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Rue des Vignes. Elle aboutit à la grande rue de Chaillot en entrant
par l'avenue: c'étoit un chemin sans nom avant 1789.
Rue de la Ville-l'Évêque. Elle commence à la rue de l'Arcade, à
l'ancienne extrémité de la rue de la Magdelaine, et finit à la rue des
Saussaies. Son nom lui vient du territoire sur lequel elle est située,
qui appartenoit à l'évêque et au chapitre de Notre-Dame, et dont
plusieurs titres du treizième siècle font mention sous le même nom
de Villa Episcopi.
PASSAGES.
Ils sont nombreux dans ce quartier et principalement autour du
Palais-Royal.
Passage Radziville. Il est situé dans l'angle des rues de Valois et
de Beaujolois, et donne à l'entrée de la rue des Bons-Enfants.
Passages sans nom de la rue de Beaujolois dans la rue Neuve-des-
Petits-Champs. Il y en a deux, l'un avant, l'autre après la rue
Vivienne.
Passage du café de Foi. Il donne de la rue Montpensier dans la rue
de Richelieu.
Plusieurs autres passages sans nom communiquent encore le long
de la rue Montpensier à divers points de la rue de Richelieu.
Passage Saint-Guillaume. Il communique de la rue Traversière à la
rue de Richelieu.
Passage Saint-Roch. Il est situé auprès de cette église et
communique de la rue Saint-Honoré à la rue d'Argenteuil.
QUAIS.
Quai des galeries du Louvre. Il commence au premier guichet,
appelé de la rue Froi-Manteau, et finit au bout du Pont-Royal. À
l'entrée de ce quai est le port Saint-Nicolas, lequel a pris son nom de
l'église collégiale qui en étoit voisine. C'est à ce port qu'abordoient,
avant la révolution, les marchandises qui venoient des pays
étrangers en remontant la Seine. C'est encore là que l'on décharge
aujourd'hui les barques qui apportent les productions de la
Normandie, etc. Avant la construction du nouveau pont, dit Pont des
Arts, on passoit la rivière à cet endroit dans des bateaux.
Quai des Tuileries ou de la Conférence. Il commence au bout du
Pont-Royal, et finit à l'endroit où étoit anciennement la porte dont il
a pris le nom. C'est de l'entrée de ce quai que partent, tous les
jours, les galiotes de Saint-Cloud et de Sève.
Port aux Pierres. Il est situé vis-à-vis le Cours-la-Reine.
Quai de la Savonnerie. Il commence à l'extrémité du Cours-la-
Reine, et finit à la barrière des Bons-Hommes. On le nomme
maintenant quai de Billy et de la Conférence.
ANTIQUITÉS ROMAINES
DÉCOUVERTES DANS LE QUARTIER DU PALAIS-ROYAL.
Il a paru vraisemblable à plusieurs historiens de Paris que[645],
sous la domination des Romains, la cité de Paris avoit commencé à
étendre ses faubourgs sur la rive septentrionale du fleuve dont elle
est entourée: à défaut de monuments historiques, des restes
d'antiquités qu'on y a trouvés sur divers points et à diverses époques
ont démontré jusqu'à l'évidence ce qui n'avoit d'abord été qu'une
simple conjecture.
Des débris de voies romaines, que le temps n'a point entièrement
détruits, indiquent des communications établies avec plusieurs lieux
environnants, tels que Clichi, Pierre-Laie, Pontoise, Saint-Denis,
Pierre-Fite, etc.; et d'autres monuments qui ne peuvent exister que
dans l'enceinte des villes, prouvent que cette partie septentrionale,
depuis couverte de forêts et de marécages, étoit alors habitée: voici
ce que l'on a découvert dans le quartier que nous venons de décrire.
Aquéduc de Chaillot. Cet aquéduc souterrain, dont les premières
constructions étoient établies sur les hauteurs de Chaillot, et à la
source des eaux minérales qui existent encore aujourd'hui dans cet
endroit, traversoit l'emplacement des Champ-Élysées, et
probablement celui qu'occupe aujourd'hui le jardin des Tuileries,
pour venir aboutir au jardin du Palais-Royal. Les travaux que l'on
faisoit en 1763 pour la formation de la place Louis XV procurèrent la
découverte des canaux de conduite de cet aquéduc; et l'on découvrit
en même temps à Chaillot un reste de maçonnerie antique qui avoit
fait partie de ses constructions. M. le comte de Caylus a publié à ce
sujet une dissertation[646].
Bassins antiques du Palais-Royal. Ils furent découverts en 1781,
lors des fouilles que l'on fit dans le jardin de ce palais pour établir les
fondations de ses nouvelles galeries. Le premier, qui gisoit à trois
pieds au-dessous du sol, et à l'extrémité méridionale de ce jardin,
présentoit un carré de vingt pieds de dimension sur ses quatre
côtés. Au même endroit furent trouvées des médailles d'Aurélien, de
Dioclétien, de Posthume, de Magnence, de Crispe, de Valentinien Ier
;
ce qui semble indiquer une construction qui ne remonte pas au-delà
du quatrième siècle.
Le second bassin, beaucoup plus vaste que le premier, et trouvé
dans la partie septentrionale du même jardin, s'étendoit à cinq pieds
sous terre, depuis le point de la galerie où est situé le café de Foi,
jusqu'au passage de Radziville. Tous les deux étoient évidemment de
construction romaine; et une circonstance assez remarquable, c'est
que la direction de l'aquéduc, reconnue par M. de Caylus depuis
Chaillot jusqu'à la place Louis XV, continuant d'être prolongée en
ligne droite, seroit venue précisément aboutir au premier de ces
deux bassins[647].
MONUMENTS NOUVEAUX
ET RÉPARATIONS FAITES AUX ANCIENS MONUMENTS
DEPUIS 1789.
Palais-Royal. La cour de ce palais qui donne sur la rue Saint-
Honoré et qui sert d'entrée à la partie de cet édifice qu'occupe M. le
duc d'Orléans, doit être incessamment fermée au public; et à côté
de cette cour il a été percé un nouveau passage formant une galerie
qu'orne une colonnade d'ordonnance dorique. Ce passage, dans
lequel on a pratiqué des boutiques, traverse le péristyle dont on
avoit fait provisoirement, pendant quelques années, la bourse de
Paris, et vient communiquer à la seconde cour que borne au nord la
galerie de bois.
Au milieu du jardin, dont les deux extrémités sont ornées de tapis
de verdure, s'élève une gerbe d'eau formant un jet d'environ dix-huit
pieds de hauteur, qui retombe dans un grand bassin circulaire, et
répand ainsi de la fraîcheur au milieu de cette promenade jusqu'alors
peu agréable à cause de son extrême aridité.
Théâtre du Vaudeville. Ce théâtre a été élevé sur l'emplacement
de l'ancien Vauxhall, vis-à-vis le Palais-Royal, et à l'entrée des rues
de Chartres et de Saint-Thomas-du-Louvre qu'il borde des deux
côtés. C'est un édifice qui, à l'extérieur, n'a pas d'autre apparence
que celle d'une maison particulière. La salle qu'il contient est petite
et n'a de même rien qui mérite d'être remarqué.
Palais des Tuileries. Toutes les constructions qui obstruoient la
façade de ce monument, du côté de la place du Carrousel, ont été
abattues; et le terrain qu'elles occupoient a été changé en une vaste
cour qui s'étend jusqu'au premier guichet de la grande galerie, et
que ferme une grille en fer d'un beau travail. Cette grille a trois
entrées: la première au milieu et vis-à-vis l'arc de triomphe dont
nous allons bientôt parler, les deux autres de chaque côté, et entre
des massifs carrés en pierre formant piédestaux, qui supportent des
statues colossales de Victoires, assises et entourées de divers
attributs. Avant qu'on y eût placé ces statues, traitées dans le style
de la décoration monumentale, les quatre chevaux de bronze
antique enlevés à la ville de Venise avoient été élevés sur ces
piédestaux.
Intérieur du palais. Cet intérieur a subi de grands changements
dans sa décoration. Sous le vestibule on a pratiqué un nouvel
escalier d'une belle architecture qui conduit d'un côté aux galeries
supérieures de la chapelle et au théâtre, de l'autre à la salle des
maréchaux. Ces diverses pièces ont subi, tant dans leur disposition
que dans leur architecture, de grands et heureux changements. Les
galeries au rez-de-chaussée du côté du jardin ont été décorées, sous
toutes les arcades qui les composent, de statues antiques ou copiées
de l'antique, représentant des personnages romains, matrones et
sénateurs.
Jardin des Tuileries. Sans rien changer à la belle ordonnance et
aux grandes masses de ce jardin, on l'a achevé dans quelques
détails qui, jusqu'alors, avoient été négligés et qui en complètent la
symétrie. C'est principalement du côté du pont tournant qu'ont été
faits en ce genre les travaux les plus importants. L'orangerie a été
abattue ainsi que les constructions qui obstruoient toute cette
extrémité du jardin; et sur cet emplacement on a formé deux larges
terrasses parfaitement symétriques, qui se dessinent en fer à cheval
et viennent finir en pente douce des deux côtés du grand bassin.
Ces deux terrasses ont été plantées d'arbres formant allées et
bosquets; elles sont entourées de fossés du côté de la place Louis
XV, et revêtues d'un mur solide en bossages. Chaque angle extérieur
du parapet est orné d'un lion en marbre blanc.
Les deux autres terrasses dites des Feuillans et du bord de l'eau
ont été plantées d'arbres. La première est fermée d'une grille toute
semblable à celle qui termine la cour du château. Cette grille, qui
s'étend depuis le pavillon Marsan jusqu'à l'extrémité du jardin, et qui
forme ainsi l'un des côtés de la rue de Rivoli dans presque toute sa
longueur, est soutenue de distance en distance par des piliers carrés
sur lesquels on a placé des vases en marbre blanc d'une forme
élégante. La terrasse du bord de l'eau est ornée de belles copies en
bronze de quelques-unes des statues les plus célèbres de l'antiquité,
le Laocoon, l'Apollon du Belvédère, l'Hercule Télèphe, la Diane de
Versailles, etc. On communique du château à cette terrasse par une
galerie souterraine; ce qui en fait une promenade particulière pour
les princes, et que l'on peut isoler en un instant du reste du jardin,
en fermant toutes les grilles dont elle est entourée.
Enfin tous les compartiments du parterre, jusqu'alors fermés
seulement par des barrières en bois, ont été entourés de balustrades
de fer; et plusieurs statues nouvelles en bronze et en marbre, ou
modernes ou copiées de l'antique, ont été répandues autour des
bassins, à l'entrée de ce parterre et sur la lisière du bois.
Grande galerie (côté du midi). À l'extérieur et dans toute la partie
construite par Métezeau, il a été percé des arcades au nombre de
vingt-huit, et établi dans le vaste rez-de-chaussée qui règne le long
de ces arcades, des corps-de-garde et une orangerie. Dans toute la
longueur de ce bâtiment jusqu'au pavillon de l'Infante, on a pratiqué
dans le toit des jours qui éclairent la galerie intérieure où est
exposée la collection des tableaux du roi, collection qui abonde en
chefs-d'œuvre de toutes les écoles, et que l'on considère comme la
plus belle de l'Europe, tant par le nombre que par l'excellence des
morceaux dont elle est composée. Des colonnes de marbre du plus
grand prix, des bustes, des ciselures en bronze doré, forment la
décoration de cette galerie magnifique. À son extrémité est le salon
d'exposition des tableaux de l'école française, dont l'entrée donne
sur un escalier du plus grand style. Cet escalier communique au
musée des statues antiques, plus nombreux et plus varié que celui
du Vatican, aussi riche peut-être en chefs-d'œuvre du premier ordre,
et qui se compose de toute la célèbre collection Borghèse, des
antiques qui appartenoient anciennement au roi, et de beaucoup
d'autres statues tirées de la Villa-Albani, du Vatican, et de plusieurs
collections particulières. Ce musée comprend tout le rez-de-chaussée
dont se composoient autrefois les appartements de la reine, ainsi
que la fameuse salle du vieux Louvre dite des Cent-Suisses, que
décorent les admirables sculptures de Jean Goujon.
Galerie (côté du nord). Cette galerie, parallèle à celle qui est
connue sous le nom de grande galerie, construite sur les mêmes
dimensions, et qui doit aboutir à la partie opposée du vieux Louvre,
a été commencée, il y a environ quinze ans, du côté des Tuileries, et
se prolonge en ce moment jusqu'à la rue de Rohan, offrant déjà une
suite de vingt-une arcades, toutes semblables à celles de l'autre
galerie qui sont en regard. La façade extérieure qui donne sur la rue
de Rivoli se compose de croisées séparées par des niches destinées
sans doute à recevoir des statues; au-dessus règne une longue
corniche soutenue par des consoles. Tout cet ensemble a de la
noblesse et de la simplicité, peut-être même trop de simplicité pour
la demeure d'un grand souverain. L'intérieur de cette galerie est
divisé en appartements destinés à être habités par des personnes
que leurs emplois attachent à la cour.
Arc de triomphe. Ce monument, que Buonaparte fit élever en
1806, à la gloire, disoit-il, des armées françoises, et qui n'étoit
réellement que le monument de son insolence et de son orgueil, n'a
point été abattu depuis la restauration; et il existe encore ainsi que
la colonne de la place Vendôme!...
Cette construction présente une largeur de soixante pieds sur
quarante-cinq de hauteur. Sa profondeur est de vingt pieds et demi.
Sa double façade se compose de trois arcades; et deux arcades
percées dans chacune de ses faces latérales correspondent de l'une
à l'autre et traversent les trois arcades de la façade. Huit colonnes
de marbre rouge de Languedoc, d'ordre corinthien, enrichies de
bases et de chapiteaux en bronze doré, ornent l'extérieur de cette
composition; à l'aplomb de ces colonnes et au-devant de l'attique
s'élèvent autant de statues de soldats français de diverses armes,
dont les costumes forment, avec les bas-reliefs et les ornements
traités dans le style antique dont les voûtes et les cintres des
arcades sont couverts, une disparate qui n'est pas de très-bon goût.
Ce sont des Fleuves, des Naïades, des Victoires, etc.; toutes ces
sculptures ont été traitées d'une grande manière et avec une
délicatesse très-rare d'exécution.
Six bas-reliefs en marbre blanc qui retraçoient les événements les
plus remarquables de la campagne de 1805, décoroient les quatre
faces de cet arc de triomphe. Ceux-là ont du moins été enlevés en
1815 pour ne plus jamais reparoître. Au-dessus de l'attique que
surmontoit un double socle s'élevoit un quadrige qu'accompagnoient
deux Victoires, et auquel on avoit attelé les quatre fameux chevaux
de bronze dont nous avons déjà parlé. Ce quadrige attendoit la
statue de l'usurpateur; il a été enlevé en même temps que les bas-
reliefs. Le char et les Victoires en plomb doré étoient de la main de
M. Lemot, et l'on y reconnoissoit le grand style, et la belle exécution
de cet artiste célèbre.
L'église Saint-Roch. On a rendu à cette église quelques-uns des
tableaux qui lui avoient été enlevés, entre autres celui du Doyen (la
guérison des ardents), et celui de Vien (saint Denis prêchant la foi
en France). Plusieurs chapelles ont été ornées de bas-reliefs,
représentant des sujets tirés de la vie de N. S. par M. Desenne; et le
même artiste a exécuté pour la chapelle du Calvaire un groupe du
Christ au tombeau, dont l'exécution mérite des éloges. Saint-Roch
possède encore plusieurs tableaux modernes qui lui ont été donnés
par la ville de Paris.
On a de même rendu à cette église les monuments sépulcraux
dont elle avoit été dépouillée, et l'on y a en outre déposé quelques-
uns des monuments enlevés aux églises qui ont été détruites
pendant la révolution, entre autres le tombeau du cardinal Dubois,
et celui de Henri de Lorraine, comte d'Harcourt.
Marché Saint-Honoré. Ce marché a été ouvert et construit sur
l'emplacement du couvent des Jacobins. Il est divisé en quatre
compartiments couverts d'une simple toiture que portent des piliers
de bois façonnés en colonnes; deux rues y communiquent de la rue
Saint-Honoré et de la rue Neuve-des-Petits-Champs, et la place au
milieu de laquelle il s'élève forme un carré entouré de maisons.
Colonne de la place Vendôme. Cette colonne, qui, nous l'espérons,
disparoîtra un jour, pour l'honneur de la France, de la place qu'elle
occupe, et la rendra à la statue équestre du grand roi, qui s'y élevoit
autrefois, fut, de même que l'arc de triomphe, commencée par ordre
de Buonaparte après la campagne de 1805, et finie seulement en
1810.
Elle a 218 pieds de haut, y compris son piédestal dont la hauteur
est de 21 pieds et demi. Son diamètre est de 12 pieds; et toute sa
surface, y compris le piédestal, le chapiteau et son amortissement,
est revêtue de fortes lames de bronze, chargées de bas-reliefs. Ceux
du piédestal représentent des trophées d'armes; les autres, qui
s'élèvent en spirale jusqu'au faîte du monument, à l'imitation des
colonnes Trajane et Antonine, offrent l'histoire monumentale de
cette campagne de 1805, à l'occasion de laquelle a été conçu et
exécuté ce monument.
Buonaparte, qui, peu de temps auparavant, avoit refusé une
statue que ses flatteurs lui offroient, disant qu'à la postérité seule
appartenoit le droit de la lui ériger, si elle l'en jugeoit digne, changea
bientôt d'avis, et fit placer sur la calotte de cette colonne, qui étoit
l'un des points les plus élevés de Paris, sa statue pédestre vêtue à la
romaine. Cette statue colossale, de dix pieds de proportion, avoit été
exécutée par le sculpteur Chaudet. Elle a été renversée en 1814; à
sa place s'élève le drapeau blanc; et le contraste étrange qu'il offre
avec le monument qui lui sert de support peut donner matière à bien
des réflexions.
Champs-Élysées. À l'entrée de cette promenade, on a placé deux
groupes en marbre qui ornoient autrefois le parc de Marly. Ces
groupes, exécutés par Coustou jeune, représentent deux chevaux
qui se cabrent et qui sont retenus par deux hommes nus.
É
Arc de triomphe de l'Étoile. Le projet de cet arc de triomphe fut
encore conçu en 1805. Il fut commencé avec des travaux et des
dépenses énormes, sur les dessins de l'architecte Chalgrin, et
abandonné, nous ne savons pourquoi, lorsque la construction en
étoit déjà fort avancée[648]. Il est construit sur la plus grande échelle
des monuments de ce genre; et peut-être eût-il été le plus colossal
de tous ceux qui existent maintenant. Sa hauteur eût été de 138
pieds, sa profondeur de 68. C'est une belle masse dont l'aspect est
imposant et dont la situation à la porte Chaillot étoit une des plus
heureuses qu'il fût possible de rencontrer, ce monument pouvant y
être vu de tout Paris et de ses environs jusqu'à Neuilly. Il n'y a pas
d'apparence qu'il soit jamais achevé.
Pont des Invalides. Ce pont, qui sert de communication du quai de
la Conférence au Champ-de-Mars et à l'École-Militaire, s'élève en
ligne droite sur cinq arches surbaissées. Il est orné entre chaque
arche et au-dessus de chaque pilier d'une couronne de laurier au
milieu de laquelle est gravé en relief le chiffre ⅃L surmonté d'une
couronne royale. Ce pont, de la coupe la plus élégante et la plus
hardie, est considéré avec juste raison comme le plus beau de Paris.
Il portoit, pendant la révolution, le nom de pont d'Iéna; et des aigles
éployées remplissoient l'espace qu'occupe aujourd'hui le chiffre du
roi.
Église de la Magdeleine. Buonaparte avoit voulu faire de cette
église, commencée avant la révolution, un Temple de la Gloire; et un
concours avoit été ouvert pour l'exécution de ce bizarre et ridicule
projet. Alors les constructions déjà faites éprouvèrent quelques
changements dans leur ordonnance. Les travaux toutefois se
poursuivirent lentement et n'ont été repris avec quelque activité que
depuis le retour du roi, où le monument a subi encore quelques
changements nouveaux pour être rendu à sa première destination.
Deux rangs de colonnes corinthiennes, de six pieds de diamètre, en
décorent la façade; et l'édifice sur les trois autres faces est entouré
d'un péristyle formé par un seul rang de colonnes du même ordre et
de la même dimension. Cette église doit avoir 264 pieds de longueur
dans œuvre, non compris le portail et la chapelle de la communion.
Sa largeur, aussi dans œuvre, et sans y comprendre les porches des
portes latérales sera de 138 pieds. Elle sera, dit-on, surmontée d'un
dôme, et le maître-autel s'élèvera au milieu du chœur. Toute cette
ordonnance est d'un grand caractère; et l'église de la Magdeleine,
lorsqu'elle aura été achevée, sera sans doute, dans son ensemble, la
plus belle église moderne de Paris: mais aura-t-elle le caractère
imposant et religieux de nos superbes basiliques gothiques? nous en
doutons: cette architecture gothique semble appartenir spécialement
au christianisme; et il ne nous semble pas que rien, sous ce rapport,
puisse jamais l'égaler ou la remplacer.
Chapelle sépulcrale de Louis XVI et de Marie Antoinette, reine de
France. Ce monument, élevé à la mémoire de ces deux augustes
victimes, est presque entièrement achevé: du côté du rond-point il
donne sur la rue d'Anjou, et l'entrée principale semble devoir être
dans la rue de l'Arcade, un peu plus bas que la rue Neuve-des-
Mathurins. L'édifice a la forme d'un carré long: ses deux faces
latérales se composent chacune de neuf arcades, qui probablement
seront fermées par des grilles et figureront des charniers. Du côté de
la façade principale on monte quelques marches qui conduisent à
une espèce de vestibule ou petite chapelle; un second escalier mène
à une plate-forme élevée de dix à douze pieds au-dessus du sol: à
son extrémité s'élèvent sur un perron quatre colonnes doriques avec
fronton qui forment l'entrée de la principale chapelle. Les trois
ronds-points qui la terminent semblent indiquer qu'elle formera trois
divisions; et son exhaussement prouve qu'elle doit être
accompagnée de chapelles souterraines. Cette composition a le
caractère sépulcral qui lui convient, et fait honneur à l'architecte qui
l'a exécutée. On a le projet de l'enrichir d'un grand nombre de
sculptures, d'ornements, bas-reliefs, etc., que l'on exécute en ce
moment.
Abattoir du Roule. Il est situé à l'extrémité de la rue de
Miromesnil. À la fin du troisième volume de cet ouvrage, nous
entrerons dans quelques détails sur les divers édifices de ce genre
que l'on a élevés à diverses extrémités de Paris, et qui peuvent être
mis au nombre des établissements les plus utiles que l'on ait formés
pour la commodité et la salubrité de cette capitale.
RUES NOUVELLES.
Rue d'Astorg. On a prolongé cette rue à travers la rue d'Anjou
jusque dans celle de la Pépinière.
Rue de la Bienfaisance. Elle aboutit d'un côté à la rue du Rocher et
de l'autre à la rue de Miromesnil.
Rue Castiglione. Elle a été ouverte sur le terrain des Capucins, et
aboutit d'un côté à la rue de Rivoli, de l'autre à la rue Saint-Honoré,
vis-à-vis la place Vendôme.
Rue de la Croix du Roule. C'est un chemin qui traverse les
champs, et qui communique de la rue du Faubourg-du-Roule à la
barrière de Courcelles.
Rue Duphot. Elle aboutit d'un côté au boulevart de la Magdeleine,
de l'autre à la rue Saint-Honoré. Le nom qu'elle porte est celui d'un
général français.
Rue Gasté. Elle donne d'un côté dans la rue basse Saint-Pierre, de
l'autre dans la rue des Batailles.
Rue des Gourdes. C'est un chemin parallèle à l'allée des Veuves,
qui, d'un côté, aboutit à l'avenue de Neuilly, de l'autre vient finir à la
ruelle des Blanchisseuses. Dans cette rue des Gourdes vient aboutir
une autre rue sans nom qui longe le jardin Marbeuf.
Rue des Grésillons. Elle donne d'un côté dans la rue du Rocher, de
l'autre dans celle de Miromesnil.
Rue Saint-Hyacinthe. Elle traverse de la rue de la Sourdière au
Marché Saint-Honoré.
Rue Saint-Jean-Baptiste. Elle donne d'un bout dans la rue Saint-
Michel, de l'autre dans celle de la Pépinière.
Rue Neuve-du-Luxembourg. La continuation de cette rue depuis la
rue Saint-Honoré vient se terminer à la rue de Rivoli.
Rue du Marché Saint-Honoré. Elle va de la rue Saint-Honoré à la
rue Neuve-des-Petits-Champs, traversant le Marché qui porte ce
nom.
Rue des Maisons-Neuves. Cette rue, percée vis-à-vis la rue
d'Astorg, et dans la même direction, aboutit d'un côté à celle de la
Pépinière, de l'autre à la Voirie.
Rue Saint-Michel. Elle aboutit aux rues Saint-Jean-Baptiste et des
Maisons-Neuves.
Rue de Mondovi. Elle commence à l'angle de la rue du Mont-
Thabor, et vient aboutir à la rue de Rivoli.
Rue Montaigne. Elle commence au rond-point des Champs-
Élysées, et vient aboutir à la rue du Faubourg-du-Roule.
Rue du Mont-Thabor. Elle se termine par un cul-de-sac qui traverse
la rue Castiglione, et va aboutir à la rue Mondovi.
Rue Notre-Dame-de-Grace. Elle donne d'un bout dans la rue
d'Anjou, de l'autre dans celle de la Magdeleine.
Rue de Ponthieu. Cette rue a été prolongée jusque dans la rue
Montaigne.
Rue Richepanse. Elle donne dans la rue Saint-Honoré et dans la
rue Duphot. Le nom qu'elle porte est celui d'un général français.
Rue de Rivoli. Elle commence à la rue de Rohan, et se prolongeant
le long de la galerie neuve du château et du jardin des Tuileries,
vient aboutir à la place Louis XV. Toutes les maisons de cette rue
sont de la même élévation, et se composent d'un rez-de-chaussée
formant une longue suite d'arcades d'une belle proportion, au-
dessus duquel s'élèvent trois étages avec mansardes. C'est la plus
belle rue de Paris.
Rue de la Grande-Voirie. Elle donne d'un bout dans la rue des
Grésillons, et finit de l'autre par un cul-de-sac, traversant la rue de la
Petite-Voirie.
Rue de la Petite-Voirie. Elle donne d'un côté dans la rue des
Maisons-Neuves, et de l'autre dans celle de la Bienfaisance.
PASSAGES.
Passage Delorme. Il communique de la rue de Rivoli à la rue
Saint-Honoré.
FIN DE LA DEUXIÈME PARTIE DU PREMIER VOLUME.
TABLE DES MATIÈRES.
PREMIER VOLUME.—SECONDE PARTIE.
QUARTIER SAINT-JACQUES-DE-LA-BOUCHERIE.
Pages
Paris sous Hugues-Capet, Robert, Henri Ier
,
Philippe Ier
, Louis-le-Gros, Louis-le-Jeune et
Philippe-Auguste 471
Le Grand-Châtelet 509
Saint-Leufroi 530
La Grande-Boucherie 537
Saint-Jacques-de-la-Boucherie 542
Des confréries 559
L'hôpital de Sainte-Catherine 570
Saint-Josse 573
Le chapitre du Saint-Sépulcre 577
Les religieuses de Saint-Magloire 582
Saint-Leu et Saint-Gilles 588
Hôtels 594
Rues et Places 597
Quais 612
Monuments nouveaux, etc. Ibid.
QUARTIER SAINTE-OPPORTUNE.
Origine du quartier 616
Le For-l'Évêque 620
Le Grenier à sel 624
Saint-Éloi 626
Les Six Corps 630
Sainte-Opportune 641
Hôtels 653
Rues et places 660
Quais 674
Rues et places nouvelles 675
QUARTIER DU LOUVRE, OU SAINT-GERMAIN-
L'AUXERROIS.
Paris sous Louis VIII, Louis IX (saint Louis),
Philippe III, Philippe IV, Louis X, Philippe V,
Charles IV, Philippe VI, Jean 676
Saint-Germain-l'Auxerrois 740
Le Louvre 762
Académies 802
La Congrégation des prêtres de l'Oratoire de N.
S. J. C. 810
Saint-Honoré 817
Hôtels 822
Fontaines 832
Rues et places 839
Monuments nouveaux, etc. 850
Rues et places nouvelles 854
QUARTIER DU PALAIS-ROYAL.
Origine du quartier 856
Saint-Louis et Saint-Nicolas-du-Louvre 862
Le Palais-Royal 872
La place du Palais-Royal et le Château-d'Eau
901
Hôpital royal des Quinze-Vingts 903
Place du Carrousel 912
Le Palais des Tuileries 915
La grande Galerie 931
Le jardin des Tuileries 944
Porte de la Conférence 955
Saint-Roch 959
Communauté de Sainte-Anne 969
Jacobins de la rue Saint-Honoré 971
Place Vendôme 975
Les Feuillans de la rue Saint-Honoré 982
Les Capucins de la rue Saint-Honoré 992
Les religieuses de l'Assomption 999
Les Filles de la Conception 1006
La place Louis XV et le Garde-Meuble 1009
Cours-la-Reine et Champs-Élysées 1015
Pont Louis XVI 1018
L'église de la Magdeleine 1020
Les Bénédictines de la Ville-l'Évêque 1026
Saint-Philippe-du-Roule 1029
Chapelle Beaujon, dédiée à saint Nicolas 1035
Hospice Beaujon 1038
Saint-Pierre-de-Chaillot 1039
Sainte-Perrine 1044
Pompe à feu 1046
Manufacture royale de la Savonnerie 1048
La Visitation de Chaillot 1051
Les Minimes de Chaillot 1053
Hôtels 1058
Fontaines 1072
Rues et places du quartier du Palais-Royal
1075
Quais 1094
Antiquités romaines Ibid.
Monuments nouveaux, etc. 1096
Rues nouvelles 1106
Erratum. Page 487, ligne 2, habilement s'opposer; lisez, l'opposer.
Notes
1: Voyez la Ire
partie de ce volume, p. 63.
2: Ibid., p. 64, 66, 69 et suiv.
3: Nous trouvons expressément dit «que tout homme libre devoit
rester fidèle au prince à qui il s'étoit une fois recommandé, tant que
ce prince étoit vivant; mais qu'après sa mort, il lui étoit permis de se
recommander à qui il jugeroit à propos de le faire.» (Corps diplom.
de Dumont, t. I.)
4: Voyez la Ire
partie de ce volume, p. 64.
5: Sur ce que nous allons dire et jusqu'à la page 476, on peut
consulter les livres 16, 17, 18, 19, 29, 30 et 31 de cet auteur.
6: Les grands qui se donnoient à un roi ne pouvoient traiter en leur
nom avec des princes étrangers, ni se rendre leurs clients; obligés
de le suivre à la guerre, ils devoient être compris dans tous les
traités qu'il lui arrivoit de faire, et aucune guerre ne pouvoit être
légitimement entreprise sans leur avis. C'étoit encore parmi eux que
ces rois barbares choisissoient leurs ambassadeurs, et ceux qui
étoient chargés de leurs négociations.
7: Greg. Tur. Hist., lib. II, c. 30.
8: «Louis-le-Bègue, étant sur le point de mourir, chargea l'évêque de
Beauvais et un comte, nommé Alboin, de porter à Louis, son fils
aîné, la couronne, l'épée et les autres ornements royaux, mandant à
ceux qui étoient auprès de lui de le faire sacrer et couronner roi.
Mais avant de procéder à cette cérémonie, ils convoquèrent les
grands du royaume dans la ville de Meaux, pour délibérer sur ce
qu'ils avoient à faire. Louis ne fut pas couronné aussitôt que son
père l'avoit désiré; et contre l'intention de ce prince, on lui associa
son frère Carloman.» (Aimoin, liv. V, c. 39.)
Quoique Pépin eût fait sacrer et couronner ses fils de son vivant,
«les Francs les élurent après sa mort pour lui succéder» (Egin. de
princip.), et les annales qui portent le nom d'Aimoin disent très-
expressément que «Charles et Carloman furent créés rois par le
consentement de tous les Francs.» (Lib. 4, c. 47.)
Nous apprenons du même annaliste que Louis-le-Débonnaire ne dut
d'avoir succédé à son père qu'à la diligence qu'il avoit faite pour
prévenir la trahison de Wala, et à la bonne volonté du peuple. C'est
ainsi qu'il obtint le trône du consentement et avec l'applaudissement
de tous les Francs. (Ibid., c. 102.) On pourroit multiplier à l'infini ces
exemples, tant dans la première que dans la seconde race.
9: Voyez la première partie de ce volume, p. 59.
10: C'est-à-dire le vassal bénéficier; car le vassal allodial ou libre
propriétaire prêtoit l'hommage simple, lequel étoit fort différent de la
recommandation qui étoit aussi appelée hommage lige. Ceux des
grands vassaux qui se prétendoient propriétaires de leurs biens en
franc aleu, offrirent toujours le premier, et refusèrent le second tant
qu'il leur fut possible de s'y soustraire.
11: Il reste plusieurs formules des sermens prêtés à leur
couronnement, par les rois des deux premières races, et même
pendant le cours de leurs règnes: on peut les réduire à ces trois
points principaux: protection aux églises; paix aux peuples; justice à
chacun.—Le vassal juroit d'être fidèle au roi régnant, comme tout
homme franc devoit l'être à son roi.
12: Cap. Car. Calv., tit. 53, c. 4.
13: «Si vous voulez que nous vous soyons fidèles, disoit le peuple à
Charlemagne, faites observer les lois.» (Petitio populi, Worm., an.
803.) Non-seulement les lois autorisoient les fidèles à en agir ainsi
avec les rois, mais «elles leur enjoignoient même de leur remontrer
toutes les fautes qu'ils pouvoient commettre, afin qu'ils les
réparassent. Si après ces avertissemens, le roi ne changeoit point de
conduite et d'intention, alors les sujets ecclésiastiques et séculiers
devoient faire cause commune afin qu'il ne conservât point le
pouvoir de traiter qui que ce fût contre la loi et la raison, et ce
nonobstant sa propre volonté.» (Cap. Car. Calv., t. 29, c. 10.)
C'étoit là sans doute régner à de tristes et humiliantes conditions;
mais de cette situation précaire des rois, d'où naissoient tant et de si
graves inconvénients, il en résultoit du moins cet avantage que, pour
ôter tout prétexte à la révolte, ces princes apportoient le plus grand
soin à faire rendre la justice; et que les grands vassaux se voyoient
obligés de les imiter, et de se montrer de leur côté justes et
bienveillants envers leurs sous-vassaux, pour ne point s'exposer à
perdre leurs droits de suzeraineté. Plus on pénètre le fond du régime
féodal, plus on reconnoît que c'étoit un excellent système
administratif, peut-être même le meilleur qui ait jamais existé;
système dont on avoit fait une mauvaise loi politique en y
assujettissant le souverain au même degré que les moindres de ses
sujets, et qu'il auroit suffi de le renfermer dans ses bornes naturelles
pour en faire la plus salutaire des institutions. C'est ce qui arriva par
la suite; et la France eût été trop heureuse, si, parvenus là, ses rois
eussent su s'y arrêter.
14: Les rois eux-mêmes sembloient reconnoître que ce déni de
justice pouvoit légitimer la révolte; et lorsque Charles-le-Chauve se
réconcilia avec ses sujets révoltés, il distingua des autres ceux que la
guerre avoit ruinés, et qui, n'ayant point été récompensés de leurs
services, avoient un juste sujet de se soulever contre lui. Il promit
même de réparer le tort qu'il leur avoit fait, le plus tôt et le mieux
qu'il lui seroit possible, avec le conseil de ses fidèles. (Cap. Car.
Calv., tit. 29, c. 6.)
15: Que de clameurs n'a-t-on point élevées contre la puissance
spirituelle, ses usurpations, etc. à l'occasion de ces dépositions de
rois et d'empereurs, souvent prononcées par un tribunal composé
d'évêques! Cependant que l'on se transporte à ces temps reculés,
qu'on en étudie les usages, qu'on en comprenne les mœurs, qu'on
renonce enfin à cette manie absurde de les juger d'après les temps
où nous vivons, et l'on sera forcé de reconnoître comme raisonnable
et salutaire, ce que l'on blâme avec tant de violence et d'aigreur. Les
rois, nous le répétons, étoient à la merci de la race turbulente et
guerrière qui les environnoit. «Il n'étoit permis à personne, dit un
capitulaire, d'empêcher par sa désobéissance l'exécution des lois;
mais si l'un des rois descendans de Louis-le-Débonnaire manquoit
aux engagements communs qu'il a pris avec les autres rois et à ceux
qu'il a pris vis-à-vis de son peuple, ceux qui ne s'en étoient point
écartés s'assembloient avec le grand nombre des fidèles, et après
que l'on avoit averti inutilement le prince réfractaire, on décidoit en
commun quelle conduite on devoit tenir à son égard.» (Cap. Car.
Calv., tit. 31, c. 12.) Ainsi la loi elle-même consacroit, en certains
cas, la révolte. Réduits souvent à de telles extrémités, c'étoient les
rois eux-mêmes qui, de même que le faisoient leurs sujets dans un
si grand nombre d'autres circonstances, demandoient d'être jugés
par un tribunal ecclésiastique, comme plus équitable, plus modéré,
et étranger d'ailleurs à toute passion, à tout intérêt qui auroit pu leur
être contraire: «Après avoir été sacré roi, disoit Charles-le-Chauve;
après avoir été élevé sur le trône, je n'ai pas dû en être renversé;
mon sacre n'a pas pu devenir nul, au moins avant que j'eusse été
entendu et jugé par les évêques, qui sont les ministres de mon sacre
et que l'Écriture appelle les trônes de Dieu, trônes sur lesquels le
Tout-Puissant est assis et par qui il rend ses jugements. J'ai toujours
été prêt à me soumettre à leurs réprimandes et à leurs sentences
pénales (judiciis castigatoriis), et maintenant encore je suis dans la
même disposition.» (Cap. Car. Calv., tit. 30, c. 3.)
16: Les mêmes démembrements s'opérèrent en Allemagne avec de
légères différences que nous ne pourrions faire connoître ici sans
sortir de notre sujet.
17: Les Sarrasins.
18: Voyez page 134, 1re
partie de ce volume.
19: Voy., p. 68, première partie de ce volume.
20: Ibid. p. 66 et suiv.
21: De tous les duchés, il ne conserva que celui de Bénévent; et non
content de diviser les autres, il crut nécessaire encore de démembrer
la juridiction des comtes des cités.
22: Aimoin, lib. 15, c. 19.
23: Les invasions des Normands.
24: Ce domaine, qui étoit immense, fut tellement divisé que vers la
fin de la seconde race les rois de France n'avoient plus pour toute
propriété que la petite ville de Laon et son petit territoire.
25: Eudes, comte de Paris et frère de Robert, aïeul de Hugues
Capet. La troisième race de nos rois eût sans doute commencé à cet
Eudes, s'il ne fût mort sans enfans.
26: Charles de Lorraine. On lui fit justement un crime d'avoir rendu
hommage à l'empereur Othon.
27: Hugues Capet étoit moins riche que plusieurs de ses vassaux: ce
ne fut même qu'après la mort de son frère Othon, que le comté de
Paris fut définitivement réuni à la couronne de France.
28: Voyez p. 271, première partie.
29: Suger, de simple moine de Saint-Denis, en étoit devenu abbé
par ses grands talents. Louis-le-Gros avoit été élevé dans cette
abbaye; ce fut là que Suger en fut connu, et ce qui donna occasion à
ce prince, devenu roi, de l'employer dans la suite aux plus grandes
affaires..... C'est lui qui a bâti l'église de Saint-Denis, telle qu'on la
voit encore aujourd'hui, à l'exception du portail et des deux tours qui
l'accompagnent, monuments vénérables de l'ancienne église élevée
par Pépin et par Charlemagne; et ce qui honore du moins autant sa
mémoire, c'est qu'on croit, avec beaucoup de vraisemblance, que le
projet de la compilation des grandes chroniques, connues sous le
nom de Chroniques de Saint-Denis, fut son ouvrage. (Hénault.)
30: Toutes les villes des peuples qui habitoient le nord de l'Europe
étoient chétives et grossièrement bâties; et les voyages de la Terre-
Sainte leur firent voir, pour la première fois, de ces belles cités, dont
jusque là ils n'avoient pas même l'idée. Les historiens latins sont
frappés à la vue de la magnificence, des richesses, et de l'élégance
dont l'empire d'Orient leur offroit le spectacle. «Ô que
Constantinople est une belle et vaste cité! s'écrie Foulques de
Chartres en la voyant pour la première fois. Combien de couvents
elle renferme, et combien de palais bâtis avec un art admirable! on
ne croiroit jamais combien elle abonde en toutes sortes de bonnes
choses, en or, en argent, en étoffes de différentes espèces. À chaque
heure, il arrive dans son port des vaisseaux chargés de toutes les
choses nécessaires à l'usage de l'homme.» (Fulcher, ap. Bongars, v.
1, p. 386.) Guillaume, archevêque de Tyr, l'historien le plus éclairé de
tous ceux qui ont écrit sur les croisades, dit que ce que les
Occidentaux voyoient de l'élégance et de la splendeur de la cour de
Constantinople étoit au-dessus de toutes les idées qu'ils auroient pu
s'en former. Gonthier, moine français, qui écrivit une histoire de la
conquête de Constantinople, Geoffroi de Villehardouin, gentilhomme
d'un rang distingué, et accoutumé à toute la magnificence que l'on
connoissoit en Occident, en parlent avec la même admiration. Ce
dernier peint avec les couleurs les plus vives l'étonnement dont
furent frappés ceux de ses soldats qui voyoient pour la première fois
Constantinople: «Ils avoient peine à croire, dit-il, qu'il y eût une ville
si belle et si riche dans le monde entier. Quand ils virent ses grandes
murailles, ses hautes tours, ses riches palais et ses superbes églises,
tout cela leur parut si grand, qu'ils n'auroient jamais pu se former
une idée de cette ville impériale, s'ils ne l'eussent vue de leurs
propres yeux.» (Histoire de la Conquête de Constantinople, p. 49.)
31: Voy. pag. 31, première partie. Ces murs furent élevés pendant le
voyage du roi à la Terre-Sainte, et aux dépens des bourgeois de
Paris, comme ces mêmes bourgeois le représentèrent depuis à Louis
XIII: cependant on les a toujours appelés les murs du roi. Les
successeurs de Philippe les donnèrent aux prévôts des marchands et
échevins; c'est-à-dire qu'ils leur en confièrent la garde, la visite et le
soin de les réparer.
32: Entre autres le clos de Sainte-Geneviève, celui de Saint-Étienne-
des-Grès, le clos l'Évêque, une partie de la terre de Laas, etc.
33: Le Louvre.
34: Ces juges accordèrent à l'abbaye tout le territoire contenu
depuis la tournelle de Philippe Hanselin, bâtie sur le bord de la Seine
(tournelle ou tourelle, connue sous le nom de tour de Nesle), jusqu'à
la borne qui sépare, vers la plaine de Grenelle, la terre de Saint-
Germain d'avec celle de Sainte-Geneviève, et depuis cette borne
jusqu'à une autre qui sépare les mêmes terres près du chemin
d'Issy, enfin depuis cette dernière jusqu'à celle que les arbitres eux-
mêmes posèrent contre les murs de Saint-Étienne-des-Grès.
35: Elles furent achevées en deux ans, l'une sous le nom de Saint-
André-des-Arcs, l'autre sous celui de Saint-Côme.
36: Voyez page 349; 1re
partie.
37: Nos premiers rois les trouvèrent déjà établis à Paris, maîtres
absolus du commerce, et exerçant ouvertement l'usure. Un édit de
Dagobert, de l'an 633, les fit sortir de France; on les y voit reparoître
sous Charles-le-Chauve, et le concile de Paris, de 850, renouvela
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  • 5. Discovering Diverse Content Through Random Scribd Documents
  • 6. Rue des Vignes. Elle aboutit à la grande rue de Chaillot en entrant par l'avenue: c'étoit un chemin sans nom avant 1789. Rue de la Ville-l'Évêque. Elle commence à la rue de l'Arcade, à l'ancienne extrémité de la rue de la Magdelaine, et finit à la rue des Saussaies. Son nom lui vient du territoire sur lequel elle est située, qui appartenoit à l'évêque et au chapitre de Notre-Dame, et dont plusieurs titres du treizième siècle font mention sous le même nom de Villa Episcopi. PASSAGES. Ils sont nombreux dans ce quartier et principalement autour du Palais-Royal. Passage Radziville. Il est situé dans l'angle des rues de Valois et de Beaujolois, et donne à l'entrée de la rue des Bons-Enfants. Passages sans nom de la rue de Beaujolois dans la rue Neuve-des- Petits-Champs. Il y en a deux, l'un avant, l'autre après la rue Vivienne. Passage du café de Foi. Il donne de la rue Montpensier dans la rue de Richelieu. Plusieurs autres passages sans nom communiquent encore le long de la rue Montpensier à divers points de la rue de Richelieu. Passage Saint-Guillaume. Il communique de la rue Traversière à la rue de Richelieu. Passage Saint-Roch. Il est situé auprès de cette église et communique de la rue Saint-Honoré à la rue d'Argenteuil. QUAIS.
  • 7. Quai des galeries du Louvre. Il commence au premier guichet, appelé de la rue Froi-Manteau, et finit au bout du Pont-Royal. À l'entrée de ce quai est le port Saint-Nicolas, lequel a pris son nom de l'église collégiale qui en étoit voisine. C'est à ce port qu'abordoient, avant la révolution, les marchandises qui venoient des pays étrangers en remontant la Seine. C'est encore là que l'on décharge aujourd'hui les barques qui apportent les productions de la Normandie, etc. Avant la construction du nouveau pont, dit Pont des Arts, on passoit la rivière à cet endroit dans des bateaux. Quai des Tuileries ou de la Conférence. Il commence au bout du Pont-Royal, et finit à l'endroit où étoit anciennement la porte dont il a pris le nom. C'est de l'entrée de ce quai que partent, tous les jours, les galiotes de Saint-Cloud et de Sève. Port aux Pierres. Il est situé vis-à-vis le Cours-la-Reine. Quai de la Savonnerie. Il commence à l'extrémité du Cours-la- Reine, et finit à la barrière des Bons-Hommes. On le nomme maintenant quai de Billy et de la Conférence. ANTIQUITÉS ROMAINES DÉCOUVERTES DANS LE QUARTIER DU PALAIS-ROYAL. Il a paru vraisemblable à plusieurs historiens de Paris que[645], sous la domination des Romains, la cité de Paris avoit commencé à étendre ses faubourgs sur la rive septentrionale du fleuve dont elle est entourée: à défaut de monuments historiques, des restes d'antiquités qu'on y a trouvés sur divers points et à diverses époques ont démontré jusqu'à l'évidence ce qui n'avoit d'abord été qu'une simple conjecture. Des débris de voies romaines, que le temps n'a point entièrement détruits, indiquent des communications établies avec plusieurs lieux environnants, tels que Clichi, Pierre-Laie, Pontoise, Saint-Denis, Pierre-Fite, etc.; et d'autres monuments qui ne peuvent exister que
  • 8. dans l'enceinte des villes, prouvent que cette partie septentrionale, depuis couverte de forêts et de marécages, étoit alors habitée: voici ce que l'on a découvert dans le quartier que nous venons de décrire. Aquéduc de Chaillot. Cet aquéduc souterrain, dont les premières constructions étoient établies sur les hauteurs de Chaillot, et à la source des eaux minérales qui existent encore aujourd'hui dans cet endroit, traversoit l'emplacement des Champ-Élysées, et probablement celui qu'occupe aujourd'hui le jardin des Tuileries, pour venir aboutir au jardin du Palais-Royal. Les travaux que l'on faisoit en 1763 pour la formation de la place Louis XV procurèrent la découverte des canaux de conduite de cet aquéduc; et l'on découvrit en même temps à Chaillot un reste de maçonnerie antique qui avoit fait partie de ses constructions. M. le comte de Caylus a publié à ce sujet une dissertation[646]. Bassins antiques du Palais-Royal. Ils furent découverts en 1781, lors des fouilles que l'on fit dans le jardin de ce palais pour établir les fondations de ses nouvelles galeries. Le premier, qui gisoit à trois pieds au-dessous du sol, et à l'extrémité méridionale de ce jardin, présentoit un carré de vingt pieds de dimension sur ses quatre côtés. Au même endroit furent trouvées des médailles d'Aurélien, de Dioclétien, de Posthume, de Magnence, de Crispe, de Valentinien Ier ; ce qui semble indiquer une construction qui ne remonte pas au-delà du quatrième siècle. Le second bassin, beaucoup plus vaste que le premier, et trouvé dans la partie septentrionale du même jardin, s'étendoit à cinq pieds sous terre, depuis le point de la galerie où est situé le café de Foi, jusqu'au passage de Radziville. Tous les deux étoient évidemment de construction romaine; et une circonstance assez remarquable, c'est que la direction de l'aquéduc, reconnue par M. de Caylus depuis Chaillot jusqu'à la place Louis XV, continuant d'être prolongée en ligne droite, seroit venue précisément aboutir au premier de ces deux bassins[647].
  • 9. MONUMENTS NOUVEAUX ET RÉPARATIONS FAITES AUX ANCIENS MONUMENTS DEPUIS 1789. Palais-Royal. La cour de ce palais qui donne sur la rue Saint- Honoré et qui sert d'entrée à la partie de cet édifice qu'occupe M. le duc d'Orléans, doit être incessamment fermée au public; et à côté de cette cour il a été percé un nouveau passage formant une galerie qu'orne une colonnade d'ordonnance dorique. Ce passage, dans lequel on a pratiqué des boutiques, traverse le péristyle dont on avoit fait provisoirement, pendant quelques années, la bourse de Paris, et vient communiquer à la seconde cour que borne au nord la galerie de bois. Au milieu du jardin, dont les deux extrémités sont ornées de tapis de verdure, s'élève une gerbe d'eau formant un jet d'environ dix-huit pieds de hauteur, qui retombe dans un grand bassin circulaire, et répand ainsi de la fraîcheur au milieu de cette promenade jusqu'alors peu agréable à cause de son extrême aridité. Théâtre du Vaudeville. Ce théâtre a été élevé sur l'emplacement de l'ancien Vauxhall, vis-à-vis le Palais-Royal, et à l'entrée des rues de Chartres et de Saint-Thomas-du-Louvre qu'il borde des deux côtés. C'est un édifice qui, à l'extérieur, n'a pas d'autre apparence que celle d'une maison particulière. La salle qu'il contient est petite et n'a de même rien qui mérite d'être remarqué. Palais des Tuileries. Toutes les constructions qui obstruoient la façade de ce monument, du côté de la place du Carrousel, ont été abattues; et le terrain qu'elles occupoient a été changé en une vaste cour qui s'étend jusqu'au premier guichet de la grande galerie, et que ferme une grille en fer d'un beau travail. Cette grille a trois entrées: la première au milieu et vis-à-vis l'arc de triomphe dont nous allons bientôt parler, les deux autres de chaque côté, et entre des massifs carrés en pierre formant piédestaux, qui supportent des statues colossales de Victoires, assises et entourées de divers
  • 10. attributs. Avant qu'on y eût placé ces statues, traitées dans le style de la décoration monumentale, les quatre chevaux de bronze antique enlevés à la ville de Venise avoient été élevés sur ces piédestaux. Intérieur du palais. Cet intérieur a subi de grands changements dans sa décoration. Sous le vestibule on a pratiqué un nouvel escalier d'une belle architecture qui conduit d'un côté aux galeries supérieures de la chapelle et au théâtre, de l'autre à la salle des maréchaux. Ces diverses pièces ont subi, tant dans leur disposition que dans leur architecture, de grands et heureux changements. Les galeries au rez-de-chaussée du côté du jardin ont été décorées, sous toutes les arcades qui les composent, de statues antiques ou copiées de l'antique, représentant des personnages romains, matrones et sénateurs. Jardin des Tuileries. Sans rien changer à la belle ordonnance et aux grandes masses de ce jardin, on l'a achevé dans quelques détails qui, jusqu'alors, avoient été négligés et qui en complètent la symétrie. C'est principalement du côté du pont tournant qu'ont été faits en ce genre les travaux les plus importants. L'orangerie a été abattue ainsi que les constructions qui obstruoient toute cette extrémité du jardin; et sur cet emplacement on a formé deux larges terrasses parfaitement symétriques, qui se dessinent en fer à cheval et viennent finir en pente douce des deux côtés du grand bassin. Ces deux terrasses ont été plantées d'arbres formant allées et bosquets; elles sont entourées de fossés du côté de la place Louis XV, et revêtues d'un mur solide en bossages. Chaque angle extérieur du parapet est orné d'un lion en marbre blanc. Les deux autres terrasses dites des Feuillans et du bord de l'eau ont été plantées d'arbres. La première est fermée d'une grille toute semblable à celle qui termine la cour du château. Cette grille, qui s'étend depuis le pavillon Marsan jusqu'à l'extrémité du jardin, et qui forme ainsi l'un des côtés de la rue de Rivoli dans presque toute sa longueur, est soutenue de distance en distance par des piliers carrés
  • 11. sur lesquels on a placé des vases en marbre blanc d'une forme élégante. La terrasse du bord de l'eau est ornée de belles copies en bronze de quelques-unes des statues les plus célèbres de l'antiquité, le Laocoon, l'Apollon du Belvédère, l'Hercule Télèphe, la Diane de Versailles, etc. On communique du château à cette terrasse par une galerie souterraine; ce qui en fait une promenade particulière pour les princes, et que l'on peut isoler en un instant du reste du jardin, en fermant toutes les grilles dont elle est entourée. Enfin tous les compartiments du parterre, jusqu'alors fermés seulement par des barrières en bois, ont été entourés de balustrades de fer; et plusieurs statues nouvelles en bronze et en marbre, ou modernes ou copiées de l'antique, ont été répandues autour des bassins, à l'entrée de ce parterre et sur la lisière du bois. Grande galerie (côté du midi). À l'extérieur et dans toute la partie construite par Métezeau, il a été percé des arcades au nombre de vingt-huit, et établi dans le vaste rez-de-chaussée qui règne le long de ces arcades, des corps-de-garde et une orangerie. Dans toute la longueur de ce bâtiment jusqu'au pavillon de l'Infante, on a pratiqué dans le toit des jours qui éclairent la galerie intérieure où est exposée la collection des tableaux du roi, collection qui abonde en chefs-d'œuvre de toutes les écoles, et que l'on considère comme la plus belle de l'Europe, tant par le nombre que par l'excellence des morceaux dont elle est composée. Des colonnes de marbre du plus grand prix, des bustes, des ciselures en bronze doré, forment la décoration de cette galerie magnifique. À son extrémité est le salon d'exposition des tableaux de l'école française, dont l'entrée donne sur un escalier du plus grand style. Cet escalier communique au musée des statues antiques, plus nombreux et plus varié que celui du Vatican, aussi riche peut-être en chefs-d'œuvre du premier ordre, et qui se compose de toute la célèbre collection Borghèse, des antiques qui appartenoient anciennement au roi, et de beaucoup d'autres statues tirées de la Villa-Albani, du Vatican, et de plusieurs collections particulières. Ce musée comprend tout le rez-de-chaussée dont se composoient autrefois les appartements de la reine, ainsi
  • 12. que la fameuse salle du vieux Louvre dite des Cent-Suisses, que décorent les admirables sculptures de Jean Goujon. Galerie (côté du nord). Cette galerie, parallèle à celle qui est connue sous le nom de grande galerie, construite sur les mêmes dimensions, et qui doit aboutir à la partie opposée du vieux Louvre, a été commencée, il y a environ quinze ans, du côté des Tuileries, et se prolonge en ce moment jusqu'à la rue de Rohan, offrant déjà une suite de vingt-une arcades, toutes semblables à celles de l'autre galerie qui sont en regard. La façade extérieure qui donne sur la rue de Rivoli se compose de croisées séparées par des niches destinées sans doute à recevoir des statues; au-dessus règne une longue corniche soutenue par des consoles. Tout cet ensemble a de la noblesse et de la simplicité, peut-être même trop de simplicité pour la demeure d'un grand souverain. L'intérieur de cette galerie est divisé en appartements destinés à être habités par des personnes que leurs emplois attachent à la cour. Arc de triomphe. Ce monument, que Buonaparte fit élever en 1806, à la gloire, disoit-il, des armées françoises, et qui n'étoit réellement que le monument de son insolence et de son orgueil, n'a point été abattu depuis la restauration; et il existe encore ainsi que la colonne de la place Vendôme!... Cette construction présente une largeur de soixante pieds sur quarante-cinq de hauteur. Sa profondeur est de vingt pieds et demi. Sa double façade se compose de trois arcades; et deux arcades percées dans chacune de ses faces latérales correspondent de l'une à l'autre et traversent les trois arcades de la façade. Huit colonnes de marbre rouge de Languedoc, d'ordre corinthien, enrichies de bases et de chapiteaux en bronze doré, ornent l'extérieur de cette composition; à l'aplomb de ces colonnes et au-devant de l'attique s'élèvent autant de statues de soldats français de diverses armes, dont les costumes forment, avec les bas-reliefs et les ornements traités dans le style antique dont les voûtes et les cintres des arcades sont couverts, une disparate qui n'est pas de très-bon goût.
  • 13. Ce sont des Fleuves, des Naïades, des Victoires, etc.; toutes ces sculptures ont été traitées d'une grande manière et avec une délicatesse très-rare d'exécution. Six bas-reliefs en marbre blanc qui retraçoient les événements les plus remarquables de la campagne de 1805, décoroient les quatre faces de cet arc de triomphe. Ceux-là ont du moins été enlevés en 1815 pour ne plus jamais reparoître. Au-dessus de l'attique que surmontoit un double socle s'élevoit un quadrige qu'accompagnoient deux Victoires, et auquel on avoit attelé les quatre fameux chevaux de bronze dont nous avons déjà parlé. Ce quadrige attendoit la statue de l'usurpateur; il a été enlevé en même temps que les bas- reliefs. Le char et les Victoires en plomb doré étoient de la main de M. Lemot, et l'on y reconnoissoit le grand style, et la belle exécution de cet artiste célèbre. L'église Saint-Roch. On a rendu à cette église quelques-uns des tableaux qui lui avoient été enlevés, entre autres celui du Doyen (la guérison des ardents), et celui de Vien (saint Denis prêchant la foi en France). Plusieurs chapelles ont été ornées de bas-reliefs, représentant des sujets tirés de la vie de N. S. par M. Desenne; et le même artiste a exécuté pour la chapelle du Calvaire un groupe du Christ au tombeau, dont l'exécution mérite des éloges. Saint-Roch possède encore plusieurs tableaux modernes qui lui ont été donnés par la ville de Paris. On a de même rendu à cette église les monuments sépulcraux dont elle avoit été dépouillée, et l'on y a en outre déposé quelques- uns des monuments enlevés aux églises qui ont été détruites pendant la révolution, entre autres le tombeau du cardinal Dubois, et celui de Henri de Lorraine, comte d'Harcourt. Marché Saint-Honoré. Ce marché a été ouvert et construit sur l'emplacement du couvent des Jacobins. Il est divisé en quatre compartiments couverts d'une simple toiture que portent des piliers de bois façonnés en colonnes; deux rues y communiquent de la rue
  • 14. Saint-Honoré et de la rue Neuve-des-Petits-Champs, et la place au milieu de laquelle il s'élève forme un carré entouré de maisons. Colonne de la place Vendôme. Cette colonne, qui, nous l'espérons, disparoîtra un jour, pour l'honneur de la France, de la place qu'elle occupe, et la rendra à la statue équestre du grand roi, qui s'y élevoit autrefois, fut, de même que l'arc de triomphe, commencée par ordre de Buonaparte après la campagne de 1805, et finie seulement en 1810. Elle a 218 pieds de haut, y compris son piédestal dont la hauteur est de 21 pieds et demi. Son diamètre est de 12 pieds; et toute sa surface, y compris le piédestal, le chapiteau et son amortissement, est revêtue de fortes lames de bronze, chargées de bas-reliefs. Ceux du piédestal représentent des trophées d'armes; les autres, qui s'élèvent en spirale jusqu'au faîte du monument, à l'imitation des colonnes Trajane et Antonine, offrent l'histoire monumentale de cette campagne de 1805, à l'occasion de laquelle a été conçu et exécuté ce monument. Buonaparte, qui, peu de temps auparavant, avoit refusé une statue que ses flatteurs lui offroient, disant qu'à la postérité seule appartenoit le droit de la lui ériger, si elle l'en jugeoit digne, changea bientôt d'avis, et fit placer sur la calotte de cette colonne, qui étoit l'un des points les plus élevés de Paris, sa statue pédestre vêtue à la romaine. Cette statue colossale, de dix pieds de proportion, avoit été exécutée par le sculpteur Chaudet. Elle a été renversée en 1814; à sa place s'élève le drapeau blanc; et le contraste étrange qu'il offre avec le monument qui lui sert de support peut donner matière à bien des réflexions. Champs-Élysées. À l'entrée de cette promenade, on a placé deux groupes en marbre qui ornoient autrefois le parc de Marly. Ces groupes, exécutés par Coustou jeune, représentent deux chevaux qui se cabrent et qui sont retenus par deux hommes nus. É
  • 15. Arc de triomphe de l'Étoile. Le projet de cet arc de triomphe fut encore conçu en 1805. Il fut commencé avec des travaux et des dépenses énormes, sur les dessins de l'architecte Chalgrin, et abandonné, nous ne savons pourquoi, lorsque la construction en étoit déjà fort avancée[648]. Il est construit sur la plus grande échelle des monuments de ce genre; et peut-être eût-il été le plus colossal de tous ceux qui existent maintenant. Sa hauteur eût été de 138 pieds, sa profondeur de 68. C'est une belle masse dont l'aspect est imposant et dont la situation à la porte Chaillot étoit une des plus heureuses qu'il fût possible de rencontrer, ce monument pouvant y être vu de tout Paris et de ses environs jusqu'à Neuilly. Il n'y a pas d'apparence qu'il soit jamais achevé. Pont des Invalides. Ce pont, qui sert de communication du quai de la Conférence au Champ-de-Mars et à l'École-Militaire, s'élève en ligne droite sur cinq arches surbaissées. Il est orné entre chaque arche et au-dessus de chaque pilier d'une couronne de laurier au milieu de laquelle est gravé en relief le chiffre ⅃L surmonté d'une couronne royale. Ce pont, de la coupe la plus élégante et la plus hardie, est considéré avec juste raison comme le plus beau de Paris. Il portoit, pendant la révolution, le nom de pont d'Iéna; et des aigles éployées remplissoient l'espace qu'occupe aujourd'hui le chiffre du roi. Église de la Magdeleine. Buonaparte avoit voulu faire de cette église, commencée avant la révolution, un Temple de la Gloire; et un concours avoit été ouvert pour l'exécution de ce bizarre et ridicule projet. Alors les constructions déjà faites éprouvèrent quelques changements dans leur ordonnance. Les travaux toutefois se poursuivirent lentement et n'ont été repris avec quelque activité que depuis le retour du roi, où le monument a subi encore quelques changements nouveaux pour être rendu à sa première destination. Deux rangs de colonnes corinthiennes, de six pieds de diamètre, en décorent la façade; et l'édifice sur les trois autres faces est entouré d'un péristyle formé par un seul rang de colonnes du même ordre et de la même dimension. Cette église doit avoir 264 pieds de longueur
  • 16. dans œuvre, non compris le portail et la chapelle de la communion. Sa largeur, aussi dans œuvre, et sans y comprendre les porches des portes latérales sera de 138 pieds. Elle sera, dit-on, surmontée d'un dôme, et le maître-autel s'élèvera au milieu du chœur. Toute cette ordonnance est d'un grand caractère; et l'église de la Magdeleine, lorsqu'elle aura été achevée, sera sans doute, dans son ensemble, la plus belle église moderne de Paris: mais aura-t-elle le caractère imposant et religieux de nos superbes basiliques gothiques? nous en doutons: cette architecture gothique semble appartenir spécialement au christianisme; et il ne nous semble pas que rien, sous ce rapport, puisse jamais l'égaler ou la remplacer. Chapelle sépulcrale de Louis XVI et de Marie Antoinette, reine de France. Ce monument, élevé à la mémoire de ces deux augustes victimes, est presque entièrement achevé: du côté du rond-point il donne sur la rue d'Anjou, et l'entrée principale semble devoir être dans la rue de l'Arcade, un peu plus bas que la rue Neuve-des- Mathurins. L'édifice a la forme d'un carré long: ses deux faces latérales se composent chacune de neuf arcades, qui probablement seront fermées par des grilles et figureront des charniers. Du côté de la façade principale on monte quelques marches qui conduisent à une espèce de vestibule ou petite chapelle; un second escalier mène à une plate-forme élevée de dix à douze pieds au-dessus du sol: à son extrémité s'élèvent sur un perron quatre colonnes doriques avec fronton qui forment l'entrée de la principale chapelle. Les trois ronds-points qui la terminent semblent indiquer qu'elle formera trois divisions; et son exhaussement prouve qu'elle doit être accompagnée de chapelles souterraines. Cette composition a le caractère sépulcral qui lui convient, et fait honneur à l'architecte qui l'a exécutée. On a le projet de l'enrichir d'un grand nombre de sculptures, d'ornements, bas-reliefs, etc., que l'on exécute en ce moment. Abattoir du Roule. Il est situé à l'extrémité de la rue de Miromesnil. À la fin du troisième volume de cet ouvrage, nous entrerons dans quelques détails sur les divers édifices de ce genre
  • 17. que l'on a élevés à diverses extrémités de Paris, et qui peuvent être mis au nombre des établissements les plus utiles que l'on ait formés pour la commodité et la salubrité de cette capitale. RUES NOUVELLES. Rue d'Astorg. On a prolongé cette rue à travers la rue d'Anjou jusque dans celle de la Pépinière. Rue de la Bienfaisance. Elle aboutit d'un côté à la rue du Rocher et de l'autre à la rue de Miromesnil. Rue Castiglione. Elle a été ouverte sur le terrain des Capucins, et aboutit d'un côté à la rue de Rivoli, de l'autre à la rue Saint-Honoré, vis-à-vis la place Vendôme. Rue de la Croix du Roule. C'est un chemin qui traverse les champs, et qui communique de la rue du Faubourg-du-Roule à la barrière de Courcelles. Rue Duphot. Elle aboutit d'un côté au boulevart de la Magdeleine, de l'autre à la rue Saint-Honoré. Le nom qu'elle porte est celui d'un général français. Rue Gasté. Elle donne d'un côté dans la rue basse Saint-Pierre, de l'autre dans la rue des Batailles. Rue des Gourdes. C'est un chemin parallèle à l'allée des Veuves, qui, d'un côté, aboutit à l'avenue de Neuilly, de l'autre vient finir à la ruelle des Blanchisseuses. Dans cette rue des Gourdes vient aboutir une autre rue sans nom qui longe le jardin Marbeuf. Rue des Grésillons. Elle donne d'un côté dans la rue du Rocher, de l'autre dans celle de Miromesnil.
  • 18. Rue Saint-Hyacinthe. Elle traverse de la rue de la Sourdière au Marché Saint-Honoré. Rue Saint-Jean-Baptiste. Elle donne d'un bout dans la rue Saint- Michel, de l'autre dans celle de la Pépinière. Rue Neuve-du-Luxembourg. La continuation de cette rue depuis la rue Saint-Honoré vient se terminer à la rue de Rivoli. Rue du Marché Saint-Honoré. Elle va de la rue Saint-Honoré à la rue Neuve-des-Petits-Champs, traversant le Marché qui porte ce nom. Rue des Maisons-Neuves. Cette rue, percée vis-à-vis la rue d'Astorg, et dans la même direction, aboutit d'un côté à celle de la Pépinière, de l'autre à la Voirie. Rue Saint-Michel. Elle aboutit aux rues Saint-Jean-Baptiste et des Maisons-Neuves. Rue de Mondovi. Elle commence à l'angle de la rue du Mont- Thabor, et vient aboutir à la rue de Rivoli. Rue Montaigne. Elle commence au rond-point des Champs- Élysées, et vient aboutir à la rue du Faubourg-du-Roule. Rue du Mont-Thabor. Elle se termine par un cul-de-sac qui traverse la rue Castiglione, et va aboutir à la rue Mondovi. Rue Notre-Dame-de-Grace. Elle donne d'un bout dans la rue d'Anjou, de l'autre dans celle de la Magdeleine. Rue de Ponthieu. Cette rue a été prolongée jusque dans la rue Montaigne. Rue Richepanse. Elle donne dans la rue Saint-Honoré et dans la rue Duphot. Le nom qu'elle porte est celui d'un général français.
  • 19. Rue de Rivoli. Elle commence à la rue de Rohan, et se prolongeant le long de la galerie neuve du château et du jardin des Tuileries, vient aboutir à la place Louis XV. Toutes les maisons de cette rue sont de la même élévation, et se composent d'un rez-de-chaussée formant une longue suite d'arcades d'une belle proportion, au- dessus duquel s'élèvent trois étages avec mansardes. C'est la plus belle rue de Paris. Rue de la Grande-Voirie. Elle donne d'un bout dans la rue des Grésillons, et finit de l'autre par un cul-de-sac, traversant la rue de la Petite-Voirie. Rue de la Petite-Voirie. Elle donne d'un côté dans la rue des Maisons-Neuves, et de l'autre dans celle de la Bienfaisance. PASSAGES. Passage Delorme. Il communique de la rue de Rivoli à la rue Saint-Honoré.
  • 20. FIN DE LA DEUXIÈME PARTIE DU PREMIER VOLUME.
  • 21. TABLE DES MATIÈRES. PREMIER VOLUME.—SECONDE PARTIE. QUARTIER SAINT-JACQUES-DE-LA-BOUCHERIE. Pages Paris sous Hugues-Capet, Robert, Henri Ier , Philippe Ier , Louis-le-Gros, Louis-le-Jeune et Philippe-Auguste 471 Le Grand-Châtelet 509 Saint-Leufroi 530 La Grande-Boucherie 537 Saint-Jacques-de-la-Boucherie 542 Des confréries 559 L'hôpital de Sainte-Catherine 570 Saint-Josse 573 Le chapitre du Saint-Sépulcre 577 Les religieuses de Saint-Magloire 582 Saint-Leu et Saint-Gilles 588 Hôtels 594 Rues et Places 597 Quais 612 Monuments nouveaux, etc. Ibid.
  • 22. QUARTIER SAINTE-OPPORTUNE. Origine du quartier 616 Le For-l'Évêque 620 Le Grenier à sel 624 Saint-Éloi 626 Les Six Corps 630 Sainte-Opportune 641 Hôtels 653 Rues et places 660 Quais 674 Rues et places nouvelles 675 QUARTIER DU LOUVRE, OU SAINT-GERMAIN- L'AUXERROIS. Paris sous Louis VIII, Louis IX (saint Louis), Philippe III, Philippe IV, Louis X, Philippe V, Charles IV, Philippe VI, Jean 676 Saint-Germain-l'Auxerrois 740 Le Louvre 762 Académies 802 La Congrégation des prêtres de l'Oratoire de N. S. J. C. 810 Saint-Honoré 817 Hôtels 822 Fontaines 832 Rues et places 839 Monuments nouveaux, etc. 850 Rues et places nouvelles 854
  • 23. QUARTIER DU PALAIS-ROYAL. Origine du quartier 856 Saint-Louis et Saint-Nicolas-du-Louvre 862 Le Palais-Royal 872 La place du Palais-Royal et le Château-d'Eau 901 Hôpital royal des Quinze-Vingts 903 Place du Carrousel 912 Le Palais des Tuileries 915 La grande Galerie 931 Le jardin des Tuileries 944 Porte de la Conférence 955 Saint-Roch 959 Communauté de Sainte-Anne 969 Jacobins de la rue Saint-Honoré 971 Place Vendôme 975 Les Feuillans de la rue Saint-Honoré 982 Les Capucins de la rue Saint-Honoré 992 Les religieuses de l'Assomption 999 Les Filles de la Conception 1006 La place Louis XV et le Garde-Meuble 1009 Cours-la-Reine et Champs-Élysées 1015 Pont Louis XVI 1018 L'église de la Magdeleine 1020 Les Bénédictines de la Ville-l'Évêque 1026 Saint-Philippe-du-Roule 1029 Chapelle Beaujon, dédiée à saint Nicolas 1035 Hospice Beaujon 1038
  • 24. Saint-Pierre-de-Chaillot 1039 Sainte-Perrine 1044 Pompe à feu 1046 Manufacture royale de la Savonnerie 1048 La Visitation de Chaillot 1051 Les Minimes de Chaillot 1053 Hôtels 1058 Fontaines 1072 Rues et places du quartier du Palais-Royal 1075 Quais 1094 Antiquités romaines Ibid. Monuments nouveaux, etc. 1096 Rues nouvelles 1106 Erratum. Page 487, ligne 2, habilement s'opposer; lisez, l'opposer.
  • 25. Notes 1: Voyez la Ire partie de ce volume, p. 63. 2: Ibid., p. 64, 66, 69 et suiv. 3: Nous trouvons expressément dit «que tout homme libre devoit rester fidèle au prince à qui il s'étoit une fois recommandé, tant que ce prince étoit vivant; mais qu'après sa mort, il lui étoit permis de se recommander à qui il jugeroit à propos de le faire.» (Corps diplom. de Dumont, t. I.) 4: Voyez la Ire partie de ce volume, p. 64. 5: Sur ce que nous allons dire et jusqu'à la page 476, on peut consulter les livres 16, 17, 18, 19, 29, 30 et 31 de cet auteur. 6: Les grands qui se donnoient à un roi ne pouvoient traiter en leur nom avec des princes étrangers, ni se rendre leurs clients; obligés de le suivre à la guerre, ils devoient être compris dans tous les traités qu'il lui arrivoit de faire, et aucune guerre ne pouvoit être légitimement entreprise sans leur avis. C'étoit encore parmi eux que ces rois barbares choisissoient leurs ambassadeurs, et ceux qui étoient chargés de leurs négociations. 7: Greg. Tur. Hist., lib. II, c. 30. 8: «Louis-le-Bègue, étant sur le point de mourir, chargea l'évêque de Beauvais et un comte, nommé Alboin, de porter à Louis, son fils
  • 26. aîné, la couronne, l'épée et les autres ornements royaux, mandant à ceux qui étoient auprès de lui de le faire sacrer et couronner roi. Mais avant de procéder à cette cérémonie, ils convoquèrent les grands du royaume dans la ville de Meaux, pour délibérer sur ce qu'ils avoient à faire. Louis ne fut pas couronné aussitôt que son père l'avoit désiré; et contre l'intention de ce prince, on lui associa son frère Carloman.» (Aimoin, liv. V, c. 39.) Quoique Pépin eût fait sacrer et couronner ses fils de son vivant, «les Francs les élurent après sa mort pour lui succéder» (Egin. de princip.), et les annales qui portent le nom d'Aimoin disent très- expressément que «Charles et Carloman furent créés rois par le consentement de tous les Francs.» (Lib. 4, c. 47.) Nous apprenons du même annaliste que Louis-le-Débonnaire ne dut d'avoir succédé à son père qu'à la diligence qu'il avoit faite pour prévenir la trahison de Wala, et à la bonne volonté du peuple. C'est ainsi qu'il obtint le trône du consentement et avec l'applaudissement de tous les Francs. (Ibid., c. 102.) On pourroit multiplier à l'infini ces exemples, tant dans la première que dans la seconde race. 9: Voyez la première partie de ce volume, p. 59. 10: C'est-à-dire le vassal bénéficier; car le vassal allodial ou libre propriétaire prêtoit l'hommage simple, lequel étoit fort différent de la recommandation qui étoit aussi appelée hommage lige. Ceux des grands vassaux qui se prétendoient propriétaires de leurs biens en franc aleu, offrirent toujours le premier, et refusèrent le second tant qu'il leur fut possible de s'y soustraire. 11: Il reste plusieurs formules des sermens prêtés à leur couronnement, par les rois des deux premières races, et même pendant le cours de leurs règnes: on peut les réduire à ces trois points principaux: protection aux églises; paix aux peuples; justice à chacun.—Le vassal juroit d'être fidèle au roi régnant, comme tout homme franc devoit l'être à son roi.
  • 27. 12: Cap. Car. Calv., tit. 53, c. 4. 13: «Si vous voulez que nous vous soyons fidèles, disoit le peuple à Charlemagne, faites observer les lois.» (Petitio populi, Worm., an. 803.) Non-seulement les lois autorisoient les fidèles à en agir ainsi avec les rois, mais «elles leur enjoignoient même de leur remontrer toutes les fautes qu'ils pouvoient commettre, afin qu'ils les réparassent. Si après ces avertissemens, le roi ne changeoit point de conduite et d'intention, alors les sujets ecclésiastiques et séculiers devoient faire cause commune afin qu'il ne conservât point le pouvoir de traiter qui que ce fût contre la loi et la raison, et ce nonobstant sa propre volonté.» (Cap. Car. Calv., t. 29, c. 10.) C'étoit là sans doute régner à de tristes et humiliantes conditions; mais de cette situation précaire des rois, d'où naissoient tant et de si graves inconvénients, il en résultoit du moins cet avantage que, pour ôter tout prétexte à la révolte, ces princes apportoient le plus grand soin à faire rendre la justice; et que les grands vassaux se voyoient obligés de les imiter, et de se montrer de leur côté justes et bienveillants envers leurs sous-vassaux, pour ne point s'exposer à perdre leurs droits de suzeraineté. Plus on pénètre le fond du régime féodal, plus on reconnoît que c'étoit un excellent système administratif, peut-être même le meilleur qui ait jamais existé; système dont on avoit fait une mauvaise loi politique en y assujettissant le souverain au même degré que les moindres de ses sujets, et qu'il auroit suffi de le renfermer dans ses bornes naturelles pour en faire la plus salutaire des institutions. C'est ce qui arriva par la suite; et la France eût été trop heureuse, si, parvenus là, ses rois eussent su s'y arrêter. 14: Les rois eux-mêmes sembloient reconnoître que ce déni de justice pouvoit légitimer la révolte; et lorsque Charles-le-Chauve se réconcilia avec ses sujets révoltés, il distingua des autres ceux que la guerre avoit ruinés, et qui, n'ayant point été récompensés de leurs services, avoient un juste sujet de se soulever contre lui. Il promit même de réparer le tort qu'il leur avoit fait, le plus tôt et le mieux
  • 28. qu'il lui seroit possible, avec le conseil de ses fidèles. (Cap. Car. Calv., tit. 29, c. 6.) 15: Que de clameurs n'a-t-on point élevées contre la puissance spirituelle, ses usurpations, etc. à l'occasion de ces dépositions de rois et d'empereurs, souvent prononcées par un tribunal composé d'évêques! Cependant que l'on se transporte à ces temps reculés, qu'on en étudie les usages, qu'on en comprenne les mœurs, qu'on renonce enfin à cette manie absurde de les juger d'après les temps où nous vivons, et l'on sera forcé de reconnoître comme raisonnable et salutaire, ce que l'on blâme avec tant de violence et d'aigreur. Les rois, nous le répétons, étoient à la merci de la race turbulente et guerrière qui les environnoit. «Il n'étoit permis à personne, dit un capitulaire, d'empêcher par sa désobéissance l'exécution des lois; mais si l'un des rois descendans de Louis-le-Débonnaire manquoit aux engagements communs qu'il a pris avec les autres rois et à ceux qu'il a pris vis-à-vis de son peuple, ceux qui ne s'en étoient point écartés s'assembloient avec le grand nombre des fidèles, et après que l'on avoit averti inutilement le prince réfractaire, on décidoit en commun quelle conduite on devoit tenir à son égard.» (Cap. Car. Calv., tit. 31, c. 12.) Ainsi la loi elle-même consacroit, en certains cas, la révolte. Réduits souvent à de telles extrémités, c'étoient les rois eux-mêmes qui, de même que le faisoient leurs sujets dans un si grand nombre d'autres circonstances, demandoient d'être jugés par un tribunal ecclésiastique, comme plus équitable, plus modéré, et étranger d'ailleurs à toute passion, à tout intérêt qui auroit pu leur être contraire: «Après avoir été sacré roi, disoit Charles-le-Chauve; après avoir été élevé sur le trône, je n'ai pas dû en être renversé; mon sacre n'a pas pu devenir nul, au moins avant que j'eusse été entendu et jugé par les évêques, qui sont les ministres de mon sacre et que l'Écriture appelle les trônes de Dieu, trônes sur lesquels le Tout-Puissant est assis et par qui il rend ses jugements. J'ai toujours été prêt à me soumettre à leurs réprimandes et à leurs sentences pénales (judiciis castigatoriis), et maintenant encore je suis dans la même disposition.» (Cap. Car. Calv., tit. 30, c. 3.)
  • 29. 16: Les mêmes démembrements s'opérèrent en Allemagne avec de légères différences que nous ne pourrions faire connoître ici sans sortir de notre sujet. 17: Les Sarrasins. 18: Voyez page 134, 1re partie de ce volume. 19: Voy., p. 68, première partie de ce volume. 20: Ibid. p. 66 et suiv. 21: De tous les duchés, il ne conserva que celui de Bénévent; et non content de diviser les autres, il crut nécessaire encore de démembrer la juridiction des comtes des cités. 22: Aimoin, lib. 15, c. 19. 23: Les invasions des Normands. 24: Ce domaine, qui étoit immense, fut tellement divisé que vers la fin de la seconde race les rois de France n'avoient plus pour toute propriété que la petite ville de Laon et son petit territoire. 25: Eudes, comte de Paris et frère de Robert, aïeul de Hugues Capet. La troisième race de nos rois eût sans doute commencé à cet Eudes, s'il ne fût mort sans enfans. 26: Charles de Lorraine. On lui fit justement un crime d'avoir rendu hommage à l'empereur Othon. 27: Hugues Capet étoit moins riche que plusieurs de ses vassaux: ce ne fut même qu'après la mort de son frère Othon, que le comté de Paris fut définitivement réuni à la couronne de France. 28: Voyez p. 271, première partie.
  • 30. 29: Suger, de simple moine de Saint-Denis, en étoit devenu abbé par ses grands talents. Louis-le-Gros avoit été élevé dans cette abbaye; ce fut là que Suger en fut connu, et ce qui donna occasion à ce prince, devenu roi, de l'employer dans la suite aux plus grandes affaires..... C'est lui qui a bâti l'église de Saint-Denis, telle qu'on la voit encore aujourd'hui, à l'exception du portail et des deux tours qui l'accompagnent, monuments vénérables de l'ancienne église élevée par Pépin et par Charlemagne; et ce qui honore du moins autant sa mémoire, c'est qu'on croit, avec beaucoup de vraisemblance, que le projet de la compilation des grandes chroniques, connues sous le nom de Chroniques de Saint-Denis, fut son ouvrage. (Hénault.) 30: Toutes les villes des peuples qui habitoient le nord de l'Europe étoient chétives et grossièrement bâties; et les voyages de la Terre- Sainte leur firent voir, pour la première fois, de ces belles cités, dont jusque là ils n'avoient pas même l'idée. Les historiens latins sont frappés à la vue de la magnificence, des richesses, et de l'élégance dont l'empire d'Orient leur offroit le spectacle. «Ô que Constantinople est une belle et vaste cité! s'écrie Foulques de Chartres en la voyant pour la première fois. Combien de couvents elle renferme, et combien de palais bâtis avec un art admirable! on ne croiroit jamais combien elle abonde en toutes sortes de bonnes choses, en or, en argent, en étoffes de différentes espèces. À chaque heure, il arrive dans son port des vaisseaux chargés de toutes les choses nécessaires à l'usage de l'homme.» (Fulcher, ap. Bongars, v. 1, p. 386.) Guillaume, archevêque de Tyr, l'historien le plus éclairé de tous ceux qui ont écrit sur les croisades, dit que ce que les Occidentaux voyoient de l'élégance et de la splendeur de la cour de Constantinople étoit au-dessus de toutes les idées qu'ils auroient pu s'en former. Gonthier, moine français, qui écrivit une histoire de la conquête de Constantinople, Geoffroi de Villehardouin, gentilhomme d'un rang distingué, et accoutumé à toute la magnificence que l'on connoissoit en Occident, en parlent avec la même admiration. Ce dernier peint avec les couleurs les plus vives l'étonnement dont furent frappés ceux de ses soldats qui voyoient pour la première fois Constantinople: «Ils avoient peine à croire, dit-il, qu'il y eût une ville
  • 31. si belle et si riche dans le monde entier. Quand ils virent ses grandes murailles, ses hautes tours, ses riches palais et ses superbes églises, tout cela leur parut si grand, qu'ils n'auroient jamais pu se former une idée de cette ville impériale, s'ils ne l'eussent vue de leurs propres yeux.» (Histoire de la Conquête de Constantinople, p. 49.) 31: Voy. pag. 31, première partie. Ces murs furent élevés pendant le voyage du roi à la Terre-Sainte, et aux dépens des bourgeois de Paris, comme ces mêmes bourgeois le représentèrent depuis à Louis XIII: cependant on les a toujours appelés les murs du roi. Les successeurs de Philippe les donnèrent aux prévôts des marchands et échevins; c'est-à-dire qu'ils leur en confièrent la garde, la visite et le soin de les réparer. 32: Entre autres le clos de Sainte-Geneviève, celui de Saint-Étienne- des-Grès, le clos l'Évêque, une partie de la terre de Laas, etc. 33: Le Louvre. 34: Ces juges accordèrent à l'abbaye tout le territoire contenu depuis la tournelle de Philippe Hanselin, bâtie sur le bord de la Seine (tournelle ou tourelle, connue sous le nom de tour de Nesle), jusqu'à la borne qui sépare, vers la plaine de Grenelle, la terre de Saint- Germain d'avec celle de Sainte-Geneviève, et depuis cette borne jusqu'à une autre qui sépare les mêmes terres près du chemin d'Issy, enfin depuis cette dernière jusqu'à celle que les arbitres eux- mêmes posèrent contre les murs de Saint-Étienne-des-Grès. 35: Elles furent achevées en deux ans, l'une sous le nom de Saint- André-des-Arcs, l'autre sous celui de Saint-Côme. 36: Voyez page 349; 1re partie. 37: Nos premiers rois les trouvèrent déjà établis à Paris, maîtres absolus du commerce, et exerçant ouvertement l'usure. Un édit de Dagobert, de l'an 633, les fit sortir de France; on les y voit reparoître sous Charles-le-Chauve, et le concile de Paris, de 850, renouvela
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