Lucie
Cousturier
Musée d’Orsay
Sa vie Naissance
Éducation néo
impressioniste
Femme peintre engagée
Biographie
Lucie Cousturier, née Jeanne Lucie Brû à Paris le 19
décembre 1876 et morte dans la même ville le 15 juin
1925 est une artiste peintre, écrivaine, essayiste et
militante anticolonialiste française.
Peintre
engagée
 Lucie Brû naît dans une famille aisée qui possédait une
manufacture de poupées à Paris, Les Poupées Brû. Dès 14
ans, elle s'intéresse à la peinture. Elle est l’élève des artistes
néo-impressionnistes, Paul Signac et Henri-Edmond Cross.
 Elle peint dans un style proche de ces peintres et consacre
des études à leurs œuvres. Elle se marie en 1900 avec
Edmond Cousturier, peintre et critique d'art. Elle fait partie
du courant des néo-impressionnistes et expose au Salon
des indépendants en 1901.
 Elle expose en 1906 au Salon de la libre esthétique de
Bruxelles et présente des toiles à la Berliner Secession de
Berlin. Des expositions personnelles régulières ont lieu de
1906 à 1913. Elle peint des œuvres au « pointillisme modéré
» dont elle sait aussi s’affranchir.
 Elle rédige à partir de 1911 divers articles et monographies
sur les membres importants de ce mouvement (Georges
Seurat, Paul Signac, Henri-Edmond Cross, Ker-Xavier
Roussel, Maurice Denis) qui constituent des témoignages
de première main, montrent sa maîtrise de la théorie de la
peinture néo-impressionniste et font d'elle la première
spécialiste de ce mouvement.
 Durant la Première Guerre mondiale, elle va vivre à Fréjus
dans une maison achetée en 1913, « Les Parasols », à côté
de laquelle sont installés des campements de tirailleurs
sénégalais qui y séjournent avant leur montée au front.
 Elle visite les campements et décide d'améliorer
l'apprentissage de la langue française des soldats. Elle
organise dans ce but des cours d'alphabétisation à son
domicile, ce sera le thème d'un récit Des inconnus chez moi
qu'elle publie en 1920.
 En 1921 et 1922, chargée par le gouvernement français
d’étudier "le milieu indigène familial et spécialement le rôle
de la femme", elle effectue un voyage en Afrique-
Occidentale française dont elle ramène de nombreuses
toiles et trois nouveaux livres qui racontent ce périple.
Lucie
Cousturier,
pointilliste
engagée
pour
l'émancipati
on des Noirs
 Lucie Cousturier fait figure de précurseur sur ce sujet, avant d’autres
intellectuels français engagés comme André Gide (Voyage au Congo,
1927 et Retour du Tchad, 1928) ou Michel Leiris (L'Afrique fantôme,
1934). Les portraits qu'elle réalise sont loin des représentations
stéréotypées des peuples africains, nus ou dans des costumes
authentiques, qui prévalaient alors. Revenue en France, elle écrit dans
Le Paria, « journal des prolétariats noirs et jaunes », et consacre la fin
de sa vie au combat pour l’émancipation des peuples de couleur.
 Son oeuvre présente une variété de thèmes et son style se modifie au
cours de sa vie, passant d'un néo-impressionnisme maîtrisé à des
aquarelles spontanées réalisées durant ses voyages.
 Commencée par son père — sans doute sur le conseil de sa fille —, la
collection Bru-Cousturier dont hérite Lucie Cousturier, comptait des
pièces importantes du mouvement néo-impressionniste, dont la
célèbre toile de Georges Seurat, Un dimanche après-midi à l'Île de la
Grande Jatte, achetée à la famille Seurat en 1900 pour 800 francs.
Anticolonialist
e
Après la fin de la guerre, Lucie Cousturier décide de se rendre en Afrique-Occidentale française – réunissant
huit colonies françaises en Afrique -, notamment pour rendre visite à certains de ses anciens élèves. Elle est
également missionnée par l’État français pour étudier les populations locales et en particulier l’influence de la
mère sur l’éducation des enfants. Lucie passe sept mois à voyager en Afrique de l’Ouest, à vivre auprès des
autochtones et à nouer des amitiés ; elle en revient avec des carnets des croquis, un journal, et de fermes
convictions anti-colonialistes.
À son retour, Lucie livre plusieurs ouvrages interrogeant les relations
entre l’Afrique et l’Europe et critiquant le colonialisme :
La forêt du Haut-Niger (1923), Mes inconnus chez eux,
mon amie Fatou, citadine (1925), Mon ami Soumaré (1925).
Elle commence également à collaborer au journal Le Paria,
« organe des peuples opprimés des colonies » ; elle est l’une
des premièr·es intellectuel·les français·es à écrire sur le sujet.
Dates importantes
1876
Naissance
1920
“Des inconnus
chez moi”
(livre)
1925
Mort
1901
1ère
exposition
Lucie Cousturier
par
Maximilien Luce
Bord de
côte
Lucie Cousturier,
artiste néo
impressionniste
Exposition présentée du 16 juin
au 14 octobre au Musée de
Vernon
 Tout naturellement, le musée de
Vernon a choisi de rendre hommage
à cette artiste-femme, en présentant,
du 16 juin au 14 octobre, la première
exposition monographique jamais
consacrée à Lucie Cousturier.
 Il poursuit ainsi la démarche,
engagée depuis quelques années, de
valorisation des femmes artistes
(Portraits de femmes, Rosa Bonheur,
Blanche Hoschedé-Monet…).
 Henri-Edmond Cross, peiCette
exposition fait également écho à
l’exposition ndre le bonheur,
présentée du 27 juillet au 4
novembre par le musée des
impressionnismes – Giverny, dont le
musée de Vernon est partenaire.
 Henri-Edmond Cross, Lucie
Cousturier, Paul Signac, Théo van
Rysselbergue ou encore Maximilien
Luce appartiennent en effet tous au
même mouvement néo-
impressionniste et se fréquentent ou
correspondent régulièrement, de
même qu’ils participent aux mêmes
expositions.
 Près de 70 œuvres permettent de
découvrir la personnalité et l’art de
Lucie Cousturier, depuis ses études sur
des autoportraits ou des natures
mortes, jusqu’à l’aquarelle, qu’elle
privilégiera sur la fin de sa carrière. Lors
de la Première Guerre mondiale en
effet, alors qu’elle habite Fréjus sur la
Côte d’Azur, un camp de tirailleurs
sénégalais est installé près de sa villa.
Fascinée par ces étrangers, elle
consacrera désormais une grande partie
de son temps à leur apprendre le
français et se tournera alors vers
l’aquarelle, plus spontanée que la
peinture à l’huile, et vers l’écriture. En
1920, elle publie un premier récit, Des
inconnus chez moi, Et, juste après la
guerre, part à la rencontre de ses
nouveaux amis en Afrique occidentale
française (AOF) et en rapporte deux
nouveaux récits, Mes inconnus chez
eux, tomes 1 et 2, de nombreuses
aquarelles des paysages et personnages
rencontrés là-bas et la volonté farouche
d’accompagner le peuple Noir sur la
route de l’émancipation.
 C’est parce que sa carrière de peintre fut
courte et qu’elle ne datait que rarement
ses œuvres que le musée de Vernon a
choisi de présenter Lucie Cousturier au
travers des ses sujets de prédilection
plutôt que dans un parcours
chronologique plus classique.
 Des portraits d’elles réalisés par ses amis
Théo van Rysselberghe et Maximilien Luce,
ainsi que ses autoportraits permettent
d’abord d’entrer dans l’intimité de la jeune
femme. Ces premières peintures, et les
études correspondantes, montrent
également combien elle travaillait de façon
académique, recourant à l’autoportrait
comme si elle était son propre sujet
d’expérimentation.
 Elève de Paul Signac, auteure notamment
d’un ouvrage consacré à Georges Seurat
en 1922, la jeune peintre connaît
parfaitement les principes du
divisionnisme et en maîtrise la technique.
Cependant, elle le trouve trop
contraignant et choisit de s’en libérer. Elle
conserve la juxtaposition des couleurs
pures, mais utilise une brosse qui produit
des formes carrées, s’éloignant des
touches habituelles du néo-
impressionnisme.
 Le parcours de l’exposition se poursuit
avec la section consacrée aux natures
mortes, un sujet que Lucie Cousturier
affectionne particulièrement et qui met
bien en valeur son style ample et sa
palette vive. Cette section est sans celle
qui permet le plus de comprendre la
démarche de l’artiste.
 D’une façon générale, Lucie Couturier
choisit ses sujets dans son entourage
immédiat. C’est ainsi que les portraits
qu’elle réalise sont ceux de son fils ou
de femmes de son milieu. Une fois
encore, ses carnets de dessins
permettent d’appréhender l’évolution
du travail jusqu’à l’œuvre achevée.
 Les paysages que peint Lucie
Cousturier sont aussi des lieux qu’elle
connait bien : les toits de Paris et le
Bois de Boulogne, quelques marines en
Bretagne, et desLucie Cousturier
paysages architecturés, comme à
Diénay en Bourgogne. Chez elle, sur la
Côte d’Azur, ses paysages de
prédilections demeurent les jardins les
champs et les maisons, bien plus que le
bord de mer.
 Et justement, la dernière section,
consacrée à l’Afrique, marque une
rupture dans l’œuvre de l’artiste.
Lorsque les tirailleurs sénégalais
arrivent près de sa maison à Fréjus,
la découverte de ces étrangers
devient sa priorité et elle
abandonne la peinture à l’huile au
bénéfice de l’aquarelle qui, à l’instar
de l’écriture, lui permet d’apporter
un témoignage plus spontané.
Néanmoins, à Fréjus comme en
Afrique par la suite, elle conserve ce
regard de peintre qui lui fait si bien
distinguer et utiliser les couleurs, en
particulier les plus vives.
 Si cette exposition n’est pas
exhaustive en raison de la difficulté
à rassembler des œuvres
essentiellement conservées chez
des personnes privées, elle permet
néanmoins de montrer les
différents styles que l’artiste a
embrassés dans sa carrière et elle
reste proche du ration de la
production de l’artiste.
Merci

Contenu connexe

PPTX
Artistes voyageuses
PPTX
Artistes voyageuses
PPTX
MAXIMILIEN LUCE.pptx Peintre français
PPTX
Marie Bracquemond.pptx artiste française
PPTX
Niki de Saint-Phalle.pptx Film français
PPTX
Niki de Saint-Phalle.pptx artiste plasticienne
PPTX
Le rendez-vous de l'été.pptx Film français
PPTX
Le rendez-vous de l'été.pptx Film français
Artistes voyageuses
Artistes voyageuses
MAXIMILIEN LUCE.pptx Peintre français
Marie Bracquemond.pptx artiste française
Niki de Saint-Phalle.pptx Film français
Niki de Saint-Phalle.pptx artiste plasticienne
Le rendez-vous de l'été.pptx Film français
Le rendez-vous de l'été.pptx Film français

Plus de Txaruka (20)

PPTX
Le rendez-vous de l'été.pptx Film français
PPTX
Le tableau volé.pptx Film françaisde pascal Bonitzer
PPTX
Florence Delay.pptx Écrivaine française née à bayonne
PPTX
Le tableau volé.pptx Film français
PPTX
La pie voleuse.pptx Film français réalisé par Guédigian.
PPTX
Lou Albert-Lasard.pptx femme peintre
PPTX
Trois amies.pptx Film français réalisé en France
PPTX
Alice Bailly.pptx femme peintre française
PPTX
Juliette au printemps.pptx film français
PPTX
Helen Frankenthaler.pptx femme peintre américaine
PPTX
Elizabeth Peython.pptx Femme peintre américane
PPTX
Nadège Erika.pptx Écrivaine française
PPTX
Festival de Cannes 2025.pptx Festival du cinéma français.
PPTX
Musée des femmes.pptx Musée dédié aux femmes
PPTX
Jane Austen a gâché ma vie.pptx Film français
PPTX
Le fil.pptx Film français réalisé par Auteuil
PPTX
L'ART DÉGÉNÉRÉ.pptx Musée Picasso
PPTX
FANON.pptx Film franco-québéco-luxembourgeois.
PPTX
Beirouth, la nuit de Diane Mazloum.pptx
PPTX
Camille Claudel.pptx Sculptrice française
Le rendez-vous de l'été.pptx Film français
Le tableau volé.pptx Film françaisde pascal Bonitzer
Florence Delay.pptx Écrivaine française née à bayonne
Le tableau volé.pptx Film français
La pie voleuse.pptx Film français réalisé par Guédigian.
Lou Albert-Lasard.pptx femme peintre
Trois amies.pptx Film français réalisé en France
Alice Bailly.pptx femme peintre française
Juliette au printemps.pptx film français
Helen Frankenthaler.pptx femme peintre américaine
Elizabeth Peython.pptx Femme peintre américane
Nadège Erika.pptx Écrivaine française
Festival de Cannes 2025.pptx Festival du cinéma français.
Musée des femmes.pptx Musée dédié aux femmes
Jane Austen a gâché ma vie.pptx Film français
Le fil.pptx Film français réalisé par Auteuil
L'ART DÉGÉNÉRÉ.pptx Musée Picasso
FANON.pptx Film franco-québéco-luxembourgeois.
Beirouth, la nuit de Diane Mazloum.pptx
Camille Claudel.pptx Sculptrice française
Publicité

Dernier (20)

PDF
ch2 regime de neutre_LPUGE_LPUGEII.pdf
PDF
pdfcoffee.com_suzuki-violin-school-volume-2-2-pdf-free.pdf
DOCX
Une école qui dirige par des universitaires et professionnels
PPTX
Exercice_ Bulletin_de_Paie_Cameroun.pptx
PDF
1631198806_prsentationabck.schreiber.pdf
PPTX
Saint Joseph de Calasanz, prêtre catholique, éducateur 1557–1648.pptx
PDF
Algorithmique et programmation Algorithmique et programmation
PDF
Bac 2025 - Livre - 🎤 Le Grand Oral - ✍️ Exemples rédigés - 🌍 HGGSP - Extrait 2
PPT
Cours GRH et Comm de Projet Eticca-20160827-151930603.ppt
PPT
ESPRIT D’ENTREPRISE DE RENFORCER VF.ppt
PDF
🎓 Le Secret des Profs Captivants - 💡 4.1. Comment se manifeste l’appréhension...
PPT
transport matiere cour (stockage et transport).ppt
PDF
Enseigner la programmation en Python - Les avantages de l’approche UMC - 3
PDF
4-bilan_FR___GÉNÉTIQUE_HUMAINE_bis[1].pdf
PPTX
présentation du TFE QdV des diabétiques ISFSC 2020 finale (2).pptx
PDF
كتاب الاكاديمية للصف الاول الثانوى - تاريخ - 2026م.pdf
PPTX
liste des APT - entreprises industrielle
PPT
FORMATION SIGNALISATION DE SECURITE ETIQUETAGE ET CODE COULEUR.ppt
PPTX
5. Analyse verticale d’un problème de santé.pptx
PPTX
Les Cartes_conceptuelles de l'entreprise
ch2 regime de neutre_LPUGE_LPUGEII.pdf
pdfcoffee.com_suzuki-violin-school-volume-2-2-pdf-free.pdf
Une école qui dirige par des universitaires et professionnels
Exercice_ Bulletin_de_Paie_Cameroun.pptx
1631198806_prsentationabck.schreiber.pdf
Saint Joseph de Calasanz, prêtre catholique, éducateur 1557–1648.pptx
Algorithmique et programmation Algorithmique et programmation
Bac 2025 - Livre - 🎤 Le Grand Oral - ✍️ Exemples rédigés - 🌍 HGGSP - Extrait 2
Cours GRH et Comm de Projet Eticca-20160827-151930603.ppt
ESPRIT D’ENTREPRISE DE RENFORCER VF.ppt
🎓 Le Secret des Profs Captivants - 💡 4.1. Comment se manifeste l’appréhension...
transport matiere cour (stockage et transport).ppt
Enseigner la programmation en Python - Les avantages de l’approche UMC - 3
4-bilan_FR___GÉNÉTIQUE_HUMAINE_bis[1].pdf
présentation du TFE QdV des diabétiques ISFSC 2020 finale (2).pptx
كتاب الاكاديمية للصف الاول الثانوى - تاريخ - 2026م.pdf
liste des APT - entreprises industrielle
FORMATION SIGNALISATION DE SECURITE ETIQUETAGE ET CODE COULEUR.ppt
5. Analyse verticale d’un problème de santé.pptx
Les Cartes_conceptuelles de l'entreprise
Publicité

Lucie Cousturier.pptx peintre française

  • 2. Sa vie Naissance Éducation néo impressioniste Femme peintre engagée
  • 3. Biographie Lucie Cousturier, née Jeanne Lucie Brû à Paris le 19 décembre 1876 et morte dans la même ville le 15 juin 1925 est une artiste peintre, écrivaine, essayiste et militante anticolonialiste française. Peintre engagée
  • 4.  Lucie Brû naît dans une famille aisée qui possédait une manufacture de poupées à Paris, Les Poupées Brû. Dès 14 ans, elle s'intéresse à la peinture. Elle est l’élève des artistes néo-impressionnistes, Paul Signac et Henri-Edmond Cross.  Elle peint dans un style proche de ces peintres et consacre des études à leurs œuvres. Elle se marie en 1900 avec Edmond Cousturier, peintre et critique d'art. Elle fait partie du courant des néo-impressionnistes et expose au Salon des indépendants en 1901.  Elle expose en 1906 au Salon de la libre esthétique de Bruxelles et présente des toiles à la Berliner Secession de Berlin. Des expositions personnelles régulières ont lieu de 1906 à 1913. Elle peint des œuvres au « pointillisme modéré » dont elle sait aussi s’affranchir.  Elle rédige à partir de 1911 divers articles et monographies sur les membres importants de ce mouvement (Georges Seurat, Paul Signac, Henri-Edmond Cross, Ker-Xavier Roussel, Maurice Denis) qui constituent des témoignages de première main, montrent sa maîtrise de la théorie de la peinture néo-impressionniste et font d'elle la première spécialiste de ce mouvement.
  • 5.  Durant la Première Guerre mondiale, elle va vivre à Fréjus dans une maison achetée en 1913, « Les Parasols », à côté de laquelle sont installés des campements de tirailleurs sénégalais qui y séjournent avant leur montée au front.  Elle visite les campements et décide d'améliorer l'apprentissage de la langue française des soldats. Elle organise dans ce but des cours d'alphabétisation à son domicile, ce sera le thème d'un récit Des inconnus chez moi qu'elle publie en 1920.  En 1921 et 1922, chargée par le gouvernement français d’étudier "le milieu indigène familial et spécialement le rôle de la femme", elle effectue un voyage en Afrique- Occidentale française dont elle ramène de nombreuses toiles et trois nouveaux livres qui racontent ce périple.
  • 7.  Lucie Cousturier fait figure de précurseur sur ce sujet, avant d’autres intellectuels français engagés comme André Gide (Voyage au Congo, 1927 et Retour du Tchad, 1928) ou Michel Leiris (L'Afrique fantôme, 1934). Les portraits qu'elle réalise sont loin des représentations stéréotypées des peuples africains, nus ou dans des costumes authentiques, qui prévalaient alors. Revenue en France, elle écrit dans Le Paria, « journal des prolétariats noirs et jaunes », et consacre la fin de sa vie au combat pour l’émancipation des peuples de couleur.  Son oeuvre présente une variété de thèmes et son style se modifie au cours de sa vie, passant d'un néo-impressionnisme maîtrisé à des aquarelles spontanées réalisées durant ses voyages.  Commencée par son père — sans doute sur le conseil de sa fille —, la collection Bru-Cousturier dont hérite Lucie Cousturier, comptait des pièces importantes du mouvement néo-impressionniste, dont la célèbre toile de Georges Seurat, Un dimanche après-midi à l'Île de la Grande Jatte, achetée à la famille Seurat en 1900 pour 800 francs.
  • 8. Anticolonialist e Après la fin de la guerre, Lucie Cousturier décide de se rendre en Afrique-Occidentale française – réunissant huit colonies françaises en Afrique -, notamment pour rendre visite à certains de ses anciens élèves. Elle est également missionnée par l’État français pour étudier les populations locales et en particulier l’influence de la mère sur l’éducation des enfants. Lucie passe sept mois à voyager en Afrique de l’Ouest, à vivre auprès des autochtones et à nouer des amitiés ; elle en revient avec des carnets des croquis, un journal, et de fermes convictions anti-colonialistes. À son retour, Lucie livre plusieurs ouvrages interrogeant les relations entre l’Afrique et l’Europe et critiquant le colonialisme : La forêt du Haut-Niger (1923), Mes inconnus chez eux, mon amie Fatou, citadine (1925), Mon ami Soumaré (1925). Elle commence également à collaborer au journal Le Paria, « organe des peuples opprimés des colonies » ; elle est l’une des premièr·es intellectuel·les français·es à écrire sur le sujet.
  • 9. Dates importantes 1876 Naissance 1920 “Des inconnus chez moi” (livre) 1925 Mort 1901 1ère exposition
  • 12. Lucie Cousturier, artiste néo impressionniste Exposition présentée du 16 juin au 14 octobre au Musée de Vernon
  • 13.  Tout naturellement, le musée de Vernon a choisi de rendre hommage à cette artiste-femme, en présentant, du 16 juin au 14 octobre, la première exposition monographique jamais consacrée à Lucie Cousturier.  Il poursuit ainsi la démarche, engagée depuis quelques années, de valorisation des femmes artistes (Portraits de femmes, Rosa Bonheur, Blanche Hoschedé-Monet…).  Henri-Edmond Cross, peiCette exposition fait également écho à l’exposition ndre le bonheur, présentée du 27 juillet au 4 novembre par le musée des impressionnismes – Giverny, dont le musée de Vernon est partenaire.  Henri-Edmond Cross, Lucie Cousturier, Paul Signac, Théo van Rysselbergue ou encore Maximilien Luce appartiennent en effet tous au même mouvement néo- impressionniste et se fréquentent ou correspondent régulièrement, de même qu’ils participent aux mêmes expositions.
  • 14.  Près de 70 œuvres permettent de découvrir la personnalité et l’art de Lucie Cousturier, depuis ses études sur des autoportraits ou des natures mortes, jusqu’à l’aquarelle, qu’elle privilégiera sur la fin de sa carrière. Lors de la Première Guerre mondiale en effet, alors qu’elle habite Fréjus sur la Côte d’Azur, un camp de tirailleurs sénégalais est installé près de sa villa. Fascinée par ces étrangers, elle consacrera désormais une grande partie de son temps à leur apprendre le français et se tournera alors vers l’aquarelle, plus spontanée que la peinture à l’huile, et vers l’écriture. En 1920, elle publie un premier récit, Des inconnus chez moi, Et, juste après la guerre, part à la rencontre de ses nouveaux amis en Afrique occidentale française (AOF) et en rapporte deux nouveaux récits, Mes inconnus chez eux, tomes 1 et 2, de nombreuses aquarelles des paysages et personnages rencontrés là-bas et la volonté farouche d’accompagner le peuple Noir sur la route de l’émancipation.
  • 15.  C’est parce que sa carrière de peintre fut courte et qu’elle ne datait que rarement ses œuvres que le musée de Vernon a choisi de présenter Lucie Cousturier au travers des ses sujets de prédilection plutôt que dans un parcours chronologique plus classique.  Des portraits d’elles réalisés par ses amis Théo van Rysselberghe et Maximilien Luce, ainsi que ses autoportraits permettent d’abord d’entrer dans l’intimité de la jeune femme. Ces premières peintures, et les études correspondantes, montrent également combien elle travaillait de façon académique, recourant à l’autoportrait comme si elle était son propre sujet d’expérimentation.  Elève de Paul Signac, auteure notamment d’un ouvrage consacré à Georges Seurat en 1922, la jeune peintre connaît parfaitement les principes du divisionnisme et en maîtrise la technique. Cependant, elle le trouve trop contraignant et choisit de s’en libérer. Elle conserve la juxtaposition des couleurs pures, mais utilise une brosse qui produit des formes carrées, s’éloignant des touches habituelles du néo- impressionnisme.
  • 16.  Le parcours de l’exposition se poursuit avec la section consacrée aux natures mortes, un sujet que Lucie Cousturier affectionne particulièrement et qui met bien en valeur son style ample et sa palette vive. Cette section est sans celle qui permet le plus de comprendre la démarche de l’artiste.  D’une façon générale, Lucie Couturier choisit ses sujets dans son entourage immédiat. C’est ainsi que les portraits qu’elle réalise sont ceux de son fils ou de femmes de son milieu. Une fois encore, ses carnets de dessins permettent d’appréhender l’évolution du travail jusqu’à l’œuvre achevée.  Les paysages que peint Lucie Cousturier sont aussi des lieux qu’elle connait bien : les toits de Paris et le Bois de Boulogne, quelques marines en Bretagne, et desLucie Cousturier paysages architecturés, comme à Diénay en Bourgogne. Chez elle, sur la Côte d’Azur, ses paysages de prédilections demeurent les jardins les champs et les maisons, bien plus que le bord de mer.
  • 17.  Et justement, la dernière section, consacrée à l’Afrique, marque une rupture dans l’œuvre de l’artiste. Lorsque les tirailleurs sénégalais arrivent près de sa maison à Fréjus, la découverte de ces étrangers devient sa priorité et elle abandonne la peinture à l’huile au bénéfice de l’aquarelle qui, à l’instar de l’écriture, lui permet d’apporter un témoignage plus spontané. Néanmoins, à Fréjus comme en Afrique par la suite, elle conserve ce regard de peintre qui lui fait si bien distinguer et utiliser les couleurs, en particulier les plus vives.  Si cette exposition n’est pas exhaustive en raison de la difficulté à rassembler des œuvres essentiellement conservées chez des personnes privées, elle permet néanmoins de montrer les différents styles que l’artiste a embrassés dans sa carrière et elle reste proche du ration de la production de l’artiste.
  • 18. Merci