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CONFÉRENCE D’ÉCONOMIE APPROFONDIE
RAYAN NEZZAR
Les théories de la croissanceSéance n° 2
3. Comment rehausser la croissance potentielle ?
1. Point sur les notions fondamentales
2. Quelques modèles de croissance
Les théories de la croissanceSéance n° 2
La croissance : notions fondamentales
 Produit intérieur brut
 Richesse produite par un pays : c’est la somme des valeurs ajoutées des
entreprises du pays pendant une période donnée (un trimestre ou un an)
 PIB par habitant ou par tête : mesure le niveau de vie. La croissance
économique renvoie donc à l’élévation du PIB/tête au cours du temps.
 Pour comparer les PIB/hab, des corrections techniques sont nécessaires. Au cours
du temps : PIB à prix constants corrigés de l’évolution des prix. Entre pays : PIB
corrigés des taux de change (Big Mac Index).
 Les limites du PIB : externalités, bien-être (IDH), productivité horaire.
La croissance : notions fondamentales
 Croissance potentielle
 Augmentation soutenable à moyen et long terme de la production
sans accélération de l’inflation (sans tensions excessives sur les
marchés des biens et du travail). C’est une valeur théorique.
 Estimation de la croissance potentielle française avant crise : 2,25% vs.
1,5% aujourd’hui (INSEE).
 Le modèle de Solow
 Y = C + I + G + X - M
 Y* = L + K + PGF
 Y (LT) = L + PGF
Rendements décroissants ?
Etat stationnaire ?
Tiers facteur : progrès technique
Les contributions à la croissance chinoise (FMI)
 Productivité globale des facteurs de production (PGF)
 Evaluée comme un résidu (progrès technique), c’est la fraction de la croissance
qui n’est pas expliquée par l’augmentation quantitative des facteurs de
production. Elle permet d’apprécier les gains d’efficience d’une économie et
dépend de la technologie, du fonctionnement des marchés et de l’organisation
du travail.
 Ex. 1990-2000 : USA investissement et gains de productivité vs. UE croissance
enrichie en emplois.
 Output gap
 Ecart en niveau entre PIB effectif et PIB potentiel
 Permet de positionner une économie dans le cycle
 Cycle économique
 Alternance entre des phases de croissance rapide
et des phases de ralentissement.
Le cycle constitue une déviation ou une fluctuation
du niveau d’activité par rapport à sa tendance
de long terme.
La croissance : notions fondamentales
La croissance : notions fondamentales
 Distance à la frontière technologique
 Plus un pays est éloigné de la frontière technologique, plus le progrès
technique passe par l’imitation de l’économie la plus avancée. Plus il se
rapproche de la frontière, plus il est important d’y encourager
l’innovation avec des institutions idoines (Acemoglu, 2006).
 Ex. le revenu/hab du Cameroun passerait de 600 à 2 760 $ (*4,5) si la
qualité de ses institutions rejoignait la moyenne mondiale
 Convergence économique
 Révèle un phénomène de rattrapage
 Entre pays : les pays pauvres croissent plus vite que les pays riches,
autrement dit corrélation négative entre le niveau initial du PIB/tête et
le taux de croissance
 Entre revenus : la dispersion des revenus se réduit, c’est-à-dire l’écart-
type des PIB/tête diminue (indice de GINI)
 Club de convergence : entre pays comparables (ex. OCDE hors TUR/MEX)
La croissance : notions fondamentales
 Théorie de la croissance endogène
 Paul Romer, “Increasing Returns and Long Run Growth” (1986)
 Quatre facteurs influents :
 Les rendements d’échelle (infrastructures publiques = externalités positives)
 L’innovation (organisation, procédés, produits) : externalité positive et prime pour
le first mover
 Le capital humain (éducation, formation, bonne santé)
 L’investissement public (R. Barro : circulation des biens, des personnes, de
l’information et financement par l’impôt jusqu’à un certain seuil)
Evolution des dépenses totales en R&D (en % du PIB)
La croissance : notions fondamentales
 Un phénomène récent et non prédéterminé (A. Madison)
 R. Lucas : théorie du Big Push : accumulation de K
pour sortir de la trappe à pauvreté (notamment
après les destructions de 39-45)
 R. Gordon : théorie de la stagnation séculaire :
parenthèse va se refermer car phénomènes non
reproductibles (conquête de nouveaux espaces,
alphabétisation, exode rural, machinisation).
 Croissance et inégalités
 S. Kuznets (1955) : courbe en cloche.
Piketty : réduction pas naturelle (impôts et
événements inattendus affectant le K :
guerre, inflation).
 J. Stiglitz (2012) : Top 1% = déformation
du partage de la VA entre K et L, instabilité
financière, fige la mobilité sociale.
La croissance : notions fondamentales
 Un déclin tendanciel de la productivité du travail depuis la fin des 30G…
 Augmentation moyenne de la productivité horaire (en %)
Sources : Datastream, Eurostat
 ...D’où une croissance potentielle plus faible
 Moyenne de la croissance du PIB (volume, en %)
Sources : Datastream, Eurostat
Les théories de la croissanceSéance n° 2
3. Comment rehausser la croissance potentielle ?
1. Point sur les notions fondamentales
2. Quelques modèles de croissance
Le modèle français
 Un modèle de croissance déséquilibré…
 Prépondérance de la consommation privée et publique (79% PIB)
 Une contribution négative du commerce extérieur
 Des effets d’hystérèse depuis la crise : 1 600 usines fermées (Trendeo, 2015),
ralentissement des gains de productivité, donc de la Y*
 …Un modèle fiscal et social qui réduit la compétitivité des entreprises
 Poids des PO pesant sur le facteur K (alignement du barème de l’IR en 2013)
 Evolution inversée des coûts salariaux unitaires en France et en Allemagne
entre 2001 et 2008 : +2,2% vs. -0,2% (Lettre Trésor Eco #134)
Le modèle allemand
 Un modèle de compétitivité…
 Excédent structurel du commerce extérieur : 6,5% du PIB en 2014 (élasticité-prix
de la demande des biens : 0,3 vs. 0,9 en France), économie très ouverte (Chine 1er
partenaire commercial)
 Tissu industriel de PME décentralisé (Mittelstand) : 97% des entreprises, 45% de l’emploi
 Une économie proche de la frontière technologique : 2,61 robots industriels achetés
par millier d’emplois vs. 0,86 en France et 1,00 au Royaume-Uni (Natixis, 2014) ; 46
Md€ de dépenses de R&D dans l’industrie manufacturière vs. 16 Md€ en France
 …fruit d’une préférence collective
 Jusqu’en 2015, la population active a diminué
 Taux de pauvreté à 15% (60% revenu médian)
 Indice de Gini à 0,3 (mesure des inégalités)
 Faible part de l’investissement public (1,5% PIB)
(v. Rapport de France Stratégie, 2014)
Le modèle chinois
 Un modèle de croissance par imitation
 « Economie sociale de marché » : PIB * 6 en 20 ans : 220 Md$ (1978) à 7300 Md€ (2010)
 Prépondérance de l’investissement (50% PIB vs. 36% pour la consommation)
 Une croissance extravertie : de 2% en 1981 à 10% en 2011 des exportations
mondiales, dont 40% vers UE et USA (désinflation importée). 65 Md€ d’IDE/an.
 La recherche d’un rééquilibrage
 Au plan externe : diminution de l’excédent commercial après un pic à 10% (2007).
Krugman : taux de change du Yuan reste > 20% à son niveau d’équilibre (FEER).
 Au plan interne : développement d’une protection sociale (réduit le taux d’épargne
des ménages), hausse des W : +20% par an depuis 2005 (BCG). Montée en gamme
et début de délocalisations (ex. Foxconn au Vietnam).
 1er investisseur dans les technologies vertes (50 Mds). Ex. leader sur la marché du
photovoltaïque (60% de l’offre mondiale).
 Des défis à surmonter
 Fortes inégalités (Gini 0,5) et faible classe moyenne (130 M sur 1,5 Md)
 Vieillissement démographique : 40% de retraités en 2040
 1er émetteur de GES, pollution 4è cause de mortalité
Le modèle ghanéen
 Le rôle des institutions et de la gouvernance
 Démocratie depuis 1992. 7% de croissance en 2012. Tertiarisation (50% PIB).
 Classe moyenne de 5M d’habitants (20%).
 Acemoglu & Robinson (« Why Nations Fail? », 2012) : modèle inclusif (bonne
gouvernance) vs. modèle extractif (une élite politique contrôle les rentes : ex.
comparaison des deux Corée : même culture et géographie).
 Mais récemment : fort déficit public (10%), aide du FMI (2014).
 Le rôle du commerce international vs. l’aide publique au développement
 Frankel & Romer « Does Trade Cause Growth? » (1999) : l’ouverture au
commerce est plus efficace sous certaines conditions géographiques (accès à la
mer, centres commerciaux). NB : APD = 100 Md$/an (0,36% PNB en France).
 Ex. Vietnam : politique Doi Moi (rénovation) depuis 1986 : entrée dans l’ASEAN
en 1995 et dans l’OMC en 2007. PIB * 5 entre 1985 et 2011. Industrie = 40%
PIB notamment textile. L’un des tigres asiatiques.
Les théories de la croissanceSéance n° 2
3. Comment rehausser la croissance potentielle ?
1. Point sur les notions fondamentales
2. Quelques modèles de croissance
La politique de l’offre en France depuis 2012
 CICE et PRS pour stimuler l’investissement privé et restaurer les marges
 41 Md€ (2% PIB) d’ici 2017 en faveur des entreprises = 0,15 pt de Y* dès 2013
 Entre 2013 et 2014 : -3,3% indice du prix du L (INSEE, 2015)
 Hausse du taux de marge des SNF à 31,7% en
2017 vs. 29,5% en 2014 (Rexecode, 2015)
 Mais un financement du CICE par la fiscalité :
TVA en 2014 et hausse de l’IR dès 2012
=> -0,3 pt de croissance en 2014
 PRS financé par le plan d’économies de 50 Md€
 Après 2017 ? Recyclage du CICE en baisse d’IS
ou en baisse de cotsoc (pas neutre)
 Des prélèvements à chaque étape de la comptabilité des entreprises :
 CA (C3S) – CI = VA (CVAE)
 VA – charges d’exploitation (taxes sur W et cotsoc) = Résultat d’exploitation
 Résultat d’exploitation – IS = Résultat net
 => Le CICE ne bénéficie qu’aux entreprises qui dégagent un bénéfice (assis sur la MS
entre 1 et 2,5 SMIC) vs. le PRS à toutes les entreprises couvertes (jusque 3,5 SMIC)
Ralentir une politique budgétaire récessive
Source : INSEE
La voie de la croissance endogène : diffusion de
l’innovation et investissement public
 Soutenir l’innovation et surtout sa diffusion dans l’économie
 Beaucoup de dispositifs de soutien (CIR, BPI, PIA : v. Rexecode : +0,1 Y* sur 2010-
2020), mais sous-investissement dans les TIC. Mieux cibler les aides à l’innovation (v.
rapport IGF 2012) pour augmenter le niveau de qualité de l’investissement (Rapport
France Stratégie, « Quinze ans de politiques d’innovation en France », 2016).
 Retard sur l’éducation (OCDE) : salaires (33k vs. 38k), taille des classes (23 vs. 21),
décrochage (25%) et déséquilibre primaire vs. secondaire. Supérieur : 18%
financement privé vs. 32%, écart de 1 à 3 avec US & UK dans classement Shanghai.
 Lever les obstacles à l’entrepreneuriat et à la création d’entreprises (simplification
administrative, barrières réglementaires) + loi « Macron » (faible impact sur Y* et N)
 Stimuler l’attractivité du territoire : mesures en faveur des IDE entrants
 Réallouer l’investissement public vers les dépenses les plus productives
 Recherche de rendements socio-économiques élevés (numérique, transition
énergétique, enseignement supérieur, etc) dans un contexte de taux d’intérêt faibles
sur les émissions obligataires souveraines (0,74% sur nos OAT à 10 ans) :
 A l’échelle nationale ex. rénovation énergétique des bâtiments avec gage sur d’autres dépenses
publiques moins productives (subventions au gazole ou au photovoltaïque)
 A l’échelle européenne avec le plan Juncker et proposition d’un budget propre de la zone Euro : v.
note CAE « Compléter l’Euro », 2013
FIN DE LA SÉANCE
Les théories de la croissanceSéance n° 2

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Séance 2 les théories de la croissance

  • 1. CONFÉRENCE D’ÉCONOMIE APPROFONDIE RAYAN NEZZAR Les théories de la croissanceSéance n° 2
  • 2. 3. Comment rehausser la croissance potentielle ? 1. Point sur les notions fondamentales 2. Quelques modèles de croissance Les théories de la croissanceSéance n° 2
  • 3. La croissance : notions fondamentales  Produit intérieur brut  Richesse produite par un pays : c’est la somme des valeurs ajoutées des entreprises du pays pendant une période donnée (un trimestre ou un an)  PIB par habitant ou par tête : mesure le niveau de vie. La croissance économique renvoie donc à l’élévation du PIB/tête au cours du temps.  Pour comparer les PIB/hab, des corrections techniques sont nécessaires. Au cours du temps : PIB à prix constants corrigés de l’évolution des prix. Entre pays : PIB corrigés des taux de change (Big Mac Index).  Les limites du PIB : externalités, bien-être (IDH), productivité horaire.
  • 4. La croissance : notions fondamentales  Croissance potentielle  Augmentation soutenable à moyen et long terme de la production sans accélération de l’inflation (sans tensions excessives sur les marchés des biens et du travail). C’est une valeur théorique.  Estimation de la croissance potentielle française avant crise : 2,25% vs. 1,5% aujourd’hui (INSEE).  Le modèle de Solow  Y = C + I + G + X - M  Y* = L + K + PGF  Y (LT) = L + PGF Rendements décroissants ? Etat stationnaire ? Tiers facteur : progrès technique Les contributions à la croissance chinoise (FMI)
  • 5.  Productivité globale des facteurs de production (PGF)  Evaluée comme un résidu (progrès technique), c’est la fraction de la croissance qui n’est pas expliquée par l’augmentation quantitative des facteurs de production. Elle permet d’apprécier les gains d’efficience d’une économie et dépend de la technologie, du fonctionnement des marchés et de l’organisation du travail.  Ex. 1990-2000 : USA investissement et gains de productivité vs. UE croissance enrichie en emplois.  Output gap  Ecart en niveau entre PIB effectif et PIB potentiel  Permet de positionner une économie dans le cycle  Cycle économique  Alternance entre des phases de croissance rapide et des phases de ralentissement. Le cycle constitue une déviation ou une fluctuation du niveau d’activité par rapport à sa tendance de long terme. La croissance : notions fondamentales
  • 6. La croissance : notions fondamentales  Distance à la frontière technologique  Plus un pays est éloigné de la frontière technologique, plus le progrès technique passe par l’imitation de l’économie la plus avancée. Plus il se rapproche de la frontière, plus il est important d’y encourager l’innovation avec des institutions idoines (Acemoglu, 2006).  Ex. le revenu/hab du Cameroun passerait de 600 à 2 760 $ (*4,5) si la qualité de ses institutions rejoignait la moyenne mondiale  Convergence économique  Révèle un phénomène de rattrapage  Entre pays : les pays pauvres croissent plus vite que les pays riches, autrement dit corrélation négative entre le niveau initial du PIB/tête et le taux de croissance  Entre revenus : la dispersion des revenus se réduit, c’est-à-dire l’écart- type des PIB/tête diminue (indice de GINI)  Club de convergence : entre pays comparables (ex. OCDE hors TUR/MEX)
  • 7. La croissance : notions fondamentales  Théorie de la croissance endogène  Paul Romer, “Increasing Returns and Long Run Growth” (1986)  Quatre facteurs influents :  Les rendements d’échelle (infrastructures publiques = externalités positives)  L’innovation (organisation, procédés, produits) : externalité positive et prime pour le first mover  Le capital humain (éducation, formation, bonne santé)  L’investissement public (R. Barro : circulation des biens, des personnes, de l’information et financement par l’impôt jusqu’à un certain seuil) Evolution des dépenses totales en R&D (en % du PIB)
  • 8. La croissance : notions fondamentales  Un phénomène récent et non prédéterminé (A. Madison)  R. Lucas : théorie du Big Push : accumulation de K pour sortir de la trappe à pauvreté (notamment après les destructions de 39-45)  R. Gordon : théorie de la stagnation séculaire : parenthèse va se refermer car phénomènes non reproductibles (conquête de nouveaux espaces, alphabétisation, exode rural, machinisation).  Croissance et inégalités  S. Kuznets (1955) : courbe en cloche. Piketty : réduction pas naturelle (impôts et événements inattendus affectant le K : guerre, inflation).  J. Stiglitz (2012) : Top 1% = déformation du partage de la VA entre K et L, instabilité financière, fige la mobilité sociale.
  • 9. La croissance : notions fondamentales  Un déclin tendanciel de la productivité du travail depuis la fin des 30G…  Augmentation moyenne de la productivité horaire (en %) Sources : Datastream, Eurostat  ...D’où une croissance potentielle plus faible  Moyenne de la croissance du PIB (volume, en %) Sources : Datastream, Eurostat
  • 10. Les théories de la croissanceSéance n° 2 3. Comment rehausser la croissance potentielle ? 1. Point sur les notions fondamentales 2. Quelques modèles de croissance
  • 11. Le modèle français  Un modèle de croissance déséquilibré…  Prépondérance de la consommation privée et publique (79% PIB)  Une contribution négative du commerce extérieur  Des effets d’hystérèse depuis la crise : 1 600 usines fermées (Trendeo, 2015), ralentissement des gains de productivité, donc de la Y*  …Un modèle fiscal et social qui réduit la compétitivité des entreprises  Poids des PO pesant sur le facteur K (alignement du barème de l’IR en 2013)  Evolution inversée des coûts salariaux unitaires en France et en Allemagne entre 2001 et 2008 : +2,2% vs. -0,2% (Lettre Trésor Eco #134)
  • 12. Le modèle allemand  Un modèle de compétitivité…  Excédent structurel du commerce extérieur : 6,5% du PIB en 2014 (élasticité-prix de la demande des biens : 0,3 vs. 0,9 en France), économie très ouverte (Chine 1er partenaire commercial)  Tissu industriel de PME décentralisé (Mittelstand) : 97% des entreprises, 45% de l’emploi  Une économie proche de la frontière technologique : 2,61 robots industriels achetés par millier d’emplois vs. 0,86 en France et 1,00 au Royaume-Uni (Natixis, 2014) ; 46 Md€ de dépenses de R&D dans l’industrie manufacturière vs. 16 Md€ en France  …fruit d’une préférence collective  Jusqu’en 2015, la population active a diminué  Taux de pauvreté à 15% (60% revenu médian)  Indice de Gini à 0,3 (mesure des inégalités)  Faible part de l’investissement public (1,5% PIB) (v. Rapport de France Stratégie, 2014)
  • 13. Le modèle chinois  Un modèle de croissance par imitation  « Economie sociale de marché » : PIB * 6 en 20 ans : 220 Md$ (1978) à 7300 Md€ (2010)  Prépondérance de l’investissement (50% PIB vs. 36% pour la consommation)  Une croissance extravertie : de 2% en 1981 à 10% en 2011 des exportations mondiales, dont 40% vers UE et USA (désinflation importée). 65 Md€ d’IDE/an.  La recherche d’un rééquilibrage  Au plan externe : diminution de l’excédent commercial après un pic à 10% (2007). Krugman : taux de change du Yuan reste > 20% à son niveau d’équilibre (FEER).  Au plan interne : développement d’une protection sociale (réduit le taux d’épargne des ménages), hausse des W : +20% par an depuis 2005 (BCG). Montée en gamme et début de délocalisations (ex. Foxconn au Vietnam).  1er investisseur dans les technologies vertes (50 Mds). Ex. leader sur la marché du photovoltaïque (60% de l’offre mondiale).  Des défis à surmonter  Fortes inégalités (Gini 0,5) et faible classe moyenne (130 M sur 1,5 Md)  Vieillissement démographique : 40% de retraités en 2040  1er émetteur de GES, pollution 4è cause de mortalité
  • 14. Le modèle ghanéen  Le rôle des institutions et de la gouvernance  Démocratie depuis 1992. 7% de croissance en 2012. Tertiarisation (50% PIB).  Classe moyenne de 5M d’habitants (20%).  Acemoglu & Robinson (« Why Nations Fail? », 2012) : modèle inclusif (bonne gouvernance) vs. modèle extractif (une élite politique contrôle les rentes : ex. comparaison des deux Corée : même culture et géographie).  Mais récemment : fort déficit public (10%), aide du FMI (2014).  Le rôle du commerce international vs. l’aide publique au développement  Frankel & Romer « Does Trade Cause Growth? » (1999) : l’ouverture au commerce est plus efficace sous certaines conditions géographiques (accès à la mer, centres commerciaux). NB : APD = 100 Md$/an (0,36% PNB en France).  Ex. Vietnam : politique Doi Moi (rénovation) depuis 1986 : entrée dans l’ASEAN en 1995 et dans l’OMC en 2007. PIB * 5 entre 1985 et 2011. Industrie = 40% PIB notamment textile. L’un des tigres asiatiques.
  • 15. Les théories de la croissanceSéance n° 2 3. Comment rehausser la croissance potentielle ? 1. Point sur les notions fondamentales 2. Quelques modèles de croissance
  • 16. La politique de l’offre en France depuis 2012  CICE et PRS pour stimuler l’investissement privé et restaurer les marges  41 Md€ (2% PIB) d’ici 2017 en faveur des entreprises = 0,15 pt de Y* dès 2013  Entre 2013 et 2014 : -3,3% indice du prix du L (INSEE, 2015)  Hausse du taux de marge des SNF à 31,7% en 2017 vs. 29,5% en 2014 (Rexecode, 2015)  Mais un financement du CICE par la fiscalité : TVA en 2014 et hausse de l’IR dès 2012 => -0,3 pt de croissance en 2014  PRS financé par le plan d’économies de 50 Md€  Après 2017 ? Recyclage du CICE en baisse d’IS ou en baisse de cotsoc (pas neutre)  Des prélèvements à chaque étape de la comptabilité des entreprises :  CA (C3S) – CI = VA (CVAE)  VA – charges d’exploitation (taxes sur W et cotsoc) = Résultat d’exploitation  Résultat d’exploitation – IS = Résultat net  => Le CICE ne bénéficie qu’aux entreprises qui dégagent un bénéfice (assis sur la MS entre 1 et 2,5 SMIC) vs. le PRS à toutes les entreprises couvertes (jusque 3,5 SMIC)
  • 17. Ralentir une politique budgétaire récessive Source : INSEE
  • 18. La voie de la croissance endogène : diffusion de l’innovation et investissement public  Soutenir l’innovation et surtout sa diffusion dans l’économie  Beaucoup de dispositifs de soutien (CIR, BPI, PIA : v. Rexecode : +0,1 Y* sur 2010- 2020), mais sous-investissement dans les TIC. Mieux cibler les aides à l’innovation (v. rapport IGF 2012) pour augmenter le niveau de qualité de l’investissement (Rapport France Stratégie, « Quinze ans de politiques d’innovation en France », 2016).  Retard sur l’éducation (OCDE) : salaires (33k vs. 38k), taille des classes (23 vs. 21), décrochage (25%) et déséquilibre primaire vs. secondaire. Supérieur : 18% financement privé vs. 32%, écart de 1 à 3 avec US & UK dans classement Shanghai.  Lever les obstacles à l’entrepreneuriat et à la création d’entreprises (simplification administrative, barrières réglementaires) + loi « Macron » (faible impact sur Y* et N)  Stimuler l’attractivité du territoire : mesures en faveur des IDE entrants  Réallouer l’investissement public vers les dépenses les plus productives  Recherche de rendements socio-économiques élevés (numérique, transition énergétique, enseignement supérieur, etc) dans un contexte de taux d’intérêt faibles sur les émissions obligataires souveraines (0,74% sur nos OAT à 10 ans) :  A l’échelle nationale ex. rénovation énergétique des bâtiments avec gage sur d’autres dépenses publiques moins productives (subventions au gazole ou au photovoltaïque)  A l’échelle européenne avec le plan Juncker et proposition d’un budget propre de la zone Euro : v. note CAE « Compléter l’Euro », 2013
  • 19. FIN DE LA SÉANCE Les théories de la croissanceSéance n° 2