Aujourd’hui,	le	secteur	est	divisé	entre	les	grosses	maisons	de	disques	(qui	détiennent	
environ	70%	des	parts	de	marché)	comme	Universal	Music	Group,	Sony	Music	Entertainment	
et	Warner	Music	Group,	et	les	labels	indépendants	tels	que	[PIAS]	ou	encore	Naïve.		
	
1.1. Histoire	de	l’industrie	musicale	
En	1877,	Thomas	Edison	invente	le	phonographe,	qui	permet	pour	la	toute	première	fois	de	
reproduire	 la	 voix	 sur	 un	 support	 (un	 cylindre)	 enregistré.	 Mais	 on	 peut	 dire	 que	 tout	
commence,	en	1887,	lorsque	l’ingénieur	allemand	Emile	Berliner	invente	le	gramophone	et	le	
disque.	En	effet,	pour	gagner	de	la	place,	le	support	d’enregistrement	n’est	plus	sous	forme	
de	cylindre,	mais	de	galette	de	zinc	(90	et	100	tours/minute)	qui	prendra	par	la	suite,	le	nom	
de	 disque	 de	 par	 sa	 forme.	 De	 plus,	 son	 invention	 permet	 de	 séparer	 distinctement	
l’enregistrement	et	le	processus	de	reproduction.	Elle	offre	alors	un	très	gros	avantage	:	le	
coût	de	reproduction	qui	baisse	fortement.	Le	gramophone	est	officiellement	lancé	dans	le	
																																																								
6
	Définition	Wikipédia.		
7
	L’industrie	du	disque	par	Nicolas	Curien	et	François	Moreau
9	
commerce	 en	 1896	 et	 rencontre	 rapidement	 un	 franc	 succès.	 L’histoire	 de	 la	 musique	
enregistrée	débute	alors	en	se	mêlant	à	l’aventure	industrielle	occidentale.		
Bien	que	l’industrie	musicale	se	soit	fortement	développée	jusqu’en	1920,	l’offre	de	musique	
enregistrée	 est	 très	 faible.	 Les	 quelques	 entreprises	 spécialisées	 dans	 l’enregistrement	
proposent	 un	 catalogue	 limité	 :	 ne	 sont	 proposés	 que	 des	 titres	 populaires,	 repris	 par	
différents	artistes.	De	ce	fait,	le	niveau	des	ventes	est	bas.	Alors	la	radio	fait	son	apparition	
aux	Etats-Unis.	Les	familles	américaines	s’équipent	très	rapidement	en	récepteur	radio	qui	
concurrence	 alors	 les	 ventes	 de	 gramophone	 et	 entraine	 la	 première	 crise	 de	 l’industrie	
musicale.	 Selon	 Garofalo	 (1999)	 –	 From	 Music	 Publishing	 to	 MP3,	 le	 chiffre	 d’affaires	 du	
secteur	 passe	 de	 106	 millions	 de	 dollars	 en	 1921	 à	 seulement	 6	 millions	 en	 1933.	 Les	
compagnies	n’arrivent	pas	à	faire	face	à	la	concurrence	de	la	radio	qui	apparaît,	aux	yeux	des	
artistes	et	des	maisons	de	disque,	comme	un	remplaçant	du	disque.	C’est	pourquoi	elle	prend	
des	parts	de	marché	à	l’industrie	musicale,	mais	personne	n’envisage	alors	de	s’associer	aux	
radios.	C’est	bien	plus	tard	que	des	alliances	finiront	par	se	former	entre	la	production	de	
disque	et	la	diffusion	radio.	Cette	dernière	deviendra	alors	un	outil	puissant	de	promotion	
musicale.	 Dans	 les	 années	 1930,	 on	 commence	 donc	 à	 se	 servir	 de	 la	 radio	 pour	 faire	
augmenter	les	ventes	de	disque.
	
	
En	 1948,	 deux	 autres	 changements	 majeurs	 font	 leur	 entrée	 dans	 l’histoire	 de	 l’industrie	
musicale.	C’est	en	effet	l’année	de	lancement	des	disques	33	et	45	tours	(plus	connus	sous	le	
nom	de	vinyle)	par	la	société	Columbia	(alors	devenue	CBS).	Ces	nouveaux	formats	deviennent	
vite	la	référence.	En	Europe,	c’est	EMI	que	se	convertit	en	premier,	en	1952.	Au	départ,	le	33	
tours	est	créé	pour	le	répertoire	classique	et	permet	d’enregistrer	la	taille	d’un	album	complet,
10	
alors	que	le	45	tours	est	créé	pour	le	répertoire	de	musiques	populaires,	avec	seulement	deux,	
voire	trois	titres.	Cette	période	d’après-guerre	marque	aussi	la	montée	du	rock’n’roll.	Ces	deux	
bouleversements	 déclenchent	 une	 forte	 croissance	 des	 ventes	 et	 une	 modification	
structurelle	de	l’industrie	du	disque.	Elle	devient	la	période	des	labels	indépendants.		
	
Dans	les	années	1970,	le	manque	de	nouveautés	et	la	saturation	du	vinyle	entraînent	une	
nouvelle	chute	des	ventes.	Mais	une	nouvelle	innovation	va	changer	la	donne	:	la	cassette	
audio.	Elle	permet	l’écoute	mobile	de	la	musique	et	la	copie	privée.	Grâce	à	ça,	les	ventes	
redécollent.	 On	 passe	 alors	 de	 4,75	 milliards	 de	 dollars	 de	 chiffre	 d’affaires	 mondial	 à	 7	
milliards,	entre	1973	et	19788
.	
	
En	1982,	on	découvre	un	nouveau	support	musical,	le	Compact	Disc	(CD).	Le	CD	a	l’avantage	
de	pouvoir	contenir	plus	de	morceaux	que	le	vinyle.	Il	va	donc	le	remplacer	petit	à	petit.	La	
création	du	walkman	(lecteur	CD	portatif)	favorise	également	l’augmentation	des	ventes.	
Le	 dernier	 changement	 majeur	 dans	 l’histoire	 de	 l’industrie	 phonographique	 est	 l’arrivée	
d’internet	et	du	format	mp3	entre	les	années	1990	et	2000.	Ce	changement	de	format,	que	
l’on	appelle	format	numérique,	est	une	avancée	technologique	de	taille.		En	effet,	elle	permet	
de	télécharger	la	musique	gratuitement,	et	de	ce	fait,	illégalement,	sans	avoir	à	bouger	de	
chez	soi.	Mais	le	problème,	c’est	que	les	artistes	ne	sont	pas	rémunérés	pour	les	fichiers	qui	
sont	échangés	entre	les	internautes,	puisqu’on	ne	passe	plus	par	des	intermédiaires	légaux.	
Cela	fait	considérablement	chuter	la	vente	des	CDs.	
	
1.2. La	 crise	 des	 années	 2000,	 certainement	 la	 plus	 grosse	 crise	 de	 l’industrie	
musicale	
	
Aucun	domaine	n’a	été	épargné	avec	le	développement	d’internet	et	surtout	pas	l’industrie	
musicale.	Comme	on	a	pu	le	voir	précédemment,	depuis	sa	création,	l’industrie	de	la	musique	
enregistrée	a	connu	pas	mal	de	crises.	Elles	sont	toutes	principalement	dues	à	des	innovations	
techniques	et	technologiques.	Mais	la	plus	importante	est	celle	survenue	dans	les	années	
2000,	 et	 qui	 d’ailleurs,	 est	 toujours	 d’actualité.	 Elle	 touche	 à	 la	 fois	 le	 support,	 avec	 la	
dématérialisation	de	la	musique,	et	la	promotion,	avec	l’apparition	de	nouveaux	outils.		
	
1.2.1. Les	causes	de	cette	crise	
	
On	sait	que	chaque	nouvelle	innovation	technique	et/ou	technologique	a	engendré	une	crise,	
le	temps	que	l’industrie	s’adapte.		Mais	les	causes	de	la	plus	grosse	crise	qu’ait	jamais	connu	
l’industrie	musicale	peuvent	être	multiples.		
	
																																																								
8
	Chiffres	Fédération	Internationale	de	l’Industrie	Phonographie	-	IFPI
11	
C’est	lors	de	l’arrivée	d’internet	à	grande	échelle	dans	les	années	1990	que	s’est	posé	un	
problème	:	le	téléchargement	de	la	musique	numérique.	En	effet,	en	1999,	avec	la	plateforme	
Napster	qui	permet	de	télécharger,	nait	le	peer-to-peer9
.	Elle	connaît	un	franc	succès	dès	le	
départ,	avec	des	millions	d’utilisateurs	dans	le	monde.	D’autres	plateformes	telles	que	KaaZaa,	
eMule	ou	encore	Limewire	vont	elles	aussi,	faire	leur	apparition.	C’est	à	partir	de	ce	moment-
là	que	les	ventes	de	CDs	seront	en	baisse.	On	va	alors	accuser	ce	«	piratage	»	de	la	musique,	
puisqu’elle	 est	 téléchargée	 gratuitement	 et	 illégalement,	 d’être	 responsable	 de	 cela.	 Les	
industriels	de	la	musique	enregistrée	vont	mettre	très	longtemps	à	réagir,	avant	d’installer	
des	offres	légales	de	téléchargement.	La	première	chose	qu’ils	ont	faite	a	été	d’essayer	de	
faire	condamner	ces	logiciels	de	peer-to-peer	:	tentatives	qui	aboutiront	au	fur	et	à	mesure	
que	les	années	passent.		
	
Le	gouvernement	français	a	lui	aussi	tenté	de	limiter,	voire	éradiquer,	le	téléchargement	illégal	
en	votant,	en	2009,	la	loi	création	et	internet	(également	appelée	loi	Hadopi).	Cette	dernière	
a	créé	la	Haute	autorité	pour	la	diffusion	des	œuvres	et	la	protection	des	droits	sur	internet	
(Hadopi),	qui	est	un	organisme	indépendant	français	de	régulation.	Elle	a	été	complétée,	la	
même	année,	par	la	loi	Hadopi	2.	Les	deux	lois	sont	codifiées	dans	le	code	de	la	propriété	
intellectuelle,	qui	définit	donc	les	missions	de	l’autorité.	L’Hadopi	en	a	trois	:	
- Promouvoir	le	développement	de	l’offre	légale10
	et	observer	l’utilisation	licite	et	illicite	
des	œuvres	sur	internet	;	
- Protéger	les	œuvres	à	l’égard	des	atteintes	aux	droits	qui	leur	sont	attachés	dans	le	
cadre	de	la	réponse	(ou	riposte)	graduée	(procédure	qui	vise	dans	un	premier	temps	à	
avertir	l’internaute	par	e-mail	puis	dans	un	second	temps	par	courrier	recommandé,	
pour	 le	 prévenir	 qu’il	 risque	 une	 sanction	 après	 avoir	 téléchargé	 illégalement	 des	
œuvres)	;	
- Réguler	l’usage	des	mesures	techniques	de	protection.	
	
L’image	ci-dessous	décrit	très	bien	les	différentes	étapes	du	fonctionnement	de	l’Hadopi.	Et	
on	se	rend	vite	compte	de	la	lenteur	d’exécution	de	la	sanction.	L’amende	maximale	encourue	
par	un	particulier	est	de	1	500	euros,	ce	qui	n’est	pas	forcément	dissuasif	pour	les	personnes	
qui	téléchargent	beaucoup.	
	
																																																								
9
	Littéralement	«	pair	à	pair	».	Technologie	qui	permet	l’échange	direct	de	données	entre	ordinateurs	
reliés	à	internet,	sans	passer	par	un	serveur	central	-	Larousse	
10
	http://offrelegale.fr
12	
	
En	mars	2016,	on	constate	que	plus	de	7	millions	d’avertissements	(premières	et	deuxièmes	
recommandations)	 ont	 été	 envoyés	 depuis	 sa	 création.	 Cependant,	 «	 seulement	 »	 872	
dossiers	 ont	 été	 transmis,	 en	 tout	 et	 pour	 tout,	 au	 parquet	 (dont	 85	 pour	 mars	 2016)11
.	
L’Hadopi	ne	communique	aucuns	chiffres	quant	aux	condamnations	prononcées.	Il	est	donc	
difficile	de	dire	si	elle	a	rempli	sa	fonction	ou	non.		
Mais	de	toute	façon,	tout	risque	de	changer.	En	effet,	le	29	avril	2016,	les	députés	français	ont	
voté	en	faveur	de	la	suppression	de	l’Hadopi,	qui	devrait	prendre	effet	le	4	février	2022.	Et	
c’est	certainement	un	mal	pour	un	bien,	quand	on	sait	que	l’Etat	aura	versé	au	total	plus	de	
100	millions	d’euros	à	l’Hadopi	pour	la	faire	fonctionner.	
	
Dans	tous	les	cas,	il	ne	faut	pas	oublier	qu’il	y	a	du	bon	et	du	mauvais	avec	le	téléchargement.	
C’est	positif	lorsque	les	internautes	l’utilisent	pour	se	faire	une	idée	d’une	œuvre.	Ils	sont	alors	
plus	susceptibles	de	l’acheter	si	cela	correspond	à	leurs	goûts	musicaux.	C’est	ce	que	l’on	
appelle	 l’effet	 sampling.	 Par	 contre,	 ce	 que	 l’on	 retient	 le	 plus,	 c’est	 l’effet	 négatif	 :	 les	
internautes	téléchargent,	mais	n’achètent	pas	par	la	suite.	C’est	l’effet	de	substitution.	Ce	
dernier	est	plus	présent	chez	les	jeunes,	alors	que	l’effet	sampling	l’est	plus	chez	les	personnes	
plus	âgées12
.		Ce	peer-to-peer	joue	un	rôle	certain	dans	la	crise	du	disque,	mais	il	n’est	pas	la	
seule	et	unique	cause.		
																																																								
11
	Source	http://nextimpact.com	
12
	Eric	Boorstin	–	Music	Sales	in	the	Age	of	File	Sharing
13	
Effectivement,	dans	les	années	2010,	le	manque	de	réactivité	de	la	part	des	acteurs	principaux	
de	l’industrie	de	la	musique	n’a	pas	arrangé	les	choses.	Et	les	solutions	qu’ils	ont	finalement	
mises	en	place	ne	répondaient	pas	aux	besoin	du	marché	du	moment.	En	effet,	leurs	offres	
légales	d’achat	de	la	musique	sur	internet	proposaient	et	proposent	toujours	des	prix	élevés,	
dans	l’espoir,	de	réaliser	de	très	grosses	marges.	Le	prix	de	base	fixé	par	iTunes	est	de	0,99€	
par	titre,	et	peut	aller	jusqu'à	1,29€	en	fonction	de	sa	popularité	ou	de	sa	nouveauté.	Prenons	
l’exemple	de	l’album	Let	it	Bleed	des	Rolling	Stones.	Il	comprend	neuf	titres	qui	sont	vendus,	
sur	l’iTunes	Store,	1,29€	l’unité.	L’album,	quant	à	lui,	est	au	prix	de	11,99€	(au	28	février	2016).	
On	se	rend	vite	compte	que	l’offre	légale	de	musique	dématérialisée	n’est	donc	pas	forcément	
beaucoup	plus	attractive	que	le	CD	en	lui-même,	pour	les	consommateurs.		
	
L’arrivée	en	force	de	nouveaux	médias	et	moyens	de	communication	peut	également	être	une	
des	causes	de	cette	crise.	En	effet,	aujourd’hui,	les	gens	ne	sont	plus	dans	la	demande	car	les	
artistes	 leur	 offrent	 toujours	 quelque	 chose	 (des	 photos,	 une	 vidéo,	 etc.)	 via	 les	 réseaux	
sociaux	ou	même	des	applications	mobiles.		
	
1.2.2. Les	conséquences	
	
Comme	on	ne	cesse	de	le	répéter,	la	première	conséquence	de	cette	crise	est	la	baisse	des	
ventes	physiques	de	musique	enregistrée.	Il	a	donc	fallu	inventer	un	nouveau	système	pour	
tenter	de	contrer	cette	crise.	Le	téléchargement	légal	ou	le	streaming,	qui	s’imposent	de	nos	
jours	comme	la	nouvelle	manière	de	consommer	la	musique,	ont	alors	fait	leur	apparition	et	
ont	remplacé	petit	à	petit	les	méthodes	de	vente	dires	«	traditionnelles	»	(grandes	surfaces,	
disquaires,	etc.).
14	
En	France	(figure	ci-dessus)	:	
- On	constate	une	chute	du	marché	global	de	5,3%.	Les	ventes	de	musique	enregistrée	
atteignent	les	458,6	millions	d’euros,	ce	qui	équivaut	à	une	baisse	de	7%	par	rapport	à	
2013	;	
- Le	marché	physique	de	la	musique	enregistrée	a	chuté	de	11,5%,	dont	-12%	pour	les	
albums.	
Ces	 chiffres	 ne	 sont	 pas	 vraiment	 une	 surprise.	 On	 sait	 que	 depuis	 quinze	 ans	 Internet	 a	
redessiné	la	façon	de	consommer	et	d’écouter	la	musique.	En	effet,	depuis	2002,	le	marché	
de	la	musique	a	perdu	près	de	65%	de	sa	valeur,	passant	ainsi	de	1,3	milliard	d’euros	à	570	
millions	d’euros,	dont	un	quart	depuis	2008.		
Dans	le	monde	:	
- On	remarque	une	stabilité	entre	le	marché	digital,	qui	représente	6,85	milliards	de	
dollars,	et	le	marché	physique,	qui	atteint	les	6,81	milliards	de	dollars	;	
- Le	chiffre	d’affaire	de	la	musique	enregistrée	(physique	+	digitale)	baisse	de	1,2%,	
contre	-5,3%	en	2013.	On	constate	donc	que	la	baisse	est	moins	importante	;	
- Les	ventes	digitales	dans	le	monde	ont	augmenté	de	6,9%	(figure	ci-dessous)	;	
- Les	revenus	mondiaux	du	streaming	ont	augmenté	de	39%.	
	
	
	
Le	téléchargement	légal	(achat	de	titres	sur	iTunes	par	exemple)	a	quant	à	lui	baissé	de	14%	
entre	2013	et	2014.	La	musique	en	format	mp3	n’est	donc	visiblement	plus	l’avenir	de	la	
musique.	Il	est	remplacé	petit	à	petit	par	le	streaming.	En	effet,	en	France,	le	nombre	de	titres	
écoutés	est	passé,	en	un	an,	de	8,6	à	12	milliards13
.	
																																																								
13
	Tous	les	chiffres	de	le	partie	1.2.2.	sont	issus	du	site	snepmusique.com
15	
1.2.3. Le	streaming	en	passe	de	devenir	la	solution	
	
Lorsque	 l’on	 parle	 de	 streaming	 musical,	 deux	 sites	 reviennent	 :	 le	 suédois	 Spotify,	 et	 le	
français	Deezer.		Tous	deux	créés	au	milieu	des	années	2000,	le	secteur	se	développe	de	plus	
en	 plus	 (naissance	 d’Apple	 Music14
	 en	 2015	 par	 exemple	 pour	 concurrencer	 les	 deux	
premiers).	Mais	est-ce	que	ce	système	légal	d’écoute	de	la	musique	sur	internet	est	finalement	
la	solution	pour	contrer	cette	profonde	crise	de	l’industrie	?	
	
Les	 plateformes	 de	 streaming	 sont	 gratuites,	 et	 financées	 par	 des	 publicités.	 Depuis	 la	
dématérialisation	de	la	musique,	les	gens	ont	perdu	l’habitude	de	payer	pour	l’obtenir.	Un	
abonnement	de	10	euros	par	mois	permet	alors	de	retirer	ces	pubs,	et	de	pouvoir	écouter	sa	
musique	partout	(ordinateur,	tablette,	smartphone),	quand	bon	nous	semble,	même	sans	
connexion	internet.	On	consomme	alors	la	musique	à	volonté.	Avec	le	streaming,	on	n’est	plus	
propriétaire	des	morceaux,	mais	locataire.	
	
Même	 si	 le	 vinyle	 a	 fait	 son	 grand	 retour	 ces	 dernières	 années,	 il	 ne	 pourra	 plus	 jamais	
remplacer	les	fichiers	mp3	ou	le	streaming.	Mais	selon	Nicolas	Poço15
	et	David	Godevais16
,	
«	les	deux	pratiques	sont	complémentaires	».	Beaucoup	de	personnes	écoutent	leur	musique	
en	ligne,	mais	elles	continuent	d’acheter	le	support	physique.	Le	rapport	à	l’objet	est	toujours	
présent	chez	certains.		
	
«	 1000	 streams17
	 génèrent	 aujourd’hui	 pour	 l’artiste	 le	 même	 revenu	 que	 la	 vente	 d’un	
album	»18
.	Si	l’on	se	fie	à	cette	affirmation,	on	peut	dire	que	le	streaming	est	une	bonne	chose	
pour	les	artistes.	Quand	on	sait	qu’aujourd’hui,	les	consommateurs	de	musique	écoutent	plus	
volontiers	le	même	titre	plusieurs	fois	qu’un	album	complet,	il	est	intéressant	de	considérer	
le	 streaming	 comme	 une	 bonne	 alternative	 à	 la	 vente	 de	 musique	 physique.	 De	 plus,	 la	
consommation	de	streaming	est	de	plus	en	plus	importante.	Les	revenus	du	streaming	dans	
le	monde	ont	augmenté	de	39%	en	2014.		
	
En	France,	comme	l’indique	le	graphique	ci-dessous,	on	peut	remarquer	que	les	courbes	du	
téléchargement	et	du	streaming	ont	fini	par	s’inverser.	En	effet,	les	revenus	du	streaming	ont	
augmenté	de	34%,	atteignant	les	72,6	millions	d’euros	(on	parle	de	78,5	millions	d’euros	en	
2015)	alors	que	ceux	du	téléchargement	ont	baissé	de	14%	pour	un	chiffre	de	53,8	millions	
d’euros19
,	et	ce	pour	la	première	fois.		Mais	les	ventes	physiques	représentent	toujours	58%	
																																																								
14
	A	atteint	les	13	millions	d’inscrits	en	avril	2016	–	source	siecledigital.fr	
15
	Disquaire	à	Paris	
16
	Directeur	du	Club	Action	des	Labels	Indépendants	Français	
17
	Un	stream	correspond	à	l’écoute	d’un	titre	
18
	Pascal	Nègre,	ex-PDG	de	Universal	France	
19
	Chiffres	SNEP
16	
des	revenus	de	l’industrie	musicale	en	2015.	Néanmoins,	le	streaming	connaît	la	plus	forte	
progression,	puisqu’il	devient	la	deuxième	source	de	revenus	dans	le	secteur,	avec	25%	de	son	
chiffre	d’affaires.	En	2010,	il	ne	représentait	que	4%20
.	
	
	
	
	
Au	24	mars	2016,	le	streaming	représente	dorénavant	le	premier	générateur	de	revenus	de	
l’industrie	 musicale	 aux	 Etats-Unis.	 Selon	 la	 RIAA21
	 (Recording	 Industry	 Association	 of	
America),	il	totalise	34,3%	(7%	en	2010	et	27%	en	2014)	des	revenus.	Le	téléchargement	en	
ligne,	lui,	représente	34%,	et	les	ventes	physiques	chutent	à	28,8%.	Les	chiffres	sont	proches,	
mais	 on	 constate	 que	 le	 streaming	 est	 tout	 de	 même	 en	 première	 position.	 La	 raison	
principale	?	Le	nombre	d’abonnements	payants	a	augmenté	de	52,3%	en	2015,	par	rapport	à	
l’année	précédente.	De	plus,	Apple	Music	vient	de	lancer,	en	mai	2016,	un	abonnement	à	tarif	
spécial.	 Les	 étudiants	 des	 Etats-Unis,	 d’Australie,	 de	 Nouvelle-Zélande,	 du	 Royaume-Uni,	
d’Irlande,	d’Allemagne	ou	du	Danemark	peuvent	bénéficier	d’un	tarif	réduit	s’ils	souhaitent	
s’abonner	au	service	de	streaming.	Ainsi,	à	la	place	des	habituels	9,99€	par	mois,	ils	pourront	
payer	50%	moins	cher,	à	savoir	4,99€.	D’autres	pays,	dont	la	France,	devraient	suivre	très	
prochainement.	Apple	Music	est	le	premier	service	de	streaming	à	proposer	des	tarifs	réduits,	
et	ce,	certainement	dans	le	but	d’obtenir	de	nouveaux	utilisateurs,	et	d’inciter	les	jeunes	à	
«	streamer	»	leur	musique	plutôt	qu’à	la	télécharger.	Ne	reste	plus	qu’à	voir	les	résultats	
obtenus	 sur	 les	 prochains	 mois.	 Il	 est	 très	 probable	 que	 les	 leaders	 Deezer	 et	 Spotify	 se	
mettent	à	proposer	également	des	offres	similaires	pour	concurrencer.	
	
																																																								
20
	www.lemonde.fr	
21
	www.riaa.com
17	
On	pourrait	donc	en	conclure	qu’effectivement	le	streaming	peut	être	une	solution.	
	
Cependant,	on	se	doit	de	nuancer	ces	propos.	En	effet,	beaucoup	d’artistes	refusent	de	rendre	
disponible	 leur	 catalogue	 musical,	 ou	 une	 partie,	 sur	 les	 plateformes	 de	 streaming.	 Mais	
qu’est-ce	qui	les	rend	si	frileux	face	à	cette	idée	?	Beaucoup	trouvent	qu’ils	ne	gagnent	pas	
assez	de	revenus	avec	le	streaming.	On	constate	en	effet	qu’un	artiste	gagne	seulement	100€	
lorsqu’il	 est	 écouté	 250	 000	 fois	 en	 streaming	 payant,	 et	 1	 million	 de	 fois	 en	 streaming	
gratuit22
	 !	 Ce	 qui	 équivaut	 à	 0,0001	
euros	par	titre	et	par	artiste23
.	On	est	
finalement	 loin	 de	 l’image	 positive	
qu’essaie	de	véhiculer	l’ancien	patron	
de	 Universal	 France.	 C’est	 pourquoi	
certains	 artistes	 comme	 Taylor	 Swift,	
ne	 souhaitent	 pas	 que	 l’on	 puisse	
écouter	 leur	 musique	 gratuitement.	
D’autres	 encore,	 comme	 Neil	 Young,	
évoquent	une	mauvaise	qualité	de	son.	
Du	côté	français,	on	va	retrouver	Jean-
Jacques	 Goldman	 et	 Francis	 Cabrel	
pour	les	plus	réticents.	Ce	dernier	n’est	
pas	 intéressé	 par	 ce	 nouveau	 modèle	
de	 diffusion.	 Il	 «	 considère	 que	 [ses]	
chansons	[lui]	appartiennent	et	qu’[il]	
peut	 les	 mettre	 sur	 le	 support	 qu’[il]	
choisit	».	
	
De	plus,	les	plateformes	de	streaming	ne	sont	pas	encore	rentables.	Deezer	ne	l’est	pas	du	
tout,	et	Spotify	a	93	millions	d’euros	de	pertes,	et	ce	malgré	un	chiffre	d’affaires	en	hausse	de	
74%.	 Cela	 s’explique	 par	 des	 coûts	 d’acquisition	 des	 droits	 très	 élevés	 (environ	 70%	 des	
revenus	générés	par	Spotify	par	exemple).	
	
	
2. La	promotion	musicale	:	du	traditionnel	au	numérique	
	
Au	départ,	lorsqu’un	individu	se	consacre	à	la	musique,	c’est	souvent	par	passion.	Au	fur	et	à	
mesure	qu’il	écrit	et	travaille	ses	propres	compositions,	il	est	alors	tenté	d’intégrer	l’industrie	
musicale.	
																																																								
22
	adami.fr	
23
	Calcul	avec	la	règle	de	trois	:	(100*1)/1	000	000	=	0,0001
18	
2.1. La	structure	traditionnelle	de	la	production	et	promotion	musicale	
	
L’artiste	doit	principalement	démarcher	des	maisons	de	disque	dans	l’espoir	d’être	repéré,	de	
signer	un	contrat	et	de	sortir	un	album.		Avant	de	partir	pour	cette	phase,	longue	et	laborieuse,	
il	doit	tout	de	même	enregistrer	une	maquette	aboutie	(au	départ	sous	forme	de	CD)	qu’il	
pourra	leur	présenter.	Les	maisons	de	disques	sont	des	sociétés	éditrices	de	musique.	Les	
principales,	telles	qu’Universal	Music	ou	Sony,	sont	également	appelées	des	majors.	Elles	
reçoivent	 énormément	 de	 maquettes,	 et	 n’ont	 malheureusement	 pas	 la	 possibilité	 de	
produire	tous	les	artistes.	La	plupart	du	temps,	des	années	de	travail	sont	nécessaires	pour	
enfin	réussir	à	les	attirer	et	les	séduire.	Lorsque	l’artiste	y	est	enfin	arrivé,	l’industrie	de	la	
musique	et	son	monde	professionnel	s’ouvrent	à	lui.		Bien	que	les	majors	apportent	un	soutien	
financier	 et	 sont	 très	 efficaces	 au	 niveau	 de	 la	 promotion	 et	 de	 la	 distribution,	 il	 n’est	
cependant	pas	garanti	d’avoir	une	carrière	longue	et	tranquille.	
	
Les	 grandes	 maisons	 de	 disques	 détiennent	 chacune	 des	 labels24
,	 divisés	 en	 trois	 entités	
distinctes	(production,	marketing	et	promotion).	Dès	le	départ,	les	majors	se	soucient	très	peu	
de	signer	des	groupes	et	des	artistes	indépendants	(que	l’on	peut	qualifier	d’«	alternatifs	»).	
En	effet,	leurs	projets	artistiques	sont	bien	souvent	à	l’opposé	du	succès	commercial,	et	ça	ne	
leur	plait	pas.	De	ce	fait,	elles	ont	complétement	laissé	la	découverte	de	nouveaux	artistes	aux	
labels	 indépendants.	 Un	 label	 indépendant	 est	 une	 «	 structure	 de	 production	 de	 disques	
indépendante	des	grosses	compagnies,	majors,	de	l’industrie	du	disque	»25
.	Les	années	1950	
définissent	alors	les	rôles	entre	les	majors	et	les	indépendants	:	les	premiers	sont	vus	comme	
des	promoteurs,	tandis	que	les	seconds	sont	des	découvreurs	de	nouveaux	talents	musicaux.	
Ces	derniers	entrent	alors	dans	un	mouvement	de	résistance	et	d’opposition	face	aux	grosses	
maisons	de	disque.	Depuis,	ils	n’ont	cessé	de	se	développer,	soutenant	chaque	jour	un	peu	
plus	de	nouveaux	styles	musicaux.	
	
Aujourd’hui,	il	ne	reste	que	trois	majors	:	Universal	Music	Group,	Sony	Music	Entertainment	
et	Warner	Music	Group.	A	eux	trois,	ils	détiennent	environ	70%	du	marché	mondial	de	la	
musique	enregistrée26
.	Cependant,	l’arrivée	de	la	musique	sous	forme	de	fichier	numérique	
permet	 à	 tout	 un	 chacun	 de	 s’autoproduire,	 sans	 pour	 autant	 passer	 par	 les	 maisons	 de	
disque.	D’ailleurs,	«	dans	les	années	70,	il	y	avait	500	enregistrements	par	an,	aujourd'hui,	
c'est	50	000.	Les	artistes	ont	de	plus	en	plus	de	solutions	pour	diffuser	leurs	œuvres,	comme	
YouTube	ou	Facebook	»27
.		
	
																																																								
24
	Société	qui	édite	des	disques	
25
	Définition	Larousse	
26
	André	Nicolas,	http://rmd.cite-musique.fr/observatoire/document/MME_S12011.pdf	
27
	Stephan	Bourdoiseau,	directeur	général	Wagram	Music
19	
2.2. L’apparition	 d’internet	 et	 des	 réseaux	 sociaux	 :	 un	 nouveau	 moyen	 de	
communication	
	
Internet,	 tel	 qu’on	 le	 connaît	 aujourd’hui,	 est	 apparu	 dans	 les	 années	 1990.	 Son	 nombre	
d’utilisateur	a	augmenté	de	façon	exponentielle	au	fur	et	à	mesure.		
C’est	principalement	avec	l’apparition	de	MySpace	que	tout	a	commencé.	Fondé	en	2003,	
MySpace	est	connu	pour	héberger	beaucoup	de	pages	de	groupes	de	musique	et	artistes	qui	
y	présentent	leurs	compositions	musicales.	En	octobre	2005,	MySpace	est	le	quatrième	site	
web	le	plus	consulté	au	monde,	devant	Facebook.	Mais	voilà,	les	réseaux	sociaux	ont	une	
durée	de	vie	limitée,	et	MySpace	est	vite	arrivé	à	son	terme,	se	faisant	allégrement	dépassé	
par	son	concurrent,	Facebook.		
L’arrivée	des	réseaux	sociaux	ou	des	plateformes	de	streaming	a	démultiplié	les	échanges.	Les	
artistes	sont	maintenant	aptes	à	communiquer	plus	facilement	et	au	plus	grand	nombre	sur	
leurs	projets.	Internet	offre	aux	artistes	un	nouveau	terrain	de	jeu.	Ils	se	sont	emparés	du	
numérique	et	s’en	servent	de	plus	en	plus	professionnellement,	pour	informer	leur	public	sur	
tout	ce	qui	les	concerne.	
	
	
	
	
	
L’image	ci-dessus	nous	montre	le	nombre	d’utilisateurs,	en	France,	sur	les	réseaux	sociaux	
principaux.	On	se	rend	bien	compte	qu’ils	sont	fortement	utilisés,	avec	une	large	avance	de	
Facebook	et	YouTube.	
	
2.3. Les	artistes	s’occupent	eux-mêmes	de	leur	promotion	
	
2.3.1. Le	Do-It-Yourself	
	
Il	y	a	encore	une	dizaine	d’années	en	arrière,	pour	qu’un	artiste	ait	une	chance	de	voir	sa	
musique	 commercialisée,	 il	 devait	 démarcher	 lui-même	 les	 maisons	 de	 disque	 et	 se	 faire
20	
produire	par	un	label.	Autant	dire	qu’il	était	vraiment	difficile	pour	un	tout	jeune	artiste	de	se	
faire	signer.	
Mais	de	nos	jours,	la	tendance	est	à	la	désintermédiation.	Comme	on	peut	le	remarquer,	en	
effet,	depuis	maintenant	plusieurs	années,	les	artistes,	et	plus	particulièrement	les	musiciens,	
s’occupent	eux-mêmes	de	leur	promotion	et	ne	passent	plus	obligatoirement	par	l’aide	de	
professionnels.	Dorénavant,	ils	veulent	être	au	plus	près	de	leurs	fans	et	ne	souhaitent	plus	
passer	par	des	milliers	d’intermédiaires	différents,	qui	ne	leur	sont	pas	toujours	bénéfiques.
Virginie	Berger28
	utilise	alors	le	terme	d’artistes	Do-It-Yourself	(«	Fais-le	par	toi-même	»).	
Certains	choisissent	le	DIY	pour	montrer	leur	autonomie	vis	à	vis	des	maisons	de	disque	et	de	
l’industrie	du	disque	en	général.	C’est	l’évolution	d’internet	qui	a	contribué	au	développement	
de	ce	mouvement,	avec	l’arrivée	des	sites	web	comme	MySpace.			
Prenons	l’exemple	du	groupe	de	rock	Last	Train.	Fondé	en	2005,	il	a	sorti	son	premier	EP	en	
juillet	2014.	Il	a	tout	assuré	lui-même,	en	passant	par	la	production,	la	promotion	ou	encore	
la	réalisation	des	clips	vidéos.	Lorsqu’ils	ont	commencé	à	vouloir	faire	des	concerts,	personne	
ne	les	a	aidés.	Ils	ont	donc	décidé	de	créer	leur	propre	label	:	Cold	Fame	Record.	Il	se	sont	alors	
lancé	dans	des	activités	différentes,	sans	savoir	à	l’époque	qu’elles	correspondaient	à	des	
métiers	spécifiques.	Aujourd’hui,	leur	label	est	divisé	en	deux	sections	:	la	partie	production,	
gérée	 par	 Julien	 (le	 guitariste)	 et	 la	 partie	 booking,	 gérée	 par	 Jean-Noël	 (le	 chanteur).	 La	
première	s’occupe	de	financer	les	enregistrements	du	groupe,	de	trouver	des	subventions,	et	
gère	 aussi	 tous	 les	
visuels.	 La	 seconde,	
quant	à	elle,	s’occupe	de	
la	promotion	et	de	faire	
tourner	 le	 groupe.	 Ça	
leur	 a	 pris	 pas	 mal	 de	
temps,	mais	les	résultats	
sont	là.	Leur	nombre	de	
fans	 augmente	 de	 jour	
en	 jour,	 ils	 font	 de	
grosses	 tournées	
françaises…	 Tout	 leur	
réussi.	 Avec	 le	 temps	
passé	sur	les	routes	de	France,	les	quatre	jeunes	rockeurs	(ils	n’ont	que	vingt	ans)	ont	appris	
à	déléguer	le	travail.	Ils	ont	maintenant	deux	personnes	qui	travaillent	tous	les	jours	dans	les	
bureaux	du	label	à	Lyon,	et	ont	beaucoup	de	partenaires	dans	d’autres	villes	du	pays.	En	tout	
cas,	selon	eux,	si	cela	fonctionne,	c’est	grâce	aux	concerts.	Plus	ils	en	font,	plus	ils	gagnent	
																																																								
28
	Virginie	Berger	est	la	fondatrice	de	l’agence	en	stratégie	et	business	développement,	Don’t	Believe	the	
Hype.
21	
d’expérience…et	 de	 fans.	 Ceci	 étant	 dit,	 il	 faut	 ajouter	 que	 leur	 présence	 sur	 les	 réseaux	
sociaux	 est	 plutôt	 bonne.	 Début	 mars	 2016,	 ils	 ont	 dépassé	 la	 barre	 des	 10	 000	 fans	 sur	
Facebook.	Ils	sont	également	présents	sur	Twitter	et	Instagram.	Les	trois	comptes	sont	liés.	
Les	 informations	 sont	 donc	 quasiment	 les	 mêmes	 partout,	 mais	 ça	 marche.	 Ils	 postent	
principalement	leurs	actualités,	les	dates	de	concerts,	et	surtout,	ils	postent	beaucoup	de	
photos	qui	montrent	leurs	instants	de	vie	(on	les	voit	par	exemple	sur	le	bord	de	la	route,	
lorsque	 leur	 camionnette	 les	 a	 lâchés	 alors	 qu’ils	 se	 rendaient	 à	 un	 de	 leur	 concert).	 Ils	
prennent	également	le	temps	de	répondre	aux	messages	privés	que	les	fans	leur	envoient,	et	
n’hésitent	pas	à	«	liker	»	les	commentaires	de	chacun.	Les	fans	ne	peuvent	que	se	sentir	
proches	du	groupe,	et	c’est	la	meilleure	chose	qui	soit.		
	
Nous	pouvons	également	prendre	l’exemple	du	rappeur	français	Youssoupha.	Il	a	sorti	son	
premier	album	avec	une	maison	de	disque	au	pire	moment	possible,	en	plein	effondrement	
des	ventes	de	CDs.	Ses	deux	premiers	albums	ne	se	sont	pas	bien	vendus	et	plus	aucune	
maison	de	disque	n’a	voulu	de	lui.	Il	a	alors	décidé	de	devenir	entrepreneur	et	de	créer	la	
sienne.	Selon	lui,	les	artistes	doivent	se	remettre	en	question	s’ils	souhaitent	vivre	de	leur	
musique.	Depuis	qu’il	est	à	son	compte,	il	vend	environ	cinq	fois	plus	d’albums.		
	
Face	à	la	crise	du	disque,	les	artistes	eux-mêmes	se	sont	emparés	d’internet	afin	d’en	tirer	le	
meilleur	profit.	Ils	peuvent	plus	facilement	diffuser	et	promouvoir	leur	musique	et	peuvent	
atteindre	un	plus	large	public,	et	en	quelques	sortes	économiser	de	l'argent	car	ils	n'ont	pas	
besoin	 de	 passer	 par	 des	 structures	 pour	 cela.	 Actuellement,	 les	 artistes	 ont	 développé	
différentes	manières	d’utiliser	Internet.	
	
Certains	parviennent	à	se	faire	connaitre	en	créant	un	buzz,	comme	Kamini	en	2006.	Son	clip	
Marly-Gomont,	qui	se	moque	de	la	vie	à	la	campagne	a	eu	un	franc	succès	sur	YouTube.	Grâce	
à	ça,	il	s’est	fait	repérer	et	a	pu	sortir	deux	albums.	
D’autres	encore	permettent	aux	internautes	de	télécharger	gratuitement	leur	musique	sur	
leur	site.		Cela	peut	être	un	bon	moyen	pour	eux	d’attirer	les	gens	vers	leurs	concerts	et	de	
vendre	des	produits	dérivés.		
	
Youssoupha,	dont	on	a	parlé	précédemment,	a	eu	la	bonne	idée	de	développer	sa	propre	
application	mobile.	Ses	fans	peuvent	y	retrouver	ses	derniers	titres,	échanger	entre	eux,	et	
même	 l’utiliser	 pendant	 les	 concerts	 de	 l’artiste.	 Il	 y	 propose	 souvent	 des	 concours,	 qui	
peuvent	permettre	aux	fans	de	le	rencontrer.		
Les	artistes,	en	plus	de	s’occuper	eux-mêmes	de	leur	promotion,	tentent	également	de	gérer	
sans	aucune	aide,	le	financement	de	leur	album.	Pour	cela,	plusieurs	sites	ont	vu	le	jour	avec	
un	nouveau	moyen	de	récolter	de	l’argent	en	ligne	:	le	crowdfunding.
22	
2.3.2. Le	crowdfunding	
	
Le	crowdfunding,	ou	financement	participatif,	est	le	terme	désignant	une	collecte	de	dons	
faite	auprès	d’une	multitude	de	personnes	dans	le	but	de	financer	un	projet.	Il	peut	s’agir	de	
dons	avec	ou	sans	contrepartie.	On	retrouve	deux	types	de	personnes	dans	ces	campagnes	de	
financement	:	le	porteur	de	projet	et	l’épargnant.	Le	premier	crée	une	campagne	pour	éviter	
de	faire	un	crédit	bancaire	alors	qu’il	n’a	pas	les	fonds	nécessaires	pour	démarrer	son	projet.	
Le	 second	 investit	 de	 l’argent	 dans	 un	 projet	 qui	 lui	 tient	 à	 cœur	 (qu’il	 l’ait	 découvert	
récemment	 ou	 non).	 Les	 deux	 se	 rencontrent	 sur	 un	 site	 internet	 dédié.	 Chaque	 porteur	
présente	son	projet,	et	l’épargnant	choisi	celui	qu’il	souhaite	financer,	à	hauteur	de	ce	qu’il	
souhaite	investir.		
	
Ces	 derniers	 temps,	 beaucoup	 de	 jeunes	 artistes	 passent	 par	 ce	 système	 pour	 tenter	 de	
financer	la	création	de	leur	album.	Parmi	les	artistes	français	ayant	choisi	ce	système,	on	
retrouve	par	exemple	Grégoire.	En	décembre	2007,	il	s’inscrit	sur	le	site	de	crowdfunding	My	
Major	Company29
.	Deux	mois	plus	tard,	il	a	réussi	à	récolter	les	70	000	euros	dont	il	avait	
besoin	pour	financer	la	production	de	son	premier	album.	Il	est	arrivé	exactement	la	même	
chose	à	la	chanteuse	Joyce	Jonathan.		
En	France,	il	existe	plusieurs	sites	de	financement	participatif	:	Kiss	Kiss	Bank	Bank,	Akamusic,	
ou	encore	Ulule.	Chaque	site	prend	une	commission	sur	le	montant	des	sommes	récoltées,	
pouvant	aller	de	5	à	12%.	Il	faut	savoir	qu’en	2014,	en	France,	152	millions	d’euros	ont	été	
collectés	via	le	crowdfunding,	tous	types	de	plateformes	confondus.	C’est	deux	fois	plus	qu’en	
2013	!	La	même	année,	les	projets	musicaux	ont	représenté	3,9	millions	d’euros	sur	Ulule,	et	
4,8	millions	sur	Kiss	Kiss	Bank	Bank30
.	
	
Mais	attention,	même	si	internet	peut	permettre	de	percer	dans	le	milieu	musical,	il	n’offre	
pas	forcément	de	garantie	en	termes	de	revenus.	
	
Pour	réussir	sa	campagne	de	crowdfunding,	il	faut	être	conscient	que	cela	suppose	beaucoup	
d’efforts	et	de	travail.	
Après	avoir	construit	une	communauté	autour	de	son	projet,	il	est	très	important	de	bien	
choisir	sa	plateforme	de	crowdfunding.	En	effet	celles-ci	ne	proposent	pas	toutes	les	mêmes	
services	:	le	niveau	de	communication	n’est	pas	forcément	identique,	la	gestion	de	fin	de	
projet	non	plus	(chez	certaines,	par	exemple,	si	la	somme	n’est	pas	récoltée,	l’opération	est	
annulée	sans	frais,	ce	qui	n’est	pas	négligeable).	De	plus,	elle	doit	être	bien	connue	du	grand	
public	parce	que	les	donateurs	doivent	pouvoir	se	connecter	sans	but	précis	au	départ	et	se	
sentir	en	confiance	s’ils	décident	de	participer	à	un	projet.	
																																																								
29
	A	arrêté	ses	activités	de	financement	participatif	en	mars	2016	
30
	Source	https://muzrsleblog.com/
23	
Son	objectif	doit	être	réaliste	si	on	veut	pouvoir	l’atteindre.	En	établissant	un	budget	et	en	
analysant,	 par	 la	 suite,	 le	 nombre	 de	 soutiens	 que	 l’on	 pense	 pouvoir	 obtenir,	 on	 peut	 y	
parvenir.	A	savoir	que	l’on	peut	ne	financer	qu’une	partie	du	projet	et	qu’il	vaut	mieux	lancer	
une	petite	campagne	et	en	dépasser	l’objectif,	que	l’inverse.	
Les	plateformes	vérifiant	la	qualité	du	projet,	il	va	sans	dire	qu’il	doit	être	présenté	de	la	façon	
la	plus	précise	et	la	plus	parfaite	possible.	Pour	cela	rien	de	tel	que	de	répondre	aux	questions	
quoi,	qui,	ou,	quand,	comment,	pourquoi.	Ces	questions	répondent	à	la	règle	des	6W31
,	que	
l’on	retrouve	en	journalisme.	Elles	aident,	dans	cet	ordre	précis,	à	écrire	sur	un	sujet	et	à	
développer.	Comme	il	ne	faut	pas	oublier	qu’il	faut	donner	envie	aux	gens	de	faire	un	don,	on	
peut	 éventuellement	 ajouter	 des	 photos.	 Il	 ne	 faut	 pas,	 non	 plus,	 hésiter	 à	 proposer	 des	
contreparties	 intéressantes	 pour	 l’épargnant.	 Elles	 peuvent	 l’inciter	 à	 faire	 un	 don	 plus	
important	que	ce	qu’il	avait	prévu.	Cela	peut	être	un	exemplaire	d’un	EP	dédicacé,	une	photo	
dédicacée,	un	tee-shirt	à	l’effigie	du	groupe	ou	de	l’artiste,	etc.	
Pour	réussir	le	lancement	de	son	projet,	il	faut	communiquer	intelligemment	sur	les	réseaux	
sociaux	 et	 le	 suivre.	 Il	 faut	 choisir	 le	 moment	 le	 plus	 propice	 pour	 mettre	 en	 route	 sa	
campagne.	L’horaire	de	diffusion	est	primordial	et	la	communication	doit	être	massive	et	
percutante	:	mots-clés,	phrases	d’accroche,	images,	etc.	Le	but	est	évidemment	de	dépasser	
la	communauté	construite	en	amont	et	de	lui	montrer	que	le	projet	est	important.	Il	faut,	bien	
entendu,	 éviter	 toute	 communication	 négative,	 au	 risque	 de	 décourager	 les	 futurs	
épargnants.		
	
Gérer	 la	 fin	 de	 campagne	 est	 tout	 aussi	 important	 que	 le	 lancement.	 Pour	 atteindre	 son	
objectif	de	campagne,	si	celui-ci	ne	l’est	pas,	il	faut	relancer	massivement	et	mettre	la	main	à	
la	poche	si	nécessaire,	pour	éviter	de	perdre	tous	les	dons	reçus.	Par	contre	si	on	a	réussi,	on	
se	doit,	bien	entendu,	de	remercier	vivement	les	contributeurs	et	de	les	tenir	informés	de	
l’avancée	‘’physique’	du	projet	sans	oublier	d’envoyer	les	contreparties.	
	
	
Comme	 on	 a	 pu	 le	 constater,	 l’industrie	 de	 la	 musique	 s’est	 redessinée	 au	 fil	 des	 ans,	
changeant	à	chaque	apparition	d’un	nouveau	format	musical.	Mais	c’est	l’arrivée	d’internet	
qui	a	chamboulé	le	plus	ce	monde,	créant	une	crise	sans	précédent.	Cela	dit,	les	artistes	ont	
su	mettre	à	profit	ce	nouveau	moyen	de	communication,	s’en	servant	alors	pour	promouvoir	
leurs	 œuvres	 auprès	 d’un	 nouveau	 public.	 Dans	 la	 partie	 suivante,	 nous	 allons	 voir	 en	
profondeur	pourquoi	il	est	intéressant	d’être	présent	sur	le	web,	quels	sont	les	outils	les	plus	
utiles	pour	les	musiciens,	et	pourquoi	ils	le	sont.	
	 	
																																																								
31
	What,	who,	where,	when,	how,	why
24	
Partie	2	–	Une	stratégie	de	communication	?	Oui,	mais	sur	le	web	!	
	
1. Mise	en	place	d’une	stratégie	de	communication	sur	le	web	
	
1.1. La	nécessité	d’être	présent	sur	internet	
	
Précédemment,	nous	avons	vu	qu’internet,	technologie	qui	offre	aux	artistes	une	égalité	des	
chances,	a	changé	le	mode	de	diffusion	et	de	promotion	de	la	musique.	Les	artistes,	ainsi	que	
tous	les	acteurs	de	l’industrie	musicale,	doivent	donc	s’adapter	à	ces	changements.	
	
Le	 graphique	 ci-dessous	 démontre	 que	 ce	 n’est	 plus	 la	 radio,	 moyen	 traditionnel	 de	
découverte	et	de	diffusion	de	la	musique,	qui	est	en	tête,	mais	internet	qui	l’a	allégrement	
dépassé	 en	 2015.	 C’est	 probablement	 le	 phénomène	 de	 sérendipité32
	 qui	 a	 aidé	 ce	
changement.	En	effet,	aujourd’hui,	il	nous	suffit	de	cliquer	sur	un	premier	lien	pour	nous	
retrouver	 quelques	 heures	 plus	 tard	 en	 train	 d’écouter	 quelque	 chose	 de	 complètement	
différent.	Il	faut	également	se	rappeler	qu’il	n’existe	plus	d’émissions	de	radio	qui	permettent	
réellement,	aux	tout	jeunes	groupes,	d’être	découverts	par	le	public.	Et	c’est	là	que	les	réseaux	
sociaux	font	leur	apparition	et	deviennent	un	véritable	atout	pour	eux.	
	
	
Internet	bat	la	radio	pour	la	découverte	musicale
33
	
																																																								
32
	Découvrir	de	nouvelles	choses	par	hasard	pendant	d’autres	recherches.	
33
	Source	:	Edison	Research
25	
Les	réseaux	sociaux	et	internet	en	général	permettent	tout	d’abord	de	se	créer	un	public.	En	
effet	 les	 artistes	 prennent	 de	 plus	 en	 plus	 conscience	 de	 ce	 qui	 est	 aujourd’hui	 le	 plus	
important	:	les	fans.	Ils	sont	vraiment	un	atout	essentiel.	Et	quel	meilleur	endroit	qu’internet	
et	les	réseaux	sociaux	pour	les	retrouver	?	En	effet,	le	numérique	permet	un	élargissement	du	
public.	En	2015,	les	réseaux	sociaux,	devenus	incontournables,	ont	dépassé	la	barre	des	deux	
milliards	 d’utilisateurs	 actifs	 dans	 le	 monde.	 Tous	 ces	 utilisateurs	 doivent	 être	 considérés	
comme	des	fans	potentiels.	Être	présent	sur	internet	et,	plus	particulièrement,	sur	les	réseaux	
sociaux,	est	vraiment	devenu	stratégique.	Mais	pourquoi	?		
	
Une	présence	web	offre	des	avantages.	Pour	commencer,	il	ne	faut	pas	oublier	que	les	réseaux	
sociaux	sont	absolument	partout.	On	y	est	connecté	24	heures	sur	24	et	7	jours	sur	7,	et	ce	
d’autant	plus	depuis	l’arrivée	des	smartphones,	premier	moyen	de	communication,	et	des	
tablettes.	Ils	offrent	une	vitrine	virtuelle	du	travail	du	groupe.		De	ce	fait,	ils	peuvent	être	utiles	
pour	créer	du	trafic	sur	son	site	internet	(si	l’on	s’y	prend	bien,	et	quel	que	soit	le	réseau,	il	y	
a	possibilité	de	laisser	un	lien	qui	renvoie	à	son	site).	Ensuite,	ils	offrent	un	très	bon	moyen	de	
développer	une	relation	de	proximité	avec	ses	fans	:	on	instaure	une	certaine	relation	de	
confiance	puisqu’on	se	montre	plus	humains	avec	eux.	La	distance	entre	eux	et	l’artiste	est	
alors	réduite.	Ou	semble	l’être.	Car	en	effet,	tous	les	comptes	Facebook,	Twitter,	ou	autres,	
ne	 sont	 pas	 forcément	 tenus	 par	 les	 groupes	 eux-mêmes.	 Les	 groupes	 et	 artistes	 qui	
s’occupent	 eux-mêmes	 de	 gérer	 leurs	 réseaux	 sociaux,	 sans	 même	 passer	 par	 l’aide	 d’un	
community	manager34
,	sont	surtout	ceux	qui	sont	le	moins	connus..	On	peut	de	nouveau	
prendre	l’exemple	de	Last	Train,	qui	gère	toutes	ses	pages	sans	avoir	de	professionnel	à	ses	
côtés.	Il	existe	cependant	des	artistes	plus	connus	qui	préfèrent	gérer	ça	eux	même.	On	peut	
citer	Louis	Bertignac,	ex-guitariste	du	groupe	de	rock	Téléphone.	Bien	qu’il	soit	célèbre	en	
France	et	compte	plus	de	350	000	fans	sur	sa	page	Facebook,	il	prend	un	malin	plaisir	à	
s’occuper	de	sa	page	tout	seul.	Et	pour	cela,	il	passe	énormément	de	temps	sur	son	compte.		
	
Mais	 bien	 évidemment,	 certains	 délèguent	 le	 travail	 à	 des	 professionnels	 de	 la	
communication,	et	dans	ce	cas,	les	comptes	ne	sont	pas	gérés	de	la	même	façon.	Il	y	a	moins	
de	réponses	aux	commentaires,	aux	messages	privés,	les	posts	sont	moins	personnels,	etc.	Ce	
qui	 ne	 dérange	 pas	 les	 fans	 pour	 autant.	 Si	 on	 prend	 l’exemple	 de	 la	 page	 fan	 de	 Noel	
Gallagher,	ex-membre	du	groupe	anglais	Oasis,	on	se	rend	compte,	sans	aucun	doute	possible,	
qu’elle	est	tenue	par	des	community	managers,	et	non	par	l’artiste	lui-même.	Souvent	même,	
lorsqu’il	se	produit	en	France,	c’est	son	label,	[PIAS]	en	l’occurrence,	qui	prend	la	main	sur	la	
page.	Il	poste	alors	en	français	dans	le	but	de	toucher	toute	cette	communauté.	Mais	c’est	
beaucoup	plus	impersonnel	que	si	c’était	Noel	Gallagher,	lui-même	qui	le	faisait.	Il	y	a	une	
nette	différence	avec	une	page	écrite	par	un	artiste,	comme	on	peut	le	voir	avec	l’exemple	ci-
																																																								
34
	Métier	qui	consiste	à	animer	une	communauté	sur	un	réseau	social
26	
dessous	:	pour	Noel	Gallagher,	c’est	écrit	de	façon	plus	«	littéraire	»,	pour	Louis	Bertignac,	
c’est	plus	«	familier	».	
	
	
	
	
	
Publication	expliquant	les	raisons	de	l’annulation	d’un	concert	de	Noel	Gallagher,	avec	proposition	de	remboursement	des	
tickets	
	
Il	est	presque	devenu	incontournable	de	placer	la	relation	artiste/fan	au	centre	de	sa	stratégie.	
L’artiste	 peut	 donc,	 s’il	 le	 souhaite,	 partir	 sur	 une	 stratégie	 dite	 de	 «	 direct-to-fan	 »,	 qui	
consiste	à	échanger	avec	ses	fans,	en	les	impliquant	en	permanence.	Le	but	de	cette	stratégie	
est	de	faire	grandir	sa	fanbase	en	allant	chercher	les	fans	et	en	les	fidélisant.	Rien	ne	sert	de	
vouloir	gagner	de	l’argent	sans	ça.	Pour	développer	cette	stratégie,	on	peut	utiliser	internet	
et	les	réseaux	sociaux.	Et	l’avantage,	c’est	qu’il	est	ainsi	possible	de	récupérer	des	données	
concernant	son	public.	Il	devient	alors	plus	facile	de	s’adresser	à	lui.	Elle	permet	donc	à	l’artiste	
de	partager	sa	musique	et	ainsi	de	lui	donner	le	plus	de	visibilité	possible.
27	
En	ce	qui	concerne	les	fans,	selon	Virginie	Berger35
,	il	en	existe	trois	types	différents,	que	l’on	
se	doit	de	bien	distinguer	les	uns	des	autres.	Premièrement,	on	retrouve	le	fan	passif	(casual	
fan),	qui	connaît	l’artiste	ou	le	groupe	de	musique,	et	a	déjà	entendu	ses	morceaux,	sans	pour	
autant	faire	de	démarche	pour	en	connaître	plus	sur	lui.	Il	est	plutôt	du	genre	à	écouter	un	
titre	à	la	radio	sans	savoir	qui	l’interprète.	Il	est	aussi	celui	qui	va	pirater	le	plus	la	musique.	Ce	
qui	l’intéresse,	c’est	la	gratuité,	et	non	pas	la	qualité.	Mais	attention,	s’il	apprécie	ce	qu’il	
écoute,	il	est	susceptible	de	devenir	ce	qu’on	appelle	un	fan	engagé	(regular	fan).		
C’est	la	catégorie	de	fans	la	plus	représentée.	Il	s’agit	ici	d’une	personne	qui	a	déjà	acheté	la	
musique	de	l’artiste,	des	billets	de	concerts,	voire	même	des	produits	dérivés.	Il	aime	l’artiste	
et	est	très	enclin	à	le	suivre	sur	les	réseaux	sociaux.	On	peut	même	le	considérer	comme	un	
influenceur	:	son	avis	est	très	souvent	pris	en	compte	et	peut	influencer	sur	la	visibilité	de	
l’artiste,	ou	même	influencer	un	acte	d’achat.	
Enfin,	il	y	a	le	superfan	(true	fan),	qui	est	le	plus	dévoué,	le	plus	passionné.	Il	ne	souhaite	
qu’une	chose	:	faire	savoir	à	l’artiste	qu’il	existe.	Et	pour	cela,	il	ne	va	pas	hésiter	un	seul	instant	
à	dépenser	de	l’argent	en	musique,	en	concerts	et	en	produits	dérivés.	Il	cherche	tout	le	temps	
à	être	en	contact	avec	son	idole.	Il	est	encore	plus	influent	que	le	fan	engagé,	ce	qui	n’est	pas	
rien	 pour	 l’artiste.	 Les	 superfans	 ne	 sont	 pas	 forcément	 nombreux,	 mais	 ils	 sont	 les	 plus	
importants.	Il	faut	vraiment	en	prendre	soin	:	on	n’hésite	pas	à	les	remercier,	à	les	mettre	en	
avant,	à	créer	une	vraie	relation	personnalisée	avec	eux.		
Facebook,	Twitter,	et	maintenant	Instagram,	sont	les	principaux	outils	utilisés	par	l’artiste	
pour	rester	en	contact	avec	ses	fans.	Nous	les	verrons	un	peu	plus	en	détails	par	la	suite.	
	
Internet	est	donc	de	nos	jours	un	bon	tremplin	pour	se	faire	connaître	lorsque	l’on	est	un	
jeune	artiste.	Les	réseaux	sociaux	sont	un	très	bon	moyen	pour	développer	une	communauté	
et	promouvoir	sa	musique.	Comme	on	a	pu	le	voir,	il	existe	certains	fans	qui	peuvent	être	très	
influents	 sur	 le	 web,	 ce	 qui	 peut	 être	 très	 positif	 pour	 l’artiste,	 ou	 au	 contraire,	 négatif.	
Certains	sites	web	ou	fanpages	Facebook	sont	tenus	exclusivement	par	des	fans.	Et	parfois,	ils	
sont	mieux	documentés	que	les	journaux.	Le	blog	Daft	Punk-DaftWorld36
,	qui	se	décrit	lui-
même	comme	étant	le	blog	du	plus	grand	fan	officiel	de	Daft	Punk,	est	un	bon	exemple.	Toutes	
les	dernières	infos,	vidéos,	etc.	sont	disponibles	sur	le	site,	tenu	à	jour.		
	
Cependant,	il	est	possible	que	des	fans	nuisent	malencontreusement	aux	artistes	qui,	de	ce	
fait,	se	désinscrivent	eux-mêmes.	On	peut	prendre	l’exemple	de	Michel	Polnareff.	Il	était	très	
actif	sur	les	réseaux	sociaux,	en	particulier	Facebook	et	Twitter.	Il	y	échangeait	régulièrement	
avec	ses	fans.	Mais	le	13	janvier	2016,	il	ferme	ses	deux	comptes.	La	raison	est	simple.	Les	pro	
et	anti-Polnareff	ont	très	fortement	débattu	sur	la	qualité	du	premier	extrait	de	son	nouvel	
album,	et	sur	le	retard	de	ce	dernier,	allant	même	jusqu'à	insulter	l’artiste.	
																																																								
35
	Musique	et	stratégies	numériques	–	Editions	Irma.		
36
	www.daftworld.over-blog.com
28	
1.2. Définir	sa	stratégie	2.0	
	
Une	stratégie,	qui	normalement	se	définit	sur	le	long	terme,	est	«	l’art	de	coordonner	ses	
actions	dans	le	but	d’atteindre	ses	objectifs	».	Cependant,	internet	et	les	réseaux	sociaux	
s’inscrivent	dans	l’instantané.	Il	nous	faut	tout,	tout	de	suite.	Et	lorsque	c’est	passé,	il	est	trop	
tard.	De	ce	fait,	lorsque	l’on	souhaite	développer	une	stratégie	2.0,	on	se	projette	sur	six	mois,	
ou	un	an	au	maximum.	Dans	tous	les	cas,	il	n’est	évidemment	pas	recommandé	de	se	lancer	
dans	une	stratégie	de	communication	à	l’aveuglette.	Cela	doit	être	le	résultat	d’une	réflexion.	
Une	stratégie	musicale	implique	la	mise	en	place	d’un	plan	marketing	consacré	au	groupe	et	
à	sa	musique,	dans	le	monde	numérique.	Le	marketing	est	là	pour	faire	connaître,	exister	et	
diffuser	sa	musique.		
	
1.2.1. Explorer	et	comprendre	le	monde	digital	qui	nous	entoure	
	
On	peut	commencer	par	faire	de	la	veille,	afin	de	mieux	appréhender	internet	et	les	réseaux	
sociaux	 s’ils	 ne	 nous	 sont	 pas	 vraiment	 familiers.	 S’ils	 le	 sont,	 rien	 ne	 nous	 empêche	 de	
regarder	comment	s’organisent	les	autres	groupes	sur	tel	ou	tel	site.	On	pourra	alors	s’inspirer	
et	essayer,	par	la	suite,	de	proposer	quelque	chose	d’original.	Etudier	cette	«	concurrence	»,	
c’est	 aussi	 un	 bon	 moyen	 de	 rester	 au	 courant	 des	 dernières	 tendances,	 et	 ainsi	 d’être	
toujours	à	jour.		
	
Il	existe	aussi		tout	un	tas	de	blogs	ou	webzines37
		dédiés	à	la	musique.	Certains	sont	plutôt	
généralistes,	d’autres	sont	spécialisés	dans	un	style	musical	particulier.	On	peut	par	exemple	
retrouver	des	blogs	tels	que	:	ByZegut,	Tsugi,	Actuamusic,	Rapghetto,	IndieMusic,	Sound	of	
Britain…	 	 Ces	 sites	 internet,	 tenus	 uniquement	 par	 des	 passionnés	 (amateurs	 ou	 pros),	
peuvent	se	révéler	très	influents	et	font	alors	office	de	relais.	C’est	un	très	gros	avantage	pour	
les	artistes.	La	plupart	du	temps,	ces	blogueurs	s’intéressent	beaucoup	aux	nouveaux	artistes	
qui	tentent	d’émerger.	Il	est	alors	possible	de	se	faire	connaître	par	ce	biais.		
Prenons	 l’exemple	 du	 site/blog	 IndieMusic.fr.	 Entre	 les	 chroniques	 d’album,	 les	 	 «	 live	
report38
	 »	 et	 les	 interviews,	 on	 retrouve	 une	 partie	 entièrement	 dédiée	 aux	 découvertes	
musicales.	 Il	 n’hésite	 pas	 à	 parler	 de	 groupes	 comme	 Last	 Train,	 qui	 commence	 très	
sérieusement	 à	 être	 connu	 en	 France,	 ou	 encore	 Da	 Sweep,	 323	 fans	 au	 compteur	 sur	
Facebook.	Ce	blog	leur	donne	un	petit	coup	de	pouce,	et	il	en	est	de	même	pour	beaucoup	
d’autres.		
																																																								
37
	Sites	web	sur	lequel	un	internaute	tient	une	chronique	personnelle	ou	consacrée	à	un	sujet	particulier	-	
Larousse	
38
	Papier	journalistique	qui	décrit	un	concert
29	
Continuons	avec	le	blog	de	Francis	Zegut39
,	animateur	radio	chez	RTL2.	Il	est	très	très	suivi	par	
les	fans	de	musique	rock	et	métal.	Et	pour	cause,	depuis	mai	2010,	date	à	laquelle	il	a	ajouté	
un	outil	analytique	(son	blog	a	été	créé	en	2006),	20	millions	de	pages	ont	été	vues.	Pour	lui,	
le	digital	est	vraiment	important.	Son	blog	lui	permet	de	communiquer	de	façon	très	rapide.	
Comme	il	le	dit	lui-même,	«	(on)	écrit,	(on)	envoie,	et	c’est	publié	dans	la	seconde.	A	la	radio,	
il	faut	attendre	le	soir	que	l’émission	soit	diffusée40
	».	Il	est	inscrit	à	de	très	nombreuses	
newsletters,	ce	qui	fait	qu’il	reçoit	énormément	d’informations	musicales	chaque	jour.	Il	fait	
également	beaucoup	de	recherches	par	lui-même	(sur	des	sites	tels	que	Rolling	Stone,	NME	
ou	Q	Magazine41
),	pour	être	au	courant	de	tout	ce	qui	se	passe	dans	le	monde	de	la	musique	
en	ce	moment.	Il	est	tellement	reconnu	dans	le	métier,	que	les	gens	lui	envoient	des	e-mails	
pour	lui	dire	d’écouter	tel	ou	tel	groupe.	Il	se	sert	aussi	beaucoup	de	Facebook	et	Soundcloud	
pour	écouter	de	nouveaux	artistes.42
	Si	on	a	la	chance	d’être	découvert	par	lui	c’est	gagné	
pour	le	groupe	ou	l’artiste.	Ça	a	d’ailleurs	été	le	cas	avec…	Last	Train.	C’est	grâce	à	lui	que	le	
groupe	a	réellement	commencé	à	se	faire	connaître.	Et	s’ils	ont	été	découverts	par	Zegut,	c’est	
grâce	à	leur	présence	sur	les	réseaux	sociaux	et	leurs	concerts.	
	
Mais	comprendre	le	monde	digital	qui	nous	entoure,	c’est	aussi	savoir	à	quelle	heures	les	gens	
sont	le	plus	connectés,	et	sur	quel	support.	Selon	le	ministère	de	la	Culture43
,	le	matin,	on	a	
plus	de	chance	d’être	lu	dans	les	transports,	et	donc	sur	smartphone.	Dans	la	journée,	comme	
les	gens	sont	au	bureau,	ils	se	connectent	grâce	à	leur	ordinateur.	Quant	au	soir,	il	y	a	plus	de	
chance	d’être	lu	sur	tablette,	quand	les	personnes	sont	au	repos.	Ces	trois	différents	supports	
supposent	différents	types	de	publications.	En	effet,	elles	peuvent	être	plus	ou	moins	lisibles	
en	fonction	de	la	taille	de	l’écran	par	exemple.	Pour	les	smartphones,	on	va	privilégier	les	
courtes	informations,	avec	une	image	ou	deux.	Pour	les	ordinateurs,	on	peut	se	permettre	de	
publier	des	albums	photos	ou	des	liens	internet.	Enfin,	pour	les	tablettes,	il	est	possible	de	
poster	des	vidéos,	des	longs	articles,	etc.	C’est	également	en	fonction	de	ces	choix	que	l’on	va	
décider	sur	quel	réseau	social	on	va	publier.		
	
1.2.2. Construire	et	développer	sa	présence	en	ligne	
	
Tout	d’abord,	il	faut	définir	son	ou	ses	objectifs,	et	être	capable	de	les	expliquer.	Il	va	être	
difficile	de	les	expliquer	à	un	manager,	un	tourneur,	un	journaliste	si	on	n’est	pas	capable	de	
se	les	expliquer	soi-même.	Le	groupe	doit	se	demander	pourquoi	il	a	besoin	d’investir	les	
réseaux	 sociaux	 et	 si	 c’est	 bien	 nécessaire.	 L’objectif	 peut	 être	 de	 se	 faire	 connaître,	 de	
																																																								
39
	www.byzegut.fr	
40
	Il	anime	l’émission	Pop	Rock	Station	du	lundi	au	jeudi	de	22h	à	minuit.	
41
	www.rollingstone.com	;	www.nme.com	;	www.qthemusic.com	
42
	Voir	interview	en	annexe	
43
	Guide	des	Réseaux	Sociaux
30	
recruter	des	fans,	d’échanger	de	façon	privilégiée	avec	eux,	de	faire	des	tournées…	Il	faut	donc	
réfléchir	à	ce	que	l’on	veut	faire	et	comment.	Il	faut	aussi	revoir	ses	objectifs	assez	souvent	en	
fonction	de	sa	propre	évolution.	Il	ne	faut	pas	oublier	que	le	marketing	musical	est	centré	sur	
la	relation	entre	l’artiste	et	le	fan.		
	
On	 continue	 en	 définissant	 sa	 cible.	 C’est	 une	 partie	 essentielle	 de	 l’élaboration	 de	 sa	
stratégie.	Bien	identifier	sa	cible	permet	de	ne	s’adresser	qu’aux	personnes	potentiellement	
intéressées	par	sa	musique.		On	peut	la	définir	grâce	à	différents	critères	:	âge,	sexe,	lieu	
d’habitation,	profession,	etc.		
	
Ensuite,	il	est	important	de	trouver	les	influenceurs	de	sa	cible.	Il	peut	s’agir	de	blogueurs,	
comme	on	l’a	vu	précédemment,	de	professionnels	de	la	musique,	ou	autres.	Il	est	nécessaire	
de	faire	de	la	veille	pour	trouver	les	bonnes	personnes.	A	partir	de	là,	on	va	pourvoir	créer	sa	
base	fan,	c’est-à-dire	qu’il	va	falloir	acquérir	de	nouveaux	fans.	
	
Puis	il	faut	choisir	les	réseaux	sociaux	sur	lesquels	on	va	être	présent,	et	déployer	son	action.	
C’est	grâce	aux	étapes	précédentes	que	l’on	va	pouvoir	se	décider.	Par	exemple,	sa	cible	peut	
aider	à	choisir	sur	quel	réseau	social	le	groupe	va	développer	sa	présence.	Il	faut	essayer	au	
mieux	d’être	là	où	elle	est	le	plus.	Mais	il	faut	tout	de	même	faire	attention.	Le	but	n’est	pas	
d’être	partout	et	n’importe	comment.	Il	vaut	mieux	être	sur	peu	de	réseaux	sociaux	à	la	fois	
mais	bien	gérer	leur	utilisation,	que	l’inverse.		
	
1.2.3. Créer	des	contenus	en	adéquation	avec	son	public	
	
Il	 est	 difficile	 de	 faire	 de	 l’auto-promotion	 sans	 ennuyer	 ses	 fans.	 Il	 est	 vital	 de	 créer	 du	
contenu	 qui	 les	 intéresse	 (ce	 que	 l’on	 appelle	 le	 Connect	 With	 Fans)	 et	 d’organiser	 des	
opérations.	La	meilleure	chose	à	faire	est	de	respecter	un	équilibre	en	terme	de	publications.	
Le	rapport	le	plus	conseillé	est	le	70/20/10	:	70%	des	publications	doivent	être	en	rapport	avec	
l’histoire	 du	 groupe	 et	 sa	 personnalité.	 Il	 s’agit	 alors	 de	 construire	 son	 identité.	 Les	 fans	
doivent	pouvoir	sentir	qui	est	la	personne	derrière	chaque	artiste.	Il	faut	réussir	à	montrer	qui	
on	est	vraiment.	Pour	cela,	il	suffit,	par	exemple,	de	poster	des	photos	du	groupe	pendant	les	
répétitions,	de	remercier	les	fans	qui	soutiennent	le	groupe,	de	montrer	des	instants	de	vie,	
etc.	 En	 résumé,	 il	 faut	 rendre	 le	 groupe	 accessible	 aux	 yeux	 des	 fans.	 20%	 doivent	
correspondre	à	des	partages	d’autres	artistes,	mais	il	faut	faire	très	attention	à	garder	un	
contenu	pertinent.	Il	ne	faut	pas	en	faire	trop	et	ne	partager	que	des	groupes	avec	qui	on	a	
une	actualité	commune,	comme	par	exemple,	un	concert.		Il	sera	alors	facile	de	profiter	de	
leur	audience.	Enfin,	les	10%	restant	doivent	être	des	posts	d’auto-promotion.		
	
Mais	comment	écrire	sur	les	réseaux	sociaux	?	Il	faut	savoir	qu’on	lit	25%	moins	vite	sur	écran	
que	sur	support	papier,	et	que	seulement	16%	des	lecteurs	lisent	complètement	les	contenus
31	
proposés44
.	 C’est	 pourquoi	 il	 est	 très	 important	 d’utiliser	 des	 mots-clés	 qui	 vont	 attirer	
l’attention	 des	 lecteurs.	 Il	 faut	 également	 privilégier	 les	 phrases	 brèves,	 en	 se	 rappelant	
qu’une	phrase	correspond	à	une	idée.			
	
1.2.4. Animer	et	engager45
	son	audience	
	
Il	faut	établir	un	planning	des	interventions.	Elles	doivent	se	faire	de	façon	régulière	et	surtout	
à	 une	 fréquence	 suffisamment	 élevée	 pour	 que	 la	 cible	 reste	 intéressée.	 A	 l’intérieur	 du	
groupe,	ou	à	l’extérieur	si	un	community	manager	est	choisi,	les	rôles	doivent	être	clairement	
répartis	en	ce	qui	concerne	l’animation	de	chaque	réseau	social.	Qui	va	s’occuper	de	quoi	?	
	
	
	
Après	avoir	obtenus	des	fans,	le	but	est	bien	entendu	de	les	fidéliser	et	de	les	rendre	les	plus	
actifs	 possible.	 Ça	 doit	 être	 donnant-donnant.	 Il	 faut	 comprendre	 par-là	 que	 les	 fans	
s’engageront	si	l’artiste	s’engage	avec	eux.	Quand	on	le	peut,	il	ne	faut	pas	hésiter	à	leur	
répondre	quand	ceux-ci	lui	envoient	un	message	privé,	ou	qu’ils	laissent	un	commentaire.	Il	
n’est	bien	évidemment	pas	facile	de	répondre	à	tout	le	monde	lorsque	l’on	reçoit	des	dizaines,	
																																																								
44
	Chiffres	Ministère	de	la	Culture	
45
	On	dit	d’un	fan	qu’il	est	engagé	lorsqu’il	aime,	commente	ou	partage	le	contenu	que	l’on	propose.
32	
voire	des	centaines	de	messages.	Louis	Bertignac	sait	trouver	les	bons	mots	pour	ses	fans	dans	
des	 moments	 pareils.	 En	 général,	 il	 poste	 lui-même	 un	 petit	 message	 sur	 son	 mur,	 en	
s’excusant	de	ne	pouvoir	répondre	à	tout	le	monde,	tout	en	promettant	de	lire	absolument	
tous	les	mails.	Un	petit	mot,	un	remerciement	leur	fera	plaisir	et	les	aidera	à	se	fidéliser.	
L’artiste	peut	également	offrir	de	petites	attentions	à	ses	fans,	leur	donner	l’impression	d’être	
privilégiés.	Cela	peut	aller	d’informations	exclusives	aux	cadeaux.	Mais	un	nombre	de	fans	
trop	important	limite	très	vite	les	interactions	que	l’artiste	peut	avoir	avec	eux.		
	
Pour	engager	les	fans,	il	faut	savoir	quel	type	de	publication	fonctionne	le	mieux.	Il	s’agit	
principalement	des	photos,	des	questions	et	des	posts	courts.		
Les	photos	ont	un	taux	d’interaction	supérieur	de	39%	par	rapport	aux	posts	moyens.	Les	
questions,	elles,	ont	100%	plus	d’interaction	quand	elles	sont	posées	à	la	fin	du	post.	Les	posts	
de	 moins	 de	 80	 caractères,	 quant	 à	 eux,	 ont	 un	 taux	 d’interaction	 supérieur	 de	 23%	 par	
rapport	aux	autres	posts46
.		
	
Il	faut	avoir	une	communication	interactive	qui	permet	d’échanger	avec	ses	fans.	En	effet,	
c’est	une	partie	très	importante	dans	sa	stratégie	digitale.	Pour	cela	on	peut	choisir	entre	du	
contenu	à	valeur	ajoutée	(articles,	dossiers…),	du	contenu	visant	à	distraire	(jeux,	concours,	
vidéos	 humoristiques…),	 du	 contenu	 promotionnel	 (bons	 de	 réduction	 pour	 le	
merchandising…).	Il	devient	alors	important	de	préparer	des	opérations	qui	vont	inciter	la	cible	
à	s’engager.	Pour	cela,	il	faut	bien	gérer	son	temps.	Il	ne	faut	pas	oublier	également	d’être	soi-
même,	de	rendre	les	choses	personnelles,	d’informer,	d’avoir	sa	propre	opinion,	de	poser	des	
questions,	 de	 poster	 régulièrement.	 Par	 contre,	 plusieurs	 choses	 sont	 à	 bannir	 de	 son	
comportement	sur	le	web	:	il	ne	faut	pas	envoyer	du	contenu	tout	le	temps,	il	ne	faut	pas	
annoncer	 des	 choses	 qui	 ne	 se	 feront	 jamais,	 ne	 pas	 être	 trop	 prévisible,	 ne	 pas	 insulter	
d’autres	 artistes,	 etc.	 Il	 faut	 se	 rappeler	 que	 plus	 l’engagement	 est	 important,	 plus	 il	 est	
probable	d’augmenter	sa	base	fan.	Les	réseaux	sociaux	et	internet	sont	tout	un	art.	Il	faut	
vraiment	faire	attention	à	ce	que	l’on	poste,	sous	risque	de	perdre	et	en	crédibilité,	et	en	
nombre	de	fans.	L’exemple	le	plus	récent	est	sans	aucun	doute	ce	qui	s’est	passé	avec	Jesse	
Hughes,	affirmant	lors	d’une	interview	télévisée	que	les	vigiles	du	Bataclan	étaient	complices	
des	terroristes47
.	Ces	accusations,	que	l’on	retrouve	en	vidéo	un	peu	partout,	ont	fait	le	tour	
de	la	planète	en	seulement	quelques	heures	et	n’ont	été	appréciées	ni	par	ses	fans,	ni	par	la	
communauté	 musicienne.	 Il	 a	 tout	 de	 même	 tenté	 de	 rattraper	 le	 coup	 en	 s’excusant	
publiquement	à	l’aide	d’un	communiqué	publié	sur	Facebook	et	Twitter.	
Les	concours	sont	un	très	bon	moyen	d’augmenter	l’engagement	des	fans.	Mais	avant	de	se	
lancer	dans	l’organisation	d’un	concours,	encore	faut-il	être	sûr	d’en	avoir	réellement	besoin.	
																																																								
46
	Source	Les	Fiches	outils	des	réseaux	sociaux,	éditions	Eyrolles,	357p	
47
	Attentats	du	13	novembre	2015,	tuant	130	personnes,	dont	90	au	Bataclan,	salle	de	concert	parisienne	
où	les	Eagles	of	Death	Metal,	groupe	de	Jesse	Hughes,	donnaient	un	concert.
33	
En	effet,	si	un	groupe	souhaite	en	proposer	un	sur	une	de	ses	pages,	il	y	a	plusieurs	choses	
importantes	qu’il	doit	savoir.	Tout	D’abord,	il	a	l’obligation	légale	de	déposer	un	règlement	
chez	un	huissier	de	justice.	Cela	coûte	entre	50	et	200€,	et	il	doit	être	facilement	accessible	en	
ligne.		Mais	surtout,	Facebook	impose	certaines	règles	à	respecter	impérativement	sous	peine	
de	fermeture	de	la	page.	Premièrement,	il	faut	indiquer	précisément	que	le	réseau	social	n’est	
en	rien	lié	au	concours.	On	le	décharge	donc	de	toutes	responsabilités.	Deuxièmement,	aucun	
concours	ne	peut	se	dérouler	sur	le	journal	d’une	personne.	Cela	ne	peut	se	faire	que	sur	le	
journal	 de	 la	 fanpage	 du	 groupe	 qui	 organise.	 Troisièmement,	 les	 pages	 n’ont	 ni	 le	 droit	
d’identifier,	ni	le	droit	d’inciter	les	fans	à	s’identifier	sur	du	contenu	s’ils	ne	sont	pas	réellement	
présents	dessus.	Malgré	tout	cela,	le	concours	peut	être	utile	pour	un	groupe	qui	souhaite	
accroître	sa	notoriété,	ou	encore	augmenter	le	nombre	de	ses	fans.		
	
1.2.5. Analyser	les	retombées	
	
Une	fois	que	les	actions	de	communication	ont	été	menées,	il	faut	absolument	en	analyser	les	
retombées.	L’évaluation	de	sa	stratégie	permet	d’avoir	une	idée	précise	de	la	façon	dont	elle	
progresse.	Le	web	change	très	vite,	il	faut	donc	être	prêt	à	modifier	certaines	choses	si	besoin,	
et	ce,	le	plus	rapidement	possible.	
	
N’oublions	pas	qu’internet	offre	des	outils	de	mesures	puissants,	comme	on	a	pu	le	voir	avec	
Facebook,	par	exemple.	Ainsi,	il	est	facile	et	intéressant	pour	l’administrateur	d’un	compte	de	
savoir	 le	 nombre	 de	 fois	 qu’un	 post	 a	 été	 vu,	 le	 nombre	 de	 clics	 obtenus,	 le	 nombre	 de	
commentaires,	d’inscriptions	et	de	désinscription,	etc.	Par	exemple,	on	peut	voir	sur	le	schéma	
ci-dessous	les	courbes	correspondant	aux	réactions,	commentaires	et	partages	sur	la	page	
Facebook	du	groupe	Domino	and	the	Ghosts	sur	la	période	choisie	(décembre	2015	à	mars	
2016).	On	constate	une	montée	d’activité	à	partir	de	fin	février,	et	un	pic	mi-mars.	Il	s’agit	de	
la	période	où	le	groupe	a	commencé	à	faire	quelques	concerts	en	Lorraine	et	à	poster	des	
événements	et	des	photos	sur	sa	page.	L’interaction	a	donc	bien	lieu	avec	ce	type	de	contenu.	
C’est	là	que	les	statistiques	sont	importantes	puisqu’elles	permettent	de	se	rendre	compte	de	
ce	qui	va	ou	ne	va	pas	sur	sa	page.
34	
	
	
Pour	toutes	les	statistiques	en	rapport	avec	le	site	internet,	il	est	préférable	d’utiliser	Google	
Analytics,	qui	est	bien	plus	complet	que	ce	que	peut	proposer	l’hébergeur	de	son	site.	Grâce	
à	cet	outil	intégré	à	Google,	l’artiste	peut	savoir	d’où	viennent	les	visiteurs,	quels	mots	clés	ils	
ont	tapés	pour	arriver	sur	le	site,	le	temps	pendant	lequel	ils	sont	restés	dessus,	etc.	Avec	
autant	d’informations,	il	est	possible	de	mieux	connaître	ses	fans	et	d’adapter	son	offre	en	
fonction.	
	
Un	autre	outil	permet	de	mesurer	sa	visibilité	:	le	référencement48
.	Si	l’on	veut	apparaître	sur	
les	moteurs	de	recherche	tels	que	Google,	il	est	important	d’optimiser	le	référencement	de	
son	site	web	afin	qu’il	apparaisse	naturellement	dans	les	premiers	résultats.		
	
En	plus	du	référencement	dit	«	naturel	»,	il	peut	être	intéressant	d’acheter	des	mots	clés	avec	
l’outil	AdWords49
.	Plus	ils	seront	pertinents,	plus	ils	feront	ressortir	l’artiste	en	première	page	
s’ils	sont	recherchés	par	les	internautes.		
	
Il	faut	ensuite	vérifier	que	les	résultats	qui	apparaissent	sur	les	moteurs	de	recherche	lorsque	
l’on	tape	le	nom	de	son	groupe,	correspondent	bien	à	ses	espaces	de	communication,	et	non	
pas,	par	exemple,	à	des	articles	négatifs.	
	
	
																																																								
48
	Fait	d’apparaître	dans	les	meilleurs	résultats	sur	un	moteur	de	recherche	
49
	Outil	proposé	par	Google	pour	acheter	des	mots	clés	et	augmenter	son	référencement
35	
1.3. Les	différents	outils	mis	à	disposition	des	artistes	
	
L’avantage	d’internet,	c’est	qu’il	existe	maintenant	une	multitude	d’outils	de	communication,	
mis	 à	 la	 disposition	 de	 tous	 et	 qui,	 pour	 la	 plupart,	 sont	 gratuits.	 N’importe	 qui	 peut	
maintenant	faire	sa	propre	communication,	sans	pour	autant	être	un	expert	en	la	matière.	
Mais	quels	sont	les	outils	les	plus	intéressants	qu’un	artiste	peut	utiliser,	comment	s’en	servir,	
et	surtout	pourquoi	?	
	
1.3.1. Le	site	internet	
	
Bien	évidemment,	c’est	l’outil	indispensable,	aujourd’hui,	puisque	tout	le	monde	en	parle.	Dès	
que	 l’on	 veut	 savoir	 quelque	 chose	 sur	 un	 groupe	 ou	 un	 artiste,	 connu	 ou	 fraichement	
découvert,	c’est	automatique	:	on	va	sur	internet	!	Il	est	véritablement	considéré	comme	une	
«	vitrine	virtuelle	»	dont	on	ne	peut	se	passer.		
	
Contrairement	aux	réseaux	sociaux	qui	ont	une	durée	de	vie	limitée,	un	site	web	sera	toujours	
présent.	Cela	fait	de	lui	une	base	de	développement	pour	l’artiste	qui	l’utilise,	et	ce,	d’autant	
plus	 qu’il	 peut	 lui	 permettre	 de	 s’adresser	 non	 seulement	 aux	 fans	 mais	 aussi	 aux	
professionnels,	en	mettant	en	avant,	ses	contacts,	sa	musique,	etc.	Il	faut	penser	également	
que	l’on	contrôle	totalement	son	site	:	on	peut	donc	le	créer,	comme	bon	nous	semble,	sans	
avoir	à	craindre	une	éventuelle	censure	ou	suppression	de	sa	page.	Grace	à	ce	site,	le	public	
pourra	toujours	retrouver	celui	qu’il	cherche.	Il	est	donc	très	important.	
	
Avoir	un	site	internet	a	aussi	d’autres	avantages.	Parmi	ceux-ci,	et	cela	peut	sembler	anodin,	
on	peut	le	personnaliser	:	il	offre	donc	la	possibilité	de	se	différencier	des	autres	en	créant	
une	sorte	de	carte	de	visite	telle	qu’on	la	souhaite.	On	peut	y	retrouver	tout	ce	qui	peut	être	
essentiel	pour	se	«	vendre	»	:	biographie,	discographie,	contacts,	liens,	agenda,	blog,	etc.	
Lorsque	l’on	souhaite	développer	et	diffuser	sa	propre	image,	c’est	un	véritable	atout.	Et	
surtout,	et	c’est	le	plus	important	et	le	plus	appréciable,	il	nous	permet	de	vendre	sa	musique	
et	dérivés	alors	que	ce	n’est	pas	toujours	possible	sur	tous	les	réseaux	sociaux	actuels.	
	
Il	ne	faut	pas,	non	plus,	oublier	l’intérêt	des	adresses	e-mails	que	le	site	permet	de	recueillir	
pour	encourager	la	communication	directe	avec	son	public.	Capter	des	fans	est	peut-être,	en	
effet,	le	but	premier.	
	
1.3.2. Les	réseaux	sociaux	
	
Les	réseaux	sociaux	sont	des	outils	qui	vont	permettre	aux	artistes	de	faire	connaître	leur	
musique.	Il	faut	continuellement	être	à	la	recherche	d’un	équilibre	entre	l’artiste	et	le	fan,	
tout	en	utilisant	des	stratégies	adaptées.	Comme	on	a	pu	le	voir,	l’artiste	doit	se	focaliser	sur
36	
le	fan,	qui	est	devenu,	avec	internet	et	ces	réseaux,	un	véritable	prescripteur.	En	un	seul	clic,	
il	peut	être	au	courant	des	moindres	faits	et	gestes	de	son	artiste	préféré.	Et	par	le	même	
geste,	 il	 peut	 également	 interrompre	 cette	 relation.	 C’est	 pourquoi	 il	 est	 primordial	 de	
construire	et	de	faire	perdurer	une	relation	de	confiance	et	d’échange	avec	lui.	Il	faut	se	rendre	
compte	que	plus	le	fan	se	sentira	proche	de	l’artiste,	plus	il	sera	enclin	à	créer	du	contenu.	
Ainsi,	l’artiste	ou	le	groupe	de	musique	pourra	plus	facilement	augmenter	sa	visibilité.	Mais	
pour	cela,	il	faut	aussi	choisir	sur	quel	réseau	social	on	va	être	présent.	Quels	sont-ils	?	Quelles	
sont	leurs	spécificités	à	chacun	?	Quelles	sont	leurs	forces	et	leurs	faiblesses	?	Il	en	existe	un	
nombre	incalculable,	mais	certains,	et	ce	sont	les	plus	connus,	sont	quasiment	inévitables	pour	
un	artiste	émergent.	
	
Facebook	
	
C’est	inévitablement	le	réseau	où	il	faut	être	puisque	c’est	probablement	le	plus	puissant,	si	
l’on	 considère	 le	 nombre	 de	 connections	 par	 jour.	 	 Il	 faut	 créer	 sa	 fanpage	 pour	 pouvoir	
obtenir	de	nouveaux	fans	qui	devront	être	le	plus	actifs	possible.	En	effet,	on	considère	qu’une	
communauté	 de	 fans	 sera	 essentielle	 pour	 relayer	 une	 production	 musicale	 et	 une	
communication.	Ce	réseau	qui	permet	d’informer	son	public	en	publiant	du	contenu	tel	que	
les	futures	dates	de	concerts,	les	nouveaux	projets,	les	actualités	générales	de	l’artiste	ou	du	
groupe,	etc.,	est	donc	l’outil	le	plus	utile	pour	un	groupe	émergent.	Il	ne	faut	pas	oublier	que	
le	public	aime	se	sentir	concerné	et	que	s’il	se	sent	proche,	il	partagera	en	diffusant,	à	son	
tour,	le	contenu	de	l’artiste.	Et	là,	il	n’y	a	pas	de	meilleur	moyen	pour	être	visible.	On	peut	
également	partager	du	contenu	d’autres	artistes,	sur	ses	pages,	pour	qu’ils	puissent	à	leur	
tour	en	faire	de	même.	
	
Le	choix	de	Facebook	est	d’autant	plus	judicieux,	qu’il	fournit	des	données	intéressantes	sur	
sa	page.	On	peut	y	retrouver,	en	détail,	le	nombre	de	fans	sur	une	période	donnée	(il	est	
surtout	 intéressant	 de	 regarder	 les	 dates	 de	 mouvement	 des	 fans)	 et	 la	 composition	
démographique	de	son	audience	(âge,	sexe,	pays,	ville	de	résidence,	langue	parlée).	Cette	
analyse	permet	de	savoir	où	on	en	est,	et	comment	communiquer	avec	ses	fans	pour	les	
engager	et	les	fidéliser	au	mieux,	afin	d’avoir	la	meilleure	présence	possible.	
	
Facebook	est	important	aussi,	parce	qu’il	propose	tout	un	tas	d’applications	différentes,	que	
l’on	peut	ajouter	à	sa	fanpage,	et	qui	offrent	un	potentiel	de	développement	considérable.	
Certaines	d’entre	elles,	comme	ReverbNation	ou	Bandpage	sont	utiles	pour	la	diffusion	et	la	
distribution	de	la	musique	;	d’autres,	comme	YouTube,	Vod50
	ou	ZuPort51
,	sont	utiles	pour	la	
diffusion	 de	 vidéos	 ou	 de	 photos.	 Par	 contre,	 l’artiste	 doit	 savoir	 que	 seulement	 quatre	
																																																								
50
	Pour	diffuser	ses	vidéos	
51
	Pour	diffuser	ses	photos	Flickr
37	
applications	 (en	 plus	 des	 photos)	 sont	 visibles	 directement	 sur	 la	 partie	 supérieure	 de	 la	
fanpage.	Cet	endroit	regroupe	le	contenu	le	plus	important,	il	faut	donc	bien	choisir	quelles	
applications	vont	être	mises	en	valeur	ou	non.		
	
Matrice	SWOT	de	Facebook	:	
Forces	
- Réseau	 où	 il	 y	 a	 le	 plus	 d’utilisateurs	
actifs	
- Bonne	 présence	 sur	 les	 terminaux	
mobiles	
- Gratuit	
- Facile	d’utilisation	
	
Faiblesses	
- Ça	prend	du	temps	de	s’occuper	de	sa	
page,	on	doit	poster	très	régulièrement	
- Trop	de	publications,	peut	être	difficile	
d’être	visible	
	
Opportunités	
- De	 nouveaux	 outils	 sont	 proposés	
(vidéos	live	par	exemple)	
Menaces	
- Forte	 concurrence,	 il	 y	 a	 beaucoup	
d’autres	réseaux	à	côté	
- Concurrence	 de	 Twitter	 et	 YouTube	
avec	la	vidéo	live	
	
	
	
Malgré	les	avantages	qu’offre	Facebook,	le	réseau	social	a	ses	limites.	Et	celles-ci	peuvent	se	
révéler	négatives	pour	l’artiste.	
		
On	peut	en	effet,	prendre	l’exemple	du	groupe	de	métal	français	Sidilarsen.	Il	a	sorti	son	
nouvel	album,	Dancefloor	Bastards,	le	29	
avril	 2016.	 Tant	 qu’il	 ne	 voulait	 pas	
sponsoriser	 les	 publications	 contenant	 le	
titre	de	l’album,	Facebook	l’a	laissé	poster	
normalement.	 	 Cependant,	 il	 a	 tout	 de	
même	 constaté	 que	 l’impact	 était	
bizarrement	 très	 faible	 par	 rapport	 à	
d’habitude,	 sans	 savoir	 pourquoi.	 Le	 jour	
où	 le	 groupe	 a	 voulu	 diffuser	 le	 premier	
titre	de	l’album,	il	a	souhaité	sponsoriser	le	
post	 et	 c’est	 là	 qu’il	 y	 a	 eu	 problème.	
Facebook,	interdisant	toute	injure	et	tout	
propos	violent,	est	intervenu	pour	refuser	
la	sponsorisation.	Le	groupe	a	alors	fait	une
38	
réclamation	auprès	de	Facebook,	en	expliquant	que	Sidilarsen	avait	toujours	prôné	le	respect	
et	qu’il	s’agissait	uniquement	d’un	titre	d’album	avec	peut-être	un	peu	de	provocation,	mais	
surtout	 avec	 beaucoup	 d’humour.	 Finalement,	 la	 sponsorisation	 a	 été	 accordée,	 mais	 le	
groupe	a	tout	de	même	constaté	que	l’impact	des	posts	était	ultra	bridé.	Comme	il	connaît	
parfaitement	 son	 taux	 d’engagement,	 il	 a	 très	 clairement	 vu	 que	 ça	 ne	 fonctionnait	 pas	
normalement.	Avec	le	temps	et	à	force	d’expérimenter	des	publications,	il	a	pu	déterminer	
que	lorsqu’il	écrit	«	Dancefloor	Bastards	»,	dans	son	post	ou	dans	le	texte	du	lien	(par	exemple	
dans	la	description	de	la	vidéo	YouTube),	il	est	très	très	ralenti	au	niveau	du	rayonnement,	et	
les	statistiques	le	confirment.	La	seule	chose	qui	passe	correctement,	c’est	le	«	Dancefloor	
Bastards	»	écrit	sur	la	pochette	de	l’album,	car	il	est	écrit	à	la	main	et	qu’un	des	«	A	»	est	à	
l’envers.	Les	robots	ne	détectent	donc	pas	la	pseudo	«	injure	».		
	
Twitter	
	
Même	si	Twitter	est	plus	petit	que	Facebook,	c’est	le	réseau	préféré	et	indispensable	des	
artistes	 et	 des	 professionnels	 des	 médias,	 parce	 que	 c’est	 le	 réseau	 par	 excellence	 pour	
communiquer	 autour	 d’un	 événement,	 au	 moment	 où	 il	 se	 déroule,	 et	 relayer	 des	
informations	pertinentes	en	quasi	temps	réel.	Et	c’est	la	viralité	de	l’information	qui	en	fait	sa	
force.	Comme	les	internautes	parlent	beaucoup	sur	ce	site,	c’est	donc	un	bon	moyen	pour	un	
groupe	ou	un	artiste	de	savoir	ce	qui	se	dit	sur	lui	et	de	mesurer	l’audience.	Il	est	ainsi	plus	
facile	de	s’adapter	à	ses	fans	et	de	modifier	certaines	choses	si	besoin.	Twitter	permet	aussi	
de	 leur	 répondre	 facilement	 et	 rapidement	 :	 cela	 permet	 donc	 de	 créer	 une	 relation	 de	
proximité	avec	eux.	
	
On	peut	prendre	l’exemple	de	Katy	Perry,	qui	est	aujourd’hui	la	personne	la	plus	suivie	sur	
Twitter,	avec	plus	de	84	millions	d’abonnés.	Son	compte	Twitter	lui	permet	de	communiquer	
sans	cesse	avec	ses	fans.	Elle	partage	avec	eux	des	moments	de	sa	vie	quotidienne,	tout	en	
leur	annonçant	ses	actualités	musicales.		
	
Mais	même	si	c’est	un	puissant	et	innovant	outil	d’information,	il	est	dans	une	mauvaise	passe	
financière	parce	qu’il	peine	à	générer	des	profits.	De	même,	son	poids	en	termes	d’utilisateurs	
est	 à	 nuancer	 car	 il	 fait	 moins	 bien	 que	 ses	 concurrents.	 Est-il	 envisageable	 de	 le	 voir	
disparaitre	 ?	 Malgré	 une	 équipe	 dirigeante	 fragilisée	 par	 le	 départ	 de	 cinq	 personnes	 de	
l’exécutif,	 Twitter	 a	 entrepris	 des	 changements	 pour	 être	 mieux	 positionné	 face	 à	 ses	
concurrents.	Depuis	janvier	dernier,	Twitter	a	débuté	l’intégration	de	l’application	Periscope	
(diffusion	d’une	vidéo	en	direct).	D’après	Kayvon	Beykpour52
,	«	la	France	est	un	des	pays	au	
monde	où	on	utilise	le	plus	Periscope,	et	ce	n’était	pas	le	cas	il	y	a	quatre	semaines	»53
.		
																																																								
52
	Co-fondateur	de	Periscope	(avec	Joe	Bernstein,	Aaron	Wasserman	et	Tyler	Hansen)	
53
	Source	Les	Inrocks	–	18	mars	2016
39	
L’application,	créée	en	2015,	a	commencé	à	connaître	le	succès	lorsqu’elle	a	été	intégrée	à	
Twitter	(qui	l’a	d’ailleurs	rachetée)	en	janvier	2016.	Pour	les	artistes,	c’est	un	nouvel	atout,	
puisqu’il	offre	un	sentiment	de	proximité	pour	le	fan.	En	effet,	cela	lui	permet	de	vivre	la	même	
chose,	en	même	temps.		
	
Matrice	SWOT	de	Twitter	:	
Forces	
- C’est	une	source	de	trafic	importante	
- Viralité	de	l’information	très	facile	
- Permet	de	communiquer	en	temps	réel	
- Gratuit	
- Utile	pour	entretenir	son	réseau	
- Permet	de	suivre	facilement	l’actualité	
de	quelqu’un	
	
Faiblesses	
- Si	le	tweet	n’est	pas	vu	dans	les	heures	
qui	suivent	sa	publication,	il	va	être	très	
difficile	 de	 le	 voir.	 On	 peut	 alors	 se	
retrouver	 avec	 une	 répétition	 des	
tweets	
- Si	 on	 suit	 beaucoup	 de	 monde,	 on	 se	
retrouve	avec	beaucoup	d’informations	
en	même	temps		
- Il	est	un	peu	difficile	d’utiliser	Twitter	au	
départ,	ce	qui	en	effraie	plus	d’un	
	
Opportunités	
- Le	rachat	de	Periscope,	qui	permet	un	
partage	de	vidéos	live	
- Les	 hashtags54
,	 qui	 permettent	 d’être	
retrouvé,	de	retrouver	ses	fans	sur	un	fil	
de	conversation	
Menaces	
- Le	possible	passage	de	140	caractères	à	
10	000.	On	risque	de	perdre	l’essence	
même	 de	 Twitter.	 Comment	 les	 gens	
vont-ils	réagir	?	
- Concurrence	 de	 Facebook	 et	 YouTube	
avec	la	vidéo	live	
	
	
	
YouTube		
	
Avec	plus	d’un	milliard	d’utilisateurs	dans	le	monde	(source	YouTube	statistiques),	soit	près	
d’un	tiers	des	internautes,	YouTube	est	une	des	plus	grosses	sources	de	consommation	de	
musique	sur	internet.	
	
																																																								
54
	Mots	clés	que	l’on	reconnaît	grâce	au	#	qui	les	précèdent
40	
	
	
	
On	se	rend	compte	que	depuis	2007,	les	heures	de	vidéos	importées	n’ont	cessé	d’augmenter,	
avec	la	plus	grosse	progression	depuis	le	milieu	de	l’année	2013.	En	effet,	en	à	peine	trois	ans,	
elles	 ont	 été	 multipliées	 par	 quatre,	 et	 sont	 passées	 à	 plus	 de	 400	 heures	 de	 vidéos	
téléchargées	sur	le	site	par	minute55
.	
	
On	a	vite	compris	le	potentiel	que	représente	ce	réseau	et	il	est	donc	impensable	de	ne	pas	y	
être	présent.	C’est,	en	effet,	l’endroit	idéal	pour	faire	d’innombrables	vues	sans	pour	autant	
avoir	besoin	de	gros	moyens	de	production.	Prenons	l’exemple	du	jeune	guitariste	français	
MattRach.	Il	s’est	fait	connaître	grâce	à	ses	vidéos	de	reprises	qu’il	a	lui-même	postées	sur	
YouTube.	Elles	sont	très	basiques,	certainement	filmées	avec	un	simple	appareil	photo,	le	
montrant	en	train	de	jouer	de	la	guitare	debout	dans	sa	chambre.	On	est	loin	des	clips	vidéos	
des	grands	artistes.	Et	pourtant,	les	vues	se	sont	très	vites	accumulées.	Au	23	mars	2016,	sa	
vidéo	la	plus	regardée56
	comptabilise	plus	de	20	millions	de	vues.	
	
Cependant,	il	faut	bien	faire	attention	à	créer	des	vidéos	dans	un	but	précis,	qui	s’inscrivent	
dans	une	stratégie	globale.	
	
YouTube	est	important	aussi	parce	que	la	vidéo	est	une	façon	plus	attractive	de	promouvoir	
sa	musique.	A	savoir	que	la	vidéo	est	un	outil	de	communication	puissant,	qui	permet	de	
délivrer	rapidement	un	message	à	ses	fans	et	qui	est	très	partagé	sur	les	réseaux	sociaux	et	
internet	en	général.	De	plus,	toutes	ses	fonctionnalités	sont	gratuites.	N’importe	qui	peut	
donc	se	lancer	sur	ce	réseau.	La	création,	début	2013,	de	YouTube	One	Channel,	qui	permet	
																																																								
55
	Source	webrankinfo.com	
56
	MattRach	–	The	New	Canon	Rock	https://www.youtube.com/watch?v=owAj5LiXG5w
41	
d’adapter	 sa	 présentation	 au	 bon	 support	 (tablette,	 smartphone,	 etc.)	 est	 un	 avantage	
supplémentaire	pour	se	décider	pour	YouTube.	
	
De	même,	le	site,	qui	favorise	de	plus	en	plus	l’interaction	sociale	entre	les	membres	en	
permettant	de	commenter,	d’aimer,	ou	encore	de	partager	la	vidéo	vers	d’autre	réseaux	tels	
que	Facebook	ou	Twitter,	peut	être	un	bon	moyen	de	développer	sa	viralité	sur	internet.	
	
Il	 est	 vrai	 qu’il	 existe	 également	 un	 deuxième	 site	 de	 streaming	 vidéo,	 Dailymotion.	
Cependant,	celui-ci	est	beaucoup	moins	utilisé	que	YouTube	et	n’est,	de	ce	fait,	pas	forcément	
utile	pour	développer	sa	visibilité	sur	internet.	
	
Matrice	SWOT	de	YouTube	:	
Forces	
- Les	vidéos	sont	très	partagées	
- Facile	d’utilisation	et	gratuit	
- Offre	un	bon	référencement	sur	Google	
	
Faiblesses	
- On	 peut	 télécharger	 (illégalement)	 les	
vidéos	et	leur	contenu	
Opportunités	
- Développement	de	la	vidéo	live	
- Plus	 célèbre	 que	 son	 concurrent	
français	Dailymotion	
	
Menaces	
- Concurrence	de	Facebook	et	Twitter	
avec	la	vidéo	live	
	
	
Instagram	
	
Il	a	largement	dépassé	Twitter	car	l’image	efface	la	barrière	de	la	langue	:	Il	peut	donc	être	
intéressant	pour	un	groupe	ou	un	artiste	d’y	être	présent.	Ce	partage	d’images	permet	aux	
fans	d’être	immergés	dans	le	quotidien	du	groupe,	et	donc	par	la	même	occasion	de	se	sentir	
proche	de	lui.	Il	permet	également	d’avoir	une	présence	sur	ce	réseau	pour	augmenter	le	trafic	
et	la	visibilité	du	groupe	(avec	2	millions	d’utilisateurs	actifs	en	France,	si	on	s’y	prend	bien,	
c’est	facile).	De	plus,	on	peut,	si	besoin,	publier	ses	photos	sur	Facebook	et	Twitter	:	on	pourra	
ainsi	toucher	encore	un	plus	grand	nombre	de	personnes.	
	
Aujourd’hui,	on	peut	parler	de	marketing	par	l’image.	Mais	qu’est-ce	que	c’est	exactement	?	
C’est	tout	simplement	un	terme	général	que	l’on	utilise	pour	désigner	les	réseaux	sociaux	
spécialisés	 dans	 le	 partage	 d’images.	 Ils	 sont	 devenus,	 en	 l’espace	 de	 quelques	 années,	
indispensables	si	l’on	souhaite	mener	à	bien	une	stratégie	de	communication	complète	sur	les	
réseaux	sociaux.	Le	petit	moins	:	ils	nécessitent	beaucoup	de	temps.
42	
Le	but	principal	de	ce	marketing	par	l’image	est	tout	bonnement	d’attirer	l’attention	des	gens,	
afin	de	provoquer	le	partage	et	le	commentaire.	Trois	mots	sont	importants	pour	l’utiliser	au	
mieux	:	simplicité,	pertinence,	réactivité.	
- Simplicité	parce	que	l’on	n’a	plus	besoin	d’engager	un	photographe	professionnel	pour	
faire	 ses	 photos	 :	 il	 suffit	 de	 passer	 soi-même	 derrière	 la	 caméra	 en	 utilisant	 son	
smartphone	;	
- Le	15	mars	de	cette	année,	il	a	été	annoncé	la	mise	en	place	d’un	nouveau	système	
pour	que	les	contenus	soient	classés	en	fonction	de	leur	pertinence	et	de	leur	intérêt	
pour	les	internautes.	Kevin	Systrom,	cofondateur	de	l’application,	a	expliqué	dans	un	
post	qu’Instagram	souhaitait	baser	«	l’ordre	des	photos	et	des	vidéos	dans	un	flux	sur	
la	 probabilité	 que	 vous	 soyez	 intéressé	 par	 leur	 contenu,	 votre	 relation	 avec	 la	
personne	qui	l’a	posté,	et	le	moment	auquel	la	photo	ou	la	vidéo	a	été	postée	».	Il	a	
également	 déclaré	 que	 «	 si	 votre	 artiste	 favori	 partage	 une	 vidéo	 de	 son	 dernier	
concert	 pendant	 la	 nuit,	 elle	 vous	 attendra	 au	 réveil,	 peu	 importe	 le	 nombre	 de	
comptes	 que	 vous	 suivez	 et	 l’endroit	 où	 vous	 vivez	 ».	 La	 pertinence	 pour	 que	 le	
message	 véhiculé	 par	 la	 photo	 soit	 lié	 à	 son	 activité	 est	 donc	 un	 changement	
considérable	pour	l’artiste	qui	sera	bien	mieux	vu	;	
- Réactivité	parce	que	la	ponctualité,	l’annonce	d’évènements	marquants,	etc.	est	très	
importante	pour	engager	ses	fans.	
	
Matrice	SWOT	d’Instagram	:	
Forces	
- Premier	réseau	social	de	photos	
- Facile	d’utilisation	et	gratuit	
- On	peut	lier	son	compte	avec	Facebook	
et	Twitter	
- Permet	de	montrer	les	«	coulisses	»	du	
groupe	ou	de	l’artiste	
Faiblesses	
- Disponible	 uniquement	 pour	 les	
utilisateurs	iOS	et	Android	
- Disponible	sur	mobile	et	sur	ordinateur	
(mais	 utilisation	 très	 limitée	 :	
impossible	de	poster	des	photos	depuis	
son	ordinateur)	
- Besoin	 de	 régularité	 dans	 la	
publication	:	prend	du	temps	
	
Opportunités	
- Les	 hashtags,	 qui	 peuvent	 permettre	
d’être	retrouvé	et	de	retrouver	ses	fans	
- Création	d’une	messagerie	interne	qui	
permet	 de	 dialoguer	 plus	 facilement	
avec	ses	followers	
	
Menaces	
- Les	 photos	 inintéressantes	 font	 vite	
perdre	 des	 fans	 et	 peuvent	 nuire	 à	
l’image	de	l’artiste	ou	du	groupe
43	
Snapchat	
	
C’est	une	application	(qui	évolue	constamment)	de	partage	de	photos,	tout	comme	Instagram,	
mais	elle	peut	être	un	formidable	complément	puisqu’elle	s’adresse	à	une	autre	cible.	En	effet,	
de	par	sa	particularité	de	ne	faire	partager	que	des	photos	ou	vidéos	éphémères,	(on	peut	
tout	de	même	en	faire	une	capture	d’écran),	ce	sont	les	jeunes	de	13	à	25	ans	qui	sont	les	plus	
touchés.	Le	fait	qu’elle	soit	disponible	sur	mobile	et	reçue	comme	un	message	(mode	de	
communication	de	cette	génération),	fait	d’elle,	un	réseau	de	contact	privilégié	pour	cette	
cible.	 En	 effet	 leurs	 Smartphones	 sont	 toujours	 à	 portée	 de	 mains,	 cela	 évite	 donc	 les	
problèmes	liés	aux	heures	de	publications.	Les	artistes	ont	donc	tout	intérêt	à	s’en	servir	s’ils	
veulent	faire	vivre	un	événement,	montrer	les	coulisses	en	version	«	live	»	à	cette	partie	de	la	
population	et	surtout	susciter	leur	désir.	
	
Matrice	SWOT	de	Snapchat	:	
Forces	
- Photos	éphémères	:	ça	capte	l’attention	
- Facile	d’utilisation	et	gratuit	
- Touche	principalement	les	13-25	ans	:	
permet	 d’atteindre	 cette	 cible	 qui	 ne	
l’est	pas	forcément	par	les	concurrents	
- Permet	de	montrer	les	«	coulisses	»	du	
groupe	ou	de	l’artiste	
- Pas	de	fréquence	de	publication	requise	
- Permet	 une	 communication	
instantanée	
	
Faiblesses	
- Touche	principalement	les	13-25	ans	:	
ce	qui	réduit	considérablement	la	cible	
de	l’application	
- N’est	disponible	que	sur	smartphone	
- Photos	éphémères	
- Ne	génère	pas	de	trafic	sur	son	site	
- Peut	manquer	de	professionnalisme	
- Problème	des	captures	d’écran	:	il	faut	
faire	attention	à	ce	que	l’on	partage	!	
Opportunités	
- Devient	 le	 réseau	 préféré	 des	 jeunes	
(avril	2016).		
- Monopole	 des	 réseaux	 d’envoi	 de	
photos	éphémères	
- A	 racheté	 en	 mars	 2016	 une	 start-up	
canadienne	 qui	 permet	 de	 créer	 des	
avatars	à	son	effigie	
	
	 Menaces	 	
- Rachat	éventuel	par	une	entreprise	plus	
grosse	(rien	de	prévu	pour	l’instant)
44	
1.3.3. Les	sites	spécialisés	dans	la	musique	
	
Internet	est	très	utile	pour	les	artistes	en	devenir.	En	dehors	des	réseaux	sociaux,	il	a	fourni	
quelques	sites	spécialisés	dans	la	musique	qui	offrent	des	outils	très	intéressants	pour	les	aider	
à	se	développer	plus	facilement.	Nous	allons	expliquer	pourquoi	ils	le	sont.	
	
	
Soundcloud	
	
Les	artistes,	attentifs	au	bon	partage	de	leur	œuvre	musicale	sur	internet,	ont	tout	intérêt	à	
être	 présents	 sur	 Soundcloud.	 Cette	 plateforme,	 simple	 et	 agréable	 à	 utiliser,	 permet	
d’héberger,	de	promouvoir	et	de	distribuer	sa	musique	sur	le	web.	Et	son	plus	gros	atout	est	
son	lecteur,	qui	dispose	de	fonctionnalités	intéressantes.	Tout	d’abord,	il	représente,	sous	
forme	de	vague,	l’onde	du	son,	et	permet	aux	utilisateurs,	de	commenter	un	moment	bien	
précis	du	titre	écouté.	Il	va	aussi	permettre	de	partager	sa	musique	très	facilement	sur	les	
réseaux	sociaux,	dont	Facebook	sur	lequel	on	peut	rendre	le	lien	directement	écoutable.	
	
	
	
	
	
Un	autre	avantage	de	poster	sa	musique	sur	Soundcloud,	c’est	la	possibilité	de	restreindre	
l’accès	 à	 ses	 titres	 et	 de	 n’autoriser	 que	 certaines	 personnes.	 C’est	 un	 très	 bon	 moyen	
d’envoyer	 ses	 maquettes	 à	 la	 presse	 ou	 même	 à	 un	 label.	 Et	 tout	 ça	 est	 proposé…	
gratuitement.	 Il	 existe	 cependant	 deux	 autres	 versions,	 payantes.	 Elles	 offrent	 des	
fonctionnalités	 supplémentaires	 telles	 que	 l’augmentation	 par	 deux	 du	 nombre	
d’importations	autorisées,	de	statistiques	additionnelles	incluant	le	nombre	d’écoute	par	pays	
voire	par	villes	en	fonction	de	la	version.	Elles	permettent	également	de	savoir	de	quelles	
pages	internet	ou	de	quelles	applications	sont	écoutés	les	titres.	Pour	autant,	la	version	de	
base,	gratuite,	est	déjà	bien	assez	complète	et,	par	conséquent,	largement	suffisante.
45	
Bandcamp	
	
Bandcamp	est	ce	que	l’on	peut	appeler	un	magasin	de	musique	en	ligne.	Malgré	le	fait	que	le	
site	soit	plus	développé	en	Amérique	du	Nord	qu’en	Europe,	il	est	tout	de	même	un	outil	
efficace	pour	vendre	sa	musique	sur	Internet.	Les	artistes,	principalement	des	indépendants,	
disposent	d’un	espace	qui	leur	est	propre	sur	lequel	ils	téléchargent	leurs	titres	ou	albums	
qu’ils	souhaitent	vendre	:	en	streaming,	en	téléchargement	ou	en	physique.	Et	son	plus	gros	
avantage	est	que	l’artiste,	qui	a	la	mainmise	sur	ses	créations,	est	rémunéré	directement.	
Avant	de	passer	à	l’achat,	les	internautes	peuvent	écouter	les	titres	gratuitement.	Il	faut	savoir	
que	Bandcamp	récupère	entre	10	et	15%	en	fonction	du	montant	des	ventes	effectuées	Les	
artistes	peuvent	être	intéressés	par	les	différentes	statistiques	disponibles	aussi	sur	ce	site	:	
nombre	d’écoutes,	nombre	de	visites,	et	nombre	de	ventes/téléchargements.		
	
Bandcamp	regroupant	à	lui	tout	seul	sur	la	même	plateforme,	la	distribution	et	l’écoute	de	la	
musique,	et	le	merchandising,	on	peut	donc	l’utiliser	dans	un	but	de	relation	direct-to-fan57
.	
Un	autre	avantage	à	utiliser	Bandcamp	:	les	artistes	peuvent	collecter	des	adresses	e-mails	en	
échange	 d’un	 téléchargement,	 ils	 peuvent	 utiliser	 des	 hashtags	 pour	 être	 retrouvés	 plus	
facilement,	ils	peuvent	tracer	leurs	musiques,	développer	une	communauté	de	fans,	etc.		
	
Cependant,	il	existe	de	grands	sites	similaires,	comme	iTunes,	qui	lui	font	de	l’ombre.	Les	
consommateurs	ont	plus	confiance	en	ces	mastodontes	et	ont	dont	plus	tendance	à	écouter	
sur	Bandcamp,	qu’à	acheter.	
	
	
ReverbNation	
	
La	raison	pour	laquelle	il	est	intéressant,	pour	un	artiste,	d’être	présent	sur	ReverbNation	est	
simple	:	c’est	un	site/réseau	social	de	promotion	musicale	très	complet,	créé	dans	le	but	de	
gérer	tous	ses	profils	en	ligne	à	partir	du	même	endroit.	En	effet,	on	peut	y	mettre	tous	ses	
profils	à	jour	depuis	un	emplacement	central	et	suivre	leurs	statistiques.	Il	existe	une	version	
gratuite,	et	deux	versions	payantes	:	la	«	Basic	»	à	9,95$	par	mois,	et	la	«	Premium	»	à	19,95$.	
Chaque	version	offre	aux	artistes	des	outils	très	utiles	pour	leur	promotion,	allant	de	la	vente	
des	œuvres	à	la	création	d’un	site	internet.	
Plus	en	détails,	la	version	gratuite	comprend	entre	autres	:	le	profil	artiste,	un	nombre	illimité	
de	chansons	à	poster,	la	vente	de	sa	musique,	l’intégration	de	lecteurs	sur	des	sites	web,	etc.	
Les	versions	payantes,	quant	à	elles,	rajoutent	la	possibilité	d’avoir	son	dossier	de	presse	
électronique,	de	distribuer	sa	musique	en	version	digitale,	ou	encore	de	créer	son	site	internet	
avec	un	nom	de	domaine.	
																																																								
57
	Selon	Virginie	Berger,	stratégie	qui	se	base	sur	la	relation	entre	l’artiste	et	le	fan.
46	
En	plus	de	ces	modèles	améliorés,	le	site	propose	quatre	autres	outils	«	premium	»	très	utiles	
pour	développer	sa	carrière	en	tant	que	jeune	artiste	:	
- «	Crowd	Reviews	»	-	à	partir	de	9,95$	:	permet	de	recevoir	de	vraies	critiques	de	sa	
musique.	
- «	 Digital	 Distribution	 »	 -	 à	 partir	 de	 9,95$	 par	 an	 (disponible	 uniquement	 avec	
abonnement	Premium)	:	permet	de	distribuer	sa	musique	sur	les	plateformes	les	plus	
connues	:	iTunes,	Spotify,	Amazon,	et	bien	d’autres.	
- 	«	Promote	It	»	-	à	partir	de	25$	:	permet	de	faire	de	la	publicité	pour	un	de	ses	titres,	
un	de	ses	albums,	etc.,	sur	les	sites	musicaux	les	plus	populaires	(Spotify,	YouTube,	
Amazon,	Rolling	Stone…)	
- «	Sponsored	Artists	»	-	les	prix	varient	en	fonction	de	la	région	et	sont	à	la	semaine	:		
permet	de	devenir	un	artiste	«	sponsorisé	»	et	d’être	affiché	sur	la	page	d’accueil	de	
ReverbNation.	
	
Aussi	bien	utilisé	par	des	artistes,	des	maisons	de	disque	que	des	salles	de	concert,	on	compte	
aujourd’hui	plus	de	3	millions	de	membres.	Les	fans	peuvent	également	s’inscrire	et	interagir	
avec	leurs	musiciens	favoris,	tout	en	partageant	leurs	découvertes	musicales.	C’est	donc	un	
site	 très	 complet	 qui	 va	 facilement	 permettre	 de	 se	 faire	 connaître,	 et	 du	 public,	 et	 des	
professionnels.		
	
Bandsintown	Concerts	
	
Cette	 Application	 mobile,	 divisée	 en	 2	 parties	 distinctes,	 Bandsintown	 Concerts	 et	
Bandsintown	Manager,	est	très	appréciée.	Effectivement,	aujourd’hui,	plus	de	19	millions	de	
personnes	allant	à	des	concerts	sont	enregistrées	sur	Bandsintown,	et	plus	de	300	000	artistes	
utilisent	Bandsintown	Manager	à	travers	le	monde58
.	
	
Cet	engouement	pour	la	première	de	ces	applications	est	dû	au	fait	qu’elle	offre	aux	fans,	un	
moyen	personnalisé	de	suivre	leurs	artistes	préférés.	L’application,	basée	sur	les	préférences	
musicales	 et	 la	 localisation	 de	 l’utilisateur,	 lui	 permet	 d’être	 informé	 sur	 les	 concerts	 qui	
l’intéressent	 et	 de	 découvrir,	 par	 la	 même	 occasion,	 les	 nouveaux	 talents	 qui	 se	
produisent	près	de	chez	lui.	Un	artiste	ou	un	groupe	a	tout	intérêt	à	utiliser	cette	application	
pour	 attirer	 le	 plus	 de	 monde	 possible.	 Surtout	 qu’elle	 est	 numéro	 un	 en	 recherche	 de	
concerts	sur	iOS	et	sur	Android,	et	la	plus	grande	créatrice	d’événements	sur	Facebook.	
	
La	 seconde	 de	 ces	 applications,	 qui	 offre	 aux	 artistes,	 une	 incroyable	 plateforme	 pour	
échanger	avec	leurs	fans,	n’est	pas	en	reste.	Elle	est	même	considérée	comme	le	référence	
dans	le	milieu	de	la	promotion	de	tournées	en	ligne,	puisqu’elle	l’optimise	et	qu’elle	permet	
																																																								
58
	Source	:	bandsintown.com
47	
un	 gain	 de	 temps	 considérable.	 D’après	 Julien	 Mitelberg,	 président	 et	 directeur	 de	
l’exploitation	de	Bandsintown,	«	environ	40%	des	billets	de	concerts	restent	invendus	parce	
que	les	fans	ne	savent	pas	que	leurs	artistes	favoris	se	produisent	près	de	chez	eux	»59
.	Elle	
est	 donc	 là	 pour	 parer	 au	 problème.	 Effectivement,	 elle	 aide	 les	 artistes	 à	 prendre	 des	
décisions	importantes	telles	que	routage	tour,	vente	de	billets,	cible	du	public,	etc.	;	tout	cela	
grâce	à	un	gestionnaire	d’analyses	(analytique)	qui	permet	d’évaluer	toutes	les	statistiques	
que	vous	avez	fournies	sur	votre	application.	
	
1.3.4. La	mailing	list	et	la	newsletter	
	
La	mailing	list	est	une	liste	d’adresses	de	messagerie	électronique	utile	pour	envoyer	un	e-
mail	à	tous	ses	correspondants	en	même	temps.	Il	faut	savoir	que	l’inscription	à	une	mailing	
list	 se	 fait	 de	 façon	 volontaire	 et	 non	 pas	 obligatoire.	 On	 peut	 donc	 arrêter	 son	
«	abonnement	»	à	n’importe	quel	moment.		
	
Elle	 permet,	 aux	 personnes	 qui	 l’ont	 constituée,	 d’envoyer	 des	 e-mails	 personnalisés	 ou	
d’envoyer	des	newsletters.	Une	newsletter,	c’est	une	lettre	d’information	que	l’on	envoie	
régulièrement	par	e-mail	à	un	groupe	de	personnes	qui	se	sont	préalablement	abonnées.	Elle	
est	 principalement	 composée	 de	 texte,	 d’illustrations	 et	 de	 liens	 renvoyant	 vers	 un	 site	
internet.	Pour	un	artiste,	il	peut	s’agir	de	l’annonce	d’une	tournée,	d’un	nouvel	album,	etc.	
	
La	newsletter,	et	par	définition	la	mailing	list,	est	importante	car,	tout	en	maintenant	un	
contact	régulier	avec	les	fans,	elle	permet	d’informer	son	public	de	l’actualité	récente	d’un	
artiste	ou	d’un	groupe.		N’oublions	pas	qu’à	l’heure	des	réseaux	sociaux,	il	peut	être	difficile	
de	s’assurer	que	les	informations	ont	bien	été	transmises	à	son	public.	Elle	tend	également	à	
relancer	sa	curiosité	:	bien	qu’une	personne	soit	intéressée	par	la	musique	d’un	artiste	et	visite	
son	site	internet,	elle	n’y	revient	pas	forcément.		
	
Pour	créer	sa	newsletter,	il	faut	choisir	son	service	d’envoi.	Il	est	en	effet	quasiment	impossible	
d’envoyer	 une	 newsletter	 par	 sa	 propre	 adresse	 e-mail	 quand	 le	 nombre	 d’abonnés	 est	
important.	 Ces	 services	 d’envoi	 (tels	 que	 Poplist,	 Sarbacane,	 Mailing	 List,	 Mailchimp,	
Fanbridge...)	permettent	d’utiliser	des	modèles	de	newsletters,	et	proposent	un	accès	gratuit	
aux	statistiques.	Ils	sont	gratuits	à	hauteur	de	1	000	abonnés	et	deviennent	payant	par	la	suite.	
L’abonnement,	pour	Mailchimp	par	exemple,	commence	à	10	euros	par	an.	Ces	outils,	qu’il	
s’agisse	de	gratuits	ou	de	payants,	ont	tous	un	système	de	statistiques	qui	est	intéressant	pour	
l’artiste	ou	le	groupe.	En	effet,	il	permet	de	savoir	combien	de	personnes	ont	bien	reçu	la	
newsletter,	combien	l’ont	ouverte,	combien	ont	cliqué	sur	les	liens,	etc.	Cela	peut	permettre	
																																																								
59
	Source	:	artists.bandsintown.com
48	
à	l’expéditeur	de	comprendre	ce	qui	pousse	les	gens	à	cliquer,	ou	non,	et	d’améliorer	les	
choses	si	besoin.	
	
Par	 contre,	 créer	 sa	 newsletter	 implique	 certaines	 obligations	 légales.	 Qu’il	 s’agisse	
d’entreprise,	 de	 site	 internet,	 ou	 encore	 d’organisme,	 chaque	 structure	 qui,	 de	 façon	
automatique,	 réalise	 des	 opérations	 portant	 sur	 des	 données	 à	 caractère	 personnel	 est	
concernée	par	la	loi	Informatique	et	libertés	du	6	août	2004.	Elle	englobe	une	large	gamme	
d’actions,	comme	par	exemple	la	collecte	de	données,	leur	enregistrement,	leur	conservation	
ou	 même	 leur	 destruction.	 Une	 donnée	 à	 caractère	 personnel	 permet	 d’identifier	 une	
personne	grâce	à	certaines	informations	:	nom,	prénom,	date	de	naissance,	adresse,	numéro	
de	téléphone,	etc.	
Les	 sites	 internet	 et	 les	 blogs	 doivent	 obligatoirement	 se	 déclarer	 auprès	 de	 la	 Cnil	
(Commission	 nationale	 de	 l’informatique	 et	 des	 libertés)	 s’ils	 recueillent	 des	 données	 qui	
permettent	d’identifier,	même	indirectement,	un	internaute.	Il	faut	également	savoir	que	
chaque	site	internet	doit	comporter	:		
- Une	rubrique	«	mentions	légales	»	qui	permet	d’identifier	la	structure	;	
- Des	mentions	relatives	à	la	protection	des	données	et	à	leur	confidentialité	;	
Une	mailing	list	n’est	donc	légale	que	lorsque	la	collection	de	données	est	déclarée	à	la	Cnil	et	
que	les	personnes	sont	informées	de	leurs	droits.	Il	doit	également	être	écrit	en	toutes	lettres	
que	les	personnes	ont	le	droit	de	suppression	ou	de	modifications	de	leurs	données.		
	
	
2. La	saturation	de	l’information,	un	problème	de	taille	
	
La	diffusion	des	données	est	de	plus	en	plus	rapide	et	de	plus	en	plus	large	avec	l’avènement	
du	numérique.	Nous	recevons	des	posts	toute	la	journée	:	l’information	est	donc	noyée	dans	
la	masse.	
	
2.1. La	saturation	de	l’information	:	explications	
	
Le	 terme	 qui	 revient	 le	 plus	 souvent	 lorsque	 l’on	 souhaite	 parler	 de	 saturation	 de	
l’information,	 c’est	 «	 infobésité	 »	 (contraction	 d’information	 et	 obésité).	 On	 retrouve	
également	l’expression	«	surcharge	informationnelle	».	Il	a	vraisemblablement	débarqué	en	
France	 vers	 1995.	 En	 2012,	 il	 faisait	 référence	 à	 la	 surcharge	 quotidienne	 d’e-mails.	
Aujourd’hui,	il	représente	«	l’idée	d’une	actualité	qui	se	déverse	en	un	flot	inarrêtable	»60
.	
L’internaute	se	retrouve	confronté	à	un	déluge	de	publications,	qu’il	n’a	pas	toujours	le	temps	
de	traiter.	Ce	flot	continu	d’informations	le	bombarde	et	l’agresse.	Il	devient	alors	incapable	
de	faire	preuve	de	bon	sens.	En	1	minute	sur	Internet	:	
																																																								
60
	Mathieu	Beigbeder	–	Rue89
49	
- 2,5	millions	de	contenus	sont	partagés	sur	Facebook	
- Près	de	300.000	tweets	sont	envoyés	
- Plus	de	200.000	photos	sont	partagées	sur	Instagram	
- 3.500	images	sont	épinglées	sur	Pinterest	
- 72	heures	de	vidéo	sont	téléchargées	sur	YouTube	
- 200	millions	de	mails	sont	envoyés61
	
	
Ce	déluge	d’informations	est	dû	à	la	multiplicité	des	médias	et	des	supports.	De	plus,	tout	le	
monde	peut	devenir	une	source	d’information	à	travers	un	compte	public	sur	les	réseaux	
sociaux.	L’information	est	asphyxiée	par	la	quantité.	Il	est	alors	très	facile	de	se	perdre	à	
travers	les	dédales	d’internet.		
	
	
	
Sur	les	160	personnes	que	j’ai	interrogées,	104,	soit	65%,	sont	d’accord	pour	dire	qu’il	existe	
bien	un	trop	plein	d’informations	sur	les	réseaux	sociaux.	De	ce	fait,	les	questions	que	tout	le	
monde	se	pose	sont	bien	évidemment	les	suivantes	:	comment	faire	pour	s’y	retrouver	?	
Comment	y	remédier	?	
	
2.2. Les	solutions	envisageables	
	
Il	faut	vraiment	réussir	à	développer	sa	visibilité	sur	les	différents	réseaux	sociaux.	Mais	il	faut	
faire	attention	et	se	rappeler	qu’ils	ne	fonctionnent	pas	tout	de	la	même	manière.	Un	bon	
conseil	serait	de	publier	les	informations	importantes	pendant	les	heures	creuses.	En	effet,	
																																																								
61
	Source	http://www.neovectis.com/
50	
lorsque	l’on	poste	en	même	temps	que	tout	le	monde,	on	apparait	beaucoup	moins	dans	le	
fil	d’actualités	de	ses	fans.	De	plus,	les	publications	ont	de	fortes	chances	d’être	noyées	dans	
le	flot	continu	d’informations	postées	sur	Facebook	par	toutes	les	autres	pages	et	ses	amis.	Si	
l’on	veut	être	vu,	il	faut	aussi	beaucoup	poster	(pas	trop	non	plus,	il	ne	faut	pas	oublier	qu’il	
ne	faut	pas	agacer	ses	fans	!).	En	effet,	l’algorithme	de	Facebook	montre	les	publications	des	
pages	qui	postent	vraiment	régulièrement.		
	
Il	est	tout	de	même	primordial	de	suivre	l’actualité.	En	effet,	il	est	des	sujets	qui	retiennent	
toute	 l’attention	 et	 des	 différents	 médias,	 et	 des	 internautes.	 Ces	 derniers	 mois,	 dans	 le	
monde	de	la	musique,	ont	été	riches	en	actualités	percutantes.	Plusieurs	sujets,	par	exemple,	
ont	fait	le	tour	du	monde	et	des	réseaux	sociaux	:	la	mort	de	David	Bowie	puis	celle	de	Prince,	
le	 remplacement	 du	 chanteur	 d’AC/DC	 par	 celui	 des	 Guns	 ‘N	 Roses,	 pour	 la	 partie	
internationale.	Mais	la	France	n’est	pas	en	reste	avec	le	grand	retour	de	Renaud.		Ces	quatre	
événements	ont	beaucoup	fait	parler	d’eux,	et	ont	déchaîné	les	foules	et	les	passions.	Les	fans	
ont	partagé	et	commenté	en	masse	les	informations	les	concernant,	ce	qui	a	eu	pour	résultat	
de	n’avoir,	sur	son	fil	d’actualités	Facebook	ou	Twitter,	que	des	posts	parlant	de	ça.	Tout	le	
reste	était	carrément	invisible.	Que	l’on	soit	intéressé	ou	pas	par	ces	différentes	nouvelles,	
nous	n’avions	pas	le	choix.	Il	est	donc	bien	évidemment	inutile,	pour	un	artiste	émergent,	de	
poster	quelque	chose	à	un	moment	pareil.	Dans	ce	genre	de	cas,	il	est	recommandé	d’attendre	
un	peu	que	ça	se	tasse	pour	publier	une	information	importante	et	retrouver	de	la	visibilité.	
	
Quant	au	nombre	de	fois	que	l’on	doit	publier	la	même	information,	Laurie	Cotteaux62
	a	son	
avis	sur	la	question	:	«	sur	Twitter,	les	gens	qui	n’y	sont	pas	allés	les	dernières	24	heures	ne	
verront	plus	le	tweet.	Là,	il	ne	faut	pas	hésiter	à	reposter	l’information.	Au	contraire,	sur	
Facebook,	On	va	éviter	de	poster	deux	fois	de	suite	la	même	chose	».			
	
Pour	tirer	son	épingle	du	jeu,	il	faut	une	communication	innovante.	Rappelons	que	les	réseaux	
sociaux	sont	de	très	bon	outils	qui	permettent	toute	créativité.	Les	publications	sponsorisées,	
par	 exemple,	 peuvent	 également	 être	 une	 solution.	 Comme	 elles	 ne	 touchent	 que	 la	
population	précise	que	l’artiste	souhaite	cibler,	son	compte	ou	son	post	en	particulier	auront	
toutes	les	chances	d’être	vus	par	les	fans	et	ceux	susceptibles	de	le	devenir.	En	effet,	elles	vont	
pouvoir	 être	 proposées	 aux	 personnes	 en	 fonction	 de	 plusieurs	 critères	 :	 âge,	 sexe,	 lieux	
d’habitation,	 centres	 d’intérêts,	 etc.,	 sous	 réserve	 qu’elles	 aient	 rempli	 toutes	 ces	
informations	sur	leur	profil.	On	peut	également	choisir	son	type	d’annonce	en	fonction	de	ses	
objectifs	:	
- Faire	découvrir	un	post	en	particulier.	On	appelle	ça	«	stimuler	une	publication	».	
L’objectif,	 ici,	 est	 d’inviter	 sa	 cible	 à	 aimer,	 commenter	 et/ou	 partager	 le	 post	 en	
question	;	
																																																								
62
	Digital	Marketing	Manager	chez	PIAS
51	
- Obtenir	de	nouveaux	«	j’aime	»	sur	sa	page	;	
- Faire	découvrir	son	site	internet	;	
- Promouvoir	son	événement	;	
- Promouvoir	 une	 action	 spécifique	 qui	 doit	 être	 réalisée	 sur	 son	 site	 internet	
(inscription	à	une	newsletter	en	échange	d’un	titre	gratuit	par	exemple).	
Il	est	conseillé	de	lancer	une	campagne	de	publicité	quelques	temps	après	avoir	lancé	sa	page.	
Il	est	important	d’avoir	déjà	commencé	à	l’animer.	En	effet,	il	faut	surtout	savoir	comment	
elle	 fonctionne	 et	 comment	 s’adresser	 à	 ses	 fans.	 Il	 faut	 avoir	 en	 tête	 que	 les	 annonces	
sponsorisées	sont	aussi	là	pour	améliorer	la	relation	avec	eux.	
Il	 ne	 faut	 pas	 oublier	 aussi	 de	 collaborer	 avec	 ses	 fans	 !	 Plus	 on	 entretient	 une	 relation	
privilégiée	avec	eux,	plus	on	a	de	chance	d’être	vu	par	eux.	
	
	
Sur	Facebook,	chaque	utilisateur	a	en	moyenne	300	amis.	Si	ces	300	amis	se	mettent	à	poster	
chaque	jour,	on	ne	s’en	sort	plus	et	il	est	très	difficile	de	tout	voir.		Le	réseau	social	filtre	alors	
tous	ces	posts,	grâce	à	son	algorithme	Edge	Rank,	pour	n’en	afficher	qu’environ	10%.	Les	
paramètres,	près	de	100	000	différents63
,	de	cet	algorithme	sont	changés	régulièrement	afin	
de	montrer	aux	utilisateurs	ce	qui	devrait	les	intéresser	le	plus.		On	retrouve	par	exemple	les	
paramètres	suivants	:	
- L’affinité	:	les	statuts	d’une	page	ou	d’un	«	ami	»	avec	qui	on	a	déjà	interagi	dans	le	
passé	sont	plus	susceptibles	d’être	mis	en	avant	;	
- L’interaction	:	le	contenu	remonte	dans	le	fil	d’actualités	si	un	grand	nombre	d’amis	a	
interagi	avec	;	
- Le	type	de	contenu	:	les	statuts	et	les	photos/vidéos	ont	plus	de	poids	que	le	reste	;	
- Le	temps	:	une	publication	a	plus	de	chance	d’être	mise	en	avant	si	elle	est	récente.	
	
	
	
Affinité	x	Poids	(du	contenu)	x	Temps	
	
	
																																																								
63
	Source	obsweb.net
52	
Twitter	a	également	fait	de	même	début	2016,	décidant	aussi	de	faire	remonter	les	actualités	
les	plus	intéressantes	en	fonction	de	chaque	utilisateur,	toujours	grâce	à	un	algorithme.	Au	
départ,	les	tweets	sont	affichés	par	ordre	antéchronologique,	du	plus	récent	au	plus	ancien.	A	
partir	de	maintenant,	on	va	pouvoir	retrouver	un	tweet	posté	il	y	a	1	minutes,	puis	un	posté	il	
y	a	5	heures,	suivi	d’un	autre	posté	il	y	a	30	minutes.	Mais	est-ce	le	mieux	pour	les	utilisateurs	
de	Twitter	?	Rien	n’est	moins	sûr.	Il	nous	faudrait	plus	de	recul	pour	pouvoir	en	juger.	
	
L’application	Instagram	a	donc	aussi	décidé	d’agir,	quelques	semaines	après	l’annonce	de	
Twitter.	Elle	revendique	avoir	dépassé	les	400	millions	d’abonnés,	avec	plus	de	80	millions	de	
photos	 et	 vidéos	 postées	 chaque	 jour.	 Et	 de	 ce	 fait,	 il	 est	 de	 plus	 en	 plus	 difficile	 pour	
l’utilisateur	de	voir	toutes	les	photos	postées	par	les	gens	qu’il	suit.	En	effet,	selon	Kevin	
Systrom,	co-fondateur	d’Instagram,	les	membres	loupent	près	de	70%	du	contenu	publié	dans	
leur	fil	d’actualités64
.	C’est	pourquoi	le	réseau	social	a	annoncé	en	mars	2016	avoir	créé	un	
algorithme	qui	va	choisir	pour	lui	les	photos	qui	peuvent	le	plus	l’intéresser.	Il	veut	donc	
s’assurer	que	les	30%	restants	soit	du	contenu	de	qualité.	Il	ne	reste	plus	qu’à	voir	dans	les	
prochaines	semaines,	ou	mois,	ce	que	cela	va	donner.	
	
2.3. Exemples	de	solutions	trouvées	par	les	artistes	
	
Malemort	et	Coldstone	sont	deux	groupes	de	rock	français	qui	tentent	de	se	faire	une	place	
dans	le	monde	de	la	musique.		
	
Le	premier	fonctionne	entièrement	via	le	biais	de	l’autogestion	et	de	l’autofinancement.	Il	en	
est	donc	de	même	pour	la	communication,	qui	est	gérée	directement	par	ses	membres.	Selon	
le	groupe,	l’arrivée	des	réseaux	
sociaux	 a	 été	 synonyme,	 pour	
les	 artistes,	 de	 la	 fin	 du	 sacro-
saint	 site	 web.	 De	 ce	 fait,	 la	
présence	 web	 de	 Malemort	 se	
résume	 à	 une	 page	 Facebook,	
une	 page	 Bandcamp	 et	 une	
chaîne	 YouTube.	 La	 gestion	 de	
ces	trois	comptes	est	collective	
et	 centrée	 sur	 l’actualité	 du	
groupe.	Les	membres	ont	choisi,	
pour	 capter	 l’audience,	 de	 proposer	 un	 beau	 contenu	 visuel	 avec	 des	 photos	 de	 leurs	
performances	live.	Leur	activité	la	plus	rentable	étant	la	vente	de	produits	dérivés	pendant	
leurs	concerts,	ils	se	doivent	de	maximiser	l’appétence	du	public	pour	leurs	shows.	Et	ils	s’en	
																																																								
64
	Source	RTL.fr
53	
sortent	plutôt	bien	puisque	leurs	fans	réagissent	beaucoup	aux	publications.	Cependant,	en	
fonction	de	l’actualité,	ils	savent	pertinemment	qu’ils	ne	seront	pas	très	visibles	:	«	avec	la	
mort	de	Prince,	fin	avril	2016,	toute	volonté	de	diffusion	d’un	message	de	Malemort	passerait	
complètement	inaperçu	et	ne	récolterait	aucune	audience65
	».	Le	choix	du	moment	pour	
communiquer	sur	Facebook	est	donc	primordial.		
	
	
Pour	Coldstone,	il	existe	bien	un	véritable	problème	avec	les	réseaux	sociaux.	De	par	leur	
gratuité,	ils	sont	ouverts	à	un	nombre	illimité	de	personnes	et	de	ce	fait,	ils	devraient	faire	
exploser	la	popularité	des	artistes.	Mais	ce	n’est	pas	le	cas,	parce	que	tout	le	monde	s’y	met	
en	même	temps	et	procède	de	la	même	façon.	On	reçoit	alors	un	trop	grand	nombre	de	
notifications,	de	publications	de	personnes	ou	de	pages	de	groupes	et,	à	force,	on	n’a	même	
plus	envie	d’y	jeter	un	coup	d’œil.	Sauf	lorsqu’il	s’agit	d’un	groupe	qui	nous	tient	réellement	
à	cœur.			
De	 leur	 côté,	 c’est	 un	 peu	 la	
même	 chose	 que	 pour	
Malemort.	 Le	 groupe,	 et	 plus	
particulièrement	 Philippe,	 le	
bassiste,	 s’occupe	 lui-même	 de	
la	 communication.	 Et	 selon	 lui,	
les	réseaux	sociaux	ne	suffisent	
pas	à	eux	seuls	à	augmenter	la	
côte	de	popularité	d’un	artiste.	Il	
faut	 également	 faire	 le	 plus	 de	
concerts	possible.	Cependant,	il	
rappelle	qu’il	est	possible,	sur	Facebook,	de	sponsoriser	une	publication,	même	si	utiliser	cette	
méthode,	 uniquement	 dans	 le	 but	 de	 récolter	 des	 «	 like	 »,	 n’est	 pas	 la	 solution.	
Malheureusement,	il	est	tout	de	même	persuadé	qu’un	grand	nombre	de	«	like	»	peut	suffire	
pour	 être	 sélectionné	 par	 un	 label	 ou	 une	 salle	 de	 concert.	 Ils	 deviennent	 presque	 plus	
importants	que	la	musique	en	elle-même.	Il	précise	également	que	son	groupe	n’aurait	jamais	
eu	certaines	opportunités	sans	Facebook.	C’est	d’ailleurs	grâce	au	réseau	social	que	Coldstone	
a	été	repéré	et	qu’il	va	faire	une	tournée	à	l’étranger.	La	seule	chose	qu’il	peut	ajouter,	c’est	
qu’il	faut	impérativement	jouer	sur	l’image	du	groupe	pour	gagner	en	visibilité	et	contrer	cette	
saturation	de	l’information.	
	
																																																								
65
	Steve,	guitariste	de	Malemort
54	
Un	autre	artiste	est	là	pour	confirmer	les	dires	des	deux	groupes	précédents	:	Marko	Balland,	
un	des	plus	grands	harmonicistes	français	de	sa	génération.	Effectivement,	comme	Malemort	
et	Coldstone,	il	s’occupe	de	tout	lui-même	:	communication,	tournée,	etc.	Mais	lui	gère	ça	au	
«	 feeling	 »,	 comme	 il	 dit.	
Cependant,	si	on	va	faire	un	tour	sur	
sa	page	Facebook,	par	exemple,	on	
remarque	 bien	 que	 ses	 types	 de	
publications	 sont	 similaires	 à	 ceux	
des	 deux	 groupes	 cités	
précédemment.	Dans	tous	les	cas,	
cela	 fonctionne	 plutôt	 bien	 et	 lui-
même	se	considère	comme	visible	
sur	les	réseaux	sociaux.		Selon	lui,	
s’il	est	autant	visible,	c’est	grâce	aux	
deux	comptes	Facebook	différents	qu’il	utilise.	L’un	est	consacré	à	ses	amis	musiciens	et	à	ses	
proches,	l’autres	à	des	personnes	qu’il	ne	connaît	pas	particulièrement	mais	qui	aiment	déjà	
ce	qu’il	propose	musicalement.	Comme	ces	personnes	sont	très	nombreuses,	elles	n’hésitent	
pas	à	partager	et	commenter	ce	qu’il	publie.	Par	conséquent,	sa	visibilité	est	deux	fois	plus	
importante	et	son	nombre	de	fans	augmente	proportionnellement.	
	
	
Maintenant	que	nous	avons	pu	voir	toutes	les	raisons	d’une	présence	sur	le	web,	que	nous	
avons	pu	expliquer	quels	étaient	les	outils	les	plus	intéressants	pour	un	artiste,	nous	allons	
étudier,	grâce	à	un	cas	réel,	si	ces	conseils	sont	finalement	applicables	ou	non.
55	
Partie	3	–	Domino	and	the	Ghosts	:	les	propositions	applicables	
	
Cette	partie	se	veut	être	une	sorte	de	cas	pratique.	Le	choix	de	mon	sujet	accepté,	j’ai	eu	l’idée	
de	m’occuper	personnellement	d’un	groupe.	Ce	mémoire	est	pour	moi	l’occasion	de	mettre	
en	 pratique	 tout	 ce	 que	 j’ai	 pu	 apprendre	 durant	 mes	 années	 à	 l’EFAP	 et	 pendant	 mes	
recherches	documentaires	effectuées	pour	ce	dossier.	
	
1. Présentation	du	groupe	Domino	and	the	Ghosts	
	
Domino	and	the	Ghosts	est	un	groupe	de	rock	originaire	de	Metz	fondé	en	2007	par	Valentin,	
alias	Domino.	La	composition	du	groupe	a	
beaucoup	 changé	 depuis	 ses	 débuts.	 En	
effet	 tous	 les	 musiciens	 recrutés	 par	
Valentin	ne	prenaient	pas	le	projet	assez	
au	 sérieux	 et	 partaient	 au	 bout	 de	
quelques	temps.	Lors	de	la	rencontre	avec	
le	 groupe,	 ils	 étaient	 deux	 :	 Domino,	 et	
Alexandre.	Aujourd’hui,	encore	une	fois,	il	
ne	 reste	 plus	 que	 le	 fondateur,	 qui	
considère	que	Domino	and	the	Ghosts	est	
un	projet	à	géométrie	variable.	En	effet,	il	
est	 aujourd’hui	 composé	 de	 trois	
personnes	 :	 Domino	 au	 chant	 et	 à	 la	
guitare,	Maryska	à	la	basse	et	«	Mémé	»	à	
la	batterie.	
	
	
Le	groupe	a	déjà	3	EP	à	son	actif,	conçus	
comme	une	trilogie	:	With	Decay…	And	No	
Compassion,	 sorti	 en	 janvier	 2012,	 I	 Am	
The	 Noise…	 You’re	 My	 Silence,	 sorti	 en	
septembre	2013	et	Songs	For…	Glasgow,	sorti	en	novembre	2014.	
	
	
Les	influences	de	groupes	tels	que	Deftones,	The	Smashing	Pumpkins	ou	Portishead	sont	
complétées,	dans	le	nouvel	EP	à	venir,	par	celles	de	The	Weeknd,	Warpaint	ou	Damien	Rice.	
	
	
	
Domino
56	
2. La	stratégie	de	communication	digitale	
	
2.1. Mise	en	place	de	la	stratégie	
	
2.1.1. Première	rencontre	avec	le	groupe	
	
Alexandre	 était	 un	 de	 mes	 amis	 lycée,	 lorsque	 j’étais	 en	 terminale.	 Mais	 une	 fois	 mon	
baccalauréat	en	poche,	nos	chemins	se	sont	séparés.	Lorsque	je	l’ai	revu,	grâce	à	un	ami	
commun,	en	août	2015,	il	m’a	parlé	du	nouveau	groupe	dans	lequel	il	jouait.		Il	m’a	expliqué	
qu’il	était	content	d’en	faire	partie,	qu’il	avait	enfin	trouvé	un	groupe	digne	de	ce	nom	avec	
des	projets	intéressants.	Je	n’ai	pas	hésité	une	seule	seconde	et	lui	ai	donc	parlé	à	mon	tour	
de	mon	projet	pour	mon	mémoire	de	fin	d’études.	Il	a	tout	de	suite	été	emballé	par	l’idée	et	
s’est	empressé	de	contacter	son	collègue,	Domino.	J’ai	pu	discuter	avec	ce	dernier	par	le	biais	
d’internet.	Lui	aussi	a	tout	de	suite	été	enchanté	par	le	projet.	C’est	donc	après	des	heures	de	
discussion	que	l’on	s’est	donné	rendez-vous,	deux	semaines,	plus	tard	pour	que	je	puisse	leur	
proposer	mes	idées.	Leurs	objectifs	étaient	alors	les	suivants	:	gagner	en	visibilité	sur	les	
réseaux	sociaux	et	obtenir	plus	de	fans,	dans	le	but	de	faire	plus	de	concerts	et	par	la	suite	de	
sortir	un	album.	
	
2.1.2. Analyse	du	contexte	
	
Pendant	 quinze	 jours,	 j’ai	 pu	 analyser	 attentivement	 le	 comportement	 du	 groupe	 sur	 les	
réseaux	sociaux.	Autant	dire	que	ce	n’était	pas	très	probant.	En	effet,	au	11	aout	2015,	lorsque	
j’ai	connu	le	groupe,	leur	présence	sur	les	réseaux	sociaux	se	résumait	à	ça	:	
- Leur	 page	 Facebook	 comptait	 316	 fans.	 Mais	 il	 y	 avait	 très	 peu	 de	 réaction	 et	
d’engagement	 de	 leur	 part.	 Le	 plus	 souvent,	 le	 groupe	 partageait	 des	 photos,	 des	
informations	les	concernant	et	des	événements	;	
- Leur	 compte	 Twitter	 comptait	 370	 abonnements	 pour	 118	 abonnés.	 Très	 peu	 de	
tweets	étaient	postés,	puisque	depuis	janvier	2012,	seulement	615	tweets	ont	été	
écrits.	Il	y	avait	également	très	peu	de	réaction	de	la	part	des	followers	;	
- Leur	page	Soundcloud	comptait	150	abonnements	pour	79	abonnés.	15	morceaux	
étaient	publiés	sur	ce	compte.	Il	y	avait	environ	300	écoutes	par	titre	;	
- Leur	page	Bandcamp	proposait	leur	trois	EP	à	la	vente,	pour	5	euros	chacun	;	
- Pour	finir,	18	photos	étaient	postées	sur	leur	compte	Instagram.	On	comptait	176	
abonnements	 pour	 46	 abonnés.	 Encore	 une	 fois,	 peu	 de	 réaction	 de	 la	 part	 des	
abonnés.	
	
En	fouillant	un	peu	sur	les	différents	réseaux	sociaux,	on	se	rend	vite	compte	qu’il	y	a	un	
nombre	inimaginable	et	incalculable	de	groupes	de	musique	qui	tentent	de	percer.	Il	était
57	
intéressant	de	regarder	comment	certains	faisaient	leur	communication,	pour	s’inspirer,	ou	
éviter	de	faire	les	mêmes	erreurs.	
	
Groupes/Artistes	 Les	+	 Les	-	
Last	Train	
• Très	 forte	 présence	 sur	 les	
réseaux	 sociaux	 principaux	 :	
Facebook,	Twitter,	Instagram	
• Postent	de	tout	:	photos	de	la	
vie	 quotidienne,	 photos	 des	
concerts,	photos	«	officielles	»,	
news,	dates	de	concerts,	etc.	
• Répondent	 facilement	 aux	
messages	 privés,	 aiment	 les	
commentaires	des	fans,	etc.	
	
Malemort	
• Présent	 principalement	 sur	
Facebook	
• Postent	 beaucoup	 de	 photos	
(professionnelles	 pour	 la	
plupart)	et	de	vidéos	de	leurs	
concerts,	 annoncent	 les	 dates	
de	 concerts,	 partagent	 les	
interviews	faites	d’eux	
• Répondent	 facilement	 aux	
messages	 privés,	 aiment	 les	
commentaires	des	fans,	etc.	
• Page	 Twitter	 à	 l’abandon	
depuis	mai	2014	
Coldstone	
• Partagent	 leurs	 dates	 de	
concerts,	postent	des	photos	
• Répondent	 facilement	 aux	
messages	 privés,	 aiment	 les	
commentaires	des	fans,	etc.	
• Ne	 postent	 pas	 assez	
régulièrement	
• Parlent	 de	 l’actualité	
musicale,	et	ça	ne	fonctionne	
pas		
Marko	Balland	
• Poste	 régulièrement	 (photos,	
vidéos,	dates	de	concerts,	etc.)	
• Répond	 facilement	 et	 très	
rapidement	 aux	 messages	
privés	
• Présent	sur	Facebook,	Twitter	
et	 Instagram	 (où	 il	 poste	 des	
photos	 de	 ses	 shows	 et	 des	
salons	spécialisés	où	il	se	rend)	
• Compte	 Twitter	 relié	 au	
compte	Facebook.	De	ce	fait,	
aucune	vraie	publication	sur	
le	premier.
58	
A	travers	ce	tableau,	on	se	rend	bien	compte	que	ces	quatre	artistes	différents	gèrent	leurs	
pages	sur	les	réseaux	sociaux,	de	la	même	façon.	Et	ça	fonctionne	plutôt	pas	mal.	Il	paraît	alors	
intéressant	de	partir	sur	le	même	fonctionnement,	avec,	bien	évidemment,	une	touche	de	
personnalité.	Il	s’agira	donc	de	bien	choisir	les	outils	en	fonction	de	la	stratégie	qu’on	va	
adopter.		
	
2.1.3. Deuxième	rencontre	avec	le	groupe	:	quelles	sont	les	propositions	?	
	
J’ai	donc	rencontré	le	groupe	pour	la	deuxième	fois,	deux	semaines	plus	tard.	J’avais	eu	le	
temps	de	réfléchir	aux	actions	qui	pouvaient	être	faites	pendant	les	six	prochains	mois.		J’ai	
ainsi	pu	leur	proposer	mes	idées.	Nous	avons	longuement	discuté	et	débattu.	Certaines	choses	
leur	ont	immédiatement	plu,	d’autres	ont	dû	être	modifiées,	voire	supprimées,	et	d’autres	ont	
été	ajoutées.		
	
Celles	qui	ont	été	retenues	sont	les	suivantes	:	
- Créer	un	site	internet	au	nom	du	groupe,	avec	les	informations	principales	:	biographie,	
dates	de	concerts,	revue	de	presse,	contacts…	
- Mieux	gérer	les	comptes	Facebook	et	Twitter	:	pour	cela,	il	y	a	un	besoin	inévitable	de	
cohérence	 dans	 le	 rythme	 de	 publication.	 Le	 groupe	 doit	 d’abord	 s’organiser.	 Les	
membres	doivent	décider	plusieurs	choses	:	qui	et	combien	de	personnes	vont	gérer	
la	page,	et	si	nécessaire,	les	autres	réseaux	sociaux	?	Veulent-ils	que	la	page	soit	très	
active	ou	non	?	Posteront-ils	régulièrement	?	Dans	tous	les	cas,	le	contenu	devra	être	
plus	attractif	pour	les	fans,	à	savoir	des	photos,	des	vidéos,	et	les	actualités	du	groupe	;	
- Arrêter	le	compte	Instagram,	en	tout	cas	au	début,	puisqu’il	était	très	peu	utilisé.	
Seulement	quelques	photos	étaient	postées,	et	au	compte-goutte.	Un	compte	peu	
actif	ne	sert	à	rien,	mieux	vaut	alors	se	concentrer	sur	les	autres	réseaux	;	
- Créer	une	chaîne	YouTube	;	
- Lancer	une	campagne	de	crowdfunding	pour	financer	une	partie	du	nouvel	EP.	
	
Elles	 sont,	 certes,	 peu	 nombreuses,	 mais	 vraiment	 nécessaires	 pour	 pouvoir	 développer	
correctement	sa	présence	sur	internet	et	les	réseaux	sociaux.	
	
2.2. Cette	stratégie	là	et	pas	une	autre	:	les	raisons	
	
Premièrement,	si	nous	avons	décidé	de	créer	un	site	internet,	c’est	tout	simplement	car	il	
s’agit	 d’un	 élément	 essentiel	 dans	 l’étape	 de	 construction	 de	 l’identité	 numérique	 d’un	
groupe.	 Comme	 on	 a	 pu	 le	 voir	 dans	 les	 parties	 précédentes,	 le	 site	 web	 est	 l’une	 des	
premières	choses	que	l’on	souhaite	trouver	lorsque	l’on	recherche	un	groupe	sur	internet.	Il	
était	donc	inconcevable	de	ne	pas	commencer	par	là.	Il	était	également	impératif	de	mieux	
gérer	les	pages	Facebook	et	Twitter	du	groupe,	qui	étaient	pour	ainsi	dire,	à	l’abandon.
59	
Deuxièmement,	 J’ai	 trouvé	 qu’il	 était	 tout	 simplement	 impensable	 que	 Domino	 and	 the	
Ghosts	n’ait	pas	de	chaîne	ou	tout	simplement	de	présence	sur	YouTube.	Il	ne	faut	pas	oublier	
que	YouTube	est	très	utilisé	en	tant	que	plateforme	d’écoute,	et	que	les	vidéos	sont	très	
partagées	sur	les	réseaux	sociaux.	Une	présence	sur	ce	site	est	quasiment	obligatoire	pour	un	
groupe.	
	
Concernant	les	trois	autres	réseaux	sociaux	sur	lesquels	le	groupe	était	déjà	présent,	il	était	
évident	de	modifier	les	choses.	Instagram	n’était	pas	forcément	utile,	puisque	très	peu	utilisé	
à	sa	juste	valeur.	J’ai	donc	préféré	laissé	le	compte	de	côté.	D’autant	plus	qu’il	est	préférable	
de	ne	pas	être	sur	trop	de	réseaux	en	même	temps,	si	on	n’est	pas	capable	de	bien	les	gérer.	
Dans	 ce	 cas,	 il	 est	 plus	 intelligent	 d’axer	 la	 communication	 sur	 les	 principaux,	 qui	 sont	
Facebook	et	Twitter.		
	
2.3. Le	déroulement	
	
Ça	a	été	très	difficile.	En	effet,	il	a	été	très	dur	de	travailler	avec	le	groupe	alors	que	j’étais	aux	
Etats-Unis	avec	six	heures	de	décalage	horaire.	De	plus,	Domino	a	mis	très	longtemps	avant	
de	comprendre	à	quel	point	il	était	important	de	me	tenir	au	courant	de	tout	ce	qu’il	faisait,	
pour	que	moi,	de	mon	côté,	je	puisse	faire	mon	travail.	Le	départ	d’Alexandre	a	été	un	coup	
dur.	 Je	 ne	 m’y	 attendais	 pas	 du	 tout,	 et	 j’ai	 eu	 très	 peur	 que	 le	 groupe	 n’existe	 plus.	
Finalement,	le	travail	a	été	beaucoup	plus	facile	à	partir	de	ce	moment-là.		
	
- Création	du	site	internet	:	
Domino	n’en	n’avait	pas	créé	de	peur	de	devoir	coder66
.	J’ai	donc	décidé	de	prendre	les	choses	
en	main,	même	si	moi-même	je	ne	savais	pas	le	faire.	L’avantage,	c’est	qu’on	n’en	n’avait	pas	
forcément	besoin,	surtout	que	le	groupe	était	à	la	recherche	d’un	design	très	simple.	Je	suis	
donc	passée	par	l’hébergeur	e-monsite,	qui	propose	pas	mal	de	fonctionnalités	tout	en	étant	
gratuit.	Il	a	donc	fallu	que	je	crée	une	page	d’accueil,	les	rubriques	du	site,	etc.		
	
Comme	je	l’ai	dit,	le	design	voulu	par	Domino	était	simple	:	noir	et	blanc,	et	sans	fioritures.	
C’est	donc	ce	que	j’ai	essayé	de	faire.	Même	sans	avoir	à	coder,	je	n’avais	pas	l’habitude	de	
créer	 des	 sites	 internet.	 J’ai	 donc	 dû,	 dans	 un	 premier	 temps,	 apprendre	 à	 me	 servir	 de	
l’éditeur	 de	 site	 proposé	 par	 e-monsite.	 J’ai	 ensuite	 pu	 y	 faire	 les	 modifications	 que	 je	
souhaitais	faire.	J’ai	ajouté	une	bannière	au	nom	du	groupe,	qui	présente	la	dernière	grosse	
actualité	(à	savoir	la	publication	d’un	nouvel	EP	en	mai	2016),	que	l’on	peut	voir	à	partir	de	
toutes	 les	 pages	 du	 site.	 Sur	 la	 page	 d’accueil,	 on	 aperçoit	 :	 les	 différentes	 rubriques	
																																																								
66
	Ecrire	un	ensemble	d’instruction	en	langage	machine	(HTML5	ou	CSS	par	exemple)	afin	de	constituer	
un	programme	(ici	un	site	internet).
60	
(Biographie,	 Photos,	 contact,	 etc.),	 un	 formulaire	 pour	 s’inscrire	 à	 notre	 mailing	 list,	 les	
différents	sites	sur	lesquels	le	groupe	est	présent	(Soundcloud,	Bandcamp,	etc.),	et	les	fils	
d’actualité	Facebook	et	Twitter.		
	
En	 ce	 qui	 concerne	 les	 rubriques,	 elles	 ont	 été	 choisies	 par	 Domino	 et	 moi-même.	 Nous	
voulions	que	le	principal	des	informations	soit	à	disposition	des	visiteurs.	Ainsi,	on	retrouve	
plus	exactement	:	la	biographie	du	groupe,	les	dates	de	concerts	à	venir,	des	photos,	les	
articles	de	presse	qui	parlent	du	groupe,	et	une	partie	contact.		
	
	
Site	internet	de	Domino	and	the	Ghosts	quand	l’EP	«	Love	Part	1	»	était	toujours	d’actualité	
	
Pour	l’adresse	du	site,	nous	avons	décidé	de	partir	tout	simplement	sur	le	nom	du	groupe.	
Bien	que	e-monsite	soit	officiellement	gratuit,	nous	avons	tout	de	même	payé	35	euros	pour	
l’année	afin	d’obtenir	notre	propre	nom	de	domaine.	De	ce	fait,	le	site	se	retrouve	sous	le	lien	
dominoandtheghosts.com	 à	 la	 place	 de	 dominoandtheghosts.e-monsite.com.	 Ce	 n’est	 pas	
grand-chose,	mais	ça	fait	tout	de	suite	plus	professionnel.		
	
- Pages	Facebook	et	Twitter	:	
Il	était	bien	évidemment	primordial	de	mieux	gérer	les	pages	Facebook	et	Twitter.	Comme	je	
l’ai	noté	plus	haut,	les	résultats	obtenus	avant	le	début	de	mon	travail	n’étaient	pas	très	
probants.	Je	n’ai	pas	forcément	cherché	à	obtenir	plus	de	fans	sur	les	deux	comptes,	mais	
surtout	à	augmenter	l’engagement	de	ceux	déjà	présents.	Nous	avons	décidé,	avec	Domino,	
de	nous	partager	le	travail.	Lui	s’occupe	de	Facebook,	et	moi	de	Twitter,	car	il	n’est	pas	très	à	
l’aise	avec	ce	dernier.	Pour	les	deux	comptes,	nous	avons	défini	des	objectifs	et	notre	cible
61	
principale.	Le	but	principal	était	de	se	faire	plus	connaître,	tout	en	augmentant,	comme	je	l’ai	
dit,	l’engagement	des	fans,	des	amateurs	de	rock-rock	expérimental	entre	18	et	35	ans.	
	
o Facebook	:	Il	a	fallu	que	j’explique	à	Domino	comment	mieux	gérer	sa	page.	Je	
lui	ai	imposé	un	rythme	de	publication	d’au	moins	un	post	tous	les	deux	jours,	ce	qu’il	a	eu	
beaucoup	de	mal	à	tenir	pendant	les	premiers	mois.	Pour	le	type	de	publications,	je	lui	ai	
conseillé,	dans	un	premier	temps,	de	garder	son	trait	d’humour,	qui	le	définit	complètement.	
Je	lui	ai	également	conseillé	de	prendre	des	photos	et/ou	des	vidéos	pendant	les	répétitions,	
les	 showcases,	 l’enregistrement	 de	 quelques	 titres,	 etc.	 Lorsque	 Alexandre	 faisait	 encore	
partie	du	projet,	il	a	été	difficile,	pour	moi,	de	faire	entendre	mon	point	de	vue.	Selon	lui,	faire	
des	 photos	 avec	 un	 smartphone	 n’était	 pas	 utile,	 et	 personne	 n’en	 n’aurait	 pris	 avec	 un	
appareil	professionnel	sans	demander	d’argent	en	retour.	Je	ne	suis	pas	du	tout	d’accord.	Tant	
que	la	photo	a	une	qualité	acceptable,	c’est	le	principal.	Il	faut	juste	que	le	groupe	soit	plus	
accessible	aux	yeux	de	ses	fans,	et	plus	présent	sur	les	réseaux.	Les	photos	et	les	vidéos	sont	
un	très	bon	moyen	de	palier	à	ce	manque,	surtout	quand	on	sait	qu’elles	suscitent	un	taux	
d’engagement	plus	important	que	toute	autre	publication.	Quand	il	a	finalement	décidé	de	
quitter	Domino	and	the	Ghosts,	tout	s’est	arrangé,	et	Domino	a	bien	plus	écouté	mes	conseils.	
Il	s’est	donc	mis	à	publier	plus	régulièrement,	annonçant	des	dates	de	concerts,	des	actualités,	
etc.	Nous	avons	également	mis	en	place,	au	mois	de	décembre,	un	décompte	jusqu’au	jour	de	
Noël.	Nous	avons	alors	offert	un	titre	en	exclusivité.	Domino	continue	de	poster	quelque	chose	
presque	tous	les	jours.	
	
Le	27	février,	nous	avons	également	lancé	une	campagne	de	publicité	dans	le	but	de	faire	
découvrir	la	page	à	plus	de	monde,	et	donc	de	faire	découvrir	le	groupe.	Nous	avons	dépensé	
35	euros	sur	une	semaine,	soit	5	euros	par	jour.	Le	public	ciblé	était	le	suivant	:	hommes	et	
femmes	habitant	en	France,	âgés	de	15	à	60	ans,	et	ayant	pour	intérêts	le	rock,	l’art	rock,	le	
noise,	 l’expérimental,	 la	 pop,	 le	 dark.	 En	 seulement	 quelques	 heures	 nous	 avions	 déjà	
récupéré	plus	de	60	nouveaux	fans.	Au	final,	ce	n’est	pas	moins	de	150	fans	de	plus	que	nous	
avons	obtenus,	et	le	taux	d’engagement	a	progressé.	
	
o Twitter	:	Comme	pour	Facebook,	il	a	fallu	instaurer	un	rythme	de	publication.	
Officiellement,	il	est	mieux	de	poster	un	ou	deux	tweets	par	jour.	Mais	nous	n’en	n’avions	pas	
la	possibilité	car	nous	n’avions	pas	de	choses	intéressantes	à	dire	quotidiennement.	Je	me	suis	
donc	cantonnée	à	publier	dès	que	l’on	avait	quelque	chose	d’important	à	annoncer	ou	une	
anecdote	assez	sympa	à	partager.	Certaines	fois,	Domino	n’avait	pas	forcément	la	possibilité	
de	m’annoncer	une	information.	Il	prenait	donc	la	main	pour	ne	pas	perdre	trop	de	temps,	et	
par	conséquent,	de	visibilité.	Nous	avons	principalement	tweeté	les	dates	des	concerts	à	venir,	
ou	des	photos.
62	
- Créer	une	chaîne	YouTube	:		
C’est	la	troisième	chose	que	nous	avons	faite.	Nous	en	avons	créé	une	au	nom	du	groupe,	et	
avons	publié	quelques	vidéos	et	morceaux.		J’ai	également	géré	le	design	de	la	chaîne	et	ajouté	
des	liens	vers	le	site	web	et	les	comptes	Facebook	et	Twitter.	Les	vidéos	qui	ont	le	plus	de	
succès	 sont	 celles	 montrant	 les	 performances	 live	 du	 groupe.	 Elles	 ne	 cumulent	 pas	 des	
milliers	de	vues	pour	l’instant,	mais	ça	monte	tout	doucement.	Surtout	depuis	mi-mars,	ce	qui	
est	bon	signe.	
	
- Lancer	une	campagne	de	crowdfunding	:	
Pour	pouvoir	financer	une	partie	de	la	production	du	nouvel	EP	du	groupe,	nous	avons	décidé,	
avec	Domino,	de	lancer	une	campagne	de	crowdfunding.	
Il	en	avait	lancé	une	six	mois	auparavant,	mais	elle	n’avait	pas	fonctionné.	Pourquoi	?	Je	pense	
tout	simplement	que	la	démarche	n’était	pas	la	bonne	et	qu’il	demandait	trop	d’argent	pour	
le	projet,	à	savoir	850	euros.	Lorsqu’il	a	lancé	la	campagne,	il	a	juste	posté	plusieurs	fois	par	
jour	le	lien	internet,	en	demandant	aux	gens	de	l’aider,	mais	sans	en	avoir	parlé	autour	de	lui	
au	préalable.	Et,	comme	on	a	pu	le	voir	dans	la	partie	deux,	ce	n’est	pas	le	meilleur	moyen	
pour	atteindre	son	objectif	de	collecte.	Evidemment,	au	bout	de	deux	mois	de	campagne,	ce	
n’est	que	100	euros	qui	ont	été	récoltés	(et	finalement	perdus	vu	que	la	somme	maximale	
n’était	pas	atteinte).	L’objectif	était	donc	loin	d’être	atteint.		
Cette	fois-ci,	il	ne	fallait	pas	se	tromper.	250	euros	nous	paraissaient	être	une	somme	correcte,	
que	l’on	devait	pouvoir	obtenir	facilement	si	on	s’y	prenait	bien.	J’ai	demandé	à	Domino	de	
parler	de	cette	future	campagne	autour	de	lui,	auprès	de	ses	amis,	des	gens	qu’il	rencontrait…	
et	surtout	d’en	parler	lors	de	son	concert	qui	avait	lieu	le	29	février	à	Metz.	Rien	de	tel	que	
d’en	toucher	un	mot	ou	deux	aux	gens	qui	étaient	présents.	Il	souhaitait	lancer	la	campagne	
mi-mars,	ce	qui	lui	laissait	assez	de	temps	pour	diffuser	l’information.	Dès	qu’elle	a	été	lancée,	
on	a	pu	publier	des	posts	sur	Facebook	et	Twitter	pour	informer	les	autres.		
	
En	ce	qui	concerne	la	campagne	en	elle-même,	Domino	a	choisi	la	plateforme	Ulule.	Il	a	écrit	
la	description	la	plus	complète	possible	et	les	contreparties,	souvent	écrites	avec	humour,	
étaient	les	suivantes	:		
• 5€	ou	plus	:	l’album	en	version	digitale	+	l’album	en	version	physique	+	la	première	
trilogie	d’EP	en	version	digitale	+	un	bisou	sur	la	joue	;	
• 10€	ou	plus	:	l’album	en	version	digitale	+	l’album	en	version	physique	et	dédicacé	+	
des	démos	et	des	titres	inédits	+	la	première	trilogie	d’EP	en	version	digitale	+	un	
bisou	sur	la	joue	(négociable	selon	le	feeling)	;	
• 15€	ou	plus	:	les	contreparties	précédentes	+	l’EP	Démo	Collection	«	Domino	Before	
and	Between	the	Ghosts	»	en	version	digitale	+	un	verre	avec	Domino	offert	;	
• 20€	ou	plus	:	les	contreparties	précédentes	+	des	versions	acoustiques	de	l’album	+	5	
reprises	au	choix	en	acoustique	+	un	«	petit	»	repas	sympa	offert	;
63	
• 25€	ou	plus	:	Les	contreparties	précédentes	+	des	photos,	des	illustrations	autour	de	
l’album	(à	accrocher	dans	sa	chambre)	+	des	vidéos	exclusives	qu’on	ne	verra	jamais	
nulle	part	+	un	vrai	repas	offert	;	
• 30€	ou	plus	:	les	contreparties	précédentes	+	un	concert	acoustique	par	skype	avec	
choix	de	la	setlist	+	un	repas	cuisiné	par	Domino	;	
• 100€	ou	plus	:	les	contreparties	précédentes	+	un	concert	acoustique	ou	électrique	à	
domicile,	partout	en	Lorraine	;	
• 200€	ou	plus	:	les	contreparties	précédentes	+	un	concert	à	domicile,	partout	en	
France	;	
• 500€	ou	plus	:	les	contreparties	précédentes	+	un	concert	à	domicile,	partout	en	
Europe	;	
• 1	000€	ou	plus	:	tout	ce	qui	a	été	dit	avant,	tout	+	un	concert	à	domicile,	partout	dans	
le	monde	(ça	va	trop	loin,	tout	ça	pour	de	la	musique).	
	
	
- Création	d’un	compte	Bandsintown	:	
Pour	finir,	j’ai	pris	la	décision,	au	court	de	ces	six	mois,	de	créer	un	compte	Bandsintown	pour	
le	groupe.	Comme	ils	ont	réussi	à	obtenir	pas	mal	de	dates,	à	partir	d’avril,	il	me	paraissait	
important	de	pouvoir	les	communiquer	aux	fans	de	façon	très	simple.	En	effet,	dès	qu’une	
date	est	ajoutée	sur	l’application,	elle	est	publiée	sur	les	pages	Facebook	et	Twitter	en	même	
temps.	 De	 plus,	 l’application	 permet	 de	 retrouver	 rapidement	 toutes	 les	 autres	 dates	 de	
concert	du	groupe,	que	ce	soit	sur	Facebook	ou	son	smartphone.	
	
	
Vue	de	toutes	les	dates	sur	la	page	Facebook
64	
	
Vue	de	toutes	les	dates	sur	l’application	Bandsintown	sur	iPhone	
	
3. Résultats	obtenus	après	six	mois	de	travail	
	
Ces	six	mois	de	travail	avec	Domino	and	the	Ghosts,	laborieux,	ont	eu	des	résultats,	mais	pas	
forcément	ceux	attendus.		
La	 page	 Facebook	 a	 obtenu	 plus	 de	 fans	 (on	 en	 compte	 493	 au	 14	 mai	 2016),	 avec	 plus	
d’engagement	de	leur	part.	Le	fait	d’avoir	posté	régulièrement,	de	leur	avoir	offert	des	titres	
en	exclusivité,	des	vidéos,	de	répondre	à	leurs	commentaires	a	beaucoup	aidé.	La	publication	
sponsorisée	a	également	été	efficace,	surtout	sur	une	durée	aussi	courte	(pour	rappel,	elle	n’a	
duré	que	cinq	jours).	
	
Cependant,	bien	qu’en	faisant	la	même	chose	avec	Twitter,	le	résultat	n’est	pas	du	tout	le	
même.	 Nous	 avons	 gagné	 très	 peu	 de	 followers	 supplémentaires	 (164	 contre	 118),	 et	
l’engagement	est	très	très	faible.	Je	pense	qu’il	est	plus	difficile	de	se	faire	une	place	sur	
Twitter	quand	on	n’est	pas	déjà	bien	présent	sur	Facebook.	Ceci	étant	dit,	si	le	groupe	continue	
ses	efforts,	il	devrait	réussir	à	s’en	sortir,	même	sur	ce	site.		
	
Sur	 les	 dernières	 semaines	 de	 travail,	 le	 groupe	 s’est	 vu	 proposé	 un	 certain	 nombre	 de	
concerts	en	Moselle.	La	nouvelle	formation	a	beaucoup	plu	et	les	salles	de	la	région	se	sont	
empressées	de	programmer	Domino	and	the	Ghosts	pour	leurs	futures	soirées.	Pour	chaque	
concert,	on	pouvait	retrouver	dès	le	lendemain	des	photos	et	des	vidéos	du	groupe	sur	scène.
65	
Les	gens	ont	beaucoup	apprécié	ces	publications	et	l’ont	fait	savoir	à	coup	de	«	j’aime	»	et	de	
commentaires.	 Le	 fait	 d’annoncer	 chaque	 date	 via	 l’application	 Bandsintown	 a	 pas	 mal	
fonctionné	aussi,	puisque	les	gens	qui	suivent	le	groupe	ont	pu	être	averti	dès	l’ajout	d’un	
nouveau	concert.	Les	gens	étaient	donc	plus	nombreux	à	se	déplacer.	
	
Malheureusement,	 la	 campagne	 de	 crowdfunding	 n’a	 pas	 réussi	 à	 démarrer.	 La	
communication	auprès	des	proches	du	groupe	et	lors	des	concerts	n’a	pas	fonctionnée.	Je	ne	
sais	pas	comment	Domino	s’y	est	pris	lors	de	ces	derniers,	ne	pouvant	malheureusement	
assister	à	aucun	show.	Dans	tous	les	cas,	il	est	impossible	d’espérer	obtenir	des	dons	de	la	part	
d’inconnus,	si	les	personnes	les	plus	proches	(famille,	amis,	connaissances,	etc.)	ne	l’ont	pas	
fait	avant.	Nous	avons	donc,	avec	le	groupe,	discuté	longuement	de	la	situation.	Nous	avons	
à	contre	cœur	décidé	d’abandonner	l’idée	du	financement	participatif.	Domino	s’est	enfin	
rendu	compte	que	la	sortie	d’un	EP	physique	n’était	pas	forcément	la	meilleure	solution.	Il	a	
donc	à	nouveau	changé	d’avis,	et	proposera	finalement	l’album	prévu,	en	version	digitale,	à	
partir	de	septembre	2016.	
	
Nous	nous	sommes	rendu	compte	également	que	le	site	internet	n’était	finalement	pas	si	utile	
que	ça.	Je	pense	qu’il	ne	peut	l’être	que	lorsque	le	groupe	est	un	peu	plus	connu	et	Domino	
and	the	Ghosts,	par	exemple,	ne	l’est	pas	encore	assez.	Nous	étions	tous	les	deux	d’accord	
pour	tenter	l’expérience,	mais	nous	sommes	d’avis,	aujourd’hui,	qu’il	n’est	pas	forcément	
nécessaire	d’en	posséder	un	tout	de	suite.	Les	réseaux	sociaux	prennent	déjà	bien	assez	de	
temps	et	sont	dans	ce	cas	particulier,	plus	efficaces.	
	
4. Et	après…	
	
Il	est	vrai	que	les	six	mois	sont	maintenant	terminés.	Le	bilan	étant	mitigé,	l’aventure	va	
continuer.	Quand	je	commence	quelque	chose,	je	vais	jusqu’au	bout.	De	ce	fait,	je	vais	suivre	
le	 groupe	 pour	 quelques	 mois	 encore,	 et	 essayer	 de	 l’aider	 au	 mieux	 pour	 qu’il	 puisse	
progresser	encore	plus.	Je	vais	pouvoir,	à	nouveau,	rencontrer	les	membres	physiquement.	
Ce	qui	sera	clairement	plus	facile,	pour	discuter	avec	eux,	des	choses	qui	sont	à	revoir	et	partir	
sur	une	nouvelle	stratégie	si	besoin.	En	ce	qui	concerne	Facebook,	je	pense	qu’il	faut	continuer	
sur	 notre	 lancée.	 Ceci	 dit,	 il	 serait	 peut-être	 intéressant	 d’obtenir	 des	 photos	 plus	
professionnelles,	ne	serait-ce	que	pour	développer	une	meilleure	image	du	groupe.	Je	m’en	
chargerai	moi-même	durant	l’été.	On	pourra	alors	réfléchir	à	reprendre	le	compte	Instagram,	
si	on	voit	que	ces	photos	ont	un	fort	engagement.	Il	va	nous	falloir	penser	également	à	une	
nouvelle	façon	de	gérer	la	page	Twitter,	celle-ci	étant	encore	trop	pauvre.	Dans	tous	les	cas,	
si	le	groupe	continue	de	faire	des	concerts	comme	il	le	fait	en	ce	moment,	et	il	le	faut,	le	
nombre	de	fans	va	continuer	à	augmenter	et	l’intérêt	des	gens	pour	les	pages	aussi.	Cela	
pourra	peut-être	déboucher	sur	des	opportunités	plus	intéressantes	et	plus	importantes.
66	
Conclusion	
	
	
L’apparition	 d’internet	 et	 des	 réseaux	 sociaux	 a	 complètement	 chamboulé	 l’industrie	
musicale,	et	la	dématérialisation	de	la	musique	a	été	un	tournant	majeur	de	son	histoire.	La	
possibilité	de	la	télécharger	gratuitement,	et	surtout	illégalement,	a	remis	en	cause	les	ventes	
physiques.	Néanmoins,	les	groupes	de	musique	et	artistes	souhaitant	percer	dans	le	monde	
de	 la	 musique	 sont	 toujours	 de	 plus	 en	 plus	 nombreux.	 Mais	 ils	 doivent	 s’adapter	 à	 de	
nouvelles	possibilités	de	promotion	et	à	de	nouveaux	modes	de	fonctionnement.		
	
En	effet,	les	nouveaux	outils	numériques	mis	à	leur	disposition	ont	modifié	leur	façon	de	
communiquer.	 Les	 réseaux	 sociaux	 se	 sont	 maintenant	 positionnés	 comme	 des	 outils	 de	
communication,	et	non	plus	comme	des	lieux	de	discussion.	Cependant,	il	ne	faut	pas	oublier	
qu’ils	ne	font	pas	leur	succès,	même	s’ils	y	contribuent	beaucoup.	Il	est	quasiment	impossible	
d’accéder	à	la	notoriété	en	passant	uniquement	par	le	web,	et	ce	d’autant	plus	s’ils	n’ont	pas	
été	très	«	pro	»	dès	le	départ.	
	
Malgré	 tout,	 ils	 sont	 une	 véritable	 opportunité	 pour	 les	 indépendants	 et	 les	 groupes	
émergents,	puisqu’ils	permettent	d’avoir	beaucoup	moins	d’intermédiaires	entre	l’artiste	et	
les	fans.		De	nos	jours,	le	public	prend	une	place	de	plus	en	plus	importante	et	il	devient	donc	
nécessaire,	 pour	 tout	 artiste	 ou	 groupe	 en	 devenir,	 d’avoir	 une	 présence	 web	 afin	 de	
communiquer,	 plus	 directement,	 avec	 lui.	 Mais	 cette	 communication	 digitale	 répond	 à	
certaines	règles	qui,	comme	le	web,	changent	beaucoup	et	surtout	rapidement.		
	
Il	devient	alors	obligatoire	pour	un	artiste	d’avoir	une	vraie	stratégie	s’il	souhaite	un	minimum	
s’en	sortir,	et	cette	dernière	doit	être	revue	régulièrement.	Elle	doit	répondre	à	des	objectifs	
clairs	et	précis.	Cette	stratégie	passe	par	différentes	étapes,	allant	de	la	construction	de	sa	
présence	en	ligne,	à	l’analyse	des	retombées.	Il	est	important	de	réfléchir	en	terme	de	public,	
parce	que	c’est	le	seul	moyen,	par	la	suite,	de	développer	une	certaine	notoriété.		
	
Par	contre,	cela	entraîne	une	saturation	de	l’information,	que	l’on	retrouve	partout	sur	ces	
réseaux	sociaux	et	qui	empêche	d’être	facilement	visible	pour	tout	nouvel	artiste.	Mais	des	
solutions	existent.	Il	est	primordial	de	poster	du	contenu	de	qualité	qui	va	attirer	son	public,	
au	 moment	 le	 plus	 opportun.	 Un	 chercheur	 anglais,	 Andrew	 Ellis,	 prédit	 la	 saturation	
d’internet	en	2023,	soit	dans	7	ans.	Ce	n’est	pas	la	première	fois	que	ce	genre	de	prédiction	
est	faite,	mais	si	cela	venait	à	se	révéler	être	vrai,	quels	seraient	les	nouveaux	moyens	de	
communiquer	que	nous	pourrions	mettre	en	place	?	Serait-il	possible	de	revenir	à	quelque	
chose	de	plus	traditionnel	?
67	
Bibliographie	
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- 4	raison	d’utiliser	les	médias	sociaux	dans	votre	stratégie	de	communication	[en	ligne].	
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Ouvrages	
	
- Les	fiches	outils	des	réseaux	sociaux.	François	SCHEID,	Enora	CASTAGNE,	Mathieu	DAIX,	
Romain	SAILLET,	Editions	Eyrolles,	2014.	357	p.	
	
- Musique	et	stratégies	numériques.	Virginie	BERGER,	Irma,	2012.	166p.
70	
Annexes	
	
Interview	de	Francis	Zegut	
	
- Pouvez-vous	vous	présenter	en	quelques	mots	?	
	
J’ai	62	ans,	et	je	suis	animateur	radio	de	l’émission	Pop	Rock	Station	sur	RTL2	depuis	2001.	Je	
fais	 de	 la	 radio	 depuis	 40	 ans	 :	 j’ai	 d’abord	 travaillé	 chez	 RTL	 pendant	 25	 ans,	 et	 ça	 fait	
maintenant	15	ans	que	je	suis	sur	RTL2.	J’ai	toujours	travaillé	dans	la	musique,	parce	que	
c’était	ma	première	passion.	La	radio	est	devenue	pour	moi	un	moyen	de	partager	la	musique,	
d’en	parler.		
	
	
- Vous	avez	par	la	suite	créé	votre	blog.	Quand	l’avez-vous	créé,	et	dans	quel	but	?	
	
A	la	fin	des	années	1990,	j’animais	l’émission	Zikweb,	qui	à	l’époque	parlait	déjà	de	musique	
et	d’internet.	C’était	avant	que	tout	le	monde	s’empare	du	web,	à	une	période	où	les	gens	
échangeaient	 encore.	 Ensuite,	 le	 business	 s’en	 est	 emparé,	 même	 si	 bien	 évidemment,	
personne	 n’y	 croyait	 vraiment.	 Et	 puis	 finalement,	 on	 s’aperçoit	 qu’on	 était	 dans	 le	 bon	
wagon.	Ce	sont	les	innovations	technologiques	qui	font	avancer	la	société.	Internet	est	là,	et	
il	faut	donc	faire	avec.	On	s’en	doute,	il	y	a	des	avantages	et	des	inconvénients,	comme	pour	
chaque	chose.	J’ai	ouvert	mon	blog	en	2006,	5	ans	après	les	débuts	de	Pop	Rock	Station	à	la	
radio.	C’est	pour	moi	le	moyen	d’en	dire	plus.	De	pouvoir	partager	plus.	Tous	les	jours,	365	
sur	365,	en	vacances	ou	ailleurs,	je	poste	une	petite	éphéméride	musicale,	deux	ou	trois	news,	
ou	encore	un	lien	vers	une	vidéo.	C’est	le	moyen	de	garder,	en	dehors	des	deux	heures	de	
radio,	un	lien	avec	les	gens	qui	m’écoutent.	
	
	
- Pour	vous,	quelle	est	l’importance	du	digital	?	
	
Pour	moi,	le	point	fort	du	digital,	c’est	de	pouvoir	communiquer	et	ça	de	façon	très	rapide.	Tu	
écris,	tu	envoies	et	c’est	publié	dans	la	seconde.	A	la	radio,	il	faut	attendre	le	soir,	à	la	télé	il	
faut	 attendre	 une	 semaine	 le	 temps	 d’enregistrer…	 Pareil	 pour	 la	 presse	 écrite	 où	 il	 faut	
d’abord	 passer	 par	 le	 rédacteur	 en	 chef,	 et	 attendre	 ensuite	 l’impression	 qui	 a	 lieu	 le	
lendemain,	voire	la	semaine	suivante.	Le	gros	avantage	d’internet,	c’est	l’instantanéité.	Après,	
pour	la	musique,	ça	peut	être	un	avantage	et	un	inconvénient.	La	musique,	avant	toute	chose,	
c’est	 se	 concentrer	 sur	 son	 art.	 C’est	 jouer	 des	 instruments,	 composer,	 écrire.	 Avec	
l’informatique-numérique,	c’est	un	peu	facile	:	quelqu’un	qui	n’est	pas	forcément	musicien	
arrivera	 toujours	 à	 faire	 quelque	 chose.	 Ça	 peut	 donc	 être	 une	 bonne	 chose	 à	 partir	 du
71	
moment	où	on	sait	composer	et	pas	simplement	prendre	une	ou	deux	machines	et	appuyer	
sur	des	boutons.	Mais	les	générations	de	maintenant	fonctionnent	avec	ça.	Il	faut	donc	vivre	
avec	son	temps.	Par	contre,	on	doit	bien	gérer	la	chose	:	il	faut	poster	tous	les	jours,	faire	de	
la	veille	24h/24…	ça	ne	peut	pas	fonctionner	si	tu	n’es	pas	tout	le	temps	à	fond	dedans.	Mine	
de	rien,	la	diffusion,	ça	prend	du	temps.	Surtout	aujourd’hui	quand	on	est	sur	Facebook,	
Twitter,	 Instagram	 et	 j’en	 passe.	 Pour	 résumer,	 les	 réseaux	 sociaux	 sont	 une	 formidable	
opportunité	de	se	faire	connaître,	mais	ça	peut	très	vite	devenir	difficile	de	tenir	le	rythme.	
	
	
- Mais	vous	pensez	quand	même	qu’il	est	nécessaire	de	nos	jours	d’être	présent	sur	les	
réseaux	sociaux	?	
	
Oui	bien	sûr	!	Mais	il	faut	dire	que	ça	devient	aussi	nécessaire	parce	si	tu	n’es	pas	inscrit	sur	
tel	ou	tel	réseau,	tu	passes	pour	le	ringard,	le	mec	qui	n’est	pas	à	la	mode.	Les	réseaux	sociaux	
sont	une	bonne	chose	quand	tu	t’en	sers	à	titre	professionnel.	Et	pour	un	groupe	qui	veut	se	
lancer,	ça	peut	être	un	bon	tremplin.	Et	puis	il	y	a	pas	mal	de	vecteurs	très	positifs	pour	la	
musique	:	Facebook,	Soundcloud…	
	
	
- Mais	du	coup,	comme	pour	votre	blog,	il	faut	essayer	de	poster	régulièrement	?	
	
Tout	à	fait.	Il	faut	de	la	continuité	afin	de	fidéliser	les	gens.	Si	tu	postes	une	publication,	et	que	
la	suivante	est	en	ligne	deux	semaines	après,	tu	peux	être	quasiment	sûr	que	le	lecteur	ou	le	
fan	 ne	 reviendra	 pas.	 Personnellement,	 pour	 avoir	 du	 contenu,	 je	 me	 suis	 abonné	 à	 des	
newsletters,	 à	 des	 fanpages	 Facebook,	 à	 des	 comptes	 Twitter…	 Et	 chaque	 matin,	 je	 me	
retrouve	avec	une	liste	gigantesque	d’actualités.	Je	sélectionne	ce	qui	m’intéresse	et	qui	peut	
intéresser	mes	lecteurs,	et	c’est	parti,	je	mets	en	ligne.	Après,	chacun	doit	trouver	l’endroit	où	
il	va	pouvoir	puiser	son	inspiration.	De	plus,	je	me	répète,	mais	pour	la	musique,	il	ne	faut	pas	
s’inventer	musicien.	De	toute	façon,	le	moment	de	vérité	pour	un	groupe,	c’est	d’être	sur	
scène,	avec	du	public,	avec	des	gens	qui	applaudissent	!	Même	si	c’est	d’une	main	parce	que	
dans	l’autre	ils	tiennent	un	smartphone	pour	prendre	des	photos	et	pouvoir	dire	«	Moi	j’y	
étais	!	».	
	
	
- Sur	votre	blog,	votre	page	Facebook,	quel	type	de	publication	fonctionne	le	mieux	?	
	
Les	photos	ont	pas	mal	de	succès.	Un	exemple	tout	simple	:	cet	été,	je	suis	parti	un	mois	en	
Californie	et	j’ai	posté	des	photos	quasiment	tous	les	jours.	Chaque	photo	était	consultée	
environ	7000	à	8000	fois	!	Ce	qui	fonctionne	vraiment	bien	aussi,	ce	sont	les	news	et	les	
scoops.	Quand	j’arrive	à	annoncer	des	dates	de	concert	trois	à	quatre	mois	avant	tout	le
72	
monde,	les	chiffres	grimpent	tout	de	suite	:	entre	10	000	et	15	000	vues	par	post.	En	moyenne,	
sur	le	blog,	j’ai	150	000	visites	uniques	par	mois.	Mais	si	ça	fonctionne,	c’est	uniquement	parce	
que	j’y	passe	beaucoup	de	temps.	Je	poste	énormément	d’articles.	Il	ne	faut	pas	oublier	que	
c’est	avant	tout	un	échange	avec	les	gens,	c’est	un	partage.	J’essaie	aussi	de	ne	pas	partir	dans	
tous	les	sens.	Je	tiens	à	rester	dans	le	même	esprit	que	ce	que	je	fais	à	la	radio.		
	
	
- Et	vous,	comment	découvrez-vous	de	nouveaux	groupes	émergents	?	
	
J’ai	souvent	des	personnes	qui	m’envoient	des	mails	en	me	disant	:	«	tiens,	écoute	tel	ou	tel	
groupe,	c’est	vraiment	super	!	».	Mais	bien	évidemment,	je	découvre	beaucoup	de	groupes	
sur	Facebook	ou	Soundcloud.	Il	y	a	pas	mal	d’artistes	qui	postent	des	démos	plus	ou	moins	
abouties.	C’est	un	bon	moyen.	
	
	
- Quels	conseils	pourriez-vous	donner	à	un	groupe	qui	essaie	de	se	lancer	?	
	
Dans	un	premier	temps,	il	faut	bien	évidemment	faire	un	bon	morceau	de	musique.	Et	puis	
comme	on	est	maintenant	dans	une	société	d’image,	il	faut	essayer	le	plus	possible	de	faire	
des	photos	et	des	clips.	Par	exemple,	tu	fais	un	événement	ou	une	soirée,	et	tu	fais	en	sorte	
de	bien	filmer	et	photographier	tout	ça.	Et	pour	finir,	il	faut	faire	du	live.	C’est	obligatoire.
73	
Interview	de	Laurie	Cotteaux	
	
	
- Pouvez-vous	me	me	parler	de	[PIAS]	?	
	
[PIAS]	est	un	label	indépendant	belge	fondé	en	1983,	que	l’on	retrouve	aujourd’hui	dans	
différents	pays	:	France,	Belgique,	Allemagne,	Etats-Unis,	Angleterre	ou	encore	Australie.	Mais	
ce	 n’est	 pas	 une	 multinationale	 comme	 Universal	 ou	 EMI.	 Chez	 [PIAS],	 il	 y	 a	 différents	
systèmes.	Par	exemple,	on	a	un	label	dit	«	local	»	pour	les	signatures	effectuées	à	Paris,	même	
s’il	s’agit	d’artistes	étrangers.	A	côté,	on	fait	également	de	la	distribution.	Si	un	label	nous	
demande	de	distribuer	tel	ou	tel	album	à	la	FNAC	ou	sur	différents	réseaux,	on	va	simplement	
le	faire	en	faisant	en	même	temps	un	peu	de	promotion.	Nous	avons	également	un	autre	label,	
[PIAS]	Recordings,	né	en	Angleterre.	Par	exemple	Texas	y	a	signé	un	contrat.	Dans	ce	cas-là,	
tous	 les	 territoires	 sur	 lesquels	 nous	 sommes	 présents	 s’en	 occupent.	 Globalement,	 nous	
faisons	de	la	distribution,	de	la	promotion	et	du	marketing.	
	
	
- Pouvez-vous	m’expliquer	en	quoi	consistent	vos	activités	au	sein	de	[PIAS]	?	
	
Je	suis	Digital	Marketing	Manager.	Je	m’occupe	de	différentes	choses	:	pour	résumer,	je	gère	
les	réseaux	sociaux	du	label,	les	réseaux	sociaux	de	nos	artistes,	les	chaînes	Youtube	des	
artistes	français	et	les	chaînes	VEVO	(qui	permettent	une	mise	en	avant	des	artistes).	J’ai	un	
assistant	avec	moi,	qui	m’aide	à	gérer	tout	ça.	On	peut	donc	mettre	en	avant	les	petits	artistes.	
Quand	il	s’agit	de	plus	gros	artistes,	on	va	la	plupart	du	temps	prendre	la	main	sur	leur	fanpage	
et	publier	des	posts	en	français.	C’est	ce	qu’on	fait	par	exemple	sur	la	page	de	Noel	Gallagher.	
Et	puis	d’un	autre	côté,	avec	les	chefs	de	projet,	on	s’occupe	de	trouver	des	idées	pour	créer	
des	applications	ou	des	sites	web.	Pour	cela,	on	essaie	de	travailler	avec	des	start-up	pour	
faire	des	choses	un	peu	originales.	
	
	
- Donc	il	n’y	a	pas	forcément	de	fanpages	«	France	»	qui	sont	créées	?	Par	exemple	une	
page	«	Noel	Gallagher	France	»	?	
	
Pour	Noel	Gallagher,	il	y	a	une	page	France	qui	existe.	Mais	elle	a	été	créée	par	les	fans.	De	
toute	façon,	ça	fonctionne	au	cas	par	cas.	Nous	avons	essayé	d’en	créer	une	pour	Texas,	mais	
ça	 n’a	 pas	 fonctionné.	 Pourquoi	 ?	 Parce	 que	 nous	 pouvons	 poster	 pas	 mal	 de	 choses	 en	
français	sur	leur	page	officielle.	Il	y	a	un	intérêt	à	créer	une	page	française	uniquement	lorsque	
l’artiste	ne	nous	permet	pas	de	poster	sur	sa	page	officielle.
74	
- Du	coup	ça	vous	arrive	quand	même	de	poster	en	anglais	?		
	
En	fait	il	y	a	ce	qu’on	appelle	des	International	Project	Managers.	Ce	sont	des	chefs	de	projet	
à	l’international	qui	gèrent	à	peu	près	tous	les	pays.	Dans	ces	cas-là,	ce	sont	eux	qui	postent.	
Il	y	a	des	cas	particuliers	où	on	poste	nous-même	en	anglais,	mais	c’est	rare.	
	
	
- Quels	sont	les	canaux	de	communication	online	que	vous	utilisez	le	plus	?	
	
Facebook,	incontestablement.	Tout	simplement	car	c’est	plus	facile	pour	tout	le	monde	:	que	
ce	soit	pour	les	artistes	ou	le	label.	En	plus,	c’est	là	qu’il	y	a	généralement	le	plus	grand	nombre	
de	fans.	Et	puis	ça	nous	permet	aussi	de	pouvoir	lancer	des	publicités.	On	peut	ainsi	cibler	
correctement	les	personnes	que	l’on	souhaite	atteindre.	
	
	
- Les	publicités	fonctionnent-elles	bien	sur	Facebook	?	
	
Ça	fonctionne	très	bien	même.	L’avantage,	c’est	que	c’est	très	précis.	On	a	aussi	essayé	la	
publicité	sur	Google,	mais	elle	trop	restreinte.	Ça	fonctionne	par	mots	clés	et	tu	n’as	pas	
beaucoup	de	choix.	Avec	Facebook,	tu	peux	cibler	plus	petit	:	mots	clés	plus	pertinents,	artistes	
similaires,	et	c’est	bien	mieux.	
	
	
- Et	à	votre	avis,	est-ce	mieux	de	sponsoriser	une	publication	en	particulier	ou	la	page	
en	général	?	
	
Ça	dépend.	Si	une	publication	a	vraiment	un	fort	intérêt	(un	nouveau	clip	par	exemple),	il	vaut	
mieux	ne	sponsoriser	que	ce	post.	Maintenant,	si	l’objectif	du	groupe	est	d’avoir	plus	de	
«	like	»	sur	sa	page,	dans	ce	cas	on	va	sponsoriser	la	page	entière.	Mais	il	faut	faire	attention.	
Facebook	fonctionne	avec	des	algorithmes.	Et	tout	le	monde	ne	va	pas	forcément	voir	les	
futures	publications.	C’est	pour	ça	qu’après	avoir	fait	une	campagne	de	publicité,	il	faut	poster	
beaucoup	de	contenu,	et	surtout	quelque	chose	d’intéressant	pour	être	sûr	de	toucher	du	
monde.	Bien	sûr,	nous	ne	faisons	pas	systématiquement	des	campagnes,	mais	dès	qu’on	a	un	
peu	de	budget,	on	le	fait.	Et	puis,	il	faut	dire	que	pour	l’artiste,	c’est	intéressant	de	gagner	des	
«	like	»,	ça	le	motive.	Il	faut	aussi	préciser	que	ce	ne	sont	pas	des	faux	«	like	».	Personne	n’est	
obligé	de	«	liker	»	la	page.	C’est	aussi	l’avantage.
75	
- Et	vous	utilisez	aussi	Twitter	?	
	
On	utilise	très	peu	Twitter.	Nos	artistes	ne	sont	pas	vraiment	passionnés	par	ça,	et	ne	savent	
pas	forcément	comment	bien	s’en	servir.	De	temps	en	temps,	il	nous	arrive	de	tweeter	pour	
eux,	mais	normalement,	c’est	à	l’artiste	de	publier.	Du	coup,	on	essaie	de	mettre	en	place	des	
ateliers	pour	faire	comprendre	aux	artistes	le	principe	et	l’intérêt	de	Twitter.	En	tout	cas,	les	
campagnes	de	publicité	que	nous	faisons	sur	Twitter	sont	très	rares.	On	en	a	fait	une	dizaine	
tout	au	plus.	Alors	que	sur	Facebook,	on	en	fait	une	vingtaine	par	mois.	Twitter	peut	se	révéler	
intéressant	 lors	 d’événements	 spécifiques.	 Par	 exemple	 le	 concert	 de	 Noel	 Gallagher	 au	
festival	Ouï	FM	à	République.	C’est	à	Paris	et	très	localisé.	On	sait	que	les	parisiens	sont	
beaucoup	sur	Twitter,	et	que	pendant	un	événement,	ils	vont	commenter	en	direct,	grâce	aux	
hashtags.	C’est	la	même	chose	pour	les	émissions	de	télé.		
	
	
- Il	y	a	maintenant	des	groupes	qui	ouvrent	aussi	des	comptes	Snapchat…	est-ce	que	ça	
peut	être	intéressant	?	
	
Ça	peut	l’être	à	partir	du	moment	où	tu	cibles	les	13-25	ans	environ.	Chez	[PIAS],	nous	avons	
testé,	et	ça	n’a	pas	fonctionné.	Au	contraire,	si	on	prend	Spotify	par	exemple,	ça	marche	et	
plutôt	bien.	Maintenant,	quand	il	s’agit	d’un	groupe	en	développement,	je	pense	qu’il	ne	faut	
pas	trop	s’étaler,	et	rester	sur	un	ou	deux	réseaux	principaux.	C’est	vraiment	très	important.	
A	moins	qu’il	y	ait	un	des	membres	du	groupe	qui	soit	fan	de	Snapchat	et	qui	décide	de	se	
lancer	dedans	au	nom	de	la	bande.	Dans	ce	cas-là,	il	va	volontiers	y	passer	du	temps.		
	
	
- A	quelle	fréquence	préconisez-vous	de	publier	du	contenu	sur	les	réseaux	sociaux	?	
	
Pour	moi,	l’idéal	est	de	poster	quelque	chose	une	fois	par	jour.	Après,	tout	dépend	de	s’il	y	a	
une	grosse	actualité	qui	arrive	ou	non,	comme	un	nouveau	clip	par	exemple.	Dans	ce	cas-là,	
ça	ne	sert	à	rien	de	republier	quelque	chose	derrière.	Il	vaut	mieux	faire	vivre	ce	post	qui	
fonctionne	très	bien.	Il	ne	faut	juste	pas	oublier	que	tout	le	monde	ne	voit	pas	forcément	les	
publications.	Il	faut	donc	simplement	essayer	de	faire	en	sorte	qu’elles	soient	vues.	
	
- Y	a-t-il	des	horaires	en	particulier	auxquels	il	vaut	mieux	publier	?	
	
Il	y	a	des	personnes	qui	donnent	des	horaires	type,	mais	ça	ne	veut	rien	dire.	Encore	une	fois,	
tout	dépend	de	la	cible	:	son	âge,	et	son	activité.	Un	étudiant	se	connectera	à	des	horaires	
différents	de	ceux	d’un	cadre	supérieur.	Si	on	prend	les	fonctionnaires,	on	sait	qu’on	ne	va	pas	
poster	à	19h	car	à	cette	heure-là,	ils	sont	en	train	de	rentrer	chez	eux.	Pour	Alain	Chamfort,	
par	exemple,	on	ne	postera	pas	à	20h	alors	que	ce	sera	la	bonne	heure	pour	d’autres	artistes.
76	
- Et	Facebook	vous	donne	de	bonnes	statistiques	?	
	
Facebook	nous	donne,	dans	un	onglet	spécialement	dédié,	des	statistiques	très	basiques	pour	
les	fanpages.	Malheureusement	ça	ne	donne	pas	beaucoup	d’informations	sur	les	fans.	Mais	
comme	 on	 y	 fait	 de	 la	 publicité,	 on	 a	 un	 compte	 spécifique	 qui	 nous	 donne	 accès	 à	 des	
statistiques	plus	poussées.	Et	tout	ça	va	bien	évidemment	évoluer.	D’ici	quelques	temps,	on	
devrait	être	capable,	par	exemple,	de	savoir	quelle	est	la	part	de	fans	homosexuels.	Ça	peut	
paraitre	bizarre,	mais	en	même	temps,	c’est	très	intéressant	pour	certains	groupes	qui	ont	
clairement	une	cible	gay.		
	
	
- Vous	travaillez	dans	le	milieu	depuis	quelques	temps	maintenant,	avez-vous	remarqué	
une	évolution	au	niveau	de	la	communication	des	groupes	?	
	
Au	départ,	les	artistes	n’avaient	pas	forcément	les	moyens	de	communiquer	directement	avec	
leurs	fans.	Généralement,	ça	se	passait	à	la	fin	des	concerts.	Maintenant,	c’est	quand	même	
génial	de	pouvoir	poster	quelque	chose	et	de	savoir	que	les	fans	vont	pouvoir	le	lire	dans	
l’heure.	Ça	permet	également	de	publier	des	messages	personnalisés.	Les	réseaux	sociaux	ont	
totalement	changé	le	rapport	aux	fans.	D’ailleurs,	Facebook	a	mis	en	place	un	système	réservé	
aux	artistes	qui	s’appelle	Facebook	Mention.	Le	principe	est	de	simplifier	la	relation	entre	fan	
et	 artiste.	 Par	 exemple,	 si	 un	 fan	 poste	 un	 commentaire,	 l’artiste	 peut	 directement	 lui	
répondre	par	message	privé.	L’artiste	peut	également	se	filmer	lui-même	sur	Facebook,	et	
donc	 pourquoi	 pas	 proposer	 un	 live	 stream.	 Facebook	 a	 bien	 compris	 que	 les	 célébrités,	
notamment	dans	la	musique,	étaient	vraiment	importantes.	
	
	
- Quels	conseils	pourriez-vous	donner	à	un	groupe	qui	veut	se	lancer	?	
	
Il	n’y	a	pas	vraiment	de	modèle	type.	Généralement,	ils	n’ont	pas	de	label	à	leurs	débuts.	Ils	
vont	devoir	se	débrouiller	tout	seul.	Il	faut	donc,	dans	un	premier	temps,	voir	avec	le	groupe,	
qui	est	capable	de	faire	quoi.	S’il	y	en	a	un	qui	adore	Facebook,	qu’il	prenne	la	main.	Il	faut	
vraiment	que	les	membres	se	partagent	les	choses.	Avec	les	publications,	les	fans	doivent	
pouvoir	ressentir	la	personnalité	du	groupe	ou	de	l’artiste.	C’est	ce	qui	est	le	plus	important,	
les	gens	ont	envie	de	savoir	qui	ils	sont.	Ne	pas	hésiter,	donc,	à	se	libérer	et	à	être	naturel.	Il	
faut	également	prendre	des	photos	pendant	les	concerts,	il	faut	montrer	les	coulisses,	les	
situations	improbables	qui	peuvent	se	révéler	drôles	:	en	bref,	il	faut	prendre	des	instants	de	
vie.	Je	peux	également	conseiller	de	faire	énormément	de	veille.	C’est	le	seul	moyen	d’être	
bon	sur	les	réseaux	sociaux.	Ensuite,	le	site	internet	n’est	pas	vital	à	l’heure	d’aujourd’hui.	Il	
faut	juste	que	sur	la	page	Facebook	on	puisse	retrouver	des	onglets	nous	dirigeant	vers	les	
autres	réseaux	sociaux.	Et	il	faut	bien	évidemment	qu’il	y	ait	une	cohérence	entre	eux.	Ils
77	
peuvent	également	demander	à	leurs	fans	de	les	suivre	sur	les	autres	réseaux.	Il	ne	faut	pas	
oublier	qu’ils	ne	sont	pas	forcément	au	courant	!	
	
	
- Est-ce	que	la	mailing	list	est	importante	?	
	
Elle	 l’est,	 mais	 ce	 n’est	 pas	 primordial	 au	 début.	 Quand	 on	 est	 un	 groupe	 émergent,	
l’entourage	peut	parfois	suffire.	Mais	ça	commence	à	être	intéressant	au	fur	et	à	mesure	que	
le	groupe	se	développe.	En	effet,	tout	le	monde	ne	voit	pas	tout	sur	les	réseaux	sociaux.	Il	faut	
donc	par	la	suite,	grâce	à	cette	mailing	list,	créer	une	newsletter.	
	
	
- Pour	finir,	pensez-vous	qu’il	y	a	une	saturation	de	l’information	sur	internet	et	les	
réseaux	sociaux	?	
	
C’est	une	certitude	oui.	Mais	malheureusement	il	n’y	a	pas	trop	de	moyens	d’y	pallier.	Il	faut	
réussir	à	développer	sa	visibilité	sur	les	différents	réseaux	sociaux,	qui	ne	fonctionnent	pas	
tous	de	la	même	manière.	Sur	Twitter	par	exemple,	les	gens	qui	n’y	sont	pas	allés	les	dernières	
24h	ne	verront	plus	le	tweet.	Là,	il	ne	faut	pas	hésiter	à	reposter	l’information.	Au	contraire,	
sur	Facebook,	on	va	éviter	de	poster	deux	fois	de	suite	la	même	chose.	L’intérêt	de	la	mailing	
list	et	de	la	newsletter	est	là.	Ça	permet	à	tout	le	monde	d’être	au	courant	de	la	dernière	
actualité.	Il	ne	faut	pas	hésiter	non	plus,	si	on	a	un	site	internet,	à	jouer	avec	le	référencement.
78	
Interview	du	groupe	Last	Train	
- Pouvez-vous	m’expliquer	comment	s’est	formé	le	groupe	?	
	
On	s’est	rencontré	au	collège	et	on	a	très	vite	fait	de	la	musique	ensemble.	Jean-Noël	et	moi	
nous	sommes	donc	rencontrés	en	2005.	Julien	nous	a	rejoint	en	2006,	et	Tim	quand	nous	
sommes	arrivés	au	lycée.		
	
	
- J’ai	cru	comprendre	que	vous	faisiez	tout	par	vous-mêmes	:	production,	promotion,	
etc.	Est-ce	que	vous	pouvez	m’expliquer	pourquoi,	et	ce	que	vous	faites	exactement	?	
	
Effectivement	on	fait	beaucoup	de	choses	par	nous-mêmes	grâce	à	notre	label	:	Cold	Fame	
Record.	On	s’est	lancés	dans	cette	activité	lorsqu’on	a	voulu	commencer	à	tourner	avec	Last	
Train.	Personne	ne	nous	a	aidé	et	on	s’est	donc	pris	en	main	en	faisant	plein	d’activités	sans	
savoir	quelles	correspondaient	à	des	métiers	spécifiques.		Aujourd’hui	le	Label	est	divisé	en	
deux	sections	:	la	partie	production	gérée	par	Julien	et	la	partie	booking	gérée	par	Jean-Noël.		
La	partie	production	s’occupe	de	financer	les	enregistrements,	de	trouver	des	subventions	
mais	gère	aussi	tous	les	visuels.	La	partie	booking	s’occupe	de	faire	tourner	les	artistes	et	de	
faire	la	promotion	locale.		
Avec	le	temps	passé	sur	la	route,	on	a	appris	à	pas	mal	déléguer.	On	a	maintenant	deux	
personnes	qui	travaillent	tous	les	jours	dans	les	bureaux	du	label	à	Lyon	et	on	a	beaucoup	de	
partenaire	dans	d’autres	villes.		
	
	
- Selon	vous,	pourquoi	cela	fonctionne-t-il	?	
	
On	ne	sait	pas	exactement	pourquoi	ça	fonctionne,	si	ce	n’est	qu’on	fait	du	rock	en	France	et	
qu’à	 force	 de	 faire	 des	 concerts,	 on	 a	 trouvé	 un	 écho	 dans	 le	 public	 français.	 	 Certains	
tremplins	comme	le	Printemps	de	Bourges	ou	les	festivals	de	l’été	nous	ont	permis	de	mettre	
des	coups	de	projecteur	médiatique	sur	le	groupe	et	ça	nous	permets	de	continuer	à	acquérir	
du	public	et	de	l’expérience…
79	
Interview	du	groupe	Malemort	
	
- Comment	faites-vous	votre	communication	?	Gérez-vous	vous-mêmes	vos	pages,	et	
si	oui,	comment	vous	y	prenez-vous	?	
	
Malemort	 est	 un	 groupe	 émergeant	 qui	 fonctionne	 sur	 le	 mode	 de	 l'autogestion	 et	 de	
l'autofinancement.	Il	en	est	de	même	pour	la	communication,	que	nous	gérons	directement	
sur	plusieurs	médias.		
Pour	les	groupes	de	musique,	l’arrivée	des	réseaux	sociaux	a	sonné	la	fin	du	sacro-saint	site	
web	sur	lequel	le	groupe	maitrisait	sa	communication	de	A	à	Z.	pour	Malemort,	la	présence	
web	se	limite	à	un	site	Bandcamp,	une	chaine	YouTube	et	une	page	Facebook,	toutes	trois	
autogérées.	Un	site	web	est	en	construction,	mais	celui-ci	ne	sera	qu'un	portail	de	redirection	
vers	ces	3	premiers	sites.	
La	gestion	de	la	page	est	collective	et	est	centrée	sur	l'actualité	du	groupe.	L'orientation	prise	
par	Malemort,	pour	capter	de	l'audience,	est	de	proposer	un	beau	contenu	visuel	avec	de	
belles	photos	de	live.	Notre	activité	la	plus	rentable	étant	la	vente	de	merchandising	à	nos	
concerts,	nous	nous	devons	de	maximiser	l'appétence	du	public	pour	nos	shows.	Du	coup,	à	
chaque	concert	annoncé,	nous	soignons	la	communication	prospective	(à	coups	de	teasers,	
par	 ex),	 et	 la	 communication	 post	 événementielle	 par	 de	 belles	 photos,	 distribuées	 sur	
plusieurs	 jours.	 Tout	 cela	 étant	 fait	 pour	 atteindre	 notre	 objectif	 qui	 est	 de	 maximiser	 le	
nombre	de	concerts.	Nous	comptons	sur	le	bouche	à	oreille	et	la	diffusion	de	beaux	visuels	
live,	auprès	des	programmateurs,	pour	pouvoir	vendre	plus	de	merch,	notre	principale	source	
de	revenu.	
	
	
- Est-ce	que	cela	fonctionne	bien	?	
	
C'est	 extrêmement	 variable,	 et	 dépendant	 de	 l'actualité.	 La	 clé,	 selon	 moi,	 c’est	 la	
différenciation.	 Le	 réseau	 social	 a	 une	 appétence	 pour	 les	 contenus	 très	 différenciant,	
choquants,	nouveaux,	et	c’est	ce	que	nous	tentons	de	faire.	Dans	l’ensemble,	ça	a	l’air	de	bien	
marcher.	
	
	
- Avez-vous	déjà	eu	l’impression	de	ne	pas	être	visible	sur	Facebook	?	
	
En	fonction	de	l'actualité,	oui.		Par	exemple	en	ce	moment,	avec	la	mort	de	Prince,	toute	
volonté	de	diffusion	d'un	message	de	Malemort	passerait	complètement	à	la	trappe	et	ne	
récolterait	 aucune	 audience.	 Le	 choix	 du	 moment	 pour	 communiquer	 sur	 Facebook	 est	
primordial,	tant	l'info	et	l'intérêt	pour	une	nouvelle	doit	se	faire	dans	l'instant.
80	
Interview	du	groupe	Coldstone	
	
- Comment	faites-vous	votre	communication	?	Gérez-vous	vous-mêmes	vos	pages,	et	
si	oui,	comment	vous	y	prenez-vous	?	
	
Nous,	on	gère	notre	page	seuls.	D’ailleurs,	je	suis	le	seul	dans	le	groupe	à	gérer	la	partie	
communication.	En	effet,	on	avait	déjà	un	label,	mais	avec	les	réseaux	sociaux	tu	peux	te	créer	
un	tel	réseau,	que	finalement,	il	ne	faisait	pas	mieux	que	moi.	Il	était	donc	totalement	inutile.	
On	préfère	de	loin	nous	gérer	seuls,	avec	les	contacts	«	fournis	»	par	les	réseaux	sociaux.	On	
a	aussi	un	site	internet	et	une	vraie	adresse	email	pour	gagner	en	crédibilité,	mais	à	mon	avis,	
ça	ne	nous	apporte	rien	de	plus	si	ce	n’est	que	ça	fait	plus	pro.	
	
	
- Est-ce	que	cela	fonctionne	bien	?	
	
Finalement,	sans	les	réseaux	sociaux,	on	ne	ferait	rien	aujourd’hui.	Ils	ne	permettent	pas,	ou	
disons,	ne	suffisent	pas	à	eux	seuls	à	faire	exploser	ta	côte	de	popularité.	Tu	sais,	Facebook	te	
propose	de	payer	pour	faire	ta	pub.	Je	crois	que	ça	fonctionne	pas	trop	mal.	Mais	moi,	je	pense	
que	ce	n’est	pas	forcément	intéressant,	si	c’est	juste	pour	obtenir	plus	de	«	like	».	Le	problème	
aujourd’hui,	et	je	trouve	ça	malheureux,	c’est	que	ça	peut	suffire	pour	être	sélectionné	par	un	
label	ou	une	salle	de	concerts.	On	se	rend	compte	que	les	«	likes	»	comptent	plus	que	ce	que	
tu	joues	ou	que	ce	que	tu	fais.	Après,	il	est	vrai	que	sans	Facebook,	on	n’aurait	peut-être	jamais	
eu	certaines	opportunités.	En	effet,	c’est	quand	même	grâce	à	Facebook	qu’on	a	été	repérés	
et	que	l’on	va	pouvoir	annoncer,	bientôt,	qu’on	va	commencer	une	tournée	à	l’étranger.	
	
	
- Pensez-vous	que	vous	êtes	toujours	bien	visibles	sur	Facebook	?	
	
Les	réseaux	sociaux	sont	gratuits	et	ouverts	à	un	nombre	illimité	de	personnes,	ce	qui	devrait	
nous	faire	exploser	en	terme	de	popularité.	Mais	le	problème,	c’est	que	tout	le	monde	s’y	met	
et	procède	de	la	même	manière.	Du	coup,	on	reçoit	tellement	de	notifications	de	publications	
de	personnes	ou	de	pages	de	groupes	qu’on	ne	va	même	plus	y	jeter	un	œil.	Sauf,	finalement,	
pour	un	groupe	qui	nous	tient	vraiment	à	cœur.	Pour	gagner	en	visibilité,	il	faut	énormément	
jouer	sur	l'image	du	groupe,	les	photos,	et	se	trouver	un	style,	ce	qui,	d’ailleurs,	est	le	plus	
difficile.	Mais	c’est	ce	que	nous	faisons.

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